<rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>301507 on Le blog de Nicolas Furno</title><link>https://nicolasfurno.fr/tmdb/301507/</link><description>Contenu récent sur in 301507 Le blog de Nicolas Furno</description><generator>Hugo -- gohugo.io</generator><language>fr_FR</language><managingEditor>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</managingEditor><webMaster>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</webMaster><lastBuildDate>Mon, 06 Apr 2026 21:15:27 +0200</lastBuildDate><atom:link href="https://nicolasfurno.fr/tmdb/301507/index.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><item><title>Heated Rivalry, Crave</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/heated-rivalry-crave/</link><pubDate>Mon, 06 Apr 2026 21:15:27 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/heated-rivalry-crave/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/heated-rivalry-crave/heated-rivalry-s01.jpg">
        <p>Prenez <em><a href="/serie/heartstopper-netflix/">Heartstopper</a></em>, saupoudrez d’un soupçon de hockey et ajoutez une grosse dose de pêches, secouez bien et dégustez frais. Cette romance gay est adaptée d’un roman à succès, également écrit par une femme comme si le genre était tabou chez les auteurs, et c’est tout autant un succès. <em>Heated Rivalry</em> est indéniablement plus adulte que la toute mignonne série britannique, avec du sexe quasiment explicite et de la nudité bien évidente dès le pilote. La première saison de cette création du service canadien Crave (distribuée par HBO Max en Europe) est indéniablement aussi chaude que son titre le promet et les deux acteurs principaux n’ont manifestement aucun problème à montrer leurs fesses, ce qui n’est pas désagréable. Pour autant, Jacob Tierney, inoubliable pour moi dans <em><a href="https://voiretmanger.fr/jai-tue-ma-mere-dolan/">J’ai tué ma mère</a></em>, n’enchaîne pas seulement les scènes de cul et sa série gagne en ampleur au fil des six épisodes. C’est assez rare, mais <em>Heated Rivalry</em> s’améliore constamment et passe de l’opposition puérile de deux joueurs attirés l’un par à l’autre à une véritable et belle romance. Je ne veux pas trop en dire sur le parcours des deux personnages, même s’il est assez facile à deviner. Sans aller jusqu’à dire que le scénario est plein de surprises, j’ai apprécié la finesse de l’écriture, l’évolution soignée des personnages et le traitement de l’homosexualité ainsi que de l’homophobie dans le sport.</p>
<p>Le plus gros défaut de cette première saison est certainement sa durée. Le succès étant au rendez-vous, Crave a renouvelé sa série pour une deuxième saison, c’est tant mieux, mais d’ici là, je dois dire que l’on quitte les personnages un petit peu frustrés. <em>Heated Rivalry</em> est pourtant en même temps particulièrement dense. J’étais surtout frappé de ce constat dans les premières épisodes, qui défilent à toute allure et font passer le temps à une vitesse folle. Si cela vient probablement des romans, c’est assez difficile d’imaginer une relation qui avance aussi peu sur des années. D’un autre côté, l’adaptation parvient bien à montrer l’évolution psychologique des deux personnages, d’abord mus par une animosité mutuelle, puis qui apprennent à se connaître, à se respecter et bientôt s’aimer. C’est assez impressionnant de parvenir à déployer une telle relation en six épisodes seulement et Jacob Tierney doit certainement beaucoup à ses deux acteurs principaux. Hudson Williams pour Shane et Connor Storrie pour Ilya sont parfaits tous les deux et leur alchimie est frappante. C’est sans aucun doute ce qui rapproche le plus cette série de <em>Heartstopper</em>, où l’on retrouvait également une vraie fusion sincère des deux jeunes comédiens. Ici aussi, leur attraction est évidente, les acteurs n’ont pas besoin de l’exprimer autrement que par leurs regards et le couple fonctionne très bien, d’abord sur la confrontation, avant leur rapprochement progressif. Le succès de <em>Heated Rivalry</em> tient largement sur leurs quatre épaules et assister à leur douce évolution vers un couple est sans conteste ce qui justifie le sentiment que la série s’améliore sans cesse.</p>
<p>Au milieu de la saison, le scénario fait comme une pause, un détour par une deuxième romance dans le monde du hockey. Cette parenthèse est très intéressante, à la fois parce que l’histoire d’amour est si mignonne qu’elle ferait fondre n’importe qui et à la fois parce qu’elle dit beaucoup de l’homophobie dans le sport. J’imagine qu’elle sera fondatrice pour la suite de <em>Heated Rivalry</em> et j’ai hâte d’en voir plus. En attendant, c’était une bonne surprise, même si Jacob Tierney devrait faire attention à ne pas choisir <em>que</em> des mecs canons pour ses personnages…</p>
]]></description></item><item><title>Une bataille après l’autre, Paul Thomas Anderson</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/bataille-apres-autre-anderson/</link><pubDate>Sun, 05 Apr 2026 18:32:35 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/bataille-apres-autre-anderson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/bataille-apres-autre-anderson/bataille-apres-autre.jpg">
        <p>Dix ans après <a href="https://voiretmanger.fr/inherent-vice-anderson/"><em>Inherent Vice</em></a>, Paul Thomas Anderson se risque à nouveau à adapter du Thomas Pynchon. C’est toujours un défi et le premier essai souffrait probablement d’une bizarrerie trop marquée, rebutant une large partie du public. <em>Une bataille après l&rsquo;autre</em> est bien différent toutefois, peut-être parce que l’adaptation du romancier est plus libre et nettement moins tortueuse. Même si le projet est bien plus ancien que l’administration américaine actuelle, même si le cinéaste n’a pas pu s’inspirer des camps de concentration établis par ICE, la proximité avec notre réalité est troublante. C’est certainement un argument fort en faveur du projet et une justification importante de son succès, tant critique que public. Le réalisateur signe une œuvre ambitieuse et ample, longue sans jamais être ennuyeuse, foisonnante sans tomber dans l’obscur. Portée par la musique de Johnny Greenwood comme toujours, le film est un vrai plaisir à suivre en même temps qu’un coup de poing assez terrible sur notre triste réalité et qu’un cours magistral bluffant de la part du casting.</p>
<p><em>Une bataille après l&rsquo;autre</em> ouvre sur l’attaque d’un groupe de révolutionnaires d’extrême-gauche qui se fait nommer « <em>French 75</em> », un nom qui n’est jamais expliqué dans le film. D’ailleurs, Paul Thomas Anderson ne s’embarrasse pas avec une introduction pesante et préfère plonger les spectateurs dans une action en cours, les laissant comprendre progressivement ce qui se passe. On découvre ainsi les principaux personnages pendant cette attaque contre un centre de détention gérée par un militaire abusif, sans avoir réellement de contexte. Est-ce important ? Cela pourrait se dérouler dans les États-Unis de Donald Trump, même si le projet adapte un roman de 1990 et a été tourné en 2024, bien avant l’émergence de notre actualité. Au fond, cela ne compte pas, même s’il faut saluer le courage d’un projet si ouvertement politique. La droite américaine au pouvoir ne s’y est pas trompée, alors même qu’elle ne pouvait pas être visée. Quoi qu’il en soit, j’ai apprécié la présentation des deux camps, sans caricature facile, sans angélisme pour les héros, mais surtout sans dédouaner les forces de l’ordre. Il y a un grand nombre de séquences choc dans le film, je retiendrais en particulier celle où Perfidia Beverly Hills (Teyana Taylor, que je découvrais par la même occasion, vraiment excellente) est appréhendée et qu’elle entre dans le commissariat sur un fauteuil roulant et sous les acclamations et selfies des policiers. Le symbole se suffit à lui-même, le réalisateur n’a pas besoin d’insister et bien que les horreurs ne soient pas exclusives à un côté, le scénario n’a jamais de doute sur le rôle de chaque camp.</p>
<p>Si le long-métrage commence par une plongée dans l’univers révolutionnaire des French 75, le film évolue aussi ensuite vers un affrontement individuel. Perfidia signe un accord et vend ses anciens camarades pour retrouver sa liberté, « Ghetto Pat » et leur fille doivent fuir à l’autre bout du pays. Seize ans s’écoulent et <em>Une bataille après l&rsquo;autre</em> reprend, alors que Willa termine sa scolarité presque normale avec un bal et que son père est plongé dans un mélange explosif de paranoïa et de drogues. Inutile sans doute de saluer le travail de Leonardo DiCaprio, mais enfin, tout de même : s’il n’est plus le jeune débutant des premières années, l’acteur reste un monstre de talent au tournant de la cinquantaine et il le rappelle bien ici. Son intensité est remarquable d’un bout à l’autre et il n’y a aucune fausse note… même si Sean Penn lui a sans doute volé la palme de l’interprétation la plus époustouflante. Dans le rôle du colonel Steven J. Lockjaw, il compose un méchant inoubliable avec sa démarche de pingouin et ses manières, sans tomber dans la caricature pour autant. Toute la fin est une grande course poursuite, littéralement le long de cette route droite et pleine de creux, une idée tellement géniale de mise en scène. Paul Thomas Anderson nous plaque à la route, nous laissant aussi aveugles que ses personnages, et la tension est dingue et quel talent ! Une belle leçon de cinéma, qui justifierait à elle seule de voir le film.</p>
]]></description></item><item><title>Hartley, cœurs à vif, Netflix (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/hartley-coeurs-vif-netflix-saison-3/</link><pubDate>Tue, 31 Mar 2026 22:01:43 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/hartley-coeurs-vif-netflix-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/hartley-coeurs-vif-netflix-saison-3/heatbreak-high-3.jpg">
        <p>Le remake woke à souhait de la série australienne des années 1990 se termine avec une troisième saison et excellente nouvelle, elle est de retour au meilleur. Les premiers épisodes de <em>Hartley, cœurs à vif</em> <a href="/serie/hartley-c%C5%93urs-vif-netflix/">m’avaient enchanté</a> par la diversité assumée du casting, par la galerie de personnages aussi attachants que crédibles ainsi que par un optimisme qui faisait du bien. La suite m’avait <a href="/serie/hartley-c%C5%93urs-vif-netflix-saison-2/">moins convaincu</a>, sans doute parce que les scénaristes étaient décidés à introduire le drame à tout prix, sûrement aussi parce que la diversité sexuelle semblait mener vers une vision bizarrement conservatrice. Fort heureusement, tout cela est oublié dans ces huit nouveaux épisodes, qui sont hélas aussi les derniers. L’optimisme général est de retour, sans tomber dans l’angélisme pour autant, la représentativité atteint des sommets tout en semblant plus sincère que jamais, tandis que le casting n’a jamais été aussi bon qu’ici. Si j’étais un petit peu triste de les quitter à la fin, je suis surtout ravi que la série australienne portée par Netflix ait pu se maintenir à un tel niveau.</p>
<p>Même si la saison 3 introduit à son tour quelques nouveaux personnages secondaires comme Taz, on reste toutefois surtout centré sur la bande originale et c’est très bien ainsi. Contrairement à ce que l’affiche laisse entendre, on est vraiment sur une œuvre chorale, où chaque acteur a sa place. C’est tout particulièrement vrai cette saison, avec un scénario qui laisse de l’espace à chaque personnage pour lui permettre d’évoluer. Amerie et ses bêtises sont toujours au cœur des enjeux, mais il y a un vrai effort pour laisser du temps et des arcs narratifs intéressants à chaque camarade de classe. Même les plus anecdotiques ou caricaturaux, comme Ant ou Spyder, ont droit à de vrais développements qui les rendent plus intéressants. Dans le lot, le parcours de Cash et Darren reste probablement le meilleur et je suis ravi de voir que la vision presque rétrograde de la saison 2 a entièrement disparu. À la place, <em>Hartley, cœurs à vif</em> propose une lecture moderne et réjouissante d’une relation amoureuse résolument queer. Comme toujours, on pourrait critiquer le choix évident de glisser des relations LGBTQIA+ absolument partout. Je rétorquerai comme toujours que c’est important d’offrir une vision si ouverte et positive de la diversité sexuelle, surtout pour compenser notre monde actuel. À cet égard, je retrouve un petit peu l’esprit d’un <a href="/tmdb/124834/"><em>Heartstopper</em></a>, en plus adulte même si les personnages sont censés avoir le même âge.</p>
<p><em>Hartley, cœurs à vif</em> ne se prend jamais trop au sérieux et son côté délirant fonctionne à plein dans ce dernier volet. Certes, la situation n’est pas toujours joyeuse, mais les scénaristes n’oublient pas d’injecter une touche de légèreté qui fonctionne pleinement. Bien sûr, la galerie de lycéens en est largement responsable, mais il ne faudrait pas oublier le rôle de la proviseur, jouée par Rachel House. L’actrice néo-zélandaise entretient soigneusement un épais accent, sans tomber dans la caricature pour autant, et elle est systématiquement excellente.</p>
]]></description></item><item><title>The Abandons, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/abandons-netflix/</link><pubDate>Mon, 23 Mar 2026 21:30:14 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/abandons-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/abandons-netflix/abandons.jpg">
        <p>Un western… mouais, mais un western avec Gillian Anderson et Lena Headey en tête d’affiche, voilà qui m’intrigue beaucoup plus. Suffisamment pour décider de lancer <em>The Abandons</em> sans rien lire à son sujet, ce que je préfère en règle générale et ce qui me convient assez bien… sauf dans les cas où on tombe sur une mauvaise série. C’est clairement le cas ici et je comprends très bien pourquoi Netflix l’a annulée quelques semaines après la diffusion de la première saison. C’est prometteur et les premiers épisodes m’ont même semblé partir dans la bonne direction, sauf que l’on tombe bien trop vite dans la caricature. Rien ne va en réalité, ni les morts qui s’accumulent comme dans une mauvaise caricature de <a href="https://voiretmanger.fr/game-of-thrones-weiss-benioff-hbo/"><em>Game of Thrones</em></a>, ni l’opposition entre les deux personnages principaux qui concentre les clichés, ni même l’univers sale, mais finalement très téléphoné. C’est un western très classique au fond, avec ses villes miteuses, ses riches propriétaires prêts à tout et même les indiens. Le scénario part dans toutes les directions au lieu de se concentrer sur ses personnages et de creuser leur psychologie. En sept épisodes assez brefs, il se passe énormément de choses et finalement rien d’important. Des arcs entiers sont oubliés, à l’image d’Albert qui est brièvement nommé professeur et qui a brièvement une romance qui ne mène nulle part.</p>
<p><em>The Abandons</em> semble elle-même abandonnée, ce qui se confirme quand on en apprend davantage sur le tournage. Kurt Sutter, le créateur, qui quitte le projet en plein tournage, ce n’est jamais un bon signe. Netflix avait prévu dix épisodes d’une heure, il ne reste que sept dont certains dépassent à peine la demi-heure. Clairement, quelque chose s’est très mal passé et cela se ressent sur le résultat final. C’est vraiment dommage, car le casting est impressionnant et j’aurais adoré voir l’opposition entre Gillian Anderson et Lena Headey si elle avait été bien écrite et pas aussi bêtement brutale. Au vu du résultat, il est toutefois bien difficile de recommander la série, dont le seul avantage est finalement sa brièveté. Dommage.</p>
]]></description></item><item><title>One Piece, Netflix (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/one-piece-netflix-saison-2/</link><pubDate>Thu, 19 Mar 2026 21:57:25 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/one-piece-netflix-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/one-piece-netflix-saison-2/one-piece-2.jpg">
        <p>J’avais bien aimé la <a href="/serie/one-piece-netflix/">première saison</a>, mais après avoir terminé cette suite, je me demande un petit peu pourquoi. Cela fait deux ans et demi, alors mes souvenirs sont un peu flous. Il me semble pourtant que, malgré quelques défauts évidents, cet univers absurde et enfantin m’avait bien plu et j’avais hâte de retrouver la bande de pirates loufoques en quête du fameux trésor. La suite reprend sur le même thème et commence assez bien, même si je dois dire que j’ai un peu de mal à rentrer dans cet univers très bariolé et assez… moche. Ça ne m’avait (autant) pas frappé la dernière fois, j’ai trouvé tous les épisodes assez moches ici, les effets numériques ne sont pas excellents et le ridicule l’a souvent emporté sur le mignon pour moi. C’est particulièrement vrai par la suite, quand les pirates arrivent sur la « Grand Line » et que le côté déjanté prend encore de l’ampleur. Que ce soit la baleine, les créatures sur l’île des dinosaures ou celles de l’île enneigée : je les ai toutes trouvées vraiment moches et j’ai eu du mal à retrouver les millions engloutis par le projet. <em>One Piece</em> reste une série de grande ampleur, il y a de multiples décors et encore plus de personnages. Je crois toutefois que le problème vient de l’entre-deux : c’est à la fois trop réaliste pour de l’animation et pas assez sérieux pour des images réelles.</p>
<p>Cet entre-deux ne touche pas que la forme, le fond en souffre lui aussi. C’est particulièrement visible dans cette saison, où au lieu de creuser la psychologie des personnages principaux, on enchaîne les quêtes sans intérêt. Je sais que Netflix a respecté l’œuvre originale et je suis convaincu que lire les mangas ne m’aurait pas satisfait non plus. Je ne comprends pas en tout cas que ces huit nouveaux épisodes fassent si peu avancer l’intrigue principale et se contentent en majorité d’enchaîner des quêtes secondaires sans intérêt. Passée la montagne et la baleine en bas, les aventures dans la Grand Line se contentent manifestement d’arriver sur une île, enquiller quelques bastons et passer à l’île suivante. Si c’est encore acceptable la première fois, d’autant que le faux western était plutôt amusant, plus de la moitié de la saison se concentre sur deux îles, oubliant au passage la marine et tous les personnages associés, ainsi que le trésor final. Certes, l’île de Drum introduit un des membres de l’équipage, alors cela valait bien un arrêt. On aurait néanmoins pu sauter l’île précédente et se concentrer sur ça bien plus tôt, en évitant au passage tout le délire avec le roi et toutes les autres créatures aussi étranges que ridicules.</p>
<p>En réalité, je crois que j’en avais bien assez à ce stade et que je voulais que la saison se termine. Clairement, <em>One Piece</em> n’est pas pour moi et je ne reviendrai pas pour la troisième saison en cours de tournage. C’est dommage, je suis persuadé que Netflix aurait pu en faire quelque chose de bien mieux, en choisissant un camp. À mon sens, un tournage en images réelles exige un niveau de réalisme plus élevé, ce qui ne veut pas dire que l’absurde ou le loufoque n’ont pas leur place. La sorcière, par exemple, aurait été excellente sans cet insupportable rire caricatural. Chopper n’avait pas besoin d’être une peluche avec le nez tombé dans un pot de peinture bleue. De manière générale un poil de subtilité n’aurait pas fait de mal dans le jeu de tous les acteurs et dans certains décors. Ce n’est manifestement pas la direction suivie, alors ce sera sans moi…</p>
]]></description></item><item><title>Le Héros des siècles, Brandon Sanderson</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/heros-siecles-sanderson/</link><pubDate>Sun, 15 Mar 2026 22:08:06 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/heros-siecles-sanderson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/heros-siecles-sanderson/heros-siecles.jpeg">
        <p>Suite et fin de la trilogie <a href="/sagas/fils-des-brumes/"><em>Fils-des-Brumes</em></a>, enfin… de la première trilogie en tout cas, car on peut toujours compter sur Brandon Sanderson pour écrire plus et le romancier a créé une première suite et prépare encore une autre sur la même planète. Quoi qu’il en soit, <em>Le Héros des siècles</em> conclut les histoires de Vin et Elend, avec un troisième volet épique comme on pouvait s’y attendre. Le <a href="/sagas/fils-des-brumes/">premier roman</a> racontait un braquage et le renversement du régime du Seigneur-Maître après un millénaire. Le <a href="/livre/puits-ascension-sanderson/">deuxième tome</a> étudiait les conséquences politiques de ce coup en stoppant presque toute action au passage, un choix que je trouvais audacieux et intéressant. La fin s’activait toutefois avec l’accès au Puits de l’ascension, un lieu mythique qui devait sauver le monde entier et qui s’avérait en réalité un piège pour libérer une puissance malveillante de sa prison. À partir de là, cette conclusion de la trilogie initiale prend la forme d’une immense guerre entre nos héros et cette puissance, Ravage, dont le seul objectif est de tout détruire.</p>
<p>C’est plus conventionnel sur le papier, certes, mais après avoir lu quelques livres de Brandon Sanderson, je savais bien qu’il allait y avoir davantage d’idées derrière le concept. De fait, <em>Le Héros des siècles</em> est riche en événements de toute sorte et on ne s’ennuie jamais sur plus de mille pages. Elend est devenu un Fils-des-Brumes à la fin du deuxième tome, il a repris le pouvoir qu’il tentait d’instaurer démocratiquement auparavant et impose son pouvoir autoritaire dans l’espoir de sauver tout le monde. J’aurais aimé un petit peu plus de réflexion politique à ce sujet, même s’il faut admettre que le roman a déjà de quoi faire avec tout le reste. Le climat est de plus en plus perturbé, la cendre tombe si vite qu’elle s’accumule en une couche de plus en plus épaisse et bloque alors toute vie. J’ai beaucoup apprécié les descriptions de paysages désertiques et ce sentiment d’urgence, parfaitement rendu par l’auteur : on est clairement dans un scénario apocalyptique et le monde des humains se réduit de plus en plus, alors que les volcans crachent leur fumée et que les tremblements de terre détruisent tout. Si cela ne suffisait pas, Elend et Vin mènent leur armée pour combattre les dernières poches de résistance. On a un siège d’un côté et une nouvelle tentative de révolution de l’autre, tandis qu’en parallèle de tout cela, Sazed tente de se remettre de la mort de son amie et de retrouver la foi. Brandon Sanderson foisonne d’idées, sans jamais perdre son lecteur et surtout sans quitter son objectif des yeux : c’est assez bluffant. Je me demande s’il n’écrit pas à partir de la fin, tant le final est ici spectaculaire et bien trouvé. En tout cas, le roman est indéniablement bien mené et on ne s’ennuie jamais, tout en découvrant très progressivement et en même temps que les personnages comment ce monde bizarre fonctionne. C’est toujours une bonne idée pour impliquer davantage le lecteur et cela fonctionne remarquablement ici aussi.</p>
<p>Je m’étais fait la réflexion dans <em>L’Empire Ultime</em> déjà, cela m’a semblé encore plus flagrant ici. Dans cette trilogie, Brandon Sanderson a manifestement oublié que la moitié de l’humanité est féminine et il n’y a guère plus que Vin pour casser le machisme ambiant. L’introduction bienvenue dans le tome précédent d’un autre personnage féminin fort avec Tindwyl ne semblait être qu’une parenthèse et elle n’est jamais remplacée ici. Pire, le romancier masculinise explicitement tous ses personnages, même les créatures comme les kandras qui auraient pu être neutres, mais même pas. Je sais qu’il a fait mieux par la suite, j’espère en tout cas que les futures adaptations en long-métrage corrigeront ce défaut vraiment flagrant ici.</p>
]]></description></item><item><title>Future Quiet, Moby</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/future-quiet-moby/</link><pubDate>Thu, 12 Mar 2026 21:38:25 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/future-quiet-moby/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/future-quiet-moby/future-quiet.jpg">
        <p>Le dernier album de Moby porte bien son nom : <em>Future Quiet</em> est calme, surtout sur sa fin où l’on n’entend plus que quelques notes de piano. Avant cela, le célèbre musicien new-yorkais rassemble une collection de morceaux calmes, certes, mais néanmoins intense. Le titre qui ouvre l’album, « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=ZALIdsv_3cg"><em>When It’s Cold I’d Like to Die</em></a> » en est une bonne représentation. Reprise de la conclusion d’<em>Everything is Wrong</em>, l’un des premiers albums de Moby avant son explosion à la fin des années 1990, c’est une pièce toute douce en apparence. Elle est portée par le piano et quelques instruments à corde, ainsi que la voix magnifique de Jacob Lusk que je découvrais par la même occasion. Cette douceur est presque un leurre, tant l’ambiance et les paroles peuvent être intenses, voire dures. J’adore la musique triste, j’ai toujours trouvé que c’était la plus belle et ces 14 titres me rappellent bien pourquoi. Par certains aspects, <em>Future Quiet</em> m’a évoqué le travail de Max Richter, par exemple sur « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=5V5gs1wM5L4"><em>Retreat</em></a> » ou encore « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=fWEeKKK5RS0"><em>Le Vide</em></a> », deux très beaux titres où la voix devient un instrument comme les autres. Pour autant, c’est indéniablement du Moby, il n’y a jamais de doute à ce sujet. Ce que je trouve d’autant plus impressionnant que l’artiste a eu une carrière riche et complexe, avec des genres bien différents. Pourtant, il maintient une unité à travers les décennies et parvient à proposer un album familier sans tomber dans la répétition, alors même qu’il y a plusieurs reprises tout au long de l’heure et demie que dure l’expérience.</p>
<p>J’ai d’abord écouté <em>Future Quiet</em> par principe, parce que la production prolifique de Moby m’a souvent convaincu par le passé. Je ne m’attendais toutefois pas à l’apprécier autant et après plusieurs dizaines d’écoutes, je ne m’en lasse pas. Il faut dire que j’ai toujours eu un faible pour les instruments à corde, très présents, mais ce n’est pas la seule explication. Les premiers morceaux sont faussement calmes et leur intensité est joliment contrebalancée par le deuxième acte, résolument plus <em>ambient</em>. Quoi qu’il en soit, je me laisse porter à chaque fois avec plaisir le long de ce voyage sonore.</p>
]]></description></item><item><title>Dernière Nuit à Tremor, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/derniere-nuit-tremor-netflix/</link><pubDate>Wed, 11 Mar 2026 22:27:51 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/derniere-nuit-tremor-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/derniere-nuit-tremor-netflix/tremor.jpg">
        <p>Je me demande comment j’étais passé à côté de cette mini-série pourtant sortie sur Netflix en 2024, mais alors, quelle révélation ! Adaptée d’un roman de Mikel Santiago, <em>Dernière Nuit à Tremor</em> s’étale sur huit épisodes qui durent pour certains autant qu’un petit long-métrage et cette création d’Oriol Paulo est d’une rare intensité d’un bout à l’autre. Je le dis souvent en évoquant des œuvres cinématographiques, c’est à mon sens toujours mieux de les découvrir vierge, sans idée préconçue et avec l’esprit ouvert. S’il fallait encore un exemple, ce serait bien celle-ci : cette intrigue prenante mérite d’être découverte épisode après épisode. Si une histoire angoissante ne vous effraie pas, faites-moi confiance, arrêtez votre lecture ici et regardez <em>Dernière Nuit à Tremor</em> sans avoir la moindre information supplémentaire à son sujet. Vous ne le regretterez pas.</p>
<p>En tout cas, je n’ai pas regretté. J’ai commencé à la série vraiment sans savoir à quoi m’attendre et j’ai été vite intrigué par l’ambiance et le côté mystique. Dès le premier épisode, Oriol Paulo joue sur les doutes et fait évoluer ses personnages entre fantastique et sujet psychiatrique. C’est un classique, certes, mais j’ai rarement vu une histoire qui pousse autant cette dualité. Pratiquement jusqu’au bout, on ne sait pas si Álex peut prédire le futur comme sa mère, ou s’il souffre d’une schizophrénie particulièrement aiguë. Ce qui est vraiment brillant ici, c’est que l’on alterne en permanence entre des indices qui font pencher la balance d’un côté et d’autres qui semblent confirmer l’autre hypothèse. Petit à petit, <em>Dernière Nuit à Tremor</em> passe d’une curiosité intrigante à une œuvre qui vous prend au corps et ne vous lâche plus. Les épisodes sont très longs, ce qui ne vous coupera pas l’envie de les enchaîner sans attendre, au contraire même. Chaque rebondissement apporte quelques réponses et ouvre de nombreuses questions, les pistes les plus folles s’accumulent et même les flashbacks sont bien faits et intéressants. Non vraiment, je trouvais la série sympathique au début et elle s’améliore nettement au fil de sa progression, au point de devenir réellement excellente. Seul le dernier épisode aurait mérité d’être un peu plus court, tant il explique et réexplique ce que l’on avait compris, mais ce n’est pas bien grave.</p>
<p>Le scénario est remarquablement maîtrisé d’un bout à l’autre, le casting est sans-faute et la tension n’est relâchée qu’à la toute fin. Que dire de plus ? <em>Dernière Nuit à Tremor</em> m’a bluffé et la série de Netflix mériterait à être mieux connue. Magistral.</p>
]]></description></item><item><title>La Pampa, Antoine Chevrollier</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/pampa-chevrollier/</link><pubDate>Sun, 08 Mar 2026 22:59:49 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/pampa-chevrollier/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/pampa-chevrollier/pampa.jpg">
        <p><em>La Pampa</em>, c’est le vrai nom d’une véritable piste de moto-cross à Longué-Jumelles, petite commune rurale non loin d’Angers. Cette anecdote souligne le choix d’Antoine Chevrollier pour son premier long-métrage, qu’il a choisi d’ancrer dans l’environnement de son enfance. Le réalisme est au cœur de son travail, ce qui ne se retrouve pas seulement dans la décision d’utiliser de vrais lieux au lieu d’inventer des endroits fictifs. C’est un choix transversal, que l’on note aussi dans le jeu des acteurs. Je suis toujours un petit peu inquiet en commençant une fiction française, tant le jeu de nos acteurs peut sonner faux. Rien de tel ici, au contraire : on est plongé dans le « Longué » d’une bande de jeunes lycéens dès les premières secondes. Cette toute première scène où ils s’amusent avec leur moto-cross bien trop bruyantes et que l’un d’entre eux traverse une départementale passante à toute allure sans regarder est une vraie leçon dans le genre. Le spectateur est pris au corps et le cinéaste peut alors déployer son intrigue, qui reste prenante jusqu’à la toute fin et qui mérite d’être découverte au fil de l’eau. À l’exception de la thématique LGBTQIA+ qui avait attiré mon attention, je ne savais rien de <em>La Pampa</em> et le coup de poing a été d’autant plus intense grâce à mon ignorance.</p>
<p>Willy, 17 ans, est le narrateur et Sayyid El Alami est excellent pour l’interpréter, mais l’histoire se déploie autour de Jojo, son meilleur ami et champion local de moto-cross. En tout cas, c’est ainsi que le voit son père, qui le pousse à enchaîner les tours pour réaliser son rêve et en faire une célébrité au-delà de Longué-Jumelles. Amaury Foucher trouve instinctivement le ton juste pour incarner cet adolescent qui fait tout pour satisfaire son père et qui encaisse ses déceptions en serrant les dents. C’est son premier rôle et je crois qu’il pourrait avoir une belle carrière, tant il en impose malgré sa frêle carrure. <em>La Pampa</em> semble presque dérailler quand on découvre que cet archétype de la masculinité toxique est en réalité gay et en couple secret avec son coach, interprété par un Artus méconnaissable et franchement bluffant. Si cette découverte ne change rien avec Willy, qui lui reproche juste de ne pas lui avoir fait suffisamment confiance pour lui faire son <em>coming-out</em>, l’information est révélée par une vidéo qui mène tout droit au drame. Je ne m’attendais à ce que l’homophobie occupe une place aussi importante du film et j’ai trouvé que c’était fait avec beaucoup de goût. Au lieu d’appuyer lourdement un message, Antoine Chevrollier travaille uniquement sur les non-dits, ce qui est bien trouvé. La manière dont le père masque son homophobie dégueulasse après le drame puis tente de remplacer son fils (au passage, Damien Bonnard est exceptionnel dans ce rôle), le manque de courage du coach qui trahit son amant et le déchaînement de violences contre ce jeune gay qui semble inexorablement mener à une seule conclusion… c’est brillant et glaçant d’affronter ainsi ce qui reste une réalité en France, en 2026.</p>
]]></description></item><item><title>Unfamiliar, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/unfamiliar-netflix/</link><pubDate>Tue, 03 Mar 2026 21:32:55 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/unfamiliar-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/unfamiliar-netflix/unfamiliar.jpg">
        <p><em>Unfamiliar</em> cache finalement bien son jeu. Cette série d’espionnage semble tout à fait banale et pour être franc, je ne l’aurais certainement pas vu si elle n’était pas allemande, ce qui m’attire toujours plus par principe. Néanmoins, les six épisodes<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> qui constituent la première saison s’avèrent excellents et dans le genre, c’est une vraie réussite. Cela tient à plusieurs éléments, à commencer par une histoire solide, suffisamment riche et complexe pour tenir en haleine, sans tomber dans l’excès de certains récits d’espionnage si compliqués qu’ils deviennent incompréhensibles. Ce que j’ai particulièrement apprécié ici, c’est que l’intrigue est d’abord très obscure, ce qui mène à des premiers épisodes plein de questions et permet au spectateur de tenter de déchiffrer l’ensemble. Plus les épisodes avancent et plus les zones d’ombres sont éclaircies, tout en gardant leur cohérence. J’insiste là-dessus, car c’est toujours simple d’imaginer un scénario volontairement confus, ce qui n’est jamais le cas ici. La création de Paul Coates reste sur une trajectoire au fond assez simple, les zones d’ombres sont éclairées par des flashbacks de bon goût — avec un rajeunissement des acteurs qui m’a épaté au passage — et <em>Unfamiliar</em> parvient très bien à maintenir le suspense avec des rebondissements, tout en s’éclaircissant progressivement. Ce qui me semble une meilleure trajectoire que de compliquer au contraire les choses artificiellement, comme on le voit parfois.</p>
<p>L’autre composante essentielle, ce sont les personnages et c’est le casting. De ce côté aussi, c’est une belle réussite, la série portée par Netflix a réuni des acteurs qui jouent tous très bien et qui bénéficient de suffisamment de place pour creuser leur psychologie. Au cœur de l’intrigue, le duo formé par Felix Kramer dans le rôle de Simon et Susanne Wolff dans celui de Meret fonctionne remarquablement bien. Ils forment un couple d’espions dysfonctionnel, qui a réussi à la fois à trouver presque une vie normale pour élever leur fille et qui mène une double-vie dangereuse, tout en ayant enterré de vieux problèmes personnels. Une excellente idée qui traverse toute la saison est justement que le plus grand défi n’est pas de croiser d’anciens ennemis qui refont surface, mais bien d’affronter le passé et tous les mensonges qui semblent annoncés dès le titre. Sous des airs de série d’espionnage vue et revue, <em>Unfamiliar</em> s’avère ainsi bien plus intéressante qu’on l’imagine d’abord. La saison est courte et se termine sur une fin ouverte, alors j’espère que Netflix lui laissera une chance avec une suite. D’ici là, je recommande sans hésiter si vous aimez le genre.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
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<li id="fn:1">
<p>C’est peu et c’est de plus en plus courant. J’ai l’impression que c’est le format de base aujourd’hui, ce qui d’un côté évite d’avoir du remplissage et en même temps, me laisse souvent sur ma faim.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
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</div>
]]></description></item><item><title>A Knight of the Seven Kingdoms, HBO</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/knight-seven-kingdoms-hbo/</link><pubDate>Thu, 26 Feb 2026 20:32:28 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/knight-seven-kingdoms-hbo/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/knight-seven-kingdoms-hbo/knight-seven-kingdoms-saison-1.jpg">
        <p>Dans les premières minutes du pilote, on entend les premières notes de la mythique musique composée par Ramin Djawadi et forcément, l’ampleur de <a href="https://voiretmanger.fr/game-of-thrones-weiss-benioff-hbo/"><em>Game of Thrones</em></a> s’impose à l’esprit de tous les spectateurs. C’est alors que le personnage principal défèque face à la caméra et nous gratifie d’une vision tout à fait graphique, n’entrons pas dans les détails si vous le voulez bien. C’est ainsi que les créateurs d’<em>A Knight of the Seven Kingdoms</em>, dont George R. R. Martin lui-même, ont décidé de lancer cette série, la troisième dans cet univers. Une bonne manière de trancher net avec le sérieux des deux précédentes et d’introduire une histoire beaucoup moins ambitieuse, plus légère… et étonnamment bonne. Six épisodes d’une demi-heure, c’est un long-métrage en tranche que nous propose HBO et c’est une vraie réussite, bien plus que je l’imaginais initialement.</p>
<p>Contrairement à <em>Game of Thrones</em> et <a href="/serie/house-dragon-hbo/"><em>House of the Dragon</em></a>, il n’y a ici qu’un seul arc narratif et deux personnages principaux seulement : Ser Duncan le Grand, un chevalier errant et son très jeune écuyer, Egg<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>/Aegon. Non seulement <em>A Knight of the Seven Kingdoms</em> se concentre sur un nombre très faible de personnages par rapport aux séries qui l’ont précédé, la première saison suit un fil rouge très concentré. Les personnages arrivent dans une ville pour un duel et toute l’intrigue se met en place autour de cet événement unique. Il y a bien quelques flashbacks pour ouvrir légèrement la création de HBO sur l’univers étendu imaginé par George R. R. Martin, mais on reste largement concentré sur cette base réduite. Malgré cela, j’ai rarement vu une série qui avait l’air si dense. C’est peut-être parce qu’elle part dans des directions toujours inattendues, ou alors qu’elle foisonne d’interactions — la reconstitution de Westeros est toujours aussi soignée — et d’idées intéressantes. En tout cas, on ne s’ennuie jamais une seule seconde, ce qui pourrait être logique face à une œuvre si courte, mais on a en même temps l’impression qu’elle dure deux ou trois fois plus longtemps. C’est un phénomène assez difficile à décrire, cette série se distingue en tout cas très clairement de la production moyenne et cela fait plaisir de voir quelque chose de différent pour une fois.</p>
<p>Le succès du projet repose presque uniquement sur les grandes épaules de Peter Claffey qui incarne le chevalier et sur les petites de Dexter Sol Ansell qui joue l’écuyer. Les deux personnages sont très différents et c’est un duo de contraires, un classique qui fonctionne ici à merveille grâce à la présence incroyable des deux acteurs et leurs jeux qui s’accordent parfaitement. Ancien joueur de rugby, ça se voit, l’adulte incarne une force de la nature doublée d’un chic type, limite bêta, et même si les scénaristes ont peut-être un petit peu trop chargé la mule sur la fin, sa façon de traverser la série comme un roc fonctionne très bien. À ses cotés, l’enfant est aussi petit par la taille qu’immense par son impertinence et le jeune acteur est parfaitement à son aise et parvient même à prendre le dessus face au géant qui est son partenaire de jeu.</p>
<p><em>A Knight of the Seven Kingdoms</em> est basé sur une série de trois nouvelles écrites par le romancier et cette saison suit la première d’entre elles. HBO a donné son accord pour adapter les trois, si bien que la saison suivante est en cours et celle d’après est programmée. À en juger à la réussite de ces six épisodes, c’est une excellente nouvelle. J’ai hâte de découvrir ce que George R. R. Martin et Ira Parker nous réserve par la suite.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>La version française dit juste Œuf, perdant tout le jeu de mot. Comme toujours, vive la version originale.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Black Rabbit, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/black-rabbit-netflix/</link><pubDate>Tue, 24 Feb 2026 21:19:14 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/black-rabbit-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/black-rabbit-netflix/black-rabbit.jpg">
        <p>Cette mini-série Netflix repose largement sur les quatre épaules de son duo de personnages principaux et fort heureusement pour <em>Black Rabbit</em>, c’est un sacré duo. Ni Jude Law, ni Jason Bateman n’ont plus à prouver quoi que ce soit depuis bien des années, mais ils rappellent ici toute l’étendue de leur talent. Ces deux frères toujours dans des magouilles en lien avec la mafia, naturellement, sont excellents et leur performance tient la création de 	Zach Baylin et Kate Susman d’un bout à l’autre. L’histoire a beau ne pas être très originale, le style a beau être parfois un poil exagéré, j’ai trouvé l’ensemble très plaisant à suivre malgré tout et c’est un excellent divertissement.</p>
<p><em>Black Rabbit</em> se construit à partir de la fin, ou quasiment. Un restaurant tendance de New York héberge une vente de montres et bijoux qu’un braquage fait dérailler. Les coups de feu partent et on a juste le temps de comprendre que le patron des lieux connaît son attaquant et on repart deux mois avant. C’est une construction déjà vue tant de fois que c’est un devenu un cliché. Il n’en reste pas moins que c’est une formule efficace quand elle est bien menée et c’est le cas ici. On sait qu’il y aura le braquage, on ne sait pas qui, ni pourquoi et les scénaristes peuvent ainsi prendre leur temps pour poser leur intrigue méthodiquement. Ils n’avancent pas trop vite et le rythme est très bien dosé pour maintenir la tension sur les huit épisodes de la mini-série, sans être constamment surmené. Chaque personnage important a droit à une place suffisante pour explorer sa psychologie et ses ambitions. <em>Black Rabbit</em> ne cherche pas à révolutionner le genre, ce qui ne l’empêche pas d’avoir de bonnes idées. Celle que je préfère je crois, c’est le mafieux sourd et muet, interprété par Troy Kotsur que j’avais croisé récemment dans <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/foundation-apple-tv-3/"><em>Foundation</em></a>. Les séquences qui se déroulent avec lui sont les plus violentes de toute la série et pourtant, ce sont aussi les plus calmes, sa colère s’exprimant de manière non-verbale. Ça n’enlève rien à l’intensité du personnage, au contraire même, et c’est une bonne manière de créer un contraste avec les deux frères qui parlent à tout bout de champ.</p>
]]></description></item><item><title>Enzo, Robin Campillo</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/enzo-campillo/</link><pubDate>Sun, 22 Feb 2026 18:14:26 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/enzo-campillo/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/enzo-campillo/enzo.jpg">
        <p>Enzo, 16 ans, choisit de choquer ses riches parents de La Ciotat en quittant le lycée pour devenir maçon. On retrouve bien dans ces débuts la patte sociale de Laurent Cantet, qui aurait dû mener le projet jusqu’au bout s’il n’avait pas succombé suite à un cancer avant de pouvoir passer à la réalisation. C’est Robin Campillo qui l’a remplacé au pied levé et le réalisateur semble avoir apporté son propre univers en introduisant une relation qui dépasse l’amitié entre le jeune héros et un collègue ukrainien sur le chantier. Cela pouvait être une combinaison très dangereuse, mais j’ai été emballé par le résultat. <em>Enzo</em> est très subtil et remarquablement bien joué, deux caractéristiques essentielles pour qu’un tel projet fonctionne correctement. Le fait que les deux acteurs principaux ne sont pas professionnels et débutaient devant les caméras sur ce film n’est sans doute pas étranger à cette réussite. Le côté naturel est certainement lié à leur jeu et il faut bien reconnaître au passage que les deux sont vraiment excellents. En particulier, on comprend sans peine pourquoi le jeune Eloy Pohu a impressionné pendant le casting et je suis très curieux de voir s’il aura une carrière dans le cinéma. Il a une aura indéniable et impose sa présence sans forcer le trait, il apporte énormément au film.</p>
<p><em>Enzo</em> brasse de multiples sujets, tant côté sexualité avec les premiers émois d’un jeune adolescent et une relation LGBTQI+ traitée avec élégance et justesse, que côté social avec la confrontation de deux mondes. D’un côté, les bourgeois avec leur immense vallée qui domine La Ciotat et la mer Méditerranée, option grande piscine et champagne sorti à la moindre occasion. De l’autre, les maçons qui sont rarement des locaux et qui font un travail pénible sous le ciel impitoyable de la région pour créer d’autres villas pour riches propriétaires dédaigneux. Enzo est au croisement de toutes ces thématiques, il ne se sent plus à place au milieu de sa riche famille, sans l’être vraiment dans le milieu de la construction. En réalité, il est surtout là pour Vlad, même s’il n’en a pas conscience tout de suite ou ne veut pas l’admettre. J’ai beaucoup aimé l’écriture des deux personnages, qui semblent sur-jouer l’hétérosexualité pour mieux masquer leur bisexualité. L’écriture de Robin Campillo et Laurent Cantet est très fine, la direction des deux acteurs est toute en nuance. Maksym Slivinskyi a un charme assez naturel, avec des faux airs de Marlon Brando et Jean Dujardin, mais au-delà de l’apparence, sa manière de gérer les avances de son très jeune collègue est pile ce que l’on pouvait attendre. C’est sans fausse note d’un bout à l’autre, jusqu’à la fin ouverte qui suggère beaucoup sans rien confirmer : impeccable.</p>
]]></description></item><item><title>The Gentlemen, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/gentlemen-netflix/</link><pubDate>Mon, 16 Feb 2026 22:26:03 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/gentlemen-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/gentlemen-netflix/gentlemen.jpg">
        <p>Je n’ai jamais été le plus grand fan de Guy Ritchie et je le deviens de moins en moins au fil des années, alors je n’avais pas été spécialement attiré par <em>The Gentlemen</em> sur Netflix. Quasiment deux ans après sa sortie originale, le service de streaming l’a remise en avant, sans doute parce que la série va recevoir une deuxième saison prochainement. L’actualité des sorties n’étant pas spécialement riche, je me suis laissé tenter et je ne regrette pas. Même si c’est clairement une création de Guy Ritchie, impossible de l’ignorer, j’ai trouvé que cela passait plutôt bien et les huit épisodes se regardent sans déplaisir. Je suis un poil plus sceptique sur les derniers qui me semblent aller trop loin, mais avant cela, les personnages m’ont semblé plutôt bien écrit et globalement crédibles, avec tout de même de gros guillemets.</p>
<p>Je me demande si la série pourra garder le niveau sur la suite, je dois dire que ce dernier épisode m’effraie un peu. D’ici là, si vous aimez les histoires de gangsters et de mafia de la drogue, <em>The Gentlemen</em> n’est pas désagréable à regarder, à défaut d’être très originale. L’ensemble est bien rythmé, il y a suffisamment de rebondissements pour maintenir l’attention et les machinations du monde de la drogue sont efficaces, comme toujours. L’arc narratif principal rejoue un classique du genre, à savoir la personne normale qui arrive par accident à la tête d’un réseau international de vendeurs de drogue et retrouver Giancarlo Esposito est à cet égard assez troublant. Pour autant, Guy Ritchie suit sa propre voie et s’éloigne clairement des précédentes séries sur le même thème, ce qui est appréciable. Theo James est bon dans le rôle principal, il parvient bien à jouer l’aristocrate qui tombe des nues en découvrant le business légué par son père et qui finit par y prendre goût. Kaya Scodelario est un bon complément dans le rôle de la baronne de la drogue et j’ai apprécié l’absence de romance dans cette saison, même si j’imagine que ce sera un axe pour la suivante.</p>
]]></description></item><item><title>Le Garçon et l’Univers, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/garcon-univers-netflix/</link><pubDate>Wed, 11 Feb 2026 21:28:21 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/garcon-univers-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/garcon-univers-netflix/gar%C3%A7on-univers.jpg">
        <p>Adaptation d’un roman semi-autobiographique, <em>Le Garçon et l’Univers</em> est une mini-série qui m’a intéressée tout d’abord par son positionnement original. On ne sait jamais trop sur quel pied danser, c’est à la fois un drame social réaliste et même assez dur par moments et en même temps, c’est une œuvre qui frise avec le fantastique, sans aller entièrement sur ce terrain non plus. On est constamment comme sur un fil et j’ai trouvé que c’était bien fait et très agréable. Les prémonitions de Gus apportent une touche poétique qui allègent considérablement ce qui aurait été une histoire franchement lourde sans cela. Ce qui ne veut pas dire que c’est une intrigue légère pour autant, les difficultés de ces deux jeunes qui grandissent avec des parents dysfonctionnels, entre un père alcoolique, une mère héroïnomane et un beau-père dealer. Cela fait beaucoup et la création de Netflix donne parfois le sentiment d’en faire trop. En même temps, c’est basé sur une histoire en partie vraie et surtout, je trouve que l’ensemble reste équilibré, justement grâce aux pauses fantastiques. Les séquences avec la voiture dans l’espace sont belles et même si elles sont liées à un autre drame sous-jacent, elles permettent de respirer entre deux séquences intenses.</p>
<p><em>Le Garçon et l’Univers</em> reste ainsi une réussite pour moi, malgré ses défauts. Tout du long, je pourrais pointer des éléments qui ne fonctionnent pas vraiment, des incohérences narratives ou des maladresses, à commencer par l’âge des deux jeunes personnages qui n’a aucun rapport avec celui des acteurs. Eli jeune est bien interprété par Felix Cameron, mais son frère est censé avoir 15 ans dans la première partie et Lee Tiger Halley est indiscutablement plus âgé. Ces décalages sont encore plus perturbants dans la partie où ils sont plus grands, mais qu’importe, le casting est convaincant, avec des acteurs qui jouent tous très bien. J’étais agréablement surpris de retrouver ici Travis Fimmel, inoubliable dans <a href="https://voiretmanger.fr/vikings-hirst-history/"><em>Vikings</em></a>, et je n’avais pas reconnu Simon Baker, bien maquillé dans le rôle du père. Ainsi, en dépit de quelques faiblesses, je ne regrette pas d’avoir regardé les 7 épisodes de cette mini-série et je la recommande sans hésiter.</p>
]]></description></item><item><title>Kiss The Beast, Sébastien Tellier</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/kiss-beast-tellier/</link><pubDate>Tue, 10 Feb 2026 21:55:53 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/kiss-beast-tellier/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/kiss-beast-tellier/sebastien-tellier-kiss-the-beast.jpg">
        <p>Je crois que c’est un thème récurrent. À chaque nouvel album de Sébastien Tellier, ma première réaction est contrastée, pour ne pas dire plus. Tout me semble un peu trop kitsch, les paroles absurdes me font lever les yeux au ciel et les délires ridicules de l’artiste me donnent envie d’arrêter la lecture avant la fin. Pourtant, je reste jusqu’au bout et j’y retourne sans arrêt, jusqu’à avoir ses chansons qui tournent en boucle dans la tête pendant des jours. Son dernier, <em>Kiss The Beast</em>, ne fait pas exception et même les bêlements de « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=pgUkVaRmvrA">Mouton</a> » ne me semblent plus aussi dingues alors que, franchement. Il faut écouter ce titre : entre le délire idiot et le génie, il ne semble bien y avoir qu’un pas.</p>
<p>Sur ce huitième album, le Français a indiqué avoir voulu exprimer toute sa créativité sans se limiter à un concept, ce qui était en effet fréquent sur les précédents. Le ton est donné et de fait, <em>Kiss the Beast</em> part vraiment dans tous les sens, avec douze titres qui n’ont rien à voir et qui s’enchaînent pourtant pour former un ensemble étonnamment… cohérent ? Ce n’est peut-être pas le bon mot, mais l’album est moins décousu qu’on pourrait le croire en écoutant chaque titre séparément. C’est peut-être ça la force de Sébastien Tellier au fond, il peut prendre n’importe quelle idée, même la plus folle, et il arrive à en faire quelque chose qui tient la route. En tout cas, même si je ne parviens pas à bien comprendre pourquoi, sa musique bordélique et limite agaçante par endroits à la première écoute finit toujours par devenir entêtante au point où je n’ai plus envie d’écouter autre chose pendant quelques jours.</p>
<p>C’est peut-être une forme bizarre du syndrome de Stockholm qui parle, mais je trouve ce <em>Kiss the Beast</em> très plaisant et peut-être même réussi. J’arrive assez bien à faire abstraction des paroles et l’alternance systématique des balades avec des chansons taillées pour les boîtes de nuit est étonnamment efficace, si bien que les 44 minutes passent en un clin d’œil.</p>
<p><em>Bêêêêh</em></p>
]]></description></item><item><title>F1, Joseph Kosinski</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/f1-kosinski/</link><pubDate>Sun, 08 Feb 2026 22:15:42 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/f1-kosinski/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/f1-kosinski/f1.jpeg">
        <p><em>F1® Le Film</em>, voilà le titre officiel et complet que la FIA aimerait que vous utilisiez, ce qui n’arrivera certainement pas ici. C’est intéressant malgré tout de souligner le caractère très officiel de ce long-métrage par la fédération en charge d’organiser la compétition sportive. Joseph Kosinski a eu un accès complet aux véritables grands prix de 2023 pour y tourner son film dans les conditions du réel, avec de vraies équipes et les vrais pilotes au lieu de faire appel à des figurants. La mention de Lewis Hamilton à la production est un autre indice : le projet porté par Apple TV a bénéficié d’un accès sans précédent au monde de la Formule 1. C’est le dernier indice d’un attrait croissant pour ce sport automobile, attrait certainement relancé par la série <em>Drive to Survive</em> de Netflix, d’ailleurs citée à un moment par un personnage. Je dois admettre ici qu’à titre personnel, la F1 ne m’a jamais passionné et je n’étais pas spécialement client sur le papier. Plus que les voitures, ce sont les présences de Brad Pitt devant les objectifs et celle de Joseph Kosinski derrière les caméras qui m’ont attiré et je dois dire que je n’ai pas été déçu. <em>F1</em> est un blockbuster qui en met plein la vue, du grand spectacle parfaitement mené et une histoire divertissante, à défaut d’être très originale. Ce qui n’est jamais un problème en soi pour moi, tant que le reste suit.</p>
<p>L’intrigue est assez basique : un ancien pilote de F1, qui aurait pu devenir le meilleur d’entre tous avant de voir sa carrière stoppée par un accident qui aurait pu lui coûter la vie, revient pour aider une équipe en difficulté. Sunny est interprété par Brad Pitt et ce choix est tellement évident qu’on ne peut qu’imaginer le rôle écrit pour lui. L’acteur a beau avoir dépassé les 60 ans, il a conservé une sacré forme et il est parfaitement crédible pour jouer ce personnage de pilote aussi talentueux que casse-cou. Le rôle lui convient vraiment comme un gant et on ne va pas se mentir, le succès de <em>F1</em> tient très largement sur ses deux épaules musclées. Mon seul regret serait la partie romantique qui n’apporte pas grand-chose et qu’on aurait pu aisément zapper, mais heureusement, cette section est réduite au maximum, comme si les scénaristes ou peut-être le réalisateur la considéraient eux aussi comme superflue. Si la star brille particulièrement, le reste du casting est aussi très bon. Javier Bardem est parfait dans le rôle du patron, tandis que Damson Idris, le jeune mafieux mémorable de <a href="https://voiretmanger.fr/snowfall-singleton-amadio-andron-fx/"><em>Snowfall</em></a>, est le complément parfait. Le succès du film aidant, il se murmure que des suites pourraient être prévues et j’imagine que c’est sur lui qu’elles se concentreraient. Je crois que ça ne serait pas une mauvaise idée, son personnage a du potentiel.</p>
<p>D’ici là, <em>F1</em> m’a vraiment plu, davantage que je l’imaginais. Joseph Kosinski n’essaie pas de faire plus qu’un divertissement dans le monde de la Formule 1, il a une bonne base avec cette histoire d’ancien champion qui prend sa revanche et sa réalisation est bluffante, avec de multiples caméras placées sur les voitures et dans l’habitacle. Apple a apparemment créé un système sur-mesure pour filmer les pilotes pendant la conduite et c’est redoutable d’efficacité pour donner le sentiment de vitesse nécessaire. Ces voitures avancent à la vitesse d’un TGV, c’est incroyable quand on y pense et <em>F1</em> a bien réussi à recréer cette impression. On en prend plein la vue et on ne voit pas le temps passer : mission pleinement réussie, donc.</p>
]]></description></item><item><title>Talamasca : L’Ordre Secret, AMC</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/talamasca-ordre-secret-amc/</link><pubDate>Fri, 06 Feb 2026 21:54:44 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/talamasca-ordre-secret-amc/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/talamasca-ordre-secret-amc/EQ8k0k8QZxTdwuoTLcxi9Al2Fh.jpg">
        <p>Réussir un récit au premier degré à base de créatures fantastiques comme des vampires et des sorcières doit certainement être l’un des plus grands défis pour tout auteur ou scénariste. <em>Talamasca : L&rsquo;Ordre Secret</em> est l’adaptation pour AMC d’une série de romans d’Anne Rice, qui s’est faite connaître à Hollywood pour <a href="/film/entretien-vampire-jordan/"><em>Entretien avec un vampire</em></a>, et malheureusement, la première saison confirme bien la difficulté. Cette histoire d’ordre secret qui surveille le monde obscur et évite tout conflit avec les humains commence pourtant plutôt bien, avec un pilote suffisamment mystérieux pour me donner envie de poursuivre. J’ai tout particulièrement apprécié la subtilité de ce premier épisode, qui évite le manichéisme habituel et apporte un côté trouble pour tous les personnages. Malheureusement, ce point de départ encourageant ne mène pas à une très bonne série. Je ne sais pas si c’est l’adaptation créée par John Lee Hancock qui pèche ou si c’est le roman original qui est décevant. Quoi qu’il en soit, j’ai trouvé que la série d’AMC perdait en intérêt au fil des épisodes et heureusement qu’elle n’en compte que six, car cela devient vite ennuyeux.</p>
<p><em>Talamasca : L&rsquo;Ordre Secret</em> se termine en appelant une suite et peut-être qu’AMC choisira de laisser une deuxième chance à la série. Je ne suis pas sûr d’être au rendez-vous, car j’ai du mal à voir ce qui pourrait m’attirer. Le personnage principal est loin d’être passionnant, alors qu’il y avait de quoi creuser : alors qu’il a accepté un poste très haut placé dans un cabinet d’avocats new-yorkais, il plaque tout pour rejoindre le Talamasca, ce fameux ordre secret bien mystérieux. J’aurais trouvé plus intéressant qu’il exploite son don de télépathe dans un travail plus « normal », pourquoi pas en incluant des éléments de fantastique. À la place, le scénario plonge directement dans l’univers des vampires et sorcières et franchement… c’est du déjà-vu et j’ai trouvé tout cela bien ennuyeux. Même l’enquête de la police en parallèle n’apporte rien, tout est sur comme des rails et on sent très vite qu’il y a des liens plus importants entre les personnages qu’on ne veut bien nous le dire. Tout cela pour finalement tomber dans une caricature à coups de méchant avec un gros cigare, c’est limite désolant. Dommage, je suis persuadé qu’il y avait un vrai potentiel à creuser dans le même univers, mais certainement pas comme ça…</p>
]]></description></item><item><title>Le Puits de l’ascension, Brandon Sanderson</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/puits-ascension-sanderson/</link><pubDate>Tue, 03 Feb 2026 21:44:31 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/puits-ascension-sanderson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/puits-ascension-sanderson/puits-ascension.jpg">
        <p>La trilogie <em>Fils-des-Brumes</em> se poursuit avec un deuxième tome encore plus épais, on dépasse les mille pages cette fois, et une histoire qui creuse l’univers métallique sorti de l’imagination débordante du romancier américain. Je dois reconnaître que la fin de <a href="/livre/empire-ultime-sanderson/"><em>L’Empire ultime</em></a> m’avait surpris, je ne m’attendais pas à ce qu’un personnage aussi important que Kelsier meure et j’étais curieux de voir si cela allait pousser la saga dans une direction nouvelle. C’est bien le cas, avec là encore une surprise à mes yeux, puisque <em>Le Puits de l’Ascension</em> creuse des aspects que je n’envisageais pas initialement. L’action est réduite à peau de chagrin, on ne quitte pratiquement jamais Luthadel et Brandon Sanderson concentre ses efforts sur d’autres aspects plus étonnants, comme la politique. Devenu roi, Elend doit gérer deux armées qui tentent d’envahir sa ville et surtout apprendre à régner sans retomber dans l’autoritarisme de son prédécesseur. Ce n’est pas un roman politique pour autant, mais j’ai apprécié que l’auteur aborde ces thématiques et prenne le temps de bien le faire. C’est un vrai sujet et moteur de l’intrigue, pas du saupoudrage pour faire joli et c’est bienvenu.</p>
<p>En parallèle, l’univers continue de se déployer et quelques secrets de feu le Seigneur Maître sont dévoilés. Sans tout révéler pour autant, une bonne chose pour le tome suivant qui peut ainsi garder une dose de mystère et probablement quelques révélations supplémentaires. En attendant, <em>Le Puits de l’ascension</em> consacre logiquement beaucoup de temps à Vin, qui est notre héroïne après tout, et ici aussi, j’ai bien aimé son parcours. Brandon Sanderson prend aussi le temps de creuser sa relation avec Elend et ses interrogations sur son rôle dans cet univers. En tant que Fille-de-Brumes, elle est toute puissante, mais que doit-elle faire de cette force incroyable ? C’est un sujet plus profond que je l’imaginais et c’est une excellente manière de creuser sa psychologie tout en évitant les ficelles les plus communes de ce genre de récits. Il y a bien toujours quelques batailles à différentes échelles et les séquences de combat de Vin sont bien rendues. Néanmoins, j’ai apprécié le rythme plus tranquille de ce deuxième roman… même s’il aurait sans doute pu être raccourci de quelques centaines de pages. Brandon Sanderson a la plume facile, c’est indéniable, et cela peut lui jouer parfois des tours. En même temps, je ne me suis jamais ennuyé pendant ma lecture et j’ai hâte de découvrir la suite : c’est bien la preuve, s’il en fallait encore une, de son talent.</p>
]]></description></item><item><title>Les Sept Cadrans d’Agatha Christie, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/sept-cadrans-agatha-christie-netflix/</link><pubDate>Mon, 02 Feb 2026 21:32:09 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/sept-cadrans-agatha-christie-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/sept-cadrans-agatha-christie-netflix/sept-cadrans.jpg">
        <p>Je ne connaissais pas le roman original d’Agatha Christie, son deuxième, alors c’est avec un avis entièrement neutre que j’ai abordé son adaptation pour Netflix. Trois épisodes de moins d’une erreur, <em>Les Sept Cadrans d&rsquo;Agatha Christie</em> ne gonfle manifestement pas le matériau d’origine et se contente de suivre l’intrigue de base, ce qui n’est pas plus mal… ou bien est-ce un problème en l’occurrence ? Je ne sais pas si je dois juger le matériau sous-jacent ou le scénario qui l’adapte, mais ce que je sais, c’est que la série ne m’a pas passionné du tout. Le premier épisode était pourtant sympathique, avec sa bonne dose de mystère et le personnage joué par Helena Bonham Carter m’a immédiatement séduit, à défaut de constituer une interprétation très originale pour l’actrice. L’enquête débute, tout se met en place et puis… ben pas grand-chose. La série avance vite, on laisse un petit peu cette histoire de cadrans sur le bas côté et la résolution est bizarrement expédiée.</p>
<p><em>Les Sept Cadrans d&rsquo;Agatha Christie</em> n’est pas mauvaise, on ne peut pas dire ça, l’adaptation est probablement trop courte pour ennuyer tout à fait et l’ensemble reste divertissant. Sauf que je crois que j’ai déjà tout oublié et je viens tout juste de terminer le dernier épisode. Je trouve qu’il manquait beaucoup de choses, une enquête avec davantage de surprises, un détective moins incapable, une héroïne encore plus impliquée… quelque chose. Même cette histoire de société secrète n’apporte rien au fond, on n’a jamais vraiment le temps de la découvrir et elle semble greffée bizarrement à l’intrigue générale. La reconstitution historique n’est pas spécialement bonne, avec un Londres sorti tout droit d’un vieux jeu vidéo, et si le casting est excellent sur le papier, il n’est pas si bien exploité que cela. C’est dommage, j’avais envie d’aimer cette série et <em>Les Sept Cadrans d’Agatha Christie</em> m’a laissé surtout indifférent. Finalement, heureusement que c’était court…</p>
]]></description></item><item><title>Destination finale : Bloodlines, Adam B. Stein et Zach Lipovsky</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/destination-finale-bloodlines-stein-lipovsky/</link><pubDate>Sat, 31 Jan 2026 21:15:06 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/destination-finale-bloodlines-stein-lipovsky/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/destination-finale-bloodlines-stein-lipovsky/destination-finale-6.jpg">
        <p>La saga <em>Destination finale</em> ne se contente pas d’exister encore, les films continuent d’être bons, ce qui est tout de même assez incroyable. Qui aurait parié sur un sixième volet aussi réussi que l’est <em>Destination finale : Bloodlines</em> ? Certainement pas moi et pourtant, j’ai passé un excellent moment devant ce long-métrage bien ficelé, qui reprend une formule éprouvée en lui injectant suffisamment d’idées nouvelles pour ne pas tomber dans la répétition, sans pour autant perdre de vue ce qui a fait le succès des épisodes précédents. Franchement, je ne pensais pas écrire cela en 2026, mais nous y voilà : si une bonne dose de gore et de membres écrasés de diverses manières ne vous effraie pas et que vous cherchez un divertissement redoutable d’efficacité, ne passez pas à côté. Et il va sans dire que l’aventure sera bien plus amusante si vous ne connaissez pas à l’avance les morts spectaculaires sorties de l’esprit tordu des scénaristes de la saga.</p>
<p>La séquence d’ouverture justifie à elle seule le déplacement. C’est une scène classique dans la série de films, tous les indices s’accumulent pour mener à une mort horrible ou en l’occurrence, de multiples morts, tous ceux qui participaient à l’inauguration d’un restaurant en hauteur dans les années 1960. On découvre par la suite que c’était une prémonition d’une jeune femme présente sur place, qui a réussi à sauver tout le monde pour réaliser par la suite que la mort se venge en tuant méthodiquement tous ceux qui auraient dû mourir ce jour-là ainsi que leurs descendants. Bien plus tard, de nos jours en fait, la liste se termine sur cette femme en question et ses descendants, les héros du film. C’est de là que vient le sous-titre du long-métrage et <em>Destination finale : Bloodlines</em> introduit ainsi quelques nouveautés, avec l’attente d’une mort certaine à venir, avec un ordre connu à l’avance. Ce qui n’empêche pas les surprises, au contraire. Adam B. Stein et Zach Lipovsky multiplient les bonnes idées pour surprendre avec des décès brutaux, d’autres inattendus et même des morts déjouées, ce qui est une excellente manière de maintenir l’attention du spectateur. C’est gore à souhait bien entendu, c’est inventif et… fun, tout simplement. J’ai passé un excellent moment devant ce blockbuster qui ressemble un petit peu à une attraction, avec ses moments qui feront sursauter et des scènes vraiment horrifiques — celle de l’IRM en particulier, quelle horreur —, ce qui est exactement ce que l’on vient chercher dans ce genre.</p>
<p>Je ne m’attendais pas à apprécier autant le sixième <em>Destination finale</em>. Je suis en tout cas ravi de lui avoir laissé une chance et je me dis que contre toute attente, la saga a peut-être encore de quoi tenir la distance. À défaut de garder les mêmes personnages d’un film à l’autre<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, ses concepteurs peuvent très bien garder le même esprit et creuser de nouvelles pistes, sans renier le concept.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>À l’exception notable du personnage de William Bludworth, récurrent dans la saga puisque c’était sa quatrième apparition. La dernière aussi : Tony Todd, qui l’interprétait depuis le premier film il y a un quart de siècle de cela, est mort avant la sortie de celui-ci.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Les Dossiers oubliés, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/dossiers-oublies-netflix/</link><pubDate>Fri, 30 Jan 2026 21:45:16 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/dossiers-oublies-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/dossiers-oublies-netflix/dossiers-oublies.jpg">
        <p>Les débuts sont tout de même très caricaturaux et il faut arriver à dépasser l’impression d’avoir affaire à des personnages vus et revus. Le lieutenant Carl Morck en particulier est un héros antipathique qui m’a semblé initialement beaucoup trop proche du personnage de Gary Oldman dans <a href="https://nicolasfurno.fr/tmdb/95480/"><em>Slow Horses</em></a>. Autour de lui, ce n’est guère mieux, avec ce Syrien qui a évidemment un passé compliqué ou encore la procureure qui est naturellement extrêmement ambitieuse et désagréable. J’ai hésité à un moment à ne pas poursuivre plus longtemps, mais j’ai finalement persisté et c’était une plutôt bonne idée. Si <em>Les Dossiers oubliés</em> ne remportera aucune palme d’originalité, la première saison qui adapte un roman danois de Jussi Adler-Olsen m’a finalement séduite. Les personnages restent assez caricaturaux tout en ayant de la place pour développer un petit peu leur personnalité et surtout, le groupe vaut plus que la somme des parties. L’association de ces policiers tous détruits d’une manière ou d’une autre forme une sorte de famille choisie qui fonctionne assez bien, même si à cet égard, ces neuf premiers épisodes font plus l’effet d’une introduction. Netflix a renouvelé la série pour une deuxième saison et j’espère que les scénaristes accentueront encore davantage cet aspect, sans perdre de vue le point fort de ces débuts : une intrigue bien ficelée.</p>
<p>Une fois les bases posées dans le pilote, <em>Les Dossiers oubliés</em> met en place une enquête et j’ai trouvé pour le coup qu’elle était assez originale et bien menée. Les coupables ne sont pas évidents d’emblée, il y a une vraie tension et les progrès menés par l’enquête sont crédibles. On pourra toujours pointer ici ou là quelques facilités, le fait de masquer le visage de personnages clés est rétrospectivement un indice évident… néanmoins, j’ai pris du plaisir à essayer de comprendre l’affaire en même temps que les policiers, ce qui est toujours un bon signe. C’est l’avantage du projet, il se base sur une série de romans et j’imagine que chaque tome se concentre sur une enquête différente et qu’il en ira de même pour les saisons. Si c’est le cas, la série Netflix pourrait être particulière intéressante, on verra si la suite maintient le niveau, voire s’éloigne des quelques clichés faciles qui restent encore. Croisons les doigts.</p>
]]></description></item><item><title>His &amp; Hers, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/his-hers-netflix/</link><pubDate>Sat, 24 Jan 2026 21:24:57 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/his-hers-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/his-hers-netflix/his-hers.jpg">
        <p>Un meurtre dans une petite bourgade paumée et tranquille de Georgie, l’occasion d’un retour pour une ancienne présentatrice de télévision qui a abandonné son poste un an auparavant suite à une tragédie familiale et le début d’une enquête pour son ex-mari, qui est aussi détective dans le bled en question. <em>His &amp; Hers</em> n’essaie pas de réinventer la roue et parie au contraire sur une formule éprouvée, ce qui ne rend pas la mini-série Netflix ennuyeuse pour autant. Comme souvent en pareilles circonstances, l’essentiel repose alors sur les épaules des acteurs qui vont donner vie aux personnages et leur offrir une vraie épaisseur psychologique. Dans ce domaine, cette adaptation d’un roman d’Alice Feeney impressionne avec un casting plein de stars et de très bons choix. Dans les rôles principaux, si Jon Bernthal et Tessa Thompson ne sont peut-être pas surprenants, leur interprétation est solide et j’ai trouvé que les doutes sur leurs motivations réelles et même leur culpabilité éventuelle étaient très bien amenés. D’ailleurs, je ne veux pas trop en dire, mais il faut souligner la qualité du matériau d’origine, qui tient le spectateur en haleine d’un bout à l’autre et surtout garder des surprises jusqu’à la toute fin.</p>
<p>À cet égard, <em>His &amp; Hers</em> est une belle réussite, un thriller qu’on dévore d’une traite avec un véritable intérêt pour les questions posées en cours de route. Même la résolution n’est pas décevante comme c’est trop souvent le cas, elle tient la route et reste intéressante jusqu’au bout. William Oldroyd, dont c’est la première série apparemment, s’est très bien débrouillé pour adapter le roman original et sans aller jusqu’à parler d’œuvre magistrale, n’exagérons rien, j’ai trouvé le divertissement fort sympathique. Il faut dire que Netflix a opté pour un format court, avec six épisodes qui ne dépassent pas une heure et qui accélèrent même sur la résolution. Si vous aimez le genre, vous auriez tort de passer à côté.</p>
]]></description></item><item><title>On a vu pire, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/on-a-vu-pire-netflix/</link><pubDate>Thu, 22 Jan 2026 21:49:37 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/on-a-vu-pire-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/on-a-vu-pire-netflix/ojitos-huevo.jpg">
        <p><em>On a vu pire</em>… comme le titre français de cette série Netflix mexicaine ? La version originale, <em>‌Ojitos de huevo</em>, que l’on pourrait traduire par « yeux mignons d’œuf » est bien plus poétique tout en donnant une indication sur son sujet. Sur deux saisons et seize épisodes d’une demi-heure, cette création de Santiago Limón suit les aventures d’Alexis, aveugle de naissance qui décide un beau jour de se lancer dans une carrière de stand-up à Mexico. Il est interprété par un acteur aveugle nommé Alexis Arroyo et il est très vite évident que c’est largement autobiographique. C’est aussi une série drôle et touchante à la fois et je la recommande si vous aimez l’humour noir.</p>
<p>Alexis Arroyo a certainement enjolivé la situation, son vécu transparaît évidemment à travers le projet et le jeune acteur parvient bien à nous faire vivre son quotidien difficile, sans jamais tomber dans le larmoyant. Au fond, <em>On a vu pire</em> porte un joli message d’espoir, avec des personnages handicapés qui parviennent toujours à s’en sortir face à l’adversité. C’est aussi une comédie bien rythmée, ce que j’ai apprécié, qui joue sur plusieurs registres. Il y a des gags visuels, d’innombrables blagues autour du handicap notamment du personnage principal et une grosse dose d’auto-dérision. Sans aller jusqu’à parler d’œuvre politique, la dénonciation de l’utilisation des personnes en situation de handicap pour se donner bonne conscience est un fil rouge peut-être assez évident, ce qui ne l’empêche pas d’être bien trouvé et surtout bien mené.</p>
<p>Au bout du compte, <em>On a vu pire</em> est une série qui m’a séduite et que j’ai regardée avec plaisir. Ce n’est pas l’œuvre la plus originale qui soit, certes, mais ses personnages sont attachants et l’humour est constant, sans étouffer une dose d’émotion notamment sur la fin. Mon seul regret est l’absence de développement amoureux pour le personnage de Charly, malgré une esquisse dans la première saison. C’est dommage de ne pas lui avoir accordé plus de place.</p>
]]></description></item><item><title>Palm Royale, Apple TV (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/palm-royale-apple-tv-saison-2/</link><pubDate>Wed, 21 Jan 2026 21:56:24 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/palm-royale-apple-tv-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/palm-royale-apple-tv-saison-2/palm-royale-2.jpeg">
        <p>Que diable s’est-il passé ? Comment, après une première saison peut-être pas parfaite, mais que j’avais beaucoup aimée notamment pour son casting exceptionnel, peut-on proposer ces dix épisodes tellement ridicules que je n’ai même pas été jusqu’au bout ? Je voulais finir <em>Palm Royale</em>, question de principe, mais l’écriture se dégrade si violemment sur la fin que l’épisode 9 avec son cerf enchanté a été la goutte de trop. Après avoir zappé rapidement les séquences sans intérêt qui ont suivi, j’ai réalisé que je ne m’intéressais absolument plus du tout à l’intrigue et qu’il était temps de passer à autre chose. Tant pis pour le dixième épisode, qui semblait de toute manière poursuivre sur la même lancée.</p>
<p>D’habitude, ce genre d’accident industriel a une explication logique, comme un renouvellement de créateur ou des scénaristes. Ici pourtant, rien de tel, c’est la même équipe qui est au commande et le même excellent casting. Les acteurs ont eu l’air de bien s’amuser sur le tournage et ils restent compétents. <em>Palm Royale</em> souffre de deux problèmes principaux : un scénario qui n’a aucun objectif et une satire qui se transforme vite en farce grotesque. Il n’y a pas d’arc narratif digne de ce nom dans cette suite et chaque épisode donne le sentiment d’une improvisation de plus en plus totale. Il y a des idées étranges dès les premiers épisodes, la libération rocambolesque de Linda est un bon exemple, mais cela devient complètement absurde par la suite. La jumelle de Maxine qui débarque sans raison ressemble honnêtement à un caprice de Kristen Wiig (quel acteur ne rêve pas de tourner deux personnages en même temps ?) sans rien apporter. Ne parlons pas de toute la séquence finale en Suisse, qui tombe dans la caricature si grossière que c’en est constamment gênant (la banque sur les sommets alpins, sérieusement, mais évitons d’évoquer l’accent…). J’aime l’absurde et je peux accepter la farce, s’il y avait un semblant de direction. Rien de tel ici, on enchaîne les rebondissements et révélations jusqu’à ne plus avoir le moindre intérêt pour ces personnages qui n’ont absolument aucun sens.</p>
<p>Alors que la première saison m’avait séduit par son humour et ses acteurs, la deuxième a fini par m’ennuyer. Il y a encore quelques bons moments au début, les premiers épisodes semblent garder le cap… et puis Norma s’échappe avec une cascade digne d’une caricature et quelque chose s’est cassé. C’était vaguement amusant sur le coup, mais je crois que c’était le signe que les scénaristes ont choisi de basculer sur tout autre chose. Quel dommage…</p>
]]></description></item><item><title>28 Ans plus tard, Danny Boyle</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/28-ans-plus-tard-boyle/</link><pubDate>Sun, 18 Jan 2026 22:23:28 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/28-ans-plus-tard-boyle/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/28-ans-plus-tard-boyle/28-ans-plus-tard.jpg">
        <p>Il ne s’est pas tout à fait écoulé 28 années depuis la premier film, mais on était suffisamment proche du compte (désolé pour le coup de vieux) pour que le troisième volet de la saga lancée par Danny Boyle avec <a href="https://voiretmanger.fr/28-jours-plus-tard-boyle/"><em>28 jours plus tard</em></a> se nomme <em>28 Ans plus tard</em>. Si vous avez loupé les épisodes précédents, ce n’est pas très grave au fond et ce long-métrage va droit au but, comme toujours, en rappelant en quelques mots qu’une infection mystérieuse a décimé la majorité des habitants du Royaume-Uni. Je me souviens que le premier film ne s’embarrassait pas plus avec l’introduction et le réalisateur respecte le même principe. On est directement plongé dans un univers post-apocalyptique plein de zombies, où survivent de petites communautés recluses de survivants comme celle qui est au cœur de l’intrigue. Pas besoin d’en savoir plus, les règles de l’univers seront dévoilées par la suite et j’ai trouvé d’ailleurs que le scénario, écrit par Alex Garland comme l’original, était excellent à cet égard. Les différentes variantes sont révélées petit à petit, sans jamais tomber dans le didactisme lourd et le long-métrage est équilibré et bien rythmé. Le cinéaste a toujours autant la main lourde sur les effets, la subtilité n’a jamais été son fort, mais les images peuvent être très belles et si le tournage à l’iPhone transparaît ici ou là (notamment dans les scènes sombres), on en voit aussi les bénéfices avec un niveau d’immersion indéniablement supérieur. Et puis, c’est un clin d’œil à <em>28 jours plus tard</em>, tourné avec des caméras numériques de l’époque, pour un rendu bien meilleur.</p>
<p>L’histoire est elle aussi moins prévisible que je l’envisageais initialement, une bonne surprise. On s’attend à ce que le père soit le personnage principal, il n’en est rien et sans aller jusqu’à dire que c’est une œuvre politique, <em>28 Ans plus tard</em> est plus moderne que je l’anticipais en découvrant initialement l’espèce de village médiéval. L’arc narratif principal m’a bien plu, j’ai apprécié tout le temps passé avec Jodie Comer, évidemment, et Ralph Fiennes apportait une note originale bien trouvée. Quelle surprise enfin de retrouver Edvin Ryding, le prince gay de <a href="https://voiretmanger.fr/young-royals-ambjorn-forsman-forsman-netflix/"><em>Young Royals</em></a>, transformé ici en soldat plouc, un rôle de composition certainement. Pour ne rien gâcher, Alfie Williams a beau être jeune, il en impose à l’écran et il était vraiment parfait dans le rôle principal. Même si la fin part dans une toute autre direction, au point de donner le sentiment de voir un autre film, je reste intrigué par l’idée de Danny Boyle d’en faire une trilogie et je regarderai peut-être la suite.</p>
]]></description></item><item><title>Pluribus, Apple TV</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/pluribus-apple-tv/</link><pubDate>Fri, 16 Jan 2026 22:45:06 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/pluribus-apple-tv/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/pluribus-apple-tv/pluribus.jpeg">
        <p>Une nouvelle série créée par Vince Gilligan ? Après <a href="https://voiretmanger.fr/breaking-bad-gilligan/"><em>Breaking Bad</em></a> et plus encore après <a href="https://voiretmanger.fr/better-call-saul-gilligan-gould-amc/"><em>Better Call Saul</em></a>, j’étais évidemment intéressé par principe et sans discussion. Je savais aussi que je voulais découvrir sa nouvelle série sans rien savoir à son sujet, ce qui était effectivement une excellente idée. Alors, si vous avez aimé ses deux précédentes créations  et qu’une œuvre lente ne vous effraie pas, arrêtez votre lecture, regardez <em>Pluribus</em> et revenez ici par la suite. Surtout, ne gâchez pas votre première découverte de l’intrigue en sachant ce qui se passe, ni même en connaissant le point de départ : je vous promets que le plaisir de la découverte n’en sera que plus grand.</p>
<p>Ceci posé, <em>Pluribus</em> n’est pas du tout dans la veine des deux précédentes séries de Vince Gilligan, quand bien même elle se déroule principalement à Albuquerque dans le Nouveau-Mexique. En découvrant cela, je pensais que le cinéaste y était né, ou au minimum qu’il avait des attaches particulières à cette ville désertique des États-Unis, mais il n’en est rien. Il aime bien ces décors, qu’il connait particulièrement bien après les avoir exploité pendant onze saisons comme on peut s’en douter, et c’est apparemment surtout pour cette raison qu’on les retrouve ici. Pour ne rien arranger, Rhea Seehorn est de retour et après avoir interprété une excellente avocate dans <em>Better Call Saul</em>, elle a droit au premier rôle ici, qu’elle incarne avec un talent incroyable, sans surprise. <em>Pluribus</em> se déroule toutefois dans un tout autre univers et un genre complètement différent : la science-fiction, tendance apocalypse extra-terrestre. Néanmoins, on peut compter sur Vince Gilligan pour ne pas reproduire des schémas vus et revus et loin du scénario catastrophe que l’on pouvait envisager ailleurs, il propose ici une œuvre très originale, radicale même pourrait-on dire, tout à fait dans l’esprit de ses séries précédentes.</p>
<p>Il n’y a pas vraiment d’attaque dans <em>Pluribus</em>, juste un mystérieux signal reçu du fin fond de l’espace qui s’avère être le code génétique d’un virus qui s’empare à une vitesse incroyable de toute l’humanité. Seuls douze humains résistent sur toute la planète, les sept milliards restants fusionnent en un seul esprit géant, une sorte de fourmilière planétaire. C’est le point de départ de la série portée par Apple TV, pas tout le scénario : le pilote se charge d’introduire tant le virus que ses effets et l’intrigue se met réellement en place ensuite. Ce qui intéresse Vince Gilligan, ce n’est en aucun cas l’attaque elle-même, pas tellement ses effets, mais bien plus la réaction de Carol, écrivaine aussi populaire qu’insatisfaite de son travail et l’une des douze survivants. Les neuf épisodes qui composent la première saison suivent son parcours sur deux bons mois, avec plusieurs étapes qui rappellent un petit peu le travail du deuil : colère, tristesse, résignation… tout y passe. <em>Pluribus</em> ressemble à cet égard à une grosse introduction, une manière d’établir les règles de l’univers tout en explorant les réactions différentes des humains restés indépendants. Ce n’est pas une critique, ce rythme est un choix résolu de la part de Vince Gilligan et le travail mené sur chaque épisode est assez dingue. Les séquences sont toutes soignées, des plans ont probablement demandé des mois de travail pour coordonner des centaines de figurants, les cadres sont toujours soigneusement composés… bref, c’est un régal pour les yeux et on ne s’ennuie jamais. Lent ne veut pas dire vide et j’ai trouvé le rythme parfaitement dosé d’un bout à l’autre, avec une tension constante et un excellent sens du gag de répétition. L’idée du répondeur<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, en particulier, est une idée toute simple et pourtant géniale.</p>
<p>Même si les liens avec les séries précédentes du créateur sont évidents au premier abord, cette création Apple TV m’a surtout rappelé <a href="/tmdb/95396/"><em>Severance</em></a> en restant sur le même service et plus encore <a href="https://voiretmanger.fr/leftovers-lindelof-perrotta-hbo/"><em>The Leftovers</em></a>. Les deux histoires sont très différentes et en même temps étonnamment proches, en se construisant toutes deux autour de la perte et en pariant sur une forte dose de mystère et une ambiance soignée. <em>Pluribus</em> est une série pleine de promesses et je suis très curieux de voir ce que la suite nous réserve. La deuxième saison est déjà commandée et il paraît que son concepteur en a prévu quatre. Vivement !</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Avec la voix parfaitement reconnaissable de Patrick Fabian, qui interprétait lui aussi brillamment un avocat dans <em>Better Call Saul</em>.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Stranger Things, Netflix (saison 5)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/stranger-things-netflix-saison-5/</link><pubDate>Thu, 08 Jan 2026 22:34:27 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/stranger-things-netflix-saison-5/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/stranger-things-netflix-saison-5/stranger-things.jpg">
        <p><em>Strangers Things</em> se conclut enfin, près de dix ans <a href="https://voiretmanger.fr/stranger-things-duffer-netflix/">après ses débuts</a>. L’énorme série de Netflix doit offrir une conclusion à la hauteur des attentes. Non pas qu’elle soit un monument sur le plan qualitatif, mais elle reste un phénomène de société et l’œuvre la plus regardée sur le service de streaming. Comme rien <a href="/serie/stranger-things-netflix-saison-4/">la précédente</a>, cette cinquième saison a été saucissonnée pour exploiter au maximum l’intérêt des spectateurs, quitte à perdre le plaisir du <em>binge-watching</em>. Il faut dire que même si elle ne compte que huit étapes, elle est encore une fois anormalement longue, avec plusieurs épisodes qui dépassent l’heure et le tout dernier qui dépasse deux heures et qui est même sorti au cinéma. Pour ma part, j’ai préféré attendre la diffusion complète pour enchaîner les huit épisodes d’un coup et ce final était spectaculaire et divertissant, avec une jolie fin qui ferme tous les arcs narratifs. Si <em>Stranger Things</em> reste toujours aussi éloignée dans mon esprit de <a href="https://voiretmanger.fr/dark-odar-friese-netflix/"><em>Dark</em></a> à qui on l’a souvent comparée au début, elle n’en reste pas moins une œuvre fantastique d’une ambition folle et fort plaisante.</p>
<p>Même s’il s’est écoulé trois ans entre la sortie des deux saisons, la cinquième enchaîne quelques mois seulement après la quatrième et reste sur la même lignée. L’armée a envahi Hawkins pour couvrir le monde à l’envers et nos héros tentent inlassablement de trouver et tuer Vecna. Pour tenir huit épisodes et éviter de répéter les précédents, <em>Stranger Things</em> introduit quelques nouveaux personnages, dont <del>Sarah Connor</del> une nouvelle docteure qui remplace Brenner disparu dans la saison 4, et surtout de nouveaux enfants ciblés par le grand méchant. Malgré tout, les frères Duffer ont retenu leurs erreurs et le scénario reste concentré sur le noyau dur, les personnages que l’on a appris à connaître sur dix ans. Enfin, connaître est un grand mot : j’ai réalisé en regardant ces derniers épisodes, à quel point l’histoire principale a un petit peu écrasé tout espoir de développement psychologique. C’est sans doute le plus gros défaut de la série, dont l’univers si ample étouffe tout le reste. C’est apparent ici avec le <em>coming-out</em> tant attendu de Will. Il devrait être l’occasion d’une séquence touchante, mais c’est un peu ridicule, sans doute parce que l’on a du mal à s’identifier ou connaître les sentiments de ces jeunes. J’ai apprécié malgré tout que le scénario en fasse une brique centrale, cela fait malheureusement du bien par les temps qui courent.</p>
<p>Même si l’univers peut avoir tendance à tout écraser, il faut tout de même reconnaître que c’est un sacré univers. L’inventivité de <em>Stranger Things</em> est indéniable et cette ultime saison le prouve encore. Je retiendrai la matière fondue de la centrale électrique dans le monde à l’envers, c’est une idée aussi simple que géniale et les effets visuels sont particulièrement réussis. Netflix en met plein la vue et les oreilles si vous avez de quoi profiter du spectacle et il est évident que chaque épisode aurait sa place sur un grand écran. Sur le fond, on reste très loin de la sophistication de <em>Dark</em>, certes, néanmoins j’ai apprécié la cohérence de l’ensemble et le mystère sur la pierre trouvée par Henry à l’origine de tout. Sans aller jusqu’à parler d’œuvre politique, l’insistance sur les autorités qui masquent la vérité et sur le grand public qui ignore tout de la réalité de Hawkins n’est certainement pas innocente et bienvenue. Pour ne rien gâcher, la bande-originale reste très bonne et une saison rythmée par la musique de Kate Bush ne peut pas fondamentalement être mauvaise.</p>
]]></description></item><item><title>Les Chevaliers de Baphomet - L’Ombre des Templiers : Reforged</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/chevaliers-baphomet-ombre-templiers-reforged/</link><pubDate>Mon, 05 Jan 2026 21:39:00 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/chevaliers-baphomet-ombre-templiers-reforged/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/chevaliers-baphomet-ombre-templiers-reforged/chevaliers-baphomet.jpg">
        <p>Vous sirotez tranquillement un café sur une terrasse parisienne, quand une bombe explose dans le café. Vous avez beau n’être qu’un touriste américain à Paris, vous réalisez vite que la police française est totalement incompétente et vous décidez de prendre les choses en mains en commençant votre propre enquête. Voilà le point de départ de ce jeu d’aventure à l’ancienne, modernisé toutefois avec cette version sortie récemment. <em>Les Chevaliers de Baphomet - L&rsquo;Ombre des Templiers : Reforged</em> m’a permis de prolonger ma redécouverte de classiques que je n’avais pas testé depuis leur sortie, de <a href="/jeu-video/myst/"><em>Myst</em></a> à <a href="/jeu-video/amerzone-testament-explorateur/"><em>L’Amerzone</em></a> en passant par <a href="/jeu-video/riven/"><em>Riven</em></a>. La formule est toujours la même : un vieux jeu d’aventure aux graphismes dépassés est dépoussiéré par ses créateurs et proposé dans une version qui tient un petit peu mieux la route en ce milieu des années 2020. Première différence notable ici, les dessins n’ont jamais visé le photoréalisme, si bien que la modernisation est moins évidente. On reste sur un côté dessin animé, optimisé toutefois pour nos écrans avec bien plus de pixels. Le résultat est très satisfaisant, c’est net et les couleurs sont bien vives. Un soin particulier a été apporté aux dialogues, qui ont fait la réputation du titre, et les voix sont en effet elles aussi remarquables. Bref, sur la technique, rien ne fait vraiment défaut, c’est un jeu vidéo moderne et bien retravaillé.</p>
<p>Le problème, c’est plutôt le fond. Je me souvenais du point de départ dans le café parisien, guère plus. Trente ans après sa sortie, <em>Les Chevaliers de Baphomet</em> a hélas bien mal vieilli. Le personnage principal est une caricature de touriste américain, plein de préjugés et sexiste, mais ce n’est pas le pire. J’ai trouvé le traitement de tous les personnages d’une lourdeur effrayante, au point où j’ai songé à plusieurs reprises d’abandonner. Le traitement de Nico est honteux et la trajectoire avec le héros d’une banalité affligeante. C’est encore pire lors des escapades du personnage principal hors de Paris, avec des clichés racistes dans tous les sens. Heureusement pour le jeu que c’est lui que j’avais choisi de faire pendant les vacances estivales et surtout que c’était ma seule option sur le moment, sinon je crois que j’aurais changé. J’étais tout de même un peu curieux de voir comment cela se terminait (<em>spoiler alert</em> : sans surprise) et fort heureusement, le jeu est assez court. J’ai tout terminé en huit heures, en passant rapidement la plupart des dialogues tout en essayant de tout essayer et de profiter du côté absurde. Un côté que je pensais bien plus développé, on est loin du travail de LucasArt dans le domaine et j’ai surtout trouvé que c’était l’occasion de créer des énigmes insolubles. Heureusement qu’il y a un système d’aide intégré, parce qu’il faut <em>vraiment</em> avoir l’esprit tourné bizarrement pour se tirer de quelques situations étranges. Sur le gameplay, le seul point positif que je retiendrai est la possibilité de mourir, très rare dans le genre. Néanmoins, ce n’est pas suffisant pour me pousser à recommander le jeu, qui aurait mieux fait de rester un vague souvenir. Déçu.</p>
]]></description></item><item><title>Superman, James Gunn</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/superman-gunn/</link><pubDate>Sat, 03 Jan 2026 21:56:16 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/superman-gunn/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/superman-gunn/superman.jpg">
        <p>Enhardi par la réussite de <a href="/film/thunderbolts-schreier/"><em>Thunderbolts</em>*</a>, je me suis convaincu de donner aussi une chance au <em>Superman</em> de James Gunn. Ce super-héros m’a toujours semblé particulièrement ennuyeux, mais j’avais entendu du bien sur le long-métrage et le cinéaste a prouvé qu’il pouvait obtenir de bons résultats dans le genre. Hélas, il n’est pas parvenu à inverser la tendance et son énième relecture du mythe est aussi ennuyeuse que les autres à mes yeux. Enfin, ennuyeux est peut-être un peu fort, je ne me suis pas réellement ennuyé devant son blockbuster d’un petit peu plus de deux heures. J’ai toutefois eu l’impression de revoir les mêmes histoires portées par les mêmes personnages et, à une exception canine notable, je n’ai rien trouvé de bien passionnant dans ce spectacle parfaitement maîtrisé, certes.</p>
<p>Pour autant, je commençais avec un <em>a priori</em> positif, notamment parce que James Gunn a eu la bonne idée de ne pas nous raconter encore une fois les débuts. Son Clark Kent est déjà Superman depuis trois ans, il est connu de l’Amérique et donc du monde, il sort avec Loïs Lane qui connaît sa double identité… bref, toutes les bases sont établies et on peut passer à autre chose. En l’occurrence, un affrontement avec Lex Luthor, un milliardaire jaloux qui cherche à détruire l’image du super-héros et le détruire tout court dans la foulée. <em>Superman</em> tente de s’éloigner des grands méchants monolithiques pour offrir une relecture moderne, à base de géopolitique qui rappelle bien trop notre monde moderne (les deux pays en conflit évoquent fort Israël et la Palestine, pour commencer). C’est bien, mais ce n’est pas non plus très original en 2025 et Nicholas Hoult a beau être efficace, il joue un grand méchant monolithique contre le héros. David Corenswet a le physique idéal pour jouer Superman et je ne sais pas si l’acteur a plus que le physique, vu que le scénario ne permet pas à son personnage d’explorer sa psychologie. Il y avait pourtant de quoi faire, la remise en cause du super-héros et les doutes sont toujours des pistes intéressantes, sauf qu’elles ne sont pas vraiment exploitées ici.</p>
<p>James Gunn reste en surface et multiplie les personnages jusqu’à l’indigestion. Pourquoi est-ce que Green Lantern — dans une version kitsch très réussie dans le genre — et ses amis sont aussi là ? On s’y perd un peu je trouve et c’est probablement surtout le signe que <em>Superman</em> est censé relancer l’univers cinématographique DC pour mieux concurrencer celui de Marvel. Puisque le réalisateur chapeaute toute l’initiative, j’imagine que ce premier film est représentatif et ça ne me donne pas beaucoup plus d’espoir que pour la précédente tentative. Sauf s’il ne garde que les chiens, éventuellement.</p>
]]></description></item><item><title>Resident Alien, Syfy</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/resident-alien-syfy/</link><pubDate>Fri, 02 Jan 2026 22:15:35 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/resident-alien-syfy/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/resident-alien-syfy/resident-alien.jpg">
        <p>Un extraterrestre est envoyé sur Terre pour tuer toute l’humanité (forcément), mais son vaisseau tombe en panne en arrivant et il est forcé d’infiltrer le petit village de Patience, dans le Colorado, le temps de le réparer et de retrouver la bombe qui doit lui permettre de mener à bien sa mission. Voilà le point de départ de <em>Resident Alien</em> et à ma grande surprise, cette comédie parvient à tenir quatre saisons sans tourner en rond ni ennuyer. La première reste peut-être ma préférée, quand personne ne sait que Harry Vanderspiegle, le médecin apparemment innocent de la ville, est en réalité un alien. Personne… pas tout à fait, puisque Max, le jeune fils du maire, est capable de voir sa vraie nature. Personne ne le croit, l’extra-terrestre cherche à le tuer et il y a en parallèle une enquête autour d’un meurtre, le premier depuis bien longtemps dans cette petite ville paisible. Le scénario de ces dix premiers épisodes est remarquablement bien ficelé et Syfy a mis les moyens, avec un tournage au Canada qui rend vraiment bien. On voit la différence quand le studio débarque dans la suite, apportant un côté carton-pâte un peu désagréable en comparaison… même si, étonnamment, cela ne ruine pas la série.</p>
<p>Bien au contraire, <em>Resident Alien</em> trouve des moyens intelligents de poursuivre sans répétitions et sans trop s’éloigner d’une vague forme de crédibilité. Ne me faites pas dire ce que je n’écris pas, on est dans la comédie assumée, il n’y a rien de réaliste ici. Néanmoins, j’ai trouvé que les scénaristes réussissent à ouvrir l’univers de Harry et à révéler sa vraie nature à de plus en plus de personnages, sans perdre de vue que ce n’est pas accepté par la majorité. L’implication gouvernementale est elle aussi bien gérée et la création de Syfy ne tombe jamais dans le piège si courant en science-fiction, où l’on part d’un petit incident isolé pour finir en menace globale. À l’inverse, <em>Resident Alien</em> reste ancré dans son petit bled d’origine et à de très rares exceptions, l’intrigue ne sort jamais des limites de Patience. C’est une excellente idée, je trouve, pour éviter l’emballement et rester sur une ligne directrice proche de la première saison. Avec succès d’ailleurs, car même si bien plus de personnages sont dans le secret et participent directement à aider ou combattre Harry, la série est toujours aussi centrée sur un cœur assez compact, moins d’une dizaine de personnes. Un bon point pour créer des psychologies plus riches et parvenir à intéresser, au-delà de la blague initiale.</p>
<p>Dans cet ensemble, Harry est évidemment la star et Alan Tudyk s’avère un choix payant pour l’interpréter. L’acteur a un air hébété parfait pour le rôle et son jeu légèrement décalé est tout à fait adapté pour jouer un humain neuro-divergent qui cache en réalité un extra-terrestre. À ses côtés, le casting est très compétent, sans faire d’étincelles en général, même si je voulais mentionner Corey Reynolds, impeccable tête à claques pour jouer le rôle du shérif. Pour ne rien gâcher, le message général de <em>Resident Alien</em> pourrait être gnangnan et peut-être que c’est mon côté fleur bleue qui parle, mais je l’ai trouvé convaincant. L’idée que l’empathie humaine contamine les êtres froids venus d’ailleurs est aussi charmante qu’originale et je dois dire que je ne m’y attendais pas. Au bout du compte, la création de Syfy a plein de qualités et elle gagnerait à être plus connue, si bien que je la recommande sans hésiter.</p>
]]></description></item><item><title>Thunderbolts*, Jake Schreier</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/thunderbolts-schreier/</link><pubDate>Thu, 01 Jan 2026 22:30:30 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/thunderbolts-schreier/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/thunderbolts-schreier/thunderbolts.jpg">
        <p>J’ai suivi l’immense univers cinématographique Marvel <a href="https://voiretmanger.fr/saga/univers-cinematographique-marvel/">pendant des années</a>, et puis comme tout le monde sans doute, je me suis lassé et j’ai cessé de trop prêter attention à l’ensemble. J’avais tort pour <em>Thunderbolts</em>*, sorti au milieu de l’année dernière et qui ressemble à une énième formation de superhéros, comme si on était pris au piège d’histoires qui tournaient en boucle à l’infini. J’ai pourtant fini par donner ma chance au projet en découvrant non seulement que Florence Pugh et l’inévitable Julia-Louis Dreyfus étaient au casting, mais qu’en plus Son Lux avait signé la bande-originale. Après celle d’<a href="/album/everything-everywhere-once-original-motion-picture-soundtrack-son-lux/"><em>Everything Everywhere All At Once</em></a>, c’est le coup de pouce qui me manquait pour me convaincre de lancer le long-métrage de Jake Schreier et… c’était une très bonne idée. Sans aller jusqu’à dire que c’est un chef-d’œuvre, j’ai trouvé ce Marvel bien supérieur à la majorité du MCU dernièrement et même au-dessus de la mêlée par rapport au blockbuster de superhéros typique. En s’arrêtant au synopsis, on aura pourtant bel et bien l’impression de revoir la dernière variante du même film et fondamentalement, c’est vrai que <em>Thunderbolts</em>* suit une trajectoire conventionnelle. Néanmoins, tout est dans les détails et la manière de traiter l’histoire et à cet égard, le 35e volet du MCU ose quelques idées originales.</p>
<p>« <em>Pas de pouvoirs. Pas de héros. Pas de concessions.</em> », clame l’affiche, trois affirmations assez intrigantes juste à côté du logo de Marvel. Les héros qui s’assemblent sous le nom de Thunderbolt sont ainsi des anti-héros, tous des ratés qui sont envoyés sur une mission où ils doivent en réalité s’entretuer. Quand ils découvrent la vérité, ils décident de travailler ensemble, en dépit de leur nature, et contre toute attente, ils réussissent à s’en sortir. Par bien des aspects, cela pourrait être le <em><a href="https://voiretmanger.fr/suicide-squad-ayer/">Suicide Squad</a></em> de Marvel, mais j’ai trouvé que l’analogie ne tenait pas longtemps. Il faut dire que le scénario offre ici aux personnages tout l’espace nécessaire pour ne pas en rester à de vagues caricatures sans intérêt et pour au contraire gagner une vraie psychologique. C’est vrai pour Yelena, incarnée par une Florence Pugh aussi excellente que d’habitude, c’est aussi vrai pour presque tous ceux qui l’entourent, ce que j’ai trouvé plaisant. John Walker, découvert dans <em><a href="https://voiretmanger.fr/falcon-soldat-hiver-spellman-disney/">Falcon et le Soldat de l’Hiver</a></em>, est bien plus riche que ce que la première présentation laisse voir, tout comme le Gardien rouge, qui pourrait n’être qu’un bouffon russe et qui révèle une épaisseur de caractère que je n’imaginais pas. Le personnage le plus intéressant est certainement celui de Bob, avec une exploration psychiatrique d’un niveau bien supérieur à celui que j’attendais. Lewis Pullman, que j’avais découvert dans <em><a href="https://nicolasfurno.fr/serie/lessons-chemistry-apple-tv+/">Lessons in Chemistry</a></em>, est parfait dans ce rôle subtil et j’ai beaucoup aimé la simplicité et en même temps l’efficacité de la représentation de sa noirceur sur New-York.</p>
<p>Certes, <em>Thunderbolts</em>* est un Marvel, avec ses séquences de combat et quelques passages obligés que l’on aurait peut-être pu éviter. Comme toujours, il y a aussi de l’humour, mais là encore, 	Jake Schreier ne s’est pas contenté de reproduire le niveau habituel et s’autorise de la subtilité. La place de Julia Louis-Dreyfus est dès lors toute trouvée et l’actrice compose une méchante en suivant une partition plus riche et subtile que la moyenne. Tous les personnages sont traités sérieusement, sans jamais les laisser se prendre trop au sérieux, un bon équilibre au service d’un message bien plus intéressant que la moyenne. Il n’y a pas de super-héros pour venir sauver l’humanité ici, c’est la solitude qui doit être combattue et les liens entre humains sont la solution. Un choix que je trouve particulièrement bien trouvé à notre époque et c’est au fond un thème bien plus politique qu’il pouvait en avoir l’air initialement.</p>
<p>Quant à la musique de Son Lux… je vais devoir écouter l’album séparément pour vraiment l’apprécier. C’était la même situation sur leur précédent travail pour Hollywood, je trouve que la subtilité de leurs compositions se perd une fois associée aux images, trop à mon goût. Malgré tout, le fan du groupe que je suis apprécie que le cinéma finance leurs autres efforts et j’ai vraiment hâte de découvrir leur prochain « vrai » album, près de six ans après le triptyque <em>Tomorrows</em>.</p>
]]></description></item><item><title>1670, Netflix (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/1670-netflix-saison-2/</link><pubDate>Wed, 31 Dec 2025 21:51:41 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/1670-netflix-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/1670-netflix-saison-2/1670-saison-2.jpg">
        <p>Grand amateur d’absurde, la <a href="/serie/1670-netflix/">première saison</a> de <em>1670</em> m’avait enchanté et c’est tout naturellement que j’ai poursuivi l’expérience. Huit nouveaux épisodes constituent cette saison 2 et ils ne m’ont pas déçu. La série polonaise de Netflix maintient sa même ligne, avec un faux-documentaire bourré d’anachronismes sur un village polonais du XVII<sup>e</sup> siècle, tout en offrant aux personnages davantage de place pour exister. C’est ce que j’ai le plus apprécié je crois dans cette suite, on ne reste pas à la farce facile, il y a de vrais arcs narratifs et des évolutions intéressantes pour la majorité des personnages. Même si Jan Paweł, le père de famille et chef du village, reste aussi idiot qu’avant et évolue assez peu, ce n’est pas le cas de ses enfants ou de sa femme. Les parcours féminins sont particulièrement réussis, ce qui est certainement approprié dans cette série qui fait de l’anachronisme une de ses briques fondamentales.</p>
<p><em>1670</em> sort aussi davantage du village de base et ouvre son univers à d’autres lieux et cultures. Le premier épisode de la saison, du tourisme au Moyen-Orient, est une vraie réussite, tout comme l’épisode à Varsovie dans un tout autre genre. On sent que les créateurs ont pris plus de liberté, ils évoquent des thèmes plus variés et osent davantage d’idées, en particulier dans le dernier épisode, assez bluffant. La fin très ouverte promet une expansion encore plus grande et si cela aurait pu m’inquiéter ailleurs, je suis ici plutôt confiant. La série de Netflix a largement eu l’occasion de prouver ses mérites et je suis très curieux de voir ce que <em>1670</em> peut proposer, après avoir explosé ses fondations dans cette saison. Elle pourrait se perdre en effet, mais je crois que ses auteurs ont une bonne idée en tête et qu’ils maintiendront le cap. Vivement la suite pour le découvrir.</p>
]]></description></item><item><title>L’Empire Ultime, Brandon Sanderson</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/empire-ultime-sanderson/</link><pubDate>Thu, 25 Dec 2025 17:57:08 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/empire-ultime-sanderson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/empire-ultime-sanderson/empire-ultime.jpg">
        <p>Après quatre romans, la recette Brandon Sanderson est désormais bien claire dans ma tête et je regrette qu’elle n’évolue pas davantage d’un volume à l’autre. Pour autant, <em>L’Empire Ultime</em> qui ouvre la trilogie originale du <em>Fils-des-Brumes</em> m’a happé comme les autres et non seulement j’ai lu ce premier volume avec entrain d’un bout à l’autre de ses plus de 900 pages, j’ai hâte de découvrir la suite. C’est bien la preuve que le romancier a bien raison, au fond, de maintenir la formule bien établie, d’autant qu’on n’a pas l’impression de relire la même histoire à chaque fois. J’aimerais quand même un petit peu plus d’originalité dans la manière de concevoir les grands arcs narratifs, peut-être une pointe supplémentaire de surprise vis-à-vis des personnages et de leurs rôles respectifs, mais je dois reconnaître que l’auteur a le don pour créer des univers fantastiques avec une logique interne à la fois originale et très bien ficelée.</p>
<p>Ici, le Seigneur Maître immortel règne sans partage depuis un millénaire quand on découvre son Empire et son fonctionnement très hiérarchisé. Quelques nobles se partagent les richesses sans les partager avec la masse, des skaas réduits à l’état d’esclavage et surtout qui semblent largement incapables ne serait-ce que d’entretenir l’idée d’une rébellion, encore moins de la mettre en œuvre. <em>L’Empire Ultime</em> suit les pas de Vin, une jeune voleuse qui est repérée par un chef de bande mythique avec une idée folle : Kelsier veut tuer le Seigneur Maître, détruire l’empire tout entier et le remplacer par un système plus juste. On découvre au fil des pages les mécanismes de l’allomancie, le don de certaines personnes pour manipuler des métaux et gagner en force, clairvoyance, pouvoir de persuasion, voire pour voler ou même deviner le futur proche. Comme souvent chez Brandon Sanderson, l’héroïne se dévalue au départ et nous est présentée comme une moins que rien, alors que c’est elle qui va s’inscrire au cœur de l’intrigue. C’est attendu, tout comme tous les rebondissements qui concernent sa relation avec Elend et de manière générale, la trajectoire du roman. Cela dit, les derniers chapitres sont plein d’action comme toujours — un autre cliché du romancier — et je ne pensais pas que le premier tome allait se terminer ainsi. Sans aller dire que c’est un twist, je m’attendais à ce que l’écrivain reste sur la même lancée par la suite et comme ce n’est pas le cas, je suis très curieux de voir ce que le deuxième roman me réserve.</p>
<p>J’espère que Brandon Sanderson pensera dans la suite à ouvrir ses personnages à davantage de diversité. Que les relations romantiques soient toutes hétérosexuelles, passe encore, mais pourquoi <em>L’Empire Ultime</em> devait être si masculin ? S’il compte certes une héroïne, Vin est quasiment la seule femme de tout le roman et il n’y a en tout cas strictement aucun autre rôle principal féminin, tout juste un eunuque. C’est dommage, ce ne sont pourtant pas les personnages qui manquent  et on est dans le domaine de la fiction, fallait-il forcément reproduire notre société macho à l’identique ? L’inventivité du romancier ne devrait pas se limiter à l’utilisation de métaux…</p>
]]></description></item><item><title>Train Dreams, Clint Bentley</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/train-dreams-bentley/</link><pubDate>Sat, 20 Dec 2025 19:09:37 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/train-dreams-bentley/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/train-dreams-bentley/train-dreams.jpg">
        <p>J’ai lancé <em>Train Dreams</em> en ne connaissant rien de plus que le cadre spatio-temporel et l’acteur principal. C’est peut-être la meilleure manière de découvrir le long-métrage de Clint Bentley la première fois, alors si vous comptez le regarder, arrêtez-vous ici. Non pas qu’il y ait réellement de surprises à divulguer, on penche ici bien plus du côté du film d’ambiance que de l’intrigue complexe. La référence à Terrence Malick est évidente et <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Train_Dreams_(film)#Influences">reconnue par le réalisateur</a> lui-même, qui se dit assez logiquement honoré de voir son nom associé à celui du célèbre cinéaste. Sans aller aussi loin dans la collection d’images <del>pompeuses</del> qui défilent sans réelle logique, il est vrai que <em>Train Dreams</em> a ce côté contemplatif qui célèbre la beauté de la nature en même temps que ses dangers. Par bien des aspects, le projet se distingue de la production moyenne : utilisation d’un narrateur à la troisième personne, chronologie floue ou encore ce ratio original qui laisse des bandes noires des quatre côtés. C’est indéniablement un film qui cherche à se démarquer de la moyenne et j’ai apprécié ces petites touches originales.</p>
<p>Sur le fond, c’est l’histoire d’un bucheron de l’Idaho, entre la Première guerre mondiale et les années 1960. Un homme tout à fait banal en un sens, comme le pays en a connu des millions, mais aussi représentatif d’une époque. Il quitte régulièrement sa maison et son épouse pour construire les voies de chemin de fer dont les États-Unis raffolent alors, puis débiter d’immenses arbres multi-centenaires pour participer à l’effort de guerre. Clint Bentley n’essaie pas de proposer une vision historique d’ensemble, il se contente de suivre son personnage à hauteur d’homme, ce qui ne l’empêche pas de glisser quelques critiques bien senties sur les horreurs du racisme, déjà. Les conditions de travail horribles de l’époque sont face à nous, sans que cela ne devienne véritablement un sujet. Au fond, <em>Dream Trains</em> est surtout l’histoire de cet homme qui ne voulait pas quitter son foyer, à une époque où il ne pouvait pas faire autrement. C’est aussi une histoire tragique, ce dont on peut assez vite se douter. La tragédie débarque assez brutalement et pour autant sans surprendre particulièrement le personnage, qui s’y attendait quelque part depuis le début. C’est assez puissant et l’intensité est assez remarquable : mieux vaut l’éviter si vous cherchiez une séance réconfortante.</p>
<p>La réussite du projet tient largement sur deux épaules, celles de Joel Edgerton qui joue le rôle principal. <em>Train Dreams</em> raconte l’histoire de Robert, il est constamment à l’écran et il fallait un acteur capable de déployer la palette d’émotions qui va avec. L’australien n’a plus rien à prouver et il est vraiment excellent ici, avec au passage un maquillage très convaincant pour le faire traverser les époques. Je recommande.</p>
]]></description></item><item><title>LUX, Rosalía</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/lux-rosalia/</link><pubDate>Wed, 17 Dec 2025 21:20:00 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/lux-rosalia/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/lux-rosalia/lux.jpg">
        <p>J’ai entendu parler pour la première fois de <em>LUX</em> (bon, je l’avoue, et de Rosalìa…) dans un <a href="https://abatonsrompus.fr/77/">excellent podcast</a> où le projet était présenté comme un album conceptuel autour de saintes catholiques. Si le grand fan de rock progressif que je reste a été instantanément attiré par la première partie, la deuxième m’a dissuadé de même tester l’expérience. Quelle erreur ! Suggéré à son tour par l’homme qui partage ma vie, je lui ai finalement donné une chance et dès la première écoute… quelle claque.</p>
<p>Le concept m’échappe en grande partie, puisque les dix-huit titres sont majoritairement en espagnol, même si Rosalía y chante en pas moins de quatorze langues différentes. Ajoutez à cela l’orchestre symphonique de Londres, des chœurs et probablement une armée de personnels et vous obtenez un album d’une heure<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> d’une ampleur insoupçonnée. <em>LUX</em> est une œuvre qui semble à la fois parfaitement cohérente et presque dingue, avec des bascules d’une ambiance à une autre radicalement différente d’un morceau au suivant, ce qui est tout à fait mon genre de musique. Par rapport au rock progressif de mon enfance, je dois saluer la concision de l’artiste, qui parvient à condenser tellement d’émotions dans des morceaux pourtant courts. « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=htQBS2Ikz6c"><em>‌Berghain</em></a> » est un bel exemple : il dure à peine trois minutes et rassemble pourtant plusieurs mouvements et une foule d’idées qui dépasse l’entendement. J’ai toujours eu un faible pour les titres qui changent du tout au tout et avec l’orchestre pour appuyer la voix de la chanteuse, je ne pouvais qu’être séduit. La fin en douceur est peut-être moins spectaculaire, elle n’est pas moins belle pour autant. Après cette heure d’écoute, on a vraiment l’impression de sortir d’une expérience complète tellement satisfaisante.</p>
<p>Tantôt monumental, tantôt intimiste, mélangeant tous les genres pour tracer sa propre voie, <em>LUX</em> ne cesse de surprendre d’un bout à l’autre. C’est vraiment une superbe découverte qui tourne en boucle dans mes oreilles depuis que j’ai mis la main dessus. Même si la proposition de Rosalía ne vous séduit pas sur le papier, laissez-lui une chance, vous serez peut-être vous aussi agréablement surpris. De mon côté, je ne sais pas encore si ses travaux me plairont autant, mais je compte bien essayer.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Uniquement la version sur CD d’ailleurs, pas celle pour streaming qui est privée de trois morceaux. Juste, pourquoi ? Le CD est le format physique limité sur la durée, par le streaming, en théorie. Quelque chose m’échappe, mais en tout cas, ne vous trompez pas si vous voulez écouter l’œuvre en entier.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Nobody Wants This, Netflix (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/nobody-wants-this-netflix-saison-2/</link><pubDate>Tue, 16 Dec 2025 21:08:00 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/nobody-wants-this-netflix-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/nobody-wants-this-netflix-saison-2/nobody-wants-this-2.jpg">
        <p>Je n’étais pas réellement le client pour <em>Nobody Wants This</em>, comédie romantique hétéro entre un rabbin et une non-juive, mais la première saison <a href="/serie/nobody-wants-this-netflix/">m’avait charmé</a>, alors j’ai poursuivi l’aventure. Sans regrets, puisque la suite est dans la droite lignée des dix premiers épisodes et reproduit ainsi le même effet. Les personnages continuent leurs chemins chacun de leurs côtés, la question de la conversion devient encore plus centrale pour Joanne et on apprend à mieux connaître tous les personnages et couples secondaires. Rien de bien original, rien de fondamentalement nouveau, ce qui n’est pas forcément un problème. Je ne dirais pas que c’est une grande série, naturellement, et ce n’est pas ce que cherche Erin Foster.</p>
<p>Au contraire, <em>Nobody Wants This</em> évolue de manière cohérente et laisse à chaque personnage le soin d’épaissir sa psychologie. Si le couple formé par Joanne et Noah reste au cœur des enjeux dans cette deuxième saison, Morgan a droit à sa propre histoire amoureuse avec son psychologue et cela amène de nombreux rebondissements et questionnements autour d’une relation amoureuse. Même Sasha et Esther ont leurs problèmes et sans trop en dévoiler sur la fin, disons qu’ils sont partie prenante de ces dix épisodes. Netflix a déjà commandé une suite de sa série et je comprends sans peine pourquoi. On sent que le scénario avance de manière cohérente, il y a encore plein d’idées à creuser pour tous les personnages et on passe un bon moment. Rien de révolutionnaire, mais un divertissement très correct et parfois, on n’a pas besoin de mieux.</p>
]]></description></item><item><title>Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés, Rian Johnson</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/wake-up-dead-man-histoire-couteaux-tires-johnson/</link><pubDate>Sun, 14 Dec 2025 21:44:42 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/wake-up-dead-man-histoire-couteaux-tires-johnson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/wake-up-dead-man-histoire-couteaux-tires-johnson/wake-up-dead-man.jpg">
        <p>Je dois confesser mon scepticisme après avoir regardé le très bon <a href="https://voiretmanger.fr/couteaux-tires-johnson/"><em>À couteaux tirés</em></a> et appris que Rian Johnson comptait en faire une saga. Pourtant, le deuxième volet était fort sympathique <a href="/film/glass-onion-histoire-couteaux-tires-johnson/">lui aussi</a> et je me demande si la suite n’est pas encore meilleure et peut-être le film le plus réussi des trois. Si <em>‌Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés</em> reprend le même concept, à savoir une enquête résolue par l’enquêteur de talent Damien Blanc (avec un c qui claque comme un k à la fin, parce que), le cinéaste change de cadre et ajoute la dimension qui manquait peut-être aux deux précédents. Même s’il est encore question d’argent ici, la religion s’en mêle et avec elle, c’est une analogie assez évidente avec la politique qui se pointe. Le culte de la personnalité autour du mort, l’aveuglement de ses fidèles qui acceptent jusqu’au plus absurde, les théories du complot… tout est là. Ce condensé de notre société doublé d’une critique assez acerbe offre au projet un sous-texte bien plus riche que dans les précédentes et j’ai trouvé cela très appréciable, même si Rian Johnson ne propose pas une œuvre politique pour autant.</p>
<p>La dernière enquête de Benoit Blanc reste avant tout pensée comme un puzzle à résoudre et <em>Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés</em> prend son temps, près de 2h30, pour agencer toutes les pièces. C’est un vrai délice de découvrir ce meurtre « impossible » et de dérouler toute l’enquête, sans éviter les innombrables impasses qui se dressent en chemin. Le réalisateur a aussi écrit le scénario, comme sur les deux précédents de la saga, et on sent tout le malin plaisir qu’il prend à glisser ses indices en plein milieu de l’écran, tout en détournant l’attention des spectateurs sur le bord<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Rian Johnson est un très bon technicien, il sait utiliser les bons outils pour manipuler le spectateur et on se laisse faire avec joie. Je n’ai pas vu le temps passer et si j’avais peur au départ que le cabotinage outrancier de Daniel Craig finisse par lasser, il n’en est rien. Il faut dire que l’acteur est entouré d’un tout nouveau casting sur cette suite et il y a de quoi faire autour de lui. Josh O&rsquo;Connor est très bien dans le rôle du vicaire et assistant enquêteur, Josh Brolin est délicieux dans celui du prêtre odieux, mais la star bien sûr, c’est Glenn Close. L’actrice est géniale dans son rôle de bigote aveuglée par son adoration pour le prêtre et son jeu tout aussi extravagant contre-balance et équilibre celui de Daniel Craig. Une vraie réussite.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Alerte divulgâchage ! La séquence de la photo dans le bar est assez bluffante à cet égard. La vérité n’est pas cachée, elle est bien visible, mais un personnage repère autre chose et forcément, nous aussi.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>L’Amerzone — Le Testament de l’Explorateur</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/amerzone-testament-explorateur/</link><pubDate>Tue, 09 Dec 2025 22:06:30 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/amerzone-testament-explorateur/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/amerzone-testament-explorateur/amerzone.jpg">
        <p>Vous débutez quelque part en Bretagne, au pied d’un phare, avec comme objectif d’interviewer un scientifique controversé pour le compte d’un magazine. En entrant, vous découvrez le sujet de votre interview et réalisez vite que le vieil homme veut vous envoyer en mission à l’autre bout de la planète pour corriger ses erreurs. Une mission que vous acceptez bien entendu et c’est ainsi que <em>L&rsquo;Amerzone — Le Testament de l&rsquo;Explorateur</em> débute vraiment. Après avoir redécouvert <a href="/jeu-video/myst/"><em>Myst</em></a> et <a href="/jeu-video/riven/"><em>Riven</em></a> avec les versions entièrement recréées en 3D sorties ces dernières années, je me suis mis en tête de tenter la même expérience avec un autre jeu d’aventures de ma jeunesse. J’avais douze ans quand l’original est sorti et j’en garde un souvenir assez confus, surtout constitué de quelques images, comme ce drôle d’engin polymorphe ou encore d’étonnantes créatures. En allant au bout du remake, je suis toutefois à peu près sûr que je n’avais jamais réellement joué à ce titre.</p>
<p>J’en gardais le souvenir d’un jeu d’aventures très complexe, alors que j’ai terminé <em>L&rsquo;Amerzone — Le Testament de l&rsquo;Explorateur</em> en moins de dix heures et sans aller dire que j’ai trouvé le temps long, je n’ai pas trouvé que c’était particulièrement difficile, ni même très intéressant. La plupart du temps, les énigmes consistent à passer le curseur un peu partout pour trouver des éléments éparpillés et les assembler dans l’ordre logique, voire l’ordre suggéré par le jeu. La plus grosse difficulté, c’est vraiment de ne pas passer à côté d’une plume ou d’un bout de papier planqué dans un coin et heureusement que l’on peut voir tous les points d’intérêt avec un raccourci clavier, sinon ce serait rébarbatif. Même avec ce raccourci, j’ai raté plusieurs éléments qui forment les enquêtes secondaires. Une fois l’arc principal terminé, on peut revenir en arrière pour compléter ces enquêtes, mais je ne suis pas du tout motivé… ce qui en dit long je crois sur mon intérêt pour le titre de Microids. Sans aller jusqu’à dire que je regrette l’expérience, je pensais bien plus apprécier et je n’ai pas retrouvé le même plaisir qu’avec les relectures de <em>Myst</em> et <em>Riven</em>.</p>
<p>Il faut dire que sur plan technique, on n’est pas au même niveau ici. La qualité de la version 3D est très variable, avec des graphismes assez convaincants dans l’ensemble, mais les plans sont souvent un peu gâchés par des textures de piètre qualité. Surtout, le fait de se déplacer entre des tableaux successifs, comme dans le titre original, est nettement inférieur une fois l’environnement recréé en 3D. C’est à la fois contraignant parce qu’on passe son temps à cliquer puis attendre la fin d’une animation et à la fois une simplification décevante du jeu, puisque l’on sait où il y a des choses intéressantes à dénicher. Bref, <em>L&rsquo;Amerzone — Le Testament de l&rsquo;Explorateur</em> était sympathique, guère plus.</p>
]]></description></item><item><title>Espion à l’ancienne, Netflix (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/espion-ancienne-netflix-saison-2/</link><pubDate>Wed, 03 Dec 2025 21:24:07 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/espion-ancienne-netflix-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/espion-ancienne-netflix-saison-2/espion-ancienne-2.jpg">
        <p>La <a href="/serie/espion-ancienne-netflix/">première saison</a> m’avait beaucoup plu, alors je n’ai pas hésité quand Netflix a mis en ligne la suite. <em>Espion à l’ancienne</em> est une sitcom délicieuse et ces huit nouveaux épisodes sont dans la droite lignée des précédents. La maison de retraite n’est plus le cadre principal ici, c’est logique, alors Michael Schur imagine à la place une autre enquête, cette fois au cœur d’une université américaine. Il y a bien une intrigue en quête d’un coupable, mais cette fois encore, ce n’est pas l’essentiel, même si c’est plutôt bien mené à nouveau. Le principal, ce sont les relations entre les différents personnages et les acteurs ont l’occasion de creuser leur psychologie, tandis que la saison fait appel à un casting élargi pour l’occasion. Rien de révolutionnaire ici, ce n’est nullement nécessaire et même si la découverte des débuts a cédé la place à une forme de routine par moments, cela ne gâche en rien le plaisir de suivre ces histoires douces et amusantes à la fois.</p>
<p>Ted Danson reste la star incontestée, l’acteur est tellement à son aise dans ce rôle de détective privé super classe, à défaut d’être très bon. C’est d’ailleurs une excellente idée d’<em>Espion à l’ancienne</em>, on n’est pas ici sur le génie qui a tout compris avant tout le monde, c’est presque le contraire et j’avais suspecté le vrai coupable très rapidement. Son véritable talent est plutôt humain, il sait bien s’entourer et parvient à mettre en confiance tous ses proches. Je trouve que c’est ce qui fonctionne le mieux aussi à l’échelle de la série. Michael Schur parvient comme toujours à faire rire, mais il va bien au-delà, comme il l’avait déjà prouvé avec <a href="https://voiretmanger.fr/good-place-schur-nbc/"><em>The Good Place</em></a>. Sans aller aussi loin, cette petite série est rendue si sympathique par sa galerie de personnages et j’espère que Netflix lui permettra de poursuivre pour quelques saisons encore.</p>
]]></description></item><item><title>Teenage Bounty Hunters, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/teenage-bounty-hunters-netflix/</link><pubDate>Tue, 02 Dec 2025 21:47:07 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/teenage-bounty-hunters-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/teenage-bounty-hunters-netflix/teenage-bounty-hunters.jpg">
        <p>Intrigué par la promesse originale d’une histoire de deux adolescentes qui deviennent un peu par hasard chasseuses de primes, j’ai lancé <em>Teenage Bounty Hunters</em> sur Netflix, alors même que je savais que la série avait été annulée après une seule saison. J’espérais une fin à peu près propre, c’est raté de ce côté sans rien divulguer d’important. Malgré tout, je ne regrette pas trop mon choix, les dix épisodes de la première et unique saison étant suffisamment divertissants. Kathleen Jordan, que j’avais croisée avec sa relecture déjantée du <em><a href="/serie/decameron-netflix/">Décaméron</a></em>, parvient à dresser un portrait au vitriol de l’Amérique profonde, même si on peut aussi lui reprocher de rendre sympathiques ces Républicains hyper pieux et armés jusqu’aux dents. Si ce n’est sans doute pas son intention, la création de Netflix aurait pu éviter quelques séquences un peu limites, notamment celle de la chasse, qui brouillent quelque peu le message.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, <em>Teenage Bounty Hunters</em> parvient à faire rire et sa galerie de personnages est haute en couleurs et très convaincante. La série peut compter sur un excellent casting, avec une mention spéciale pour les deux jeunes actrices principales. Maddie Phillips et Anjelica Bette Fellini n’ont jamais l’air d’être des sœurs jumelles, mais elles jouent vraiment bien et parviennent à créer en quelques minutes seulement des personnages aussi complexes qu’hilarants, ce qui n’est pas si simple. Leur parcours est intéressant et les dix épisodes savent jouer des clichés pour surprendre à quelques reprises. Rien de révolutionnaire, certes, ce qui n’est aucunement un problème. C’est du solide et un excellent divertissement. Dommage que Netflix ne lui ait pas donné une chance pour une suite, on arrête en plein vol et avec l’envie d’en voir plus. C’est tout de même assez difficile de recommander la série pour cette raison. Dommage…</p>
]]></description></item><item><title>Hacks, HBO Max</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/hacks-hbo-max/</link><pubDate>Wed, 26 Nov 2025 22:10:55 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/hacks-hbo-max/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/hacks-hbo-max/hacks.jpg">
        <p>Je me demande comment j’ai pu passer à côté si longtemps, peut-être à cause d’une distribution catastrophique en France<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Quoi qu’il en soit, c’est en consultant la filmographie de l’épatante Megan Stalter découverte dans <a href="/serie/too-much-netflix/"><em>Too Much</em></a> que j’ai appris l’existence de <em>Hacks</em>. La présence au casting de Jean Smart suffisait à me convaincre et après quatre saisons et 37 épisodes, je peux dire que c’est l’une des meilleures comédies que j’ai vues ces dernières années. Le duo formé par Deborah Vance, comédienne de légende qui a du mal à se renouveler après une longue carrière pleine de succès, et Ava Daniels, jeune scénariste aussi talentueuse qu’arrogante et égocentrique, fait des étincelles et les scénaristes ont réussi à l’exploiter avec beaucoup de succès et surtout à tenir la distance. C’est la réflexion que je me faisais après toutes ces saisons : chaque année depuis la première vague d’épisodes, <em>Hacks</em> prend une direction suffisamment différente pour ne pas se répéter, sans aller trop loin au point de ruiner son succès. C’est suffisamment rare pour le mentionner, l’équilibre est impeccable et la création de HBO Max parvient à rester très drôle à chaque fois, ce qui n’est pas rien.</p>
<p>Une telle réussite doit énormément à ses créateurs, en l’occurrence Lucia Aniello, Jen Statsky et Paul W. Downs qui interprète aussi avec beaucoup de délice Jimmy, l’agent de Deborah. <em>Hacks</em> n’aurait jamais tenu la distance sans un casting à la hauteur pour donner vie aux personnages et les rendre crédibles. Pari réussi avec Jean Smart, qui n’a plus à prouver l’étendue de son talent (de mon côté, je suis sous le charme depuis la géniale <a href="https://voiretmanger.fr/legion-hawley-fx/"><em>Legion</em></a>) et qui est parfaitement à son aise dans ce rôle de riche diva qui a tout réussi et qui manque en même temps d’assurance. C’est la première fois que je voyais Hannah Einbinder et la jeune actrice mérite le détour, elle est aussi toujours pile où il faut, peut-être parce que le personnage d’Ava lui ressemble beaucoup. Le contraste formé par ces deux femmes est peut-être classique, la boomeuse contre les nouvelles générations, mais cela fonctionne pleinement et leur complicité est évidente. Même s’il s’agit d’un duo comique, je trouve que la relation qui se forme entre elles au fil des saisons est belle et ajoute une profondeur insoupçonnée.</p>
<p>On n’est pas dans la sitcom facile ici, <em>Hacks</em> manipule de multiples émotions et s’avère nettement plus complexe qu’escompté. C’est sûrement le plus beau compliment que je peux faire à la série, qui m’a vraiment impressionné, bien plus que je le pensais en lançant le premier épisode. HBO Max l’a renouvelée pour une cinquième saison qui sera aussi la dernière, ce qui me rend un petit peu triste, même si je suppose que c’est une bonne idée de lui offrir une belle fin. Je serai en tout cas au rendez-vous et je recommande sans hésiter ces quatre premières saisons, même s’il faut un peu se battre pour les regarder en France.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Les deux premières saisons sont distribuées par Netflix, sans problème comme toujours. Les deux suivantes sont une exclusivité de… Teva, la chaîne télévisée qui appartient au groupe M6. Mieux vaut passer par Canal+ pour les regarder, croyez-moi j’ai testé en direct, mais même alors, il faut se contenter de la stéréo, d’une qualité d’image moyenne… et d’accords fluctuants. Nous étions en train de regarder la troisième saison quand elle a disparu du jour au lendemain : très pratique, vraiment. Cela dit, <em>Hacks</em> vaut la peine de se donner du mal.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>The Beast in Me, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/beast-in-me-netflix/</link><pubDate>Tue, 25 Nov 2025 21:49:44 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/beast-in-me-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/beast-in-me-netflix/beast-in-me.jpg">
        <p>Si l’on se contente du pitch de départ, <em>The Beast in Me</em> doit sembler d’un ennui mortel, en tout cas une histoire bien téléphonée sans grand intérêt. On aurait tort pourtant de s’arrêter à cet <em>a priori</em> : certes, la mini-série pour Netflix ne révolutionne pas le genre du thriller psychologique, néanmoins l’exécution est vraiment très réussie et justifie le détour. Le duo formé par Claire Danes, qui tombe hélas un petit peu dans sa propre caricature même si l’actrice reste d’une efficacité redoutable, et surtout Matthew Rhys qui est bluffant d’un bout à l’autre, est rien de moins que spectaculaire. Et même si les grandes lignes sont au fond assez classiques, je me suis laissé surprendre par les différents développements. En tout cas, j’ai été happé dès le premier épisode et je n’ai pas eu envie de lâcher l’histoire avant le huitième, ce qui est plutôt bon signe. Comme souvent avec ce genre d’intrigues, en dire trop au risque de gâcher le plaisir, alors je préfère ne pas m’avancer sur les détails du récit.</p>
<p>Le cœur de <em>The Beast in Me</em> est fondamentalement la relation entretenue entre une ancienne écrivaine de talent qui ne parvient pas à rebondir depuis la mort accidentelle de son fils et un magnat de l’immobilier qui débarque dans son quartier et la sort de son quotidien monotone. Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant et réussi, c’est que la relation entre les deux gagne très vite en intensité et surtout en complexité. Au fond, Aggie ne déteste pas Nile et lui tombe vite sous le charme de sa voisine grincheuse. Il y a de la romance dans l’air, alors même qu’elle est ouvertement et fièrement lesbienne, mais c’est surtout le côté sombre des deux personnages qui est intriguant. Il fallait deux acteurs à la hauteur des enjeux et on peut dire que la série Netflix a réussi à les trouver avec son duo. C’est vrai que Claire Danes fait du Clare Danes et si j’étais mauvaise langue, je dirais qu’elle pourrait encore être dans <a href="https://voiretmanger.fr/homeland-gordon-gansa-raff-showtime/">son rôle de Carrie</a>. Malgré tout, l’actrice reste redoutable d’efficacité et son jeu trouve un bon complément avec celui de Matthew Rhys. Si je ne connaissais pas aussi bien l’acteur, sa prestation m’a donné envie d’en voir plus. Quelle présence à l’écran ! Il en impose et joue avec beaucoup de subtilité sa partition qui pourrait vite tomber dans la caricature. Chapeau.</p>
]]></description></item><item><title>Frankenstein, Guillermo del Toro</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/frankenstein-toro/</link><pubDate>Sun, 16 Nov 2025 22:13:04 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/frankenstein-toro/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/frankenstein-toro/frankenstein.jpg">
        <p>Adapter le roman de Mary Shelley n’est pas l’idée la plus originale qui soit, comme en témoigne la <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_films_featuring_Frankenstein%27s_monster">fiche Wikipédia</a> dédiée exclusivement aux films qui représentent le monstre. Néanmoins, Guillermo del Toro rêvait de proposer « son » <em>Frankenstein</em> et c’est enfin le cas, après des années de tentatives successives et grâce à Netflix. Sa version est un long-métrage de 2h30 qui se veut assez fidèle à l’esprit du roman original, sans respecter le texte à la lettre non plus. De fait, le cinéaste mexicain n’hésite pas à bousculer le roman, tant sur le plan chronologique en abandonnant la stricte linéarité et en imaginant un récit chapitré avec plusieurs points de vue. Il n’hésite pas non plus à modifier les personnages et le changement le plus important est sûrement que son monstre n’est plus monstrueux. La créature sans nom de Victor Frankenstein reste un assemblage assez grossier de multiples corps, elle a toujours une force surhumaine et peut faire preuve d’une grande violence… mais c’est aussi une personne capable d’aimer et qui fait preuve d’une grande sensibilité. Un pari intéressant, qui permet à un Jacob Elordi (découvert dans <a href="https://voiretmanger.fr/euphoria-levinson-hbo/"><em>Euphoria</em></a>) lourdement maquillé de briller un petit peu plus, avec une interprétation plus subtile que bien des versions précédentes du monstre.</p>
<p>Guillermo del Toro a introduit beaucoup d’humanité dans cette histoire, en insistant sur la relation paternelle. <em>Frankenstein</em> dresse un parallèle entre l’enfance malheureuse de Victor et la cruauté de ce dernier face à sa propre création. Le fils qui répète les erreurs du père avec ses enfants, c’est un classique, ce qui n’est pas négatif de ma part. J’ai trouvé que c’était très bien mené et la relation entre le créateur et le monstre est bien rendue. Elle est d’autant plus riche que le film imagine un parallèle par la suite, avec une étonnante et très belle rencontre avec un fermier (David Bradley, impeccable) qui fait office de père de substitution. Je suis un petit peu plus sceptique sur la relation entre la créature et Elizabeth et de manière plus générale, je trouve que le scénario veut englober trop de personnages secondaires. Le rôle de Christoph Waltz, bien trop proche d’autres interprétations de l’acteur, n’a pas tellement d’intérêt. Le frère de Victor n’est pas réellement exploité et que dire du capitaine de navire qui est censé offrir un cadre à l’ensemble. Je sais que pour le coup, c’est un élément qui vient du roman, mais tant qu’à modifier ces bases, je me dis qu’on aurait pu s’en passer et resserrer le récit sur les filiations.</p>
<p><em>Frankenstein</em> n’est pas parfait, le long-métrage souffre aussi d’une forme pas toujours à la hauteur avec des effets spéciaux qui auraient pu être plus soignés par endroits, même si c’est surtout cette profusion de personnages et d’idées qui finit par lui nuire à mon sens. Malgré tout, le projet reste divertissant et c’est plaisant de redécouvrir un monstre que l’on pensait connaître par cœur et qui s’avère assez surprenant.</p>
]]></description></item><item><title>Le Président foudroyé, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/president-foudroye-netflix/</link><pubDate>Thu, 13 Nov 2025 22:10:41 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/president-foudroye-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/president-foudroye-netflix/president-foudroye.jpg">
        <p>Vous connaissiez vous, le 20e Président des États-Unis ? <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/James_A._Garfield">James A. Garfield</a> n’a pas laissé une marque pérenne sur l’histoire du pays, et pour cause : il n’a été président que pendant six mois et demi en 1881, dont la moitié alité suite à un attentat contre sa personne. Il est mort assassiné par un tueur qui souffrait de problèmes psychiatriques et qui s’était persuadé que c’était sa mission divine, à moins qu’il ne soit réellement tué par l’incompétence du corps médical à l’époque. <em>Le Président foudroyé</em> retrace tout cela à travers quatre épisodes qui se concentrent sur les derniers instants de la vie de cet ancien héros pendant la Guerre de Sécession, devenu Sénateur de l’Ohio et, à la surprise générale, le candidat du parti Républicain puis le Président américain. La série de Netflix est un biopic et une somptueuse reconstitution historique, avec de très bons moyens techniques mis en œuvre pour reproduire les États-Unis des années 1880<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, en même temps qu’un thriller politique très efficace. Même s’il n’est pas question de notre présent, difficile de ne pas tisser des liens. Cet homme voulait mettre un terme à la corruption de l’administration et faire avancer les droits pour les « émancipés », anciens esclaves noirs libérés quelques années auparavant qui devaient encore se battre pour que leur égalité ne soit pas théorique. Des thèmes que l’on aimerait penser loin derrière nous, alors qu’en réalité…</p>
<p><em>Le Président foudroyé</em> vaut surtout le détour pour son casting impeccable. Netflix a réuni une sacré galerie d’acteurs, à commencer par le duo Michael Shannon et Matthew Macfadyen qui interprètent respectivement le Président et l’assassin. Les deux sont exceptionnels, dans un registre très différent et j’ai apprécié qu’on les suive d’un bout à l’autre, en laissant à chaque personnage la possibilité de se déployer pleinement. L’écriture doit elle aussi être saluée, même si on revient toujours aux acteurs : Nick Offerman est brillant dans le rôle du vice-président, Shea Whigham semble naturellement doué pour ce rôle de mafieux et au milieu de ce casting très masculin, Betty Gilpin est  mémorable dans le rôle de la femme de Garfield. C’est bien cet ensemble qui permet de se passionner pour cette histoire vraie et largement oubliée.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<p>Le tournage a pourtant eu lieu à… Budapest. C’est tout de même assez étrange quand on y pense.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>Slow Horses, Apple TV (saison 5)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv-saison-5/</link><pubDate>Mon, 10 Nov 2025 21:40:05 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv-saison-5/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv-saison-5/slow-horses-5.jpeg">
        <p>La <a href="/serie/slow-horses-apple-tv+-saison-4/">quatrième saison</a> était de retour au niveau des deux premières et la tendance ne s’inverse pas avec ces six nouveaux épisodes. Apple TV sort désormais une nouvelle saison tous les ans et <em>Slow Horses</em> ne semble jamais baisser de niveau, alors que les sixième et septièmes sont déjà filmées ou en cours de tournage. Quand on voit le résultat ici, cela force vraiment le respect : les veaux du MI5 parqués à l’étable sont toujours moins fonctionnels et pourtant ils continuent de sauver la situation à chaque fois. C’est à la fois toujours pareil et en même temps jamais décevant, la force probablement au matériau de base. Chaque saison est assez indépendante des autres, même s’il y a un fil rouge, et j’imagine que les scénaristes peuvent bénéficier d’une excellente base. Cela ne suffirait pas et il faut encore une fois saluer le travail des acteurs. Si Gary Oldman semble avoir désormais fusionné avec son odieux et crade personnage, je retiendrais surtout ici James Callis qui compose une impeccable tête à claques à la tête du MI5. À chaque intervention, tous les personnages autour de lui et les spectateurs lèvent tous leurs yeux au ciel à l’unisson en se demandant bien comment il a pu avoir ce poste. Une très belle représentation du privilège blanc cishet.</p>
<p>Si on m’avait dit en commençant <em>Slow Horses</em> que la série allait compter au moins sept saisons, j’aurais été pour le moins sceptique. Certes, avec six épisodes à chaque fois, la création d’Apple TV reste plus courte que la moyenne. Après trente épisodes toutefois, je dois dire qu’à part un écart ou deux, le niveau a été non seulement excellent, mais surtout, je suis confiant sur la suite. Même si les bases sont toujours les mêmes, les personnages et situations évoluent suffisamment pour ne jamais tomber dans la redite. Résultat, j’ai hâte de savoir ce que l’équipe de bras-cassés fera ensuite… réponse l’année prochaine !</p>
]]></description></item><item><title>Mickey 17, Bong Joon-ho</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/mickey-17-bong/</link><pubDate>Sun, 09 Nov 2025 21:32:24 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/mickey-17-bong/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/mickey-17-bong/mickey-17.jpg">
        <p>Six ans après l’excellent <a href="https://voiretmanger.fr/parasite-bong/"><em>Parasites</em></a>, Bong Joon-ho revient aux États-Unis avec une étonnante comédie de science-fiction. <em>Mickey 17</em> est à la fois une relecture d’une thématique assez classique du genre, avec une intrigue qui se construit autour du clonage d’un individu et de toutes les conséquences que cela peut avoir, tout en la dynamitant avec une vision aussi caustique que politique. C’est très bizarre, c’est voulu, et c’est une critique assez acerbe de nos sociétés avec un milliardaire qui semble combiner le pire d’Elon Musk avec une bonne dose de Donald Trump. Tout n’est pas forcément aussi réussi, mais j’ai trouvé l’expérience très plaisante et le cinéaste sud-coréen a un don pour tirer des concepts à leur paroxysme, sans craindre l’absurde.</p>
<p>Inspiré d’un roman d’Edward Ashton, <em>Mickey 17</em> imagine une société très proche de la nôtre, avec quelques avancées qui permettent de coloniser d’autres planètes et surtout de cloner les humains. Suite à des expérimentations ratées, le clonage a été interdit sur Terre, mais pas dans l’espace et c’est ainsi que Mickey, pressé de quitter la planète pour échapper à un mafieux à qui il doit de l’argent, signe un contrat pour devenir « remplaçable ». Un employé cloné avant le départ, qui peut mourir et être imprimé à chaque fois, tous ses souvenirs étant transférés d’un clone au suivant pour qu’il reste la même personne. Toutes les questions presque philosophiques sur ce qui fait l’identité arrivent fatalement quand Mickey 17, notre héros, ne meurt pas contre toute attente et découvre qu’il existe aussi un Mickey 18, très différent de lui. Saluons la performance de Robert Pattinson, dont le talent n’est plus à prouver et qui démontre ici de belles aptitudes à jouer le même personnage de plusieurs manières, ce qui doit être un des meilleurs défis pour un acteur. Tout le casting est excellent, j’ai beaucoup aimé le duo Toni Collette et Mark Ruffalo, ils sont parfaits dans leurs rôles de milliardaires fous (de sauce). La satire n’est jamais subtile, ce n’est pas l’effet recherché et dans le genre outrancier, c’est réussi. Ça m’a rappelé le travail des Monty Python, y compris pour les créatures toute mignonnes qui sont une vraies réussites du projet.</p>
]]></description></item><item><title>GRIS</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/gris/</link><pubDate>Sat, 08 Nov 2025 22:05:44 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/gris/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/gris/gris.jpg">
        <p>Vous êtes Gris, une jeune fille qui débute dans un monde étrange, dénué de toutes couleurs, sans savoir que faire ni même où se rendre. Les premières minutes de <em>GRIS</em> sont peut-être les meilleures, en tout cas celles qui m’ont le plus enthousiasmé. Le joueur découvre en même temps un univers et un <em>gameplay</em> et l’univers graphique est vraiment magnifique. Je connaissais le jeu de réputation et je dois reconnaître que les graphismes sont enchanteurs, tout comme l’histoire minimale et en même temps étonnement riche sur le plan émotionnel. Le studio a parfaitement su raconter ce récit onirique, cette exploration de mondes aux règles parfois absurdes et toujours magnifiques. Ma partie a duré six heures pour atteindre la fin et même si ma médiocrité dès qu’il fallait faire preuve d’adresse a ralenti mes progrès, j’ai trouvé que c’était pile la bonne longueur, ni trop, ni trop peu.</p>
<p>Dans cette découverte progressive, les créateurs de <em>GRIS</em> ont aussi su enrichir très progressivement les capacités de leur personnage. On commence uniquement en sachant sauter, puis on découvre de nouvelles aptitudes, alors que l’environnement s’enrichit tout aussi progressivement de couleurs. C’est très beau et une excellente manière de faire progresser le joueur tout doucement. Je regrette juste certains passages un petit peu trop « plateformesque » pour moi, notamment vers la fin. J’ai failli abandonner à un quart d’heure de la ligne d’arrivée, parce que m’étais trompé de chemin et que je devais repasser par cette section où il faut rapidement monter sur une zone qui disparaît après un certain temps… après l’avoir refait une dizaine de fois, j’ai failli jeter ma manette et lâcher le jeu en cours de route. Je suis content de ne pas l’avoir fait, la fin est très belle, mais je trouve que le jeu n’avait pas besoin d’une telle difficulté au milieu de l’aventure. Cela dit, je sais que ce genre de jeux n’est pas ma tasse de thé, alors mon avis est certainement biaisé. <em>GRIS</em> mérite amplement le détour, si vous n’avez pas déjà mené cette petite fille à travers ses rêves.</p>
]]></description></item><item><title>Foundation, Apple TV (Saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/foundation-apple-tv-3/</link><pubDate>Fri, 07 Nov 2025 22:31:25 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/foundation-apple-tv-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/foundation-apple-tv-3/foundation-3.jpeg">
        <p>Si <em>Foundation</em> m’avait impressionné par son ambition, les deux premières saisons m’avaient un petit peu déçu, la <a href="https://voiretmanger.fr/foundation-goyer-friedman-apple-tv/">première</a> par sa propension à multiplier les romances sans intérêt, la <a href="/serie/foundation-apple-tv+-saison-2/">deuxième</a> par son manque de rythme et une tendance un petit peu trop forte à privilégier les combats au détriment du reste. Malgré tout, la série d’Apple TV m’intriguait suffisamment pour justifier de lancer la suite et excellente nouvelle : je n’ai (quasiment) aucune critique à formuler. Pour la première fois, je trouve que David S. Goyer et Josh Friedman ont trouvé le bon rythme et le bon équilibre entre histoires personnelles et la grande histoire principale, la lutte entre Empire et Fondation. Les dix nouveaux épisodes font avancer une intrigue commune, les personnages ont droit de respirer et de déployer leur psychologie avec même une romance que j’ai appréciée, la guerre est bousculée par l’arrivée un troisième acteur et cela fait beaucoup de bien à l’ensemble et surtout, <em>Foundation</em> n’hésite pas à suivre de nouvelles directions. Sans trop en dire, on sent que les scénaristes n’ont pas voulu s’endormir toujours sur les mêmes idées et la suite promet d’être bien différente, ce que je trouve réjouissant. Non vraiment, malgré un défaut sur le fond<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, j’ai été enthousiasmé par la série d’Apple TV comme jamais jusque-là et j’ai hâte ce qu’elle nous réservera par la suite.</p>
<p>En attendant, il y a plein de bonnes idées dans cette troisième saison, à commencer par la Fondation qui est devenue aussi mauvaise que l’Empire avec ses taxes, ses quotas sur les naissance et sa bureaucratie qui écrase tout pour enrichir les élites au détriment de la majorité. Ce n’est pas un concept original, certes, mais j’ai trouvé qu’il fonctionnait pleinement et était très bien exploité, tout comme l’échec spectaculaire et absolu des prévisions de Hari Seldon et de Gaal Dornick. Tout aussi intéressante, la trajectoire du trio d’empereurs, alors qu’ils savent que leur fin est imminente. Entre le benjamin qui décide de mener une guerre de son côté, le cadet qui a abandonné son rôle et cherche simplement à vivre avec la femme qu’il aime et beaucoup de drogues, et l’aîné qui refuse sa mort, il y a de quoi explorer et les trois acteurs sont tous impeccables. Dire que ce trio n’est pas une invention d’Asimov, je me suis presque demandé en regardant la saison comment il a pu passer à côté d’un tel concept. Demerzel a enfin un rôle à la mesure du talent de Laura Birn et la trajectoire de son personnage est passionnante d’un bout à l’autre.</p>
<p>Maintenant que <em>Foundation</em> a trouvé la bonne formule, j’espère qu’elle sera maintenue dans les prochaines saisons. Avec toutes les petites surprises laissées à la fin de celle-ci, j’ai hâte de voir ce que la création d’Apple TV+ a en réserve pour la suite. La quatrième saison est d’ores et déjà prévue, même s’il faudra probablement attendre de nouveau deux ans pour la voir, hélas…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Le coup de théâtre sur l’identité du Mulet à la fin m’a semblé vraiment trop facile et je ne comprends toujours pas comment cela peut tenir d’un point de vue logique. L’idée est intéressante, il aurait toutefois fallu l’introduire beaucoup plus tôt à mon avis, pour lui donner une meilleure chance d’être cohérente. En l’état, cela m’a surtout semblé gratuit et c’est dommage.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Le Souffle du Moissonneur, Steven Erikson</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/souffle-moissonneur-erikson/</link><pubDate>Wed, 05 Nov 2025 22:00:20 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/souffle-moissonneur-erikson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/souffle-moissonneur-erikson/souffle-moissonneur.jpg">
        <p>Pour une fois, un roman commence juste là où <a href="/livre/osseleurs-erikson/">se terminait le précédent</a>, c’est suffisamment rare dans la saga pour le souligner. Si la partie letheriie est celle qui m’avait le moins plus dans <em>Les Osseleurs</em>, elle devient centrale ici puisque toute l’intrigue se déroule à Lether, ce qui change tout. L’Empire a été conquis par les Tiste Edur qui ont gagné… enfin, en théorie du moins. <em>Le Souffle du Moissonneur</em> démontre brillamment comment un peuple s’est laissé envahir par des étrangers avec à leur tête un empereur immortel, ce qui est fatalement un argument fort en leur faveur, tout en gardant le contrôle de toutes les institutions et, <em>in fine</em>, sans réellement changer quoi que ce soit. J’ai beaucoup aimé cette idée et je trouve que Steven Erikson l’emploie à merveille, y compris bien plus tard dans ce septième tome, quand les Malazéens s’en mêlent et se décident à attaquer, pour une raison qui reste d’ailleurs assez mystérieuse. Encore une fois, tout ce qui précède est concentré en un seul volume et je dois reconnaître que l’ambition folle de l’ensemble paie ses fruits à cet égard. <em>Le Livre des Martyrs</em> est une saga d’une complexité assez incroyable, mais quand on retrouve des personnages croisés parfois depuis le début que l’on connaît de ce fait si bien, cela paie. Il y a de très bons moments dans ce roman, drôles avec Tehol Beddict et son serviteur Bugg à Lether, sérieux — peut-être un peu trop à mon goût d’ailleurs — avec Trull Sengar ou alors les derniers soldats de Malaz ou encore épiques, même si les pauvres dragons n’ont pas tellement eu le temps de s’exprimer.</p>
<p>Prendre le lecteur à rebrousse-poil a toujours été un talent du romancier canadien, qui a trouvé ici un beau sens de la surprise avec la magie. Depuis le début de sa saga, Steven Erikson a essayé de renouveler le genre à tous les niveaux, en imaginant des formes de magie différentes et surtout en créant tout un univers autour des garènes. Un élément clé de ce dispositif, c’est le caractère imprévisible et il est parfaitement représenté ici, avec des attaques impressionnantes qui se soldent parfois sur un échec ou obtiennent l’effet inverse. D’autres fois, ces attaques peuvent mettre directement terme à un conflit qui aurait été épique partout ailleurs, comme si l’auteur ne voulait jamais donner au lecteur ce qui l’attend. J’ai déjà eu l’occasion d’exprimer à quel point cette stratégie pouvait aussi être frustrante, mais il faut admettre qu’elle apporte aussi des résultats intéressants. La conquête malazéenne est un bon exemple, avec un mélange de bravoure renforcée par des personnages que l’on connaît désormais bien et un côté totalement ridicule en même temps. Ils débarquent en se considérant comme des sauveurs, pour réaliser que les Letherii n’ont jamais perdu et que les Tiste Edur ne pensent qu’à partir : <em>Le Souffle du Moissonneur</em> joue constamment des contrastes et c’est agréable en tant que lecteur de n’avoir aucune idée où le récit nous mènera.</p>
<p>Malgré tous ces points positifs, Steven Erikson reste tout aussi frustrant qu’il l’a toujours été. Il y a beaucoup d’intrigues dans cet épais roman qui dépasse les mille pages, probablement bien trop pour son propre bien. Tous ces fils rouges ne sont pas aussi intéressants et j’ai même fini par abandonner tout espoir de comprendre certains, en particulier ceux liés aux Ascendants que j’ai systématiquement lus en diagonale. Je me demande aussi bien ce qu’Icarium et Karsa Orlong sont venus faire dans cette galère, ils ne servent à rien pendant la majorité du roman et interviennent finalement sur un point majeur, sans que cela ne change quoi que ce soit. Les histoires de dragons m’ont aussi profondément ennuyées et je n’ai toujours pas compris ce que Masquerouge apportait à l’ensemble. Plus encore que les tomes précédents je crois, j’ai picoré <em>Le Souffle du Moissonneur</em>, passant des pages entières par endroits pour mieux me concentrer sur ce qui m’intéressait. Plus encore que les livres précédents, j’ai aussi hésité à abandonner ma lecture en cours de route. Pas tant pour ces intrigues ennuyeuses, plus pour la maladresse du romancier envers ses rares personnages queer. Du moins, j’espère que ce n’est que de la maladresse, mais qu’un personnage gay soit une ordure de la pire espèce qui viole ses prisonniers et prend plus de plaisir s’ils sont vraiment très jeunes me gêne vraiment. Ce n’est pas comme si c’était un parmi tant d’autres : l’amour et le sexe hétérosexuels sont partout, à un point où cela devient risible d’ailleurs, pour ne pas dire embarrassant. Les relations homosexuelles sont rarissimes, voire inexistantes, alors les voir associées à des comportements si odieux est un vrai problème. Sans aller jusqu’à penser que Steven Erikson est homophobe, j’espère que le romancier se tiendra éloigné des relations charnelles à l’avenir, cela ne lui réussit pas du tout.</p>
]]></description></item><item><title>Invasion, Apple TV (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/invasion-apple-tv-saison-3/</link><pubDate>Fri, 31 Oct 2025 21:13:37 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/invasion-apple-tv-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/invasion-apple-tv-saison-3/invasion-3.jpeg">
        <p>La <a href="https://voiretmanger.fr/invasion-kinberg-weil-apple-tv/">première saison</a> d’<em>Invasion</em> m’avait enchanté par sa façon de réinventer une intrigue vue et revue, en l’occurrence une attaque extra-terrestre. La <a href="/serie/invasion-apple-tv+-saison-2/">deuxième</a> m’avait déçu par sa manière de revenir à la banalité avec un affrontement si téléphoné que je n’étais pas loin de m’ennuyer. Malgré tout, j’avais envie de donner une chance à la série portée par Apple TV et c’est pourquoi j’ai lancé la troisième saison. Après dix épisodes de plus, je le regrette. Sans être entièrement ennuyeuse, cette suite poursuit sur la même lancée et ce n’est pas l’ajout d’une nouvelle créature, au demeurant originale et même assez belle, qui améliore la situation. Pire, l’inclusion d’une secte est vraiment la fausse bonne idée de cette suite, c’est caricatural au possible et <em>Invasion</em> n’avait sans certainement besoin d’un conflit supplémentaire. D’ailleurs, ce combat entre humains prend les devants et fait basculer les extra-terrestres à l’arrière-plan, un choix incompréhensible pour cette série censée quand même être de la science-fiction.</p>
<p>Je me demande ce que l’on peut encore sauver ici. Certainement pas les visuels, devenus très basiques et même moches au fil du temps, signe sans doute d’un budget toujours plus réduit. J’ai eu l’impression en regardant ces dix épisodes que les scénaristes n’ont pas eu une seule bonne idée depuis la première saison. Ils semblent désormais en pilote automatique, en déroulant tous les clichés du genre, y compris les morts pile au « bon » moment, juste quand il faut relancer l’action. Ce qui m’a le plus agacé, c’est la bêtise des personnages, qui comprennent bien après les spectateurs ce qui se passe. Je veux dire, quand tout un bataillon de militaires s’est entretué et suicidé, alors qu’il y a une drôle de fréquence sur les vidéos enregistrées de l’événement, personne ne se dit que les méchantes bestioles ont manipulé les humains par l’audio ? J’y ai pensé dans les dix premières secondes, il a fallu un épisode entier pour que les personnages percutent enfin ! <em>Invasion</em> m’a semblé bien mollassonne et c’était sans doute en grande partie pour ça. La fin est ouverte, Apple TV pourrait commander une saison de plus, mais une chose est sûre : cette fois, je m’abstiendrai.</p>
]]></description></item><item><title>A House of Dynamite, Kathryn Bigelow</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/house-dynamite-bigelow/</link><pubDate>Sun, 26 Oct 2025 21:47:16 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/house-dynamite-bigelow/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/house-dynamite-bigelow/house-dynamite.jpg">
        <p>Prenez <a href="https://voiretmanger.fr/docteur-folamour-kubrick/"><em>Docteur Folamour</em></a>, retirez tout l’humour et vous obtenez <em>A House of Dynamite</em>. C’est un résumé assez simpliste du dernier film de Kathryn Bigelow, mais je trouve qu’il fonctionne assez bien. Pour son retour au long-métrage, huit ans après <a href="https://voiretmanger.fr/detroit-bigelow/"><em>Detroit</em></a> et exclusivement pour Netflix cette fois, la cinéaste imagine un scénario catastrophe que l’on a croisé tant de fois dans le monde de la fiction. Un missile possiblement nucléaire se dirige tout droit vers les États-Unis, c’est le branle-bas de combat avant peut-être une apocalypse nucléaire. La réalisatrice imagine un triptyque au cœur du pouvoir, de la salle de crise de la Maison-Blanche jusqu’au président, en passant par le secrétaire de la Défense et STRATCOM, l’organe militaire américain qui lance les attaques nucléaires sur ordre du président. Il se déroule environ vingt minutes entre le moment où la menace est identifiée et l’impact, vingt minutes que Kathryn Bigelow retrace à trois reprises, avec trois angles différents et toujours la même tension croissante. C’est un choix très intéressant, une manière de faire monter le suspense sans jamais discontinuer et donner un sentiment d’urgence qui se double rapidement d’un malaise encore plus grand. J’en ai vu des films catastrophes à base d’attaque nucléaire, jamais d’aussi intenses ou réalistes.</p>
<p><em>A House of Dynamite</em> est poignant, justement parce que c’est crédible. Quand le missile est repéré initialement, tout le monde pense qu’il s’agit d’un exercice chinois ou nord-coréen, russe éventuellement, sans s’inquiéter outre-mesure. Les personnages discutent entre eux de tout et rien, ils évoquent leurs vies personnelles tout en relevant que c’est le troisième ou quatrième du genre. Puis brutalement, la situation dérape, le missile ne redescend pas vers l’Océan Pacifique où il a été repéré, il se dirige vers les États-Unis. Immédiatement, toute l’énorme machine bureaucratique et militaire se met en place, mais il reste si peu de temps. Le compteur commence, DEFCON 2 est enclenché, on a encore l’espoir d’arrêter le missile et quand cet espoir disparaît, DEFCON 1 prend la relève et cette fois, on parle d’attaques nucléaires à grande ampleur comme d’un niveau de cuisson de la viande. Est-ce que l’on veut viser quelques lieux stratégiques ou détruire la planète ? Alors que le président doit trancher en quelques minutes, tout le personnel jugé essentiel se rend dans un bunker, comme si c’était déjà la fin. Et quelque part, ça l’est : le coup de génie de Kathryn Bigelow est de ne jamais montrer la bombe, de se concentrer sur ce qui se passe juste avant, et pourtant de transmettre avec force au spectateur que c’est déjà trop tard, que l’apocalypse crainte depuis 80 ans est en train d’arriver.</p>
<p>En décortiquant les plans américains en cas d’attaque, en découvrant à quel point le pays est organisé et prêt à sauver son gouvernement tout en détruisant la planète, le message pacifiste revient avec encore plus de force. Le président de Kathryn Bigelow n’est pas un allumé comme chez Stanley Kubrick ou notre triste réalité, c’est un Barack Obama incarné par Idris Elba, un homme réfléchi qui pense aux millions de morts et cherche la meilleure option. Ou la moins pire, car ce qui ressort bien de ce thriller intense, c’est que l’arme nucléaire est forcément une mauvaise idée et que l’on ne peut jamais gagner. Ce n’est pas une idée nouvelle évidemment, on le savait déjà pleinement en 1945. <em>A House of Dynamite</em> le démontre de nouveau sans aucun didactisme, ce qui ne rend pas la démonstration moins implacable. Le film regorge de moments forts, de réactions de désespoir pleines d’humanité et déchirantes. Le désespoir de toutes ces femmes et ces hommes qui découvrent qu’ils ne peuvent en réalité rien faire, alors même qu’ils sont censés gérer la plus grande puissance mondiale, alors même que tout avait été méticuleusement préparé, est certainement l’idée la plus forte du long-métrage et elle est remarquablement rendue. C’est à la fois simple et profond, c’est en tout cas brillant et je recommande sans hésiter.</p>
]]></description></item><item><title>La Diplomate, Netflix (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/diplomate-netflix-saison-3/</link><pubDate>Sat, 25 Oct 2025 22:05:59 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/diplomate-netflix-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/diplomate-netflix-saison-3/diplomate-3.jpg">
        <p>La <a href="/serie/diplomate-netflix-saison-2/">deuxième saison</a> se terminait sur un énorme coup de théâtre : la mort du président des États-Unis. On ne pouvait probablement rien imaginer de pire pour un thriller comme celui-ci et j’étais inquiet que cela déraille totalement <em>La Diplomate</em>. Après les huit épisodes de la saison 3, je suis rassuré : la série de Debora Cahn reste égale à elle-même. Je dirais même que c’était une bonne idée, tant le trio constitué par l’ambassadrice, son mari et la vice-présidente — devenue présidente — fonctionnait bien et il est encore plus intéressant ici, alors que le couple bat de l’aile. En même temps, regarder cette création de Netflix alors que Donald Trump est malheureusement le véritable locataire de la Maison-Blanche est assez étrange. D’un côté, on a une fiction qui imagine des situations rocambolesques à base de complots pour maintenir l’alliance entre le Royaume-Uni et les États-Unis sur fond de lutte contre la Russie et la Chine, une intrigue qui multiplie les situations invraisemblables en dépit de toute crédibilité scénaristique. De l’autre, on a la réalité qui est finalement bien pire et qui fait passer la Présidente de fiction pour la meilleure femme politique que le monde ait jamais connue. <em>La Diplomate</em> est tout à la fois incroyable, au sens premier du terme, et banale face à ce que l’on vit depuis quelques mois et je ne sais pas si c’est une position enviable.</p>
<p>Malgré tout, le divertissement reste plaisant et j’ai envie de savoir ce qui va arriver après, ce qui tombe bien, puisque Netflix a renouvelé sa série pour une quatrième saison. Ce n’est pas très original et certainement pas crédible, ce qui n’empêche pas ce mélange de <em>House of Cards</em>, <em>Homeland</em> et <em>24 heures chrono</em> d’être distrayant et même captivant. Le rythme est bien tenu d’un bout à l’autre et cette vision extravagante de la politique internationale offre une pause bienvenue à la réalité. Au fond, c’est peut-être pile ce qu’il nous faut en ce moment…</p>
]]></description></item><item><title>Frostpunk 2</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/frostpunk-2/</link><pubDate>Thu, 23 Oct 2025 22:04:24 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/frostpunk-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/frostpunk-2/frostpunk-2.jpg">
        <p>Vous êtes de nouveau placé à la tête d’une colonie de survivants dans le grand froid post-apocalyptique, sauf que la dimension a changé depuis <a href="/jeu-video/frostpunk/"><em>Frostpunk</em></a>. L’original était assez modeste au fond, avec de bonnes idées conceptuelles et un niveau assez difficile, avec aussi un <em>gameplay</em> qui tournait vite en rond dès que le joueur comprenait comment gérer ses différents aspects. Malgré tout, j’avais bien aimé ce titre, si bien que j’ai décidé de donner sa chance à <em>Frostpunk 2</em>. À l’heure des bilans, je suis assez mitigé. Certes, j’ai joué 27 heures avant de me dire que j’en avais assez, ce n’est finalement pas beaucoup moins que le premier volet. Toutefois, j’ai été souvent frustré pendant ces 27 heures, à cause d’une difficulté que je trouve très mal dosée et de mécaniques de jeu pas toujours bien maîtrisées. Je comprends ce que les créateurs ont voulu faire, les ambitions sont ici nettement plus grandes et on se rapproche d’un jeu de gestion de ville plus traditionnel, ce que j’apprécie. C’est sur la gestion climatique et surtout politique que le bat blesse, je trouve : en voulant complexifier les enjeux, les développeurs ont créé un jeu qui m’a semblé moins divertissant que pénible, ce qui est tout de même un problème.</p>
<p>J’ai commencé à découvrir <em>Frostpunk 2</em> avec la campagne, qui débute par un tutoriel bienvenu pour prendre ses marques. Même si l’univers est similaire au premier opus, les contrôles sont très différents et à l’arrivée, j’avais l’impression de découvrir un tout nouveau jeu. La campagne qui suit débute assez bien, on agrandit sa colonie petit à petit, on comprend les choix à faire et ceux à ne pas faire… et brutalement, la difficulté augmente d’un coup au point que malgré tous mes efforts, je perdais à chaque fois. La campagne est très mal dosée à mes yeux et assez déstabilisante, car je n’ai pas trouvé de bonne option, sauf à tout recommencer de zéro, ce que je n’avais vraiment pas envie de faire après quasiment dix heures. J’ai failli tout abandonner à ce moment-là, avant de finalement de lancer une partie libre. Cette fois, j’ai plus retrouvé l’esprit de <em>Frostpunk</em>, mais avec un univers bien plus vaste et énormément d’options à découvrir. J’ai retrouvé les difficultés à gérer les débuts si contraints par le manque de ressources, en particulier humaines. La gestion politique est bien plus riche avec l’ajout des factions et même si elle est toujours assez mécanique, le réalisme monte en effet d’un cran. Le climat est encore plus rude et il faut bien faire les recherches pour s’en sortir, avec des choix stratégiques assez difficiles à évaluer pour les faire dans le bon ordre et au bon moment.</p>
<p>Le niveau de difficulté reste malgré tout très élevé, trop à mon goût et ce, même en activant toutes les béquilles proposées par le jeu. <em>Frostpunk 2</em> peut imposer des objectif supplémentaires au-delà de la simple survie, ou ajouter des complications si vous trouvez que c’est trop facile par défaut. J’imagine qu’il en faut pour tous les goûts et que 11 bit studios répond surtout aux attentes des joueurs les plus sérieux et motivés, ce qui n’est clairement pas mon cas. À force de multiplier les parties et d’ajuster les réglages, j’ai fini par créer une ville qui a su résister à toutes les tempêtes, tout en calmant toutes les factions. Malheureusement, <em>Frostpunk 2</em> force alors la partie à s’arrêter artificiellement en tuant votre personnage, un choix un peu étonnant je trouve. Après cela, je ne relancerai pas de partie, j’ai vu tout ce que j’avais envie de voir et j’ai hâte de passer à autre chose.</p>
]]></description></item><item><title>Boots, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/boots-netflix/</link><pubDate>Tue, 21 Oct 2025 22:14:10 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/boots-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/boots-netflix/boots.jpg">
        <p>Inspirée d’une histoire vraie, <em>Boots</em> suit les pas d’un jeune gay pendant sa formation au sein des <em>Marines</em> américains juste avant la première guerre du Golfe. On est au début des années 1990, l’homosexualité n’est pas du tout tolérée au sein de l’armée américaine et tout particulièrement pas dans ce corps de l’armée qui en fait des caisses en matière de virilité et qui vante son entraînement volontairement dégradant. C’est d’ailleurs un des angles de cette création Netflix, qui recrée <a href="https://voiretmanger.fr/full-metal-jacket-kubrick/"><em>Full Metal Jacket</em></a> et cite même le classique de Stanley Kubrick dans un étonnant moment méta. Néanmoins, l’enjeu n’est pas uniquement l’entraînement masculiniste à outrance de jeunes hommes à peine sortis de l’adolescence, avec tous les problèmes que cela peut engendrer, même si c’est une thématique abordée par Andy Parker. L’originalité de <em>Boots</em> et ce qui fait, selon moi, son intérêt, c’est bien l’angle sur l’homosexualité qui est parfaitement mené.</p>
<p>Non pas seulement, même si cela en fait partie, en rappelant à quel point ces marines peuvent avoir des comportements très gays. La série ne manque pas de le rappeler avec des scènes assez équivoques (🍑) et évidemment difficiles à résister pour le personnage principal qui préfère les hommes. De manière plus significative toutefois, <em>Boots</em> affronte le sujet de l’homophobie institutionnalisée en intégrant le parcours d’un sergent-instructeur gay dans le placard, qui débarque sur la base d’entraînement pour fuir une histoire d’amour lors de sa précédente mission. Même si ce n’est pas son arc narratif principal, la création de Netflix retrace leur amour de manière assez délicate tout en dénonçant de façon très efficace les situations impossibles auxquelles sont soumis les militaires gays. Sullivan fait office de modèle pour Cam et en même temps de repoussoir : peut-on vraiment vivre comme ça ? La question se pose jusqu’à la fin et <em>Boots</em> y répond provisoirement, tout en faisant le lien avec la guerre qui va s’abattre sur ces nouveaux soldats encore si innocents. On ne sait pas encore si Netflix a prévu une suite, mais j’espère que c’est le cas, déjà parce que Miles Heizer est très bien dans ce rôle, même s’il ne fait absolument pas les 17 ans de son personnage. Reprendre l’histoire quelques années plus tard permettrait de mieux se caler sur l’âge de l’acteur et pourrait creuser le sujet de l’homosexualité cachée dans le monde militaire.</p>
<p>D’ici là, les huit épisodes qui composent la première saison <em>Boots</em> sont très bien, même si j’aurais aimé une série un petit peu plus longue. Ce format raccourci est désormais courant pour le service de streaming et c’est souvent trop court, au détriment de quelques personnages secondaires un peu éclipsés. Malgré tout, je ne boude pas mon plaisir, j’ai passé un très bon moment et j’espère en voir plus.</p>
]]></description></item><item><title>Caramelo, Diego Freitas</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/caramelo-freitas/</link><pubDate>Sun, 19 Oct 2025 21:30:41 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/caramelo-freitas/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/caramelo-freitas/caramelo.jpg">
        <p>Vous savez quoi ? Parfois, un film sans surprise, une histoire aussi mignonne que téléphonée, c’est tout ce qu’il nous faut. En ce moment, on ne manque pas de <a href="https://mastodon.social/@nicolasf/115276594461150532">raisons</a> de nous remonter le moral et <em>Caramelo</em> a parfaitement assuré ce rôle. Ce long-métrage brésilien réalisé par Diego Freitas pour Netflix est à une sorte de comédie romantique où l’un des protagonistes est un chien, un récit « <em>feel-good</em> » qui donnera envie à tous ceux qui n’ont pas encore de chien de courir à la SPA du coin pour en adopter un. Même s’il est aussi question de cancer et même si la mort rode, le scénario reste majoritairement positif et la relation entre le chien Caramelo et Pedro, le maître qu’il a choisi d’adopter, est vraiment touchante. J’ai apprécié le fait que les deux noms soient cités au générique : celui de Rafael Vitti dans le rôle de l’humain et celui d’Amendoim dans celui de l’animal tout mignon aussi. Il faut dire que le vrai chien est un acteur incroyable, il parvient à déployer une large palette d’émotions et sa sincérité n’est jamais fausse. Cela peut sembler évident pour un animal, mais c’est étonnant à quel point il parvient à éclipser son collègue humain à l’écran.</p>
<p>Il n’y a rien de compliqué dans <em>Caramelo</em>. Il ne faut pas s’attendre à une révolution et le côté guimauve pourra en agacer plus d’un. Néanmoins, j’ai trouvé que le projet était sauvé par son honnêteté. Diego Freitas n’essaie pas de faire plus que de raconter l’histoire d’un homme qui sauve un chien errant d’une vie misérable et d’un chien qui en retour sauve son maître d’une mort probable. Ajoutez à cela une vraie comédie romantique — hétérosexuelle hélas, la perfection n’est pas de ce monde — et vous obtenez une équation parfaite pour un film plaisir. De temps en temps, on n’a pas besoin de plus.</p>
]]></description></item><item><title>Pernille, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/pernille-netflix/</link><pubDate>Sat, 18 Oct 2025 21:30:37 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/pernille-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/pernille-netflix/p%C3%B8rni.jpg">
        <p>Créée, écrite et interprétée par Henriette Steenstrup que j’avais découverte dans <a href="https://voiretmanger.fr/ragnarok-price-netflix/"><em>Ragnarök</em></a>, <em>Pernille</em> est une série toute simple sur le papier. Ses cinq saisons, composées chacune de six épisodes d’une trentaine de minutes, racontent le quotidien de Pørni, Pernille en français, une quarantenaire qui doit gérer la perte de sa sœur, deux filles ingrates, un ex insupportable et tous les problèmes qui peuvent survenir chaque jour. C’est tout et c’est bien assez : chaque épisode nous plonge dans son quotidien avec beaucoup de subtilités et d’idées pour composer des personnages et situations crédibles. C’est peut-être ce que je retiendrai en premier, Henriette Steenstrup a un excellent sens du réalisme, tout en ménageant de la place pour des idées originales. Les appels sur le répondeur de la sœur morte, le rôle étonnant du garage et une galerie de personnages vraiment insupportables. C’est impressionnant à quel point <em>Pernille</em> enchaîne les portraits tête à claque, entre les deux filles ou leur père à la limite du supportable. Une belle performance qui sert à la série, en lui donnant un sacré relief : la vie d’une personne est loin d’être un sujet ennuyeux, la preuve.</p>
<p>Débutée sur un service de streaming norvégien, <em>Pernille</em> a rapidement connu un grand succès localement puis dans le monde grâce à Netflix, qui a repris la série sur les deux dernières saisons. Malgré ces changements, Henriette Steenstrup a su tenir sa barque d’un bout à l’autre et les cinq saisons sont parfaitement cohérentes et très bien menées. On apprend à connaître tous ces personnages et on quitte la série en ayant le sentiment d’être de la famille, ce qui est toujours un excellent point. J’ai un petit peu de mal à comprendre les choix effectués sur la fin et je ne trouve pas qu’un final moins tragique aurait nui à la création, mais enfin, ce n’est que la conclusion d’une série par ailleurs excellente. Je recommande.</p>
]]></description></item><item><title>Indociles, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/indociles-netflix/</link><pubDate>Thu, 16 Oct 2025 21:16:00 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/indociles-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/indociles-netflix/indociles.jpg">
        <p>Mae Martin est de retour avec une nouvelle série, distribuée cette fois par Netflix et dans un tout autre genre que <em><a href="/serie/feel-good-channel-4/">Feel Good</a></em>. Cette fois, iel signe un thriller assez classique sur le papier, ce qui n’empêche pas <em>Indociles</em> d’être marqué par la patte de son créateur et ainsi bien plus intéressante que la moyenne. En construisant son récit autour d’une horrible école privée où les parents envoient les enfants qu’ils ne veulent plus éduquer eux-mêmes, la mini-série imagine une histoire intense et prenante sur la variation de la petite bourgade apparemment tranquille et qui révèle en fait de graves secrets. J’ai beaucoup aimé le rythme, surtout des premiers épisodes qui sont très efficaces pour présenter le cadre et les personnages. Mae Martin parvient parfaitement à faire monter la sauce et peut compter pour cela sur un casting exemplaire. Iel est très bien dans le rôle d’un policier trans qui débarque dans cette ville paumée avec l’espoir d’une nouvelle vie, néanmoins la star incontestée est évidemment Toni Collette. Elle est exceptionnelle dans ce rôle de directrice d’école/guru de secte, prête à tout pour garder son contrôle absolu à la fois sur son école privée et la ville qui va avec. Elle est à la fois gênante et terrifiante, ce qui correspond bien à tout l’univers d’<em>Indociles</em> d’ailleurs. La construction de ce monde bizarre et flippant est un point fort de l’ensemble à mes yeux, le spectateur est constamment en léger décalage, comme si quelque chose n’allait jamais et c’est bien sûr le cas. C’est subtil et très bien rendu, ce qui rend l’expérience particulièrement plaisante à suivre.</p>
<p>Ma plus grosse déception avec <em>Indociles</em>, c’est peut-être sa durée et en particulier sa fin. Quand le septième épisode se termine, on a l’impression d’être à la moitié d’une série, pas à la fin. Le huitième est ainsi précipité et même si l’histoire ne déçoit pas, j’ai trouvé que ça allait trop vite et j’aurais aimé en voir plus. Cela dit et sans trop en dévoiler, je trouve que la fin ouverte est excellente, d’autant qu’elle ne dédouane pas le personnage d’Alex. Mae Martin ne s’est pas donné•e le bon rôle, son personnage est complexe et loin d’être exemplaire, ce qui est intéressant. Le <em>happy-end</em> brièvement évoqué aurait été plus décevant, l’ultime petite surprise est à cet égard bienvenue. Même si <em>Indociles</em> n’est pas parfaite, c’est une série riche et prenante, que je recommande sans hésiter.</p>
]]></description></item><item><title>Alien: Earth, FX</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/alien-earth-fx/</link><pubDate>Sat, 11 Oct 2025 22:28:56 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/alien-earth-fx/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/alien-earth-fx/alien-hearth.jpg">
        <p>Essorée <a href="https://voiretmanger.fr/alien-covenant-scott/">par son créateur</a>, la saga <em>Alien</em> avait-elle besoin d’une série ? L’excellent <a href="/film/alien-romulus-alvarez/"><em>‌Alien : Romulus</em></a> nous a pourtant prouvé qu’il était encore possible d’imaginer un grand film avec ces créatures si terrifiantes. Quand j’ai découvert que la série de FX avait été créée par Noah Hawley, je n’étais plus seulement confiant, j’étais enthousiaste. Si le nom ne vous dit rien, c’est l’homme qui a imaginé l’extraordinaire <a href="https://voiretmanger.fr/fargo-hawley-fx/"><em>Fargo</em></a> version série et l’immense <a href="https://voiretmanger.fr/legion-hawley-fx/"><em>Legion</em></a> et je me range volontiers dans la catégorie des fanboys le concernant. C’est dans cet état d’esprit que j’ai abordé <em>Alien: Earth</em> et le moins que je puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçu. Cette première saison parvient en huit épisodes à la fois à se ranger dans la saga avec un respect assez parfait de l’univers et de l’esthétique d’<em><a href="https://voiretmanger.fr/alien-huitieme-passager-scott/">Alien, le huitième passager</a></em> et en même temps à la renouveler, voire la dynamiter, en lui insufflant de multiples d’idées nouvelles et bonnes. Ajoutez à cela une réalisation parfaitement maîtrisée (mention spéciale à la musique, impeccable), une bonne dose de suspense et une grosse louche d’horreur et vous obtenez l’une des meilleures séries de l’année, tout simplement.</p>
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<p>Faut-il préciser que vous ne devriez pas lire ce qui suit si vous comptez regarder la série et conserver le moindre mystère sur son scénario ?</p>
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<p><em>Alien: Earth</em> se déroule deux ans avant le premier film de Ridley Scott, une idée intrigante puisqu’elle provoque de multiples questions. Ce n’est pas le sujet de Noah Hawley toutefois, puisque son scénario imagine que la bestiole mythique débarque sur la Terre suite à l’avarie d’un vaisseau scientifique de Weyland-Yutani, l’une des cinq entreprises à s’être partagé le contrôle de la planète dans cet univers bien trop crédible pour notre propre confort. C’est une bonne idée de base et la création de FX aurait pu se contenter d’un énième affrontement entre l’humain et l’Alien. Le scénario est toutefois bien plus intéressant que cela, en injectant de multiples idées nouvelles pour réinventer l’univers. D’une part, l’Alien n’est plus le seul extraterrestre, il est accompagné par plusieurs autres créatures aussi horribles qu’intéressantes. Même si le prédateur le plus impressionnant de l’histoire du cinéma reste ma favorite, je dois reconnaître que la bestiole aux multiples yeux est assez géniale elle aussi. L’inventivité la concernant est assez remarquable et j’espère que Noah Hawley aura le droit de faire une deuxième saison pour l’exploiter encore davantage, comme la fin très ouverte le laisse entendre. Ces multiples ajouts au bestiaire de la saga enrichissent cet univers et ouvrent de nouvelles opportunités, sans rien retirer au Xénomorphe, qui reste toujours aussi flippant… avec un twist.</p>
<p>L’autre innovation d’<em>Alien: Earth</em> vient en effet du côté humain, ou plutôt des mélanges entre machines et humains. On connaissait déjà bien les robots androïdes dans l’univers, il y a aussi des humains améliorés par des robots et la nouvelle série imagine des hybrides. Un corps de synthétique, mais l’esprit d’un être humain, en l’occurrence d’un enfant, qui est encore assez souple pour accepter la bascule. Revisitant astucieusement le mythe de <em>Peter Pan</em>, Noah Hawley imagine un groupe de six hybrides créés par le trilliardaire fantasque à la tête de Prodigy, l’une des cinq entreprises à s’être partagé la Terre. Ils ont des corps d’adultes et des comportements d’enfant, ce qui a tout d’abord certainement été un défi génial pour les acteurs, qui se débrouillent tous remarquablement pour se comporter de façon juvénile. À ce petit jeu, j’ai trouvé Jonathan Ajayi particulièrement bon, même si Sydney Chandler, qui incarne le personnage principal Wendy, est évidemment la plus mémorable. L’actrice joue très bien et le parcours de son personnage est passionnant, tout particulièrement sa relation avec l’extraterrestre. L’Alien n’est plus seulement une princesse Disney, c’est aussi un animal de compagnie et seule l’imagination débordante de Noah Hawley pouvait nous inventer cela ! La scène est d’abord presque hilarante et la série parvient à construire une relation qui fonctionne vraiment et qui éclaire totalement différemment la créature, et par ce biais toute la saga.</p>
]]></description></item><item><title>Toxic Town, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/toxic-town-netflix/</link><pubDate>Sat, 04 Oct 2025 22:22:11 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/toxic-town-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/toxic-town-netflix/toxic-town.jpg">
        <p>En quatre épisodes d’une heure, <em>Toxic Town</em> évoque <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Corby_toxic_waste_case">l’histoire vraie d’un procès</a> mené par un groupe de femmes contre la ville de Corby et c’est une histoire juridique comme il y en a tant, qui mérite le détour pour deux raisons. Le casting impeccable en est évidemment une, avec d’excellentes actrices à commencer par Jodie Whittaker et Aimee Lou Wood, dont le talent n’est plus à prouver et qui sont toutes deux au top. J’étais content de voir la deuxième dans un rôle bien différent de celui qu’elle jouait dans <a href="https://voiretmanger.fr/sex-education-nunn-netflix/"><em>Sex Education</em></a> et qui pouvait commencer à lui coller à la peau. Quant à la première, elle s’en donne à cœur joie dans le rôle de cette maman « grande gueule » et c’est un rôle qui lui convient à merveille, elle est parfaite pour le personnage. Le format assez court ne permet pas de développer toute l’intrigue avec autant d’attention et c’est probablement pour cette raison que le scénario se concentre autant sur cette femme et son fils né avec une main déformée. Il faut aussi dire que la vie n’a pas été tendre avec elle, avec le père de ses enfants qui fuit juste après la naissance de leur enfant, une péripétie dingue, qui aurait même semblé un peu grosse s’il ne s’agissait pas de l’adaptation d’une histoire vraie.</p>
<p>Jack Thorne a réuni ce casting pour raconter une histoire effarante et même quasiment absurde quand on pense qu’elle s’est déroulée au cours de ce siècle. Corby était une ville industrielle, avec la plus grosse usine d’acier en Europe à une époque, avant que tout cela ne disparaisse dans les années 1980. La ville entreprend alors un immense chantier pour détruire les fourneaux et surtout dépolluer les sites, afin de repartir sur de nouvelles bases. On est alors dans les années 1990 et en dépit de toutes les règles élémentaires de sécurité, les boues polluantes sont transportées à travers la ville, dans des camions ouverts, larguant à chaque navette des matières extrêmement polluantes. C’est cela qui provoque les difficultés pendant la grossesse de plusieurs dizaines de femmes, mais personne n’a fait le rapprochement avec les camions avec leur chargement ouvert aux quatre vents. Même quand une procédure est lancée, l’avocat pense à l’eau, aux légumes mangés par les mères et jamais à l’air. Ce procès qui trouve sa conclusion en 2009 est le premier à avoir établi un lien entre pollution de l’air et des anomalies à la naissance. 2009 ! Cela en dit long, je trouve, sur le manque de considération de la pollution de manière plus large et quand on pense qu’un cas aussi évident a été aussi mal géré alors qu’il est aussi récent… disons que ce n’est pas très rassurant sur bien d’autres sujets plus contemporains.</p>
]]></description></item><item><title>The Pitt, Max (saison 1)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/pitt-max-saison-1/</link><pubDate>Wed, 01 Oct 2025 22:20:19 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/pitt-max-saison-1/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/pitt-max-saison-1/pitt.jpg">
        <p>Des épisodes tournés en temps réel, un épisode par heure… non, ce n’est pas le retour de <em>24 Heures chrono</em>. <em>The Pitt</em> adopte ce dispositif pour rendre l’urgence plus tangible au sein d’un service d’urgence d’un hôpital fictif implanté à Pittsburgh. La série portée par Max a aussi fait parler d’elle pour ses liens avec <em>Urgences</em> : Noah Wyle reprend un rôle de médecin, John Wells et R. Scott Gemmill étaient déjà dans la série mythique et sont de nouveau aux manettes ici. L’idée de départ était même de proposer une suite, ou plutôt un <em>spin-off</em>, mais les problèmes de droits ont finalement conduit à imaginer d’autres personnages et un autre hôpital. Pour autant, on reste dans le même esprit : des urgences, des médecins confirmés et des internes, des infirmiers et des patients plus ou moins graves à traiter. Pendant quinze heures et quinze épisodes.</p>
<p>Comme toujours, un dispositif aussi lourd a des conséquences importantes sur la série et <em>The Pitt</em> n’évite pas un côté assez artificiel par endroits. Comment imaginer qu’une journée aux urgences amène autant de cas si complexes et même si les tueries de masse sont hélas courantes aux États-Unis, elle arrive après une dizaine d’heures anormalement éprouvantes. Malgré tout, j’ai été agréablement surpris par le traitement de l’intrigue et le développement des personnages. Pour une série qui se veut en temps réel et qui cherche à brasser autant de sujets variés — du manque de moyens pour les hôpitaux aux problèmes de masculinité toxique, en passant par les anti-vaccins, le racisme ou même les restrictions sur l’avortement —, j’ai trouvé que l’on avait un bon sens de la psychologie des personnages, sans que cela devienne forcé ou artificiel. On apprend à les connaître en l’espace de 15 heures, des amitiés et dissensions se forment, il y a même quelques traces de romance sans réellement tomber dans le travers des histoires d’amour, logiquement. C’était tout de même bien mené et même si un service de 15 heures ne peut vraisemblablement pas être aussi rempli que celui-ci, les acteurs transmettent bien leur fatigue croissante et ils terminent la saison visiblement éreintés. Il faut souligner la très belle performance du casting et si l’on a surtout salué le travail de Noah Wyle, remarquable il faut bien le dire, c’est un sans faute pour tous les acteurs principaux.</p>
<p><em>The Pitt</em> n’est pas une série légère et mieux éviter de la regarder à l’heure des repas. Elle a été remarquée pour le réalisme des séquences médicales et mieux vaut avoir le cœur bien accroché face à tout ce sang et cette chair exposée, les créateurs n’épargnent rien aux spectateurs. C’est assez violent, comme tout service d’urgences peut l’être, et pas seulement sur le plan physique. La tension est aussi psychologique et la création de Max est souvent très intense, c’est mieux d’en avoir conscience. Si tous ces points ne vous gênent pas, alors cette première saison vaut amplement le détour. Une deuxième a été commandée et je suis curieux de savoir si R. Scott Gemmill peut reproduire un dispositif aussi lourd une nouvelle fois.</p>
]]></description></item><item><title>Perfect Days, Wim Wenders</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/perfect-days-wenders/</link><pubDate>Sun, 28 Sep 2025 22:17:30 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/perfect-days-wenders/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/perfect-days-wenders/perfect-days.jpg">
        <p>Le quotidien d’un homme qui nettoie les toilettes publiques d’un quartier de Tokyo. C’est tout et c’est bien assez pour remplir un film, telle pourrait être la leçon de Wim Wenders. Même si je trouve que <em>Perfect Days</em> aurait peut-être mérité d’être un poil plus court, il serait à mon avis bien plus fort avec une demi-heure de moins, il faut bien reconnaître le talent du cinéaste et de son acteur principal. Logiquement célébré à Cannes, Kōji Yakusho n’a quasiment aucun dialogue pendant deux heures, ce qui ne l’empêche pas d’imposer immédiatement une présence incroyable et de tenir le film presque uniquement sur ses deux épaules. Son personnage parle peu, vit seul et suit une routine stricte qui ne change jamais d’un jour sur l’autre, de l’ordre de nettoyage des toilettes en passant par l’endroit où il déjeune le midi, jusqu’aux lieux qu’il fréquente le soir et même les commerces qu’il visite le dimanche, son seul jour de repos dans la semaine. Le réalisateur allemand opte pour une structure très simple, où l’on suit les pas du personnage une première fois fidèlement, puis en accéléré les jours suivants, entrecoupant chaque journée d’une séquence de rêves en noir et blanc. Il n’essaie pas d’introduire inutilement du drame : même quand la nièce débarque sans prévenir, c’est pour suivre son oncle dans son travail au quotidien.</p>
<p>Malgré ce dispositif minimal, <em>Perfect Days</em> est un film d’une richesse assez difficile à croire. Il dit énormément, à la fois sur le Japon, sa légendaire propreté en même temps que le mépris ouvertement affiché pour la personne qui nettoie tous les jours les toilettes, avec une attention portée aux détails qui frise la caricature. J’ai été frappé par l’épaisseur du personnage, alors même qu’il ne dit presque rien. Par petites touches, le cinéaste offre à Kōji Yakusho tout le matériel nécessaire pour composer un homme crédible. Les cassettes de Lou Reed, Van Morrison et d’autres artistes américains des années 1970 qu’il écoute religieusement tous les matins dans sa voiture. Son attention portée aux arbres, les pousses qu’il récupère en chemin et qu’il soigne au quotidien comme ses enfants. Son appareil photo argentique qu’il utilise à raison d’une pellicule par semaine avec du film noir et blanc. Tous ces petits éléments s’accumulent pour former un portrait riche et complexe, qui fait tout l’intérêt du projet. L’idée n’est peut-être pas très vendeuse au départ, mais <em>Perfect Days</em> est une vraie réussite qui mérite le détour.</p>
]]></description></item><item><title>Balade à Pont-Aven avec le dernier iPhone</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/balade-pont-aven-dernier-iphone/</link><pubDate>Fri, 26 Sep 2025 22:45:10 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/balade-pont-aven-dernier-iphone/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/photo/balade-pont-aven-dernier-iphone/IMG_0218.jpeg">
        <p>Tester des nouveaux iPhone, c’est mon métier chaque année et c’est aussi une bonne excuse pour faire un tour de Pont-Aven. La petite ville n’est pas devenue célèbre pour rien, il faut bien admettre qu’elle a son charme, même si les touristes sont encore nombreux sous le soleil de septembre. Je n’avais encore jamais vu l’église éclairée ainsi, c’est une transformation impressionnante de ce lieu d’ordinaire assez sobre, pour ne pas dire triste. Quant au dernier smartphone d’Apple, celui que j’ai testé est <a href="https://www.igen.fr/iphone/2025/09/prise-en-main-liphone-17-pro-orange-est-en-effet-tres-orange-152313">très orange</a> et il produit de belles photos. Je serais toutefois bien incapable de trouver une raison valable pour justifier le remplacement du modèle de l’an dernier que j’utilise au quotidien.</p>
]]></description></item><item><title>Lost Boys and Fairies, BBC One</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/lost-boys-fairies-bbc-one/</link><pubDate>Sun, 21 Sep 2025 21:33:49 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/lost-boys-fairies-bbc-one/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/lost-boys-fairies-bbc-one/lost-boys-fairies.jpg">
        <p>Quel dommage ! J’ai essayé de garder l’esprit ouvert pourtant, mais même avec un peu de recul, la trajectoire de <em>Lost Boys and Fairies</em> me reste en travers de la gorge. Cette série diffusée par la BBC n’est composée que de trois épisodes et les deux premiers m’ont enchanté. L’histoire de ce couple d’hommes qui cherche à adopter un enfant est toute mignonne, une sorte de <em><a href="https://voiretmanger.fr/trying-wolton-apple-tv/">Trying</a></em> en version gay avec d’excellents personnages et un joli message d’espoir… qui bascule à la fin du deuxième épisode. Quand l’événement arrive, ma première réaction a été négative, au point de renoncer un moment à terminer la série. Je me suis ensuite dit qu’après deux tiers aussi réussis, sans jamais tomber dans l’angélisme facile pour autant, le créateur avait peut-être une excellente idée derrière la tête. Hélas, non : Daf James se contente de perpétuer cette idée malheureusement encore trop ancrée dans la fiction que les histoires gay doivent toujours être tragiques. Déjà que l’un des deux personnages principaux devait affronter des démons sur fond d’addictions notamment sexuelles, déjà que le SIDA rodait toujours en arrière-plan, fallait-il vraiment ajouter une grosse dose de malheur à cette histoire ?</p>
<p>J’aurais sûrement réagi différemment si j’avais su à quoi m’attendre avant d’attaquer la série. Malgré tout, je déplore que tant d’auteurs queer ne savent pas envisager autre chose que des histoires au minimum dramatiques, souvent tragiques. J’aurais tant aimé que <em>Lost Boys &amp; Fairies</em> se termine différemment et même s’il y a bien une lueur d’espoir, l’ensemble reste plombé par ce choix qui n’apporte rien. Si encore le scénario avait eu une idée intéressante pour exploiter la tragédie et porter l’ensemble vers une autre dimension, je l’aurais plus facilement accepté. En l’état, cela m’a surtout semblé gratuit et le dernier épisode était nettement plus cliché que les deux précédents. Bref, vraiment dommage.</p>
]]></description></item><item><title>Cassandra, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/cassandra-netflix/</link><pubDate>Fri, 19 Sep 2025 22:07:53 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/cassandra-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/cassandra-netflix/cassandra.jpg">
        <p>C’est la première œuvre de fiction que je vois qui se base sur la domotique, un <a href="https://www.igen.fr/domotique/2023/12/decouvrez-home-assistant-dans-notre-nouvelle-serie-pour-le-club-igen-141063">sujet qui m’est cher</a>. <em>Cassandra</em> réinvente une maison connectée en méchant de film d’horreur, un pari original et complètement réussi. Si certains y verront un avertissement contre la domotique, ce n’est évidemment pas mon cas, même s’il ne me viendrait pas non plus à l’idée de créer un robot qui peut aller n’importe où <em>avec des couteaux et ciseaux</em> ! Cette idée est aussi peu réaliste qu’elle est géniale et la série créée par Benjamin Gutsche est une franche réussite et une belle preuve de plus, s’il en fallait encore, de la créativité et de l’excellence des fictions allemandes. Je recommande sans hésiter et j’ajouterai de ne pas aller plus loin si vous n’avez pas encore vu la saison, <em>Cassandra</em> est bien meilleure avec l’effet de surprise à mon avis.</p>
<p>Tous les codes du film d’horreur sont bien respectés, à commencer par l’arrivée de la famille dans la maison isolée au milieu des bois. Le coup de génie de la création de Netflix est toutefois de cacher sa vraie nature dans un premier temps. En apparence, <em>Cassandra</em> raconte l’histoire d’une famille qui essaie de changer de vie après une tragédie et qui a trouvé une superbe maison dans la campagne allemande, pour un prix très raisonnable. Les deux parents et leurs deux enfants s’installent, ils nettoient la piscine intérieure et découvrent qu’il y a un énorme ordinateur des années 1970 dans la cave. Ils essaient de l’allumer rien ne se passe en apparence… sauf qu’ils ont réveillé sans le savoir le monstre de l’histoire ou plutôt Cassandra. Cette sorte d’IA d’avant garde prend la forme d’une femme numérique qui m’a davantage rappelé les années 1980, mais enfin, cette série n’est pas <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cassandra_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e)#Anachronismes">à un anachronisme près</a>. Qu’importe de toute manière, le scénario n’essaie pas d’être réaliste et le récit tombe volontiers du côté de la science-fiction rétro-futuriste. Heureusement, parce que sinon les agissements souvent improbables de la famille n’auraient pas de sens : qui achète une maison avec un robot omniscient et omnipotent sans s’inquiéter une seconde ? Pourquoi est-ce que la mère ne filme pas ses interactions avec le robot, tout simplement ? <em>Cassandra</em> oblige le spectateur à mettre de côté ce jugement critique, pour apprécier un spectacle de grande qualité.</p>
<p>Six épisodes seulement et pourtant, la série fait preuve d’une maîtrise rare pour imposer une tension croissante et même insoutenable le temps de quelques séquences (vous ne regarderez plus votre four de la même manière). La création de Netflix repose sur une exécution impeccable, tant du côté de l’écriture que de l’interprétation, avec un casting parfait. Mention spéciale à Lavinia Wilson, qui parvient à donner vie à ce robot et ce visage numérique et à le rendre proprement terrifiant quasiment qu’avec la voix. J’ai aussi beaucoup apprécié l’inclusion de la série et notamment le rôle de Fynn (Joshua Kantara), ouvertement gay sans que ce soit un sujet… tout en traitant de l’homophobie à travers son petit ami, c’était bien vu et remarquablement traité. De manière plus générale, la série démonte méthodiquement la masculinité toxique ainsi que les préconçus genrés. Absolument toute l’intrigue repose sur une vision très rétrograde de la famille, qui ne disparaît qu’en apparence dans la chronologie contemporaine, ce qui est vraiment brillant.</p>
<p>À l’heure des bilans, difficile de ne pas s’enthousiasmer : <em>Cassandra</em> est un petit bijou qui revisite l’horreur avec une touche moderne bien plus liée à la critique sociale qu’à la science-fiction, d’ailleurs. Je suis curieux de découvrir le reste du travail de Benjamin Gutsche, il y a sûrement d’autres perles à dénicher.</p>
]]></description></item><item><title>La Résidence, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/residence-netflix/</link><pubDate>Sun, 14 Sep 2025 21:59:04 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/residence-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/residence-netflix/residence.jpg">
        <p>Un mort est découvert à la Maison-Blanche pendant un dîner d’État, vous imaginez le scandale. Pour résoudre l’affaire efficacement, la police fait appel à une détectrice privée réputée pour sa capacité à résoudre les enquêtes les plus complexes. Voilà le point de départ de <em>La Résidence</em>, relecture moderne d’une enquête à l’ancienne sur un crime, qui évoque tantôt Agatha Christie, tantôt Sherlock Holmes. J’étais un petit peu passé à côté lors de sa sortie, mais la présence de l’excellente Uzo Aduba dans le rôle principal m’a donné envie de donner une chance à cette série Netflix assez largement boudée et annulée à l’issue de cette saison. Bonne pioche : l’intrigue policière elle-même est bien menée en multipliant les fausses pistes pour mieux tromper le spectateur jusqu’à la fin et j’ai beaucoup aimé la réalisation moderne, et la diversité du casting. Sans révolutionner le genre, ce qui n’était d’ailleurs certainement pas son objectif, Paul William Davies propose une version un petit peu dépoussiérée du traditionnel <em>whodunit</em> et c’est un très bon divertissement. Je recommande sans hésiter si vous aimez le genre, et conseille d’arrêter ici votre lecture si vous ne voulez pas en savoir plus sur l’enquête.</p>
<p>Je ne sais pas pourquoi les détectives les plus talentueux sont toujours un petit peu excentriques. Je sais en tout cas que le personnage de Cordelia Cupp est assez délicieux : cette enquêtrice de talent est aussi ornithologue et sa passion pour les oiseaux lui apporte de gros avantages quand il s’agit d’analyser une scène de crime et identifier un coupable. Sans surprise, Uzo Aduba est parfaite dans ce rôle et l’actrice s’en donne à cœur joie pour dénoncer les hordes d’hommes qui l’entourent et l’empêchent de bien faire son travail. <em>The Residence</em> serait clairement dénoncée comme série « woke » par les idiots qui pullulent de nos jours et c’est agréable de voir un casting aussi varié et le clou du spectacle, un Président des États-Unis marié à un « <em>First Gentleman</em> ». Ce que j’ai encore plus apprécié, c’est que ce n’est jamais un problème. L’intrigue brasse de nombreux sujets, évoque de multiples conflits d’intérêts ou tout simplement d’oppositions personnelles, mais la sexualité du président n’est jamais ne serait-ce qu’évoquée. Même la belle-mère qui déteste son gendre au plus profond de son être n’est pas homophobe, c’est un pur problème personnel. Cela fait du bien de voir une relation gay aussi normalisée et j’ai apprécié le choix de deux acteurs ouvertement gay et bi (Barrett Foa et Paul Fitzgerald, que je découvrais par la même occasion). Rien que pour ces choix, la série de Netflix mérite le détour.</p>
]]></description></item><item><title>Mo, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/mo-netflix/</link><pubDate>Thu, 11 Sep 2025 21:53:31 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/mo-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/mo-netflix/mo.jpg">
        <p><em>Mo</em> est censée être une comédie. Créée, écrite et partiellement réalisée par Mo Amer qui interprète aussi le personnage principal également nommé Mo, cette série pour Netflix peut en effet être amusante par endroits, tout en restant presque difficile à regarder en 2025. L’histoire de cette famille d’immigrés palestiniens qui se battent pour obtenir le droit de rester à Houston qu’ils ont élu comme domicile après avoir été chassé de Palestine, puis du Koweït, est particulièrement touchante quand on pense au génocide qui a cours à deux pas de chez nous dans l’indifférence presque générale. La première saison a été diffusée en 2022, avant le début des hostilités à l’automne 2023. En revanche, la deuxième est sortie début 2025, alors que le créateur savait très bien ce qui se passait dans son pays d’origine et probablement a connu des dizaines de personnes tuées par l’armée israélienne. Quand on y pense, cette série résonne différemment et le dernier épisode en particulier, qui se déroule le temps d’un bref séjour au pays, est presque pénible à voir.</p>
<p>Ceci posé, je découvrais l’univers de Mo Amer avec cette série et elle m’a donné envie d’en savoir plus. Le comédien a un univers riche et passionnant, avec une manière bien à lui de raconter des histoires et c’est effectivement amusant et bien mené. <em>Mo</em> raconte les galères du quotidien pour un sans-papier apatride, les petits boulots qui s’enchaînent, les difficultés du personnage à avoir une relation normale et bien d’autres thématiques, notamment autour de la famille. Les personnages sont tous très bien écrits, sans caricatures faciles même s’il y a clairement des types, et le scénario parvient à surprendre en allant dans des directions inattendues, comme cet épisode mexicain à cheval sur les deux saisons. Les seize épisodes sont tous réussis et c’est une excellente série que je recommande sans hésiter, à condition de s’attendre à une comédie au minimum douce-amère et un humour souvent plus noir qu’on pourrait l’espérer. <em>Mo</em> mérite malgré tout le détour et j’ai maintenant bien envie de découvrir le reste de la carrière de Mo Amer.</p>
]]></description></item><item><title>Too Much, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/too-much-netflix/</link><pubDate>Sun, 07 Sep 2025 21:12:01 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/too-much-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/too-much-netflix/too-much.jpg">
        <p>Lena Dunham est de retour sur petit écran<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, avec l’aide de son mari Luis Felber, pour une nouvelle série, treize ans après l’excellente <a href="https://voiretmanger.fr/girls-dunham-hbo/"><em>Girls</em></a>. Pas de sitcom ici, <em>Too Much</em> profite de la liberté apportée par le streaming moderne pour prendre un format hybride, tant sur la durée des épisodes que le genre. C’est une comédie romantique en quelque sorte, une relecture d’un classique où une Américaine qui rêve depuis toute petite de l’Angleterre arrive à Londres et tombe inévitablement amoureuse d’un local. On peut toutefois avoir confiance en la créatrice pour ne pas reproduire la formule habituelle sans la faire exploser en mille morceaux et à cet égard, le titre est un bon avertissement. Tout est effectivement « <em>too much</em> » ici, les personnages hauts en couleur, les sentiments exprimés et même la mise en scène. C’est un parti pris très fort, qu’il faut accepter d’emblée sous peine de passer un très mauvais moment. Connaissant l’univers de Lena Dunham, je m’y attendais et je n’ai pas été particulièrement surpris, ce qui ne m’a pas empêché de trouver le niveau inégal. Certains épisodes sont vraiment excellents : mention spéciale au septième qui se déroule dans la famille de Félix et qui m’a évoqué le sixième de la <a href="/serie/bear-hulu-saison-2/">deuxième saison de <em>The Bear</em></a>, c’est dire. D’autres sont plus frustrants à partir dans toutes les directions sans fil rouge, mais l’ensemble restant assez bref, ce n’est pas non plus rédhibitoire et j’ai passé dans l’ensemble un très bon moment.</p>
<p>Les personnages imaginés par <em>Too Much</em> sont tous excellents à leur manière et la série est démonstration éclatante des talents de Megan Stalter. L’actrice, que je découvrais par la même occasion à ma grande honte (je compte bien regarder <em>Hacks</em>, à ce sujet), est parfaite dans le rôle principal, elle incarne une femme complexe qu’on pourrait aisément imaginer caricaturale sans la finesse d’écriture et de mise en scène qui est mise à l’œuvre ici. Jess ne peut pas être résumée en deux mots et c’est ce qui la rend aussi attachante, elle parvient à donner le sentiment qu’on la connaît alors que la saison ne compte que dix épisodes et elle justifie à elle seule de regarder la série. À ses côtés, Will Sharpe est lui aussi épatant, dans un rôle un peu frappé qui m’a rappelé son travail dans <a href="/serie/flowers-channel-4/"><em>Flowers</em></a>. Sans aller aussi loin dans le délire qu’avec sa propre série, l’acteur creuse ce sillon de folie qui semble bien lui convenir et il complète admirablement l’actrice principale.</p>
<p>Je ne sais pas si Netflix a prévu de s’arrêter là, le succès ne semble pas avoir été au rendez-vous sur cette première saison. <em>Too Much</em> n’a pas besoin d’une suite de toute manière, même si cela aurait été intéressant. La série se termine d’une jolie manière, ce qui m’a bizarrement surpris. Je m’attendais à une fin moins joyeuse, peut-être à cause du chien, peut-être aussi parce que l’humour de Lena Dunham laisse toujours de la place à une grosse part de noirceur. Cela dit, c’est un final tout à fait cohérent avec le genre de la série et j’ai apprécié cette touche d’espoir dans le dernier épisode.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>En réalité, ce n’est pas sa deuxième série après <em>Girls</em>, c’est la troisième. J’étais totalement passé à côté de <em>Camping</em> sortie en 2018 sur HBO, qui a manifestement fait un four complet et qui a été annulée dès sa sortie.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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</div>
]]></description></item><item><title>Iron Flame, Rebecca Yarros</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/iron-flame-yarros/</link><pubDate>Sat, 06 Sep 2025 21:23:07 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/iron-flame-yarros/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/iron-flame-yarros/iron-flame.jpg">
        <p><a href="/livre/fourth-wing-yarros/"><em>Fourth Wing</em></a> m’avait suffisamment convaincu pour que je poursuive mon exploration de la Navarre à la sauce dragons imaginée par Rebecca Yaros et puisque le deuxième tome de la saga est arrivé sur ma table de chevet, pourquoi ne pas continuer ma lecture. <em>Iron Flame</em> est dans la droite lignée du précédent volume, ce n’est pas étonnant, et maintenant que je sais que l’autrice a prévu une saga en cinq (5 !) volumes, je m’attendais à une fin aussi spectaculaire qu’ouverte. De ce côté, je n’ai indéniablement pas été déçu. Avant cela, ce deuxième roman m’a dans l’ensemble convaincu et je dirais même plus que le précédent. Malgré quelques longueurs et scènes qui m’ont paru un poil confuses sur la fin, j’ai apprécié le côté plus adulte de cette histoire qui s’éloigne du cadre scolaire, même si l’école de Basgiath est bien présente dans la première partie. Sans s’éloigner des classiques et sans réellement surprendre, la romancière a déjà réussi à me donner envie de tourner chaque page et de savoir comment l’histoire de Violet et Xaden allait évoluer, ce qui est bien le but après tout.</p>
<p><em>Iron Flame</em> n’a plus besoin de présenter l’univers, même si une bonne idée de la saga est que beaucoup d’éléments restent des mystères à découvrir, y compris pour les personnages. Dans ce roman, l’un des enjeux principaux est justement de comprendre comment fonctionne la magie et en particulier les pierres qui protègent l’empire contre les attaques ennemies. Pour une raison qui n’est pas tout à fait éclairée ici, les informations du passé ont largement été effacées et pour survivre, Violet doit les déchiffrer à partir de vieux manuscrits dans des langues oubliées. C’est une bonne idée, qui permet d’inclure le lecteur puisqu’il n’en sait pas plus que les personnages et qui sert aussi à faire durer un petit peu le suspense. C’est d’ailleurs une caractéristique qui m’a semblé plus forte ici que dans le premier livre : Rebecca Yarros a parfois tendance à diluer un peu<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et allonger l’intrigue au-delà de ce qui serait strictement nécessaire. <em>Iron Flame</em> aurait sans doute pu être plus court, ou alors l’histoire avancer davantage, mais il fallait bien en garder pour les trois romans suivants. J’ai aussi lu que le succès surprise de <em>Fourth Wing</em> a poussé l’éditeur à mettre plus de pression sur l’autrice et peut-être que cela se voit. Le troisième est sorti deux ans après, ce qui est peut-être une bonne nouvelle, je le découvrirai sûrement par la suite.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Sans même parler des scènes de sexe, qui deviennent courantes et longues, tout en restant hélas strictement hétéronormées. D’ailleurs, la touche queer du premier roman a presque totalement disparu, dommage.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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</div>
]]></description></item><item><title>Sandman, Netflix (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/sandman-netflix-saison-2/</link><pubDate>Tue, 02 Sep 2025 20:42:36 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/sandman-netflix-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/sandman-netflix-saison-2/sandman-2.jpg">
        <p>Peut-on aborder la deuxième saison de <em>Sandman</em> sans évoquer les accusations qui visent Neil Gaiman, qui est non seulement l’auteur du roman graphique original et directement impliqué dans la version produite par Netflix ? Difficile de les ignorer, d’autant que les premiers témoignages de femmes abusées par le romancier sont sortis alors que la saison terminait son tournage et alors que tout était décidé en somme. D’ailleurs, la fin de la série avec ces nouveaux épisodes ne semble rien à voir avec la polémique et c’est assez apparent en la regardant que les scénaristes ont proprement conclu l’histoire de Rêve avec ces onze nouveaux épisodes. En les regardant, le décalage entre cette série pourtant si résolument <em>woke</em> et les accusations si tristement banales à l’encontre de son créateur est assez cruel. Comment une œuvre qui célèbre la diversité sous toutes ses formes peut sortir de l’esprit d’un tel homme ? C’est une telle déception.</p>
<p>Alors forcément, mon avis sur <em>Sandman</em> est entaché par ce contexte, qui reste présent inconsciemment même si j’essaie de faire abstraction. Puisque Netflix a laissé passé trois ans depuis la première saison, je l’ai revue avant d’enchaîner sur la suite et avec le recul, j’ai trouvé <a href="/serie/sandman-netflix/">mon avis initial</a> un peu dur. Certes, le scénario part dans de multiples directions et chaque épisode peut sembler sans lien avec le précédent. Néanmoins, l’ensemble était d’une inventivité assez folle et ce foisonnement d’idées est vraiment réjouissant, en plus d’être très bien réalisé. Malheureusement, la suite n’est pas aussi positive. La deuxième saison poursuit peut-être sur la même lancée, elle m’a semblé plus longue et moins réussie, surtout dans sa deuxième partie. Je ne sais pas si c’est par respect pour l’œuvre originale, j’ai en tout cas regretté que les rôles de Lucifer et de Désir soient si maltraités, alors que ce sont deux personnages passionnants que j’espérais voir davantage à la fin de la saison précédente. Tout l’arc avec le fils est intéressant, même si je crois que j’aurais aimé davantage d’attention portée à Morpheus et son évolution importante. Je me demande si les scénaristes n’ont pas ajouté trop de nouveautés, au lieu de creuser davantage les bases qui étaient déjà là. <em>Sandman</em> multiplie ainsi les nouvelles idées et même si le divertissement reste au rendez-vous, j’ai été moins séduit que pour la saison une.</p>
<p>Ce visionnage complet m’a en tout cas permis de mieux apprécier la musique originale, composée par David Buckley. J’ignore pourquoi elle ne m’avait laissé aucun souvenir, alors qu’en regardant la vingtaine d’épisodes à la suite, je l’ai trouvée émouvante et très réussie. Je suis curieux de la découvrir indépendamment de la série, un album ayant été publié pour chaque saison.</p>
]]></description></item><item><title>Le Paradis, Zeno Graton</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/paradis-graton/</link><pubDate>Sun, 31 Aug 2025 18:22:33 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/paradis-graton/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/paradis-graton/paradis.jpg">
        <p>Pour son premier long-métrage, Zeno Graton a réussi à me surprendre en partie alors que la base semblait pourtant téléphonée, ce qui est déjà une réussite en soi. <em>Le Paradis</em> raconte une romance entre deux jeunes en centre pour mineurs délinquants, je m’attendais à un film centré sur l’homophobie ambiante et ce n’est pas du tout le cas. Quand Joe rencontre William, les premiers regards sont timides — on est en milieu carcéral après tout —, mais les deux garçons n’ont pas besoin de beaucoup de temps pour se comprendre et s’embrasser. L’homosexualité reste un sujet en soi, puisqu’ils essaient de cacher leur relation qui est de toute manière interdite par un règlement qui empêche toute proximité, mais ce n’est pas le sujet au cœur du scénario. J’ai apprécié cette approche directe et rafraichissante, tout comme j’ai beaucoup aimé les deux acteurs principaux et leur relation immédiatement fusionnelle, un bel exploit quand on pense que <em>Le Paradis</em> est court, n’atteignant même pas les 90 minutes. Khalil Gharbia (que je découvrais au passage, un nom à garder en tête) comme Julien de Saint Jean (que j’avais croisé récemment dans <a href="/film/comte-monte-cristo-patelliere-delaporte/"><em>‌Le Comte de Monte-Cristo</em></a>) sont tous deux excellents pour transmettre des émotions complexes avec de simples regards. Les mots sont inutiles et pourtant leur relation parvient à être riche et profonde, c’est une belle réussite.</p>
<p>Au-delà de la romance, le cinéaste belge parvient aussi à dresser un portrait particulièrement convaincant d’un centre de détention plein de jeunes d’environ 17 ans. J’ai apprécié l’absence de traitement systématiquement négatif et sans enjoliver la situation, il offre une vision équilibrée, entre moments fraternels et joyeux comme on peut les imaginer au sein d’un tel groupe et les inévitables tensions liées à la privation de liberté. Il n’y a aucune caricature ici, <em>Le Paradis</em> crée des psychologies crédibles, pour les encadrants qui font de leur mieux tout étant vite limités et pour les occupants, qui ont forcément envie de casser les règles qu’on leur impose. C’est toujours subtil et loin de la caricature que je craignais un petit peu en lançant le film. Sans trop en dire sur le fin, je regrette juste qu’elle soit un petit peu trop prévisible à mon goût. J’ai été surpris jusque-là, j’aurais aimé l’être jusqu’au bout. Malgré tout, la note finale d’espoir, bien que ténu, reste positive et le spectateur peut choisir de s’y accrocher.</p>
]]></description></item><item><title>Leanne, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/leanne-netflix/</link><pubDate>Wed, 27 Aug 2025 21:47:01 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/leanne-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/leanne-netflix/leanne.jpg">
        <p>Chuck Lorre est de retour pour une sitcom extrêmement traditionnelle commandée par Netflix. Aux côtés de Leanne Morgan, qui interprète aussi le rôle principal, et de Susan McMartin, <em>Leanne</em> adopte un format désormais désuet : vingt minutes et pas une de plus, des scènes du quotidien et les rires d’un public qui ponctuent chaque blague. Je dois dire que regarder une telle série en 2025 a un côté nostalgique pas désagréable et cette nouvelle sitcom semble avoir toujours conscience de ses limites, ce qui lui permet de rester divertissante et même amusante d’un bout à l’autre des 18 épisodes qui constituent sa première saison. On reconnaît bien la patte de Chuck Lorre dans les dialogues incisifs, même si on est loin, très loin de ses grands succès du passé, que ce soit <a href="https://voiretmanger.fr/mon-oncle-charlie-lorre-aronsohn-cbs/"><em>Mon Oncle Charlie</em></a> ou <a href="https://voiretmanger.fr/big-bang-theory-lorre-prady-cbs/"><em>Big Bang Theory</em></a>. C’est clairement un cran en dessous, tant dans l’écriture des personnages que dans le comique des situations, ce qui n’empêche pas de passer un bon moment malgré tout.</p>
<p>Si vous cherchez une sitcom à l’ancienne, <em>Leanne</em> fera l’affaire. Il faut accepter une morale aussi très conservatrice, même si j’ai apprécié le côté vaguement féministe et les rôles un peu moqueurs des parents. N’espérez pas grand-chose malgré tout de cette galerie de <em>boomers</em> du Tennessee, la religion occupe une part assez importante de l’intrigue et toute la série se construit autour de la fin du mariage du personnage principal, ce qui équivaut au bouleversement majeur de sa vie. Tous les clichés y passent et il faut accepter de ne jamais être tellement surpris par les grosses ficelles de l’intrigue. Je dirais que cela fait partie du format et que la création pour Netflix persiste et signe en offrant du classique jusqu’au bout des ongles. J’ai trouvé cela plaisant, je ne sais pas si j’ai réellement envie pour autant d’en voir plus. On verra si le service de streaming donne une suite à <em>Leanne</em>, la fin est en tout cas réussie à cet égard, suffisamment ouverte pour une deuxième saison tout en restant convaincante si cela s’arrêtait là.</p>
]]></description></item><item><title>Flow, Gints Zilbalodis</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/flow-zilbalodis/</link><pubDate>Sun, 10 Aug 2025 18:31:34 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/flow-zilbalodis/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/flow-zilbalodis/flow.jpg">
        <p><em>Flow</em> est techniquement un film muet, ce qui ne veut pas dire qu’il est silencieux. Pour son deuxième long-métrage, le cinéaste letton Gints Zilbalodis fait de nouveau appel à de l’animation sans aucune parole, ce qui est d’autant plus impressionnant que ses personnages sont des animaux et on sait combien le cinéma aime faire parler les animaux animés. Rien de tel ici, les personnages sont des animaux qui se comportent comme tels, à une ou deux petites exceptions près<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> qui ne sont jamais trop grosses pour casser l’illusion. On sent que les animateurs ont étudié de près les animaux qu’ils représentaient, voire qu’ils vivaient avec, tant les mouvements, comportements et sons, enregistrés auprès de vrais spécimens, sont crédibles. Les déplacements du chat qui fait office de héros sont en particulier très réussis et le voir sauter d’un élément à l’autre puis s’allonger au soleil dans les premières minutes m’a rappelé le soin du détail de <em><a href="/jeu-video/stray/">Stray</a></em>, une excellente chose. Malgré ce choix assez radical, <em>Flow</em> est un film riche et passionnant à suivre, avec une véritable histoire, de multiples péripéties et des enjeux qui sont toujours parfaitement rendus. Gints Zilbalodis prouve bien que les paroles ne sont pas nécessaires et que l’on peut déployer un récit rien qu’avec des images et du son.</p>
<p>Sur le plan technique, la réalisation entièrement effectuée en Europe et surtout avec le logiciel libre et gratuit Blender a beaucoup fait parler d’elle. Logiquement, tout ce contexte disparaît à l’image et le spectateur est immergé dès le départ dans un univers au style bien marqué, loin du réalisme d’un Pixar, plus proche dans l’esprit d’une peinture. C’est amusant de constater que c’est quasiment la même idée que pour <a href="/film/robot-sauvage-sanders/"><em>Le Robot sauvage</em></a> sorti la même année et qui partage aussi une thématique assez similaire. <em>Flow</em> n’est pas aussi soigné sur le plan technique et on voit bien que les animateurs n’ont pas cherché à gérer les fourrures des animaux, par exemple. Ce n’est nullement gênant, car encore une fois, l’histoire prend les devants. J’ai beaucoup aimé ce récit qui doit se contenter de montrer sans dire et qui en ressort beaucoup plus fort justement grâce à ces allusions. On comprend bien assez, la hausse des eaux, la disparition des humains, les hauteurs de l’Himalaya : <em>Flow</em> raconte une dystopie post-apocalyptique sans le dire pleinement, mais en laissant de multiples indices. Par exemple, ces grandes créatures marines qui ressemblent de loin à des baleines et de près à un mélange intrigant qui laisse envisager que ce monde a dérivé par rapport au nôtre. J’ai particulièrement apprécié la petite touche de fantastique qui survient à un moment donné, elle était inattendue et bienvenue.</p>
<p>Le succès de <em>Flow</em> n’est pas démérité : ce film d’animation est à la fois simple et complexe, son histoire de famille choisie est touchante et sa bande-originale, composée en partie par Gints Zilbalodis lui-même, est excellente. Il n’y a vraiment rien à jeter et je le recommande sans hésiter.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<p>Comment ces animaux ont appris à manœuvrer la barre d’un bateau, voilà bien un mystère qui n’est jamais résolu.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>La Roue du temps, Prime Video (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/roue-temps-prime-video-saison-3/</link><pubDate>Wed, 06 Aug 2025 22:03:23 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/roue-temps-prime-video-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/roue-temps-prime-video-saison-3/roue-temps-saison-3.jpg">
        <p>Regarder la troisième saison de <em>La Roue du temps</em> a été une expérience particulièrement frustrante. D’un côté, ces huit épisodes élèvent encore le niveau, si bien que la série pour Prime Video, qui avait bien <a href="https://voiretmanger.fr/roue-temps-judkins-prime-video/">mal commencé</a> avant de redresser le tir avec une deuxième saison <a href="/serie/roue-temps-prime-video-saison-2/">nettement meilleure</a>, s’avère désormais très bonne. Certes, il reste quelques défauts ici ou la, un manichéisme encore un poil trop marqué à mon goût et quelques passages à vide, dont ici un épisode entier consacré à une bataille sans grand intérêt ou du moins, dont l’intérêt est mal exprimé. Malgré tout, on est maintenant dans de l’heroïc-fantasy de qualité et la création de Rafe Judkins n’a plus tellement à envier aux plus grands noms de la catégorie. Le dernier épisode est même vraiment excellent, avec une montée en puissance du dragon réincarné et la promesse d’enjeux encore élevés dans la suite… sauf qu’il n’y aura pas de suite.</p>
<p>Amazon a en effet décidé de couper court à la saga et ne renouvellera pas <em>La Roue du temps</em>. C’est son droit et on peut même considérer la décision légitime, qu’andin en juge aux coûts de production qui doivent être énormes — les effets visuels, bien qu’imparfaits toujours, ont d’ailleurs bien progressé — tandis que le nombre de spectateurs reste loin des espoirs du service de streaming. Néanmoins, l’annulation aurait pu être bien mieux gérée : le scénario a manifestement été écrit avec l’idée d’une suite, la fin est évidemment pensée pour mener vers autre chose et le spectateur est laissé en plan sans savoir ce qui va se passer. C’est d’autant plus agaçant que la série gagnait en qualité saison après saison et si la tendance se poursuivait, elle aurait pu devenir excellente. Cette troisième saison permet aux personnages de gagner encore en profondeur, j’ai particulièrement bien aimé le parcours de Rand, qui est un héros bien plus riche et complexe qu’on pouvait l’imaginer au premier abord. Mon seul regret est le manque de temps accordé à sa psychologie, la faute en partie à une multiplication d’intrigues secondaires pas toujours aussi intéressantes, alors que le format reste inchangé avec huit épisodes d’une heure. J’imagine que <em>La Roue du temps</em> aurait suivi une trajectoire bien différente s’il était clair que cette saison allait être la dernière et même si on ne voit jamais trop souvent l’excellente Shohreh Aghdashloo, son arc narratif aurait sans doute pu être éliminé au profit du reste.</p>
<p>Malgré tous ses défauts et surtout sa fin prématurée, <em>La Roue du temps</em> reste une série que je recommanderais aux amateurs du genre. Amazon a mis les moyens pour adapter les romans et on voit rarement des univers d’une telle ampleur dans une série qui prend le temps de poser ses personnages et n’est pas pressée par le format court d’un long-métrage.</p>
]]></description></item><item><title>Nonnas, Stephen Chbosky</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/nonnas-chbosky/</link><pubDate>Sun, 03 Aug 2025 21:48:08 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/nonnas-chbosky/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/nonnas-chbosky/nonnas.jpg">
        <p>Dans la série histoire pas originale et réconfortante, juste après avoir vu <a href="/serie/stick-apple-tv+/"><em>Stick</em></a>, je vous propose <em>Nonnas</em>. Ce film pour Netflix est basé sur une histoire vraie, ce qui ajoute une dimension à ce scénario assez incroyable d’un homme qui décide à la mort de sa mère d’ouvrir un restaurant sur Staten Island pour célébrer la cuisine italienne de sa mère et grand-mère, la « <em>nonna</em> » du titre. L’originalité de son concept est d’embaucher des grands-mères, pas la sienne, pour qu’elles préparent les plats de leur enfance. Commence un récit mignon tout plein, avec quelques déconvenues bien sûr, mais dans l’ensemble rien de grave. Ce n’est pas si mal de temps en temps d’avoir un long-métrage sans drames en pagailles et j’ai passé un excellent moment à saliver devant toute la cuisine préparée pour l’intrigue — il faut bien le dire, les Italiens savent cuisiner… — et à apprécier ce film qui ressemble un petit peu à un gros plat de pâtes. Simple, efficace.</p>
<p>Dans l’équation, le talent des acteurs principaux fait beaucoup. Vince Vaughn, que j’avais beaucoup aimé récemment dans <a href="/serie/bad-monkey-apple-tv+/"><em>Bad Monkey</em></a>, est impeccable dans le rôle masculin principal, mais la palme revient aux actrices en cuisine. Susan Sarandon évidemment et quelques grands noms du cinéma italo-américain que je n’avais d’ailleurs pas reconnus. Talia Shire qui jouait la sœur Connie dans <a href="https://voiretmanger.fr/saga/le-parrain/"><em>Le Parrain</em></a> et qui est ici une bonne sœur reconvertie en cuisinière après avoir été rejetée pour son homosexualité, une mention que j’ai appréciée retrouver. Celle qui m’a le plus bluffé, c’est bien Lorraine Braco, l’inoubliable psychologue des <a href="https://voiretmanger.fr/soprano-chase-hbo/"><em>Soprano</em></a> qui est ici méconnaissable et parfaite dans ce rôle de grand-mère sicilienne acariâtre, mais gentille au fond. Encore une fois, c’est très commun et Stephen Chbosky n’essaie jamais de bousculer les codes ou renouveler le genre. <em>Nonnas</em> n’offre pas de la gastronomie réinventée, c’est de la cuisine traditionnelle et c’est très bien ainsi.</p>
]]></description></item><item><title>Stick, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/stick-apple-tv+/</link><pubDate>Thu, 31 Jul 2025 22:24:52 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/stick-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/stick-apple-tv&#43;/stick.jpeg">
        <p>Du sport, une comédie, une ambiance <em>feel-good</em> et Apple TV+ ? Non, ce n’est pas <a href="https://voiretmanger.fr/ted-lasso-lawrence-sudeikis-hunt-kelly-apple-tv/"><em>Ted Lasso</em></a>, mais <em>Stick</em>, qui se déplace dans le milieu du golf et suit le parcours d’un génie, un jeune golfeur repéré par une ancienne star qui tente de se refaire une place. La première saison et ses dix épisodes d’une demi-heure n’est absolument pas originale du tout et on pourrait même dire qu’elle est assez prévisible. Mais vous savez quoi ? Ce n’est en aucun cas un problème. Jason Keller n’essaie pas d’être plus malin que son idée de base, il déploie l’intrigue avec une grande efficacité et prend le temps de poser des personnages qui, à défaut de surprendre, sont remarquablement bien construits et parfaitement à leur place. Je dois reconnaître une pointe de scepticisme en attaquant la série, je dois bien avouer que <em>Stick</em> m’a donné tort. La saison est délicieuse et j’ai hâte de retrouver Santi, Pryce et tous les autres personnages pour une suite. Cela tombe bien, Apple n’a pas hésité et la série aura droit à une deuxième saison.</p>
<p>Plus que le milieu du golf qui ne m’intéresse vraiment pas et qui aurait d’ailleurs pu être un petit peu critiqué par la série pour ses effets négatifs, si je voulais pinailler un peu, c’est bien l’aventure humaine que je retiens. L’ascension de ce jeune golfeur, parfaitement incarné par Peter Dager qui me semble un jeune acteur à suivre, est excitante même si elle n’est pas originale et Owen Wilson est parfait dans le rôle du coach, autrefois golfeur exceptionnel, désormais vendeur miteux et arnaqueur sur ses heures perdues. Plus encore que ce duo, <em>Stick</em> imagine une famille choisie, ce qui est toujours une bonne idée pour réunir des personnages et former une bonne alchimie. La mère de Santi, l’ancien caddy de Pryce et Zero, jeune non-binaire (oui, c’est délicieusement woke) rencontré•e sur la route et qui tombe amoureux•se du jeune golfeur, se retrouvent dans une caravane sur les routes américaines, à passer d’une épreuve à la suivante. Encore une fois, les scénaristes n’essaient jamais de réinventer la roue, j’ai aisément deviné tous les arcs narratifs et ça n’est pas une critique pour autant. <em>Stick</em> est suffisamment sincère pour convaincre malgré tout et j’ai passé un très bon moment, même en sachant à chaque fois ce qui allait arriver. Je recommande.</p>
]]></description></item><item><title>Du nouveau monde - Tome 2, Yûsuke Kishi</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/nouveau-monde-tome-2-kishi/</link><pubDate>Wed, 30 Jul 2025 22:25:35 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/nouveau-monde-tome-2-kishi/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/nouveau-monde-tome-2-kishi/nouveau-monde-2-kishi.jpg">
        <p>Suite des aventures de Saki et de ses amis avec le deuxième tome de ce qui est devenu une trilogie en France, même si <em>Du nouveau monde</em> n’est qu’un seul roman au Japon. Le <a href="/livre/nouveau-monde-tome-1-kishi/">premier volet</a> m’avait enchanté par sa découverte progressive d’un monde très étrange, un univers de science-fiction comme j’en avais jusque-là jamais lu. Le découpage choisi par Robert Laffont nous laissait sur une grosse surprise, alors j’avais hâte de découvrir la suite. Forcément, Yûsuke Kishi ne peut plus me surprendre et à cet égard, ce deuxième tome pourrait être plus décevant, sauf quand on se rappelle que ce découpage est artificiellement français. C’est une suite dans continuité et avec une montée en puissance des enjeux, ce qui est parfaitement adapté à cette histoire où des enfants élevés dans un monde magique découvrent en réalité à quel point on leur a menti. Je crois que tout le potentiel de ce côté attend le troisième tome, qui ne sortira probablement qu’en 2026, mais en attendant, les aventures de ces jeunes devenus adolescents ici sont riches et passionnantes, surtout grâce aux idées assez folles de l’auteur concernant son univers et ses ahurissantes règles.</p>
<p>Si ce n’est pour le tronçonnage en trois romans qui casse un peu trop le rythme à mon goût, je n’ai pas tellement de reproches à faire à <em>Du nouveau monde — Tome 2</em>. Il y a tout de même un point qui m’a chiffonné pendant ma lecture : l’auteur a imaginé un monde où les relations sexuelles sont nettement plus précoces, si bien que les enfants sont incités dès leur plus jeune âge à découvrir le corps de leurs camarades et jouer avec. J’avais apprécié l’inversion des valeurs par rapport à notre société, l’homosexualité étant la norme dans ce futur où l’on craint les nouveaux enfants. Néanmoins, j’ai été un peu gêné ici par le niveau de détails que l’on a concernant ces relations. Que ce soit entre filles, entre garçons ou mixtes, l’auteur décrit des relations très adultes alors qu’ils n’ont tous que 14 ans. Était-ce nécessaire ? On a bien compris les raisons profondes qui poussent cette société à favoriser une sexualité basée sur le pur plaisir et non la reproduction, cela suffisait sans doute. J’aurais peut-être eu un avis différent si je n’avais pas croisé entre temps <a href="https://kodansha.us/product/from-the-new-world-1/">la couverture hyper sexualisée</a> du manga dérivé du roman, si bien que je me demande quelle était l’intention réelle de l’auteur derrière ces scènes explicites.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, je suis curieux de savoir ce qui se passe ensuite et je lirai certainement le troisième tome quand il sortira par ici. Je me demande sur quel terrain l’auteur compte nous mener, sachant que l’on a le sentiment d’approcher de plus en plus un point de retour majeur, comme un conflit ouvert. Cela reste un point fort de ce roman : <em>Du nouveau monde</em> mène ses lecteurs vers des destinations insoupçonnées.</p>
]]></description></item><item><title>Apple Cider Vinegar, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/apple-cider-vinegar-netflix/</link><pubDate>Sun, 27 Jul 2025 22:12:51 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/apple-cider-vinegar-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/apple-cider-vinegar-netflix/apple-cider-vinegar.jpg">
        <p>L’histoire d’une arnaques racontée à travers une fiction proche de la réalité sur Netflix : <em>Apple Cider Vinegar</em> évoque forcément <a href="/serie/inventing-anna-netflix/"><em>Inventing Anna</em></a> et de fait, les deux mini-séries sont assez proches. Dans les deux cas, on a un récit raconté à travers ses principaux protagonistes, avec une mise en scène et une chronologie assez simples. C’est un exposé de l’arnaque et une tentative pour expliquer comment autant de monde a pu se faire avoir pendant si longtemps. Cela étant, j’ai trouvé la variante australienne tout aussi intéressante à regarder, sans doute déjà parce que je n’avais jamais entendu parler de Belle Gibson, phénomène sur les réseaux sociaux qui n’a sans doute pas vraiment quitté l’Océanie. Surtout, parce que cette jeune femme n’a pas hésité à mentir sur sa santé, en se faisant passer pour une rescapée miraculeuse d’un cancer du cerveau. Non seulement ce mensonge a servi à lui offrir une audience sur les réseaux, il a construit toute sa carrière à travers une app qui devait proposer des recettes saines pour soigner  un cancer sans chimiothérapie ou la médecine moderne. Elle a détourné des centaines de véritables malades pour répondre à son besoin maladif d’être aimée et elle a promis des centaines de milliers de dollars de dons sans jamais payer un centime. Malgré plusieurs condamnations, la vraie Belle n’a jamais payé ses amendes ni mis un pied derrière les prisons, en grande partie en raison de raisons psychologiques.</p>
<p>C’est d’ailleurs indéniablement un point fort d’<em>Apple Cider Vinegar</em>, qui propose une vision contrastée de la situation et ne tombe pas dans la critique facile. Certes, le comportement de Belle est odieux et Kaitlyn Dever est d’ailleurs un excellent choix pour l’incarner. L’actrice excelle à reproduire ce côté tête à claques, sa manière de mentir en permanence et de jouer sur l’apitoiement de son entourage dès qu’on la remet en cause. Le scénario ne la diabolise pas pour autant et rappelle bien que les méthodes alternatives contre le cancer étaient en vogue dans les années 2010 à travers le parcours de Milla, jeune femme qui a servi de modèle à Belle en combattant son cancer très publiquement à l’aide de jus et de lavement au café. Elle meurt après quelques années de mise en avant de cette idée absurde qu’une alimentation saine suffit à supprimer un cancer, une idée que même les plus riches ont suivi, l’exemple de Steve Jobs m’étant forcément venu en tête. Ce qui reste fascinant, c’est la manière dont personne ne semble remettre en cause le discours de Belle, ni Apple qui avait apparemment signé un accord pour distribuer son app avec l’Apple Watch, ni un gros éditeur australien qui a publié son livre sans rien vérifier. Cela fait froid dans le dos et la création de Netflix le rend bien.</p>
<p>Au milieu de tout ces scandales, j’ai été très touché par le parcours de Clive, le petit-ami de Belle interprété par Ashley Zukerman. C’est un personnage longtemps mystérieux, on ne sait pas trop pourquoi il accepte de financer les débuts de l’aventure, ni surtout pourquoi il reste alors qu’il réalise vite la vérité au sujet de sa compagne. C’est simplement une histoire d’amour, surtout pour le fils de Belle qu’il élève comme le sien et qui le fait rester envers et contre tout. J’ai trouvé le scénario bien écrit, l’interprétation crédible et c’est une touche de douceur bienvenue pour compenser l’acidité du vinaigre.</p>
]]></description></item><item><title>Sirens, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/sirens-netflix/</link><pubDate>Sun, 20 Jul 2025 22:01:36 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/sirens-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/sirens-netflix/sirens.jpg">
        <p>Molly Smith Metzler adapte sa propre pièce pour créer <em>Sirens</em>, on n’est jamais mieux servi que par soi-même n’est-ce pas. Cette mini-série pour Netflix est plutôt brève, avec ses cinq épisodes de moins d’une heure ce qui ne l’empêche pas d’être marquante. Au contraire, je l’ai trouvée percutante, principalement grâce à son trio d’actrices comme je m’en doutais avant de commencer. Néanmoins, l’intrigue elle-même est intéressante, avec une très bonne psychologie pour les personnages et une bonne manière de mener le spectateur là où il ne l’attend pas. Au bout du compte, c’est une très bonne surprise et je recommande la série, qui parvient à garder son aura de mystère jusqu’au bout, sans tomber dans la facilité.</p>
<p><em>Sirens</em> se construit autour d’un trio. Michaela, dite « Kiki », est une ancienne avocate qui s’est reconvertie suite à son mariage à un richissime homme d’affaire dans la protection des oiseaux et c’est dans ce cadre qu’elle a embauché Simone comme assistante. La grande sœur de cette dernière, Devon, s’inquiète de ne pas avoir de nouvelles et elle débarque sur l’île où elle travaille au début de la série, pour avoir des nouvelles. Respectivement interprétées par Julianne Moore qu’on ne présente pas, Milly Alcock que j’ai découvert dans la première saison de <a href="/serie/house-dragon-hbo/"><em>House of the Dragon</em></a> et Meghann Fahy qui m’avait davantage marqué dans la deuxième saison de <a href="/serie/white-lotus-hbo-saison-2/"><em>White Lotus</em></a>, beaucoup moins dans <a href="/serie/couple-parfait-netflix/"><em>Un couple parfait</em></a>. D’ailleurs, cette autre mini-série Netflix est intéressante en comparaison de celle-ci. Dans les deux cas, on est sur une île dans un environnement ultra-riche et il y a une dose de mystère et même un meurtre qui plane. Néanmoins, le résultat est bien différent et <em>Sirens</em> m’a paru bien plus intéressante et originale. Molly Smith Metzler imagine une histoire riche, qui parvient à la fois à sembler très cliché et à surprendre, une caractéristique rare et difficile à obtenir. Les trois actrices principales ont un grand rôle à jouer dans cette réussite, Julianne Moore est évidemment exceptionnelle, même si les deux plus jeunes actrices qui l’entourent sont elles aussi excellentes. Plus que leur prestation cela dit, je retiendrais leurs arcs narratifs, plus subtils et intrigants qu’on l’imagine en lançant le premier épisode. À voir.</p>
]]></description></item><item><title>Murderbot – Journal d’un AssaSynth, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/murderbot-apple-tv+/</link><pubDate>Thu, 17 Jul 2025 21:50:03 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/murderbot-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/murderbot-apple-tv&#43;/murderbot.jpeg">
        <p><em>Murderbot – Journal d’un AssaSynth</em> vaut bien mieux que son titre français, qui hésite de façon incompréhensible entre deux langues. Cette série portée par Apple TV+ est une adaptation d’une saga écrite par la romancière Martha Wells et c’est aussi une excellente surprise. La science-fiction est trop souvent sérieuse, alors une comédie est toujours bienvenue et celle-ci ne manque pas de bonnes idées. « SecUnit » est un robot de sécurité qui a réussi à pirater le module qui l’empêche en théorie de faire ce qu’il veut et l’oblige à obéir aux ordres des humains. Cet acte devrait lui valoir d’être envoyé directement au recyclage, alors il fait tout pour le cacher. Quand il est envoyé en mission pour protéger une équipe de scientifiques idéalistes et gentiment idiots sur une planète lointaine, les problèmes commencent pour lui et la première saison se concentre sur les relations entre ce robot humanoïde et ses clients, qui refusent de le considérer comme une machine. Il faut tout d’abord saluer le talent de l’acteur principal : Alexander Skarsgård, qui ressemble toujours plus à son père notamment vocalement, est excellent dans le rôle du robot et son talent est d’autant plus impressionnant qu’il reste stoïque du début à la fin. Faute de pouvoir jouer sur les expressions faciales, tout son jeu passe par la voix et l’humour nait souvent du contraste entre les deux, avec des piques régulièrement lancées contre les humains qui se comportent de manière irrationnelle et qui l’agacent profondément.</p>
<p>Adaptation du premier roman de la saga originale, cette première saison forme un tout cohérent qui se termine d’une belle manière. Cela aurait pu former une mini-série tout à fait convaincante, mais le succès aidant, Apple TV+ a renouvelé <em>Murderbot – Journal d’un AssaSynth</em> pour une deuxième saison. L’avantage, c’est qu’il y a plusieurs romans à suivre, alors j’imagine que la qualité sera encore au rendez-vous dans la suite. Je suppose que les personnages humains seront différents, ce qui est assez dommage d’ailleurs tant on a appris à connaître la « bande » à travers ces dix épisodes. Malgré tout, j’ai bon espoir que ce soit encore une réussite et je serai au rendez-vous pour découvrir tout cela.</p>
]]></description></item><item><title>Vrais voisins, faux amis, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/vrais-voisins-faux-amis-apple-tv+/</link><pubDate>Wed, 16 Jul 2025 22:01:10 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/vrais-voisins-faux-amis-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/vrais-voisins-faux-amis-apple-tv&#43;/vrais-voisins-faux-amis.jpeg">
        <p>Quand un riche investisseur new-yorkais perd son boulot après avoir perdu sa femme, que lui reste-t-il ? Comment peut-on vivre décemment dans la richissime bourgade (fictive) de Westmont Village quand on n’a plus le même salaire indécent qu’avant ? Face à ces questions difficiles, <em>Vrais voisins, faux amis</em><sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> propose une réponse originale et assez amusante : ayant tout perdu, « Coop » décide de… voler ses anciens voisins pour maintenir son train de vie. C’est un scénario qui évoque le classique <a href="https://voiretmanger.fr/breaking-bad-gilligan/"><em>Breaking Bad</em></a> en explorant ce qui se passe quand une personne légitime et propre sur elle entre dans l’illégalité. Pas de drogue ici, même si on pourrait dire que voler est bien pire pour cette haute société totalement hors sol et c’est l’occasion d’une première saison plutôt réussie. Sans faire d’étincelles, Apple TV+ signe un divertissement soigné, qui tient largement sur les épaules d’un seul homme, il faut bien le reconnaître.</p>
<p>Jon Hamm, car c’est bien lui, incarne « Coop » avec un rôle qui évoque au départ <a href="https://voiretmanger.fr/mad-men-weiner-amc/"><em>Mad Men</em></a>. Le costume, la richesse, même le métier, tout semble rapprocher les deux séries. Jonathan Tropper s’éloigne vite, fort heureusement, en imaginant que son personnage principal est licencié et perd tout son argent dans la foulée. Il entreprend ensuite son premier vol presque par accident, découvre que cela peut lui rapporter gros et surtout, que cela lui plait, bien plus que la gestion financière qui avait sa fortune jusque-là. Commence une série de vols toujours plus audacieux et évidemment les problèmes qui s’accumulent avec. Rien de très original là-dedans, <em>Vrais voisins, faux amis</em> n’a aucunement l’ambition de renouveler le genre ou même de faire varier la formule établie. Ce n’est pas forcément une déception, l’ensemble est bien écrit, les personnages sont aussi riches par leur portemonnaie que leur psychologie et le divertissement est au rendez-vous le temps de ces neuf premiers épisodes. Apple TV+ a renouvelé la série pour une deuxième saison et je serai probablement au rendez-vous, même si j’ai trouvé que l’univers aurait gagné à sortir un petit peu plus de l’entre-soi ultra-riche. J’ai apprécié les personnages hors milieu, en particulier Lu (Randy Danson, parfaite) que j’aurais aimé voir davantage, mais ils sont rares et peu présents. Je me demande dans ces conditions si Jonathan Tropper a vraiment de quoi tenir la distance sans tourner en rond, j’imagine qu’on le saura dans la saison suivante…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Qui, à la surprise de personne, est un horrible titre français. Même Apple TV+ n’y échappe pas, manifestement.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Godzilla Minus One, Takashi Yamazaki</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/godzilla-minus-one-yamazaki/</link><pubDate>Mon, 14 Jul 2025 21:33:18 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/godzilla-minus-one-yamazaki/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/godzilla-minus-one-yamazaki/godzilla-minus-one.jpg">
        <p>Dire que cette créature fascine est encore loin du compte : <em>Godzilla Minus One</em> est le trente-septième film à la mettre en scène et c’est sans compter toutes les autres représentations à la télévision, sur papier ou ailleurs. Dire que je trouve cela lassant est un euphémisme, surtout avec les variations américaines récentes où le lézard japonais affronte King Kong, mais quel ennui. En revenant aux origines pour les soixante-dix ans de Godzilla, Takashi Yamazaki parvient pourtant à trouver le ton juste et le cinéaste japonais propose un blockbuster délicieusement rétro et surtout diablement efficace, sans multiplier inutilement l’action. C’est un film à l’ancienne qui fonctionne parfaitement bien dans une ère des projets toujours plus énormes, un retour aux sources qui m’a rappelé dans l’esprit <a href="/film/alien-romulus-alvarez/"><em>Alien: Romulus</em></a>. Même si vous n’aimez pas spécialement Godzilla, cette version vaut le détour.</p>
<p>Première bonne idée, l’action se déroule dans le Japon de l’après guerre et <em>Godzilla Minus One</em> débute même quelques jours avant la signature de l’armistice, en 1945. Contrairement à d’autres réalisateurs qui essayaient de faire monter la tension en ne présentant pas la créature trop rapidement, Takashi Yamazaki revendique le genre de son film et introduit très vite son Godzilla, qui s’inspire assez directement de celui imaginé par Ishirō Honda dans le long-métrage qui a inventé le monstre. C’est une version moins « réaliste », avec son regard humanisé, et on pourrait presque croire qu’il s’agit d’une marionnette en stop-motion, même si tout est numérique, évidemment. À ce sujet, il faut saluer les effets spéciaux, qui donnent l’impression de voir un gros budget américain, alors que le film aurait été produit avec nettement moins d’argent, on parle d’une dizaine de millions, pas quelques centaines comme c’est désormais la norme à Hollywood. Malgré tout, ce « petit » budget ne se ressent pas, grâce à un usage malin des effets visuels. Plus qu’une bonne maîtrise technique, c’est un bon sens de la mise en scène qui ressort ici et le spectacle est bien au rendez-vous malgré tout.</p>
<p>L’autre concept fort du projet, c’est de rester ancré sur le point de vue des citoyens, au lieu d’adopter celui des militaires et du gouvernement comme c’est toujours le cas dans ce genre de film catastrophe. D’ailleurs, <em>Godzilla Minus One</em> revendique au contraire une méfiance, voire un rejet net, du gouvernement, qui échoue lamentablement à arrêter la bestiole et qui cède finalement la place à une solution citoyenne. J’ai trouvé cela intéressant, même si on peut aussi y lire une vision populiste hélas bien trop présente dans nos sociétés modernes. Je ne crois pas que c’était nécessairement l’intention du réalisateur, qui a aussi signé le scénario, en tout cas, ça ne colle pas pour moi avec sa position sur les kamikaze pendant la guerre. C’est un axe majeur, j’ai même été étonné par l’ampleur de cet arc narratif, et c’est intéressant d’accorder autant de place au sujet. La honte ressentie par les pilotes qui ne se sont pas tués comme on leur a ordonné est aussi projetée par les survivants et Takashi Yamazaki associe adroitement le traumatisme de la guerre avec ce sentiment fort chez son personnage principal. J’ai aussi bien aimé la famille recomposée qui n’est pas bêtement une intrigue romantique, tout en apportant une touche d’espoir et surtout une douceur qui contrebalance le piquant du monstre.</p>
<p>Le succès de <em>Godzilla Minus One</em> a été tel qu’une suite, largement suggérée à la fin, était inévitable. Il semble que l’équipe sera conservée et les producteurs ont indiqué vouloir prendre leur temps pour avoir une bonne histoire à raconter. Tant mieux et même si je suis un petit peu inquiet, j’ai bon espoir que ce soit à la hauteur de ce premier film qui a visé juste. On verra bien si c’était un heureux accident ou le début d’une grande saga.</p>
]]></description></item><item><title>Chronique Arctique, CBC Television</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/chronique-arctique-cbc-television/</link><pubDate>Sun, 13 Jul 2025 09:06:00 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/chronique-arctique-cbc-television/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/chronique-arctique-cbc-television/north-north.jpg">
        <p>Une sitcom dans le grand nord, plus précisément dans le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nunavut">Nuvanut</a> qui est le territoire canadien le plus grand et le plus au nord, voilà qui m’intriguait. C’est un désert de glace, un territoire sans aucun arbre, presque monochrome et habité principalement par des Inuits qui sont là depuis la Préhistoire et dont le mode de vie a entièrement changé depuis la colonisation occidentale. Entre cette histoire et l’actualité à base de réchauffement climatique, il y avait de quoi imaginer une comédie plus originale que la moyenne, mais ce n’est pas vraiment le cas pour <em>Chronique Arctique</em>. CBC Télévision et APTN signent une série assez banale qui n’est pas déplaisante, sans être réellement mémorable. Une deuxième saison a été commandée, je ne sais pas si je serai au rendez-vous.</p>
<p>L’actrice principale, Anna Lambe que l’on venait par hasard de croiser dans la <a href="/serie/true-detective-hbo-saison-4/">dernière saison de <em>True Detective</em></a>, est très bien et j’aime bien son personnage de mère qui essaie de gagner en indépendance au sein d’une société très conservatrice. Elle essaie de trouver un travail et la série bascule un petit peu dans la sitcom de bureau, un genre bien connu et pas très intéressant ici, malheureusement. <em>Chronique Arctique</em> tente aussi de creuser les histoires de famille, ici encore sans trouver la bonne idée qui lui permet de sortir du lot. À la fin de la première saison assez courte — 8 épisodes d’une demi-heure —, j’ai un petit peu de mal à me rappeler d’un argument fort en faveur de la série qui est diffusée par Netflix chez nous. Je n’ai jamais passé un mauvais moment, j’ai souri à plusieurs reprises… sympathique, à défaut d’être inoubliable.</p>
]]></description></item><item><title>Du nouveau monde - Tome 1, Yûsuke Kishi</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/nouveau-monde-tome-1-kishi/</link><pubDate>Thu, 10 Jul 2025 21:50:50 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/nouveau-monde-tome-1-kishi/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/nouveau-monde-tome-1-kishi/nouveau-monde.jpg">
        <p>Découvert au hasard d’une déambulation dans une librairie, <em>Du nouveau monde</em> n’est pas un roman récent, puisqu’il a été publié à l’origine en 2008. Il n’a été toutefois traduit en français et vendu par ici que depuis un an, alors même que le succès a conduit à plusieurs adaptations au Japon. Yûsuke Kishi est par ailleurs un auteur assez connu dans son pays, même si je dois confesser que c’est la première fois que je lisais son nom et je pensais qu’il s’agissait du premier roman d’un jeune romancier. Qu’importe, j’ai ainsi pu découvrir le tome 1 sans rien connaître du tout à son sujet, ce qui est toujours la méthode que je préfère. C’est d’autant plus valorisant quand on découvre un univers aussi étrange que celui déployé ici. <em>Du nouveau monde</em> imagine un univers post-apocalyptique qui ne ressemble à aucun autre que j’ai pu croiser jusque-là, peut-être parce qu’il est raconté du point de vue d’enfants qui n’ont absolument conscience de rien. On leur cache tout ce qui compte, les laissant dans une version idéalisée d’un univers qui a pourtant subi des dommages manifestes et le coup de génie de Yûsuke Kishi est d’en faire autant avec ses lecteurs.</p>
<p>L’auteur s’en tient strictement au point de vue de Saki, une jeune fille qui est l’héroïne du roman et qui raconte ainsi l’aventure vécue avec ses quatre amis avec ses propres mots et sa propre expérience. Cela permet au lecteur de plonger dans cet univers mystérieux en étant un petit peu perdu et en reconstituant très progressivement le puzzle, une évolution que j’adore, surtout quand elle est aussi bien menée qu’ici. <em>Du nouveau monde</em> finit par donner de nombreuses informations et l’amateur de science-fiction que je suis reconnais peu à peu de nombreux éléments familiers. L’histoire se déroule dans un futur qui reste indéterminé, même si on comprend vite qu’il s’est passé un événement terrible qui a décimé l’humanité et qu’il ne reste que quelques survivants. On découvre les règles délicieusement absurdes que les humains qui ont survécu ont mis en place et on apprend qu’ils ont des pouvoirs supplémentaires, même si là encore, cela reste longtemps mystérieux. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que le mystère ne disparaît jamais. Au contraire, Yûsuke Kishi trouve constamment de nouvelles idées pour surprendre et sans trop en dire, toute la partie finale avec les rats-monstres est remarquable une montée en puissance… qui se termine de façon abrupte, ce qui n’est pas la faute de l’auteur.</p>
<p>Robert Laffont a choisi de découper <em>Du nouveau monde</em> en plusieurs tomes et l’a fait de la manière la plus étrange qui soit, en arrêtant le premier tome en plein milieu de la deuxième partie. Je trouvais que c’était un peu brutal comme fin et puisque le deuxième tome est sorti récemment, je l’ai immédiatement commandé et sans surprise, il reprend avec le chapitre sept de la partie 2 du roman original. Pour ne rien arranger, l’éditeur a manifestement prévu de le découper en trois, puisque si j’en juge à <a href="https://cadetnine.wordpress.com">cette traduction en anglais effectuée par un fan</a> — il n’y a apparemment aucune traduction officielle dans un pays anglophone… —, il manque deux parties de l’œuvre de base. À raison d’une vingtaine d’euros par tome, Robert Laffont aurait tort de se priver, j’imagine. C’est un petit peu décevant, mais pas assez pour me dissuader de continuer. J’ai hâte de découvrir ce que Yûsuke Kishi nous réserve, cet univers atypique m’a beaucoup plu et j’ai hâte de lire la suite. D’ici là, je recommande chaudement ce premier tome à tout amateur de science-fiction qui souhaite sortir des sentiers battus.</p>
]]></description></item><item><title>Squid Game, Netflix (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/squid-game-netflix-saison-3/</link><pubDate>Wed, 09 Jul 2025 20:56:31 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/squid-game-netflix-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/squid-game-netflix-saison-3/squid-game-3.jpg">
        <p><em>Squid Game</em> a été un tel succès que Netflix a décidé de lui offrir non pas une saison supplémentaire, mais bien deux. Quelques mois après <a href="/serie/squid-game-netflix-saison-2/">la première partie</a>, voici la deuxième sous la forme d’une saison plus courte, six épisodes, qui vient clore l’arc narratif de cette suite et, <em>a priori</em> du moins, toute la série coréenne en même temps. Sans trop de surprise, Hwang Dong-hyeok poursuit sur sa lancée en présentant les jeux suivants, avec le même rituel que l’on connaît désormais bien : le vote suivi d’un jeu, souvent séparé sur deux épisodes pour introduire un <em>cliffhanger</em>. En parallèle, les scénaristes imaginent plusieurs intrigues secondaires pour tenter de contrer l’organisation, même si c’est clairement plus une excuse pour prolonger la série qu’une histoire réellement passionnante. C’est bien le souci, d’ailleurs : cette troisième saison a beau être la plus courte du haut de ses six épisodes, c’est aussi celle qui semble la plus longue de toute.</p>
<p>Quand on condense tout ce qui se déroule, <em>Squid Game</em> se termine mollement. Il y a de moins en moins de joueurs, moins d’opportunités aussi d’imaginer des interactions entre les personnages et le scénario tire en longueur toutes les scènes, parfois jusqu’au ridicule. Le temps semble parfois allongé à l’infini, avec d’interminables explications comme toujours et on s’ennuierait ferme… s’il n’y avait pas quelques éclats de génie par ailleurs. C’est vraiment la force de la création de Netflix, maintenue jusqu’au bout : l’idée d’intégrer un bébé dans l’équation est assez géniale pour renforcer la cruauté de l’ensemble et le commentaire sur l’aveuglement de notre société face à la promesse de l’argent est toujours aussi efficace. C’est ce qui fait que <em>Squid Game</em> mérite malgré tout notre attention jusqu’au bout et en dépit des défauts : quand Hwang Dong-hyeok tombe juste, c’est spectaculaire et cela compense tous les autres défauts.</p>
<p>J’espère malgré tout que Netflix ne compte pas exploiter le filon plus avant. J’étais surpris de découvrir à la toute fin un caméo prestigieux<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et je ne sais pas si ce n’était qu’une manière de rappeler que les jeux se poursuivront tant qu’il y aura des ultra-riches et des gens suffisamment désespérés pour y participer. Si c’est la promesse d’un jeu du calamar américain, je ne suis pas sûr du tout que ce soit une bonne idée. En attendant d’en savoir plus, le succès de <em>Squid Game</em> est indéniablement mérité.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Cate Blanchett, il faut le voir pour le croire…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
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</div>
]]></description></item><item><title>The Old Guard 2, Victoria Mahoney</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/old-guard-2-mahoney/</link><pubDate>Sun, 06 Jul 2025 21:32:11 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/old-guard-2-mahoney/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/old-guard-2-mahoney/old-guard-2.jpg">
        <p>Que j’ai totalement oublié l’existence du <a href="https://voiretmanger.fr/old-guard-prince-bythewood/">premier film</a> n’était pas un très bon signe, d’autant moins qu’il mettait en avant un couple gay, ce qui attire normalement toujours mon attention. Puisque Netflix a finalement offert une suite à <em>The Old Guard</em>, cinq ans après, voyons ce qu’il en retourne. L’histoire reprend dans la foulée du précédent sans résumé et sans aller jusqu’à dire que revoir le premier est important, vous aurez tout intérêt à vous faire un petit récapitulatif si, comme moi, vous aviez complètement sorti de votre mémoire cette histoire d’êtres immortels qui se battent depuis l’Antiquité pour le bien de l’humanité (évidemment). Les premières minutes de cette suite m’ont assez bien rafraichi la mémoire et rappelé mon avis à la fin du premier volet : la base est intéressante, mais elle aurait mérité bien mieux qu’un bête blockbuster formaté selon un format qui n’existe pourtant pas sur le service, une séance de cinéma. Deux petites heures après, <em>The Old Guard 2</em> ne m’a laissé ni un souvenir impérissable, ni l’envie d’y revenir, c’est dommage avec une fin encore une fois si ouverte.</p>
<p>La construction des personnages souffre le plus du format imposé. Victoria Mahoney n’a pas le temps nécessaire pour construire des psychologies intéressantes ou ne serait-ce que crédibles, alors qu’elle doit enchaîner des séquences d’action au mieux vaguement amusantes, rarement mémorables pour autant. On passe d’une baston à la suivante, on ne comprend pas grand-chose à l’univers et encore moins aux intérêts et envies des personnages. J’aurais aimé en savoir beaucoup plus sur la relation entre Andy et Quynh, d’autant qu’une romance entre les deux femmes aurait été un bonus bienvenu à mes yeux. Pas le temps, il faut laisser de la place à Discord, interprétée par une Uma Thurman qui semble encore plus que nous se demander ce qu’elle fait là, à jouer le rôle de grand méchant le plus confus de l’histoire du cinéma. Qu’est-ce qu’elle veut exactement ? Pourquoi est-ce qu’elle s’en prend à cette hilarante centrale nucléaire secrète construite par la Chine en Indonésie (parce que pourquoi pas) ? Tout est flou et si j’applaudis l’absence d’explications sur l’origine des êtres immortels, il ne reste ici qu’un blockbuster pas tout à fait désagréable, mais dont on se fiche quand même assez royalement. J’ai encore une fois l’impression que <em>The Old Guard 2</em> aurait été bien meilleur sous la forme d’une saison qui prend le temps de poser chaque personnage. En l’état, j’aurais préféré garder la saga de Netflix à l’état de vague souvenir flou où elle se trouvait encore juste avant de lancer cette suite.</p>
]]></description></item><item><title>Birthing, Swans</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/birthing-swans/</link><pubDate>Sat, 05 Jul 2025 22:48:39 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/birthing-swans/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/birthing-swans/birthing.jpg">
        <p>J’ai toujours été particulièrement attiré par la musique « exigeante », celle qui ne s’impose pas dès la première écoute et qui demande au contraire plusieurs rotations dans le casque pour enfin se révéler pleinement. Est-ce de l’élitisme ? Sans doute en partie, mais je crois qu’il y a plus que cela. Quand on aborde un album « compliqué », comme le dix-septième de Swans, on doit décrypter deux heures de musique, sept morceaux dont cinq qui dépassent les 15 minutes et <em>Birthing</em> ressemble d’abord une sorte d’amas musical incompréhensible. Après quasiment vingt écoutes, la relation que j’ai formée avec ces titres d’abord obscurs et qui se sont petit à petit éclairés est nettement plus forte que sur des morceaux plus accessibles, qui perdent plus vite de leur saveur et ne restent pas autant en mémoire. Alors que s’il y a bien une caractéristique que l’on ne peut pas enlever au groupe américain mené depuis les années 1980 par Michael Gira, c’est bien de produire des compositions mémorables. Pas toujours agréables, surtout sur leurs débuts, jamais faciles d’accès, mais elles sont toujours intéressantes et souvent entêtantes.</p>
<p>Prenez « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Yq_oxCj4gM8"><em>The Healers</em></a> », titre de quasiment 22 minutes qui ouvre <em>Birthing</em>. Il représente bien le travail de Swans ces dernières années et tout particulièrement sur cet album, c’est un morceau qui évolue constamment en commençant quasiment avec la voix seule de Michael Gira avant de prendre de l’ampleur, tout en travaillant la répétition, thématique centrale du groupe. J’ai retrouvé mon amour pour le post-rock de <a href="/album/no-title-as-of-13-february-2024-28340-dead-godspeed-you-black-emperor/">Godspeed You! Black Emperor</a>, notamment, dans ces longs titres qui ne savent pas rester sur une seule idée et qui emmènent leurs auditeurs le temps d’une longue balade. Pas une balade champêtre calme, notez bien, c’est au contraire souvent tumultueux, pour ne pas dire plus. Je reste toujours scotché par « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=dKsjOsX2W-g"><em>The Merge</em></a> » plus loin dans l’album, qui étouffe et déstabilise l’auditeur sous une avalanche de batterie dans les premières secondes, avant de poursuivre sur près de quinze minutes plus variées et subtiles que l’introduction ne le laisserait croire. C’est d’ailleurs un très bon morceau, d’abord largement instrumental et répétitif avant de faire une place à la voix de l’artiste pour un final étonnamment doux qui contraste avec la violence de l’introduction. Le meilleur exemple de la répétition entêtante, et c’est d’ailleurs le morceau qui me reste le plus en tête à chaque fois que j’écoute l’album, c’est bien « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=_j-Cyjs_HBg"><em>Red Yellow</em></a> ». Étonnamment court avec ses moins de sept minutes, il lance après une brève introduction un obsédante ligne de basse qui ne quitte plus l’auditeur jusqu’au bout. C’est jouissif à écouter et j’imagine encore plus en concert.</p>
<p>Comme toutes les créations de Swans, <em>Birthing</em> demande un temps d’apprivoisement et il faut accepter de se laisser porter, voire d’être perdu dans les dédales d’un morceau. Pour autant, ce n’est pas une écoute déplaisante et je me fais la réflexion à chaque fois que j’entends les dernières notes de l’album qu’il ne semble pas si long qu’il n’est en réalité. C’est assez bluffant je trouve de passer deux heures en compagnie d’un groupe et de ne jamais avoir l’impression que c’est trop long. Même si la répétition est au cœur des compositions et même si le groupe prend son temps pour déployer des univers musicaux d’une incroyable richesse, rien n’est superflu dans cet ensemble et je retrouve la même impression que devant un excellent film : on ne voit pas le temps passer. Si la carrière de Michael Gira peut effrayer — je recommande au passage <a href="https://voiretmanger.fr/swans-depassement-soi-fogel/">l’essai de Benjamin Fogel pour l’éclairer</a>, c’est lui qui m’a donné envie de creuser —, ce dix-septième album de Swans est loin d’être la pire introduction.</p>
]]></description></item><item><title>Olympo, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/olympo-netflix/</link><pubDate>Fri, 04 Jul 2025 21:18:43 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/olympo-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/olympo-netflix/olympo.jpg">
        <p>Le nouvel <a href="https://voiretmanger.fr/elite-madrona-montero-netflix/"><em>Élite</em></a> décrit plutôt bien <em>Olympo</em>, il faut bien l’avouer. Si les créateurs sont différents, le concept de base est très proche, pour ne pas dire identique : une école espagnole élitiste, des élèves sexy joués par des acteurs canons bien trop vieux et des embrouilles à n’en plus finir. Ajoutez au mélange un style ampoulé, avec des ralentis en pagaille, ainsi qu’une petite dose de mystère et vous retrouverez bien l’ambiance de l’autre série Netflix. Est-ce une mauvaise chose ? Je ne crois pas sur le papier, mais encore faut-il tenir le niveau et si <em>Élite</em> a toujours eu un côté ridicule, les premières saisons étaient tout de même réussies. Ici, je suis nettement plus mitigé, avec huit épisodes assez caricaturaux et qui peinent pour moi à tenir toutes leurs promesses.</p>
<p>Il faut dire qu’il n’y a pas vraiment de surprises ici, tout est téléphoné et sur des rails. On devine assez aisément quel rôle va jouer chaque personnage, on comprend rapidement qui sera le grand méchant et qui sont les gentils… si vous aimez être surpris, vous serez inévitablement déçus. J’aurais apprécié un petit peu plus de profondeur pour les personnages, au-delà de leurs attributs physiques, ce n’est pas réellement au programme. Certes, j’apprécie l’inclusivité affichée et le traitement de l’homophobie dans le monde du sport en général et dans celui du rugby en particulier est bienvenu. Il y avait cependant bien plus à faire avec ces histoires et à l’image du dopage, thème important à peine survolé ici, on a parfois le sentiment que les scénaristes ont cherché à reprendre des thématiques tendance sans vraiment chercher à les creuser. Les personnages n’ont pas droit à une psychologie très travaillée et je trouve qu’<em>Olympo</em> aurait gagné à être un petit peu plus longue, ou plutôt à favoriser davantage des sujets plus sérieux, au lieu de perdre tant de temps avec des séquences sans grand intérêt.</p>
<p>À l’heure des bilans, si l’ensemble reste tout de même divertissant, on est clairement dans la catégorie « vite regardé et aussi vite oublié ». J’imagine que Netflix a prévu d’autres saisons, d’autant que le succès a l’air d’être au rendez-vous, mais je ne pense pas que je m’y attarderai.</p>
]]></description></item><item><title>Myst</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/myst/</link><pubDate>Tue, 01 Jul 2025 21:36:16 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/myst/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/myst/Myst.jpg">
        <p>Vous arrivez sur une petite île pleine d’appareils mystérieux et sans réelle direction sur l’univers et encore moins votre rôle, si ce n’est une brève introduction assez mystérieuse. Le tout début de <em>Myst</em> est mythique dans le monde du jeu vidéo et un excellent exemple de ce qu’un jeu d’aventures peut offrir. J’imagine que ses créateurs ont fait ce qu’ils ont pu avec les moyens à leur disposition au tout début des années 1990, mais c’est une bonne manière d’introduire le joueur dans un monde d’énigmes où il doit se débrouiller. En relançant le jeu pour la énième fois, moi qui l’avais commencé suite à ma découverte de <a href="/jeu-video/riven/"><em>Riven</em></a>, puis lors de ses multiples retours, notamment <a href="https://www.igen.fr/app-store/myst-revient-sur-iphone-7777">sur l’iPhone</a>, je me suis fait la réflexion que cela ressemblait fort aux mondes ouverts si à la mode de nos jours. Certes, avec des moyens limités, mais avec le même principe : vous pouvez aller à peu près n’importe où, manipuler des objets étranges sans limite… et sans but aussi. Ce qui est assez déstabilisant la première fois, l’est forcément moins quand on sait où aller pour trouver les bonnes combinaisons de chaque puzzle. Reste que l’expérience est toujours aussi efficace et n’a pas tellement vieilli, surtout dans la version entièrement réinventée proposée par le studio.</p>
<p>Le <em>Myst</em> actuel n’a en effet plus grand-chose à voir avec la version codée avec Hypercard du tout début. Repensé dans un monde en trois dimensions, le jeu est constamment mis à jour avec les dernières techniques, gérant même le <em>ray-tracing</em> dans ses dernières évolutions. C’est un univers à la fois terriblement familier si vous avez déjà lancé le titre et une expérience en même temps très différente. On ne se déplace plus d’un tableau statique à l’autre, on évolue dans ce monde en trois dimensions comme dans un jeu moderne, renforçant l’esprit monde ouvert. Malgré tout, <em>Myst</em> est bien plus simple dans sa conception que ne l’était <em>Riven</em> et j’avais oublié à quel point les puzzles, qui me semblaient d’une complexité folle quand je les ai découverts pour la première fois il y a une bonne vingtaine d’années de cela, sont en réalité assez simples. On accède aux différents âges en récupérant les bonnes valeurs dans la tour de l’île principale, puis chaque âge est un petit puzzle à résoudre pour revenir. Il y a bien quelques idées qui restent bizarrement obscures, surtout le véhicule de l’âge sélénitique qui m’a obligé à sortir l’iPad pour <a href="plan.jpeg">dessiner un plan</a>, mais beaucoup moins que dans mes souvenirs<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. J’ai terminé le jeu en six bonnes heures, en prenant mon temps pour découvrir les paysages créés pour l’occasion, et c’est un bon format pour qui cherche un petit jeu d’aventures pas trop long et dans l’ensemble très bien pensé.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Même si, je le confesse, je me suis débloqué une fois ou deux avec une aide. Surtout dans l’âge de Rime ajouté au titre original avec la version 3D qui est magnifique, mais bizarrement dépourvue d’objectifs. Je pensais être passé à côté de quelque chose, alors que j’avais en réalité tout débloqué correctement, puisqu’il n’y a pas réellement de fin.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
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</div>
]]></description></item><item><title>The Studio, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/studio-apple-tv+/</link><pubDate>Mon, 30 Jun 2025 21:55:02 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/studio-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/studio-apple-tv&#43;/studio-saison-1.jpeg">
        <p>Comédie satirique sur Hollywood, <em>The Studio</em> est aussi une série assez virtuose sur le plan technique, tout en évitant soigneusement le piège de l’œuvre trop sérieuse pour son propre bien. La création d’Apple TV+ multiplie les moments de bravoure, dont un épisode entièrement en plan-séquence qui rappelle inévitablement l’impressionnante série <a href="/serie/adolescence-netflix/"><em>Adolescence</em></a> sur Netflix, avec un petit twist supplémentaire : l’intrigue évoque elle-même le tournage raté d’un plan-séquence. Ce côté méta est bien trouvé et bien amené par les scénaristes et créateurs, qui sont sans aucun doute eux-mêmes de grands fans du septième art. J’aurais probablement trouvé cela lourd, voire pénible, s’ils n’avaient pas aussi une bonne dose de second degré, surtout pour les nombreux cameos. <em>The Studio</em> multiplie en effet les vraies personnes qui interprètent leurs propres rôles, des réalisateurs Martin Scorsese et Nicholas Stoller aux acteurs Zoë Kravitz et Dave Franco, et ils n’ont jamais peur de donner de leurs personnes, quitte à se ridiculiser face caméra. Mention spéciale aux deux acteurs, déchaînés en particulier dans le dernier épisode à Las Vegas, assez épique dans le genre.</p>
<p>Il y a aussi des acteurs qui jouent un rôle, à commencer par Seth Rogen qui est partout dans le projet, devant et derrière les caméras, à la création, à l’écriture et à la production. Il incarne le patron du studio de cinéma fictif Continental et il se prend pour un cinéphile qui veut uniquement produire de grands films d’arts et essai, alors qu’il a été engagé pour produire des daubes comme <em>Kool-Aid</em>, un film sur la boisson surtout populaire aux États-Unis et réputée pour son mauvais goût. Il est excellent dans ce rôle certainement taillé sur mesure et il compose un  impeccable patron maladroit, embarrassant et pénible, imbu de lui-même et qui cherche à plaire à tout le monde. L’acteur s’est bien entouré : Catherine O&rsquo;Hara est excellente comme toujours dans le rôle de l’ancienne dirigeante du studio, tandis que Kathryn Hahn s’en donne à cœur joie pour notre plus grand plaisir, dans un rôle encore plus outrancier que la normale, ce qui veut beaucoup dire pour l’actrice. Dans l’outrance, comment ne pas évoquer Bryan Cranston, bluffant dans le rôle du grand patron, d’une vulgarité rare et qui donne lieu à quelques plans magistraux.</p>
<p><em>The Studio</em> évoque quelques travers du cinéma américain et se moque aussi des services de streaming et des entreprises de la tech qui investissent ce domaine, ce que j’ai trouvé savoureux pour une série Apple TV+. Ted Sarandos, patron de Netflix, a droit à une incroyable séquence dans les toilettes des Golden Globes, c’est d’autant plus improbable qu’il a accepté de tourner pour la série d’un service concurrent. Tim Cook aurait souhaité prendre sa place, d’après Seth Rogen en personne qui <a href="https://www.businessinsider.com/the-studio-ted-sarandos-cameo-apple-wanted-tim-cook-seth-rogen-2025">indique avoir refusé</a>, poliment tout de même, j’imagine. Honnêtement, je me demande comment Apple a pu s’imaginer que son patron pouvait tenir un tel rôle dans l’une de ses propres séries. Ce refus n’a quoi qu’il en soit pas condamné <em>The Studio</em>, renouvelée pour une deuxième saison que je serai curieux de découvrir.</p>
]]></description></item><item><title>True Detective, HBO (saison 4)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/true-detective-hbo-saison-4/</link><pubDate>Sun, 29 Jun 2025 21:50:26 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/true-detective-hbo-saison-4/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/true-detective-hbo-saison-4/true-detective-4.jpg">
        <p>Au départ mini-série, <em>True Detective</em> a tellement impressionné que la <a href="https://voiretmanger.fr/true-detective-pizzolatto-hbo/">première saison</a> a été vite convertie en une série d’anthologie par HBO. Malheureusement, la recette si réussie des premiers épisodes n’a pas été facilement retrouvée, si bien que Nic Pizzolatto a déçu avec les deux suivantes. Le retour de la série était intrigant, d’autant que toute l’équipe a changé : outre les acteurs comme c’était le cas entre chaque saison, Issa López prend la direction de la saison et impose une toute nouvelle ambiance. <em>True Detective</em>, sous-titrée « <em>Night Country</em> », se déplace dans une ville fictive de l’Alaska, au-delà du Cercle article et en plein hiver, ce qui veut dire en pleine nuit. L’ambiance a toujours été un point fort de la création de HBO et je crois que ces six épisodes sont les meilleurs en la matière. On ne voit quasiment jamais le jour et cette manière d’être constamment dans le noir et dans ce froid glacial renforce l’histoire et lui donne une épaisseur indéniable. D’autant que les producteurs n’ont pas triché, le tournage a été mené en Alaska ou en Islande et certaines scènes ont réellement été captées dans la nuit glaciale, générant une atmosphère qu’un tournage en studio n’aurait jamais apportée.</p>
<p>L’autre différence, c’est évidemment le casting. S’il y a bien des hommes devant les caméras, ce sont systématiquement des seconds rôles et le plus souvent des sales types. Issa López a opté pour une saison féministe et c’est peut-être sa meilleure idée, alors que les hommes dominent encore et toujours ce genre de grosses productions. Les deux personnages principaux sont deux femmes, la cheffe de police brillamment incarnée par Jodie Foster dans un rôle de composition (j’imagine…) qui lui va à merveille et une collègue interprétée par Kali Reis, actrice et boxeuse que je découvrais pour l’occasion et dont l’intensité du jeu m’a beaucoup plu. Autour d’elles, on retrouve une galerie d’actrices dont quelques belles surprises, au premier rang desquelles la présence de l’excellentissime Fiona Shaw. Ce choix ne doit rien au hasard, la créatrice a indiqué avoir voulu inverser la première saison de <em>True Detective</em> qui se déroulait dans la moiteur de la Louisiane et avec un casting presque exclusivement masculin. C’est en tout cas une belle manière d’introduire des thématiques trop rares dans les séries policières, avec une approche différente et probablement des thématiques que l’on n’aurait pas abordées sans cela, comme le dérèglement climatique. La folie des hommes, sans majuscule, est aussi parfaitement rendue avec ces scientifiques prêts à sacrifier une ville entière pour mener à bien leurs recherches.</p>
<p>Les premiers épisodes débutent sur une ambiance légèrement fantastique que j’ai trouvé assez séduisante, tout en introduisant une crainte. J’ai vu trop de séries qui commençaient avec une belle aura de mystère se terminer sur une explication bancale qui cassait tout. Fort heureusement, il n’en est rien ici et, sans dévoiler les surprises finales, j’ai beaucoup apprécié la résolution pragmatique… tout en laissant quelques touches étranges ici ou là sur des détails. Cette quatrième saison de <em>True Detective</em> m’a vraiment bluffé et j’ai maintenant hâte de découvrir tout ce qu’Issa López a créé. Le succès étant au rendez-vous — ces six épisodes ont même dépassé la saison originale en termes de popularité —, HBO a renouvelé la série pour une suite, qui sera de nouveau menée par la réalisatrice mexicaine. Vivement !</p>
]]></description></item><item><title>Le long du canal de la centrale de Bar</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/long-canal-centrale-bar/</link><pubDate>Tue, 24 Jun 2025 21:54:35 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/long-canal-centrale-bar/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/photo/long-canal-centrale-bar/IMG_9774.jpeg">
        <p>Découvert totalement au hasard en suivant une petite route perdue dans la campagne entre les villages de Corrèze et de Bar, un petit canal serpente à flanc de colline sur des kilomètres pour amener de l’eau jusqu’à la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_hydro%C3%A9lectrique_de_Bar">centrale hydroélectrique</a> installée après la Première guerre mondiale au pied de Bar. Ce canal de plusieurs kilomètres a évité de noyer une vallée entière, comme un barrage hydroélectrique traditionnel l’aurait fait, et il est pour ainsi dire invisible quand on ne sait pas où le chercher. En ce début d’été bien chaud, il offrait un cadre de balade idyllique, avec un chemin bien plat aménagé tout le long et à l’ombre des arbres de la forêt. L’occasion de réaliser le travail de fourmi mené à l’époque par des centaines d’ouvriers, dont une bonne partie de prisonniers allemands apparemment, pour collecter toutes les eaux qui ruissellent et pour l’amener jusqu’à la conduite forcée à des kilomètres de là.</p>
]]></description></item><item><title>The White Lotus, HBO (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/white-lotus-hbo-saison-3/</link><pubDate>Mon, 23 Jun 2025 21:30:33 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/white-lotus-hbo-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/white-lotus-hbo-saison-3/white-lotus-3.jpg">
        <p>La <a href="/serie/white-lotus-hbo-saison-1/">mini-série</a> devenue <a href="/serie/white-lotus-hbo-saison-2/">série d’anthologie</a> face au succès se poursuit avec une nouvelle saison dans un autre hôtel de la chaîne White Lotus, dont on se demande bien comment elle peut encore attirer du monde après tant de morts, cette fois en Thaïlande. La formule bien rodée n’est pas perdue, Mike White ouvre encore une fois sur un incident, en l’occurrence des coups de feu dans ce lieu censé être paisible, avant de remonter sept jours plus tôt pour l’arrivée des touristes américains, exécrables comme toujours. <em>The White Lotus</em> s’était un petit peu perdue avec sa deuxième saison, je dirais à cause de tous les ajouts et bouleversements introduits par peur de la redite. HBO semble avoir compris la leçon, en tout cas j’ai retrouvé l’esprit de la première saison et c’est une excellente chose. L’intrigue est resserrée sur l’hôtel et sur ses horribles hôtes, ce qui tombe bien, il n’y a rien besoin de plus en réalité, d’autant que le lot de cette nouvelle saison est bien gratiné.</p>
<p>Je ne sais pas si je préfère la famille de riches américains qui débarquent pétris de préjugés et qui explose dès leur arrivée, ou bien le trio d’amies d’enfance qui font toutes semblant de s’adorer. Naturellement, le personnel de l’hôtel ne vaut pas mieux, comme c’est la règle de manière générale dans <em>The White Lotus</em>. Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre et on se délecte devant ces personnages hypocrites, faux et si agaçants. Encore une fois, les scénaristes ont su écrire des personnages riches malgré la courte durée, que l’on a l’impression de parfaitement connaître à la fin de la saison. J’ai particulièrement apprécié la relation tordue entre Lochlan (Sam Nivola, que je découvrais pour l’occasion) et son frère Jason (Patrick Schwarzenegger, que j’avais déjà croisé et qui a bien des airs de famille, qui l’eut cru). Une certaine scène a beaucoup fait parler d’elle et même si elle est loin d’être aussi scandaleuse que je l’imaginais, elle est bien amenée et apporte une aura de scandale tout à fait appropriée.</p>
<p>Je trouve que Mike White a trouvé le bon rythme avec <em>The White Lotus</em>, d’autant qu’il parvient à lier toutes les saisons de manière cohérente, ici à travers le personnage de Belinda (Natasha Rothwell) que l’on avait découvert dans la première saison et de Greg/Gary (Jon Gries) qui avait fait son apparition dans la deuxième. On sent qu’il y a un univers commun, même si chaque histoire reste indépendante, et c’est une formule convaincante. Je ne suis pas surpris que HBO ait donné son feu vert pour une saison supplémentaire et j’ai hâte de voir ce que cela donnera.</p>
]]></description></item><item><title>Fountain of Youth, Guy Ritchie</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/fountain-youth-ritchie/</link><pubDate>Sun, 15 Jun 2025 21:37:54 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/fountain-youth-ritchie/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/fountain-youth-ritchie/fountain-youth.jpeg">
        <p>Je préfère habituellement ne rien lire sur un film et découvrir l’œuvre sans aucune connaissance à son sujet, pas même un premier avis sur ses qualités ou défauts. Cette manière de procéder me convient en général parfaitement, j’apprécie les surprises en cours de route et je n’ai pas d’<em>a priori</em> sur ce que je m’apprête à voir. La limite de l’exercice, c’est que je tombe parfois sur un <em>Fountain of Youth</em>. Le dernier long-métrage de Guy Ritchie était pourtant prometteur et la première partie est même plutôt réussie : sans se prendre trop au sérieux, le film enchaîne les séquences un peu absurdes, mais avec une dose d’humour qui fait passer le tout. Hélas, ces bonnes bases glissent doucement, mais sûrement, vers un film d’action idiot et surtout qui commet le crime capital de se prendre beaucoup trop au sérieux. Quand il bascule dans le mauvais ersatz d’<em>Indiana Jones</em>, heureusement qu’il ne reste plus trop longtemps, parce que c’était quand même si mauvais que l’idée d’abandonner en cours de route m’a effleuré, je dois bien le reconnaître.</p>
<p>C’est dommage, parce qu’il y avait un bon film à imaginer en dessous de ces fusillades et de ces immenses caves apparemment cachées depuis des millénaires sous les pyramides égyptiennes. <em>Fountain of Youth</em> aurait pu rester sur la légèreté initiale, le duo formé par John Krasinski et Natalie Portman fonctionne parfaitement bien, tandis que la relation bizarre entre le milliardaire joué par Domhnall Gleeson et le fils de Charlotte semblait étonnamment convaincante. En restant éloigné de toute la mystique débile autour de la fontaine et pire encore, du Vatican (ne me lancez pas sur ce sujet…), le scénario aurait pu être intéressant je pense. Moins <em>mainstream</em> sans doute, mais qui a envie d’un blockbuster de pacotille ? Apple, manifestement, qui a ainsi pu mettre des Apple Watch au poignet de toutes les stars du projet, ce n’est pas tout perdu.</p>
]]></description></item><item><title>The Last of Us, HBO (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/last-of-us-hbo-saison-2/</link><pubDate>Sat, 14 Jun 2025 21:42:59 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/last-of-us-hbo-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/last-of-us-hbo-saison-2/last-of-us-2.jpg">
        <p>Il faut toujours une exception pour confirmer les règles et la <a href="/serie/last-of-us-hbo/">première saison</a> de <em>The Last of Us</em> l’a certainement été pour les adaptations de jeux vidéo. La série HBO a trouvé le ton juste pour représenter cet énième monde post-apocalyptique infecté de zombies et surtout pour donner aux personnages toute la place nécessaire pour évoluer et mener leur vie, aussi ridiculement minuscule et courte soit-elle. J’avais hâte de voir la suite et les sept nouveaux épisodes renouvellent l’exploit, avec une une ambiance différente qui évite de tomber dans la redite. Il faut dire que cinq ans se sont écoulés et Ellie n’est plus une enfant, c’est une jeune adulte qui patrouille régulièrement autour de Jackson, la communauté où l’a emmené Joel après la débâcle de Salt Lake City qui concluait la saison précédente. Alors que cette dernière était très mobile, <em>The Last of Us</em> devient quasiment statique. La saison se découpe en deux parties distinctes, avec d’abord un segment à Jackson, puis un autre à Seattle. Ce choix mène à une série bien différente, ce qui permet à Neil Druckmann et Craig Mazin de ne jamais se répéter et de suivre d’autres voies pour renouveler leur adaptation. Cette stabilité permet d’envisager une vision plus normale de cet univers apocalyptique, pour autant que ce soit possible : la vie à Jackson ressemble à un western et ses habitants mènent un quotidien presque sans histoire… jusqu’au moment où une incroyable attaque survient et détruit presque la ville entière. Parlons-en d’ailleurs, de cet épisode épique : dès le deuxième, la saison frappe fort avec une attaque d’une grande envergure, lisible (n’est-ce pas <a href="https://voiretmanger.fr/game-of-thrones-weiss-benioff-hbo/"><em>Game of Thrones</em></a>…) et d’une intensité remarquable. J’ai trouvé que c’était un excellent rappel de la violence de cet univers, malgré la relative tranquillité que certains parviennent à obtenir en se rassemblant.</p>
<p>Sans trop en dire, <em>The Last of Us</em> surprend aussi par son traitement des personnages principaux et peu importe si c’est les jeux vidéo ont forcé la main des scénaristes, la narration est parfaitement menée dans ce domaine. Les personnages sont alors contraints de bouger et de sortir du cocon rassurant du début. Les scénaristes ont mené le tout de manière naturelle, même si j’ai été davantage frappé dans cette saison par les évocations d’un jeu vidéo. Je n’avais pas trouvé que c’était autant le cas dans la précédente, mais à plusieurs reprises ici, j’ai eu l’impression de voir un jeu vidéo en images réelles, avec des séquences peut-être un poil trop sur des rails. Rien de grave néanmoins et HBO parvient à maintenir le niveau, en offrant encore une fois aux personnages toute la place d’exister. L’avant-dernier épisode, sous forme de flashbacks des années entre les deux saisons, est un bel exemple de cela permettant aux deux personnages principaux de former une belle densité psychologique.</p>
<p>Plus courte que la première saison, celle-ci se termine aussi de manière abrupte et un petit peu artificielle d’ailleurs, j’ai trouvé. J’espère que ce n’est pas un mauvais signe pour la suite, mais j’ai pleinement confiance en toute l’équipe pour ne pas détruire tout ce qui a fait la réussite de <em>Last of Us</em>. Vivement la suite !</p>
]]></description></item><item><title>Les Quatre Saisons, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/quatre-saisons-netflix/</link><pubDate>Thu, 12 Jun 2025 22:27:05 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/quatre-saisons-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/quatre-saisons-netflix/quatre-saisons-netflix.jpg">
        <p>Le meilleur dans cette série Netflix, c’est la musique de Vivaldi qui infuse les huit épisodes. On a beau le connaître par cœur, ce concerto pour cordes reste un monument de la musique baroque et à chaque fois qu’elle se fait entendre, le niveau est haussé d’un bon cran. Entre les deux, <em>Les Quatre Saisons</em> ressemble tellement à une caricature de riches boomers que cela devient très vite lassant. J’ai cru au départ que c’était ironique et que les six personnages principaux étaient dans l’auto-dérision. Sauf qu’à force de multiplier les blagues, pas très drôles d’ailleurs, sur les jeunes-qui-nous-emmerdent-avec-la-planète, tout ça en voyageant aux quatre coins de la planète et en roulant dans des tanks comme les États-Unis savent si bien les faire, le tout en se plaignant de problèmes absolument sans intérêts et toujours liés à leur vie élitiste… j’ai fini par comprendre que la série était bien trop premier degré pour son propre bien. C’est sans parler de la caricature constante, le pompon étant les personnages gays qui sont si grossiers que l’on dépasse même le stade de la caricature. Si encore c’était drôle ! Il y a bien une ou deux idées amusantes ici ou la, de quoi esquisser un sourire de temps en temps, un petit rire parfois.</p>
<p>Le problème avec des bases aussi prévisibles, c’est que l’on peut tout anticiper et que l’on finit par s’ennuyer ferme. La série est composée de huit épisodes d’une demi-heure, deux par saison, et j’avais vraiment hâte qu’elle se termine. À dire vrai, je ne sais même plus bien pourquoi on n’a pas arrêté en cours de route, peut-être la promesse initiale d’une mini-série. Las, le succès a manifestement été au rendez-vous, si bien que Netflix a décidé de la convertir en série normale, en lui offrant une deuxième saison. J’ai vu <em>Les Quatre Saisons</em> d’un bout à l’autre, mais je ne vais quand même m’infliger ça une deuxième fois, alors ce sera sans moi.</p>
]]></description></item><item><title>Fourth Wing, Rebecca Yarros</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/fourth-wing-yarros/</link><pubDate>Wed, 11 Jun 2025 21:44:58 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/fourth-wing-yarros/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/fourth-wing-yarros/fourth-wing.jpg">
        <p>C’est la première fois, je crois, que le lis un livre rendu populaire grâce à TikTok, on n’arrête pas le progrès. Quand <em>Fourth Wing</em> a atterri sur ma pile de lecture, je dois dire que la promesse d’une « romantasy », un mélange de romance et de fantasy qui est apparemment un genre qui existe, ne m’enchantait guère. Il faut savoir alterner les <a href="/sagas/le-livre-des-martyrs/">romans qui donnent la migraine</a> avec des lectures plus faciles, alors j’ai décidé de donner une chance à l’œuvre de Rebecca Yarros, le premier d’une saga naturellement. Mes premiers pas dans l’univers n’ont pas été évidents, tant j’avais l’impression de lire une compilation de tout ce que l’heroïc-fantasy a pu offrir ces dernières décennies, une sorte de <em>Harry Potter</em> avec des dragons. Je suis toutefois allé au bout, parce que le style haletant donne envie de tourner les pages et parce que, même si l’intrigue manque d’originalité à mon goût, il y a suffisamment d’idées sympathiques pour que je ne me sois jamais ennuyé. Je ne sais pas encore si je poursuivrai ma lecture, ni si l’adaptation en série évidemment en préparation méritera mon attention, mais ce roman court et facile à lire était divertissant.</p>
<p>Si vous n’avez pas lu <em>Fourth Wing</em> et que vous comptez garder la surprise, arrêtez ici votre lecture, parce que je compte bien divulgâcher. Le point de départ est très commun : dans un monde où les dragons et la magie existent, la narratrice Violet entre à l’école du coin pour devenir dragonnière, alors qu’elle s’était préparée toute sa vie pour devenir scribe. Sa générale de mère en a décidé ainsi et on est de ce fait sur le scénario de l’improbable qui se réalise pourtant. Le plus crédible serait que Violet meure comme tant d’autres étudiants lors du parcours de sélection particulièrement difficile, car il faut dire que la finalité est de convaincre un immense et dangereux dragon de voler sur lui et de le contrôler. J’ai trouvé l’idée assez intéressante : Basgiath est une sorte de Hogwarts où la majorité des élèves meurent avant la fin de la première année, une éducation tragique que tout le monde dans ce royaume veut malgré tout effectuer, en raison du statut des dragonniers. Le parcours de Violet est chaotique, la jeune fille est particulièrement fragile et ses os se cassent pour un rien, un handicap inspiré par la vie de l’autrice et qui est pour le coup une marque d’inclusion bienvenue. Le problème, c’est que Rebecca Yarros a un moteur principal et même assez unique pour faire avancer son intrigue : imaginez le moins crédible, et vous aurez deviné la suite.</p>
<p>J’ai très vite compris que le plus improbable survient toujours dans ce roman et ce, à toutes les échelles. Non seulement Violet ne meurt pas dès le départ, elle parvient même à s’en sortir brillamment et c’est le dragon le plus puissant qui la choisit. Ses pires ennemis ne sont pas aussi méchants qu’on le pense d’abord et d’ailleurs toute la géopolitique (si tant est que l’on puisse utilise ce terme ici) est bousculée au cours du roman. Une fois que l’on a compris ça, <em>Fourth Wing</em> devient un poil trop prévisible, ce qui n’empêche pas la narration d’être fluide et plaisante à suivre. La romancière opte pour un ton bien plus adulte, avec même quelques séquences de sexe explicites, enfin selon les standards américains du moins. J’ai apprécié l’effort d’inclusion avec des personnages LGBTQIA+, même s’ils restent secondaires et même si j’ai un doute sur la véritable motivation pour justifier leur présence. Bref, si on est loin du grand roman, j’ai passé un bon moment dans l’ensemble, c’est déjà ça.</p>
]]></description></item><item><title>Alien : Romulus, Fede Álvarez</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/alien-romulus-alvarez/</link><pubDate>Sun, 08 Jun 2025 21:23:05 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/alien-romulus-alvarez/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/alien-romulus-alvarez/alien-romulus.jpg">
        <p>Je concluais ma critique du très moyen <a href="https://voiretmanger.fr/alien-covenant-scott/"><em>Alien: Convenant</em></a> en écrivant : « <em>Ridley Scott a créé une saga par accident et <em>Alien, le huitième passager</em> ne devait probablement jamais avoir de suite, encore moins cinq suites.</em> », alors la perspective d’en voir une sixième ne m’enchantait pas particulièrement. À tort, car <em>Alien : Romulus</em> est une excellente surprise, que je n’avais absolument pas vue venir. Il faut dire que Ridley Scott a enfin lâché l’affaire, ou plus exactement, le réalisateur a été gentiment, mais fermement remercié pour son travail sur la saga suite aux échecs de <a href="https://voiretmanger.fr/prometheus-scott/"><em>Prometheus</em></a> et <em>Covenant</em>. Fede Álvarez a pris la relève et si je ne connaissais pas ce cinéaste uruguayen jusque-là, c’est un nom que je compte retenir. Au lieu de se lancer sur une explication inutile sur l’origine de la mythique bestiole, au lieu de poursuivre le travail de <a href="https://voiretmanger.fr/aliens-le-retour-cameron/">James Cameron</a>, <a href="https://voiretmanger.fr/alien-3-fincher/">David Fincher</a> et <a href="https://voiretmanger.fr/alien-la-resurrection-jeunet/">Jean-Pierre Jeunet</a> en continuant de torturer la pauvre Sigourney Weaver à travers les siècles, le scénario choisit de revenir aux sources en se positionnant juste après <em>‌<a href="https://voiretmanger.fr/alien-huitieme-passager-scott/">Alien, le huitième passager</a></em>. Dix ans se sont écoulés et mis à part l’entreprise Weyland-Yutani, personne ne connaît l’existence de l’Alien. Ce qui explique comment une bande de jeunes sur une colonie minière perdue au milieu de nulle part, où la même entreprise exploite ses mineurs comme des esclaves en les privant de toute liberté et surtout de soleil, peuvent avoir l’idée saugrenue de voler du matériel à bord d’une station scientifique à la dérive. Ils ignorent que ses occupants avaient comme mission de récupérer un élément du <em>Nostromo</em> et ils ignorent d’autant plus que les créatures se sont, comme toujours, libérées, multipliées et qu’elles ont tué tout ce qui bougeait. Bref, le piège classique, pour un film d’horreur assez classique et particulièrement bien ficelé.</p>
<p>Fede Álvarez n’essaie pas de réinventer les codes du genre, on est ici dans le sous-genre de l’horreur où une bande de jeunes va disparaître progressivement et de manière horrible. Comme dans tous les films de la saga, la première victime est attaquée par la fameuse larve qui vient se plaquer contre son visage et qui dépose la créature qui devient vite un xénomorphe. Les habitués ne seront pas dépaysés, sans pour autant avoir l’impression de revoir le même film. <em>Alien : Romulus</em> parvient à innover tout en restant sur la base si célèbre, ce que j’ai trouvé assez brillant et surtout, parfaitement mené. Il y a bien de bonnes idées que l’on n’avait pas vu dans les autres films, conséquence de la base de connaissance cumulée par les androïdes et qui permet aux humains de s’en sortir. La scène où ils font monter la température de la pièce pour l’aligner sur celle du corps humain est à la fois maligne pour renouveler le genre et un sommet de tension, par exemple. Tout en maintenant cette familiarité renouvelée par petites touches, Fede Álvarez parvient aussi à parler au plus grand nombre, avec un film qui pourra aussi plaire à ceux qui n’ont jamais vu un seul <em>Alien</em> avant. C’est peut-être sur ce point que le long-métrage s’approche le plus de son illustre prédécesseur. On n’a pas besoin de savoir d’où viennent ces créatures, ni même de comprendre comment elles fonctionnent, pour profiter d’un film d’horreur tendu d’un bout à l’autre.</p>
<p>Si <em>Alien : Romulus</em> fonctionne aussi bien, c’est aussi parce qu’il peut compter sur des personnages bien écrits et un sous-texte politique qui est nouveau et bienvenu dans la saga. J’ai beaucoup aimé la vision d’enfer décrite dans la première partie et cet univers de science-fiction est, malheureusement, bien plus crédible que la majorité de ce que l’on voit sur nos écrans. La crasse de ces mines, le côté délabré du vaisseau, le silence dans l’espace… tout est crédible et très soigné, c’est du beau travail, magnifié par une photographie qui s’inspire évidemment du travail de Ridley Scott, avec un côté rétro très plaisant. Non vraiment, je n’aurais pas pensé que ce soit possible, mais ‌<em>Alien : Romulus</em> parvient à relancer la saga sur une excellente base. Le succès aidant, le groupe Disney à qui appartient désormais l’univers a décidé de lui offrir une suite et puisque Fede Álvarez sera de nouveau aux manettes, je suis même prudemment optimiste.</p>
]]></description></item><item><title>Dune: Prophecy, HBO</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/dune-prophecy-hbo/</link><pubDate>Sat, 07 Jun 2025 22:10:26 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/dune-prophecy-hbo/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/dune-prophecy-hbo/dune-prophecy.jpg">
        <p>Ayant beaucoup aimé les <a href="https://voiretmanger.fr/dune-villeneuve/">deux</a> <a href="/film/dune-deuxieme-partie-villeneuve/"><em>Dune</em></a> de Denis Villeneuve, j’étais assez intrigué à l’idée d’une série sur la naissance des Benne Gesserit, surtout en sachant que le réalisateur canadien restait impliqué pour infuser sa vision de l’univers de Herbert. Malheureusement, le résultat n’est pas à la hauteur de cet espoir que je plaçais. <em>Dune: Prophecy</em> est affilié aux films sur le plan esthétique, on sent qu’un effort a été fait de ce côté et c’est assez joli, quoique malgré tout beaucoup moins riche et réussi, il s’agit d’une série avec un budget à la hauteur. Disons que c’est très bien pour une série et l’aspect visuel m’a rappelé <a href="https://voiretmanger.fr/foundation-goyer-friedman-apple-tv/"><em>Foundation</em></a>, ce qui est un compliment. Si le problème n’est pas formel, vous l’aurez deviné, c’est le fond qui déraille. HBO nous a pourtant habitué à des séries qui se construisent sur des personnages riches et passionnants, alors comment expliquer cet ensemble de personnages froids et sans vie ? De manière générale, j’ai trouvé cet univers froid et vide. Tout est glacial ici, pas seulement la planète d’origine des deux sœurs Harkonnen, ni l’espace que l’on voit assez peu. Même la planète impériale, qui bénéficie pourtant d’une météo particulièrement agréable, paraît désespérément vide, avec de grands décors et aucune vie. C’est assez étrange, j’ai trouvé que ce <em>Dune: Prophecy</em> donnait le sentiment que personne n’habitait ici. Les seules séquences un petit peu incarnées ressemblaient à des caricatures de <a href="https://voiretmanger.fr/game-of-thrones-weiss-benioff-hbo/"><em>Game of Thrones</em></a>, ce qui n’est pas un compliment cette fois.</p>
<p>Ces séquences m’amènent d’ailleurs au plus gros problème de cette série HBO : elle n’a pas tellement de sens. Certes, l’intrigue se déroule 10 000 ans avant <em>Dune</em>, mais l’humanité reste extrêmement avancée, elle a déjà découvert l’épice sur Arrakis, le voyage à l’échelle de l’univers est parfaitement maîtrisé, les technologies que l’on voit sont incroyables… et en même temps, sur des planètes pourtant reliées à toutes les autres, on chasse comme au Moyen-Âge. Je ne suis pas contre une vision originale de la science-fiction toutefois, sauf qu’il faudrait que l’histoire soit intéressante et c’est là que le bat blesse le plus. La première saison de <em>Dune: Prophecy</em> ne dure que six épisodes et pourtant, elle aurait pu en éliminer deux ou trois sans problème. On voit bien l’idée générale, on devine bien que la Communauté des sœurs deviendra les Benne Gesserit, on assiste à ses prémisses en matière de contrôle du pouvoir impérial. Mais que c’est long et confus ! Les enjeux sont assez flous, les motivations des personnages jamais clairement établis, l’intrigue avance sans que l’on sache au juste où l’on va. Si ce n’est pas tout à fait ennuyeux, merci le format raccourci, ce n’est pas très intéressant pour autant et je dois dire que je peine à me dire que la deuxième saison, d’ores et déjà commandée par HBO, m’attire particulièrement.</p>
<p>Je n’étais pas très surpris d’apprendre que le développement de <em>Dune: Prophecy</em> a été compliqué, avec plusieurs bouleversements dans la phase de production et l’écriture. Je trouve que cela se retrouve dans la confusion de la série, qui manque d’une ligne directrice clairement établie. J’espère que HBO saura redresser la barre par la suite, mais je ne retiendrai pas mon souffle.</p>
]]></description></item><item><title>DREDGE</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/dredge/</link><pubDate>Thu, 05 Jun 2025 18:27:30 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/dredge/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/dredge/dredge.jpg">
        <p>Vous pêchez le jour autour d’un paisible archipel, vous travaillez dur pour remonter à la ligne des poissons, poser des paniers à crabe et récupérer quelques pièces pour améliorer votre bateau. La nuit, ce lieu et ce travail charmants se transforment néanmoins en un véritable cauchemar : le brouillard tombe et bientôt vous croyez voir des créatures horrifiques au milieu de l’océan. Cette dualité fait tout le charme de <em>DREDGE</em>, qui oscille entre un petit jeu de gestion fort mignon et l’horreur fortement inspirée par le travail de Lovecraft. J’ai beaucoup aimé cette ambiance qui change du tout au tout et les élément de jeu d’aventure ne pouvaient que me plaire. Vous rencontrez en effet petit à petit tous les habitants du coin, ils vous donnent des missions et vous permettent progressivement de comprendre ce qui se passe en ces lieux étranges. C’est une combinaison très originale, qui m’a occupé pendant 16 bonnes heures, en prenant mon temps pour tout explorer et en prenant le soin de réaliser toutes les quêtes secondaires.</p>
<p>J’ai particulièrement apprécié les premiers pas dans cet univers encore plein de mystère. On commence avec un bateau mal équipé, lent et fragile, ce qui ne donne pas envie de trop s’éloigner. Les premiers jours, on barbotte autour du port de départ et on sort rarement de l’espace un petit peu protégé entre les deux îles initiales. Au fil du temps, on peut améliorer son bateau sur tous les aspects : espace de stockage, solidité de la coque, rapidité des moteurs, éclairage et naturellement techniques de pêche. <em>DREDGE</em> ne réinvente rien en proposant une mécanique de jeu de rôle très classique, avec un arbre de technologie à débloquer progressivement. Il faut à la fois de l’argent, obtenu en vendant les poissons encore frais, et diverses pièces que l’on trouve en explorant les environs. La pêche elle-même se fait en cliquant au bon moment sur la bonne touche, ce qui n’était clairement pas l’aspect que je préférais. J’ai surtout apprécié la découverte des lieux, les dangers beaucoup trop grands au départ, la compréhension progressive de l’univers pour les affronter. L’ambiance est un vrai point fort du titre, plus que les mécaniques du jeu lui-même. La manœuvre du bateau peut s’avérer frustrante quand le moindre choc peut vous faire perdre une prise précieuse, mais c’est aussi ce qui relève la difficulté et on peut toujours recommencer en repartant du dernier port. Une belle réussite.</p>
]]></description></item><item><title>How to Sell Drugs Online (Fast), Netflix (saison 4)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/how-to-sell-drugs-online-fast-netflix-saison-4/</link><pubDate>Tue, 03 Jun 2025 21:20:05 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/how-to-sell-drugs-online-fast-netflix-saison-4/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/how-to-sell-drugs-online-fast-netflix-saison-4/how-to-sell-drugs-online-fast-saison-4.jpg">
        <p>La <a href="https://voiretmanger.fr/how-to-sell-drugs-online-fast-kasbohrer-murmann-netflix/#3">troisième saison</a> remontait à 2021, autant dire que l’on pensait la série terminée. J’étais ainsi assez surpris de découvrir une suite à <em>How to Sell Drugs Online (Fast)</em>, cette excellente création allemande qui revisite avec délice et malice le thème assez classique du type normal confronté au monde de la drogue. Surpris, mais pas inquiet : les scénaristes avaient déjà amplement prouvé qu’ils avaient de bonnes idées en réserve et le casting épatant n’avait plus à faire ses preuves. Sans trop de surprise donc, ces six nouveaux épisodes sont de nouveau réussis, dans un genre un petit peu différents, qui tient de manière intelligente de l’âge des acteurs.</p>
<p>Quatre ans se sont déroulés entre les deux saisons et aussi dans l’histoire. <em>How to Sell Drugs Online (Fast)</em> se terminait dans la saison 3 sur l’emprisonnement de Moritz, ce dernier ressort justement quatre ans plus tard et s’attend à lancer une nouvelle start-up, légale cette fois, avec son pote Lenny. Il découvre que le monde a évolué sans lui, Lenny est devenu un père sérieux et il est le partenaire de Dan dans une entreprise qui connaît le succès. Ces désillusions forment le socle de cette saison, tout en forçant le personnage principal à lutter pour rester dans la légalité. Ce n’est pas si facile quand on a perdu plusieurs années de sa vie derrière les barreaux, que tous ses amis sont passés à autre chose et que l’on manque de perspective. C’est encore plus difficile quand un ancien camarade de prison semble vous ramener irrémédiablement vers l’illégalité. Matthias Murman et Philipp Käßbohrer imaginent de multiples péripéties pour agrémenter la saison, qui est toujours aussi dense  et amusante. Ils savent ne pas trop se prendre au sérieux, ils jouent avec les codes du genre et cette création Netflix reste vraiment drôle jusqu’au bout.</p>
<p>C’est la fin <em>a priori</em>, ce qui est une bonne idée je pense, avec un ultime épisode qui offre à l’ensemble une belle et logique conclusion. Je n’aurais pas été gêné par des saisons plus longues à chaque fois, mais c’est sans doute le bon moment de s’arrêter. En espérant que Maximilian Mundt obtienne d’autres rôles aussi intéressants, j’ai l’impression que cela n’a pas été trop le cas jusqu’ici alors que l’acteur a clairement du potentiel.</p>
]]></description></item><item><title>Star Wars : Andor, Disney+ (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/star-wars-andor-disney+-saison-2/</link><pubDate>Sat, 31 May 2025 21:27:37 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/star-wars-andor-disney+-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/star-wars-andor-disney&#43;-saison-2/andor-2.jpg">
        <p>Contre toutes attentes, <em>Star Wars : Andor</em> s’est révélée une très bonne série <a href="/serie/star-wars-andor-disney+/">dans sa première saison</a>. En explorant un univers que l’on connaît si bien à travers un nouveau prisme plus complexe, loin du manichéisme des films, la création de Tony Gilroy séduisait malgré quelques défauts. J’avais hâte de découvrir la suivre, douze épisodes qui doivent faire le pont avec <a href="https://voiretmanger.fr/rogue-one-star-wars-story-edwards/"><em>Rogue One</em></a> et bonne nouvelle, c’est de nouveau une réussite… malgré quelques défauts. Il faut encore une fois tolérer un démarrage au ralenti, pour ne pas dire inutile. La saison reprend le schéma d’une trilogie, par blocs de trois épisodes, et le premier bloc est inutile et même assez ennuyeux. Je ne sais pas exactement quelle était l’intention, je sais en revanche que le résultat est médiocre, au point de se demander si cela vaut le coup de continuer. C’est indéniablement le cas, car les scénaristes retrouvent leurs esprits par la suite, avec notamment plusieurs épisodes centrés autour de Gorhman, une séquence qui se termine de manière forte. <em>Star Wars : Andor</em> n’hésite pas à laisser passer beaucoup de temps entre ses épisodes, puisqu’il y a plusieurs années avant de rejoindre le point de départ du long-métrage, et c’est une excellente idée. Cela permet de varier les points de vue et de voir en arrière-plan l’Alliance telle qu’on la connaît dans les films prendre forme, ce qui est assez émouvant.</p>
<p>La création de Disney+ n’est jamais aussi bonne que lorsqu’il est question de morale. Que ce soit du côté de l’Empire ou de la résistance qui se met en place, tous les coups sont permis et personne ne sort indemne de ce conflit à l’échelle galactique. L’impact de la rébellion sur les personnages principaux est parfaitement rendu, tant pour Andor lui-même qui continue de résister à l’idée d’embrasser la résistance, que pour ses proches. Dans cette saison, c’est surtout le personnage de Bix (Adria Arjona, impeccable) qui impressionne et son parcours est parfaitement mené. Détruite par la torture impériale, elle symbolise l’épuisement de la résistance face à la tyrannie impériale… qui souffre elle aussi de ses propres méthodes. De ce côté, c’est le personnage de Siryl (Kyle Soller, excellent) qui m’a semblé le meilleur représentant. Impérialiste convaincu au départ, on sent les doutes l’envahir petit à petit face aux méthodes de son propre camp, jusqu’à la rupture. S’il y a bien deux camps bien distincts et s’il est impossible d’ignorer tous les méfaits de l’Empire, Tony Gilroy prend toujours un grand soin à les rapprocher au lieu de les diviser mécaniquement. C’est le vrai point fort du projet depuis le début et j’étais ravi de retrouver cette complexité dans la suite.</p>
<p>Vingt-quatre épisodes ont dû suffire pour raconter l’avant <em>Rogue One</em>, j’en aurais voulu encore plus. C’est un sentiment renforcé par le temps perdu au départ, mais je trouve que la série avance bien trop vite sur la fin, alors que j’aurais trouvé passionnant de creuser les dissensions au sein de l’Alliance. Quand la sénatrice Mon Mothma (Genevieve O&rsquo;Reilly joue très bien ce rôle depuis l’<a href="https://voiretmanger.fr/star-wars-episode-3-revanche-sith-lucas/"><em>épisode III</em></a>) en vient à regretter les débats parlementaires au sein d’un Sénat sous contrôle impérial, c’est une piste intrigante, mais que <em>Star Wars : Andor</em> n’a pas le temps de creuser. Dommage et c’est bien la preuve que l’univers pourrait être encore tellement agrandi, si Disney se donnait la peine d’essayer de nouvelles choses au lieu de rester sur les schémas bien connus. J’aurais aussi apprécié que le géant américain ne tue pas si gratuitement le couple lesbien de la série, d’autant que cela n’apporte strictement rien à l’ensemble, mais enfin, que peut-on vraiment espérer de Disney ?</p>
<p>Malgré ces réserves, j’ai adoré la série que j’ai revue en intégralité pour l’occasion. Je peux lister de nombreux défauts ici ou là, reste que l’ensemble est indéniablement le meilleur de ce que <em>Star Wars</em> a pu offrir depuis bien longtemps. Quel dommage qu’<em>Andor</em> soit restée si confidentielle auprès du grand public. Heureusement que Disney+ a permis à Tony Gilroy d’aller jusqu’au bout de sa vision et je n’ai qu’une envie désormais : revoir l’excellent <em>Rogue One</em>.</p>
]]></description></item><item><title>Knokke Off, VRT MAX (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/knokke-off-vrt-max-saison-2/</link><pubDate>Mon, 26 May 2025 22:16:51 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/knokke-off-vrt-max-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/knokke-off-vrt-max-saison-2/knokke-off-2.jpg">
        <p>J’avais beaucoup aimé la <a href="/serie/knokke-off-vrt-max/">première saison</a> de cet « <a href="https://voiretmanger.fr/elite-madrona-montero-netflix/"><em>Elite</em></a> belge » et j’avais ainsi hâte de découvrir la suite. Bonne nouvelle, <em>Knokke Off</em> n’a pas perdu tout le mordant qui faisait son succès et ces huit nouveaux épisodes sont dans la droite lignée des précédents. La saison se terminait sur plusieurs bouleversements et notamment la mort supposée de l’horrible Patrick, trahi par sa propre fille d’une dizaine d’années qui n’en pouvait plus de son comportement. La suite reprend alors qu’il est dans le coma et les scénaristes introduisent plusieurs personnages liés à la famille Vaendel, à commencer par la mère de Patrick, Jacqueline, délicieusement interprétée par l’impressionnante Viviane De Muynck que je découvrais par la même occasion. Se perdre avec de nouveaux personnages est toujours un risque pour une série, ce n’est pas le cas ici et <em>Knokke Off</em> garde son bon équilibre entre gosses de riche têtes à claques et vrais problèmes.</p>
<p>Le parcours de Louise était déjà un point fort de la première saison, elle est même la star de cette suite. Il faut saluer d’ailleurs le talent de la jeune actrice, Pommelien Thijs est vraiment épatante dans ce rôle qui aurait pu aisément finir en caricature et qui est pourtant impeccablement tenu d’un bout à l’autre. Il n’y a aucune fausse note dans le casting et j’ai aussi bien aimé la trajectoire de Thomas, plus complexe qu’on pouvait l’imaginer au premier abord. De la même manière, le parcours de Daan qui s’embourgeoise petit à petit est parfait et juste. Il y a bien quelques facilités ici ou là, c’est difficile de les éviter toutes, mais <em>Knokke Off</em> se tient remarquablement bien dans cette suite. VRT Max a commandé une troisième saison et je serai sans aucun doute au rendez-vous, surtout que la fin relance à nouveau les enjeux.</p>
]]></description></item><item><title>Deadpool &amp; Wolverine, Shawn Levy</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/deadpool-wolverine-levy/</link><pubDate>Sun, 25 May 2025 22:18:28 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/deadpool-wolverine-levy/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/deadpool-wolverine-levy/deadpool-wolverine.jpg">
        <p>Wolverine mourrait à la fin de l’excellent <a href="https://voiretmanger.fr/logan-mangold/"><em>Logan</em></a> et on pensait que le personnage interprété par Hugh Jackman allait disparaître pour de bon de nos écrans. C’était sans compter sur l’inventivité de Disney, qui a non seulement acheté la 20th Century Fox et tous ses contenus, dont les X-Men, mais qui exploite aussi pleinement le concept bien trouvé du multivers du côté de Marvel. Wolverine est mort dans notre univers, qu’à cela ne tienne, on peut toujours piocher une autre version dans un autre univers et repartir comme si de rien n’était. C’est, en gros, l’idée de <em>Deadpool &amp; Wolverine</em>, qui associe les deux personnages peut-être les plus opposés en un duo comique. Un humour potache qui crève constamment le quatrième mur, sanglant, plein de sous-entendus sexuels, irrévérencieux… bref, tout ce que <a href="https://voiretmanger.fr/saga/deadpool/">les premiers <em>Deadpool</em></a> nous avait habitué. Est-ce une bonne idée pour autant ? Je n’en suis pas si sûr.</p>
<p>Marvel joue à fond la carte de l’auto-dérision, en permettant à Ryan Reynold de dire ce que tout le monde pense. Il multiplie les allusions à la récupération des X-Men par Disney, aux difficultés rencontrées par l’univers cinématographique Marvel, ou encore à la volonté habituelle de ne pas choquer, qui explose ici dès l’intro particulièrement gore. Ce ton plus mature est la marque de fabrique du personnage de Deadpool et pour ce troisième long-métrage, on sent bien que les scénaristes n’ont pas voulu la perdre de vue. Bien au contraire, c’est comme s’ils essayaient de la rappeler à tout bout de champ et à toutes les occasions, ce qui devient très vite très lourd. Si j’ai apprécié quelques blagues, c’est une telle avalanche constante que j’ai vite trouvé cela assez pénible. Le problème, c’est que <em>Deadpool &amp; Wolverine</em> n’a pas grand-chose à raconter au-delà de son concept initial, à savoir réunir deux personnages radicalement différents et faire des blagues à ce sujet. Il y a bien un fil rouge tissé sur les bases de la série <a href="https://voiretmanger.fr/loki-waldron-disney/"><em>Loki</em></a>, il est toutefois très fin et assez anecdotique au fond. Le plus étonnant, c’est qu’ils ont l’air de vouloir faire revenir le duo, comme s’il avait un avenir au-delà de cette blague qui dure déjà deux heures. C’est long pour une enfilade de blagues méta irrévérencieuses et j’ai du mal à entrevoir ce que l’avenir pourrait offrir.</p>
<p>Ryan Reynold comme Hugh Jackman se sont certainement bien amusés avec ce <em>Deadpool &amp; Wolverine</em>, qui a quelques bonnes idées ici ou là — je retiendrais surtout les doigts d’Emma Corrin dans le rôle de Cassandra, c’est dégoûtant à souhait et très bien trouvé. J’ai bien aimé aussi le sous-texte bisexuel autour du personnage de Deadpool, cela fait du bien chez Disney et d’autant plus par les temps qui courent. J’aurais préféré une vraie idée de scénario et peut-être aussi un adulte qui aurait pu limiter un petit peu les ardeurs (du personnage) de Ryan Reynold.</p>
]]></description></item><item><title>Les Osseleurs, Steven Erikson</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/osseleurs-erikson/</link><pubDate>Tue, 20 May 2025 22:06:40 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/osseleurs-erikson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/osseleurs-erikson/osseleurs.jpg">
        <p><em>Les Osseleurs</em> est un roman important dans la saga du <a href="/sagas/le-livre-des-martyrs/"><em>Livre des Martyrs</em></a>, puisqu’il réunit tous les arcs narratifs précédents en un seul volume. Jusque-là, Steven Erikson avait éclaté son immense univers selon plusieurs arcs séparés : le conflit à Genabackis avec le Pannion Domin dans les tomes 1 et 3, celui à Sept-Cités avec Shra-ik dans les 2 et 4, sans compter le conflit entre Tiste Edur et l’empire de Lether dans le cinquième. Tout ce monde se retrouve à Sept-Cités dans ce roman fleuve qui dépasse à nouveau allègrement les mille pages et qui reprend tous les personnages que l’on a découvert dans les milliers de pages précédentes, enfin ceux qui ont survécu du moins. C’est positif, le lecteur se sent en terrain connu, ce qui ne veut pas dire que la lecture est facile pour autant. Comme toujours, <em>Les Osseleurs</em> est une œuvre dense et complexe, avec de multiples ramifications et une attention de tous les instants est exigée pour suivre l’intrigue et ne pas rater un élément clé. C’est toujours vrai et peut-être que je m’habitue, en tout cas j’ai trouvé que c’était assez bien mené, sauf la partie à Lether qui m’a paru assez pénible et sans grand intérêt d’un bout à l’autre, comme si Steven Erikson avait voulu greffer un deuxième roman sans rapport avec le principal.</p>
<p>Dans les grandes lignes, ce sixième roman se concentre à nouveau sur l’immense guerre menée par l’impératrice Laseen qui règne sur l’Empire Malazéen et qui lutte depuis le tout début de la saga contre la rébellion menée par Sha’ik, tuée à la fin du quatrième livre. Plus particulièrement, on suit les soldats de la XIV<sup>e</sup> armée menée par l’Adjointe Tavore, avec plusieurs noms bien connus, comme le mage Ben le Vif, Kalam Mekhar, Violain et bien d’autres. Cette fois, <em>Les Osseleurs</em> n’alternent pas d’un chapitre à l’autre entre les deux camps, on se concentre surtout sur les Malazéens et leur pénible traversée du continent des Sept-Cités, en quête des derniers rebelles. Toute cette partie-là est très bien écrite et les événements qui se déroulent dans la cité de Y’Ghatan donnent lieu à un chapitre aussi long que passionnant, avec pour le coup un vrai sens de la tension et un véritable suspense de la part du romancier. On retrouve encore ce sens de l’écriture prenante sur la fin, à Malaz même où le roman se termine et où de nouvelles alliances se forment. Entre les deux, il y a deux autres morceaux qui se greffent avec plus ou moins de réussite. Le roman signe le retour de Ganoes Paran, devenu maître du jeu ce qui laisserait entendre qu’il joue un rôle majeur et pourtant… on ne le voit pas tant que ça et son implication reste assez obscur. C’est pareil pour tout l’arc avec Icarium, qui persiste de roman en roman et ne semble pas vouloir s’éclaircir, cela viendra peut-être. De même, on ne sait pas trop ce que les Letherii viennent faire dans cette affaire, puisqu’à le temps d’une seule scène assez rapidement évacuée, ils restent de leur côté, même si cela fait le lien avec Kara Orlong que l’on a découvert deux romans auparavant.</p>
<p>Bref, <em>Le Livre des Martyrs</em> est toujours d’une ambition aussi grande, pas seulement sur le fond, aussi sur la forme. À mon avis, cela joue quelques tours à Steven Erikson qui aurait peut-être mieux fait de simplifier tout cela et d’écrire plus de romans plus courts. Malgré ces critiques, j’ai apprécié ma lecture et <em>Les Osseleurs</em> a prouvé que le romancier savait imaginer de grandes scènes d’une belle intensité. La déroute de Y’Ghatan est indéniablement un très grand moment qui justifie presque à lui seul de lire le volume, le plus épais jusque-là. Comme toujours, j’oscille entre la lassitude de ces volumes inutilement complexes et l’envie d’en savoir plus. Je penche toujours plus dans cette dernière direction, surtout après les événements décrits à la fin de ce roman et qui permettent d’envisager quelques bouleversements dans l’univers. Et puis, il ne me reste que quatre romans dans la saga, ce serait dommage d’arrêter en si bon chemin…</p>
]]></description></item><item><title>Trying, Apple TV+ (saisons 3 et 4)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/trying-apple-tv+-saisons-3-4/</link><pubDate>Sat, 17 May 2025 22:32:10 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/trying-apple-tv+-saisons-3-4/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/trying-apple-tv&#43;-saisons-3-4/trying-saison-4.jpeg">
        <p>J’avais un petit peu perdu de vue <em>Trying</em>, excellente série pourtant sur le parcours d’un couple pour adopter. Rattrapons le retard avec les saisons 3 et 4, alors qu’Apple TV+ prépare déjà la suite. À la toute <a href="https://voiretmanger.fr/trying-wolton-apple-tv/#2">fin de la deuxième</a>, deux enfants débarquent chez Nikki et Jason et on se demande s’ils pourront les garder. C’est tout l’enjeu de la saison 3, qui se déroule directement à la suite et avec le même ton. Je l’ai trouvé excellente, avec ce mélange d’humour noir et de drames du quotidien qui a fait le succès de la création d’Andy Wolton. Ces huit épisodes offrent aussi à davantage de personnages secondaires leur chance de briller et j’ai particulièrement apprécié les rôles des grands-parents. C’est drôle et touchant en même temps, notamment l’épisode du mariage qui est un excellent exemple de ce mélange subtil entre les deux. Pour couronner le tout, les deux enfants sont tout mignons et surtout très justes, mention spéciale au petit Tyler qui s’accroche aux objets les plus insolites.</p>
<p>Deux ans se sont écoulés entre la troisième et la quatrième saison et cela se ressent, d’autant que les scénaristes ont décidé de creuser l’écart en plaçant l’action six ans après. <em>Trying</em> change ainsi de casting pour les deux enfants, ce que j’ai d’abord trouvé dommage, même si les deux nouveaux acteurs sont très bien aussi. Le problème à mon sens, c’est que la série perd tout l’esprit des saisons précédentes et l’équilibre parfait entre drame et humour est malheureusement détruit. Cela se joue à peu de choses, mais je dirais que les personnages ne sont plus que des caricatures d’eux-mêmes. Leur écriture était jusque-là plus fine et subtile, on tombe dans les clichés faciles, le pompon étant Scott, le mari excentrique de Susan qui devient ici une blague sur le dos de l’écologie — on aurait pu s’en passer, d’ailleurs, après <a href="/serie/loot-apple-tv+/"><em>Loot</em></a>, cela commence à faire beaucoup de la part d’Apple TV+ — et ce n’est pas drôle. Je ne comprends pas comment une série qui a été aussi équilibrée peut passer à un traitement aussi grossier, mais je ne suis pas si sûr de vouloir regarder la suite. Dommage.</p>
]]></description></item><item><title>Black Mirror, Netflix (saison 7)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/black-mirror-netflix-saison-7/</link><pubDate>Fri, 16 May 2025 21:12:38 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/black-mirror-netflix-saison-7/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/black-mirror-netflix-saison-7/black-mirror-7.jpg">
        <p>Qui aurait pu prédire que <em>Black Mirror</em> allait avoir une telle longévité ? Pourtant, quatorze ans après la diffusion de la première saison et alors que ses premières prédictions sont quasiment entrées dans notre quotidien, la création de Charlie Brooker n’a pas dit son dernier mot. La meilleure preuve est peut-être le premier épisode de cette septième saison, « Des gens ordinaires », qui est certainement un des plus poignants et terrifiants de l’ensemble. Le concept est pourtant assez banal, c’est l’exécution qui est parfaitement glaçante d’un bout à l’autre. Cette idée de pousser les logiques du capitalisme à leur extrême, en faisant d’une entreprise privée la seule responsable de la survie, est aussi simple que brillante. La descente aux enfers du couple est particulièrement convaincante et au-delà du scénario, il faut saluer le travail du duo d’acteurs : Chris O&rsquo;Dowd comme Rashida Jones sont tous deux excellents et contribuent grandement au succès de l’épisode.</p>
<p>Après une telle entrée en matière, <em>Black Mirror</em> doit forcément céder un petit peu le pas par la suite. Néanmoins, je n’ai pas trouvé qu’il y avait de mauvais épisodes et la saison tient remarquablement bien dans l’ensemble, avec un retour à la science-fiction au sens large et quelques variations quand même. Le deuxième épisode, « Bête noire », joue ainsi sur le concept du multivers quantique, avec une excellente idée qui aurait été bien trouvée dans un Marvel : changer la réalité en direct, en puisant dans un autre univers. Il faut noter au passage le génie marketing de Netflix, qui a diffusé <a href="https://thetab.com/2025/04/11/netflix-is-airing-different-versions-of-black-mirrors-bete-noire-and-people-have-proof">deux versions de l’épisode</a> pour tromper les spectateurs. « Hotel Reverie » qui suit est plus conventionnel, ce qui n’empêche cette histoire d’amour d’être très touchante et elle m’a rappelé l’excellent « San Junipero » de <a href="https://voiretmanger.fr/black-mirror-brooker-channel-4/#3">la troisième saison</a>.</p>
<p>« Plaything » était amusant, sans plus même si c’est déjà ça. Sautons un épisode pour le moment pour évoquer le dernier de la saison, qui est lui aussi fun. « USS Callister: Into Infinity » est la suite de l’épisode <a href="https://voiretmanger.fr/black-mirror-brooker-channel-4/#4">de la saison 4</a> qui imaginait déjà une variante cauchemardesque de <em>Star Trek</em>, et c’est quasiment un long-métrage avec son heure et demi plus légère que la moyenne de la série, ce qui ne fait jamais de mal. Vers la fin, je retiendrais surtout « Eulogy », sixième épisode nettement plus fort et original. Il fait appel à la technologie pour replonger un homme dans des souvenirs douloureux et c’est l’occasion d’une découverte assez triste. Paul Giamatti est très bien dans le rôle principal et c’est une petite histoire simple et belle. C’est dans ces moments-là que <em>Black Mirror</em> s’en sort le mieux, quand son postulat de départ lui permet d’aller vers d’autres horizons.</p>
]]></description></item><item><title>SABLE, fABLE, Bon Iver</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/sable-fable-bon-iver/</link><pubDate>Sun, 11 May 2025 21:23:00 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/sable-fable-bon-iver/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/sable-fable-bon-iver/sable-fable.jpeg">
        <p>La musique de Bon Iver est immédiatement reconnaissable et elle m’attire toujours autant, depuis ma découverte du groupe de Justin Vernon. C’est en grande partie la voix de ce dernier qui offre à l’ensemble son unité, puisque sur le plan stylistique, la base de folk évolue vers des horizons variés au fil d’une carrière pleine d’expérimentations. <em>SABLE, fABLE</em> en est une bonne illustration, avec sa conception en deux parties bien distinctes. Le titre le suggère d’ailleurs, puisque « SABLE » correspond à une première partie, un « disque » composé de quatre morceaux pour une douzaine de minutes que je rangerais dans la longue tradition du Bon Iver des débuts. C’est de la folk lente et mélancolique, une musique triste qui est, comme souvent à mes oreilles, si belle. Les morceaux sont en apparence simples, même s’ils révèlent au fil des écoutes une complexité toujours plus grande, ce qui est un signe de réussite pour moi.</p>
<p>Cette première partie peut aussi sembler plus aride en un sens, en tout cas quand on la contraste avec la deuxième, « fABLE ». La transition se fait toute en douceur, une évolution transparente qui pourtant nous fait basculer d’un morceau comme « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=awWPV6GnjxY"><em>AWARDS SEASON</em></a> » à un titre comme « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=yaPX-i1TjCc"><em>Everything Is Peaceful Love</em></a> ». Même sans cliquer sur ces liens pour les écouter, la graphie choisie est un bon indicateur de la nouvelle orientation. Cette deuxième partie est plus optimiste et plus douce, elle est aussi plus pop, avec des sonorités plus faciles d’accès, ce qui ne veut pas dire que les compositions ne sont pas tout aussi sophistiquées. À l’image de la pochette apaisée, le contraste est aussi saisissant par rapport à <em>i,i</em> sorti il y a six ans déjà. Bon Iver ne renonce pas pour autant à ses origines ni à ses expérimentations, chaque morceau part dans une direction inattendue et <em>SABLE, fABLE</em> reste à des années lumières d’une production musicale formatée comme on l’entendrait partout. Les ambiances sont en tout cas nettement plus légères, pour ne pas dire joyeuses, avec des inspirations qui m’ont étonné, une touche de R&amp;B par ici, un soupçon de soul par là. Voilà qui tombe bien, j’adore être surpris par la musique qui passe entre mes oreilles et je suis encore plus curieux de voir où Justin Vernon ira par la suite.</p>
]]></description></item><item><title>Where’s Wanda?, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/where-wanda-apple-tv+/</link><pubDate>Sat, 10 May 2025 21:36:00 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/where-wanda-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/where-wanda-apple-tv&#43;/where-wanda.jpeg">
        <p>Jusqu’où des parents seraient prêts à aller si leur enfant disparaissait ? Chez les Klatt, il n’y a manifestement aucune limite et s’il faut placer des caméras et microphones chez tous leurs voisins pour espérer retrouver leur fille disparue depuis près de trois mois, c’est ce qu’ils font, sans l’ombre d’une hésitation. Voici le point de départ de <em>Where’s Wanda?</em>, une comédie noire venue d’Allemagne et que j’ai trouvé excellente. C’est juste ce qu’il faut déjanté, les personnages sont tous attachants et il y a une bonne dose de mystère, sans toutefois trop se prendre la tête : une vraie pépite dénichée par Apple TV+ qui a été fort heureusement renouvelée pour une deuxième saison.</p>
<p>C’est difficile parfois d’exprimer pourquoi une série fonctionne exactement. Ici, je crois que la clé est à chercher du côté du casting, avec notamment le duo formé par les deux parents qui fonctionne impeccablement, avec une excellente complicité sans laquelle le projet serait tombé à l’eau. Heike Makatsch comme Axel Stein sont toujours dans un registre décalé, ils en font toujours beaucoup, sans atteindre la limite du trop. Ce sont des parents tout à fait banals au départ, qui basculent dans un délire toujours plus grand au nom de la recherche de leur fille. <em>Where’s Wanda?</em> fonctionne presque uniquement grâce à eux deux, même si les personnages secondaires ne sont pas en reste. Il y a du loufoque, à la limite de la farce même pour Rüdiger (Devid Striesow, impeccable), et il y a du touchant, en particulier le frère Ole, geek un peu refermé au départ qui se révèle un élément clé dans l’enquête en même temps qu’un personnage LGBTQIA+ tout mignon (c’était le premier rôle de Leo Simon, ce qui est d’autant plus impressionnant).</p>
<p>Je ne sais pas ce que les scénaristes ont prévu pour la suite, mais j’ai hâte de le découvrir. Je ne suis pas spécialement inquiet, ils ont prouvé avec ces huit premiers épisodes qu’ils avaient suffisamment d’idées pour créer un univers délicieusement excentrique et crédible. Si vous aimez l’humour noir avec une petite dose d’absurde façon frères Coen, <em>Where’s Wanda?</em> vaut le détour.</p>
]]></description></item><item><title>Astérix &amp; Obélix : Le Combat des chefs, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/asterix-obelix-combat-chefs-netflix/</link><pubDate>Tue, 06 May 2025 21:25:56 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/asterix-obelix-combat-chefs-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/asterix-obelix-combat-chefs-netflix/asterix-obelix-combat-chefs.jpg">
        <p>Vingt-trois ans<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> après son excellent <em><a href="https://voiretmanger.fr/asterix-obelix-mission-cleopatre-chabat/">Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre</a></em>, Alain Chabat n’en a manifestement pas fini avec Astérix et après le long-métrage en images réelles, voici une série d’animation. Un choix intrigant, notamment parce que la longueur d’un album de bande-dessinée semble mal se prêter à une série, mais il faut dire que l’intrigue de base a davantage servi de cadre, pour ne pas dire de prétexte, que de source précise. <em>‌Astérix &amp; Obélix : Le Combat des chefs</em> prend ainsi d’importantes libertés avec le septième album de René Goscinny et Albert Uderzo, ce qui n’est aucunement un problème, comme le succès du film de 2002<sup id="fnref1:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> l’a bien prouvé. J’espérais que le cinéaste et comédien retrouve tout ce qui avait la réussite de sa précédente adaptation et de son travail de manière générale. Hélas, le compte n’y est pas et heureusement que la série portée par Netflix reste courte, sinon l’ennui n’aurait pas été loin.</p>
<p>Je n’irais pas jusqu’à dire que l’on revient aux adaptations catastrophiques qui ont entouré <em>Mission Cléopâtre</em>, ce serait exagéré et même insultant. Alain Chabat reprend pas mal d’idées de son film, en modernisant l’univers d’Astérix à travers les noms des personnages secondaires (Metadata n’est pas mal, j’aime bien aussi Fastanefurius) et les clins d’œil visent le public plus international du service de streaming. Même s’il y a quelques références bien franchouillardes (le slogan de Mitterand en 1981, il fallait oser), on évoque surtout <em>Star Wars</em>, l’Univers cinématographique Marvel ou encore les parcs Disney… au point que l’on se demande parfois si Disney+ n’aurait pas été un meilleur candidat pour accueillir la série. J’ai trouvé toutefois ces références toujours un petit peu trop forcées, surtout sur les derniers épisodes. Les allusions ne sont pas discrètes — ne parlons pas du Tudum, qui aurait été vaguement amusant dans une bande-annonce, et encore — et surtout, il manque à <em>‌Astérix &amp; Obélix : Le Combat des chefs</em> son propre univers auto-suffisant, alors que c’était précisément le point fort du film d’Alain Chabat. Si on enlève ces clins d’œils modernes, que reste-t-il ? Une histoire enfantine, pour ne pas dire simpliste, qui peinera à intéresser les adultes.</p>
<p>J’ai aussi trouvé le casting assez faible dans l’ensemble. On a eu tant d’acteurs qui ont donné leurs voix à ces personnages, c’est évidemment difficile de se faire une place avec un tel héritage. Sans remonter jusqu’à Christian Clavier et Gérard Depardieu, je trouve que les choix d’Alexandre Astier pour ses <a href="https://voiretmanger.fr/asterix-domaine-dieux-astier-clichy/">deux</a> <a href="https://voiretmanger.fr/asterix-secret-potion-magique-astier-clichy/">adaptations</a> étaient bien meilleurs. Ici, je ne retiens vraiment personne, ni Alain Chabat pour Astérix, ni Gilles Lellouche pour Obélix (peut-être à cause de ses passages devant les caméras pour le même rôle) et encore moins Thierry Lhermitte dans celui de Panoramix, quelle drôle d’idée. C’est un casting bien français et pas très moderne, même si Anaïs Demoustier apporte un brin de fraicheur au milieu de tout ça, brin vite gâché par la présence malheureuse et difficile à ignorer (quelle voix, c’est sûr…) de Gérard Darmon. J’espère vraiment que ce choix de casting était ancien et pas une manière pour le réalisateur de soutenir son vieil ami… Pour ne pas finir sur cette triste note, salons le travail effectué sur l’animation : à mi-chemin entre le dessin à l’ancienne et la 3D moderne, j’ai trouvé que c’était une réussite.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<ol>
<li id="fn:1">
<p>Eh oui…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a>&#160;<a href="#fnref1:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
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</div>
]]></description></item><item><title>KRANK Berlin, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/krank-berlin-apple-tv+/</link><pubDate>Mon, 05 May 2025 20:46:32 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/krank-berlin-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/krank-berlin-apple-tv&#43;/krank-berlin.jpeg">
        <p>Dans la plus pure tradition des séries sur les hôpitaux, <em>KRANK Berlin</em><sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> se distingue surtout par son côté trash assumé. La série portée par Apple TV+ et la chaîne allemande ZDFneo se déroule au cœur d’un hôpital berlinois (fictif) réputé pour être le plus encombré et le plus difficile de la ville et le pilote débute avec l’arrivée de la docteure Parker à la tête du département des urgences. Elle est accueillie par un immense chaos et l’opposition ouverte des équipes, qui voient défiler les responsables à un rythme effréné, si bien que tout le monde s’attend à ce qu’elle parte rapidement. Je ne dévoile rien en notant que ce n’est pas ce qui se passe, puisque les huit épisodes qui composent la première saison se concentrent justement sur son parcours et celui de quelques médecins, infirmiers et urgentistes qui gravitent autour des urgences. Le format est très classique et bien connu, j’ai aussi pensé à l’excellente <a href="https://voiretmanger.fr/hippocrate-lilti-canal/"><em>Hippocrate</em></a> plus proche de nous, et comme toujours, c’est à travers les personnages que l’histoire parvient à intéresser.</p>
<p>De ce côté, c’est un carton plein. Samuel Jefferson et Viktor Jakovleski ont composé un ensemble de personnages bien écrits et parfaitement interprétés, même quand ils sont dans l’excès. C’est souvent le cas, à l’image de Ben, médecin toxicomane qui alterne entre les sorties en discothèque et ses rotations hospitalières en consommant en permanence des drogues toujours plus dures. Slavko Popadic parvient à rester sur une interprétation crédible, même si on se demande quand même comment son addiction a pu échapper à son entourage si longtemps. Dans le rôle de la nouvelle cheffe des urgences, Haley Louise Jones est elle aussi excellente et parvient à transmettre toutes ses émotions tout en entretenant une sorte de mystère sur son passé, ce qui ajoute un point positif à l’ensemble. J’ai apprécié la diversité du casting et des personnages, l’inclusion sans histoire de personnages queers ainsi que le discours politique, notamment sur le racisme de la police. Déjà que la situation n’est pas rose au sein de l’hôpital, ce contexte n’aide pas à en faire une série optimiste, c’est le moins que l’on puisse dire.</p>
<p><em>KRANK Berlin</em> n’hésite jamais à présenter l’hôpital ainsi que la ville d’ailleurs sous ses pires atours et il faut avoir le cœur bien accroché pour la suivre (à éviter pendant un repas…). C’est parfois exagéré, certes, mais c’est aussi ce qui fait l’originalité de la série et j’ai trouvé que cela fonctionnait bien à l’arrivée. La première saison est courte, j’espère qu’Apple TV+ et son partenaire allemand pourront lui offrir une suite. D’ici là, si la vue du sang et de la crasse au sens large ne vous effraient pas, c’est une série médicale qui vaut le détour.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Qui se nomme d’ailleurs <em>Berlin ER</em> en anglais, <em>ER</em> étant le titre original de la série <em>Urgences</em>. Difficile de faire plus explicite.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Bullet Train Explosion, Shinji Higuchi</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/bullet-train-explosion-higuchi/</link><pubDate>Sun, 04 May 2025 18:05:15 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/bullet-train-explosion-higuchi/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/bullet-train-explosion-higuchi/bullet-train-explosion.jpg">
        <p><em>Bullet Train Explosion</em> est un film catastrophe qui se revendique comme tel et n’essaie pas de faire dérailler<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> la formule consacrée. Vous avez déjà vu un long-métrage dans la catégorie ? Alors vous connaîtrez déjà les bases de celui-ci : un appareil qui peut aller vite et exploser de manière spectaculaire, quelques personnages que l’on découvre en amont et une catastrophe à gérer pendant toute la durée jusqu’au final qui célèbre les héros du jour sous un tonnerre d’applaudissements. Shinji Higuchi n’essaie même pas de renouveler quoi que ce soit, il assume ce côté très conventionnel et propose une version assez convaincante pour les amateurs du genre. Ce n’est pas forcément ce que je préfère et je ne l’aurais certainement pas regardé s’il s’agissait d’un blockbuster américain, car j’ai déjà vu <a href="https://voiretmanger.fr/unstoppable-scott/">‌<em>Unstoppable</em></a> après tout. J’avais déjà aussi vu <a href="/film/bullet-train-leitch/"><em>Bullet Train</em></a>, si proche que le nom est même quasiment identique, mais ce n’était fort heureusement pas une redite. Dans l’ensemble, j’ai trouvé que c’était bien fait et assez intense, quoi qu’un peu long et, comme souvent, un peu trop catastrophique pour son propre bien.</p>
<p>Dès les premières minutes, on se sent en terrain connu, avec une présentation des principaux acteurs de la future catastrophe. Du contrôleur qui fait visiter le dépôt à un groupe scolaire avant le départ, au personnel du centre qui supervise la ligne à haute vitesse jusqu’à Tokyo, en passant par les passagers qui montent à bord : tout le monde a droit à quelques secondes d’introduction, même si j’ai apprécié le rythme des premières minutes. <em>Train Bullet Explosion</em> ne passe pas trop de temps avec les présentations et embraye vite avec la menace, qui se concrétise par une bombe placée sous le train et qui explosera s’il roule à moins de 100 km/h. Commence alors une course contre la montre pour sauver les quelques 350 passagers et membres d’équipage, avant le terminus à Tokyo. De multiples péripéties se dressent en chemin, sinon ce ne serait pas drôle, comme ce train bloqué sur la voie qui oblige à bousculer les plans dans la précipitation, une opération de sauvetage qui ne se déroule pas bien et… est-ce que je révélerais quoi que ce soit en évoquant la fin heureuse ? De toute manière, ce n’est pas le plus important, Shinji Higuchi le sait bien et le cinéaste consacre l’essentiel de son temps sur la catastrophe elle-même.</p>
<p>À mon goût, le film aurait pu perdre 15 à 30 minutes sans problème et il aurait même gagné en intensité. On sent l’influence japonaise dans les explications parfois un peu longues et surtout les démonstrations émotives qui nous paraissent si ampoulées. Ce n’est jamais très fin, mais après tout, on ne demande pas de la finesse à un film catastrophe. Le scénario aurait peut-être gagné à éliminer quelques rebondissements, même s’il faut noter que le réalisme est à peu près tenu d’un bout à l’autre. En bref, <em>Train Bullet Explosion</em> ne sera clairement pas le film de l’année, il n’en a d’ailleurs pas la prétention, ce qui ne l’empêche pas de constituer un divertissement efficace. Ce n’est déjà pas si mal.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<ol>
<li id="fn:1">
<p>C’était facile.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
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</div>
]]></description></item><item><title>Ghosts : Fantômes à la maison, CBS</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/ghosts-fantomes-maison-cbs/</link><pubDate>Thu, 01 May 2025 22:00:50 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/ghosts-fantomes-maison-cbs/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/ghosts-fantomes-maison-cbs/ghosts.jpg">
        <p>J’ai découvert après avoir regardé <em>Ghosts : Fantômes à la maison</em><sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> qu’il s’agissait en réalité de l’adaptation d’une série britannique, un classique. Ne connaissant pas l’originale, je ne sais pas si la version américaine est meilleure ou inférieure. Ce que je sais après trois saisons, c’est que cette sitcom est divertissante et même assez plaisante, avec une qualité qui semble augmenter au fil des saisons, ce qui est toujours bon signe. Le concept de base est très simple : un couple hérite d’un grand manoir qui est effectivement hanté, occupé par une dizaine de personnes qui sont mortes sur place au fil des siècles. Suite à un accident qui la plonge brièvement dans le coma, Sam peut voir ces fantômes, contrairement à son mari Jay. Cette dichotomie est un moteur majeur de l’intrigue et de l’humour, l’autre volet étant les fantômes eux-mêmes, qui peuvent découvrir le monde moderne par l’intermédiaire de Sam et qui vivent un quotidien à base de querelles, amitiés et même d’amour.</p>
<p><em>Ghosts</em> offre un bon équilibre entre humour légèrement absurde (on est sur une série américaine néanmoins, n’espérez pas de l’humour britannique), notamment en se moquant constamment des règles idiotes de l’univers, et les petits récits du quotidien. Au fil des épisodes, on apprend à connaître les fantômes comme de vrais personnages et les scénaristes ont suffisamment d’idées pour leur offrir des histoires intéressantes. Il n’y a rien de révolutionnaire ici, ce n’est clairement pas l’intention de cette série CBS, mais cela ne m’a pas particulièrement gêné. J’ai apprécié le côté old-school du format, les épisodes d’une vingtaine de minutes, à chaque fois centrés sur une idée nouvelle sans oublier un arc principal qui couvre toute une saison, voire toute la série. La troisième saison était étonnamment courte avec ses dix épisodes, alors que la quatrième termine sa diffusion avec une vingtaine d’épisodes à nouveau. J’ai hâte de voir ce que cela donne, sans être réellement inquiet : <em>Ghosts</em> n’est pas une série qui a besoin de tout bouleverser et la formule a fait ses preuves. De temps en temps, une série qui ne cherche pas à renouveler le genre ne fait pas de mal…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<ol>
<li id="fn:1">
<p>Ne nous attardons pas sur le titre français…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Severance, Apple TV+ (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/severance-apple-tv+-saison-2/</link><pubDate>Mon, 28 Apr 2025 21:52:53 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/severance-apple-tv+-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/severance-apple-tv&#43;-saison-2/severance-2.jpeg">
        <p>Ont-ils cherché à reproduire l’effet décrit dans la série ? Trois ans, il a fallu attendre trois ans pour que <em>Severance</em> ait enfin droit à une suite, alors même que l’excellente série d’Apple TV+ se terminait sur une énorme révélation. Mon souvenir étant assez flou, j’ai repris au tout début et je vous recommande à nouveau de ne pas lire ce qui suit sans avoir d’abord regardé les dix-neuf premiers épisodes. C’est tellement plus savoureux de ne pas savoir ce qui arrive et regarder la deuxième saison de <em>Severance</em> sans divulgâchages a été une gageure (merci les filtres sur les réseaux sociaux).</p>
<p>On terminait <a href="/serie/severance-apple-tv+/">la première saison</a> en apprenant que la femme de Mark, Gemma, n’était en réalité pas morte, puisqu’il s’agissait de Miss Casey, la psychologue tordue qui lisait aux « Inters » des points forts de leurs « Exters ». Une telle révélation appelait forcément des bouleversements et les dix nouveaux épisodes vont en effet bien plus loin, en creusant toute la mythologie autour de Lumon et de Kier. <em>Severance</em> s’est d’abord concentré sur la découverte des règles du jeu autour de la dissociation et de l’étrange vie de l’entreprise. Ceci posé, le scénario peut maintenant avancer sur d’autres terrains et creuser l’univers, qui est bien plus ample que le laissait paraître les premiers épisodes, comme on pouvait l’espérer. S’il y a un petit peu plus de réalisateurs derrière les dix épisodes de la saison, Ben Stiller est toujours bien présent et le style a été maintenu et même renforcé, avec un travail sur les ombres qui mettra parfaitement en valeur les dalles OLED. C’est toujours aussi soigné et en revoyant toute la série, j’ai été frappé par la cohérence visuelle de cet univers, notamment le côté rétro qui passe par les ordinateurs chez Lumon, mais aussi les voitures et même de nombreuses petites touches discrètes. On sent qu’un grand soin a été apporté à la réalisation et aux petits détails qu’on ne remarque pas nécessairement surtout en découvrant l’histoire pour la première fois, mais qui font la différence.</p>
<p>Cette deuxième saison suit un même schéma, elle prend son temps pour poser son ambiance et se termine avec un épisode explosif, cette fois doublé en temps. Il faut dire qu’il y a beaucoup à dire et pour autant, <em>Severance</em> nous laisse avec autant de questions qu’avant, voire encore plus. Évidemment, la plus grosse concerne l’avenir de Mark S et Helly R, couple d’Inters qui espère survivre en dépit de la volonté de leurs Exters. C’est loin d’être la seule interrogation, car on sent bien que l’on s’est contenté d’effleurer la surface ici. En particulier, le rôle de Harmony Cobel — Patricia Arquette est décidément excellente — est encore très flou et ses intentions ne sont pas bien plus claires. Apple TV+ a naturellement renouvelé la création pour une troisième saison, cela aurait été de la folie de ne pas le faire, et je suis confiant sur la capacité des scénaristes à développer encore l’univers et imaginer une suite cohérente tout en apportant encore bien plus de réponses et de nouvelles questions. J’espère simplement qu’il ne faudra pas attendre trois ans de plus, même si revoir la deuxième saison avant la suite ne sera aucunement une torture, tant elle était plaisante d’un bout à l’autre. Vivement !</p>
]]></description></item><item><title>Sans jamais nous connaître, Andrew Haigh</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/sans-jamais-nous-connaitre-haigh/</link><pubDate>Sat, 19 Apr 2025 22:35:05 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/sans-jamais-nous-connaitre-haigh/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/sans-jamais-nous-connaitre-haigh/sans-jamais-nous-connaitre.jpg">
        <p>Pour une raison qui m’échappe, je n’ai pas tellement suivi la carrière d’Andrew Haigh, alors même que je me souviens encore avec émotion de <em>Week-end</em>, son premier long-métrage sorti il y a treize ans de cela<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. C’est en tout cas la principale raison qui m’a donné envie de donner une chance à <em>Sans jamais nous connaître</em>, son dernier film dont je ne savais rien de plus que ce qu’annonce son affiche. C’était la meilleure manière d’aborder le projet et je vous encourage à en faire autant : si vous ne l’avez pas vu, commencez par regarder le long-métrage sans lire une ligne de plus, vous l’apprécierez d’autant plus ainsi.</p>
<p>En apparence, <em>Sans jamais nous connaître</em> pourrait ressembler à une redite des débuts d’Andrew Haigh. Dans un immeuble bien vide, Adam mène une vie de solitaire à écrire des scénarios quand il rencontre son unique voisin, Harry. Pour autant, ce n’est pas l’histoire d’un coup de foudre et l’adaptation d’un roman japonais de Taichi Yamada est en réalité bien plus complexe que cela. Adam veut écrire un scénario sur son enfance, juste avant la mort de ses deux parents quand il avait douze ans. Il se rend dans la maison où il a grandi et tombe nez à nez avec… son père, tel qu’il est resté gravé pour jamais dans son souvenir, coincé en 1987. On entre alors dans un tout autre genre, ce qui était inattendu : film de fantôme ou bien délire psychologique ? Le cinéaste ne cherche jamais à trancher et laisse jusqu’au bout la question ouverte, en suivant un équilibre fragile entre réalisme et fantastique. J’ai beaucoup aimé cette ambiance étonnante, le spectateur ne sait jamais trop sur quel pied danser et finit par tout remettre en cause, tout en profitant d’une très belle histoire.</p>
<p>Au cœur de tout ce dispositif, il y a des acteurs bien évidemment et Andrew Scott est sans surprise épatant dans le rôle principal. Il bascule d’une émotion à l’autre avec une facilité déconcertante et nous guide tout au long de cette histoire étonnante. À ses côtés, je découvrais Paul Mescal qui n’a pas qu’un joli corps à faire valoir, il est aussi excellent pour incarner le voisin qui devient amant, avec des scènes d’intimité qui font plaisir au cinéma… on sent bien qu’Andrew Haigh est un réalisateur gay. Toutes les scènes avec les parents sont aussi très touchantes, Jamie Bell et Claire Foy sont évidemment impeccables, et cette idée du <em>coming-out</em> rétroactif est tout simplement brillante. L’ensemble est déstabilisant et c’est un compliment : on bascule constamment d’une ambiance à une autre, on ne sait pas où l’histoire va nous mener et la fin est aussi ouverte que belle. Un vrai coup de cœur.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Ce coup de vieux… 😓&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
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</div>
]]></description></item><item><title>Satisfactory</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/satisfactory/</link><pubDate>Fri, 18 Apr 2025 21:39:12 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/satisfactory/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/satisfactory/satisfactory.jpg">
        <p>Vous êtes envoyé sur une planète sauvage et hostile avec comme seul objectif de collecter des ressources et créer l’immense usine qui va être nécessaire au départ d’une fusée. Ça vous rappelle quelque chose ? Sans doute parce que <em>Satisfactory</em> propose exactement le même point de départ que <a href="/jeu-video/factorio/"><em>Factorio</em></a>, un jeu si similaire dans les grandes lignes que l’on pourrait se demander à quoi bon jouer à celui-ci. Vu de loin, la seule différence est technique : alors que <em>Factorio</em> est en 2D isométrique avec une vue qui surplombe l’usine, <em>Satisfactory</em> se déroule à la première personne et plonge ainsi le joueur au cœur de la planète. C’est une expérience plus viscérale, forcément, et c’est en grande partie ce qui m’a attiré  vers lui. J’avais tellement apprécié l’original, je me suis dit que ça allait me plaire de reprendre le même concept avec cet autre point de vue. J’étais néanmoins un petit peu inquiet du côté répétitif et fort heureusement, cela n’a pas été du tout le cas.</p>
<p><em>Satisfactory</em> a beau ressembler de loin à une copie d’un autre jeu, il a suffisamment d’idées différentes pour paraître bien différent une fois la partie lancée. Il y a en effet de multiples différences notables avec <em>Factorio</em> : les ressources sont ici illimitées, par exemple, ce qui change totalement la stratégie et permet d’établir des installations permanentes. Si les animaux présents avant vous sur la planète peuvent aussi être agressifs, ils ne sont que des obstacles si vous croisez leur chemin et ne viennent pas vous attaquer, si bien que l’aspect stratégie est réduit à peau de chagrin. Cela ne m’a pas dérangé, au contraire, j’ai même activé l’option pour désactiver l’agressivité des créatures dès que je suis tombé dessus, car je trouve le jeu ainsi plus paisible et j’ai eu tout le loisir de me concentrer sur la partie exploration et production. L’exploration est un autre aspect fondamentalement différent : vous êtes littéralement perdu quand vous débutez une partie et le monde créé pour <em>Satisfactory</em> est immense. Je ne l’ai même pas exploré entièrement avant la fin de ma partie, même si j’étais proche, et ce n’est que tardivement que j’ai pu me déplacer facilement. Il est si grand que courir d’un bout à l’autre est très lent et il faut attendre les véhicules toujours plus puissants pour enfin pouvoir découvrir la planète et tous ses recoins. Je ne m’attendais pas à autant apprécier l’exploration : de temps en temps, je partais explorer ce monde assez magnifique d’ailleurs, même si l’on reste loin de la qualité des meilleurs jeux du moment, et c’étaient toujours des moments agréables, entre deux constructions ou optimisations de la chaîne de production.</p>
<p>Comme dans <em>Factorio</em>, il y a suffisamment d’éléments à produire, de recherches à mener, de bâtiments à construire et de rails à poser pour ne jamais s’ennuyer. J’ai terminé ma partie, avec une fusée partie vers d’autres horizons, après un petit peu plus de 120 heures de jeu et j’y ai pris énormément de plaisir. Je pourrais pointer du doigt quelques bugs et défauts ici ou là, mais les développeurs continuent de mettre leur jeu régulièrement à jour et je n’ai jamais rien rencontré de bloquant ou rédhibitoire. Si vous aimez le genre, <em>Satisfactory</em> mérite indéniablement un essai, en ayant tout de même conscience que vous risquez de perdre du temps, beaucoup de temps, à construire cette usine…</p>
]]></description></item><item><title>Adolescence, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/adolescence-netflix/</link><pubDate>Thu, 17 Apr 2025 21:40:58 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/adolescence-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/adolescence-netflix/adolescence.jpg">
        <p>Peut-on parler d’<em>Adolescence</em> sans d’abord évoquer le dispositif incroyablement dingue qui porte la série ? Les quatre épisodes d’environ une heure sont tous des plans-séquence sans aucune triche. Chaque épisode a été tourné d’un bout à l’autre, sans coupe cachée dans un mur ou un autre obstacle comme on en voit parfois. On suit l’action en temps réel sans pouvoir y couper et s’il y a évidemment un côté démonstratif, c’est aussi une excellente manière de créer une tension et d’impliquer le spectateur. On a l’impression d’assister à une véritable scène en direct, bien plus qu’avec une narration traditionnelle, avec un sentiment d’urgence assez oppressant, en particulier dans le troisième épisode qui se résume presque à une seule scène entre deux personnages. C’est très fort et il faut bien reconnaître que cette prouesse technique est une véritable réussite qui mérite d’être saluée. D’autant qu’ils n’ont <a href="https://variety.com/2025/artisans/news/adolescence-one-take-episodes-netflix-1236339292/">jamais triché</a> et qu’il a fallu plusieurs prises pour parvenir jusqu’au bout de chaque épisode, ce qui ressemble à un vrai cauchemar pour tout le monde. C’est encore plus bluffant quand on pense que l’acteur qui incarne Jamie, Owen Cooper, n’avait jamais tourné avant cette série ! Je savais avant de regarder la création de Netflix que ça allait être le cas et pour être honnête, je pensais initialement que ce serait un peu gadget. J’avais tort, ce choix apporte un réel bénéfice, en forçant la série à rester ancrée sur quatre moments très intenses, ce qui lui apporte un vrai plus.</p>
<p>Le fond est intéressant aussi, avec une histoire de meurtre sur un fond hélas bien trop banal de masculinisme et de sexisme. <em>Adolescence</em> la raconte de manière morcelée, son choix radical ne lui permet aucune autre option : le premier épisode est celui de l’arrestation, le deuxième correspond au temps de l’enquête le lendemain, le troisième à l’analyse psychologique quelques mois plus tard et le quatrième aux conséquences sur la famille plus d’un an après. J’ai bien aimé ce choix, qui permet de reconstituer la vérité à travers ces fragments de temps, sans pour autant tout éclairer. J’ai aussi apprécié la complexité du propos, qui ne condamne pas en bloc des personnages, qui cherche à comprendre les motivations sans excuser l’horreur et qui dresse une situation nuancée, même s’il manque le point de vue de la victime, forcément. Les flashbacks ne sont pas une option dans un plan-séquence, alors il faut accepter ce manque, même si les scénaristes auraient sans doute pu lui laisser davantage de place, notamment à travers le personnage de son amie dans le deuxième épisode. J’ai trouvé en tout cas que les choix étaient pertinents, avec une analyse assez complète du geste et de ses conséquences et les scénaristes sont même parvenus à créer des personnages complexes malgré la brièveté de l’ensemble. Le détective en charge de l’enquête, par exemple, a droit à une attention particulière grâce au rôle du fils, c’était inattendu.</p>
]]></description></item><item><title>Parenthood, NBC</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/parenthood-nbc/</link><pubDate>Wed, 16 Apr 2025 20:42:52 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/parenthood-nbc/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/parenthood-nbc/parenthood.jpg">
        <p><em>Parenthood</em> porte bien son nom : cette série de la NBC suit une famille à travers le temps, avec deux générations de parents et tous leurs enfants. Zeek et Camille Braverman, leur quatre enfants et tous leurs petits-enfants, au fil des ans et à travers leur quotidien, avec tout ce que cela implique de moments de joie et de drames. C’est tout et comme toujours dans cette catégorie, c’est bien suffisant si les personnages sont bien écrits et si les acteurs sont convaincants dans leur rôle. Fort heureusement, c’est le cas dans l’ensemble pour la création de Jason Katims, vaguement basée sur un long-métrage réalisé par Ron Howard. Même si elle souffre de quelques défauts, notamment liés à son format à l’ancienne, avec des séries qui peuvent atteindre la vingtaine d’épisodes parfois sans raison, <em>Parenthood</em> reste un joli portrait de famille, tout à la fois touchant et amusant, avec une vraie cohésion de groupe qui rend l’ensemble crédible.</p>
<p>Il faut saluer le travail des scénaristes, quand ils doivent imaginer des intrigues pour des dizaines de personnages dans les séries chorale comme celle-ci. Surtout dans les premières saisons, chaque personnage a droit à un petit peu de temps au sein de chaque épisode, ce qui explique en partie le format long. Naturellement, <em>Parenthood</em> est inégale, je ne crois pas que l’on puisse faire autrement quand une série s’étale sur 103 épisodes en seulement cinq ans. Malgré tout, le niveau moyen est très bon et s’améliore dans les premières saisons, ce qui est suffisamment rare pour le signaler. Je dirais que le point haut se situe autour des saisons 2 et 3, après quoi on est suffisamment attaché aux personnages pour continuer quoi qu’il arrive. Sur la fin, la création de NBC a tendance à tomber dans le piège du larmoyant, surtout pour quelques personnages qui semblent incapables d’exprimer une autre opinion. Il y a aussi cette tendance, assez naturelle hélas dans ces longues séries qui doivent entretenir le suspense, à attirer le drame partout et tout le temps. Cela m’a évoqué <a href="/serie/fosters-abc-family/"><em>The Fosters</em></a>, un autre portrait de famille où le drame peut prendre le dessus. Cela étant, il y a aussi une forme d’insouciance qui est plaisante, même si elle est aussi hautement irréaliste. Pour citer une autre référence, liée par la présence de Lauren Graham aux deux castings, il y a en cela un côté <a href="https://voiretmanger.fr/gilmore-girls-sherman-palladino-wb/"><em>Gilmore Girls</em></a>, dans cette capacité à faire abstraction des problèmes d’argent sauf quand ça arrange le scénario, et de s’en sortir malgré tout systématiquement face aux difficultés de la vie.</p>
<p>C’est une série à l’ancienne à cet égard, conçue sur un mode qui a largement disparu. <em>Parenthood</em> souffre aussi d’un manque de représentativité : malgré quelques efforts louables sur la couleur des personnages, on reste entre californiens riches, blancs et hétéros<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, il faut l’accepter dès le départ pour avoir une chance de l’apprécier. Lors de sa sortie, elle a été saluée pour sa représentation assez juste du syndrome d’asperger et Max Burkholder, le jeune acteur qui incarne Max, est d’ailleurs assez bluffant dans le rôle. C’est déjà bien, cela reste léger à mon goût. Malgré ces limites, j’ai bien aimé <em>Parenthood</em> et je la recommanderais si vous cherchez une ample série familiale.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<ol>
<li id="fn:1">
<p>Le seul personnage ouvertement queer disparaît à la moitié de la série et ne fait que des passages en coup de vent. Sans aller jusqu’à dire que ce traitement est même pire, c’est quand même dommage.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Beetlejuice Beetlejuice, Tim Burton</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/beetlejuice-beetlejuice-burton/</link><pubDate>Sun, 13 Apr 2025 18:14:43 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/beetlejuice-beetlejuice-burton/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/beetlejuice-beetlejuice-burton/beetlejuice-beetlejuice_affiche.jpg">
        <p><a href="https://voiretmanger.fr/beetlejuice-burton/"><em>Beetlejuice</em></a> avait-il vraiment besoin d’une suite ? La réponse est évidemment non et face à l’attrait des suites motivées par la nostalgie, on pouvait craindre le pire. C’est pourquoi j’ai lancé <em>Beetlejuice Beetlejuice</em> à reculons, encouragé par des avis pas si négatifs qu’escompté. De fait, Tim Burton ne se contente pas de répéter le film original et il parvient à trouver une histoire qui tient vaguement la route, tout en reproduisant l’univers mi-horrifique, mi-comique du long-métrage de la fin des années 1980. Sans aller jusqu’à dire que c’est une réussite parfaite qui mérite absolument d’être vue, j’ai trouvé l’ensemble assez divertissant et le cabotinage des acteurs principaux m’a bien amusé, c’est déjà ça. Je ne suis pas tout à fait convaincu par la fin ouverte qui appelle une suite (un troisième volet, nommé <em>Beetlejuice Beetlejuice Beetlejuice</em> est apparemment prévu), mais enfin, d’ici là, cette suite se regarde bien.</p>
<p>On prend les mêmes et on recommence : on sent que Tim Burton a cherché à rester aussi proche du premier film en faisant appel à un casting très proche. Dans le rôle titre, Michael Keaton est fidèle au poste, encore plus dingue une fois en 4K, avec un maquillage dégoûtant qu’on ne voyait pas aussi clairement la dernière fois. Wynona Rider reprend évidemment son rôle, même si c’est sa fille, incarnée par Jenna Ortega, qui la remplace en partie ici. La plus mémorable est sans conteste Catherine O&rsquo;Hara, qui occupe un rôle plus important pour notre plus grand plaisir. Les deux fantômes de la maison dans <em>Beetlejuice</em> sont les seuls qui n’ont pas été préservés, avec une excuse un peu facile pour excuser leur absence, assez illogique. Il y a aussi quelques nouveaux, avec un trio qui semble dans un concours pour l’interprétation la plus outrancière. Justin Theroux n’est pas mauvais en producteur pourri, mais il se fait écraser par Willem Dafoe et Monica Bellucci qui se font plaisir avec des rôles délicieusement absurdes, le premier comme mauvais acteur qui se prend pour un flic et la seconde comme terrifiante et agrafée absorbeuse d’âmes. Le second degré est bienvenu pour les trois acteurs, et je trouve que cela colle bien avec l’univers de bric et de broc imaginé par Tim Burton. L’utilisation du stop-motion au milieu de cet univers en 4K apporte une petite touche supplémentaire bienvenue à cet égard.</p>
]]></description></item><item><title>Elantris, Brandon Sanderson</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/elantris-sanderson/</link><pubDate>Sat, 29 Mar 2025 22:08:53 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/elantris-sanderson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/elantris-sanderson/elantris.jpeg">
        <p>Après <a href="/livre/ensoleille-sanderson/">trois</a> de <a href="/livre/yumi-peintre-cauchemars-sanderson/">ses</a> « livres <a href="/livre/tress-mer-emeraude-sanderson/">secrets</a> », il était temps pour moi de changer d’époque dans ma découverte de la biographie de Brandon Sanderson et quoi de mieux pour ça que de commencer par le début ? <em>Elantris</em> est le premier roman publié par l’auteur, ce qui le rend intéressant d’un point de vue meta. Le romancier prolifique n’avait encore sans doute pas établi toutes les règles de son immense univers, ce qui ne l’empêche pas de déployer une intrigue qui ressemble  indéniablement à du Sanderson, avec le même genre de mécaniques qui se mettent progressivement en place, une situation qui devient de plus en plus complexe et un dénouement explosif. Ce qui n’est pas une critique d’ailleurs, car cette familiarité ne veut pas du tout dire qu’il se répète. Dès ce premier ouvrage, le style de l’auteur est remarquablement en place, un humour déjà bien aiguisé et surtout une inventivité indéniable. Sa vision du fantastique est très originale, d’autant qu’on sait qu’il a eu de multiples autres idées par la suite, mais déjà ici, on a un univers riche et cohérent.</p>
<p>J’ai beaucoup apprécié <em>Elantris</em>, qui est plus simple par certains aspects que les romans à venir, tout en restant d’une sophistication impressionnante. Même si l’arc narratif principal m’a semblé assez simple, voire prévisible par moments, cela ne signifie pas pour autant que je me suis ennuyé, bien au contraire. L’histoire est très plaisante à suivre, l’écriture est vive et j’ai tourné les quelques 900 pages de l’édition de poche avec plaisir et sans trainer des pieds. Le côté plus limité de ce roman qui se suffit à lui-même est aussi plaisant, avec un dépaysement qui peut même être déroutant, ce que je n’attendais pas. En lisant quelques phrases constituées uniquement de mots inventés par le romancier, je me suis brièvement cru chez <a href="/sagas/le-livre-des-martyrs/">Steven Eriskon</a>. C’est une exagération bien entendu et Brandon Sanderson est incontestablement meilleur pour créer ses personnages, mais la densité de l’univers est palpable dès les premières pages et c’est aussi ce qui explique la réussite de l’ensemble. Pour un premier essai, c’est franchement brillant !</p>
]]></description></item><item><title>Le Comte de Monte-Cristo, Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/comte-monte-cristo-patelliere-delaporte/</link><pubDate>Sun, 23 Mar 2025 22:25:12 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/comte-monte-cristo-patelliere-delaporte/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/comte-monte-cristo-patelliere-delaporte/comte-monte-cristo.jpg">
        <p>Une œuvre peut-être adaptée trop de fois au cinéma ? Cette question n’a en tout cas pas découragé Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte qui, après avoir consacré deux films à partir des <em>Trois Mousquetaires</em>, s’attaquent à un autre monument d’Alexandre Dumas que l’on a déjà croisé des dizaines de fois sur petits et grands écrans<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. <em>Le Comte de Monte-Cristo</em> condense l’épais roman en à peine trois heures, ce qui implique forcément quelques ajustements. Beaucoup, en réalité, car les deux cinéastes n’ont pas hésité à prendre de larges libertés avec le matériau d’origine, ce qui ne me gêne pas vraiment. Les grandes lignes sont toujours là et l’esprit du récit d’origine est conservé, même s’il manque des scènes et personnages. Quelques ajouts, comme le rôle d’Angèle d’ailleurs massacré par une actrice qui joue de manière si caricaturalement française, semblent en effet inutiles, sans pour autant enlever à la réussite de l’ensemble. J’en étais le premier surpris, mais oui, j’ai passé un bon moment face à ce blockbuster à la française. Certes, les réalisateurs ont parfois la moins lourde sur les effets de style et une action qui cherche à en mettre plein la vue quitte à en faire trop. Certes, la musique est souvent exagérée, ce qui est tout de même la principale caractéristique de tout blockbuster.</p>
<p>Tout n’est pas parfait sans doute, mais <em>Le Comte de Monte-Cristo</em> est une grosse production, cela se voit et le film est très bien fait. Les effets numériques restent discrets (quoi que visibles et je n’ai pas compris pourquoi le superbe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Ferri%C3%A8res_(Ferri%C3%A8res-en-Brie)">Château de Ferrières</a> avait besoin d’un tel maquillage ridicule, au passage), les acteurs savent en général jouer de manière naturelle, l’histoire avance à bon rythme et je n’ai pas vu le temps passer. J’ai été frappé par la modernité de l’ensemble et même si c’est certainement en partie lié aux ajustements apportés par Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, le texte original n’a pas perdu de sa superbe. Cette histoire de vengeance est assez universelle et Alexandre Dumas a trouvé le bon équilibre entre un fond de romance, de l’aventure et une part de mystique, qui est d’ailleurs bien rendue dans cette version. L’orientalisme, très à la mode au cœur du XIX<sup>e</sup> siècle, est bien représenté ici, ce qui est assez rare. Ajoutez à cela la performance de Pierre Niney dans le rôle principal, l’acteur est impressionnant et pleinement investi dans le personnage. C’est ainsi une belle réussite dans l’ensemble et même s’il y a quelques défauts, ils ne m’ont pas gâché le plaisir.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<ol>
<li id="fn:1">
<p>Et que l’on croisera encore bien souvent, même prochainement d’ailleurs : une <a href="https://www.ecranlarge.com/series/news/comte-monte-cristo-feminin-tf1-audrey-fleurot">version au féminin</a> (avec Audrey Fleurot dans le rôle titre) est prévue par TF1, c’est original. Outre-Manche, la star de <em>Bridgerton</em> Regé-Jean Page veut créer sa propre adaptation avec lui-même bien entendu pour le rôle principal, c’est intrigant. L’histoire Alexandre Dumas continue manifestement de faire rêver.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Le Robot sauvage, Chris Sanders</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/robot-sauvage-sanders/</link><pubDate>Sun, 16 Mar 2025 22:01:11 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/robot-sauvage-sanders/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/robot-sauvage-sanders/robot-sauvage.jpg">
        <p>Par bien des aspects, <em>Le Robot sauvage</em> est un classique de l’animation pour toute la famille, avec des animaux qui parlent en guise de protagonistes et une intrigue centrée autour de l’éducation d’un petit par sa mère. Par bien des aspects aussi, le long-métrage réalisé par Chris Sanders est bien plus original qu’il n’en a l’air, avec son univers de science-fiction dystopique assez inattendu et son personnage principal qui est… un robot. C’est tout l’intérêt du film et la clé pour comprendre son succès, tout à fait mérité d’ailleurs. Cette adaptation d’une trilogie de Peter Brown est tout à la fois traditionnelle et novatrice, un savant mélange entre les recettes d’antan et la modernité qui se retrouve déjà dans le style. DreamWorks Animation a opté pour un dessin un petit peu brouillon, bien loin du photoréalisme qu’on avait l’habitude de croiser et plus proche finalement des films d’animation du siècle dernier. Le cinéaste évoque volontiers <a href="https://voiretmanger.fr/bambi-hand/"><em>Bambi</em></a> et <em>Mon voisin Totoro</em> en guise d’inspirations et cela se ressent. Il y a un côté <em>old-school</em> qui n’est pas déplaisant du tout, même si l’animation conserve la fluidité parfaite permise par l’ordinateur. Un compromis qui n’est pas nouveau, mais que je trouve toujours aussi plaisant et qui est ici particulièrement réussi.</p>
<p>Le fond est également convaincant, même si je m’attendais peut-être à une histoire au fond plus adulte. <em>Le Robot sauvage</em> est assez surprenant d’ailleurs à cet égard, avec une vision de la sauvagerie naturelle que je n’imaginais pas retrouver ici. À un moment, assez tôt dans le film, un bébé se fait (presque) manger pendant que sa mère listait le nombre d’enfants, ce qui est à la fois une bonne vanne et j’imagine assez perturbant pour un jeune public. La rencontre même entre le robot Roz et le petit oisillon se fait suite à la mort de la mère oie et de toute la portée, ce que le scénario ne manque pas de rappeler à plusieurs reprises : là encore, c’est amusant et potentiellement traumatisant. Dans le même temps, on reste sur une histoire très simple et assez enfantine, j’ai trouvé. J’ai beaucoup apprécié la dystopie par petites touches discrètes, comme lorsque l’on survole le Golden Gate Bridge submergé, et l’absence de toute information sur ce qui s’est passé est bienvenu, le scénario n’est pas centré sur les humains après tout. J’aurais peut-être davantage apprécié une intrigue plus complexe, comme la fin le laisse entendre, au lieu de la vision soudainement très angélique où tous les animaux de la forêt se mettent d’accord pour ne plus se manger et vivre ensemble en toute confiance. Brutalement, on revient dans la nature à la Disney, sans sauvagerie et au pire avec quelques chamailleries. Alors, c’est mignon tout plein, certes, mais le décalage avec le début est assez troublant.</p>
<p><em>Le Robot sauvage</em> semble ainsi avoir un petit peu de mal à choisir entre deux publics et ne parvient pas tout à fait à satisfaire les enfants ni les adultes. Pixar aurait sans doute opté pour un traitement différent et je crois que j’aurais préféré, ce qui ne veut pas dire que le film de Chris Sanders est raté pour autant. Visuellement magnifique, ses personnages sont bien écrits et j’ai apprécié l’équilibre entre humour et émotion. En somme, c’est un très bon film d’animation, sans être un chef-d’œuvre.</p>
]]></description></item><item><title>Les aventures imaginaires de Dick Turpin, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/aventures-imaginaires-dick-turpin-apple-tv+/</link><pubDate>Thu, 13 Mar 2025 21:56:45 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/aventures-imaginaires-dick-turpin-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/aventures-imaginaires-dick-turpin-apple-tv&#43;/dick-turpin.jpeg">
        <p><a href="/serie/sunny-apple-tv+/">Cette fois</a>, j’ai abordé <em>Les aventures imaginaires de Dick Turpin</em> en sachant que la série avait été abandonnée après la première saison, dans des circonstances d’ailleurs <a href="https://deadline.com/2025/01/the-completely-made-up-adventures-of-dick-turpin-scrapped-noel-fielding-season-2-apple-1236258328/">assez étranges</a> et alors que la suite avait été apparemment tournée en grande partie. J’étais malgré tout curieux de découvrir cette comédie britannique qu’on promettait pleine d’humour absurde que j’apprécie tant. Apple TV+ a par ailleurs opté pour un format raccourci, avec six épisodes d’une demi-heure seulement, ce qui ne demande pas un engagement trop important. Bilan : c’est une saison assez courte, qui aurait gagné à être enrichie de quelques épisodes de plus, à défaut d’avoir droit à une saison entière. L’humour décalé est clairement le point fort de la série, et j’imagine que l’on ressent pleinement toute l’implication de Noel Fielding, l’acteur principal qui laisse probablement transparaître toute sa personnalité à travers son personnage. Je dois avouer que je ne le connaissais même pas de nom et cette première rencontre m’a donné envie d’en voir plus (même si je l’avais déjà entendu dans l’excellente série d’animation <a href="/serie/desenchantee-netflix/"><em>Désenchantée</em></a> où il incarnait le bourreau Stan).</p>
<p>Tout n’est pas parfait, il y a quelques moments creux et l’humour si particulier ne fonctionne pas toujours pleinement, certes. Néanmoins, <em>Les aventures imaginaires de Dick Turpin</em> reste une série très plaisante, résolument et délicieusement <em>woke</em>, qui revisite les mythes des bandits de grand chemin avec un excellent sens de la dérision. J’ai passé un très bon moment, si bien que je regrette l’annulation, tout en recommandant malgré tout l’expérience à tous ceux qui apprécient l’absurde anglais.</p>
]]></description></item><item><title>Les Marées de Minuit, Steven Erikson</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/marees-minuit-erikson/</link><pubDate>Tue, 04 Mar 2025 21:56:38 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/marees-minuit-erikson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/marees-minuit-erikson/marees-minuit.jpg">
        <p>Imaginez un écrivain qui construit patiemment un univers heroïc-fantasy aussi complet que complexe, qui imagine des empires immenses, des guerres monstrueuses et qui établit le long de quatre longs et denses romans une époque, des lieux et des personnages qui petit à petit deviennent familier. Pour le cinquième roman de sa saga, vous vous dites qu’il va évidemment poursuivre sur cette lancée et ajouter des briques à ces fondations désormais solides. Sauf qu’il n’y a rien d’évident avec le travail de Steven Erikson qui décide plutôt, pour <em>Les Marées de Minuit</em> de partir ailleurs, à une autre époque et avec des personnages dont on ne sait rien<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Ne jamais aller où on l’attend, surprendre à toutes les pages… le lecteur qui a tenu jusque-là avec <em>Le Livre des Martyrs</em> sait normalement à quoi s’attendre, si bien que je n’étais même pas tellement surpris en découvrant cette histoire à part, bien dans le passé et sur un tout autre continent qui n’a absolument aucun lien géographique avec les lieux patiemment découverts auparavant. C’est déroutant, évidemment, et en même temps assez libérateur, puisque ce roman se suffit forcément à lui-même à ce stade de la saga, tout en apportant quelques éclairages intéressants sur l’univers.</p>
<p>Steven Erikson avait vraiment du mal à imaginer et faire parler ses personnages, c’était le principal point noir des premiers romans dans la saga et en particulier des <a href="/livre/jardins-lune-erikson/"><em>Jardins de la Lune</em></a>. C’est en forgeant que l’on devient forgeron, dit le dicton populaire, et pour le coup, cela s’applique assez bien au romancier. Il s’améliore de tome en tome et ici parvient à un bien meilleur niveau, avec des personnages fouillés et même convaincants, avec des personnalités bien marquées plutôt que de simples noms d’individus par ailleurs indistincts, forçant à les retrouver dans une longue liste pour se rappeler de leurs positions. J’étais frappé par la variété des personnages, avec même un sens du comique du côté de Tehol et Bugg que je n’attendais certainement pas à retrouver. <em>Les Marées de Minuit</em> m’ont parfois évoqué le travail de Terry Pratchett, avec Letheras à la place d’Ankh-Morpork et même si le canadien est encore loin du talent comique de son homologue britannique, j’ai beaucoup aimé ces passages. De même, j’ai apprécié le parcours de Trull Sengar dans l’autre camp, avec un vrai parcours psychologique qui fait que l’on s’attache et qui simplifie la lecture.</p>
<p>Mis bout à bout, ces bons éléments m’ont permis de trouver ce volet bien meilleur. Pour une fois, je n’ai pas été au bout seulement parce que j’étais impliqué dans cet univers à la richesse folle, je l’ai terminé en voulant savoir ce qui arrivait aux personnages et sincèrement curieux de qui arrive ensuite. <em>Les Marées de Minuit</em> est à cet égard une réussite et me donne de l’espoir pour la suite, que je compte bien lire, surtout maintenant que je suis arrivé à la moitié de la saga. Même s’il se déroule à une autre époque et à un autre endroit, ce tome a évidemment de multiples liens avec le reste et constitue une fondation importante dans les règles du jeu de cet univers plein de magie et de dieux en conflit. Des personnages importants ont ainsi été révélés ici et j’imagine que l’empire de Lether continuera de jouer un rôle dans les épisodes qui viendront. Steven Erikson glisse aussi quelques détails bienvenus, que ce soit sur l’histoire des Tiste Edur ou même le fonctionnement des garennes, un concept jusqu’ici toujours très flou et qui le reste grandement, tout en levant le voile sur quelques détails appréciables. Espérons que cette bonne tendance se confirme avec les prochains romans !</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>À une exception près, tout de même, Trull Sengar étant déjà apparu dans <a href="/livre/maison-chaines-erikson/"><em>La Maison des Chaines</em></a>, où il ne m’avait toutefois pas laissé un souvenir impérissable. Cela aurait été sans doute différent si j’avais appris à le connaître avec ce tome, mais si les choses pouvaient être si simples chez Steven Erikson, cela se saurait.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Autour du phare de Malachap</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/autour-phare-malachap/</link><pubDate>Sun, 02 Mar 2025 16:55:08 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/autour-phare-malachap/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/photo/autour-phare-malachap/IMG_7895.jpeg">
        <p>Ne connaissant pas encore le coin, j’ai été d’abord quelque peu dépité par la promesse du « phare » de Malachap. Techniquement, il y a bien une lumière en hauteur<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, même si je parlerais plus d’une balise que d’un phare. Qu’importe, la rivière de Brigneau qui se jette ici dans l’océan Atlantique forme un magnifique petit coin et le cadre parfait pour des ballades le long du sentier côtier, tant vers le Belon qu’en remontant vers le petit port.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Qui est d’ailleurs <a href="https://www.moelan-sur-mer.bzh/decouvrir/les-grands-projets/digue-de-brigneau/">toute récente</a> : notre promenade dans le calme printanier de cette fin d’hiver ne permettait pas d’envisager les attaques continues des vagues que ce môle et son phare subissent à longueur d’année.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Sunny, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/sunny-apple-tv+/</link><pubDate>Fri, 28 Feb 2025 21:23:48 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/sunny-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/sunny-apple-tv&#43;/sunny.jpeg">
        <p>L’inconvénient de ne rien vouloir lire sur les séries avant de les regarder, c’est que je ne sais jamais avant de commencer une saison si son créateur a décidé de l’annuler ou si elle a été renouvelée pour une saison de plus. D’un côté, c’est très bien ainsi, mon jugement n’est pas entaché par une annulation précoce ; d’un autre, ai-je envie de prendre du temps pour commencer une histoire sachant qu’elle n’aura pas de fin ? Malheureusement, <em>Sunny</em> n’aura jamais de suite, alors qu’elle a été prévue pour. Le dixième épisode ne devait évidemment pas être le dernier, il se termine sur une surprise qui devait relancer l’histoire dans une autre direction… qui n’aura jamais lieu. Malgré sa richesse quasiment infinie, Apple a manifestement décidé que ses créations devaient être être rentables et les annulations se sont multipliées ces derniers mois, alors que cela aurait été pourtant une belle manière de se distinguer de Netflix et de tous les autres.</p>
<p>Bref, j’ai vu <em>Sunny</em> et je ne le regrette pas. Je savais que l’adaptation n’était pas du tout fidèle au roman, mais comme je n’ai pas lu le roman, cela ne m’a pas gêné. J’ai trouvé ce thriller comique au Japon assez fun dans l’ensemble, même si je ne sais pas trop si les yakuzas étaient bien nécessaires dans l’ensemble. L’univers de science-fiction rétro-futuriste fonctionne très bien, le robot qui donne son nom à l’ensemble est bien conçu et face à lui, Rachida Jones est parfaite dans le rôle principal d’Américaine vulgaire au Japon. Techniquement, c’est irréprochable, le scénario avance à bon pas et l’ensemble est bien rythmé, malgré quelques baisses de régime sur la fin. Katie Robbins a créé un bon divertissement, avec un petit peu de suspense, des moments très drôles, de la tristesse aussi et un questionnement sur l’intelligence artificielle et les robots qui est peut-être assez bateau, ce qui ne l’empêche pas d’être pertinent. Je n’ai pas beaucoup de critiques à faire et j’aurais aimé savoir ce qui se passe ensuite… dommage.</p>
]]></description></item><item><title>Hayao Miyazaki et le Héron, Kaku Arakawa</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/hayao-miyazaki-heron-arakawa/</link><pubDate>Sun, 23 Feb 2025 21:46:33 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/hayao-miyazaki-heron-arakawa/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/hayao-miyazaki-heron-arakawa/hayao-miyazaki-heron.jpg">
        <p>Sept ans, c’est le temps qu’il a fallu à Hayao Miyazaki pour réaliser <a href="https://nicolasfurno.fr/film/garcon-heron-miyazaki/"><em>Le Garçon et le héron</em></a>, son dernier long-métrage jusqu’à nouvel ordre. Pendant cette longue période, Kaku Arakawa a de nouveau posé ses caméras dans le quotidien du cinéaste, poursuivant une habitude qu’il a instauré depuis <a href="https://voiretmanger.fr/ponyo-sur-la-falaise-miyazaki/"><em>Ponyo</em></a>, il y a  plus de 15 ans de cela. <em>Hayao Miyazaki et le Héron</em> est le premier documentaire de ce type que je regardais et j’ai bien ressenti dès le départ une sorte de complicité entre le réalisateur du documentaire et le maître de l’animation, ce qui est logique : ils se connaissent bien. Hayao Miyazaki n’aurait sans doute pas accepté qu’un autre soit aussi présent et témoin à la fois de sa créativité et surtout de ses faiblesses. Son départ à la retraite tient désormais plus de la blague récurrente que d’une idée sérieuse, mais on sent bien qu’il s’agissait cette fois de son dernier film. Non pas tant parce qu’il a choisi d’arrêter et de profiter du bon temps, bien plus parce que ses capacités diminuent progressivement et qu’il n’est plus que l’ombre de lui-même.</p>
<p>Quelle ombre, le film qui en résulte en témoigne bien. Malgré tout, j’ai été frappé par la manière dont le documentaire évoque frontalement les difficultés de son sujet, qui ne parvient plus à se concentrer, qui oublie les images qu’on vient de lui montrer, qui ne sait plus dessiner et qui se perd dans les méandres de son cerveau et de ses souvenirs. Alors qu’il fête son quatre-vingtième anniversaire, Hayao Miyazaki voit ses proches mourir les uns après les autres, Isao Takahata en tête. Ce collègue, mentor, rival a été essentiel pour le studio Ghibli autant que pour lui et leur relation, souvent conflictuelle de son vivant, est ici surtout touchante maintenant qu’elle a disparu. <em>Hayao Miyazaki et le Héron</em> filme souvent son sujet de très près, on ressent sa peine en même temps que ses difficultés croissantes au quotidien. Si son dernier film est parfois confus, c’est parce qu’il était à son image : on le voit naviguer à vue, déléguer une séquence qu’il n’arrive pas à animer, ne pas savoir exactement ce qu’il doit raconter… c’est tout à la fois fascinant, comme toujours, de lever légèrement le voile sur un processus créatif et triste de découvrir un processus créatif face à de telles difficultés.</p>
<p><em>Hayao Miyazaki et le Héron</em> est un documentaire passionnant, même s’il ne donne pas énormément de clés pour comprendre tout ce qui s’y passe. C’est une plongée dans le quotidien du cinéaste, avec un accent porté sur ses relations avec Toshio Suzuki, producteur de tous ses films, co-créateur du studio Ghibli et le héron de sa dernière œuvre, ce qui en dit long sur leur relation tant professionnelle que personnelle. C’est de l’amour vache et le respect mutuel est entremêlé de mots parfois acerbes, mais surtout d’inquiétudes de la part du producteur qui voit son ami et collègue décliner. Hayao Miyazaki est à l’égal de ses films, toujours entre réalité et fantastique, ce qui lui a joué des tours sur ce dernier projet, même si son perfectionnisme transparaît en permanence dans ce documentaire. Jusqu’au bout, il a tout contrôlé d’une main de fer, jusqu’aux interprétations des comédiens qui ont donné leur voix aux personnages.</p>
]]></description></item><item><title>Chef’s Table: Noodles, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/chefs-table-noodles-netflix/</link><pubDate>Sat, 22 Feb 2025 08:39:24 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/chefs-table-noodles-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/chefs-table-noodles-netflix/noodles.jpg">
        <p>J’avais zappé cette saison spéciale nouille de la série Netflix, alors comme j’aime <em>Chef’s Table</em> et les nouilles, il était grand temps de réparer cette erreur. Comme <a href="/serie/chefs-table-pizza-netflix/">pour les pizzas</a> et avant une <a href="/serie/chefs-table-netflix-saison-7/">septième saison plus variée</a>, ces quatre épisodes sont réunis par une même thématique. Et pourtant, ils pourraient difficilement être plus différents, avec deux blocs qui se dégagent très bien. Deux épisodes tournés vers l’Italie, deux vers l’Asie, deux consacrés à des chefs masculins et deux femmes, deux passionnants et deux si terriblement insupportables qu’on a failli les arrêter avant la fin… je vous laisse deviner lesquels vont dans quelle catégorie. Heureusement qu’il y avait des jolis plans et des plats de pâtes appétissants pour compenser, parce que ni Evan Funke de Los Angeles, ni Peppe Guida de Sorrente ne méritaient notre attention. Il faut dire que la série créée il y a dix ans par David Gelb a toujours eu tendance à tomber dans le précieux un peu lourdingue. C’était bien pire avec ces deux-là et des commentaires incroyables, dans l’esprit de spaghetti à la sauce tomate qui changeront votre vie pour toujours, ou alors que les pâtes fraiches faites maison sont les seules qui méritent d’être ne serait-ce qu’évoquées. Quel enfer.</p>
<p>Fort heureusement, les deux autres épisodes étaient à la fois plus calmes et infiniment plus riches. Guirong Wei, cheffe d’origine chinoise qui travaille à Londres et Nite Yun, d’origine cambodgienne à Oakland, apportent un univers que l’on connaît finalement mal. Les nouilles venues d’Asie sont bien connues naturellement, mais la gastronomie khmer et du Xi’an ne sont pas les plus répandues et j’ai découvert des saveurs ou associations insoupçonnées. Au-delà de la cuisine, leurs histoires personnelles sont touchantes et leurs personnalités nettement plus humbles, ce qui donne envie de s’intéresser à ce qu’elles servent dans leurs restaurants spécifiques. C’est surtout Guirong Wei qui ressort de cette saison pour moi, son parcours est bluffant et sa cuisine vraiment originale, notamment ces nouilles passées sous de l’huile bouillante juste avant de servir pour les frire un petit peu. Voilà qui me donne envie de manger un jour dans <a href="https://master-wei.com/location/">l’un de ses restaurants</a>, au lieu d’avoir un cours ampoulé sur la seule vraie pâte italienne.</p>
]]></description></item><item><title>The Gorge, Scott Derrickson</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/gorge-derrickson/</link><pubDate>Sun, 16 Feb 2025 21:44:56 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/gorge-derrickson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/gorge-derrickson/gorge.jpeg">
        <p>Est-ce que j’aurais regardé <em>The Gorge</em> si Trent Reznor et Atticus Ross n’avaient pas signé la bande-originale ? Probablement pas. Est-ce que je regrette les deux heures passées devant le dernier film Apple TV+ ? Un petit peu, hélas. Le concept de base est intéressant et j’irais jusqu’à dire que le début est même très réussi, jusqu’à une étrange bascule de genre qui, à mon sens, ne tient pas la route. Si vous comptez le voir, arrêtez votre lecture ici, sous peine de révéler quelques twists et lever quelques secrets.</p>
<p>Sorti pile le jour de la Saint-Valentin, <em>The Gorge</em> ressemble à une variante originale de comédie romantique, tendance film d’action. Deux snipers d’élite, l’Américain Levi et la Lithuanienne Drasa — qui travaille en réalité pour la Russie, ne pardons pas de vue les fondamentaux — sont envoyés pour surveiller la gorge du titre, un lieu rendu mystérieux par une bonne dose de brume et surveillée par un lourd dispositif militaire. Ils ne savent pas où ils sont exactement, ni ce qu’ils doivent surveiller, juste que les deux blocs d’après-guerre se sont mis d’accord pour placer une personne de chaque côté du trou et surtout empêcher quoi que ce soit, ou quiconque, de sortir. Voilà le point de départ et si les deux soldats ne sont pas censés communiquer, nos deux héros vont enfreindre les règles et échanger d’abord par messages, puis tomber amoureux, vous voyez l’idée. J’étais intrigué par ce point de départ original et m’attendais à découvrir une comédie romantique assez classique construite autour de cette gorge. Sauf que le film de Scott Derrickson ne faisait que commencer et il avait prévu tout un développement loin de la subtilité initiale. Bien au contraire, on découvre très vite les créatures qui viennent des bas-fonds et par la suite, les deux héros plongent la tête la première dans un univers horrifique qu’un Tim Burton aurait pu créer.</p>
<p>J’ai du mal à saisir la direction artistique, avec un rendu très kitsch lié notamment à la brume qui change constamment de couleurs. Les créatures ne sont pas bien meilleures et ce n’est clairement pas dans cette direction que j’attendais le film. Alors, j’adore être surpris par une œuvre qui va à rebours de ce que l’on attend, mais il faut que ce soit maîtrisé et cohérent. Le problème ici, c’est que ce développement vers l’action un peu bête est aussi moche qu’inutile. <em>The Gorge</em> n’avait pas besoin de tout cela et le long-métrage aurait été parfait, selon moi, en gardant le mystère. On ne devrait jamais voir ce qui sort de la gorge, on ne devrait même pas savoir ce qu’il y a au fond. Les deux personnes pouvaient braver l’interdire et tomber amoureux, Sigourney Weaver aurait pu venir les tuer pour cela, ils auraient pu fuir et tout détruire en représailles… on tenait là une bien meilleure comédie romantique. C’est d’autant plus dommage que Miles Tiller et Anya Taylor-Joy forment un très beau couple, crédible sans trop en faire. En l’état, c’est franchement oubliable.</p>
]]></description></item><item><title>III, Last Train</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/iii-last-train/</link><pubDate>Fri, 14 Feb 2025 22:05:52 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/iii-last-train/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/iii-last-train/iii.jpg">
        <p>Je découvrais avec <em>III</em> le groupe Last Train, pourtant français et qui a manifestement une carrière déjà bien établie depuis ses premiers pas il y a dix ans de cela. Le rock français n’est plus trop ma tasse de thé, en grande partie à cause de Bertrand Cantat — et pourtant, que j’ai été fan de Noir Désir dans ma jeunesse… —, mais j’ai été agréablement surpris par ce que j’ai découvert sur cet album. Les textes en anglais me conviennent mieux, c’est plus facile de travailler en parallèle, et l’influence assez évidente de Nine Inch Nails ne pouvait que me séduire. Le premier morceau, « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=CltmaxjO4E4"><em>Home</em></a> », marque le ton avec une entrée en matière assez sombre et des riffs de guitare assez violents, ce qui ne veut pas dire que les neuf titres de <em>III</em> sont tous à cette image pour autant. En écoutant l’album, j’ai été au contraire impressionné par la variété de ce que j’entendais. On reste toujours sur une base très rock, tendance industrielle, ce qui n’empêche pas quelques pauses bienvenues et un savoir-faire indéniable de la part du groupe. « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=3JtmkfIhRjg"><em>How Does It Feel ?</em></a> » ou « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=b8QYSe7EOxA"><em>Revenge</em></a> » font une belle place au piano et à des sonorités plus douces, ce qui m’a étonné. Il y a un savant mélange, une alternance entre des morceaux qui tapent fort (« <a href="https://www.youtube.com/watch?v=UTwRqGlIaIs"><em>One By One</em></a> », avec des passages très Nine Inch Nailsiens) et d’autres plus doux, on ressent une belle maîtrise dans les effets et un sens des morceaux allongés, ce qui n’est jamais pour me déplaire. « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=hEbsTvbXK6k"><em>This Is Me Trying</em></a> » en est un bon exemple, avec un départ tout doux et une montée en puissance qui m’a évoqué le post-rock, une autre excellente référence. Dans un autre genre, « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Iu8vi9gniLQ"><em>I Hate You</em></a> » est un autre <em>crescendo</em> très efficace qui offre une belle conclusion à l’album.</p>
<p>Je dois reconnaître que j’ai abordé <em>III</em> avec un certain scepticisme. Le groupe alsacien m’a rapidement convaincu et son dernier album tourne en boucle depuis ma découverte. Je suis curieux de découvrir leur carrière, d’autant qu’elle a l’air fascinante : avant de sortir cet album, le groupe a notamment créé une bande-originale pour un film… qui n’existe pas. En attendant, je recommande ces neuf titres énervés et plus riches qu’on pourrait le croire.</p>
]]></description></item><item><title>Shrinking, Apple TV+ (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/shrinking-apple-tv+-saison-2/</link><pubDate>Wed, 12 Feb 2025 22:04:07 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/shrinking-apple-tv+-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/shrinking-apple-tv&#43;-saison-2/shrinking-2.jpeg">
        <p>La <a href="/serie/shrinking-apple-tv+/">première saison</a> m’avait emballé par son art des mélanges, constamment entre drame et humour, et surtout par sa capacité à gérer aussi bien les deux. J’étais ravi de découvrir la suite et encore plus de constater que ces douze épisodes restent sur la lancée des dix précédents. Sans tomber dans l’angélisme niais, <em>Shrinking</em> est résolument une série <em>feel-good</em>, ce qui ne fait pas de mal par les temps qui courent. Les personnages de cette série affrontent des difficultés réelles face auxquelles il n’y a pas toujours de solutions. Pour autant, les scénaristes choisissent de garder un cap plein d’optimisme, si bien qu’on sait qu’ils s’en sortiront malgré tout. C’est une célébration de la famille qui s’est composée par tous ces personnages autour de Jimmy, une famille choisie qui est certainement l’élément le plus important pour aider le personnage principal et tous ceux qui l’entourent. C’était déjà le cas précédemment, ça l’est encore plus dans cette suite, qui s’éloigne encore davantage du cabinet de psychologie et accorde encore plus de place aux personnages secondaires. La famille s’agrandit même avec l’arrivée d’un enfant pour Brian et Charlie ou encore de la mère de Gaby, même si c’est surtout l’introduction de Louis, l’homme qui a tué la femme de Jimmy, que l’on retiendra.</p>
<p>Son ajout bouscule les équilibres en place et provoque une nouvelle crise pour Jimmy comme pour sa fille Alice. C’est un choix intéressant, qui évite à <em>Shrinking</em> de tomber dans la répétition et lui permettant d’aborder des sujets classiques, mais néanmoins porteurs, comme le pardon. Sans trop en dire, la série d’Apple TV+ évoque grâce à cet ajout des thématiques plus sombres qui ne viennent pas casser la dynamique d’ensemble et ruiner le côté positif. Certes, tous ces personnages de Californiens jamais ennuyés par le moindre souci financier sont assez caricaturaux. Si on parvient à passer outre, je trouve que la série se tient remarquablement bien et j’ai hâte de découvrir la suite de leur histoire.</p>
]]></description></item><item><title>Disclaimer, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/disclaimer-apple-tv+/</link><pubDate>Mon, 10 Feb 2025 21:58:07 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/disclaimer-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/disclaimer-apple-tv&#43;/disclaimer.jpeg">
        <p>Adaptation d’un roman de Renée Knight, <em>Disclaimer</em> est une mini-série entièrement écrite et réalisée par Alfonso Cuarón, ce qui la rend tout de suite plus intéressante. La présence au casting de Cate Blanchett devrait finir de vous convaincre, en tout cas cela a été mon cas et j’ai lancé la création d’Apple TV+ sans rien lire à son sujet. Je vous encourage à faire de même, puisque son intérêt est d’abord scénaristique : ce thriller psychologique mérite d’être découvert sans savoir à l’avance ce que l’histoire vous réserve<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. L’autre avertissement sera technique. Je n’ai jamais vu une œuvre de fiction utiliser l’audio spatial de manière aussi agressive, au point de rendre des sections presque inaudibles sans un excellent matériel. Les voix peuvent se retrouver derrière vous et si vous n’avez pas d’enceintes à l’arrière correctement calibrées ou pire, si vous avez des enceintes qui simulent l’audio spatial, vous aurez besoin des sous-titres pour ne pas rater la moitié des dialogues ou une partie de la narration. Alfonso Cuarón a toujours aimé expérimenter et cela va sans doute trop loin ici, à tel point que bon nombre de spectateurs, moi y compris, croit <a href="https://www.reddit.com/r/appletv/comments/1g24k99/disclaimer_onesided_dialog_glitch_with_appletv/?rdt=60690">qu’il y a un bug sur la piste audio</a>. Passer en stéréo a paradoxalement amélioré la situation, mais c’est dommage d’en arriver là, d’autant que cela n’apportait finalement pas grand-chose et cela m’a semblé assez gratuit.</p>
<p>Tout ceci posé, j’ai trouvé <em>Disclaimer</em> bien mené et surtout remarquablement interprété. Cate Blanchett n’est pas devenue Cate Blanchett sans raison et l’actrice le rappelle avec une spectaculaire démonstration dans ce rôle exigeant. Elle impressionne dès qu’elle est à l’écran et surtout sur la fin, où sa prestation est vraiment bluffante. Autour d’elle, le casting est également très bon, mention spéciale à Kevin Kline qui est parfaitement effrayant dans le rôle du père vengeur. La narration non-linéaire adopte plusieurs points de vue, avec une utilisation importante des narrateurs, parfois un peu trop peut-être. Alfonso Cuarón est un metteur en scène hors pair, qui parvient notamment à transmettre l’idée du chaos à travers sa caméra, même s’il abuse par endroits de ses effets. Dans l’ensemble, le thriller est bien mené, l’intrigue est prenante et on a envie de savoir comment Jonathan a pu mourir, puis comment Catherine a pu le laisser mourir. Sur le fond, j’aurais trouvé plus intéressant que la révélation finale soit moins tranchée (Jonathan aurait pu être abusif sans être aussi violent), mais c’est sans doute ainsi que le roman a été écrit. Ce que dit la série sur le traitement des femmes abusées est en tout cas très fort et la démonstration est subtile, le cinéaste ne tombe jamais dans le didactisme : brillant.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Même si, énorme <em>spoiler alert</em>, arrêtez de lire ici, même si, donc, les avertissements présentés par Apple TV+ avant chaque épisode sont des énormes sources de divulgâchage. C’est une question difficile en même temps : prévenir qu’une œuvre traite de sévices corporels et sexuels est une bonne idée pour éviter un traumatisme chez les spectateurs qui y sont sensibles. D’un autre côté, c’est littéralement le twist du septième épisode et on attend que cela survienne pendant les six précédents.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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</div>
]]></description></item><item><title>Bad Sisters, Apple TV+ (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/bad-sisters-apple-tv+-saison-2/</link><pubDate>Tue, 04 Feb 2025 22:35:05 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/bad-sisters-apple-tv+-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/bad-sisters-apple-tv&#43;-saison-2/bad-sisters-2.jpeg">
        <p>La <a href="/serie/bad-sisters-apple-tv+/">première saison</a> de <em>Bad Sisters</em> offrait un équilibre assez unique d’humour noir mâtiné de suspense et je ne pensais pas que la série méritait nécessairement une suite. Apple TV+ en a décidé autrement, avec une nouvelle saison qui reprend deux ans plus tard, deux ans après la mort de Jean-Paul et alors que Grace s’apprête à se remarier avec Ian. Était-ce une bonne idée de poursuivre ? Après huit délicieux et hilarants épisodes, ma réponse est un grand oui. Certes, je crois que la première saison était plus cohérente et l’idée des sœurs qui tentent de tuer un homme et échouent lamentablement à chaque fois fonctionnait très bien. Ici, la police s’en mêle, elles essaient de s’en sortir tout en affrontant une nouvelle menace, sans tomber dans la répétition pour autant. Je dirais que Sharon Horgan parvient à maintenir l’état d’esprit, tout en explorant d’autres voies et en offrant à ses personnages davantage de places pour grandir, tout en multipliant les rebondissements, avec d’ailleurs une grosse surprise que je n’avais pas du tout anticipée au beau milieu. À défaut d’être réaliste, mais je crois que cela n’a jamais été l’objectif ici, le scénario est souvent très drôle et c’est le plus important.</p>
<p>Si vous appréciez l’humour noir, ‌<em>Bad Sisters</em> reste ainsi une valeur sûre et le casting est toujours aussi impeccable. En plus des cinq sœurs, toutes excellentes, je retiendrai surtout la présence de la délicieusement flippante Fiona Shaw qui rejoint la saison dans un rôle très différent de celui qu’elle avait dans <a href="https://voiretmanger.fr/killing-eve-waller-bridge-bbc-america/"><em>Killing Eve</em></a> et tout aussi convaincant. Chaque apparition est un spectacle toujours plus impressionnant au fil de la progression de la saison et le succès de l’ensemble lui doit beaucoup. Je ne sais pas si Apple TV+ a prévu d’étendre encore la série et j’aurais peur que ce soit une mauvaise idée qui basculerait dans le n’importe quoi déplaisant. En attendant de pouvoir le vérifier, je recommande chaudement les deux saisons.</p>
]]></description></item><item><title>Demain, et demain, et demain, Gabrielle Zevin</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/demain-demain-demain-zevin/</link><pubDate>Sat, 01 Feb 2025 22:45:59 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/demain-demain-demain-zevin/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/demain-demain-demain-zevin/demain-demain-demain.jpg">
        <p>Le roman commence par une retrouvaille fortuite dans le métro : des années plus tard, Sam croise le chemin de Sadie et ils échangent quelques mots, sans savoir encore que cette brève rencontre va cimenter le reste de leur vie. Dès les premières pages, Gabrielle Zevin happe le lecteur avec une écriture aussi simple qu’efficace et des personnages immédiatement intrigants. <em>Demain, et demain, et demain</em> remonte ensuite le temps pour évoquer la première rencontre entre les deux personnages principaux, tout en établissant leurs débuts en tant que créateurs de jeux vidéo dans les années 1990. Le récit se déroule ensuite sur plus de dix ans, où l’on suit les relations compliquées entre Sam et Sadie, ainsi que le parcours de Marx, d’abord colocataire du premier, puis partenaire de l’entreprise créée pour l’occasion. Je ne veux pas trop en révéler sur l’intrigue, qui contient quelques surprises et en particulier une grosse et inattendue au beau milieu du roman. C’est comme un coup de poing qui survient brutalement et je me rappelle encore avoir lu ce chapitre, les lecteurs sauront auquel je fais référence, avec beaucoup d’émotion. La preuve que les personnages imaginées par l’autrice sont réussis, on s’attache à eux comme si on les connaissait intimement.</p>
<p>Je comprends sans peine pourquoi <em>Demain, et demain, et demain</em> a intéressé Hollywood. Avant même la sortie du roman aux États-Unis et son immense succès, les droits avaient été achetés et une adaptation est en préparation. Je ne sais pas si ce sera aussi fort que le roman, mais j’imagine bien ce que cela pourrait donner, notamment parce que le style simple et direct de Gabrielle Zevin est assez facile à adapter<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. La richesse du texte sera difficile à conserver, car il y a beaucoup d’éléments ici, notamment sur l’univers du jeu vidéo. J’ai apprécié le travail de recherche qui a manifestement été mené pour décrire justement le travail de deux pionniers dans la création de jeux vidéo. On sent aussi un vrai respect de la romancière pour cet art, avec une bonne vision de l’industrialisation du domaine et ses dérives ou effets négatifs sur les personnes impliquées. Naturellement j’ai aussi beaucoup aimé la diversité des personnages, sans que ce soit jamais forcé. Entre le handicap de Sam, la bisexualité de Marx, le mélange des origines pour les deux, l’homosexualité d’Ant et Simon et même, tristement, le genre de Sadie : il y a de quoi faire et c’est tout à l’honneur de l’écrivaine de faire ces choix et de garder en tête tous ces sujets. Même si ce sont des sujets malgré tout, à l’image du personnage dans le premier jeu créé par Sadie et Sam, qui a d’abord été pensé pour ne pas être genré, avant d’être masculinisé sous la pression des distributeurs. <em>Demain, et demain, et demain</em> n’en fait pas un commentaire explicite, car ce n’est pas nécessaire : tous les enjeux autour du monde du jeu vidéo et la masculinité toxique sont présents. La violence des joueurs, les biais sexistes des médias, tout est concentré dans ce roman, qui est aussi une très belle histoire d’amour.</p>
<p>Gabrielle Zevin suit en effet avant tout ses personnages et leurs relations, avec au cœur de tout le roman, l’histoire entre Sam et Sadie. Au fil des pages, elle compose avec soin deux personnages psychologiquement très bien définis et mus par une relation toujours compliquée, dès le tout départ. C’est ça qui est intéressant, ce n’est pas une romance facile et même s’il y a indéniablement de l’amour, rien n’est simple entre les deux. Il ne faudrait pas oublier Marx, qui est vraiment l’autre personnage central, celui qui souvent réuni les deux autres et qui est tout aussi remarquablement écrit. <em>Demain, et demain, et demain</em> tient d’abord sur ce trio qui trouve un écho intéressant avec le titre, qui n’est rien de moins qu’une citation de Shakespeare. Un excellent roman, qui mérite tout son succès et que je recommande chaudement.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>La version française, elle, laissait un petit peu à désirer, avec de nombreuses traductions littérales. Un « D’accord pour ne pas être d’accord » me reste encore en tête…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
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</div>
]]></description></item><item><title>Silo, Apple TV+ (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/silo-apple-tv+-saison-2/</link><pubDate>Fri, 31 Jan 2025 21:55:00 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/silo-apple-tv+-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/silo-apple-tv&#43;-saison-2/silo-2.jpeg">
        <p>La <a href="/serie/silo-apple-tv+/">première saison</a> m’avait enchanté. Non pas tant pour l’univers post-apocalyptique assez banal, pas plus pour le concept du silo organisé socialement de haut en bas assez cliché, mais bien pour cette idée phare : les 10 000 survivants n’ont aucune mémoire collective, on les a privé de toute histoire et ils ne savent pas pourquoi leur monde est ainsi, ni pourquoi les règles qui les régissent au quotidien existent. C’est cela qui faisait toute la différence et une série de découvertes bien menées jusqu’à la dernière dans l’ultime épisode : le titre de la série pourrait s’écrire au pluriel, car il y a en réalité plusieurs silos. Juliette Nichols était alors forcée de sortir et la deuxième saison se charge de la suite. Inutile de faire durer le suspense : j’ai trouvé <em>Silo</em> aussi bonne sur ces dix nouveaux épisodes et, malgré quelques facilités ici ou là, la cohérence de l’univers m’a encore plus bluffé. Sans trop en révéler sur le contenu, je peux dire que la troisième saison est attendue avec tout autant d’excitation au terme de celle-ci, avec la sensation d’être au bord du précipice et sur le point de faire un grand bon en avant. Ça promet !</p>
<p>En attendant de savoir ce que Graham Yost nous réserve — je dois dire que lire les livres est terriblement tentant —, ces dix nouveaux épisodes ouvrent un petit peu plus l’univers en introduisant un deuxième silo et quelques personnages. C’est une bonne manière de ne pas tomber dans la répétition, <em>Silo</em> parvient ainsi à explorer davantage de thématiques et à créer quelques personnages de plus. L’ancienne shérif, incarnée par une Rebecca Ferguson parfaitement à son aise, reste au centre des enjeux, naturellement. Néanmoins, en son absence dans le silo original, le scénario laisse plus de place au maire, à Bernard Sims, à Walker et plusieurs autres machinistes : l’univers gagne en épaisseur et en crédibilité. Cela dit, s’il fallait retenir un seul personnage dans cette suite, c’est bien celui de Solo qui reste en tête : brillamment incarné par un Steve Zahn en grande forme, il apporte beaucoup à l’arc narratif principal. Même si la survie de Juliette est parfois un peu exagérée (fallait-il vraiment la placer dans des situations si compliquées ?), l’ensemble tient la route, la tension est au rendez-vous et on en apprend toujours plus sur cet univers, sans avoir encore toutes les clés pour le comprendre.</p>
<p>Quoi qu’il arrive ensuite, Apple TV+ a remarquablement mené son adaptation des romans et <em>Silo</em> est une excellente série à recommander à tous les amateurs de science-fiction. Et pas que, finalement : si la technologie prend un petit peu plus de place et si on cherche à en savoir plus sur l’apocalypse qui a eu lieu quelques siècles auparavant, on reste sur des histoires entre humains avant tout. Au fond, l’intrigue pourrait tout aussi bien se dérouler au XIX<sup>e</sup> siècle, cela ne changerait <em>presque</em> rien. Vivement la saison 3.</p>
]]></description></item><item><title>Asura, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/asura-netflix/</link><pubDate>Sun, 26 Jan 2025 21:15:47 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/asura-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/asura-netflix/asura.jpg">
        <p>Hirokazu Kore-eda poursuit son travail avec Netflix et après le monde des geishas dans <em>‌<a href="/serie/makanai-cuisine-maiko-netflix/">Makanai : Dans la cuisine des maiko</a></em>, il revient avec <em>Asura</em> à une histoire de famille plus attendue par les amateurs du cinéaste japonais. Sauf qu’il ne s’agit pas d’une histoire originale, la mini-série est en réalité un remake d’<em>‌Ashura no Gotoku</em>, une série sortie au Japon au tournant des années 1980. Remake peut-être, mais le scénario de cette nouvelle version n’essaie pas de moderniser le cadre, qui se déroule toujours dans le Tokyo de 1979. Il faut dire que les relations sont tellement datées que ce serait incohérent de les regarder au présent, tout du moins, on peut l’espérer. Au-delà de l’intrigue familiale elle-même, j’ai été frappé en regardant les sept épisodes d’<em>Asura</em> par le traitement réservé aux femmes. Mariées et bonnes uniquement à faire des enfants et du choux fermenté, elles doivent subir tous les caprices de leur mari et faire semblant de ne pas savoir qu’il les trompe depuis des années avec une autre. Voire qu’ils ont fait une autre vie, dans le cas du père de famille, qui a eu un enfant avec une autre et qui continue de prétendre qu’il va travailler deux jours par semaine, alors qu’il passe ces journées avec cette deuxième famille. Quand sa femme obtient la confirmation de ce qu’elle soupçonnait depuis si longtemps, le choc est si fort qu’il la foudroie sur place.</p>
<p>L’intrigue se construit principalement autour de quatre sœurs, des relations souvent conflictuelles entre elles et de leurs relations avec un homme. L’aînée est veuve et amante d’un homme marié, la deuxième est une épouse apparemment parfaite même si elle suspecte une tromperie de son mari, la troisième est coincée et semble incapable de trouver l’amour et la petite dernière qui tente de s’en sortir avec un boxeur. Chacune à leur manière et complétée par leur mère, elles incarnent les différentes facettes de la femme japonais à la fin des années 1970 et ce n’est pas brillant. Hirokazu Kore-eda n’a pas besoin de souligner le trait, il se contente comme il sait si bien le faire de poser ses caméras au milieu de scènes du quotidien apparemment filmées à l’improviste. Inutile d’en dire plus, ces histoires navrantes se suffisent à elle-même. Une belle réussite.</p>
]]></description></item><item><title>Derrière la façade, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/derriere-facade-netflix/</link><pubDate>Fri, 24 Jan 2025 22:17:25 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/derriere-facade-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/derriere-facade-netflix/derrire-facade.jpg">
        <p>Un couple essaie de vendre sa maison, trois couples cherchent à l’acheter… résumée ainsi, <em>Derrière la façade</em> frôle directement l’ennui. Sauf que la série de Netflix n’utilise cette base que comme un vague prétexte pour imaginer une histoire assez folle, où chaque épisode regorge de rebondissements et de coups de surprise. Ce serait usant si ce n’était pas pris à la légère et fort heureusement, Liz Fedlman a le bon goût de ne pas se prendre trop au sérieux. Le résultat est délirant d’un bout à l’autre, la série en fait constamment trop avec des situations invraisemblables et des personnages totalement irrationnels et à force de trop en faire, la création de Netflix fait pile ce qu’il faut. À condition d’accepter de laisser toute mesure à l’entrée, le résultat est assez réjouissant et porté, il faut le souligner, par un casting très efficace. Lisa Kudrow en tête est parfaite dans le rôle de la mère éplorée suite à la mort de son fils tué dans un accident. C’est d’ailleurs cette mort qui est le point de départ à toutes les intrigues annexes, tout l’enjeu pour les vendeurs étant de se débarrasser de la maison au plus vite, avant que les acheteurs ne réalisent la supercherie.</p>
<p>Je n’irais pas jusqu’à prétendre que <em>Derrière la façade</em> est une œuvre politique, n’exagérons pas. Néanmoins, la série fait mouche à plusieurs reprises sur la société américaine, son attrait pour les armes et l’argent : c’est un concentré et sous couvert d’une comédie noire, la critique n’est jamais loin. Même si l’ambiance reste celle un peu foutraque d’un enchaînement de péripéties toutes encore plus folles que les précédentes, un joyeux bazar qui ne peut pas faire de mal de temps en temps.</p>
]]></description></item><item><title>Squid Game, Netflix (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/squid-game-netflix-saison-2/</link><pubDate>Wed, 22 Jan 2025 20:43:11 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/squid-game-netflix-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/squid-game-netflix-saison-2/squid-game-2.jpg">
        <p>Immense succès planétaire qui a pris tout le monde, et probablement Netflix en premier, par surprise, <em>Squid Game</em> revient en force avec non pas une, mais bien deux nouvelles saisons. En attendant la troisième et dernière (en théorie) dans les prochains mois, on peut découvrir sept nouveaux épisodes qui forment la première partie d’un grand arc narratif. La découverte de ces jeux mortels qui peuvent rapporter gros est derrière nous, alors pour relancer la série sur de nouvelles bases, Hwang Dong-hyeok a la classique et efficace idée de partir sur une vengeance. Gi-hun, le seul et grand gagnant des jeux de la première saison, est rentré chez lui avec 46 milliards de won, soit environ 30 millions d’euros, et il utilise cette fortune pour détruire les organisateurs. Enfin, c’est ce qu’il essaie de faire depuis plusieurs années, sans grand succès d’ailleurs. Faute d’idée, il convainc le créateur du jeu de le reprendre pour une nouvelle partie et c’est reparti pour un tour. La puce GPS planquée sous une fausse dent est toutefois repérée pendant le transit, si bien que personne ne peut le retrouver et un vrai jeu recommence, toujours aussi meurtrier malgré ses tentatives pour convaincre les 455 autres joueurs d’arrêter.</p>
<p>Encore une fois, <em>Squid Game</em> impressionne surtout par son analyse sociologique. Alors que les morts s’accumulent, les restants votent toujours pour continuer la partie afin de gagner un petit peu plus. Même si le premier jeu est identique, les scénaristes ajoutent ensuite un petit peu de diversité avec deux autres jeux tordus. Comme dans la première saison, la finesse n’est pas tellement au rendez-vous sur la partie action, avec des faux suspenses en permanence, des grosses ficèles et une tendance à prendre le spectateur pour un idiot. Tout expliquer dix fois est le style traditionnel des mangas, ce qui ne rend la pratique pas moins pénible. Cela étant dit, je ne peux pas écrire que cette nouvelle saison m’a déplue. Mis à part quelques lenteurs et des cliff-hangers à chaque fois prévisibles, j’ai trouvé l’ensemble prenant et bien réalisé. C’est violent et sanglant, sans que ce soit gratuit, et il y a suffisamment de variations pour  que ça reste différent. J’ai aussi apprécié l’effort de représentativité, avec une femme trans qui n’est pas du tout dans le cliché et qui n’est même pas un vrai sujet. En bref, malgré les défauts de la série, je serai au rendez-vous pour la troisième saison de <em>Squid Game</em>, car j’ai bien envie de savoir comment le créateur compte terminer tout cela.</p>
]]></description></item><item><title>Ses trois filles, Azazel Jacobs</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/trois-filles-jacobs/</link><pubDate>Sun, 19 Jan 2025 17:50:09 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/trois-filles-jacobs/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/trois-filles-jacobs/trois-filles.jpg">
        <p>La mort imminente de leur père pousse Katie, Rachel et Christina à revenir dans l’appartement de leur jeunesse. Cela fait des années qu’elles ne se voient plus vraiment et les tensions montent vite pendant les quelques jours qui précèdent le décès. Voici le point de départ de <em>Ses trois filles</em>, un long-métrage au dispositif si simple que j’ai cru à un moment qu’il s’agissait de l’adaptation d’une pièce de théâtre. Azazel Jacobs a pourtant écrit une histoire originale avant de la réaliser, mais c’est le choix de tourner dans un véritable appartement new-yorkais qui a imposé une mise en scène assez statique et des scènes de dialogues, voire monologues, qui pourraient en effet convenir sur la scène d’un théâtre. N’y voyez pas une déception de ma part néanmoins : dans ce genre de projet, tout tient sur les épaules du casting, et quelles épaules. Le réalisateur a manifestement écrit le scénario en pensant aux trois actrices qu’il voulait pour jouer les filles et cela se voit. Carrie Coon, Nathasha Lyonne et Elizabeth Olsen sont toutes trois épatantes, avec une mention spéciale pour ces deux dernières qui sont même éblouissantes. En tout cas, le film tout en entier ne tient en place que grâce à leur engagement et leur jeu tout en sincérité.</p>
<p>Sans cela, <em>Ses trois filles</em> n’aurait rien de bien excitant, mais son cœur est justement les relations entre les trois sœurs et toutes les émotions qu’elles ressentent alors que leur père est en train de mourir. L’aînée, maniaque du contrôle, est insupportable à lancer des piques contre sa cadette, à qui elle ne fait que des reproches alors qu’elle est elle-même loin d’être irréprochable. Sa cadette justement refuser de regarder la vérité en face et préfère s’isoler dans sa chambre à fumer au lieu d’affronter la mort de son père. Et la petite dernière essaie désespérément de réconcilier ses deux sœurs et tente de ses persuader que tout va bien, une stratégie qu’elle semble mener depuis toute sa vie. En une bonne heure et demie, Azazel Jacobs brasse énormément de sujets, l’obligation ressentie face à un parent en fin de vie, la culpabilité de ne pas avoir été là ou de ne pas avoir fait suffisamment. Alors même qu’il n’y a qu’un appartement et quelques personnages, alors même que l’action se résume à une série de dialogues à deux ou trois personnes en général, <em>Ses trois filles</em> est étonnamment dense et complexe. Une vraie réussite, à ne pas rater.</p>
]]></description></item><item><title>Les âmes féroces, Marie Vingtras</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/ames-feroces-vingtras/</link><pubDate>Wed, 15 Jan 2025 21:57:43 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/ames-feroces-vingtras/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/ames-feroces-vingtras/ames-feroces.jpg">
        <p>Marie Vingtras vit à Paris et pourtant ses romans pourraient être écrits par une romancière américaine. Je trouve ce choix toujours étrange, cette fascination pour les États-Unis surtout en 2025 m’interpelle un petit peu, mais j’ai essayé de passer outre en découvrant <em>Les âmes féroces</em>. C’est le deuxième roman de l’écrivaine que je découvrais par la même occasion et dès les premières pages, j’ai été frappé par son écriture maîtrisée. Elle commence avec un récit à la première personne, un monologue presque, de la shérif de Mercy, petite ville fictive et néanmoins si classique dans l’imaginaire des États-Unis, un bled paumé au milieu de nulle part, où il ne se passe normalement rien, sauf que là l’histoire commence avec la découverte du cadavre de Leo. Le corps de l’adolescent a été laissé près d’une rivière et l’enquête commence, puis patine immédiatement et n’avance quasiment plus tout au long de cette première partie sur fond de futures élections pour le poste de shérif et d’homophobie latente, la shérif étant non seulement une femme, elle vit avec une autre femme. J’ai beaucoup aimé cette section et j’ai été un petit peu déstabilisé de découvrir que la partie suivante adopte un autre point de vue, celui du professeur de français du lycée qui est venu à Mercy pour tenter de faire oublier qu’il avait couché avec deux filles de 15 ans à New York.</p>
<p>C’est un personnage totalement différent du précédent et il faut bien admettre que Marie Vingtras manie le changement de langue à la perfection. Le style n’a plus rien à voir et l’autrice parvient parfaitement à transmettre le dégoût qu’inspire cet homme qui n’a aucune morale et prêt à tout pour coucher avec des filles bien trop jeunes pour lui, sans tomber pour autant dans la caricature facile qu’on pouvait imaginer. C’est impressionnant et la transition avec le personnage suivant, la meilleure amie de Leo, est tout aussi réussie, tout comme la dernière où le père prend la parole. À cet égard, <em>Les âmes féroces</em> est une superbe réussite et en même temps, la technique ne fait pas tout. Si j’admire le travail d’écriture, je suis plus circonspect sur le fond, malgré la dénonciation bienvenue et efficace du patriarcat. Cette histoire de meurtre qui bouleverse une petite commune rurale des États-Unis n’a rien de bien original et, sans trop en révéler, sa résolution est même assez banale. Le livre se déguste avec plaisir, il est bref et se lit rapidement, mais à l’heure des bilans, je ne sais pas trop qu’en penser. Au fond, le choix d’une histoire américaine dessert peut-être Marie Vingtras et je me demande si un récit en France n’aurait pas été plus original finalement. Un fond à la hauteur de la forme aurait transformé <em>Les âmes féroces</em> en grand roman, ce qui ne l’empêche pas d’être une lecture sympathique.</p>
]]></description></item><item><title>L’Impératrice, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/imperatrice-netflix/</link><pubDate>Tue, 14 Jan 2025 21:52:20 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/imperatrice-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/imperatrice-netflix/imperatrice.jpg">
        <p><em>L’Impératrice</em>, c’est un petit peu <a href="https://voiretmanger.fr/crown-morgan-netflix/"><em>The Crown</em></a> version autrichienne. Cette nouvelle série Netflix s’intéresse à la vie de l’impératrice Élisabeth d’Autriche, mieux connue sous son surnom de Sissi, et par extension à la cour de François-Joseph à Vienne, tout au long de la deuxième moitié du XIX<sup>e</sup> siècle. La reconstitution historique est ici aussi d’excellente qualité, même si mes souvenirs d’un <a href="https://voiretmanger.fr/quelques-jours-vienne/">séjour viennois</a> restent encore suffisamment frais pour que je sache que le château de Schonnbrun de la série n’est pas le vrai château. Qu’importe, les décors et les costumes sont représentatifs de l’époque et la plongée dans le passé fonctionne à merveille, ce qui est ce que l’on veut pour une série historique. Le casting est aussi impeccable, avec des acteurs convaincants et en particulier une archiduchesse Sophie glaçante à souhait — je découvrais Melika Foroutan à cette occasion et je retiendrai ce nom. Sur le plan technique, c’est vraiment bien et on sent que Netflix a mis le paquet, sans aller aussi loin qu’avec la création de Peter Morgan naturellement, mais ce qu’il faut.</p>
<p>Sur le fond, on connaît tous le nom de Sissi, sans doute moins la vie de l’impératrice. N’étant pas un spécialiste, j’ai du mal à juger si <em>L’Impératrice</em> est fidèle, mais les <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/The_Empress_(TV_series)#Historical_inaccuracies">listes d’erreurs historiques</a> semblent plutôt légères, ce qui est un bon signe. J’ai un petit peu de mal à croire que le couple soit aussi moderne, notamment dans leur gestion des enfants. Je crois que les scénaristes ont pris quelques libertés de ce côté pour dépeindre l’empereur et sa femme et après tout, pourquoi pas ? Ce n’est pas comme si on avait des vidéos tournées à l’époque, ni même des récits de leur intimité d’ailleurs, alors on peut bien remplir les trous librement. En tant que divertissement, cette série créée Katharina Eyssen est une vraie réussite et les deux premières saisons se dégustent avec plaisir. J’espère qu’une suite est prévue et qu’elle saura tenir le niveau, on a envie de connaître la suite et l’inévitable chute de l’Empire austro-hongrois est un sujet que je trouve passionnant. Bref, vivement la saison suivante !</p>
]]></description></item><item><title>Carol et la fin du monde, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/carol-fin-monde-netflix/</link><pubDate>Mon, 13 Jan 2025 22:14:15 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/carol-fin-monde-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/carol-fin-monde-netflix/carol-fin-monde.jpg">
        <p>Pour une raison qui m’échappe encore, j’étais totalement passé à côté de <em>Carol et la fin du monde</em> lors de sa sortie sur Netflix il y a un petit peu plus d’un an. C’était une erreur, tant cette mini-série d’animation créée par Dan Guterman s’avère une excellente surprise. Le point de départ est bien trouvé : une planète apparaît mystérieusement dans le système solaire et sa trajectoire rencontrera celle de la Terre dans quelques mois. Tout le monde va mourir, mais ce n’est pas l’affaire d’heures ou de jours comme dans les films catastrophe, cette fois l’humanité a le temps de se préparer et de faire ce qu’elle veut dans le temps imparti. C’est comme un malade condamné par sa maladie, sauf que c’est à l’échelle de la planète. Tous les problèmes de dérèglement climatique ont soudainement disparu, tout comme le capitalisme, puisque l’argent n’a plus aucune valeur et que plus personne ne veut travailler, et même les valeurs sont bouleversées. Tout le monde part en voyage autour du monde pour multiplier les expériences avant de mourir. Le naturisme, le polyamour et toutes les configurations imaginables sont testées, la liberté est totale… et au milieu de tout ce joyeux bazar, il y a Carol.</p>
<p>L’idée de génie des scénaristes est de partir de cet environnement de liberté absolue et d’opter pour un personnage qui ne veut rien de tout cela. Carol regrette son ancienne vie réglée, elle ne veut pas voyager autour du monde et ce n’est pas tant la fin du monde à venir qui l’ennuie que ce nouveau monde qui exige d’elle d’être quelqu’un qu’elle n’est pas et qu’elle ne veut pas devenir. À ses parents inquiets pour leur fille, elle ment en disant faire du surf toutes les semaines, alors qu’elle reste toute seule, le plus souvent dans son appartement, parfois dans ce que l’on imagine être son ancien lieu de travail. <em>Carol et la fin du monde</em> se construit ensuite autour d’une firme de comptabilité qui continue de travailler envers et contre tout, avec des dizaines d’employés qui viennent tous les jours réaliser leurs tâches comme s’ils avaient encore un salaire qui les contraignait. C’est en partie un sommet d’absurdité, avec cette stricte hiérarchie et un sens du devoir à accomplir au sein d’une société où le concept même de comptabilité n’a plus de sens. C’est aussi une délicieuse défense du salaire universel, une belle preuve que les gens ne cherchent pas qu’un travail pour payer les factures. Quand Carol découvre cet environnement préservé comme avant, elle s’y épanouit pour la première fois, même si elle ne comprend pas tout à fait la raison d’être du lieu.</p>
<p>C’est d’ailleurs ce qui ressort le plus des dix épisodes imaginés par Dan Guterman. Sous couvert d’une comédie absurde, <em>Carol et la fin du monde</em> se révèle finalement comme une grande série qui interroge notre humanité et notre rapport aux autres. C’est <em>aussi</em> une série hilarante, portée par la voix si atypique et si parfaite de Martha Kelly, mais la création de Netflix est d’une richesse assez rare. Je n’étais pas surpris de noter que son créateur avait aussi travaillé sur <a href="https://voiretmanger.fr/rick-morty-harmon-roiland-adult-swim/"><em>Rick et Morty</em></a> qui fait preuve, dans ses meilleurs moments, de la même aptitude à transcender l’humour pour atteindre les sujet sérieux.</p>
]]></description></item><item><title>Wallace et Gromit : La Palme de la vengeance, Nick Park et Merlin Crossingham</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/wallace-gromit-palme-vengeance-park-crossingham/</link><pubDate>Sun, 12 Jan 2025 17:25:12 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/wallace-gromit-palme-vengeance-park-crossingham/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/wallace-gromit-palme-vengeance-park-crossingham/wallace-gromit-palme-vengeance.jpg">
        <p>Ce n’est que le deuxième long-métrage et seulement le sixième film de <em>Wallace et Gromit</em>. Les deux personnages de pâte à modeler créés à la fin des années 1980 ont pourtant eu un impact culturel qui semble bien plus important. En tout cas, j’ai grandi avec les films d’animation des débuts et même si le passage en grand format n’a pas été une grande réussite auparavant, j’étais très curieux de découvrir <em>Wallace et Gromit : La Palme de la vengeance</em> sur Netflix. La présence de Nick Park, créateur des personnages, avait de quoi rassurer et de fait, ce n’est pas une version édulcorée pour jouer sur une gloire du passé. Bien au contraire, tout le savoir faire des studios Aardman a été sollicité pour créer une excellente histoire, qui rappelle les débuts tout en portant un message étonnamment politique. Une véritable réussite, une pépite à ne pas rater.</p>
<p>L’affiliation entre ce nouveau film et ceux d’il y a une trentaine d’années est évidente et rappelée à de multiples niveaux. Déjà, le grand méchant est Feathers McGraw, le voleur dans <em>‌Un mauvais pantalon</em> et ce n’est pas qu’un clin d’œil pour les fans, il est au cœur de l’intrigue autour du même diamant volé toutes ces années auparavant. Le nouveau scénario respecte jusqu’à la chronologie interne, en se déroulant à peu près autant de temps qu’il s’est écoulé entre les deux films, une petite touche supplémentaire qui montre que <em>Wallace et Gromit : La Palme de la vengeance</em> se construit sur l’héritage du passé. Je pourrais lister longtemps toutes les références et clins d’œil, à la fois à d’autres œuvres et au travail du studio, mais vous avez compris l’idée.</p>
<p>Cette construction sur le passé n’en fait pas un long-métrage passéiste pour autant. Bien au contraire, Nick Park et Merlin Crossingham optent pour un traitement étonnamment moderne, avec une critique bien sentie et parfaitement menée de la vague des IA qui nous a envahie. Le cœur de leur histoire est ce robot prévu pour automatiser toutes les tâches supposées pénibles du quotidien, ignorant la possibilité qu’on les réalise pas plaisir. La séquence du jardin est assez jouissive, avec un magnifique jardin soigneusement entretenu par Gromit qui en a fait son havre de paix, transformé en une horreur de jardin à la française où rien ne dépasse. Quand le robot devient maléfique, un thème classique bien sûr, il trompe l’attention des humains avec une bonne dose de confort et de praticité, avant de détruire tout sur son passage. J’étais impressionné en regardant le film à quel point les scénaristes ont su filer la métaphore et multiplier les références et critiques envers notre monde. <em>Wallace et Gromit : La Palme de la vengeance</em> a beau se dérouler dans une Angleterre fantasmée des années 1970, il déploie une histoire contemporaine et critique. Tout en étant <em>aussi</em> une œuvre qui peut parler aux plus jeunes : chapeau, Aardman Animations.</p>
]]></description></item><item><title>Chef’s Table, Netflix (saison 7)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/chefs-table-netflix-saison-7/</link><pubDate>Sat, 11 Jan 2025 21:27:58 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/chefs-table-netflix-saison-7/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/chefs-table-netflix-saison-7/chef-table-7.jpg">
        <p>Netflix poursuit sa série de documentaires <em>Chef’s Table</em> avec une septième saison qui revient à la formule classique, après de nombreuses saisons spécialisées, comme celle <a href="/serie/chef-table-pizza/">consacrée à la pizza</a>. Pas de thème ici, uniquement quatre chefs qui racontent leur histoire et donnent faim avec des plats toujours appétissants. Cette création de David Gelb fêtera bientôt son dixième anniversaire<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et la formule est désormais très bien établie. L’image est bien plus soignée que dans un documentaire traditionnel, il y a de nombreux plans qui évoquent le travail de Terrence Malick, la musique de Vivaldi revisitée par Max Richter pour mettre dans l’ambiance au cours du générique et des histoires qui se concentrent davantage sur l’histoire personnelle des chefs que sur la cuisine ou les difficultés à faire tourner un restaurant. J’ai toujours été grand fan de cette formule, même si je dois reconnaître qu’elle peut tourner un petit peu en rond. C’est d’ailleurs le cas des deux premiers épisodes, sympathiques à défaut d’être particulièrement novateurs. Nok Suntaranon, cheffe d’origine thaïlandaise à la tête du <a href="https://kalayaphilly.com">Kalaya</a> à Philadelphie, donne envie de manger encore plus de cuisine thaï, mais c’est tout de même bien connu. Kwame Onwuachi a l’avantage d’avoir un parcours un petit peu plus intéressant, lui qui n’était pas prédisposé à se retrouver à la tête du <a href="https://www.tatiananyc.com">Tatiana</a>, un restaurant gastronomique de New-York où il célèbre ses origines africaines avec des plats à partager.</p>
<p>Fort heureusement, les deux épisodes suivants sont beaucoup plus intéressants, car politiques. J’ai tout particulièrement apprécié le portrait d’Ángel León, chef espagnol qui propose à <a href="https://www.aponiente.com/en/">Aponiente</a> une cuisine exclusivement marine. C’est une démarche passionnante, à la fois car il ne cuisine que des produits de la mer et pas seulement des crustacés et du poisson, même les accompagnements et desserts viennent de l’océan. Surtout, il choisit de cuisiner tout ce que le milieu marin peut offrir, y compris du plancton et surtout la pêche normalement rejetée, transformée ici en charcuterie de la mer. L’épisode dénonce efficacement ce gâchis monstrueux, tout en mettant en avant son investissement dans la recherche, notamment pour promouvoir cette étrange céréale qui ressemble un petit peu à du riz et qui n’a besoin que d’eau salée pour pousser. Voilà qui donne envie de découvrir davantage cette étonnante cuisine, même si le restaurant se trouve de l’autre côté de l’Espagne, à Cadix, et même si, surtout, le menu est affiché <a href="2024-11-19_Aponiente_Menu_ENG.pdf">à 310 € par personne</a>. Même si on finance un beau projet, cela reste ultra-élitiste, une critique que l’on peut faire à toute la série d’ailleurs.</p>
<p>Même le dernier épisode, qui s’intéresse au duo constitué par Norma Listman et Saqib Keval au <a href="https://www.masalaymaiz.com">Masala y Maíz</a>, un restaurant mexicain qui entremêle la cuisine locale à la cuisine indienne teintée d’influences africaines, oscille entre cuisine gastronomique hors de prix pour la majorité d’entre nous et critique du capitalisme. J’ai beaucoup aimé leur parcours et surtout leur lutte contre les abus qui sont hélas encore trop souvent la norme dans le monde de la restauration. Leur message contre le patriarcat ainsi que leur vision du travail donnent autant envie que leurs plats particulièrement appétissants, cela reste toutefois hors de prix. C’est aussi une cuisine qui ne pense pas tellement à l’environnement, un autre point qui me semble de moins en moins acceptable. <em>Chef’s Table</em> accorde bien trop peu de place à la cuisine végétarienne et continue de valoriser la gastronomie d’antan, celle qui considérait qu’un plat doit absolument se construire autour d’une pièce de viande ou un poisson. Si l’on s’en était peut-être éloigné un petit peu avec Ángel León, cela reste la base de tout malheureusement. C’est le cas dans les restaurants, certes, mais la série de Netflix a une part de responsabilité en choisissant ses sujets et il y a des chefs dans le monde qui célèbrent le végétal. Peut-être pour une prochaine saison…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Ce coup de vieux… 🥲&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Tu me manques, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/tu-me-manques-netflix/</link><pubDate>Thu, 09 Jan 2025 21:10:55 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/tu-me-manques-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/tu-me-manques-netflix/tu-me-manques.jpg">
        <p>Adaptation d’un roman de Harlan Coben, <em>Tu me manques</em> est une mini-série en cinq épisodes seulement, une sorte de long-métrage rallongé en somme. L’histoire commence très fort et j’ai beaucoup aimé les deux premiers épisodes, qui partent dans beaucoup de directions dont on sent qu’elles vont se réunir à un moment ou à un autre. Rosalind Eleazar, que j’avais déjà repérée dans <a href="/tmdb/95480/"><em>Slow Horses</em></a>, est excellente dans le rôle de Kat, inspectrice qui ne s’est jamais tout à fait remise de la mort de son père suivie du départ brutal de son fiancé une dizaine d’années auparavant. Quand elle le retrouve sur une app de rencontre, elle le contacte de nouveau avec l’espoir de renouer des liens, alors qu’elle mène en parallèle une enquête sur une disparition. L’adaptation pour Netflix gère plutôt bien les deux arcs et laisse entrevoir une suite riche en rebondissements. Ce qui est bien le cas, sauf que plus la série avance et moins elle est satisfaisante.</p>
<p>Les incohérences se multiplient, des coïncidences trop faciles, des situations un petit peu grossières. Je trouve notamment que le chef de la police a l’air beaucoup trop coupable quand il force Kat à prendre des congés, ce qui ne change de toute manière rien, puisqu’elle continue son enquête comme avant. Je trouve aussi que tous les personnages sont trop impliqués directement, comme s’il s’agissait d’une conspiration que seule l’héroïne ignorerait totalement. Surtout, je trouve la fin de <em>Tu me manques</em> extrêmement décevante. Je ne vais pas divulgâcher, mais ma première réflexion a été « tout ça pour ça ? ». J’ai eu l’impression d’avoir été trompé par des débuts explosifs, alors qu’il ne s’agissait que de trois fois rien. Même les ultimes révélations, gardées pour la toute fin de façon assez caricaturale d’ailleurs, ne méritaient pas de s’énerver autant.</p>
<p>C’était dans l’ensemble bien décevant, d’autant qu’à part le personnage principal, le reste du casting est assez caricatural, mention spéciale au grand méchant qui joue une version simpliste du psychopathe ami des bêtes. Heureusement que la série est courte, mais ce n’est certainement pas une raison suffisante pour la recommander.</p>
]]></description></item><item><title>Small Changes, Michael Kiwanuka</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/small-changes-kiwanuka/</link><pubDate>Mon, 06 Jan 2025 21:50:04 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/small-changes-kiwanuka/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/small-changes-kiwanuka/image.jpg">
        <p>C’est fascinant comme le cerveau peut tordre nos perceptions. J’ai découvert Michael Kiwanuka en même temps que <em>Small Changes</em>, son quatrième album sorti il y a quelques mois, et j’ai tout de suite accroché. Cette voix chaude, les mélodies un peu tristes et si belles, la musique parfaitement orchestrée… la chaleur qui se dégage des onze pistes était pile ce qu’il me fallait cet hiver. Je n’y avais même pas spécialement pensé avant que mon conjoint me glisse que la voix de l’artiste londonien ressemblait à celle de Damon Albarn. Depuis, je n’arrive pas à m’en défaire, au point où je me suis surpris à vérifier que le chanteur n’était pas un invité sur quelques titres — sur « <a href="https://youtu.be/agx-kVgC3sg?si=je086RWbRL0lRB-0"><em>Lowdown (Part 1)</em></a> », pour donner un exemple. Même le style de certains morceaux me rappelle le travail de Blur ou Gorillaz, peut-être parce que le célèbre Danger Mouse a officié à la production ?</p>
<p>Quoi qu’il en soit, <em>Small Changes</em> n’a certainement pas besoin de références pour s’imposer comme un grand album. Il a beaucoup tourné dans la rotation quotidienne et je n’en fais toujours pas le tour, découvrant à chaque écoute un titre sous un jour différent. Je crois que cette musique assez triste et en même temps réconfortante est pile dans le répertoire qui me convient. La soul est évidemment omniprésente, mais Michael Kiwanuka trouve sa propre voie en multipliant les références, avec des sonorités variées et un gout marqué pour la nostalgie, sans jamais tomber dans la caricature facile.</p>
<p>Comme c’est le premier album que j’écoute, je ne sais pas si c’est le son Kiwanuka ou une particularité ici. Je sais en tout cas que j’aime beaucoup et que je vais ajouter l’artiste à ma liste de noms à suivre.</p>
]]></description></item><item><title>Nudes, Prime Video</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/nudes-prime-video/</link><pubDate>Sun, 05 Jan 2025 20:47:45 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/nudes-prime-video/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/nudes-prime-video/nudes.jpg">
        <p><em>Nudes</em> aborde le sujet du cyberharcèlement suite à la diffusion d’images de nus pour trois jeunes femmes, voire filles. Cette série française, comme son nom ne le suggère pas, opte pour un traitement d’anthologie, avec trois histoires racontées à chaque fois en trois épisodes d’une demi-heure environ. Cela revient à trois long-métrages, un choix intéressant pour évoquer différents aspects de la question, ainsi que divers points de vue. La première histoire opte pour un angle original, puisqu’il s’agit de celui du coupable, un jeune étudiant bien sous tous rapports et propre sur lui, qui tourne une vidéo à son insu d’une fille qui l’a rejetée alors qu’elle est dans une relation sexuelle avec un autre et la partage « pour rire ». Quand la victime réalise que la vidéo est diffusée sur tous les sites pornographiques, elle porte plainte et le scénario reste centré sur Victor et ce qu’il vit comme une descente aux enfers. J’ai trouvé cela assez audacieux, dangereux aussi, même si Andréa Bescond parvient à ne jamais nous rendre le personnage principal sympathique, tout en laissant astucieusement flotter le doute au départ. Une belle manière de rappeler que n’importe quel homme peut être coupable, surtout ceux qui semblent les plus innocents.</p>
<p>La deuxième histoire adopte le point de vue d’une victime, en l’occurrence une jeune lycéenne filmée à son insu alors qu’elle est avec une autre fille. La vidéo fait rapidement le tour des sites pornographiques et du lycée, où son coming-out forcé est un autre sujet. <em>Nudes</em> est à mon avis meilleure sur cette partie, qui s’intéresse davantage au ressenti de la victime, à sa détresse face à une situation qui échappe totalement à son contrôle. C’est aussi le cas et même un cran au-dessus dans le troisième récit, qui rajeunit encore les protagonistes pour s’intéresse à une collégienne. Cette fois, c’est elle qui envoie des photos de nus à un lycéen avec qui elle pense être en relation. On apprend par la suite qu’il s’agit d’un pédophile qui se fait passer pour un camarade de classe et qui essaie par la suite de lui extorquer de l’argent et surtout de nouvelles photos. Cette partie réalisée par Lucie Borleteau est de loin la plus intense et je dirais la meilleure, malgré son dernier épisode qui est globalement raté en allant trop loin dans la vengeance personnelle et qui use trop d’artifices scénaristiques. Malgré tout, l’emprise de cet homme sur une jeune fille à peine adolescente est effrayante et la détresse d’Ada parfaitement rendue. Au passage, il faut saluer le jeu de la jeune actrice Nelligan, elle est parfaite pour ce rôle difficile.</p>
]]></description></item><item><title>Vice-versa 2, Kelsey Mann</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/vice-versa-2-mann/</link><pubDate>Sat, 04 Jan 2025 22:32:40 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/vice-versa-2-mann/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/vice-versa-2-mann/vice-versa-2.jpg">
        <p>Le <a href="https://voiretmanger.fr/vice-versa-docter-carmen-pixar/">premier film</a> était une excellente surprise et j’étais fort curieux de découvrir cette suite, d’autant que son immense succès m’a plutôt surpris. Si les suites sont rarement aussi bonnes, Pixar a déjà prouvé qu’il pouvait maintenir le niveau et c’est pourquoi j’étais assez confiant en commençant <em>Vice-versa 2</em>, malgré le nouveau réalisateur. Bilan après une bonne heure et demie : l’effet de surprise du volet original n’est plus là, forcément, mais cela ne veut pas dire que cette suite est mauvaise pour autant. Restant sur la même ligne, elle parvient à introduire suffisamment de nouveaux éléments pour ne pas tomber dans la répétition. Les scénaristes ont opté pour une idée assez évidente en s’attaquant à l’adolescence et à la puberté, ce qui passe par l’introduction de nouvelles émotions qui viennent perturber la vie de Riley et évidemment les équilibres dans son cerveau. <em>Vice-versa 2</em> excelle encore une fois à représenter des idées complexes de manière imagée et à cet égard, le long-métrage est aussi bon que son prédécesseur. J’ai beaucoup aimé la représentation de l’anxiété et son rôle délicat dans le quotidien de la jeune fille. Il aurait été facile de traiter l’émotion de manière uniquement négative, mais Pixar a trouvé la bonne façon de la présenter, avec finesse et beaucoup de subtilité.</p>
<p>Je pourrais faire la fine bouche, regretter la part croissante du monde extérieur alors que <em>Vice-versa</em> avait réussi à maximiser les séquences dans le cerveau ou regretter une fin prévisible dès la première séquence. Qu’importe, Kelsey Mann parvient à étendre l’idée géniale du premier film, sans la dénaturer et en l’ouvrant à de nouveaux horizons. Face à l’immense succès de cette suite, on imagine sans peine que Pixar souhaite lancer l’idée d’un <em>Vice-versa 3</em>. Si je suis un peu sceptique, même si un troisième film n’est pas <a href="https://voiretmanger.fr/toy-story-3-unkrich/">nécessairement mauvais</a>, l’idée d’ajouter de nouvelles émotions, autour des sentiments amoureux par exemple, est assez évidente et pourrait mener à une deuxième suite réussie. En attendant, le succès de ce film n’est pas usurpé et il mérite indéniablement le détour.</p>
]]></description></item><item><title>Cent Ans de solitude, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/cent-ans-solitude-netflix/</link><pubDate>Thu, 02 Jan 2025 21:50:55 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/cent-ans-solitude-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/cent-ans-solitude-netflix/cien-anos-de-soledad.jpg">
        <p>N’ayant jamais lu le pourtant célèbre roman de Gabriel García Márquez, j’ai abordé l’adaptation commandée par Netflix de <em>Cent Ans de solitude</em> avec l’esprit vierge. Je ne savais pas à quoi m’attendre et j’ai découvert une série très originale, à l’ambition folle et toujours passionnante, même si je ne suis pas sûr que j’irais jusqu’à dire que j’ai adoré. J’ai beaucoup aimé l’originalité venue du réalisme magique du récit, la manière dont le fantastique s’intègre par petites touches dans le somptueux décor du village de Macondo. Netflix n’a pas lésiné sur le budget, avec des décors naturels en taille réelle qui apportent une crédibilité indéniable. Trop de séries, et même de longs-métrages pourtant à gros budgets, font appel à des fonds numériques de mauvaise qualité pour les arrière-plans. Rien de tel ici, où les paysages naturels de la Colombie et ce village créé de toute pièce pour les besoins de la fiction sont magnifiques. La magie intervient avec des effets parfaitement maîtrisés et magnifiée par une superbe photographie : vraiment, sur le plan technique, c’est une réussite indéniable. Je ne crois pas avoir noté une seule fausse touche sur les huit premiers épisodes diffusés à ce jour et cet écrin est quasiment une justification suffisante pour regarder <em>Cent Ans de solitude</em>.</p>
<p>Le fond est intéressant lui aussi, une vague histoire de la Colombie racontée à travers l’histoire d’une famille sur plusieurs générations dans un village fictif fondé par José Arcadio Buendia et sa femme Ursula. Le roman avance rapidement pour couvrir le siècle du titre, si bien que la série doit en faire autant. Le premier épisode raconte l’exil des deux époux qui sont aussi cousins et comme leur union est mal vue dans leur village, ils partent en direction de la mer et finissent par fonder leur propre village dans un marais. Dès l’épisode suivant, il s’agit d’une petite ville et les années passent ensuite rapidement, avec de larges ellipses qui obligent à changer de casting à quelques reprises. Les enfants grandissent et deviennent adultes, les parents vieillissent et le scénario multiplie les péripéties. Science et magie au programme au départ avec l’influence des gitans et le rôle de l’alchimie, puis la politique prend de plus en plus de place jusqu’à la guerre civile qui occupe toute la fin de la saison et, j’imagine, la majorité de la suite à venir. <em>Cent Ans de solitude</em> ne manque pas de sujets et de personnages, un tel foisonnement est même déstabilisant par endroit. Ce n’est pas forcément un défaut bien sûr, même si forcément, il y a beaucoup de personnages et pas nécessairement de temps suffisant pour tous. Le réalisme magique implique aussi qu’il y a des intrigues bizarres qui n’ont pas forcément de sens et il faut à cet égard accepter de se laisser porter et ne pas chercher à tout comprendre.</p>
<p>En y repensant, <em>Cent Ans de solitude</em> m’impressionne surtout par son ambition et son originalité parmi la production ambiante. On critique souvent Netflix, accusant le servir de produire des séries nourries aux algorithmes et toujours identiques. En voici une radicale, qui tente plein d’idées nouvelles et qui mérite le détour rien que pour cela. Une deuxième saison également de huit épisodes est prévue pour conclure l’adaptation du roman et je pense que je serai au rendez-vous.</p>
]]></description></item><item><title>Le sentier côtier de Rosbraz vers Pont-Aven</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/sentier-cotier-rosbraz-pont-aven/</link><pubDate>Tue, 31 Dec 2024 22:25:54 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/sentier-cotier-rosbraz-pont-aven/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/sentier-cotier-rosbraz-pont-aven/IMG_6990.jpeg">
        &lt;p>À quelques heures de la fin de l’année, quoi de mieux que de prendre l’air sur le sentier côtier ? Surtout quand le Finistère sud est aussi calme et que l’on peut profiter du sentier en solitaire. Depuis le petit port de Rosbraz et en direction de celui de Pont-Aven, le sentier longe de grandes propriétés et l’Aven en contrebas est magnifique comme toujours. Même en hiver, surtout en hiver peut-être, c’est un bonheur.&lt;/p>
</description></item><item><title>Any Signs of Love, Crazy P</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/any-signs-love-crazy-p/</link><pubDate>Mon, 23 Dec 2024 22:02:12 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/any-signs-love-crazy-p/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/any-signs-love-crazy-p/any-signs-love.jpg">
        <p>Je ne connaissais rien de Crazy P quand j’ai découvert leur dernier album en date, <em>Any Signs of Love</em>. Peut-être leur dernier tout court d’ailleurs, puisque ce groupe britannique né au milieu des années 1990 a perdu il y a quelques mois Danielle Moore, sa chanteuse et autrice de plusieurs chansons. Une nouvelle qui éclaire différemment l’album, tout comme ma découverte au moment de préparer cet article que le nom du groupe était à l’origine Crazy Penis. Chris Todd et Jim Baron se sont rencontrés sur les bancs de l’université et ils cherchaient un nom accrocheur pour leur groupe… mission réussie, je suppose.</p>
<p>Revenons à <em>Any Signs of Love</em>, qui ouvre avec <a href="https://www.youtube.com/watch?v=fhyb9siuc0I">le titre éponyme</a> et un premier morceau qui m’a particulièrement accroché. Peu de paroles encore, c’est une montée en puissance qui s’instaure sur un petit peu plus de six minutes, avec le rythme entraînant de la disco qui prend rapidement le dessus. J’aime beaucoup le côté rétro et en même temps le mélange des genres, cela fonctionne toujours pour moi. J’aime aussi beaucoup le rythme qui donne envie de danser, sans pour autant réserver le titre au dance-floor. Les neuf autres titres m’ont aussi tous conquis, avec une plus grande variété que je l’imaginais au départ. Crazy P mélange plusieurs influences et forme une musique en général assez joyeuse, avec un groove et une ambiance qui donnent envie de bouger, ce qui n’exclue pas la présence de quelques titres plus sérieux. C’est un cocktail un petit peu nostalgique et excellent pour égayer la triste saison hivernale. Après une quinzaine de rotations dans la liste d’écoute quotidienne, je ne m’en lasse toujours pas.</p>
]]></description></item><item><title>La Maison des Chaînes, Steven Erikson</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/maison-chaines-erikson/</link><pubDate>Fri, 20 Dec 2024 21:39:41 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/maison-chaines-erikson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/maison-chaines-erikson/maison-chaines.jpg">
        <p>Après une inflation vertigineuse de l’épaisseur de chaque tome, <em>La Maison des Chaînes</em> donne presque l’impression d’être court en n’atteignant même pas les 900 pages. Le presque faisait l’essentiel dans la phrase précédente et ce nouveau volet de la saga reste toujours aussi dense, complexe et long. J’avais mieux <a href="/livre/souvenirs-glace-erikson/">aimé le troisième épisode</a>, le plus long de tous jusqu’ici et pourtant peut-être aussi le plus accessible. Steven Erikson est fidèle à sa réputation en passant à tout autre chose et un autre lieu, même si on reste avec des personnages familiers. Ce quatrième tome se passe en réalité en parallèle du troisième côté chronologie et à la suite <a href="http://localhost:1313/livre/portes-maison-morts-erikson/">du deuxième</a> côté personnages. Un autre aurait peut-être écrit et publié les romans dans le bon ordre et il faut ici avoir bien en tête tout ce qui précède, ce qui n’est pas simple quand on se rappelle la difficulté et la longueur de chaque épisode. Ceci étant posé, ce quatrième chapitre de la saga m’a semblé un petit peu moins bon, mais c’est sûrement un avis personnel avant tout.</p>
<p>J’ai bien aimé le début, où l’on suit Karsa Orlong et ses compagnons dans un univers différent, car totalement isolé du reste du mondé créé par le romancier canadien. Pour une fois, on suit un seul personnage sur quelques chapitres, j’ai trouvé ça rafraichissant et intéressant pour creuser les psychologies. Cela ne dure pas toutefois et bientôt la grande guerre malazéenne reprend vite le dessus. D’un côté, Tavore Paran, adjointe de l’Impératrice qui forme une immense armée pour attaquer Sha’ik, déesse qui a pris le corps de Félisine Paran, sœur de l’adjointe qui est déjà à la tête d’une grande armée au cœur d’un dessert protégé par une puissance magie. C’est simple résumé comme ça, c’est évidemment (faut-il le préciser ?) beaucoup plus compliqué dans <em>La Maison des Chaînes</em>. J’admire la capacité de l’auteur à ne pas suivre les voies évidentes, en l’occurrence à ne même pas essayer de représenter une grande bataille. Il l’avait fait à quelques reprises dans les tomes précédents, il préfère ici se concentrer sur les individus au lieu des masses. Il y a des complots dans tous les sens, avec des dieux qui manipulent des humains pour faire avancer leur cause et des humains rarement honnêtes qui essaient de tirer leur épingle du jeu dans cet immense bazar. C’est impressionnant d’arriver à créer autant de personnages, ce qui ne veut pas dire que c’est une bonne idée pour autant.</p>
<p>La liste de personnages à la fin est toujours essentielle et même avec elle, il est facile de se perdre. Sans compter que le romancier manque peut-être d’imagination, en tout cas il abuse de personnages qui ont un nom commun, ce qui m’empêche totalement de me les représenter. Nul, Infime, Bigleux, Perle, Vérité, Peut-Être, Calme, Couteaux, Voyageur… la liste est longue et je trouve cela perturbant. Pour ne rien arranger, les personnages changent de nom d’un tome à l’autre : Félisine devient Sha’ik et Crokus s’est renommé Couteaux. Fort heureusement, Steven Erikson trouve des moyens pour vous rappeler régulièrement les noms et même l’historique des noms, ce qui alourdit aussi un petit peu les dialogues. J’ai d’ailleurs été frappé ici par la quantité de fois où les personnages nomment leurs interlocuteurs en leur parlant, chose que l’on ne fait jamais en réalité. J’étais peut-être de moins bonne humeur, mais j’ai trouvé que c’était moins bien que dans le tome précédent. C’est sans doute aussi parce que je me suis un petit peu perdu sur la fin, quand l’affrontement devrait arriver et que l’on s’embourbe dans des conflits qui dépassent tout le monde, lecteurs y compris.</p>
<p>Cela étant, je suis pleinement engagé dans la saga maintenant et j’ai envie de savoir ce qui va se passer par la suite. Le cinquième volume du <em>Livre des Martyrs</em> m’attend dans la bibliothèque, je ferai sans doute une pause avec une lecture plus légère pour couper un petit peu, avant de me replonger dans cet univers riche et déstabilisant.</p>
]]></description></item><item><title>Black Doves, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/black-doves-netflix/</link><pubDate>Wed, 18 Dec 2024 22:33:34 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/black-doves-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/black-doves-netflix/black-doves.jpg">
        <p>Créé par Joe Barton que j’avais découvert dans la très bonne <a href="https://voiretmanger.fr/giri-haji-barton-bbc/"><em>Giri/Haji</em></a>, <em>Black Doves</em> est une série à classer dans la catégorie « classique, mais bien fait ». C’est un thriller d’espionnage pas très original quand on le résume, avec une crise diplomatique entre Chine et États-Unis par l’intermédiaire du Royaume-Uni où l’ambassadeur chinois meurt, avec des espions infiltrés au cœur du pouvoir et à l’insu de tous et avec de nombreux morts sur le chemin. Les six épisodes qui constituent la première saison sont parfaitement rythmés et tiennent en haleine jusqu’au bout, avec une résolution satisfaisante du mystère et suffisamment de pistes ouvertes pour une suite. Ce qui tombe bien, Netflix avait commandé une deuxième saison avant même la diffusion de celle-ci, belle preuve que le service de streaming croit à cette création originale portée par une Keira Knightley en grande forme. L’actrice est indéniablement un point fort, avec un rôle qui la change un petit peu de ses prestations habituelles, entre maman aimante et violence extrême. Le succès de <em>Black Doves</em> lui doit beaucoup, tout comme à Ben Wishaw que j’ai retrouvé avec un plaisir intact et qui compose un excellent tueur à gage, détruit par son métier et pourtant encore plein d’espoir et d’amour.</p>
<p>Comme tous les thrillers de ce genre ou presque, celui-ci ne brille pas par son réalisme. Il faut accepter que les balles atteignent plus facilement les cibles quand elles sont tirées par les personnages principaux et il y a plusieurs rebondissements capillotractés qui demandent un peu de tolérance de la part du spectateur. Cela dit, regarde-t-on vraiment une série comme <em>Black Doves</em> avec l’espoir de découvrir une œuvre réaliste et crédible ? Je n’ai pas été gêné par ces quelques facilités, d’autant que le scénario reste un minimum crédible, au moins dans les grandes lignes. J’ai aussi, forcément, apprécié le côté moderne du scénario, qui ne discrimine pas l’usage de la violence en fonction du genre et dont l’un des personnages principaux est gay, sans que ce soit jamais un sujet. Cela n’a l’air de rien, mais c’est encore trop rare dans ce genre de grosses productions axées action. En bref, même s’il y a bien quelques défauts ici ou là, j’ai passé un très bon moment devant <em>Black Doves</em> et c’est bien l’essentiel. J’ai hâte de découvrir la suite,  bien lancée par le dernier épisode qui introduit quelques pistes intrigantes.</p>
]]></description></item><item><title>Le Décaméron, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/decameron-netflix/</link><pubDate>Tue, 17 Dec 2024 21:11:29 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/decameron-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/decameron-netflix/decameron.jpg">
        <p>Adaptation moderne des nouvelles du XIV<sup>e</sup> siècle écrites par Boccace, <em>Le Décaméron</em> commence sur une base d’humour noir dans un Florence infesté par la peste. J’ai d’abord pensé à ces caricatures médiévales, un sous-genre qui peut bien fonctionner, comme la deuxième saison de <a href="https://voiretmanger.fr/miracle-workers-rich-tbs/"><em>Miracle Workers</em></a> ou même plus directement <em><a href="serie/1670-netflix/">1670</a></em>, l’ont montré. Il y a de ça, avec ces nobles ridicules qui atterrissent tous dans une villa isolée et qui décident de vivre en faisant la fête et en ignorant le monde qui brûle autour d’eux. Les deux ou trois premiers épisodes sont excellents dans cette lancée, puis les scénaristes décident qu’ils ne veulent pas seulement d’une farce absurde et que leur série doit aussi être sérieuse. Des personnages sont tués, les autres sont forcés d’évoluer et l’ensemble tient de moins en moins bien, à mon avis. Je comprends bien l’idée de creuser les psychologies et de ne pas se contenter de l’humour un peu facile des débuts. Je ne crois pas que <em>Le Décaméron</em> s’en sorte aussi bien toutefois et la série se perd peu à peu à vouloir gagner en sérieux en introduisant des menaces successives.</p>
<p>Il faut dire que les personnages sont surtout insupportables et ils peinent à exister au-delà des caricatures initiales. La série de Netflix peine à tenir sur la durée et même s’il y a des évolutions indéniables sur certains personnages, je trouve qu’on ne s’intéresse pas suffisamment à eux pour nous intéresser réellement. <em>Le Décaméron</em> aurait sans doute mieux fait de rester sur un format plus court et assumer son côté ridicule. En l’état, il y a de gros problèmes de rythme et sans aller dire que je me suis ennuyé ferme, j’ai trouvé le temps long à quelques reprises. Dommage, car le casting était prometteur avec notamment Tanya Reynolds qui avait fait forte impression dans <a href="https://voiretmanger.fr/sex-education-nunn-netflix/"><em>Sex Education</em></a>, Saoirse-Monica Jackson qui m’avait fait éclater de rire dans <a href="https://voiretmanger.fr/derry-girls-mcgee-channel-4/"><em>Derry Girls</em></a> et bien entendu Tony Hale, inoubliable dans <a href="https://voiretmanger.fr/arrested-development-hurwitz-fox/"><em>Arrested Development</em></a>. Il y avait bien assez pour imaginer une comédie résolument absurde qui n’essaie pas à tout prix d’être autre chose. Dommage.</p>
]]></description></item><item><title>Le Garçon et le héron, Hayao Miyazaki</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/garcon-heron-miyazaki/</link><pubDate>Sun, 15 Dec 2024 17:22:30 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/garcon-heron-miyazaki/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/garcon-heron-miyazaki/garcon-heron.jpg">
        <p>Cette fois, c’est sûr, ce sera son dernier long-métrage ! Hayao Miyazaki a déjà annoncé tant de fois qu’il prenait sa retraite qu’on a du mal à le prendre au sérieux et pourtant, <em>Le Garçon et le héron</em> est peut-être le film qui correspond le mieux à un au revoir artistique. Plus encore que <a href="https://voiretmanger.fr/le-vent-se-leve-miyazaki/"><em>Le vent se lève</em></a> qui est sorti dix ans avant (le coup de vieux…), ce long-métrage semble condenser toute la carrière du cinéaste japonais en une seule œuvre d’une rare densité, parfois aussi un petit peu obscure il est vrai, mais toujours magnifique et touchante. Est-ce sa manière de passer le flambeau à ses successeurs, comme le grand-oncle de l’histoire essaie de le faire ? Alors que le maître de l’animation japonaise fêtera bientôt ses 84 ans, il n’aura sans doute pas le choix cette fois que de prendre sa retraite pour de bon. Cet ultime film est une bonne manière de terminer une carrière aussi impressionnante, comme un hommage à tout ce qui précède et avec la promesse de construire un nouvel univers pour que le studio Ghibli puisse, pour de bon cette fois, tourner la page Miyazaki.</p>
<p><em>Le Garçon et le héron</em> semble condenser toutes les histoires précédentes : on pense ici au <a href="https://voiretmanger.fr/voyage-chihiro-miyazaki/"><em>Voyage de Chihiro</em></a>, là au <a href="https://voiretmanger.fr/chateau-ambulant-miyazaki/"><em>Château Ambulant</em></a> ou bien ailleurs au <a href="https://voiretmanger.fr/chateau-ciel-miyazaki/"><em>Château dans le ciel</em></a>. Pourtant, ce scénario n’est pas une création originale du réalisateur, il adapte deux romans tout en injectant sa touche personnelle avec des éléments piochés dans sa propre vie. Le début est en tout cas un classique, presque un cliché : la Seconde guerre mondiale fait rage à Tokyo et tue la mère de Mahito dans l’incendie d’un hôpital. Son père épouse alors sa belle-sœur et part chez elle, dans la campagne, loin de la ville, loin de la guerre et dans un monde fantastique. Comme toujours chez Hayao Miyazaki, le surnaturel débarque dans le quotidien par petites touches, ici un héron qui parle et qui révèle une étonnante dentition. L’influence européenne est aussi flagrante avec ce vieux manoir à l’abandon qui est au cœur de l’intrigue en se révélant être la porte vers un autre monde. Une fois que l’on passe de l’autre côté, on découvre un univers à la richesse incroyable, je dirais même qu’un tel foisonnement d’idées est souvent déstabilisant. Il y en a tant à la minute qu’il faut accepter de mettre de côté tout esprit trop critique. Que représentent les perruches qui prennent le pouvoir ? J’imagine qu’il s’agit de l’Empire japonais, mais le scénario ne permet pas d’en avoir la certitude et surtout, il n’en fait pas un élément déterminant. Bien au contraire, <em>Le Garçon et le héron</em> demande au spectateur de se laisser porter et de ne pas chercher à tout analyser. C’est assez perturbant par moment, ce qui en veut pas dire que c’est un défaut pour autant. J’ai trouvé cet ensemble à la fois familier et novateur très réussi, avec la surprise bienvenue du voyage temporel qui s’immisce dans le cours du récit.</p>
<p>Porté par la musique du fidèle Joe Hisaishi, toujours aussi efficace sans trop en faire, ce long-métrage mérite ainsi le détour. <em>Le Garçon et le héron</em> est sans doute plus mature que la moyenne des productions Ghibli et même si les enfants peuvent l’apprécier tout autant, mieux vaut éviter de le montrer aux plus jeunes qui auront sans doute du mal à dépasser le côté horrifique qui est bien présent et assez frontal. À partir d’un âge approprié, tous les spectateurs pourront apprécier le spectacle magnifié par un dessin et une animation toujours aussi perfectionnées, tandis que l’absence de message toujours explicite pourra même avantager les moins adultes.</p>
]]></description></item><item><title>Nobody Wants This, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/nobody-wants-this-netflix/</link><pubDate>Fri, 13 Dec 2024 22:35:25 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/nobody-wants-this-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/nobody-wants-this-netflix/nobody-wants-this.jpg">
        <p>« Personne ne veut de ça » est un titre de série assurément intriguant, même si la présence de Kristen Bell au casting est indéniablement ce qui m’a convaincu de lui donner une chance. <em>Nobody Wants This</em> n’est pas ma tasse de thé <em>a priori</em>, puisqu’il s’agit d’une comédie romantique, sous-catégorie amour impossible, entre un rabbin et une femme dont le podcast sur le sexe n’est pas le plus gros problème : elle n’est pas juive. Amour et religion, il y avait tout pour écrire une comédie beauf et réac, mais heureusement, il ne s’agit pas d’une comédie française.  À la place, Erin Foster parvient à composer une histoire assez classique, certes, ce qui ne l’empêche pas d’être bien menée et qui séduit d’abord par la qualité du casting et en particulier par l’alchimie entre les deux personnages principaux.</p>
<p>Kristen Bell n’a plus besoin de prouver son talent depuis bien longtemps et elle est de nouveau parfaite dans le rôle de Joanne. L’actrice révèle parfaitement les failles de la femme confiante dans son podcast et qui manque au contraire totalement de confiance en soi dans la vie. Je ne sais pas si le personnage a été écrit en pensant à elle ou si elle se l’est parfaitement appropriée. Quoi qu’il en soit, le résultat est le même : elle apporte beaucoup à <em>Nobody Wants This</em>, surtout dans sa relation avec Adam Brody qui incarne Noah. L’acteur est également à son aise dans ce rôle de rabbin en apparence moderne, même s’il veut aussi prendre la tête de sa synagogue et suivre une vie très traditionnelle, où une « <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Shiksa">shiksa</a></em> » n’a en aucun cas sa place. Il y a bien quelques clichés un peu faciles autour du judaïsme, sans jamais tomber dans la caricature raciste. La frontière est fine, mais la série de Netflix reste toujours du bon côté et s’avère souvent très drôle. Une belle surprise en somme et je serai au rendez-vous pour la deuxième saison, d’ores et déjà commandée par le service de streaming.</p>
]]></description></item><item><title>Distant Landscapes, Rikuto Fujimoto</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/distant-landscapes-fujimoto/</link><pubDate>Thu, 12 Dec 2024 21:52:54 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/distant-landscapes-fujimoto/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/distant-landscapes-fujimoto/distant-landscapes.jpg">
        <p><em>Distant Landscapes</em> fait partie de ces découvertes par pochette interposée. J’étais intrigué par la photo en noir et blanc et cette personne devant une falaise. En écoutant <a href="https://www.youtube.com/playlist?list=PLSjc8Z5Z5KGCy9NktcoK5cSb0QqwZ8_iW">quelques extraits</a>, je me suis dit que ça allait me plaire et après une bonne dizaine d’écoutes, je peux le confirmer. C’est le premier album de Rikuto Fujimoto, un jeune artiste japonais qui a appris le piano très tôt et qui propose ici treize pièces où son piano dialogue avec sa voix. Pas de paroles ici, la voix de l’artiste est davantage utilisée comme un instrument à part entière, évoquant ce que l’on retrouve parfois dans le jazz. J’ai surtout pensé à ce que Nils Frahm peut proposer et on retrouve la même approche minimaliste, même s’il y a des différences évidemment. Le résultat assez difficile à décrire, mais les compositions sont aériennes et toutes en douceur et je les trouve très belles.</p>
<p>La description de la maison de disque <a href="https://www.fatcat.online/post/rikuto-fujimoto-distant-landscapes">parle</a> d’un album construit autour du concept de la mémoire, avec d’ailleurs une technique d’enregistrement intéressante. Rikuto Fujimoto a imaginé des compositions sans les mettre sur des partitions, puis les a joué en studio uniquement de tête. <em>Distant Landscapes</em> n’est pas de l’improvisation pour autant et chaque morceau est soigneusement composé, avec une belle variété l’air de rien. J’ai apprécié l’ajout d’enregistrements sonores, à l’image du trafic de Tokyo sur « <em><a href="https://youtu.be/1HNwZTwVaEw?si=rdDCdTTZpWllbcLz">Intersection 1</a></em> ». D’autres morceaux sont plus simples avec uniquement du piano et l’album est bien équilibré et il tient la distance. À chaque nouvelle rotation, je découvre un autre morceau ou un passage qui me plait particulièrement. Comme quoi, le hasard peut bien faire les choses et c’est une très belle découverte.</p>
]]></description></item><item><title>The Penguin, HBO</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/penguin-hbo/</link><pubDate>Tue, 10 Dec 2024 21:35:13 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/penguin-hbo/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/penguin-hbo/penguin.jpg">
        <p>La perspective d’une suite en série du très médiocre <a href="/film/batman-reeves/"><em>The Batman</em></a> ne m’enchantait pas particulièrement, je dois bien le reconnaître. Néanmoins, les avis positifs m’ont intrigué et la marque HBO a fait le reste. Que vaut <em>The Penguin</em>, mini-série qui se concentre sur le personnage du Pingouin, méchant bien connu de l’univers de Batman ? Eh bien, c’est bien meilleur que le long-métrage de Matt Reeves, mais ça n’était pas dur et c’est même très correct. Sans aller jusqu’à écrire que l’on tient ici une grande série, il aurait fallu pour ça davantage d’originalité pour commencer, je dois reconnaître que Lauren LeFranc a bien réussi à creuser l’univers si connu pour proposer une galerie de personnages assez convaincants. Même si c’est toujours les mêmes histoires de lutte pour le contrôle de la ville par le biais de la drogue, ces histoires sont bien racontées et le casting est convaincant.</p>
<p>Dans le rôle principal, Colin Farrell a rempilé après avoir déjà joué le Pingouin dans le film et franchement, il est toujours aussi méconnaissable. Même en sachant que c’était lui et après pas loin de huit heures où il était forcément très présent à l’écran, j’ai toujours du mal à accepter que c’est lui sous le maquillage. Le travail réalisé de ce côté est indéniablement bluffant, car l’acteur parvient quand même à jouer pleinement, transmettant des émotions par le regard et des expressions faciales qui semblent impensables au premier abord. <em>The Penguin</em> offre en tout cas au personnage une profondeur jamais vue jusque-là, où il se limite souvent à une caricature assez grossière. Le soin à l’écriture se retrouve aussi pour Sofia Falcone, interprétée par une Cristin Milioti en grande forme qui vole régulièrement la vedette au personnage principal. C’est limite dommage que tous ces personnages travaillés et complexes soient mis au service d’une histoire aussi banale, mais il fallait sans doute travailler dans les limites imposées par l’univers.</p>
<p>D’ailleurs, <em>The Penguin</em> est censé servir de pont entre <em>The Batman</em> et la suite, fort originalement nommée <em>The Batman: Part II</em> et dont la sortie est prévue pour l’année prochaine. C’est ce qui justifie la présence discrète du fameux logo ailé à la toute fin et je ne suis pas sûr d’avoir tellement envie de voir ce que cela donnera. Au fond, cette série rappelle que le moins intéressant dans l’univers de Batman, c’est sans doute bien Batman lui-même.</p>
]]></description></item><item><title>Furiosa : Une saga Mad Max, George Miller</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/furiosa-saga-mad-max-miller/</link><pubDate>Sun, 08 Dec 2024 21:50:30 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/furiosa-saga-mad-max-miller/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/furiosa-saga-mad-max-miller/furiosa.jpg">
        <p>Voici le quatrième volet dans ce qui est, contre toute attente, devenu une véritable saga. Quasiment dix ans après, <em>Furiosa : Une saga Mad Max</em><sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> n’est pas une suite de l’excellent <em><a href="https://voiretmanger.fr/mad-max-fury-road-miller/">Mad Max: Fury Road</a></em>, c’est autant un <em>spin-off</em> qu’une préquelle. Il faut dire que le personnage de Furiosa était déjà au cœur du volet précédent et plus intéressant que celui de Max, assez banal au fond. L’idée de creuser son parcours et de lui dédier un long-métrage entier était déjà présente en 2014, quand George Miller avait finalement décidé de se concentrer sur un seul film pour commencer. Le succès aidant, voici l’histoire de Furiosa avec, comme toujours dans cette saga bizarre, une nouvelle direction encore.</p>
<p><em>Mad Max: Fury Road</em> surprenait par sa radicalité, l’essentiel du Blockbuster étant consacré uniquement à une course-poursuite. <em>Furiosa : Une saga Mad Max</em> est plus conventionnel, du moins en apparence, avec un film chronologique qui retrace les grands moments de la vie de son sujet. L’univers reste éminemment familier et on découvre par petites touches tous les composants de <em>Fury Road</em>, des personnages aux véhicules que l’on retrouvera par la suite. Le cadre et les personnages sont toutefois différents et George Miller a une véritable histoire à raconter. Ne vous attendez pas à une intrigue fouillée et complexe, l’arc narratif reste aussi simple que dans tous les volets de la saga, même si un effort a été fait côté écriture. J’ai été frappé par la densité du personnage interprété par Anya Taylor-Joy, alors même qu’elle n’a quasiment aucun dialogue. L’actrice a fait un excellent travail sur les regards et les expressions corporelles et le réalisateur a indéniablement fait le bon choix, au lieu de rajeunir numériquement Charlize Theron comme il l’avait prévu au départ. Alyla Browne est elle aussi parfaite dans le rôle de la jeune Furiosa et le travail numérique pour adoucir la transition entre les deux est assez bluffant. Pas parfait, j’ai noté quelques moments <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_de_l%27%C3%A9trange">vallée dérangeante</a>, mais c’était plutôt bien vu et dans l’ensemble suffisamment discret.</p>
<p>Sur le plan technique, j’étais un petit peu moins convaincu par l’ensemble. Peut-être que je devrais revoir le précédent film et que mon souvenir en est injustement magnifié. Il me semble néanmoins qu’il n’y avait pas autant d’effets visibles, pas nécessairement des effets numériques puisque George Miller continue d’utiliser de nombreuses maquettes et effets pratiques. Néanmoins, le tournage en Australie a été compliqué à cause de la météo, ce qui a poussé à utiliser des éclairages artificiels et à créer des fonds virtuels et franchement, ça se voit. J’ai souvent eu l’impression de voir des acteurs sur un fond vert et je crois que c’est surtout lié à cet éclairage pas naturel. Le cinéaste a toujours l’art de créer des mouvements de caméra totalement fous et d’une fluidité incroyable, tandis que ses décors post-apocalyptiques sont toujours une référence, si bien que l’ensemble reste visuellement agréable. Malgré tout, ce côté artificiel m’a sorti de l’histoire une fois ou deux, aidé il faut bien le dire par un récit pas toujours très inspiré, cela n’a jamais été le fort de <em>Mad Max</em>.</p>
<p>Même si tout n’est pas parfait, j’ai quand même passé un très bon moment devant <em>Furiosa : Une saga Mad Max</em>. George Miller sait filmer des séquences d’action et il a un œil pour des plans acrobatiques et esthétiques en même temps. Furiosa est un personnage intéressant dans cet univers machiste et le discours féministe du projet, quoique discret, mérite le détour. Bref, je recommande, tout en relevant que le précédent me semblait meilleur.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Sans commentaire pour ce titre qui, une fois n’est pas coutume, n’est pas la conséquence d’une traduction malheureuse.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
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</div>
]]></description></item><item><title>Espion à l’ancienne, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/espion-ancienne-netflix/</link><pubDate>Fri, 06 Dec 2024 22:10:40 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/espion-ancienne-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/espion-ancienne-netflix/espion-ancienne.jpg">
        <p>Michael Schur revient pour une nouvelle sitcom en faisant appel à ses acteurs fétiches ? Évidemment que je suis au rendez-vous et je n’ai même pas besoin de connaître l’histoire. <em>Espion à l’ancienne</em> offre à Ted Danson l’opportunité d’incarner, eh bien oui, un espion délicieusement dépassé qui doit mener une enquête un poil absurde dans une maison de retraite de San Francisco. Il y a une enquête au cœur de cette série Netflix, même s’il faut bien l’avouer : elle n’est pas très importante, quoi que fort bien ficelée jusqu’au bout, ai-je trouvé. L’essentiel, comme dans toute bonne sitcom et particulièrement celles de Michael Schur, ce sont les personnages et c’est un carton plein de ce côté.</p>
<p>Le rôle a sans doute été écrit pour lui, alors Ted Danson est forcément excellent pour incarner Charles Nieuwendyk, veuf éploré et espion débutant. Autour de lui, <em>Espion à l’ancienne</em> prend le temps d’établir des portraits touchants et très justes, que ce soit pour les principaux seconds rôles ou pour les personnages plus discrets. J’ai beaucoup aimé les trois femmes autour de lui : sa fille en mal de relation sincère avec son père interprétée par Mary Elizabeth Ellis, la détective privée qui l’embauche et qui devient presque une deuxième fille adoptive (Lilah Richcreek Estrada, très bien aussi) et « Didi », la responsable de la maison de retraite qui est jouée par Stephanie Beatriz, excellente bien entendu dans ce rôle à contre courant de celui qu’elle avait dans <a href="https://voiretmanger.fr/brooklyn-nine-nine-goor-schur-fox/"><em>Brooklyn Nine-Nine</em></a>. Chacune trouve naturellement sa place et a droit à une solide épaisseur psychologique par la même occasion. Michael Schur n’essaie pas de dynamiser artificiellement sa série, il se contente de poser des séquences de la vie avec sa touche d’humour habituelle, sans trop en faire. C’est toujours bien vu et les huit épisodes de la saison se dégustent avec plaisir. Une très belle série.</p>
]]></description></item><item><title>The Madness, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/madness-netflix/</link><pubDate>Thu, 05 Dec 2024 21:01:43 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/madness-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/madness-netflix/the-madness.jpg">
        <p>Quand j’écoute de la musique, je me concentre en général sur les notes, sans trop faire attention aux paroles. Malheureusement, je crois que je ne peux pas en faire autant pour un contenu vidéo. <em>The Madness</em> est une mini-série sur Netflix qui est divertissante, mais dont le message est pour le moins curieux et, contrairement à un morceau, j’ai eu du mal à ignorer ce message. J’ai l’impression que les scénaristes ont voulu ne froisser personne, en tapant sur tout le monde : les néo-nazis, les anarchistes révolutionnaires et même les écologistes, tout le monde est dans le même panier, il n’y en a pas un pour sauver l’autre. J’imagine que l’idée était de proposer une vision subtile de notre monde moderne, complexe (et fou ! 🙃) où le manichéisme de la Guerre froide est définitivement enterré, mais ce n’est pas du tout le résultat désiré. À la place, on a un thriller prenant qui semble d’abord dénoncer le complotisme des extrêmes avant de finir presque par leur donner raison, sur le mode d’un retour au noyau familial et aux valeurs d’antan. C’est assez perturbant et surtout pas très original, ce qui est dommage, car la série de Stephen Belber a de bons aspects à faire valoir.</p>
<p>Je trouve les premiers épisodes particulièrement réussis. Quand le journaliste Muncie Daniels découvre le corps découpé en morceaux de son voisin dans le lieu reculé où il était venu écrire un livre, il lance une machination qui tente de le rendre coupable du meurtre. Il se trouve qu’il s’agissait du leader d’un groupe fasciste comme il en existe désormais tant et comme Muncie est afro-américain, il avait une bonne raison de tuer le salopard qui répand des messages de haine depuis tant d’années. La police ne croit absolument pas les explications du principal intéressé, qui se lance alors dans une sorte de course pour éviter à la fois d’être arrêté pour meurtre et d’être tué par les véritables meurtriers. Ce n’est peut-être pas le scénario le plus original qui soit, mais <em>The Madness</em> se regarde avec le plaisir coupable d’un bon thriller et il faut souligner que Colman Domingo est très bien dans le rôle principal. La série est convaincante tant qu’on n’a pas les explications. Plus elle avance et plus le tableau s’éclaire, moins elle convainc et le dernier épisode est même limite déplaisant, avec un curieux mélange de complotisme à la tête de l’État et de grand méchant dont le crime semble être de vouloir développer les énergies renouvelables. Ce qui, apparemment, revient à détruire le monde ? Je ne sais pas si c’est de la maladresse ou un financement pétrolier, je sais que je n’ai pas aimé et que cela a terni le reste de la série. Dommage.</p>
]]></description></item><item><title>Les Meurtres zen, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/meurtres-zen-netflix/</link><pubDate>Tue, 26 Nov 2024 16:10:45 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/meurtres-zen-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/meurtres-zen-netflix/meurtres-zen.jpg">
        <p>Un avocat berlinois trouve une utilisation bien concrète des cours de pleine conscience que sa femme l’a poussé à suivre quand son principal client, un mafieux, tue son rival face à un bus rempli de collégiens en train de filmer. Voilà le point de départ de cette série allemande adaptée d’un roman à succès : <em>Les Meurtres zen</em> ne raconte pas l’histoire la plus originale qui soit, ce qui ne l’empêche pas de sortir un petit peu du lot. Plus que le dispositif qui construit l’intrigue autour des cours rappelés en parallèle et avec le personnage principal en guise de narrateur qui casse constamment le quatrième mur, j’ai trouvé que l’intrigue savait surprendre à plusieurs reprises. Je ne veux pas trop en dire, car l’intérêt est justement en grande partie dans cette découverte des péripéties toujours plus ahurissantes. L’ensemble a du mal à tenir bien longtemps quand on y pense sérieusement deux minutes, ce qui n’empêche pas ces huit épisodes d’une demi-heure environ de constituer un divertissement fort plaisant et même plutôt amusant.</p>
<p>Tom Schilling est très bien en avocat propre sur lui qui bascule avec une facilité déconcertante dans l’univers de la mafia, avec lequel il composait déjà il faut dire. D’ailleurs, tout le monde semble s’en accommoder dans <em>Les Meurtres zen</em>, en particulier sa femme qui semble parfaitement au courant de la source des revenus de son mari et qui n’a manifestement aucun problème de ce côté. Face à lui, les mafieux sont très mafieux comme il se doit, avec des personnages qui en font des caisses tout en restant crédibles. Côté police, j’ai bien aimé la policière qui a raison sur toute la longueur sans jamais trouver les preuves nécessaires pour avancer. Encore une fois, si tout cela n’est pas foncièrement original, c’est bien mené et c’est agréable à regarder. Je ne sais pas si Netflix prévoit une saison de plus et je ne suis pas sûr qu’elle tiendrait la distance. En attendant, ces huit premiers épisodes valent le détour si vous aimez l’humour noir.</p>
]]></description></item><item><title>Star Wars : The Clone Wars, Cartoon Network</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/star-wars-clone-wars-cartoon-network/</link><pubDate>Wed, 20 Nov 2024 22:13:36 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/star-wars-clone-wars-cartoon-network/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/star-wars-clone-wars-cartoon-network/clone-wars.jpg">
        <p>C’est George Lucas en personne qui l’a voulu : une série d’animation pour faire le lien entre les <a href="https://voiretmanger.fr/star-wars-episode-2-attaque-clones-lucas/"><em>Episode II</em></a> et <a href="https://voiretmanger.fr/star-wars-episode-3-revanche-sith-lucas/"><em>Episode III</em></a> de la prélogie. Il faut dire que les deux films sont séparés par une énorme ellipse, une longue période pendant laquelle Anakin passe de l’adolescent à l’homme adulte, du côté clair à l’obscur de la Force. Que s’est-il passé entre les deux ? La guerre des clones, un conflit qui s’étend à toute la galaxie et qui finit par grignoter petit à petit les défenses du jeune homme. C’est assez logique dès lors de consacrer de la place à cette période, même si le créateur de l’univers de science-fiction le plus connu a de grandes ambitions et ne compte pas s’arrêter à l’histoire d’Anakin.  <em>Star Wars : The Clone Wars</em> s’attache à décrire la guerre avec de multiples angles, y compris celui que la saga au cinéma n’avait jamais pris le temps d’aborder : les clones eux-mêmes. C’est sans doute sa meilleure idée, du moins au départ : on n’avait jusque-là jamais vu les clones dans leur quotidien, avec ou sans casque, lors des entraînements et au cœur des champs de bataille, où ils meurent par millier et dans l’indifférence générale. Cette humanisation, que l’on retrouve dans la <a href="https://voiretmanger.fr/star-wars-episode-7-reveil-force-abrams/">troisième trilogie</a>, est une excellente piste, même si elle conduit au plus gros défaut de cette série : la répétition.</p>
<p>En effet, si j’appréciais de découvrir le côté humain des clones en ayant l’impression de vraiment me battre avec eux dans les premiers épisodes, ce sentiment positif s’est vite écorné quand <em>Star Wars : The Clone Wars</em> a commencé à multiplier les combats en reprenant les mêmes schémas. Au fil des 133 épisodes, on en voit des batailles entre les deux armées, les clones d’un côté, les droïdes de l’autre, et franchement, tout devient un petit peu flou. La série n’était pas aidée au départ par sa technique : novateur comme toujours, George Lucas a voulu faire confiance à l’animation 3D, mais sans le budget ni les moyens techniques d’un Pixar. Le résultat est plutôt digne d’un jeu vidéo et encore, pas même d’un jeu sorti au milieu des années 2000. Si la technique a évolué avec les saisons, les premières sont particulièrement rudes avec des personnages rectangulaires inexpressifs, des décors vides et morts… c’est moche et plus grave, cela amplifie l’idée que l’on regarde des variations de la même histoire. Même si quelques clones sortent du lot, Rex en tête qui traverse toute la série et reste un personnage à part entière, on est dans l’ensemble face à deux armées composées de deux types et cela n’aide pas à faire sortir des points saillants. Je dois reconnaître que les scénaristes essaient de varier les contextes, mais la tâche est sans doute impossible face à un tel volume d’épisodes. Sans compter que sur un tel volume, il y a forcément des idées bien pourries : et si R2-D2 et quelques autres droïdes étaient les héros d’une mission ? Enfin, il y a bien pire : Jar-Jar condamne quelques épisodes, comme si George Lucas n’avait retenu aucune leçon de l’<a href="https://voiretmanger.fr/star-wars-1-menace-fantome-lucas/"><em>Episode I</em></a>.</p>
<p>Fort heureusement, <em>Star Wars : The Clone Wars</em> a aussi quelques héros dotés d’une identité propre et aux parcours plus intéressants. Anakin Skywalker, Obi-Wan Kenobi, Yoda, le comte Dooku, le chancelier Palpatine ou encore le Général Grievous sont autant de personnages repris des films et que l’on connaît bien. Il y en a aussi de nouveaux, avec des sorts divers : Ahsoka, padawan d’Anakin, est indéniablement un point fort de la série, un personnage riche et intéressant, qui a droit à un parcours déchirant sur la fin, même s’il est hélas dilué avec un grand nombre d’épisodes de remplissage. Malgré tout, elle justifie à elle seule de se lancer dans la série et m’a même donné envie de revoir la série Disney+ qui ne m’avait pourtant <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/ahsoka-disney+/">pas tellement convaincue</a>. Ces épisodes de remplissage, c’est vraiment la plaie des séries à l’ancienne qui doivent remplir un quota d’épisodes. <em>Star Wars : The Clone Wars</em> a des choses intéressantes à raconter, elle explore des thématiques jamais creusées par la saga au cinéma, notamment sur la formation des Jedi et surtout sur les tensions en interne autour de la guerre. Tous ces éléments passionnants sont toutefois noyés au milieu d’intrigues sans intérêt et d’un interminable conflit où chaque épisode ressemble au précédent. Au-delà de ça, je regrette aussi le traitement caricatural de trop de personnages et d’arcs narratifs. Il y bien a des pistes, que ce soit sur Mandalore ou alors avec les sorcières et Asajj Ventress, un autre personnage introduit par la série. Elle est pleine de promesse, mais ses intentions et ses actions sont toujours bien trop caricaturales. Alors que la série introduisait une dose d’humanité avec les clones, elle ne le fait jamais avec les méchants qui restent de grands méchants absolus, une opportunité ratée.</p>
<p>À l’heure des bilans, difficile de s’enthousiasmer pleinement pour <em>Star Wars : The Clone Wars</em>. En tant que fan de l’univers, j’apprécie l’opportunité de creuser des personnages et de combler quelques trous dans la narration principale. Cela étant, je me suis ennuyé devant beaucoup trop d’épisodes, au point même d’en sauter certains (notamment dès que « Missa » apparaît, non merci), et les épisodes vraiment intéressants étaient bien trop rares. On doit pouvoir condenser l’ensemble à une ou deux excellentes saisons, sans rien perdre réellement. La forme grossière m’a d’abord gênée et j’aurais apprécié une animation plus conventionnelle, mais je m’y suis fait. Le fond tout aussi grossier est resté, lui, à part quelques fulgurances ici ou là, l’ensemble me paraît bien oubliable. Dommage.</p>
]]></description></item><item><title>Agatha All Along, Disney+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/agatha-all-along-disney+/</link><pubDate>Tue, 19 Nov 2024 21:46:35 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/agatha-all-along-disney+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/agatha-all-along-disney&#43;/agatha-all-along.jpg">
        <p>Avec toutes ses imperfections, <a href="https://voiretmanger.fr/wandavision-schaeffer-disney/"><em>WandaVision</em></a> reste indéniablement l’une séries Marvel les plus réussies, justement parce qu’elle tentait quelque chose de radicalement différent. Au milieu de la galerie de personnages secondaires, celui qui sortait le plus du lot était inévitable Agnes, alias Agatha Harkness, une dangereuse sorcière et <a href="agnes.gif">source d’excellents mèmes</a> qui surnageait grâce à l’excellente prestation de Kathryn Hahn. Dans ces conditions, Disney+ n’a surpris personne en lui offrant son spin-off et c’est ainsi qu’est née <em>Agatha All Along</em>. Premier bon point, le casting ne change pas, à commencer par la présence de Jac Schaeffer côté création et jusqu’aux mêmes compositeurs qui parviennent à créer un morceau décliné à travers les neuf épisodes et que vous ne pourrez plus jamais oublier<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Inutile de faire durer le suspense plus longtemps : même s’il y a quelques inégalités le long de la route, <em>Agatha All Along</em> est une réussite, sans conteste une des meilleures séries de l’immense univers cinématographique Marvel.</p>
<p>L’histoire se déroule trois ans après les événements de <em>WandaVision</em> et aussi juste après ceux décrits dans <em><a href="/film/doctor-strange-multiverse-madness-raimi/">Doctor Strange in the Multiverse of Madness</a></em> où Wanda occupait une place importante. Tout ce contexte est utile pour bien saisir ce qui se passe, sans être obligatoire non plus et les scénaristes ont réussi à créer une œuvre assez indépendante, qui pourrait presque s’apprécier sans rien avoir vu du MCU. Presque. C’est quand même utile de savoir qui est Agnes/Agatha, tout comme ce n’est pas inintéressant de se rappeler des jumeaux de Wanda et de bien d’autres petits détails. C’est la force et la faiblesse de cet univers, comme toujours : côté pile, le spectateur est récompensé de sa fidélité et de son attention <a href="https://voiretmanger.fr/iron-man-favreau/">depuis 2008</a> ; côté face, le spectateur ne doit rien rater et retenir une masse immense d’informations, pour un résultat qui part dans toutes les directions et perd peu à peu de son sens. La bonne nouvelle, c’est qu’<em>Agatha All Along</em> reste quand même assez éloigné de tout cela, avec un univers qui lui est propre au fond et qui est nettement plus proche du fantastique avec tous les mythes sur les sorcières. Cette relecture modernisée de vieilles histoires est d’ailleurs assez amusante, entre musique pop et lutte contre des clichés avilissants.</p>
<p>La série créée par Jac Schaeffer m’a aussi agréablement surpris par son côté queer affirmé et même revendicatif. La présence de Joe Locke au casting, le Charlie si mignon de <a href="http://localhost:1313/serie/heartstopper-netflix/"><em>Heartstopper</em></a>, était en réalité un signe que l’on n’avait pas besoin de s’inquiéter. Il a un « <em>boyf</em> » (je découvrais ce diminutif de <em>boyfriend</em>), qu’il embrasse même face à la caméra à un moment, sa chambre a un poster « <em>Trans Lives Matter</em> » et l’acteur est parfait dans ce rôle résolument trouble à la frontière des genres, comme sa sublime interprétation de Maléfique le prouve bien. À ses côtés, j’étais encore plus agréablement surpris de découvrir un amour lesbien entre Agatha et Rio, incarnée par la toujours délicieuse Aubrey Plaza et là encore, Disney n’a pas fait son Disney pour une fois, c’est explicite. Cela fait tellement du bien de voir ces représentations chez Marvel, la série vaut le détour rien que pour ça. Elle le vaut également pour Kathryn Hahn qui s’en donne à cœur joie avec le personnage principal, tout en laissant transparaître une fragilité bienvenue. Cela dit, si je devais retenir une autre actrice, ce serait bien Patti LuPone qui m’a impressionné en particulier dans le septième épisode où son personnage est mis à l’honneur. Je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher la surprise, mais quel épisode !</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>« <em>Down, down, down the road…</em> ». Désolé.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Le Seigneur des anneaux : Les Anneaux de pouvoir, Prime Video (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/seigneur-anneaux-pouvoir-prime-video-saison-2/</link><pubDate>Fri, 15 Nov 2024 22:30:00 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/seigneur-anneaux-pouvoir-prime-video-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/seigneur-anneaux-pouvoir-prime-video-saison-2/anneaux-pouvoir-2.jpg">
        <p>La <a href="/serie/seigneur-anneaux-pouvoir-prime-video/">première saison</a> m’avait tout autant enchanté qu’agacé et même si je tenais à continuer <em>Le Seigneur des anneaux : Les Anneaux de pouvoir</em>, parce que c’est tout de même l’univers fondateur de toute la heroïc-fantasy et parce que les trous qu’ambitionne de combler la série d’Amazon sont passionnants, j’ai abordé la deuxième saison avec nettement moins d’enthousiasme. Huit nouveaux épisodes, qui tournent tous autour de l’heure chacun : on ne <em>binge-watch</em> pas cette série comme la plupart de ce qui sort sur les services de streaming. Et malgré cette longueur, j’ai trouvé la saison bien trop courte ou plus exactement, ses ambitions démesurées par rapport à sa longueur. Il y a bien trop de personnages et d’arcs narratifs différents en parallèle, si bien qu’il y a beaucoup de sacrifices. Le parcours de Gandalf<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> en particulier est sans intérêt et on sent bien que les scénaristes n’ont pas eu de temps pour lui. C’est à peine mieux pour Isildur et toute la partie sur Nùmenor, qui aurait mérité bien plus de développement pour éviter les caricatures, notamment sur la fin. Même le parcours de Durin, assez complet pourtant, m’a laissé sur ma faim et j’aurais aimé davantage de détails et subtilités.</p>
<p>En contrepartie, <em>Le Seigneur des anneaux : Les Anneaux de pouvoir</em> accorde beaucoup plus de place à Sauron et à la création des fameux anneaux avec Celebrimbor. Ce qui est logique après tout, c’est le cœur du sujet et tous les spectateurs attendaient de savoir comment le grand méchant de l’histoire a pu duper tout le monde. La réponse de la série est satisfaisante, en partie du moins. Charlie Vickers compose un excellent Sauron, rusé et manipulateur, capable de planter des idées dans les esprits et d’obtenir ce qu’il veut, non par la force, mais bien par ses attaques psychologiques. Le problème, c’est que tout le monde comprend vite qu’il y a tromperie et pourtant, rien ne change. Les Elfes continuent de porter leurs trois anneaux quand ils découvrent la vérité et ne semblent pas se soucier des conséquences. De même, les anneaux créés pour les Nains ont des problèmes évidents dès le départ, sauf que rien ne semble arrêter pour autant la cupidité du roi, pas même le Balrog qui fait une apparition notable. Pire, les neuf anneaux des humains sont créés en plein siège et si l’explication autour de la manipulation de l’esprit de Celebrimbor est acceptable, on a bien du mal à croire que les anneaux pourront être distribués à l’insu de tous. L’un des défauts majeurs de la série, c’est de vouloir à tout prix multiplier les ponts avec la trilogie, quitte à vendre la mèche bien trop tôt. Ça n’est jamais aussi apparent que lorsque Sauron affronte enfin le forgeron qu’il a trompé et que ce dernier le prévient qu’un seul anneau suffira à le détruire. L’anneau unique n’existe même pas encore, alors comment pourrait-il le savoir ? Cette manière de vouloir lancer des clins d’œil à tout va est fatigante et je crois que la création de Prime Video serait bien meilleure sans.</p>
<p>Malgré tous ces défauts, j’ai trouvé cette deuxième saison meilleure que la précédente. Vous me direz que ce n’était pas dur, c’est en tout cas une bonne nouvelle qui me donne un petit peu plus d’espoir pour la suite. Une suite qui attend toujours confirmation de la part d’Amazon, l’entreprise semblant hésitante à renouveler cette série aussi chère. J’espère malgré tout qu’ils le feront, <em>Le Seigneur des anneaux : Les Anneaux de pouvoir</em> a certainement d’autres sujets à creuser avant de faire le pont avec la trilogie principale.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Techniquement, c’est divulgâcher un secret qui n’est révélé qu’à la fin, mais enfin, si vous n’aviez toujours pas compris, quand même…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>ophio, Die Wilde Jagd</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/ophio-wilde-jagd/</link><pubDate>Thu, 14 Nov 2024 21:13:37 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/ophio-wilde-jagd/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/ophio-wilde-jagd/ophio.jpg">
        <p>Sorti en 2023, <em>ophio</em> est le dernier album de Die Wilde Jagd, le nom de l’un des projets musicaux de  Sebastian Lee Philipp, producteur et compositeur allemand dont je n’avais jusque-là jamais entendu parler. J’ai découvert l’artiste grâce à une recommandation <a href="https://piaille.fr/@Lambdachro/113294813069759122">sur les réseaux sociaux</a> qui parlait d’absolue merveille, rien que ça. J’étais assez curieux et j’ai donc prêté une oreille un peu au hasard. Dès le morceau d’ouverture, fort justement nommé « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=ZJ124Jn5bSQ"><em>Ein Anfang</em></a> » (qui veut dire un début, pour ceux qui n’ont pas fait allemand LV1 ou alors ceux qui ont tout oublié), j’étais happé par l’ambiance mystérieuse qui plane. Passée cette introduction, les deux morceaux suivants dépassent les sept minutes, ce qui est toujours bon signe, et sont vraiment excellents. J’adore les débuts minimalistes du titre suivant, « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=AHQcfYESihc"><em>Ophio</em></a> », la voix profonde du chanteur et les petites touches qui s’ajoutent très progressivement pour former un <em>crescendo</em> lent qui enrichit tout doucement la même aura de mystère. « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=af1PoiqgUvo"><em>Perseveranz</em></a> » reprend un petit peu la même idée, avec d’autres instruments, des voix féminines cette fois et une composition pleine de tensions qui fonctionne à merveille pour moi.</p>
<p>On en est à trois morceaux seulement et déjà je savais qu’<em>Ophio</em> allait me plaire. La suite est à la hauteur, avec une collection de titres tous assez différents, parfois uniquement instrumentaux et parfois avec des paroles. Ils sont tous intéressants, riches et réussis à leur façon, avec une mention spéciale pour « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=20A2PSQ-Gwg"><em>Ouroboros</em></a> » qui dépasse lui aussi les sept minutes, ce n’est pas un hasard. L’album tourne en boucle depuis que je l’ai découvert et après une vingtaine d’écoutes, je ne m’en lasse toujours pas et j’ai hâte de découvrir la carrière de l’artiste. La bonne nouvelle, c’est que j’ai trois albums à rattraper avant celui-ci et que le suivant sortira en début d’année prochaine. Je ne sais pas si je dois m’attendre à plus de la même veine ou si l’homme derrière Die Wilde Jagd a opté pour des directions différentes, même si manifestement, le minimalisme électronique qui parcourt cet album est sa marque de fabrique. Si cela ressemble vaguement à votre tasse de thé, je vous encourage de jeter votre oreille aussi et qui sait, vous apprécierez peut-être tout autant que moi.</p>
]]></description></item><item><title>L’Ensoleillé, Brandon Sanderson</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/ensoleille-sanderson/</link><pubDate>Fri, 08 Nov 2024 11:12:22 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/ensoleille-sanderson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/ensoleille-sanderson/ensoleille.jpg">
        <p>Je poursuis ma découverte de Brandon Sanderson avec… un troisième volume dans sa série des « livres secrets », tous rédigés pendant la pandémie de Covid. Si je pensais à la base partir sur tout autre chose dans son immense catalogue d’œuvres, je ne regrette pas d’avoir lu <em>L’Ensoleillé</em>. La capacité du romancier à imaginer des univers avec leurs propres règles totalement atypiques et en même temps complètement logiques me fascine toujours autant et celui-ci pousse peut-être le bouchon encore plus loin. L’auteur explique qu’il s’est inspiré de films comme les <a href="https://voiretmanger.fr/saga/mad-max/"><em>Mad Max</em> </a> pour imaginer une histoire toujours en mouvements et c’est tout à fait ça. Le lecteur est plongé dès les premières pages sur une étonnante planète, où le soleil transforme tout en un magma qui bouleverse les paysages et où les humains survivent comme ils peuvent en restant constamment sur la face cachée. S’arrêter, c’est mourir, ce qui est aussi le credo du héros, Nomade, échoué sur la planète dans une course-poursuite galactique. Je sais que d’autres romans expliquent son statut exact, justifient la raison de la poursuite et ajoutent de nombreux éléments supplémentaires. Peu importe : je n’ai jamais trouvé que <em>L’Ensoleillé</em> manquait d’explications ou était confus. Certes, on ne comprend pas toujours tout, mais ce n’est pas un défaut. Bien au contraire, c’est le signe d’un univers bien trop riche pour le condenser en un seul roman et j’admire ce choix de la part de l’auteur.</p>
<p>L’intrigue elle-même, comme chez George Miller, est assez simple au fond. Une histoire de survie d’un groupe d’individus contre un tyran qui a eu accès à deux ou trois secrets sur les mécaniques de ce monde atypique et qui en tire profit en soumettant ou tuant tous ceux qu’il croise. Autant ne pas trop en divulgâcher, <em>L’Ensoleillé</em> a quelques secrets à révéler au fil de la lecture, même si l’ensemble garde une aura de mystère qui m’a beaucoup plus. Brandon Sanderson a aussi expliqué qu’il avait imaginé ce livre avant tout pour les fans du Cosmère, l’univers qu’il a imaginé pour héberger ses livres. J’imagine qu’à cet égard, un lecteur passionné aura compris davantage d’éléments que moi. Et j’imagine qu’en poursuivant mes lectures, j’en comprendrai moi-même aussi davantage. En attendant, je ne crois pas que ce roman avait besoin de plus, il y avait là bien suffisamment pour comprendre les enjeux et s’attacher à cette petite planète bizarre ainsi qu’à ses habitants. J’ai apprécié aussi l’orientation plus science-fiction et moins fantastique que dans les deux autres romans que l’ai lus et surtout, j’ai aimé découvrir un style un petit peu différent. Le narrateur omniprésent dans <em>‌<a href="/livre/tress-mer-emeraude-sanderson/">Tress de la mer Émeraude</a></em> comme dans <em><a href="/livre/yumi-peintre-cauchemars-sanderson/">Yumi et le peintre de cauchemars</a></em> était un petit peu lourd à la longue et j’étais satisfait de ne pas le retrouver.</p>
<p>Au-delà de l’histoire elle-même, si vous avez la chance de lire le roman dans l’édition collector publiée par Le Livre de Poche, cela vaut le détour. Le prix est alors assez élevé, c&rsquo;est vrai, mais c’est un très bel ouvrage, avec une couverture rigide, du beau papier et des illustrations tout du long.</p>
]]></description></item><item><title>La Diplomate, Netflix (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/diplomate-netflix-saison-2/</link><pubDate>Wed, 06 Nov 2024 21:19:09 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/diplomate-netflix-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/diplomate-netflix-saison-2/diplomate-saison-2.jpg">
        <p>La <a href="/serie/diplomate-netflix/">première saison</a> m’avait beaucoup amusé, alors je me suis logiquement précipité sur la suite. <em>La Diplomate</em> reprend juste après la fin des événements de précédente saison, à savoir l’explosion en plein Londres qui vise un parlementaire britannique ainsi que le mari de l’ambassadrice américaine. Le résumé présenté par Netflix rappelle les grandes lignes sans entrer trop dans les détails, ce qui n’est pas bien grave. En regardant les six épisodes de cette saison, le spectateur se rappelle vite qu’il n’est pas question ici de géopolitique complexe. J’ai très vite retrouvé mes repères, les ambitions des uns, la personnalité des autres et j’ai trouvé cette suite tout aussi sympathique. Plus encore peut-être, quand la vice-présidente des États-Unis débarque dans la série : incarnée par une Allison Janney en grande forme<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, le personnage dynamite la série et lui apporte un nouveau souffle. Le trio formé par Kate Wyler, son mari et la VP Grace Penn fonctionne très bien, entremêlant astucieusement la montée en puissance de la Russie et les manipulations incessantes des États-Unis dans les affaires d’autres pays. Je dois reconnaître être un petit peu circonspect sur la bombe finale, que j’ai trouvé un poil grosse. Il n’empêche que ces six épisodes sont tous toujours aussi divertissants et même si le format est bien trop court, Debora Cahn a su maintenir le cap et creuser ses personnages.</p>
<p>En particulier, j’ai trouvé le parcours de Nicol Trowbridge, le premier ministre britannique, tout à fait convaincant. Il était représenté dans la première saison comme un gamin incontrôlable, on le retrouve plus subtil ici, avec ses doutes et surtout un manque de confiance qui le rendrait presque attachant. Si Rory Kinnear a toujours une manière de jouer assez similaire, il faut bien admettre que c’est pile ce qu’il fallait au personnage. J’aurais aimé que <em>La Diplomate</em> ait davantage d’espace pour développer ces personnages, mais au moins Netflix l’avait renouvelée pour une troisième saison. En espérant que la surprise finale ne fasse pas dérailler la série…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Et que, pur hasard de calendrier, je venais de croiser dans <a href="http://localhost:1313/serie/palm-royale-apple-tv+/"><em>Palm Royale</em></a>, où elle était aussi géniale. J’espère qu’on verra l’actrice plus souvent désormais.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>RAILGRADE</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/railgrade/</link><pubDate>Tue, 05 Nov 2024 21:22:19 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/railgrade/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/railgrade/railgrade.jpeg">
        <p>Vous devez poser des rails pour relier des usines et fournir des villes ou d’autres usines en eau, électricité, charbon, plastique, verre, processeurs et bientôt fusées. <em>RAILGRADE</em> a tous les attributs du jeu de gestion, sous-rubrique ferroviaire et c’est évidemment ce qui m’a attiré lors de sa sortie sur Steam fin 2023. Comme ma bibliothèque était bien pleine, je n’ai pas lancé le jeu avant fin septembre toutefois et je dois bien avouer que le premier contact a été rude. J’ai d’abord lancé le mode bac à sable, sans réel objectif autre que de devenir immensément riche, c’est toujours l’objectif après tout de ces simulateurs de capitalisme, mais j’ai vite arrêté. Le titre créé par Minakata Dynamics me semblait à la fois obscur et simpliste, une étrange combinaison qui a bien failli me faire passer à côté. Motivé par l’envie de ne pas avoir dépensé des sous en vain, j’ai réessayé, cette fois en lançant la première mission de la campagne. Quarante heures plus tard, <em>RAILGRADE</em> s’est finalement imposé comme un excellent jeu de gestion, avec ses propres règles et un gameplay remarquablement équilibré. Comme quoi, il faut se méfier des premières impressions.</p>
<p>Si le genre vous intéresse, je vous recommanderai de commencer par la campagne, qui présente l’avantage de faire office de tutoriel géant. Les bases sont faciles pourtant, car ce sont toujours les mêmes : vous posez des rails en tenant compte du relief, vous ajoutez des gares près des mines, industries et autres villes, puis vous achetez des trains pour transporter du matériel d’un point A à un point B. Néanmoins, la complexité se niche dans les détails. Les règles du jeu sont en réalité assez différentes des classiques, comme <em>Transport Fever 2</em> sur lequel j’avais passé pas mal d’heures récemment, sans parler de <em>Transport Tycoon</em> qui a en gros inventé le genre. Vous devez ici davantage vous concentrer sur peu de tâches et tout faire pour les optimiser, avec des objectifs qui peuvent être chiffrés en nombre d’unités, mais aussi en production moyenne, un défi nettement plus complexe et finalement intéressant. Il faut améliorer au maximum les sources de production, en leur apportant si possible des boosts. Il faut prévoir des voies de chemin de fer aussi directes et planes que possible, à défaut payer davantage pour des locomotives plus puissantes ou mieux adapter. Il faut des trains aussi longs que possibles sans pour autant les ralentir et plus important encore, il faut des gares suffisamment longues pour les remplir et vider immédiatement. Et comme cela ne suffit pas, il faut bientôt multiplier les gares en les entassant et prévoir un assemblage toujours plus complexe de rails pour alimenter le tout.</p>
<p><em>RAILGRADE</em> s’est ainsi avéré nettement plus stressant que je l’avais imaginé, plus fun aussi. Je trouve que les développeurs ont trouvé le bon équilibre dans chaque mission, ainsi qu’une bonne diversité d’une mission à l’autre, en ajoutant des contraintes pour pimenter chaque partie. J’ai même enchaîné quelques missions secondaires qui sont des variations des principales, juste pour le plaisir d’améliorer mes techniques et d’atteindre les objectifs plus rapidement. J’ai parfois galéré à trouver le bon équilibre notamment financier — les missions les plus difficiles vous imposent de trouver de l’argent d’une manière ou d’une autre avant de pouvoir envisager d’avancer vers l’objectif —, sur d’autres parties cela devenait au contraire presque facile et quoi qu’il en soit, je me suis beaucoup amusé à remplir les paysages d’une toile d’araignée de rails. N’est-ce pas l’essentiel pour un jeu ? <em>RAILGRADE</em> n’est clairement pas un titre qui conviendra à tout le monde, mais si vous aimez la gestion et que vous cherchez une formule revisitée avec davantage de rythme, alors je ne peux que vous recommander d’essayer.</p>
]]></description></item><item><title>Mars Express, Jérémie Périn</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/mars-express-perin/</link><pubDate>Sun, 03 Nov 2024 18:06:01 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/mars-express-perin/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/mars-express-perin/mars-express.jpg">
        <p>La science-fiction est un genre rare dans le cinéma français, la science-fiction animée encore plus. Ajoutez à cela une critique dithyrambique lors de sa sortie et j’avais naturellement gardé dans un coin de ma tête l’idée de regarder <em>Mars Express</em>. Peut-être que j’en attendais aussi trop par la même occasion ? Si le premier long-métrage de Jérémie Périn ne manque pas de qualités, je ne l’ai pas trouvé aussi excellent que je l’imaginais. La faute en partie à un casting hélas bien français, la faute aussi plus fondamentalement à un univers pas très original et dont les inspirations m’ont semblé un petit peu trop évidentes, au point de générer un petit côté déjà-vu par endroits.</p>
<p>L’intrigue se déroule en 2200, à une époque où l’humanité a réalisé le rêve d’Elon Musk en colonisant Mars et en se faisant accompagner de robots intelligents, un autre rêve du milliardaire. <em>Mars Express</em> suit l’enquête de deux détectives privés, dont un « Sauvegardé », Carlos, mort quelques années auparavant et dont la conscience a été stockée dans un robot. Avec Aline, ils enquêtent sur une disparition et découvrent petit à petit une conspiration qui vise tous les robots… je n’en dirai pas plus pour ne rien divulgâcher, mais enfin, tout amateur de SF tirera vite ses propres conclusions. Même si j’ai apprécié la petite pointe de surprise finale que je ne révélerai pas davantage, cela reste mineur face à une intrigue et un univers qui ne manquent pas de rappeler des souvenirs. Le réalisateur ne s’en cache pas et cite volontiers <a href="https://voiretmanger.fr/2001-odyssee-espace-kubrick/"><em>2001, Odyssée de l’espace</em></a> (les vaisseaux sont un hommage évident), <a href="https://voiretmanger.fr/saga/terminator/"><em>Terminator</em></a> (un robot qui sort une lame de son bras…), <a href="https://voiretmanger.fr/robocop-verhoeven/"><em>RoboCop</em></a> (les flics robotisés, forcément) ou encore <a href="https://voiretmanger.fr/ghost-shell-oshii/"><em>Ghost in the Shell</em></a> (toute la séquence au début de fuite dans la ville), j’ajouterais <a href="https://voiretmanger.fr/blade-runner-scott/"><em>Blade Runner</em></a> pour le côté film noir. Si toutes ces références sont excellentes, je ne dis pas le contraire, j’ai trouvé que l’univers perdait en originalité et ces clins d’œil m’ont régulièrement sorti du film. Le pire en la matière néanmoins, c’est le jeu de voix des acteurs : mis à part Léa Drucker qui s’en sort très bien, on est un quasiment toujours dans une diction théâtrale que l’on entend trop souvent en France. Mathieu Amalric, en particulier, n’était pas du tout dans le rôle pour moi.</p>
<p><em>Mars Express</em> s’en sort mieux sur le plan technique, avec une animation convaincante et une bande-originale très réussie. Tout n’est pas à jeter et j’ai même passé un bon moment, d’autant que le film est assez court et bien rythmé. J’en attendais malgré tout davantage, notamment une intrigue plus creusée, un univers de SF plus original et aussi des personnages plus complexes sur le plan psychologique. En l’état, je suis resté sur ma faim.</p>
]]></description></item><item><title>Palm Royale, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/palm-royale-apple-tv+/</link><pubDate>Sat, 02 Nov 2024 22:10:32 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/palm-royale-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/palm-royale-apple-tv&#43;/palm-royale.jpeg">
        <p>Un casting peut-il suffire à hisser une œuvre vers le sommet ? Bien entendu et <em>Palm Royale</em> le prouve encore une fois : cette série sur Apple TV+ ne tiendrait certainement pas la distance sans le talent de ses acteurs, Kristen Wiig en tête dans le rôle principal. L’actrice excelle souvent à incarner ses personnages et c’est tout à fait vrai ici, où elle développe une Maxine Simmons impeccable, entre naïveté et opportunisme, prête à tout pour s’imposer parmi la riche élite de Palm Beach en Floride. L’intrigue se déroule sous l’ère Nixon, en pleine guerre du Vietnam et alors que la libération des mœurs d’une partie de l’opposition affronte le conservatisme ambiant de la société américaine. Abe Sylvia, qui a créé cette adaptation d’un roman de Juliet McDaniel, exploite pleinement cette dualité, en confrontant l’insouciance de cette jet-set hypocrite qui ne vit que pour ses fêtes et événements destinés officiellement à financer des causes justes et qui servent en réalité à enrichir encore plus ses organisateurs, à une population qui découvre une autre voie, entre indépendance des femmes et reconnaissance d’autres sexualités. Les séquences les plus hilarantes voient s’opposer la vision rétrograde de l’héroïne à un groupe de féministes mené par Linda, incarnée par une Laura Dern toujours aussi efficace, même si elle est quelque peu éclipsée face à sa partenaire de jeu<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>.</p>
<p>Le casting, ce sont surtout ces femmes riches et prêtes à tout pour le rester. Allison Janney est tout simplement parfaite dans le rôle d’Evelyn, tout comme Leslie Bibb dans celui de Dinah, qui change de riche mari comme vous changez de sous-vêtements. Cela dit, la star incontestée est bien Carol Burnett, qui impose toujours une sacré présence à l’écran du haut de ses 90 ans et qui parvient à le faire alors même qu’elle n’a quasiment jamais de dialogue dans la série. <em>Palm Royale</em> ne révolutionne pas le genre et tout ne fonctionne pas aussi bien, mais les dix épisodes de la première saison m’ont tous amusé et j’étais ravi de découvrir qu’Apple l’avait renouvelée pour une suite. En attendant de savoir si Abe Sylvia aura de quoi tenir pour une saison entière, je recommande cette comédie légère et fort sympathique.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Elle a en revanche droit à une séquence touchante avec son père dans la fiction et dans la vie, Bruce Dern alias Skeet ici.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
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</div>
]]></description></item><item><title>“NO TITLE AS OF 13 FEBRUARY 2024 28,340 DEAD”, Godspeed You! Black Emperor</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/no-title-as-of-13-february-2024-28340-dead-godspeed-you-black-emperor/</link><pubDate>Thu, 31 Oct 2024 19:40:13 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/no-title-as-of-13-february-2024-28340-dead-godspeed-you-black-emperor/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/no-title-as-of-13-february-2024-28340-dead-godspeed-you-black-emperor/no-title-as-of-13-february-2024-28340-dead.jpg">
        <p>Même si le « post-rock » est un genre sans doute trop fourre-tout où l’on a rassemblé des groupes variés, je pense souvent d’abord à Godspeed You! Black Emperor quand on l’évoque. Le groupe canadien né il y a pile trente ans a toujours représenté pour moi la forme idéale de cette musique surtout instrumentale, qui prend son temps et qui s’impose par des montées en puissance toujours aussi efficaces. Son dernier album, étrangement nommé <em>“NO TITLE AS OF 13 FEBRUARY 2024 28,340 DEAD”</em>, est composé de six morceaux, ce qui est plutôt élevé. Six nouveaux titres pas tous longs — moins de quatre minutes pour le plus court, c’est limite de la pop — et surtout assez simples d’accès. Naturellement, si vous découvrez pour la toute première fois Godspeed You! Black Emperor, vous serez inévitablement surpris par ce son si particulier, ces guitares saturées qui forment pourtant une scène sonore aérienne toute en <em>crescendo</em>. Cela étant les albums précédentes du groupe étaient devenus plus difficiles d’accès, faisant moins confiance à une mélodie et davantage au bruit.</p>
<p>Rien de tel ici, avec des titres comme « <em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Lb3VKnzuDeE">BABYS IN A THUNDERCLOUD</a></em> » qui fait la part belle au violon et parvient ainsi à offrir une exploration presque en douceur pendant plus de 13 minutes. Je trouve que l’on revient davantage aux premières compositions du groupe, sans jamais tomber dans la répétition. Comme toujours, Godspeed You! Black Emperor implique une écoute un minimum concentrée, même si c’est une musique idéale aussi pour se concentrer pendant une autre tâche. En l’écoutant quelques fois, on identifie les mouvements au sein de chaque titre, on découvre des mélodies subtiles, on apprécie davantage les changements de rythme et surtout de niveaux sonores. Comme toujours, c’est une musique complexe, dans le sens où elle ne s’impose pas immédiatement à vous et demande quelques rotations dans le casque pour appréhender chaque morceau et l’album dans son ensemble.</p>
<p>Son titre est peut-être bizarre, il est aussi éminemment politique, ce qui n’est pas une surprise quand on pense que le groupe a toujours revendiqué sa position très à gauche de l’échiquier et notamment anti-capitaliste. <em>“NO TITLE AS OF 13 FEBRUARY 2024 28,340 DEAD”</em> référence le génocide qui a toujours cours à Gaza et la colère des guitares ainsi que le rythme accéléré de la batterie est une évocation évidente de la guerre. C’est flagrant avec la progression de l’album : après quelques titres relativement doux, l’ambiance change et bascule dans la violence et surtout la colère. « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=UvOG3SOWybE"><em>PALE SPECTATOR TAKES PHOTOGRAPHS</em></a> » a des allures de musique de film avec les percussions puissantes qu’on ne peut plus ignorer et une noirceur indéniable, où tout espoir de mélodie semble comme court-circuité par l’urgence et les alarmes. C’est un morceau intense et très réussi, qui me donnerait envie de <a href="https://voiretmanger.fr/godpseed-you-black-emperor-halle-villette-janvier-2011/">revoir le groupe sur scène</a>. Cette force, déjà bien sensible en studio, est tellement plus incroyablement brutale dans une salle de concert : si vous en avez l’occasion, c’est une expérience (épuisante) à vivre.</p>
]]></description></item><item><title>Bad Monkey, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/bad-monkey-apple-tv+/</link><pubDate>Tue, 29 Oct 2024 21:05:57 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/bad-monkey-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/bad-monkey-apple-tv&#43;/bad-monkey.jpeg">
        <p>Je ne sais pas pourquoi le singe-trop-mignon de Neville a conduit à ce titre, car il n’est certainement pas méchant et encore moins le sujet principal de <em>Bad Monkey</em>, même si on le voit régulièrement pour notre plus grand bonheur. Qu’importe, cette adaptation d’un roman de Carl Hiaasen<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> est très amusante et mérite le détour, même si vous avez le sentiment que vous allez voir une histoire vue et revue. Ce qui la sauve du lot, c’est le ton très particulier, lié en écrasante majorité au jeu de Vince Vaughn. Le mieux, c’est encore d’essayer le premier épisode sur Apple TV+ et de juger si cela vous plait, en sachant que la suite ne sera pas différente et que persister n’est pas utile si cela ne vous plait pas. De mon côté, j’ai vite accroché à cet ex-détective qui ne lâche jamais une affaire et qui comprend vite que cet accident de pêche qui a conduit à retrouver un bras au large des Keys, tout au sud de la Floride, cachait un truc pas net. Commence une enquête déjantée sur dix épisodes qui implique un singe, donc, un couple d’arnaqueurs, la mafia russe ou encore une sorcière vaudou.</p>
<p><em>Bad Monkey</em> offre une bonne dose d’absurde et des personnages hauts en couleur, tout en faisant avancer une vraie enquête. Même si, il faut bien l’avouer, sa résolution est très secondaire par rapport à tout le reste. Comme le singe sur celles de Neville, la série tient en grande partie sur les épaules d’Andrew Yancy et de son interprète. Vince Vaughn est excellent dans ce rôle de détective bavard et énervant, qui parvient pourtant à résoudre l’affaire avec une efficacité remarquable. S’il vous énerve autant que les personnages de la série, la création de Bill Lawrence sera certainement insupportable, mais cela n’a pas été mon cas. Il m’a plutôt amusé, tout comme le narrateur omniprésent et lui aussi assez agaçant dans un autre genre (même les résumés en début d’épisode méritent d’être vus grâce à lui, c’est vous dire). C’est vraiment un mélange particulier, qui plaira autant qu’il déplaira. Je trouve en tout cas que <em>Bad Monkey</em> tient admirablement sa ligne si particulière et parvient ainsi à sortir du lot avec un style bien à elle. En attendant de savoir si Apple TV+ a prévu d’autres saisons, la fin ouverte le laisse entendre et j’espère que l’on aura d’autres aventures avec Andrew Yancy. En tout cas, je serais au rendez-vous pour les suivre…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Qui a d’ailleurs donné un titre officiel en français des plus curieux, quelle surprise (non) : <em>‌ Carl Hiaasen’s Bad Monkey</em>. Eh bien, non.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Sharper, Benjamin Caron</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/sharper-caron/</link><pubDate>Sun, 27 Oct 2024 17:26:01 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/sharper-caron/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/sharper-caron/sharper.jpeg">
        <p>À la question, une œuvre doit-elle faire preuve d’originalité pour être réussie, <em>Sharper</em> répond clairement : non. Le long-métrage réalisé par Benjamin Caron, son premier, raconte une histoire d’arnaques imbriquées qui ne fait pas semblant d’être radicalement nouvelle. Le film évoque au contraire quelques grands noms du genre, j’ai en particulier pensé à David Fincher, ce qui ne veut pas dire que c’était une déception. Cette nouvelle variante proposée par Apple TV+ est parfaitement menée, maligne et fort divertissante : elle n’avait pas besoin de plus pour occuper deux heures de temps.</p>
<p>Suivant un découpage par personnage, <em>Sharper</em> ne reste pas toutefois sur la même intrigue de base avec différents points de vue. L’histoire avance normalement en passant d’un personnage au suivant, pour révéler une série d’arnaques toutes plus audacieuses. Puisque Benjamin Caron choisit d’ouvrir le film en annonçant la couleur, le spectateur est au courant que le titre désigne un arnaqueur en argot, si bien qu’il s’y attend forcément dans la première partie. Quand 350 000 $ échangent de main à la fin de cette séquence, on sait assez bien pourquoi, mais le film ne fait que commencer. La suite continue de monter en ambition, avec tout d’abord près d’un million de dollars et bientôt un héritage à 9,2 milliards, rien que ça. Chaque segment ajoute une pièce supplémentaire et le puzzle qui se forme ainsi est très bien mené, sans fausse note. Il faut dire que le projet peut compter sur un casting impeccable, Juliane Moore en tête et l’actrice est une excellente veuve éplorée quand il le faut. À ses côtés, Sebastian Stan et Justice Smith sont impeccables, même si je retiendrais surtout la prestation de Briana Middleton que je découvrais par la même occasion. En bref, sans être un futur chef-d’œuvre du septième art, j’ai beaucoup apprécié ce <em>Sharper</em> qui est tout à fait recommandable si vous aimez les films façon puzzle.</p>
]]></description></item><item><title>Soft Tissue, Tindersticks</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/soft-tissue-tindersticks/</link><pubDate>Fri, 25 Oct 2024 21:45:53 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/soft-tissue-tindersticks/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/soft-tissue-tindersticks/soft-tissue.jpg">
        <p>J’ai toujours eu un faible pour la musique de Tindersticks, je crois d’abord attiré par la voix profonde et si reconnaissable de Stuart Staples, aussi par la bande sonore qui tire vers le jazz tout en ménageant une belle mélancolie qui ne pouvait que me plaire. Si l’on ne peut pas toujours expliquer une attirance, je sais que j’ai toujours accroché, si bien que je connais par cœur la majorité de la discographie du groupe britannique et je ne rate jamais un de leur album. C’est bien entendu le cas pour <em>Soft Tissue</em>, leur plus récent qui est immédiatement reconnaissable comme un album de Tindersticks, sans répéter une formule à l’identique pour autant. Les huit titres composés par le groupe nous entraînent sur une quarantaine de minutes d’une musique qui prend son temps pour se poser — la plupart des morceaux dépassent les 5 minutes — tout en étant très simple d’accès. C’est peut-être la force de Tindersticks, qui parvient à mélanger des influences variées, de la soul magnifiée par les cuivres de « <em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=mpK58eRJQOw">New World</a></em> » aux tonalités latines du très joli « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=BbbaRonZaGg"><em>Nancy</em></a> ». On oscille entre des titres lents et tristes (« <a href="https://www.youtube.com/watch?v=N6D04Xk46G8"><em>Falling, the Light</em></a> ») ou alors tout en délicatesse (« <a href="https://www.youtube.com/watch?v=ckQmikWdodg"><em>The Secret of Breathing</em></a> ») à des morceaux plus légers et presque dansants (« <a href="https://www.youtube.com/watch?v=qcz-82fGHGw"><em>Turned My Back</em></a> »), sans perdre la mélancolie ambiante.</p>
<p>C’est très beau et c’est fait avec une facilité déconcertante tout en maintenant l’unité de l’ensemble.  C’est aussi cela qu’apporte plus de trente ans de carrière et à cet égard, <em>Soft Tissue</em> est sans doute une bonne porte d’entrée pour découvrir le groupe. Même s’il n’y a pas grand-chose à jeter dans la discographie, y compris les bandes-originales plus expérimentales composées pour les films de Claire Denis, mais ce quatorzième opus est un bon candidat aussi. Si vous ne connaissiez pas, je vous encourage d’essayer et peut-être que vous tomberez vous aussi sous le charme de Tindersticks.</p>
]]></description></item><item><title>Le Processus de tendresse, Thomas Louis</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/processus-tendresse-louis/</link><pubDate>Wed, 23 Oct 2024 20:58:23 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/processus-tendresse-louis/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/processus-tendresse-louis/processus-tendresse.jpg">
        <p>Je dois confesser avoir acheté <em>Le Processus de tendresse</em> sans connaître son auteur et sans rien savoir à son sujet, si ce n’est qu’il promettait une histoire d’amour entre deux hommes et une touche de gastronomie qui ne pouvait que me plaire. J’ai commencé ma lecture sans particulièrement chercher à en savoir plus et notamment sans lire la quatrième de couverture qui, comme trop souvent, en révèle tant. C’est à mon sens toujours la meilleure manière de découvrir une œuvre, même si cela veut dire aussi qu’elle peut vous décevoir en partant dans une direction que vous n’attendiez pas.</p>
<p>Le deuxième roman de Thomas Louis est assez bref, un peu moins de 200 pages, et je ne suis pas sûr de savoir qu’en penser, même si je l’ai lu d’une traite, ce qui est toujours bon signe. L’histoire du premier amour de Yann comme ce Cyril est intéressante, car les deux hommes bien dans leur vingtaine sont tous les deux autant enfermés dans leur placard. Le premier est assez classique : fils unique d’un couple religieux et ouvertement homophobe, il s’enferme dans la petite chambre de son enfance et n’a pas vraiment vécu jusqu’ici. Le deuxième est plus original : chef dans un restaurant parisien tendance, il a fondé une famille avec Sabine avec qui il a eu un enfant et semble mener une vie hétéronormée parfaitement banale. La rencontre des deux fait tout basculer, exploser même pourrait-on dire. <em>Le Processus de tendresse</em> décrit un coup de foudre, sans la mièvrerie que l’on trouve parfois avec ce genre de récit. Au contraire, le style du jeune romancier est analytique, presque froid, et ses personnages sont loin du glamour des séries TV. Ce qui est une excellente chose d’ailleurs, j’ai apprécié les personnages « normaux » de Thomas Louis, avec toutes leurs imperfections et contradictions. Ce coup de foudre est néanmoins irrésistible, une force qui fait tout basculer, oblige Yann à affronter ses parents et Cyril à tromper sa compagne, bouleverse les deux univers et propulse les deux personnages sur une nouvelle trajectoire.</p>
<p>C’est intéressant et en même temps, je n’ai pas cessé d’être gêné, voire agacé, pendant ma lecture. C’est sûrement un côté fleur-bleue que je n’assume pas totalement, mais j’aurais sans doute apprécié davantage d’optimisme. Le concept du processus de tendresse qui a donné son nom au roman, cette idée que tout amour est forcément destiné à aboutir sur la seule tendresse, comme si c’était le signe de l’échec, est d’un déprimant. Le principe que l’homosexualité soit toujours mal acceptée et même dangereuse est sans aucun doute crédible, ce qui ne veut pas dire que c’est ce que j’ai envie de lire. Je ne dirais pas que <em>Le Processus de tendresse</em> est un mauvais roman pour autant et j’ai apprécié la plume de son auteur. Je crois surtout que ce n’était pas le type d’histoire que je voulais lire en ce moment. Tant pis…</p>
]]></description></item><item><title>Pachinko, Apple TV+ (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/pachinko-apple-tv+-saison-2/</link><pubDate>Mon, 21 Oct 2024 21:43:28 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/pachinko-apple-tv+-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/pachinko-apple-tv&#43;-saison-2/pachinko-saison-2.jpeg">
        <p>La <a href="/serie/pachinko-apple-tv+/">première saison</a> m’avait bluffé par sa capacité à déployer une fresque familiale entre la Corée et le Japon et toucher l’universalité à travers un exemple spécifique. Apple TV+ avait naturellement commandé une suite et <em>Pachinko</em> ne déçoit pas avec ces huit nouveaux épisodes qui avancent dans le temps vers les années 1950 et déploient toujours un petit peu plus le puzzle de la famille de Sunja. Deux époques seulement s’entrecroisent ici, une de moins que dans la précédente saison, ce qui simplifie les enjeux sans rien enlever à la délicieuse sophistication d’un scénario qui entremêle avec délice les périodes. Dans cette suite, j’ai particulièrement apprécié le rôle de Noa, qui semble tout naturellement associé à un personnage des années 1980 jusqu’au moment où l’on découvre qu’il s’agit d’une toute autre personne. Cela relance la dynamique de la série avec une interrogation sur son avenir, sans obtenir nécessairement de réponse au cours de ces épisodes — il faut bien en garder sous le coude pour la saison suivante, naturellement.</p>
<p>En attendant, <em>Pachinko</em> continue de creuser le sujet de la discrimination contre les Coréens par les Japonais, même s’il occupe peut-être un peu moins de place. Ou plutôt, il n’occupe pas le centre de l’attention tout en étant partout : que ce soit dans la campagne où la famille se réfugie à l’été 1945 pour échapper aux tristement célèbres bombardements ou dans le Japon des affaires des années 1980, le sujet revient constamment sur la table. Les personnages ont beau faire tout ce qu’ils peuvent, se battre trois fois plus que les autres, leur origine revient toujours sur la table et surtout cette façon de ne pas avoir réellement de lieu d’origine. Certains sont attirés par la Guerre de Corée qui éclate au cours de cette saison, d’autres au contraire veulent fuir la région et partir vers d’autres horizons comme les États-Unis. Toutes ces réflexions se concentrent en quelque sorte sur la fin de l’arc narratif initié dans la saison précédente, où un riche Japonais veut acheter la maison d’une Coréenne au cœur de Tokyo pour construire un immense parc hôtelier. Elle s’accroche à sa modeste maison justement parce que c’est chez elle, un lieu qu’elle a pu acheter une bouchée de pain après la guerre, car les Japonais n’en voulaient pas. Un lieu qui redevient prisé et qui la force <em>in fine</em> à déménager encore une fois, enrichie financièrement certes, mais appauvrie humainement.</p>
<p><em>Pachinko</em> m’a encore une fois impressionné et j’ai vraiment hâte de voir la suite. Soo Hugh poursuit son excellent travail d’adaptation et parvient à nous enthousiasmer pour ses personnages en révélant de nombreux aspects de leur vie tout en laissant autant de questions ouvertes. C’est tout à la fois passionnant sur le contexte historique et ce conflit racial que l’on connaît au fond assez mal et réjouissant sur les récits intimes de cette famille coréenne au Japon. Un grand moment, que je recommande sans hésiter.</p>
]]></description></item><item><title>Spoiler Alert, Michael Showalter</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/spoiler-alert-showalter/</link><pubDate>Sun, 20 Oct 2024 16:51:33 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/spoiler-alert-showalter/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/spoiler-alert-showalter/spoiler-alert.jpg">
        <p>Même si la toute première scène de <em>Spoiler Alert</em> dévoile la fin, le film reste à mon sens bien plus fort si vous le découvrez sans rien avoir lu à son sujet. Alors si c’est votre cas et qu’un peu de romance gay ne vous effraie pas, je vous encourage à le regarder en aveugle avant de revenir lire la suite.</p>
<p>Netflix le classe dans les comédies romantiques et films LGBTQ+. Ce qui n’est pas faux techniquement, même si l’annonce dès le tout début de la grave maladie de l’un des deux protagonistes tempère quelque peu les attentes. Adapté d’un livre biographique publié par Michael Ausiello, interprété ici par Jim Parsons, le long-métrage raconte la fin de vie de Kit Cowan qui meurt des suites d’un cancer généralisé, à travers le regard de son mari Michael. Il y a bien une partie romantique néanmoins, puisque l’histoire remonte le temps d’une quinzaine d’années, lors de la rencontre des deux hommes dans une boîte de New-York. Tous les codes du genre sont d’ailleurs respectés, au point que l’on parviendrait presque à oublier la tragique fin pourtant annoncée dès le départ. Je ne sais pas si c’est le talent de Michael Showalter ou bien celui du casting, ou alors si c’est le signe que je cherchais une histoire légère qui se termine bien. Quoi qu’il en soit, quand la maladie survient, le choc n’en est que plus grand. Surtout que la lutte de Kit contre le cancer est hélas bien trop classique, avec une rémission qui apporte avec elle de l’espoir, hélas totalement vain. On a beau connaître la fin d’avance, cela n’empêche pas d’y croire comme les personnages et je trouve cela aussi beau que ravageur.</p>
<p>Jim Parsons a peut-être du mal à passer pour le jeune homme qu’il n’est plus, son interprétation n’en est pas moins juste et déchirante. Je pensais découvrir Ben Aldridge à ses côtés, même si sa fiche <em>Wikipedia</em> m’a appris que je l’avais en réalité découvert dans l’excellent <em><a href="https://voiretmanger.fr/fleabag-waller-bridge-bbc/">Fleabag</a></em>. Qu’importe, il est lui aussi parfaitement convaincant dans ce rôle difficile et il parvient à donner toute la crédibilité nécessaire à son couple ainsi qu’à sa maladie. <em>Spoiler Alert</em> commence peut-être une comédie romantique à la limite de la caricature, le film se termine comme une tragédie poignante. Un sacré contraste, une belle réussite.</p>
]]></description></item><item><title>Terry Pratchett : Une vie avec notes de bas de page*, Rob Wilkins</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/terry-pratchett-vie-notes-bas-page-wilkins/</link><pubDate>Wed, 16 Oct 2024 22:39:27 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/terry-pratchett-vie-notes-bas-page-wilkins/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/terry-pratchett-vie-notes-bas-page-wilkins/terry-pratchett-vie-notes-bas-page.jpg">
        <p>On dit souvent qu’il ne faut jamais rencontrer ses idoles. Est-ce similaire pour les biographies de ses idoles ? C’est vaguement inquiet que j’ai attaqué ma lecture de <em>Terry Pratchett : Une vie avec notes de bas de page</em>* qui est, comme la note de bas de couverture le précise bien, une biographie officielle. Le romancier britannique est mort des suites d’Alzheimer à 66 ans seulement, bien trop tôt pour le bien de l’humanité et aussi pour qu’il ait le temps d’écrire son autobiographie. Le projet avait toutefois donné lieu à de multiples notes éparpillées que Rob Wilkins, son assistant, a pu récupérer pour composer ce livre. Il n’essaie pas de faire parler son ancien employeur, il l’écrit en son nom et en puisant autant dans les souvenirs collectés par l’écrivain que dans les témoignages de tous ceux qui l’ont croisé, reconstituant une vie bien remplie. J’avais une vague notion sur le parcours du créateur des <em>Annales du Disque-Monde</em>, en insistant sur le côté vague. J’ai beaucoup appris, dont un aspect de la personnalité du romancier qui m’a un petit peu déplu, mais j’ai terminé ma lecture touché et reconnaissant.</p>
<p>Ce qui m’a le plus étonné en découvrant le parcours de Terry Pratchett, c’est de réaliser à quel point l’homme a pu être précoce, en impressionnant ses enseignants au lycée avec une première nouvelle cohérente et déjà pleine d’humour, et en même temps que l’écriture romanesque n’est arrivée que bien tard dans sa vie. <em>Terry Pratchett : Une vie avec notes de bas de page</em>* détaille bien le parcours du sujet, enfant puis jeune adulte quand il devient journaliste. Il ne met jamais réellement ses rêves de côté, profitant de sa position pour développer ses talents de conteur à travers des pages jeunesse qu’il remplit avec son imagination sans borne. Néanmoins, il n’écrit pas de roman à part un ou deux essais et il faut attendre le milieu des années 1980 et quasiment la quarantaine pour que Terry Pratchett abandonne son emploi alimentaire et devienne écrivain à part entière. Si le succès n’a pas été aussi immédiat qu’on pourrait le croire rétrospectivement, il est tout de même vite arrivé et le fils d’une famille modeste est vite devenu le romancier le plus vendu en Grande-Bretagne et multi-millionnaire par la même occasion.</p>
<p>Cette transformation est assez rapide et l’auteur la décrit comme invisible pour Terry Pratchett. Je crois que Rob Wilkins était peut-être un peu trop proche de son sujet pour en juger et sa biographie laisse transparaître les nombreuses évolutions dans la personnalité du romancier, pas toutes positives. Certes, il a gardé une vie relativement simple jusqu’à la fin, dans sa grande maison de la campagne britannique qu’il a simplement enrichie de quelques accessoires qu’on imagine hors de prix, que ce soit un observatoire astronomique, un pont en pierre ou encore une immense serre. Certes, il est resté proche de ses fans aussi longtemps qu’il l’a pu, signant des autographes à la chaîne et répondant à tous les courriers qu’il recevait. <em>Terry Pratchett : Une vie avec notes de bas de page</em>* n’oublie pas aussi qu’il pouvait être aussi capricieux voire colérique et traiter ceux qui l’entourent d’une manière bien déplaisante. Par certains égards, la biographie décrit la version caricaturale de l’artiste génial et intolérant, une image assez éloignée de celle que je m’en faisais à travers ses mots. Cela étant, je ne regrette pas ma lecture : le livre de Rob Wilkins est plaisant à lire — d’autant que Patrick Couton, qui a traduit toutes les <em>Annales</em>, est bien au rendez-vous et que l’édition luxueuse proposée par L’Atalante — et il m’a beaucoup appris sur la carrière de mon idole. Toute la fin, avec l’émergence de la maladie et la disparition progressive de l’écrivain, est touchante et j’ai trouvé qu’elle était particulièrement bien racontée par l’auteur.</p>
<p><em>Terry Pratchett : Une vie avec notes de bas de page</em>* n’intéressera sans doute réellement que les fans du père du Disque-Monde. Si c’est votre cas, je ne peux que vous le recommander une lecture, en prévenant quand même que vous risquez d’attraper une envie irrésistible de vous replonger dans les <em>Annales</em>. Une envie potentiellement coûteuse, si vous découvrez à cette occasion que L’Atalante a publié la collection complète dans un grand format qui semble bien plus confortable que les poches de votre jeunesse.</p>
<div class="footnotes">
<hr/>
<p>* <em>La biographie officielle</em></p>
</div>
]]></description></item><item><title>Slow Horses, Apple TV+ (saison 4)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv+-saison-4/</link><pubDate>Tue, 15 Oct 2024 21:56:49 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv+-saison-4/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv&#43;-saison-4/slow-horses-4.jpeg">
        <p><em>Slow Horses</em> poursuit son travail d’adaptation des huit romans originaux et cette quatrième saison permet ainsi de retrouver les mêmes personnages principaux dans une autre intrigue indépendante. Après une <a href="/serie/slow-horses-apple-tv+-saison-3/">troisième saison</a> qui était un petit peu tombée à côté pour moi, à cause d’une trop grande place laissée à de l’action trop classique qui tranchait avec l’ambiance décalée de la série Apple TV+, bonne nouvelle : j’ai trouvé les six épisodes qui forment la saison 4 bien meilleurs. On revient aux bases, en incluant d’ailleurs le passé de River Cartwright pour une fois, et le scénario est ainsi nettement mieux ficelé et plus fidèle à l’esprit de l’ensemble. Les veaux sont comme toujours aussi désespérants que finalement efficaces, plus que les agents officiels du MI5 qui sont tous à la ramasse. Dans les grandes lignes, la série n’évolue pas de manière fondamentale, ce qui n’empêche pas la saison d’être fort agréable. L’incursion en France n’est pas totalement ridicule — pas au niveau d’<em>Emily in Paris</em>, en tout cas — et Hugo Weaving est très bien pour incarner ce personnage qui est en quelque sorte l’antithèse de Jackson Lamb, que Gary Oldman continue d’explorer avec délice et beaucoup de crasse.</p>
<p>La création d’Apple TV+ n’a pas besoin de plus au fond. Ce format court lui va très bien, les saisons suivantes ont d’ores et déjà été commandées et je serai naturellement au rendez-vous. <em>Slow Horses</em> n’est sans doute pas une de ces grandes séries qui impressionnent toujours un petit peu plus à chaque épisode. Néanmoins, je trouve qu’elle parvient à s’imposer au fil du temps comme une série solide et bien fichue, dont on a envie de voir la suite. Et même si chaque saison reste assez indépendante, le fil rouge permet de s’attacher à chaque personnage, ou de les détester un petit peu plus à chaque fois. Avec une mention spéciale à Roddy Ho (Christopher Chung, qui semble avoir un don naturel pour jouer les connards), qui parvient à chaque saison à faire encore pire. Respect.</p>
]]></description></item><item><title>Une partie de toi, Sigge Eklund</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/partie-toi-eklund/</link><pubDate>Sun, 13 Oct 2024 17:42:53 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/partie-toi-eklund/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/partie-toi-eklund/une-partie-de-toi.jpg">
        <p>La gestion du deuil est au cœur d’<em>Une partie de toi</em>, film suédois diffusé sur Netflix qui m’a d’abord attiré l’œil dans l’immense catalogue du service de streaming par la présence au casting d’Edvin Riddig, l’une des stars de <a href="https://voiretmanger.fr/young-royals-ambjorn-forsman-forsman-netflix/"><em>Young Royals</em></a>. Il n’a pas le rôle principal ici, puisque le scénario s’intéresse à Agnes, une lycéenne réservée qui vit dans l’ombre de sa grande sœur Julia, tout son contraire. Exubérante et festive, elle est un modèle pour sa cadette, qui aime même secrètement son petit ami Noel. Après une fête bien trop arrosée, Julia prend le volant et meurt dans un accident : comment survivre après cela ? La question n’est certes pas nouvelle, j’ai toutefois trouvé que le long-métrage réalisé par Sigge Eklund, c’est d’ailleurs son premier, la traitait remarquablement bien.</p>
<p><em>Une partie de toi</em> n’a pas besoin d’imaginer un scénario plein de rebondissements. Il lui suffit de suivre le travail du deuil d’Agnes, qui commence par essayer de devenir sa sœur. Elle lui emprunte d’abord un vêtement, puis s’inspire des photos publiées sur les réseaux sociaux pour se maquiller comme elle. Bientôt, elle participe à toutes les fêtes, boit trop et couche même avec Noel, troublé de retrouver quelqu’un qui ressemble autant à celle qu’il aimait. Plus part, quand elle découvre qu’elle ne connaissait pas aussi bien sa sœur qu’elle le pensait, l’histoire bascule vers quelque chose de plus profond et intéressant encore, mais je n’en dirai pas plus. Le projet tient largement sur les solides épaules de Felicia Truedsson. La jeune actrice est franchement épatante dans ce rôle de sœur endeuillée, avec une interprétation qui pouvait facilement sonner fausse ou tomber à côté des émotions réelles. Rien de tel ici, <em>Une partie de toi</em> m’a au contraire impressionné par sa faculté à représenter précisément le ton nécessaire, avec des jeux sobres et sincères. Sans être le film de l’année, je le recommande sans hésiter.</p>
]]></description></item><item><title>Heartstopper, Netflix (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/heartstopper-netflix-saison-3/</link><pubDate>Fri, 11 Oct 2024 21:25:01 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/heartstopper-netflix-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/heartstopper-netflix-saison-3/heartstopper-3.jpg">
        <p>Carton-plein pour <em>Heartstopper</em>, qui parvient pour une raison ou une autre à hausser encore le ton et à faire encore mieux avec cette troisième saison. Elle est toujours aussi courte avec ses huit épisodes de 30 minutes et avec un an de plus, les acteurs ont toujours plus de mal à être crédibles en jeunes de 15 ou 16 ans. Voilà pour les critiques, pour tout le reste, c’est mignon tout plein et avec un nouveau défi relevé avec brio par Alice Oseman : parler de troubles psychologiques sans tomber dans les clichés faciles. Sans surprise, elle le fait aussi bien qu’en parlant de sexualité ou de genre : avec précision, parfaitement renseignée et sans sortir la carte d’une guérison miraculeuse après deux passages chez le psy.</p>
<p>Le mal-être mental de Charlie commençait à percer dans la <a href="/serie/heartstopper-netflix-saison-2/">deuxième saison</a>, il est le sujet central de cette suite. Je ne m’attendais d’ailleurs pas à ce qu’il apparaisse aussi vite et aussi fort, à tel point que <em>Heartstopper</em> devient très sérieuse et perd momentanément son côté <em>feel-good</em>. C’est pour la bonne cause toutefois, tant le parcours de Charlie, entre anorexie et TOC qui le rendent terriblement anxieux, forme une structure parfaite pour la saison. Le scénario prend le sujet à bras le corps, en décrivant un lent processus de guérison qui ne se termine jamais tout à fait, même si le personnage finit quand même par s’en sortir : la série garde cette idée de toujours maintenir son espoir et de refuser la noirceur gratuite, ce que j’apprécie toujours autant. En attendant, il y a quelques épisodes dont la dureté m’a surpris, non pas que ce soit un problème. Au contraire, je trouve que c’est aussi important de parler de la dépression chez les adolescents et la mise en scène avec les ajouts graphiques apporte ce message avec clarté et une grande efficacité. Comme sur tous les autres sujets, on sent bien que <em>Heartstopper</em> est documentée pour dire les bonnes choses au bon moment et tout est juste. Tout comme l’impact sur la santé mentale de Nick qui n’a pas été oublié dans l’équation, c’est vraiment un sans-faute.</p>
<p>Cette saison est aussi l’occasion de creuser encore la relation entre les deux garçons et cela passe notamment par le sexe, oui, enfin. L’attente semblait longue, ce que le scénario intègre intelligemment en évoquant aussi la durée de la relation entre Nick et Charlie, sans aller plus loin que des câlins habillés. <em>Heartstopper</em> gère là aussi très bien le passage à la vitesse supérieure, y compris en incluant les scarifications de Charlie dans l’équation. La série Netflix restant tout public, il n’est pas question de voir quoi que ce soit (les couettes sont bien pratiques) et il faut bien rappeler que l’on parle de deux jeunes de 16 ans, même si les acteurs tournaient autour de la vingtaine lors du tournage et cela se voit. Kit Connor, en particulier, a bien grandi et il a le physique du joueur de rugby qu’il interprète dans la fiction. J’espère que les tournages ne tarderont pas trop pour la suite, ce serait dommage de perdre le côté adolescent qui reste encore vaguement présent dans le casting. Quoi qu’il en soit, j’ai hâte de découvrir la suite qui sera, j’en suis sûr, toujours aussi réussie.</p>
]]></description></item><item><title>Bandits, bandits, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/bandits-bandits-apple-tv+/</link><pubDate>Mon, 07 Oct 2024 21:29:26 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/bandits-bandits-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/bandits-bandits-apple-tv&#43;/bandits-bandits.jpeg">
        <p><em>Bandits, bandits</em> est l’adaptation du film du même nom créé par Terry Gilliam au début des années 1980. On y retrouve la même idée d’un jeune garçon qui se trouve embarqué dans une histoire improbable de voyage temporel et de lutte entre le bien et le mal, dans une version modernisée qui m’a surtout intriguée par l’implication de Taika Waititi et Jemaine Clement. Je me disais qu’un mix entre l’absurde des Monty Python et le talent du duo responsable de <a href="https://voiretmanger.fr/vampires-toute-intimite-waititi-clement/"><em>Vampires en toute intimité</em></a> pouvait donner quelque chose de grand. La série d’Apple TV+ n’atteint hélas pas les sommets que j’envisageais mentalement avant de lancer le pilote, ce qui ne veut pas dire qu’elle est mauvaise pour autant.</p>
<p>Plus bon enfant que l’original, cette nouvelle version de <em>Bandits, bandits</em> adopte le même style de bric et de broc, pas par manque de moyens cette fois. Taika Waititi et Jemaine Clement optent pour des décors de carton-pâte et des costumes résolument kitsch pour créer une ambiance particulière, résolument rétro et c’est un clin d’œil assez évident vers le film qu’ils adaptent. Ils modifient des aspects importants de l’original tout en effectuant d’autres rappels ailleurs, à l’image des personnes de petite taille qui ne sont pas les bandits principaux tout en débarquant plus tard dans l’intrigue. Malgré tout, la série n’essaie pas de reproduire le même plan de Terry Gilliam, elle visite ainsi des lieux et époques différents. C’est assez varié et la collection de clichés est toujours amusante à suivre. Je ne vais pas le cacher, quelques blagues tombent à l’eau et tout ne fonctionne pas parfaitement, ce qui ne m’a pas empêché d’apprécier l’ensemble. C’est bon enfant<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et souvent drôle, avec une mention spéciale pour Lisa Kudrow qui s’en donne à cœur joie dans son rôle de meneuse de troupe qui n’assume pas.</p>
<p>Sans aller jusqu’à dire que <em>Bandits, bandits</em> est la meilleure série de ces derniers mois, je regrette l’annulation d’Apple TV+ à la fin de cette première saison. Peut-être que les créateurs n’auraient pas mieux fait dans la suite, néanmoins j’ai trouvé que la série s’améliorait au fil des épisodes et trouvait son rythme et j’étais curieux d’en voir plus. Tant pis, l’unique saison est sympathique et mérite un coup d’œil.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>En apparence, du moins. Charline Yi et son personnage disparaissent assez brutalement au milieu de la saison et ne reviennent jamais. L’acteur s’est par la suite <a href="https://www.hollywoodreporter.com/movies/movie-news/charlyne-yi-assault-allegations-time-bandits-set-1235901593/">plaint du comportement</a> inapproprié d’un autre membre du casting, ce qui pourrait justifier son départ et ce qui, à tout le moins, ruine en partie le côté bon enfant de la série. C’est dommage, iel était bon dans son rôle d’opposition à Lisa Kudrow.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>La pointe de la Jument juste avant la pluie</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/pointe-jument-juste-avant-pluie/</link><pubDate>Sat, 05 Oct 2024 21:37:18 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/pointe-jument-juste-avant-pluie/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/photo/pointe-jument-juste-avant-pluie/IMG_4905.jpeg">
        <p>Face à <a href="https://nicolasfurno.fr/photo/pointe-trevignon/">la pointe de Trévignon</a> et coincée entre Concarneau et Trégunc, la pointe de la Jument est sans doute moins impressionnante par beau temps, avec ses quelques rochers qui séparent plusieurs petites plages tranquilles. Juste avant l’arrivée de la pluie et alors que le vent souffle fort, le paysage est bien plus spectaculaire et une bonne excuse comme une autre pour tester l’appareil photo de l’iPhone 16 Pro et ses styles photographiques.</p>
]]></description></item><item><title>S’aimer dans la grande ville, Sang Young Park</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/aimer-grande-ville-park/</link><pubDate>Thu, 03 Oct 2024 19:50:21 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/aimer-grande-ville-park/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/aimer-grande-ville-park/aimer-grande-ville.jpg">
        <p>Véritable phénomène d’abord en Corée du Sud puis dans le monde entier, <em>S’aimer dans la grande ville</em> arrive enfin en France, une traduction publiée cinq ans après l’édition originale. Sang Young Park est un jeune romancier manifestement promis à un brillant avenir, puisqu’il ne s’agit que de son deuxième livre et c’est même son premier roman. L’ouvrage a connu un tel succès que plusieurs adaptations sont déjà en cours, avec un long-métrage qui vient de sortir dans son pays et même une série en préparation. Je suis tombé sur le phénomène presque par hasard au détour d’un message publié sur les réseaux sociaux<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et comme l’amour dont il est question dans le titre était gay, je me suis précipité pour commander le roman.</p>
<p>Quelques 230 pages plus tard, je ne regrette pas mon choix et j’ai même été agréablement surpris. J’ai commencé <em>S’aimer dans la grande ville</em> en m’attendant à un roman facile à lire, une de ces œuvres qui semblent avoir été partiellement écrites en pensant à une future adaptation sur petit ou grand écran. Rien de tel ici, Sang Young Park impose dès les premières lignes un style bien à lui et son récit déconstruit est nettement plus intéressant qu’escompté. Sans parler d’autobiographie, le narrateur est disons très proche du romancier, par sa sexualité, son parcours professionnel et même son nom, qui n’est pas tout à fait défini même s’il y a des « M. Park » et « monsieur Young » au détour des phrases. C’est son expérience qui infuse, celle d’un jeune gay à Séoul, dans un pays encore très conservateur, où l’on peut encore croiser des hommes qui refoulent leur sexualité et la vivent en secret. C’est l’objet de l’une des histoires racontées par ce roman, découpé en quatre parties et qui opte pour une chronologie non-linéaire. Au départ, le narrateur évoque sa vie avec une amie avec qui il partage un goût pour les plans d’un soir avec des hommes. Par la suite, il se concentre sur cet homme plus âgé avec qui il a eu une relation toxique à cause de sa sexualité au placard. Enfin, la plus grande partie du roman, la plus belle aussi sans doute, est dédiée à sa relation avec Gyuho, sa première véritable histoire d’amour.</p>
<p>J’ai beaucoup aimé la manière dont le romancier nous trimballe d’une histoire à l’autre, sans introduction, sans même prendre la peine de situer chaque récit dans le temps. Ce côté flou est très intéressant, d’autant qu’il se combine à un style caustique parfaitement maîtrisé. Sang Young Park glisse des piques humoristiques au détour de ses phrases et son écriture est dense et acerbe. Le narrateur de <em>S’aimer dans la grande ville</em> se moque à la fois de lui-même et des autres gays qui l’entourent, tout en dénonçant l’archaïsme de son pays, que ce soit sur l’avortement ou le SIDA. J’ai été d’ailleurs frappé par le traitement de la maladie, surnommée Kylie dans le roman et qui n’est pas réellement un sujet, même si elle empêche une péripétie importante. C’est à l’image du reste : subtil et très bien pensé. En attendant de savoir si les adaptations seront à la hauteur, je ne regrette pas ma lecture et je recommande ce premier roman passionnant.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Merci <a href="https://mamot.fr/@MatsuBasho#">MatsuBasho</a>.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>La Voix du lac, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/voix-lac-apple-tv+/</link><pubDate>Tue, 01 Oct 2024 21:38:16 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/voix-lac-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/voix-lac-apple-tv&#43;/voix-lac.jpeg">
        <p>Attiré tout d’abord par la présence de Natalie Portman au casting, <em>La Voix du lac</em> m’a finalement enchanté. Cette minisérie sur Apple TV+ adapte un roman du même nom et si l’on met de côté son titre français — pourquoi est-ce que la femme du lac du titre original ne convenait pas au juste ? —, c’est un thriller bien mené, assez original et aussi très percutant sur le racisme et le sexisme des années 1960. Maddie Schwarz, incarnée par une Natalie Portman en grande forme, décide un beau jour de quitter son mari et le confort de sa maison toute équipée pour prendre son indépendance et vivre dans un petit appartement miteux du quartier noir de Baltimore. Elle se met en tête de travailler dans le journal du coin où on la met au service du courrier des lecteurs, alors qu’elle a une ambition bien plus grande : écrire des histoires qui comptent, en commençant par élucider deux meurtres qui se sont déroulés à quelques semaines d’intervalle.</p>
<p><em>La Voix du lac</em> contient ainsi une part d’enquête avec quelques twists bien trouvés sur la route. C’est aussi une plongée dans une société rétrograde que l’on aimerait conserver dans le passé, même si les premiers pas du KKK et la résurgence des nazis sont hélas bien trop d’actualité. Alma Har&rsquo;el, qui signe cette adaptation, parvient d’ailleurs bien à nous plonger dans le passé avec une reconstitution efficace du Baltimore des années 1960, tout en dressant des parallèles avec notre réalité contemporaine. Le traitement des femmes est évidemment au cœur des enjeux, celui des minorités l’est encore plus, avec un accent porté en particulier sur les Afro-américains. La corruption au cœur de la ville, les ententes entre hommes et les impasses dressées partout face aux femmes qui désirent vivre indépendamment sont parfaitement décrites. La ségrégation est efficacement dénoncée, avec ces lois absurdes qui empêchent toute relation mixte. Tout ce message politique ne se déploie pas au détriment du thriller, avec une vraie dose de suspense. Et le thriller laisse place à une forme de poésie, dans la mise en scène et même, le temps d’un épisode fiévreux, dans les thèmes abordés. Une belle réussite.</p>
]]></description></item><item><title>Wolfs, Jon Watts</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/wolfs-watts/</link><pubDate>Sun, 29 Sep 2024 16:34:13 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/wolfs-watts/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/wolfs-watts/wolfs.jpeg">
        <p>La réunion entre George Clooney et Brad Pitt attire forcement l’attention sur <em>Wolfs</em>, peut-être davantage que le nom de Jon Watts, le réalisateur s’étant surtout fait connaître jusque-là <a href="https://nicolasfurno.fr/film/spider-man-no-way-home-watts/">chez Marvel</a>. Le long-métrage finalement distribué directement sur Apple TV+ alors qu’il devait sortir en salles, tant mieux pour moi, s’avère une bonne surprise. Sans révolutionner quoi que ce soit, il joue sur la complicité entre le deux acteurs principaux et introduit suffisamment d’auto-dérision pour rester léger jusqu’au bout et ne pas trop se prendre au sérieux. Et même si l’intrigue est au fond assez banale dans la catégorie des films de « fixeurs », je l’ai trouvé bien menée et avec suffisamment d’idées pour renouveler l’intérêt tout au long du projet. Il faut dire aussi que <em>Wolfs</em> a le bon sens de rester court, si bien que la nuit d’imprévus qu’il décrit ne devient jamais lassante et reste au contraire un bon divertissement jusqu’au bout.</p>
<p>Avant même la sortie de ce premier film, Apple a apparemment proposé à Jon Watts de signer une suite. Je comprends mieux pourquoi à la fin de celui-ci, même si j’ai du mal à voir si cela pourrait fonctionner. L’alchimie entre les deux acteurs principaux est indéniable, mais leur duo fonctionne avant tout parce qu’ils refusent de travailler ensemble et surtout de réaliser qu’ils sont bien plus proches qu’ils ne veulent bien l’admettre. Le fait qu’ils réalisent progressivement cette évidence est l’un des éléments les plus amusants dans <em>Wolfs</em> et une suite perdrait forcément cela. En attendant de voir si le réalisateur revient avec un deuxième film, je peux recommander celui-ci. C’est un divertissement classique sans grande prétention, ce qui ne l’empêche pas d’être amusant et bien exécuté. L’occupation idéale pour un dimanche pluvieux, en somme.</p>
]]></description></item><item><title>RITUAL, Jon Hopkins</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/ritual-hopkins/</link><pubDate>Sat, 28 Sep 2024 21:16:47 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/ritual-hopkins/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/ritual-hopkins/ritual.jpeg">
        <p>De Jon Hopkins, je ne connaissais jusque-là que <em>Immunity</em>, un album sorti en 2013 que j’avais écouté quelque fois et apprécié, sans dire pour autant que c’était le coup de foudre. Je suis tombé un petit peu par hasard sur <em>RITUAL</em> et je dois dire que je suis instantanément tombé sous le charme. D’une part, s’il y a huit morceaux, ils composent en réalité une seule longue piste d’une quarantaine de minutes, ce qui ne peut jamais me déplaire. Mieux, cette composition forme une sorte de parabole avec une lente montée en puissance lancée par une sorte de gong et un premier morceau presque plat. Il n’y a quasiment rien dans ce premier morceau, si ce n’est un horizon d’attente qui se crée et qui se concrétise avec la suite. Le deuxième morceau ajoute ainsi plusieurs instruments et compose une nappe sonore plus complexe, dans la droite lignée du titre précédent et prolongée sur le suivant.</p>
<p>Si vous ignorez que vous avez ce découpage en huit parties, vous avez l’impression d’entendre une seule longue pièce musicale. Ce n’est pas surprenant dans ces conditions que <em>RITUAL</em> soit <a href="https://jonhopkins.bandcamp.com/album/ritual">présenté</a> comme une « symphonie électronique ». Je retrouve en effet bien la même idée d’une composition cohérente, comme on en trouve beaucoup en classique, avec toutefois des mouvements distincts. Le cœur de l’album monte ainsi dans les tours, tout en restant relax dans l’ensemble et parfaitement agréable en soirée. Jon Hopkins imagine une bande-sonore intense qui collerait parfaitement à un film, mais qui se suffit à elle-même. Chaque partie ajoute une touche supplémentaire à l’édifice, avec la sixième qui fait place à quelques voix et qui est sans doute le point culminant de l’album. On redescend ensuite sur les deux dernières parties, pour une douzaine de minutes qui relâche la pression et offre un retour au calme des plus plaisants. <em>RITUAL</em> se termine même sur des ronronnements félins ce qui, cela va sans dire, a redoublé mon attrait pour l’album et devrait finir de vous convaincre de lui accorder une écoute.</p>
]]></description></item><item><title>Dark Matter, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/dark-matter-apple-tv+/</link><pubDate>Fri, 27 Sep 2024 21:30:49 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/dark-matter-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/dark-matter-apple-tv&#43;/dark-matter.jpg">
        <p>Je préfère prévenir d’emblée : il faut être patient pour apprécier <em>Dark Matter</em>. Les deux ou trois premiers épisodes de la saison sont globalement ratés ou en tout cas, pas à la hauteur de ce qui suit. Ils sont à la fois lents, ce qui n’est pas forcément un problème, et surtout débiles. Alors que la toute première scène nous bassine avec le pauvre chat de Schrödinger et semble faire office d’avertissement pour prévenir qu’il va être question de physique quantique, alors que le héros est un professeur de physique spécialisé dans le domaine, la série créée par Apple TV+ joue aux innocents pendant bien trop longtemps. Que tout le monde ne comprenne pas directement que l’on est dans un scénario à base de multivers et <em>donc</em> que le personnage n’est pas celui qu’il prétend être, soit. Que personne ne le comprenne sauf le spectateur, c’est insultant pour notre intelligence et franchement idiot. Bref, on s’ennuie et pour être honnête, j’ai failli arrêter en cours de route.</p>
<p>Fort heureusement, j’étais patient. Passée cette longue et fastidieuse introduction, <em>Dark Matter</em> prend par la suite son envol et s’améliore d’épisode en épisode. Après des débuts aussi timides, je ne m’attendais pas à une intrigue qui aurait tout à fait trouvé sa place chez <a href="https://voiretmanger.fr/rick-morty-harmon-roiland-adult-swim/"><em>Rick et Morty</em></a>, avec une inventivité au contraire assez bluffante et une exploitation complète de tous les concepts autour des univers parallèles et des branchements liés aux choix individuels. Blake Crouch signe l’adaptation de son propre roman et il le fait bien, avec un Joel Edgerton impeccable pour jouer ses variations avec toute la finesse nécessaire pour leur apporter toute la crédibilité nécessaire. <em>Dark Matter</em> récompense ainsi les spectateurs avec un arc narratif qui, s’il est assez classique pour tous ceux qui connaissent bien la science-fiction et cette thématique, est aussi très bien tenu. Je n’en dirai pas plus histoire de ne pas trop divulgâcher, mais c’est vraiment satisfaisant jusqu’au bout, tout s’imbrique logiquement et est bien mené.</p>
<p>Apple a commandé une deuxième saison et je dois dire que je suis autant curieux que circonspect. Il me semblait que la fin de <em>Dark Matter</em> était parfaite ainsi, sans nécessiter de suite. Peut-être que le roman adapté ici se poursuivait avec une histoire tout aussi cohérente et réussie ; peut-être que le romancier a une bonne idée pour offrir une suite aussi convaincante. Tant mieux si c’est le cas et je serai au rendez-vous par curiosité. J’espère simplement qu’Apple TV+ ne va pas gâcher cette belle réussite avec une saison inutile…</p>
]]></description></item><item><title>Two Point Campus</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/two-point-campus/</link><pubDate>Wed, 25 Sep 2024 21:41:19 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/two-point-campus/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/two-point-campus/two-point-campus.jpg">
        <p>Vous devez gérer une université dans tous ses aspects, construire les bâtiments et pièces qui accueilleront les étudiants et le personnel, recruter les bonnes personnes, satisfaire les besoins de tout le monde, sans oublier évidemment de rentabiliser toute cette petite histoire. <em>Two Point Campus</em> est un jeu de gestion qui serait affreusement conventionnel sans la touche d’humour qui fait a fait la réputation de ses concepteurs. Ici, les cours sont le plus souvent loufoques, y compris des leçons de chevalerie, pourquoi pas, et l’ambiance n’est pas trop sérieuse. C’est une bonne idée qui m’a attirée, même si hélas, cela ne m’a pas empêché d’en faire le tour trop rapidement. Après moins de dix heures de jeu, j’ai le sentiment d’avoir bien compris comment gagner chaque partie, puisque <em>Two Point Campus</em> a ceci de commun avec la majorité des jeux de gestion qu’il suffit d’être le plus gros possible pour l’emporter. Le capitalisme pour les nuls s’applique ici pleinement : construisez toujours plus, plus de salles de classe, plus de dortoirs, et vous gagnerez toujours plus, de quoi vous permettre de construire plus, etc.</p>
<p>De fait, après quelques parties dans le mode scénario, j’ai vite compris de quoi il retournait et j’avais l’impression de passer mon temps à décorer des campus qui ne différaient que par quelques choix esthétiques. Peu importe que les étudiants apprennent la cuisine, la robotique ou l’histoire, il faut à chaque fois des pièces types, meublées avec les mêmes éléments, décorées pour attirer du monde et on répète le schéma à l’infini. La partie financière n’est pas très développée, il suffit de contracter le maximum de prêts auprès des banques pour toujours s’en sortir et je n’ai jamais été une seule fois proche de la catastrophe. Je reconnais l’effort apporté à l’univers graphique, le côté <em>cartoon</em> est bien rendu et même la fausse radio ponctuée de vannes est amusante au début. Néanmoins, tous ces bons éléments n’ont pas empêché la lassitude de s’installer en quelques heures. Peut-être que j’aurais davantage apprécié <em>Two Point Campus</em> il y a quelques années, il me semble avoir gardé un agréable souvenir de <em>Theme Hospital</em> qui a indéniablement inspiré cette relecture moderne. Disons que pour le petit prix régulièrement demandé, je pourrais recommander ce jeu pour les amateurs de gestion qui cherchent quelque chose de léger entre deux titres plus sérieux. Et peut-être d’ailleurs que je relancerai ce simulateur universitaire entre deux autres jeux, mais je ne ressens en tout cas pas le besoin de poursuivre à ce stade.</p>
]]></description></item><item><title>Sorry to Bother You, Boots Riley</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/sorry-bother-you-riley/</link><pubDate>Mon, 23 Sep 2024 21:11:25 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/sorry-bother-you-riley/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/sorry-bother-you-riley/sorry-bother-you.jpg">
        <p><em>Sorry to Bother You</em> a réussi à me surprendre par son humour noir et surtout par la radicalité de son propos entre anti-capitalisme et dénonciation du racisme des blancs. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais certainement pas à cette fable vaguement SF et résolument absurde. C’est d’ailleurs l’idéal : mieux vaut aborder le long-métrage signé Boots Riley sans trop en lire à son sujet, l’effet de surprise faisant son petit effet.</p>
<p>L’histoire de <em>Sorry to Bother You</em> est apparemment inspirée par celle du réalisateur, dont c’était le premier passage derrière les caméras et qui est avant tout un rappeur. « Cash » obtient un boulot de télémarketeur, sans doute l’un des pires de notre société moderne, et il doit ainsi vendre des encyclopédies et autres objets inutiles en appelant toute la journée des personnes. Ce qui, à sa grande surprise, est une activité à laquelle il excelle, à condition en tout cas d’utiliser sa « voix de blanc » au téléphone. Très tôt dans le projet, Boots Riley s’éloigne du style documentaire ou de toute notion de drame réaliste en introduisant un clip télévisé sur une mystérieuse entreprise où l’on a un travail à vie tout en étant logé et nourri sur place à tel point, vante la publicité qu’un salaire n’est même plus nécessaire. C’est le premier indice d’un univers parallèle au nôtre, où le capitalisme est si débridé qu’il vend aux travailleurs l’espoir d’un esclavagisme moderne. Ce n’est pas qu’une analogie, il s’agit littéralement de la proposition et le scénario devient nettement plus fou par la suite. Je n’avais certainement pas vu venir la séquence équine sur la fin et il faut reconnaître au cinéaste son ambition assez folle. Qui ose aller aussi loin, en risquant constamment de tomber dans le ridicule tout en s’en sortant presque miraculeusement à chaque fois ? Le projet doit beaucoup au casting, avec une mention spéciale à LaKeith Stanfield qui est vraiment épatant d’un bout à l’autre.</p>
<p><em>Sorry to Bother You</em> est un film gênant et c’est le meilleur compliment qu’on puisse lui faire. Il remet systématiquement en cause les fondements même de notre société, dénonce méthodiquement notre racisme et ridiculise notre capacité à fermer les yeux, surtout face aux idées les plus absurdes. Je ne suis pas surpris que le long-métrage n’ait pas tellement connu de succès, d’ailleurs j’étais passé à côté depuis sa sortie il y a plusieurs années de cela, il gagnerait à être davantage regardé.</p>
]]></description></item><item><title>Le Bélon à partir de Chez Jacky</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/belon-chez-jacky/</link><pubDate>Sun, 22 Sep 2024 22:10:17 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/belon-chez-jacky/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/belon-chez-jacky/IMG_4671.jpeg">
        &lt;p>Véritable institution de Riec-sur-Bélon, Chez Jacky permet aux amateurs de déguster les huitres cultivées juste en contrebas, dans les méandres du Bélon suffisamment éloignés de l’océan pour que la salinité de l’eau donne au coquillage son goût typique, apparemment. En ce dimanche de mi-septembre, on venait d’abord pour le sentier côtier qui, fort heureusement, se vide dès que l’on s’éloigne du parking bondé. Le sommeil timide de ce premier jour de l’automne sublime comme toujours la ria, qui semble sauvage grâce à la première couche d’arbres qui protège les multiples résidences secondaires de Moëlan-sur-Mer sur l’autre rive.&lt;/p>
</description></item><item><title>Kleo, Netflix (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/kleo-netflix-saison-2/</link><pubDate>Fri, 20 Sep 2024 22:10:29 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/kleo-netflix-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/kleo-netflix-saison-2/kleo-saison-2.jpg">
        <p>Il a fallu faire preuve de patience pour découvrir la suite de la délicieuse <a href="/serie/kleo-netflix/">première saison de <em>Kleo</em></a>, qui m’avait charmé par son humour décalé et sa relecture absurde de la fin de la Guerre froide. La deuxième saison arrive enfin et même si elle a été raccourcie à six épisodes seulement, elle reste fort heureusement sur la même ligne que la précédente et reste toujours aussi foutraque que plaisante. Les scénaristes vont encore plus loin en impliquant davantage la CIA et le KGB et en imaginant une intrigue encore plus folle, où le passé de Kleo apparaît toujours plus comme étant le cœur de tous les enjeux. C’est toujours à peu près n’importe quoi et c’est très bien ainsi : je trouve que la série de Netflix s’en sort le mieux quand elle assume pleinement son statut pas trop sérieux et part dans ses délires. Ce qui n’empêche pas d’avoir des personnages qui gagnent en épaisseur et j’ai été d’ailleurs agréablement surpris par le parcours de l’héroïne. Mention spéciale aussi pour plusieurs personnages secondaires, à commencer par Thilo qui parvient à toujours surprendre — même si je regrette un peu son personnage strictement hétéro — et Sven qui est plus intéressant qu’on pouvait l’imaginer au premier abord.</p>
<p><em>Kleo</em> ne remportera pas davantage de prix dans un concours sérieux de thriller d’espionnage, ce n’est pas l’idée et la série créée par Hanno Hackfort, Richard Kropf et Bob Konrad n’en a vraiment pas besoin. Elle a trouvé son propre ton et reste très plaisante, bien que la fin de cette saison aurait sans doute mérité un petit peu plus de temps, j’imagine que Netflix a tranché pour réduire à six épisodes. Ce qui m’inquiète pour la suite : le dernier épisode se termine sur une petite surprise qui appelle une saison supplémentaire, mais est-ce que <em>Kleo</em> sera autorisée à poursuivre ? Quoi qu’il en soit, je recommande d’ici là chaudement les deux premières saisons.</p>
]]></description></item><item><title>Yumi et le peintre de cauchemars, Brandon Sanderson</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/yumi-peintre-cauchemars-sanderson/</link><pubDate>Wed, 18 Sep 2024 21:43:04 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/yumi-peintre-cauchemars-sanderson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/yumi-peintre-cauchemars-sanderson/yumi-peintre-cauchemars.jpg">
        <p>Après avoir découvert Brandon Sanderson avec <a href="/livre/tress-mer-emeraude-sanderson/"><em>Tress de la mer Émeraude</em></a>, j’ai poursuivi mon exploration avec l’un des quatre romans secrets écrits pendant la pandémie de Covid et publiés en même temps. Un choix qui m’a peut-être joué des tours initialement : <em>Yumi et le peintre de cauchemars</em> se déroule dans le même univers <em>Cosmere</em> et il reprend de nombreuses idées déjà croisées dans l’autre roman. Le duo de jeunes amoureux, le narrateur externe sarcastique<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, l’univers bizarre dont il faut comprendre les règles… je dois bien avouer qu’en commençant ma lecture, j’étais un peu déçu de retrouver tant de points communs. Cela étant, j’ai persévéré et je dois dire que ce roman se révèle au fil des pages comme bien plus intéressant que je l’imaginais et peut-être même meilleur que celui sur Tress. L’inventivité de l’auteur est assez époustouflante avec cette communication entre deux personnages placés dans deux univers qui sont radicalement différents tout en étant extrêmement originaux. Le monde des esprits de Yumi avec le sol toujours chaud et les plantes est aussi riche et intriguant que celui de peintre, plongé dans le noir, parcouru de fils de couleurs et attaqué par des cauchemars. C’est incroyable à quel point Brandon Sanderson peut inventer des règles nouvelles et le faire dans un univers commun qui plus, voilà qui force le respect.</p>
<p>En lisant ce deuxième roman, je ne sais toujours pas exactement si je découvre des « Sandersonismes » ou si le style de <em>Yumi et le peintre de cauchemars</em> est similaire parce qu’il s’agit d’une même série au fond. Je trouve notamment que les commentaires du narrateur sont envahissants et me coupent de la magie de l’univers représenté ici. C’était déjà le cas avec le précédent roman et j’espère que ce n’est pas systématique chez le romancier. En tout cas, cela s’apparente presque à un manque de confiance qui me semble étonnant quand on connaît son succès et qui est surtout un artifice à mon sens superflu. J’ai hâte d’en apprendre plus sur ce Cosmere dont les règles semblent particulièrement farfelues, c’est un compliment, et je compte bien poursuivre mon exploration de l’œuvre de Brandon Sanderson. En attendant, je dois bien constater que l’histoire de Yumi et du peintre m’a passionné et même touché, notamment sur la fin. Mais je ne veux pas trop en dire, tout l’intérêt de la lecture tient dans la découverte de cette incroyable histoire.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<ol>
<li id="fn:1">
<p>Qui, <em>spoiler alert</em>, est en réalité le même personnage.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Un couple parfait, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/couple-parfait-netflix/</link><pubDate>Mon, 16 Sep 2024 21:34:06 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/couple-parfait-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/couple-parfait-netflix/couple-parfait.jpg">
        <p>Une famille richissime qui possède une immense maison sur l’île de Nantucket, un mariage faste gâché par un meurtre… si <em>Un couple parfait</em> vous donne des impressions de déjà-vu, c’est peut-être car cette histoire adaptée d’un roman d’Elin Hilderbrand n’est pas très originale. La mini-série créée par Jenna Lamia pour Netflix est réalisée par Susanne Bier, qui semble avoir déjà signé une œuvre bien similaire avec <a href="https://voiretmanger.fr/undoing-kelley-hbo/"><em>The Undoing</em></a> où Nicole Kidman avait déjà un rôle central. Comment ne pas penser aussi à <a href="https://voiretmanger.fr/big-little-lies-kelley-hbo/"><em>Big Little Lies</em></a> avec encore une fois la même actrice et un sujet finalement assez proche, même si le cadre géographique était différent. Inutile de tourner autour du pot, cette énième intrigue policière chez les riches n’est pas la plus originale qui soit et j’irais même jusqu’à dire qu’elle est assez banale. Est-ce une raison pour autant de la bouder ? À condition de savoir à quoi vous en tenir, je trouve que cette mini-série reste plaisante, du moins avant le final qui m’a semblé un petit peu décevant.</p>
<p>Comme toujours dans ce genre d’histoire, on sait que tout le monde a quelque chose à cacher et le véritable coupable ne sera pas trouvé immédiatement. À cet égard, <em>Un couple parfait</em> n’essaie même pas de créer un effet de surprise, tous les suspects passent les uns après les autres et naturellement, plus on les découvre tôt, moins ils ont de chance d’être coupables. Je ne divulgâche rien du tout en disant cela, sauf si c’est la toute première série policière de ce genre que vous regardez. De toute manière, l’identité du coupable et ses motivations ne sont pas les éléments les plus intéressants à mes yeux, ce qui est d’ailleurs dommage. Sans trop en révéler sur la fin, quand même, je trouve que le scénario aurait été bien plus intéressant en suivant l’une des hypothèses du dernier épisode, plutôt que la fin telle qu’elle a été choisie, bien trop banale. Le plus intéressant, c’est l’enquête avant cela et l’ambiance infusée par le casting de haute tenue. Nicole Kidman, plus tirée que jamais, est impeccable comme toujours dans ce rôle qui en impose, même si c’est un rôle qu’elle a déjà creusé tant de fois. J’étais plus intéressé par des rôles plus secondaires, Donna Lynne Champlin en particulier qui était excellente dans le rôle de la commissaire en charge de l’enquête. Pour le reste, rien de bien original encore une fois, même si Dakota Fanning et Isabelle Adjani, oui celle-ci, étaient impressionnantes dans l’outrance.</p>
]]></description></item><item><title>Renfield, Chris McKay</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/renfield-mckay/</link><pubDate>Sun, 15 Sep 2024 19:11:53 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/renfield-mckay/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/renfield-mckay/renfield.jpg">
        <p>Qu’est-ce qui distingue le mauvais navet d’une bonne série B ? La réponse n’est pas si évidente, comme <em>Renfield</em> le prouve bien. Cette relecture du célèbrissime mythe de Dracula dans une version modernisée et surtout comique a de nombreux attributs du film de série B, avec son gore explosif et ses maquillages ridicules. Nicolas Cage incarne un vampire délicieusement outrancier, qui en fait des caisses avec un plaisir communicatif. Est-on suffisamment dans l’outrance toutefois pour franchir la barre du navet ? J’ai hésité à plusieurs reprises en regardant le long-métrage de Chris McKay. Fort heureusement, le réalisateur a eu le bon sens de rester bref, si bien que le divertissement parvient à dominer l’heure des bilans, même si je dois dire que ce n’est pas passé loin. Enfin, si vous cherchez un divertissement un peu idiot, vous trouverez certainement pire.</p>
<p>On a déjà connu une excellente version comique du mythe des vampires avec <a href="https://voiretmanger.fr/vampires-toute-intimite-waititi-clement/"><em>What We Do in the Shadows</em></a>. La meilleure idée de cette version est sans aucun doute d’insister sur la révélation de R. M. Renfield, l’assistant qui réalise en cherchant des proies à apporter à son maître dans des groupes de soutien qu’il est lui-même dans une relation toxique avec Dracula. Nicholas Hoult est très bon dans ce rôle et toute la mise en place initiale est vraiment amusante et bien trouvée. Comme souvent, <em>Renfield</em> peine toutefois à tenir la distance. En l’occurrence, je crois que l’idée d’en faire une sorte d’enquête policière assez banale contre la mafia de la Nouvelle-Orléans n’est pas la bonne. On quitte la série B pour un film d’enquête qui tend vite au navet. Il y a quelques bons moments malgré tout, quasiment tous liés à la présence de l’épatante Awkwafina, mais on reste sur des rails d’un bout à l’autre et l’histoire n’est de toute manière pas bien passionnante. C’est dommage, car avec la présence de Shohreh Aghdashloo, l’impressionnante présidente de <a href="https://voiretmanger.fr/expanse-fergus-ostby-syfy/"><em>The Expanse</em></a>, il y avait sans doute mieux à creuser. J’étais moins convaincu par Ben Schwartz qui semble répéter le même rôle depuis <a href="https://voiretmanger.fr/parks-recreation-daniels-schur-nbc/"><em>Parks and Recreation</em></a>… je ne crois pas me rappeler d’un jeu un peu plus sophistiqué de sa part.</p>
]]></description></item><item><title>Wild God, Nick Cave &amp; The Bad Seeds</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/wild-god-cave-bad-seeds/</link><pubDate>Thu, 12 Sep 2024 20:10:02 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/wild-god-cave-bad-seeds/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/wild-god-cave-bad-seeds/wild-god.jpg">
        <p>Nick Cave est de retour avec un dix-neuvième album dont le titre, <em>Wild God</em>, m’inquiétait un petit peu. L’artiste australien a toujours eu un lien avec la religion ou plutôt le concept de divin. Ces dernières années, la vie n’a pas été tendre pour l’artiste australien qui a perdu plusieurs proches, à commencer par deux de ses enfants et je savais qu’il cherchait du réconfort dans cette voie, ce qui est après tout logique. Avec un tel titre, j’avais peur de basculer dans le gospel pur ou, pire, le rock chrétien. J’aurais mieux fait de garder ma confiance pleine et entière<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> : <em>Wild God</em> prouve qu’après plus de quarante ans de carrière, Nick Cave &amp; the Bad Seeds n’a en aucun cas dit son dernier mot. Ces dix nouveaux morceaux plutôt simples d’accès sont à la fois immédiatement familiers et différents, non pas parce que le chanteur et pianiste a plongé dans la mélancolie religieuse, bien au contraire.</p>
<p>Au contraire en effet, c’est l’optimisme qui rayonne à travers tout l’album. Un optimisme exubérant par moments, comme sur le morceau « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=uAgsn7la3jg"><em>Wild God</em></a> » ou plus tard sur « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=u5XTxYtPHiw"><em>Conversion</em></a> », deux titres qui tirent vers le gospel. Ce sont d’ailleurs deux excellents morceaux qui me mettent en joie à chaque rotation. L’album n’est pas que lumineux, il garde une part sombre comme sur tout ce que Nick Cave ou Warren Ellis touchent. Néanmoins, la tonalité générale est bien plus positive que je l’imaginais au départ et plus lumineuse que sur une bonne partie des productions du groupe. Cela dit, la balance entre noirceur et clarté est un classique tout au long de la carrière de Nick Cave et ce dernier album ajoute une étape de plus dans une direction. Quoi qu’il en soit, je suis ravi que <em>Wild God</em> me rappelle que l’artiste n’a pas perdu de sa superbe et qu’il parvient encore à offrir des compositions nouvelles tout en gardant un lien avec le passé. Réjouissant !</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Ma foi, certes.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>Kaos, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/kaos-netflix/</link><pubDate>Wed, 11 Sep 2024 21:00:36 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/kaos-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/kaos-netflix/kaos.jpg">
        <p><em>Kaos</em> m’a d’abord intrigué par le nom de Charlie Covell, qui avait créé l’excellente série <a href="https://voiretmanger.fr/end-fucking-world-covell-channel-4/"><em>‌The End of the F***inck World</em></a>. Elle réinvente pour Netflix la mythologie grecque, en imaginant un univers parallèle où Zeus est vraiment à la tête de l’Olympe et que nos sociétés modernes sont restés fidèles au dieu des dieux ainsi qu’à tous ses frères, sœurs et rejetons, de Hadès qui règne sur les enfers à Poséïdon qui contrôle la mer. Au milieu de tous ces dieux, des humains manipulés pour mener à bien une prophétie qui pourrait détruire Zeus, voici la base de <em>Kaos</em>, dont la première saison m’a plutôt convaincue. Ce n’est pas aussi bon que je l’imaginais en commençant, l’humour patine un peu par endroits et les huit épisodes sont inégaux. Cela étant posé, j’ai apprécié la vision premier degré de la Mythologie et cette relecture modernisée, quoi que bloquée il y a une bonne vingtaine d’années en arrière.</p>
<p>Humour britannique oblige, <em>Kaos</em> entretient une belle part d’absurde mêlé de bizarre et m’a rappelé à cet égard dans l’esprit <a href="https://voiretmanger.fr/legion-hawley-fx/"><em>Legion</em></a>. Il y a quelques bonnes idées au passage, des langues coupées qui terminent dans les tiroirs de Héra à la vision bureaucrate de l’enfer, en passant par les trois Moires qui organisent des concours dans un bar pour tous ceux qui veulent récupérer un mort en enfer. La représentation des divinités m’a aussi fait penser à <a href="https://voiretmanger.fr/american-gods-fuller-green-starz/"><em>American Gods</em></a> dans un autre registre, on retrouve ce grain de folie qui fonctionne remarquablement pour mettre en image ces divinités sorties tout droit de nos souvenirs collectifs de l’Antiquité. Et puis comment ne pas apprécier la représentativité sexuelle, avec de l’homosexualité et de la transsexualité au cœur de l’intrigue, cela ne fait jamais de mal. Ajoutons à cela un casting impeccable, Jeff Goldblum en tête pour incarner Zeus, et on obtient un bon cocktail. Je suis resté un petit peu sur ma faim néanmoins, peut-être parce que cette saison ressemble en partie à une longue introduction. Je ne sais pas si Netflix permettra à Charlie Covell d’offrir une deuxième saison à sa série, mais je l’espère et je crois qu’elle pourrait s’améliorer. D’ici là, ces huit épisodes sont tout à fait sympathiques et se regardent avec plaisir, même s’il leur manque une étincelle peut-être.</p>
]]></description></item><item><title>Rebel Ridge, Jeremy Saulnier</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/rebel-ridge-saulnier/</link><pubDate>Sun, 08 Sep 2024 17:47:13 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/rebel-ridge-saulnier/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/rebel-ridge-saulnier/rebel-ridge.jpg">
        <p><em>Rebel Ridge</em> est un film malin : sous des allures de thriller d’action assez banal, Jeremy Saulnier signe en réalité une œuvre politique d’une violence assez rare, mais pas où l’on attend. Il y a bien quelques séquences d’action et de la violence physique par moments, certes. La violence est néanmoins surtout dans le propos, une dénonciation implacable de la police toute puissante et hors de contrôle. À travers l’opposition entre l’archétype de tout ce qu’une partie des États-Unis déteste, un homme noir qui arrive à vélo et pire, déteste les armes à feu, et une force de police locale aussi raciste que corrompue, le long-métrage diffusé par Netflix offre une critique radicale de la société américaine. Si ce n’est pas radicalement nouveau, bien sûr, cela n’enlève rien à ce projet divertissant et bien mené. Un film Netflix réussi, comme quoi, tout arrive.</p>
<p>Jeremy Saulnier prend son temps en posant son intrigue au fond assez simple sur plus de deux heures. Ce n’est pas un défaut, je trouve même qu’au contraire, <em>Rebel Ridge</em> adopte le bon rythme en prenant le temps de poser ses personnages. Le héros de l’histoire, Terry — Aaron Pierre, impeccable —, garde ainsi une part de mystère pendant longtemps, même si son passé militaire est évident dès le départ. De même, la police n’est pas nette dès la séquence d’arrestation assez ahurissante, où une vague suspicion suffit à confisquer une grosse somme d’argent, sans tomber dans l’opposition absolue pour autant. D’ailleurs, j’ai apprécié la façon dont le scénario nous emmène sur des terrains inattendus. Je n’irais pas jusqu’à dire que l’histoire est très originale, ce serait exagéré. Dans le détail, j’ai quand même était régulièrement surpris de tel ou tel développement, ou alors le traitement de la police. Je m’attendais à une simple affaire de corruption, la manière dont les forces de l’ordre redistribuent l’argent dans toute la communauté est nettement plus maligne. À la fois pour justifier le silence, voire la complicité, de tous ses membres et à la fois pour prendre de la hauteur en dénonçant le manque de financement de ces petites communes paumées au milieu de nulle part. Si <em>Rebel Ridge</em> s’attaque avant tout à la police d’un bled, ce n’est pas la seule qui en prend pour son grade.</p>
]]></description></item><item><title>House of the Dragon, HBO (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/house-dragon-hbo-saison-2/</link><pubDate>Thu, 05 Sep 2024 21:07:08 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/house-dragon-hbo-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/house-dragon-hbo-saison-2/house-dragon-saison-2.jpeg">
        <p>La <a href="/serie/house-dragon-hbo/">première saison</a> se terminait en annonçant les grandes batailles entre dragons et l’apocalypse pour les humains… il n’en est rien. Les scénaristes de <em>House of the Dragon</em> ont opté pour un traitement résolument plus calme, tout en montant lentement, mais sûrement, l’intensité qui mènera à n’en pas douter aux conflits de grande envergure que l’on attend depuis le part. Une sorte de Guerre froide en somme, analogie d’autant plus intéressante que les dragons sont représentés comme l’équivalent de l’arme atomique. C’est une référence qui n’avait pas été développée jusqu’ici ou alors qui m’avait échappée, elle est en tout cas quasiment transparente ici. Dans la guerre de succession qui oppose la reine Rhaenyra Targaryen et le roi Aegon II Targaryen, posséder un dragon devrait suffire à décourager tout conflit. C’est l’arme ultime qui détruit tout sur son passage, les innocents en premier, et celle qu’on ne doit utiliser qu’en dernier recours. Afin de renforcer sa position, Rhaenyra choisit ainsi d’augmenter le nombre de dragons sous ses ordres, ce qui devrait dissuader l’ennemi et ne mène en réalité qu’à une escalade de la violence. Je ne sais pas à quel point c’était un choix conscient de la part des scénaristes, j’ai en tout cas trouvé que c’était un choix fort intéressant pour la série de HBO, qui gagne en modernité de manière assez inattendue par ce biais.</p>
<p><em>House of the Dragon</em> reste sur une base de <em>heroic-fantasy</em> tendance sombre, ce que les réalisateurs des épisodes continuent de prendre au pied de la lettre. On n’y voit souvent pas grand-chose, même avec un excellent téléviseur et à ce stade, il faut faire avec, accepter de regarder dans le noir et de plisser les yeux sur quelques séquences. Comme il est davantage question ici de diplomatie que de batailles, ce n’est finalement pas si gênant. Il y a quand même quelques batailles et leur rareté améliore leur intensité, ce qui est assez bien vu. Je suppose que la troisième saison sera nettement plus guerrière, en tout cas les derniers épisodes laissent entrevoir plusieurs batailles en parallèle. En attendant, il y a beaucoup de tractations, quelques trahisons tout de même, pas mal de morts, peu de sexe pour une fois chez HBO. Dans l’ensemble, c’est réussi, même si j’ai quelques réserves à faire. J’ai du mal à comprendre pourquoi ce personnage majeur ne meure pas à un moment clé de la saison, cela aurait pourtant bien ressemblé à George R. R. Martin de le tuer et l’écrivain était pourtant impliqué. Dommage pour l’esprit <em>Game of Thrones</em>, dommage aussi pour la narration qui perd en force à ce moment-là, à mon sens. De manière plus générale, j’ai l’impression que la saison manque de temps avec ses huit épisodes, certes tous d’une heure environ. La précédente en comptait deux de plus et je crois que celle-ci aurait mérité quelques explications supplémentaires ici ou là. Même si l’intrigue a été resserrée dans le temps, elle se déroule cette fois sans ellipse.</p>
<p>HBO n’a pas perdu la formule et même s’il est maintenant assez évident que <em>House of the Dragon</em> n’aura jamais la force dramatique de <em>Game of Thrones</em>, cela ne l’empêche pas d’être une excellente série. J’espère que la suite sera à la hauteur, sachant que deux autres saisons sont prévues et que la troisième est lancée. Espérons qu’il ne faudra pas attendre quasiment deux ans de plus pour la découvrir, c’est un univers dense dans lequel il est difficile de rentrer…</p>
]]></description></item><item><title>Une autre lumière, Elizabeth A. Lynn</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/autre-lumiere-lynn/</link><pubDate>Tue, 03 Sep 2024 21:22:20 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/autre-lumiere-lynn/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/autre-lumiere-lynn/autre-lumiere.jpg">
        <p>Je ne connaissais ni ce titre, ni son auteur, c’est au hasard d’une déambulation dans les rayons d’une librairie que je suis tombé dessus. La quatrième de couverture promettant un <em>space opera</em> gay ne pouvait que m’intriguer et c’est ainsi que j’ai lu <em>Une autre lumière</em>. Il s’agit du premier roman d’Elizabeth A. Lynn, autrice américaine qui a été parmi les premiers à inclure des personnages LGBTQIA+ dans ses histoires de science-fiction et de <em>fantasy</em>. Ce premier livre est sorti à l’origine en 1978 et il a été réédité cette année par Les Moutons Électriques, une petite maison d’édition qui en propose une nouvelle traduction. Parlons-en d’ailleurs et évacuons d’emblée la mauvaise nouvelle : ma copie au moins a manqué d’une relecture et j’ai relevé une quinzaine de fautes évidentes, sans parler des tournures qui semblaient traduites un peu trop rapidement de l’anglais. Sans aller jusqu’à dire que cela gâche la lecture, le fond reste fort heureusement suffisamment intéressant pour excuser la forme, je dois dire que cela fait bien longtemps que je n’avais pas lu un livre avec autant de fautes et c’est pénible. Surtout pour la nouvelle édition d’un roman des années 1970.</p>
<p>Ceci posé, <em>Une autre lumière</em> explore des pistes rarement suivies dans la science-fiction, surtout celle qui se déroule entre plusieurs planètes et avec des extra-terrestres. L’intrigue principale suit les pas de Jimson Alleca, un artiste assez célèbre qui se distingue aussi par son cancer, à une époque où cette maladie d’un autre temps a été largement éradiquée. Il est condamné et décide de suivre son amour d’enfance, Russel, dans une aventure assez folle, après l’avoir perdu de vue pendant des années. Il y a bien des vaisseaux qui percent l’hyperespace, des technologies futuristes dans les villes et même de la télépathie, mais tout ce décor est en réalité une excuse pour évoquer des thématiques plus intemporelles. L’amour est bien placé, même si je m’attendais à ce que l’histoire entre Jimson et Russel soit plus centrale que cela. Ce n’est pas un défaut, bien au contraire : la romancière a un don pour nous emmener dans des directions inattendues et maintenir notre intérêt jusqu’au bout. Je ne veux pas trop en révéler sur la fin, si ce n’est pour noter qu’elle est particulièrement touchante en même temps qu’elle est étonnante.</p>
<p>Elizabeth A. Lynn signe ici un premier roman bref — moins de 250 pages dans la nouvelle édition et la police n’est pas bien fine —, qui va droit au but et qui est charmant : une belle réussite. Je ne regrette aucunement ma lecture d’<em>Une autre lumière</em> et je suis maintenant assez curieux de découvrir d’autres romans, d’autant qu’ils sont apparemment tous nettement queer, ce qui n’est jamais pour me déplaire.</p>
]]></description></item><item><title>Dawn of Man</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/dawn-man/</link><pubDate>Sun, 01 Sep 2024 21:24:34 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/dawn-man/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/dawn-man/dawn-of-man.jpg">
        <p>Vous commencez avec un petit groupe d’humains quelque part au cours du Paléolithique et vous devez les guider au mieux pour leur survie avant d’envisager de développer votre communauté à travers les temps jusqu’à l’âge de fer. Il va sans dire que <em>Dawn of Time</em> ne reproduit pas fidèlement la Préhistoire, période qui s’est déroulée sur plusieurs millions d’années, ce qui serait bien pénible à l’échelle d’un jeu vidéo. D’ailleurs, j’ai traversé toutes les époques et atteint une population de 200 personnes environ après avoir débloqué toutes les technologies prévues dans le jeu en moins de 17 heures, c’est vous dire à quel point cela défile vite. C’est logique de compresser le temps pour divertir, même si je dois dire que je m’attendais à un gameplay un petit peu plus profond ou ambitieux que cela.</p>
<p>Pour un « petit » jeu indépendant, j’ai trouvé les graphismes de <em>Dawn of Time</em> plutôt réussis. Toute la mécanique de jeu est intéressante, avec une orientation surtout vers la construction de ville, quelques éléments de gestion et une pincée de stratégie qui n’est sans doute pas son plus gros point fort. L’idée des développeurs était d’éviter la micro-gestion qui est souvent incontournable dans cette catégorie. Pour cela, ils ont codé les humains virtuels pour être indépendants, ce qui n’est pas toujours réussi malheureusement. Vous ne pouvez pas contrôler des individus pour leur faire réaliser une tâche, vous ne pouvez même pas réellement gérer les priorités, si ce n’est à travers un système assez rudimentaire où toute construction, plantation ou production peut être prioritaire. À l’usage, il m’aurait fallu plus : par exemple, quand le temps des moissons arrive, j’aurais aimé que tous les personnages s’y consacrent avant l’hiver, au lieu de perdre du temps comme ils le font sur d’autres tâches. Un système de priorité globale n’aurait pas été de trop, tout comme un mécanisme plus proche des jeux de stratégie dans les phases de combat, d’abord contre des animaux, puis des pillards. En l’état, on dépend des automatismes prévus par les développeurs et qui sont assez vite défaillants. Chaque hiver, j’avais des bêtes qui mourraient de faim, car on ne leur apportait pas à manger, par exemple. Des morts inutiles et pourtant impossibles à l’éviter en l’état, même en ayant toutes les ressources et la main d’œuvre pour.</p>
<p>Ces quelques frustrations ne m’ont pas empêché de faire progresser ma colonie, ce qui se fait de manière classique en collectant des points qui débloquent ensuite des technologies. Plusieurs paliers sont prévus pour passer d’un âge à l’autre, ce qui change l’environnement : des animaux disparaissent, les pillards arrivent et deviennent de plus en plus forts. Tout ceci est fort classique, ce qui n’est pas un problème, sauf que j’ai atteint plus vite que je l’imaginais la fin des évolutions et j’ai tourné en rond. Certes, je pouvais encore améliorer mes défenses et continuer de m’étendre en construisant d’autres maisons pour accueillir d’autres personnes, mais je me suis assez vite ennuyé. La suite évidente aurait consisté à repartir de zéro, même si les autres cartes ne sont pas suffisamment différentes pour me motiver à le faire. Je préfère arrêter là et me dire que <em>Dawn of Man</em> était un jeu sympathique pour l’amateur de gestion que je suis, sans plus. Il peut valoir le détour en profitant d’une réduction si c’est aussi un genre qui vous plait, en ne perdant pas de vue que ce n’est pas le jeu le plus sophistiqué et complexe qui soit.</p>
]]></description></item><item><title>Les Souvenirs de la Glace, Steven Erikson</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/souvenirs-glace-erikson/</link><pubDate>Fri, 30 Aug 2024 14:25:45 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/souvenirs-glace-erikson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/souvenirs-glace-erikson/souvenirs-glace.jpg">
        <p>Plus la saga avance et plus les tomes semblent s’allonger. Les deux premiers volets du <em>Livre des Martyrs</em> n’étaient déjà pas particulièrement courts et il étaient en outre si inutilement compliqués, surtout <a href="/livre/jardins-lune-erikson/">le premier</a>, que j’avais été tenté à plusieurs reprises d’abandonner en cours de route. J’avais tenu bon, parce que l’univers est d’une richesse rare et parce que Steven Erikson a des idées que je n’avais jamais lues ailleurs, ce qui n’est pas rien dans le monde si encombré de l’heroïc-fantasy. Fort heureusement, l’auteur semble prendre en confiance en lui, suffisamment pour éliminer progressivement un style gratuitement obscur. Le <a href="/livre/jardins-lune-erikson/">deuxième tome</a> était déjà plus simple à suivre malgré quelques épisodes obscurs. C’est nettement mieux avec <em>Les Souvenirs de la Glace</em>, un troisième volume nettement plus long et aussi nettement plus simple.</p>
<p>Que l’on se comprenne bien, Steven Erikson n’a pas tout abandonné pour écrire un énième roman pour « jeunes adultes », comme on dit désormais. Du haut de ses près de 1 200 pages, <em>Les Souvenirs de la Glace</em> reste une œuvre massive et complexe, qui suit des dizaines de personnages et demande une implication permanente de son lecteur. Cela étant posé, j’ai noté des progrès bien nets par rapport aux précédents. Pour commencer, on retrouve plusieurs personnages découverts dans <em>‌Les Portes de la Maison des Morts</em>, une belle surprise qui permet de trouver ses marques plus rapidement. Les Bruleurs du Pont sont en effet de retour et avec eux tous les Malazéens et leur guerre qui était déjà au cœur du premier roman. Ensuite, si le romancier débute avec plusieurs intrigues séparées, il les réunit à un moment charnière de l’histoire, qui se termine ainsi en se concentrant sur un seul lieu et une seule action principale. Grâce à cette simplification, suivre ce qui se déroule est indéniablement plus facile et j’ai beaucoup plus apprécié cette suite. Comme je le pensais depuis ma découverte de la saga, cette simplification ne se fait pas au détriment de la profondeur de l’univers, qui reste toujours aussi sophistiqué et original, avec une sorte de jeux d’échecs entre dieux qui vient bousculer le sort des personnages.</p>
<p>Steven Erikson a aussi amélioré ses talents de conteur, avec des séquences de combats et des batailles épiques qu’on rêverait de voir sur grand écran, et surtout de dialogueur. Les discussions entre personnage ont gagné en naturel et par extension, les psychologies sont plus convaincantes. Le lecteur peut ainsi mieux comprendre les motivations de chacun, même s’il ne sait jamais si elles sont sincères, ce qui est très agréable. Loin de tomber dans le manichéisme, l’écrivain parvient à mon sens à mieux développer son monde et à le rendre plus accessible, sans remettre en cause les fondamentaux. Il décrit aussi davantage les personnages, ce qui est essentiel quand il y a si peu d’humains et tant de créatures imaginaires. Pour la première fois, on peut se faire une meilleure idée des mensurations ou simplement des couleurs de peau, ce n’est pas trop tôt. Avec <em>Les Souvenirs de la Glace</em>, la saga me semble ainsi avoir un écrin à la hauteur de son ambition. J’espère que ce n’était pas qu’un accident et pour en avoir le cœur net, je compte bien lire la suite.</p>
]]></description></item><item><title>Sweet Tooth, Netflix (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/sweet-tooth-netflix-saison-3/</link><pubDate>Wed, 28 Aug 2024 21:55:14 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/sweet-tooth-netflix-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/sweet-tooth-netflix-saison-3/sweet-tooth-saison-3.jpg">
        <p>Les <a href="/serie/sweet-tooth-netflix/">deux premières saisons</a> m’avaient séduit juste assez pour donner envie de voir la suite, et fin, de <em>Sweet Tooth</em> malgré des défauts évidents. Je ne m’attendais pas à ce qu’ils soient corrigés dans la troisième et de fait, le mélange bizarre entre conte pour enfants et dystopie bien adulte reste la base des huit dernières épisodes. Jusqu’au bout, Jim Mickle semble hésiter entre les deux et oscille dans un mouvement étrange entre l’horreur et le mignon parfois un brin gênant. Un autre défaut s’est malheureusement ajouté, avec un rythme bien mal maîtrisé. Les premiers épisodes sont très corrects, l’action avance bien jusqu’au cœur de la saison où tout semble s’arrêter d’un coup, pour ne reprendre qu’à la toute fin. Un final explosif qui semblait presque citer <em>Indiana Jones</em>, un autre choix étrange en passant. Quant aux hybrides, ils sont nettement moins nombreux ici et les scénaristes ont gardé les deux meilleurs, tout en ajoutant des loups qui tombent dans la case des peluches bizarres.</p>
<p>Malgré tous ces défauts, <em>Sweet Tooth</em> se termine de manière assez satisfaisante. J’ai eu très peur à un moment que le sous-texte autour du réchauffement climatique que j’avais décelé dans les premières saisons soit discrètement mis de côté, ce n’est fort heureusement pas le cas. Le scénario suit sa trajectoire naturelle jusqu’au bout et se termine de manière fort mignonne, je n’en dirai pas plus. Avant cela, le voyage n’est pas toujours aussi réussi que je l’aurais souhaité, avec des péripéties quand même bien convenues, du manichéisme bien manichéen et des facilités de scénario si énormes que cela devient vite lassant. Encore une fois, je crois que <em>Sweet Tooth</em> souffre surtout de son entre-deux et de son manque de choix entre deux options assez différentes. C’est aussi ce qui fait son originalité, en un sens. Et puis, il faut saluer le travail du jeune Christian Convery, qui est vraiment excellent dans le rôle titre. On n’en dira pas autant de tout le casting, mais c’est un sans faute pour lui.</p>
]]></description></item><item><title>Exploding Kittens, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/exploding-kittens-netflix/</link><pubDate>Tue, 27 Aug 2024 22:11:25 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/exploding-kittens-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/exploding-kittens-netflix/exploding-kittens.jpg">
        <p>Avant d’être une série d’animation sur Netflix, <em>Exploding Kittens</em> est… un jeu de cartes humoristique sans réelle intrigue, comme on peut l’imaginer. Autant dire que cette adaptation est basée très vaguement sur le jeu, ne gardant que le concept de chats explosifs. L’intrigue se construit ainsi autour de l’idée plus tellement originale que le paradis comme l’enfer existent, qu’ils sont dirigés comme des entreprises et que Dieu et Belzébuth travaillent dans ce cadre. Le point de départ est justement que les deux ne sont plus vraiment à la hauteur et les conseils d’administration de chaque entreprise décident de les renvoyer sur terre, sous une forme féline. Dieu doit répondre à la prière d’une famille typiquement américaine et bien barrée, tandis que sa, car oui, le diable est une diablesse, némésis doit tout faire pour l’en empêcher.</p>
<p>L’originalité n’est sans doute pas le meilleur argument d’<em>Exploding Kittens</em>. Le concept du paradis comme entreprise avec Dieu en tant que CEO m’a rappelé l’excellente première saison de <a href="https://voiretmanger.fr/miracle-workers-rich-tbs/"><em>Miracle Workers</em></a> et je suis sûr qu’il y a d’autres exemples. Le principe de la famille américaine moyenne à la ramasse est encore moins novateur et ici encore, ce ne sont pas les exemples qui manquent. La série créée par Matthew Inman, qui avait créé <a href="https://theoatmeal.com"><em>The Oatmeal</em></a> et le jeu de cartes, et Shane Kosakowski se rattrape néanmoins sur son humour que j’ai trouvé fort plaisant. Là encore, il ne faut pas s’attendre à être étonné, on est en terrain connu, ce qui n’est pas forcément un problème pour moi. Les blagues s’enchaînent rapidement et si toutes ne fonctionnent pas, j’ai trouvé les neuf épisodes qui composent la première saison suffisamment drôles pour passer un bon moment. On se fiche assez de la mission des deux chats, on profite plutôt de la galerie de personnages secondaires et cette famille dysfonctionnelle est l’occasion de nombreuses blagues. Et puis, quel plaisir de retrouver Mark Proksch pour la voix du père, le génial vampire énergétique de <a href="https://voiretmanger.fr/what-we-do-shadows-clement-fx/"><em>What We Do in the Shadows</em></a>.</p>
<p>Face aux réactions, je ne suis pas sûr que Netflix donne une deuxième chance à cette série. <em>Exploding Kittens</em> pourrait pourtant s’améliorer encore je pense avec une saison supplémentaire qui l’éloignerait un petit peu de son point de départ entre paradis et enfer. Quoi qu’il en soit, je recommande cette première saison si vous aimez l’animation humoristique pour adultes et que vous cherchez un divertissement léger.</p>
]]></description></item><item><title>Nuovo Olimpo, Ferzan Özpetek</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/nuovo-olimpo-ozpetek/</link><pubDate>Sun, 25 Aug 2024 18:05:27 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/nuovo-olimpo-ozpetek/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/nuovo-olimpo-ozpetek/nuovo-olimpo.jpg">
        <p>Deux hommes se croisent à la fin des années 1970, ils tombent instantanément follement amoureux le temps d’une histoire aussi intense que brève. C’est le point de départ de <em>Nuovo Olimpo</em> que son réalisateur, Ferzan Özpetek, qualifie de semi-autobiographique. J’ai bien aimé cette sorte de comédie romantique sans l’être entièrement, un film tout mignon au départ et plutôt déchirant sur la fin. Même si le scénario laisse parfois à désirer, surtout quand le temps s’accélère sur la fin, avec quelques facilités ici ou là, j’ai trouvé l’ensemble fort plaisant et il mérite indéniablement le détour. Et pas seulement pour le talent des deux acteurs principaux… je parle naturellement de leur jeu.</p>
<p>La première séquence à la fin des années 1970 reste la meilleure pour moi. La rencontre entre Enea et Pietro dans ce cinéma de quartier qui se double d’un lieu de rencontre gay dans le couloir qui mène aux toilettes des hommes est très bien représentée et touchante. L’un est un habitué qui a de l’expérience avec les hommes, l’autre est un petit nouveau timide qui ne veut pas d’un coup rapide au-dessus de la cuvette. Même si l’Italie a été parmi les premières pays à dépénaliser les relations homosexuelles, elles n’étaient pas bien vues et certainement pas ouvertes à l’époque. Impossible de montrer de l’affection en public et pour ces deux étudiants qui vivent chez leurs parents, trouver un lieu privé pour le faire n’est pas une mince affaire. Sans doute parce que c’est la partie autobiographique, <em>Nuovo Olimpo</em> s’en sort remarquablement avec cet arc narratif et la découverte de la maison avec cette vue superbe sur le forum, ainsi que celle de la sexualité pour Pietro, sont magnifiques. L’alchimie entre les deux acteurs, Damiano Gavino et Andrea Di Luigi, m’a impressionnée et leur couple est parfaitement crédible.</p>
<p>Tout bascule suite à un incident qui sépare les deux jeunes hommes et de la même manière, le long-métrage de Ferzan Özpetek bascule davantage vers le drame. Les années passent et il faut saluer le travail du maquillage, surtout pour Pietro, tout en regrettant un scénario qui aurait mérité ou là un petit peu plus de matière. Les grandes lignes sont faciles à comprendre : le rendez-vous manqué au départ, les vies qui se séparent, le difficulté de tout abandonner quand la rencontre fortuite est de nouveau possible. <em>Nuovo Olimpo</em> a tout de même tendance par moments à avancer trop vite et imaginer des rebondissements peu crédibles. C’est surtout vrai vers la fin, avec cet accident qui force les retrouvailles d’une manière bien peu subtile. C’est dommage, sans pour autant me gâcher le plaisir de l’ensemble.</p>
]]></description></item><item><title>Umbrella Academy, Netflix (saison 4)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/umbrella-academy-netflix-saison-4/</link><pubDate>Fri, 23 Aug 2024 22:31:46 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/umbrella-academy-netflix-saison-4/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/umbrella-academy-netflix-saison-4/umbrella-4.jpg">
        <p><em>Umbrella Academy</em> aurait pu s’arrêter à la fin de la <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/umbrella-academy-netflix-saison-3/">troisième saison</a>, ses concepteurs ont eu droit à une quatrième et cette fois, c’est la fin, pour de bon. Je ne sais pas si c’est d’un commun accord ou si Netflix l’a imposé à Steve Blackman : quoi qu’il en soit, cette fin est plus courte avec six épisodes, ce qui lui joue sans doute des tours sur le dernier épisode où tout est un petit peu précipité. Pas de quoi gâcher mon plaisir pour autant, puisque la série parvient à conserver son ton barré et avec une bonne dose de second degré pour éviter de tomber dans le piège du sérieux, tout en continuant de creuser la psychologie des personnages et en leur offrant un final cohérent. Une dernière saison tout à fait honorable, qui permet à la série de rester sur une très bonne note d’ensemble.</p>
<p>La quatrième saison reprend cinq ans après la fin de la précédente, alors que tous les personnages sont au plus bas. Leur réunion est assez évidente et <em>Umbrella Academy</em> ne va pas changer la formule pour cette dernière, l’objectif est à nouveau de sauver le monde face à une apocalypse à venir. Cela étant, cet objectif n’est pas matraqué dès le premier épisode. Au contraire même, on le découvre assez tardivement, laissant plus de place à une histoire étrange autour d’une secte qui espère la fin du monde. Je ne veux pas trop divulgâcher sur cet arc narratif rendu surtout passionnant par la présence de <a href="https://voiretmanger.fr/parks-recreation-daniels-schur-nbc/">Ron et Tammy</a>, Nick Offerman et Megan Mullally qui sont tous deux excellents. Le scénario en lui-même n’est pas si passionnant que cela de toute manière, c’est plus une excuse pour réunir tout le monde une dernière fois et cela ne m’a pas gêné. On passe un bon moment, il y a quelques bonnes idées avec une mention spéciale au métro qui navigue entre les réalités et qui sert de base à une sous-intrigue que je n’avais pas vue venir et qui m’a agréablement surpris. Mon seul regret, encore une fois, est le format réduit qui a contraint les scénaristes à condenser toute la fin.</p>
<p>Avec un ou deux épisodes de plus, <em>Umbrella Academy</em> aurait sans doute eu un final mieux fini. Néanmoins, à cette époque où les annulations surprises des séries sont la norme, je trouve ça rafraîchissant et plaisant d’avoir une histoire avec une véritable fin. Et puis, même si l’exécution était peut-être trop rapide, j’ai trouvé l’idée bonne et la conclusion satisfaisante.</p>
]]></description></item><item><title>Good Trouble, Freeform</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/good-trouble-freeform/</link><pubDate>Wed, 21 Aug 2024 21:45:17 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/good-trouble-freeform/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/good-trouble-freeform/good-trouble.jpeg">
        <p>Malgré ses défauts, j’avais beaucoup aimé <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/fosters-abc-family/"><em>The Fosters</em></a>, au point de ne pas vouloir quitter tout de suite cette famille si attachante. Cela tombe bien, <em>Good Trouble</em> est un spin-off qui se concentre sur deux personnages, Callie et Mariana, pendant leurs premières années au travail. Elles décident de vivre en colocation et se retrouvent à « La Coterie », une sorte de communauté de colocataires placée au-dessus d’un ancien théâtre. L’idée des créateurs est assez transparente : former une nouvelle famille choisie autour des deux personnages, après celle constituée dans <em>The Fosters</em>. Un concept intrigant et qui fonctionne assez bien… du moins, tant que l’on s’intéresse aux personnages. C’est la limite de cette nouvelle série, je trouve que la galerie de personnages a du mal à tenir sur la durée. Peut-être parce qu’il y en a trop d’un coup, il est difficile de leur accorder autant d’attention à tous. Sûrement aussi parce que la recette s’use un petit peu au fil des années et que la quête constante du drame finit par fatiguer. Certaines intrigues sont intéressantes, même si <em>Good Trouble</em> a tendance à s’égarer en cours de route. Par exemple, les carrières professionnelles des deux héroïnes sont vite de simples excuses pour faire avancer l’histoire, souvent de manière caricaturale d’ailleurs. Plusieurs personnages ne semblent exister que pour créer des péripéties et sans forcément une bonne idée derrière.</p>
<p><em>Good Trouble</em> aurait peut-être bénéficié d’un format plus moderne, avec moins d’épisodes par saison et une histoire resserrée. En l’état, je dois dire qu’à la fin de la quatrième saison et près de 70 épisodes, je suis lassé. J’ai découvert en préparant l’article qu’une cinquième et ultime saison avait été diffusée, même si elle n’est pas encore proposée sur Disney+. Peut-être qu’en laissant un petit peu de temps, j’aurai envie de m’y remettre, mais je suis assez sceptique. En y repensant, les meilleurs moments qui me restent en mémoire sont ceux où la famille Foster faisait un saut et c’est bien le signe que le spin-off a du mal à exister en tant que tel. Il y a bien quelques éléments sympathiques au-delà de l’héritage de <em>The Fosters</em> — c’est finalement assez rare de voir une œuvre aussi diverse, même s’il y aurait à redire<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> —, mais j’aurais clairement préféré une série toujours centrée sur la famille, où l’on aurait pu suivre les évolutions de chaque personnage sur plusieurs années. Se concentrer uniquement sur Mariana et Callie me semble finalement assez injuste pour tous les autres et je crois qu’une saison spéciale supplémentaire de la série originale quelques années plus tard m’aurait bien davantage convaincu. <em>Good Trouble</em> m’a au moins permis de quitter les personnages en douceur sur plusieurs semaines, c’est toujours ça.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Le traitement réservé à Gael me reste en travers de la gorge : supposé bisexuel, le personnage a quelques relations avec des garçons, avant de devenir strictement hétérosexuel. Pour le coup, on a vraiment l’impression que sa bisexualité a servi d’argument pour vendre la série, sans réelle volonté d’en faire quoi que ce soit.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>The Bear, Hulu (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/bear-hulu-saison-3/</link><pubDate>Tue, 20 Aug 2024 21:40:02 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/bear-hulu-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/bear-hulu-saison-3/bear-saison-3.jpeg">
        <p>C’est peu dire que j’attendais la suite : <em>The Bear</em> m’avait marqué dès sa <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/bear-hulu/">première saison</a>, même si clairement, la <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/bear-hulu-saison-2/">deuxième</a> est celle qui me reste le plus en mémoire, avec une forme de perfection atteinte dans le traitement des personnages, la mise en scène et l’équilibre des émotions. La troisième saison reprend pour dix épisodes, avant une quatrième qui a été tournée en même temps et le bilan est un petit peu plus mitigé. Christopher Storer maîtrise son art à la perfection, mais peut-être un petit peu trop, justement. En tout cas, il m’a donné le sentiment de se regarder un petit peu plus filmer et de travailler davantage la forme que le fond. Alors oui, <em>The Bear</em> est encore marqué par des fulgurances visuelles et scénaristiques incroyables, à l’image de cet épisode centré sur un accouchement qui est d’une force dingue, notamment grâce à la présence de Jamie Lee Curtis — quelle actrice quand même —, mais ils n’effacent pas entièrement l’impression de vide.</p>
<p>L’intrigue principale n’avance quasiment pas dans ces dix épisodes, pas plus que la situation des personnages. Carmen n’arrive pas à demander pardon à la femme de sa vie pendant dix épisodes. Sidney hésite entre deux avenirs possibles pendant la majorité d’entre eux. Et puis la toxicité générale est de retour, avec des engueulades épiques, bien que déjà vues et quelque peu répétitives à la longue. <em>The Bear</em> commence même par une sorte d’épisode récapitulatif ou résumé, avec son style bien à lui et la musique entêtante du <em>Ghost V: Together</em> de Nine Inch Nails est parfaite pour l’illustrer, même si son rôle n’est pas évident. J’entrevois l’idée générale, illustrer les ruminations du personnage principal qui se remémore ses mauvaises expériences. C’est un fil rouge de la saison, qui culmine avec le final en forme d’hommage au métier de chef en quelque sorte. C’est intéressant, mais je crois que j’aurais préféré en savoir plus sur les difficultés du restaurant et de son équipe. Le dernier épisode ouvre la porte à une suite plus intéressante et la série m’a tellement impressionnée jusque-là que je serai au rendez-vous. Malgré tout, il reste ce sentiment diffus que la troisième saison a raté le cœur de son sujet et c’est un petit peu dommage.</p>
]]></description></item><item><title>The Acolyte, Disney+ (saison 1)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/acolyte-disney+-saison-1/</link><pubDate>Fri, 16 Aug 2024 21:30:10 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/acolyte-disney+-saison-1/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/acolyte-disney&#43;-saison-1/acolyte.jpg">
        <p>Dans l’univers de <em>Star Wars</em>, <em>The Acolyte</em> se distingue d’emblée par le choix d’une période jamais explorée jusque-là au cinéma ou à la télévision. L’intrigue de la première saison se déroule une centaine d’années avant l’arrivée au pouvoir des Siths décrite dans la prélogie de George Lucas, à une époque où les Jedi règnent encore sur la galaxie et sont tous puissants. Un changement de perspective très intéressant : la menace du côté obscur de la Force n’est pas encore présente et le méchant n’est pas nécessairement celui que l’on croit. 	Leslye Headland, que je connaissais surtout comme co-créatrice de l’excellente série <em><a href="https://voiretmanger.fr/poupee-russe-lyonne-poehler-headland-netflix/">Poupée russe</a></em>, a choisi un angle différent et c’est indéniablement la meilleure idée de sa série pour Disney+. Les Jedi ne sont pas les chevaliers isolés et en difficulté que l’on connait si bien dans cet univers, ils sont la force principale, une entité indépendante qui a tous les pouvoirs et que personne ne peut réellement contrôler. Y compris quand ils font n’importe quoi, comme c’est le cas pour les événements au cœur de l’intrigue, lorsque Sol décide contre l’avis de sa hiérarchie de kidnapper deux enfants pour leur enseigner la Force et en faire des Jedis.</p>
<p>Cette manière d’inverser la logique et de présenter les Jedis comme des colons qui se croient tout permis et qui peuvent cruellement manquer de jugement est pour le moins rafraîchissant. J’apprécie aussi le choix d’un casting plus diversifié et surtout plus féminin, c’est encore trop rare dans le genre pour le signaler. <em>The Acolyte</em> mérite le détour rien que pour ce nouveau point de vue, même si la théorie est hélas meilleure que la pratique. Sur le papier, Disney+ opère une inversion bienvenue des valeurs. À l’écran, les huit épisodes sont trop brefs et composent une saison bien trop courte pour que les promesses soient toutes réalisées. Les personnages manquent tous de profondeur psychologique et leurs motivations sont difficiles à comprendre. Faute de temps pour poser les intrigues, il y a des facilités dans le déroulement des événements. On peut critique Disney pour la durée réduite, même s’il faut être juste en reconnaissant que les premières épisodes ont un petit peu de mal à démarrer, ce qui est un défaut d’écriture avant tout. De même, le grand méchant m’a semblé bien banal, jusqu’à son casque craquelé qui rappelle fort de futurs accessoires traditionnellement réservés aux méchants dans <em>Star Wars</em>. Même la voix évoque immanquablement Dark Vador ou Kylo Ren et c’est bien dommage d’être passé à côté de l’opportunité de trouver une autre idée. Ne parlons pas des droïdes et surtout des créatures poilues qui semblent ici encore plus forcées qu’à l’accoutumé.</p>
<p>Malgré ces défauts, <em>The Acolyte</em> reste une série plaisante et surtout, très <em>Star Wars</em>. J’ai été frappé de constater à quel point Leslye Headland a réussi à reproduire l’esthétique de l’univers, des transitions jusqu’au grain cinématographique, en passant par la manière de filmer les personnages, planètes et vaisseaux. Mis à part quelques décors qui faisaient un peu faux, c’est un sans faute et il ne faut pas oublier les combats aux sabres lasers, parmi les meilleurs jamais proposés, séries ou films confondus. Chapeau pour la partie technique, qui aurait simplement mérité une meilleure histoire. Les bases étaient là, il ne manquait sans doute pas grand-chose et j’espère que Disney laissera à la créatrice l’opportunité de corriger le tir avec une suite.</p>
]]></description></item><item><title>X’s, Cigarettes After Sex</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/xs-cigarettes-after-sex/</link><pubDate>Thu, 08 Aug 2024 21:38:32 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/xs-cigarettes-after-sex/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/xs-cigarettes-after-sex/xs.jpg">
        <p>Je suis tombé immédiatement sous le charme des chansons douces et aériennes de Cigarettes After Sex et le groupe américain ne déçoit avec son troisième album. Nommé <em>X’s</em>, il reprend et étend le même concept, avec dix ballades mélancoliques et si belles encore une fois, formant un album bref, pas joyeux sans être plombant. La voix si particulière et assez androgyne de Greg Gonzales est essentielle pour former cette atmosphère que l’on imagine volontiers enfumée, sans doute en raison du titre du groupe, peut-être aussi pour la pochette toujours aussi nébuleuse sur ce troisième opus. La thématique est toujours l’amour, rien de très original de ce côté non plus, mais ce n’est pas grave. Bien au contraire, je trouve que Cigarettes After Sex parvient à creuser sa voie bien à part, alors même que tout porterait à croire que l’on écoute pour la énième fois des chansons d’amour lancinantes.</p>
<p>Il y a de ça bien entendu et en même temps, ce sont des chansons d’amour parfaitement identifiables et associées dès les premières notes avec le nom du groupe. <em>X’s</em> est à cet égard assez proche des deux précédentes sorties, sans pour autant tomber dans la répétition. Et puis qu’importe : une bonne vingtaine d’écoutes plus tard, l’album n’a pas perdu de sa superbe et j’apprécie toujours autant l’écouter. Surtout le soir quand tout se calme et que les mélodies tout en douceur collent parfaitement à l’ambiance du moment. J’espère que Greg Gonzales continuera de composer et chanter ces titres éthérés et je serai naturellement au rendez-vous pour un quatrième album.</p>
]]></description></item><item><title>Justin Wack and the Big Time Hack</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/justin-wack-big-time-hack/</link><pubDate>Wed, 31 Jul 2024 21:38:15 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/justin-wack-big-time-hack/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/justin-wack-big-time-hack/justin-wack-big-time-hack.jpg">
        <p>Vous êtes Justin, Kloot et Julia. Vous voyagez à travers le temps sur quatre époques différentes. Vous devez tout à la fois réconcilier deux amoureux et sauver l’humanité face à une destruction à base de robots intelligents. <em>Justin Wack and the Big Time Hack</em> est un jeu d’aventures à l’ancienne, ce qui n’est en aucun cas une critique de ma part, bien au contraire. Inspiré des grands classiques de LucasArts, la série des <em>Monkey Island</em> en tête ou plus encore le culte <em>Day of the Tentacle</em>, son objectif est d’offrir une aventure amusante, pas trop compliquée, même si la grosse dose d’absurde vient pimenter la progression. Si vous n’avez jamais joué à ces jeux d’aventures humoristiques, vous serez peut-être un petit peu perdu face à une logique qui n’est pas toujours d’une cohérence parfaite. Il faut prendre l’habitude de tester tout et n’importe quoi, tenter des choses, par exemple en combinant même les objets les plus improbables entre eux et ainsi entrer dans l’esprit tordu des créateurs du jeu. La récompense est une série de péripéties hilarantes et quelques dialogues sans queue ni tête et toujours amusants.</p>
<p>Après tout juste moins de huit heures de jeu, j’ai atteint la fin de ces aventures. Je dirais que c’est une durée parfaite, ni trop courte qu’on aurait l’impression de se faire avoir, ni trop longue qu’on aurait le sentiment de tourner en rond. Cette durée permet de multiplier les bonnes idées de gameplay, avec une inventivité qui m’a d’ailleurs agréablement surpris. Il a fallu que je me creuse les méninges à plusieurs reprises pour trouver la solution et le système d’aide intégré n’est d’ailleurs pas toujours utile, puisqu’il se contente souvent de répéter ce que je savais devoir faire, sans m’expliquer comment le faire. Ce n’est pas trop difficile au point d’être frustrant et tant qu’on garde en tête la logique absurde, on finit toujours par s’en sortir. La possibilité de passer d’un personnage à un autre et même d’une époque à une autre est précieuse pour limiter l’ennui et si on commence à tourner en rond d’un côté, il suffit souvent de changer de côté pour débloquer la situation. Bref, dans l’ensemble, ce gameplay n’appelle aucune critique de ma part et j’ai trouvé <em>Justin Wack and the Big Time Hack</em> remarquablement bien dosé.</p>
<p>Les seuls défauts que je soulèverais concernent plus l’intrigue elle-même, qui est un poil déjà-vue et surtout qui aurait mérité d’être débarrassée de quelques clichés un peu anciens, eux aussi. Cela n’a pas ruiné l’expérience pour autant et j’ai pris un grand plaisir à découvrir ces aventures <em>old-school</em>. Si vous aimez le genre, n’hésitez pas, cette version à peine modernisée vaut le détour.</p>
]]></description></item><item><title>Kill Bok-soon, Byun Sung-hyun</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/kill-bok-soon-byun/</link><pubDate>Sat, 13 Jul 2024 22:10:13 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/kill-bok-soon-byun/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/kill-bok-soon-byun/kill-bok-soon.jpg">
        <p><em>Kill Bok-soon</em> suit le parcours d’une tueuse à gage qui est aussi la mère d’une adolescente de 15 ans et qui parvient bien mieux à tuer qu’à éduquer son enfant. C’est toute l’idée du dernier film de Byun Sung-hyun et c’est une bonne idée d’ailleurs, pour sortir des clichés vus et revus sur ces environnements. Le titre pouvait laisser craindre que l’amour du réalisateur coréen pour cinéma de Tarantino l’amène à répéter <em>Kill-Bill</em> — je l’avais découvert avec un <a href="https://voiretmanger.fr/sans-pitie-byun/"><em>Sans pitié</em></a> fort divertissant, même si un poil trop inspiré par le cinéaste américain —, mais il n’en est fort heureusement rien. <em>Kill Bok-soon</em> aurait gagné à être nettement plus court et la réalisation aurait pu se passer de quelques effets kitsch. Ce n’est pas totalement une réussite, sans être non plus un échec complet. Un bon divertissement, sans plus.</p>
<p>Il faut dire que Byun Sung-hyun passe peut-être à côté de son sujet. Malgré la longueur du film, on voit au fond assez peu la relation entre la mère et sa fille. Elle est présente tout du long comme un fil rouge, c’est vrai, ce qui ne veut pas dire qu’elle est centrale pour autant. Au contraire, le cinéaste s’intéresse surtout à Gil Bok-Soon et son travail en tant que tueuse en série. Avec quelques bonnes idées, il faut bien le reconnaître : l’organisation en différentes entreprises qui suivent toutes les trois mêmes règles, le système de notation, le fait que l’on parle de « spectacles » plutôt que de meurtres, l’école où les spectacles mythiques de l’héroïne sont étudiés et répétés par les futurs tueurs en série… l’univers imaginé par le long-métrage est cohérent et riche. Malgré tout, j’aurais préféré que la relation mère-fille reçoive le même amour, d’autant qu’il y avait là de quoi creuser. L’homosexualité de la fille ainsi que le rejet, ou du moins l’acceptation difficile, de la mère méritait bien plus de place, notamment. <em>Kill Bok-soon</em> aurait été bien plus original et, à mon avis, intéressant s’il s’était davantage penché de ce côté. En contrepartie, on aurait pu se passer de tous ces combats tournés au ralenti, c’est quand même assez cliché et même moche.</p>
]]></description></item><item><title>Riven</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/riven/</link><pubDate>Thu, 11 Jul 2024 22:05:28 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/riven/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/riven/riven.jpg">
        <p>Vous jouez en tant que « l’Étranger », un mystérieux personnage chargé dans une brève introduction de sauver Catherine et d’empêcher Gehn de s’échapper, mais tout ce qu’il faut savoir avec <em>Riven</em>, c’est que vous allez vous retrouver sur une île mystérieuse, au sein d’un gigantesque puzzle. Suite directe de <a href="/jeu-video/myst/"><em>Myst</em></a>, ce jeu sorti en 1997 avait impressionné le jeune joueur d’une dizaine d’années, qui a découvert pour la première fois un environnement photoréaliste qui semblait impensable par rapport à la production de l’époque. Je me rappelle aussi d’énigmes tirées par les cheveux qui nécessitaient de prendre des notes dans un carnet et qui m’avaient vite découragées. Malgré tout, l’annonce d’une nouvelle version entièrement recréée avec des technologies modernes m’intriguait fortement et je me suis logiquement rué sur le nouveau <em>Riven</em> à sa sortie.</p>
<p>L’arrivée dans l’Âge de Riven m’a rappelé bien des souvenirs. Forcément, Cyan Worlds n’a pas créé un nouveau jeu, c’est une recréation de l’original, avec les mêmes décors et (quasiment) les mêmes énigmes. Même si l’environnement m’était familier, la différence est flagrante dès que l’on se commence à se déplacer. <em>Riven</em> est un jeu sorti en 2024 avec des technologies modernes, ce qui veut dire que le pointer-et-cliquer de 1997 pour passer d’une scène statique à une autre scène statique est dépassé. À la place, tous les environnements ont été reconstitués en 3D avec le célèbre moteur Unreal qui sert de base à énormément de jeux. Grâce à cela, le joueur peut se déplacer en utilisant le clavier et cela change tout. Je me souvenais que l’on était assez libre de découvrir l’univers, c’est encore plus flagrant maintenant que l’on se déplace en contrôlant les mouvements du personnage. Même si <em>Riven</em> n’est absolument pas un jeu en monde ouvert, c’est l’impression qui se dégage pourtant alors que je re-découvrais les différentes îles. Une fois les premiers blocages levés, on peut découvrir une île, puis la suivante et ainsi de suite, sans jamais être réellement limité. Cette première exploration est à mon sens la meilleure partie du jeu, d’autant que l’on peut découvrir des paysages magnifiques qui prennent vie grâce à quelques animations supplémentaires. L’eau bouge, il y a des insectes, des créatures marines sur une plage : cela a beau être le même monde que dans le jeu original, le résultat n’a plus grand-chose à voir. Seul raté dans cette reconstitution, les personnages recréés en 3D sont assez hideux et tout au fond de la vallée dérangeante. Fort heureusement, ils sont aussi plutôt rares, sauf vers la fin.</p>
<p>Après neuf heures de jeu, j’ai terminé l’intrigue principale, y compris plusieurs « mauvaises » fins et <em>Riven</em> me semble nettement moins insurmontable que dans ma jeunesse. Il est vrai que les énigmes sont alambiquées, avec de multiples indices à un endroit qui ne serviront que bien plus tard et à l’autre bout du monde. La nouvelle version dispose d’une fonction bloc-note intégrée, même si j’ai fini par sortir mon carnet de notes virtuel (mon iPhone) pour prendre des notes et des photos. Pour être transparent, j’ai aussi « triché », notamment parce que j’avais la flemme d’aller à l’autre bout de l’univers pour récupérer une information, ou de faire des calculs savants sur l’énigme avec les couleurs qui est peut-être la plus capillotractée de toutes. Pour le reste, les énigmes ont été en réalité en grande partie retravaillées et je crois que c’est mieux ainsi. Une fois que l’on comprend les règles du monde et notamment l’importance de la loupe sur la plage<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, l’ensemble m’a paru logique et pas trop frustrant. Le plus pénible au fond, ce sont les allers et retours constants, fort heureusement plus limités quand on commence à pouvoir exploiter les dômes. Malgré tout, <em>Riven</em> est un jeu qui invite à prendre son temps, y compris patienter plusieurs (dizaines de) secondes, le temps qu’une échelle soit montée ou que le moyen de transport emprunté arrive à sa destination. Il se rattrape sur un gameplay bien plus riche que celui de <a href="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/firmament/"><em>Firmament</em></a>, le dernier jeu du studio qui repose sur une seule mécanique plus répétitive et qui manque aussi d’un univers aussi riche et complexe qu’ici.</p>
<p>En dépit de quelques défauts, je dois dire que j’ai été bluffé par ce nouveau <em>Riven</em>. Difficile de croire qu’il s’agit d’un titre vieux de 27 ans, même s’il a été en grande partie réimaginé avec cette édition. Quelle longévité, tout de même…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Je peux l’avouer, j’étais passé à côté lors de ma première exploration émerveillée et il m’a fallu un coup de main pour savoir qu’elle existait. Sans elle, il est bien compliqué de comprendre ce qu’il faut faire et on finit vite par tourner en rond.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Gloutons &amp; Dragons, Tokyo MX (saison 1)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/gloutons-dragons-tokyo-mx-saison-1/</link><pubDate>Tue, 09 Jul 2024 21:49:20 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/gloutons-dragons-tokyo-mx-saison-1/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/gloutons-dragons-tokyo-mx-saison-1/gloutons-dragons.jpg">
        <p><em>Gloutons &amp; Dragons</em> promettait un étonnant mélange entre heroïc-fantasy et… la cuisine, alors forcément que j’allais tenter l’expérience. Cette adaptation d’un manga sorti il y a une dizaine d’années pour la chaîne japonaise Tokyo MX a été diffusée par Netflix dans le reste du monde et c’est une expérience originale, indéniablement. J’ignorais tout de l’œuvre originale et j’ai découvert cette version animée avec un œil neuf et sans trop savoir à quoi m’attendre. En tout cas, certainement pas à ce mélange étonnant où des recettes de monstres cuisinés de multiples manières viennent agrémenter ce qui est par ailleurs une histoire assez banale à base d’exploration d’un donjon, de pièges à éviter et de dragon à affronter.</p>
<p>Ce mélange fonctionne étonnamment bien cela dit et participe à l’ambiance assez légère de la série. <em>Gloutons &amp; Dragons</em> est portée par un humour teinté d’absurde qui ne m’a pas déplu et une forme de désinvolture qui évite de tomber dans le piège de l’aventure qui se prend trop au sérieux. C’est aidé par les règles de cet univers, où l’on ne meurt jamais réellement et où tout est possible, y compris le plus incroyable. Les personnages ont droit à une psychologie assez travaillée et même s’il faut rester sur des relations assez typées, pour ne pas dire des archétypes — la vision des femmes est assez navrante, notamment —, le groupe de personnages principaux fonctionne plutôt bien. Je ne m’attendais pas à un traitement aussi homoérotique autour du personnage de Senshi, sans jamais au-delà des allusions visuelles n’exagérons rien, mais c’était malgré tout appréciable. La première saison et ses 24 épisodes nous a emmené dans des directions insoupçonnées et ils étaient tous très divertissants. La série ayant été renouvelée pour une deuxième saison, j’espère qu’elle tiendra le rythme et saura se renouveler, même si l’imagination débordante de l’auteur n’est plus à prouver.</p>
]]></description></item><item><title>Saltburn, Emerald Fennell</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/saltburn-fennell/</link><pubDate>Sun, 07 Jul 2024 21:28:43 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/saltburn-fennell/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/saltburn-fennell/saltburn.jpg">
        <p><em>Saltburn</em> appartient à cette catégorie d’œuvres qui s’apprécient d’autant plus qu’on les découvre pour la première fois sans rien savoir à leur sujet. Alors, si vous n’avez pas vu le film d’Emerald Fennell et que vous n’avez rien contre une pointe de trash et de nu masculin, je vous encourage à le regarder avant de revenir lire la suite. J’ai eu la chance de le voir sans rien savoir à son sujet, si ce n’est une vague idée de sa réputation sulfureuse lors de sa sortie l’an dernier, à tel point que je l’avais même en réalité largement oubliée. J’ai ainsi découvert un long-métrage tourné en 4:3 avec un fort accent sur l’esthétique, tant sur la mise en scène que la photographie. L’intrigue n’est pas en reste pour autant et le choix de commencer par la fin, ou du moins ce qui ressemble à un interrogatoire, introduit une petite dose de suspense supplémentaire. <em>Saltburn</em> se déroule principalement en 2006 et suit les pas d’Oliver, un nouvel étudiant à Oxford qui se lie d’amitié avec Felix, fils d’une riche famille aristocratique. Deux mondes très différents qui finissent par se réunir lorsque Felix invite son ami à venir passer l’été dans l’immense manoir familial, avec ses parents, sa sœur et une armée de serviteurs.</p>
<p>Emerald Fennell excelle à faire monter la tension de manière subtile et par petites touches, sans jamais tomber dans le thriller. Le spectateur ressent une tension liée notamment au choix du ratio qui écrase l’action et empêche tout plan large, bloquant notre regard au plus près. De quoi mieux ressentir le point de vue d’Oliver, qui fantasme sur Felix et son corps si parfait. Le casting est impeccable et contribue beaucoup au succès du projet. Jacob Elordi surtout découvert dans <a href="https://voiretmanger.fr/euphoria-levinson-hbo/"><em>Euphoria</em></a> est excellent dans le rôle de l’aristocrate musclé qui apprécie manifestement l’attention de son camarade et contribue à la tension homoérotique, sans chercher à la concrétiser pour autant. C’est surtout Barry Keoghan qui impressionne toutefois dans le rôle d’Oliver : l’acteur que j’avais découvert dans <a href="https://voiretmanger.fr/dunkerque-nolan/"><em>Dunkerque</em></a> et m’avait fait forte impression dernièrement dans <em>‌<a href="https://nicolasfurno.fr/film/banshees-inisherin-mcdonagh/">Les Banshees d’Inisherin</a></em> est génial ici et il donne de sa personne, c’est le moins que l’on puisse dire. Les scènes les plus fortes sont toujours liées à son jeu qui ne recule devant rien, ni le léchage de la baignoire qui a recueilli le sperme de l’être désiré, ni la pénétration de la terre qui recouvre sa dernière demeure, ni l’exposition complète dans la danse finale. Si son corps n’est pas du tout désagréable à regarder, c’est surtout son visage et ses expressions que l’on retiendra. Sa performance justifie à elle seule de regarder <em>Saltburn</em> et j’ai hâte de voir ce qu’il fera par la suite.</p>
]]></description></item><item><title>The Fosters, ABC Family</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/fosters-abc-family/</link><pubDate>Wed, 03 Jul 2024 21:54:52 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/fosters-abc-family/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/fosters-abc-family/fosters.jpg">
        <p>Le maître mot est le drame. <em>The Fosters</em> semble ne vivre que pour les drames et les scénaristes n’ont pas manqué d’inspiration pour imaginer les pires drames tout au long de ses cinq saisons et 104 épisodes. ABC Family imagine une famille d’accueil centrée autour de deux femmes, Stef et Lena, qui rassemblent cinq enfants, dont quatre adoptés. La série débute lorsque Callie et Jude rejoignent la famille déjà composée de Brandon, Mariana et Jesus. Elle suit ensuite leur quotidien d’adolescents et d’adultes, en agissant comme un immense aimant à problèmes. C’est hélas l’un des signes d’une série avec un pied encore dans le passé : il ne faut surtout pas baisser le rythme pour que le spectateur revienne entre les multiples coupures pub de ces épisodes calibrés par la télévision d’antan. Les drames se multiplient, contaminent même le tournage<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et relancent constamment la série, qui n’avait pourtant pas besoin de plus que ses personnages attachants pour survivre.</p>
<p>Autant dire qu’il faut accepter de multiples incohérences ou des coïncidences bien trop grosses pour être vraies. Il faut aussi tolérer une maison recrée en studio qui se voit parfaitement — les plantes en plastique dans le jardin, ça passait encore avant l’ère de la HD, plus maintenant — et des mécaniques scénaristiques plus proches du <em>soap</em> que de la grande série. Sans compter les acteurs ridiculement trop vieux pour incarner leurs personnages, avec une mention spéciale pour David Lambert qui avait une bonne vingtaine d’années pour interpréter Brandon entre 15 et 18 ans. Cela fait beaucoup de défauts, je sais, mais cela ne veut pas dire que je déconseille <em>The Fosters</em> pour autant. La preuve, j’ai avalé les cinq saisons d’une traite et je suis triste d’abandonner ces personnages que j’ai appris à connaître et même vu grandir, surtout pour le petit Jude qui devient grand. Sur la durée, cette famille est attachante et même si on peut régulièrement s’agacer face à l’énième mauvaise décision de Callie ou la maladie forcément incurable de tel personnage secondaire, il faut reconnaître que la création d’ABC Family a suffisamment de points forts pour compenser.</p>
<p>La diversité et en particulier l’ouverture de la série aux thématiques LBGTQIA+ en est évidemment un. Le fait d’avoir deux femmes lesbiennes à la tête de la famille, que l’une des deux soit afro-américaine, donne le ton. Jude découvre aussi son homosexualité progressivement et <em>The Fosters</em> a même été la première série américaine à montrer un bisous gay entre deux collégiens, tout un symbole. On peut également mentionner la présence de deux personnages trans et globalement une bonne gestion de ces sujets, même si tout n’est pas parfait. Teri Polo et Sherri Saum sont toutes deux excellentes dans les rôles des mères, dommage qu’elles ne soient pas lesbiennes dans la vraie vie. On peut plus difficilement critiquer le choix de Hayden Byerly, parfait dans le rôle de Jude,  le jeune acteur n’avait sûrement pas encore conscience de sa sexualité lors des castings. De manière plus fondamentale, je trouve que la série reste ancrée dans une vision très traditionnelle des relations amoureuses, pour ne pas dire hétérosexuelle. On ne pouvait peut-être pas attendre mieux d’une création du groupe Disney dans les années 2010 et c’est déjà très bien d’aborder tous ces sujets. J’aurais apprécié sortir un petit peu de la stricte monogamie et des innombrables drames autour des relations amoureuses, surtout concernant des adolescents. La montée des tensions politiques dans les dernières saisons, qui coïncident avec l’ère Trump, est bien mieux gérée, même si tout reste strictement implicite.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Jake T. Austin interprète Jesus pendant deux saisons avant d’abandonner le rôle. Il est remplacé par Noah Centineo dès la saison suivante, alors qu’il ne lui ressemble pas tellement sur le plan physique, ce qui provoque une incohérence assez amusante même si les scénaristes et acteurs ont tout fait pour continuer comme si de rien n’était.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>The Killer, David Fincher</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/killer-fincher/</link><pubDate>Sun, 30 Jun 2024 16:36:33 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/killer-fincher/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/killer-fincher/killer.jpg">
        <p>Pour son dernier long-métrage, David Fincher adapte une bande dessinée française. <em>The Killer</em> suit un tueur à gage qui, pour la première fois de sa carrière, rate sa cible à Paris et qui doit ensuite affronter les conséquences habituelles quand ce cas de figure survient, à savoir un nettoyage systématique de toutes les personnes impliquées. Le scénario ne cherche pas l’originalité en suivant une progression chronologique parfaitement logique, où le héros sans nom découvre qu’on s’en est pris à sa compagne et remonte méthodiquement la chaîne de commande pour s’assurer que personne ne pourrait le menacer. Ce manque d’originalité n’est pas un problème en soi néanmoins et le réalisateur met son talent au service d’une histoire parfaitement racontée, avec une ambiance délicieusement « fincherienne », photographie verdâtre et bande-originale de Trent Reznor et Atticus Ross en tête.</p>
<p>Après deux heures, <em>The Killer</em> ne me laissera pas un souvenir impérissable. Le projet doit énormément à Michael Fassbender, qui est présent tout du long et le seul personnage digne d’intérêt, tous les autres autour de lui n’étant que de passage et n’ont pas le temps d’établir la moindre psychologie… même la si géniale Tilda Swinton peine à exister. Fort heureusement, l’acteur est excellent dans ce rôle et même si son mantra répété à chaque mort est peut-être un poil lourd, la voix off fonctionnait plutôt bien. Le talent de David Fincher fait le reste et l’ensemble forme un divertissement parfaitement mené, à défaut d’être aussi mémorable que ses productions antérieures. J’ai apprécié les tournages réalisés dans les véritables villes à chaque fois, au lieu des studios trop souvent exploités pour cela. C’est du cinéma classique et solide, de temps en temps, cela ne fait pas de mal.</p>
]]></description></item><item><title>Tress de la mer Émeraude, Brandon Sanderson</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/tress-mer-emeraude-sanderson/</link><pubDate>Sat, 29 Jun 2024 21:37:45 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/tress-mer-emeraude-sanderson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/tress-mer-emeraude-sanderson/tress-mer-emeraude.jpg">
        <p>Je découvrais Brandon Sanderson avec ce roman qui trouve place au sein d’une impressionnante bibliographie. Le romancier américain a publié son premier livre il y a moins de vingt ans et il a écrit plus d’une trentaine de romans, sans même compter toutes les nouvelles et autres formes littéraires autour. <em>Tress de la mer Émeraude</em> appartient à l’univers du <em>Cosmere</em> qui est son plus gros sans être le seul et c’est l’un des quatre romans écrits en secret en deux ans. Mis à part ces quelques éléments sur son caractère prolifique et le fait que toute ma famille semble désormais happée par ses mots, j’ignorais tout de Brandon Sanderson et je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en commençant l’épais volume.</p>
<p>Même s’il écrit de la fantasy ou science-fiction, une des caractéristiques originales de l’auteur est qu’il ne consacre pas sa carrière à un seul cycle ni même un seul univers. En plus de sa longueur, sa <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Brandon_Sanderson_bibliography">bibliographie</a> surprend ainsi par la diversité des sagas. <em>Tress de la mer Émeraude</em> peut ainsi se lire à part sans avoir rien lu auparavant, comme c’était mon cas, ce qui donne l’avantage de découvrir progressivement un monde assez barré, sans nécessairement comprendre tout de suite qu’il appartient à un univers bien plus large. Sur cette planète, les océans ne sont pas constitués d’eau, mais de spores qui réagissent brutalement à l’eau. La mer Émeraude du titre est verte et forme des lianes au contact de l’eau, par exemple. On découvre Tress, notre héroïne, sur une toute petite île au milieu de nulle part où elle lave des vitres et aime Charlie. Quand ce dernier est fait prisonnier par une terrifiante sorcière à l’autre bout de la planète, elle décide tout naturellement d’aller le sauver, ce qui lance une aventure folle, avec des pirates, un dragon, une sorcière, un rat qui parle et bien d’autres bizarreries. Brandon Sanderson opte pour un narrateur intégré au récit, une astuce bien connue pour dérouler une histoire sans trop en dire dès le départ, puisqu’on ne découvre l’identité du narrateur qu’assez tard dans le récit. C’est aussi une bonne manière de nous plonger dans un monde sans en expliquer les règles, ce qu’un narrateur omniscient aurait pu faire. Ici, on découvre le monde en même temps que Tress et ce récit incroyable au premier sens du terme est plus amusant quand on mesure l’ampleur de ses exploits en même temps qu’elle.</p>
<p>La trame narrative du roman est au fond assez banale et presque secondaire. Ce qui compte, ce n’est pas tant de savoir si Tress peut sauver Charlie, bien plus le voyage lui-même, les personnages truculents sortis de l’imagination évidemment débordante du romancier et les nombreuses péripéties. J’ai retrouvé du Terry Pratchett dans l’humour teintée d’absurde et surtout une bonne dose de sarcasme et je dois dire que j’en étais ravi. Puisque c’est mon premier Brandon Sanderson, je ne sais pas encore si c’est une caractéristique transversale de son œuvre ou un choix spécifique à ce roman. Quoi qu’il en soit, j’ai trouvé ce ton décalé bienvenu pour faire de <em>Tress de la mer Émeraude</em> une sorte de conte de princesse revisité sans tomber dans le mièvre. Les plus de 600 pages de l’édition française se lisent rapidement et avec plaisir et je crois bien que cette première découverte du Cosmere m’a donné envie d’en lire plus. Je vais avoir l’embarras du choix…</p>
]]></description></item><item><title>Naissance des pieuvres, Céline Sciamma</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/naissance-pieuvres-sciamma/</link><pubDate>Sun, 23 Jun 2024 16:56:49 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/naissance-pieuvres-sciamma/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/naissance-pieuvres-sciamma/naissance-pieuvres.jpg">
        <p>Pour son premier long-métrage, Céline Sciamma s’attaque directement au cœur de la masculinité toxique, en posant ses caméras au cœur d’une relation amoureuse entre deux adolescentes. Cela qui n’a rien de paradoxal, comme le démontre brillamment <em>Naissance des pieuvres</em>, en déconstruisant méthodiquement ce que l’on impose à ces jeunes filles qui font de la natation synchronisée et dont le corps est contraint au nom d’un idéal féminin façonné par les hommes. L’apparence avant tout, jusqu’aux poils qu’il faut méthodiquement éliminer, les sourires forcés qu’il faut toujours arborer et, comble de l’horreur, les avances des encadrants adultes qu’il faut tolérer, voire satisfaire. Cela va au-delà de ce sport, dont la virtuosité est par ailleurs fort justement célébrée par la réalisatrice, c’est tout le quotidien de ces jeunes filles qui est conditionné par les hommes. En témoigne toute l’intrigue autour de la virginité et la quête de Floriane pour la perdre par tous les moyens avant de coucher avec son petit ami, quitte à se mettre en danger en couchant avec un adulte sur un parking.</p>
<p>Au milieu de toute cette masculinité, Céline Sciamma dessine une relation amoureuse entre Floriane et Marie, une relation complète et pleine de subtilité notamment parce que la première refuse de céder à ses sentiments et semble mener la deuxième en bateau. C’est un des points que je trouve les plus réussis dans <em>Naissance des pieuvres</em>, le film n’adopte jamais un point de vue simple et tranché et le scénario privilégie la psychologie des personnages à une histoire facile. C’est vrai pour le duo principal, c’est aussi le cas pour Anne qui est complexée par son corps trop adulte et en même temps encore impulsive comme un enfant. Il convient d’ailleurs de saluer les trois interprètes principales : si tout le monde a retenu Adèle Haenel dont la carrière a explosé par la suite (jusqu’à disparaître des radars pour des raisons justement dénoncées dans ce film…), Pauline Acquart et Louise Blachère sont toutes deux parfaitement justes et elles impressionnent par la maturité de leur jeu malgré leur jeune âge. Ajoutez à cela l’excellente musique originale composée par Para One et vous obtenez une vraie réussite qui reste, hélas, toujours autant d’actualité dix-sept ans après sa sortie.</p>
]]></description></item><item><title>Crazy Bear, Elizabeth Banks</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/crazy-bear-banks/</link><pubDate>Sat, 22 Jun 2024 17:42:20 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/crazy-bear-banks/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/crazy-bear-banks/cocaine-bear.jpg">
        <p><em>Crazy Bear</em> n’a pas seulement la palme de la pire traduction française (le titre original, <em>Cocaine Bear</em>, méritait bien un autre titre en anglais qui joue sur la stigmatisation de la folie), le long-métrage a sans doute le pitch le plus frappé de l’année 2023. Prenez un ours, donnez-lui quelques centaines de kilos de cocaïne, ajoutez quelques passants malheureux et vous obtenez un film d’horreur déjanté, aussi gore qu’absurde. Plus étonnant encore, la réalisation d’Elizabeth Banks s’inspire d’un fait divers, puisqu’un ours noir a bien trouvé de la cocaïne dans un parc naturel américain au milieu des années 1980. L’histoire vraie est toutefois nettement moins riche que celle imaginée pour le cinéma, où l’ours drogué est le prétexte à une série de morts aussi gores qu’absurdes, avec une petite touche qui évoque les frères Coen.</p>
<p>L’ensemble est intriguant, à défaut d’être toujours convaincant. <em>Crazy Bear</em> a l’avantage de ne pas être trop long en dépassant à peine l’heure et demi, si bien qu’on ne s’ennuie jamais. Je crois qu’il aurait gagné à réduire le nombre de personnages, pour leur accorder un petit peu plus de substances. Les morts ont parfois tendance à s’enchaîner sans que l’on y prête trop attention, parce qu’on n’a jamais le temps de s’attacher tellement aux personnages. Malgré ces quelques défauts, Elizabeth Banks signe un film d’horreur teinté d’une comédie noire finalement assez rare et à condition de tolérer le gore marqué, c’est un divertissement un petit peu idiot, mais assez efficace. J’ai été agréablement surpris par le traitement réservé à l’ours, loin du monstre caricatural qu’on aurait pu en attendre.</p>
]]></description></item><item><title>Bugsnax</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/bugsnax/</link><pubDate>Fri, 21 Jun 2024 22:10:36 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/bugsnax/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/bugsnax/bugsnax.jpg">
        <p>Vous incarnez un journaliste qui part enquêter sur une île mystérieuse qui serait remplie de créatures étonnantes. En arrivant sur place, vous découvrez que Lizbert, qui vous a fait venir avec une vidéo, a disparu et que la communauté de « Grumpus » autour d’elle est éparpillée sur l’île, désespérée. Votre boulot va consister à les réunir tous pour retrouver Lizbert et vous découvrirez au passage que les « Bugsnax », les fameuses créatures étonnantes, sont bien réelles. C’est le début d’une étrange aventure dans cet univers de dessin animé qui m’a frappé dès le départ en partie par son originalité, surtout par sa profondeur. Le joueur n’est pas seulement balancé sur une île avec des bestioles à attraper et quelques énigmes à résoudre, il repose sur une histoire complexe et riche dès le départ. Une histoire centrée autour d’un couple lesbien pour ne rien gâcher, c’est trop rare pour ne pas le souligner. <em>Bugsnax</em> a beau avoir un aspect très cartoon et même un petit peu ridicule quand les personnages sont transformés en mangeant les créatures, il compose une galerie de personnages crédibles avec une vraie histoire derrière chacun. J’ai été surtout touché par la relation gay cette fois entre deux habitants de la petite ville au centre de l’île, mais on sent que les créateurs du jeu ont soigné tous leurs personnages et mis beaucoup d’attention dans cet univers bariolé.</p>
<p>J’ai terminé le jeu, c’est-à-dire la quête principale ainsi que toutes les quêtes secondaires, y compris l’extension ajoutée dans un deuxième temps, en un petit peu plus de 17 heures. Sans me dépêcher, sans chercher non plus à capturer tous les Bugsnax et tenter toutes les combinaisons possibles avec les Grumpus. J’ai trouvé que c’était la durée parfaite pour maintenir mon intérêt d’un bout à l’autre et la difficulté est bien dosée, avec suffisamment de nouveautés au fil du temps. Quelques bestioles m’ont donné du mal à les récupérer, le gameplay est plaisant avec une bonne exploitation de l’environnement et des possibilités offertes. Mention spéciale aussi aux dialogues, qui prennent remarquablement vie grâce aux interprétations excellentes des acteurs qui leur donnent vie. Une bien belle réussite, avec un vrai message sur la masculinité toxique et surtout l’alimentation. On est ce que l’on mange et manger des animaux, même les variantes bizarroïdes de l’île, n’est manifestement pas une bonne idée. Je ne m’attendais pas à cela et c’était bienvenu.</p>
]]></description></item><item><title>Night Reign, Arooj Aftab</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/night-reign-aftab/</link><pubDate>Thu, 20 Jun 2024 21:55:25 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/night-reign-aftab/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/night-reign-aftab/night-reign.jpg">
        <p>Je découvrais Arooj Aftab avec son dernier album, alors que l’artiste pakistanaise avait manifestement marqué les esprits avec son précédent sorti en 2021. C’est ainsi sans aucun <em>a priori</em> que j’ai découvert <em>Night Reign</em> et ce fut un enchantement dès la première écoute. Dès le premier morceau, la fusion entre jazz et la musique traditionnelle du Pakistan fonctionne pleinement, la voix de la chanteuse est douce et parfaitement posée et je n’ai pas besoin de comprendre les paroles (majoritairement) en ourdou pour ressentir les émotions. Après une vingtaine de rotations dans les écoutes, je suis loin d’avoir la sensation d’avoir épuisé les neuf titres qui composent l’album et j’ai même hâte de découvrir les précédents d’Arooj Aftab en attendant de pouvoir entendre les suivants.</p>
<p>Même quand elle reprend un classique avec « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=9YQj4nQQ-eY"><em>Autumn Leaves</em></a> », un morceau créé en 1945, Arooj Aftab parvient à lui insuffler son univers et pas seulement grâce aux instruments typiques du Pakistan. Je trouve que l’artiste a une façon toute personnelle de chanter et de créer une ambiance particulière, ce qui apporte une unité forte à l’album, alors même que <em>Night Reign</em> est loin d’être uniforme. À côté du tube des années 1940, deux titres ont été inspirés par l’œuvre d’une poétesse du XVIII<sup>e</sup> qui a été la première à publier en ourdou. Il y a aussi plusieurs collaborations vocales, dont Moor Mother qui intervient sur l’excellent « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=xE-yo3cnzAA"><em>Bolo Na</em></a> » dans un style qui m’a évoqué celui de Grace Jones. Quelques morceaux plus tard, « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Y5IOeXg1jJY"><em>Raat Ki Rani</em></a> » bascule encore dans une toute autre ambiance plus légère, tout en gardant une part sombre qui contribue aussi à donner à l’ensemble sa cohérence. J’aime aussi que chaque morceau prenne son temps pour poser son rythme et son ambiance et dévoiler tout son univers en gardant quelques surprises au passage. C’est aussi cela qui permet à <em>Night Reign</em> de tenir sur la durée. Chaudement recommandé.</p>
]]></description></item><item><title>Les Banshees d’Inisherin, Martin McDonagh</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/banshees-inisherin-mcdonagh/</link><pubDate>Sun, 16 Jun 2024 18:14:52 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/banshees-inisherin-mcdonagh/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/banshees-inisherin-mcdonagh/banshees-inisherin.jpg">
        <p>Martin McDonagh retrouve Colin Farrell et Brendan Gleeson pour un nouveau long-métrage qui n’a rien d’une redite de <em>Bons baisers de Bruges</em>. Le contexte est totalement différent, bien entendu : <em>Les Banshees d’Inisherin</em> se déroule en 1923 sur une île fictive au large de l’Irlande. En même temps, on retrouve un traitement assez similaire des personnages, avec une bonne dose de dérision et un humour sacrément noir. Je J’ai commencé à regarder le long-métrage sans rien savoir à son sujet, à tel point que j’ignorais jusqu’au cadre spatio-temporel. C’est sans doute la meilleure manière de l’aborder d’ailleurs, car l’intrigue se résume à peu de choses et pourrait dissuader de le regarder. À condition de tolérer la vue du sang et les idées noires, l’expérience vaut le détour, même si je suis un petit peu resté à côté.</p>
<p>Il faut bien avoir en tête le lieu et l’époque. Inisherin n’existe peut-être pas, elle s’inspire des nombreuses îles microscopiques au large de la côte ouest de l’Irlande. De vrais cailloux au-dessus de l’eau, sans aucune autre végétation que de l’herbe sèche à perte de vue, des déserts minéraux où la seule activité est l’élevage tant bien que mal. Surtout au siècle dernier, quand l’électricité n’était pas arrivée et encore moins les moyens de communication moderne. À part le petit pub, le seul divertissement pour les locaux est la messe du dimanche, à l’ancienne qui plus est, en latin marmonné par un prêtre de dos. Quand Pádraic apprend que Colm ne veut plus lui parler, c’est tout son univers qui s’écroule. Il le considèrerait comme son meilleur ami, les deux étaient toujours ensemble et ce n’est brutalement plus le cas. Il croit d’abord à un mauvais poisson d’avril, avant de réaliser que l’autre est tout à fait sérieux. Il ne veut pas lâcher, continue de demander des explications, refuse d’entendre celles qu’il obtient et <em>Les Banshees d’Inisherin</em> dégénère à partir de là. Martin McDonagh entremêle remarquablement le tragique et le comique, tout en restant sur une note très sombre dans l’ensemble. Il ne faut pas espérer un quelconque éclaircissement — au contraire, j’ai trouvé que la mort de l’âne <em>et</em> le suicide d’un personnage à la fin, cela faisait beaucoup —, ni même une intrigue qui avance réellement quelque part, ce qui m’a un petit peu déstabilisé. J’ai apprécié la démonstration de la bêtise de ces hommes, d’autant plus dans un entre-soi malsain sur cette île assez coupée du monde. Le désir de mutilation de Colm est évident et il utilise l’incident comme une excuse, mais même si j’apprécie ce que le réalisateur a voulu montrer, je suis resté sur ma faim.</p>
]]></description></item><item><title>Vic Chesnutt, le calme et la fureur, Thierry Jourdain</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/vic-chesnutt-calme-fureur-jourdain/</link><pubDate>Wed, 12 Jun 2024 22:14:19 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/vic-chesnutt-calme-fureur-jourdain/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/vic-chesnutt-calme-fureur-jourdain/chesnutt-calme-fureur.jpg">
        <p>Grand fan de Vic Chesnutt, je me suis naturellement précipité sur cet essai de Thierry Jourdain. <em>Vic Chesnutt, le calme et la fureur</em> m’a appris que je ne connaissais finalement qu’une petite partie de la discographie de l’artiste américain et donné envie de découvrir tout le reste. J’ai aussi découvert une vie que je savais tragique et comme toujours avec les publications des éditions Playlist Society, c’était didactique et passionnant. Même si vous ne connaissez pas bien Vic Chesnutt, l’essayiste prend le temps d’expliquer le contexte et vous guide dans ses explications pour vous permettre de découvrir cet artiste torturé et sa musique d’une intensité et beauté rares.</p>
<p><em>Vic Chesnutt, le calme et la fureur</em> s’attache à retracer le parcours de son sujet, en commençant par l’accident qui l’a paralysé à 18 ans qui a poussé Vic Chesnutt vers la musique. Avant même cette terrible épreuve, Thierry Jourdain souligne qu’il souffrait déjà d’une dépression qui ne s’arrange pas une fois que le jeune homme est obligé de vivre dans un fauteuil, comme on peut s’en douter. Le suicide qui a finalement emporté l’artiste en 2009 est un élément clé pour comprendre sa vie et sa musique, lui qui a survécu à des dizaines et peut-être même des centaines de tentatives. Je me rappelle encore mon état en découvrant « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=dgN3zRDNrTI"><em>Flirted with You All My Life</em></a> » sur son ultime album et l’entendant qu’il n’était pas prêt à rencontrer la mort, quelques mois à peine avant de succomber à une overdose. Cette émotion intense est similaire à celle que j’ai ressenti en lisant l’essai, qui décrit le travail d’un artiste aussi talentueux que malchanceux, condamné sans doute dès le plus jeune âge à un état dépressif si profond que le suicide semblait presque inéluctable. Ce n’est pas une lecture légère et facile, je ne vais pas prétendre le contraire, ce qui ne veut en aucun cas dire que je la regrette. Bien au contraire, je suis ravi d’avoir découvert une carrière longue et riche, marquée par de multiples collaborations que j’ignorais entièrement.</p>
<p>Je connaissais surtout les derniers albums, ceux composés avec l’excellent groupe canadien A Silver Mt. Zion. La carrière de Vic Chesnutt a toutefois commencé loin des sonorités typiques du post-rock que j’aime tant, avec des premiers albums beaucoup plus simples, voire secs : l’artiste au chant, avec sa guitare et c’est presque tout. C’est peut-être moins ma tasse de thé <em>a priori</em>, mais Thierry Jourdain m’a donné envie de les écouter et la force de caractère, l’intensité extrême et l’originalité du chanteur font le reste. Son premier album tourne en boucle en ce moment et je compte bien continuer à découvrir toute sa discographie que j’apprécierais d’autant plus après ma lecture qui m’a apporté le contexte autour de chaque album. J’ai aussi particulièrement apprécié la présence tout au long du texte des paroles des chansons, en version originale accompagnée à chaque fois d’une excellente traduction. Si un livre papier ne peut pas être associé à une bande-son, c’est la meilleure alternative pour donner l’impression d’entendre sa musique.</p>
]]></description></item><item><title>Bros, Nicholas Stoller</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/bros-stoller/</link><pubDate>Sun, 09 Jun 2024 18:11:41 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/bros-stoller/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/bros-stoller/bros.jpeg">
        <p>Comédie romantique dans la sous-catégorie « je hais l’amour et je vais tomber amoureux », <em>Bros</em> reprend tous les clichés du genre, avec une version gay. Le film n’a malheureusement eu aucun succès lors de sa sortie, ce que je trouve assez injuste. Certes, Nicholas Stoller ne signe pas un chef d’œuvre et cette énième comédie romantique ne renouvelle en aucun cas le genre. Si vous n’êtes pas trop allergique à la romance, le résultat est impeccable pour deux heures divertissantes sans se prendre la tête. C’est bien interprété, c’est assez amusant et même si la représentativité laisse un petit peu à désirer, cela fait du bien de regarder une œuvre LGBTQ+ écrite et interprétée par des personnalités ouvertement queer, le tout sans langue de bois et avec une vision franche et sans détour de la sexualité.</p>
<p>J’ai l’impression qu’un résumé ne servirait à rien, tant vous connaissez forcement l’intrigue. Bobby est un quarantenaire new-yorkais (forcément) désabusé qui n’a jamais connu en l’amour et pire, qui ne croit pas en l’amour, surtout pas entre hommes. Un beau jour, il rencontre Aaron et c’est le coup de foudre à son insu. Alors qu’Aaron est lui aussi désabusé et se contente d’enchaîner les plans à plusieurs, les deux tombent irrémédiablement amoureux et même s’ils s’énervent régulièrement… je ne vais pas vous raconter la fin, mais enfin, vous avez compris. Je préfère de manière générale les histoires innovantes, je ne vais pas le cacher. Toutefois, un classique ne fait jamais de mal de temps en temps, surtout quand il est revisité d’une manière qui me parle plus, comme c’est le cas avec <em>Bros</em>. Non pas que je m’identifie à ces deux hommes bien fichus — on ne peut pas dire que le casting fasse évoluer les clichés de ce côté… —, il n’empêche que la vision de l’homosexualité est amusante et assez juste. Billy Eichner, qui co-signe aussi le scénario, et Luke Macfarlane sont tous deux excellents et leur alchimie fonctionne bien à l’écran.</p>
<p>Bref, c’est une comédie romantique tout ce qu’il y a de plus comédie romantique, certes. Cela n’empêche pas <em>Bros</em> d’être plaisant et j’ai passé un bon moment. Je recommande.</p>
]]></description></item><item><title>L’orgue d’Éros, Virgile Rendt</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/orgue-eros-rendt/</link><pubDate>Fri, 07 Jun 2024 22:10:19 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/orgue-eros-rendt/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/orgue-eros-rendt/orgue-eros.jpg">
        <p>Si je ne suis pas le plus grand amateur de nouvelles, j’étais malgré tout fort curieux de découvrir celles de Virgile Rendt, que je ne connaissais que via <a href="https://piaille.fr/@virgile_rendt">les réseaux sociaux</a>. Il faut dire aussi que la promesse de <em>L’orgue d’Éros</em> est alléchante : « <em>douze nouvelles queers fantastiques ou de science-fiction pour explorer ce que pourrait être notre sexualité si la science et la magie y mettaient un peu du leur…</em> ». De la science-fiction, du fantastique, des personnages exclusivement gays et une pincée de sexe pour accompagner le tout, je veux dire : que demander de plus ?</p>
<p>Douze nouvelles donc, autant d’univers et d’idées lancées par l’auteur. Leur longueur varie fortement, les plus courtes n’atteignent même pas les dix pages quand la plus longue frôle la cinquantaine. Forcément, on n’a pas la même profondeur sur l’univers et les personnages pour les plus courtes, même si j’ai apprécié le travail d’écriture qui condense un maximum d’éléments en peu de pages. Plus encore, j’ai été frappé par la diversité représentée dans ce recueil, tant sur la forme que le fond. « <em>L’orgue d’Éros</em> » qui lance l’ouvrage appartient au domaine du fantastique et se déroule au XVIII<sup>e</sup> siècle avec un récit en forme de témoignage et deux nouvelles plus loin, « <em>Pluie d’étoile</em> » part dans la science-fiction la plus traditionnelle en mode voyage de l’espace. Enfin, traditionnel n’est peut-être pas le bon mot, comme on le réalise à la lecture. C’est un autre point fort de ces nouvelles, elles savent emmener le lecteur dans des directions inattendues et celle-ci est parmi celles qui m’ont le plus amusé. L’auteur revisite les classiques, comme le voyage temporel dans « <em>Projet Vremia</em> » ou la simulation du réel dans « <em>Quitter la chair</em> », avec à chaque fois l’angle particulier lié au choix de personnages gays et sexuellement actifs, un angle qui apporte un éclairage différent sur ces histoires que je connaissais par cœur. D’autres nouvelles sont aussi touchantes, je pense en particulier à « <em>La Tempête</em> » qui est aussi la plus longue et sophistiquée du lot.</p>
<p>Sur la forme, Virgile Rendt ne va jamais deux fois dans la même direction et il essaie d’adapter sa plume en fonction du contexte et du personnage principal. C’est une bonne manière de plonger le lecteur dans une ambiance spécifique et c’est réussi à chaque fois. J’ai aussi apprécié l’optimisme ambiant, ces douze nouvelles sont majoritairement positives et représentent l’homosexualité sans détour et avec bienveillance, ce qui ne fait jamais de mal. L’auteur explique qu’il a écrit <em>L’orgue d’Éros</em> en pensant à ce qu’il aurait aimé lire quand il était plus jeune et je vois parfaitement l’idée. Moi aussi, j’aurais aimé lire de la science-fiction moins hétéronormée, voire carrément gay, quand j’étais jeune. Fort heureusement, il n’est jamais trop tard et j’ai beaucoup apprécié cette lecture légère et fun. L’imagination débordante qui transparaît dans les nouvelles est communicative et le seul reproche que j’aurais à faire concerne le format trop court des histoires qui m’ont le plus plu.</p>
<blockquote>
<p><em>L’orgue d’Éros</em> est proposé gratuitement en ePub sur <a href="https://virgile-rendt.fr/index.php?books=17">le site de l’auteur</a>, ou en <a href="https://www.thebookedition.com/fr/lorgue-deros-p-405681.html">version imprimée à la demande</a>.</p>
</blockquote>
]]></description></item><item><title>Lives Outgrown, Beth Gibbons</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/lives-outgrown-gibbons/</link><pubDate>Tue, 04 Jun 2024 21:30:26 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/lives-outgrown-gibbons/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/lives-outgrown-gibbons/lives-outgrown.jpg">
        <p>Trente ans après le premier album de Portishead, Beth Gibbons propose son premier album en solo. La chanteuse du mythique groupe britannique avait déjà sorti des albums sous son nom, dont l’excellent <em>Out of Season</em> au début des années 2000. <em>Lives Outgrown</em> est toutefois le premier qui ne porte que son nom et qui n’est pas une collaboration avec un autre artiste. L’immense fan de Portishead que je suis ne pouvait pas rater cela et je me suis précipité sur ces dix titres qui ne m’ont pas déçu, bien au contraire. Brillant, émouvant et entêtant.</p>
<p>Dès les premiers couplets, la voix de Beth Gibbons pourrait laisser croire que l’on a affaire à un nouvel album de Portishead, un sentiment qui disparaît vite, même si on peut établir des ponts entre les deux univers. L’ambiance musicale dans <em>Lives Outgrown</em> est malgré tout bien différente des trois albums publiés par le groupe, plus douce, plus acoustique aussi, avec une place plus centrale que jamais pour la voix de la chanteuse. Ce qui m’a frappé dès les premières écoutes, c’est la mélancolie qui se dégage de ces dix titres, une tristesse qui paraît infinie et qui correspond indéniablement à l’état d’esprit de l’artiste qui a connu le deuil à plusieurs reprises ces dernières années. Ce n’est pas un album joyeux à cet égard, ce qui n’est en aucun cas un défaut, en tout cas pas pour moi. La musique triste m’a toujours paru la plus forte et même la plus belle et Beth Gibbons le prouve remarquablement ici. Il faut faire l’effort d’entrer dans la musique, de lui prêter une oreille attentive et de ne pas s’arrêter après une première écoute distraite. Ce petit effort est récompensé par un enchaînement de musiques sublimes, de mélodies douces et en même temps de compositions qui frappent par leur intensité, entre force et fragilité. Après une vingtaine d’écoutes, je n’arrive pas à me lasser de l’album et j’ai envie de le repasser en boucle, tant Beth Gibbons a réussi à me toucher.</p>
<p><em>Lives Outgrown</em> me fait presque regretter que l’artiste britannique se soit faite aussi rare au fil des années. Trois albums avec Portishead et pas une note à jeter, trois albums solos et c’est encore un sans-faute pour les deux que j’ai écoutés<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> : Beth Gibbons parvient manifestement à se sortir avec brio dans tout ce qu’elle entreprend et j’espère que sa carrière continuera sur cette lancée. Quoi qu’elle produise ensuite, je serai en tout cas au rendez-vous.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>J’ai découvert avec effroi en préparant cet article que j’étais passé à côté d’un enregistrement de la troisième symphonie de Henryk Górecki avec l’orchestre symphonique national polonais. Voici un programme fascinant que j’ai hâte de découvrir.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Extraordinary, Disney+ (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/extraordinary-disney+-saison-2/</link><pubDate>Tue, 28 May 2024 21:26:55 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/extraordinary-disney+-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/extraordinary-disney&#43;-saison-2/extraordinary-saison-2.jpg">
        <p><em>Extraordinary</em> avait réussi à renouveler le genre bien trop encombré des super-héros à la mode britannique, en explosant les normes et conventions afin de mieux les ridiculiser avec une bonne dose d’absurde. Malgré quelques défauts, la <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/extraordinary-disney+/">première saison</a> de cette série portée par Disney+ m’avait beaucoup plu, alors j’avais hâte de voir la suite. Bonne nouvelle, ces huit nouveaux épisodes sont au moins aussi bons et je dirais même qu’ils sont encore meilleurs que les précédents. Il n’est plus nécessaire d’introduire l’univers barré ou les personnages, alors les scénaristes peuvent s’amuser à imaginer comment exploiter au mieux cette base. Emma Moran s’amuse et nous amuse avec sa bande de anti-superhéros et puis Jen, qui n’a toujours pas trouvé  son pouvoir et qui semble bien incapable de le découvrir.</p>
<p>Les évolutions des personnages sont toutes bien menées et avec les bonnes idées pour faire évoluer leurs psychologies. C’est vrai pour Carrie, qui parvient à doucement s’affirmer au fil des épisodes, même si ce n’est pas évident. C’est vrai aussi pour Jizzlord, qui découvre son passé d’humain et doit choisir entre son ancienne femme ou sa nouvelle maîtresse. C’est encore plus vrai pour Kash, qui a droit à un vrai rôle bien écrit, avec une évolution de son personnage intéressant et un rôle fort heureusement plus queer, sans tomber dans la caricature que l’on pouvait craindre. Le casting est plus à l’aise sans doute avec leurs doubles fictifs et l’alchimie est davantage au rendez-vous. En bref, c’est un sans faute et j’espère que Disney+ a prévu plusieurs saisons supplémentaires pour <em>Extraordinary</em>.</p>
]]></description></item><item><title>Shōgun, FX (saison 1)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/shogun-fx-saison-1/</link><pubDate>Sat, 25 May 2024 21:25:56 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/shogun-fx-saison-1/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/shogun-fx-saison-1/shogun.jpg">
        <p>Deuxième adaptation d’un roman américain des années 1970, <em>Shōgun</em> se déroule pourtant dans le Japon du XVII<sup>e</sup> siècle. Autant dire que l’on pouvait craindre le pire, comme semblait l’être la première série, bien trop occidentalisée pour respecter le point de vue japonais. La version créée par Rachel Kondo et Justin Marks s’en sort mieux ne serait-ce qu’en faisant appel à un casting majoritairement nippon et en écrivant la majeure partie du scénario en japonais. L’impression d’être dans le Japon autour de 1600 est ainsi bien meilleure, d’autant qu’il faut saluer le travail de reconstitution, tant sur les décors que les costumes. FX a reçu les moyens nécessaires de la part de Disney pour en faire une série historique crédible et même s’il y a quelques plans visuellement un petit peu inférieurs ici ou là (des fonds verts trop visibles, surtout), il faut bien reconnaître que <em>Shōgun</em> est une belle réussite sur le plan technique.</p>
<p>L’immersion ne dure toutefois qu’un temps, lorsque l’on réalise bien vite que les occidentaux parlent tous un anglais parfait, alors qu’ils sont majoritairement Portugais. Je comprends bien qu’il s’agit d’une série américaine qui doit viser un public peu habitué aux sous-titres, mais enfin, quel dommage ! Pourquoi ne pas avoir été jusqu’au bout du principe en construisant <em>Shōgun</em> sur trois langues ? La domination portugaise à cette époque-là est un sujet intéressant, tout comme la christianisation forcée du Japon. Ce sont des sujets annexes toutefois dans les dix épisodes de la première saison, qui a fort à faire, il est vrai, avec les conflits qui opposent Toranaga et le conseil de régents formés suite à la mort du dirigeant précédent. Cette opposition politique et militaire est bien menée et divertissante, même si je trouve que tant qu’à faire d’inclure des Occidentaux, j’aurais préféré centrer le débat sur eux et ce qu’ils ont apporté, surtout de négatif. C’est d’ailleurs un aspect qui a été plutôt bien géré avec le personnage de l’« <em>Anjin</em> », ce pilote de navire anglais qui débarque sur les côtes japonaises avec ses certitudes et ses gros sabots et qui découvre progressivement la complexité et la sophistication de cette culture. Au point d’être dégoûté par ses semblables et ne plus vouloir repartir chez lui, un arc narratif que je n’aurais pas imaginé au départ.</p>
<p>Il y a ainsi de très bons éléments dans <em>‌Shōgun</em> et j’ai apprécié la série dans l’ensemble. Malgré tout, les passages obligés m’ont semblé bien forcé, à commencer par l’histoire d’amour qu’il fallait forcément trouver pour le héros. Le fait même que le pilote soit le héros de l’histoire est d’ailleurs assez décevant. Encore une fois, c’est une série commandée par FX, je comprends bien qu’il faut intéresser le public américain. C’est difficile de ne pas ignorer que c’est le cas toutefois et je me dis que cela aurait pu être fait de manière plus subtile. Fort heureusement, le casting japonais est bon et je serai sans doute au rendez-vous pour la suite, car suite il y aura. <em>‌Shōgun</em> a été pensée comme une mini-série à la base, tout en laissant une porte ouverte si le succès était au rendez-vous. Ce fut le cas, alors on aura quelques saisons de plus. De quoi parfaire la conversion au Japon du héros et s’éloigner un petit peu plus de l’Occident ? Voilà qui serait fort intéressant.</p>
]]></description></item><item><title>Death Stranding</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/death-stranding/</link><pubDate>Fri, 24 May 2024 22:00:55 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/death-stranding/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/death-stranding/death-stranding.jpg">
        <p>Vous incarnez Sam Porter, une sorte de livreur dans un univers post-apocalyptique où un cataclysme a tué la majorité de la population et où d’étranges créatures entre la vie et la mort viennent menacer les derniers survivants. <em>Death Stranding</em> pourrait ressembler à un énième jeu d’action sans âme, s’il n’était pas l’œuvre de Hideo Kojima. Le travail du Japonais me fascinait depuis ma lecture de <em><a href="https://nicolasfurno.fr/livre/hideo-kojima-frontieres-jeu-desbois/">Hideo Kojima, aux frontières du jeu</a></em> et la sortie de son dernier opus m’a donné envie d’en savoir plus. Je ne savais pas à quoi m’attendre exactement, même si je savais que ce jeu vidéo était difficile à classer, une expérience complète dans un univers d’une richesse incroyable. Les débuts étaient prometteurs et j’ai beaucoup aimé l’ambiance, les graphismes somptueux et la découverte progressive des mécaniques de jeu, même si les nombreuses cinématiques impossibles à couper — on peut arrêter le jeu, mais pas sauvegarder au milieu des cinématiques — m’agaçaient un petit peu. Malgré tout, j’ai persévéré et je pensais sincèrement que le jeu allait me plaire, une sorte de film interactif qui me rappelait aussi les jeux d’aventure, un de mes genres préférés.</p>
<p>Après 20 ou 30 heures de jeu, j’ai finalement accepté que <em>Death Stranding</em> n’était pas pour moi. C’est en partie de ma faute : j’ai du mal avec les contrôles hérités de la console et surtout j’ai fait de mauvais choix qui m’empêchent de remplir mes objectifs au point où recommencer à zéro semble être la seule option. C’est aussi en grande partie de la faute de cette mécanique de jeu que je trouve artificielle, où le joueur n’a qu’une sauvegarde à la fois et où il ne peut même pas sauvegarder à tout moment. Cela augmente la tension et peut-être que certains apprécient cela. Pour ma part, je trouve que c’est inutilement stressant et cela m’empêche de profiter de l’univers et de l’histoire qui semblait pourtant si originale et qui m’intéressait. Si les cinématiques sont nombreuses, elles sont aussi bien menées malgré le côté <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_de_l%27%C3%A9trange">vallée dérangeante</a> de ces personnages interprétés par des acteurs connus. J’étais curieux de voir où Hideo Kojima allait me mener, sauf que je n’ai pas envie de tout reprendre juste parce que j’ai bêtement laissé ma moto à l’autre bout de la carte et que ma dernière sauvegarde ne me permet pas de reprendre suffisamment longtemps avant les ennuis en pagaille.</p>
<p>Je dois aussi admettre que la dystopie est peut-être un poil trop efficace pour le bien de ma santé mentale. Le désespoir de <em>Death Stranding</em> est aussi palpable que plombant avec un travail remarquable tant sur les décors pluvieux, que l’aspect des BT ou encore l’insertion toujours si parfaite des titres de Low Roar. C’est poignant, peut-être un petit peu trop pour moi en ce moment. Bref, c’est ainsi : j’aurais adoré adorer <em>Death Stranding</em>, mais ce jeu n’est pas pour moi. En tout cas, pas aujourd’hui.</p>
]]></description></item><item><title>Mon petit renne, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/petit-renne-netflix/</link><pubDate>Tue, 21 May 2024 22:22:43 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/petit-renne-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/petit-renne-netflix/baby-reindeer.jpeg">
        <p>Quelle série aussi surprenante que prenante. <em>Mon petit renne</em> débute comme une comédie noire assez classique sur un comédien de stand-up qui est en réalité surtout un barman et qui rencontre une femme qui finit par le harceler. Bien que sombres, les premiers épisodes restent dans la légèreté d’ensemble, si bien que l’on pourrait croire qu’il s’agit d’une comédie. Grave erreur, qui n’en est que plus apparente au fur et à mesure que la mini-série avance. Richard Gadd interprète sa propre histoire, faite de débuts difficiles dans le stand-up, de viol, d’homosexualité honteuse et refoulée et en effet d’un harcèlement qui s’est étalé sur plusieurs années. En sept épisodes d’une bonne demi-heure, il raconte son histoire sans prendre de pinces et sans prévenir, si bien que le spectacle peut être éprouvant par moments. C’est d’une intensité rare, c’est déstabilisant, c’est poignant et c’est déprimant. Si cela ne vous effraie pas, c’est aussi une série à ne surtout pas rater.</p>
<p><em>Mon petit renne</em> condense l’air de rien énormément d’informations sur notre société. L’homophobie latente et intériorisée en est une, au point où Donnie Dunn, le personnage principal, a si honte de son penchant pour les hommes cis et les femmes trans qu’il se crée une fausse identité sur une app de rencontre, qu’il est terrifié que cela se sache et qu’il finit par saborder une relation amoureuse qui le rendait pourtant heureux. Le harcèlement et son manque de prise au sérieux en est une autre, surtout quand un homme se fait harceler par une femme : Donnie commence par fermer les yeux et quand il se décide enfin à porter plainte, il est reçu avec un scepticisme amusé au poste de police. Le stress post-traumatique et toutes ses implications sont par ailleurs brillamment représentées, avec cet homme si détruit qu’il ne parvient pas à délaisser la femme qui le harcèle, parce que ses compliments lui font du bien. Richard Gadd condense énormément en sept épisodes et je suis sûr que je n’ai pas tout repéré, tant l’écriture est dense et surtout, les émotions sont fortes.</p>
<p>La légèreté initiale s’efface vite, à tel point que j’ai eu du mal à regarder plus d’un épisode à la fois à partir du quatrième épisode. Ce flashback nous plonge au cœur du traumatisme et il est aussi soudain que violent, avec une mise en scène frontale et d’une remarquable efficacité. Ce n’est en aucun cas une critique, cet épisode est un grand moment, ce qui n’enlève rien au fait qu’il est éprouvant. <em>Mon petit renne</em> parvient ainsi à vous prendre aux tripes et ne vous lâche plus avant la toute fin. Mieux vaut ne pas espérer une fin légère et joyeuse d’ailleurs, ce n’est pas tellement l’ambiance et Richard Gadd n’essaie pas d’alléger le parcours de sa version fictive pour alléger notre conscience. Je n’en dis pas plus, mais la série de Netflix vaut le détour et devrait rester longtemps dans les mémoires.</p>
]]></description></item><item><title>The Marvels, Nia DaCosta</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/marvels-dacosta/</link><pubDate>Mon, 20 May 2024 21:38:19 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/marvels-dacosta/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/marvels-dacosta/marvels.jpg">
        <p>Il y a sans doute une lassitude bien réelle qui s’installe autour du gigantesque et interminable Univers cinématographique Marvel. <em>The Marvels</em> est le trente-troisième long-métrage, auquel il faut rajouter toutes les séries, c’est aussi l’un des épisodes de la cinquième phase de la saga… bref, c’est un tel monstre que le public s’en éloigne forcément. Pour autant, j’ai du mal à comprendre le désamour pour le film réalisé par Nia DaCosta. Sans être un chef-d’œuvre, loin de là, je l’ai trouvé bien plus divertissant et fun que bien des Marvel récents. Même si l’histoire principale n’est pas particulièrement originale, ni même intéressante, le trio de personnages principaux fonctionne parfaitement bien et la légèreté est de rigueur, ce qui ne fait jamais de mal dans cette saga. De là à penser que le genre de ces personnages a joué dans le jugement étonnamment dur de <em>The Marvels</em>, il n’y a qu’un pas.</p>
<p>Suite de <a href="https://voiretmanger.fr/captain-marvel-boden-fleck/"><em>Captain Marvel</em></a>, le long-métrage est aussi un prolongement de <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/miss-marvel-disney+/"><em>Miss Marvel</em></a>, une série Disney+ que j’avais trouvée sympathique, malgré quelques clichés un petit peu pénibles. On retrouve ainsi le personnage de Kamala Khan, alias Ms Marvel et fangirl absolue de Captain Marvel. Par un curieux concours de circonstance, son pouvoir est entremêlé avec celui de la super-héroïne, ainsi qu’avec celui de Capitaine Rambeau que l’on avait découverte dans <a href="https://voiretmanger.fr/wandavision-schaeffer-disney/"><em>WandaVision</em></a><sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Les trois femmes changent de place lorsqu’elles utilisent leur pouvoir en même temps, ce qui est l’occasion de quelques scènes fort amusantes, notamment quand la maison familiale de Kamala devient le décor d’un combat intergalactique. L’ambiance est alors légère et même s’il ne s’agit que d’une énième variation de l’humour Marvel, je l’ai trouvé bien amené et même assez amusant. Même par la suite, quand l’intrigue principale se met en place avec la grande méchante qui veut faire le mal™, <em>The Marvels</em> sait garder cette légèreté bienvenue. À l’image de la séquence sur la planète où tous les habitants chantent et dansent pour s’exprimer, dans une sorte de Bollywood à l’autre bout de l’univers. Nia DaCosta opte pour un ton résolument allégé, quitte à laisser de gros morceaux dans des ellipses, à l’image du sort qu’on imagine tragique, réservé à ces habitants laissés derrière sans ménagement.</p>
<p>Cela fait partie des défauts indéniables du projet, le fil rouge est sans doute trop sombre par rapport au reste. Malgré tout, le film sait rester court pour un Marvel — même pas deux heures, imaginez ça ! — et je ne me suis pas ennuyé. Évidemment, j’aurais apprécié que Disney fasse un effort de plus et ne se contente pas de glisser un drapeau LGBTQ+ dans une scène. Il faudra se contenter du clin d’œil et de l’hypothèse que toutes ces femmes sont réunies uniquement par de fortes amitiés. Quoi qu’il en soit, j’ai apprécié ce film de superhéros majoritairement féminin, même si c’est tout de même bien déprimant de penser que c’est une différence notable à relever en 2024. Étant donné le four au box-office, j’imagine que Disney ne compte pas réellement creuser ce sillon et c’est bien dommage.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Confession : j’avais zéro souvenir du personnage. Il y en a beaucoup trop pour tenter de tous les garder en mémoire…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Horror Vacui, 9T Antiope</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/horror-vacui-9t-antiope/</link><pubDate>Sat, 18 May 2024 22:00:12 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/horror-vacui-9t-antiope/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/horror-vacui-9t-antiope/horror-vacui.jpg">
        <p>Découvert suite à une <a href="https://piaille.fr/@Lambdachro/112265754226990521">recommandation sur Mastodon</a>, <em>Horror Vacui</em> est un album bien difficile à ranger dans une catégorie. Peut-être que le plus simple est d’évoquer une analogie et c’est à SQÜRL, le duo formé notamment par Jim Jarmush, que j’ai d’abord pensé. On retrouve aussi chez 9T Antiope cette approche minimaliste qui donne une musique pourtant si riche, avec une orientation vers l’orient qui est somme toute logique pour ce duo d’Iraniens qui travaille depuis Paris. L’excellente bande-originale du non moins excellent <a href="https://voiretmanger.fr/only-lovers-left-alive-jarmusch/"><em>Only Lovers Left Alive</em></a> pourrait vous donner une vague idée de ce qui vous attend, même si les neuf titres de l’album ont leur propre identité bien marquée et une magnifique mélancolie.</p>
<p><em>Horror Vacui</em> est décrit <a href="https://9tantiope.bandcamp.com/album/horror-vacui">par ses créateurs</a> comme un album conceptuel autour d’une grande maison entourée de mystères. Je dois reconnaître qu’à part pour la pochette, je n’avais pas du tout reconnu cette thématique d’ensemble et que le concept m’est passé au-dessus. Ce n’est pas grave, car la musique se suffit à elle-même et après une vingtaine d’écoutes, je ne m’en lasse toujours pas. Nima Aghiani compose un univers sonore qui se construit autour de deux instruments seulement : une mandoline et un violon. Enfin, il serait plus juste de dire qu’il y a trois instruments principaux, tant la voix de Sara Bigdeli Shamloo en est un central dans chaque titre. Elle chante généralement en anglais, même s’il y a quelques traces ici ou là d’iranien, notamment dans le morceau qui a donné son nom à l’album. Le duo prouve que l’on n’a pas besoin d’un grand orchestre ou d’un ordinateur pour faire surgir tout un univers sonore riche. <em>Horror Vacui</em> me surprend encore par la complexité et la beauté qui sortent d’un dispositif apparemment aussi simple. Un véritable coup de cœur.</p>
]]></description></item><item><title>Bodkin, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/bodkin-netflix/</link><pubDate>Fri, 17 May 2024 21:45:15 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/bodkin-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/bodkin-netflix/bodkin.jpg">
        <p><em>Bodkin</em> est à la fois une satire des podcasts « <em>true crime</em> », ce genre si populaire qui vise à raconter l’histoire d’un crime quelconque, et une enquête entourée de mystères dans une petite ville sur la côte irlandaise. L’intrigue se met en place autour d’un trio, un Américain et deux Britanniques, qui débarque à Bodkin pour enquêter et raconter l’histoire d’une disparition vingt ans auparavant. Lors d’une fête locale, un couple a disparu brutalement et un jeune a été si ébranlé pour une raison inconnue qu’il n’a jamais retrouvé tous ses esprits. Que s’est-il passé ce soir-là ? Gilbert Power, connu pour un podcast où il racontait le combat de sa femme contre le cancer, entend bien le raconter en utilisant tous les artifices les plus caricaturaux du podcast moderne. À ses côtés, Dove Maloney, reporter pour un grand journal londonien, doit l’accompagner bien malgré elle et la série de Netflix joue sur l’opposition de caractères entre l’Américain qui surjoue l’enthousiasme et la froideur cassante de l’Irlandaise. Rien de très original, certes, même si j’ai trouvé que cela fonctionnait plutôt bien.</p>
<p>De même, l’enquête autour de la disparition est bien menée et avec des rebondissements que je n’avais pas anticipés, ce qui est toujours plaisant. <em>Bodkin</em> multiplie les fausses pistes et ajoute suffisamment de couches pour divertir jusqu’au bout, même si les derniers épisodes sont peut-être un petit peu moins originaux et le rythme baisse un peu. Malgré tout, j’ai bien apprécié cette création de Jez Scharf, notamment grâce à son excellent casting. Mention spéciale à David Wilmot, que j’avais croisé récemment dans <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/station-eleven-hbo-max/"><em>Station Eleven</em></a> et que j’ai trouvé épatant dans le rôle du mafieux planqué dans ce village paumé. La fin de la première saison est grande ouverte, de quoi laisser la possibilité d’une suite. Est-ce que Netflix donnera une autre chance à <em>Bodkin</em> ? En attendant, je recommande si vous aimez les enquêtes avec une petite dose d’humour absurde qui ne fait jamais de mal.</p>
]]></description></item><item><title>Avatar : Le dernier maître de l’air, Nickelodeon</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/avatar-dernier-maitre-air-nickelodeon/</link><pubDate>Mon, 13 May 2024 19:00:12 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/avatar-dernier-maitre-air-nickelodeon/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/avatar-dernier-maitre-air-nickelodeon/avatar-dernier-maitre-air.jpg">
        <p>Je ne connaissais la série animée que de nom quand j’ai regardé <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/avatar-dernier-maitre-air-netflix-saison-1/">son adaptation pour Netflix</a> et comme je l’ai appréciée à mon grand étonnement, j’ai décidé de donner une chance à l’originale. <em>Avatar : Le dernier maître de l&rsquo;air</em> a eu un succès fou lors de sa diffusion originale au milieu des années 2000 et elle reste culte, pas seulement pour les enfants comme je pouvais le croire initialement. De fait, après avoir regardé ses trois saisons et la soixantaine d’épisodes qui les composent, je comprends mieux pourquoi. Même si la création de Nickelodeon vise un public jeune, des adultes peuvent aussi très bien y trouver leur compte, même si la simplicité de certaines bases et intrigues n’en sera sans doute plus qu’apparente. Même si la géopolitique simpliste de l’univers reste bien présente, j’ai aussi été étonné par la profondeur de l’ensemble, qui est bien plus riche que je l’imaginais au départ. De même, la noirceur de l’intrigue est bien réelle et même s’il n’y a quasiment aucune mort, la cruauté n’en est pas moins réelle et intense par endroits.</p>
<p>Plus que la lutte d’Aang contre le seigneur du feu Ozaï qui sert de fil rouge à toute la série, c’est la construction des personnages principaux et la cohésion du groupe que j’ai trouvé réussies. Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko ont bien réussi à creuser les psychologies de leurs jeunes personnages, malgré quelques facilités et traits de caractère un petit peu trop récurrents. Dans l’ensemble, le groupe se tient bien, leurs évolutions sont bien amenées et cohérentes… bref, c’est d’un très bon niveau, bien plus que je l’imaginais pour une série d’animation destinée à un public jeune. Le parcours du héros est particulièrement intéressant, grâce à ses doutes et faiblesses qui le rendent particulièrement crédible. Celui de Zuko est aussi remarquablement mené et si j’avais peur face à la première saison de Netflix de rester dans une opposition binaire un peu bête, la série animée est en réalité bien plus riche. En revanche, je me serais bien passé des intrigues amoureuses qui sont toutes strictement hétérosexuelles et d’une banalité affligeante.</p>
<p><em>Avatar : Le dernier maître de l&rsquo;air</em> souffre de son format imposé et il y a un nombre trop élevé à mon goût d’épisodes de remplissage, où l’intrigue n’avance pas. Paradoxalement peut-être, c’est particulièrement vrai dans la troisième saison, celle qui devrait pourtant être la plus intense. Malgré ces critiques, j’ai regardé la série de Nickelodeon avec grand plaisir d’un bout à l’autre et j’ai abandonné les personnages avec regret à la fin. C’est bien la preuve qu’en dépit de quelques faiblesses, c’est une réussite qui mérite encore le détour, près de vingt ans après sa diffusion originale.</p>
]]></description></item><item><title>La presqu’île de Merrien</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/presqu-ile-merien/</link><pubDate>Sun, 05 May 2024 21:55:38 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/presqu-ile-merien/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/presqu-ile-merien/IMG_1203.jpeg">
        &lt;p>La presqu’île de Merrien, sur la commune de Moëlan-sur-Mer dans le sud du Finistère, est un petit peu l’archétype du sentier côtier dans ce coin de la Bretagne. Un joli port de plaisance dans la ria, la côte bien découpée avec les vagues qui viennent se briser contre les rochers, les ajoncs à perte de vue, tout comme le bleu si magnifique de l’Océan. Le paysage est indéniablement à couper le souffle, même s’il ne faut pas espérer se balader sans compagnie, surtout un dimanche sous le soleil de mai.&lt;/p>
</description></item><item><title>Blue Eye Samurai, Netflix (saison 1)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/blue-eye-samurai-netflix-saison-1/</link><pubDate>Sat, 04 May 2024 22:28:25 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/blue-eye-samurai-netflix-saison-1/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/blue-eye-samurai-netflix-saison-1/img_7025.jpeg">
        <p><em>Blue Eye Samurai</em> imagine une histoire de vengeance qui semble assez classique sur le papier, même s’il est bien connu qu’il ne faut pas se fier aux apparences. De fait, la série créée par Amber Noizumi et Michael Green est loin d’être aussi banale que son point de départ le laisse imaginer. Certes, on suit un samuraï qui cherche à se venger en tuant quatre hommes qui pourraient chacun être son père. L’intrigue se déroule au Japon dans l’ère Edo, l’âge d’or peut-être des combats au sabre dans un pays refermé sur lui-même. C’est d’ailleurs un des enjeux de la première saison, à la fois parce que le personnage de Mizu est à moitié occidental, ce qui lui vaut un rejet universel et la qualification de démon. Et à la fois parce que l’intrigue secondaire se construit autour d’une tentative d’un irlandais pour prendre le pouvoir sur le Japon en réalisant un coup d’état grâce à ses fusils, une arme totalement absente dans le pays jusque-là. L’air de rien, <em>Blue Eye Samurai</em> parvient à rapidement complexifier son intrigue au départ basique en ajoutant ces éléments, et la série frappe aussi par l’écriture soignée de ses personnages, qui bénéficient tous d’une belle place pour développeur leur psychologie et progresser d’une manière crédible. C’est évidemment le cas pour le personnage principal, qui débute sur une quête de revanche assez simple et qui s’ouvre au fil des rencontres et des évolutions de l’intrigue. C’est aussi vrai pour les personnages secondaires qui ont tous été soignés, ce qui est assez rare pour le souligner.</p>
<p>Je n’ai pas encore évoqué la forme de la série portée par Netflix et pourtant, elle vaut le détour. <em>Blue Eye Samurai</em> est une série d’animation, réalisée d’ailleurs par un studio français, et qui porte un style atypique et particulièrement réussi. Entre 2D et 3D, il évoque par endroits le jeu vidéo, même si c’est surtout à la peinture qu’on pense en regardant les décors magnifiques. J’ai régulièrement été bluffé par cette animation, qui n’essaie nullement de chercher le réalisme et qui m’a en tout cas presque donné envie de mettre en pause pour l’admirer dans quelques séquences. Cette animation offre aussi une liberté créatrice à la série, qui n’hésite pas à faire fi des contraintes du réalisme. Assez violente graphiquement, sans tomber dans le gore inutile pour autant, elle enchaîne les séquences de bravoure, en particulier le temps d’un épisode éprouvant lors de l’attaque d’un château. La créativité des animateurs est rafraichissante et apporte beaucoup à l’ensemble, qui s’éloigne ainsi encore un petit peu plus de la banalité de son point de départ. On l’oubliait déjà avec la profondeur de l’histoire et de ses personnages, elle disparaît totalement face à la qualité de l’animation.</p>
<p>Pour ne rien gâcher, <em>Blue Eye Samurai</em> contient quelques bonnes surprises sur les questions de genre et de sexualité. Sans trop en dire pour ne pas dévoiler un secret (bien mal gardé en réalité), j’ai apprécié le jeu mené par les scénaristes sur ces sujets, ce qui ancre au fond cette histoire qui se déroule au XVII<sup>e</sup> siècle dans notre réalité. Il est question de la place des femmes dans une société forcément si machiste, mais aussi du rôle que les hommes doivent occuper et aussi de désir sexuel, avec une liberté qu’on n’attendait pas forcément. Un avantage de plus en faveur d’une série qui, en une seule saison, atteint un beau niveau déjà. Ses concepteurs ont des idées pour trois ou quatre saisons en tout, Netflix a déjà renouvelé pour une deuxième saison et je ne la raterai pas.</p>
]]></description></item><item><title>Sanctuary, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/sanctuary-netflix/</link><pubDate>Sun, 28 Apr 2024 21:55:20 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/sanctuary-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/sanctuary-netflix/sanctuary.jpg">
        <p>Sur le papier, <em>Sanctuary</em> ressemble un petit peu à la version sumo de <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/makanai-cuisine-maiko-netflix/"><em>‌Makanai : Dans la cuisine des maiko</em></a>. Sauf que Kan Eguchi n’a pas du tout la même douceur mignonne que Hirokazu Kore-eda avait en décrivant le monde des geishas et cette plongée dans le monde du sumo est bien plus rude, physiquement comme mentalement. Les premiers épisodes ressemblaient d’ailleurs à une critique assez bien vue de ce sport immuable, dans le plus pur respect d’une tradition millénaire avec toutes les dérives que l’on peut attendre. On suit le parcours d’un jeune homme qui décide de tenter sa chance dans son monde, attiré avant tout par la promesse d’un salaire mirobolant. Respecter les traditions n’étant pas trop sa tasse de thé, les premiers pas sont difficiles, d’autant plus que tout le monde manifestement est odieux dans ce milieu. Violences verbales, pression psychologique et même violences physiques, tout y passe et face à ce respect assez aveugle, ce personnage semble se dresser en opposant modernisateur, aidé par une journaliste qui découvre aussi les horreurs du sumo.</p>
<p>Voilà un angle qui me semblait intéressant. Ce n’est pas l’angle suivi par la série, malheureusement. Au fil des épisodes, <em>Sanctuary</em> s’attache au contraire à restaurer la beauté du sport et tente de nous faire croire que le sumo est respectable et même beau. Le rythme de la première saison est assez mal géré, avec un départ assez lent que je trouvais bienvenu et une deuxième partie qui se précipite vers un final… abruptement coupé. Si l’épisode façon <em>Rocky</em> était amusant, je me demande pourquoi terminer avec un épisode si court qui nous laisse sur notre faim. Est-ce une manière de donner envie de voir la deuxième saison. Peut-être, même si je ne suis pas sûr de vouloir le regarder. Au bout du compte, <em>Sanctuary</em> semble considérer les dérives du sumo comme un mal nécessaire, si bien que les remises en cause initiales paraissent comme appartenir à une toute autre série. L’absence sacralisée des femmes n’est même pas critiquée lors de la cérémonie supposée émouvante où un ancien sumo prend sa retraite et où toutes les personnes de sexe masculin peuvent participer, y compris le jeune fils du sportif, mais pas sa femme. C’était pourtant l’occasion rêvée de revenir sur ces règles douteuses, tandis que j’aurais aimé en savoir plus sur l’aspect destructif de ce sport, qui force les corps à respecter des standards absolument pas sains. En l’état, j’ai trouvé que <em>Sanctuary</em> passait au large de son sujet sans l’aborder réellement, dommage.</p>
]]></description></item><item><title>Only God Was Above Us, Vampire Weekend</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/only-god-was-above-us-vampire-weekend/</link><pubDate>Thu, 25 Apr 2024 21:57:06 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/only-god-was-above-us-vampire-weekend/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/only-god-was-above-us-vampire-weekend/only-god-was-above-us.jpg">
        <p>Dès les premières notes de « <em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=GhzdY0ZAFcM">Ice Cream Piano</a></em> », c’est comme une bouffée de nostalgie qui débarque. La voix si typique d’Ezra Koenig tout d’abord, puis un son si typique des Vampire Weekend… pour un peu, je me croirais de retour en 2008 à découvrir leur premier album. Pour autant, <em>Only God Was Above Us</em> est loin d’être une simple répétition de ce que le groupe new-yorkais a produit jusqu’ici. Ce cinquième album est familier, avec des sonorités qui semblent inchangées en seize<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> ans, même si je suis sûr qu’elles ont en réalité bien évolué. Dans le même temps, les dix titres ne semblent pas tournés vers le passé et ils paraissent au contraire bien contemporains. Ce qui veut aussi dire, qu’ils sont assez sombres.</p>
<p>C’est troublant, car la musique de Vampire Weekend conserve par endroit cet aspect lumineux et aussi joyeusement foutraque qu’elle a toujours eu. En s’arrêtant à une écoute superficielle, on pourrait presque penser que l’ambiance est joyeuse et légère, or ce n’est pas du tout le cas. Bien au contraire, c’est la noirceur qui s’impose au fil des écoutes, d’autant plus si vous prêtez une oreille attentive aux paroles. Le dernier morceau, « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=keKluVOD_WE"><em>Hope</em></a> », en est un bel exemple et c’est d’ailleurs probablement mon préféré, sûrement parce qu’il frôle les huit minutes et qu’il joue sur les répétitions, c’est aussi une thématique assez sombre sur l’espoir de lâcher prise face à des ennemis invincibles. Il faut bien le dire, <em>Only God Was Above Us</em> n’est pas un album bien joyeux, ce qui n’est aucunement un problème pour moi, qui ai toujours trouvé la musique triste la plus forte et mémorable. Quoi qu’il en soit, je suis surpris d’avoir écouté autant de fois et d’apprécier autant un album de Vampire Weekend en 2024. Je n’aurais sans doute pas parié dessus, mais force est de constater que le groupe n’a pas perdu de sa saveur avec les années.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Désolé pour le coup de vieux…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Gregg Araki, le génie queer, Fabien Demangeot</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/gregg-araki-genie-queer-demangeot/</link><pubDate>Tue, 23 Apr 2024 21:55:05 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/gregg-araki-genie-queer-demangeot/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/gregg-araki-genie-queer-demangeot/araki-genie-queer.jpg">
        <p>Je pensais connaître la carrière de Gregg Araki, l’essai de Fabien Demangeot a bien démontré que j’étais loin du compte. <em>Gregg Araki, le génie queer</em> analyse toute la filmographie du cinéaste américain, de ses premiers films indépendants réalisés sans le sou jusqu’à sa série récente et même sa participation plus anonyme en tant que réalisateur d’épisodes d’autres séries. À l’image de son <a href="https://voiretmanger.fr/transgression-david-cronenberg-demangeot/">autre essai sur David Cronenberg</a> publié chez le même éditeur, ce nouvel ouvrage est très synthétique et offre une vision globale de toute une carrière, dressant ses grandes thématiques, analysant les idées fortes derrière chaque œuvre et l’ensemble. Même si ce n’est pas toujours évident avec Gregg Araki, dont le parcours est nettement plus varié que je l’imaginais. Il faut dire que j’ai finalement vu assez peu de ses films et surtout les plus récents, qui sont manifestement bien éloignés des premiers, plus radicaux tant sur la forme que le fond.</p>
<p>Je ne dirais pas que <em>Gregg Araki, le génie queer</em> m’a nécessairement donné envie de découvrir tous les longs-métrages que je n’ai pas vus… et ce n’est pas un problème. J’ai apprécie bien au contraire la faculté de l’auteur à nous donner le contexte nécessaire pour comprendre ses arguments, même sans avoir vu un seul film. L’essai s’appréciera ainsi tout autant, voire peut-être même plus, si l’on ne connaît pas du tout son sujet. Il y a suffisamment de détails, d’explications et de notes de bas de page pour s’y retrouver et comprendre les idées de Fabien Demangeot. Et même si on sent que ce cinéma très étrange n’est pas pour soi, cela n’empêche pas d’apprécier le parcours de Gregg Araki, sa manière de critiquer le cinéma américain et de le subvertir à travers ses histoires. Comme le titre du livre l’indique bien, il est beaucoup questions des luttes autour des LGBTQIA+, même si ce n’est pas le seul thème et même si le cinéaste est véritablement inclassable, en se contredisant parfois d’un film à l’autre. Résumer une œuvre aussi étrange et polymorphe en un essai cohérent n’avait sans doute rien d’évident et <em>Gregg Araki, le génie queer</em> le fait remarquablement bien.</p>
]]></description></item><item><title>Booksmart, Olivia Wilde</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/booksmart-wilde/</link><pubDate>Sun, 21 Apr 2024 21:20:35 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/booksmart-wilde/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/booksmart-wilde/booksmart.jpg">
        <p>Sur le papier, <em>Booksmart</em> ressemble à une énième variation d’un thème vu et revu. Ce serait une erreur de s’y arrêter toutefois, car Olivia Wilde parvient à créer un long-métrage sans grande prétention peut-être, ce qui ne l’empêche aucunement d’être parfaitement mené et réjouissant. Cette virée nocturne de deux lycéennes à la veille de leur remise de diplôme est pleine de surprises sans tomber dans une complexité délirante. Le scénario trouve un juste équilibre et j’ai trouvé le résultat vraiment plaisant, en grande partie grâce au talent des deux actrices principales.</p>
<p>Kaitlyn Dever et Beanie Feldstein sont indéniablement toutes deux un gros point fort du projet. Les deux jeunes actrices incarnent avec beaucoup de naturel leurs personnages de lycéennes premières de la classe qui ont consacré toute leur énergie à obtenir les meilleures notes et s’assurer qu’elles entreront dans les meilleures universités. Le postulat de départ de <em>Booksmart</em>, c’est que leurs camarades de classe qu’elles dénigraient ont aussi réussi leurs études tout en s’amusant au passage. Face à ce constat, elles décident de s’amuser en participant à la dernière fête de l’année chez Nick… sauf qu’elles n’ont pas reçu d’invitation et ne connaissent pas l’adresse. Une sorte de <em>road-trip</em> dans Los Angeles débute alors, constitué de rencontres successives dans la plus grande tradition du genre. Ce n’est pas original, certes, ça ne cherche pas à l’être non plus. Le point fort du projet n’est pas à chercher dans l’audacité de l’intrigue, plutôt dans le rythme remarquablement bien maîtrisé et dans les interprétations impeccables, avec une mention spéciale pour Skyler Gisondo, gênant à souhait. Il n’est pas toujours nécessaire d’offrir plus que cela et Olivia Wilde parvient à remplir ce contrat à la perfection, ce qui est d’autant plus impressionnant que c’est son premier passage derrière les caméras.</p>
]]></description></item><item><title>La forêt domaniale de Coatloch</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/foret-domaniale-coatloch/</link><pubDate>Sat, 20 Apr 2024 22:15:15 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/foret-domaniale-coatloch/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/foret-domaniale-coatloch/IMG_1012.jpeg">
        &lt;p>Calée entre Rosporden, Scaer et Bannalec dans le Finistère, la forêt domaniale de Coatloch est l’une des rares surfaces boisées des environs. Ce bloc de 310 hectares ne brille pas par la densité de ses arbres, ni même la hauteur ou la diversité des espèces. Entre la tempête de 1987, un sol qui limite la croissance des arbres une exploitation d’un autre temps, la forêt est régulièrement clairsemée et plantée en parcelles uniformes. Malgré tout, c’est un bol d’air frais et il n’y avait pas une âme en ce samedi d’avril pourtant bien ensoleillé. Nichée au cœur de la forêt, la maison forestière est aujourd’hui un nichoir à chauve-souris et un havre de paix qui donne envie de se projeter. On peut toujours rêver…&lt;/p>
</description></item><item><title>Hartley, cœurs à vif, Netflix (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/hartley-c%C5%93urs-vif-netflix-saison-2/</link><pubDate>Fri, 19 Apr 2024 22:27:43 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/hartley-c%C5%93urs-vif-netflix-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/hartley-c%C5%93urs-vif-netflix-saison-2/hartley-2.jpg">
        <p>J’avais beaucoup aimé <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/hartley-c%C5%93urs-vif-netflix/">la première saison</a> de cette série qui se contente en apparence de répéter un schéma sans rien lui apporter et qui s’avère en réalité plus riche qu’escompté. J’appréciais en particulier son optimisme général, même si les sujets difficiles étaient bien traités et parfois au cœur de l’intrigue. <em>Hartley, cœur à vif</em> revient pour une deuxième saison et… ce n’est pas pareil. Non pas que ces huit nouveaux épisodes soient mauvais ou même ratés, non. Les scénaristes ont peut-être perdu de leur optimisme ou alors ils ont voulu traiter de sujets sérieux, ce qui est bien, en oubliant le côté lumineux des débuts, ce qui l’est moins. Quoi qu’il en soit, sans aller dire que j’ai été déçu, j’ai trouvé ce retour moins bon que dans mon souvenir.</p>
<p>C’est peut-être aussi lié à ce choix étrange de vouloir à tout prix renouveler le casting. Un personnages secondaire disparaît, remplacé par un autre qui occupe en réalité l’arc principal de la saison et ajoute une bonne dose de drame là où ce n’était peut-être pas nécessaire. L’histoire du psychopathe aux oiseaux est à mon sens une distraction qui empêche de se concentrer sur les personnages principaux et de creuser davantage leur psychologie. J’aurais préféré voir davantage de Cash et Darren et moins du drama un petit peu facile dans le triangle amoureux autour d’Amerie. Et si je ne suis jamais contre des scènes entre deux mecs bien fichus — qui sont censés jouer des lycéens en première, passons —, <em>Hartley, cœurs à vif‌</em> frôle par endroits l’auto-caricature en ajoutant une dose de queer à chaque personnage. Face à cette diversité sexuelle assumée, l’introduction d’hommes contre la société woke serait plus amusante si ce discours n’était pas si prévalent et premier degré dans le monde réel. Je me demande si la série n’aurait pas mieux fait de s’abstenir de ce côté, surtout que son ouverture sexuelle proclamée n’est bien souvent qu’apparente.</p>
<p>J’étais frappé de constater à la fin que ces lycéens qui semblent si ouverts sur les questions de genre et de sexe puissent être en même temps si conservateurs. Darren n’est pas sexuellement satisfait par Cash qui fait son <em>coming-out</em> asexuel ? <em>Hartley, cœur à vif</em> semble suggérer qu’il n’y a deux réponses possibles : soit l’abstinence pour Darren, soit la séparation alors que les deux s’aiment. Remettre en cause le couple monogame semble impensable, c’est tout de même étonnant dans une série qui se veut si ouverte sur ces sujets. Je ne sais pas si Netflix permettra à la série de se poursuivre et je serai peut-être au rendez-vous si c’est le cas, mais mon intérêt a diminué avec cette saison.</p>
]]></description></item><item><title>Il était une fois sur la nationale 1, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/etait-fois-nationale-1-netflix/</link><pubDate>Tue, 16 Apr 2024 22:00:23 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/etait-fois-nationale-1-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/etait-fois-nationale-1-netflix/nationale-1.jpg">
        <p><em>Il était une fois sur la nationale 1</em>, c’est un petit peu comme une histoire racontée par les frères Coen, sauf qu’ils sont Polonais. Cette mini-série portée par Netflix est aussi brève — 6 épisodes d’une trentaine de minutes, il y a des longs-métrages bien plus longs que ça — que déjantée, avec une bonne dose d’absurde qui entoure cette histoire complètement dingue d’un braquage qui se termine en bain de sang dans un motel miteux au milieu de nulle part. Même si l’inspiration peut sembler évidente, ce n’est pas un pastiche qui se contente de reproduire une formule connue. Au contraire, la série impose sa propre ambiance et crée un petit univers parfaitement cohérent, même s’il est aussi totalement absurde. Portée par un excellent casting, la saison m’a vraiment beaucoup amusée, avec une bonne exploration des personnages principaux et quelques surprises en chemin.</p>
<p>Il faut dire que si l’histoire générale n’essaie pas d’être particulièrement crédible, <em>Il était une fois sur la nationale 1</em> n’est pas une série tournée à la légère. Son absurdité est gérée avec beaucoup de sérieux, de la mise en scène soignée au jeu des acteurs parfaitement mené. Le scénario parvient à ménager un petit peu de suspense en tordant par endroits la chronologie et en gardant quelques révélations sous le coude. C’est un divertissement sans grande prétention peut-être, mais c’est un spectacle remarquablement bien mené et d’une grande efficacité. Même si les vrais frères Coen n’ont rien eu à voir dans cette production, ils ne renieraient sans doute pas cette comédie déjantée.</p>
]]></description></item><item><title>RIPLEY, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/ripley-netflix/</link><pubDate>Sun, 14 Apr 2024 22:15:45 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/ripley-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/ripley-netflix/ripley.jpeg">
        <p>Si vous avez la chance de n’avoir ni lu le roman original de Patricia Highsmith, ni vu l’une de ses adaptations précédentes au cinéma, le plaisir de la découverte n’en sera que plus grand et vous devriez évidemment arrêter immédiatement votre lecture. <em>RIPLEY</em> est une nouvelle adaptation de <em>‌Monsieur Ripley</em>, la première destinée au petit écran, même si la création de 	Steven Zaillian pour Netflix a tout l’air d’un long-métrage. C’est peut-être le choix du noir et blanc, d’ailleurs magnifique, avec des jeux d’ombres et de lumières qui font remarquablement écho aux multiples allusions à Caravage qui émaillent l’intrigue. C’est sans doute aussi le tournage réalisé sur place, en Italie, dans les différentes villes où l’action se déplace, de la côtière Satrani jusqu’à Venise, en passant par Naples, Rome ou même Palerme. On sent que les moyens ont été donnés pour cette relecture du thriller et ils ont été bien exploités, le résultat est magnifique et rafraichissant face à des séries systématiquement colorées.</p>
<p>L’histoire elle-même m’a surpris à plusieurs reprises, ce qui est une excellente chose. Je ne m’attendais pas à ce parcours et j’ai trouvé que le scénario gérait parfaitement bien les multiples rebondissements. On sent bien que le premier meurtre est presque un accident, avec une séquence exceptionnellement tendue pendant laquelle le personnage tente de s’en sortir sans se faire prendre. Le choix d’Andrew Scott est évident quand cette scène apparaît à l’écran : l’acteur est pile dans le bon ton, avec cet air détaché, presque indifférent, alors qu’il est en train de tuer l’homme qu’il aime et de masquer tant bien que mal ses traces. Comme le spectateur le découvre par la suite, c’est un trait de caractère qui lui correspond tout à fait : il peut être d’apparence jovial, tout en étant froid et calculateur. Sa fausseté n’est apparente que pour de rares personnages, les autres se font avoir par son apparente sympathie et c’est ce qui lui permet de tenir si longtemps. La tension qui s’instaure avec l’enquête de police qui débute suite à son second meurtre est de nouveau extrêmement bien dosée. <em>RIPLEY</em> parvient à instaurer et maintenir un suspense intense jusqu’au bout, avec un parcours qui surprend régulièrement. Il y a bien quelques facilités ici ou là, même si dans l’ensemble, j’ai trouvé que l’intrigue tenait la route et que le parcours du personnage restait crédible. Si le choix des années 1960 aide naturellement, il faut aussi saluer le travail des acteurs et notamment du principal, qui vend le personnage avec beaucoup de conviction. Une belle réussite.</p>
]]></description></item><item><title>Constellation, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/constellation-apple-tv+/</link><pubDate>Mon, 08 Apr 2024 21:56:58 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/constellation-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/constellation-apple-tv&#43;/constellation.jpeg">
        <p><em>Constellation</em> débute dans la station spatiale internationale, où un incident vient perturber une expérience scientifique. Si l’on croit d’abord qu’il s’agit d’un banal accident de l’espace, avec un débris qui passait dans les environs, le scénario multiplie vite les éléments qui introduisent un doute de plus en plus. Les premiers épisodes de la série créée par Peter Harness sont à cet égard bien ficelés et j’ai beaucoup aimé cette aura de mystère qui se construit autour de Jo, interprétée par Noomi Rapace. Qu’a-t-elle réellement vu : s’agit-il d’un cadavre ou bien d’un sac d’ordures ? Que signifient les visions qui se multiplient autour de sa fille et d’autres éléments étranges ? A-t-elle perdu la tête ou bien faut-il voir un lien avec l’expérience de physique quantique menée en même temps ?</p>
<p>La série portée par Apple TV+ serait nettement moins drôle sans une touche de fantastique et sans surprise, les scénaristes déploient un univers fictif autour de l’intrication quantique. <em>Constellation</em> a la bonne idée de ne pas dévoiler tout d’un coup et de construire au contraire une sorte de puzzle que les spectateurs peuvent reconstituer de leur côté. Malheureusement, ces très bonnes bases s’écroulent un petit peu sur la fin, où les personnages semblent avoir dix trains de retard et font mine de ne rien comprendre. C’est un défaut courant dans les séries modernes et je ne sais pas si c’est une manière de prolonger l’intrigue ou de chercher à accompagner les spectateurs plus distraits qui n’auraient rien suivi. Quoi qu’il en soit, j’ai trouvé cela assez agaçant, voire insultant quand les personnages principaux semblent n’avoir toujours rien compris, à l’exception de la seule enfant. En étant charitable, on pourrait argumenter que c’est une façon de montrer que les adultes refusent d’accepter une vérité qui les dérange, mais je crois que c’est surtout une manière maladroite de gonfler les derniers épisodes.</p>
<p>Cela arrive parfois avec les histoires qui se basent sur des mystères : le début, quand on ne sait rien et que tout est possible, est bien meilleur que la fin, quand les explications arrivent et que c’est un petit peu décevant. Je n’ai pas été tellement emballé par les deux derniers épisodes de <em>Constellation</em>, alors que les précédents m’avaient au contraire bien plu. Il y a quelques raccourcis un peu faciles, des éléments qui restent inexpliqués — pourquoi Henri et Bud sont les seuls à pouvoir changer de place sur Terre ? — et l’ensemble m’a semblé nettement moins réussi. Au point que la petite surprise finale, que j’ai vu venir grosse comme une maison, ne me donne pas tellement envie de voir une suite, si Apple TV+ commande une deuxième saison.</p>
]]></description></item><item><title>Le Problème à 3 corps, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/probleme-3-corps-netflix/</link><pubDate>Wed, 03 Apr 2024 21:51:41 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/probleme-3-corps-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/probleme-3-corps-netflix/probleme-3-corps.jpg">
        <p>Adapter <a href="https://voiretmanger.fr/probleme-trois-corps-liu/"><em>Le Problème à trois corps</em></a> était un défi complètement fou, pas de quoi effrayer néanmoins David Benioff et D.B. Weiss qui, aidés par Alexander Woo, ont signé la version commandée par Netflix. Ils se sont attaqués à <a href="https://voiretmanger.fr/game-of-thrones-weiss-benioff-hbo/"><em>Game of Thrones</em></a> après tout, même si le roman de Liu Cixin est peut-être un défi encore plus grand. Le romancier chinois a une imagination débordante et envisage une histoire qui se déroule sur plusieurs siècles, ce qui nécessite un gros travail d’adaptation et des moyens conséquents. De ce côté, il faut saluer le travail réalisé et <em>Le Problème à 3 corps</em> tient la route dans sa première saison, même si j’aurais aimé quelques épisodes de plus pour davantage creuser certains aspects. Je suis surtout curieux de voir comment les trois créateurs vont s’attaquer à la suite, car la trilogie gagne en complexité à chaque tome et le plus dur reste sans doute à venir.</p>
<p>L’adaptation permet aussi de corriger le tir sur les aspects les plus pénibles du roman original. Liu Cixin adopte un point de vue qui n’est pas le nôtre, ce qui est à la fois une ouverture rafraichissante à un autre monde et une source d’inquiétude <a href="https://voiretmanger.fr/probleme-trois-corps-liu/">pendant ma lecture</a>. Plus que les différents noms difficiles à distinguer pour un occidental, j’avais du mal à distinguer l’idéologie fictive et celle du gouvernement, ouvertement soutenu par l’auteur. Aucune inquiétude avec la version proposée par Netflix : <em>Le Problème à 3 corps</em> s’éloigne assez nettement du matériau original en gardant les racines chinoises, certes, mais en les occidentalisant au maximum. Mis à part un ou deux personnages, tous les autres sont occidentaux et en général britanniques. L’accent est bien davantage porté sur les pays anglo-saxons et la Chine passe à l’arrière-plan, ce qui est assez cohérent pour une série diffusée par un service de streaming qui n’est même pas accessible depuis ce pays. Je trouve que cette adaptation respecte malgré tout assez bien le roman original, même s’il a fallu faire quelques coupes franches pour tenir dans huit épisodes d’une heure. Les grandes lignes sont bien là, des mystères initiaux jusqu’aux grandes découvertes sur la fin, avec une manière fort heureusement plus subtile que dans le roman de travailler les personnages. L’adaptation en ajoute quelques-uns par rapport à la version originale et surtout leur laisse plus de place pour vivre et gagner en épaisseur psychologique, ce qui est bienvenu. Il y a aussi plus de femmes et elles ont des rôles moins ridicules, ce qui est toujours bon à prendre.</p>
<p><em>Le Problème à 3 corps</em> m’a de ce fait séduit dans cette version Netflix. J’espère que David Benioff, D.B. Weiss et Alexander Woo auront l’opportunité d’aller jusqu’au bout de la trilogie, les idées les plus radicales et intéressantes s’y trouvent aussi. Ils devraient pouvoir le faire avec de meilleurs personnages que dans les romans, ce qui ne sera pas de trop. En attendant de savoir si les dieux de l’algorithme veulent bien, j’ai trouvé cette première saison bien menée et avec la bonne dose de suspense pour donner envie de voir la suite.</p>
]]></description></item><item><title>Oppenheimer, Christopher Nolan</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/oppenheimer-nolan/</link><pubDate>Mon, 01 Apr 2024 21:30:13 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/oppenheimer-nolan/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/oppenheimer-nolan/oppenheimer.jpg">
        <p>Pour la première fois de sa carrière, Christopher Nolan dresse le portrait d’un personnage historique pour former ce qui s’apparente presque à un biopic, même si on peut lui faire confiance pour ne pas reproduire ce format vu et revu. De fait, <em>Oppenheimer</em> ressemble avant tout à un film de Christopher Nolan, que ce soit pas l’usage toujours aussi déstabilisant<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> de l’IMAX ou alors son amour pour les narrations déconstruites. Je suis le premier à louer cette envie de ne pas se contenter d’un bête récit chronologique, même si j’ai trouvé que ce format atteignait ici ses limites. L’ouverture m’a davantage évoqué le travail de Terrence Malick, avec une succession d’images sur de la musique, sans vraiment raconter quoi que ce soit. Autant cela fonctionne dans l’univers de Malick, où les histoires sont pour ainsi dire secondaires, autant cela peut aussi fonctionner dans une fiction parfaitement ficelée comme dans les précédents longs-métrages de Nolan, autant c’est nettement plus douteux quand il s’agit de raconter des faits historiques. Le hasard a fait que j’avais regardé la veille le premier épisode de <em>Turning Point</em>, série Netflix sur la bombe nucléaire, si bien que j’avais assez bien en tête les grands événements et les protagonistes les plus importants. Sans cela, je crois que j’aurais été assez perdu face à <em>Oppenheimer</em>, qui entremêle les époques et multiplie les personnages sans donner tellement de contexte.</p>
<p>Cette heureuse coïncidence m’a aussi permis de mieux réaliser tout ce que Christopher Nolan a oublié ou choisi de ne pas inclure. Malgré les trois heures que dure <em>Oppenheimer</em>, le film oublie de nombreux faits pourtant essentiels pour comprendre le contexte de l’époque. Je ne parle pas des quelques <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Oppenheimer_(film)#Accuracy_and_omissions">approximations historiques</a> que l’on peut naturellement accepter dans le cadre d’une fiction. Comment toutefois passer sous silence les destructions causées par l’installation du centre de recherche de Fort Alamo et plus encore autour du lieu où Trinity, la première bombe nucléaire, a été testée ? Le scénario glisse en passant qu’il n’y a rien, si ce n’est quelques cimetières indiens et pire, suggère que tous les habitants ont été évacués. Or on sait qu’il y avait une population assez large présente à proximité qui n’a jamais été prévenue, à qui le gouvernement américain a menti et qui a souffert directement ou indirectement des retombées de l’essai. De manière plus générale, le réalisateur essaie bien de montrer qu’il y avait des débats en interne sur la création d’une telle arme, tout en penchant fortement du côté de sa nécessité. Dans un autre domaine, il n’est jamais question de la profonde haine du Japon qui occupe les États-Unis de 1945, une haine provoquée en grande partie par la propagande raciste du gouvernement et qui justifie les acclamations après les horreurs perpétrées à Hiroshima et Nagasaki. Des horreurs qui ne sont jamais montrées, pas même suggérées, d’ailleurs, alors que ce sont pourtant les conséquences principales du projet au cœur du film.</p>
<p><em>Oppenheimer</em> aurait pu creuser un aspect intéressant : les doutes du personnage principal lui-même, qui va semble convaincu de l’intérêt de la bombe jusqu’à participer à la sélection des cibles, puis qui semble pris d’un remord intense. Au lieu de se concentrer sur ce sujet, le scénario préfère passer un temps fou sur les procédures qui ont suivi la guerre, les doutes quant à la loyauté d’Oppenheimer et un examen de sa vie. C’était long et franchement pas bien passionnant, alors qu’il y a tant d’éléments laissés de côté par ailleurs. J’ai du mal à comprendre ce choix de la part de Christopher Nolan, d’autant qu’il donne l’impression par endroits de réciter une fiche Wikipédia en étalant une succession d’informations. Le passage au noir et blanc, censé représenter la vision objective en opposition à la couleur qui présente la subjectivité du sujet, n’aide pas à cet égard. Si l’ambition initiale était peut-être intéressante, c’est comme si elle avait été oubliée en cours de route et que le spectateur assistait à un cours d’histoire paresseux et partial.</p>
<p>Même sur le plan technique, j’ai trouvé l’ensemble décevant. Je ne sais pas si c’est Christopher Nolan qui tourne en rond ou si je me suis lassé, mais j’ai trouvé la reconstitution propre sans plus et tout le discours sur la réalisation sans effets spéciaux encore plus absurde que d’habitude. L’explosion de Trinity était assez banale, la musique peu inspirée et le jeu de Cillian Murphy m’a trop rappelé <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/peaky-blinders-bbc-saison-6/"><em>Peaky Blinders</em></a> pour convaincre. Et que dire des personnages féminins, quasiment absents et soit objectivées — la pauvre Florence Pugh est quasiment systématiquement dénudée sans véritable raison —, soit caricaturées en femme hystérique, alcoolique et manipulatrice (Emily Blunt est par ailleurs très bien dans ce rôle d’un autre temps). Entre cette vision réductrice, l’absence de toute considération pour les victimes de la bombe et la valorisation assez simpliste des États-Unis, <em>Oppenheimer</em> a des relents un petit peu rances et j’ai l’impression assez nette d’avoir perdu trois heures.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Le film alterne constamment entre deux formats, y compris au sein d’une même scène. Cela fait plusieurs films du réalisateur qui sont ainsi et c’est peut-être celui qui m’a le plus gêné. Comment justifier que des personnages soient d’abord filmés de dos en IMAX, puis la seconde suivante de face avec un cadre restreint ? C’est non seulement inutile, j’ai même trouvé ça perturbant et pénible.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Loss of Life, MGMT</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/loss-life-mgmt/</link><pubDate>Sun, 31 Mar 2024 21:42:51 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/loss-life-mgmt/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/loss-life-mgmt/loss-of-life.jpeg">
        <p>MGMT revient avec un nouvel album, après une longue absence et je dois reconnaître que le groupe américain avait un petit peu quitté mes radars, même si je garde un excellent souvenir de leurs débuts à la fin des années 2000. <em>Loss of Life</em> est manifestement une œuvre de rupture, pas seulement parce que c’est la première fois que le duo publie en son nom propre et non pas chez Columbia Records avec qui il avait signé en 2006. De manière plus fondamentale, c’est la musique qui évolue aussi et j’ai été franchement surpris par mes premières écoutes. Où est passé le MGMT des débuts ? Le psychédélique des origines a largement disparu, au profit d’une pop plus apaisée, du moins à première écoute.</p>
<p>Il m’a fallu quelques rotations dans le casque pour retrouver mes marques et mieux comprendre les dix morceaux qui composent <em>Loss of Life</em>. L’album m’a d’abord paru assez plat et sans saveur et je n’ai pas été très surpris de <a href="https://www.lesinrocks.com/musique/mgmt-notre-musique-actuelle-est-la-plus-sincere-et-passionnante-609293-24-02-2024/">lire</a> qu’ils citaient volontiers Oasis comme référence<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Ce premier jugement était toutefois un petit peu expéditif et je trouve les compositions sont plus intéressantes qu’escompté initialement. Même si les compositions sont comme apaisées, elles reposent toujours sur les mêmes instruments ou sonorités et elles peuvent être toujours aussi efficaces. Après le plus sombre <em>Little Dark Age</em> et alors que la musique actuelle peut être plombée par notre époque, j’ai aussi apprécié l’enthousiasme général de la dizaine de titres, même s’il y a souvent une pointe de mélancolie dans les mixes.</p>
<p>En bref, après un premier contact mitigé, j’ai bien accroché à ce <em>Loss of Life</em>. Sans aller jusqu’à dire que ce sera l’album de l’année pour moi, je trouve cette nouvelle phase de la carrière de MGMT plus intéressante que je l’envisageais.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>#TeamBlur jusqu’au bout des ongles.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Les Frères Sun, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/freres-sun-netflix/</link><pubDate>Wed, 27 Mar 2024 22:03:29 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/freres-sun-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/freres-sun-netflix/freres-sun.jpg">
        <p>J’ai bien aimé l’idée de départ, ce concept où un jeune émigré taïwanais aux États-Unis découvre brutalement qu’il est le fils de l’un des plus puissants chefs de triade. <em>Les frères Sun</em> joue sur l’opposition totale entre Charles, resté au pays avec son père et devenu un meurtrier à l’une efficacité reconnue dans le monde entier, et Bruce, parti avec sa mère à Los Angeles où il a grandi dans l’ignorance complète du rôle de sa famille dans la mafia taïwanaise. Même si c’est un thème assez convenu et souvent croisé, j’ai trouvé qu’il était efficace et assez amusant. J’avais bon espoir que la série de Byron Wu et Brad Falchuk, un nom qui a accompagné bon nombre de séries de Ryan Murphy, allait être bonne. J’ai malheureusement vite déchanté et plus les épisodes avancent, plus on retombe dans les histoires de famille et de mafia, à base de violence extrême entrecoupée de plaisanteries pas drôles. Et surtout, je n’ai pas tellement compris le message valorisant des scénaristes vis-à-vis des triades. Michelle Yeoh, excellente par ailleurs comme toujours, est censée représenter la vision féministe d’une organisation criminelle qui opère notamment dans le trafic d’humain. Et on est supposé applaudir ? Drôle d’idée.</p>
<p>À l’heure des bilans, <em>Les Frères Sun</em> s’ajoute à une longue liste d’histoires de mafieux sans grand intérêt. Il y a bien quelques moments sympathiques et des chorégraphies de combat efficaces, mais rien de particulièrement original pour autant. Je n’ai pas été tellement surpris de découvrir en terminant que Netflix avait annulé la série sans même lui offrir une deuxième saison. Est-ce que les scénaristes avaient réellement de quoi surprendre par la suite ? J’en doute fort…</p>
]]></description></item><item><title>Rick et Morty, Adult Swim (saisons 6 et 7)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/rick-morty-adult-swim-saisons-6-7/</link><pubDate>Wed, 20 Mar 2024 21:29:35 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/rick-morty-adult-swim-saisons-6-7/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/rick-morty-adult-swim-saisons-6-7/rick-morty-saison-6.jpg">
        <p>Les saisons passent et je suis toujours plus épaté par l’inventivité de <em>Rick et Morty</em>, qui parvient à tester absolument toutes les idées de la science-fiction à partir d’un point de départ toujours aussi minuscule. Après <a href="https://voiretmanger.fr/rick-morty-harmon-roiland-adult-swim/">cinq saisons</a> d’une richesse assez folle, la crainte était de tomber dans une routine et de répéter des idées déjà vues. Rien de tel et la sixième saison va peut-être même encore plus loin, avec des concepts poussés encore une fois à leur extrême, aussi gigantesques que le multiverse et aussi ridicules que cette question : que se passe-t-il si un sabre laser est pointé vers le cœur de la planète ? La série est toutefois perturbée dans sa septième saison par le départ forcé de Justin Roiland, co-créateur et surtout voix de Rick, Morty et tant d’autres personnages secondaires.</p>
<p>Forcément, avec un changement aussi fondamental dans cette série, on est plus attentif à tous les changements qui peuvent survenir. Sur le plan technique, les deux acteurs qui prennent la relève sont impressionnants et la transition se fait avec une douceur que je n’aurais jamais imaginée. C’est surtout bluffant pour Morty, un petit peu moins pour Rick qui était sans doute plus complexe à imiter. Le nouvel acteur n’essaie même pas de reproduire certains éléments typiques, comme les rots, mais enfin, il se débrouille remarquablement bien. Pour autant, j’ai trouvé cette septième saison un petit peu plus faible. Pas à cause du changement de casting, peut-être plus du côté de l’écriture. Même s’il y a quelques bonnes idées ici ou là, mention spéciale aux spaghettis macabres, et même si l’ensemble reste divertissant, la baisse de régime m’a semblé assez nette.</p>
<p>La série a été renouvelée pour plusieurs saisons et les scénaristes disent avoir de nombreuses idées pour les remplir. J’espère qu’elles seront bonnes et peut-être qu’elles pourraient laisser davantage de place à d’autres personnages ou bien tenter de toutes nouvelles idées. Même si elle porte leur nom, <em>Rick et Morty</em> pourrait bien s’éloigner du duo de personnages pour s’intéresser à d’autres aspects de cet univers si délicieusement absurde. Quoi qu’il en soit, je serai au rendez-vous pour découvrir la suite.</p>
]]></description></item><item><title>Young Royals, Netflix (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/young-royals-netflix-saison-3/</link><pubDate>Tue, 19 Mar 2024 21:55:59 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/young-royals-netflix-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/young-royals-netflix-saison-3/young-royals-saison-3.jpg">
        <p>Après une <a href="https://voiretmanger.fr/young-royals-ambjorn-forsman-forsman-netflix/">première saison</a> qui tenait quasiment du miracle, <em>Young Royals</em> m’avait un petit peu déçu avec une <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/young-royals-netflix-saison-2/">deuxième saison</a> qui piétinait sur les hésitations du prince. À la fin de celle-ci toutefois, Wilhelm reconnaissait enfin publiquement son homosexualité et son amour pour Simon… de quoi anticiper la conclusion heureuse ? Pas si vite, semblent dire les scénaristes, qui partent au contraire sur une troisième — et dernière… 😿 — saison étonnamment sombre et bien éloignée de la trajectoire que j’envisageais. Une surprise qui a été plutôt bien gérée dans l’ensemble : rétrospectivement, je ne crois pas qu’il y avait meilleure trajectoire pour les deux personnages, mais arrêtez ici votre lecture si vous n’avez pas encore vu la saison et notamment la conclusion.</p>
<p>Maintenant que le prince héritier de la Suède peut vivre ouvertement son histoire d’amour avec un garçon, tout ne va pas pour le mieux du tout. L’histoire entre les deux lycéens est peut-être idyllique au départ, la réalité les rappelle vite à l’ordre. La reine entre dans une dépression si sévère qu’elle abandonne temporairement le trône et laisse même planer le doute sur sa capacité à régner plus longtemps, ce qui veut dire que Wilhelm pourrait devenir roi dès sa majorité. Même si <em>Young Royals</em> n’affronte jamais frontalement le sujet qui me semblait le plus intéressant de la série, à savoir comment envisager une monarchie héréditaire avec un monarque gay, la réaction de la mère fait largement office de commentaire politique. La pression du système politique sur l’héritier pour qu’il musèle son petit ami en dit aussi long sur l’homophobie latente, entremêlée de critique sociale encore plus évidente. Face à un tel acharnement, le couple vacille assez logiquement et je trouve que la trajectoire des deux personnages est remarquablement menée, avec une conclusion qui semble se dessiner au fur et à mesure que les six épisodes avancent.</p>
<p>Fort heureusement, <em>Young Royals</em> sait nous surprendre avec un final meilleur qu’escompté. Le dernier mouvement de la série est en partie centré sur l’odieuse école privée, qui semble pourtant sauvée par le scénario pour une raison qui m’échappe encore. Une distraction toutefois vis-à-vis du réel enjeu de cette comédie romantique et sur ce point, pas de déception. Le final est sincère, la réaction tant attendue de Wilhelm arrive enfin et le couple peut avoir une vraie chance. La série s’arrête sur cette fin heureuse et ouverte, ce qui est à la fois triste, car on ne reverra plus jamais ces personnages attachants et touchants, et parfaitement logique. Je ne sais pas si on pouvait imaginer meilleure fin pour <em>Young Royals</em> et je suis ravi d’avoir suivi cette histoire d’amour si juste et belle.</p>
]]></description></item><item><title>Avatar : Le dernier maître de l’air, Netflix (saison 1)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/avatar-dernier-maitre-air-netflix-saison-1/</link><pubDate>Sat, 16 Mar 2024 22:26:19 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/avatar-dernier-maitre-air-netflix-saison-1/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/avatar-dernier-maitre-air-netflix-saison-1/avatar-dernier-maitre-air-saison-1.jpg">
        <p>Je ne connaissais la <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/avatar-dernier-maitre-air-nickelodeon/">série animée</a> que de nom, alors c’est avec une curiosité polie que j’ai abordé la relecture en images réelles proposée par Netflix. <em>Avatar : Le dernier maître de l’air</em> visait les enfants sur ‌Nickelodeon et même si la nouvelle version gagne un petit peu en maturité en abandonnant l&rsquo;animation, la série reste assez enfantine. On y suit les périples d’un jeune de 12 ans appelé à sauver le monde d’une guerre menée par la nation de feu contre les trois autres éléments, l’eau, la terre et l’air dont le héros est le dernier représentant. Autant dire qu’il ne faut pas s’attendre à un cours de géopolitique avancé avec de telles prémices, on est ici dans un univers assez manichéen, en tout cas au départ. Les maîtres du feu sont les méchants et Aang va les combattre, aidé par deux jeunes venus de la tribu de l’eau. Bien qu’américaine, la série originale comme son adaptation repose entièrement sur un univers asiatique au sens large et il faut saluer l’effort d’Albert Kim sur ce point. Pas d’acteurs blancs pour interpréter les personnages, le casting fait appel à des acteurs souvent nord-américains bien entendu, mais avec des origines qui les rapprochent des pays visés par les créateurs.</p>
<p>Si <em>Avatar : Le dernier maître de l’air</em> n’est clairement pas un <em>anime</em> japonais et si l’influence américaine est visible partout, j’ai trouvé cet univers vaguement asiatique plutôt convaincant. Netflix a mis les moyens nécessaires pour le reconstituer avec succès et l’ensemble tient bien la route sur le plan technique. Côté scénario, c’est assez banal et j’ai vite deviné ce qui allait se passer, même si je dois confesser que je ne m’attendais pas à une évolution aussi lente pour le personnage d’Aang. La série a été renouvelée pour deux autres saisons, suivant en cela la version originale, et on comprend pourquoi à la fin de celle-ci. Non pas qu’il ne se passe rien, les huit épisodes sont d’ailleurs assez riches en rebondissements, c’est juste que bon nombre d’intrigues secondaires ne font pas avancer la principale. D’ailleurs, on tombe parfois un petit peu dans la répétition, notamment sur la course-poursuite entre Aang et Zuko, un aspect qui passait sans doute mieux avec le format du dessin animé.</p>
<p>Malgré ces quelques défauts et à ma grande surprise, j’ai plutôt apprécié <em>Avatar : Le dernier maître de l’air</em>. Sans aller jusqu’à écrire que c’est la série de l’année, ni même du mois, je m’attendais à bien pire et je pense être au rendez-vous pour la suite. En espérant qu’Aang commence enfin par apprendre les deux autres éléments, il serait temps…</p>
]]></description></item><item><title>Succession, HBO (saison 1)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/succession-hbo-saison-1/</link><pubDate>Sun, 10 Mar 2024 21:36:45 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/succession-hbo-saison-1/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/succession-hbo-saison-1/succession-saison-1.jpg">
        <p>Doit-on se forcer à regarder des séries qui ont bonne réputation même si ça commence mal ? <em>Succession</em> semblait répondre oui, avec une première saison qui débute sur une caricature grossière assez pénible et des personnages qui parviennent à se faire une place au fil des épisodes, mais termine en disant un gros non. Si vous n’avez pas regardé la série de HBO et que vous comptez le faire, arrêtez-vous ici, ça va divulgâcher.</p>
<p><em>Succession</em> est assez universellement adorée et pour autant, l’idée de suivre cette famille d’hyper-riches à la tête d’un empire des médias aux États-Unis, façon Bolloré ou plutôt Murdoch, ne m’attirait pas spécialement. L’expérience a failli s’arrêter pour moi à la fin du pilote, qui tente de condenser bien trop d’éléments et étouffe ses personnages, les réduisant à des caricatures grossières. Logan Roy, le patriarche qui fête ses 80 ans et devrait céder sa place à son fils Kendall, mais qui décide de faire un coup d’éclat en virant au passage l’un de ses collaborateurs… pour finir avec une crise cardiaque à la toute fin, c’est un petit peu gros. Tout le monde est rangé dans une case bien définie, le père étouffant, les enfants qui ne savent ou peuvent pas s’imposer, la belle-mère qui veut tout le pouvoir. Les dialogues ne sont guère plus subtils, avec une propension assez déplaisante à faire appel à l’homosexualité de manière dégradante. En bref, Jesse Armstrong ne m’a pas laissé une bonne impression et c’est uniquement les réputations de la série et celle de HBO qui m’ont incité à continuer.</p>
<p>Passées les péripéties à outrance du pilote, <em>Succession</em> prend le temps de poser ses personnages et les scénaristes leur offrent une chance de sortir des clichés initiaux. Pas tellement pour Brian Cox, que j’ai trouvé assez plat dans le rôle du père, c’est Jeremy Strong en particulier offre à Kendall un parcours plus intéressant. Après s une première tentative ratée de mettre un terme au règne de son père, sa deuxième tentative aurait pu mener vers une série intéressante. Las, c’est comme s’il y avait un appétit sous-jacent pour le grotesque et il ressort avec force dans la dernier épisode de la saison. Si l’accident impliquant Kendall est assez gros, que dire de la récupération par son père qui en profite pour maintenir sa position à la surprise générale. C’est un <em>deus ex machina</em> grossier et, pour le dire franchement, agaçant. À la fin de ces dix premiers épisodes, j’ai l’impression que la série va continuer de jouer sur l’opposition entre Logan et Kendall pendant les trois saisons suivantes. Et honnêtement, je n’ai pas tellement envie de continuer à assister à ces combats puérils entre milliardaires. Quel intérêt ?</p>
]]></description></item><item><title>Dune : deuxième partie, Denis Villeneuve</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/dune-deuxieme-partie-villeneuve/</link><pubDate>Sat, 09 Mar 2024 18:20:33 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/dune-deuxieme-partie-villeneuve/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/dune-deuxieme-partie-villeneuve/dune-deuxieme-partie.jpg">
        <p>S’il y en avait un qui pouvait s’attaquer à l’immense saga <em>Dune</em>, c’était bien Denis Villeneuve. Le réalisateur québécois a prouvé bien des fois qu’il pouvait créer des univers immenses et crédibles, notamment en science-fiction. Malgré tout, les romans de Frank Herbert ne sont pas faciles à transposer et je craignais le pire, jusqu’au moment où j’ai découvert <a href="https://voiretmanger.fr/dune-villeneuve/"><em>Dune</em></a>. Pour l’avoir revu juste avant cette suite, je reste toujours aussi épaté par sa vision d’Arakis et c’est confiant que je suis allé voir <em>Dune : deuxième partie</em>. Plus longue d’une dizaine de minutes, cette suite se consacre à la deuxième moitié du roman original et offre ainsi une conclusion naturelle à l’affrontement entre Atréides et Harkonnen, tout en ouvrant la porte grande ouverte pour une suite qui adapterait le deuxième livre et sur laquelle Denis Villeneuve et Hans Zimmer travaillent déjà. En attendant, j’ai été de nouveau bluffé par le gigantisme de l’univers et l’esthétique imaginée par le cinéaste, hyper graphique, colorée ou au contraire noire et blanche, jamais gratuite.</p>
<p>Certes, <em>Dune : deuxième partie</em> perd en originalité par rapport au premier volet, qui était étonnamment contemplatif. Ici, on revient sur un blockbuster plus conventionnel, avec de nombreuses séquences d’actions explosives et de multiples affrontements individuels et collectifs. Le premier <em>Dune</em> était à cet égard plus intéressant, ce qui ne veut pas dire que la suite est décevante. Denis Villeneuve n’a pas abandonné sa manière de faire pour pondre un film d’action sans âme et on retrouve ses images si soignées, son sens de la mise en scène, ses jeux sur les couleurs et aussi un travail important sur la psychologie. Dans les grandes lignes, il est question ici de l’ascension au pouvoir de Paul, qui devient finalement le Messie de Dune et qui parvient à détruire la maison Harkonen en vengeant son père par la même occasion. Contrairement à la version de <a href="https://voiretmanger.fr/dune-lynch/">David Lynch</a> qui était bien trop court pour tenter d’offrir une conversion un tant soit peu cohérente, cette adaptation prend son temps pour humaniser le personnage principal. Paul ne veut pas de ce rôle attribué par la prophétie, il veut juste être accepté par les Fremen comme un des leurs et son processus de conversion est ainsi lent et particulièrement bien rendu. Le choix de Timothée Chalamet dans ce rôle clé s’explique mieux, il fallait un acteur capable de rendre crédible cette conversion et il le fait à merveille. Son jeu est transformé au fil du long-métrage et il est méconnaissable à la fin.</p>
<p>Le reste du casting est à la hauteur de sa prestation, j’ai beaucoup apprécié également le jeu de Zendaya et le duo parvient à éviter la romance gênante, en trouvant comment la rendre convaincante sans tomber dans le niais. Néanmoins, la véritable star de <em>Dune : deuxième partie</em> reste bel et bien l’image. Denis Villeneuve se surpasse de film en film, je ne sais pas au juste comment il fait, mais je crois que son talent s’aiguise un petit peu plus à chaque nouveau passage derrière la caméra. Que retenir ici ? Si l’on connaissait les décors désertiques, les voyages à dos de ver sont aussi époustouflants et crédibles qu’on pouvait l’espérer. Visuellement, la partie sur la planète Harkonen est peut-être la plus forte, avec un noir et blanc magnifique et nullement gratuit, puisque le réalisateur trouve comment le justifier avec ce soleil sans couleur. De manière plus générale, le gigantisme des décors est à couper le souffle. C’est simple de créer des maquettes et ça l’est encore plus à l’ère du numérique ; ce n’est pas si facile de ressentir qu’un décor ou un vaisseau est immense et c’est ici toujours le cas. J’espère que Warner Bros laissera Denis Villeneuve poursuivre son exploration de la saga <em>Dune</em> et j’ai hâte de voir ce qu’il a encore à nous proposer.</p>
]]></description></item><item><title>House of Ninjas, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/house-ninjas-netflix/</link><pubDate>Mon, 04 Mar 2024 21:39:28 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/house-ninjas-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/house-ninjas-netflix/house-ninjas.jpg">
        <p>Alors que les personnages insistent tous pour qu’on parle d’eux comme des « <em>shinobis</em> » et non des simples ninjas, la série portée par Netflix porte le nom honni. Cela aurait peut-être pu suffire à nous alerter, même si j’ai lancé <em>House of Ninjas</em> sans en avoir conscience et avec un avis plutôt optimiste à la fin du pilote. L’épisode m’a agréablement surpris par l’aura de mystère qui entourait cette relecture modernisée des histoires de ninjas. J’appréciais aussi les choix musicaux à contrecourant de ce que l’on attendrait, avec une ambiance par endroits digne d’un film noir. En bref, j’étais plutôt convaincu et malheureusement, le premier épisode est peut-être le meilleur. En tout cas, le niveau descend régulièrement dans les sept suivants avec sans doute une propension assez malheureuse à se prendre beaucoup trop au sérieux.</p>
<p>Si encore c’était du sérieux intéressant. Dave Boyle imagine une histoire d’un banal confondant que je ne voudrais pas divulgâcher, même si honnêtement, il n’y a pas grand-chose à gâcher. C’est dommage, car <del>John Lennon</del> le grand méchant était lui aussi assez intéressant tant qu’on ne connaissait pas ses vraies motivations à base de conquête du monde et d’ombre qui doit effacer la lumière (🥱). De la même manière, tout l’arc autour du frère disparu il y a six ans est si téléphonée que je l’avais compris dès les premiers épisodes et les scénaristes n’ont rien fait pour essayer de me surprendre. Plus le temps passait et plus j’étais pressé d’en finir, avec un dernier épisode qui m’a bien paru deux fois plus long que les précédents. La fin ouverte est un appel assez évident pour une suite et les algorithmes netflixiens décideront si <em>House of Ninjas</em> pourra avoir une suite. Le cas échéant, ce sera sans moi.</p>
]]></description></item><item><title>Anatomie d’une chute, Justine Triet</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/anatomie-chute-triet/</link><pubDate>Tue, 27 Feb 2024 21:05:22 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/anatomie-chute-triet/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/anatomie-chute-triet/anatomie-chute.jpg">
        <p>Connu pour de mauvaises raisons, <em>Anatomie d’une chute</em> est pourtant bien plus intéressant que les polémiques qui l’ont entouré. Le dernier film de Justine Triet nous projette face à une mort qui sait rester pleine de mystères jusqu’au bout. D’ailleurs, si vous n’avez pas encore vu le long-métrage, je vous encourage à le faire sans en savoir plus et revenir plus tard lire la suite, car il est bien difficile d’en parler sans révéler quelques détails importants, notamment sur la fin.</p>
<p>Dès le premier plan, la réalisatrice instaure une aura de mystère. Samuel n’est pas encore retrouvé mort par son fils malvoyant au pied de leur bien trop grande maison en Savoie que l’on sent déjà une forme de tension, instaurée par des détails aussi subtils qu’une balle qui tombe de l’escalier. C’est ce qui m’a marqué en premier, <em>Anatomie d’une chute</em> repose sur une mise en scène soignée où rien n’est laissé au hasard. Par exemple, l’une des premières séquences est une conversation entre Sandra et une étudiante qui vient l’interroger sur son œuvre. On ne voit qu’elles, la caméra est serrée sur chaque visage en alternance et pourtant l’essentiel est hors champ. C’est la musique diffusée à fond par Samuel qui perturbe la discussion et finit par interrompre les deux femmes, sans aucune explication pour le spectateur alors que c’est un élément clé. J’ai particulièrement apprécié cette manière de filmer en ne révélant que le strict minimum à chaque étape, ce qui forme une sorte de puzzle à reconstituer petit à petit. Jusqu’au bout, Justine Triet garde cet engagement et ne veut pas donner toutes les clés. Dans le procès qui s’ouvre pour déterminer si Sandra est coupable d’un meurtre ou si Samuel s’est suicidé, le témoignage de leur fils Daniel est décisif. Est-ce le récit de ses véritables souvenirs qui innocente sa mère ou a-t-il choisi un camp et inventé de toute pièce cette scène ? On ne le saura jamais et ce n’est pas nécessaire, car au fond, l’intrigue presque policière est secondaire.</p>
<p>La chute dont on analyse l’anatomie, c’est certes celle de Samuel, mais c’est d’abord celle du couple qu’il formait avec Sandra. Le long-métrage évite les retours dans le temps sauf pour une scène de dispute cruciale et magistralement recrée, si bien que l’on découvre leur histoire à travers le procès. Une histoire assez triste, où deux romanciers se sont aimés puis éloignés, géographiquement et mentalement. La mort de Samuel ne met pas un terme au mariage, qui semblait déjà terminé depuis bien longtemps. <em>Anatomie d’une chute</em> évite pour autant les réponses simples et directes, rien n’est simple ici. Le choix d’une actrice allemande pour jouer Sarah n’est pas anodin à cet égard et le scénario l’exploite pleinement puisqu’elle s’exprime surtout en anglais, notamment lors de son procès. Elle n’est pas une héroïne sans relief, c’est bien au contraire un personnage complexe et suspect par bien des aspects. Justine Triet dit avoir écrit le rôle pour Sandra Hüller et on la croit sans peine, tant le jeu de l’actrice est juste. J’ai été encore plus impressionné par Milo Machado-Graner qui incarne son fils avec une intensité rare et un savant mélange entre fragilité et détermination. Apprendre que le jeune acteur n’est pas malvoyant lui-même force encore plus le respect, car il est parfaitement naturel. Une révélation, sans l’ombre d’un doute.</p>
]]></description></item><item><title>Mr &amp; Mrs Smith, Prime Video</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/mr-mrs-smith-prime-video/</link><pubDate>Sat, 24 Feb 2024 22:05:06 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/mr-mrs-smith-prime-video/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/mr-mrs-smith-prime-video/mr-and-mrs-smith.jpg">
        <p><em>Mr and Mrs Smith</em> n’est pas tant une adaptation du film éponyme de 2005 — qui était lui-même en réalité basé sur une série de 1996… —, plutôt une extension du même univers. Le concept de base demeure : celui d’une agence mystérieuse qui emploie des tueurs impitoyables qui vivent comme des gens normaux sous les noms les plus banals qui soient. Si Jane Smith et John Smith sont officiellement mariés, développeurs et bêtement heureux, ils ont été mis en couple par leur employeur et réalisent des missions toujours dangereuses et souvent meurtrières. Les premiers épisodes de la saison détaillent le fonctionnement de cette vie assez particulière, où il faut couper les ponts avec tous ses proches et sa vie au profit d’une nouvelle vie qui n’est normale qu’en apparence. Contrairement au long-métrage de Doug Liman qui se construisait autour de la rupture avec les commanditaires, l’essentiel de la série se construit autour des missions menées par les deux Smith. Avec quand même une inflexion assez vite sensible, où le couple réalise peu à peu que ce mode de vie n’est pas viable sur le long terme et pourtant impossible à quitter. Je n’en dirais pas plus, mais la trajectoire des huit épisodes est assez vite évidente.</p>
<p>Plus que l’intrigue elle-même, j’ai surtout apprécié le travail d’écriture et la réalisation. Donald Glover ne se contente pas d’interpréter John Smith, il est aussi co-créateur avec Francesca Sloane et on sent qu’il a infusé son univers dans la série. <em>Mr &amp; Mrs Smith</em> m’a frappé par le soin apporté à la partie technique, avec une image toujours soignée et une manière toujours réfléchie de poser les intrigues et personnages. En parlant de personnages, une série a forcément davantage le temps de creuser les psychologies par rapport à un film et les scénaristes ont exploité cet avantage. Les John et Jane de la version commandée par Prime Video sont riches et complexes, avec un parcours crédible de bout en bout. Les deux acteurs forment une alchimie remarquable et Donald Glover comme Maya Erskine rendent leur relation amoureuse aussi crédible que leurs difficultés par la suite. À côté d’eux, la série offre un véritable défilé de stars, avec un ou deux invités dans chaque épisode. Ajoutez à cela un tournage sans doute coûteux, notamment parce que deux épisodes sur quatre se déroulent en Italie, et vous obtenez un résultat digne d’un gros film.</p>
<p>Pour autant, la version destinée au petit écran n’essaie pas de reproduire ce qu’Angelina Jolie et Brad Pitt ont pu offrir il y a près de vingt ans de cela. <em>‌Mr &amp; Mrs Smith</em> adopte sa propre voie et renouvelle astucieusement la formule originale pour ne pas tomber dans la redite. J’ai vraiment beaucoup aimé cette expansion de l’univers et le succès aidant, j’imagine que Prime Video voudra donner une suite à la saison, surtout après une fin si mystérieuse. J’espère que Francesca Sloane et Donald Glover auront une excellente idée pour poursuivre, parce qu’il y a pas mal d’idée aussi évidentes que mauvaises.</p>
]]></description></item><item><title>Jeune et Golri, OCS</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/jeune-golri-ocs/</link><pubDate>Fri, 23 Feb 2024 21:45:50 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/jeune-golri-ocs/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/jeune-golri-ocs/jeune-golri.jpg">
        <p>Si le titre peut faire un petit peu peur, il ne faut pas s’y arrêter. <em>Jeune et Golri</em> est une excellente série, dans la grande catégorie de celles qui sont créées, écrites et interprétées par une seule personne. En l’occurrence, Agnès Hurstel, une jeune comédienne dont je n’avais jamais entendu parler et qui impose son univers si généreux et complètement déjanté dès le premier épisode. Les deux premières saisons de cette création pour OCS m’ont impressionné, la première peut-être encore plus même si la deuxième n’est pas du tout ratée et ose partir dans d’autres directions. Les aventures de Prune, comédienne de stand-up dans la fiction comme l’actrice qui lui donne vie, partent dans tous les sens tout en parvenant à créer des personnages complets et même crédibles, ce qui n’est évidemment pas simple. Une belle prouesse, que je recommande assurément.</p>
<p><em>Jeune &amp; Golri</em> parvient à rester sur une ligne assez difficile à maintenir et finalement bien résumée par son titre. Le personnage principal est une personne mature et qui a un regard acéré sur elle-même et sur ceux qui l’entourent, ce qui lui permet d’offrir des sketchs incisifs sur scène. Et en même temps, elle reste une gamine qui aime faire des blagues potaches et qui semble incapable de basculer dans l’âge adulte. L’idée de génie de la première saison est de la confronter à Alma, une petite fille déjà bien âgée dans sa tête, qui adore Napoléon et l’escrime. Le contraste avec la belle-mère est saisissant et c’est tout l’enjeu des huit premiers épisodes, qui sont tous brillants. Que faire après cela ? Agnès Hurstel a opté pour la voie la plus difficile avec une deuxième saison qui se déroule plusieurs années plus tard, alors qu’Alma est désormais adolescente et que Prune n’est plus avec Francis, le père. Tout bouleverser pour éviter les redites, c’est courageux et cela permet à la série d’explorer d’autres horizons plus sombres, tout en restant une comédie assez légère en même temps.</p>
<p>Même si je préfère la simplicité de la première saison, j’ai apprécié tous les épisodes de <em>Jeune et Golri</em> diffusés jusque-là. Ce mélange entre une sitcom à l’américaine comme <a href="https://voiretmanger.fr/seinfeld-david-seinfeld-nbc/"><em>Seinfeld</em></a> et une narration plus traditionnelle de série française fonctionne remarquablement et étonnamment bien. J’espère que la créatrice aura l’opportunité de poursuivre cette aventure et je serai indéniablement au rendez-vous si c’est le cas. Un coup de cœur !</p>
]]></description></item><item><title>Wang, Pierre Bordage</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/wang-bordage/</link><pubDate>Wed, 21 Feb 2024 21:21:22 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/wang-bordage/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/wang-bordage/bordage-wang.jpg">
        <p>Je me souviens avoir lu les deux romans originaux qui composent la série <em>Wang</em> pour la première fois au lycée et j’avais été impressionné par l’univers imaginé par Pierre Bordage. Radicalement sombre et désespéré, hyper réaliste et même presque insupportable par moment. Bien des années après, j’ai profité d’une <a href="https://amzn.to/3OQWabG">réédition en un seul volume</a> chez L’Atalante pour me replonger dans cet univers, avec une véritable curiosité pour vérifier s’il tenait encore la route. Le bilan est contrasté. D’un côté, la dystopie crasseuse imaginée par le romancier reste éprouvante par endroits, tant elle est décrite avec précision et réalisme. Tout le départ en Pologne, avant que le héros Wang passe en Occident, est en particulier très fort. Si fort que j’ai failli abandonner dès les premières pages, quand le romancier décrit un petit peu trop précisément le viol d’une jeune fille de 16 ans, avant de basculer sur la description encore plus précise d’une scène de sexe avec le héros. Ce dernier est censé avoir à peu près le même âge, ce qui n’a pas éliminé dans mon esprit l’impression de lire un récit vieillot et indéniablement écrit par un homme d’une autre génération, disons.</p>
<p>J’ai poursuivi malgré tout ma lecture, en grande partie parce que je me souvenais que la suite était assez différente. De fait, <em>Wang</em> raconte le parcours de l’émigré dans un Occident qui s’est barricadé derrière le REM, un rideau électromagnétique qui entoure entièrement l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord, jusqu’à la Grèce et Israël. L’intrigue se déroule deux siècles après notre présent et cette manière de représenter de façon littérale nos sociétés refermées sur elles-mêmes est assez forte. Bien sûr, on ne peut pas oublier qu’il s’agit d’un roman écrit dans les années 1990, qui se construit sur une idée assez dépassée des réseaux comme internet et qui imagine en guise de successeur au téléviseurs des cabines dans lesquelles on s’installe nus pour appliquer des capteurs chargés de transmettre des émotions. Lire ces principes alors même qu’Apple vient de sortir son Vision Pro est assez cocasse, mais c’est normal de constater un décalage entre la science-fiction et la réalité. Et je dois reconnaître que ce n’était pas gênant, pas autant qu’une géopolitique au fond assez simpliste. Les blocs imaginés par Pierre Bordage sont assez grossiers, pour ne pas dire racistes d’ailleurs, et ils m’ont semblé peu crédibles. J’ai mieux apprécié la logique générale de ce monde enfermé sur lui-même, qui dépend de migrants en grand nombre, des migrants qui sont marqués avec un appareil qui peut les tuer à tout moment pour assurer leur servilité. C’est le capitalisme le plus cynique poussé à son extrême et j’ai trouvé le concept toujours aussi intense, même s’il est peut-être un poil trop aisément contourné sur la fin.</p>
<p>‌Au bout du compte, si je ne regrette pas d’avoir relu <em>Wang</em>, je n’ai clairement pas retrouvé les sensations du jeune lecteur que j’étais. Sans doute parce que ma vision du monde a gagné en complexité et que celle proposée par Pierre Bordage me semble en comparaison un peu faible. Certainement parce que ma sensibilité a évolué et que les remarques sexistes passent nettement moins bien à mes yeux. Sans être mauvais, je ne suis pas sûr non plus que je recommanderais le roman, même si l’édition brochée de L’Atalante est superbe et très agréable à lire.</p>
]]></description></item><item><title>Echo, Disney+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/echo-disney+/</link><pubDate>Tue, 20 Feb 2024 21:19:53 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/echo-disney+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/echo-disney&#43;/echo.jpg">
        <p>Découvert dans l&rsquo;oubliable série <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/hawkeye-disney+/"><em>Hawkeye</em></a>, le personnage de Maya Lopez a fait si forte impression qu’il a droit à sa propre série qui vient gonfler un petit peu l’univers cinématographique de Marvel. Il faut dire que cette héroïne est non seulement amérindienne, elle est aussi sourde, une ouverture à deux minorités encore bien trop rare dans l’industrie. J’étais curieux de voir ce que cela pouvait donner et… ce n’est pas beaucoup plus mémorable, malheureusement. <em>Echo</em> est principalement intéressante par la place faite à la culture amérindienne d’une part et à la surdité de l’autre, les deux étant d’ailleurs fort bien représentés. Alaqua Cox est très bien dans le rôle titre et son handicap est traité de manière positive, ce qui est un changement agréable. Malgré tout, cela aurait été mieux avec un vrai scénario ou en tout cas une histoire digne de ce nom. Au lieu de ça, on a une sorte d’arc narratif sans intérêt entre querelles familiales et le personnage de Wilson Fisk qui mériterait de mourir pour de bon pour libérer cette branche du MCU.</p>
<p>Le premier épisode partait pourtant bien justement, avec l’impression de ne pas savoir où on va terminer et la surprise quand l’héroïne tire sur le grand et gros mafieux que l’on avait découvert avec <a href="https://voiretmanger.fr/daredevil-goddard-netflix/"><em>Daredevil</em></a>. Je trouvais l’idée de le tuer d’entrée de jeu assez brillante, pour laisser ensuite <em>Echo</em> mener vers une toute autre direction. Las, c’était une fausse piste et les scénaristes ont sorti la carte toujours aussi improbable de la simple blessure. C’est d’autant moins crédible qu’il a quand même perdu un œil dans l’opération, mais enfin, l’univers de Marvel est un petit peu magique après tout. Dommage toutefois de ne rien en faire d’intéressant par la suite. Peut-être que Vincent D’Onofrio a atteint les limites de son personnage, peut-être qu’on lui demande toujours de jouer la même chose, quoi qu’il en soit, on en a bien assez vu de lui dans ce rôle. Et le reste n’est pas beaucoup plus intéressant, toutes les intrigues secondaires sont téléphonées et la série est comme sur des rails. Plus étonnant encore, elle s’interrompt brutalement après cinq épisodes seulement et alors qu’on attend toujours le commencement d’une véritable intrigue.</p>
<p>Le personnage de Maya Lopez méritait mieux que cette création étrange qui paraît rétrospectivement assez dédaigneuse pour les minorités qu’elle devrait célébrer. Si l’on peut faire de la place pour les Amérindiens et les handicapés, il ne faudrait pas exagérer et se contenter d’une petite place, tout de même. Bref, passez votre chemin.</p>
]]></description></item><item><title>Barbie, Greta Gerwig</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/barbie-gerwig/</link><pubDate>Sun, 18 Feb 2024 18:50:45 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/barbie-gerwig/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/barbie-gerwig/barbie.jpg">
        <p>Ma première pensée quand j’ai entendu parler d’un film sur Barbie a été un désintérêt poli et néanmoins ferme. Puis j’ai appris que Greta Gerwig allait le réaliser et mon intérêt a été soudainement titillé. L’immense succès de <em>Barbie</em> dans les salles a conforté cette attention, si bien que j’ai regardé le long-métrage avec une véritable envie et l’espoir d’apprécier ce projet tout à fait officiel et même commandé par Mattel. Malheureusement, le résultat n’a pas été à la hauteur de cette attente, peut-être trop exacerbée par la réputation à sa sortie. La présence de Mattel est sans doute la clé pour comprendre le projet et tout ce qui ne va pas. En apparence féministe et même subversif, j’ai trouvé le film bien peu moderne par certains aspects, pour ne pas écrire rétrograde sur d’autres. Au-delà des clichés sur les couleurs — le rose pour les filles, jusqu’au bout —, le manque de représentation des sexualités et genres est assez frappant. Et que penser de cette fin qui, si elle reste ouverte, semble suggérer que la maternité est un aspect fondamental pour une femme.</p>
<p>Plus le film avançait et plus l’écart entre les objectifs de Mattel et ceux, du moins je l’espère, de Greta Gerwig m’a semblé important. Le temps d’une scène au collège, où Barbie passée dans le monde réel se fait humilier pour tout ce qu’elle représente de la pression sociale sur les petites filles, on croit tenir une histoire réellement subversive sur la poupée la plus célèbre au monde. Si j’ai été assez impressionné en la regardant, j’ai vite déchanté par la suite. Le sujet ayant été traité, il ne revient jamais sur le devant de la scène et le long-métrage part dans d’autres directions, comme pour éviter de revenir à la critique directe. Mattel peut être moqué directement avec son conseil d’administration ridicule, il faut quand même vendre des poupées et d’ailleurs <em>Barbie</em> a permis de sortir plusieurs produits dérivés. La réalisatrice tente bien d’imposer une plus grande diversité corporelle, la barbie stéréotypée reste au centre de tout et trouve la rédemption, oubliant au passage tout le mal qu’elle a pu faire en termes d’image féminine mise en avant dès le plus jeune âge.</p>
<p><em>Barbie</em> reste fondamentalement une publicité et pas que pour les poupées de Mattel, d’ailleurs. Les placements produits ne sont pas subtils ici, de Birkenstock à Chevrolet, même si je les ai peut-être davantage repérés en raison de l’ambiance générale du film. Quoi qu’il en soit, les messages sont bien peu inspirés et j’espérais mieux de Greta Gerwig. Une société patriarcale comme la nôtre est mauvaise, mais une société matriarcale où les valeurs sont juste inversées ne vaut pas mieux. Pour vivre, il faut trouver sa vocation, souffrir et mourir à la fin. Et n’oubliez pas d’acheter une Barbie, quand même.</p>
]]></description></item><item><title>Babylon Berlin, Sky One (saison 4)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/babylon-berlin-sky-one-saison-4/</link><pubDate>Fri, 16 Feb 2024 22:20:33 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/babylon-berlin-sky-one-saison-4/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/babylon-berlin-sky-one-saison-4/babylon-berlin.jpg">
        <p><em>Babylon Berlin</em> poursuit son exploration de l’Allemagne de l’entre-deux guerres avec une quatrième saison qui se déroule début 1931, alors que les Nazis occupent toujours plus de place sur la scène politique, avant l’arrivée au pouvoir des fascistes. Après <a href="https://voiretmanger.fr/babylon-berlin-tykwer-borries-handloegten-sky-1/">trois excellentes saisons</a>, il y avait un risque de lasser, ou de perdre ce qui a fait le succès de la série allemande, un risque d’autant plus grand que la pandémie est passée par là et a retardé la sortie. Fort heureusement, Tom Tykwer, Achim von Borries et Hendrik Handloegten savent ce qu’ils font et le prouvent à nouveau avec douze épisodes dans la droite lignée des précédents. Sans jamais lasser, <em>Babylon Berlin</em> parvient à maintenir sa formule presque magique sur la durée : la grande histoire de l’Allemagne en arrière-plan, quelques enquêtes policières secondaires au premier plan, des personnages riches et crédibles et une bande-originale parfaite. J’adore et j’ai hâte de voir la saison suivante !</p>
<p>En attendant, les années 1930 à Berlin se partagent entre des Nazis toujours plus confiants et gonflés et une mafia qui fait toujours plus de dégâts. Dès les premiers plans, la qualité de la reconstitution historique saute aux yeux. Le travail réalisé par la création de Sky One est bluffant et ne faiblit pas avec le temps, un excellent point. Les personnages restent majoritairement familiers, avec quelques nouveaux visages pour renouveler un petit peu le casting, un excellent équilibre. Charlotte mène une enquête de son côté autour d’un juge pourri et d’une mystérieuse secte, Gereon semble avoir basculé dans le camp des Nazis même si on découvre vite qu’il est en mission secrète pour mieux déstabiliser le mouvement. <em>Babylon Berlin</em> exploite quelques faits historiques, en l’occurrence l’affrontement entre les SA et Hitler par l’entremise des SS et la série explore remarquablement comment le fascisme peut s’imposer dans une société. C’est l’histoire du <a href="https://en.wiktionary.org/wiki/Nazi_bar">bar nazi</a> à l’échelle d’un pays et c’est d’autant plus inquiétant que cette histoire ressemble un petit peu trop à notre quotidien. Si seulement cette série pouvait servir de piqûre de rappel sur ce qui se passe quand on laisse un tel mouvement s’installer et gagner en légitimité.</p>
<p>Depuis le départ, la grande force de <em>Babylon Berlin</em> a aussi été sa bande originale, composée en partie par Tom Tykwer, accompagné de morceaux originaux créés dans l’esprit de l’époque. Si la saison 3 m’avait semblé un petit peu en retrait sur ce point — il faut dire que les deux premières ont frappé si fort… —, celle-ci reprend le dessus, avec encore une fois une collection d’excellents titres. Ils sont chapeautés par un nouveau tube, « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=vrjad-k-eeo"><em>‌Ein Tag wie Gold</em></a> », une perle addictive qui sert de thème à toute la saison et revient sous diverses variantes. J’ai aussi découvert et adoré la musique du groupe allemand <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Meute_(fanfare)">Meute</a>, dont le concept est d’adapter de la musique techno ou housse en mode fanfare. Ça colle parfaitement à l’ambiance du Moka Efti et le temps d’un épisode assez fou autour d’un concours de danse, on en prend plein les oreilles avec leur techno recrée avec des cuivres et autres instruments de l’époque. Un délice.</p>
]]></description></item><item><title>Les algues vertes, Pierre Jolivet</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/algues-vertes-jolivet/</link><pubDate>Tue, 13 Feb 2024 20:40:17 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/algues-vertes-jolivet/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/algues-vertes-jolivet/algues-vertes.jpg">
        <p><em>Les algues vertes</em> retrace le parcours d’Inès Léraud, journaliste qui a dénoncé le scandale de l’agriculture productiviste bretonne et surtout ses méfaits sur l’environnement, ainsi que l’omerta imposée jusqu’au sommet de l’État à ce sujet. Pierre Jolivet signe une œuvre de fiction, co-écrite avec la journaliste et basée sur la bande dessinée <em>‌Algues vertes, l&rsquo;histoire interdite</em> qui avait été déjà co-écrite avec Inès Léraud. Autant dire qu’il s’agit d’une reconstitution qui se veut aussi fidèle que possible de son travail d’enquête, à la fois sur les algues vertes et leur toxicité qui a conduit à la mort de plusieurs personnes, et à la fois sur la manière dont les autorités à tous les niveaux ont tout fait pour limiter l’exposition du sujet. Le tabou de l’agriculture intensive, en particulier l’élevage porcin, est parfaitement mis en valeur dans ce long-métrage tourné comme un thriller d’enquête. Le résultat, passionnant et bien interprété, mérite le détour, surtout si vous n’aviez jamais entendu parler de ce scandale écologique si absurde.</p>
<p>Je connaissais le sujet, sans avoir conscience de l’action délétère des autorités, ce que le film met bien en avant. Pendant l’enquête de la journaliste, un jogger meurt dans une zone contaminée par la pollution et c’est une opportunité parfaite pour mettre en valeur toutes les mécaniques du silence qui s’activent. Dès le départ, face au cadavre de son mari, le maire de la commune commence par dissuader la veuve de demander une autopsie. On accuse le sportif de maladresse et toutes les excuses sont bonnes pour enterrer le corps et l’affaire au plus vite, pour éviter un procès qui pourrait établir un lien entre le décès et les nombreuses porcheries des alentours. Un lien qui est pourtant évident, tant ces algues vertes qui prolifèrent suite aux épandages et autres rejets sauvages de lisier produisent un gaz toxique. <em>Les algues vertes</em> démontre comment ce schéma s’est répété à plusieurs reprises dans l’histoire, jusqu’à la fin des années 1980. À chaque fois, on trouve une autre excuse au lieu pour ne pas mettre en cause l’activité agricole et le sujet est devenu tabou. Quand Inès Léraud et sa compagne s’installent dans un petit village du centre de la Bretagne, elles sont accueillies par des menaces dès que les habitants apprennent leur intérêt pour ces fameuses algues. Alors que l’enquête avance, c’est Radio France qui stoppe brutalement l’émission sous de faux prétextes. Un vice-président de région jusque-là coopératif devient un soutien à regret, mais soutien tout de même, du modèle agricole breton quand il se retrouve député à Bruxelles. Personne ne parle, si ce n’est pour défendre l’économie et évoquer une histoire si absurde de guerre contre le reste du monde que ce serait drôle, si ce n’était pas si tragique.</p>
<p>À la fin du film, c’est pour moi ce qui ressort le plus intensément de l’histoire. Tous ces responsables politiques sont soit directement impliqués, soit acceptent sans critique les arguments de la FNSEA. Ils peuvent avoir un intérêt dans la préservation de l’image touristique de la région, quitte à choisir de fermer les yeux sur les morts des locaux pour ne pas effrayer les touristes. Certains ont même des intérêts plus directs, en appartenant à une coopérative locale. Tous connaissent des employés de l’industrie agro-alimentaire, qui domine le marché du travail dans bon nombre de communes. Ils ont tous intérêt à préserver le <em>statu-quo</em>, quitte à détruire leur propre région et menacer la santé de leurs propres enfants, ce qui est quand même assez incroyable. Le pire, c’est toutefois la FNSEA qui défend l’idée d’une guerre économique mondiale, où le porc breton produit en masse doit concurrencer celui qui vient de Chine ou d’ailleurs. Qu’un député défende cet argument au détriment de tout le reste, comme si vendre du porc breton en Asie était la seule action que l’on pouvait entreprendre aujourd’hui, est à la fois risible et si triste. À l’heure du dérèglement climatique, ruiner non seulement l’environnement, mais aussi la santé de ses propres habitants, tout ça pour tenter de concurrencer la Chine en vendant la viande la moins chère qui soit… l’absurdité de la situation est tellement incroyable que j’aurais trouvé l’idée un petit peu trop grosse dans une pure fiction. Et même si, <em>Les algues vertes</em> a contribué à mettre le sujet en lumières, la situation n’a toujours bougé d’un pouce dans le bon sens, ce qui est encore plus absurde et déprimant.</p>
]]></description></item><item><title>Essia, Wajdi Riahi Trio</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/essia-wajdi-riahi-trio/</link><pubDate>Sun, 11 Feb 2024 09:18:23 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/essia-wajdi-riahi-trio/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/essia-wajdi-riahi-trio/essia.jpg">
        <p>Découvert par hasard suite à une <a href="https://piaille.fr/@Lambdachro/111704569287081653">recommandation sur Mastodon</a>, <em>Essia</em> m’a d’abord intrigué par « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=g99srSfyv_0"><em>Opening</em></a> », son premier morceau qui débute sans notes de musique, avant de faire progressivement place au piano, annonçant au passage l’ambition du projet signé Wadji Riahi Trio. Je le découvrais par la même occasion et j’ai écouté l’album sans rien connaître à son sujet. En débutant avec un enregistrement de la Médina de Tunis, évocation de l’enfance du pianiste qui vit et travaille désormais en Belgique, ce premier titre fait en réalité office de programme. Tisser un lien entre les deux cultures, c’est en effet l’idée des dix morceaux qui suivent.</p>
<p>Le deuxième album sorti sous ce nom se construit sur la base d’un trio de jazz contemporain tout ce qui est plus classique, ce qui n’est pas une critique. En plus de Wadji Riahi derrière le piano, on retrouve Pierre Hurty aux percussions et Basile Rahola à la contrebasse et ils imaginent des compositions modernes et que je trouve déjà très réussies et qui suffiraient à composer un bon ensemble. La véritable particularité du trio se retrouve toutefois dans l’inclusion de l’univers du pianiste, en particulier de son enfance tunisienne. Par les sonorités et surtout par le chant qu’il procure lui-même, Wadji Riahi parvient à créer un nouveau genre, à mi-chemin entre le jazz et la musique nord-africaine, un exercice qui me plait <a href="https://nicolasfurno.fr/album/street-minarets-youssef/">toujours autant</a> et qui est ici parfaitement maîtrisé. Cela ne ressemble jamais à un assemblage forcé de deux cultures qui n’ont rien à voir et on ne passe pas brutalement d’un univers à l’autre. Il s’agit bien plus d’un dialogue entre les deux, un échange qui mène à un nouvel univers propre et passionnant. « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=3XLaN7I3vRc"><em>Road to…</em></a> » est un bel exemple de ces conversations, avec la voix du pianiste qui se superpose naturellement aux trois instruments classiques du jazz. C’est vrai à travers tout l’album, de façon peut-être plus subtile, notamment dans les compositions même qui s’inspirent et jouent avec les rythmiques africaines, à l’image de l’excellent « ‌<a href="https://www.youtube.com/watch?v=7oQjamvJZb8"><em>Hymn To Stambeli</em></a> » qui invoque les deux cultures en mode instrumental.</p>
<p>Après plusieurs dizaines d’écoutes, <em>Essia</em> conserve sa place dans ma rotation quotidienne et c’est un album que j’apprécie tout particulièrement. Un coup de cœur que je recommande sans hésiter.</p>
]]></description></item><item><title>Neumatt, SRF 1 (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/neumatt-srf-1-saison-2/</link><pubDate>Thu, 08 Feb 2024 21:45:28 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/neumatt-srf-1-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/neumatt-srf-1-saison-2/neumatt-saison-2.jpg">
        <p>La <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/neumatt-srf-1/">première saison</a> de <em>Neumatt</em> m’avait bluffé par la complexité de ses personnages et la densité de son scénario, en apparence simple alors qu’il enchaînait les rebondissements sans perdre en vraisemblance. J’avais hâte de voir ce que SRF 1 allait nous réserver pour la suite et la bonne nouvelle, c’est que les huit épisodes qui constituent la deuxième saison sont sur la même lancée. On retrouve les mêmes personnages principaux et cette même manière d’écrire sans aucun temps mort et avec de nombreuses idées et rebondissements, jusqu’à la dernière seconde d’ailleurs même si je ne dirai rien de plus. <em>Neumatt</em> reste une série toujours aussi intense et bien maîtrisée, avec des psychologies encore plus creusées et des personnages que l’on adore toujours autant détester. Mention spéciale à cet égard pour Michi, qui est vraiment un sale type jusqu’au bout et dans tous les domaines, même s’il tente la voie de la rédemption <em>in extremis</em>. C’est sans compter sur les autres membres de sa famille, qui sont au fond tous aussi égoïstes et pourris les uns que les autres. À cet égard, <em>Neumatt</em> dresse un ensemble de portraits délicieusement détestables, sans pour autant en faire trop, ce qui est une prouesse.</p>
<p>Malheureusement, la création de SRF 1 ne va pas davantage sur le terrain agricole dans cette suite, alors même que cela s’y prêtait pourtant si bien. Les conditions horribles d’élevage des vaches, même dans cette petite ferme familiale où les bêtes sont réellement aimées par leurs éleveurs, sont montrées, sans jamais remettre en cause l’élevage laitier. Il est bien question de bio en arrière-plan et purement comme moteur de l’action, alors que le modèle productiviste n’est jamais réellement questionné. D’ailleurs, toute la partie avec les supermarchés est assez bizarre, à la fois représentée comme le pire du capitalisme cynique et en même temps, comme la solution qui va sauver les petits producteurs et promouvoir une meilleure qualité. Si <em>Neumatt</em> ne va pas jusqu’à défendre ce modèle, la série ne passe pas loin et je trouve en tout cas dommage de ne pas avoir abordé ces sujets de manière plus directe.</p>
<p>Malgré tout, j’ai trouvé la deuxième saison tout aussi plaisante que la première, principalement grâce à une écriture toujours incisive et des personnages toujours aussi bien dessinés. La fin laisse la voie grande ouverte pour une troisième saison et je serai au rendez-vous pour suivre les futures (més)aventures de la famille Wyss.</p>
]]></description></item><item><title>Upload, Prime Video (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/upload-prime-video-saison-3/</link><pubDate>Wed, 07 Feb 2024 21:05:30 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/upload-prime-video-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/upload-prime-video-saison-3/upload-saison-3.jpeg">
        <p><em>Upload</em> fait partie de ces séries qui se bonifient manifestement au fil des saisons. Les <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/upload-prime-video/">deux premières</a> ressemblaient davantage à un épisode rallongé de <a href="https://voiretmanger.fr/black-mirror-brooker-channel-4/"><em>Black Mirror</em></a> et manquaient peut-être un petit peu de profondeur, même si la deuxième allait dans la bonne direction. Bonne pioche, la troisième est à mon avis encore meilleure, peut-être parce qu’elle s’éloigne en partie du monde virtuel. C’était la grande surprise du final de la deuxième saison, Nathan a été « téléchargé » dans un corps cloné à la demande d’Ingrid, une forme de résurrection qui le renvoie dans le monde réel. Cela suffit à renouveler la série et lui ajouter quelques bonnes idées hors de Lakeview, avec une vision toujours aussi cauchemardesque d’un futur proche où tous nos problèmes actuels sont gérés de façon si absurde qu’ils sont presque pires. L’idée des deux Nathan est bonne pour creuser encore la psychologie des personnages et la relation amoureuse avec Nora passe mieux, je trouve, maintenant qu’elle n’est plus à moitié virtuelle. J’aime encore mieux la trajectoire de l’entreprise derrière Upload et son idée de faire travailler les personnes numériques stockées sur ses serveurs, c’est une bonne manière de pousser la logique capitalistique jusqu’à ses conclusions les plus absurdes.</p>
<p>Avec tous ces ajustements, <em>Upload</em> évite la répétition tout en creusant le même univers. Je ne sais pas si Prime Video a prévu une quatrième saison et je sais encore moins si Greg Daniels aurait encore suffisamment d’idées nouvelles pour tenir la distance. En tout cas, je sais que serai au rendez-vous pour cette satire de science-fiction qui semble parfois un petit peu trop proche de notre réalité. C’est d’ailleurs tout le succès du projet, qui oscille au fond constamment entre l’humour et l’effroi face à un monde stupide et en même temps qui pourrait bien être le nôtre…</p>
]]></description></item><item><title>Un meurtre au bout du monde, FX</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/meurtre-bout-monde-fx/</link><pubDate>Mon, 05 Feb 2024 22:15:38 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/meurtre-bout-monde-fx/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/meurtre-bout-monde-fx/meurtre-bout-monde.jpeg">
        <p>Avant tout, <em>Un meurtre au bout du monde</em> est la dernière série créée par Brit Marling ainsi que Zal Batmanglij et je n’avais besoin de rien de plus pour me décider. Le duo a signé <a href="https://voiretmanger.fr/oa-marling-batmanglij-netflix/"><em>The OA</em></a> et même si Netflix ne lui a pas laissé de chance, je garde encore un excellent souvenir des deux saisons, suffisamment en tout cas pour faire aveuglément confiance aux deux créateurs et regarder ce qu’ils ont à offrir sans rien à lire à son sujet. Le titre de leur nouvelle série en dit déjà bien assez, alors si vous ne l’avez pas vue et qu’une enquête autour d’un meurtre pourrait vous brancher, arrêtez votre lecture dès maintenant pour garder la surprise.</p>
<p>Un meurtre, au bout du monde, donc. En l’occurrence, c’est en Islande que l’on se rend, dans un hôtel perdu au milieu de nulle part, construit par un riche milliardaire qui invite quelques autres riches milliardaires pour une retraite sur le thème du futur. Pour que cela ne se voit pas trop que la sauvegarde de l’humanité après l’apocalypse à venir, qu’elle soit nucléaire ou climatique d’ailleurs, ne concerne pas que les riches, quelques personnes « normales » ont été invitées, dont l’héroïne Darby Hart, romancière et détective privée ou réciproquement. Ce qui tombe bien, puisque l’un des invités meurt dès le premier soir, gâchant les festivités et incitant surtout Darby à mener l’enquête, car elle suspecte un meurtre. Je ne divulgâche rien de plus que le titre à ce stade et l’enquête constitue le cœur de la saison, composée de sept épisodes. Même si l’ambiance n’a rien à voir avec celle de <em>The OA</em>, Brit Marling et Zal Batmanglij ont une manière bien à eux de raconter les histoires et on la retrouve ici, notamment dans la narration déconstruite et qui se révèle petit à petit. Cette enquête prend ainsi la forme d’un puzzle et si je ne veux pas trop en dévoiler, je dirais simplement que je l’ai trouvée assez classique et en même temps bien menée. J’ai pensé assez vite au coupable, ce qui n’a pas empêché <em>Un meurtre au bout du monde</em> de proposer une explication bien plus intéressante que celle que j’avais envisagée initialement.</p>
<p>Plus que l’enquête et l’incontournable « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Whodunit"><em>whodunit</em></a> », la série intéresse par ses personnages qui bénéficient d’une exposition généreuse et d’une psychologie souvent soignée. Le milliardaire Andy Ronson est interprété par un Clive Owen assez terrifiant, sans être époustouflant non plus. J’ai été plus impressionné par l’héroïne, interprétée par Emma Corrin croisée auparavant le temps d’une saison de <a href="https://voiretmanger.fr/crown-morgan-netflix/"><em>The Crown</em></a> où elle était déjà brillante. À ses côtés, je découvrais Harris Dickinson et j’ai été séduit par l’intensité de son jeu. Sans atteindre le niveau de <em>The OA</em> pour moi, j’ai malgré tout été séduit par cette enquête et j’ai hâte de voir ce que le duo nous réservera à l’avenir.</p>
]]></description></item><item><title>Seule la terre, Francis Lee</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/seule-terre-lee/</link><pubDate>Sun, 04 Feb 2024 17:39:17 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/seule-terre-lee/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/seule-terre-lee/seule-la-terre.jpeg">
        <p>Deux hommes qui passent plusieurs jours ensemble à surveiller des moutons dans un environnement sauvage et finissent par tomber amoureux. Non, il ne s’agit pas de l’excellent <a href="https://voiretmanger.fr/secret-brokeback-mountain-lee/">‌<em>Secret de Brokeback Mountain</em></a>, même si par un étrange hasard de circonstances, le nom de famille du réalisateur de <em>Seule la terre</em> est aussi Lee. Après les cow-boys du Wyoming dans les années 1960 filmés par Ang, voici les fermiers du Yorkshire à notre époque présentés par Francis. Si le rapprochement entre les deux long-métrage est impossible à éviter, il perd vite de son intérêt et douze ans après son prédécesseur, le projet de Francis Lee a toute sa place en optant pour un angle au fond assez différent. L’homophobie latente du Yorkshire rural est visible, sans pour autant en faire le sujet principal et à cet égard, <em>Seule la terre</em> se rapproche davantage de la romance, tout en laissant la place la plus importante au personnage principal et à sa découverte, non pas tant de sa sexualité que de la tendresse.</p>
<p>Le scénario prend d’abord le temps de présenter Johnny, sans mettre de gants d’ailleurs. Ce jeune homme s’est retrouvé à son insu à la tête de l’exploitation familiale suite à la détérioration de la santé de son père et il a du mal à accepter cette vie d’autant plus difficile qu’il n’obtient que des remontrances de la part de sa famille. La seule réponse qu’il connaisse est la violence, même si <em>Seule la terre</em> montre bien qu’il est aussi capable de faire preuve de tendresse envers ses bêtes. Malgré tout, il se fait du mal en buvant jusqu’à en vomir tous les soirs et en travaillant sans relâche, si bien que les seules relations intimes qu’il connaît sont aussi rapides que violentes, on pourrait dire bestiales. C’est ce que montre une séquence filmée presque un documentaire, un choix que l’on retrouve dans tout le film, tourné en plans serrés et avec un maximum de lumières naturelles. L’intrigue oppose cette boule de nerfs prête à exploser à Gheorghe, émigré roumain embauché pour donner un coup de main pendant une semaine en pleine période d’agnelage. Cette rencontre débute sous le signe habituel de la violence, avant de pencher tout doucement vers de la douceur. J’ai trouvé ce mouvement parfaitement maîtrisé, tant de la part du scénario qui parvient remarquablement à décrire les émotions des deux personnages, que par les deux acteurs évidemment. Alec Secăreanu est excellent dans le rôle de Gheorghe, même si c’est Josh O&rsquo;Connor qui m’a le plus bluffé. Croisé depuis dans deux saisons de <a href="https://voiretmanger.fr/crown-morgan-netflix/"><em>The Crown</em></a>, il est parfait dans le rôle de Johnny et sa transformation est à la fois évidente et crédible, une belle prouesse.</p>
<p>Sa,s trop en dire sur la fin, j’ai aussi apprécié l’optimisme de <em>Seule la terre</em>. L’histoire entre les deux hommes n’est pas facile et elle doit faire face à de l’adversité, ce qui ne veut pas dire pour autant que l’homophobie doit l’emporter et que l’amour ne peut pas se faire une faire une belle place. Francis Lee a choisi de ne pas faire de l’homosexualité de ses personnages un sujet — pour preuve, l’acceptation pas évidente de la famille est montrée sans être mentionnée —, sans pour autant la masquer. Au contraire, leurs relations sexuelles sont bien rendues, avec même du nu masculin frontal si rare, sans tabou et avec un traitement réaliste, boueux même, qui surprend. À l’arrivée, malgré quelques points communs évidents, je trouve que <em>Seule la terre</em> est quasiment opposé à la vision du film d’Ang Lee, plus esthétique et pessimiste. Les deux méritent en tout cas le détour et la version britannique gagnerait à être plus connue. Je recommande.</p>
]]></description></item><item><title>Stray</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/stray/</link><pubDate>Tue, 30 Jan 2024 22:15:55 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/stray/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/stray/stray.jpg">
        <p>Vous incarnez un chat errant qui tombe par accident dans une ville souterraine et doit retrouver son chemin vers le monde extérieur à travers une série d’explorations et d’enquêtes. Vous vous êtes arrêté à chat et vous avez été immédiatement convaincu ? Bienvenue au club. Depuis que j’ai découvert l’existence de <em>Stray</em>, je rêvais d’essayer ce jeu vidéo qui semblait conçu pour moi. Après une longue attente, il est enfin sorti sur le Mac et j’ai pu l’essayer. Après huit bonnes heures de jeu, je l’ai terminé et je dois dire que je n’ai pas été déçu… même si je ne m’attendais pas à être autant frustré en même temps.</p>
<p>L’émerveillement, c’est le mot que je retiendrais de mes premiers pas dans l’univers de <em>Stray</em>. Si le félin que vous incarnez a quelques aspects physiques bizarres, liés certainement aux concessions technologiques nécessaires à notre époque, j’ai été bluffé par ses mouvements. Sans aller jusqu’au simulateur, le réalisme de l’animal est assez bluffant et on sent bien que les créateurs du jeu, français au passage, sont tous propriétaires de chats. J’ai adoré les petites touches si mignonnes, comme ces coussins où l’on peut faire dormir son héros, ces tapis que l’on peut gratter, ces objets que l’on peut faire tomber ou encore ces boîtes dans lesquelles on peut sauter et se cacher. Ce que j’ai trouve encore plus génial, c’est que ces bonnes idées ne sont pas simplement amusantes, elles sont exploitées par le gameplay. Gratter sert aussi à ouvrir des portes, faire tomber un objet peut attirer l’attention d’un personnage et se cacher dans une boîte peut devenir essentiel à un moment dans la progression. Par ailleurs, <em>Stray</em> a merveilleusement bien exploité les possibilités offertes par le choix d’une bête à quatre pattes. La progression ne se fait pas que horizontalement, il faut aussi lever la tête pour avancer en montant sur un élément, puis un autre et encore un. On peut aussi sauter facilement sur une rambarde ou bien emprunter un tuyau pour changer d’endroit. Le gameplay a été soigné et il est très bien pensé, avec une progression logique parfaitement maîtrisée.</p>
<p>Ajoutez à cela un univers visuellement sublime et une histoire étonnamment attachante. Que peut-on raconter avec un chat perdu dans une ville morte, où ne restent que des robots désœuvrés ? Eh bien étonnamment beaucoup. <em>Stray</em> raconte une histoire cohérente d’un bout à l’autre, qui ajoute réellement une dimension supplémentaire au jeu et qui m’a surpris par sa profondeur. Je ne m’attendais pas à la trouver aussi intéressante, pensant devoir me contenter d’une vague excuse pour jouer avec un chat, ce qui aurait été déjà tout à fait satisfaisant. À la place, c’est un récit assez poignant et surtout parfaitement maîtrisé qui est proposé, un véritable point fort. Même si mon Mac Studio s’est avéré aussi un petit peu juste sur le plan technique pour satisfaire pleinement les besoins du titre, j’ai été régulièrement émerveillé par l’univers graphique imaginé par le jeu. La ville que l’on découvre petit à petit est superbement rendue, les éclairages sont magistraux, les reflets dans les liquides sont magnifiques… non, vraiment, l’environnement m’a lui aussi bluffé.</p>
<p>Face à tant de points positifs, ce devrait être un succès absolu, sauf qu’il y a quelques défauts si pénibles que malgré mon amour pour le jeu, j’ai failli abandonner à plusieurs reprises. La version macOS se bloque régulièrement, un bug qui ne dépend <em>a priori</em> pas d’un Mac en particulier et qui semble général, un bug en tout cas particulièrement énervant quand il intervient en plein milieu d’une scène d’action. On en vient d’ailleurs à mon autre critique : autant j’ai adoré les parties exploratoires et les séquences typées aventure, où il faut aider d’autres personnages pour accéder aux objets qui permettront de débloquer la suite, autant les phases d’action m’ont ennuyé quand elles ne m’ont pas horripilé. Je ne suis pas un grand amateur des jeux de plateforme, où il faut être adroit et rapide. <em>Stray</em> essaie de basculer dans un tout autre gameplay de façon assez brutale et j’ai trouvé à chaque fois cela inutilement stressant et agaçant quand je devais répéter les mêmes séquences dix fois. À mon sens, l’histoire aurait été encore plus forte sans cet artifice, ou alors avec des mécaniques de jeu différentes pour s’en sortir. J’aurais préféré passer encore plus de temps à explorer les ruelles de la ville et échanger avec ses habitants.</p>
]]></description></item><item><title>Asteroid City, Wes Anderson</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/asteroid-city-anderson/</link><pubDate>Sun, 28 Jan 2024 18:47:33 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/asteroid-city-anderson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/asteroid-city-anderson/asteroid-city.jpg">
        <p>Le cinéma de Wes Anderson est si particulier qu’on identifie un de ses films dès les premières secondes. J’ai longtemps trouvé cela fort charmant et reconnu les qualités esthétiques de ses productions, je crois néanmoins avoir atteint mes limites. <em>Asteroid City</em> est parfaitement réalisé, avec un mélange de noir et blanc bien contrasté pour la partie méta ou « making-of » de la pièce qui est présentée dans un format allongé type scope aux couleurs pastels. La mise en scène soignée laisse découvrir de multiples petits détails amusants, même pas forcément exploités par le scénario, si bien que le spectateur attentif peut découvrir les clins d’œil par dizaines. Le casting est rempli d’une longue liste de stars, qui défilent pour certaines le temps d’une demi scène, avec de nombreux visages familiers chez le cinéaste<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et sans surprise, des interprétations sans reproche. Pour autant, j’ai trouvé l’ensemble bien vide. Si j’adore l’absurde et si celui de Wes Anderson reste toujours aussi plaisant, il lui manque à mon sens un but, une idée générale à défaut d’un message. Rien de tel ici : <em>Asteroid City</em> n’a rien de passionnant à raconter et le projet ressemble fort à un pastiche gratuit et sans grand intérêt de la carrière du réalisateur américain.</p>
<p>Je ne sais pas si j’y suis désormais plus sensible ou si c’est cette vacuité qui me l’a révélé d’autant plus. Le cinéma de Wes Anderson est aussi très blanc et passéiste, ce qui est flagrant ici, dans ce qui ressemble à un hommage aux années 1950, même si c’est tout de même plus subtil. Je me suis souvent demandé pendant la bonne heure et demi que dure le long-métrage quel était l’intérêt du projet. Sans aller jusqu’à dire que je me suis ennuyé au point d’envisager d’arrêter <em>Asteroid City</em> avant la fin, le talent des acteurs suffisant à faire tenir, je ne peux pas dire que j’ai été emballé par le fond. Et même si la forme peut être magnifique, bien que déjà vue dans ses précédents films, elle ne suffit pas à compenser cette vacuité. Bref, j’adore l’absurde et peut-être que j’aurais adoré cette version il y a encore quelques années, mais j’ai manifestement évolué, contrairement à Wes Anderson.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Et encore, Bill Murray a raté le rendez-vous à cause d’un problème de santé. Il a été remplacé par Steve Carrell, un choix étonnant sur le papier, même s’il fonctionne bien à l’écran.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Fargo, FX (saison 4)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/fargo-fx-saison-4/</link><pubDate>Sat, 27 Jan 2024 21:53:26 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/fargo-fx-saison-4/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/fargo-fx-saison-4/fargo.jpeg">
        <p>C’est en m’intéressant à la cinquième saison de <em>Fargo</em>, diffusée actuellement, que j’ai réalisé que j’étais passé à côté de la quatrième. J’adore pourtant cette série créée par Noah Hawley et dont les trois premières saisons <a href="https://voiretmanger.fr/fargo-hawley-fx/">m’ont enchanté</a> par leur manière de réinventer le <a href="https://voiretmanger.fr/fargo-coen/">film original</a> des frères Coen, sans tomber dans la répétition pour autant. Pour cette saison 4, la créateur opte pour un changement encore plus radical, en déplaçant l’action non seulement dans les années 1950, aussi à Kansas City, dans le Missouri. Les onze épisodes se construisent autour de l’opposition entre deux mafias, l’italienne qui s’est imposée dans la ville dans les années 1930 et l’afro-américaine qui tente de s’imposer à son tour. Même si la ville de Fargo est citée par endroits et même s’il y a quelques connexions logiques avec le reste de l’univers de la série, cela reste un changement majeur et ce n’est pas forcément une bonne idée, j’ai trouvé.</p>
<p>Cette saison reste aussi soignée et bien réalisée que les précédentes, on reste sur une qualité <em>Fargo</em> à cet égard. Je ne me suis pas ennuyé, même si l’opposition mafieuse est un classique vu et revu tant de fois que j’avais toujours le sentiment de savoir ce qui allait arriver en étant trop rarement surpris. Le duo de frères côté italien n’était pas bien original, sauf le final surprenant et absurde dans le plus grand esprit de la série. Cette pointe d’absurde m’a toutefois manqué cette fois, elle était moins présente et pas toujours maîtrisée (la tornade…), si bien que c’est la saison qui me semble la plus éloignée du long-métrage fondateur. Noah Hawley semble avoir cherché à s’en éloigner au maximum, peut-être par peur de la répétition et ce qu’il propose à la place ne m’a pas autant convaincu. Même si le casting est convaincant — avec une mention spéciale pour Jessie Buckley, épatante dans le rôle de l’infirmière —, même s’il y a des scènes intenses et des moments réussis, je n’ai pas été emballé. Malgré tout, je serai au rendez-vous pour voir la cinquième saison, en espérant retrouver tout ce qui a fait le succès initial de <em>Fargo</em>.</p>
]]></description></item><item><title>Doi Boy, Nontawat Numbenchapol</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/doi-boy-numbenchapol/</link><pubDate>Fri, 26 Jan 2024 21:31:36 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/doi-boy-numbenchapol/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/doi-boy-numbenchapol/doi-boy.jpeg">
        <p><em>Doi Boy</em> est la première œuvre de fiction du documentariste thaïlandais Nontawat Numbenchapol dont j’ignorais jusqu’à l’existence avant de voir son long-métrage suggéré par Netflix. Attiré par la promesse de la thématique LGBTQ+ et par l’originalité d’un cinéma dont j’avais <a href="https://voiretmanger.fr/oncle-boonmee-weerasethakul/">à peine connaissance</a>, j’ai lancé la lecture sans savoir à quoi m’attendre. J’ai découvert une œuvre étonnante, qui tend vers le thriller sans en avoir le rythme et qui parvient à constamment déjouer les attentes du public, ce qui est toujours rafraîchissant. On commence avec ce qui pourrait ressembler à de la romance entre un prostitué et un homme marié, avant de découvrir que le premier vit avec une femme et que le deuxième est un flic pas net qui semble suivre un intérêt moins avouable dans cette relation. La suite est encore plus étonnante, jusqu’au final que je ne révélerai pas, si ce n’est pour souligner son côté abrupt qui laisse ouvert de nombreuses hypothèses et ne répond pas à la majorité des questions en suspens.</p>
<p>Au fond, on ressent bien la patte du documentaire sur ce premier film. <em>Doi Boy</em> semble suivre des personnages dans leur quotidien pendant un moment, avant de les quitter tout aussi brutalement. Il n’y a pas réellement de contexte autour de ces histoires individuelles, même si on comprend qu’il est question en fond de traite d’humains, on voit aussi les difficultés pour des migrants illégaux à vivre en Thaïlande, ou encore la corruption à tous les niveaux. Tous ces sujets de société sont abordés sans être au centre de l’intrigue, qui se concentre sur les personnages principaux et leurs actions, sans chercher à les justifier. On ne sait pas pourquoi ce policier emmène les deux hommes de l’autre côté de la frontière, cela semble stupide sur le papier, ça l’est en réalité et le film n’essaie même pas de s’y confronter. La caméra de Nontawat Numbenchapol semble par moment posée à côté, magnifiant les décors naturels et urbains avec un talent incroyable d’ailleurs, sans interrompre les personnages dans leur quotidien. <em>Doi Boy</em> est à cet égard une œuvre assez étrange, qui demande de se laisser porter par une histoire sans nécessairement tout comprendre ou expliquer. J’ai trouvé cela assez agréable.</p>
]]></description></item><item><title>Knokke Off, VRT MAX (saison 1)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/knokke-off-vrt-max/</link><pubDate>Thu, 25 Jan 2024 21:13:17 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/knokke-off-vrt-max/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/knokke-off-vrt-max/knokke-off.jpeg">
        <p>Dans la catégorie des séries sur des jeunes riches qui se droguent, non pas <a href="https://voiretmanger.fr/elite-madrona-montero-netflix/"><em>Élite</em></a>, voici <em>Knokke Off</em>, une création belgo-néerlandaise diffusée par Netflix dans le reste du monde. La première saison a connu un énorme succès dans ses deux pays d’origine et je n’ai pas mis longtemps à comprendre pourquoi. Même si le pitch peut en effet ressembler à la centième variation sur le même thème, la série d’Anthony Van Biervliet se distingue dès le départ par l’intensité et la précision des émotions représentées. Portée à la fois par un casting parfait et par un scénario parfaitement écrit, la première saison explore des thématiques assez communes, certes, mais en le faisant remarquablement bien. De quoi vous accrocher dès le pilote aux personnages et aux situations et vous embarquer le long d’un récit poignant jusqu’au bout, grâce au talent des acteurs et à la finesse de l’écriture.</p>
<p>Je n’ai même pas envie de détailler le scénario à base, qui n’est au fond pas bien passionnant. On y parle d’adolescents et de leurs amours compliquées le temps d’un été, de classes sociales avec une opposition bien nette entre deux groupes que tout oppose, et même d’une mort mystérieuse. Je ne vais pas le cacher, j’ai réellement cru voir un <em>Élite</em> néerlandais dans les premières minutes et arrêter la série dans la foulée. Il faut dépasser cet <em>a priori</em> négatif et se laisser porter pour apprécier une série nettement plus riche et intéressante. <em>Knokke Off</em> prend son temps pour placer tous ses personnages et ses dix épisodes d’une bonne demi-heure sont bien calibrés pour apprendre à les connaître et même les voir évoluer. Les oppositions ne sont pas toujours aussi caricaturales qu’on peut le croire initialement et sans prétendre que la série portée par Netflix est d’une grande profondeur, je l’ai trouvé elle aussi plus intéressante qu’escompté. Une deuxième saison a été prévue et je serai curieux de voir ce que cela donne.</p>
]]></description></item><item><title>Élémentaire, Peter Sohn</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/elementaire-sohn/</link><pubDate>Wed, 24 Jan 2024 21:22:47 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/elementaire-sohn/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/elementaire-sohn/elementaire.jpeg">
        <p>À peine plus d’un an après <em><a href="https://nicolasfurno.fr/film/alerte-rouge-shi/">Alerte rouge</a></em>, Pixar revient à nouveau sur le même terrain, celui de l’héritage familial au sein d’un contexte migratoire. Dans <em>Élémentaire</em>, on suit la fille de migrants de feu qui sont arrivés dans une ville conçue pour les habitants d’eau, de terre et d’air, dans ce drôle d’univers où les quatre éléments sont humanisés. Contrairement à son prédécesseur, le long-métrage réalisé par Peter Sohn est aussi une comédie romantique, dans la sous-catégorie des amours interdites façon <em>Roméo et Juliette</em>. Flam Lumen, élément feu, ne peut évidemment pas tomber amoureuse de Flack Delamare, élément eau, ils ne sont pas compatibles puisque l’un peut éteindre ou évaporer l’autre à tout moment. Bien entendu, cet interdit ici vaguement physique va être évacué par la force des sentiments : si vous avez vu une comédie romantique dans votre vie, vous ne serez guère surpris par le fil narratif de celle-ci.</p>
<p>Cette absence de surprises n’est pas un problème pour autant. J’ai trouvé l’inventivité d’<em>Élémentaire</em> pour imaginer son univers avec les quatre éléments tout à fait satisfaisante et l’animation est particulièrement bluffante, avec un grand nombre d’interactions qui n’ont pas dû être évidentes à réaliser. Pixar continue de hausser le niveau dans ce domaine et le travail réalisé ici n’est peut-être pas surprenant quand on pense à l’héritage du studio d’animation, il n’en est pas moins impressionnant. Sur le fond, je ne peux pas dire que Peter Sohn se soit donné beaucoup de mal, sa métaphore sur l’immigration et l’inspiration dans sa propre expérience de fils d’immigrés sud-coréens arrivés à New York dans les années 1970 sont assez transparentes. Ce n’est pas une mauvaise métaphore pour autant et la transcription de notre monde par des éléments simplifiera l’identification des spectateurs dans les personnages. Sans être aussi impressionnant que les meilleurs Pixar — il lui manque pour cela une touche de génie, ou peut-être une histoire plus originale —, j’ai trouvé au bout du compte cet <em>Élémentaire</em> plutôt bon.</p>
]]></description></item><item><title>Tout va bien, Disney+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/tout-va-bien-disney+/</link><pubDate>Mon, 22 Jan 2024 17:37:57 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/tout-va-bien-disney+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/tout-va-bien-disney&#43;/tout-va-bien.jpeg">
        <p>Ne lisez pas ce qui suit si vous n’avez pas vu la série et que vous comptez le faire, je m’en voudrais de divulgâcher quoi que ce soit et il faut bien parler de la fin. Anne Vasseur, sorte de gourou psychologue qui explique dans tous ses livres et à qui veut bien l’entendre que le bonheur n’est qu’une question de volonté, a retiré les dernières pages du <em>Chateau de ma Mère</em> à l’exemplaire qu’elle donne à sa fille pour ne pas la confronter à la mort. Je me demande à quel point <em>Tout va bien</em> n’a pas subi le même traitement avec son dernier épisode, réorienté pour nous éloigner d’une fin trop tragique.</p>
<p>Cette mini-série proposée par Disney+ m’a impressionné par le choix de son sujet et surtout son traitement frontal. Il est question d’une jeune fille atteinte de leucémie et des bouleversements opérés par cette terrible maladie sur toute sa famille. Le casting est impeccable, ce qui n’est pas toujours le cas dans la fiction française, l’écriture fine et l’ensemble parfaitement réaliste. <em>Tout va bien</em> résonne comme un titre à l’ironie de plus en plus mordante au fur et à mesure où la santé de Rose se détériore et alors que la famille se délite toujours plus. L’hypocrisie d’Anne — Nicole Garcia, royale — qui opte aveuglement pour l’optimisme quitte à ignorer tous ceux qui l’entourent à commencer par son mari est décrite avec soin et de plus en plus flagrante. La santé mentale de ses trois enfants dérape brutalement et la maladie révèle toutes les fêlures sous-jacentes qu’ils masquaient tant bien que mal. Virginie Efira et Sara Giraudeau sont impeccables pour incarner les deux sœurs, respectivement la tante et la mère, leur douleur est palpable sans trop en faire et leur personnage est remarquablement dosé. Cela ressemblait à un sans faute, pour une mini-série pas marrante du tout, mais puissante et juste.</p>
<p>Et puis, Camille de Castelnau a choisi d’opter pour une fiction « <em>feel-good</em> », ce sont ses mots. Je ne sais pas si Disney+, qui a commandé la série, ne voulait pas montrer la mort d’un enfant ou si c’est sa créatrice qui a toujours voulu cette fin bizarre. Le plus paradoxal, c’est que <em>Tout va bien</em> commence avec une belle dose d’optimisme, partagée tant par les personnages que les spectateurs. Évidemment qu’on espère que Rose ira mieux, que la greffe prendra, qu’elle pourra s’en sortir sans encombre. Les sept premiers épisodes détruisent mécaniquement tout espoir, avec une ambiance noire qui culmine par l’annonce de la mort à venir de la petite, dans quelques heures, quelques jours au mieux selon les médecins. Je m’attendais alors à un ultime épisode d’enterrement, c’était dans la lignée de ce qui précède et la conclusion la plus logique selon moi. Sauf que le scénario sort un joker de sa poche, un miracle quasiment divin — la séquence dans l’église est assez troublante — et un mariage final rempli de joie qui tranche avec tout le reste. Le problème, ce n’est pas que <em>Tout va bien</em> ne soit pas un titre ironique, le problème, c’est que cette fin positive tombe comme un cheveux sur la soupe, remet en cause tout ce qui précède et fait passer la création Disney+ de la catégorie des grandes séries à celle des oubliables. Dommage.</p>
]]></description></item><item><title>Le sentier côtier à partir du moulin Édouard</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/sentier-cotier-moulin-edouard/</link><pubDate>Sun, 21 Jan 2024 15:31:02 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/sentier-cotier-moulin-edouard/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/sentier-cotier-moulin-edouard/IMG_0074.jpeg">
        &lt;p>Si l’on imagine le sentier côtier face au large, le long de falaises acérées, le chemin qui entoure la Bretagne emprunte pourtant de nombreux détours dans des rias, ou abers comme on les appelle dans le coin, ces rivières remplies d’eau de mer. Les balades dans ces coins moins exposés au vent du large sont toujours fort agréables, y compris en plein hiver. En partant du moulin Édouard, le sentier côtier le long du Dourdu qui coule à Riec-sur-Belon est typique du sud du Finistère et fort plaisant sous le timide soleil de janvier. En cette saison, mieux vaut prévoir des chaussures imperméables pour gérer les sections les plus humides.&lt;/p>
</description></item><item><title>Le Monde après nous, Sam Esmail</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/monde-apres-nous-esmail/</link><pubDate>Sat, 20 Jan 2024 19:04:21 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/monde-apres-nous-esmail/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/monde-apres-nous-esmail/monde-apres-nous.jpeg">
        <p>La scène un petit peu ridicule avec les voitures de Tesla qui s’écrasent les unes sur les autres suite à un hack de grande ampleur a fait tant parler d’elle que je n’avais pas du tout envie de regarder <em>Le Monde après nous</em>, un énième film apocalyptique proposé cette fois par Netflix. J’ai toutefois changé d’avis en réalisant que Sam Esmail était derrière les caméras : <a href="https://voiretmanger.fr/mr-robot-esmail-usa-network/"><em>Mr. Robot</em></a> m’a laissé un excellent souvenir et j’étais curieux de voir ce que le cinéaste pouvait apporter à un sujet aussi banal. Après quasiment deux heures et demi, je ne regrette pas : le film est bien plus intéressant qu’il n’y paraît, avec un discours bienvenu sur l’aveuglement de nos sociétés face à l’imminence d’un danger. Sans être une réussite parfaite, j’ai apprécié ce thriller mystérieux jusqu’à la fin.</p>
<p>Les meilleures histoires de fin du monde sont racontées à hauteur humaine et <em>Le Monde après nous</em> a bien retenu la leçon. La catastrophe a lieu en arrière-plan la majorité du temps et si ce n’est pour les deux ou trois séquences impressionnantes — le bateau qui s’échoue sur la plage, l’avion qui s’écrase en bord de mer et les Tesla, bien sûr —, on reste à l’écart. Sans aller jusqu’au huis clos, Sam Esmail se concentre judicieusement sur la grande maison où se déroule l’essentiel de l’action, une maison coupée du monde suite à l’arrêt d’internet, de la télévision et de la radio. Ce dispositif empêche les personnages et les spectateurs par la même occasion de savoir ce qui se passe réellement, si ce n’est par quelques indices que j’ai d’ailleurs trouvé un petit peu trop appuyés. Le film n’avait pas besoin d’afficher ces informations sur le téléviseur ou ces mots par la radio, d’autant que c’est un petit peu gros qu’il n’y ait aucun personnage pour les entendre et je suis même persuadé qu’il aurait été meilleur sans. On n’a pas besoin de savoir que la situation est catastrophique, on le devine amplement avec ce qui transparaît depuis la maison.</p>
<p>Sam Esmail est meilleur quand il glisse des indices qui ne sont pas explicités, à l’image de ces rassemblements de cerfs. On ne sait pas exactement pourquoi ces animaux viennent tous près de la maison, on comprend toutefois qu’il s’agit comme un avertissement de la nature et peut-être une métaphore du dérèglement climatique causé par l’homme. Le plastique sur la plage quelques scènes plus tôt allaient déjà dans ce sens et le fait que la petite fille soit la seule à voir les cerfs renforce encore cette idée. Si <em>Le Monde après nous</em> évoque explicitement une fin de monde à base de hack à grande échelle, on peut aussi le lire comme une dénonciation de notre aveuglement face une fin du monde provoquée par nous-mêmes. D’autant plus quand les personnages sont tous riches et ultra-préparés, un écho particulièrement saisissant de <a href="https://www.wired.com/story/mark-zuckerberg-inside-hawaii-compound/">notre réalité</a>. Avec ce message, pas le plus original qui soit certes, j’ai trouvé que le long-métrage sortait de la routine post-apocalyptique. Loin de signer un film d’action bourrin et décérébré de plus, Sam Esmail prend son temps pour poser un récit mystérieux et pas si bête.</p>
]]></description></item><item><title>Monarch: Legacy of Monsters, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/monarch-legacy-monsters-apple-tv+/</link><pubDate>Tue, 16 Jan 2024 22:05:19 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/monarch-legacy-monsters-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/monarch-legacy-monsters-apple-tv&#43;/monarch-legacy-monsters.jpeg">
        <p>Le <em>Godzilla</em> de Gareth Edwards que j’avais <a href="https://voiretmanger.fr/godzilla-edwards/">moyennement apprécié lors de sa sortie</a> a lancé sans doute à son insu le « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/MonsterVerse">MonsterVerse</a> », un énième univers cinématographique inspiré par le succès de celui de Marvel. Cette fois, les plus gros monstres du cinéma s’y retrouvent, Godzilla donc, King Kong aussi et quelques bestioles sorties de l’imagination des scénaristes. <em>Monarch: Legacy of Monsters</em> s’inscrit dans cet univers, puisque la série d’Apple TV+ est le sixième volet de la saga, après plusieurs longs-métrages que je n’avais vraiment pas envie de regarder, notamment parce que l’idée de faire affronter Godzilla et King Kong me semblait — me semble toujours — idiote et paresseuse. Autant dire que je ne me suis pas précipité sur la série, que j’ai tout de même regardée par curiosité polie.</p>
<p>Après les dix épisodes qui constituent la première saison, je ne regrette pas et je serais peut-être même curieux de voir la suite. <em>Monarch: Legacy of Monsters</em> a le mérite de prendre le temps de poser des personnages et de reléguer les monstres au second plans, ce qui me semble la seule voie intéressante à suivre. Si Godzilla est bien présent et si King Kong passe une tête une fois ou deux, ces créatures mythiques sont secondaires et l’intrigue se concentre sur les humains. Le scénario se construit sur un bon demi-siècle, entre la fin des années 1950 et le milieu des années 2010, et suit ainsi des personnages sur plusieurs années, tout en justifiant les actes du présent par ceux du passé. Ce n’est pas l’idée la plus originale qui soit, certes, c’est en tout cas un dispositif qui fonctionne assez bien en laissant au spectateur le soin de reconstituer le puzzle progressivement. Cela permet aussi d’accorder aux personnages davantage de place et de leur offrir une psychologie plus creusée. Dans cette version, j’ai apprécié le travail sur les relations familiales, moins les flashbacks assez lourds comme toujours, même s’ils étaient heureusement rares. La série créée par Chris Black et Matt Fraction s’est ainsi avérée divertissante sans trop se reposer sur les monstres, ce qui était sans doute la meilleure option. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’était une excellente série, mais je n’attendais déjà pas tant.</p>
]]></description></item><item><title>1670, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/1670-netflix/</link><pubDate>Sun, 14 Jan 2024 18:27:36 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/1670-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/1670-netflix/1670.jpeg">
        <p>Comment résumer <em>1670</em> ? Commencez avec une bonne dose de <a href="https://voiretmanger.fr/createur/monty-python/">Monty Python</a> pour l’absurde et les anachronismes, ajoutez l’humour d’un faux documentaire dans l’esprit de <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/what-we-do-shadows-fx-saison-4-5/"><em>What We Do in The Shadows</em></a> et déplacez le tout dans la Pologne du XVII<sup>e</sup> siècle et cela vous donnera une vague idée. Cette série polonaise portée par Netflix imagine un documentaire qui se déroule dans un village paumé en 1670, où deux nobles sont en conflit pour le contrôle des lieux. C’est le point de départ en guise d’excuse pour un concentré de séquences délirantes, parfois face caméra tant qu’à faire dans le ridicule, où les personnages présentent leurs tracas du quotidien et, comme toujours, parlent de notre société contemporaine de manière détournée. L’anachronisme est partout, en particulier avec le personnage d’Aniela, la fille de Jan Paweł — qui compte bien devenir le Jean-Paul le plus célèbre de l’histoire de la Pologne —, bien du genre à tenter d’avertir la population sur les risques du réchauffement climatique qu’on annonce dans 380 ans. Ce n’est pas la seule toutefois qui tente de bousculer un ordre social très ancien et figé, c’est un petit peu la base de la série.</p>
<p>Si <em>1670</em> se veut délirante, ce n’est pas pour autant une raison pour ne pas délirer sérieusement. J’ai été bluffé par la qualité de la reconstitution historique, des costumes aux décors naturels, tout est recréé avec beaucoup de soin. Le casting est également excellent, tout particulièrement Bartłomiej Topa, un acteur polonais prolifique que je découvrais à cette occasion et qui est parfait dans le rôle du père de famille. J’ai aussi retrouvé avec plaisir la jeune Martyna Byczkowska, croisée il y a peu dans <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/debuts-netflix/"><em>Les Débuts</em></a>, une autre série polonaise pour Netflix et dont le jeu est d’une rare intensité dans les deux cas. <em>1670</em> ne se prend pas trop au sérieux toutefois et les huit épisodes d’une trentaine de minutes sont tous excellents. Je recommande chaleureusement à tous ceux qui apprécient l’absurde.</p>
]]></description></item><item><title>Mission impossible : Dead Reckoning, partie 1, Christopher McQuarrie</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/mission-impossible-dead-reckoning-partie-1-mcquarrie/</link><pubDate>Sat, 13 Jan 2024 17:45:09 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/mission-impossible-dead-reckoning-partie-1-mcquarrie/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/mission-impossible-dead-reckoning-partie-1-mcquarrie/mission-impossible-dead-reckoning-1.jpeg">
        <p>Je me demande si ce combat de Tom Cruise, alias Ethan Hunt, contre une intelligence artificielle n’est pas une manière pour l’acteur de tenter d’éviter ce qui semble de plus en plus inévitable : l’extension de la <a href="https://voiretmanger.fr/saga/mission-impossible/">saga <em>Mission : Impossible</em></a> jusqu’à la fin des temps. Depuis le premier volet diffusé en 1996, on en est au septième long-métrage et comme son nom le suggère bien, <em>Mission impossible : Dead Reckoning, partie 1</em> sera complété par un huitième. Avec les retards liés à la pandémie, la deuxième partie finira peut-être par sortir en 2026, trente ans après l’original. Trente ans d’une formule qui n’a pas énormément varié, si ce n’est que les cascades sont de plus en plus spectaculaires et sont désormais bien plus que le clou du spectacle, la raison d’être de chaque épisode. Tout le discours marketing autour de Tom Cruise qui continue à réaliser ses propres cascades le montre bien. Force est d’ailleurs de constaté que l’acteur, qui a fête ses 60 ans pendant la réalisation de ce film, n’a pas perd de son talent et compose un agent secret toujours aussi convaincant. À tel point que l’on pourrait se demander s’il n’a jamais déjà été remplacé par une intelligence artificielle.</p>
<p>Parlons-en, de l’IA, puisque Christopher McQuarrie a eu la drôle d’idée d’en faire son grand ennemi. Il s’est sûrement dit que c’était une bonne idée, tant le sujet était d’actualité et on peut dire qu’il a eu le nez creux en sortant <em>Mission impossible : Dead Reckoning, partie 1</em> l’année de ChatGPT. Était-ce une bonne idée pour autant ? Sans surprise, la réponse est non. Ce programme informatique installé par les États-Unis dans un sous-marin russe et qui devient doué de conscience est un cliché qui accuse le poids des années et le scénario n’essaie absolument pas de le renouveler. Loin de la subtilité atteinte par un <a href="https://voiretmanger.fr/person-of-interest-nolan-cbs/"><em>Person of Interest</em></a>, on reste ici dans l’opposition un peu bête et sans intérêt. D’un autre côté, je dirais aussi que l’intrigue principale des différents <em>Mission Impossible</em> n’a jamais été un point fort et je serais bien incapable de vous résumer celle des précédents épisodes, que j’avais bien appréciés pourtant. Celui-ci en comparaison m’a paru nettement plus faible, peut-être parce que les cascades ne sont plus aussi impressionnantes. On a déjà vu tant de courses-poursuites dans des villes que celle de Rome, bien qu’exécuté à la perfection, est assez banale. Même la fameuse séquence du train ne m’a pas procuré tant de plaisirs coupables que je l’imaginais et elle s’est déroulée sans surprise majeure.</p>
<p>Faute d’une intrigue intéressante ou de cascades suffisamment originales, que reste-t-il à <em>Mission impossible : Dead Reckoning, partie 1</em> ? Une galerie de personnages principaux que l’on connaît depuis si longtemps qu’ils peinent à surprendre et une galerie de personnages secondaires dénués de toute profondeur. J’ai déjà tout oublié du méchant qui aide l’IA et je préfère oublier les actrices, qui ne sont là que pour être sauvées (ou pas, <em>spoiler alert</em>) par le héros, ce qui est franchement gênant en 2023.À l’heure des bilans, cette première partie de deux heures et demi tout de même — est-ce que l’on réapprendra un jour à réaliser des films plus courts ? — ne m’a pas ennuyé, car il y a suffisamment d’action et un rythme soutenu d’un bout à l’autre. Elle ne m’a pas non plus passionné et je dois dire que je n’ai même pas tellement envie de voir la suite. À quoi bon, quand la fin est déjà connue d’avance et si c’est pour reproduire des schémas du passé déjà vus mille fois avant ? Il serait grand temps que Tom Cruise prenne sa retraite et la saga avec.</p>
]]></description></item><item><title>Slow Horses, Apple TV+ (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv+-saison-3/</link><pubDate>Wed, 10 Jan 2024 21:34:52 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv+-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv&#43;-saison-3/slow-horses-3.jpeg">
        <p>La série <em>Slough Horse</em> compte huit romans principaux la version pour Apple TV+ les suit pour le moment sans faillir. La <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv+/">première saison</a> adaptait le premier roman, la <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv+-saison-2/">deuxième</a> suivait le volet suivant et voici venir une troisième saison qui adapte… vous avez compris l’idée. L’avantage de cette approche, c’est que la série ne dépend pas de l’imagination des scénaristes pour prolonger une histoire. Chaque saison est par ailleurs assez indépendante, même s’il y a bien évidemment un fil rouge et des personnages similaires. Ce qui peut aussi être un inconvénient, puisqu’il faut à chaque fois trouver de nouvelles idées et Mick Herron, le romancier original, ne fera pas toujours aussi bien à chaque fois. Cela se voit dans cette troisième saison de <em>Slow Horses</em> qui, sans être mauvaise, m’a semblé un petit peu plus faible à cause d’un surplus d’action qui m’a paru déplacé dans cet univers. Sans trop en dire, la saison laisse une grande place à une attaque d’envergure qui concentre les clichés du genre : les personnages principaux qui s’en sortent tous sans difficulté, les méchants qui tombent comme des mouches et les gentils de passage qui meurent héroïquement. Au-delà de cette action assez banale et même presque ennuyeuse, j’ai trouvé que l’idée même nuisait au réalisme de la série, pourtant habituellement élevé. On se serait cru dans un énième blockbuster, alors que ce n’était pas l’idée auparavant.</p>
<p>Cela étant dit, je n’ai passé un mauvais moment face à ces six nouveaux épisodes — la brièveté de chaque saison est d’ailleurs indéniablement un point fort. <em>Slow Horses</em> garde ses points forts, à commencer par une galerie de personnages hauts en couleur et réellement excellents, Lamb en tête. Gary Oldman en fait des caisses, presque toujours trop, mais je trouve qu’il s’en sort remarquablement dans ce rôle d’espion désabusé, crade et parfaitement désagréable. La série tient en large partie sur ses épaules et l’acteur a la carrure nécessaire pour qu’elle tienne le coup. Si bien que malgré les défauts de cette saison, j’ai hâte de découvrir la suivante, d’ores et déjà programmée par Apple TV+.</p>
]]></description></item><item><title>Les Portes de la Maison des Morts, Steven Erikson</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/portes-maison-morts-erikson/</link><pubDate>Tue, 09 Jan 2024 21:30:10 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/portes-maison-morts-erikson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/portes-maison-morts-erikson/porte-maison-morts.jpeg">
        <p>J’avais lu <a href="https://nicolasfurno.fr/livre/jardins-lune-erikson/"><em>Les Jardins de la Lune</em></a> avec une attitude ambivalente. D’un côté, la profondeur de l’univers heroïc-fantasy sorti de l’imaginaire de Steven Erikson force le respect et m’a bluffé à plusieurs reprises. De l’autre, son style qui cherche presque volontairement à embrouiller le lecteur en multipliant les personnages et références sans les expliciter, m’avait agacé au point de me faire envisager un arrêt en cours de route. L’univers m’avait cependant suffisamment convaincu pour que je termine non seulement le premier volume de la saga, mais aussi que je poursuivre. <em>Le Livre des Martyrs</em> continue ainsi avec <em>La Porte de la Maison des Morts</em>, un deuxième roman encore plus long — on frôle les 900 pages dans la version publiée par Lena — et pas moins complexe. Le romancier ne simplifie toujours pas le travail de son lecteur et quelques passages inutilement obscurs m’ont à nouveau agacé, toutefois je dois dire que je commence à comprendre l’attrait de la saga.</p>
<p>Dans cette suite qui se déroule juste après la fin du premier volet, on découvre tout d’abord une galerie de personnages largement inconnus. Ce serait trop simple de rester au même endroit avec les mêmes personnes, alors Steven Erikson a préféré tout bousculer, tant le cadre géographique que le casting. S’il y a quelques personnages tout de même que l’on retrouve ici, il faut dans l’ensemble faire une croix sur les connaissances du tome précédent et repartir de zéro, avec de nouveau une longue liste de noms à la fin. Cela dit, peut-être est-ce que l’on s’y fait ou alors le romancier a progressé, j’ai en tout cas trouvé qu’il était plus facile de se repérer cette fois. Il y a toujours plusieurs intrigues parallèles et il faut régulièrement faire un effort supplémentaire pour se rappeler où on est, avec qui et quels sont leurs objectifs. Le découpage de ces différentes intrigues compliquent la situation, on s’habitue à une trame et des personnages pour ensuite basculer sur toute autre chose et encore une autre quelques pages plus loin. Bref, il faut l’admettre à ce stade, <em>Les Portes de la Maison des Morts</em> n’est pas un roman de plage qu’on peut lire d’un œil distrait, sous peine de perdre des pans entiers de l’intrigue ou de comprendre une information de travers.</p>
<p>En contrepartie, je dois admettre que les situations et psychologies sont remarquablement écrites et d’une finesse rare. Steven Erikson ne tombe jamais dans le travers du manichéisme simplet, il n’y a pas réellement de gentils et de méchants même s’il y a deux grands camps. Ses héros sont rarement héroïques et ils ont des motivations doubles voire triples, qu’ils cachent autant aux autres qu’au lecteur. C’est assez déroutant et en même temps, c’est particulièrement satisfaisant de tomber sur une surprise ou comprendre l’agenda caché d’untel. Si l’auteur a des défauts, on ne peut pas lui reprocher d’imaginer des intrigues banales ou déjà vues, un point que j’apprécie particulièrement. Il a aussi retenu la leçon de George R.R. Martin et n’hésite pas à tuer des personnages importants quand il le faut. Sa vision de la magie avec les fameuses garennes qui rendent parfois l’ensemble aussi très confus, est également remarquable d’originalité et d’inventivité, avec des situations assez dingues qui débarquent au milieu d’un cadre qui semblait pourtant familier.</p>
<p>Pour toutes ces bonnes raisons, je n’ai pas envie d’abandonner <em>Le Livre des Martyrs</em> et je suis curieux de lire la suite. J’ai commandé le troisième tome, en espérant que le romancier se concentre sur ses points forts et limite ses défauts. D’ici là, je ne recommanderais <em>Les Ports de la Maison des Morts</em> qu’aux lecteurs qui ont conscience de la difficulté, pas toujours nécessaire à mon avis, de l’ouvrage. Si vous êtes un grand fan du genre, vous pourrez peut-être passer outre pour découvrir un univers d’une richesse incroyable.</p>
]]></description></item><item><title>Station Eleven, HBO Max</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/station-eleven-hbo-max/</link><pubDate>Sun, 07 Jan 2024 18:25:56 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/station-eleven-hbo-max/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/station-eleven-hbo-max/station-eleven.jpeg">
        <p><em>Station Eleven</em> débute sur une pandémie qui commence en 2020. J’ai naturellement pensé à notre pandémie de Covid, avant de découvrir que la création de HBO Max a interrompu son tournage lancé au tout début de cette même année, précisément à cause des confinements. Adaptation d’un roman publié en 2014, cette mini-série de dix épisodes n’avait en réalité rien à voir avec la Covid-19 et ce n’est qu’une étrange coïncidence temporelle. Ce qui tombe remarquablement bien d’un côté, tant la maladie décrite dans cette fiction ressemble à la réalité, à un détail majeur près. Alors que notre Covid ressemblait à une grosse grippe rarement mortelle, celle de <em>Station Eleven</em> est si mortelle que la population disparaît presque entièrement en l’espace de quelques jours. Vingt ans plus tard, on se retrouve dans un univers post-apocalyptique où quelques centaines de survivants tentent d’imaginer une nouvelle société, un décor à la fois familier et assez original.</p>
<p>Le pilote se déroule au tout départ, quand une sorte de grippe s’avère si mortelle que la société disparaît quasiment du jour au lendemain. Au lieu d’adopter un point de vue global, Patrick Somerville se concentre sur deux personnages et observe la pandémie uniquement de leur point de vue. Jeevan était au théâtre quand tout a commencé et il accepte de ramener Kirsten, une jeune actrice de huit ans qui n’a pas été récupérée par ses parents. Ils sont à Chicago et débutent un trajet tout à fait normal, même si on entend en fond parler d’une mystérieuse maladie. Loin des blockbusters d’action, l’épisode se construit de façon très progressive, en instillant tout doucement du doute et bientôt une tension de plus en plus palpable, qui culmine avec 10 000 $ de courses, une demi-douzaine de chariots pleins et un ultime voyage vers l’appartement de Frank, le frère de Jeevan. C’est ainsi que débute les premières semaines d’apocalypse pour ces personnages, qui pensent encore que la situation pourrait revenir à la normale à tout moment.</p>
<p><em>Station Eleven</em> opte dès le départ pour une narration déstructurée, où la chronologie garde ses mystères pendant plusieurs épisodes. L’intrigue principale se déroule vingt ans plus tard, bien après la pandémie, alors que la maladie a disparu en même temps que le gros de l’humanité. Cet univers-là m’était familier, même si j’ai apprécié le réalisme de la vision proposée par Patrick Somerville. Le créateur de cette version télévisée se concentre sur quelques personnages clés et sur une petite région, évitant ainsi la majorité des lieux communs et facilités d’usage. S’il y en a quand même quelques-uns, à l’image de cette communauté constituée dans un aéroport qui m’a un petit trop évoqué <a href="https://voiretmanger.fr/walking-dead-darabont-kirkman-amc/"><em>The Walking Dead</em></a> sans zombies, j’ai trouvé la vision modeste et crédible. Les voitures transformées en calèche derrière des chevaux, les petits groupes qui se forment dont cette troupe de théâtre itinérante qui occupe le cœur de l’histoire. Il y a de la violence, forcément, mais ce n’est pas un monde ultra-violent sans loi. C’est un monde nouveau qui s’est formé et je l’ai trouvé particulièrement juste malgré quelques facilités ici ou là.</p>
<p>En entremêlant les époques, la version de HBO Max se constitue comme une sorte de puzzle qui renforce les mystères, sans tous les éclairer à la fin. <em>Station Eleven</em>, c’est aussi le nom d’une BD centrale dans cet univers post-apocalyptique, pour des raisons qui nous échappent un petit peu, et c’est très bien ainsi. Elle génère une aura de secret qui a remarquablement fonctionné pour moi, même si les personnages et leurs relations sont encore plus essentielles. Patrick Somerville s’était fait connaître pour son travail notamment d’écriture sur <a href="https://voiretmanger.fr/leftovers-lindelof-perrotta-hbo/"><em>The Leftovers</em></a> et je garde un excellent souvenir de <a href="https://voiretmanger.fr/maniac-somerville-netflix/"><em>Maniac</em></a>, série qu’il a créée pour Netflix. Ces séries ne sont pas forcément similaires, elles témoignent néanmoins d’un niveau d’exigence que l’on retrouve bien, à mes yeux, dans <em>Station Eleven</em>. Une mini-série à découvrir.</p>
]]></description></item><item><title>Indiana Jones et le Cadran de la destinée, James Mangold</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/indiana-jones-cadran-destinee-mangold/</link><pubDate>Sat, 06 Jan 2024 18:48:12 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/indiana-jones-cadran-destinee-mangold/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/indiana-jones-cadran-destinee-mangold/indiana-jones-cadran-destinee.jpeg">
        <p>Pour le quatrième<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et dernier volet de la <a href="https://voiretmanger.fr/saga/indiana-jones/">saga <em>Indiana Jones</em></a>, Steven Spielberg n’est plus derrière la caméra et George Lucas n’a pas écrit le scénario. Si je n’avais pas eu le malheur de regarder l’affreux <a href="https://voiretmanger.fr/indiana-jones-royaume-crane-cristal-spielberg/"><em>Royaume de cristal</em></a>, j’aurais pu penser que c’était le signe d’une catastrophe et d’une trahison probable de l’esprit original. Sachant ce que le duo a pu proposer, j’ai regardé ‌<em>Indiana Jones et le Cadran de la destinée</em> avec un esprit plus ouvert et en partie rassuré par le choix de James Mangold qui m’avait bluffé avec <a href="https://voiretmanger.fr/logan-mangold/"><em>Logan</em></a>. De fait, ce long-métrage est une bonne surprise qui offre une belle fin à la saga et au personnage interprété par Harrisson Ford. Ce n’est pas un grand film et il ne faut pas compter sur lui pour bouleverser le Septième art, il n’en a pas les ambitions. J’ai apprécié ce retour aux sources qui n’est pas qu’un hommage à l’ancien temps en mode bêtement nostalgique, puisqu’il dépoussière la formule en tenant notamment compte de l’âge de l’acteur principal.</p>
<p>La séquence d’ouverture semble tout droit sortie des années 1980. On retrouve un Harrison Ford remarquablement rajeuni — la technique a fait un tel progrès, c’est vraiment bluffant et le résultat n’a plus rien à voir avec l’horreur de <a href="https://voiretmanger.fr/irishman-scorsese/"><em>The Irishman</em></a>, même si c’est la même idée — dans un château rempli de Nazis, à courir après des reliques archéologiques. L’hommage est évident, y compris dans la manière de filmer et on voit bien que James Mangold a voulu célébrer le passé avant de présenter sa propre version. Même si c’est techniquement bien fichu, <em>Indiana Jones et le Cadran de la destinée</em> ne reste fort heureusement pas coincé dans son passé et l’intrigue principale se déroule en 1969, alors que le héros a pris de l’âge et s’apprête à prendre sa retraite. Plus besoin de vieillir Harrison Ford, l’acteur peut interpréter un personnage de son âge et il est parfaitement à l’aise dans ce rôle de vieil Indy. S’il peut encore se battre et réalise quelques cascades, il le fait avec difficultés et en se plaignant comme un vieil homme de son corps douloureux. Une bonne idée du scénario est de l’associer à une femme bien plus jeune qui crée un contraste et évite au film de rester trop englué dans le passé. Je ne m’attendais pas du tout à retrouver Phoebe Waller-Bridge dans ce rôle et c’est sans doute la meilleure idée du projet. L’actrice ajoute sa touche personnelle avec son humour bien à elle et elle complémente remarquablement Harrison Ford, dans ce qui s’avère être un duo aussi inattendu que réussi.</p>
<p>Pour le reste, le scénario n’essaie pas d’inventer des pistes farfelues à base d’extra-terrestre, on revient à l’archéologie traditionnelle construite ici autour de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Machine_d%27Anticyth%C3%A8re">Machine d’Anticythère</a>, un appareil qui existe réellement. Son rôle exact est évidemment romancé et ce n’est d’ailleurs pas le meilleur aspect du film, avec cette idée du voyage temporel appliquée aux Nazis qui est plus amusante en principe qu’en réalité. Cela ne m’a gêné outre-mesure toutefois, peut-être parce que cela n’arrive qu’à la toute fin et qu’<em>Indiana Jones et le Cadran de la destinée</em> a bien plus à offrir. La course-poursuite pour retrouver l’artefact est amusante et ponctuée de clins d’œil au passé, sans tomber dans la répétition, notamment grâce aux personnages secondaires plus proéminents. En somme, c’était un adieu réussi à Indiana Jones et un bon moment de cinéma, divertissant et bien mené, une belle surprise quand on pense à ce que la saga avait pu offrir auparavant.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Si.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Les Gardiens de la Galaxie : Volume 3, James Gunn</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/gardiens-galaxie-3-gunn/</link><pubDate>Sun, 31 Dec 2023 19:09:41 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/gardiens-galaxie-3-gunn/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/gardiens-galaxie-3-gunn/gardiens-galaxie-volume-3.jpeg">
        <p>Quand <a href="https://voiretmanger.fr/gardiens-galaxie-gunn/"><em>Les Gardiens de la Galaxie</em></a> est sorti il y a près de dix ans de cela — aïe le coup de vieux —, j’ai été agréablement surpris par ce qui n’était pas un énième film de super-héros répétant une formule vue et revue. Le <a href="https://voiretmanger.fr/gardiens-galaxie-2-gunn/">deuxième volume</a> était moins original et m’a laissé un souvenir nettement plus mitigé, si bien que je n’étais pas particulièrement pressé de voir la suite. C’est d’autant moins le cas que l’univers cinématographique de Marvel est définitivement entré dans une phase de n’importe quoi toujours plus grand et, pour être honnête, toujours moins intéressant. Cela dit, la présence de James Gunn à l’écriture et la réalisation pouvait laisser l’espoir d’un troisième volume dans le même esprit et peut-être moins alourdi par l’immensité de l’univers poussé par Disney. De fait, <em>Les Gardiens de la Galaxie : Volume 3</em> se concentre sur ses héros en leur offrant une fin étonnamment touchante, une pause rafraîchissante dans le MCU.</p>
<p>Puisque ce volume appartient à la saga complète<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, il inscrit son récit dans la lignée des précédents volets et notamment de tout l’arc des Avengers contre Thanos. Cela dit, cet historique est rapidement oublié par James Gunn, qui préfère se concentrer sur les personnages qu’il a introduit au public en 2014. Seule la relation entre Star Lord et Gamora, cassée par l’apparition d’une autre variante depuis le multivers, rappelle que l’on est bien dans l’univers de Marvel. Pour le reste, l’intrigue se construit autour de Rocket, blessé dans les premières minutes et qui force les Gardiens à partir en quête de son créateur pour sauver le raton-laveur parlant. S’il y a bien quelques intrigues secondaires pour tenir la distance, j’ai apprécié ce scénario plutôt concentré et qui ne s’éparpille pas avec des développements qui n’ont rien à voir. C’est comme si <em>Les Gardiens de la Galaxie : Volume 3</em> faisait tout pour maintenir le MCU à l’écart et rester sur un scénario plus simple. Enfin, simple n’est peut-être pas le mot, tant James Gunn multiplie les idées originales et parfois folles. Le bestiaire est particulièrement impressionnant, avec des créatures qui semblent sorties d’un film d’horreur et qui apportent une touche indéniablement plus mature que dans le reste de Marvel. La station spatiale composée de chaire est aussi spectaculaire dans un autre genre et j’ai été agréablement surpris par la profondeur de l’idée, travaillée dans les moindres détails.</p>
<p>Tout n’est pas parfait pour autant et <em>Les Gardiens de la Galaxie : Volume 3</em> est loin d’être aussi satisfaisant que le premier volet. Le chien parlant introduit dans un épisode spécial de Noël<sup id="fnref:2"><a href="#fn:2" class="footnote-ref" role="doc-noteref">2</a></sup> est un ajout assez faiblard, tout comme le successeur de Yondu est lui aussi globalement sans intérêt. Le délire sur les créatures créées par le grand méchant va peut-être un petit peu trop loin et je crois que le film aurait été plus fort avec des animaux moins modifiés, à l’image de Rocket. Pour autant, James Gunn offre à tous ses personnages une conclusion logique et étonnamment belle, avec une cohésion de groupe que l’on n’avait jamais vu dans l’univers cinématographique de Marvel. C’est la fin des gardiens tels qu’on les a connus depuis le début et je dois dire que je ne m’attendais pas à un final aussi touchant. Un constat un petit peu gâché par la formation d’un nouveau groupe de gardiens et la promesse d’un retour de Star Lord dans un autre film, mais enfin, Disney reste Disney, je suppose.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Ce long-métrage est le 32<sup>e</sup> du MCU, s’il y en a encore qui comptent.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
<li id="fn:2">
<p>Suivre le MCU va devenir un boulot à temps complet décidément. Sachez-le, <em>Les Gardiens de la Galaxie : Joyeuses Fêtes</em> est un court-métrage de 45 minutes (c’est court dans le MCU…) sorti pour Noël 2022 sur Disney+. Je l’ignorais et j’ai été ainsi un petit peu perturbé par ses ajouts de dernière minute, même si ce n’est pas si important en réalité pour comprendre ce qui se passe.&#160;<a href="#fnref:2" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>The Crown, Netflix (saison 6)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/crown-netflix-saison-6/</link><pubDate>Sat, 30 Dec 2023 22:29:57 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/crown-netflix-saison-6/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/crown-netflix-saison-6/crown-saison-6.jpeg">
        <p>Suite et fin pour l’impressionnante série de Peter Morgan sur le règne d’Elizabeth II. La saison <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/crown-netflix-saison-5/">précédente</a> avait renouvelé tout le casting et lancé <em>The Crown</em> dans l’époque moderne, avec un angle posé tout particulièrement sur la trajectoire de Diana. Sans jamais évoquer sa mort toutefois, et pour cause, c’est le sujet central de la première moitié de cette ultime saison. S’il sert d’introduction, l’accident mythique du tunnel du point de l’Alma n’est toutefois pas évacué rapidement et les premiers épisodes s’attachent à retracer la fin de vie difficile de la princesse. J’avais déjà noté à quel point Elizabeth Debicki était incroyable dans ce rôle et cela se confirme dans la suite. C’est bien simple, on ne voit qu’elle tant qu’elle reste à l’écran et elle incarne merveilleusement bien Diana, avec toutes ses contradictions, entre son attirance pour la célébrité et les lumières et son désir de vie plus simple et intime. Je ne sais pas si les scénaristes ont beaucoup, voire trop, romancé et peu m’importe. Le résultat pousse une tension croissante jusqu’aux fameux accident, avec des séquences toujours parfaitement jouées et si touchantes.</p>
<p><em>The Crown</em> a de moins en moins de support historique au fur et à mesure que l’on s’approche du présent, c’est logique. Il a fallu compenser avec des intrigues plus personnelles et forcément plus inventées que rapportées. Est-ce un problème pour autant ? Je n’ai pas trouvé, parce que Peter Morgan a toujours choisi de glisser des séquences intimes au milieu de l’Histoire connue de tous. Un épisode est ainsi consacré aux dernières années de Margaret, la sœur de la Reine, et je l’ai trouvé touchant. Les deux frères, Harry et William, occupent aussi une place majeure, comme dans la vraie vie, et la série le fait bien, même si le changement d’acteurs a été particulièrement mal géré. Au beau milieu de la saison et alors qu’il ne s’écoule en réalité qu’un an ou deux, les jeunes acteurs découverts dans la saison 5 sont remplacés par deux nouveaux qui, s’ils sont très corrects eux aussi, n’ont rien à voir avec les précédents. Ils sont bien trop âgés pour leurs personnages dans un premier temps et il m’a fallu plusieurs épisodes pour m’habituer.</p>
<p>En revanche, Imelda Staunton reste toujours aussi parfaite et la fin de son règne est joliment illustrée. J’ai en particulier apprécié toute la thématique autour de la possibilité de son abdication et ses hésitations à ce sujet. C’est un sujet éminemment personnel et par conséquent largement inventé, ce qui n’est pas un problème pour moi. Le scénario gère remarquablement bien cet aspect et le dernier épisode est lui aussi assez touchant. Je reste toujours plus circonspect sur le choix de Dominic West et je crois que c’était une erreur de casting. Pas de quoi entacher toutefois mon avis global : <em>The Crown</em> a été une grande série dès son premier épisode et jusqu’à la fin et sa réussite force le respect.</p>
]]></description></item><item><title>Le voyage de Shuna, Hayao Miyazaki</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/voyage-shuna-miyazaki/</link><pubDate>Wed, 27 Dec 2023 22:27:04 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/voyage-shuna-miyazaki/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/voyage-shuna-miyazaki/shuna.jpeg">
        <p>Si j’ai beaucoup regardé d’œuvres qu’il a dirigées, c’est la première fois que je lisais du Hayao Miyazaki. Publié à l’origine en 1983, <em>Le voyage de Shuna</em> précède la création des studios Ghibli de deux ans et c’est une publication passionnante rien que pour cette raison. Concentré dans ce conte illustré assez court, on retrouve tout l’univers du Japonais, tant sur le plan visuel que sur ses histoires fétiches. Le cinéaste s’inspire d’un conte tibétain, qu’il modifie en profondeur en ajoutant le thème de l’esclavage et en offrant ce qui est peut-être son récit le plus sombre, même s’il garde un horizon d’espoir. Au-delà d’ailleurs des points de son œuvre future que l’on peut déceler ici et même avant eux, j’ai été frappé par la beauté de ce conte simple et sophistiqué à la fois. Hayao Miyazaki fait preuve d’une économie de moyens, en se concentrant sur les images plutôt que les dialogues, ce qui ne l’empêche pas d’en dire long sur la cupidité humaine et la cruauté de ces êtres divins qui gardent les bonnes céréales pour eux.</p>
<p>On ne peut pas lire <em>Le voyage de Shuna</em> sans penser à la suite. Le livre a été écrit alors que son auteur préparait <a href="https://voiretmanger.fr/nausicaa-vallee-vent-miyazaki/"><em>‌Nausicaä de la vallée du vent</em></a> et cela se voit, inévitablement : quelques décors ou séquences du récit graphique sont identiques à ceux du film, à moins que ce ne soit l’inverse. Quant au yakkuru que monte le héros, on le retrouve quelques années plus tard dans <em>‌<a href="https://voiretmanger.fr/princesse-mononoke-miyazaki/">Princesse Mononoké</a></em>. Cela va au-delà d’idées de mises en scènes, de décors ou de créatures toutefois : tout l’univers si singulier de Hayao Miyazaki est déjà là, sur ces pages de papier. Même si le personnage principal est masculin, c’est une princesse forte et indépendante qui le sauve finalement. L’écologie est au cœur des enjeux, avec toujours cette idée tenace que l’homme s’est détourné de la nature, causant sa perte. Parvenir à transmettre ces messages d’une grande complexité tout en faisant une telle économie des mots force le respect et rappelle, si c’était encore nécessaire, tout le talent du maître japonais.</p>
]]></description></item><item><title>Still Up, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/still-up-apple-tv+/</link><pubDate>Mon, 18 Dec 2023 21:54:52 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/still-up-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/still-up-apple-tv&#43;/still-up.jpeg">
        <p><em>Still Up</em> réinvente la comédie romantique en introduisant quelques idées nouvelles. La série se passe intégralement de nuit, puisque les deux protagonistes n’arrivent pas à dormir, comme son titre le suggère bien. Danny souffre aussi d’une agoraphobie qui l’empêche de sortir de son appartement depuis des années, si bien que l’essentiel des épisodes se déroule par FaceTime<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> interposé. Un dispositif original est intriguant, sans suffire pour autant à faire une bonne série. J’étais même sceptique au départ, je trouvais que c’était un petit peu artificiel, ces échanges par écran interposé toutes les nuits et toutes les astuces du scénario pour trouver des choses intéressantes à dire. Je dois reconnaître que la première saison m’a bluffé, avec un duo de personnages aussi bien écrits qu’interprétés qui forment un couple parfaitement crédible et attachant.</p>
<p>C’est, je trouve, le vrai tour de force de cette création pour Apple TV+. <em>Still Up</em> a beau sembler invraisemblable par endroits, avec des péripéties alambiquées pour tenir dans son format original, elle parvient à convaincre et je crois que c’est surtout la réussite de ses deux personnages principaux. Danny interprété par <del>Martin Freeman jeune</del> Craig Roberts, comme Antonia Thomas qui incarne Lisa, sont excellents et on sent leur connexion dès les premières secondes. À cet égard, on est sur une trajectoire assez classique de comédie romantique, où le spectateur comprend bien avant les personnages qu’il y a une attraction réciproque. Même si le scénario parvient à adroitement brouiller quelques pistes, en plaçant notamment Lisa dans une relation de longue durée qui semble sérieuse, il n’y a pas réellement de suspense. <em>Still Up</em> n’essaie pas de créer un faux suspense assez vain et c’est aussi bien comme ça, le plaisir de la série provient de l’alchimie entre ses deux protagonistes et elle n’a besoin de rien de plus. Une bien belle surprise.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>C’est une série Apple, ça se voit bien. Non pas tant par l’utilisation d’iPhone ou de Mac d’ailleurs, plutôt par le réalisme des interfaces, puisqu’il s’agit bien d’iOS. Et puis par l’inclusion de Shareplay dans une séquence, car qui utilise réellement ce truc, à part les personnages d’une série Apple TV+ ?&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
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</div>
]]></description></item><item><title>Spider-Man : Across the Spider-Verse, Joaquim Dos Santos, Justin K. Thompson et Kemp Powers</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/spider-man-across-spider-verse-santos-thomson-powers/</link><pubDate>Sun, 17 Dec 2023 22:09:04 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/spider-man-across-spider-verse-santos-thomson-powers/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/spider-man-across-spider-verse-santos-thomson-powers/spider-man-across-spider-verse.jpeg">
        <p>Spider-Man est passé si souvent par la case cinéma que la lassitude était inévitable. Enfin, ça c’était avant <a href="https://voiretmanger.fr/spider-man-new-generation-ramsey-persichetti-rothman/"><em>Spider-Man: New Generation</em></a>, formidable film d’animation qui a donné un grand coup de pied dans le personnage et dépoussiéré une histoire vue et revue. Le succès étant au rendez-vous, une suite a été mise en route, une suite devenue un double film et <em>Spider-Man : Across the Spider-Verse</em> en constitue la première partie. C’est peut-être d’ailleurs son plus gros défaut, alors autant en parler d’entrée de jeu. Si vous aimez les histoires qui ont une vraie fin, alors ne regardez pas ce film, du moins pas tant que la suite sera sortie, ce qui n’arrivera manifestement pas avant 2025. Le long-métrage a beau largement dépasser les 2 heures, il n’est que la moitié d’un tout et quand le final nous laisse en attente à la toute fin, il est un petit peu frustrant, il faut bien le dire.</p>
<p>En même temps, c’est peut-être pas loin d’être son seul défaut. Pour le reste, <em>Spider-Man : Across the Spider-Verse</em> parvient à réaliser ce qui me semblait impensable : il fait encore plus fort que l’original. Le Spider-Verse, où toutes les variantes possibles et imaginables de Spider-Man, est bien davantage exploité, puisque l’on explore cette fois ces univers parallèle avec une idée aussi simple qu’époustouflante sur le plan technique. Chaque univers a droit à son univers graphique, non pas seulement par le style du dessin, la technique change aussi et la variété force le respect. Les trois réalisateurs, Joaquim Dos Santos, Justin K. Thompson et Kemp Powers, n’ont pas choisi la facilité, en mélangeant des techniques qui n’ont absolument rien à voir. Il y a un univers fait de peinture et pastel et un autre qui est entièrement basé sur des collages issus de magazines et journaux. Comment concilier les deux ? Le résultat est étonnant, à la fois un joyeux bazar qui n’est pas toujours simple à suivre, c’est vrai, et en même temps qui reste cohérent tout en permettant de mieux comprendre où l’on se situe dans cet univers toujours plus immense. <em>Spider-Man : Across the Spider-Verse</em> a demandé un travail ahurissant et cela se voit, avec un résultat que j’ai trouvé réjouissant. Cela part dans tous les sens, certes, sans que ce soit un défaut. Au contraire même, c’est ce qui fait la force de ce second volet, qui pousse encore davantage les idées du précédent film et exploite pour de bon toute la palette offerte par l’animation.</p>
<p>La frustration à la fin quand on réalise que l’histoire s’arrête brutalement est bien légère face au plaisir procuré par le long-métrage. <em>Spider-Man : Across the Spider-Verse</em> est un concentré de bonheur cinéphile pendant plus de deux heures, un défilé d’idées intrigantes et des paris assez fous, en particulier sur la forme. Le fond n’est pas en reste, avec à mon sens l’une des meilleures exploitations de ce concept d’univers parallèle, meilleure encore que dans l’Univers cinématographique Marvel où il est davantage dilué. La concentration ici est telle que le film mériterait sans doute une deuxième vision pour tout appréhender et digérer. Cela tombe bien, on aura au moins l’occasion de le revoir juste avant <em>‌Spider-Man: Beyond the Spider-Verse</em>, il faudra bien ça pour se remettre dans le bain et enchaîner sur la suite des aventures de Miles Morales et de toutes les autres variantes.</p>
]]></description></item><item><title>Lucky Hank, AMC</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/lucky-hank-amc/</link><pubDate>Sat, 16 Dec 2023 21:38:07 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/lucky-hank-amc/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/lucky-hank-amc/lucky-hank.jpeg">
        <p>Je ne suis pas sûr que j’aurais regardé la première saison de <em>Lucky Hank</em> si j’avais su que la série avait été annulée par AMC. Cette adaptation du roman éponyme écrit par Richard Russo m’a surtout attiré par la présence au casting de Bob Odenkirk, l’avocat véreux de <a href="https://voiretmanger.fr/breaking-bad-gilligan/"><em>Breaking Bad</em></a> qui m’a surtout bluffé dans <a href="https://voiretmanger.fr/better-call-saul-gilligan-gould-amc/"><em>Better Call Saul</em></a>. Si vous êtes également fan de l’acteur, les huit épisodes méritent le détour, même si je ne dirais pas que c’est son meilleur rôle. Il est tout à fait convaincant dans ce rôle de professeur d’université désabusé et limite dépressif, écrasé par son père qui a eu énormément de succès et qui l’a abandonné dans son enfance. Ce n’est pas une prestation époustouflante, ce qui ne l’empêche pas d’être juste et d’être la principale attraction de la série.</p>
<p>Car au-delà de l’acteur, ce n’est pas si brillant. <em>Lucky Hank</em> n’a rien d’original à raconter, ce qui n’est pas en soi un problème, si ce n’est qu’elle peut sembler déjà vue. J’ai apprécié la petite note d’absurde qui rappelle par endroit le travail des frères Coen, sans l’exploiter pleinement pour autant. La vérité, c’est que j’écris ces lignes un jour après avoir regardé le dernier épisode et mes souvenirs sont déjà flous. Je me souviens m’être fait la réflexion que Kyle MacLachlan avait pris un sacré coup de vieux. Un petit peu comme cette série d’ailleurs, qui ne fait de place qu’à des personnages hétérosexuels et blancs. Pour autant, je ne dirais pas que je me suis ennuyé pendant la vision. Je pourrais dire, en revanche, que je comprends pourquoi AMC a annulé la série…</p>
]]></description></item><item><title>i/o, Peter Gabriel</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/io-gabriel/</link><pubDate>Tue, 12 Dec 2023 22:36:26 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/io-gabriel/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/io-gabriel/io.jpeg">
        <p>Vingt-et-un ans ! Cela faisait 21 ans que j’attendais un nouvel album de Peter Gabriel et pour être honnête, je n’y croyais plus tellement. Je me souviens encore (presque) comme hier de la claque constituée par <em>Up</em>, qui a fait entrer l’artiste britannique dans mon Panthéon personnel et l’a même directement propulsé tout en haut du podium. Ce perfectionniste a toujours eu le don pour se faire attendre : il s’était écoulé une décennie entre <em>Us</em> et son successeur après tout et je me rappelle encore des blagues de fans sur les forums d’alors à propos de la décennie qu’on allait devoir attendre pour son dixième album. On était loin de se douter que l’attente allait durer plus du double, ponctuée tout de même de <a href="https://voiretmanger.fr/scratch-my-back-peter-gabriel/">quelques projets sympathiques</a> qui n’ont jamais réellement compensé l’absence de vrais nouveaux morceaux.</p>
<p>Fort heureusement, l’attente a enfin trouvé son terme en fin d’année dernière, quand Peter Gabriel a promis, pour de bon cette fois, la sortie d’<em>i/o</em> et rapidement présenté un premier titre dans la foulée. Je n’en pouvais tellement plus d’attendre que j’avais fait une exception à ma règle, en <em><a href="https://nicolasfurno.fr/album/panopticom-gabriel/">écoutant « Panopticom »</a></em> avant l’album complet. On peut compter sur le musicien pour ne rien faire comme les autres et c’est ainsi que l’année 2023 a été ponctuée d’une série de sorties de sa part, avec une nouveauté à chaque pleine lune pour finalement sortir les douze pistes avant l’album lui-même. Un choix étonnant, que j’ai soigneusement ignoré, préférant découvrir l’ensemble au grand complet. Et quel ensemble ! <em>i/o</em> est composé de douze compositions, proposées dans deux variantes à chaque fois. Peter Gabriel n’a pas voulu choisir entre le travail de mixage de Spike Stent et celui de Tchad Blake, si bien que chaque morceau est disponible dans une version « <em>Bright-Side Mix</em> » et une « <em>Dark-Side Mix</em> »<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Un choix intriguant, même si à l’écoute, j’ai un petit peu du mal à le justifier. La différence est audible en écoutant les morceaux les uns après les autres, sans pour autant apporter une tonalité aussi différente que j’imaginais à l’ensemble et j’aurais préféré un <em>i/o</em> « officiel », quitte à garder les alternatives à part. Enfin, ce n’est pas comme si j’allais me plaindre d’avoir trop de Peter Gabriel d’un coup et puis surtout, ces douze morceaux forment un album qui m’enchante et qui tourne en boucle depuis sa sortie.</p>
<p>Après une dizaine d’écoutes de tout <em>i/o</em>, soit le double de chaque titre, je suis loin de l’avoir épuisé. C’est indéniablement un signe de qualité selon moi et la preuve que Peter Gabriel n’a pas perdu la main pour composer des titres qui peuvent être à la fois évidents la première fois  et révéler encore des détails après vingt passages entre les oreilles. Comme toujours, la production est impressionnante sans être lourde, l’instrumentation et les arrangements sont sophistiqués sans tomber dans la complexité. Il y a un orchestre symphonique sur la majorité, une chorale pour un tiers et tout ceci s’ajoute aux grands noms qui entourent l’artiste depuis des années, de Tony Levin à Brian Eno et de Manu Katché à David Rhodes. On ne peut pas classer ces morceaux dans un seul genre, ne serait-ce qu’en raison de la variété de l’album lui-même, qui évolue d’une ambiance à l’autre à chaque changement de piste. Il y a quelques passages lents et mélancoliques (« <em>So Much</em> ») et d’autres plus énergiques, voire pop (« <em>i/o</em> ») ou qui rappellent l’ancienneté du projet lancé dès 1995. Sur « <em>Olive Tree</em> » en particulier, on croirait retrouver les cuivres enjoués de <em>Us</em>, même si la sonorité est résolument plus moderne. J’ai un faible pour le final : « <em>And Still</em> » m’a inévitablement fait fondre avec son utilisation du violoncelle, tandis que « <em>Live and Let Live</em> » construit sa tension sur la durée avant d’offrir à l’album une conclusion explosive et enjouée, sublimée par des touches d’Afrique, ce qui ne pouvait que me plaire.</p>
<p>Peter Gabriel a choisi de composer une musique plus enjouée et rythmée, ce qui s’entend même sur les mix plus sombres, où les basses sont plus présentes et la voix du chanteur moins mise en avant. Je dirais qu’elle est aussi plus accessible, plus pop que l’était <em>Up</em>. Ce qui n’est en aucun cas un défaut bien entendu. Ce choix ne se fait jamais au détriment de la sophistication de l’écriture ou des productions, toujours aussi impressionnantes par l’empilement de sonorités qui restent parfaitement audibles et simples d’accès. Je ne sais pas encore si <em>i/o</em> me marquera comme l’avait fait son prédécesseur, je ne sais même pas si c’est seulement possible après deux décénnies. Je sais en revanche que Peter Gabriel reste un des musiciens qui me touchent le plus et que je ne suis pas prêt de me laisser de ces douze nouvelles pistes, ni de toutes celles qui ont précédé.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Il existe en réalité trois versions, puisqu’il y a aussi un mix en Dolby Atmos pour les amateurs. Je préfère écouter ma musique en stéréo, c’est mon côté <em>boomer</em>, et puis j’avais déjà suffisamment à faire avec deux mixes de <em>i/o</em> pour ne pas en ajouter une troisième.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Bodies, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/bodies-netflix/</link><pubDate>Sun, 10 Dec 2023 21:45:38 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/bodies-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/bodies-netflix/bodies.jpeg">
        <p><em>Bodies</em> est une série qui mérite d’être regardée avec un œil neuf, sans rien lire et en connaissant le moins possible à son sujet. Si vous aimez les histoires à reconstituer comme un puzzle, arrêtez votre lecture ici et tentez le coup, la création de Netflix vous passionnera peut-être.</p>
<p>Adaptation d’un roman graphique, <em>Bodies</em> est presque un long-métrage découpé en huit parties qui imagine une histoire qui se déroule sur pas moins de quatre époques en parallèle. En 1890, 1941, 2023 et 2053, des policières découvrent le même corps nu dans une petite allée de Londres, un homme inconnu attaqué par une balle qui semble avoir traversé son crâne sans laisser de traces. Chaque enquête est menée séparément, sans connaître les précédentes et encore moins les suivantes, ce qui laisse le spectateur avec une belle longueur d’avance sur les personnages. Pour autant, Paul Tomalin ne révèle rien d’emblée et sa version nous laisse dans le brouillard un long moment, ce qui permet de tenter de déchiffrer, pièce par pièce, cette grande énigme. Une grande partie du plaisir vient, pour moi, de ce travail de reconstitution que l’on peut mener en regardant la série. Chaque épisode apporte son lot de réponses et quelques questions supplémentaires et s’il est assez vite évident qu’il y a des liens entre chaque époque, leur nature n’est pas immédiate. Le scénario laisse de multiples indices, comme cette phrase répétée d’un bout à l’autre « <em>Know you are loved</em><sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> », sans qu’on les comprenne initialement. Ce dispositif m’a évoqué l’excellent <a href="https://voiretmanger.fr/cloud-atlas-wachowski-tykwer/"><em>Cloud Atlas</em></a> des sœurs Wachowski et de Tom Tykwer, par cette manière de créer un univers cohérent à partir d’intrigues en apparence déconnectées, et de rapprocher personnages et époques notamment par la musique. Comment ne pas penser également à la géniale série <a href="https://voiretmanger.fr/dark-odar-friese-netflix/"><em>Dark</em></a>, sur la même thématique et avec quelques idées communes, en particulier sur la mise en scène.</p>
<p>Comme souvent, le puzzle est plus amusant avant les révélations finales. Non pas que <em>Bodies</em> rate son final, le dernier épisode est propre et cohérent avec les paradoxes du voyage temporel, tout en offrant une fin mignonne à ses personnages. Le meilleur reste néanmoins pour moi les premiers épisodes, quand toutes les possibilités sont toujours ouvertes et que le scénario n’a pas encore tranché. Malgré tout, le bilan est très positif pour moi, j’ai beaucoup apprécié cette mini-série portée par Netflix et je la recommande sans hésiter.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Bizarrement traduite par « <em>Avec tout notre amour</em> », ce qui détourne le sens original, je trouve. Elias recherche l’amour, être aimé est ce qu’il veut avant tout et la version originale me semble plus proche.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Parlement, france.tv</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/parlement-france-tv/</link><pubDate>Fri, 08 Dec 2023 21:00:10 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/parlement-france-tv/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/parlement-france-tv/parlement.jpeg">
        <p><em>Parlement</em> est un petit bijou, l’équivalent européen d’un <a href="https://voiretmanger.fr/veep-iannucci-hbo/"><em>Veep</em></a>, une satire politique aussi drôle que déprimante sur les institutions européennes et toute leur défaillance, une comédie absurde parfaitement menée… du moins, si l’on s’en tient aux premiers dix épisodes. Tournée avec un budget ridicule, la première saison a rencontré un immense succès parfaitement légitime, si bien que france.tv a commandé une suite et transformé la satire créée par Noé Debré en une longue série puisqu’une quatrième saison est en attente. Malheureusement, l’équilibre parfait obtenu dans la première saison a été entièrement perdu dès la deuxième. Deux ans et une pandémie s’étaient écoulés entre les deux, ce qui a suffi à perdre tout ce qui faisait le succès de <em>Parlement</em>. Les personnages si bien écrits sont devenus des caricatures grossières, l’humour subtil est devenu une farce même pas drôle : je n’ai même pas réussi à terminer cette deuxième saison et j’aurais aimé qu’on me prévienne comme je le fais maintenant pour vous.</p>
<p>En vous arrêtant à la fin de la saison initiale, vous resterez avec le souvenir d’une série politique parfaitement écrite et remarquablement interprétée. Loin de chercher les blagues faciles, <em>Parlement</em> creusait des personnages tantôt paumés, tantôt de vrais requins de la politique. Le parcours de Samy, jeune assistant au Parlement européen, était l’excuse parfaite pour décortiquer et démonter ces institutions à la bureaucratie si absurde que Kafka ne s’y retrouverait pas. Les luttes entre pays sont doublées de conflits entre forces politiques et triplées de combats entre les différentes instances en place. Des parlementaires qui ne font strictement rien ou n’importe quoi aux lobbyistes prêts aux pires manœuvres pour leurs clients et des assistants malléables aux fonctionnaires qui ne sont censés rien pouvoir faire, la galerie de personnages est elle aussi parfaite. Rien n’est à jeter dans cette première saison sur fond de Brexit et de grands projets de loi sur la pêche. Même les histoires personnelles sont bien menées et touchantes, c’était un sans faute.</p>
<p>Quelle déception quand on découvre que les personnages sont tous devenus ridicules, que les situations sont toutes grotesques et surtout que les scénaristes n’ont plus rien à raconter. Ils tournent en boucle autour de blagues même pas drôles et on s’ennuie ferme. Vraiment, oubliez la suite, mais regardez la première saison de <em>Parlement</em>, vous ne le regretterez pas.</p>
]]></description></item><item><title>Gen V, Prime Video</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/gen-v-prime-video/</link><pubDate>Tue, 05 Dec 2023 21:23:06 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/gen-v-prime-video/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/gen-v-prime-video/gen-v.jpeg">
        <p><a href="https://nicolasfurno.fr/serie/boys-amazon-saison-3/"><em>The Boys</em></a> a su renouveler le récit de super-héros avec une approche que l’on pourrait qualifier de politique gore. L’annonce d’un spin-off avec des héros étudiants avait de quoi effrayer un petit peu : Prime Video allait-il céder à la mode de tous les services de streaming et viser un public plus jeune, quitte à assagir son univers au passage ? Fort heureusement, la réponse est un indéniable non : si <em>Gen V</em> se distingue par plusieurs aspects de la série principale, elle reste sans conteste dans le même univers et ne recule jamais devant une séquence gore. Et ce, dès la séquence d’introduction qui marque les esprits avec une explosion de gore, littéralement. De quoi rassurer les plus inquiets, l’idée générale de <em>The Boys</em> n’a pas disparu et la première saison suit d’ailleurs de près la série principale, en reprenant quelques personnages clés ainsi que la critique acerbe du capitalisme à outrance avec Vought, le tout sur fond de lutte contre les mutations du composé V.</p>
<p><em>Gen V</em> est à cet égard une série très familière si vous avez regardé <em>The Boys</em> avant, ce que je recommande d’ailleurs. Je ne sais pas si Amazon a dans l’idée de créer un univers cinématographique, toujours est-il qu’il est préférable de regarder ces séries dans leur ordre de diffusion, avec cette saison qui s’intercale entre la troisième et la quatrième de la principale. Le lien est explicite à la fin et même sans cela, l’univers n’est pas expliqué à nouveau et si vous découvrez, vous serez un petit peu perdu. Les nouveaux super-héros sont intéressants et j’ai apprécié l’effort sur la diversité raciale et sexuelle, avec cette excellente idée du personnage transgenre qui peut changer de sexe dès qu’iel le souhaite. Les nombreuses romances, passage obligé sans doute, sont assez bien gérées, même s’il y a quelques clichés un petit peu faciles, tout particulièrement autour de Cate. Tout n’est pas parfait et <em>Gen V</em> n’est pas une grande série, certes.</p>
<p>Je craignais la fausse bonne idée, l’exploitation de trop de cet univers et j’ai été agréablement surpris. Prime Video a déjà renouvelé cette nouvelle série pour une deuxième saison, je serai au rendez-vous.</p>
]]></description></item><item><title>Tár, Todd Field</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/tar-field/</link><pubDate>Sun, 03 Dec 2023 21:57:17 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/tar-field/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/tar-field/tar.jpeg">
        <p>Parler d’un artiste abusif sans le diaboliser, tel est le pari compliqué de <em>Tár</em>. Pour son troisième long-métrage, Todd Field évoque une cheffe d’orchestre à la tête de la Philharmonique de Berlin et au sommet de sa carrière, quand le suicide d’une ancienne étudiante vient tout bouleverser. Lydia Tár a beau être la première femme de l’histoire du célèbre orchestre symphonique berlinois, elle perpétue en réalité les travers de ses prédécesseurs, accordant son attention et ses faveurs aux femmes qui l’attirent, bloquant la carrière de femmes qui ne cèdent pas à ses avances. C’est un personnage détestable, comme l’illustre une douloureuse séquence, un cours pendant lequel elle humilie face à la classe entière un étudiant qui refuse de jouer du Bach et qui préfère s’intéresser à des compositeurs plus modernes et moins hétérosexuels et blancs. Une posture sans doute difficile à défendre quand on veut apprendre à diriger un orchestre, tant l’influence de Bach sur la musique est immense, néanmoins la méthode est indéniablement abusive et trahit un comportement général problématique.</p>
<p>Le personnage principal de Todd Field n’est pas un homme, ce qui ne change rien à l’affaire. C’est, je trouve, le point fort de <em>Tár</em>, qui traite son personnage principal de la même manière que s’il avait été un hétérosexuel, alors qu’il s’agit d’une lesbienne. Le pouvoir corrompt sans se soucier du sexe, pourrait-on en conclure. Ou plutôt, les prédateurs arrivent au sommet d’un domaine justement parce qu’ils écrasent tous ceux qui les entourent, et leur genre n’a rien à voir avec l’affaire. Le réalisateur, qui est aussi scénariste, raconte qu’il a écrit le rôle en pensant à Cate Blanchett et qu’il aurait annulé le film si elle l’avait refusé. En tout cas, l’actrice est indéniablement épatante dans ce rôle, parfaitement à l’aise pour incarner cette femme puissante et en apparence sympathique, qui se dévoile progressivement comme un requin qui cache tout son égoïsme et une forme de méchanceté derrière de larges sourires. Son comportement problématique est constamment mis en avant par l’intrigue, tandis que la mise en scène insiste sur son côté froid, à l’image des murs de béton nu de son impressionnante maison à Berlin. Tout est méticuleusement composé ici pour faire passer le message et en même temps, <em>Tár</em> n’est jamais dans la dénonciation pure. Le film reste sur une ligne assez fragile, non pas pour défendre son personnage principal, ni pour l’accabler. Le spectateur est positionné sur une ligne assez neutre, où l’humanité de la cheffe d’orchestre peut ressortir autant que sa monstruosité et c’est à chacun de se faire sa propre décision.</p>
<p>La séquence finale est à cet égard particulièrement révélatrice de la démarche de Todd Field. <em>Tár</em> se contente de montrer la situation de Lydia, qui peut toujours diriger un orchestre, certes. Elle doit aussi se contenter de le faire à l’autre bout du monde, loin de sa famille et surtout, loin des grands compositeurs prestigieux. À la place, elle en est réduite à diriger l’orchestre qui accompagne un film : pouvait-on imaginer pire fin de carrière ? Le long-métrage laisse chacun répondre à cette question et même si la réponse m’a semblé assez évidente, j’étais en même temps touché par son humanité, sans pour autant lui pardonner. Un bel équilibre.</p>
]]></description></item><item><title>Lessons in Chemistry, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/lessons-chemistry-apple-tv+/</link><pubDate>Thu, 30 Nov 2023 21:51:29 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/lessons-chemistry-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/lessons-chemistry-apple-tv&#43;/lessons-chemistry.jpeg">
        <p><em>Lessons in Chemistry</em> est une mini-série qui se déroule dans les États-Unis des années 1950 et que l’on aurait adoré historique. C’est une fiction néanmoins, l’adaptation du roman éponyme écrit par Bonnie Garmus et l’autrice a imaginé le parcours d’une chimiste qui parvient à porter un discours féministe en devenant par hasard la présentatrice d’une émission culinaire hyper populaire à la télévision. Le roman a été repéré par Brie Larson qui a acheté les droits, produit la version proposée sur Apple TV+ et incarné le personnage principal, Elizabeth Zott. Le résultat est à la fois réjouissant et déprimant : le message porté par <em>Lessons in Chemistry</em> est plein d’espoir et la galerie de portraits féminins est parfaite. D’un autre côté, cette société vieille de 70 ans ressemble si fort à la nôtre que l’on se demande si l’intrigue ne pouvait pas être racontée au présent sans changer une seule virgule.</p>
<p>Que cela ne vous décourage pas de regarder la série pour autant. <em>Lessons in Chemistry</em> est un bijou, avec une histoire passionnante et bien menée, des personnages riches et attachants et un message d’espoir malgré tout. Si je voulais chipoter, je dirais peut-être que les flashbacks deviennent un poil lourd sur les derniers épisodes. Pas de quoi gâcher la fête toutefois, la mini-série se regarde avec plaisir et le casting est impeccable. La place secondaire au mieux des femmes dans la société nord-américaine des années 1950 est dénoncée avec vigueur et précision, tout comme le racisme systémique avec cette histoire d’autoroute, un arc secondaire que j’ai trouvé remarquablement bien intégré au principal. La reconstitution historique est aussi d’excellente tenue et j’aurais aimé pouvoir dire qu’elle plonge le spectateur dans un univers exotique, mais il reste malheureusement bien familier, avec son quotidien de sexisme et racisme. Sans en avoir l’air et sans lourdeurs, <em>Lessons in Chemistry</em> est aussi une œuvre politique et c’est une œuvre qui vise juste.</p>
]]></description></item><item><title>Louis 28, France TV Slash</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/louis-28-france-tv-slash/</link><pubDate>Mon, 27 Nov 2023 18:43:27 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/louis-28-france-tv-slash/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/louis-28-france-tv-slash/louis-28.jpeg">
        <p><em>Louis 28</em> repose sur une uchronie où la Révolution française n’a jamais eu lieu et où la France est restée un pays monarchique. Une excellente idée, qui permet à cette courte série de France TV Slash d’offrir une critique assez acerbe de notre pays, sous couvert d’une farce décalée. Le ton est en effet assez léger, voire potache, avec Cédric, 16 ans, qui devient le nouveau roi un petit peu par accident suite au décès de Louis XXVII. Cet ado mal-à-l’aise de 16 ans est censé diriger la France du jour au lendemain, alors qu’il n’a qu’une idée en tête, c’est de séduire Linn, une camarade de classe qui désire plus que tout abattre la monarchie. Autant le dire, ça ne va pas être gagné pour lui.</p>
<p>Géraldine de Margerie et Maxime Donzel n’essaient même pas de s’en cacher, ils signent une comédie assez grossière et même plutôt lourdingue. Ce n’est pas une critique, cet humour est assumé et j’ai trouvé qu’il était bien mené. Et même si ce n’est pas souvent subtil, cela ne veut pas dire que <em>Louis 28</em> est une série vide, bien au contraire. Le message sous-jacent est assez bien exposé et la critique de notre société ouvertement raciste, homophobe et sexiste est bien présente et surtout toujours bien sentie. Il y a deux niveaux de lecture dans la série de France TV Slash, celui potache des personnages tous un peu débiles est le plus visible, mais je retiendrai surtout celui sous-jacent, qui critique en creux la France bien réelle. Sans aller jusqu’à parler d’œuvre politique, je trouve que ces dix épisodes sont plus intéressants qu’on ne pourrait le croire au premier abord. En particulier, les commentaires horribles des chaînes de télévision en direct forment une critique glaçante de nos vraies chaînes, dans l’indifférence générale autant dans la série que dans notre monde.</p>
<p>Il faut aussi saluer l’inventivité des scénaristes, qui multiplient les bonnes idées avec manifestement bien peu de moyens. Même si <em>Louis 28</em> est visiblement une série fauchée, elle parvient à imposer un univers étonnamment crédible, avec une bonne dose d’absurde — mention spéciale au championnat du yoyo — qui n’est pas pour me déplaire et un casting absolument impeccable. Je suis le premier à critiquer le jeu des acteurs français, alors il faut aussi savoir le dire quand c’est bien : il n’y a aucune fausse note et tout le monde est parfait dans son rôle. C’est pourquoi j’espère que France TV Slash pourra offrir à sa création une deuxième saison, même si ça semble mal engagé.</p>
]]></description></item><item><title>The Morning Show, Apple TV+ (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/morning-show-apple-tv+-saison-3/</link><pubDate>Fri, 24 Nov 2023 22:00:34 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/morning-show-apple-tv+-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/morning-show-apple-tv&#43;-saison-3/morning-show-3.jpeg">
        <p>C’est marrant les souvenirs. Tenez, je ne me souvenais absolument pas que j’avais trouvé la <a href="https://voiretmanger.fr/morning-show-carson-ehrin-apple-tv/#2">deuxième saison</a> de <em>The Morning Show</em> décevante, juste que <a href="https://voiretmanger.fr/morning-show-carson-ehrin-apple-tv/">la première</a> m’avait paru convaincante. C’est pourquoi j’ai lancé la suite en m’attendant à regarder une bonne série et… eh bien non. Sans être une purge non plus, ces dix épisodes souffrent de l’envie des scénaristes d’aborder <em>tous</em> les sujets d’actualité, tout en les collant de façon assez artificielle à des intrigues personnelles qui ressemblent malheureusement de plus en plus à du <em>soap opera</em>. Marier l’actualité aux histoires personnelles a toujours été le concept de la création d’Apple TV+. Il me semble tout de même que la première saison trouvait un meilleur équilibre entre les deux et surtout consacrait davantage de temps dans les coulisses d’une émission télévisée. Désormais, cela ressemble à un vague prétexte.</p>
<p>À la place de cette plongée dans le quotidien de journalistes en quête de vérité, <em>The Morning Show</em> choisit de se passionner pour les riches. Le cœur de cette troisième saison, c’est en effet l’acquisition potentielle de UBA par un milliardaire qui n’est pas Elon Musk, même s’il est à la tête d’une entreprise dans le monde spatial et même s’il dort dans son usine quand il faut débloquer les projets. En réalité, le personnage interprété par John Hamm n’a rien à voir avec le milliardaire fasciste, il est bien trop intelligent et empathique pour être inspiré par le patron de X. Qu’importe, cet intérêt pour le monde des milliardaires ou millionaires m’a semblé assez malsain, réduisant les petites gens au rang de notes de bas de page dans le scénario. Dans le climat actuel<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, c’est assez gênant et surtout intéressant. D’autant plus quand on essaie de nous alerter sur la montée au pouvoir de l’extrême-droite aux États-Unis.</p>
<p>Le résultat est quoi qu’il en soit assez indigeste et j’aurais bien du mal à le recommander. Je vais quant à moi tenter de ne pas l’oublier quand la quatrième saison, d’ores et déjà commandée par Apple TV+, sortira l’an prochain.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>J’ai tout de même noté la présence d’une Cadillac Lyric entièrement électrique. probablement conséquence d’un accord financier avec le groupe GM. Mais enfin, le milliardaire aurait pu sortir de son jet privé <em>et</em> rouler en gros thermique comme tous les autres personnages « stars » de la série, c’est déjà ça de prix.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Random Access Memories (Drumless Edition), Daft Punk</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/random-access-memories-drumless-edition-daft-punk/</link><pubDate>Thu, 23 Nov 2023 22:25:07 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/random-access-memories-drumless-edition-daft-punk/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/random-access-memories-drumless-edition-daft-punk/ram-drumless.jpeg">
        <p><em>Random Access Memories (Drumless Edition)</em> porte bien son nom. C’est <em>Random Access Memories</em>, l’ultime et culte album de Daft Punk qui a fêté cette année son dixième anniversaire et je m’excuse pour le coup de vieux, dans une nouvelle édition sans la batterie. Pourquoi diable retirer la batterie sur cet album mythique, me demanderez-vous. C’est une excellente question, que je me suis aussi posée et j’ai décidé que cela méritait bien une ou deux écoutes supplémentaires de ces morceaux que je connais par cœur pour tenter de trouver une réponse.</p>
<p>Premier constat, c’est <em>vraiment</em> l’album original sans la piste avec les percussions. Je m’attendais à des ajustements ou de nouveaux arrangements, il n’y a rien de tel : <em>Random Access Memories (Drumless Edition)</em> est identique à l’original, à la note près. Ce qui rend certains passages assez étranges, en particulier sur « <em>Giorgo by Moroder</em> », quand on nous parle du fameux clic et que l’on n’entend rien du tout. Autant le dire, l’absence de la batterie se ressent sur bon nombre de morceaux, surtout les plus dansants. Typiquement, « <em>Get Lucky</em> » perd beaucoup en abandonnant la batterie et le morceau n’est plus que l’ombre de lui-même. Tout n’est pas négatif pour autant et d’autres titres passent parfaitement sans les percussions, voire sont plus intéressants sur cet album. C’est particulièrement le cas sur l’enchaînement « <em>Beyond</em> » et « <em>Motherboard</em> » qui ont toujours formé une rupture, comme une pause après le titre légendaire avec Pharrell Williams. Débarrassés de la batterie, ils gagnent en légèreté et permettent de mieux apprécier le travail d’orfèvre réalisé par le duo.</p>
<p>Après quelques rotations de cette nouvelle édition, j’ai réécouté l’original et il faut quand même bien reconnaître que les percussions n’étaient pas superflues. Qui l’eut cru ! <em>Random Access Memories (Drumless Edition)</em> reste constitué de tubes qui sont toujours parfaitement identifiables et même appréciables dans une version plus calme, façon fin de soirée. La basse sert aussi elle aussi à marquer le rythme et à cet égard, elle peut prendre partiellement le relai, sans atteindre le même niveau d’intensité et surtout, sans offrir le même rendu. Fallait-il sortir une énième version de <em>Random Access Memories</em> pour l’apprendre ? Non, bien sûr que non. J’ai toutefois apprécié cette petite plongée dix ans dans le passé, une petite dose de nostalgie de temps en temps ne peut pas faire de mal.</p>
]]></description></item><item><title>Loki, Disney+ (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/loki-disney+-saison-2/</link><pubDate>Tue, 21 Nov 2023 21:05:39 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/loki-disney+-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/loki-disney&#43;-saison-2/loki.jpeg">
        <p>Dans la myriade de longs-métrages et séries qui composent le Marvel Cinematic Universe, la <a href="https://voiretmanger.fr/loki-waldron-disney/">première saison de <em>Loki</em></a> m’avait surpris par son originalité et sa bonne gestion du multiverse, des voyages temporels et de tous les paradoxes liés. Elle était aussi assez frustrante, en se terminant pile quand les choses intéressantes commençaient à poindre leur nez. Fort heureusement, Disney avait une deuxième saison de prévue pour continuer sur cette lancée. De fait, <em>Loki</em> reprend dans la foulée et se concentre autour du personnage de Kang que l’on avait découvert dans la saison précédente et croisé à nouveau dans le bien médiocre <em><a href="https://nicolasfurno.fr/film/ant-man-guepe-quantumania-reed/">Ant-Man et la Guêpe : Quantumania</a></em>. Du moins, c’est ce que l’on veut nous faire croire et même si Celui Qui Demeure est bien présent ici ou là tout au long des six nouveaux épisodes, il n’est pas si important que prévu. Le scénario se concentre en réalité davantage sur Loki et la poignée de personnages secondaires importants autour de lui, ce qui est une excellente nouvelle. En sortant de l’immense machine du MCU, <em>Loki</em> peut respirer autour de ses personnages et offre une très bonne saison avec une fin étonnamment satisfaisante.</p>
<p>Sans trop en dire, la saison se construit autour de la quête de Loki pour éviter la destruction du TVA qui pourrait suivre la mort de Kang à la fin de la précédente. Maintenant que les règles folles du multivers ont été posées, les scénaristes peuvent consacrer davantage de temps à explorer les personnages et les interactions entre eux. Dans ces épisodes, la relation entre Loki et Mobius occupe nettement plus de place et même si la romance absurde avec Sophie est fort heureusement laissée de côté, elle garde une place importante pour le dieu de la malice. <em>Loki</em> n’abandonne pas tout à fait les grandes questions sur le temps et la préservation ou pas des branches parallèles. Ces sujets sont mis parfois de côté pour explorer un petit peu plus la psychologie des personnages et aussi tenter quelques expériences, à l’image de cet épisode entièrement dans le passé. Loki a droit à une impressionnante progression au milieu de tout cela et le frère un peu pénible des <em>Thor</em> est désormais bien lointain. La série lui offre un parcours fort satisfaisant, surtout sur la fin, mais je ne voudrais rien divulgâcher. Disons simplement que cet aboutissement était parfaitement cohérent et logique, ce qui n’était pas gagné d’avance.</p>
<p>Si la première saison se terminait indéniablement sur une fin ouverte qui appelait une suite, ce n’est plus le cas ici. Est-ce la fin pour <em>Loki</em> sur Disney+ et peut-être pour Loki dans le MCU ? Rien n’interdit un retour, c’est la beauté du multivers, néanmoins la série semble s’arrêter à un moment satisfaisant.</p>
]]></description></item><item><title>The Whale, Darren Aronofsky</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/whale-aronofsky/</link><pubDate>Sun, 19 Nov 2023 18:57:50 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/whale-aronofsky/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/whale-aronofsky/whale.jpeg">
        <p><em>The Whale</em> est adapté d’une pièce de théâtre et cela se voit. Darren Aronofsky n’essaie même pas de le cacher, sa version est un huis clos qui se déroule entièrement entre les quatre murs de l’appartement du personnage principal, avec une ou deux sorties seulement sur le pallier. Ce n’est pas gênant en soi et le théâtre filmé peut donner d’excellents résultats. L’intrigue le justifie par le choix d’un point de vue exclusif, celui de Charlie, obèse morbide qui vit reclus dans son appartement en attendant dans sa mort. On reste avec lui dans les lieux et quelques personnages viennent le voir régulièrement, une infirmière, la fille qu’il a abandonné huit ans plus tôt ou encore un missionnaire qui espère sauver son âme. L’ensemble tient peut-être la route sur le plan logique, j’ai trouvé le dispositif assez artificiel ou en tout cas particulièrement visible.</p>
<p>Il faut dire que la subtilité n’est pas ce qui caractérise le mieux <em>The Whale</em>. Non pas que ce soit obligatoire évidemment et c’est un choix que j’imagine assumé de la part du réalisateur. À mon goût, l’ensemble manquait quand même un petit peu de finesse, sans mauvais jeu de mot. Certes, le jeu de Brendan Fraser est impressionnant et les prothèses pour le faire grossir le sont encore plus. Les autres acteurs sont aussi tous convaincants : Hong Chau est très bien dans le rôle de l’infirmière, même si je retiendrais surtout Sadie Sink, impeccable en adolescente tendance psychopathe. Plus que le casting, c’est l’histoire qui est assez grossière avec ses rappels constants de <em>Moby Dick</em> (la baleine du titre, le personnage principal, subtil) et le dévoilement progressif avec de gros sabots n’aide pas vraiment. La morale finale sur l’empathie et l’importance de la sincérité était de la même façon assez simpliste. Au bout du compte, <em>The Whale</em> m’a laissé assez indifférent alors que j’ai lancé le film avec l’espoir d’une œuvre forte et touchante.</p>
]]></description></item><item><title>Tore, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/tore-netflix/</link><pubDate>Sat, 18 Nov 2023 21:21:46 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/tore-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/tore-netflix/tore.jpeg">
        <p>Tore, 27 ans, vit encore chez son père avec qui il entretient une relation fusionnelle quand un accident le laisse orphelin. C’est le point de départ de cette brève série suédoise — 6 épisodes d’une trentaine de minutes — portée par Netflix. <em>Tore</em> est aussi une œuvre créée par son interprète principal, William Spetz, qui incarne un jeune gay de son âge dans ce qui est probablement un rôle partiellement autobiographique. J’avais croisé le chemin du jeune acteur dans <a href="https://voiretmanger.fr/quicksand-edgren-hakansson-netflix/"><em>Quicksand</em></a>, sans le connaître pour autant au-delà d’identifier son visage. Je n’avais aucune idée de ce qui allait m’attendre avec son univers et j’ai découvert une histoire nettement moins drôle que je l’imaginais, ce qui n’est pas du tout un défaut.</p>
<p>Loin de la petite comédie que j’avais en tête en lançant le pilote, <em>Tore</em> développe un récit assez triste sans être plombant. Puisqu’elle ouvre sur un décès, il est beaucoup question du deuil, d’autant plus complexe que tore était proche de son père. Il commence par une longue phase de déni teintée d’un comportement destructeur. Lui qui n’a jamais eu de relation sexuelle avec un garçon se met à fréquenter un bar gay et un type un peu louche en particulier avec qui il se drogue et adopte un comportement dangereux. Il néglige aussi ses proches, en particulier sa meilleure amie Linn qu’il rejette alors qu’elle essaie de l’aider, et son travail, dans les pompes funèbres de feu son père. S’il rencontre aussi un homme qui pourrait lui convenir, l’intrigue ne bascule jamais dans la comédie romantique facile et William Spetz préfère creuser les sujets difficiles en donnant de sa personne. Littéralement, l’acteur se met à nu et n’hésite pas à affronter des situations compliquées, ce qui offre à son personnage une profondeur inattendue. C’est d’ailleurs peut-être la plus grande réussite de <em>Tore</em> : en creusant ses personnages, la création de Netflix parvient à offrir un aperçu réaliste et touchant d’un homme à la dérive suite à la perte d’un être cher. Ce n’est pas léger ni toujours amusant, c’est néanmoins touchant et même très beau. Je recommande sans hésiter.</p>
]]></description></item><item><title>Les Débuts, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/debuts-netflix/</link><pubDate>Thu, 16 Nov 2023 21:19:00 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/debuts-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/debuts-netflix/debuts.jpeg">
        <p><em>Les Débuts</em> est peut-être une énième série sur des adolescents et leurs premiers émois amoureux le temps d’un été, c’est aussi une série polonaise. C’est une raison comme une autre de lui donner sa chance et je suis bien content d’avoir essayé. Même si le sujet ne semble pas bien original au premier abord, cette création pour Netflix trouve son propre ton et parvient surtout à développer des personnages crédibles et attachants. En six épisodes d’environ trois quart d’heure, ce n’était pas gagné, d’autant que le scénario ne se contente pas de creuser les trois personnages principaux, il accorde une place conséquente à une myriade de personnages secondaires. Et à l’arrivée, ce pitch bien banal a donné naissance à une très belle série que vous auriez tort de rater.</p>
<p>Le sujet central reste la fin de l’adolescence et les premiers émois amoureux. Lena et Niko sont des amis d’enfance et leur amitié est mise à mal quand ils rencontrent Igor, joueur de basket de passage dans la station balnéaire où ils sont en vacances. De cette rencontre naît une forme de triangle amoureux aux contours flous et mouvants et il faut saluer la façon qu’ont Nina Lewandowska et Kamila Tarabura de raconter cette romance adolescente. Les deux créatrices font preuve d’une grande finesse et filme leur histoire avec beaucoup de sensualité et surtout de crédibilité. Tout le casting est vraiment impeccable, il n’y a aucune fausse note et il faut saluer tout particulièrement le travail des trois jeunes, ils sont épatants. J’ai aussi apprécié l’inclusion des adultes, en général absents de ce type d’histoires, alors qu’ils sont bien présents ici comme contrepoint peut-être ou en tout cas comme expansion sur le sujet de l’amour et des formes qu’il peut prendre.</p>
<p><em>Les Débuts</em> est aussi un récit des débuts dans le cinéma d’une jeune réalisatrice et à cet égard, une série très « méta ». Les six épisodes sont parsemées de références et citations, en particulier de Quentin Tarantino, et on suit les débuts derrière ou devant la caméra des trois personnages principaux. Autre bonne idée, Lena est sur le spectre autistique et j’ai trouvé que cet aspect était particulièrement bien géré, sans tomber dans la caricature facile et en offrant un aperçu fidèle de ce que c’est de vivre avec un TSA ou de vivre avec une personne sur le spectre. À l’arrivée, cela donne une série bien plus riche et intéressante que je l’imaginais au premier abord. Bonne pioche de la part de Netflix !</p>
]]></description></item><item><title>Jonny, The Drums</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/jonny-drums/</link><pubDate>Wed, 15 Nov 2023 20:57:15 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/jonny-drums/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/jonny-drums/jonny.jpg">
        <p>Est-ce que j’ai d’abord écouté <em>Jonny</em> pour sa pochette ? Vous ne pourrez pas le prouver. C’est en tout cas avec ce sixième album que je découvre The Drums, groupe new-yorkais qui s’est formé à la fin des années 2000 et qui est désormais uniquement porté par son chanteur, Jonathan Pierce. Je n’avais aucune idée de ce qui allait m’attendre et j’ai découvert un album d’électro-pop qui m’a semblé sympathique bien qu’assez banal les premières écoutes. Et puis, j’ai été surpris de le relancer régulièrement dans la rotation quotidienne, si bien qu’après une vingtaine d’écoutes, je dois bien reconnaître que ce <em>Jonny</em> m’a plu, bien plus que je l’imaginais initialement.</p>
<p>La musique est classée dans l’électro-pop et on est indéniablement entre ces deux univers. Le résultat est une ambiance assez légère, du moins en apparence, car il y a une noirceur qui se cache derrière et qui fait tout l’intérêt à mon sens de l’album. <em>Jonny</em> opte pour des thèmes assez sombres, notamment l’enfance stricte du chanteur qui a souffert de l’environnement homophobe imposé par ses parents ou encore en évoquant d’anciennes envies de suicide sur l’ultime et saisissant titre. Même sans s’attarder sur les paroles, cette part plus sérieuse est évidente à l’écoute et forme un contraste saisissant avec l’insouciance affichée des compositions. La voix de Jonathan Pierce est parfaitement adaptée à cette ambivalence, là encore entre la légèreté de la pop et la gravité de son introspection. Les seize titres qui composent <em>Jonny</em> sont tous assez courts et même s’ils ne sont pas tous aussi réussis, ils forment un ensemble franchement sympathique. Comme quoi, on peut parfois se fier à une pochette…</p>
]]></description></item><item><title>Suzume, Makoto Shinkai</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/suzume-shinkai/</link><pubDate>Tue, 14 Nov 2023 21:10:23 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/suzume-shinkai/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/suzume-shinkai/suzume.jpeg">
        <p>Encore une romance adolescente sur fond de fantastique ? J’avais été impressionné par le travail de Makoto Shinkai, en particulier sur l’épatant <a href="https://voiretmanger.fr/your-name-shinkai/"><em>Your Name</em></a>, mais déjà <a href="https://voiretmanger.fr/enfants-temps-shinkai/"><em>Les Enfants du Temps</em></a> qui a suivi semblait bien trop proche, avec une trame générale similaire. Rebelotte quelques années plus tard, avec <em>Suzume</em> qui raconte l’histoire d’une jeune lycéenne japonaise qui tombe sous le charme d’un étudiant et qui traverse tout le pays sur fond de vers à garder sous la terre sous peine de provoquer des séismes. La fusion entre réalisme et fantastique ainsi que cette manière de toucher à l’universel avec un récit profondément japonais sont parfaitement maîtrisées et le talent de Makoto Shinkai n’est plus à prouver. Et en même temps, j’ai trouvé cela nettement moins bien, presque déjà vu. Les clins d’œil appuyés à l’univers de Ghibli n’ont sans doute pas aidé, l’ensemble m’a paru un petit peu fade, malgré quelques bonnes idées ici ou là.</p>
<p>Peut-être que mon intérêt aurait été plus fort si le réalisateur avait pu mener son idée originale à bien. Comme il l’a <a href="https://www.looper.com/1254434/director-makoto-shinkai-anime-artistry-suzume-exclusive-interview/">expliqué en interview</a>, son idée originale était d’écrire une romance entre Suzume et une fille, mais cette relation lesbienne était manifestement impensable. Contraint de raconter une nouvelle romance hétéro, il a choisi de la réduire au maximum en transformant le bellâtre en… une chaise. C’est l’aspect le plus intriguant de <em>Suzume</em> et cette chaise personnifiée qui court et saute partout m’a rappelé le travail de Pixar, avec une bizarrerie qui tend à la gêne. Déjà que la relation entre une lycéenne et un étudiant est assez étrange, mais elle devient carrément tordue quand la jeune fille s’assied sur la chaise. Je ne sais pas si c’est de la maladresse ou voulu, mais quoi qu’il en soit, cette idée est assez gênante. Pour le reste, c’est une romance tout à fait banale et au parcours sans surprise, surtout quand on a vu les précédentes réalisations de Makoto Shinkai. C’est souvent magnifique, la représentation d’un Japon dévasté par les séismes et tsunamis est une image forte qui rappelle Fukushima… mais tout ceci forme un long-métrage bien banal, malheureusement.</p>
]]></description></item><item><title>Ant-Man et la Guêpe : Quantumania, Peyton Reed</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/ant-man-guepe-quantumania-reed/</link><pubDate>Sun, 12 Nov 2023 18:48:26 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/ant-man-guepe-quantumania-reed/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/ant-man-guepe-quantumania-reed/quantumania.jpeg">
        <p>Le personnage d’Ant-Man n’a jamais été mon favori dans l’immense univers cinématographique Marvel. Sa première apparition <a href="https://voiretmanger.fr/ant-man-reed/">en 2015</a> — cela ne nous rajeunit pas… — était divertissante, mais dès <a href="https://voiretmanger.fr/ant-man-guepe-reed/">le deuxième film</a>, ça se gâtait sérieusement. Le personnage « sauvait » l’humanité en annulant les actions de Thanos dans l’immense bazar indigeste qu’était <a href="https://voiretmanger.fr/avengers-endgame-russo/"><em>Avengers: Endgame</em></a> et on n’en avait plus trop entendu. Jusqu’à son retour, pour le trente-et-unième volet de la saga, <em>Ant-Man et la Guêpe : Quantumania</em>. La mode étant désormais au multivers dans le MCU, un épisode concentré sur l’univers quantique introduit par le personnage était assez évident. Peyton Reed ne déçoit pas de ce côté, avec un tournage quasiment réalisé exclusivement dans le monde quantique, mais il ne crée pas la surprise pour autant. Son troisième film avec Ant-Man est aussi peu intéressant que les autres, malgré la présence notable de Kang et surtout de son interprète, Jonathan Majors remontant le niveau face à un quatuor d’acteurs bien peu inspirés<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Je n’irais pas jusqu’à dire que je me suis ennuyé et avec deux heures au compteur, c’est un blockbuster relativement court de nos jours, mais j’ai tout de même eu l’impression assez nette qu’un résumé d’un quart d’heures aurait été préférable pour garder un pied dans l’univers.</p>
<p>Il faut dire que le MCU devient d’une telle complexité que cela devient un problème majeur, comme l’illustre d’ailleurs le désintérêt croissant du public. Je comprends et j’apprécie même l’ambition de Disney, qui cherche à ouvrir les horizons en introduisant des concepts aussi complexes que les univers multiples, mais l’effort à faire pour comprendre quoi que ce soit devient immense. <a href="https://voiretmanger.fr/loki-waldron-disney/"><em>Loki</em></a> a introduit le concept en même temps que le personnage de Kang, qui est en passe de devenir le nouveau Thanos. Alors que l’on pouvait se contenter d’un ou deux films par an, il faut désormais suivre des longs-métrages et des séries, les regarder qui plus est dans le bon ordre en intercalant logiquement les saisons. Et puis on se retrouve dans des univers toujours plus délirants, à l’image de ce Quantumania chatoyant, toujours à un doigt du kitsch ridicule, aux règles absurdes. C’est assez joli à regarder, surtout en 4K sur un écran OLED, mais Peyton Reed n’en fait rien de bien intéressant. Je veux dire, on est dans un monde quantique infiniment petit, rempli de créatures étranges, avec des décors surréalistes et à la fin, on a la gravité, des humains et des combats et vaisseaux qui semblent tout droit sortir de <em>Star Wars</em>. À quoi bon ? Le délire est poussé si loin que plus personne ne semble y croire, surtout pas les acteurs principaux qui paraissent toujours perdus. L’humour Marvel ajoute un petit peu de légèreté bienvenue, mais pas suffisamment pour ne pas se sentir un peu dépassé et, pour le dire franchement, assez désintéressé.</p>
<p>Bon et pour finir, doit-on s’inquiéter pour Bill Murray ? J’étais agréablement surpris au départ de le découvrir dans <em>Ant-Man et la Guêpe : Quantumania</em>, le côte agréable a toutefois rapidement disparu. Je ne comprends pas pourquoi on fait appel à un tel acteur pour un rôle aussi peu intéressant et encore moins drôle. Je ne comprends pas non plus pourquoi l’acteur a accepté le rôle. Il avait perdu un pari ?</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Ses bonnes performances d’acteur n’en font malheureusement pas un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jonathan_Majors#Affaire_judiciaire_et_accusations_de_mauvais_comportement">bon humain</a> et il est probable qu’il soit remplacé pour les prochains films.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>The Changeling, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/changeling-apple-tv+/</link><pubDate>Sat, 11 Nov 2023 23:11:39 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/changeling-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/changeling-apple-tv&#43;/changeling.jpeg">
        <p>Adaptation du roman éponyme écrit par Victor LaValle, <em>The Changeling</em> est peut-être la série la plus bizarre que j’ai vue en 2023. La première saison débute pourtant de manière assez classique, avec l’histoire d’un couple qui se forme à New York et d’un enfant qui arrive bien vite. Mais ce n’est pas une belle comédie romantique qui se prépare, la création d’Apple TV+ étant classée dans la catégorie plus mystérieuse du conte horrifique. Je ne veux pas trop en dire, à la fois parce que ce serait gâcher le plaisir de la découverte, et aussi et peut-être surtout, parce que je ne suis pas certain d’avoir tout compris. Le scénario déployé dans les huit épisodes de la première saison est d’une inventivité folle et assez perturbant en même temps. J’adore suivre une histoire sans savoir à l’avance où elle nous mènera et sur ce point, je n’ai pas été déçu. On croit à un moment que l’intrigue va partir dans une direction et c’est vers une toute autre qu’elle se dirige en réalité. Quand un personnage semblait assez bien défini, un épisode vient remettre tout en cause. Quand une situation semblait se stabiliser, un évènement vient la perturber.</p>
<p>Cette instabilité peut aussi être assez frustrante par moments. Le dernier épisode de la saison en est un bon exemple, car s’il apporte quelque réponse, il ouvre encore davantage de questions. C’est tout à fait normal : Kelly Marcel <a href="https://www.hollywoodreporter.com/tv/tv-features/the-changeling-showrunner-author-season-2-interview-1235618467/">a expliqué</a> qu’une deuxième et dernière saison était prévue, si Apple le voulait bien, et qu’elle apporterait toutes les réponses. En attendant, <em>The Changeling</em> devait laisser les spectateurs se demander ce qui s’était passé exactement dans cette fin bizarre, même si les bizarreries se sont accumulées pendant toute la saison. De cet étrange peuple sous-terrain au monstre qui attaque l’île, le côté mystérieux a été soigneusement entretenu du début à la fin, tout en l’intercalant à des séquences parfaitement réalistes. C’est un mélange audacieux, qui colle bien à l’idée du projet et qui déroutera forcément les spectateurs. J’ai pour ma part apprécié cet alliage surprenant ainsi que cette histoire résolument féministe qui propose un regard original sur la maternité. J’espère qu’Apple TV+ écoutera son créateur et offrira à sa série une nouvelle saison pour conclure <em>The Changeling</em>. Pour une fois que l’on a un récit qui sort des sentiers battus, ce serait dommage de ne pas aller jusqu’au bout…</p>
]]></description></item><item><title>Conquest, Nina Allan</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/conquest-allan/</link><pubDate>Wed, 08 Nov 2023 10:10:37 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/conquest-allan/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/conquest-allan/conquest.jpeg">
        <p>Suivant un <a href="https://www.playlistsociety.fr/2023/08/conquest-de-nina-allan-la-generalisation-du-complot/133179/">bon conseil</a> et ne sachant uniquement que le roman parlait de complotisme, comme <em><a href="https://nicolasfurno.fr/livre/souviendra-phily-joe-malte/">Qui se souviendra de Phily-Jo ?</a></em> qui m’avait beaucoup plu, j’ai commandé <em>Conquest</em> en ne sachant rien de plus du livre ou de son autrice. L’intrigue se construit autour de la disparition de Frank, jeune homme brillant qui tombe dans le complotisme avant de disparaître du jour au lendemain sans prévenir. Inquiète, sa sœur Rachel embauche Robin, une détective privée, pour mener l’enquête et savoir ce qui est arrivé à son frère. Nina Allan adopte initialement le point de vue de Frank, puis brièvement celui de Rachel, mais opte principalement pour celui de Robin, qui essaie de comprendre ce qui est arrivé à Frank et surtout, qui découvre les théories à base d’invasion extraterrestre en même temps.</p>
<p>Comme dans le roman de Marcus Malte, l’enjeu n’est pas de se moquer des théories qui semblent absurdes et encore moins de ceux qui y croient dur comme fer, mais plutôt de prouver que ces complots reposent sur un socle solide et peuvent toucher tout le monde. Frank n’est pas un idiot, loin de là : décrit comme un développeur brillant, c’est aussi un mélomane fan de Bach et qui connaît non seulement ses plus grandes œuvres, mais aussi son influence considérable sur le monde de la musique. Il se sert même de ce savoir pour alimenter l’autre, sur les êtres venus d’ailleurs qui pourraient s’en prendre à l’humanité grâce à des altérations biologiques. Le parallèle entre les deux domaines est brillant pour démontrer que ces théories du complot se construisent sur des bases saines, mais dérivent dans leurs conclusions sans que l’on sache très bien pourquoi. <em>Conquest</em> n’essaie pas de convaincre ses lecteurs de la véracité de ces thèses sur la guerre en cours contre des créatures venues de l’espace. Le roman essaie quand même de brouiller les cartes, notamment en incluant les textes fictifs qui servent de base au complot. Au cœur de son récit, Nina Allen insère <em>La Tour</em>, une nouvelle fictive considérée par Frank et les autres adeptes de sa théorie comme une preuve de l’invasion. Ce qui est passionnant, c’est que ce récit parle lui-même d’un complot et reproduit le même schéma que le roman.</p>
<p><em>Conquest</em> est assez court et se lit facilement, une belle réussite alors même qu’il intègre d’autres textes fictifs et brouille les pistes à plusieurs reprises. Je ne veux pas dévoiler la fin, mais je l’ai trouvé elle aussi assez brillante sur le même mode du complot. Je recommande !</p>
]]></description></item><item><title>Les Bonnes étoiles, Hirokazu Kore-eda</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/bonnes-etoiles-kore-eda/</link><pubDate>Mon, 06 Nov 2023 18:07:31 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/bonnes-etoiles-kore-eda/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/bonnes-etoiles-kore-eda/bonnes-etoiles.jpeg">
        <p><em>Les Bonnes étoiles</em> est peut-être un film réalisé par le réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda, c’est un long-métrage sud-coréen. Il voulait tourner avec des acteurs locaux et l’histoire qu’il a imaginée se prêtait mieux au pays, mais cela ne veut pas dire qu’il a abandonné pour autant son style ou ses sujets de prédilection. La famille encore une fois au cœur du projet, dont l’intrigue se construit autour d’un duo qui vend des enfants abandonnés dans des « boites à bébés », apparemment courantes dans le pays. Un trafic logiquement interdit, ce qui explique le rôle de deux flics en filature pour tenter de les prendre sur le fait. Au milieu de ce commerce immoral, le dernier personnage principal est une mère qui s’est résolue à abandonner son enfant et qui, après avoir été prise de remords, choisit de les suivre, officiellement pour prendre une part de l’argent gagné. Comme toujours avec le cinéaste, il n’y a rien de simpliste ici et ses motivations ne sont pas aussi tranchées qu’elle le laisse paraître initialement. Sous couvert de vouloir s’enrichir avec la vente de son enfant, elle refuse en réalité le premier couple odieux et semble de moins en moins intéressée par l’adoption. De là à envisager de former une famille choisie avec les deux hommes et un autre orphelin qui s’est greffé au voyage ?</p>
<p>Je ne révélerai rien de la fin bien entendu et ce n’est de toute manière pas le plus important. Hirokazu Kore-eda présente des personnages complets et complexes, dont les motivations ne sont pas toutes connues et qui se révèlent plus riches qu’on pouvait initialement le penser. Cette manière de construire des psychologiques crédibles a toujours fait la force du réalisateur japonais et ce n’est pas parce qu’il signe un film sud-coréen que cela enlève quoi que ce soit à son travail et son talent de metteur en scène et de directeur d’acteurs. À cet égard, <em>Les Bonnes étoiles</em> est une vraie réussite, une œuvre touchante et si juste. Le casting est sans aucune fausse note et tous les acteurs sont parfaits, y compris le jeune qui incarne l’orphelin embarqué par le groupe et dont le jeu est toujours précis et enthousiasmant. Une très belle réussite, que je recommande sans réserve.</p>
]]></description></item><item><title>Terra Nil</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/terra-nil/</link><pubDate>Sun, 05 Nov 2023 11:20:01 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/terra-nil/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/terra-nil/terra-nil.jpg">
        <p>Vous prenez la direction d’un espace pollué avec l’objectif de le nettoyer et de le rendre à la nature et aux animaux. La technologie humaine doit vous aider une dernière fois à y parvenir, en installant des éoliennes pour alimenter des usines qui vont nettoyer le sol, en ajoutant des dispositifs chargés de restaurer les plantes, puis en créant des écosystèmes complets, forêts, plages, zones humides et enfin en permettant aux animaux de revenir dans cet environnements délaissés. Dans l’idée, <em>Terra Nil</em> est ainsi un constructeur de villes inversé, le contraire d’un <em>Sim City</em> ou d’une des multiples variantes. Un concept qui m’avait énormément intrigué, tant <a href="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/settlement-survival/">j’adore le genre original</a>, mais j’avais envie de sortir de la routine des constructions de villes. Après environ 14 heures de jeu, j’ai déjà fait le tour de ce nouveau titre et même si on est loin de la profondeur ou de la complexité d’un simulateur de villes et bien plus proche d’un puzzle, j’ai bien aimé ce petit jeu fort sympathique.</p>
<p>Je m’attendais à découvrir d’immenses cartes générées aléatoirement, avec un objectif assez libre et la possibilité de jouer pendant des dizaines d’heure sur une carte. <em>Terra Nil</em> ne fonctionne pas du tout de cette manière néanmoins et le jeu est nettement plus réduit. Il est composé de quatre environnements différents, avec autant de climats et des règles du jeu légèrement modifiées à chaque fois. Chaque environnement peut être complété avec des parties qui se déroulent toujours en quatre phases : il faut d’abord restaurer le terrain, puis restaurer la végétation spécifique et enfin restaurer les animaux tout en effaçant toutes ses traces. Une fois les quatre cartes de base terminées, le jeu débloque quatre nouvelles cartes, des variantes des précédentes avec un gameplay un petit peu ajusté. Mais quand vous avez fini ces huit cartes et réalisé tous les objectifs secondaires, c’est-à-dire déniché tous les animaux et obtenu tous les climats, vous aurez en gros terminé <em>Terra Nil</em>. On peut le faire bien plus rapidement que moi, d’ailleurs, qui ai eu du mal à comprendre certaines règles<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et qui ai savouré quand j’ai réalisé que le titre n’était pas aussi ample que je l’imaginais.</p>
<p>Est-ce un défaut ? Pas nécessairement, mais il faut considérer <em>Terra Nil</em> davantage comme un petit jeu composé de quelques objectifs à remplir, non pas comme un simulateur de ville en bonne et due forme. J’ai beaucoup apprécié l’ambiance du jeu, son côté relaxant et naturellement, son message écologique.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>En particulier, que l’identification des animaux pouvait se faire n‘importe où sur la carte et pas seulement autour du bâtiment associé. 🤦‍♂️ Le jeu est nettement plus simple sachant cela, et j’aurais gagné quelques heures au lieu suivre ma méthode, qui consistait à déplacer le bâtiment dans un environnement pour trouver les animaux correspondants.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Invasion, Apple TV+ (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/invasion-apple-tv+-saison-2/</link><pubDate>Sat, 04 Nov 2023 18:35:47 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/invasion-apple-tv+-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/invasion-apple-tv&#43;-saison-2/invasion-saison-2.jpeg">
        <p>La <a href="https://voiretmanger.fr/invasion-kinberg-weil-apple-tv/">première saison d’<em>Invasion</em></a> m’avait intéressé par sa manière de prendre le contrepied des histoires d’invasions extraterrestres. Au lieu d’adopter un point de vue global, la série Apple TV+ suivait quelques personnes aussi perdues que nous, spectateurs, sans jamais montrer l’invasion de manière frontale. Et sans apporter de réponses, avec une saison qui se terminait avec davantage de questions encore. C’est un pari risqué pour une série et il fallait bien apporter des réponses à un moment ou à un autre. Sans trop de surprise, la deuxième saison s’y attelle en apportant de nombreuses explications et en affrontant plus directement les monstres venus de l’espace. Et malheureusement sans surprise aussi, c’est bien plus banal et nettement plus décevant.</p>
<p>Le scénario se construit sur les bases de la saison précédente et tire logiquement vers l’affrontement entre l’humanité et les extra-terrestres. <em>Invasion</em> reprend alors que la recherche a bien évolué, que l’on découvre comment « parler » avec les créatures et envisager une contre-attaque. Rien de très étonnant et c’est bien ce qui me chiffonne. Même si on reste centré sur les personnages que l’on a découvert dans la première saison, le point de vue est plus global. Même s’il y a bien des séquences en France et au Brésil, l’action se recentre sur les États-Unis, surtout vers la fin où l’on retombe dans les travers du drapeau surligné en permanence. Les combats se font plus fréquents, on voit pleinement les créatures et… eh bien, on a déjà vu cette histoire des centaines de fois. Tout ce qui faisait l’originalité d’<em>Invasion</em> n’est plus qu’un lointain souvenir et ces dix nouveaux épisodes se contentent de déployer une intrigue assez paresseuse. Même les relations personnelles sont téléphonées et sans aucune surprise.</p>
<p>Je n’irais pas jusqu’à dire que cette deuxième saison m’a ennuyé, la série reste divertissante malgré tout. Mais alors que j’avais très envie de voir la suite d’<em>Invasion</em> après les dix premiers épisodes, je suis plus mitigé. Peut-être que je jetterai un œil à la troisième saison, mais je ne vois pas trop comment les scénaristes pourraient revenir en arrière et retrouver ce qui faisait le succès initial. Le mystère a été dissipé et comme on pouvait malheureusement s’y attendre, c’est lui qui faisait tout l’intérêt de la création d’Apple TV+…</p>
]]></description></item><item><title>Le Menu, Mark Mylod</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/menu-mylod/</link><pubDate>Wed, 01 Nov 2023 22:00:16 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/menu-mylod/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/menu-mylod/menu.jpeg">
        <p><em>Le Menu</em> imagine un restaurant ultra-sélect, un menu à plus de mille dollars, servi à douze invités seulement chaque soir le temps d’un repas qui dure plus de quatre heures et qui est servi sur une petite île. Cela se passe aux États-Unis, mais ce pourrait être n’importe quel restaurant étoilé de légende de ces dernières années, comme le mythique El Bulli, ou alors l’une de ces adresses mises en avant par la série <a href="https://voiretmanger.fr/chef-table-gelb-netflix/"><em>Chef’s Table</em></a>. Que la série soit d’ailleurs citée à un moment donné par l’un des personnages ne doit rien au hasard et une partie du long-métrage réalisé par Mark Mylod est justement une critique d’une certaine haute gastronomie, si concentrée sur l’esthétique et le cérébral qu’elle en oublie le plaisir. Une critique assez efficace d’ailleurs, notamment grâce au personnage interprété par Nicholas Hoult, en adoration face au « Chef » des lieux, fin connaisseur de toutes les techniques modernes et décortiqueur insupportable de tout ce qui passe dans son assiette.</p>
<p>Ce n’est qu’une partie de l’équation toutefois, puisque <em>Le Menu</em> est aussi une satire sociale. Les douze convives sont tous aussi riches que faux et le long-métrage prend un malin plaisir à les détruire méthodiquement. Chaque table a son lot de secrets honteux qui ressortent tout au long du repas et il n’y a pas un groupe pour rattraper l’autre. Le film réalisé par Mark Mylod se présente comme une comédie horrifique et si l’humour noir est présent dès le départ, il s’impose brutalement quand le dîner bascule dans l’horreur. Les convives croient d’abord à une mise en scène élaborée de la part du chef présenté comme excentrique, mais la réalité les rattrape vite. C’est un choix intéressant de la part du scénario, même si j’ai trouvé la bascule peut-être un peu trop rapide et pas toujours crédible. J’ai du mal à croire que tant de monde, les invités comme l’équipe du restaurant, laisse faire sans réagir pendant si longtemps. C’est une critique prise en compte par le film lui-même, lorsque le chef pointe la passivité de ses victimes, mais je trouve malgré tout que c’est un petit peu gros. <em>Le Menu</em> n’essaie pas d’être réaliste, certes, néanmoins cela m’a un petit peu sorti du film. Ralph Fiennes était toutefois fort bien dans le rôle du chef et Anya Taylor-Joy impeccable dans celui de Margot.</p>
]]></description></item><item><title>La Chute de la maison Usher, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/chute-maison-usher-netflix/</link><pubDate>Tue, 31 Oct 2023 21:00:01 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/chute-maison-usher-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/chute-maison-usher-netflix/chute-maison-usher.jpeg">
        <p>Le nom de la dernière mini-série de Mike Flanagan pour Netflix<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> ne laisse aucune place au doute : les nouvelles fantastiques d’Edgar Allan Poe planent au-dessus de <em>La Chute de la maison Usher</em>. Néanmoins, la nouvelle éponyme est loin d’être la seule source d’inspiration, loin de là. Les huit épisodes qui composent la série forment une sorte de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chute_de_la_maison_Usher_(mini-s%C3%A9rie)#R%C3%A9f%C3%A9rences_%C3%A0_l'%C5%93uvre_de_Poe"><em>best-of</em> de Poe</a>, avec des dizaines d’inspirations directes et de références ou clins d’œil plus ou moins appuyés. La nouvelle de base sert de cadre général, avec les jumeaux Roderick et Madeline Usher et leur malediction qui se termine par la chute très littérale de leur maison, comme le titre l’indiquait bien. Mais c’est toute l’œuvre de l’écrivain et poète américain qui infuse chaque épisode : il y a des citations assez longues du poème <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Corbeau_(po%C3%A8me)"><em>Le Corbeau</em></a>, les noms propres piochent dans une nouvelle ou dans l’autre et des épisodes entiers sont inspirés par les nouvelles de Poe. Connaître ces inspirations n’est aucunement indispensable pour profiter de la série, mais cela peut être un bonus sympathique qui, pour ma part, m’a rappelé l’album de rock progressif <em>‌Tales of Mystery and Imagination</em> du groupe The Alan Parsons Project, dont le concept s’inspirait lui aussi des nouvelles et poèmes de Poe.</p>
<p>S’inspirer d’un grand auteur ne garantit pas la production d’une grande œuvre, alors que vaut ce <em>melting-pot</em> modernisé d’Edgar Allan Poe ? Je dois reconnaître avoir été surpris par une série qui monte constamment dans les tours et s’avère de plus en plus prenante et intense au fur et à mesure que les épisodes avancent. Le pilote était intriguant, sans plus, mais <em>La Chute de la maison Usher</em> trouve rapidement son rythme, avec un mort par épisode et une tension de plus en plus forte. Mike Flanagan opte pour une intrigue non-linéaire, avec des allers et retours entre les époques et un mystère qui entoure tout : les morts mystérieuses des enfants de Roderick, son ascension au pouvoir bien des années avant et une femme que l’on voit un petit peu trop partout. La résolution n’est pas des plus originales et le contrat faustien ne surprendra pas forcément, mais ce n’est pas l’intérêt principal de la mini-série. J’ai trouvé le déploiement de l’intrigue plus intéressant que l’intrigue elle-même, avec de multiples temps forts tout au long des huit saisons et aussi quelques creux. Dans l’ensemble, la série m’a beaucoup plu, la diversité tant raciale que sexuelle est notable et j’ai été happé par le spectacle offert, la qualité des décors et le jeu de la majorité des acteurs. À ne pas rater si vous aimez les séries à suspense et que vous tolérez un petit peu de gore.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Il a signé depuis avec Amazon, qui devrait ainsi récupérer ses prochaines séries horrifiques.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
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]]></description></item><item><title>Le sentier côtier face à Port-Manech</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/sentier-cotier-face-port-manech/</link><pubDate>Mon, 30 Oct 2023 20:50:25 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/sentier-cotier-face-port-manech/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/sentier-cotier-face-port-manech/IMG_9114.jpeg">
        &lt;p>Une petite balade le long du sentier côtier, face aux plages de Port-Manech. Coup de chance en cette journée de tempête, le ciel se dégage à notre arrivée, laissant le soleil percer sur la côte acérée dans ce coin au sud de la Bretagne. L’océan encore déchainé se brise sur les rochers, formant d’impressionnantes vagues et la bande-son idéale. En ce dimanche d’automne qui tarde à venir, le sentier côtier est peu emprunté et si agréable.&lt;/p>
</description></item><item><title>Marry My Dead Body, Cheng Wei-Hao</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/marry-dead-body-cheng/</link><pubDate>Sun, 29 Oct 2023 19:20:37 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/marry-dead-body-cheng/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/marry-dead-body-cheng/marry-my-dead-body.jpeg">
        <p>Il existe une drôle de tradition en Chine : les mariages fantômes, prononcés entre deux morts, voire entre un vivant et un mort. Cela servait traditionnellement à éviter la honte liée à la mort d’une fille avant son mariage ou alors au contraire à perpétrer un nom de famille en permettant aux enfants d’une femme de porter le nom du décédé. Cette tradition sert de point de base à <em>Marry My Dead Body</em>, un film taïwanais déjanté, à mi-chemin entre le film policier et la comédie romantique gay, avec une bonne dose de fantastique. Cheng Wei-Hao a le bon sens de ne pas prendre son affaire trop au sérieux, si bien que le résultat est vraiment drôle. Et en même temps touchant sur la fin, et je ne m’y attendais pas du tout. Une bien belle surprise.</p>
<p>La première séquence du long-métrage établit d’emblée que Wu Ming-han est un flic homophobe et prêt à tout pour faire avancer sa carrière. Le réalisateur tient aussi à le montrer comme un plouc qui se la raconte beaucoup, mais n’obtient pas toujours les résultats attendus, si ce n’est jamais. Cet hétéro caricatural prend un jour par inadvertance une enveloppe rouge qui contient une mèche de cheveux de Mao Mao, signalant à son insu qu’il acceptait de l’épouser. Comme on pouvait s’en douter au titre du film, le jeune homme n’est plus de ce monde et il mort dans un accident quelque temps auparavant. L’homophobe refuse en bloc et part, mais comme la grand-mère du prétendant l’avait prédit, la malchance s’accumule tant et tant, qu’il finit par céder et accepter ce mariage avec un fantôme. <em>Marry My  Dead Body</em> prend le concept au pied de la lettre et représente le mort comme un fantôme que seul le nouvel époux peut voir. La comédie repose naturellement sur l’opposition entre ce flic contraint de se marier à un homme et le mort qui n’est pas tellement plus ravi de se retrouver avec un mari homophobe. Le duo fonctionne très bien, les deux acteurs ont une bonne alchimie et ce qui devait arriver arriva : à force de travailler ensemble sur l’enquête pour trouver le meurtrier qui se trouve être la même enquête que celle menée par le policier, le hasard fait bien les choses, les deux jeunes hommes apprennent à se connaître et finissent même par s’apprécier. C’est la partie comédie romantique du projet et j’ai trouvé que c’était assez bien mené, étonnament. La subtilité n’a pas sa place dans ce film volontairement ampoulé, qui en fait des caisses et qui assume sa façon de toujours en faire trop. Néanmoins, j’ai été surpris par le jeu plus mature des deux acteurs, qui parviennent à éviter les caricatures trop faciles et qui réussissent même à rendre leur couple crédible.</p>
<p>Cela explique sans doute pourquoi la fin est si touchante. Alors attention, <em>Marry My Dead Body</em> reste un pur divertissement qui ne se prend jamais trop au sérieux et qui fait de la surenchère sa normalité. Cheng Wei-Hao commence fort à cet égard, avec une course-poursuite digne des pires séquences de la saga <em>Fast &amp; Furious</em>, mais limite la folie sur la fin et dépasse l’opposition caricaturale des débuts entre les deux époux. Sans aller jusqu’à parler d’œuvre politique, restons calme, j’ai tout de même apprécié que cette relation soit considérée avec sérieux, comme si le mariage fantôme avait été effectué avec une femme.</p>
]]></description></item><item><title>Minx, Starz</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/minx-starz/</link><pubDate>Sat, 28 Oct 2023 21:59:07 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/minx-starz/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/minx-starz/minx.jpeg">
        <p><em>Minx</em> plonge le spectateur dans des années 1970 fictives, mais parfaitement reconstituées, pour imaginer la naissance d’un magazine féministe chez un éditeur de magazines… pornographiques. C’est l’idée de base de cette série au format court avec ses épisodes d’une demi-heure, mais n’allez pas croire qu’il s’agit d’une énième sitcom de bureau. La série créée par Ellen Rapoport à l’origine pour HBO Max — elle est passée chez Starz pour sa deuxième saison — est nettement plus ambitieuse que cela, à tel point que je me demande si elle n’aurait pas mérité un format plus long. La reconstitution est parfaite et surtout, les personnages ont droit à une épaisseur psychologique digne des meilleures créations. Ils évoluent vite au-delà des quelques traits de caractères imaginés pour le pilote. Au centre de l’intrigue, Joyce Prigger délicieusement interprétée par Ophelia Lovibond. Elle tente désespérément de convaincre des hommes d’un autre temps de produire son magazine féministe quand la série commence et face à leurs refus souvent effarés, elle accepte à contrecœur la proposition de Doug Renetti (Jake Johnson, excellent), propriétaire d’une publication de magazines pornos. Cet assemblage inattendu forme le socle de la première saison, entre poster de mecs nus et textes féministes.</p>
<p>L’humour provient principalement de la confrontation des deux univers, surtout au début. <em>Minx</em> évolue toutefois aussi au fil des épisodes et élargit progressivement son horizon, creusant les personnages et les intrigues en même temps. C’est particulièrement sensible dans la deuxième saison, qui explore d’autres thématiques et notamment l’homosexualité. Si le personnage de Richie était un petit peu caricatural au départ, il trouve toute sa place notamment à la toute fin de la saison et j’espère que la suite de <em>Minx</em> lui laissera encore davantage de place. La sœur de Joyce Prigger interroge elle aussi sa sexualité et le traitement accordé à ce sujet par les scénaristes est parfait, en se confrontant notamment à l’homophobie crasse de l’époque, souvent à peine voilée derrière des excuses bidons. Je ne m’attendais pas à voir ce sujet traité de manière aussi frontale et intéressante et c’était une excellente surprise. Même si la représentation masculine reste un petit peu étrange — fallait-il des prothèses aussi grosses et plastiques pour les acteurs qui font du nu ? —, je dois reconnaître que <em>Minx</em> m’a épaté sur ce sujet. J’ai bien hâte de voir ce qu’Ellen Rapoport va imaginer pour ses personnages dans la saison suivante.</p>
]]></description></item><item><title>Before and Now Seems Infinite, Federico Albanese</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/before-now-seems-infinite-albanese/</link><pubDate>Wed, 25 Oct 2023 21:45:03 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/before-now-seems-infinite-albanese/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/before-now-seems-infinite-albanese/before-now-seems-infinite.jpeg">
        <p>Je ne sais plus bien comment je suis tombé sur Federico Albanese, compositeur italien comme son nom le suggère bien, mais qui a choisi de composer à Berlin, cela a son importance. Quoi qu’il en soit, cela a été le déclic immédiat, tant cela colle avec mes goûts en la matière. Son style, que l’on classe dans le genre un petit peu en vrac du « classique moderne », m’évoque l’incontournable <a href="https://nicolasfurno.fr/recherche/?s=max+richter">Max Richter</a>, mais aussi <a href="https://nicolasfurno.fr/recherche/?s=nils+frahm">Nils Frahm</a>, peut-être parce que le piano est son instrument de prédilection. Peut-être aussi parce que tous ces artistes n’hésitent pas à mélanger les genres et sortir de leurs cases.</p>
<p><em>Before And Now Seems Infinite</em> l’illustre bien, avec la majorité des onze titres qui sont uniquement instrumentaux et qui reposent principalement sur des instruments acoustiques, avec le piano au cœur des compositions. Ce qui n’empêche pas les incursions d’instruments électriques au milieu, au profit d’une musique d’ambiance douce, belle et que je trouve si agréable à écouter. Et puis, Federico Albanese n’hésite pas à sortir des sentiers battus avec deux titres chantés qui pourraient se trouver sur un album de pop. Surprenants à la première écoute, ces deux <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Esev94xMKs4">chansons</a> trouvent parfaitement leur place dans l’ensemble après quelques passages de plus dans la rotation quotidienne.</p>
<p>Ce n’est sans doute pas l’album de l’année<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, mais <em>‌Before And Now Seems Infinite</em> n’a pas besoin de l’être. J’ai écouté les morceaux imaginés par Federico Albanese près d’une vingtaine de fois maintenant et chaque nouvelle écoute est un plaisir renouvelé, notamment pour clore une journée sur une note plus douce. Essayez « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=xPLe8bccWEo"><em>The Vine</em></a> » qui ouvre l’album tout en délicatesse et qui est assez représentatif du travail de l’artiste italien. De mon côté, écrire sur l’album m’a donné envie de l’écouter à nouveau, alors relançons la lecture…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Dernière, qui plus est, écrit-il en réalisant qu’il est sorti début 2022…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>La Roue du Temps, Prime Video (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/roue-temps-prime-video-saison-2/</link><pubDate>Sun, 22 Oct 2023 21:48:47 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/roue-temps-prime-video-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/roue-temps-prime-video-saison-2/la-roue-du-temps-saison-2.jpeg">
        <p>La <a href="https://voiretmanger.fr/roue-temps-judkins-prime-video/">première saison</a> de <em>La Roue du Temps</em> n’était pas une réussite, il faut bien le dire. À tel point que j’ai failli passer à côté de cette suite, mais cela aurait été une erreur. Les huit épisodes qui composent la deuxième saison redressent la barre et même s’il reste quelques défauts, je trouve que la série portée par Prime Video est remontée dans mon estime. Certes, cela reste une variation d’héroïc-fantasy un petit peu trop proche du <em>Seigneur des Anneaux</em> ou <em>Game of Thrones</em>, les effets spéciaux manquent encore par endroit de finesse et l’opposition entre le bien et le mal est toujours un petit peu grossière, mais enfin, les plus gros défauts ont été gommés et l’histoire est plus intéressante maintenant que les présentations ont été faites. J’ai hâte de voir ce Rafe Judkins proposera par la suite, sachant qu’Amazon a renouvelé la série pour une troisième saison.</p>
<p>En attendant, ces huit épisodes durent étonnamment longtemps par rapport aux standards habituels, avec souvent plus d’une heure au compteur. Ce n’est pas un défaut néanmoins, car <em>La Roue du Temps</em> a désormais beaucoup à dire. Alors que la première saison rassemblait et divisait le petit groupe de héros, cette suite se charge de les réunir à nouveau, pas à pas. L’action suit toutefois des voies différentes pour chaque personnage, des voies qui se rapprochent toutefois progressivement jusqu’au final qui voit le groupe à nouveau réuni. Ce n’est pas l’arc scénaristique le plus original qui soit, mais il est bien mené, avec une progression suffisamment lente pour rester crédible. Chaque personnage a ainsi droit à une bonne place, avec suffisamment d’épaisseur psychologique, ce qui est agréable et rend l’univers plus crédible, d’autant que l’idée est souvent de remettre en cause leur héroïsme. C’est particulièrement vrai pour le personnage de Moraine, toute puissante dans la première saison, réduite ici à un rôle de figuration pendant l’essentiel de l’intrigue, ce qui la rend bien plus intéressante à mon avis. Quand la saison se termine, le groupe est de nouveau réuni et une bataille a été gagnée, mais la guerre entre le bien et le mal ne fait que commencer.</p>
<p>C’est un énorme cliché bien entendu et la série a du mal à s’en défaire, j’imagine que c’est lié au roman adapté, mais j’ai trouvé que c’était plus subtil dans cette suite. Par exemple, les tensions au sein des Aes Sedai sont bienvenues pour ne pas les dessiner comme le camp du bien sans nuance. À l’inverse, le camp du ténébreux peut se diviser et ce n’est pas le mal absolu sans nuance. J’espère que <em>La Roue du Temps</em> continuera d’apporter ainsi des nuances aux deux camps, mais cette deuxième saison allait dans la bonne direction.</p>
]]></description></item><item><title>Nimona, Troy Quane et Nick Bruno</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/nimona-quane-bruno/</link><pubDate>Sat, 21 Oct 2023 20:50:17 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/nimona-quane-bruno/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/nimona-quane-bruno/nimona.jpeg">
        <p>Lâchement abandonné par Walt Disney, quelle surprise, <em>Nimona</em> s’est trouvé une place sur Netflix et c’est une excellente nouvelle. Ce film d’animation réalisé par Troy Quane et Nick Bruno a une originalité rafraîchissante dans ce domaine, en ne visant pas autant les enfants sans pour autant être une œuvre adulte et surtout, en faisant une belle place à la diversité sexuelle. Ce qui a sans doute valu au projet son annulation une fois le studio Blue Sky acheté par la souris aux oreilles arrondies, mais ce qui lui offre un côté novateur, et c’est d’ailleurs déprimant. Et si un couple de chevaliers gays ne suffisait pas, que dire du personnage principal, à l’identité complexe et rejeté pour sa différence ? Même si ce n’est pas explicite, il me semble que l’allusion à la transexualité est évidente et le fait que N.D. Stevenson, l’auteur du roman graphique qui a été adapté ici, ait lui-même fait l’expérience de la transidentité le confirme amplement.</p>
<p>Au-delà de ces personnages résolument modernes, <em>Nimona</em> est aussi un très bon film d’animation, porté par un univers graphique parfaitement réussi et original là encore, quelque part entre le Moyen-Âge et la science-fiction. L’histoire elle-même est assez banale, mais toujours aussi efficace, à base de murailles qui doivent protéger d’un hypothétique monstre. Cela paraît assez enfantin quand on le décrit comme ça, mais j’ai apprécié le ton de l’histoire, qui ne parle pas à des enfants comme s’ils étaient débiles et qui touchera autant les adultes. Plus que l’histoire de murailles et de monstres, c’est la relation entre Nimona et Ballister qui est intéressante, entre émerveillement de la magie, rejet de la différence et surtout une remise en cause bien sentie de nos préjugés. Ballister incarne naturellement le spectateur moyen, qui cherche à comprendre ce qu’est Nimona, considérant que la réponse « Je suis Nimona » n’est en aucun cas suffisante. La manière qu’ont Troy Quane et Nick Bruno de nous amener à réaliser que c’est en réalité suffisant est excellente et, à mon sens, une vraie réussite du long-métrage. Même si la morale de l’histoire de fond peut semble naïve, celle qui émerge de cette relation est subtile et belle.</p>
]]></description></item><item><title>Des gens bien ordinaires, Canal+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/gens-bien-ordinaires-canal+/</link><pubDate>Wed, 18 Oct 2023 21:23:34 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/gens-bien-ordinaires-canal+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/gens-bien-ordinaires-canal&#43;/gens-bien-ordinaires.jpg">
        <p>Je crois que j’ai particulièrement apprécié <em>Des gens bien ordinaires</em> parce que je n’avais rien lu à son sujet en amont. Alors, si vous n’avez pas vu cette création originale Canal+, je vous recommande d’arrêter votre lecture, de la regarder en entier ce qui ira vite étant donné son format atypique — huit épisodes de maximum 15 minutes — et de revenir ensuite. L’effet de surprise n’est pas déterminant, mais il participe à mon sens du succès de la série créée par Ovidie.</p>
<p>Une série, donc, qui se construit sur une idée de départ aussi simple que forte. <em>Des gens bien ordinaires</em> suit le parcours de Romain, jeune étudiant qui se lance dans le porno, sans prévenir les spectateurs que les rôles ont été inversés. Dans cet univers parallèle, ce ne sont pas des actrices qui font bander des mecs, mais des minets qui font plaisir à des femmes. L’industrie est dominée par des productrices, des réalisatrices et des techniciennes, qui sont toutes là pour filmer des garçons les plus jeunes possible et objectivés face aux caméras. Ce qui est très fort, c’est qu’Ovidie joue le jeu à fond et tourne son histoire en inversion complète et sans la remettre en cause, ni prévenir le spectateur bien entendu. Il y a ainsi comme un décalage entre nos attentes et ce qui est montré, un décalage <em>crescendo</em>, si bien que l’on peut douter pendant un moment. Mais pas jusqu’au bout, tant le malaise provoqué par ce décalage s’instaure. Tous les clichés sont inversés : les femmes plus fortes et autoritaires, les minets qui se font écraser par l’industrie. C’est évident sur le papier, mais c’est parfaitement réalisé et impeccablement joué, sans tomber dans la caricature facile. C’est trop rare de voir des fictions françaises avec un casting aussi réaliste pour ne pas le souligner.</p>
<p><em>Des gens bien ordinaires</em> doit composer avec un budget limité et parvient à le faire assez élégamment. Le retour au tournant des années 2000 est bien géré, avec un ratio 4:3 à l’ancienne et des décors à peu près nettoyés. La photographie est particulièrement soignée et on sent que le savoir-faire est là, ce qui me laisse penser que c’est dommage d’en être resté à un format aussi court. D’un autre côté, peut-être que la série aurait pâti de la dilution sur des épisodes rallongés.</p>
]]></description></item><item><title>No Man’s Sky</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/no-man-sky/</link><pubDate>Tue, 17 Oct 2023 21:45:46 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/no-man-sky/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/no-man-sky/no-man-sky.jpeg">
        <p>Vous débarquez sur une planète mystérieuse et vous pouvez l’explorer librement, au départ à pied ou en utilisant un jetpack. Après quelques minutes, vous devriez retrouver votre vaisseau spatial, que vous devrez réparer et ravitailler pour ensuite décoller et découvrir… un univers entier. Telle est la promesse folle de <em>No Man’s Sky</em>, un jeu qui ambitionne de créer un univers à la volée. À chaque fois que vous découvrez une nouvelle planète, sa surface est générée automatiquement et surtout aléatoirement, tant pour les reliefs, les ressources naturelles ou artificielles qui se trouvent à sa surface. Rien n’est prédéfini à l’avance, si bien que chaque joueur aura une expérience un petit peu différente et sachant que les développeurs ont prévu un univers immense, composé d’un nombre impressionnant de planètes générées par des algorithmes.</p>
<p>Pour occuper cet espace incroyablement grand, <em>No Man’s Sky</em> multiplie les idées. On peut se balader sans but, mais on s’ennuie vite, il faut bien le dire. Le joueur peut suivre des quêtes, il y en a des principales qui consistent en gros à dénouer les mystères de l’univers et trouver son centre, littéralement, et il y en a des secondaires avec une variété vertigineuse. Imaginez que vous pouvez vous lancer dans des combats, à la fois dans l’espace ou à la surface des planètes, ou bien créer votre propre base avec des bâtiments et même d’autres occupants, ou alors de faire du commerce en vous associant à d’autres vaisseaux pour former une flotte, ou encore de jouer avec d’autres joueurs qui se retrouvent tous dans un endroit unique. Quand j’ai découvert toutes ces options, je dois reconnaître avoir eu le sentiment de ne plus savoir où trop donner de la tête et de me perdre un petit peu. Il y a tant à faire dans ce jeu, vous pouvez passer votre temps à gérer une colonie et résoudre des conflits entre les habitants ou collecter des ressources pour l’agrandir, ou bien apprendre le langage des créatures qui peuplent l’univers et vous constituer un dictionnaire. Les quêtes secondaires sont nombreuses et vous envoient dans toutes les directions, sans compter que vous pouvez remplir des missions proposées dans chaque station spatiale. À force de picorer à droite à gauche, j’avais l’impression et de ne plus avancer et je me suis forcé à me concentrer sur les quêtes principales, ce qui a amélioré mon expérience du jeu.</p>
<p>Avec ces planètes générées à la volée et qui semblent en nombre illimité, avec ces multiples gameplays intégrés au sein d’un même jeu, on ne devrait jamais d’ennuyer dans <em>No Man’s Sky</em> n’est-ce pas ? Eh bien, ce n’est pas si simple. Déjà, parce qu’il faut souvent attendre : chaque téléportation demande quelques (dizaines de) secondes, tout comme chaque voyage spatial, et j’avais pris l’habitude de garder un smartphone à proximité pour occuper tous ces petits temps morts. Surtout, parce que cet univers est en réalité bien plus lassant qu’on pourrait le croire. Certes, chaque planète est générée à la volée et les premières découvertes sont magiques, mais on réalise vite qu’elles sont toutes calquées sur moins d’une dizaine de bases et on en a vite fait le tour. On trouve à chaque fois les mêmes types de cailloux, de plantes et d’animaux et il y a trop peu de variations à mon goût. Pire, les stations spatiales sont toutes identiques à l’intérieur, avec la même disposition et même pas un décor un petit peu modifié. Au fond, l’univers de <em>No Man’s Sky</em> a beau être généré devant le joueur et il a beau être physiquement immense, je l’ai trouvé petit et lassant. Après une bonne trentaine d’heures de jeu, j’en ai fait le tour et je crois qu’il est temps pour moi de passer à autre chose.</p>
]]></description></item><item><title>Le Seigneur des Empereurs, Guy Gavriel Kay</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/seigneur-empereurs-kay/</link><pubDate>Mon, 16 Oct 2023 20:55:51 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/seigneur-empereurs-kay/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/seigneur-empereurs-kay/seigneur-empereurs.jpeg">
        <p>Après <em><a href="https://nicolasfurno.fr/livre/voile-vers-sarance-kay/">Voile vers Sarance</a></em>, le second volet de <em>La mosaïque sarantine</em> se déroule presque entièrement au cœur de l’empire Byzantin réinventé par Guy Gabriel Kay, dans la ville de Sarance. <em>Le Seigneur des Empereurs</em> suit le mosaïste Crispin, mais le côté choral ressort encore davantage dans cette suite qui ajoute encore plusieurs personnages clés, dont un personnage bassanien, équivalent à notre Turquie. Cela foisonne et la virtuosité du romancier canadien permet de faire évoluer tous ces personnages au grès d’une histoire les réunit tous. C’est une qualité et aussi un défaut, que j’ai trouvé encore renforcé dans cette suite : il y a beaucoup de personnages, certes, mais ils sont tous essentiels dans l’histoire racontée et à chaque événement clé, on retrouve toujours les mêmes. Ça m’avait un petit peu gêné dans le premier roman, ici c’en était même presque agaçant, du moins si prévisible que tout espoir de suspense est annihilé.</p>
<p>Cela posé, il faut reconnaître que l’univers reconstitué par le romancier est plaisant à suivre. Même si tout est fictif, c’est basé sur des recherches solides sur l’Empire Byzantin et sans parler d’œuvre éducative, <em>Le Seigneur des Empereurs</em> permet au spectateur de se plonger dans une autre époque. Quitte à affronter des comportements en décalage avec notre époque, forcément : la polygamie et le traitement des femmes, en particulier, mais j’ai été surtout gêné par le personnage de Bossonus, un sénateur qui préfère les hommes. Je comprends bien que l’auteur adopte le point de vue des contemporains, mais j’ai trouvé le roman bien trop insistant sur ce qui est considéré comme un goût exotique et moqué régulièrement. Je me demande si c’était bien nécessaire d’insister aussi lourdement, mais ‌Guy Gavriel Kay n’est de toute manière pas le meilleur quand il s’agit de parler de relations personnelles et surtout amoureuses. Il s’en sort mieux pour parler de l’histoire avec une majuscule, moins pour les récits individuels qui manquent de naturel et peinent un petit peu à convaincre. Reste que cette grande histoire est parfaitement maîtrisée et c’est elle qui m’a incité d’aller jusqu’au bout des 600 pages de ce second roman, sans regretter d’ailleurs ma lecture.</p>
]]></description></item><item><title>Donjons &amp; Dragons : L’Honneur des voleurs, John Francis Daley et Jonathan Goldstein</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/donjons-dragons-honneur-voleurs-daley-goldstein/</link><pubDate>Sun, 15 Oct 2023 18:15:07 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/donjons-dragons-honneur-voleurs-daley-goldstein/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/donjons-dragons-honneur-voleurs-daley-goldstein/donjons-dragons-honneur-voleurs.jpeg">
        <p>Que <em>Donjons &amp; Dragons : L’Honneur des voleurs</em> ne soit pas un échec complet et honteux tient déjà quasiment du miracle. Le projet a été lancé dix ans avant sa sortie, courant 2013, après l’échec cuisant d’une trilogie basée sur le même jeu de plateau. L’idée d’un <em>reboot</em> naît au milieu d’un procès entre Hasbro, qui détient les droits du jeu, et les géants du cinéma qui se battent pour les droits sur l’adaptation. Si cela ne suffisait pas, il y a eu plusieurs itérations côté écriture et direction, la recette idéale pour un résultat désastreux. Et pourtant, le blockbuster qui en ressort n’est pas un désastre. Entendons-nous bien, ce n’est pas un chef-d’œuvre non plus, mais il n’en a pas l’ambition. C’est à mon sens ce qui sauve le film d’ailleurs : John Francis Daley et Jonathan Goldstein ne se prennent pas trop au sérieux et racontent leur histoire de casse avec suffisamment de modestie et une bonne dose d’humour pour que le spectacle soit plaisant d’un bout à l’autre.</p>
<p>L’univers de <em>Donjons &amp; Dragons</em> était peut-être original quand le jeu de plateau a été publié pour la première fois, au cœur des années 1970, mais cinquante ans après, on le connaît comme notre poche. Impossible de ne pas penser aux classiques du genre, <em>Le Seigneur des Anneaux</em> en tête, quand on découvre cette nouvelle adaptation. Au lieu d’essayer de s’en éloigner au maximum, et probablement d’échouer, les deux réalisateurs en font un hommage et multiplient les clins d’œil, de la Comté aux grottes de la Moria. C’est peut-être un poil gros par endroits, mais enfin, cette énième variante d’un monde d’heroïc-fantasy est au moins correctement mis en œuvre, avec des décors variés et des effets spéciaux qui n’essaient pas d’en faire trop pour leur propre bien. Sur le plan technique, l’ensemble tient globalement la route, à quelques détails près. L’histoire elle-même n’a rien d’original, mais ce n’est pas le but, et j’ai apprécié qu’on évite les longues introductions. Inutile de présenter l’univers, c’est l’avantage d’avoir un public qui le connaît probablement assez bien, et même les personnages sont introduits de façon subtile pour une fois, même si on ne les connaît pas encore. Une bonne idée, d’autant que <em>Donjons &amp; Dragons : L&rsquo;Honneur des voleurs</em> tente la carte de la modernité. Ne nous énervons pas, la diversité sexuelle reste inexistante et même sur le plan racial, les teintes de peau restant sagement du côté le plus clair du spectre. Il faut malgré tout saluer l’inversion des archétypes, avec le personnage de Chris Pine qui est physiquement plus faible et en retrait, et celui de Michelle Rodriguez en mode gros bras au cœur de l’action.</p>
<p>Pendant un petit peu plus de deux heures, John Francis Daley et Jonathan Goldstein déploient leur histoire avec facilité et un plaisir évident et assez communicatif, je dois le reconnaître. Les blagues et gags ne gagneront aucun concours d’originalité, ce qui ne veut pas dire qu’elles ne fonctionnent pas. Cette bonne dose d’humour permet de désamorcer les situations par ailleurs complètement irréalistes et l’ensemble évite ainsi de tomber dans un premier degré ridicule. Bref, sans être un grand film, j’ai passé un bon moment devant <em>Donjons &amp; Dragons : L’Honneur des voleurs</em> et je n’en attendais pas autant.</p>
]]></description></item><item><title>Désenchantée, Netflix (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/desenchantee-netflix-saison-3/</link><pubDate>Sat, 14 Oct 2023 20:56:02 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/desenchantee-netflix-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/desenchantee-netflix-saison-3/desenchantee.jpeg">
        <p><em>Désenchantée</em> se conclut avec une troisième saison de dix épisodes, <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/desenchantee-netflix/">après deux saisons découpées en deux parties</a>. On sent que Matt Groening a obtenu de Netflix cette extension pour terminer sa série d’animation et on sent aussi qu’il aurait pu tirer vingt épisodes de ce final. Le scénario part dans tous les sens et tente de rassembler toute la folie de ce qui précède en dix épisodes pleins à craquer, dont un rallongé sur la fin. Comme toujours, l’humour n’est pas toujours au rendez-vous et j’ai même envie de dire qu’il ne l’est quasiment plus ici. De toute manière, cela fait longtemps que <em>Désenchantée</em> s’était éloignée de sa satire initiale de <em>Game of Thrones</em> pour aborder des sujets bien plus sérieux et ces dix épisodes semblent pousser encore plus loin l’idée de traiter de sujets sérieux. Le deuil occupe une part importante de cette fin et tous les personnes doivent affronter leur passé et toutes les terribles actions qu’ils ont pu commettre ou affronter. On reste sur une série d’animation globalement comique, mais Matt Groening n’a jamais semblé aussi peu intéressé par le gag facile et préfère au contraire creuser ses personnages et leur psychologie tourmentée bien plus complexe que dans bien des œuvres tournées en images réelles.</p>
<p>Ce qui rend d’autant plus mélancolique face à ce qui est indéniablement une fin bien fermée, avec un traitement réservé à tous les personnages principaux et même secondaires d’importance. <em>Désenchantée</em> pense à tout le monde et se termine à contre-pied, avec une fin nettement moins sombre qu’on pouvait l’envisager. J’aurais pourtant apprécié de voir encore davantage des aventures de Bean avec la magie et la « stience », mais peut-être qu’il valait mieux s’en tenir là. L’incroyable inventivité de cet univers restera en tout cas longtemps en mémoire et même si toutes les idées n’ont pas abouti, on ne peut pas nier le travail réalisé sur cette création pour Netflix. Chapeau, Matt Groening.</p>
]]></description></item><item><title>Javelin, Sufjan Stevens</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/javelin-stevens/</link><pubDate>Fri, 13 Oct 2023 21:25:10 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/javelin-stevens/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/javelin-stevens/javelin.jpeg">
        <p><em>Javelin</em> surprend d’abord par sa pochette. Je ne sais pas si ce sont les lettres formées par la peinture rose en haut ou bien le photomontage en fond qui m’ont le plus marqué, mais on peut au moins lui reconnaître son originalité. Qu’importe, il s’agit du dixième album de Sufjan Stevens, le talentueux et prolifique musicien américain que je suis depuis bien des années, même si j’ai réalisé en ouvrant sa fiche <em>Wikipedia</em> que ses deux premiers albums en solo manquaient dans ma discographie. Il a commencé sa carrière en définissant un style unique, sur une base de folk, magnifiée par l’usage d’un grand nombre d’instruments variés qui tirent sa musique vers divers territoires, électroniques ou baroques. Ses morceaux sont partagés entre l’intimisme de sa voix seule accompagnée d’un banjo, à l’exubérance orchestrale où des dizaines d’instruments et de voix s’entremêlent. Un équilibre que j’avais toujours apprécié, mais qui avait un petit peu disparu ces dernières années, avec des albums solos plus sobres et de multiples collaborations et projets annexes plus expérimentaux.</p>
<p>Ce nouvel album revient aux fondamentaux. En dix titres, enfin neuf si l’on exclut la reprise de Neil Young sur la fin, Sufjan Stevens retrouve cette formule magique et l’empreinte sonore qui a fait sa réputation. <em>Javelin</em> m’a happé dès la première minute de « <em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=7q6EHqYM2Zw">Goodbye Evergreen</a></em> », un morceau très « sufjanesque » qui débute timidement et se termine dans une explosion sonore. C’est un schéma que l’on retrouve à travers tout l’album, sans tomber dans la répétition pour autant. Cet équilibre entre la voix fragile de l’interprète et les instrumentations complexes soutenues par des chœurs est une marque de fabrique qui fonctionne à mon avis parfaitement ici encore. Les titres sont tous assez courts, tout comme l’album qui dépasse à peine les 40 minutes, mais l’apothéose arrive sur la fin avec « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=74uuV-bMcEY"><em>Shit Talk</em></a> » et ses huit minutes trente déchirantes (« <em>I will always love you</em> » en boucle) qui me donnent des frissons à chaque écoute. C’est le morceau le plus ambitieux sans doute, celui qui condense le mieux ce que l’artiste peut offrir et une magnifique composition qui alterne entre séquences calmes et explosives pour se terminer dans la douceur.</p>
<p>Savoir qu’il est dédicacé à la mémoire de son ancien compagnon — ce qui fait de <em>Javelin</em> un coming-out officiel pour son créateur — m’a rendu ce dixième album encore plus touchant. Il m’a aussi donné envie de réécouter tous les albums sortis avant lui et de passer en boucle sa musique. Sufjan Stevens a peut-être abandonné il y a bien longtemps son idée de raconter les États-Unis État après État, mais il n’a certainement pas perdu son talent musical.</p>
]]></description></item><item><title>What We Do in the Shadows, FX (saisons 4 et 5)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/what-we-do-shadows-fx-saison-4-5/</link><pubDate>Sun, 08 Oct 2023 21:30:12 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/what-we-do-shadows-fx-saison-4-5/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/what-we-do-shadows-fx-saison-4-5/what-we-do-shadows.jpeg">
        <p>Inspirée du <a href="https://voiretmanger.fr/vampires-toute-intimite-waititi-clement/">film qui porte le même nom</a> (du moins en version originale), <em>What We Do in the Shadows</em> est parvenue à étendre l’univers imaginé par Taika Waititi et Jemaine Clement sans perdre en saveur. Les <a href="https://voiretmanger.fr/what-we-do-shadows-clement-fx/">trois premières saisons</a> m’avaient enchanté par leur humour délicieux et des personnages hauts en couleur qui formaient un ensemble drôle et touchant. La troisième saison tombait un petit peu dans la redite, alors on sent que les scénaristes ont décidé de tout faire pour renouveler la série dans la suite. La quatrième puis la cinquième réinventent à chaque fois la situation en imposant des changements radicaux : la disparition de Colin Robinson, puis la transformation de Guillermo fournissent les inspirations nécessaires pour étendre la série de FX sans perdre l’esprit original, mais sans retomber dans la répétition.</p>
<p>Bonne nouvelle, cette initiative est une réussite et ces deux saisons sont excellentes. Maintenant que cet univers loufoque de vampires pantouflards est bien établi, Jemaine Clement peut s’amuser à tester des variantes à l’infini. L’éducation du nouveau Colin Robinson et le bar à vampires de la quatrième saison sont autant de pistes nouvelles à explorer, tant du côté de l’éducation pour Lazlo, que du travail presque normal pour Nadja. En parallèle, l’idée du <em>djinn</em> est parfaite pour offrir à Nandor toute la place que ce personnage haut en couleurs méritait. La cinquième saison se concentre davantage sur la trahison de Guillermo qui, lassé d’attendre après 13 ans de promesses non tenues, se fait transformer en vampire par Derek sans savoir que c’est le pire affront qu’il pouvait faire à son maître. Les expérimentations menées sur l’assistant par Lazlo sont délirantes et j’ai aussi apprécié la place laissée à la Guide. <em>What We Do in the Shadow</em> ne surprend peut-être pas autant qu’aux débuts, mais enfin, la série m’a toujours autant amusé et j’espère que les scénaristes auront d’autres bonnes idées encore pour la suite, d’ores et déjà programmée par FX. Vivement !</p>
]]></description></item><item><title>Ahsoka, Disney+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/ahsoka-disney+/</link><pubDate>Sat, 07 Oct 2023 22:10:14 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/ahsoka-disney+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/ahsoka-disney&#43;/ahsoka.jpeg">
        <p>Disney+ aime tant <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/mandalorian-disney+-saison-2/"><em>The Mandalorian</em></a> qu’entre deux saisons, le service multiplie les <em>spin-off</em>. J’avais raté assez volontairement <em>‌Le Livre de Boba Fett</em>, mais pour être parfaitement sincère, j’ignorais qu’<em>Ahsoka</em> était lié à la série chargée de vendre des peluches de bébé Yoda. J’aurais sans doute choisi de passer à côté sans cela, mais c’est dommage, car les liens avec la série principale sont assez ténus. Cette mini-série créée par 	Dave Filoni s’intéresse à un personnage imaginé pour la série d’animation <em>‌Star Wars: The Clone Wars</em> que je devrais peut-être regarder un jour et qui est censé être l’apprenti d’Anakin Skywalker, rien que ça. Il n’en est jamais fait mention dans la prélogie de George Lucas, mais Disney+ ne manque pas de le rappeler dès que l’occasion se présente. Hayden Christensen passe même une tête à plusieurs reprises, l’acteur étant probablement trop content d’avoir enfin un rôle, et si l’on oublie son rajeunissement numérique qui ne fonctionne pas, comme d’habitude<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, il ne se débrouille pas trop mal. Même si j’ai toujours du mal à croire que celui qui n’était techniquement qu’un padawan en avait lui-même un et qu’on n’en a jamais parlé dans les longs-métrages, mais enfin, passons.</p>
<p><em>Ahsoka</em> est intéressant par sa manière de renouveler un petit peu l’univers de <em>Star Wars</em>. D’une part, cette nouvelle itération est féminine, et pas seulement pour une princesse qui peut éventuellement diriger une armée. Le scénario fait la part belle aux actrices et les rôles masculins sont réduits à la portion congrue. C’est très bien et j’ai apprécié l’interprétation de Rosario Dawson dans le rôle titre, elle est parfaitement à l’aise et compose une Jedi convaincante. Ensuite, l’introduction de la magie et des sorcières est intéressant, pour s’éloigner de la seule Force des Jedis : cet univers est suffisamment vaste pour qu’il y ait de la place pour davantage de mystères. Tout ceci est positif, mais <em>Ahsoka</em> se termine aussi sur un sentiment de redite et de futilité. Les thématiques évoquées restent trop proches de l’arc narratif des Skywalker, la lutte entre les deux penchants de la Force est bien trop connue et reprise telle que. Je pensais qu’<a href="https://nicolasfurno.fr/serie/star-wars-andor-disney+/"><em>Andor</em></a> avait enfin montré que l’on pouvait écrire du bon <em>Star Wars</em> sans créatures et droïdes mignons, mais manifestement non. On a ici une variante de R2-D2<sup id="fnref:2"><a href="#fn:2" class="footnote-ref" role="doc-noteref">2</a></sup> et des Ewoks en version mollusque et comment dire, ce n’est pas le point fort de la série. Pas plus que le Grand <del>Schtroumpf</del> Admiral, à la peau bien trop bleue et les yeux bien trop rouges, et interprété avec bien peu de conviction par Lars Mikkelsen. Je sais bien que c’est un héritage du personnage imaginé dans <em>‌Star Wars Rebels</em>, mais ce n’est pas une excuse pour une interprétation aussi monolithique.</p>
<p>Après huit épisodes, <em>Ahsoka</em> n’a jamais été une série déplaisante, mais elle n’offre pas non plus une expérience particulièrement enrichissante. En y repensant, les épisodes se concentrent trop souvent sur l’action — il faut dire que depuis <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/obi-wan-kenobi-disney+/"><em>Obi-Wan Kenobi</em></a>, les combats au sabre ont franchi une étape et sont plus magnifiques que jamais — au détriment du fond. Et cela se ressent à l’heure des bilans, Dave Filoni est peut-être passé à côté d’une histoire plus différente des trilogies au cinéma et plus intéressante. Dommage.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Tant qu’à faire n’importe quoi, vivement que les IA génératives recréent entièrement les visages plutôt que de lisser numériquement les traits de quarantenaires en espérant que ça les fasse passer pour des vingtenaires. Spoiler alerte, ça ne fonctionne pas.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
<li id="fn:2">
<p>Et le vrai C3-PO, car c’est bien connu qu’il n’y a qu’une poignée de droïdes qui peuvent être sollicités dans tout l’univers. Revoir toujours les mêmes personnages tend à réduire l’ampleur de ces multiples galaxies, c’est dommage. Tout ça pour glisser une référence à Leïla qui plus est, du pur <em>fan service</em>.&#160;<a href="#fnref:2" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Sex Education, Netflix (saison 4)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/sex-education-netflix-saison-4/</link><pubDate>Tue, 03 Oct 2023 21:15:37 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/sex-education-netflix-saison-4/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/sex-education-netflix-saison-4/sex-education.jpeg">
        <p><em>Sex Education</em> est une série quasiment miraculeuse, <a href="https://voiretmanger.fr/sex-education-nunn-netflix/">depuis sa première saison</a>. Tout laissait à croire que l’on aurait affaire à une énième série adolescente sans grand intérêt, mais Laurie Nunn a trouvé le ton juste au fil des saisons pour parler de la sexualité des adolescents, sans tabous et sans clichés, mais avec une diversité et un optimisme qui ont toujours forcé le respect. Netflix semblait hésiter sur la poursuite de la série, <em>Sex Education</em> a fort heureusement eu droit à une quatrième saison, la dernière. Huit épisodes pour conclure en beauté, avec des trajectoires parfaitement maintenues pour tous les personnages principaux et une belle dernière évocation de tous les problèmes liés à la sexualité.</p>
<p>Tous les personnages ne sont pas revenus pour ce final, si bien qu’il a fallu trouver quelques idées pour intégrer leurs départs. Une mort par ici, une séparation là… j’ai trouvé que les scénaristes ont fait un bon travail pour cette transition, en faisant parfois de ces absences un thème majeur de la dernière saison. <em>Sex Education</em> traite ainsi du deuil en le faisant bien, sans prendre de raccourcis. Même chose pour une dépression post-partum particulièrement bien gérée, même si elle ne concerne pas directement un personnage principal. Je suis moins convaincu par la petite guerre entre Otis et O, elle m’a semblé un petit peu inférieure au reste, mais elle ne gêne pas non plus l’ensemble. La réussite de la série a toujours été de parler de sujets souvent difficiles et liés à la sexualité, mais aussi l’amitié, l’amour ou encore la famille. Cette quatrième saison les brasse tous avec succès et ose même quelques excursions sur d’autres domaines, comme la religion qui trouve une place importante ici avec le parcours d’Eric et qui est fort heureusement bien gérée par le scénario.</p>
<p><em>Sex Education</em> se termine après ces quatre saisons et même je suis un petit peu triste de quitter ces personnages pour de bon, je crois que c’est une fin appropriée pour la série. Les acteurs sont tous bien trop vieux pour être des lycéens et les personnages sont tous en train de terminer au lycée, alors poursuivre n’aurait pas eu tellement plus de sens. Et puis, Laurie Nunn leur a tous offert une belle fin, juste et douce, mais sans angélisme pour autant.</p>
]]></description></item><item><title>Bach minimaliste, La Tempête &amp; Simon-Pierre Bestion</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/bach-minimaliste-tempete-bestion/</link><pubDate>Wed, 27 Sep 2023 21:18:57 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/bach-minimaliste-tempete-bestion/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/bach-minimaliste-tempete-bestion/bach-minimaliste.jpeg">
        <p><em>Bach minimaliste</em> propose un exercice des plus étonnants : mélanger la musique de Bach avec des compositeurs contemporains et proposer un album cohérent. On débute avec le premier mouvement du <em>‌Concerto pour clavecin en ré mineur</em> du maître du baroque et on bascule dès le titre suivant sur un autre concerto pour clavecin, mais cette fois composé par Henryk Górecki au XX<sup>e</sup> siècle. Deux cents ans séparent les deux œuvres et pourtant, Simon-Pierre Bestion parvient avec sa compagnie La Tempête à les enchaîner comme s’ils faisaient partie d’un tout cohérent. Il n’y a même pas de pause entre les deux pièces, l’auditeur passe de l’une à l’autre presque sans le noter, ou plutôt en remarquant un changement d’ambiance — la composition contemporaine est plus sombre —, mais comme si une seule personne avait écrit les deux morceaux.</p>
<p>C’est tout l’objectif de <em>Bach minimaliste</em>, rapprocher le monument de l’histoire de la musique classique avec des compositeurs plus modernes et sans doute moins connus. Se faisant, l’album démontre sur plus d’une heure la modernité de JS Bach, ce qui n’est pas une idée nouvelle bien entendu, mais l’exécution est excellente. Ce qui me frappe le plus après pas loin d’une vingtaine d’écoutes, c’est la cohérence de l’ensemble. Non pas que tout ressemble strictement à de la musique baroque du XVIII<sup>e</sup> siècle, mais plutôt que celle-ci se trouve parfaitement à son aise à côté de <em>Shaker Loops</em>, composé en 1978 par John Adams. En utilisant les mêmes instruments anciens pour les deux époques, Simon-Pierre Bestion les fait dialoguer et juxtapose des compositions pas si éloignées, même si le résultat peut sonner différemment. Après tout, la répétition est aussi au cœur du travail de Bach, comme la présence de la <em>‌Passacaille et fugue en do mineur</em>, qui répète à l’infini le même thème musical en le faisant varier tout du long, le rappelle bien. Arrangé ici pour cordes et clavecin, il s’intègre remarquablement à l’ensemble et l’enchaînement avec <em>Immortal Bach</em> du norvégien Knut Nystedt semble avoir été pensé par JS Bach, alors que cette composition n’a que 35 ans. Ce dialogue permanent entre les époques au sein de la musique que l’on qualifie trop rapidement de « classique » est fascinant et à mon sens parfaitement réussi.</p>
<p>La plus belle preuve, c’est que l’on peut se laisser porter par <em>Bach minimaliste</em>, sans chercher à savoir qui a composé quoi. On écoute alors un album varié et cohérent en même temps, un véritable plaisir à écouter qui prouve bien l’intérêt de la démarche de son concepteur. Une belle réussite.</p>
]]></description></item><item><title>La pointe de Trévignon</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/pointe-trevignon/</link><pubDate>Sun, 24 Sep 2023 21:18:17 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/pointe-trevignon/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/pointe-trevignon/IMG_8468.jpeg">
        &lt;p>Même alors que la fin du mois de septembre approche, les touristes sont encore bien nombreux à la pointe de Trévignon. Comment leur en vouloir ? Ce petit port sur la côte sud du Finistère est magnifique, avec le chateau qui se dresse sur la lande, le petit phare vert au bout de la jetée et ces rochers de part et d’autre sur lesquels les vagues viennent inlassablement se briser. C’est un coin agréable avec la belle saison, mais le vrai détour est à faire par tempête en hiver, quand il n’y a plus que vous, les vagues et la brise.&lt;/p>
</description></item><item><title>Foundation, Apple TV+ (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/foundation-apple-tv+-saison-2/</link><pubDate>Sat, 23 Sep 2023 22:40:27 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/foundation-apple-tv+-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/foundation-apple-tv&#43;-saison-2/foundation-saison-2.jpeg">
        <p>Adapter fidèlement <em>Fondation</em> n’était pas une bonne idée et c’est ainsi que <a href="https://voiretmanger.fr/foundation-goyer-friedman-apple-tv/">la première saison de <em>Foundation</em></a> inventait sa propre histoire au milieu de l’univers imaginé par Isaac Asimov. Je n’ai aucun problème avec cette approche, les romans originaux étant de toute manière trop abstraits ou décharnés pour former une bonne série. En revanche, la richesse incroyable de l’univers déployé par la création d’Apple TV+ était quelque peu gâchée par la myriade d’histoires secondaires qui parasitaient l’arc narratif principal et qui étaient en outre mal racontées. Bonne nouvelle, cette suite évite ce travers et se concentre davantage sur la lutte entre l’Empire et Fondation… mais tombe sur un autre défaut de tant de séries qui doivent improviser à partir d’un matériau de base trop mince : la deuxième saison démarre mollement, traine la patte pendant la majorité de son parcours et se termine avec un bouquet final indigeste et lassant.</p>
<p>C’est dommage, car entre les deux, il y a d’excellents moments. <em>Foundation</em> bénéficie toujours de moyens importants et laisse toujours l’impression d’un univers aux dimensions extraordinaires. Les scénaristes ont davantage travaillé sur la partie <em>space opera</em>, avec une partie importante de la narration qui se déroule dans l’espace et même quelques combats qui évoquent fortement <em>Star Wars</em>. Peut-être un peu trop fort d’ailleurs : certes, George Lucas a allègrement pioché chez Asimov, mais la série d’Apple TV+ peut avoir tendance à trop s’inspirer d’autres sagas célèbres. Il y a du <em>Star Trek</em> par endroits, de l’<em>Indiana Jones</em> à d’autres avec notamment toutes les séquences sur la planète des mentalistes. Ce n’est pas forcément un problème, mais c’est dommage de passer à côté de ce qui fait la particularité de cet univers. D’ailleurs, de manière plus générale, <em>Foundation</em> semble avoir choisi une voie de facilité en multipliant les combats dans l’espace ou non, et en délaissant les éléments les plus intéressants, à mon avis. Seldon et ses prédictions sont à la fois omniprésents et assez mal exploités finalement, avec des ficelles narratives un peu grosses<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> quand cela arrange les scénaristes. C’est encore pire pour Demerzel, qui est indéniablement l’un des personnages les plus intéressants de toute la série et qui est ignorée trop longtemps, même si le final laisse entendre qu’elle pourrait enfin avoir son moment dans la suite.</p>
<p>Au bout du compte, <em>Foundation</em> reste toujours bluffante par sa richesse et son ambition, mais la série d’Apple TV+ souffre des mêmes travers dans cette suite. J’ai été à la fois tenu par l’envie de poursuivre pour découvrir les meilleurs moments qui finissent bien par arriver — je dirais principalement autour des épisodes 7 et 8 — et j’ai apprécié l’effort d’inclusivité sexuelle dans cette suite. Mais j’ai été encore une fois frustré par l’irrégularité du scénario, qui démarre trop doucement et se termine trop frénétiquement. Malgré ces défauts, je compte bien donner une chance à la saison suivante, en espérant que la série exploite enfin tout son potentiel.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Alerte divulgation, mais toute la séquence d’explication autour de sa survie après la noyade est un peu grosse et qui plus, particulièrement confuse. J’ai sans doute cligné des yeux au mauvais moment, mais je n’ai toujours pas tout compris.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>My Dear F***ing Prince, Casey McQuiston</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/dear-f-ing-prince-mcquiston/</link><pubDate>Wed, 20 Sep 2023 21:55:05 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/dear-f-ing-prince-mcquiston/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/dear-f-ing-prince-mcquiston/my-dear-f-ing-prince.jpeg">
        <p>Avant d&rsquo;être <a href="https://nicolasfurno.fr/film/my-dear-f-ing-prince-lopez/">un long-métrage</a>, <em>My Dear F***ing Prince</em> était un roman. Comme j’avais bien aimé le film tout en restant un petit peu sur ma faim, j’étais curieux de voir ce que donnait la version avec des mots. En six cent pages, Casey McQuiston a forcément plus de place pour davantage de personnages et surtout des personnages mieux creusés. L’adaptation a éliminé des pans entiers du roman pour tenir en deux heures et la vision de l’autrice est plus riche et intéressante. Et même si l’ouvrage est vendu pour les adolescents, j’étais surpris de constater qu’il était aussi nettement plus sexe que dans le film, avec une description assez chaude de la romance entre le prince et le fils de la présidente.</p>
<p>L’intrigue générale est évidemment la même, avec les mêmes travers et en particulier une absence totale de toute conscience écologique. C’est néanmoins moins choquant à l’écrit je trouve, et puis <em>My Dear F***ing Prince</em> en version roman se rattrape sur tout le reste. Alex est le narrateur, on découvre Henry à travers ses yeux uniquement, ce qui fonctionne mieux selon moi, parce qu’on ne sait pas ce que le prince pense. On découvre au fil du texte ses sentiments, mais j’ai trouvé que c’était mieux amené que dans le long-métrage, où les deux points de vue sont présentés. La découverte de leur amour réciproque est bien amené et il faut saluer le talent de l’autrice pour les dialogues. Elle a un don pour créer des échanges réalistes et avec un humour que je n’imaginais pas dans la version cinématographique. La séquence avec la Reine est sans doute le point culminant et elle m’a bien fait rire. Côté comédie romantique, l’alchimie entre les deux personnages principaux est nettement mieux rendue, notamment sur le plan sexuel, avec une relation qui évolue logiquement et qui est décrite presque sans détours. Le coup de foudre est en tout cas mieux présenté et ce premier amour est vraiment touchant dans le roman, bien plus que dans le film.</p>
<p>À l’heure des bilans, <em>My Dear F***ing Prince</em> n’a pas la prétention d’être de la grande littérature, mais ce premier roman m’a impressionné. Casey McQuiston a un vrai don pour mettre en scène ses jeunes personnages et les faire évoluer et sa vision d’un monde sans Donald Trump et plus tolérant est forcément si touchante. Sa représentation positive d’un amour queer dans les plus hautes sphères fait plaisir et même si la fin toute mignonne est bien trouvée— et identique au film —, j’aurais aimé continuer un petit peu avec les deux personnages. De quoi peut-être imaginer une suite ?</p>
]]></description></item><item><title>Platonic, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/platonic-apple-tv+/</link><pubDate>Tue, 19 Sep 2023 20:57:03 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/platonic-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/platonic-apple-tv&#43;/platonic.jpeg">
        <p><em>Platonic</em> pourrait être une comédie romantique tout à fait banale si, comme le titre le suggère bien, il n’était pas question d’amour. C’est d’ailleurs tout l’intérêt de cette série portée par Apple TV+ : imaginer un couple qui a une relation strictement amicale, mais néanmoins tout aussi explosive que s’il s’agissait d’une rencontre amoureuse. Will, interprété par un Seth Rogen en grande forme, et Sylvia, incarnée par une épatante Rose Byrne, se connaissent depuis toujours, mais ils s’étaient perdus de vue quand la saison débute. Elle n’a jamais apprécié celle qui est désormais son ex, il menait une vie à l’opposée de la sienne, bref, ils étaient devenus presque étrangers. Mais quand ils se retrouvent, l’alchimie est intacte et le couple se reforme comme si de rien n’était, au grand dam du mari de Sylvia qui se sent un petit peu jaloux, même s’il sait qu’il n’a rien à craindre sur le plan sentimental.</p>
<p>La saison est assez courte avec ses dix épisodes d’une demi-heure, mais elle prend bien le temps de poser ses personnages et leur psychologie. J’ai tout particulièrement apprécié le personnage de Sylvia, qui a abandonné sa carrière pour ses trois enfants et qui se retrouve dans une sorte de crise de milieu de vie à ne pas trop savoir que faire maintenant qu’elle n’a plus besoin d’être une mère au foyer. L’actrice compose une femme un petit peu perdue et son interprétation est incroyable de justesse. Face à elle, Will est tout aussi perdu, mais pour des raisons différentes et la caricature initiale de brasseur hipster cède vite la place à un personnage tout aussi complet et complexe. <em>Platonic</em> repose entièrement sur les quatre épaules de ce duo et les deux acteurs semblent en parfaite harmonie, tout comme leurs personnages. Le scénario est par ailleurs incisif, il n’évite jamais les côtés un peu sombres des deux personnages et les sujets qui fâchent. J’oublierai juste l’ultime épisode, qui cherche à tout prix un <em>happy-end</em> assez malvenu je trouve, car il casse tout ce qui avait été construit jusque-là et un message bienvenu autour de l’idée que l’on peut avoir une vie satisfaisante même en étant paumé. C’est un petit peu dommage de terminer sur cette note en demi-teinte, mais la série est par ailleurs une belle réussite que je recommande sans hésiter.</p>
]]></description></item><item><title>Volcano, Jungle</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/volcano-jungle/</link><pubDate>Sun, 17 Sep 2023 22:00:38 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/volcano-jungle/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/volcano-jungle/volcano.jpeg">
        <p>Même si j’ai toujours trouvé que la musique triste était la plus belle, je ne suis jamais contre un album plus joyeux ou léger de temps. C’est peut-être ce qui m’a attiré depuis le début avec Jungle, étonnant groupe britannique qui s’est d’abord présenté comme une grosse formation sans tête pensante, même s’il s’agit en réalité d’un duo à la base. <em>Volcano</em>, leur quatrième album, prouve à nouveau que Tom McFarland et Josh Lloyd-Watson savent s’entourer et produire une musique réjouissante, je dirais même euphorisante, qui entremêle savamment de multiples genres. Toujours quelque part entre la soul, le funk, la pop, la disco et avec une dose un petit peu plus marquée cette fois de musiques électroniques et même de hip-hop. Plusieurs voix de rappeurs se font en effet entendre, plus encore que sur leurs opus précédents et avec une facilité déconcertante à les intégrer à un ensemble cohérent.</p>
<p>Il suffit de jeter un œil quatre pochettes du groupe pour constater ce désir de cohérence, tout en faisant évoluer la formule par petites touches. Le nom du groupe affiché en grosses lettres, toujours avec la même typographie, un contour et une couleur de fond, qui varie d’une sortie à l’autre. Blanc sur fond noir, noir sur fond jaune puis blanc et maintenant blanc sur fond orangé : Jungle a toujours eu une approche soignée et globale. Je ne suis pas un grand amateur de clips vidéos, mais il paraît qu’ils sont fameux et ceux de <em>Volcano</em> s’assemblent pour former un petit film. Je suis en revanche amateur de ces albums conceptuels qui s’enchaînent et forment un ensemble cohérent et même si le groupe britannique ne retourne pas dans l’âge d’or du rock progressif, j’admire leur manière d’enchaîner les titres pourtant bien différents comme s’ils constituaient un seul long titre de 44 minutes. On passe d’une ambiance à une autre, d’un genre à un autre même, avec une facilité déconcertante et tout en restant constamment sur un mode festif. Les quatorze titres sont tous courts et s’écoutent facilement, ce qui ne veut pas dire qu’ils sont pauvres pour autant. Au contraire même, <em>Volcano</em> se révèle un petit peu plus à chaque écoute et révèle une profondeur plaisante.</p>
]]></description></item><item><title>Prisme, Prime Video</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/prisme-prime-video/</link><pubDate>Fri, 15 Sep 2023 21:34:39 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/prisme-prime-video/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/prisme-prime-video/prisma.jpeg">
        <p><em>Prisme</em> ressemble fort à un <a href="https://voiretmanger.fr/euphoria-levinson-hbo/"><em>Euphoria</em></a> italien, à tel point que ses deux créateurs, Alice Urciuolo et Ludovico Bessegato, ont cité la série de HBO comme référence. Les premiers épisodes sont d’ailleurs peut-être un petit peu trop proches pour leur propre bien. La série démarre assez lentement, avec un ensemble de lycéens, leurs problèmes amoureux, les réseaux sociaux, de la drogue… et pour être honnête, on a été à deux doigts de laisser tomber. Je vous conseille de persister néanmoins, car la création de Prime Video trouve son rythme et parvient même à devenir une excellente première saison. Les derniers épisodes sont à l’opposée des premiers : l’histoire de Marco et Andrea est touchante et parfaitement racontée et j’étais un petit peu triste de voir l’écran noir à la toute fin. Fort heureusement, la série a été renouvelée pour une deuxième saison et je ne manquerai pas ce rendez-vous.</p>
<p>L’un des intérêts avec ce début au ralenti, c’est que le scénario ne révèle pas tout d’un coup. <em>Prisme</em> suit le quotidien de deux jumeaux, Andrea et Marco, et notamment leurs relations romantiques. Au départ, tout semble assez banal et parfaitement hétérosexuel, mais l’intrigue dévoile progressivement le côté queer d’Andrea, qui se travestit à l’abris des regards et ne semble pas aussi indifférent qu’il veut bien initialement l’admettre face aux avances d’un camarade de classe sur les réseaux sociaux. Bien sûr, ces avances sont faites à un compte privé sur les réseaux sociaux où il se fait passer par une femme, ce qui complique la situation. Les personnages débutent de façon assez caricaturale, surtout Daniele, représenté comme un rappeur on ne peut plus cliché, collier en or autour du coup. Au fil des épisodes, les scénaristes parviennent toutefois à nous surprendre et à les faire évoluer de manière significative. Tous ne sont pas traités avec autant d’attention bien sûr, mais il y a suffisamment d’épaisseur psychologique à la fin pour redresser le niveau.</p>
<p>Et puis, <em>Prisme</em> brille par le talent assez incroyable de son acteur principal. Alice Urciuolo et Ludovico Bessegato expliquent qu’ils cherchaient deux vrais jumeaux pour incarner Andrea et Marco, mais ils ne trouvaient pas et Mattia Carrano les a impressionné par sa capacité à incarner instinctivement les deux. On comprend sans peine pourquoi ils ont choisi le jeune acteur : il parvient en effet à créer deux personnages à la fois physiquement (presque) identiques et psychologiquement totalement différents. Il change son jeu du tout au tout pour passer de l’un à l’autre et c’est assez bluffant de penser à la complexité de toutes ces scènes où les deux jumeaux discutent, des scènes nombreuses tout au long de la saison pour ne rien simplifier. En tout cas, je crois que ce jeu de Mattia Carrano est une raison suffisante pour regarder <em>Prisme</em> et je suis curieux de suivre sa future carrière. D’ici là, j’espère que la saison suivante sera aussi bonne, mais je ne suis pas trop inquiet.</p>
]]></description></item><item><title>One Piece, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/one-piece-netflix/</link><pubDate>Fri, 08 Sep 2023 22:00:30 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/one-piece-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/one-piece-netflix/one-piece.jpeg">
        <p><em>One Piece</em> est peut-être la première adaptation convaincante d’un manga en images réelles. C’est loin d’être la première et Netflix s’était déjà cassé les dents à plusieurs reprises sur cet exercice manifestement difficile. Je connais l’œuvre originale de nom, bien entendu, mais je ne l’ai jamais lue. Ce qui ne m’a pas empêché d’apprécier cet univers de piraterie loufoque et ses personnages hauts en couleur. Malgré quelques défauts, cette première saison m’a bien plu et j’espère que Matt Owens et Steven Maeda pourront poursuivre leur travail sous la supervision manifestement bénéfique d’Eiichiro Oda, l’auteur du manga.</p>
<p>Si vous ne connaissez rien à <em>One Piece</em>, mieux vaut savoir qu’il ne faut pas s’attendre à une histoire sérieuse. On est dans l’esprit d’un <em>Pirate des Caraïbes</em>, mais bien déjanté, avec des personnages qui ont des pouvoirs étranges à commencer par le héros, Monkey D. Luffy et son corps élastique. Depuis tout gamin, il rêve de retrouver un mythique trésor et de devenir roi des pirates et cette première saison est l’occasion pour lui d’affronter quelques opposants dangereux, de trouver son équipage et un navire. Le scénario commence avec un seul personnage à bord d’un rafiot qui fuit et se termine sur un vrai bateau, avec un équipage de quelques personnes qui se sont greffées au fil des épisodes et des aventures. Petit à petit, l’univers se met en place, avec ses règles étranges et qui piquent des idées absolument partout. Les arts martiaux se retrouvent mêlés aux duels au pistolet et il n’y a strictement aucune cohérence, avec un néon électrique qui peut éclairer un bar dans ce qui ressemble pourtant aux Caraïbes du XVIII<sup>e</sup> siècle. Ce n’est pas un défaut, tout est voulu pour brouiller les pistes et former un immense bazar qui surprend d’abord par son enthousiasme. À l’image du personnage principal, la série n’oublie jamais de faire preuve d’un optimisme et d’un second degré constants. On ne se prend pas trop au sérieux et on sait que les enjeux restent toujours assez légers. Ce n’est pas comme si on craignait sérieusement pour la vie du héros ou de ses acolytes et même les méchants ont une capacité étonnante à ne jamais mourir pour de bon.</p>
<p>Les huit épisodes avancent à un bon rythme et il y a une myriade d’actions et quêtes dans cette première saison… mais en même temps, il ne se passe pas grand-chose non plus. On sent qu’il faut établir l’univers et ses règles bizarres et <em>One Piece</em> demande un petit peu de patience, tout en se terminant assez abruptement pile quand ça devrait devenir plus intéressant. Netflix n’a pas encore officiellement renouvelé sa série pour une deuxième saison et on sait que les grèves retarderont sa sortie, mais il ne fait guère de doute qu’il y aura une suite. J’espère que les créateurs maintiendront le cap et resteront sur ce ton léger, enfantin même parfois, qui fait le charme de leur adaptation. Il y a manifestement encore de quoi raconter avec le manga publié depuis 1997 et qui compte plus de cent volumes…</p>
]]></description></item><item><title>The Bear, Hulu (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/bear-hulu-saison-2/</link><pubDate>Thu, 07 Sep 2023 21:20:38 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/bear-hulu-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/bear-hulu-saison-2/Image%20JPEG.jpeg">
        <p>La <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/bear-hulu/">première saison</a> m’avait bluffé par sa capacité à créer des personnages riches et complexes en seulement huit épisodes assez courts. <em>The Bear</em> revient sans trop de surprise pour une seconde saison et bonne nouvelle, elle est aussi bonne. J’irais même jusqu’à dire qu’elle est bien meilleure, avec une exploration de nouvelles thématiques et surtout l’élaboration de psychologies encore plus fouillées et convaincantes. Les parcours en parallèle du restaurant de Carmy et de toute son équipe sont passionnants et Christopher Storer enchaîne les grands moments, avec en point d’orgue un épisode épique. Le sixième de cette saison se déroule environ cinq ans avant, le temps d’un Noël en famille quand Mickey était encore vivant et c’est sans aucun doute l’un des moments les plus intenses que j’ai vus cette année sur mon téléviseur. C’est un épisode plein d’engueulades familiales et de stars en invité, avec une Jamie Lee Curtis tellement impressionnante qu’elle justifie à elle seule de regarder toute la série, alors même qu’elle n’est présente que dans deux épisodes. Mais quelle performance inoubliable et quelle mise en scène virtuose, tout en restant essentielle. On ressort lessivé de cet épisode comme de toute la saison, mais quel pied !</p>
<p>Le reste évolue constamment entre les tensions et crises de panique et des moments plus calmes, presque tendres. C’est d’ailleurs un point qui m’a surpris dans cette suite : <em>The Bear</em> dose encore mieux ses effets et trouve parfaitement son rythme, laissant à chaque personnage sa place et son style. Par exemple, l’un des épisodes est centré sur Marcus en stage dans la patisserie du restaurant danois Noma et c’est une parenthèse en douceur où l’on apprend à mieux connaître le personnage. Autre moment passionnant et touchant en même temps, l’épisode consacré à Richie qui retrouve une raison de vivre grâce à la discipline d’un restaurant étoilé. Christopher Storer multiplie ainsi les idées différentes, changeant de style pour mieux coller aux besoins d’un arc narratif, sans perdre de vue la direction d’ensemble. Ces dix nouveaux épisodes sont tous excellents et cette deuxième saison est une claque. Vraiment, si vous aviez raté <em>The Bear</em> jusque-là, il n’est pas trop tard pour vous lancer : vous ne le regretterez pas. J’espère maintenant que Hulu renouvellera bien la série, car je suis certain que son créateur saura la porter encore plus haut.</p>
]]></description></item><item><title>Black Panther : Wakanda Forever, Ryan Coogler</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/black-panther-wakanda-forever-coogler/</link><pubDate>Sun, 03 Sep 2023 22:04:36 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/black-panther-wakanda-forever-coogler/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/black-panther-wakanda-forever-coogler/wakanda-forever.jpeg">
        <p><em>Black Panther : Wakanda Forever</em> est le trentième épisode dans l’immense univers cinématographique Marvel, mais qui compte encore ? C’est surtout la suite directe de <a href="https://voiretmanger.fr/black-panther-coogler/"><em>Black Panther</em></a>, un blockbuster qui m’avait séduit par sa capacité à renouveler le genre, timidement certes, mais enfin, cela changeait un petit peu. Le décès prématuré de l’acteur principal semblait avoir remis en cause l’idée d’une suite, mais Disney a trouvé une idée, on pouvait lui faire confiance. Ryan Coogler reprend son rôle derrière les caméras, tout comme l’essentiel du casting du premier film et je dois reconnaître avoir été agréablement surpris par l’hommage réservé à Chadwick Boseman dans les premières minutes. Au lieu de lui trouver un remplaçant l’air de rien pour incarner le personnage de Black Panther ou pire encore, au lieu de le représenter par une copie numérique, Marvel a choisi d’intégrer sa mort dans l’univers et de passer à un tout nouveau Black Panther. Du moins, c’est la promesse initiale.</p>
<p>J’ai mis en pause ce film de plus de deux heures et demi quand enfin le successeur de Black Panther arrive à l’écran et il s’était écoulé quasiment deux heures. Les blockbusters Marvel sont toujours d’énormes machines, mais alors celle-ci a vraiment du mal à démarrer. Je ne suis même pas sûr qu’elle y parvienne réellement, mais <em>Black Panther : Wakanda Forever</em> se perd à mon avis avec de multiples fausses pistes. Il fallait le faire pour gâcher des acteurs aussi talentueux que Julia Louis-Dreyfus, qui semble autant que nous se demander ce qu’elle est venue faire dans cette galère. Tout un arc secondaire la concerne et il n’a aucune importance dans l’ensemble. Pire, le long-métrage imagine une toute nouvelle civilisation sous-marine qui a elle aussi prospéré en toute discrétion grâce au vibranium, un Wakanda de l’eau si on veut. J’imagine que cela vient directement des <em>comics</em>, mais ces êtres bleus qui semblent tout droit sortis d’<a href="https://nicolasfurno.fr/film/avatar-cameron/"><em>Avatar</em></a> n’ont strictement aucun intérêt et je n’ai pas bien saisi la raison de la guerre entre les deux peuples. J’ai le sentiment que les scénaristes ont été contraints de trouver une autre idée après la mort du premier Black Panther et qu’ils ont opté pour quelque chose d’entièrement différent, sans jamais se demander si c’était une bonne idée.</p>
<p>Le soulagement quand un générique de fin commence est rarement une bonne nouvelle. <em>Black Panther : Wakanda Forever</em> n’est pas pénible à regarder, je n’irais pas jusque-là, mais enfin, pas loin. C’est d’autant plus rageant que le film marque des points par ailleurs : au sein d’un univers cinématographique beaucoup trop conservateur, il faut saluer la diversité et la grande place accordée aux femmes. Le casting est majoritairement féminin et les hommes sont rétrogradés au rang de rôles secondaires ou alors de méchant, une inversion rafraîchissante. Mais cela ne suffit pas à compenser tout le reste et au bout du compte, je regrette d’avoir passé tout ce temps devant ce film. D’autant qu’il est assez indépendant du reste de l’univers et on peut très bien s’en passer même pour tenter de suivre cette saga de plus en plus folle.</p>
]]></description></item><item><title>The Crowded Room, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/crowded-room-apple-tv+/</link><pubDate>Sat, 02 Sep 2023 22:34:13 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/crowded-room-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/crowded-room-apple-tv&#43;/crowded-room.jpeg">
        <p>Il y a des œuvres qui s’apprécient autant si on a une idée même vague du sujet général et il y en a d’autres qui nécessitent au contraire d’en savoir le moins possible pour mieux en profiter. <em>The Crowded Room</em> appartient indéniablement à cette deuxième catégorie, alors si vous ne l’avez pas vue, je vous conseille d’arrêter ici votre lecture et de revenir plus tard à la suite.</p>
<p>Inspirée d’une histoire vraie, cette mini-série portée par Apple TV+ raconte l’histoire de Daniel Sullivan, dit Danny, après avoir été arrêté pour avoir tiré sur une foule dans New York. Il y a une dizaine de témoins et des vidéos de surveillance, autant dire que l’affaire semble vite vue, mais une psychiatre tombe un petit peu par hasard sur lui et se demande s’il n’y a pas anguille sous roche. Toute la réussite du projet repose sur la révélation très progressive de ce que Rya Goodwin envisage dès le départ. Les flashbacks qui permettent de retracer le parcours de Danny ne remettent jamais en cause sa vision, ce qui ne permet pas au spectateur de comprendre ce qui se passe. Puisque le monde de la psychologie est impliqué, on se doute bien qu’il y a un problème par rapport à la narration au premier degré et si j’avais envisagé une hypothèse autour de son frère jumeau, je ne me doutais pas de l’étendue du propos. Le trouble dissociatif de la personnalité qui est au cœur des enjeux remet en cause tout ce que l’on a vu et 	Akiva Goldsman parvient à maintenir une bonne dose de suspense jusqu’au bout. Même si l’allégorie de la cabane est un poil lourde par endroits, j’ai beaucoup apprécié cette manière de glisser les informations de façon progressive, pour tenir le spectateur en haleine jusqu’au bout. <em>The Crowded Room</em> n’est pas un thriller bourré d’action, mais la saison monte <em>crescendo</em> et les derniers épisodes sont intenses, avec un pic sur le final qui est d’ailleurs une réussite assez brillante.</p>
<p>Le succès d’un tel projet repose sur le talent de l’acteur principal, qui doit incarner de multiples versions de sa personnalité. Tom Holland s’avère un excellent choix pour incarner Danny. Dans les premiers épisodes, l’acteur a un jeu assez stable, mais au fur et à mesure où l’on découvre ses alters, son jeu gagne aussi en complexité. Il parvient à reste subtil, tout en jouant bien différemment pour incarner les autres personnalités. Mon seul regret serait juste de le voir davantage dans ce mode en alternance entre personnages, plutôt que de constamment faire appel aux autres acteurs. Il fallait bien les employer, certes, mais j’ai l’impression que c’était surtout une manière de ne pas perdre de spectateur, ce qui était un petit peu lourd. Malgré tout, <em>The Crowded Room</em> offre un spectacle passionnant et prenant et c’est une vraie réussite.</p>
]]></description></item><item><title>Voile vers Sarance, Guy Gavriel Kay</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/voile-vers-sarance-kay/</link><pubDate>Thu, 31 Aug 2023 17:44:36 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/voile-vers-sarance-kay/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/voile-vers-sarance-kay/voile-sarance.jpeg">
        <p>Plus jeune, j’avais dévoré une partie de l’œuvre de Guy Gavriel Kay, entre <em>fantasy</em> et romans historiques. Lui qui s’est formé avec Tolkien — il a participé à l’édition du <em>Silmarion</em> — ne part jamais dans des récits très portés sur la magie et le fantastique, mais il les infuse par petites touches tout en offrant une plongée toujours parfaitement documentée dans un contexte historique qui varie d’une saga à l’autre. Je n’avais pas tout lu néanmoins et c’est avec une vraie curiosité que j’ai ouvert bien des années plus tard <em>Voile vers Sarance</em>. Ce roman constitue le premier volet de <em>La mosaïque sarantine</em>, que l’on pourrait qualifier de fresque byzantine qui se déroule dans un univers parallèle à l’empire Byzantin du VI<sup>e</sup> siècle. Comme son titre le suggère, on avance ici vers Sarance, l’équivalent de Constantinople, et le roman se concentre sur le parcours de Crispin, mosaïste de Batiare (notre Italie) appelé par l’Empereur pour travailler sur un immense projet.</p>
<p>Dans la nouvelle traduction proposée par les éditions L’Atalante que j’ai lue, <em>Voile vers Sarance</em> est long de 528 pages et le rythme n’est pas intense, avec relativement peu d’action. Guy Gavriel Kay prend son temps pour poser son univers et déployer toutes les connaissances historiques accumulées en amont, tant sur la géographie que sur les forces en présence, en passant par toute la culture. Ce n’est pas un défaut toutefois, à moins d’espérer une œuvre de fantastique bourrée d’extraordinaire. Elle est assez pauvre en la matière, mais j’ai trouvé que les touches disséminées pendant le récit n’en sont que plus fortes et intéressantes. Le roman est facile à lire à condition de faire un minimum attention aux noms. C’est un souvenir que j’avais encore de mes lectures initiales, le romancier a un don pour nous faire découvrir progressivement un univers et des personnages, sans ensevelir son lecteur sous une masse d’informations à gérer. En contrepartie, il y a ce phénomène assez classique dans ce genre, où un faible nombre de personnages est toujours au bon endroit et au bon moment et se sort toujours de façon exceptionnelle face à toutes les difficultés. Cet univers semble vaste et en même temps, on se contente d’une grosse dizaine de personnages importants et ils sont peut-être un petit trop souvent liés entre eux.</p>
<p>Malgré tout, j’ai terminé <em>Voile vers Sarance</em> en ayant envie d’en lire plus et j’ai commandé <a href="https://nicolasfurno.fr/livre/seigneur-empereurs-kay/"><em>Le Seigneur des Empereurs</em></a> dans la foulée. J’ai bien repéré quelques défauts pendant ma lecture — outre certaines ficelles un peu grosses, je peux aussi évoquer la vision tellement masculine et hétérosexuelle des relations personnelles, c’est ridicule —, mais je dois aussi reconnaître que j’ai lu le roman facilement et rapidement. À cet égard, le contrat est parfaitement rempli pour l’auteur.</p>
]]></description></item><item><title>Ragnarök, Netflix (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/ragnarok-netflix-saison-3/</link><pubDate>Wed, 30 Aug 2023 10:45:50 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/ragnarok-netflix-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/ragnarok-netflix-saison-3/ragnarok.jpeg">
        <p>Comment juger une série qui se termine sur la pire idée ? Après <a href="https://voiretmanger.fr/ragnarok-price-netflix/">deux saisons fort sympathiques</a>, bien que trop courtes à chaque fois, <em>Ragnarök</em> se termine avec six nouveaux épisodes qui semblent dans la continuité et qui continuent de monter vers le fameux affrontement entre géants et dieux promis depuis le départ. Cette relecture des mythes nordiques à la sauce adolescente sur fond de réchauffement climatique explore une bonne idée pour Magne/Thor et son marteau. Maintenant qu’il a récupéré ses pouvoirs, le lycéen timide et mal dans sa peau des débuts a cédé la place à un jeune homme — bien trop vieux pour jouer un garçon de 18 ans, mais passons — sûr de lui, peut-être un peu trop. Il s’éloigne de ses idéaux, oublie l’environnement et se lie même d’amitié avec ses ennemis jurés. C’est une bonne idée d’explorer ce pan des super-héros souvent ignoré, même si avec un format toujours aussi court, cela joue des tours à la création de Netflix.</p>
<p>Depuis le début, le personnage de Laurits/Loki n’a pas toute la place qu’il mérite et c’est encore plus sensible dans cette ultime saison. Même s’il a droit à une histoire d’amour toute mignonne avec le vendeur de burgers de la ville et même s’il devrait jouer un rôle central dans le conflit mythique, il semble constamment en retrait. Mais enfin, <em>Ragnarök</em> reste sur la voie tracée au départ et reste très plaisante, avec un pénultième épisode qui aurait été une fin parfaitement satisfaisante pour toute la série. Quelle mouche a piqué Adam Price en imaginant ce sixième épisode ? Si vous voulez garder encore un petit peu de surprise, arrêtez ici votre lecture, car je n’ai pas le choix que de parler de ce final. En essayant de conclure les trois saisons avec une histoire fermée, les scénaristes ont commis une erreur hélas assez classique dans la fiction. Ils ont annulé tout ce qui précède, en nous faisant croire que le grand combat entre géants et dieux n’était qu’un rêve, enfin en l’occurrence un effet secondaire des troubles psychologiques de Magne. C’est en contradiction parfaite avec le début et c’est une fin franchement minable pour le message écologique pourtant fort et bien mené auparavant. Le message, ce serait que pollution générée par Jutul Industries et le dérèglement climatique planétaire étaient aussi dans sa tête. Euh, OK boomer ?</p>
]]></description></item><item><title>My Dear F***ing Prince, Matthew López</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/my-dear-f-ing-prince-lopez/</link><pubDate>Sun, 27 Aug 2023 18:18:56 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/my-dear-f-ing-prince-lopez/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/my-dear-f-ing-prince-lopez/red-white-royal-blue.jpeg">
        <p><em>My Dear F***ing Prince</em> porte peut-être le pire titre « traduit » en français de l’année — c’est d’autant plus frustrant que le titre original, <em>‌Red, White &amp; Royal Blue</em>, aurait probablement pu être traduit sans le modifier, ou alors être conservé tel que, passons… —, mais ce n’est pas une bonne raison pour le bouder. Cette comédie romantique suit un scénario tout à fait banal et n’aurait sans doute pas autant fait parler d’elle si la romance n’était pas entre deux hommes. Et pas n’importe lesquels qui plus est : Alex est le fils de la présidente des États-Unis et Henry est un prince de la Couronne britannique. Une comédie romantique queer mélangée avec des amours interdites et des clichés en pagaille sur les deux pays anglo-saxons à la fois si proches et différents ? N’en jetez plus, le premier long-métrage réalisé par Matthew López m’intriguait suffisamment pour lancer la lecture.</p>
<p>Après deux heures, je peux confirmer que c’est une comédie romantique aussi banale que mignonne, ce qui n’est pas une critique d’ailleurs. Dans cette vision tristement fictive, mais résolument positive de notre société, on peut imaginer que la monarchie britannique envisage l’existence d’amours non hétérosexuelles et que le Texas puisse voter démocrate — on est quand même à la limite du ridicule —, deux hommes aussi publics et venus de mondes aussi différents peuvent s’aimer. Le scénario suit les passages obligés de la catégorie, avec deux tourtereaux que tout sépare et qui se détestent initialement, puis qui apprennent à se connaître et bientôt tombent amoureux. Matthew López n’évite aucun sujet évident, même s’il suit sans doute en cela le roman de Casey McQuiston, en évoquant les difficultés qu’il y a pour les deux garçons à reconnaître leur amour et sortir du placard. D’un côté de l’Océan, il y a une réélection en cours et la peur de tout rater à cause d’un coming-out ; de l’autre, le poids de l’histoire et de la rigidité de la tradition britannique. Je m&rsquo;en voudrais de divulgâcher <em>My Dear F***ing Prince</em>, mais disons que le déroulé ne surprendra pas les amateurs du genre. Et je ne vais pas nier que cette vision positive ne m’a pas fait plaisir, même si cela ne veut pas dire que le film est parfait pour autant.</p>
<p>Au-delà du plaisir coupable de regarder une romance toute mignonne, il faut aussi reconnaître que les deux acteurs principaux perpétuent un cliché trop courant dans la représentation LGBTQ. Ces deux corps parfaits ne sont pas désagréables à regarder, je ne vais pas jouer les hypocrites et Taylor Zakhar Perez et Nicholas Galitzine parviennent à bien rendre l’alchimie entre les deux personnages, avec des scènes de sexe pudiques, mais crédibles et facétieuses<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Malgré tout, on reste sur l’image de perfection trop souvent véhiculée et un petit peu de diversité n’aurait pas fait de mal. <em>My Dear F***ing Prince</em> se déroule de toute manière dans un cadre totalement hors-sol, où traverser l’Atlantique est la chose la plus banale qui soit, alors peut-être que l’on ne devrait pas attendre mieux sur ce point. Et puis, je mentirais si je disais avoir passé un mauvais moment, le film de Matthew López était un divertissement fort agréable, à défaut d’être inoubliable.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Ouh, l’obélisque de Washington. Oh, la Tour Eiffel. Subtil.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Inside Job, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/inside-job-netflix/</link><pubDate>Fri, 25 Aug 2023 22:12:39 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/inside-job-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/inside-job-netflix/inside-job.jpeg">
        <p>Le concept de départ pour <em>Inside Job</em>, c’est que toutes les théories du complot qui circulent sur internet, même les plus absurdes, sont vraies. La série d’animation de Netflix imagine une entreprise nommée Cognito, Inc est responsable de masquer la vérité sur les lézards qui dirigent secrètement le monde, sur les champignons qui logent dans le cœur de la planète et évidemment sur la société secrète qui dirige tout en arrière-plan. Ses employés doivent ainsi à la fois masquer la vérité et effacer toutes les traces qu’elle pourrait laisser derrière elle et inventer des contre-vérités pour aveugler le public. Créée par Shion Takeuchi qui s’est faite connaître pour son travail sur <em>Gravity Falls</em>, cette série d’animation résolument pour les adultes manie l’humour noir avec un talent certain. Même si elle ne réussit pas tout, elle est drôle et incisive sur notre société et aurait mérité davantage d’amour de la part du service de streaming, qui l’a lâchement abandonné après une seule saison.</p>
<p>Les 18 épisodes constituent ainsi l’intégralité d’<em>Inside Job</em> et le moins que je puisse dire, c’est que le rythme ne faiblit jamais. La structure est assez classique, avec un défi spécifique à chaque épisode et en même temps une trame de fond qui évolue sur toute la saison. Les petites histoires n’ont pas tellement d’importance, ce sont des excuses pour imaginer les défis les plus fous. Les arcs principaux sont les plus intéressants comme toujours et Shion Takeuchi a réussi à dessiner des personnages attachants qui parviennent petit à petit à sortir de leurs caricatures initiales. Netflix lui a coupé l’herbe sous le pied et l’épisode final laissait envisager une deuxième saison encore plus réussie de ce point de vue, mais elle n’aura jamais lieu. Ce qui reste est un bon début qui aurait mérité d’être davantage creusé et peut-être ralenti un petit peu par endroit. La frénésie constante d’<em>Inside Job</em> peut fatiguer à la longue et empêche de saisir tout l’humour déployé à chaque minute. Même si j’ai pensé que quelques épisodes auraient pu mériter un traitement plus subtil, je ne voudrais pas donner l’impression que j’ai trouvé la série raté. Bien au contraire, j’ai été bluffé par la capacité de chaque épisode à se moquer aussi efficacement des théoriciens du complot et de nos sociétés aveuglées par ces faux problèmes au détriment des vrais, de la toxicité masculine au réchauffement climatique. Même si elle peut sembler constamment absurde et même parfois ridicule, cette création Netflix visait toujours parfaitement juste.</p>
]]></description></item><item><title>Good Omens, Prime Video (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/good-omens-prime-video-saison-2/</link><pubDate>Thu, 24 Aug 2023 21:26:02 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/good-omens-prime-video-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/good-omens-prime-video-saison-2/good-omens.jpeg">
        <p>La <a href="https://voiretmanger.fr/good-omens-gaiman-prime-video/">première saison</a> couvrait l’étendue du roman, il fallait bien imaginer une nouvelle histoire pour la suite de <em>Good Omens</em>. De fait, Neil Gaiman a imaginé un scénario original pour ces huit nouveaux épisodes, mais un scénario dans la continuité du précédent et qui pourrait même servir de pont à une troisième saison. Si Prime Vidéo le souhaite, cette suite se construirait sur l’idée tissée du vivant de Terry Pratchett, voilà qui est prometteur. En attendant, j’ai été bizarrement moins déçu par cette deuxième saison que la précédente, alors qu’on est objectivement sur le même niveau. L’humour décalé du duo Gaiman/Pratchett fonctionne mieux à l’écrit et on ne rigole pas souvent dans cette adaptation. Le format court évite l’ennui, mais le rythme assez mou peut aussi jouer en défaveur de la série. Et pourtant, j’ai trouvé cette suite de <em>Good Omens</em> assez plaisante, peut-être parce qu’elle s’éloignait davantage du format textuel et osait davantage d’idées différentes ? Peut-être aussi parce qu’elle explore pour de bon la relation amoureuse entre les deux personnages principaux, une relation toujours sous-entendre et jamais explicite auparavant.</p>
<p>La fin du monde n’est plus l’enjeu principal cette fois, c’est l’Archange Gabriel, incarné par Jon Hamm lui-même, qui le devient. Il débarque un beau jour à la librairie d’Aziraphale tout nu, avec un carton pour protéger (hélas) ses parties intimes, et sans aucun souvenir de qui il est. L’ange libraire et son ami démon décident de l’héberger, alors que le Paradis comme l’Enfer se mettent à le rechercher. <em>Good Omens</em> construit toute la saison autour du personnage et des tensions croissantes entre les deux univers, qui culminent dans un affrontement directement dans la librairie. Neil Gaiman ajoute aussi quelques flashbacks tout au long des épisodes, soit pour évoquer le passé d’un personnage tiers, soit pour creuser la relation entre Aziraphale et Rampa. Michael Sheen et David Tenant étaient impeccables dans ces deux rôles qu’ils semblent retrouver avec plaisir. Cette deuxième saison creuse les psychologies et en particulier leur relation, avec un couple tout mignon qui se forme devant nos yeux et culmine sur la fin. Entre les deux ange et démon et les deux vendeuses de la rue, on sent que le romancier a souhaité faire davantage de place à d’autres sexualités et je ne vais pas m’en plaindre. Même s’il y a quelques bizarreries, comme ces voitures toutes électriques qui tournent en boucle autour de la librairie en émettant le son d’un moteur thermique — mais pourquoi ? —, je ne peux que saluer l’effort de modernité de cette suite.</p>
<p>Qu’importe dès lors si l’humour n’est pas toujours présent ou s’il tombe parfois un petit peu à côté. Au fond, c’est ça peut-être qui fait la différence avec ma perception de la première saison. <em>Good Omens</em> joue sur les sarcasmes et l’absurde, mais ce n’est pas censé être une comédie hilarante. Neil Gaiman impose son propre style et même son propre genre, ce qui offre à cette série toute son originalité. S’il y a une troisième saison, je serai au rendez-vous pour voir ce que cela donne.</p>
]]></description></item><item><title>Black Mirror, Netflix (saison 6)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/black-mirror-netflix-saison-6/</link><pubDate>Sun, 20 Aug 2023 22:02:24 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/black-mirror-netflix-saison-6/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/black-mirror-netflix-saison-6/black-mirror.jpg">
        <p>Je n’aurais pas parié sur l’arrivée d’une sixième saison de <em>Black Mirror</em>. Non pas que la série d’anthologie créée par Charlie Brooker il y a douze ans de cela était devenue insupportable, les <a href="https://voiretmanger.fr/black-mirror-brooker-channel-4/">cinq saisons précédentes</a> étaient toutes intéressantes à leur manière. Mais cela faisait quelques années depuis la diffusion de la précédente saison et le risque de se répéter était bien réel. Ce retour se fait néanmoins avec un angle différent : les écrans noirs qui ont donné leur nom à la série ne sont plus au centre des enjeux, pas plus que la science-fiction d’ailleurs. <em>Black Mirror</em> ose suivre des chemins différents, avec des épisodes qui se déroulent dans le passé et l’exploration de genres différents. Ce n’est pas toujours réussi, mais ces cinq nouveaux épisodes sont intéressants et méritent sûrement un petit peu de votre temps.</p>
<p>La science-fiction reste au programme, mais c’est peut-être l’épisode le plus faible pour moi. « Mon cœur pour la vie » est une uchronie qui imagine deux astronautes en route vers une destination lointaine et à qui on a créé des doubles mécaniques pour que leur âme reste avec leur famille. Une idée intrigante, mais que j’ai trouvé assez mal exploitée, avec une histoire pleine d’incohérences et surtout prévisible. Le choix d’ancrer cette intrigue dans les États-Unis des années 1960 ressemble à une dose de nostalgie un petit peu trop gratuite et j’ai trouvé que cela n’apportait rien d’intéressant. La performance d’Aaron Paul ne m’a pas semblée aussi époustouflante que sur le papier et au bout du compte, j’étais assez déçu. En restant dans la science-fiction, j’ai nettement préféré le premier épisode, « Joan est horrible », qui est sorti pile au bon moment, pendant la grève des acteurices et des scénaristes. Dans cet univers proche du nôtre, la technologie permet à <del>Netflix</del> Streamberry de générer des séries en temps réel, grâce à un l’histoire vraie de ses utilisateurs, au scan 3D d’acteurs et à des scénarios produits par un ordinateur quantique. C’est peut-être l’histoire la plus « Black Mirror » de toutes, mais j’ai trouvé pour le coup que c’était malin et les surprises en cours de route sont bien amenées, mais je n’en dirai pas plus.</p>
<p>Quand on sort du genre, <em>Black Mirror</em> ne vise pas toujours juste, mais comment lui reprocher de ne pas essayer ? Évacuons « La journée de Mazey », qui tente une plongée dans le fantastique avec l’angle intéressant des paparazzis, un angle qui n’est pas réellement exploité je trouve, ce qui fait que l’on a l’impression de passer à côté. J’ai préféré « Démon 79 » qui termine la saison alors qu’il a été manifestement le premier écrit par Charlie Brooker. Cette fois, on se plonge dans l’Angleterre de la fin des années 1970, avec d’un côté la montée du nationalisme et de l’autre une histoire de démon meurtrier teintée d’apocalypse nucléaire. Un drôle de mélange, pour une histoire assez amusante et qui donne envie d’en voir plus d’Anjana Vasan, épatante dans le rôle principal. La vraie surprise de la saison pour moi, c’était toutefois « Loch Henry », qui oscille entre horreur et thriller, avec une bonne dose d’humour noir. Le suspense de l’enquête, la beauté à couper le souffle des paysages écossais, les habitants renfrognés, l’horreur des faits… je l’ai trouvé très efficace.</p>
<p>Est-ce un nouveau départ pour <em>Black Mirror</em> ? Peut-être bien, dans le sens où Charlie Brooker s’éloigne de la formule originale et décrète qu’il peut faire ce qu’il veut de son anthologie. Je suis curieux de voir s’il compte explorer encore d’autres genres et expérimenter encore davantage à l’avenir. En tout cas, critiquer la technologie était sans doute devenu trop évident dans les années 2020 et ce changement de cap était probablement salutaire pour cette raison.</p>
]]></description></item><item><title>Heartstopper, Netflix (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/heartstopper-netflix-saison-2/</link><pubDate>Wed, 16 Aug 2023 22:05:47 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/heartstopper-netflix-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/heartstopper-netflix-saison-2/heartstopper.jpeg">
        <p>Après une <a href="/serie/heartstopper-netflix/">première saison parfaite</a>, il y a toujours le risque de tomber à côté et de rater la suite. Inutile de faire durer le suspense : ce n’est fort heureusement pas le cas pour <em>Heartstopper</em>, qui poursuit sur sa lancée avec huit nouveaux épisodes tout aussi mignons et réussis que les premiers. L’histoire d’amour entre Nick et Charlie se développe, avec un mélange parfaitement dosé entre légèreté et gravité. Dans la première catégorie, l’insouciance touchante de ces lycéens queer ou solides alliés, qui découvrent Paris et tous ses clichés avec une joie communicative. Dans la deuxième, un coming-out difficile pour Nick, le stress post-traumatique causé par le harcèlement de Charlie. <em>Heartstopper</em> reste globalement légère et agréable, mais cela n’empêche pas Alice Oseman d’aborder des sujets plus difficiles, y compris les troubles psychologiques de Charlie suite à ses traumatismes.</p>
<p>J’ai toujours autant apprécié la vision positive de toutes les sexualités présentées dans la série de Netflix et cette manière d’évoquer l’homophobie tout en la tenant à distance. Elle existe et elle est inévitable, en particulier sur les réseaux sociaux qui occupent logiquement une place grandissante dans cette suite<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, mais le scénario choisit toujours de la placer en arrière-plan et de se concentrer sur ses personnages principaux. C’est rafraîchissant d’avoir une telle vision, surtout dans une fiction destinée aux adolescents pour qui cette transition peut s’avérer compliquée. <em>Heartstopper</em> a aussi le don pour brasser tous les sujets imaginables, que ce soit les nuances de l’homosexualité et de la bisexualité, ou même la question de l’asexualité et de l’aromantisme. À chaque fois, la série le fait avec goût, en plaçant systématiquement les bons mots dans la bouche de ses personnages et il n’y a aucune fausse note. C’est mignon tout plein, quitte à perdre un petit peu en réalisme — pense-t-on réellement que deux garçons de 16 ans passeraient autant de temps à se câliner sans jamais envisager plus ? —, mais peu importe. C’est le ton assumé de la série et c’est si bien maîtrisé que l’on ne peut pas le lui reprocher.</p>
<p>On s’en doutait au vu de la première saison, cette suite le confirme : l’adaptation par Alice Oseman de sa propre série de romans graphiques est excellente et il n’y a aucune raison de s’inquiéter pour la saison suivante, déjà commandée. Les acteurs vieillissent plus rapidement que leurs personnages, c’est un défi classique quand on veut filmer des adolescents sans laisser passer un an entre chaque saison dans la fiction, mais ils restent tous excellents dans leur rôle. J’espère que Netflix ne tardera pas trop pour la suite, mais je ne me fais aucune inquiétude : ce sera sans aucun doute aussi bien. Vivement !</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Même si j’ai été surpris de voir Instagram autant mis en avant. C’est probablement le réseau social que des jeunes de 16 ans utiliseraient pour échanger, mais l’app est constamment visible sur leurs smartphones, nommée dans leurs conversations et même les échanges privés se font par son biais. Le partenariat avec Meta était peut-être un poil exagéré.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
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]]></description></item><item><title>Young Sheldon, CBS</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/young-sheldon-cbs/</link><pubDate>Sat, 12 Aug 2023 21:26:17 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/young-sheldon-cbs/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/young-sheldon-cbs/young-sheldon.jpeg">
        <p>Le succès de <a href="https://voiretmanger.fr/big-bang-theory-lorre-prady-cbs/"><em>The Big Bang Theory</em></a> a été tel que l’on imagine sans peine que CBS n’a pas eu besoin de beaucoup de temps pour valider le projet de faire une série dérivée. Comme son nom le suggère, <em>Young Sheldon</em> s’intéresse à l’enfance de Sheldon Cooper, le personnage principal de la sitcom d’origine. Derrière les manettes, on retrouve Chuck Lorre qui avait aussi créé la série originale, accompagné cette fois de Steven Molaro qui était impliqué dans sa production et son écrire. Même si Jim Parsons n’apparaît pas, on entend aussi sa voix dans chaque épisode puisque c’est lui le narrateur. Le résultat n’est pas qu’une manière d’exploiter le succès d’une sitcom, même s’il est préférable de connaître l’univers de <em>The Big Bang Theory</em> pour apprécier cette nouvelle création CBS. Néanmoins, cette préquelle trouve son rythme et parvient à créer de nouveaux personnages aussi attachants et drôles que son illustre inspiration. À condition de ne pas en attendre davantage qu’une série à l’ancienne, assez conservatrice tant sur la forme que le fond, c’est un divertissement fort sympathique.</p>
<p>J’étais même assez surpris de constater que <em>Young Sheldon</em> tenait la distance sur une si longue durée. Mis à part sur quelques épisodes un petit peu plus mous sur la sixième saison et la dernière diffusée lorsque j’écris ces lignes, j’ai trouvé la série plaisante et le scénario bien mené. On débute avec un Sheldon qui entre au lycée à neuf ans, déjà aussi brillant que pénible. Iain Armitage parvient dès le pilote à parfaitement reproduire ce que l’on pouvait imaginer pour un jeune génie insupportable, dans un foyer texan très moyen de la fin des années 1980. Le jeune acteur est impeccable dans toutes les saisons, même si malheureusement sa mue sur la fin éloigne sa voix de celle du Sheldon adulte. Malgré tout, le succès de la sitcom lui doit beaucoup, il est tête à claques à souhait et pile dans le bon ton. D’autres indices laissés dans la série principale sur sa famille se retrouvent ici, notamment sa mère ultra-pieuse qui est interprétée par Zoe Perry, fille dans la vraie vie de Laurie Metcalf qui interprétait la mère dans <em>The Big Bang Theory</em>. De quoi lui apporter une bonne dose de crédibilité initiale, les deux actrices se ressemblant évidemment, mais elle apporte aussi son grain de sable et parvient à offrir à ce personnage devenu principal toute l’épaisseur nécessaire. Même constat pour le père, le frère et la sœur ou encore la Meemaw, autant de personnages que l’on connaissait moins et qui débutent tous sur une caricature simpliste, mais qui grandissent au fil des saisons. La précédente sitcom portée par CBS parvenait déjà à faire évoluer ses personnages, les scénaristes n’ont manifestement pas perdu la main.</p>
<p><em>Young Sheldon</em> souffre aussi des mêmes défauts, notamment un conservatisme qui ne se justifie pas seulement par le Texas d’il y a trente ans. Les thématiques choisies, l’uniformité raciale du casting, les tabous aussi sont autant de marqueurs d’une série qui essaie de ne froisser personne, mais qui peut souffrir d’un côté daté. Cela m’a gêné à quelques reprises, mais force est de constater que j’ai pris aussi beaucoup de plaisir à regarder la série, qui manie merveilleusement bien son humour. À défaut d’être originale, il faut bien reconnaître que cette sitcom est très efficace et je serai au rendez-vous pour les saisons suivantes.</p>
]]></description></item><item><title>Outside Problems, Andrew Bird</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/outside-problems-bird/</link><pubDate>Mon, 31 Jul 2023 21:23:31 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/outside-problems-bird/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/outside-problems-bird/outside-problems.jpeg">
        <p>Je suis tombé sur <em>Outside Problems</em> un petit peu par hasard, en consultant les sorties récentes et en me souvenant du nom d’Andrew Bird. J’avais écouté ses albums dans les années 2000, mais je n’avais pas réellement suivi sa carrière pourtant prolifique et c’est ainsi en ignorant tout de ce dernier opus que je l’ai abordé. J’ignorais notamment qu’il faisait suite à <em>Inside Problems</em> et qu’il s’agissait d’un prélude, un album entièrement instrumental plein d’idées mélodiques qui ont mené aux « vrais » titres publiés l’an dernier. Une ignorance qui a joué pleinement en faveur de ces neuf morceaux sans paroles : principalement construits autour du violon d’Andrew Bird et de quelques autres instruments, ils sont à la fois simples et riches et les mélodies soignées composent un paysage sonore des plus plaisants.</p>
<p><em>Outside Problems</em> tombe sans doute tout pile sur mes goûts musicaux et il tourne en boucle depuis que je l’ai ajouté à ma collection. À chaque écoute, je découvre un nouveau moment, une combinaison de notes au violon qui me plaisent particulièrement et chaque retour dans ma liste de lecture est un délice. Andrew Bird évolue entre plusieurs émotions, il y a des titres joyeux à l’image de « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=GGPUlN_R6OM"><em>Mancey</em></a> » qui offre une ouverture enjouée à l’album, d’autres plus mélancoliques comme « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=lBasrOS8rnE"><em>Epilogue</em></a> » qui suit juste après, mais ils sont tous délicats et délicieusement imparfaits. L’aspect travail en cours est évident, surtout maintenant que je le sais, même si je dois reconnaître n’avoir pas mis le doigt dessus lors de mes écoutes initiales. Loin de nuire au travail de l’artiste, cette imperfection ajoute de l’épaisseur aux morceaux et renforce pour moi l’intérêt de l’album.</p>
<p>Après avoir écouté ces neuf titres en boucle, je ne ressens pas réellement le besoin d’entendre <em>Inside Problems</em>. Non pas que j’imagine l’album mauvais, mais j’ai apprécié la simplicité de ces versions et je ne suis pas sûr d’avoir envie de plus.</p>
]]></description></item><item><title>Firmament</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/firmament/</link><pubDate>Sun, 23 Jul 2023 12:08:49 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/firmament/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/firmament/firmament.jpg">
        <p>Vous débutez dans un étrange univers <em>steampunk</em> sans trop savoir où vous en êtes et ce que vous devez faire. Vous découvrirez au fil du temps votre rôle de gardien et l’outil à votre disposition pour interagir avec les différents mondes auxquels vous aurez accès, mais le plus important à retenir est que vous êtes dans un jeu d’aventures plein d’énigmes à résoudre. <em>Firmament</em> est le dernier titre de Cyan Worlds, studio de développement qui s’est fait connaître dans les années 1990 pour le mythique <em>Myst</em> et qui perpétue cette ancienne tradition du jeu vidéo des mondes à explorer et déchiffrer. La technique a bien évolué en trois décennies et ce nouveau monde n’est plus constitué d’images statiques que l’on découvre une à une, c’est un environnement en 3D qui a été créé avec un moteur de jeu moderne. C’est d’ailleurs le visuel que l’on remarque d’abord et j’ai été bluffé par les environnements imaginés pour <em>Firmament</em>. Le premier monde où l’on débarque est un paysage de montagne et de glace et j’ai pris quelques minutes à l’explorer de loin, impressionné par la profondeur de champ et la beauté de l’ensemble.</p>
<p>Vous n’êtes pas là pour seulement regarder, bien sûr, il faut aussi résoudre des énigmes pour débloquer des étapes et avancer dans le monde. Contrairement au modèle traditionnel où l’on clique sur des éléments affichés à l’écran avec la souris, <em>Firmament</em> imagine un gameplay plus original où vous devez lancer une sorte de pavé sur des cibles prédéfinies pour interagir avec elles. C’est ainsi que les portes et vannes s’ouvrent, que les ascenseurs montent et descendent, que les chariots avancent et reculent. Toutes les interactions se font exclusivement par ce biais, avec des capacités qui augmentent au fil du jeu. Ce mode d’interaction a sans doute été imaginé pour la réalité virtuelle, prise en charge pour <em>Firmament</em>, et s’il fonctionne assez bien sur un ordinateur, il ressemble davantage à un gadget qu’à l’idée du siècle. Mais enfin, je m’y suis fait rapidement et je dois reconnaître que les développeurs ont exploité cette mécanique à plein, notamment vers la fin quand il faut enchaîner les cibles pour atteindre la bonne.</p>
<p>Le plus gros défaut à mes yeux de ce fonctionnement, c’est le côté lassant qui finit par émerger. Les équipes de Cyan Worlds ont essayé de proposer le maximum de diversité, mais les énigmes reposent toutes sur les mêmes principes de base, si bien que j’avais un petit peu l’impression de répéter les mêmes idées à travers toute la partie. Un sentiment renforcé par le fait que les trois mondes principaux impliquent la même séquence finale, ce qui devient répétitif. Cela dit, le plus gros défaut à mes yeux de <em>Firmament</em>, ce sont bien les bugs. J’ai été obligé d’interrompre ma partie une première fois, car je me suis retrouvé bloqué dans une énigme, sans aucune possibilité de m’en sortir. Une mise à jour plus tard, j’ai pu reprendre, mais on sent bien qu’il a manqué de temps de développement. J’imagine que la réalité virtuelle a pompé toutes les ressources, car on ne peut pas dire que l’histoire de fond fasse preuve d’une grande originalité et on est loin de la profondeur des <em>Myst</em> et <em>Riven</em> de ce côté. Ça ne m’a pas gêné outre-mesure, j’ai davantage été frustré par les énigmes pas toujours claires. C’était aussi parfois le cas dans ses prédécesseurs, mais <em>Firmament</em> reposant sur une seule mécanique principale, la frustration se répète à plusieurs reprises et j’ai failli abandonner plus d’une fois.</p>
<p>Néanmoins, j’ai été jusqu’au bout et après un petit peu moins de 13 heures de jeu, j’ai terminé <em>Firmament</em>. En tant que fan du travail original de Cyan Worlds, j’ai dans l’ensemble apprécié ce nouveau titre, mais je ne sais pas si je le recommanderais à n’importe qui. Peut-être quand tous les bugs auront été corrigés, même s’il restera encore ce sentiment de frustration face à des énigmes pas toujours bien conçues.</p>
]]></description></item><item><title>L(oo)ping, Rone &amp; Orchestre National de Lyon</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/looping-rone-orchestre-national-lyon/</link><pubDate>Fri, 21 Jul 2023 21:45:23 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/looping-rone-orchestre-national-lyon/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/looping-rone-orchestre-national-lyon/looping-rone.jpg">
        <p>J’ai découvert <em>L(oo)ping</em> par l’album et par le simple nom de Rone, sans savoir à l’avance à quoi m’attendre. La mention de l’Orchestre National de Lyon annonçait la couleur, mais j’ignorais qu’il s’agissait en réalité d’un projet à cheval entre plusieurs arts, mêlant la musique électronique chère à l’artiste français, la musique symphonique qu’un orchestre de 90 musiciens peut produire et encore la danse avec la présence de plusieurs chorégraphes. Un spectacle sons et lumière que l’on peut <a href="https://www.arte.tv/fr/videos/112343-000-A/rone-l-oo-ping/">découvrir sur Arte</a>, mais je trouve que la musique se suffit amplement à elle-même.</p>
<p>Et c’est une musique très cinématographique que j’ai découvert sur ces onze morceaux qui composent une bande-originale de film particulièrement convaincante. En une heure, Rone revisite ses morceaux en mode grand orchestre et le long-métrage qui pourrait être associé défile sous vos yeux rien qu’en écoutant les compositions orchestrales de Romain Allender. À défaut d’être toujours originale, j’ai apprécié l’efficacité de cette bande-son et le jeu astucieux entre les bandes numériques et les instruments analogiques. Le cinéma fait régulièrement appel aux deux registres, si bien que cela renforce le sentiment d’écouter la musique d’un film, même s’il reste fictif. La partition est en tout cas plaisante et tient dans la durée, avec une excellente gestion du rythme et de la tension qui donne envie à chaque fois d’écouter l’album du premier au dernier titre. <em>L(oo)ping</em> est principalement orchestral, ce qui met d’autant mieux en valeur le seul morceau parlé : « <em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=bKHHbkCuWaM">Bora Vocal (Looping)</a></em> », un titre que je découvrais pour l’occasion alors même que c’est l’un des tous premiers de Rone, un titre où l’on entend la voix d’Alain Damasio s’encourageant pendant la rédaction de <em>La Horde du Contrevent</em>.</p>
<p>Au bout du compte, <em>L(oo)ping</em> est une œuvre riche qui m’accompagne depuis quelques semaines avec à chaque retour dans la playlist quelques petites découvertes supplémentaires. Je regarderai peut-être la version filmée avec la danse en plus, mais je crois que j’ai suffisamment d’images mentales qui me viennent en écoutant la musique.</p>
]]></description></item><item><title>High Desert, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/high-desert-apple-tv+/</link><pubDate>Sat, 08 Jul 2023 23:20:47 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/high-desert-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/high-desert-apple-tv&#43;/high-desert.jpeg">
        <p><em>High Desert</em> est une série bien difficile à classer. Si je devais l’associer à un cinéma, ce serait celui des frères Coen, avec ce mélange toujours payant entre criminels un peu débiles et un délicieux sens de l’absurde. La référence me semble assez évidente, sans pour autant être aussi aboutie dans cette création d’Apple TV+. La faute, peut-être, à un scénario qui ne choisit aucune histoire bien définie et préfère constamment partir dans tous les sens, quitte à en faire un petit peu trop tout le temps. En gros, c’est l’histoire d’une ancienne toxicomane qui décide de se convertir en détective privée suite au décès de sa mère. Elle se lance dans une série d’enquêtes assez invraisemblables et l’ensemble se termine dans un joyeux bazar sur fond de luttes entre mafieux. Il faut accepter de se laisser porter, ce que je fais toujours volontiers, mais même alors, <em>High Desert</em> laisse un sentiment d’inachevé qui justifie sans doute l’annulation après une seule saison seulement.</p>
<p>Malgré tout, les huit épisodes d’une demi-heure restent plaisants dans l’ensemble et la performance de Patricia Arquette justifie à elle seule de regarder la série. L’actrice se donne au maximum pour imaginer son personnage complètement en vrac, mais qui parvient malgré tout à obtenir de bons résultats, aussi surprenants que cela puisse paraître. Elle a trouvé la manière de jouer parfaite pour incarner Peggy, avec ses manies et surtout sa manière de toujours foncer, sans se soucier des difficultés et encore moins des critiques. L’humour de <em>High Desert</em> lui doit tout et je dirais même que la série dans l’ensemble repose entièrement sur ses deux épaules. Les personnages secondaires sont nettement moins intéressants et mériteraient d’être mieux creusés, même si les scénaristes laissent entendre par une série de petits indices qu’il y aurait bien plus à en dire. Apple TV+ n’a pas offert cette opportunité et je ne suis pas convaincu que les saisons suivantes auraient été fondamentalement différentes. Quoi qu’il en soit, si vous aimez l’humour décalé des frères Coen, vous devriez tester <em>High Desert</em>.</p>
]]></description></item><item><title>Silo, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/silo-apple-tv+/</link><pubDate>Mon, 03 Jul 2023 22:20:08 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/silo-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/silo-apple-tv&#43;/silo-saison-1.jpeg">
        <p>Dans un univers post-apocalyptique assez classique, la planète est devenue invivable et les humains se sont terrés dans un immense silo creusé sur plus d’une centaine de niveaux. Dix milles survivants se retrouvent ainsi dans cette habitation de fortune, avec une unique caméra à la surface pour rappeler sur de multiples écrans pourquoi ils ne connaîtront jamais la liberté de sortir. Tout l’intérêt de <em>Silo</em> est d’ajouter une autre dimension en imaginant que l’humanité a aussi perdu sa mémoire. On se souvient vaguement d’une rébellion qui s’est déroulée 140 ans avant les événements de la première saison, mais rien au-delà. Plus personne ne sait ce qu’il y avait sur la surface terrestre avant le silo, personne ne sait à quoi ressemble un océan, ni même qu’une telle étendue d’eau pouvait exister. Leur univers s’est littéralement réduit à un espace fermé, alimenté par une dynamo tout en bas et régi par des règles strictes que plus personnes ne comprend. Pourquoi les ascenseurs et les microscopes sont interdits ? Allez savoir, tout le monde a oublié et comme les reliques issues d’avant la révolution sont strictement interdites, plus personne ne peut savoir.</p>
<p>Un monde aussi fermé est idéal pour créer une série de science-fiction crédible. Par exemple, il n’y a aucun appareil photo, ni aucune caméra dans ce monde, si bien que le concept même d’enregistrer une image statique ou dynamique est totalement étranger aux personnages. Cela offre quelques bonnes idées sur le plan scénaristique, mais je ne veux pas trop en dire, de peux de dévoiler l’un des nombreux secrets contenus dans les dix épisodes. La première saison de <em>Silo</em> a la lourde tâche de dévoiler un univers et il y a beaucoup à dire sur cette société bizarre. Si l’organisation sociale basée sur la verticalité m’a parue assez peu inspirée, la richesse de l’univers imaginé par Hugh Howey m’a impressionné. L’ambiance noé-rétro est délicieusement reconstituée, avec notamment du matériel informatique sorti tout droit d’un univers parallèle bloqué dans nos années 1960. Le soin apporté à l’architecture et la décoration intérieure est aussi bluffant et on peut de manière générale saluer l’effort réalisé sur l’adaptation. Les règles du silo sont bien décrites et l’adaptation les délivre avec le bon rythme, sans trop en révéler d’emblée, mais aussi sans cacher inutilement des informations. Le rythme de la première saison est d’ailleurs excellent, ni trop lent, ni trop rapide, avec une série de surprises à la fin des épisodes qui culmine avec la révélation du dernier épisode. Je n’en dirais rien, mais j’ai hâte de voir la suite et fort heureusement, Apple TV+ a d’ores et déjà renouvelé sa série.</p>
<p>Il faut dire que <em>Silo</em> est basée sur une trilogie et la première saison rassemble le premier volet de la version écrite. On peut ainsi être rassuré sur l’avenir de la série, son arc narratif principal semble tout tracé. Je n’ai absolument aucune idée de ce qui arrivera ensuite, mais je sais que je serai au rendez-vous quand la deuxième saison sera proposée.</p>
]]></description></item><item><title>Infiniti, Canal+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/infiniti-canal+/</link><pubDate>Tue, 27 Jun 2023 21:25:20 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/infiniti-canal+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/infiniti-canal&#43;/infiniti.jpg">
        <p><em>Infiniti</em> est une belle preuve que l’on peut faire de la science-fiction ambitieuse en France. Cette série commandée par Canal+ imagine une histoire entre le Kazakhstan et la station spatiale internationale à quelques centaines de kilomètres plus haut et une intrigue sur une base policière qui évolue progressivement vers une touche de fantastique. Un choix très original qui paye : les six épisodes forment un récit riche et bien mené, même si le format aurait peut-être gagné à être légèrement rallongé, notamment sur la fin. Même si tout n’est pas parfait, j’ai beaucoup apprécié cette création originale de la chaîne française qui n’aura, malheureusement, aucune suite.</p>
<p>Deux arcs narratifs principaux construisent <em>Infiniti</em>. En haut, un accident provoque la quasi-destruction de l’ISS et la nécessité de mettre en place une opération de sauvetage. En bas, un policier kazakh mène l’enquête sur une série de morts étranges, suite à la découverte des corps décapités et recouverts de cire. Les deux semblent n’avoir rien en commun, mais les scénaristes tissent des liens et les rapprochent progressivement, avant de les fusionner. Je ne vais pas trop en dire, car le plaisir vient aussi de la découverte de cette histoire, qui n’avait rien de particulièrement novateur pour le fan de science-fiction que je suis, mais qui est bien amenée et avec des révélations bien rythmées. Canal+ a également mis les moyens nécessaires pour satisfaire l’ambition de ses créateurs, avec un tournage réalisé sur place et avec des acteurs locaux, dans de multiples langues et sans aucune fausse note sur le casting. La seule critique que je ferais serait plutôt sur le format un peu court, qui empêche à quelques personnages secondaires d’avoir toute la place nécessaire et qui précipite un petit peu la fin. Pas de quoi gâcher le plaisir de cette histoire à la croisée entre policier et science-fiction, portée par une réalisation à la hauteur des meilleures réalisations internationales. Je recommande.</p>
]]></description></item><item><title>Avatar : La Voie de l’eau, James Cameron</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/avatar-voie-eau-cameron/</link><pubDate>Sun, 25 Jun 2023 18:42:45 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/avatar-voie-eau-cameron/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/avatar-voie-eau-cameron/avatar-voie-eau.jpg">
        <p>Treize ans, c’est le temps qu’il a fallu à James Cameron pour donner une suite à <a href="https://nicolasfurno.fr/film/avatar-cameron/"><em>Avatar</em></a> et lancer ce qui s’apparente d’emblée à l’une des plus ambitieuses sagas cinématographiques. Cinq fils sont <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Avatar_(s%C3%A9rie_de_films)">déjà prévus</a> d’ici 2031 et il semble bien que le cinéaste ait décidé d’en faire l’œuvre de sa vie. Après avoir revu le premier épisode, j’étais encore plus sceptique que dans les salles sur la capacité de cet univers à accueillir une vraie saga sur la durée et malheureusement, <em>Avatar : La Voie de l’eau</em> m’a convaincu… que j’avais raison. James Cameron se fait plaisir avec trois heures d’un Pandora plus magnifique que jamais, mais ses spectateurs s’ennuient ferme face à une histoire qui non seulement banale, mais surtout terriblement rétrograde. Quelle déception.</p>
<p>Commençons par le positif : en treize ans, la technique a évolué et les Na’vis sont magnifiques dans cette suite. Le <em>motion capture</em>, qui permet à de calquer les mouvements de vrais acteurs sur des personnages numériques, a fait de gros progrès et les expressions faciales n’ont jamais été aussi crédibles, tandis que la peau ne ressemble plus à du plastique lisse. J’étais un peu déçu de découvrir que la forêt était toujours aussi statique, mais ce n’est que l’introduction, l’essentiel de l’intrigue se déroule chez les Na’vis de la mer et en particulier sous l’eau, où l’imagination des équipes pour créer des créatures familières et différentes a encore fait des merveilles. Le cadre est magnifique, mais <em>Avatar : La Voie de l’eau</em> souffre du même défaut que son prédécesseur, avec un manque criant d’originalité sur l’histoire. Je n’aurais pas cru que c’était possible, mais James Cameron l’a fait : cette suite est même encore moins originale, puisqu’elle multiplie les parallèles et les résurrections. Alors qu’<em>Avatar</em> avait eu le courage de tuer plusieurs personnages clés, les scénaristes n’ont pas trouvé mieux que de les ressusciter : le colonel Miles Quaritch revient sous la forme d’un Na’vi avec les souvenirs de l’humain, ce qui n’est même pas le pire. Dans cette catégorie, je demande le docteur Grace qui a eu un enfant dans son avatar (déjà…) et James Cameron n’a pas trouvé mieux que de demander à Sigourney Weaver de donner sa voix à sa fille. Oui, c’est une idée stupide et c’est encore plus idiot en vrai. Si cela ne suffisait pas, les deux films dressent des parallèles parfaits. Un seul exemple : remplaçant Miles, une nouvelle colonel prend sa place<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et le scénario l’imagine à sa même exacte place dans l’espèce de gros hélicoptère d’où elle dirige les opérations, une tasse de café à la main.</p>
<p><em>Avatar : La Voie de l&rsquo;eau</em> manque d’originalité et reste trop dans les traces du premier film, admettons et avançons. Malheureusement, la situation ne s’améliore pas même en passant outre ce qui reste un gros défaut. L’histoire imaginée par James Cameron n’avait pas besoin d’être aussi rétrograde, avec une vision qui semble tout droit sortie d’un film américain d’après-guerre. Seule la famille compte désormais, le groupe n’a plus aucune espèce d’importance, contredisant directement le message d’<em>Avatar</em>. D’ailleurs, Jake part avec femme et enfants dès les premières menaces, avec cette idée stupide qu’il sera en sécurité ailleurs, ce qui ne sera évidemment pas le cas, vous vous en doutez bien.  Une fois parti, on oublie tous les Na’vis de la forêt, seuls ceux de la mer nous intéresse… sauf que là encore, la famille est la seule qui compte. Tout le combat final se concentre ainsi sur le noyau familial rapproché, dans un combat bourré de testostérone et de gros muscles, car on se bat entre mecs. C’est limite si Neytiri n’est pas cantonnée à sa cuisine et même si le personnage intervient ici ou là dans les combats, ses dialogues sont limités à la portion congrue. La toxicité masculine domine, les mecs sont les moteurs de l’action quasiment tout le temps et les filles n’interviennent qu’épisodiquement et sans les grosses mitraillettes qui sont désormais omniprésentes, non, elles restent à l’arc. Défendre sa famille avec une abondance d’armes à feu, cela vous rappelle quelque chose ? Ajoutez à cela une pauvreté raciale déplorable — la peau est soit blanche, soit bleue, jamais d’une autre couleur, pas même pour les figurants, je me demande même comment cela a été possible — et vous obtenez un cocktail à l’odeur bien rance.</p>
<p>Cette vision américaine primaire et un peu beauf se retrouve aussi dans l’absence de toute considération écologique, alors que c’était un sujet central dans <em>Avatar</em>. Ici, on évoque à peine à un moment la fin de la planète Terre et le choix de Pandora pour lui succéder, ce qui aurait pu être un sujet intéressant. L’air n’est pas respirable pour les humains, il faudrait terraformer et probablement condamner tous les Na’vis, un désastre écologique d’une ampleur planétaire qui aurait été un thème passionnant. À défaut, James Cameron reproduit les vieux schémas narratifs, dans ce monde où tout le monde parle soudainement anglais<sup id="fnref:2"><a href="#fn:2" class="footnote-ref" role="doc-noteref">2</a></sup>. Ce capitaine qui poursuit une créature maritime et perd un bras ? Rien n’a voir avec <em>Moby-Dick</em> bien entendu, c’était une jambe qu’Achab a perdu. Ce navire qui coule ? Rien n’à voir avec <em>Titanic</em> voyons, il n’y a pas d’iceberg sur Pandora.</p>
<p>Après trois heures de ce spectacle affligeant, je n’ai absolument aucune envie de repartir sur Pandora. Et ce n’est pas la survie inexplicable du personnage clé qui va me motiver à en voir davantage, ça va bien comme ça.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Interprétée par Edie Falco que j’ai connu <a href="https://voiretmanger.fr/soprano-chase-hbo/">plus inspirée</a> dans le rôle de Carmina Soprano.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
<li id="fn:2">
<p>Les Na’vis ont bien leur langue en théorie, mais même ceux qui n’ont eu aucun contact avec les « gens du ciel » parlent anglais comme si c’était leur langue maternelle. Encore un thème que le premier film avait bien géré et qui a été entièrement oublié…&#160;<a href="#fnref:2" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Tricky, antistar superstar, Florine Delcourt</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/tricky-antistar-superstar-delcourt/</link><pubDate>Sat, 24 Jun 2023 22:02:50 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/tricky-antistar-superstar-delcourt/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/tricky-antistar-superstar-delcourt/tricky.jpg">
        <p><em>Tricky, antistar superstar</em> est le dernier essai de l’excellente collection Playlist Society et cette fois, je connais son sujet. Du moins, je pensais le connaître : Tricky, l’un des membres fondateurs de Massive Attack et du trip-hop plus généralement, je l’avais écouté sur les premiers albums du groupe et même pour son premier album en solo. Mais comme toujours, j’ignorais la majorité de l’histoire et Florine Delcourt m’a offert un excellent cours de rattrapage. L’autrice se plonge dans l’histoire compliquée de l’artiste, en la posant à chaque fois dans le contexte plus global, en particulier concernant ses origines familiales et sociales ainsi que son enfance, autant de moments décisifs dans une carrière artistique comme on peut s’en douter.</p>
<p>Une longue et passionnante partie est ainsi consacrée à Bristol, une ville importante dans l’histoire britannique et dans l’histoire de sa musique. Tricky y est né dans un quartier populaire et il a grandi en formant ses oreilles avec des influences variées, de la musique jamaïquaine au hip-hop américain, mais aussi du reggae au rock. Il se découvre très jeune un talent pour manier les mots en même temps qu’une facilité à observer et résumer le monde. Toutes ces influences et de multiples rencontres l’amènent à collaborer avec les futurs membres de Massive Attack. Sorti au début des années 1990, <em>Blue Lines</em> est un immense succès qui propulse le groupe sur le devant de la scène et fait de Tricky une star… un statut qu’il a passé sa vie à rejeter, comme le montre bien Florine Delcourt. <em>Tricky, antistar superstar</em> porte bien son nom : même si Adrian Thaws a connu un immense succès, il a toujours rejeté le système qui a fait de lui une star et systématiquement valorisé sa liberté. Je dois dire que j’ignorais absolument tout de la carrière de Tricky au-delà de <em>Maxinquaye</em>, qui ressemble fort à un prolongement de son travail avec Massive Attack. En lisant cet essai, j’ai compris en partie pourquoi : il a passé sa vie à passer d’un label à un autre, à se fâcher avec ses soutiens et ses fans, à surprendre avec de nouvelles idées ou l’exploration d’autres genres.</p>
<p>À cet égard, le travail de Florine Delcourt m’a donné envie d’en découvrir plus sur Tricky. Sa carrière reste assez chaotique d’après ce que j’ai pu comprendre, mais j’essaierai d’écouter quelques albums au-delà des années 1990 et au-delà du trip-hop. Que vous soyez fan de Tricky ou que ce nom ne vous dise rien, <em>Tricky, antistar superstar</em> est en tout cas une lecture que je recommande sans hésiter.</p>
]]></description></item><item><title>Yellowjackets, Showtime (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/yellowjackets-showtime-saison-2/</link><pubDate>Fri, 23 Jun 2023 21:15:18 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/yellowjackets-showtime-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/yellowjackets-showtime-saison-2/yellowjackets-2.jpg">
        <p>La <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/yellowjackets-showtime/">première saison</a> de <em>Yellowjackets</em> avait marqué les esprits, à la fois avec son histoire de survivantes dans une forêt isolée qui ont recours au cannibalisme pour survivre et à la fois par sa réalisation soignée. L’épais mystère qui entoure l’ensemble se prêtait bien à une suite et sans trop de surprise, Showtime a commandé une deuxième et même une troisième saison. Après avoir frappé fort, il faut maintenir la distance et la bonne nouvelle, c’est que ces neuf nouveaux épisodes sont dans la continuité des précédents, toujours aussi bien réalisés, toujours aussi intenses et portés par une aura de mystère encore plus dense. Je ne sais pas si Ashley Lyle et Bart Nickerson pourront tenir sur la durée, mais je recommande cette suite encore plus frappée.</p>
<p>Même s’il y a eu quelques éclaircissements dans la première saison, <em>Yellowjackets</em> évite soigneusement de tout expliquer. C’est très bien ainsi, l’explication sur « la forêt » (c’est sans doute mieux en version originale : « <em>the wilderness</em> ») est probablement sans grand intérêt et en attendant, le spectateur peut spéculer. Dans cette nouvelle saison, on continue d’avancer sur les deux chronologies en parallèle, à la fois pour découvrir ce qui s’est passé dans la forêt après l’accident dans les années 1990 et pour suivre ce qui se déroule dans le présent. Il faut dire que le dispositif, même s’il n’est pas franchement original, fonctionne bien et offre l’opportunité aux scénaristes de faire monter la sauce, sans trop en dire. On sent bien qu’il s’agit désormais de durer, mais je n’ai jamais trouvé le temps trop long dans cette deuxième saison, surtout grâce à l’intrigue dans le présent. Melanie Lynskey est épatante comme toujours dans le rôle de Shauna, mais je retiendrai surtout Christina Ricci, époustouflante dans celui de Misty. Il faut d’ailleurs saluer le travail sur les paires d’actrices et en l’occurrence Sammi Hanratty qui incarne la version adolescente est un choix parfait, proche physiquement et surtout avec un jeu similaire dans la folie. Une vraie réussite.</p>
<p>Maintenant que Showtime a renouvelé sa série pour une troisième saison, il reste à espérer que <em>Yellowjackets</em> aura encore de quoi tenir la distance. Sans rien révéler d’important, la séquence dans le passé se termine par une catastrophe qui va bouleverser tout l’équilibre déjà précaire qui était en place et j’ai hâte de découvrir ce que les scénaristes ont en tête pour la suite.</p>
]]></description></item><item><title>The Big Door Prize, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/big-door-prize-apple-tv+/</link><pubDate>Thu, 22 Jun 2023 22:05:59 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/big-door-prize-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/big-door-prize-apple-tv&#43;/big-door-prize.jpeg">
        <p>Un jour, une étrange machine fait son apparition dans un commerce de la petite ville tranquille de Deerfield. Décorée de papillons bleus, cette machine « Morpho » demande un numéro de sécurité sociale ainsi qu’un scan des empreintes digitales et révèle en échange le véritable potentiel de vie pour chaque utilisateur. C’est le point de départ de <em>The Big Door Prize</em>, dont la première saison construit progressivement tout un univers de plus en plus déjanté autour de cette machine et de tous ses effets sur la population. Adaptée d’un roman de M.O. Walsh qui porte le même nom, cette création portée par Apple TV+ cache bien son jeu. L’idée initiale est assez simple, à tel point que je me suis demandé si la série pouvait tenir la distance. Les potentiels bouleversent le quotidien de tous les habitants, soit parce qu’ils réalisent alors qu’ils pourraient mener une vie différente, soit parce qu’ils pensent avoir atteint tout leur potentiel. Dans les deux cas, c’est une remise en cause profonde qui interrompt brutalement carrières et couples et la petite ville est rapidement sens dessus dessous.</p>
<p>Pour tenir la distance avec une telle base, il fallait de bons personnages et David West Read y parvient avec brio. Même s’il y a quelques originaux dans le lot — mention spéciale à Giorgio, impressionnant de ringardise dégoulinante —, le scénario préfère prendre le temps de construire des personnages attachants et surtout avec une bonne épaisseur psychologique, que l’on a le sentiment de connaître au bout de dix épisodes tout en continuant à nous surprendre. Dans le rôle principal, j’étais curieux de retrouver <del>Roy</del> Chris O’Dowd de <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/it-crowd-channel-4/"><em>The IT Crowd</em></a> et c’est un excellent pari. Il est parfait pour interpréter le professeur en pleine crise de milieu de vie, si heureux et naïf dans le pilote et si bouleversé par les révélations de la machine. <em>The Big Door Prize</em> construit ses personnages épisode après épisode, tout comme il construit son suspense. La première saison s’arrête sur une nouvelle étape, sans répondre pour autant à toutes les questions encore en suspens. C’est malin, à la fois car j’ai maintenant hâte de voir la suite — une saison 2 a d’ores et déjà été tournée — et peut-être aussi car le plus important n’est sans doute pas de comprendre ce qui se passe. Le clou du spectacle ne seront probablement pas les révélations sur la Morpho, mais bien les évolutions des personnages et toutes les intrigues secondaires associées.</p>
<p><em>The Big Door Prize</em> n’est peut-être pas la série la plus connue d’Apple TV+, mais elle mériterait de gagner à l’être davantage. Plus elle avançait et plus cette première saison m’a convaincue, avec une qualité qui n’a jamais cessé de monter. Je ne sais pas si la suite sera aussi bonne, mais je recommande sans hésiter ces dix épisodes.</p>
]]></description></item><item><title>Avatar, James Cameron</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/avatar-cameron/</link><pubDate>Sun, 18 Jun 2023 21:40:42 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/avatar-cameron/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/avatar-cameron/avatar.jpg">
        <p>Puisqu’il s’est écoulé treize ans entre la sortie initiale d’<em>Avatar</em> et sa première suite et puisque je ne l’avais pas revu depuis des années, ce qui va peut-être devenir la grande saga de James Cameron méritait bien d’être reprise depuis le début. De ma vision sur grand écran, je <a href="https://voiretmanger.fr/avatar-cameron/">gardais en mémoire</a> un univers visuellement époustouflant et une histoire fort banale. Revoir <em>Avatar</em> en 2023, c’est d’abord réaliser que le film a pris un gros coup de vieux sur le plan technique. Ce qui ressemblait alors à un univers entièrement créé à l’ordinateur particulièrement convaincant n’est plus aujourd’hui qu’un jeu vidéo ou un Pixar d’il y a quelques années. J’ai été frappé sur la version 4K que l’on a désormais à disposition à quel point Pandora est statique. Les feuilles sont immobiles sur les arbres, sauf si l’action le demande explicitement. Les nuages sont statiques et l’eau évolue de manière simpliste. Pire, les personnages principaux ressemblent à des marionettes en plastique, avec des expressions faciales correctes, mais un réalisme défaillant notamment sur la peau.</p>
<p>Je n’ai pas encore vu <em>Avatar : la voie de l’eau</em>, mais il ne fait aucun doute que James Cameron aura considérablement amélioré la partie technique. Les progrès réalisés en un petit peu plus d’une décennie ont été spectaculaires et j’imagine que l’on découvrira Pandora et ses Na’vi avec un photoréalisme inatteignable pour le premier volet. Cela dit, j’ai aussi trouvé en revoyant <em>Avatar</em> que l’histoire était moins simpliste que dans mon souvenir. Ce n’est pas le récit le plus original qui soit non plus, certes. Néanmoins, le réalisateur manie ses mythes fondateurs avec talent et son savoir-faire pour raconter des histoires fonctionne à plein. Même si le long-métrage est fort long, il est aussi dense et l’introduction, en particulier, est remarquable par sa capacité à apporter toutes les informations en peu de plans. La découverte de l’univers de Pandora est tout aussi bien menée et même si l’arc narratif de Jake est connu d’avance, force est de constater que le récit est prenant jusqu’au bout. Sachant qu’une suite existe, j’était aussi agréablement surpris de redécouvrir que les personnages principaux ne s’en sortent pas tous, une idée qui s’est trop souvent perdue depuis. Savoir tuer ses personnages est important pour ajouter de la crédibilité à son intrigue et James Cameron n’a pas failli sur ce point. Quelques détails m’avaient aussi complètement échappé lors de mes premières visions et tout particulièrement l’analogie visuelle évidente entre la chute de l’arbre et le 11 septembre. Une chute causée par le capitalisme à outrance aidé par une armée toute puissante, voilà qui ajoute une profondeur inattendue à l’ensemble.</p>
<p>Après avoir revu <em>Avatar</em>, j’ai encore un petit peu du mal à comprendre comment le film pourrait mener à une saga riche et intéressante sur cinq volets. Le <a href="https://nicolasfurno.fr/film/avatar-voie-eau-cameron/">deuxième film</a> apportera sans doute quelques réponses. Il y aurait évidemment des parallèles à faire entre les attaques contre Pandora et le dérèglement climatique que notre propre planète connaît trop bien, mais n’est-ce pas retomber dans le même conflit décrit dans le premier long-métrage ? Me voilà bien curieux.</p>
]]></description></item><item><title>La Diplomate, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/diplomate-netflix/</link><pubDate>Sat, 17 Jun 2023 21:31:22 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/diplomate-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/diplomate-netflix/diplomate.jpg">
        <p><em>La Diplomate</em> nous plonge dans la diplomatie internationale, version thriller américain. Sa créatrice donne une bonne idée de ce qu’il faut attendre : Debora Cahn a commencé sa carrière en écrivant et produisant pour <em>À la Maison-Blanche</em> et elle a aussi écrit travaillé pour <a href="https://voiretmanger.fr/homeland-gordon-gansa-raff-showtime/"><em>Homeland</em></a> — et <em>Grey’s Anatomy</em>, dans un tout autre registre. La série portée par Netflix est à l’intersection entre la politique, avec les machinations habituelles des deux côtés de l’Atlantique pour garder sa place ou dégager un adversaire, et l’espionnage international, entre les États-Unis et ses alliés et les ennemis habituels, Russie en tête. Rien de révolutionnaire, mais cet assemblage fonctionne bien pour cette première saison, surtout grâce au talent de l’actrice principale. Keri Russell excelle pour incarner Kate Wyler, nommée ambassadrice américaine au Royaume-Uni avec l’espoir d’en faire une future vice-présidente américaine. J’imagine que c’est une pure coïncidence, mais elle m’a souvent évoqué Carrie de <em>Homeland</em>, avec un jeu et même une manière de parler assez proches. J’ai en tout cas retrouvé sa ferveur et la série vaut le détour rien que pour elle.</p>
<p>Même si c’est outrancier d’un bout à l’autre, évidemment, <em>La Diplomate</em> est un divertissement solide. Personne n’imagine que la diplomatie se déroule ainsi, mais voir le Président des États-Unis et le Premier ministre britannique représentés comme des gamins qu’il faut maîtriser tant bien que mal dans les coulisses est assez réjouissant. Et puis, les scénaristes intègrent astucieusement notre actualité, si bien que la série de Netflix semble parfaitement à son aise dans notre réalité. Les huit épisodes se regardent avec grand plaisir et le final explosif donne envie d’en voir plus. Cela tombe bien, le service de streaming a commandé une deuxième saison et j’ai hâte de voir ce qu’elle nous réserve. D’ici là, je recommande <em>La Diplomate</em>, sauf si vous en attendez une leçon sérieuse sur la diplomatie internationale bien entendu.</p>
]]></description></item><item><title>The Days, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/days-netflix/</link><pubDate>Sun, 11 Jun 2023 22:05:31 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/days-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/days-netflix/days.jpg">
        <p><em>The Days</em>, c’est <a href="https://voiretmanger.fr/chernobyl-mazin-hbo/"><em>Chernobyl</em></a> version Fukushima. Cette série pour Netflix se penche sur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Accident_nucl%C3%A9aire_de_Fukushima">l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima</a> qui a eu lieu après le tsunami du 11 mars 2011. Quasiment heure par heure, en tout cas jour par jour, les huit épisodes détaillent au mieux le déroulé de l’incident, à partir du séisme d’une magnitude de 9,1 jusqu’à la stabilisation des quatre réacteurs nucléaires, sauvant in-extremis le monde d’une catastrophe bien plus grave qu’à Tchernobyl. Par rapport à la centrale nucléaire soviétique, toute la lumière n’a pas encore été faite sur l’accident japonais, mais on a une idée générale assez précise. Jun Masumoto a construit sa série sur trois livres, dont celui écrit par Masao Yoshida, le directeur de la centrale qui est parvenu à garder le contrôle pendant plusieurs jours éreintants. C’est aussi lui, ou plutôt son personnage interprété par Koji Yakusho, qui est aussi le héros de cette version adaptée pour la fiction, même si elle reste assez fidèle aux faits tels qu’on les connaît.</p>
<p>Vu depuis la France, l’événement m’avait semblé bien plus rapide qu’il ne l’était en réalité. Je ne me rappelais pas que les gestionnaires de la centrale nucléaire ont lutté pendant plusieurs dizaines d’heure face à une situation qui s’est rapidement aggravée. Lors du séisme initial, Fukushima s’arrête automatiquement comme le veut la procédure et le premier choc n’endommage rien de façon irrémédiable. Après tout, la zone est sismique et les infrastructures ont été pensées pour tenir face à des séismes et même des tsunamis. Mais la vague de 15 mètres qui frappe les lieux moins d’une heure plus tard est deux fois plus haute que ce que les concepteurs de l’usine avaient prévu. L’eau envahit les quatre réacteurs au niveau de la mer et surtout toutes les génératrices au diesel qui se chargeaient alors de maintenir le combustible nucléaire à une température acceptable. Brutalement, tout s’arrête et l’emballement est à prévoir : si la matière nucléaire n’est plus activement refroidie, la température peut atteindre à terme 3 000° C et détruire le réacteur et des immenses infrastructures, provoquant des radiations à un niveau jamais vu. Le scénario du pire, dans le cas de l’explosion d’un réacteur qui entraînerait dans sa chute tous les autres de l’usine, prévoyait une zone de 250 km autour de Fukushima où la vie serait impossible. Cela aurait coupé le Japon en deux, rayé Tokyo de la carte et forcé 50 millions de personnes à déménager.</p>
<p>Fort heureusement, cette catastrophe n’est jamais arrivée. <em>The Days</em> sait maintenir la tension d’un bout à l’autre et nous faire intimement ressentir qu’on n’est pas passé loin. Les huit épisodes sont tous intenses, avec de multiples moments haletants et en même temps, assez lents. Même s’il y a quelques séquences qui auraient gagné à être raccourcies un petit peu, j’ai apprécié cette manière de procéder, en prenant le temps d’expliquer ce qui se passe et en faisant une place importante aux personnes et notamment à l’un des ouvriers morts suite au tsunami. L’accident de Fukushima a finalement été responsable de peu de morts et la série accorde du temps à l’un d’eux, un jeune de 21 ans dont on suit la famille au fil des épisodes. De manière générale, la création de Netflix laisse de la place pour les employés<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> de l’usine qui ont travaillé sans relâche pour éviter le pire, sans épargner les dirigeants de l’entreprise et du gouvernement qui n’ont pas toujours réagi de la meilleure manière. Et même si, comme pour <em>Chernobyl</em> d’ailleurs, <em>The Days</em> va forcément alimenter la peur du nucléaire, j’ai trouvé le message final positif. Ce que critique le directeur de l’usine, ce n’est pas tant le nucléaire que la croissance sans limite de l’homme, quitte à détruire des écosystèmes entiers. Maintenant que la vie humaine y est impossible, la nature a repris ses droits à Fukushima, même s’il faudra encore plusieurs décennies pour finir de démanteler et nettoyer le site.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Des employés au masculin, exclusivement. J’ai été frappé de constater qu’il n’y avait pas une seule actrice dans <em>The Days</em>, sauf des rôles si secondaires qu’il s’agit presque de figurantes. Je ne sais pas si c’est le machisme de la série ou de la société japonaise, mais c’est effarant.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Les Gouttes de Dieu, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/gouttes-dieu-apple-tv+/</link><pubDate>Wed, 07 Jun 2023 22:11:41 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/gouttes-dieu-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/gouttes-dieu-apple-tv&#43;/gouttes-dieu.jpeg">
        <p><em>Les Gouttes de Dieu</em> est un manga japonais sur le monde… du vin. Une combinaison intrigante qui m’a tout de suite donné envie de voir cette adaptation proposée par Apple TV+, mais qui était à l’origine un projet de France Télévision. Ce qui explique plusieurs choix importants et pas seulement la présence d’une large gamme de produits sans pomme<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> : de manière plus profonde, la version télévisée créée par Quoc Dang Tran est nippo-française, là où le manga original était strictement japonaise. Le concept de base est toujours le même : un affrontement entre deux personnes pour obtenir l’héritage d’un œnologue légendaire et notamment son immense cave de plus de 80 000 bouteilles et 150 millions de dollars. Dans la série, Issei est un élève d’Alexandre Léger et il affronte Camille Léger, la fille du maître dans une série de trois épreuves successives. La première consiste à identifier un vin dégusté à l’aveugle, ce qui est assez classique dans le monde de l’œnologie. La suite se corse toutefois avec un tableau qui est censé évoquer un tableau et surtout, cet incroyable duel devient de plus en plus personnel pour les deux candidats.</p>
<p>On sent assez bien l’origine du manga, même si <em>Les Gouttes de Dieu</em> s’en éloigne nettement, notamment en réduisant le nombre d’épreuves de 12 (!) à seulement trois. Malgré tout, le principe même du duel, quelques péripéties un petit peu exagérées ou encore ce côté très didactique tant dans le descriptif des épreuves que dans les explications sur le vin. Tant mieux pour ceux qui découvrent cet univers riche et complexe, j’ai trouvé cela un petit peu lourd ici ou là, même si je dois reconnaître que les scénaristes ont réussi à alléger au maximum. Dans l’ensemble, les huit épisodes de la saison se regardent avec plaisir, le duel est captivant et les personnages intéressants. Je ne vais rien dévoiler d’important, car il y a quelques surprises ici ou là et elles sont bien amenées et permettent de maintenir un bon niveau de tension. <em>Les Gouttes de Dieu</em> fait par ailleurs l’effort d’utiliser correctement les langues des personnages, entre français<sup id="fnref:2"><a href="#fn:2" class="footnote-ref" role="doc-noteref">2</a></sup>, anglais et japonais. Les acteurs sont tous bons, notamment Fleur Greffier et Tomohisa Yamashita dans les deux rôles principaux, et la réalisation est bien menée, avec un budget conséquent et des tournages réalisés à chaque fois dans les vrais lieux, ce qui apporte beaucoup à la série. En bref, même si je pourrais chipoter ici ou là, j’ai beaucoup aimé cette série Apple TV+.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>C’est bien la première série Apple TV+ qui ne met pas avant des iPhone et des Mac, mais des appareils Android et surtout la gamme Surface. Quand on sait l’appétit de Microsoft pour placer ses produits dans les séries télévisées, on se doute que des accords de financement ont eu lieu avant la participation d’Apple, qui est apparemment arrivée <a href="https://www.cnc.fr/series-tv/actualites/les-gouttes-de-dieu---les-coulisses-de-la-serie-racontees-par-son-createur_1917654">assez tardivement dans le projet</a>.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
<li id="fn:2">
<p>Inutilement sous-titré en français d’ailleurs, bizarre…&#160;<a href="#fnref:2" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Trinkets, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/trinkets-netflix/</link><pubDate>Tue, 06 Jun 2023 21:45:39 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/trinkets-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/trinkets-netflix/trinkets.jpg">
        <p><em>Trinkets</em> est une énième série adaptée d’un roman pour ados qui raconte le quotidien de lycéens et leurs problèmes aux États-Unis, c’est vrai. Mais il serait injuste de s’arrêter là et de ne pas lui donner une chance. Créée par Amy Andelson, Emily Meyer et surtout Kirsten &ldquo;Kiwi&rdquo; Smith qui était l’autrice du roman, cette série parvient à créer des personnages riches et attachants qui lui donne une vraie existence, loin du cliché des scénarios écrits par des algorithmes. La création de Netflix parvient même à sortir du lot avec un thème inattendu, puisqu’il n’est pas seulement question d’amitiés et amours entre adolescents, l’un des sujets au cœur des deux saisons est la kleptomanie. Les babioles, « <em>trinkets</em> » en version originale, collectées par la personnage principale permettent d’évoquer cette addiction moins connue et pourtant tout aussi destructrice.</p>
<p>Elodie, Moe et Tabitha deviennent amies lorsqu’elles se retrouvent dans la même réunion des kleptomanes anonymes après le lycée. La première a commencé à voler des produits un petit peu au hasard suite à la mort de sa mère et c’est à chaque fois lorsqu’elle se sent en forte détresse que l’envie de piquer ici un bijou ou un vêtement, là un paquet de biscuits apéro ou n’importe quoi d’autre. L’objectif n’est pas d’obtenir un élément qui lui serait inaccessible par ailleurs, <em>Trinkets</em> insiste bien sur le fait que tous ses personnages sont sans difficultés financières, voire carrément aisés, et que l’argent n’est pas la motivation. Le vol est une addiction, une manière comme une autre qu’à son cerveau d’obtenir une dose de dopamine et de compenser son mal-être. C’est intéressant de découvrir ce monde et cela rend ces personnages plus attachants de base. Ce qui ne suffit pas toutefois à créer des personnages complexes et réalistes, mais de ce côté aussi, c’est un sans faute. En deux saisons et vingt épisodes, les scénaristes parviennent à créer un trio féminin solide dont on suit les aventures avec plaisir. Chaque personnage est différent, même si elles ont des points communs, et j’ai en particulier beaucoup apprécié le parcours d’Elodie, qui découvre l’amour avec deux autres jeunes femmes.</p>
<p>Les créatrices de <em>Trinkets</em> ont eu la chance de pouvoir offrir une vraie conclusion et une fin solide à leur série, mais j’étais malgré tout un petit peu triste. J’ai commencé la création de Netflix en pensant découvrir une histoire sans grand intérêt de plus, mais je me suis rapidement attaché et j’aurais aimé en voir davantage. À défaut, je recommande ces deux saisons attachantes.</p>
]]></description></item><item><title>El Silencio, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/silencio-netflix/</link><pubDate>Fri, 02 Jun 2023 21:55:42 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/silencio-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/silencio-netflix/el-silencio.jpg">
        <p><em>El Silencio</em> promet beaucoup dans le premier épisode. Cette nouvelle série espagnole pour Netflix imagine la remise en liberté de Sergio, après six ans en détention pour le meurtre de ses deux parents quand il était encore mineur. Pendant cette durée, il n’a jamais rien dit, n’a jamais expliqué ou justifié ses actes pendant l’enquête puis le procès. Il a été condamné sur la base des preuves physiques, mais sans certitude réelle quant à sa culpabilité. Six ans plus tard donc, une psychiatre obtient les autorisations pour une mission un peu folle : des caméras sont installées dans l’appartement familial où Sergio revient habiter et une équipe surveille en permanence ses moindres faits et gestes. Avec l’espoir de déterminer s’il représente une menace pour la société et, peut-être, l’innocenter.</p>
<p>La promesse est là, mais passé le pilote, la série créée par Aitor Gabilondo patine vite. Il faut dire que le dispositif imaginé pour espionner Sergio à son insu est déjà assez difficile à avaler, mais le scénario multiplie les incohérences et coïncidences faciles. Je ne vais pas révéler les quelques rebondissements qui débarquent sur la fin, mais disons qu’<em>El Silencio</em> aime bien essayer de créer la surprise en permanence, quitte à toujours en faire un petit peu trop. À trop chercher à surprendre le spectateur, les six épisodes finissent par l’ennuyer et les deux derniers sont en particulier assez ratés. La crédibilité manque constamment et même si les acteurs sont tous corrects, les situations et personnages manquent de subtilité. J’ai bien aimé la toute fin avec l’aura de doute sur ce qui s’est déroulé, c’est assez bien trouvé, mais tout ce qui précède manque précisément de cette finesse. À bien des égards, <em>El Silencio</em> m’a rappelé <a href="https://voiretmanger.fr/casa-papel-pina-antena-3/"><em>La Casa de papel</em></a> ou même <a href="https://voiretmanger.fr/elite-madrona-montero-netflix/"><em>Élite</em></a> — et pas seulement parce qu’Arón Piper et Manu Rios y ont un rôle, hélas hétéro — dans cette manière de raconter une histoire en exagérant tous ses aspects. Est-ce une différence culturelle espagnole ou le style des séries Netflix locales ? Quoi qu’il en soit, je ne suis pas fan.</p>
]]></description></item><item><title>Américain de Chine, Disney+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/americain-chine-disney+/</link><pubDate>Tue, 30 May 2023 21:45:24 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/americain-chine-disney+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/americain-chine-disney&#43;/americain-de-chine.jpeg">
        <p><em>Américain de Chine</em> est l’adaptation pour Disney+ d’un roman graphique éponyme paru dans les années 2000 et qui était lui-même inspiré par un roman traditionnel chinois de la fin du XVI<sup>e</sup> siècle, rien que ça. L’idée de base est de mêler deux cultures, la mythologie fantastique chinoise traditionnelle d’un côté et l’<em>American way of life</em> de l’autre. Le résultat est un mix étonnamment équilibré. D’une part, la série pour ados comme on en a vu des dizaines, avec un personnage principal au lycée qui a tous les problèmes classiques, entre reconnaissance de ses pairs et histoires d’amour. D’autre part, une histoire de roi singe, un bâton doré, un démon taureau et bien d’autres éléments mythologiques qui sont totalement étrangers à notre culture et en même temps assez familiers. À la frontière des deux mondes, un adolescent sino-américain, issu de la première immigration, mais qui sait à peine parler chinois et qui tente de vivre la vie américaine la plus caricaturale possible en jouant dans l’équipe de foot de son lycée. L’air de rien, la série créée par Kelvin Yu est politique.</p>
<p>Elle ne l’est pas directement, on est chez Disney quand même. Ne vous attendez pas à un discours explicite contre le racisme ambiant aux États-Unis, même si <em>Américain de Chine</em> n’est pas très loin. Notamment grâce à ce personnage secondaire, un autre sino-américain qui s’est fait connaître dans les années 1990 avec une sitcom qui l’a rendu populaire avec une vision caricaturale et ridicule de son identité. J’étais agréablement surpris de retrouver cet arc et de le voir porté aussi loin, même si cela se fait maladroitement dans l’une des scènes post-génériques<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, mais je ne m’attendais pas à un tel discours. Au fond, Disney+ pervertit le modèle traditionnel en introduisant cette autre culture et fusionne les deux avec une habilité assez remarquable. Certes, la première saison part dans tous les sens, n’évite jamais une bonne dose de ridicule et peut parfois abuser de ses effets. Mais j’ai trouvé l’ensemble généreux et dans l’ensemble séduisant. J’espère que le service de streaming permettra à cette création résolument à part de poursuivre sur une deuxième saison, je suis sûr qu’il y aurait encore beaucoup à dire sur le racisme ambiant aux États-Unis, notamment à l’encontre des sino-américains.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Disney+ reste toujours bizarrement attaché à l’ancien monde, avec une diffusion à la semaine des épisodes de ses séries. Si bien qu’il y a encore des séquences post-génériques qu’on peut aisément louper si on ne fait pas attention et qui peuvent pourtant être importantes. Soupir.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Resound NYC, Moby</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/resound-nyc-moby/</link><pubDate>Mon, 29 May 2023 21:45:17 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/resound-nyc-moby/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/resound-nyc-moby/Moby-Resound-NYC.jpg">
        <p>C’est la deuxième fois que Moby revient sur sa carrière avec un orchestre symphonique. Deux ans après <em>Reprise</em> qui ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable, <em>Resound NYC</em> reprend le même concept, à savoir une collection de morceaux réinventés avec un orchestre pour former un album diffusé par la mythique Deutsche Grammophon. L’idée de remplacer les synthétiseurs par les instruments d’un orchestre au grand complet est au fond assez logique, puisque l’instrument numérique peut servir à simuler les sons d’un ensemble de violons, par exemple. Néanmoins, l’artiste américain ne s’est pas contenté de reprendre ses titres enregistrés dans les années 2000 à New-York pour les reproduire à l’identique avec un orchestre, <em>Resound NYC</em> est bien plus original, et donc intéressant, que cela.</p>
<p>Le titre qui ouvre l’album, « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=0d9cr46fhF4"><em>In My Heart ft. Gregory Porter (Resound NYC Version)</em></a> », commence néanmoins comme une relecture amplifiée par l’orchestre au grand complet. Même s’il y a indéniablement des variations par rapport au titre tel qu’il est apparu il y a plus de vingt ans — désolé pour le coup de vieux… — sur <em>18</em>, on reste sur le même registre général et la boîte à rythme est toujours là. Ce qui m’a laissé un sentiment mitigé à la première écoute, sur le thème « à quoi bon ? ». Par endroits, j’avais du mal à entendre l’orchestre et même si Gregory Porter ajoute une autre dimension, j’avais le sentiment d’écouter une version un peu retravaillée du même morceau. Néanmoins, ce sentiment disparaît au fur et à mesure que l’album avance. <em>Resound NYC</em> déploie toute sa créativité le long de ses 15 morceaux et 1h18. Prenez « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=BQpljMw2yQU"><em>South Side feat. Ricky Wilson (Resound NYC Version)</em></a> » et vous découvrirez une version radicalement différente de l’original sur <em>Play</em>. C’est non seulement différent, mais c’est en plus assez funk et bien éloigné de l’image sage que l’on se fait d’un album symphonique sous l’égide de la Deutsche Grammophon.</p>
<p>Toutes ces reprises ne m’ont pas autant convaincu, mais il y a suffisamment de perles pour recommander <em>Resound NYC</em>. À côté des tubes incontournables, dont le fameux « <em>Extreme Ways</em> » popularisé par <em>Jason Bourne</em>, on retrouve aussi d’autres titres moins connus et une ambiance musicale qui varie constamment. C’est ce qui m’a le plus surpris au bout du compte, l’orchestre n’est pas toujours utilisé et Moby emprunte des chemins différents pour chaque morceau. Il faut dire que l’artiste ne s’est jamais limité à un seul genre et cet album de reprises semble un moyen pour lui d’ouvrir encore davantage son univers. Prenez « <em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=xx3vynQd_p4">Walk With Me ft. Lady Blackbird (Resound NYC Version)</a></em> » qui termine l’album tout en douceur et en même temps avec une belle intensité. C’est aussi une version très différente de celle proposée à l’origine sur <em>Wait For Me</em> et si l’orchestre se fait plus discret, il est bien là et apporte une chaleur supplémentaire par rapport au synthé. Sans doute une des plus belles reprises de l’album.</p>
]]></description></item><item><title>Trois mille ans à t’attendre, George Miller</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/trois-mille-ans-attendre-miller/</link><pubDate>Sun, 28 May 2023 21:31:41 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/trois-mille-ans-attendre-miller/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/trois-mille-ans-attendre-miller/trois-mille-ans-attendre.jpeg">
        <p>George Miller présente <em>Trois mille ans à t’attendre</em> comme un « anti-<a href="https://voiretmanger.fr/saga/mad-max/"><em>Mad Max</em></a> » et à cet égard, il a réussi son coup. Pour son dernier film, le cinéaste australien a imaginé une romance fantastique autour des légendes orientales et en particulier des djinns, ces génies coincés dans des flacons. Après le spectaculaire et excellent <em><a href="https://voiretmanger.fr/mad-max-fury-road-miller/">Mad Max: Fury Road</a></em>, j’étais fort curieux de découvrir cela et plutôt déçu par le résultat. Si l’idée de mêler réalité et fantastique est bonne, avec une maîtrise formelle indéniable — mais qui en douterait encore de la part de George Miller ? —, le fond m’a semblé banal et même vieillot. J’imagine que le scénario se veut féministe, mais aussi nombreuses soient-elles, ces femmes semblent toutes au service ou du moins fortement liées à un génie tout à fait masculin. Et que dire du personnage principal, présenté comme une vieille fille triste et solitaire jusqu’à sa rencontre avec le génie qui illumine sa vie ?</p>
<p>Même en oubliant cette vision assez datée et très hétéronormée des relations amoureuses, <em>Trois mille ans à t’attendre</em> m’a globalement ennuyé. Le film est bavard, avec l’essentiel de l’action qui se déroule entre les murs d’une chambre d’hôtels et uniquement des <em>flashbacks</em> pour en sortir brièvement ici ou là. Et surtout, je n’ai jamais été surpris : le scénario insiste si lourdement sur la solitude du personnage principal que j’ai vu venir l’histoire d’amour dès l’apparition du génie. L’intrigue semble comme sur des rails et même la fin ne m’a pas étonné plus que cela, c’est la plus logique et je l’envisageais bien en amont. Tilda Swinton a beau être Tilda Swinton, elle n’a pas suffi pour moi à inverser la tendance. Heureusement que le long-métrage reste assez court, mais même alors, je ne le conseille pas spécialement.</p>
]]></description></item><item><title>Y : Le dernier homme, FX</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/y-dernier-homme-fx/</link><pubDate>Fri, 26 May 2023 21:35:39 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/y-dernier-homme-fx/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/y-dernier-homme-fx/y-dernier-homme.jpg">
        <p>J’ai regardé <em>Y : Le dernier homme</em> bien après sa diffusion initiale, mais fidèle à mon habitude, je n’avais rien lu à son sujet avant de commencer. Si bien que j’ignorais que FX avait décidé d’annuler la série avant même la fin de la diffusion de la première saison. J’aurais sans doute choisi de ne même pas regarder ces dix premiers épisodes si j’avais su et il me semble difficile de recommander cette adaptation d’un comic par 	Eliza Clark sachant cela. Et pourtant, je ne suis pas mécontent d’avoir regardé cette série post-apocalyptique originale par son point de départ : un beau jour, tous les porteurs du chromosome Y meurent sur terre. Tous les mâles, humains comme animaux, disparaissent brutalement et avec la moitié de la population en moins, c’est un nouveau monde dévasté et sur le point de s’éteindre qui débute. Seul Yorick semble avoir survécu et <em>Y : Le dernier homme</em> suit son parcours à travers les États-Unis, vers un laboratoire qui pourrait tenter de comprendre pourquoi lui a survécu et peut-être sauver l’humanité.</p>
<p>Les dystopies basées sur des apocalypses ne manquent pas et le genre semble inépuisable. Le comic créé par Brian K. Vaughan and Pia Guerra imagine toutefois une idée originale : certes, une maladie décime la société, mais en visant uniquement les hommes et les femmes trans. Dans notre société masculine, l’élimination de tous les porteurs du chromosome Y a des conséquences particulièrement dévastatrices, comme le montre bien la série. <em>Y : Le Dernier homme</em> suit quelques personnages clés, dont les femmes à la tête de l’État américain qui se retrouvent bien démunies quand le président meurt, son vice-président aussi et la majorité de la tête des États-Unis. C’est une simple députée qui devient la plus haut placée et qui prend le pouvoir, mais le vide créé par tous ces hommes morts du jour au lendemain est flagrant. On retrouve cette idée dans toute la saison, avec en parallèle une autre encore plus forte. Même si les hommes étaient omniprésents et avaient les rôles les plus importants, ils sont aisément remplacés par des femmes et semblent tous superflus. Est-ce message jugé trop violent par la moitié de la population actuelle qui a condamné la série ? Ou alors la représentation inclusive parfaite, avec les hommes trans qui ont logiquement survécu puisqu’ils n’ont pas de chromosome Y et qui sont bien représentés par la saison, en a-t-elle énervé quelques-uns ? À moins que la vision des républicaines, toujours viscéralement attachées à la domination masculine, ait trop déplu aux principaux concernés ?</p>
<p>Quoi qu’il en soit, j’ai bien apprécié ces traitements justes et cette vision du monde, certes dévastée par la catastrophe, mais qui se construit malgré tout en oubliant les hommes. Tout n’est pas parfait pour autant et la première saison souffre de quelques incohérences, justement avec la transsexualité. Pourquoi est-ce que le personnage de Yorick est identifié instantanément comme un homme, alors que les hommes trans peuvent évoluer tranquillement à côté ? Le scénario tombe à plusieurs reprises dans ce piège, qui facilite l’avancée de l’intrigue au détriment du réalisme. On pourrait aussi évoquer quelques facilités du genre, des personnages principaux qui semblent immortels face à d’autres qui disparaissent aisément, mais enfin : dans l’ensemble, <em>Y : Le dernier homme</em> m’a beaucoup plus, justement par le réalisme global. L’univers entièrement féminin est bien rendu, l’histoire tire correctement les conséquences de la disparition des hommes et on s’attache aux personnages principaux. Dès lors, cette annulation est vraiment dommage, d’autant que le dernier épisode se termine sur une fin prometteuse, qui laisse espérer quelques rebondissements intéressants. On n’en verra pas plus et je trouve cela bien triste.</p>
]]></description></item><item><title>La Cité invisible, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/cite-invisible-netflix/</link><pubDate>Sat, 20 May 2023 21:10:44 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/cite-invisible-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/cite-invisible-netflix/cite-invisible.jpg">
        <p>Jugée à distance, <em>La Cité invisible</em> ressemble à une énième série fantastique destinée aux ados, mais au Brésil. Pour autant, cette création de Netflix est bien plus intéressante que cela, en offrant un mélange poussé entre réalisme et mythes brésiliens. Créée par Carlos Saldanha, que j’ai surtout croisé dans des films d’animations (<a href="https://voiretmanger.fr/saga/lage-de-glace/"><em>L’Âge de Glace</em></a>, <a href="https://voiretmanger.fr/rio-saldanha/"><em>Rio</em></a>…), la série est prometteuse, sans toutefois parvenir à convaincre. La faute, je crois, avant tout à son format court, avec une première saison de sept épisodes qui en aurait bien mérité un ou deux de plus et surtout une deuxième saison de cinq épisodes où l’on ne comprend pas grand-chose et où les personnages sont à peine survolés. J’imagine que Netflix est en tort dans l’affaire et c’est bien dommage, car <em>La Cité invisible</em> aurait pu être bien plus réussie avec plus de moyens.</p>
<p>Cela étant dit, la première saison mérite le détour. Cette enquête sur fond de mythologie brésilienne et aussi de lutte pour la nature est bien menée, avec une bonne dose de suspense et surtout un goût mesuré pour les effets spéciaux, toujours un petit peu kitsch dans ce domaine. J’ai apprécié la manière dont l’histoire avance, en introduisant très progressivement le fantastique. L’histoire d’Eric, incarné par le séduisant Marco Pigossi, est par ailleurs bien menée, sur fond de deuil après la mort de sa femme. La fin est un petit peu bâclée, c’est vrai, sans doute parce qu’il a fallu compresser l’histoire prévue à l’origine en sept épisodes seulement, mais ce n’est pas suffisant pour gâcher l’ensemble. <em>La Cité invisible</em> impose ensuite un trou de deux ans, autant dans la vraie vie que dans la fiction, et part sur une toute autre base. C’est une idée intéressante, même si on a du mal à s’y retrouver avec tous ces nouveaux personnages et les nouveaux concepts introduits brutalement. Un sentiment de confusion qui s’accentue au fil des épisodes, jusqu’au final où les péripéties se multiplient assez brutalement et où le spectateur devient franchement paumé. Je ne sais pas si Netflix a prévu un avenir pour sa série brésilienne, mais si c’est le cas, j’espère que ce sera sur un format plus généreux.</p>
]]></description></item><item><title>Unstable, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/unstable-netflix/</link><pubDate>Tue, 16 May 2023 21:38:00 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/unstable-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/unstable-netflix/unstable.jpeg">
        <p><em>Unstable</em> se construit autour d’un duo père/fils interprété par un vrai duo père/fils dans la réalité. Rob Lowe est bel et bien le père de John Owen Lowe et quand on sait qu’ils ont tous deux co-créé et produit la série de Netflix avec Victor Fresco — dont j’avais beaucoup aimé la déjantée <a href="https://voiretmanger.fr/santa-clarita-diet-fresco-netflix/"><em>Santa Clarita Diet</em></a>, dans un autre genre —, on se dit qu’il doit y avoir du vécu là-dessous. Pour autant, le côté méta s’arrête là et même si le fils explique s’être inspiré de sa relation avec son père pour imaginer les personnages, <em>Unstable</em> se déroule dans un tout autre univers que celui de Hollywood. En l’occurrence, c’est une sitcom de travail assez classique, mais qui parvient à séduire par son côté déjanté et par son aptitude à ne pas trop se prendre au sérieux. Sans être la série du siècle, j’ai passé un bon moment devant la première saison et j’espère que Netflix lui offrira une suite.</p>
<p>En attendant de le savoir, ces huit premiers épisodes sont amusants, sans nécessairement être hilarants. Rob Lowe est très bon pour incarner un scientifique de génie qui dérape suite à la mort de sa femme, apportant une grande instabilité dans sa vie et son entreprise de biotech qui doit sauver le monde en créant du béton à partir du CO₂ collecté dans l’atmosphère. Son fils dans la vie est impeccable pour interpréter son fils à l’écran. Au-delà de la ressemblance physique, logiquement, les deux acteurs offrent une bonne dynamique et leur duo fonctionne pleinement dans l’opposition totale de leur personnalité. Dans les deux cas, j’ai apprécié la progression des personnages qui sortent des caricatures initiales et s’enrichissent au fil des épisodes. C’est toujours facile d’imaginer des caricatures, mais plus difficiles d’en sortir et <em>Unstable</em> y parvient assez bien, autant pour les personnages principaux que secondaires. Mention spéciale à cet égard pour Sian Clifford, inoubliable dans <a href="https://voiretmanger.fr/fleabag-waller-bridge-bbc/"><em>Fleabag</em></a>, qui offre ici une interprétation épatante dans le rôle de la responsable financière de l’entreprise.</p>
]]></description></item><item><title>Strange Horticulture</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/strange-horticulture/</link><pubDate>Mon, 15 May 2023 21:38:54 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/strange-horticulture/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/strange-horticulture/strange-horticulture.jpeg">
        <p>Vous héritez d’une boutique d’herboristerie dans une petite ville fictive et votre travail est d’identifier les plantes réclamées par vos clients. Jour après jour, vous constituez une base de connaissance de toutes les plantes présentes dans la boutique, mais vous devrez aussi explorer les environs en quête de nouvelles plantes. <em>Strange Horticulture</em> est un jeu d’exploration teinté d’enquête, avec une dose de casse-tête et un chat que vous pourrez caresser à tout moment. Un jeu avec un chat qui ronronne peut-il être mauvais ? La réponse est bien évidemment non et le titre est d’ailleurs assez divertissant, même s’il est simple et plutôt court. J’ai terminé l’histoire une première fois après à peine quatre heures et encore, en prenant mon temps. Je pourrais relancer une partie pour découvrir <a href="https://steamcommunity.com/app/1574580">une des autres fins</a> proposées par les développeurs, mais je n’en ressens pas le besoin pour le moment.</p>
<p>Quatre heures de jeu, ce n’est pas énorme bien entendu et j’imaginais peut-être que <em>Strange Horticulture</em> aurait plus à m’offrir. Tout comme j’envisageais davantage qu’un écran fixe, qui représente votre boutique, avec une section aux plantes identifiées et inconnues, une autre pour les clients et leurs demandes et pour finir une zone vers le bas qui correspond à votre bureau, où vous pouvez inspecter les plantes de près, ouvrir votre encyclopédie personnelle, consulter les divers indices à votre disposition ou encore ouvrir la carte des lieux. Cette dernière est sans doute ce qui m’a le plus satisfait, d’autant que les indices pour trouver les bons lieux sont variés et imaginatifs. L’identification des plantes est aussi plaisante, mais elle souffre de quelques défauts, à commencer par une place trop limitée et une gestion de l’espace mal pensée. J’aurais préféré pouvoir ouvrir une section différente où tout l’écran pourrait servir à afficher les plantes, ainsi que des méthodes pour les nommer et trier automatiquement une fois identifiées. En l’état, plus le jeu avance et plus leur gestion devient pénible, si bien que l’on perd plus de temps à retrouver des éléments identifiés au préalable.</p>
<p>Si l’on met de côté cette gestion un petit peu laborieuse, <em>Strange Horticulture</em> est un jeu relaxant fort plaisant. La musique de fond est se compose uniquement de quelques notes de piano jouées à un rythme lent, on a tout le temps nécessaire pour identifier une plante ou retrouver un lieu et le mécanisme de vies sous la forme d’une nouvelle énigme est bien pensé. Et puis, on peut caresser un chat à tout moment, alors que pourrait-on espérer de mieux ?</p>
]]></description></item><item><title>Hello Tomorrow!, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/hello-tomorrow-apple-tv+/</link><pubDate>Sun, 14 May 2023 21:35:25 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/hello-tomorrow-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/hello-tomorrow-apple-tv&#43;/hello-tomorrow.jpeg">
        <p><em>Hello Tomorrow!</em> m’a surtout impressionné par la qualité de l’environnement rétrofuturiste imaginé par Amit Bhalla et Lucas Jansen. Leur histoire se déroule dans une Amérique des années 1950 où les voitures lévitent au-dessus de la route — y compris à l’arrêt… —, où la Lune est habitée et où les robots sont entrés dans le quotidien. Le sens du détail déployé par la série est assez bluffant et tout est visuellement parfait, avec une cohérence interne qui force le respect. Ce monde est délicieusement absurde, avec de multiples inventions qui n’ont aucune utilité réelle, quand elles ne sont pas même carrément stupides. Cette dose d’absurdité est toutefois remarquablement maîtrisée, avec une cohérence d’ensemble qui reste impeccable. Les dix épisodes de la première saison fourmillent de petits détails délicieux et ce monde rétro-futuriste justifie selon moi à lui seul de regarder la création d’Apple TV+.</p>
<p>Si la forme est géniale, le fond est un peu en retrait. Non pas que cette histoire de père arnaqueur qui tente de tisser des liens avec le fils qu’il a abandonné une vingtaine d’années plus tôt soit mauvaise, mais le scénario <em>Hello Tomorrow!</em> est bien banal. Le format court, avec des épisodes qui tournent autour des 30 minutes, évite l’ennui et j’espère que le service de streaming d’Apple offrira à sa série l’opportunité d’une deuxième saison. Il n’en reste pas moins que les scénaristes auraient pu soigner leurs personnages autant que l’univers. J’ai plutôt bien aimé l’absurdité des personnages secondaires, même si la plupart peinent à dépasser leur caricature initiale. C’est mieux pour les deux principaux et Billy Crudup en particulier est excellent dans le rôle de l’arnaqueur, tandis que Nicholas Podany compose un fils convaincant. Si suite il y a, ce serait en tout cas un axe de progrès bienvenu, même s’il faut aussi noter que l’absurdité de l’univers colle bien avec celle des personnages.</p>
]]></description></item><item><title>Workin’ Moms, CBC Television (saison 7)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/workin-moms-cbc-television-saison-7/</link><pubDate>Sat, 13 May 2023 21:31:12 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/workin-moms-cbc-television-saison-7/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/workin-moms-cbc-television-saison-7/workin-moms-7.jpg">
        <p>L’excellente <em>Workin’ Moms</em> est de retour pour une septième et, hélas, dernière saison. J’étais un peu triste d’apprendre que les aventures de Kate Foster et de ses amies mamans n’allaient pas continuer, mais ces treize derniers épisodes ne m’ont pas déçu, bien au contraire. Jusqu’au bout, Catherine Reitman a su composer des histoires amusantes, touchantes et surtout toujours sincères avec ses mères qui doivent jongler entre vie de famille et travail. La septième saison se concentre principalement sur Kate, Anne et Sloane, avec quelques passages pour Val et Jenny. Pas de grande réunion pour conclure la série, juste des tranches de vie et une psychologie toujours aussi soignée. Et c’est bien suffisant, <em>Workin’ Moms</em> a toujours tenu grâce à cette vision drôle et réaliste en même temps de la maternité pour des femmes modernes.</p>
<p>Cette fin est d’ailleurs assez logique, car elle signe aussi l’accomplissement de la carrière de Kate, qui était au fond l’enjeu principal depuis le départ. La publiciste parvient à atteindre le sommet de sa carrière, après avoir tant sacrifié et écrasé aussi ses pairs. Un aboutissement qui ne s’est pas fait entièrement au détriment de sa famille, même si ses deux enfants sont largement absents de la saison. Et surtout, une réalisation de carrière qui ne se fait pas comme elle l’espérait, avec un ultime retournement intéressant. <em>Workin’ Moms</em> aurait pu continuer avec tous les autres personnages et j’aurais été curieux de poursuivre la route avec eux, mais cette fin n’est pas du tout indigne et après sept saisons, la série de CBC Télévision s’interrompt toujours au sommet. Un joli succès et une très belle série.</p>
]]></description></item><item><title>The Lighthouse, Robert Eggers</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/lighthouse-eggers/</link><pubDate>Fri, 12 May 2023 21:15:02 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/lighthouse-eggers/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/lighthouse-eggers/lighthouse.jpg">
        <p>Un phare paumé sur une petite île au milieu de nulle part, deux hommes et quelques mouettes, un cadre quasiment carré et une image en noir et blanc : <em>The Lighthouse</em> impose sa radicalité dès les premiers instants. Robert Eggers voulait un huis clos entre deux acteurs enfermés dans leur phare comme ils sont enfermés dans son film étriqué. Le noir et blanc contrasté et sublime apporte une ambiance particulière, un élément clé du long-métrage qui ne repose pas réellement sur une intrigue complexe, mais bien plus sur les évolutions de ses deux personnages. Sans surprise, les acteurs sont au cœur de tout et essentiels : tant Willem Dafoe que Robert Pattinson sont époustouflants dans le projet et ils donnent tout de leur personne, quitte à se recouvrir littéralement de merde. Mais est-ce qu’un beau cadre et une prestation éblouissante suffisent à faire un bon film ?</p>
<p>Chacun pourra en juger, mais je suis circonspect. Au fond, <em>The Lighthouse</em> n’est pas bien original, avec son récit de plongée au cœur de la folie et je ne peux pas dire que j’ai été particulièrement surpris par le parcours des deux personnages. Quant aux métaphores sexuelles et allusions mythologiques, je les ai trouvées bien trop appuyées par endroit. Robert Eggers cite volontiers Freud et Jung en guise d’inspiration et le résultat ressemble parfois à une version illustrée « pour les nuls ». Le phare comme symbole phallique, c’était attendu et quasiment explicite ici — <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/The_Lighthouse_(2019_film)#Psychoanalysis">il paraît</a> qu’une scène était prévue pour faire le lien entre le phare dressé sur l’île et le pénis de Robert Pattinson tout aussi droit, mais elle a été coupée au montage, hélas —, tout comme la relation père/fils qui s’instaure. Non pas que le cinéaste devait absolument proposer une œuvre originale, mais cela ressemble beaucoup à démonstration technique ou une expérience sans réel but. Quand la dernière image horrifique de <em>The Lighthouse</em> s’est effacée, ma première réaction a été : oui, et ?</p>
]]></description></item><item><title>With A Hammer, Yaeji</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/with-hammer-yaeji/</link><pubDate>Thu, 11 May 2023 21:18:13 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/with-hammer-yaeji/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/with-hammer-yaeji/with-a-hammer.jpg">
        <p>Découverte par hasard au détour de recommandations, je n’avais jusque-là jamais entendu Yaeji, une artiste américaine d’origine coréenne qui signe avec <em>With A Hammer</em> son premier album. Un marteau musical conçu pour exploser les murs de la prison construite pendant la pandémie… tout un programme, pour un résultat bien plus riche et intriguant que je l’imaginais au départ. À dire vrai, je ne sais pas exactement à quoi m’attendre, j’espérais juste ne pas me retrouver face à de la k-pop, pas du tout à mon goût, mais les 13 morceaux font bien au contraire preuve d’une grande diversité. L’ambiance change constamment, avec un rythme qui peut varier fortement d’une piste à la suivante, mais aussi un côté inclassable, conséquence d’une multiplication des genres.</p>
<p>D’un titre à l’autre, on évolue entre la pop, l’electro, le hip hop, la house, quasiment du jazz ou encore une ambiance trip-hop. <em>With a Hammer</em> ne se résume certainement pas à un seul genre et c’est bien là toute sa force, un melting-pot musical qui résonne remarquablement avec la double origine de Yaeji. La chanteuse n’hésite d’ailleurs pas à passer d’une langue à l’autre, avec une voix haut perchée, presque enfantine qui tranche avec la noirceur des sujets. Mais vraiment, ce qui m’a le plus frappé dès la première écoute et qui devient de plus en plus apparent à chaque retour dans la liste de lecture, c’est bien le mélange des genres et les évolutions constantes de l’album. Le tout sans pour autant former une masse infâme, <em>With a Hammer</em> conserve au contraire une belle cohérence d’ensemble. C’est une belle réussite pour ce premier essai et je suis curieux de garder une oreille sur la carrière de Yaeji.</p>
]]></description></item><item><title>Sweet Tooth, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/sweet-tooth-netflix/</link><pubDate>Wed, 10 May 2023 21:15:13 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/sweet-tooth-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/sweet-tooth-netflix/sweet-tooth.jpg">
        <p><em>Sweet Tooth</em> est un parfait représentant de ces séries qui ne savent pas choisir leur public. À trop hésiter entre les adultes et la jeunesse, la série portée par Netflix ne parvient à convaincre pleinement ni l’un, ni l’autre. Cette dystopie post-apocalyptique est bien trop sanglante et meurtrière pour un enfant de dix ans, mais c’est pourtant l’âge du héros et manifestement celui qui est ciblé par les scénaristes. Trop violent pour les uns, trop enfantin pour les autres, l’ensemble n’est pourtant pas raté pour tout le monde. Malgré leurs nombreux défauts, j’ai été séduit par les deux premières saisons et par cet univers qui tente de trouver un ton plus léger pour parler de l’apocalypse et de la fin d’un monde. Jim Mickle n’est pas parvenu à signer une grande série, mais il a réussi à me convaincre de regarder la future troisième saison qui conclura <em>Sweet Tooth</em> et ce n’est déjà pas si mal.</p>
<p>Adaptée d’un <em>comics</em> éponyme, la série imagine un virus meurtrier qui a tué en dix ans 98 % de la population mondiale, avec des vagues toujours plus fortes qui reviennent régulièrement pour les survivants. La première saison de <em>Sweet Tooth</em> sortie en 2021 a forcément résonné avec notre monde marqué par la pandémie, mais ce n’est pas nécessairement le Covid-19 qui m’est venu en tête en regardant les épisodes. Voir ces derniers humains se battre pour tenter désespérément de trouver un remède et reconstruire l’humanité m’a davantage fait penser au réchauffement climatique. Surtout quand en face, des nouveaux êtres « hybrides », des enfants qui sont entre les humains et les animaux, ne peuvent pas tomber malade et essaient de construire un nouveau monde pour eux. C’est toute l’idée de la création de Netflix, qui oppose ainsi les humains condamnés à s’éteindre à des mutants pour ainsi dire qui devraient survivre face à l’apocalypse. Il n’est nullement question de super-pouvoirs ici, ces hybrides sont des enfants de dix ans au maximum tout à fait normaux, sauf qu’ils ont des traits animaux. Le héros, Gus, a ainsi les bois et les oreilles d’un cerf. Le mélange est plus ou moins marqué, avec des enfants presque entièrement humains et d’autres quasiment seulement du côté animal. Tous ne peuvent ainsi pas parler, mais Jim Mickle les représente malgré tout d’abord comme des enfants, qui ont bien du mal à survivre dans un monde aussi noir.</p>
<p>Ces hybrides sont une riche idée et <em>Sweet Tooth</em> les représente avec plus ou moins de succès. Côté pile, Gus est excellent, avec ses grandes oreilles qui signalent ses émotions de manière touchante. Côté face, Bobby est le pire du lot, avec une marionnette qui m’a rappelé le <em>Star Wars</em> des années 1970. Visuellement, on est sur une inspiration Ewok, tandis que ses mouvements saccadés tirent du côté de Yoda, avec un côté marionnette assez gênant, surtout sur le regard. Au-delà de ce cas particulier, la série souffre de représentations souvent trop caricaturales, à l’image du grand méchant avec ses lunettes rouges et sa grande barbe. On tire du côté du conte, un choix qui peut se comprendre pour séduire les plus jeunes, mais en même temps, le scénario évoque des actions cruelles, y compris de la torture d’hybrides. Encore une fois, cet entre-deux ne séduit personne finalement et <em>Sweet Tooth</em> aurait mieux fait de trancher franchement. Cela dit, je reconnais que les personages principaux sont attachants au point de me donner envie de persévérer, même si le scénario de la troisième saison semble promettre assez peu de surprises.</p>
]]></description></item><item><title>L’Ombre d’un mensonge, Bouli Lanners</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/ombre-mensonge-lanners/</link><pubDate>Tue, 09 May 2023 17:00:56 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/ombre-mensonge-lanners/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/ombre-mensonge-lanners/ombre-mensonge.jpg">
        <p>Bouli Lanners n’est pas qu’un acteur, c’est aussi un réalisateur et même si je connais surtout le Belge pour son premier rôle, découvrir son dernier long-métrage m’a donné envie d’en savoir plus sur son rôle derrière les caméras. Il est des deux côtés dans <em>L’Ombre d’un mensonge</em>, un drame que j’imaginais belge ou du moins francophone, mais qui se déroule en réalité en Écosse et avec un casting quasiment exclusivement anglophone. L’intégralité du film se déploie d’ailleurs sur l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_de_Lewis">île de Lewis</a>, située au large de la côte au nord ouest du pays. C’est un huis clos en ce sens, même si l’île est assez grande, mais le cinéaste choisit de ne jamais la quitter, pas même le temps d’un détour à Inverness qui est mentionnée sans rien montrer pour autant. Les décors aussi splendides que désertiques de l’île forment un personnage à part entière et la caméra de Bouli Lanners n’a aucun mal à les présenter sous leur meilleur jour. Ces tourbières à pertes de vue, l’absence totale d’arbres et les falaises abruptes sont à chaque fois aussi belles que vaguement menaçantes, comme annonciatrices d’un malheur à venir.</p>
<p>Au milieu de ce majestueux décor, <em>L’Ombre d’un mensonge</em> imagine l’histoire de Phil, un Belge interprété par Bouli Lanners qui s’est installé sur l’île depuis quelques années et qui perd la mémoire suite à un AVC. Il a tout oublié, à commencer parce qu’il fait ici, si loin de chez lui, mais aussi qui sont ses amis. Il rentre de l’hôpital, découvre un chien chez lui et n’a aucune idée si c’est son chien. Quand la fille du fermier du coin chez qui il travaille lui annonce qu’ils formaient un couple, il n’a pas d’autre choix que de la croire, même si le spectateur se doute bien que le mensonge du titre n’est pas loin. Loin d’une dramatisation exagérée, le scénario opte au contraire pour une histoire simple, composée de moments réalistes du quotidien. La caméra est statique pour capter des scènes banales, mais qui forment une histoire touchante et qui fourmille de détails et de bonnes idées. J’ai trouvé que le réalisateur parvenait en quelques plans à capter toute la psychologie de ses personnages, avec une mention spéciale pour celui incarné par Michelle Fairley. Millie est le personnage principal du film, bien plus que Phil, et l’actrice irlandaise est parfaite dans ce rôle de vieille fille réservée qui découvre l’amour sur le tard.</p>
<p><em>L’Ombre d’un mensonge</em> est un magnifique long-métrage, à la fois par ses images écossaises — c’est indéniablement un coin du monde photogénique — que par les sentiments exprimés. Bouli Lanners compose un drame touchant et juste, une vraie réussite.</p>
]]></description></item><item><title>Last Night in Soho, Edgar Wright</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/last-night-soho-wright/</link><pubDate>Sun, 07 May 2023 20:55:10 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/last-night-soho-wright/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/last-night-soho-wright/last-night-soho.jpg">
        <p>Edgar Wright n’est pas tout à fait connu pour faire dans la dentelle et il l’a prouvé encore une fois avec <em>Last Night in Soho</em>. J’étais plutôt client de ses précédentes créations, mais je dois dire que celle-ci l’a laissé bien plus indifférent. La faute, je crois, au matraquage de fantastique qui manque cruellement de subtilité, alors même que le cinéaste tenait une bonne idée qui aurait pu donner un excellent film s’il avait fait preuve d’un petit peu de légèreté dans la narration. Tout n’est pas à jeter pourtant, la reconstitution du Londres des années 1960 est épatante et le casting est excellent, avec notamment un jeu symétrique remarquablement exécuté entre les deux actrices, Thomasin McKenzie et Anya Taylor-Joy. L’ensemble n’est ainsi pas déplaisant et le début est même bien, mais cela se gâte au fil du temps et j’ai trouvé la fin assez laborieuse.</p>
<p>La différence entre les deux, c’est justement la part de fantastique qui va grandissante et qui, à mes yeux, ne fonctionne jamais. L’idée de proposer une histoire de fantômes est intrigante, mais c’était une erreur ici. <em>Last Night in Soho</em> aurait été bien plus intéressant s’il était resté ancré dans le réel, avec les rêves d’Ellie pour faire le pont avec le passé. Cette idée fonctionne pleinement et aurait pu suffire jusqu’au bout, avec le même twist final qui est bien amené à défaut d’être particulièrement original. Pourquoi aller sur le terrain du fantastique en faisant intervenir les fantômes dans la réalité d’Ellie et en mélangeant les époques ? Je ne vois pas ce que cela apporte, si ce n’est une narration bien lourde et des effets spéciaux qui manquent eux aussi de subtilité. Dommage.</p>
]]></description></item><item><title>Signs of Life, Neil Gaiman &amp; FourPlay String Quartet</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/signs-life-gaiman-fourplay-string-quartet/</link><pubDate>Sat, 06 May 2023 17:10:59 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/signs-life-gaiman-fourplay-string-quartet/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/signs-life-gaiman-fourplay-string-quartet/signs-of-life.jpg">
        <p>Je ne m’attendais pas à retrouver le nom de Neil Gaiman sur la pochette d’un album, mais voilà : l’auteur prolifique est désormais un artiste qui chante sur les douze morceaux de <em>Signs of Life</em>. Enfin, chanter n’est peut-être pas le bon mot, mais c’est bien sa voix que l’on entend et c’est lui qui a écrit les textes. Pour l’accompagner, le FourPlay String Quartet est, comme son nom le suggère bien, un quartet de cordes venu d’Australie. Un violon, deux altos et un violoncelle, une composition tout à fait classique, mais ses membres le sont moins. Ils se <a href="https://www.fourplay.com.au/about">décrivent eux-mêmes</a> comme un groupe de rock qui se trouve être un quartet de cordes. Voilà qui donne le ton et qui s’éclaire en écoutant <em>Signs of Life</em> : on n’est pas dans le registre traditionnel de la musique classique et on pourrait presque oublier sur quelques morceaux qu’il n’y a « que » quatre instruments à corde pour composer la bande-son qui accompagne les paroles.</p>
<p>Puisque Neil Gaiman lit son texte plutôt qu’il le chante, il ne faut pas s’attendre à des chansons au sens habituel du terme, avec des refrains et des couplets. À cet égard, les douze titres peuvent être difficiles à écouter tout en faisant autre chose, d’autant que la voix du romancier est particulièrement bien posée et parfaitement audible. J’ai été agréablement surpris de découvrir que l’ensemble fonctionne en parfaite harmonie. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, à un chant, de la poésie musicale ou un livre audio, mais on est bien sur une forme intermédiaire, où la musique joue un rôle prépondérant et où les paroles s’intègrent logiquement au point de former de « vraies » chansons. « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=3F5jkoPeoJM"><em>Bloody Sunrise</em></a> » qui a servi de premier <em>single</em> en est un bon exemple, d’autant que sur ce titre et comme sur quelques autres, Neil Gaiman est accompagné par Lara Goodridge, qui est aussi une chanteuse en plus d’être une violoniste. Même sans elle, j’ai trouvé le résultat toujours réussi et intéressant, comme sur « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=St4qEymhI30"><em>Clock</em></a> »  qui ouvre l’album avec des mots de Shakespeare et qui forme un très bon titre. Le travail réalisé par le FourPlay String Quartet est toujours excellent, avec en effet des ambiances qui viennent plus du rock que du classique et une bande-sonore toujours soignée.</p>
<p>J’ai découvert <em>Signs of Life</em> avec une curiosité polie, attiré par le nom de Neil Gaiman. Je ne pensais pas autant apprécier cet album d’une cinquantaine de minutes, mais force est de constater après une dizaine d’écoutes qu’il me reste en tête et que je le réécoute avec toujours autant de plaisir. Les mots du romancier sont intéressants, même si c’est surtout la musique composée par le FourPlay String Quartet que je retiens surtout, elle se révèle un petit peu plus à chaque retour dans mes oreilles et cette découverte m’a bien donné envie d’écouter le reste de leur discographie.</p>
]]></description></item><item><title>Alaska Daily, ABC</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/alaska-daily-abc/</link><pubDate>Fri, 05 May 2023 21:25:05 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/alaska-daily-abc/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/alaska-daily-abc/alaska-daily.jpg">
        <p><em>Alaska Daily</em> s’attache à défendre les journalistes en général et la presse locale en particulier, mis à mal par notre monde moderne en quête constante de rentabilité. Ce n’est pas la première fois que Tom McCarthy s’attache à ce sujet, il l’avait déjà traité il y a quelques années sur le grand écran avec <a href="https://voiretmanger.fr/spotlight-mccarthy/"><em>Spotlight</em></a>. Cette fois, c’est direction l’Alaska pour une série commandée par ABC et inspirée par l’histoire vraie de journalistes qui ont enquêté sur les innombrables meurtres de femmes amérindiennes qui n’intéressaient pas les autorités locales. Ajoutez à cela une histoire de rédemption pour Eileen, journaliste new-yorkaise qui perd son travail et sa réputation suite à un mauvais articles et qui tente de se retrouver une virginité à Anchorage, et vous obtenez une série bien classique, mais qui assume ce classicisme.</p>
<p>Le fil rouge de la première saison constituée de ses 11 épisodes est l’enquête menée par Eileen et une collègue Roz sur les meurtres de femmes non résolus et sur la complicité de l’État qui ferme les yeux et ne finance pas suffisamment les organes de pouvoir. À cela s’ajoute dans chaque épisode une ou deux sous-intrigue qui implique les autres membres du journal fictif créé pour les besoins de la série. <em>Alaska Daily</em> a ainsi un côté rétro, on sent qu’une chaîne de télévision américaine a commandé la série et qu’elle est taillée pour une diffusion en direct, entrecoupée de multiples coupures publicitaires. Je dois dire que ce n’est pas mon format préféré, mais on s’y fait, d’autant que le sujet de fond est vraiment intéressant. La défaite du gouvernement américain est éclatante à tous les niveaux, avec des femmes qui meurent dans l’indifférence générale et un système entièrement fait pour favoriser les meurtriers qui sont bien trop souvent des hommes blancs. Tom McCarthy n’a pas besoin d’en ajouter dans ce domaine, la démonstration est implacable et le spectateur est tout aussi effaré que les deux journalistes face aux fautes en cascade démontrées par leur enquête.</p>
<p>Cette enquête de fond permet de tenir aisément le coup et <em>Alaska Daily</em> se regarde ainsi facilement, même si je regrette son manque de profondeur par ailleurs. Le jeu des acteurs est très fade, Hillary Swank dans le rôle principal a une diction toujours plate et même si cela colle avec son personnage blasé, on a du mal à se passionner pour elle. C’est un trait de caractère que l’on retrouve pour tout le casting d’ailleurs, il n’y a aucun acteur qui sort du lot pour nous intéresser. Un gros problème, je crois, est le choix d’un montage qui alterne constamment entre des scènes courtes. On enchaîne d’une brève séquence à une autre, si bien que l’émotion n’a jamais le temps de s’installer et on reste presque dans la reconstitution, quasiment comme dans une docufiction. C’est dommage d’avoir réalisé quelque chose d’aussi fade.</p>
]]></description></item><item><title>Flee, Jonas Poher Rasmussen</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/flee-poher-rasmussen/</link><pubDate>Wed, 03 May 2023 21:10:52 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/flee-poher-rasmussen/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/flee-poher-rasmussen/flee.jpg">
        <p><em>Flee</em> est un documentaire qui retrace la vie d’Amin, jeune afghan qui a fuit son pays après la victoire des Moudjahidines, mais c’est aussi un documentaire en animation. Un choix étonnant qui pourrait le rapprocher du domaine de la fiction, même si Jonas Poher Rasmussen signe par ailleurs un documentaire conventionnel, avec notamment de longs entretiens menés « face caméra » avec son sujet. <em>Flee</em> n’explique jamais son propre dispositif, même si on peut avoir une idée assez juste : c’est bel et bien un choix d’Amin, qui souhaitait mettre un petit peu de distance et raconter son histoire sans se dévoiler physiquement. Il faut dire que l’une des phrases qu’il prononce au début du documentaire fait froid dans le dos : « <em>En Afghanistan, l’homosexualité n’existe pas. Il n’y a pas de mot pour ça.</em> ». Car oui, Amin est gay et son histoire est aussi celle d’une lutte autour de sa sexualité en ayant grandi au sein d’une société qui est si homophobe que la possibilité d’être attiré par le même sexe que soi n’est même pas envisagée. Pour éviter des ennuis à sa famille restée ou retournée dans le pays, il a préféré ne pas montrer son visage et seule sa voie est ainsi réelle.</p>
<p>L’animation créée par Jonas Poher Rasmussen n’est pas fluide du tout et il faut quelques minutes pour s’y faire. L’objectif n’est pas de reconstruire fidèlement l’Afghanistan de la fin des années 1990 ou le Danemark contemporain qui sert de cadre aux interviews d’Amin. Au contraire, le style est volontairement schématisé, notamment pour reconstituer des souvenirs flous de ce garçon qui a passé toute son enfance à fuir. Après la prise de pouvoir des extrémistes religieux aidés par les États-Unis — ce qui n’est pas le sujet ici, mais à chaque fois que j’ai l’occasion d’en tendre parler, je me rappelle à quel point ils ont pu être stupides avec leur vision court-termiste —, la Russie accueille les migrants afghans, mais la situation n’est guère meilleure pour Amin et sa famille. La fin de l’URSS laisse place à une loi de la jungle gérée par une police corrompue qui mène la vie dure aux immigrés. C’est pourquoi la famille décide de repartir, mais cette fois illégalement, pour rejoindre un grand frère installé en Suède depuis des années. Commence un long et terrifiant processus, où la famille fait des tentatives de passage en payant des sales types en guise de passeurs. Le récit est cauchemardesque par endroit, notamment lorsque les images d’archive surviennent au milieu de l’animation, rappelant brutalement que ce qui est raconté est entièrement vrai.</p>
<p>Le choix de l’animation crée un effet de distance qui est inévitable, mais qui ne m’a pas gêné au bout du compte. Paradoxalement, j’ai même trouvé que <em>Flee</em> en sortait encore renforcé sur le plan du réalisme, peut-être parce que le passé dans le Kaboul de la fin des années 1990 est représenté de la même manière que le présent. Comme dans <em>Valse avec Bachir</em> qui était sans doute le premier du genre, le film de Jonas Poher Rasmussen trouve sa propre voie et voix en proposant ainsi un mélange des genres. Le résultat est une magnifique réussite, pas toujours drôle on s’en doute et même déchirante par moments, mais sans être entièrement dénuée d’espoir. Coup de cœur.</p>
]]></description></item><item><title>Subnautica</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/subnautica/</link><pubDate>Tue, 02 May 2023 20:30:28 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/subnautica/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/subnautica/subnautica.jpg">
        <p>Vous vous retrouvez dans une capsule de survie perdue au milieu d’un vaste océan, sur une lointaine planète dans la galaxie. Le point de départ de <em>Subnautica</em> est excellent par sa capacité à immerger — littéralement — le joueur dans son monde inconnu. L’histoire qui précède pose un contexte à base de vaisseau spatial qui s’est échoué sur cette planète presque entièrement aquatique, mais l’essentiel est là : le jeu vous plonge dans un océan plein de dangers, avec quasiment aucune ressource à disposition au départ. Vous n’aurez pas le choix, il faudra explorer cet océan en quête des ressources indispensables à la création de protections pour survivre plus longtemps, de véhicules permettant d’aller plus loin et bientôt de bases pour avoir une chance de survivre. Une survie qui commence par la quête de nourriture et d’eau, deux ressources qui sont fort heureusement disponibles en abondance dans la zone peu profonde où vous débutez. Vous pourrez y attraper des poissons, les uns pour les manger, les autres pour les transformer en bouteilles d’eau. Mais ce n’est pas suffisant bien entendu : il faudra aussi récolter des ressources naturelles, des minerais que l’on trouve sur les fonds marins, ainsi que des morceaux de métal issus du vaisseau spatial et aussi des plans des objets, véhicules et modules que vous pourrez construire. Le tout en essayant de retrouver des traces d’autres survivants, même si vous réalisez vite que vous êtes bien seul sur cette planète extraterrestre.</p>
<p>Seul n’est pas vraiment le bon mot. <em>Subnautica</em> appartient à la famille des jeux de survie et survivre n’est pas si simple sur cette planète. Outre la nécessité de s’alimenter et de boire, le joueur réalise vite qu’il y a de multiples créatures et qu’elles ne sont pas toutes sympathiques. De fait, à part les quelques poissons initiaux, toutes les créatures sont carrément hostiles et en général dangereuses. La progression de la difficulté est parfaitement dosée et j’ai apprécié de ne pas être confronté dès le début aux monstres que l’on doit affronter en avançant dans la découverte de ce monde. C’est d’ailleurs un point fort de façon globale du titre : on est sur un univers ouvert, sans réelle mission à accomplir, mais avec beaucoup de choses à découvrir et une évolution assez naturelle. Par exemple, vous êtes limité au départ à des explorations à proximité immédiate de la capsule de survie, parce que vous n’avez que vos palmes pour avancer et même pas un réservoir à air. Petit à petit, votre arsenal grossit et vous pouvez aller plus loin et plus profond, mais jusqu’à affronter une créature bien trop dangereuse pour vous et rebrousser rapidement chemin. Cette logique est particulièrement réfléchie et extrêmement poussée, avec un soin apporté à l’univers qui n’a cessé de m’impressionner. Il n’y a aucune arme dans <em>Subnautica</em>, c’est un choix réfléchi de la part de ses créateurs, mais cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas vous défendre, en détournant des objets prévus à d’autres fins. Un outil pour déplacer des éléments peut servir à projeter une bestiole pénible et la détruire par la même occasion. Un équipement chargé d’extraire des minerais peut aussi servir à attaquer les plus grosses bêtes et les faire fuir, voire les tuer.</p>
<p>Cette logique se retrouve partout et elle fait de la découverte de <em>Subnautica</em> un plaisir de tous les instants. Un poisson peut être mangé directement, mais l’idéal est de le cuire, puis de le déguster rapidement avant qu’il ne pourrisse, sauf si vous le salez pour le conserver longtemps. Vous pourriez chercher des plantes à l’autre bout de la carte à chaque fois, mais vous pouvez aussi récupérer des graines et les planter dans votre base pour avoir une sorte de jardin avec tout le nécessaire sous la main. Toutes ces astuces se découvrent petit à petit, certaines sont indiquées par le PDA qui accompagne le joueur, d’autres se découvrent par hasard. La profondeur de l’univers créé par <em>Subnautica</em> est probablement ce qui m’a le plus frappé, pas seulement parce que cet océan peut descendre à plus de 1 000 mètres et qu’après des dizaines d’heures de jeu, je n’ai toujours pas l’équipement adapté. J’ai été bluffé par la réflexion globale et la richesse presque inépuisable de cette planète pourtant quasiment entièrement recouverte d’un océan.</p>
<p>Après une quarantaine d’heures de jeu, j’ai peut-être atteint mes limites personnelles, ou alors j’ai besoin d’une pause. Après avoir fondé une base principale et quelques annexes, après avoir construit tous les véhicules disponibles et après avoir exploré toutes les épaves qui parsèment l’univers, je sais que je devrais améliorer mes véhicules pour aller plus loin encore et affronter des créatures encore plus dangereuses, mais c’est moins mon truc. J’ai adoré l’exploration initiale, la découverte de l’univers et de ses règles, je suis moins fan de la lutte contre les multiples Léviathan, une lutte qui m’a déjà valu une mort subite et la perte d’un Seamoth au passage. C’est la partie exploration qui me plait davantage, moins la survie pure, mais j’ai déjà bien profité de ce jeu après tant d’heures passées sous l’eau. Je recommande chaudement… enfin, sauf si vous êtes <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Thalassophobie">thalassophobe</a>, bien entendu.</p>
]]></description></item><item><title>Liaison, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/liaison-apple-tv+/</link><pubDate>Mon, 01 May 2023 21:05:42 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/liaison-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/liaison-apple-tv&#43;/liaison.jpeg">
        <p>La première création « française » d’Apple TV+ est en réalité franco-britannique. Vincent Cassel partage l’affiche avec Eva Green et le reste du casting comme les lieux de tournage sont également répartis de part et d’autres de la Manche. Voire au-delà, puisque <em>Liaison</em> est une série d’espionnage avec un beau budget, ce qui lui permet de nous emmener jusqu’en Syrie avec une histoire fort banale à base de terrorisme et de cyber-sécurité. J’ai apprécié l’ancrage dans le présent avec de nombreuses idées apportées par le Brexit, mais enfin, l’ensemble manque malgré tout bien d’originalité. C’est assez commun et l’idée de l’histoire d’amour entre l’espionne britannique et l’espion française suggérée dès le titre est d’un ennui assez abyssal et surtout manque cruellement de crédibilité. Pourtant, les deux acteurs sont tous deux excellents, mais je crois que c’est le scénario qui est faiblard. Les personnages sont peu développés, ils manquent de scènes pour amplifier leur psychologie et la série avance de manière trop automatique, uniquement dans l’intérêt de son arc narratif principal alors que franchement, on s’en fiche de cet arc.</p>
<p>Tout n’est pas raté pour autant et j’ai notamment trouvé les premiers épisodes assez plaisants. La tension est au rendez-vous et <em>Liaison</em> avait de quoi tendre vers un <a href="https://voiretmanger.fr/homeland-gordon-gansa-raff-showtime/"><em>Homeland</em></a> assez mineur, certes, mais enfin, c’était tout de même un bel horizon. Cet objectif reste distant et plus la première saison avance, moins elle parvient à convaincre. Les péripéties avancent mécaniquement, les personnages sont sur des rails, tout est prévisible et la fin est même complètement ennuyeuse, alors même que les scénaristes tentent désespérément de surprendre. Vincent Cassel va-t-il mourir (<em>spoiler</em> : non) ? 😱 Oh, mais ce personnage est en vérité un méchant encore plus méchant ? 🤯 Toutes ces tentatives échouent lamentablement et il était grand temps que la saison s’arrête, alors même qu’elle ne dépasse pas les six épisodes. Je ne sais pas si Apple TV+ renouvellera <em>Liaison</em> pour une deuxième saison, mais je sais que ce sera sans moi si c’est le cas.</p>
]]></description></item><item><title>No Highs, Tim Hecker</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/no-highs-hecker/</link><pubDate>Sun, 30 Apr 2023 18:00:36 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/no-highs-hecker/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/no-highs-hecker/no-highs.jpg">
        <p>Classer la musique est toujours un exercice bien compliqué et je demande pour preuve l’ambient, un genre fourre-tout dans lequel on retrouve à peu près tout et n’importe quoi. Je ne peux pas dire que je connais la carrière de Tim Hecker par cœur, puisqu’avant celui-ci, je n’avais écouté qu’un seul album, <em>‌Konoyo</em>. Sorti en 2018, il m’avait fasciné par son côté tortueux et expérimental, bien loin de l’idée que l’on se fait trop souvent du genre. Quelques années plus tard, je découvre <em>No Highs</em> et j’ai été hypnotisé dès les premières écoutes par « <em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=H41m_JWiH0o">Monotony</a></em> » qui l’ouvre. Plus de huit minutes maintenues par une même note répétée à l’infini et une tension qui monte tout au long du titre. C’est brillant et c’est un concept que l’on retrouve tout au long de l’album, sans pour autant tomber dans la répétition.</p>
<p>Bien au contraire, les ambiances évoluent constamment le long de ces onze morceaux, pour 51 minutes d’une musique entièrement instrumentale, forcément. Tim Hecker reste toujours dans une forme de minimalisme qui ne l’empêche pas de constituer des ambiances oppressantes, tout en permettant à l’auditeur de respirer. J’aime beaucoup à cet égard « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=oGyq3tVD5E8"><em>Lotus Light</em></a> », un autre morceau qui dépasse les huit minutes et qui se construit sur quelques notes qui rythment l’ensemble tout en oscillant entre tonalités sombres et aériennes. En plus de ces titres plus ambitieux, des interludes plus simples permettent de faire une pause, avant de repartir de plus belle. C’est peut-être quand le saxophone de Colin Stetson fait son apparition que <em>No Highs</em> se révèle le plus pour moi. Un parcours sans fausse note qui me donne envie de découvrir la discographie entière de Tim Hecker.</p>
]]></description></item><item><title>Buzz l’Éclair, Angus MacLane</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/buzz-eclair-maclane/</link><pubDate>Sat, 29 Apr 2023 20:41:02 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/buzz-eclair-maclane/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/buzz-eclair-maclane/buzz-eclair.jpg">
        <p>Personnage central de la saga <a href="https://voiretmanger.fr/saga/toy-story/"><em>Toy Story</em></a>, Buzz l’Éclair a droit à son propre film, mais pas comme on pouvait l’attendre. Pixar a choisi de ne pas rester dans le monde des jouets et <em>Buzz l’Éclair</em> est le long-métrage qu’Andy, le garçon de <em>Toy Story</em>, aurait vu et qui l’aurait amené à acheter le jeu en plastique que l’on a appris à aimer dans les quatre films d’animation précédents. Un angle assez original, d’autant qu’Angus MacLane a opté pour un traitement assez sérieux, en faisant de son deuxième long-métrage chez Pixar<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> un grand film de science-fiction qui enchaîne les références aux monuments du genre, <a href="https://voiretmanger.fr/saga/star-wars/"><em>Star Wars</em></a> en tête. Dès la séquence d’ouverture sur un fond étoilé, je me suis senti en terrain connu. La suite enchaîne les clins d’œil plus ou moins appuyés, que ce soit pour les sortes de sabres laser qui découpent les plantes agressives de la planète, ou le grand méchant qui évoque immanquablement Dark Vador. C’est assumé et après tout, Pixar appartient à Disney qui contrôle aussi la saga imaginée par George Lucas, alors pourquoi pas. Le grand fan de science-fiction que je suis apprécie l’univers visuel, l’animation hyper détaillée pour imaginer la planète et ses occupants. On sent l’énorme travail habituel du studio et cela paie, c’est visuellement magnifique et parfaitement maîtrisé.</p>
<p>Cela ne veut pas dire que c’est un grand Pixar pour autant. Non pas que ce soit un mauvais film d’ailleurs, j’ai passé un très bon moment devant <em>Buzz l’Éclair</em>, j’ai adoré le robot chat (forcément) et toutes les petites idées que les scénaristes lui ont donné et j’ai été touché par ce groupe improbable qui se forme et qui devient une famille choisie. J’ai naturellement apprécié la présence d’un couple lesbien, montré sans détour et avec un rare courage pour Disney (la barre n’était pas bien haute) qui a valu au film d’être interdit dans plusieurs pays rétrogrades. Tout ceci est très bien et je recommanderais sans discuter le long-métrage aux petits comme aux grands, mais il n’empêche que je suis reste sur ma faim. Peut-être qu’il manquait un élément pour élever le scénario et le sortir du monde entièrement fermé qui est présenté ici. L’origine du grand méchant Zurg est un choix intéressant, mais qui dessert peut-être finalement le projet en renforçant ce côté fermé<sup id="fnref:2"><a href="#fn:2" class="footnote-ref" role="doc-noteref">2</a></sup>. Je ne sais dire ce qui manque exactement, car si je le savais, je ne serais pas en train de critiquer ce film, mais en Californie à écrire les Pixar à venir. Quoi qu’il en soit, <em>Buzz l’Éclair</em> est un film sympathique, mais pas brillant comme pouvaient l’être les productions des débuts.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Il avait auparavant co-réalisé le très moyen <a href="https://voiretmanger.fr/monde-dory-stanton-maclane/"><em>Le Monde de Dory</em></a>, avec Andrew Stanton. Ce long-métrage est le premier qu’il gère tout seul.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
<li id="fn:2">
<p>Attention, ça va divulgâcher. L’idée de faire de Zurg un deuxième Buzz est intrigante et je suis toujours partant pour des histoires construites autour du voyage temporel. Néanmoins, je me demande si un méchant entièrement externe n’aurait pas été plus intéressant, sans en être totalement convaincu non plus.&#160;<a href="#fnref:2" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Shrinking, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/shrinking-apple-tv+/</link><pubDate>Fri, 28 Apr 2023 22:00:39 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/shrinking-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/shrinking-apple-tv&#43;/shrinking.jpeg">
        <p><em>Shrinking</em> évolue constamment entre la comédie et le drame, parfois au sein d’une même scène et c’est sans doute son plus grand point fort. La série d’Apple TV+ n’est pas une comédie dramatique, c’est alternativement une comédie pleine d’humour et vraiment drôle et alternativement un drame qui n’hésite pas à affronter directement des sujets difficiles, le deuil en tête. La première saison et ses dix épisodes d’une demi-heure suit le parcours de Jimmy, un psychologue qui a bien du mal à gérer la mort accidentelle de sa femme et qui décide de ne plus suivre les bons principes de sa discipline. Il conseille à une patiente d’abandonner son conjoint abusif et de tout plaquer, il force une autre à se confronter avec ses TOC et il emmène un vétéran qui a du mal à gérer sa colère sur un ring. Une catastrophe permanente qui sert de moteur à toute la saison et permet <em>in fine</em> à Jimmy d’avancer sur son propre deuil.</p>
<p>Bill Lawrence, qui a déjà participé à créer <a href="https://voiretmanger.fr/ted-lasso-lawrence-sudeikis-hunt-kelly-apple-tv/"><em>Ted Lasso</em></a> pour le service streaming, Jason Segel qui incarne aussi Jimmy et Brett Goldstein que vous avez peut-être connu sous le nom de Roy Kent ont créé ensemble une série sans prétention, toujours pleine d’optimisme sans tomber dans la niaiserie. J’ai trouvé l’équilibre parfait entre le processus du deuil de Jimmy, mais aussi sa fille, et son travail de psychologue assez chaotique, pour ne pas dire plus. On suit quelques patients et surtout un vétéran qui souffre de stress post-traumatique et qui finit par entrer dans la famille. Il faut dire que Jimmy est incroyablement généreux, au point d’en devenir agaçant, mais il est surtout attachant, comme tous les personnages d’ailleurs. Mention spéciale à cet égard à Harrison Ford qui incarne le psychologue mentor de Jimmy et qui est parfait dans ce rôle de papy grognon, mais au fond sympa. Je l’ai trouvé parfaitement à son aise dans ce rôle de vieillard et j’ai du mal à comprendre au passage pourquoi l’acteur a accepté de tourner à nouveau dans <a href="/film/indiana-jones-cadran-destinee-mangold/">un <em>Indiana Jones</em></a> où il sera rajeuni numériquement… mais je digresse.</p>
<p>Apple TV+ a renouvelé <em>Shrinking</em> pour une deuxième saison et je crois que c’est mérité. Ces dix premiers épisodes m’ont beaucoup plu, ils ne révolutionnent rien bien sûr, mais ils sont bien écrits et bien interprétés et ils m’ont tour à tour amusé et touché. Une belle réussite et j’ai hâte de découvrir la suite des aventures de Jimmy et de ses proches, tout simplement.</p>
]]></description></item><item><title>Le bois du Névet, côté Juch</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/bois-nevet-cote-juch/</link><pubDate>Thu, 27 Apr 2023 21:20:14 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/bois-nevet-cote-juch/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/photo/bois-nevet-cote-juch/IMG_5855.jpeg">
        <p>C’est une coïncidence, mais <a href="https://nicolasfurno.fr/photo/bois-nevet-cote-locronan/">un an après</a>, nous voici de retour au bois du Névet. Avec ses 225 hectares, il y a néanmoins suffisamment de place pour trouver une autre balade à faire et cette fois, nous partons du côté du Juch, où un petit parking mène à une série de chemins qui montent dans le bois. Montent, car on est ici en contrebas, où l’humidité ne manque pas, surtout en ce mois d’avril. Avec de bonnes chaussures qui ne craignent pas la boue, c’est un endroit charmant et assez isolé, de quoi se promener tranquillement.</p>
]]></description></item><item><title>Your Honor, Showtime (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/your-honor-showtime-saison-2/</link><pubDate>Wed, 26 Apr 2023 21:45:58 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/your-honor-showtime-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/your-honor-showtime-saison-2/your-honor.jpg">
        <p>Adaptée d’une série israélienne, la <a href="https://voiretmanger.fr/your-honor-moffat-showtime/">première saison de <em>Your Honor</em></a> m’avait séduit par sa relecture efficace de thèmes pas bien originaux, mais correctement menés dans l’ensemble malgré quelques ficelles grossières. Je ne m’attendais pas réellement à ce qu’il y ait une suite, même si la fin assez outrancière l’appelait sans doute. De fait, Showtime n’a pas résisté et voici dix nouveaux épisodes. Adam n’étant plus avez nous, les scénaristes s’éloignent du drame initial tout en construisant une suite avec les mêmes personnages. Cette saison débute alors que Michael est en prison suite aux révélations qu’il a faites concernant son implication dans le procès de Carlo Baxter, mais il ressort à la demande d’une procureur qui cherche à monter un dossier contre les mafieux. On reprend les mêmes et on recommence ? Ce serait injuste de le dire, mais on retrouve les mêmes points forts et faiblesses que dans la première saison. De fait, après un ou deux épisodes un petit peu creux, la Nouvelle-Orléans de Peter Moffat se remet bien en place et la deuxième saison de <em>Your Honor</em> est plaisante à regarder. Malgré encore une fois quelques facilités de scénario.</p>
<p>Parmi elles, l’enfant d’Adam et de Fia tombe vraiment comme un cheveux sur la soupe. Je dois reconnaître que les scénaristes exploitent pleinement l’idée par la suite et m’ont presque permis d’oublier à quel point c’est ridicule et trop facile pour ces deux adolescents de 17 ans — même si l’actrice qui joue Fia paraît en avoir 25, mais passons — aient un enfant. <em>Your Honor</em> n’essaie jamais de faire dans la dentelle de toute manière, comme en témoigne la vieille mafia italo-américaine qui débarque en force et qui pourrait difficilement être plus caricaturale. Est-ce parce qu’il a interprété un mafieux hispanique inoubliable dans <a href="https://voiretmanger.fr/better-call-saul-gilligan-gould-amc/"><em>Better Call Saul</em></a> et <a href="https://voiretmanger.fr/breaking-bad-gilligan/"><em>Breaking Bad</em></a> ? Quoi qu’il en soit, j’ai eu du mal à trouver Mark Margolis convaincant dans le rôle du père et son arc narratif est bâclé, surtout sur la fin qui part à nouveau dans tous les sens et qui peine encore une fois à convaincre. Bryan Cranston est meilleur, même si on commence à avoir l’habitude de ce jeu un petit peu trop similaire d’une fois sur l’autre.</p>
<p>Est-ce que <em>Your Honor</em> aura une troisième saison ? Après une fin aussi ouverte, on sent que Showtime garde au minimum cette possibilité sous le coude. Je ne suis pas sûr en tout cas d’être au rendez-vous, surtout si c’est pour se concentrer davantage sur une bien banale lutte de mafieux…</p>
]]></description></item><item><title>Don’t Worry Darling, Olivia Wilde</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/dont-worry-darling-wilde/</link><pubDate>Tue, 25 Apr 2023 21:40:14 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/dont-worry-darling-wilde/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/dont-worry-darling-wilde/dont-worry-darling.jpg">
        <p><em>Don’t Worry Darling</em> repose sur un élément de surprise qui n’est pas révélé avant quasiment la fin du long-métrage, alors si vous ne l’avez pas vu et que vous aimez les surprises, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Le deuxième film réalisé par Olivia Wilde, qui joue aussi l’un des personnages secondaires, revisite une idée assez courante en science-fiction sur le thème de la toxicité masculine. Une excellente idée je trouve, qui permet d’éviter la redite et qui offre à un personnage féminin la première place, ce qui reste encore bien souvent trop rare dans ce genre. Et quel personnage, ou plutôt, quelle actrice ! Florence Pugh offre sa performance habituelle, c’est-à-dire qu’elle est tout simplement éblouissante. <em>Don’t Worry Darling</em> tient presque tout entier sur ses deux épaule et elle parvient admirablement à rendre toute la complexité psychologique de son personnage qui découvre peu à peu la terrible vérité sur sa vie idyllique en apparence dans ces États-Unis des années 1950.</p>
<p>Olivia Wilde met en place un univers bien trop lisse et parfait, si bien que le spectateur sait dès les premières minutes qu’il se passe quelque chose de louche. Cette banlieue située au cœur d’un désert et le travail mystérieux qui occupe tous les les maris évoque les recherches américaines de l’époque, mais tout semble malgré tout un petit peu trop sans faille. Plusieurs hypothèses s’ouvrent alors et j’ai trouvé que <em>Don’t Worry Darling</em> parvenait à garder le mystère sur la bonne suffisamment longtemps pour que l’on ait le temps, et le plaisir, d’envisager toutes les options. À cet égard, la conclusion pourrait être décevante, mais je n’ai pas été gêné, car elle arrive assez tard et qu’au fond, elle est moins simpliste qu’elle en a l’air. Le vrai message du film n’est pas tant la simulation à proprement parler, que la débilité des hommes qui l’ont créé. Leur manque d’imagination à reproduire bêtement un schéma des Trente Glorieuses dans tout ce qu’il peut avoir de caricatural, leur vision étroite de ce qu’il faut pour qu’une femme soit heureuse ou encore leur fainéantise à n’imaginer que trois ou quatre histoires fictives pour tous les résidents. Tous ces personnages sont idiots, surtout là où ils sont censés exceller, comme en témoigne la course-poursuite finale où ils échouent lamentablement. Le scénario est à cet égard assez jouissif et bien plus intéressant qu’une énième relecture de <a href="https://voiretmanger.fr/matrix-wachowski/"><em>Matrix</em></a> mélangé au <a href="https://voiretmanger.fr/truman-show-weir/"><em>Truman Show</em></a>.</p>
]]></description></item><item><title>Les Jardins de la Lune, Steven Erikson</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/jardins-lune-erikson/</link><pubDate>Mon, 24 Apr 2023 21:30:44 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/jardins-lune-erikson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/jardins-lune-erikson/jardins-lune.jpg">
        <p>Si un auteur prévient en préambule qu’il faut s’accrocher et que la suite n’est pas facile à comprendre, est-ce une raison suffisante pour tout excuser ? Ce préambule qui ouvre <em>Les Jardins de la Lune</em>, premier tome de l’immense série <em>Le Livre des Martyrs</em> qui impressionne du haut de ses dix tomes, est quelque chose d’assez étonnant d’ailleurs. Steven Erikson semble prêt à décourager tous ses lecteurs en prévenant qu’il ne fera aucun compromis en nous balançant au milieu d’un univers riche et complexe. En lisant cela, j’ai oscillé entre l’admiration pour son franc-parler et une once d’énervement pour son élitisme. Et puis, cela ressemblait à une carte un peu trop facile à jouer à ce stade : si je ne comprends rien, ce n’est pas l’auteur qui a mal fait son boulot, c’est moi qui suis stupide, au fond.</p>
<p>Passé cet étonnement initial, je me suis lancé dans ce premier tome de l’une des plus grandes sagas de <em>heroic-fantasy</em> qui soient, paraît-il. Et en lisant, je dois reconnaître que Steven Erikson n’a pas menti. Le romancier canadien, « archéologue et anthropologue de formation » comme le note l’éditeur en quatrième de couverture, a imaginé un univers indéniablement riche et complexe, avec de multiples forces en présence, des conflits qui se traînent depuis plusieurs siècles, de la magie, des dieux, des trahisons de toute part et encore bien d’autres choses. On trouve deux cartes au début, une liste de personnages de quatre pages et même un glossaire de sept pages (!) à la fin. Autant vous dire qu’on n’est pas là pour déconner et <em>Les Jardins de la Lune</em> ne fait strictement aucun effort pour vous aider. Il n’y a aucune indication générale en ouverture, c’est au lecteur de se dépatouiller pour comprendre les forces en présence, les alliances et avoir une idée même vague du rôle de chaque personnage. Au lieu de se concentrer sur une période courte et un espace restreint, le romancier préfère au contraire voir large, avec deux grands lieux différents et des mouvements complexes dont on n’a parfois qu’une idée vague. Alors oui, il faut être attentif et passer son temps à replonger dans la liste de personnages pour se rappeler qui est qui, ou retourner sur la carte pour essayer de comprendre les mouvements des troupes et des personnages.</p>
<p>On ne peut pas dire que Steven Erikson n’avait pas prévenu, mais était-ce nécessaire de faire aussi complexe ? Je suis le premier à apprécier un récit fictif qui plonge dans l’action sans préambule et surtout qui compte sur l’intelligence du lecteur ou spectateur pour tout comprendre. Mais <em>Les Jardins de la Lune</em> est confus sans raison et il me semble que c’est un défaut d’écriture, plus qu’un choix que l’on peut expliquer raisonnablement. Fallait-il vraiment multiplier ainsi les personnages et en introduire constamment de nouveaux, jusqu’à la toute fin ? Certes, cela donne l’impression d’un monde immense, mais en contrepartie, ces personnages peinent pour la plupart à exister et ils sont rarement plus qu’un nom qu’on croise de temps en temps au fil des pages. Quelques séquences, notamment d’actions liées à la magie, semblent impressionnantes, mais sont à la limite d’être illisibles. Il y a des arcs narratifs entiers qui paraissent gratuits, parce qu’ils ne sont jamais expliqués. Il y a des événements qui semblent déconnectés de tout et qui n’apportent rien… ou alors je n’ai pas compris quoi.</p>
<p>Cela fait beaucoup et je suis persuadé que ce premier roman aurait pu être bien meilleur avec quelques ajustements, des expansions sur quelques personnages clés que l’on aurait aimé mieux connaître et des retraits d’éléments secondaires dont on peine à déceler l’importance. Malgré tout, j’ai lu <em>Les Jardins de la Lune</em> jusqu’au bout et je pense donner sa chance à la saga en attaquant le deuxième tome. Je ne peux pas nier que Steven Erikson a une vision à l’ambition folle et que cela m’a séduit. J’ai aussi beaucoup aimé certains choix narratifs, l’absence claire de héros et de méchants, ou encore quelques idées originales, en particulier sur le fonctionnement précis de la magie. <em>Le Livre des Martyrs</em> imagine un monde que j’ai envie de découvrir, mais j’espère que le style de l’auteur s’améliorera au fil des épisodes. Je suis toujours partant pour un univers complexe, mais la narration n’a pas besoin d’être aussi chargée et alambiquée pour le décrire.</p>
]]></description></item><item><title>Wellmania, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/wellmania-netflix/</link><pubDate>Sun, 23 Apr 2023 18:10:42 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/wellmania-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/wellmania-netflix/wellmania.jpg">
        <p><em>Wellmania</em> suit les mésaventures d’une quarantenaire australienne qui tente de se remettre en forme à vitesse éclair pour pouvoir retourner aux États-Unis et accomplir son rêve de devenir une star de la télévision. C’est un point de départ assez amusant, pour ce qui ressemble à la base à une dénonciation des méthodes douteuses et souvent payantes pour perdre du poids et retrouver la forme. Mais la série créée par Brigid Delaney et Benjamin Law est plus complexe que cela et développe sur cette première saison assez courte des personnages crédibles et attachants. Liv est insupportable à courir en permanence et à sacrifier tout au nom d’une carrière un peu stupide, mais elle a aussi un grand cœur et comme tous ceux qui l’entourent, elle finit par séduire les spectateurs. Autour d’elle justement, la création de Netflix imagine une galerie de personnages secondaires tous convaincants, dans sa famille proche ou au hasard des rencontres. Au bout du compte, <em>Wellmania</em> n’est pas qu’une comédie légère sur la dictature du bien être, c’est aussi un très joli drame qui brasse de multiples sujets sérieux, à commencer par le deuil.</p>
<p>C’est en effet un thème que je n’attendais pas à retrouver dans la série, mais qui occupe progressivement de plus en plus d’espace. Liv doit gérer un traumatisme enfoui lié à la mort de son père quand elle était enfant et <em>Wellmania</em> s’apparente à une forme de thérapie qui parvient progressivement à lever le voile sur l’événement traumatisant et à éclairer toutes les actions du personnage. Ce n’est en aucun cas une idée révolutionnaire, mais les scénaristes ont particulièrement bien géré la transition entre l’humour léger des premiers épisodes et la fin plus sombre, sans perdre pour autant ses touches humoristiques. Au bout du compte, c’est une belle réussite et une excellente surprise, je ne m’attendais vraiment pas à une telle profondeur en attaquant la série. <em>Wellmania</em> doit beaucoup au talent de son actrice principale, Celeste Barber, qui est tout simplement parfaite dans le rôle de Liv. J’ai aussi apprécié le traitement du couple formé par Gaz, le frère de Liv, et son fiancé Dalbert : ils ont droit à un vrai parcours et évitent les clichés faciles.</p>
]]></description></item><item><title>Tetris, Jon S. Baird</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/tetris-baird/</link><pubDate>Sat, 22 Apr 2023 17:00:17 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/tetris-baird/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/tetris-baird/tetris.jpeg">
        <p>L’histoire du jeu vidéo <em>Tetris</em> est indéniablement fascinante. Inventé en URSS dans les années 1980, il est repéré par un homme d’affaire britannique qui voit tout son potentiel et qui en vend les droits en Europe et aux États-Unis sans que ses concepteurs en aient tout à fait conscience. Le succès est immédiat dans le monde entier, à l’insu de son créateur, Alekseï Pajitnov, et des instances soviétiques qui pensent n’avoir signé qu’une licence limitée aux ordinateurs, alors qu’on retrouve le jeu dans des consoles et des bornes d’arcade. C’est un sujet intéressant pour un film et celui de Jon S. Baird s’intéresse tout particulièrement aux négociations entre Elorn, l’entité soviétique qui possédait les droits sur le jeu, Robert Stein qui a commencé à vendre des licences sans en avoir réellement la propriété, un géant des médias anglais et un américain qui comptait vendre <em>Tetris</em> à Nintendo. Le résultat est un biopic cinématographiquement sans grand intérêt et qui enrobe la réalité historique d’une bonne couche d’action digne d’un film d’espionnage un peu vieillot sur le KGB. Heureusement que <em>Tetris</em> n’est pas trop long et reste assez divertissant, mais l’ensemble reste assez décevant.</p>
<p>Dans un premier temps, <em>Tetris</em> semble réciter la fiche <em>Wikipedia</em> du jeu à vive allure. Le réalisateur voulait apparemment créer un équivalent à l’excellent <a href="https://voiretmanger.fr/social-network-fincher/"><em>The Social Network</em></a>, mais n’est pas David Fincher qui veut. L’action est rapide en effet, sauf que l’on passe d’un élément à l’autre sans explications et un contexte que je trouve bien insuffisant. Taron Egerton compose un Henk Rogers, l’Américain qui a vendu le jeu à Nintendo, plutôt convaincant<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, mais son personnage n’a aucun épaisseur psychologique, pas plus que le défilé de personnages secondaires autour de lui. Le rythme finit par ralentir quand le film débarque en URSS et que le reste du film se consacre entièrement aux négociations pour les droits du jeu. Sauf que cette fois, les scénaristes ont pris quelques libertés assez importantes avec <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tetris#Historique">la fiche <em>Wikipedia</em></a>. D’un coup, <em>Tetris</em> devient le symbole de la fin du communisme et une lutte sans merci entre des agents du KGB qui sont forcément malveillants et corrompus et la liberté occidentale. La vision de Moscou à la fin des années 1980 n’évite aucun cliché, de l’architecture triste aux pénuries, et Jon S. Baird imagine même une course-poursuite en Lada digne d’un film d’espionnage. Ce n’est pas ennuyeux et les rappels visuels issus du monde des jeux vidéo sont plaisants, bien que trop rares. Mais pourquoi tordre ainsi la réalité, qui aurait pu offrir un excellent film rien que sur ces négociations. Ou alors s’intéresser davantage au créateur du jeu, réduit ici à un père de famille logiquement inquiet face aux menaces directes lancées contre sa femme et ses enfants.</p>
<p>Une œuvre de fiction ne doit pas nécessairement respecter la réalité historique, bien entendu. Les scénaristes de <em>Tetris</em> peuvent naturellement inventer ce qu’ils ont envie ou embellir la réalité historique. Mais la contrepartie, c’est qu’il faut une nouvelle histoire passionnante et bien racontée. Ce qui n’est pas tout à fait le cas ici. Jon S. Baird reste trop dans le format du biopic conventionnel et oublie de créer des personnages complexes et intéressants. D’où cette sensation de regarder la mise en image d’une fiche <em>Wikipedia</em>, mais une fiche qui ne présenterait même pas la vérité fidèlement.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>À condition tout de même d’oublier que le vrai personnage est en partie indonésien et pas du tout blanc comme l’acteur…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Hartley, cœurs à vif, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/hartley-c%C5%93urs-vif-netflix/</link><pubDate>Thu, 20 Apr 2023 21:00:23 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/hartley-c%C5%93urs-vif-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/hartley-c%C5%93urs-vif-netflix/hartley.jpg">
        <p><em>Hartley, cœurs à vif</em> était à l’origine une série australienne diffusée dans les années 1990 et qui avait connu un grand succès en son temps. Près de trente ans après la diffusion du pilote, Netflix a proposé un <em>remake</em> modernisé, mais sur la même base : un lycée de Sydney, des jeunes et leurs problèmes d’amitiés, de sexe, d’alcool et de drogue. Une sorte d’<a href="https://voiretmanger.fr/euphoria-levinson-hbo/"><em>Euphoria</em></a> en Australie si l’on veut, même s’il faudrait ajouter une dose de <a href="https://voiretmanger.fr/sex-education-nunn-netflix/"><em>Sex Education</em></a> sur le côté éducation sexuelle de ces lycéens qui semblent tous un petit peu trop matures comme toujours dans ces séries « <em>teen</em> ». Les critiques dénonceront beaucoup trop vite l’écriture dictée par des algorithmes, ignorant la crédibilité des personnages imaginés par Hannah Carroll Chapman, Ben Gannon et Michael Jenkins. Une lecture superficielle pourrait pointer du doigt la représentativité presque trop parfaite sur le plan racial et sexuel, mais ce serait passer à côté de cette vision moderne et optimiste de la société où tout le monde peut vivre en harmonie. Des sentiments positifs qui n’ont jamais fait de mal à personne de temps en temps et que j’ai beaucoup appréciés.</p>
<p>Certes, la bande de lycéens rassemblée pour <em>Hartley, cœurs à vif</em> ressemble à un catalogue de promotion de la diversité. Et alors ? Quand on regarde le casting de la série originale, sans aucune diversité rien que dans la couleur de la peau, on réalise le chemin parcouru en trois décennies. D’aucuns voudraient revenir à cette époque jugée bénie où l’on pouvait aligner dix hétérosexuels blancs pour former une série qui semblait parfaitement représentative, mais j’espère que la jeunesse actuelle se retrouvera davantage dans cette classe bariolée et sexuellement décomplexée. Ce qui ne veut pas dire que la création de Netflix évite les sujet qui fâchent, au contraire même. La non-binarité de Darren est évoquée, notamment par le prisme de son beau-père qui refuse de faire un effort et qui utilise les pronoms masculins. La sexualité débridée en apparence de ces jeunes est aussi source de nombreuses moqueries, surtout quand elle sort des cadres hétéronormatifs qui restent dominants. Le scénario alterne entre sujets légers et graves, avec le viol qui se fraie une place tout au long de la première saison. Tout n’est pas rose, mais l’optimisme règne malgré tout, jusqu’au bout. C’est un choix assumé de la part de <em>Hartley, cœur à vif</em> et même les flashbacks qui reconstituent progressivement un drame — une idée peut-être piquée à <a href="https://voiretmanger.fr/elite-madrona-montero-netflix/"><em>Élite</em></a> — ne sont pas aussi terrifiants qu’on pourrait le penser. Il se passe des choses horribles pour les personnages, mais la série opte pour un traitement résolument positif et c’est à mon avis son plus gros point fort.</p>
<p>On ne manque pas de séries sur des adolescents, mais <em>Hartley, cœur à vif</em> parvient à sortir du lot grâce à ses personnages attachants et sa vision optimiste, sans être angélique, de notre société. Netflix a eu la bonne idée de la renouveler pour une deuxième saison et j’ai hâte de retrouver tous ces personnages dans leur quotidien. J’espère que les trois créateurs garderont le même cap et creuseront leur psychologie, pour s’éloigner encore davantage des quelques clichés qui restent. Cash, en particulier, est déjà parmi les plus intéressants de cette première saison et mériterait de gagner en richesse pour ne pas rester sur la caricature un peu facile de racaille. Ce que j’ai vu jusque-là me laisse un bon espoir que ce sera bien le cas.</p>
]]></description></item><item><title>Everything Everywhere All at Once (Original Motion Picture Soundtrack), Son Lux</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/everything-everywhere-once-original-motion-picture-soundtrack-son-lux/</link><pubDate>Wed, 19 Apr 2023 21:27:49 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/everything-everywhere-once-original-motion-picture-soundtrack-son-lux/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/everything-everywhere-once-original-motion-picture-soundtrack-son-lux/eeaao-son-lux.jpg">
        <p>J’étais tellement happé par l’excellent <a href="https://nicolasfurno.fr/film/everything-everywhere-once-daniels/"><em>Everything Everywhere All at Once</em></a> que j’en avais oublié que Son Lux avait signé la bande-originale. Pendant le film, je l’ai surtout réalisé lors d’une séquence vers la fin où tout d’un coup le son si typique du groupe américain qui monte à toute allure dans <a href="https://www.last.fm/user/nicolinux87/library/artists">mon classement des artistes que j’écoute le plus</a>. Pourtant, en écoutant l’album qui comprend toute la bande-originale du film et qui est le résultat de près de six ans de travail, c’est une évidence. <em>Everything Everywhere All at Once (Original Motion Picture Soundtrack)</em> (ouf) est bel et bien une création de Son Lux, même s’il faut bien faire de la place à quelques chansons ou sonorités existantes. En quasiment cinquante morceaux et près de deux heures de musique, ce n’est évidemment pas un album aussi dense et perfectionné que les autres productions du groupe, mais il n’en reste pas moins passionnant. Tantôt épique, tantôt intimiste et toujours riche.</p>
<p>Les 49 morceaux qui composent cette bande-originale sont principalement instrumentaux, même s’il faut noter la présence de quelques voix, dont celles de Mitski et de David Byrne sur le titre « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=EzxsTXNmVm0"><em>This Is A Life</em></a> » qui fait office d’ouverture. Les morceaux suivants font la part belle aux expérimentations musicales habituelles de Son Lux, sans oublier quelques belles mélodies et montées en puissance comme je les aime (« <a href="https://www.youtube.com/watch?v=RBe8IN0wczw"><em>The Alphaverse</em></a> » est un bon exemple). Avec une durée pour l’ensemble qui ne dépasse pas les deux heures, tous ces titres sont souvent assez brefs, même si « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Kp8n6ofMFIg"><em>Come Recover (Empaty Fight)</em></a> » dépasse les sept minutes, sans une de trop. Il faut dire qu’il est utilisé à un moment crucial du long-métrage et c’est d’ailleurs lui qui m’avait rappelé le rôle du trio américain, avec ces sons qui ont fait sa marque de fabrique. Sans répéter pour autant les productions précédentes signées Son Lux et en gardant une unité d’ensemble qui est tout à fait logique dans le cadre d’une bande originale de film.</p>
<p>Au bout du compte et après plus d’une dizaine d’écoutes de cet album fleuve, c’est ce que je retiendrai. <em>Everything Everywhere All at Once (Original Motion Picture Soundtrack)</em> est à la fois une impressionnante musique de film qui a parfaitement accompagné les images folles de Daniel Scheinert et Daniel Kwan, et à la fois un nouvel album riche et réjouissant de Son Lux. Vous pouvez l’écouter en vous remémorant le long-métrage ou en tant qu’objet audio indépendant et vous y trouverez toujours votre compte. En tout cas, j’ai pris beaucoup de plaisir à écouter ces 49 titres de Son Lux et c’est un plaisir de retrouver le prolifique trio, à peine un an après la conclusion de sa trilogie <em>Tomorrow</em>. Dont la création s’est en réalité déroulée en parallèle de ce projet totalement fou et qui vaut le détour, si vous avez aimé leur musique de film.</p>
]]></description></item><item><title>Acharnés, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/acharnes-netflix/</link><pubDate>Tue, 18 Apr 2023 21:15:59 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/acharnes-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/acharnes-netflix/acharnes.jpg">
        <p>Un klaxon un peu long accompagné d’un doigt d’honneur et Danny perd la tête. Il fonce au volant de son pick-up pourchasser le SUV blanc qui lui a fait du tort. Commence une longue poursuite qui ne se termine pas avec quelques fleurs abimées dans le malheureux jardin qui s’est trouvé sur leur route, mais bien plus tard, avec une série d’agressions qui va <em>crescendo</em> jusqu’au dernier épisode. <em>Acharnés</em> mérite d’être vu sans trop en savoir à son sujet. Lee Sung Jin commence avec un point de départ hélas trop banal — l’agressivité au volant teintée de masculinité toxique — pour aboutir sur une double histoire riche et complexe. Il est question de dépression, de capitalisme, de racisme et de famille dans ce tourbillon d’émotions fortes, une réussite à ne pas rater.</p>
<p>La série portée par Netflix cache bien son jeu. Elle débute avec un petit incident du quotidien et se transforme progressivement en réflexion globale sur le sens de la vie. Entre les deux, <em>Acharnés</em> déploie la relation explosive de ses deux personnages principaux en dix épisodes d’une demi-heure. Un format court qui colle parfaitement au projet, avec une bonne découpe des épisodes et une montée dans les tours qui est assez constante, même s’il y a une brève interruption avec une ellipse de quelques mois au milieu. Cette progression se fait naturellement, notamment grâce au talent des deux acteurs principaux : Steven Yeun, croisé dans <a href="https://voiretmanger.fr/walking-dead-darabont-kirkman-amc/"><em>The Walking Dead</em></a>, est excellent dans le rôle de Danny, mais je retiendrai surtout Ali Wong, parfaite dans celui d’Amy. Ils sont tous les deux systématiquement énervés et font constamment n’importe quoi à cause de cette colère sourde, mais sans tomber pour autant dans la caricature. C’est d’ailleurs le véritable tour de force de la série créée par Lee Sung Jin : elle ne se contente pas d’étaler la violence brute, elle s’accroche à une réalité qui semble crédible dès la première seconde. Au fil des épisodes, <em>Acharnès</em> lève le voile sur toutes les raisons qui peuvent expliquer cette violence, sans la justifier pour autant. La dépression est un facteur clé, mais on peut aussi évoquer la pression familiale, notamment pour ces jeunes immigrés qui doivent face en outre au racisme ambiant. Toutes ces thématiques sont brassées par la saison sans tomber dans les explications simplistes pour autant et la création de Netflix s’avère bien plus riche qu’on pourrait le croire.</p>
<p>D’ailleurs, je ne pensais pas initialement que l’humour serait aussi présent et j’ai été agréablement surpris par la fin qui tire presque du côté des frères Coen. Le créateur a imaginé cette première saison avec des suites en tête et j’espère que Netflix lui permettra de continuer. Quoi qu’il en soit, les dix premiers épisodes d’<em>Acharnés</em> valent indéniablement le détour.</p>
]]></description></item><item><title>Still Alice, Richard Glatzer et Wash Westmoreland</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/still-alice-glatzer-westmoreland/</link><pubDate>Sun, 16 Apr 2023 18:30:17 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/still-alice-glatzer-westmoreland/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/still-alice-glatzer-westmoreland/still-alice.jpg">
        <p>Professeure de linguistique, Alice a fondé toute sa carrière professionnelle et même toute sa vie à la recherche et l’enseignement autour des mots. C’est pourquoi le fait de les oublier, d’abord un au détour d’une conférence, puis de plus en plus, revient à perte de tout son univers. <em>Still Alice</em> s’intéresse à une maladie bien connue, mais contre laquelle on n’a toujours aucun traitement : Alzheimer. Le personnage principal vient tout juste de fêter son cinquantième anniversaire, alors c’est une théorie qui paraît absurde, mais les diagnostiques sont formels. Elle est victime d’une forme rare de la maladie qui se déclare à un âge précoce et qui peut s’aggraver rapidement. Pire, cet Alzheimer familial est transmissible génétiquement et les enfants qui en héritent ont 100 % de risque de l’avoir à leur tour. De quoi bouleverser le monde de n’importe qui, mais c’est logiquement encore pire pour une spécialiste de la langue et des mots.</p>
<p>Ce drame déchirant est mené par une Julianne Moore en grande forme. L’actrice a tout donné pour ce rôle, étudiant la maladie pendant des mois avant le tournage, et cela se voit. Son jeu évolue doucement et avec naturel, des premiers oublis qui ressemblent à des pertes de mémoire temporaires comme on peut tous en vivre, aux situations plus critiques, comme lorsqu’elle ne reconnaît même plus sa fille. <em>Still Alice</em> est adapté du roman éponyme écrit par Lisa Genova et dans les deux cas, l’idée brillante est d’adopter le point de vue de la malade. J’ai trouvé que l’actrice le rendait particulièrement bien, on ressent sa détresse au fur et à mesure de l’évolution de la maladie, on comprend ce qu’elle vit, cette impression de voir le sol disparaître sous ses pieds. La séquence du discours, en particulier, est poignante et justifierait à elle seule de regarder tout le film. Cette émotion vient peut-être du duo de réalisateurs : c’est le dernier projet que Wash Westmoreland a pu mener avec Richard Glatzer, son mari est mort d’une maladie lui aussi neurologique quelques mois après la sortie du long-métrage. Autant dire que les deux hommes savaient de quoi ils parlaient et cette proximité personnelle a sans doute contribué au succès de l’ensemble.</p>
<p>Alzheimer est souvent racontée par un tiers, et pour cause : une fois que la maladie a fait son œuvre, les victimes ne peuvent même plus dire ce qu’elles vivent. À ce stade, elles ne sont même plus forcément malheureuses, contrairement à leurs proches qui ont perdu quelqu’un d’encore vivant. L’approche de <em>Still Alice</em> est à cet égard particulièrement intéressante : Richard Glatzer et Wash Westmoreland explorent le vécu d’une personne qui se sent partir, avant qu’il ne soit trop tard pour en parler encore. C’est là tout l’intérêt du film, par ailleurs assez conventionnel, mais qui sort du lot par son point de vue et surtout, il faut bien le dire, par la prestation impeccable de Julianne Moore.</p>
]]></description></item><item><title>Kastel Koz</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/kastell-koz/</link><pubDate>Sat, 15 Apr 2023 21:52:03 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/kastell-koz/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/photo/kastell-koz/IMG_5629.jpeg">
        <p>La pointe de Kastel Koz est située sur la commune de Beuzec-Cap-Sizun, face à la presqu’île de Crozon. Comme toute la côte à l’ouest de Douarnenez, c’est une zone abrupte qui surplombe l’océan sur plusieurs dizaines de mètres et qui offre <a href="https://nicolasfurno.fr/photo/sentier-cotier-pointe-jument/">des paysages magnifiques</a>. Cette pointe, quasiment une presqu’île elle aussi, ne fait pas exception et on comprend sans peine pourquoi elle a été occupée par des humains <a href="https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00006369">dès le néolithique</a>. Au-delà du sentier côtier qui ne fait que passer, les chemins autour de l’oppidum ne sont pas tous bien tracés et il faut se frayer un chemin au milieu de la végétation par endroits, mais l’effort est récompensé par des vues à couper le souffle sur la baie de Douarnenez et le Cap de la Chèvre.</p>
]]></description></item><item><title>Girls5eva, Peacock</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/girls5eva-peacock/</link><pubDate>Thu, 13 Apr 2023 21:50:45 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/girls5eva-peacock/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/girls5eva-peacock/girls5eva.jpg">
        <p>Dans <em>Girls5Eva</em>, un « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Girl_group"><em>girl group</em></a> » qui a cartonné avec un seul titre à la toute fin des années 1990 tente un retour à notre époque. Les cinq filles — <a href="https://www.youtube.com/watch?v=baaSjb-Cihs">parce que quatre c’est trop court</a> — sont désormais bien loin du ‌showbiz, avec leurs familles, leurs boulots et un nom oublié depuis toujours. Tout bascule quand un célèbre rappeur reprend leur fameux titre en guise de sample pour son dernier tube et la série créée par Meredith Scardino se construit alors autour de cet espoir d’un retour. Entre nostalgie pour l’époque des Spice Girls et comédie caustique sur notre monde moderne où TikTok fait la loi, <em>Girls5Eva</em> est amusante et pleine de bonnes idées ainsi que d’hilarantes vraies fausses chansons inventées pour les besoins du groupe. Malheureusement, ce fourmillement bascule souvent dans le trop plein et la création de Peacock peut tomber dans l’indigestion.</p>
<p>Un des défauts de <em>Girls5Eva</em> est sans doute de vouloir brasser trop de thématiques et développer trop d’arcs narratifs sur ces personnages. Il y a un fil rouge qui aligne les seize épisodes des deux premières saisons, le fameux retour souhaité par les quatre survivantes du groupe, mais chaque épisode est l’occasion d’évoquer des sujets secondaires. En général, deux par épisode, avec un duo de chanteuses pour accompagner chaque sous-intrigue. Et dans le lot, je trouve que tout n’est pas aussi réussi et drôle que les fausses chansons où le curseur du ridicule est poussé au maximum pour notre plus grand plaisir. Cela dit, <em>Girls5Eva</em> repose sur un format court avec des épisodes qui tournent autour de la demi-heure et il faut saluer le travail des quatre actrices principales : Sara Bareilles, Renée Elise Goldsberry, Busy Philippe, sans oublier l’excellente <del>Melissa McCarthy</del> Paula Bell. Elles sont toutes dans la caricature outrancière, mais parviennent à insuffler dans leurs personnages une part de crédibilité. Je n’irai pas jusqu’à dire réalisme, mais enfin, ce n’était pas gagné.</p>
<p>Après l’annulation de Peacock, Netflix a repris le flambeau et offrira à <em>Girls5Eva</em> une troisième saison. Est-ce que je serai au rendez-vous ? Peut-être par curiosité, mais je ne suis pas convaincu que les scénaristes pourront renouveler la série sans tomber dans la redite.</p>
]]></description></item><item><title>Anne with an E, CBC</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/anne-with-an-e-cbc/</link><pubDate>Tue, 11 Apr 2023 21:10:51 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/anne-with-an-e-cbc/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/anne-with-an-e-cbc/anne.jpg">
        <p>Je dois confesser avoir découvert <em>Anne de Green Gables</em> en regardant cette énième adaptation pour CBC. Le roman publié en 1908 par Lucy Maud Montgomery est pourtant un classique qui a largement dépassé les frontières canadiennes, puisqu’il a été vendu d’après <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne%E2%80%A6_la_maison_aux_pignons_verts">sa fiche <em>Wikipédia</em></a> à plus de cinquante millions d’exemplaires, ce qui en ferait l’un des livres les plus vendus au monde, rien que ça. J’ai ainsi découvert la série créée pour la télévision canadienne et diffusée par chez nous sur Netflix en toute innocence, sans avoir la moindre idée de ce qui m’attendait. <em>Anne with an E</em> m’a rappelé la délicieuse <a href="https://voiretmanger.fr/downton-abbey-fellowes-itv1/"><em>Downton Abbey</em></a>, mais en version canadienne. On est quasiment à la même époque, la reconstitution historique est aussi soignée et surtout, tous les personnages sont riches et attachants, avec une bienveillance générale qui fait du bien de temps en temps. Un vrai bonheur, malheureusement écourté avec une troisième saison qui offre une conclusion bien trop prématurée à l’adaptation développée par Moira Walley-Beckett. Ce défaut mis à part, comment ne pas tomber amoureux d’Anne et de tout Avonlea ? Un coup de cœur.</p>
<p>Tout débute par l’arrivée d’Anne Shirley dans la petite bourgade d’Avonlea, une ville fictive située sur la bien réelle Île-du-Prince-Édouard, au nord est du Canada. L’orpheline espère trouver enfin une famille stable qui l’aimera, elle tombe sur le frère et la sœur Cuthbert qui espéraient adopter un garçon pour les aider à la ferme. Dès le pilote, la qualité de la reconstitution est éclatante, tout autant que l’excellence du jeu des acteurs, Amybeth McNulty en tête. La jeune actrice d’origine irlandaise a été choisie après un casting monstre et on comprend pourquoi dès sa première apparition. Son rôle est difficile, car le personnage est constamment enthousiaste — les contemporains diraient hystérique — et la jeune fille s’emporte en permanence dans des discours enjoués et presque ampoulés, ce qu’un acteur moyen pourrait aisément caricaturer. Rien de tel ici, sa sincérité est évidente et l’Anne imaginée par l’actrice explose à l’écran à chaque apparition, d’un bout à l’autre de la série. La reconstitution historique est aussi excellente et même si on repère ici ou là quelques fonds numériques de piètre qualité, les créateurs d’<em>Anne with an E</em> ont eu le bon sens de s’en tenir à des décors physiques et des costumes bien conçus. L’époque est ainsi parfaitement rendue, avec un sens du passé toujours présent et correctement exploité par plusieurs rebondissements que je ne révélerai pas. Ce qui ne veut pas dire que la série est dépassée, bien au contraire, elle trouve constamment des échos avec notre présent et actualise ses thématiques avec goût, que ce soit en direction du machisme ou du racisme.</p>
<p><em>Anne with an E</em> n’est pas tout à fait une série politique, ce qui ne l’empêche en rien de traiter des sujets éminemment politiques. Il est question de féminisme et de libération de la femme, au sein d’une société entièrement ancrée dans la domination masculine, où une femme ne vit que pour son père, puis son mari<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Il est aussi question de racisme, avec la création de tout un arc absent du roman autour de Bash. L’escapade dans les îles de Gilbert est d’ailleurs assez déroutante au départ, mais je trouve que les scénaristes se rattrapent élégamment par la suite, en offrant au duo une place centrale. La troisième saison confronte aussi le Canada à son traitement inhumain des Amérindiens, dont les enfants étaient kidnappés pour être convertis de force au christianisme et au mode de vie occidental. Malheureusement, c’est un arc qui a été sacrifié à cause de l’annulation de la série suivant la troisième saison. Ce n’est pas le seul d’ailleurs, on sent que les scénaristes se sont empressés de refermer tous les arcs narratifs, quitte à aller trop vite sur les derniers épisodes et tout particulièrement sur le dernier. C’est dommage, d’autant qu’<em>Anne with an E</em> avait trouvé sa vitesse de croisière et aurait pu continuer sur plusieurs saisons. Néanmoins, ce n’est pas de la faute des créateurs de la série si elle a été abandonnée et ils ont au moins pu offrir une fin à peu près correcte.</p>
<p>Après trois saisons et 27 épisodes, on abandonne tous ces personnages avec un petit pincement au cœur. C’est bien le signe du succès de la série : <em>Anne with an E</em> a réussi son pari en proposant une adaptation si vivante et des personnages si humains. Quel dommage de ne pas l’avoir autorisée à poursuivre au-delà…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Avec une belle inclusion de l’homosexualité qui est sans doute un ajout par rapport au roman, mais qui s’intègre ici admirablement. J’aurais aimé que le personnage de Cole trouve une place encore plus grande, mais je reconnais le travail réalisé par la série.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>Le Chardonneret, John Crowley</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/chardonneret-crowley/</link><pubDate>Mon, 10 Apr 2023 18:10:35 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/chardonneret-crowley/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/chardonneret-crowley/chardonneret.jpg">
        <p><em>Le Chardonneret</em> est une adaptation apparemment ratée du roman du même nom, si j’en crois les critiques qui comparent les deux. N’ayant pas lu l’œuvre originale de Donna Tartt, je serais bien en peine d’en juger, mais je n’ai pas trouvé cette version cinématographique si mauvaise. Peut-être que John Crowley avait un petit peu trop de matériau sous la main, si bien que les quasiment deux heures et demie que dure le film sont trop courtes pour tout contenir. Il y a, c’est vrai, un sentiment par endroit de survoler des scènes sans y attacher suffisamment d’importance, tandis que le défilé d’acteurs connus dans les seconds rôles peut donner dans la surenchère. Peut-être en effet que ce long-métrage aurait bénéficié d’un traitement plus long, comme celui d’une série. Néanmoins, l’ensemble m’a paru intéressant, pas tant l’intrigue autour du tableau à proprement parler et bien plus la question du traumatisme et de toutes ses conséquences psychologiques.</p>
<p>Au fond, <em>Le Chardonneret</em> est avant tout une œuvre sur le stress post-traumatique et sur Theo qui doit survivre comme il peut après avoir perdu sa mère dans l’explosion d’un musée new-yorkais. Le film, comme le livre j’imagine, suit deux temporalités en parallèle : l’adolescence du garçon juste après l’explosion d’une part, ses débuts en tant que jeune adulte d’autre part. John Crowley entremêle les deux époques avec une mise en scène qui évite bon nombre de travers courants pour représenter des flashbacks. Il ne s’agit de toute manière pas réellement d’expliquer ses actions présentes en fonction de celles du passé, le scénario avance sans jugement et parfois même sans explication. Ce que j’ai trouvé agréable, on évite ainsi la lourdeur habituelle, même si le roman original était manifestement bien plus complexe. Quoi qu’il en soit, j’ai trouvé cette adaptation sympathique, sans former un grand film en effet, mais avec un regard juste sur le traumatisme et sur l’incompréhension générale. À cet égard, la scène d’interrogatoire par la police dans la foulée de l’explosion est horrible et bien menée. Il faut d’ailleurs d’ailleurs noter que l’acteur qui joue le jeune Theo, Oakes Fegley, est assez épatant dans ce rôle difficile.</p>
]]></description></item><item><title>L’Origine du mal, Sébastien Marnier</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/origine-mal-marnier/</link><pubDate>Sun, 09 Apr 2023 22:00:04 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/origine-mal-marnier/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/origine-mal-marnier/origine-mal.jpg">
        <p>Le scénario de <em>L’Origine du mal</em> serait au fond fort banal si on le résumait en fin de film, mais ce n’est pas en cela que la dernière réalisation de Sébastien Marnier est intéressante. Dans ce thriller, un genre assez rare dans le cinéma français, tout l’intérêt est justement de découvrir cette histoire et de suivre le parcours de ses personnages. J’ai beaucoup aimé les choix du cinéaste, qui montre en sous-entendant, laissant le spectateur faire des jugements logiques, mais bien souvent faux. Même si ce n’est pas l’intrigue la plus originale qui soit, je l’ai trouvée fort amusante, à condition bien entendu de découvrir le film sans rien avoir lu à son sujet. Vous savez ce qui vous reste à faire si vous ne l’aviez pas encore regardé…</p>
<p>L’héroïne se prénomme Stéphane et elle a finalement retrouvé son père, Serge, qui a eu une aventure avec sa mère bien des années plus tôt. La joie des retrouvailles est vite interrompue quand la richesse du père est apparente : il vit désormais dans une immense maison<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> sur l’île de Porquerolles et il a manifestement amassé une fortune tout aussi gigantesque que ce manoir. Sa femme et sa fille suspectent immédiatement la nouvelle arrivante d’en vouloir à son argent. On pourrait être au théâtre, mais Sébastien Marnier a ce don d’en révéler le moins possible et de faire mentir tout le monde, tout le temps. Il a trouvé pour cela l’actrice parfaite en Laure Calamy, elle est d’un naturel confondant même quand elle ment ouvertement, à tel point qu’elle parvient à faire douter jusqu’au spectateur qui connaît pourtant la vérité. Tout le casting de <em>L’Origine du mal</em> est parfait, il faut le reconnaître, avec une belle idée : mis à part pour Serge, incarné par Jacques Weber, il n’y a que des femmes dans ce film. Dont l’actrice québécoise Suzanne Clément, que j’avais découverte chez Xavier Dolan, et qui est parvient à jouer avec une justesse assez incroyable malgré sa présence assez rare finalement à l’écran.</p>
<p>Sans rien dire sur la résolution de l’intrigue, j’ai apprécié le déroulement du scénario, qui monte <em>crescendo</em> et s’arrête pile au moment qu’il fallait. Loin du ronron habituel d’un certain cinéma français, Sébastien Marnier a su mener son thriller pile comme il le fallait et cela fait plaisir à voir.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>La même, de manière assez amusante, que celle qui a servi au tournage de <em>‌<a href="https://nicolasfurno.fr/film/downton-abbey-2-nouvelle-ere-curtis/">Downton Abbey II : Une nouvelle ère</a></em>.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Plan 75, Chie Hayakawa</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/plan-75-hayakawa/</link><pubDate>Sat, 08 Apr 2023 17:30:05 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/plan-75-hayakawa/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/plan-75-hayakawa/plan-75.jpg">
        <p>Dans un monde où l’on vit de plus en plus vieux, comment gérer une population vieillissante et de moins en moins productive ? <em>Plan 75</em> imagine un Japon où une solution radicale a été trouvée : inciter les personnes de plus de 75 ans à mourir suite à une euthanasie. Cela reste sur la base du volontariat, mais Chie Hayakawa envisage la solution la plus cynique et en même temps la plus terriblement réaliste pour obtenir le maximum de volontaire : le capitalisme. En incitant les entreprises privées à prendre part au plan 75, le réalisateur japonais produit une dystopie cauchemardesque, précisément parce qu’elle fait preuve d’un rare réalisme. Glaçant et brillant.</p>
<p><em>Plan 75</em> est éminement politique et une critique acerbe de nos sociétés capitalistes où la quête d’optimisations a pris le dessus sur tout le reste. Mais le cinéaste n’adopte jamais un ton didactique et il préfère montrer l’air de rien plutôt que de dire. Un parti pris étonnant et que j’ai trouvé bien plus puissant que la voie la plus évidente. En suivant le parcours de quelques personnages, dont une femme de 78 ans qui travaille encore dans un hôtel pour payer le loyer de son appartement où elle vit seule, le long-métrage déploie son message discrètement et avec une efficacité d’autant plus forte. J’ai d’abord été impressionné par la manière qu’a eu Chie Hayakawa de présenter sa vision du Japon comme s’il s’agissait d’un documentaire. Il n’y a aucune date, mais son univers pourrait très bien être le nôtre et le spectateur ne serait même pas choqué par cette entreprise qui fait de la publicité pour inciter des vieux à mourir. Pas plus que les techniques mises en œuvre ne choqueraient particulièrement : ni les 700 € donnés à tous les candidats, ni les formules crémation incluse, ni le soi-disant soutien moral qui est en réalité une manière pour l’entreprise de s’assurer que les candidats ne se dégonflent pas à la dernière seconde. Même l’emploi d’étrangers, dont une philippine que l’on suit aussi pendant le film, pour gérer les possessions des morts dans une séquence qui évoque forcément les camps de concentration, ne semble vraiment choquant à nos yeux contemporains, ce qui en dit long sur notre société.</p>
<p>Au lieu d’offrir un salaire universel décent à tout le monde, le Japon fictif de Chie Hayakawa met en place des stratégies d’une complexité folle pour maintenir la logique capitalistique, entre travail des séniors et euthanasie presque forcée. C’est une vision qui fait froid dans le dos tant elle paraît crédible, mais <em>Plan 75</em> n’est pas entièrement plombé pour autant. S’il offre une évocation assez terrifiante des fins de vie solitaires, le film se termine sur une note d’espoir que je ne dévoilerai pas, mais qui apporte tout de même un petit peu de lumière dans l’ensemble. Encore une fois, le réalisateur le fait de la manière la plus subtile qui soit, sans appuyer lourdement son message et en se contentant d’images qui en disent bien long qu’un discours.</p>
]]></description></item><item><title>Radical Romantics, Fever Ray</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/radical-romantics-fever-ray/</link><pubDate>Thu, 06 Apr 2023 21:45:55 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/radical-romantics-fever-ray/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/radical-romantics-fever-ray/radical-romantics.jpg">
        <p>Comme à peu près tout le monde j’imagine, j’ai découvert Fever Ray avec « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=EBAzlNJonO8"><em>‌If I Had a Heart</em></a> », le titre inaugural de <em>Fever Ray</em>, premier album de Karin Dreijer sous ce nom. Ce morceau sombre et lancinant a été utilisé tant de fois, notamment en guise de musique de générique pour la série <a href="https://voiretmanger.fr/vikings-hirst-history/"><em>Vikings</em></a>, mais il faut lui reconnaître une force indéniable, même après toutes ces années et même après tant d’écoutes. Suite à cette découverte, j’avais naturellement mis la main sur l’album complet et découvert un univers musical « electropop » d’une richesse incroyable, porté par la voix entêtante de l’artiste suédoise.</p>
<p>Fever Ray a pris son temps, puisque 14 ans après ses débuts, elle livre un troisième album. <em>Radical Romantics</em> est à la première écoute indéniablement dans la lignée du premier, avec un titre inaugural qui, sans être aussi puissant que celui de <em>Fever Ray</em>, reste malgré tout d’une belle intensité et dans la même tendance. « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=VudTAeQeA9o"><em>What They Call Us</em></a> » n’est pas pour autant le signe que les neuf titres qui vont suivre ne seront que des répétitions. Bien au contraire, la musicienne déploie un univers à la fois minimal par les moyens mis en œuvre et riche par le résultat. Comme toujours, j’ai particulièrement apprécié les changements constants d’ambiance et de rythme. Même si l’ensemble a une forte unité sonore permise notamment par la tonalité particulière de la chanteuse, chaque écoute révèle des petits éléments nouveaux, ce qui est toujours un bon signe pour durer. Avec ses 44 minutes au compteur, <em>Radical Romantics</em> n’est pas trop long et prend même le temps de se terminer sur l’étonnant « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=rgvmtSojjfk"><em>Bottom Of The Ocean</em></a> » et ses plus de sept minutes sans paroles, mais avec des sons qui évoquent, vous l’aurez deviné, le fond de l’océan. Surprenante à la première écoute, j’ai appris à beaucoup aimer cette conclusion déroutante.</p>
<p>L’expérimentation n’est ainsi jamais loin, sans tomber dans l’excès et tout en restant finalement simple d’accès et facile à écouter. La musique de Fever Ray est souvent assez sombre et dense, ce qui n’empêche pas des moments plus lumineux, avec des variations qui peuvent survenir au sein d’un même morceau, comme « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=CacWHzB-Dt4"><em>Carbon Dioxide</em></a> » l’illustre bien. Un bel équilibre et un bel album.</p>
]]></description></item><item><title>Souvenirs goutte à goutte, Isao Takahata</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/souvenirs-goutte-goutte-takahata/</link><pubDate>Tue, 04 Apr 2023 21:20:56 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/souvenirs-goutte-goutte-takahata/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/souvenirs-goutte-goutte-takahata/souvenirs-goutte-goutte.jpg">
        <p>Isao Takahata rassemble tous ses sujets fétiches dans <em>Souvenirs goutte à goutte</em>. Ce film d’animation qui est à la fois indiscutablement une création du studio Ghibli et résolument une œuvre à part, ce que je trouve toujours fascinant chez le réalisateur japonais. Juste avant <em><a href="https://voiretmanger.fr/pompoko-takahata/">Pompoko</a></em> qui abordait ce sujet de manière plus frontale, il est question ici de vie à la campagne, de fureur de la ville et d’écologie. Et comme le titre le laisse bien entendre, il est aussi question de souvenirs et un petit peu de nostalgie dans cette histoire touchante et juste, sans tomber dans la vénération bête du passée pour autant. Un film magnifique encore une fois, peut-être moins connu que les productions de Hayao Miyazaki à l’époque, mais certainement pas moins intéressant.</p>
<p><em>Souvenirs goutte à goutte</em> s’articule autour de deux époques qui alternent et se répondent. Taeko adulte se remémore son enfance coincée à Tokyo à l’occasion d’un voyage à la campagne qui lui permet de sortir de la ferveur urbaine. Elle a grandi dans l’immense ville japonaise et a toujours rêvé de campagne, notamment lors de ces vacances estivales où elle se retrouve seule à faire de la gymnastique diffusée à la radio. Face à ce quotidien assez triste, la campagne lui semblait riche et vivante, un sentiment qui n’a jamais quitté la jeune femme et qui la pousse à partir dans la belle famille de sa sœur. En parallèle de ses souvenirs, le long-métrage raconte ainsi une semaine passée au milieu des champs, à récolter les fleurs du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Carthame_des_teinturiers">carthame des teinturiers</a> tôt le matin. Ce n’est pas une tâche facile, mais Taeko y trouve beaucoup de plaisir, à tel point que lorsqu’on lui suggère de tout quitter pour venir habiter ici, elle hésite. Isao Takahata ne donne pas tout à fait de réponse sur sa décision, le cinéaste coupe le film juste avant et c’est très bien ainsi. Comme souvent avec les productions Ghibli, la subtilité tant de la forme que du fond est frappante. Sur la forme, le réalisateur opte pour deux styles bien différents : les souvenirs ont des tons pastels et des traits simplifiés, quand le présent opte pour un dessin au contraire extrêmement détaillé et un style plus réaliste.</p>
<p>Sur le fond, j’ai beaucoup apprécié le traitement de tous les sujets brassés par <em>Souvenirs goutte à goutte</em>. La nostalgie, par exemple, est remarquablement présentée, il ne s’agit en aucun cas de valoriser le passé façon « c’était mieux avant », mais de revenir à des modes de vie plus simples peut-être. De la même manière, tout le discours écologique semble étonnamment d’actualité pour ce long-métrage qui fêtera cette année son trente-deuxième anniversaire. Comme dans <em>Pompoko</em> d’ailleurs, Isao Takahata est un visionnaire dont le discours n’a pas pris une ride et qui est brillamment présenté, même s’il ne serait probablement toujours pas compris par tous les spectateurs aujourd’hui.</p>
]]></description></item><item><title>La pointe de la Torche</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/pointe-torche/</link><pubDate>Sun, 02 Apr 2023 21:51:12 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/pointe-torche/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/pointe-torche/IMG_5399.jpeg">
        &lt;p>Célèbre pour son spot de surf, la pointe de la Torche est aussi un coin magnifique qui coupe l’immense plage le long de la baie d’Audierne. La petite presqu’île est bondée dès que le soleil pointe le bout de son nez, mais elle vaut le détour, surtout après une tempête. Les petits chemins qui partent vers le nord comme vers le sud sont rapidement désertés par les touristes et parfaits pour une balade plus au calme.&lt;/p>
</description></item><item><title>Compétition officielle, Gastón Duprat et Mariano Cohn</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/competition-officielle-duprat-cohn/</link><pubDate>Sat, 01 Apr 2023 18:05:28 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/competition-officielle-duprat-cohn/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/competition-officielle-duprat-cohn/competition-officielle.jpg">
        <p><em>Compétition officielle</em> est un film sur le tournage d’un film. Un classique, décliné ici par les deux réalisateurs argentins sur le mode de la comédie noire. En confrontant deux acteurs opposés en tout, si ce n’est pour leur égo tout aussi démesuré, Gastón Duprat et Mariano Cohn imaginent une critique assez acerbe des acteurs imbus d’eux-mêmes et un long-métrage amusant. Son succès doit tout au trio d’acteurs réunis pour interpréter la réalisatrice et les deux acteurs de ce faux film, avec un casting sans faute. Penélope Cruz est géniale dans le rôle de la cinéaste timbrée, tandis qu’Antonio Banderas comme Oscar Martínez s’en donnent à cœur joie pour interpréter des caricatures d’acteurs faussement humbles. La confrontation mise tout sur des oppositions frontaliers et des clichés, mais les scénario ne reste pas dans la caricature facile et parvient à créer des personnages crédibles.</p>
<p>Lors d’une conférence de presse donnée après la sortie du film, la réalisatrice répond sèchement à la question d’une journaliste qui veut en savoir plus sur le message de son film. C’est trop réducteur, explique-t-elle, c’est une œuvre d’art qui n’a pas besoin d’un message et qu’il ne faut pas chercher à expliquer à tout prix. Faut-il en déduire la même chose pour <em>Compétition internationale</em> lui-même ? Sans être une œuvre politique, le scénario ne manque pas d’offrir une vision assez acerbe du cinéma, à commencer par ce film qui ne naît que parce qu’un millionnaire qui a fait sa fortune dans les médicaments veut laisser une trace. Il lance deux projets, pour créer un pont à son nom et ce projet de long-métrage, peu importe le sujet, tant qu’il s’offre le meilleur réalisateur et les meilleurs acteurs. Les deux acteurs sont évidemment ridicules avec leur compétition permanente et leurs chipotages, l’un pour n’avoir que de la nourriture bio et produite en Espagne, l’autre pour ne voler qu’en classe économique par fausse humilité. Et que dire de la réalisatrice et ses idées extrêmes qui sont poussées à leur paroxysme lors d’une séance de destruction de prix.</p>
<p>Tout le monde en prend pour son grade, même si Gastón Duprat et Mariano Cohn ont sans doute avant tout cherché le comique de situation et non un message politique. Quoi qu’il en soit, <em>Compétition officielle</em> m’a bien amusé et j’ai trouvé la mise en abîme sur la fin bien trouvée. Un vrai plaisir.</p>
]]></description></item><item><title>Street of Minarets, Dhafer Youssef</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/street-minarets-youssef/</link><pubDate>Fri, 31 Mar 2023 21:45:33 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/street-minarets-youssef/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/street-minarets-youssef/street-minarets.jpg">
        <p>Dès les premières notes de « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=IJ4PnzgdzfI"><em>Street of Minarets</em></a> » qui ouvre l’album du même nom, j’étais conquis. Dhafer Youssef débute avec une ambiance éthérée, où la trompette et sa voix aérienne se combinent pour former une introduction qui m’a rappelé l’excellente collaboration <a href="https://www.youtube.com/watch?v=ouHQBJry-s8">entre Erik Truffaz et Murcof</a>. Et puis, après plus de 4 minutes et alors qu’il en reste autant, un changement d’ambiance qui laisse place à la batterie, à une guitare électrique. Sur près de neuf minutes, c’est un morceau plein de surprises qui se révèle progressivement, tout en gardant une belle cohérence. <em>Street of Minarets</em> est à l’image de ce titre inaugural, un réjouissant échange entre les influences tunisiennes apportées par l’artiste et une exploration de multiples jazz.</p>
<p>L’oud et le piano entrent dans un dialogue sur « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=pRuZ3vobs00"><em>Bal d’âme</em></a> », un titre épuré qui tranche avec d’autres compositions plus complexes. Le synthé débarque dès le titre suivant, introduisant une touche de musiques électroniques entre l’oud et la trompette cette fois. La guitare et la basse peuvent créer une ambiance plus funk sur quelques titres — dont le bien nommé « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=GXU9oaPBsbM"><em>Sudra Funk</em></a> », un autre petit bijou qui fusionne plusieurs styles différents en un morceau parfaitement cohérent et plaisant. Le mélange des genres est un thème récurrent et l’album révèle quelques surprises tout au long de ses 12 titres. Dhafer Youssef pose sa voix à plusieurs reprises, véritable instrument supplémentaire qui tisse un pont de plus vers l’Orient, tout en trouvant tout naturellement sa place au sein des compositions de jazz. Ses compositions m’ont aussi évoqué celles de Hadouk, toujours dans cette idée de dialogue entre plusieurs cultures sur un fond de jazz. C’est peut-être aussi lié à la présence de la flute sur plusieurs morceaux (« <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Sxa61tjjR6c"><em>Spinning Hermit</em></a> » ou plus encore sur « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=0hln3DQPAi8"><em>Ondes of Chakras</em></a> » qui ferme l’album), un instrument que Didier Malherbe maîtrise parfaitement lui aussi.</p>
<p><em>Street of Minarets</em> m’a plus dès la première écoute et ne m’a jamais lassé, même après des dizaines à ce stade de passage dans mon casque. Dhafer Youssef a créé un petit bijou qui évolue entre le jazz occidental et les musiques orientales et qui révèle progressivement toute sa richesse. Une excellente découverte, qui me donne envie de me plonger dans la carrière bien longue et manifestement riche du musicien tunisien.</p>
]]></description></item><item><title>Élite, Netflix (saisons 5 et 6)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/elite-netflix-saison-5-6/</link><pubDate>Thu, 30 Mar 2023 21:50:38 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/elite-netflix-saison-5-6/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/elite-netflix-saison-5-6/elite.jpg">
        <p><em>Élite</em> a toujours assumé son côté ridicule, ce qui a aussi fait le succès de <a href="https://voiretmanger.fr/elite-madrona-montero-netflix/">ses premières saisons</a>. Mais la création espagnole de Netflix a vite tourné en rond et la quatrième en particulier semblait assez redondante. Ce qui ne l’empêche pas de poursuivre sa carrière, puisque le service de streaming en a ajouté deux de plus en 2022 et commandé une septième saison. Plus on avance, moins le concept de lycéens tient debout et plus encore que la cinquième saison qui reste dans cet état d’esprit, je crois que le message est enfin passé avec la sixième. Il y a bien un plan ou deux dans les couloirs du lycée histoire de dire, mais l’excuse n’a jamais été aussi apparente et Darío Madrona et Carlos Montero n’essaient même plus de faire semblant. Tant mieux, <em>Élite</em> n’avait jamais été réaliste de toute manière, même si je ne peux pas m’empêcher de noter que c’est tout de même dommage de perdre toute ambition réaliste alors même que le sponsor de Microsoft s’est arrêté. On retrouve enfin des iPhone et des Mac dans les mains de ces riches madrilènes, ce qui est un progrès indéniable en matière de crédibilité.</p>
<p>Si <em>Élite</em> s’affranchit en partie de l’idée stupide que des acteurs de plus de 25 ans jouent des lycéens, la série reste bien ancrée dans sa vision fantasmée et ridicule d’une jeunesse dorée, complètement inconsciente du réchauffement climatique. Les uns n’hésitent pas à se rendre en hélicoptère à Ibiza le temps d’une soirée, tandis qu’un père offre à ses trois enfants une Mercedes personnalisée alors même qu’ils n’ont pas le permis. D’ailleurs, la sixième saison fait un nouveau ménage dans les personnages et vire tous ceux qui étaient pauvres. On oublie le lycée et on ne garde que les riches qui peuvent se permettre de passer toutes leurs soirées dans un club… propriété d’une camarade de classe. C’est assez navrant de penser que cet univers puisse encore faire rêver, mais j’imagine que c’est le cas et que cela explique ce choix de la part des scénaristes. Ajoutez à cela une diversité raciale médiocre, pour ne pas dire honteuse, avec un personnage black qui est… un immigré clandestin évidemment ! <em>Élite</em> tente maladroitement de rectifier le tir avec une autre élève noire et riche, mais enfin, c’est tout de même assez affligeant.</p>
<p>Fort heureusement, la série espagnole se rattrape sur la diversité sexuelle et sur des sujets sensibles, en particulier le viol de jeunes femmes droguées ou fortement alcoolisées. C’est un thème difficile et qui est bien géré dans l’ensemble, avec une remise en cause des victimes qui est hélas trop souvent la réalité. La saison 6 introduit aussi un personnage trans et explore fort bien les difficultés liées à sa transition, tout en utilisant un autre personnage pour parler de violences domestiques. Est-ce suffisant pour continuer encore à regarder <em>Élite</em> ? Je n’en suis pas certain, d’autant que chaque saison continue de se construire autour d’un mort ou d’un accident annoncé dès le premier épisode, ce qui devient franchement lourd. Et même si les scènes de douche dans les vestiaires masculins qui ont fait la réputation de la série restent plaisantes, elles ne sont pas si nombreuses et peinent à compenser le sentiment de redite. Mais qui sait, maintenant que le concept de lycéens est abandonné, peut-être que l’on pourrait consacrer davantage de temps aux personnages ? J’ai bien aimé le parcours de Patrick et Iván, justement car il sortait de la caricature idiote avec une relation amoureuse crédible. Ce pourrait être une bonne piste pour améliorer les futures saisons d’<em>Élite</em>, mais je ne retiendrai pas mon souffle.</p>
]]></description></item><item><title>Home for Christmas, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/home-christmas-netflix/</link><pubDate>Wed, 29 Mar 2023 21:50:07 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/home-christmas-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/home-christmas-netflix/home-for-christmas.jpg">
        <p><em>Home for Christmas</em> est une comédie romantique qui n’essaie pas de réinventer le genre et qui n’a pas peur de rester dans un cadre établi. Ce qui ne veut pas dire que c’est une mauvaise série, déjà car on a toujours besoin de temps en temps d’un peu de guimauve, ensuite parce que cette création norvégienne pour Netflix, la première dans le pays, est amusante et attachante grâce à son personnage principal. Johanne, trentenaire, promet à sa famille qu’elle viendra avec un petit ami au prochain Noël… dans deux semaines. C’est le point de départ de la première saison, qui se transforme en course contre la montre pour trouver le bon candidat. La jeune femme enchaîne les expérimentations, sort avec un jeune puis un vieux, tente un <em>speed-dating</em> et se laisse même tenter par une collègue qui la drague. Sans trop en dire, le happy-end attendu dans le genre n’est pas nécessairement au rendez-vous à la fin de la première saison, mais la deuxième embraye avec six nouveaux épisodes de 30 minutes et cette fois une conclusion en bonne et due forme.</p>
<p>J’ai beaucoup aimé cette comédie romantique norvégienne, avec un décalage culturel suffisant pour ajouter une petite dose d’exotisme<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Les deux saisons de <em>Home for Christmas</em> se déroulent la semaine d’avant Noël et on voit bien la folie représentée par cette période, toutes les petites traditions que l’on ne connaît pas en France, tout en déroulant une histoire universelle. Ce n’est pas réellement surprenant, ne nous mentons pas, et si vous cherchez l’originalité dans chaque série, vous serez forcément déçu. Mais dans le cas contraire, la création de Netflix se regarde aisément et avec plaisir. J’ai particulièrement apprécié Ida Elise Broch, parfaite de générosité et de désespoir dans le rôle principal. À ses côtés, Felix Sandman, acteur suédois déjà croisé dans <em><a href="https://voiretmanger.fr/quicksand-edgren-hakansson-netflix/">Quicksand</a></em>, m’a surpris par la complexité inattendue de son personnage. Mais il faut saluer le travail d’écriture sur tous les personnages secondaires, la famille et les amis de Johanne, qui enrichissent indéniablement l’ensemble. Une belle réussite, en somme.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<ol>
<li id="fn:1">
<p>« <em>Gouyoule</em> ! » (en réalité, « <em>‌god jul</em> », mais c’est plus amusant à entendre qu’à lire)&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Incroyable mais vrai, Quentin Dupieux</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/incroyable-mais-vrai-dupieux/</link><pubDate>Sun, 26 Mar 2023 19:05:45 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/incroyable-mais-vrai-dupieux/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/incroyable-mais-vrai-dupieux/incroyable-mais-vrai.jpg">
        <p>Quentin Dupieux ne déçoit jamais. Résolument à part, le cinéaste continue de proposer des expériences cinématographiques qui ne ressemblent à aucune autre et il le prouve encore une fois avec <em>Incroyable mais vrai</em>. Cette comédie, au nom si bien trouvé, mérite d’être vue en ne connaissant absolument rien à son sujet alors si vous ne l’avez pas regardée et que l’absurde ne vous effraie pas, cessez votre lecture et foncez voir le long-métrage. Qui, avec son heure et quart au compteur, est d’ailleurs agréablement court par rapport à la longueur moyenne toujours croissante des productions actuelles.</p>
<p>Tout le plaisir d’<em>Incroyable mais vrai</em> tient en effet dans le suspense. Celui qu’entretient malicieusement l’agent immobilier qui fait visiter à Alain et Marie une grande maison dans la banlieue parisienne. Le couple a beau vivre seul sans enfants, ils sont sous le charme de la demeure et n’hésitent pas à suivre l’agent quand il leur promet le clou du spectacle sous la forme d’un… trou dans la cave. Il refuse alors d’expliquer où il mène et par la suite retarde les explications, comme Quentin Dupieux le fait avec un montage qui reste toutefois largement linéaire. Et comme il sait si bien le faire, son œuvre bascule brutalement dans une forme de fantastique, sans jamais perdre de vue le réalisme. Le spectateur reste constamment dans cet entre deux et ne sait jamais trop sur quel pied danser. C’est toute la force du projet, qui se concrétise brillamment lors d’un repas avec un autre couple d’amis où la conversation bascule sans prévenir dans une nouvelle dose d’absurde et de fantastique. Je préfère ne pas trop en dire et de toute manière, ce ne sont pas tant les idées déployées par <em>Incroyable mais vrai</em> qui sont intéressantes, mais bien plus la manière dont elles sont annoncées.</p>
<p>Dans ce genre de l’absurde, tout est question d’interprétation et les acteurs ont un rôle encore plus important pour que l’intrigue fonctionne correctement. Quentin Dupieux sait toujours bien s’entourer et c’est un carton plein ici. Alain Chabat, un habitué, est évidemment incroyable dans ce registre, mais c’est aussi vrai de tous ceux qui l’entourent. Léa Drucker est bluffante pour incarner sa femme complexée jusqu’à la folie par son âge, tandis que Benoît Magimel est incroyable dans le rôle du patron sexiste complexé par les caractéristiques de son engin. Il n’y a aucune fausse note et c’est grâce à eux que, <em>Incroyable mais vrai</em>, peut pleinement fonctionner en dépit de son sujet absurde.</p>
]]></description></item><item><title>Half Bad : Mal &amp; Fils, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/half-bad-mal-fils-netflix/</link><pubDate>Fri, 24 Mar 2023 21:25:00 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/half-bad-mal-fils-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/half-bad-mal-fils-netflix/half-bad.jpg">
        <p>Des sorciers, des adolescents… <em>Half Bad : Mal &amp; Fils</em><sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> n’a pas grand-chose pour elle. Mais on n’est jamais à l’abris d’une bonne surprise avec les séries britanniques, alors nous avons donné sa chance à la création de Joe Barton, croisé auparavant pour le sympathique <em><a href="https://voiretmanger.fr/giri-haji-barton-bbc/">Giri/Haji</a></em>. Nous l’avons commencée sans savoir que Netflix avait annulé la série, comme c’est désormais trop régulièrement le cas. Et c’est dommage, car malgré son manque d’originalité et des dialogues pas toujours bien menés, cette première saison se regarde avec plaisir. Il y avait un vrai potentiel pour se rapprocher de <a href="https://voiretmanger.fr/magicians-gamble-mcnamara-syfy/"><em>The Magicians</em></a>, sans l’atteindre pleinement à cause de ces défauts et de personnages peut-être un peu trop jeunes, même si j’ai trouvé qu’ils étaient assez bien écrits dans l’ensemble.</p>
<p>J’ai particulièrement apprécié la diversité, tant racialle que sexuelle. La relation entre Nathan et Gabriel a été la grande surprise de la saison, une surprise bienvenue et particulièrement bien amenée par l’adaptation en série. C’est fait par petites touches discrètes, si bien que lorsqu’elle arrive pleinement, on n’est pas étonné et surtout, on y croit. Jay Lycurgo et Emilien Vekemans méritent être salués pour leur interprétation respective et un jeu étonnamment mature pour le premier. <em>Half Bad : Mal &amp; Fils</em> avait ainsi du potentiel et le dernier épisode plante le décor pour une suite qui n’arrivera jamais. En l’état, la série restera à l’état embryonnaire, avec ses gros défauts indéniables et ses qualités. Dommage de la voir annulée si vite, malgré tout.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Sans commentaire. Le titre anglais était excellent en plus : <em>‌The Bastard Son &amp; The Devil Himself</em>.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Shook, Algiers</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/shook-algiers/</link><pubDate>Tue, 21 Mar 2023 22:10:02 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/shook-algiers/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/shook-algiers/shook.jpg">
        <p>À chaque album, Algiers semble chercher à repousser les limites encore un petit peu plus loin. J’aurais eu du mal à croire qu’ils pousseraient encore leur musique née sous le signe du chaos, où les genres se bousculent pour former une bande-originale sombre et pas évidente à aborder. <em>Shook</em> prouve que le groupe d’Atlanta en avait encore en réserve, avec une ouverture plus large encore des genres et cette fois quelques incursions remarquées dans l’univers du hip-hop, sans perdre de vue le punk industriel qui a fait leur renommée. Il m’a fallu quelques écoutes pour entrer dans ce quatrième album, une constante chez Algiers, mais cet effort est tout à fait mérité. Pas moins de dix-sept nouveaux titres qui forment un ensemble de près d’une heure intense et dense. Un album qui se révèle un petit peu mieux à chaque écoute.</p>
<p><em>Shook</em> est peut-être l’album le plus abouti du groupe jusque-là, ce qui veut aussi sans doute dire qu’il est le moins accessible de tous. Algiers ne cherche jamais la mélodie facile et encore moins la structure basique : ses morceaux partent au contraire dans tous les sens, peuvent varier de rythme et d’ambiance même toutes les quelques dizaines de seconde et déroutent constamment. Prenez « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=sfkWWzQPNrs"><em>Irreversible Damages</em></a> », par exemple, il ne cesse d’évoluer, entre punk, musique industrielle, électronique, une bonne dose de rap avec la voix de Zach de la Rocha et un passage sur la fin qui irait même chercher du côté de la musique folklorique. Ou alors « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=17SmU2Q_Qt0"><em>Bite Back</em></a> » qui sonne presque comme deux morceaux entièrement différents collés, sans perdre sa cohérence d’ensemble. Tous les titres sont ainsi inclassables et en permanente oscillation entre les genres et les ambiances, à l’image de « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=0AarwyIGRH8"><em>Cold World</em></a> » qui surprend en faisant de la place à l’artiste égyptienne Nadah El Shazly ou alors de « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=d1WICTR2ty8"><em>Something Wrong</em></a> » qui est peut-être le plus fou de tout l’album en partant dans tous les sens dans un joyeux bazar. Si la majorité des morceaux opte pour un traitement sombre et une musique assez énervée, on a le temps de faire quelques pauses dans ce long parcours. Quelques textes lus et un ou deux titres plus calmes sont autant d’opportunité de faire des pauses, avant que la colère d’Algiers ne reprenne le dessus.</p>
<p>N’allez pas croire pour autant que <em>Shook</em> soit une œuvre mélodique et simple d’accès, la noirceur et le chaos restent ses fondations, tant sur le fond que sur la forme. Cela a toujours été la recette d’Algiers, mais le groupe s’enfonce encore davantage dans cette noirceur. Ses trois premiers albums n’étaient pas beaucoup plus joyeux pour autant et ils m’avaient tous beaucoup plu, celui-ci ne fait pas exception. Il nécessite à nouveau une implication importante pour « entrer dedans » les premières écoutes, mais cette complexité est une richesse qui se dévoile par la suite avec bonheur à chaque retour dans la liste de lecture. J’aime toujours autant la voix particulière de Franklin James Fisher et j’ai hâte de découvrir ce que le groupe proposera à l’avenir.</p>
]]></description></item><item><title>The Last of Us, HBO</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/last-of-us-hbo/</link><pubDate>Sun, 19 Mar 2023 22:05:29 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/last-of-us-hbo/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/last-of-us-hbo/last-of-us.jpg">
        <p>Si les adaptations de jeu vidéo finissent rarement bien, il y a toujours des exceptions à la règle. On pouvait avoir confiance en HBO pour mettre le budget, mais cela n’aurait pas suffi : fort heureusement, la version télévisée de <em>The Last of Us</em> a été créée par Craig Mazin et Neil Druckmann. Le premier s’est fait connaître pour l’excellent <em><a href="https://voiretmanger.fr/chernobyl-mazin-hbo/">Chernobyl</a></em>, tandis que le deuxième n’est autre que l’un des créateurs du jeu vidéo. Une bonne base, qui a donné un résultat excellent. Je pourrais trouver à redire ici ou là, évidemment. Cette première saison m’a toutefois impressionné par la cohérence et même la crédibilité de l’univers post-apocalyptique, en parvenant à réinventer un monde de zombie sans tomber dans la redite, et par l’épaisseur psychologique des personnages et même l’intensité de leur existence, aussi brève soit-elle. <em>The Last of Us</em> est un grand moment de télévision, à ne surtout pas rater même si, comme l’auteur de ces lignes, vous n’aviez jamais joué au jeu.</p>
<p>La base est toujours la même : une infection, sortie d’on ne sait où, provoque des excès de rage chez les gens qui les poussent à mordre leur congénère et transmettre par la même occasion la maladie. Dans l’univers imaginé pour <em>The Last of Us</em>, c’est un champignon qui vient se loger dans le cerveau humain et qui contrôle son hôte avec comme seul objectif de se démultiplier. En quelques jours à peine, nos sociétés s’effondrent sur elles-mêmes et les bombes lancées par les armées contre leurs propres populations n’enrayent rien : le monde s’écroule en 2003 et quand la série débute vingt ans plus tard, il ne reste plus rien. Ou presque, puisque des survivants luttent comme ils peuvent, dans des zones de quarantaine gérées par ce qui reste de l’armée, ou dans des communautés isolées. Voici pour le décor, qui ne surprendra pas les fans d’apocalypse, mais qui parvient vite à trouver sa propre voie, pas si éloignée des classiques, pas tout à fait au même niveau. Le choix du champignon est très intéressant, tant visuellement que sur le plan scénaristique, avec notamment cette excellente idée du réseau de mycélium qui offre à la maladie une sorte d’esprit collectif sur une grande distance. Même si on se retrouve avec des zombies à la fin, Craig Mazin et Neil Druckmann prennent l’opportunité de réinventer encore une fois le mythe et ils ne se contentent pas de signer un remake de <a href="https://voiretmanger.fr/walking-dead-darabont-kirkman-amc/"><em>The Walking Dead</em></a>, pour citer un célèbre exemple récent. Et puis de toute façon, ce n’est pas fondamentalement une série de zombie.</p>
<p>En effet, les zombies sont là, mais ils ne sont jamais les enjeux principaux : les survivants sont au cœur de chaque épisode. <em>The Last of Us</em> a conservé de nombreux éléments du jeu vidéo, y compris des séquences entières apparemment et le plus frappant est peut-être la structure entière de la série. Chaque épisode permet aux deux personnages principaux d’avancer sur fond d’une quête — Joel doit mener Ellie depuis Chicago vers un hôpital situé quelque part au centre du pays —, mais avec une indépendance relative à chaque fois. Sans revenir au feuilleton d’antan, les scénaristes ont découpé la saison en neuf épisodes bien distincts, y compris géographiquement. Le pilote se déroule à Chicago, l’épisode suivant à Boston, les quatrième et cinquième à Kansas City, le sixième dans le Wyoming, le dernier à Salt Lake City. Et entre chaque épisode, il peut se dérouler plusieurs mois, le temps nécessaire pour que les deux personnages évoluent, le plus souvent à pied. À chaque fois, ils font des rencontres, généralement malheureuses : à Kansas City, par exemple, ils tombent sur un groupe qui a pris le pouvoir et imposé une dictature plus dure encore ; plus loin, c’est le fanatisme religieux teinté d’une bonne dose de cannibalisme d’un autre groupe de survivants qu’ils doivent affronter. À chaque fois, c’est l’absence des zombies qui m’a surpris. Il y en a bien de temps en temps qui interviennent dans l’intrigue, mais ils restent rares et les scénaristes se concentrent davantage sur les survivants et leurs histoires. Les plus horribles, comme les plus belles.</p>
<p>Il est grand temps de parler de ce fameux troisième épisode. Au milieu de toute l’horreur déployée dans cet univers post-apocalyptique, Craig Mazin et Neil Druckmann choisissent de faire de la place à un flashback le temps d’un épisode qui dépasse l’heure et quart. C’est le plus beau moment de cette première saison de <em>The Last of Us</em> et sans aucun doute l’un des plus beaux moments d’une série tout court. Le récit de Bill et Franck, deux hommes qui se rencontrent par le plus grand des hasards dans ce monde détruit et qui trouvent l’amour pendant toute une vie. C’est parfaitement écrit, parfaitement interprété par Murray Bartlett et par Nick Offerman qui m’a surpris et touché par la justesse de son jeu, parfaitement mis en scène… tout est parfait dans cette bulle de douceur au milieu de toute la noirceur. Cet épisode justifierait à lui seul de regarder toute la saison, mais il faut aussi souligner les deux acteurs principaux qui forment eux aussi un duo touchant. Pedro Pascal est indéniablement meilleur <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/mandalorian-disney+-saison-2/">sans casque</a> et son alchimie avec Bella Ramsey est toute naturelle, si bien qu’on croit sans difficulté à leur relation. Une relation centrale, puisque <em>The Last of Us</em> tient largement sur ses épaules. Je ne sais pas encore si la deuxième saison, d’ores et déjà commandée par HBO comme on pouvait s’y attendre, sera à la hauteur. Quoi qu’il en soit, ces neuf épisodes valent absolument le détour.</p>
]]></description></item><item><title>À l’ouest rien de nouveau, Edward Berger</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/ouest-rien-nouveau-berger/</link><pubDate>Sat, 18 Mar 2023 21:09:27 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/ouest-rien-nouveau-berger/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/ouest-rien-nouveau-berger/ouest.jpg">
        <p>En matière d’absurde, la Première Guerre mondiale est en bonne place, mais alors que dire de ces assauts menés dans ses tous derniers jours, voire ses dernières minutes ? Edward Berger a choisi de modifier de manière assez significative la fin du célèbre roman de Erich Maria Remarque, mais sans perdre de vue son objectif ou son esprit. Cette nouvelle adaptation d’<em>À l&rsquo;ouest rien de nouveau</em> dénonce frontalement l’absurdité de la guerre en général et de cette guerre menée sur un mince ruban de terre, sans aucun gain ni d’un côté, ni de l’autre et avec des millions de pertes humaines. C’est loin d’être le premier long-métrage qui évoque ce sujet naturellement, mais j’ai trouvé la démonstration implacable et la reconstitution de l’enfer des tranchées particulièrement réussie. Un film difficile à voir, comme il se doit étant donnée l’inhumanité de son thème.</p>
<p>Comme dans le roman, le contraste entre l’enthousiasme débordant de Paul et de ses camarades endoctrinés par leurs professeurs nationalistes et la réalité des tranchées est le premier coup de poing du film. <em>À l&rsquo;ouest rien de nouveau</em> renforce ce message en débutant dans les tranchées, où les costumes des innombrables morts sont récupérés, envoyés au pays pour être rapiécés et donnés aux nouveaux soldats. De la chair à canon fraîche pour ces jeunes qui ont à peine 18 ans et qui partent heureux sur le front, avec le crâne bourré de mensonges sur la victoire proche de l’Allemagne et l’entrée à Paris promise quelques semaines plus tard. Dès leur arrivée en France, l’ambiance n’est plus la même : ils sont plongés sans ménagement dans l’enfer boueux des tranchées et doivent survivre tant bien que mal dans des conditions atroces entre deux attaques où ils meurent par millier. Paul, narrateur dans le roman, survit à la plupart de ses camarades, mais Edward Berger opte pour l’ellipse en nous emmenant début novembre 1918. Le spectateur sait que les jours de la Première guerre mondiale sont comptés, mais c’est encore loin d’être la réalité pour les soldats qui sont toujours envoyés à la boucherie tous les jours. Alors même que l’Allemagne a indéniablement perdu, ses généraux aux égos surdimensionnés continuent de croire en une victoire possible et refusent de se rendre à l’évidence. Une absurdité poussée à son extrême dans cette ultime séquence où le général en charge de Paul l’envoie avec tous les survivants reprendre une tranchée allemande perdue aux Français à quinze minutes du début officiel de l’armistice.</p>
<p>Erich Maria Remarque n’allait pas aussi loin dans le sens de l’absurde, mais je ne trouve pas que l’adaptation proposée par Netflix soit faussée pour autant. Certes, la fin est peut-être un petit peu exagérée<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, néanmoins l’esprit du roman est toujours présent. Par ailleurs, intégrer des scènes à Compiègne sur la signature de l’armistice est une bonne idée, à la fois pour montrer le décalage entre les militaires et civils, et à la fois pour évoquer les conditions inutilement dures de la France qui était en train de l’emporter et qui en a profité pour écraser l’Allemagne. Un choix que l’on peut directement lier à la montée du nazisme et la Seconde guerre mondiale quelques années plus tard. <em>À l&rsquo;ouest rien de nouveau</em> dans sa version originale se centrait exclusivement sur le point de vue de son personnage et ne pouvait l’évoquer, mais c’est une excellente idée pour prolonger le thème de l’absurdité de la guerre, et des hommes qui la font.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<ol>
<li id="fn:1">
<p>Le héros qui, après avoir été transpercé par une baïonnette, parvient encore à monter quelques marches pour sortir du bunker, est clairement de trop.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Flowers, Channel 4</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/flowers-channel-4/</link><pubDate>Fri, 17 Mar 2023 21:25:36 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/flowers-channel-4/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/flowers-channel-4/flowers.jpg">
        <p>Comme toute série britannique, on s’attend à une bonne dose d’absurde et à une pincée de délire. Difficile toutefois d’imaginer pleinement à quoi s’attendre en lançant <em>Flowers</em>, une série écrite, dirigée et interprétée par Will Sharpe pour Channel 4. Sur le papier, cette famille britannique excentrique qui accueille un dessinateur japonais ressemble à une comédie assez conventionnelle et pourrait même servir de base à une sitcom banale avec son format d’une demi-heure. Sauf que le premier épisode débute avec une tentative de suicide de la part de Maurice, le père de famille qui est aussi auteur de livres pour enfants, profondément déprimé et incapable de retrouver l’inspiration. Ce point de départ déjà bien sombre est loin d’être la fin toutefois, avec une série qui plonge de plus en plus dans la folie et la dépression, tout particulièrement sur sa deuxième saison qui semble repousser les limites à chaque épisode. <em>Flowers</em> va loin, si loin que l’on s’y perd un peu, mais je suis content de l’avoir vu malgré tout. Au bout du compte, cette création de Channel 4 parle de la dépression avec une justesse rare et même si ses touches d’humour n’effacent pas une tristesse absolue, elle est particulièrement touchante.</p>
<p>Sans signer une autobiographie, Will Sharpe compose un scénario sans doute très personnel. Né à Londres d’une mère japonaise, il a grandi au Japon jusqu’à huit ans et il apporte cette culture à la série. Diagnostiqué bipolaire, il souffre lui aussi de phases maniaco-dépressives comme plusieurs de ses personnages, Amy en tête. <em>Flowers</em> est à cet égard une œuvre qui le représente probablement bien, ce qui la rend d’autant plus attachante. Il faut s’accrocher néanmoins, car elle ne simplifie jamais la tâche des spectateurs, en les plongeant dans son univers étrange sans aucune explication. Les épisodes varient ainsi du tout au tout, avec des séquences oniriques qui partent dans des grands délires visuels et des moments de grande gêne nourris par une bonne dose d’absurde. La première saison tire davantage vers la satire sociale et reste la plus simple dans l’ensemble à suivre. La deuxième entre beaucoup plus dans le délire, jusqu’à l’excès, mais se termine sur une note douce amère particulièrement belle. <em>Flowers</em> se mérite, mais je crois qu’elle mérite l’effort demandé pour la suivre jusqu’au bout. Avec ses douze épisodes de moins d’une demi-heure, la série de Channel 4 n’est pas trop longue et vous pouvez prendre le temps de la savourer à petites doses.</p>
]]></description></item><item><title>Anatomie d’un divorce, FX</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/anatomie-divorce-fx/</link><pubDate>Tue, 14 Mar 2023 20:45:28 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/anatomie-divorce-fx/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/anatomie-divorce-fx/anatomie-divorce.jpeg">
        <p>Taffy Brodesser-Akner adapte son propre essai éponyme dans cette mini-série diffusée par FX. <em>Anatomie d’un divorce</em> tente d’entrer dans les profondeurs d’un divorce, pour comprendre comment un couple avec deux enfants peut en arriver à cette extrémité. Une belle idée, avec cet angle original : l’histoire est racontée à travers les yeux non pas de Toby ou Rachel qui se séparent, mais de ceux de Libby, l’une des meilleures amies de Toby. Ancienne journaliste devenue mère au foyer, elle s’interroge elle aussi sur sa vie dans la banlieue cossue de New York et elle termine en écrivant un livre sur le sujet : il n’est pas difficile d’y voir la version fictive de la créatrice de la série. Ce point de vue décalé tout en restant subjectif est intéressant, du moins sur le papier. Dans les faits, j’ai trouvé que la série ne l’exploitait pas pleinement, avec des débuts prometteurs et une fin qui m’a semblé bâclée, surtout du côté de Rachel, qui aurait bénéficié d’un meilleur traitement.</p>
<p>Alors même que la géniale Claire Danes offre une interprétation à la hauteur de sa réputation, son personnage est étonnamment absent de la série. <em>Anatomie d’un divorce</em> se concentre surtout sur le point de vue de Toby et dépeint sa femme comme une ambitieuse qui préfère abandonner ses enfants au profit de sa carrière. Un épisode tente bien de redresser le tir en offrant le point de vue de Rachel, mais ce n’est qu’un seul, et le scénario s’arrête là. J’étais particulièrement surpris en particulier de constater son absence dans le dernier épisode, alors que cela aurait été pourtant l’occasion de creuser le sujet principal et de mieux comprendre ce divorce. À la place, c’est la narratrice qui reprend le devant et offre une morale assez banale sur l’amour et les relations maritales. C’est comme si tout ce qui pouvait être dit sur Toby et Rachel l’avait été, alors même que l’on vient de découvrir que l’ex-mari était loin d’être aussi irréprochable qu’il voulait bien le dire. Et puis, que penser de ces remarques réactionnaires qui égrènent la série ? Pourquoi inclure ce personnage de mentor de la narratrice, un journaliste sexiste présenté comme d’un autre temps, comme si c’était une excuse ? Pourquoi laisser Rachel douter de son propre viol sans apporter un éclairage objectif ? <em>Anatomie d’un divorce</em> aurait pu être bien plus intéressant, mais en l’état, j’ai trouvé la série de FX au fond assez décevante.</p>
]]></description></item><item><title>Mademoiselle, Rodolphe Burger, Sofiane Saidi &amp; Mehdi Haddab</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/mademoiselle-burger-saidi-haddab/</link><pubDate>Mon, 13 Mar 2023 21:20:29 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/mademoiselle-burger-saidi-haddab/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/mademoiselle-burger-saidi-haddab/mademoiselle.jpeg">
        <p>Rodolphe Burger, Sofiane Saidi et Mehdi Haddab ont joué ensemble à plusieurs reprises, mais c’est la première fois qu’ils travaillent sur un album. <em>Mademoiselle</em> est le résultat de cette collaboration et c’est à l’image de ce que l’on attendrait d’un trio aussi varié. L’ancien leader de Kat Onoma amène tout son savoir du rock, sa voix posée et même plusieurs de ses compositions, toutes remaniées et enrichies pour l’occasion. Sofiane Saidi et Mehdi Haddab apportent la musique algérienne, le Raï pour le premier, le son si typique de l’oud pour le second. Loin de se limiter à un vague saupoudrage de sonorités orientales sur les compositions de l’artiste français, ces neuf titres ouvrent un vrai dialogue entre les deux cultures et entre Rodolphe Burger et Sofiane Saidi.</p>
<p>« <a href="https://www.youtube.com/watch?v=6koJxAmymqo">Embrasse Marie Pour Moi</a> » est un bon exemple des apports des deux artistes algériens et du travail de réécriture complète qui a présidé à la création de l’album. Certes, c’est techniquement une reprise de « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Sc2KnFLf5-4">Marie</a> », un titre de Rodolphe Burger paru sur son album solo <em>No Sport</em>, qui était déjà une reprise de « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=4mMg_AHQ8EM"><em>Take a Message To Mary</em></a> », un morceau cette fois issu de <em>Cupid</em>, le premier album de Kat Onoma. Mais écoutez ces trois versions et vous noterez rapidement qu’elles n’ont plus grand chose à voir. Celle qui est intégrée à <em>Mademoiselle</em> laisse des sections entières à Sofiane Saidi et des paroles en arabes, tandis que l’oud de Mehdi Haddab se fait aussi une belle place. C’est peut-être une reprise à la base, mais cela devient un tout autre morceau à l’arrivée.</p>
<p>C’est la même logique que l’on retrouve du début à la fin, qu’il s’agisse de reprises ou de titres originaux. Dans le lot, on découvre même du Jimi Hendrix au détour d’un morceau, tandis que l’esprit de Rachid Taha, qui avait contribué à l’origine à réunir les trois artistes, flotte constamment au-dessus de <em>Mademoiselle</em>. C’est un curieux mélange sur le papier, mais un mélange qui m’a plu dès la première écoute. Après tant d’années et une carrière si riche, Rodolphe Burger n’a pas fini de chercher et d’ouvrir de nouvelles pistes et je trouve cela réjouissant.</p>
]]></description></item><item><title>Everything Everywhere All at Once, Daniel Scheinert et Daniel Kwan</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/everything-everywhere-once-daniels/</link><pubDate>Sun, 12 Mar 2023 17:10:23 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/everything-everywhere-once-daniels/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/everything-everywhere-once-daniels/eeaao.jpg">
        <p>Comme tout le monde, j’avais inévitablement entendu parler du phénomène. <em>Everything Everywhere All at Once</em> est sorti au printemps dernier et le long-métrage réalisé par « les Daniels » a immédiatement fait parler de lui, rameutant toujours plus de monde dans les salles obscures. Je ne voulais rien savoir de plus à son sujet, mais le fait que l’excellent groupe Son Lux signait la bande-originale m’avait d’autant plus intrigué. Profitant de son passage dans nos salons, j’ai pu enfin confirmer que sa bonne réputation n’était pas usurpée. Cet étrange objet cinématographique qui multiplie les genres et les clins d’œil et qui fonce à toute allure pendant plus de deux heures est un délice qu’il faut savourer en ignorant le maximum à son sujet.</p>
<p><em>Everything Everywhere All at Once</em> masque son véritable sujet derrière plusieurs thèmes qui sont quasiment des distractions. Certes, c’est une œuvre de science-fiction qui reprend à son compte la théorie du multivers, avec des idées piochées ici ou là et une bonne dose de philosophie qui lui offre quelques points communs avec <em>Matrix</em>. C’est <em>un</em> sujet en effet, c’est loin d’être le seul et pas même le plus important. Je n’avais aucune idée de ce qui allait arriver dans ce film et j’étais loin d’imaginer que le thème principal était en réalité psychologique, avec une histoire qui se construit autour de la dépression symbolisée par un gros bagel noir. C’est un thème qui est toujours présent, mais qui ne devient vraiment apparent qu’au fil du temps, autant pour les personnages que pour les spectateurs. Une très belle idée, tant c’est une expérience vécue par bon nombre de malades et il faut d’ailleurs noter que la description de la maladie est d’une fidélité rare et particulièrement touchante. Même si c’est, à mon sens, le cœur du projet, ce n’est pas pour autant le seul sujet. Le film réalisé par Daniel Scheinert et Daniel Kwan est d’une belle complexité scénaristique et il serait bien difficile de compter et encore plus de lister toutes ses idées et tous ses clins d’œil. Cela fourmille sur toute la durée, y compris sur le plan visuel, avec une réalisation hyper rythmée qui pourrait avoir tendance à fatiguer. <em>Everything Everywhere All at Once</em> parvient toutefois à éviter le trop-plein et l’ensemble reste agréable, sans doute grâce à une bonne dose de second degré. L’humour absurde est toujours et fonctionne à plein, avec des personnages secondaires ridicules qui allègent la tension et permettent de tenir la distance sans difficulté. Mention spéciale à cet univers où l’on a des saucisses à la place des doigts sur la main, un délire hilarant et assumé jusqu’au bout.</p>
<p>Un tel projet ne tiendrait pas sans un solide casting et c’est un carton plein de ce côté. Michelle Yeoh est parfaite dans le rôle principal, elle interprète avec une facilité déconcertante la mère chargée de sauver le multivers tout entier et qui passe constamment d’un personnage à l’autre. Stephanie Hsu est excellente elle aussi dans le rôle de sa fille dépressive et Ke Huy Quan est impeccable dans celui du père. Mais je crois que je retiendrai surtout Jamie Lee Curtis, épatante de drôlerie dans son interprétation d’une impitoyable agente des impôts, qui peut aussi être une surprenante joueuse de piano au pied dans le monde des saucisses. Quant à la musique originale composée par Son Lux, je l’ai surtout remarquée lors du point d’orgue vers la fin. Il faut dire que <em>Everything Everywhere All at Once</em> a de quoi occuper lors de la première vision, surtout si on veut essayer de ne pas s’y perdre au milieu de tout ce foisonnement d’idées. Je suis sûr que l’album associé sera aussi bon que tous les autres du groupe et maintenant que j’ai vu le film, j’ai hâte de l’écouter.</p>
]]></description></item><item><title>Souvenirs de Marnie, Hiromasa Yonebayashi</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/souvenirs-marnie-yonebayashi/</link><pubDate>Fri, 10 Mar 2023 21:25:17 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/souvenirs-marnie-yonebayashi/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/souvenirs-marnie-yonebayashi/souvenirs-de%20marnie.jpg">
        <p><em>Souvenirs de Marnie</em> est l’une des rares productions Ghibli qui m’avait échappée jusque-là et je me demande bien pourquoi. Ce long-métrage signé Hiromasa Yonebayashi n’a pas le même cachet que les réalisations Miyazaki, mais il est pourtant particulièrement bien écrit et dessiné, avec une histoire à la frontière entre réalisme et fantastique qui fait toute la réputation du studio. Mieux, son personnage principal qui souffre de sa différence et qui trouve sa place à travers ses souvenirs avec Marnie est l’un des plus beaux à mon sens du studio d’animation japonais, avec une psychologie parfaitement écrite et une émotion sincère. Une vraie réussite.</p>
<p>Dès les premières images, l’affiliation Ghibli est évidente, avec un environnement qui hésite constamment entre Japon et Occident. D’ailleurs, <em>Souvenirs de Marnie</em> est l’adaptation d’un roman de Joan G. Robinson, autrice britannique, et le cinéaste a souhaité conserver quelques traits caractéristiques du matériau original, même si sa version est explicitement placée dans l&rsquo;archipel nippon. La maison de Marnie est occidentale, tandis que celle où habite Anna est à mi-chemin entre les deux mondes. Marnie elle-même reprend des traits européens, peut-être un petit peu exagérés d’ailleurs, avec cette jeune fille blonde aux yeux bleus qui ressemble à une caricature. Un choix d’autant plus étonnant qu’Anna est au contraire remarquablement dessinée, avec des traits androgynes qui collent parfaitement au personnage et à son histoire. Le Japon reste central, à la fois dans les noms et les lieux, et à la fois dans le traitement du fantastique. La bascule entre la réalité, qui est au passage reproduite avec une précision visuelle assez folle comme toujours, et l’état de rêve avec Marnie se fait avec tout le naturel que l’on a appris à aimer dans les Ghibli. On ne sait jamais sur quel domaine on se situe et Hiromasa Yonebayashi reste constamment dans un entre-deux qui convient à merveille au projet.</p>
<p>Contrairement à d’autres longs-métrages produis par le studio, <em>Souvenirs de Marnie</em> revient résolument au réel sur la fin et ce n’est pas du tout une déception. Le scénario apporte au contraire un nouvel éclairage bienvenu sur le parcours d’Anna, son enfance compliquée et ses difficultés à s’intégrer avec les autres enfants de son âge. J’ai trouvé que la psychologie du personnage principal était amenée avec une finesse et surtout un sérieux, une noirceur même, rares dans un film d’animation qui semble en apparence viser les publics de tous les âges. Même s’il peut se comprendre seulement comme une histoire mignonne, <em>Souvenirs de Marnie</em> est nettement plus profond que cela. Sans être aussi spectaculaire que d’autres Ghibli, c’est loin d’être une œuvre insignifiante pour autant et je ne comprends pas comment j’avais pu passer à côté.</p>
]]></description></item><item><title>Anatomie d’un scandale, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/anatomie-scandale-netflix/</link><pubDate>Thu, 09 Mar 2023 21:05:06 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/anatomie-scandale-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/anatomie-scandale-netflix/anatomie-scandale.jpg">
        <p><em>Anatomie d’un scandale</em> raconte une histoire hélas bien trop courante d’un viol par un homme de pouvoir et elle devrait être l’occasion d’une série intense sur le sujet, mais ce n’est pas tout à fait le cas. David E. Kelley et Melissa James Gibson ont adapté un roman éponyme de Sarah Vaughan et je ne peux pas juger de la qualité de la version écrite, mais l’adaptation souffre de plusieurs défauts que je résumerais en parlant d’un manque général de subtilité. La mise en scène est grossière, avec des effets bien trop appuyés et en particulier des flashbacks parmi les pires que j’ai pu voir ces derniers temps à la télévision. Présenter de manière subtile des retours dans le passé n’est jamais simple, mais la mini-série Netflix cumule les mauvaises idées, avec des effets visuels qui nuisent à la lecture en plus d’être des clichés vus et revus. Si les seuls flashbacks étaient concernés, encore, mais non : même les scènes dans le présent souffrent de tics de réalisation malvenus, à l’image de la caméra qui penche inutilement sur de nombreux plans.</p>
<p>Disons-le, <em>Anatomie d’un scandale</em> n’est pas une série jolie ou bien réalisée, mais elle souffre en outre d’une narration incohérente et de ficelles narratives bien trop grosses. Je ne voudrais rien divulgâcher, alors disons simplement que les effets de surprise introduits au fil des six épisodes sont souvent bien trop gros pour garder un once de crédibilité. Les personnages comprennent ou ne comprennent pas ce qui se passe comme cela arrange le scénario et l’ensemble est bien trop artificiel pour convaincre, pour ne pas dire grossier à nouveau. Même si le casting est convaincant, avec une mention spéciale pour Rupert Friend qui compose un violeur terrifiant par sa confiance en son propre jugement, cela ne suffit pas à renverser la mauvaise opinion qui reste. Heureusement qu’<em>Anatomie d’un scandale</em> est courte, car sinon je ne suis même pas sûr qu’on aurait été jusqu’au bout. Dommage.</p>
]]></description></item><item><title>The Inventory of Our Desire, Thomas Azier</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/inventory-desire-azier/</link><pubDate>Tue, 07 Mar 2023 20:40:48 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/inventory-desire-azier/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/inventory-desire-azier/inventory-desire.jpeg">
        <p>Thomas Azier poursuit sa carrière avec un cinquième album assez différent du précédent. Sorti en pleine‌ pandémie, <em>Love, Disorderly</em> était assez brut, ce qui créait un contraste intéressant la voix plutôt aérienne de l’artiste néerlandais. Trois ans plus tard, <em>The Inventory of Our Desire</em> est nettement plus doux et subtil, sans oublier une part de noirceur ou du moins de mélancolie. La musique est plus ouverte, aérienne ou même éthérée, les instruments sont plus variés et orientent l’album vers d’autres genres, jazz en tête.  Les mélodies soignées ressortent davantage et j’ai trouvé ces dix nouveaux titres agréables dès la première écoute, mais avec un dévoilement qui se poursuit par la suite. C’est toujours aussi agréable d’avoir ainsi un album qui accroche immédiatement, tout en contenant en son sein une richesse suffisante pour tenir sur la durée.</p>
<p>Une profondeur qui rappelle d’ailleurs que le chaos n’est jamais loin, même s’il est adouci par la voix de Thomas Azier, toujours aussi belle, qui survole les compositions sophistiquées où chaque instrument trouve logiquement sa place. « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=5Qr0w4kHciI"><em>What Does It Mean To Be Free</em></a> » est un excellent exemple de cet exercice, avec un saxophone qui ne vient pas simplement faire de la figuration au fond de la scène sonore, mais qui joue au contraire un rôle à part entière, aussi important que celui de la voix. <em>The Inventory of Our Desire</em> évolue d’un genre à l’autre avec une facilité déconcertante, offre des ambiances sonores qui peuvent varier fortement rien qu’en passant au titre suivant, mais aussi une unité grâce à sa douceur, à peine interrompue par endroits. À l’image de « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=XweJr2OHgBY"><em>Slow Revolution</em></a> », une montée en puissance qui finit par brièvement exploser, sans pour autant interrompre cette douceur généralisée et sans casser la belle cohérence de l’ensemble.</p>
]]></description></item><item><title>Feel Good, Channel 4</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/feel-good-channel-4/</link><pubDate>Mon, 06 Mar 2023 21:00:59 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/feel-good-channel-4/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/feel-good-channel-4/feel-good.jpg">
        <p><em>Feel Good</em> s’ajoute à la liste toujours plus longues des séries créées, écrites et interprétées par une même personne, souvent à partir de sa propre vie. En l’occurrence, c’est Mae Martin qui joue une version fictive d’iel-même, mais largement basée sur sa propre histoire et avec son propre nom. Dans la série, le comédien joue une comédienne qui vient aussi du Canada, mais qui vit au Royaume-Uni, qui a aussi des problèmes d’addiction à la drogue et qui a également une relation compliquée avec ses parents. La série composée de deux saisons se concentre sur la relation entre Mae et Georges, une autre fille contrairement à ce que l’on pourrait croire. Une relation compliquée par le passé qui revient constamment hanter Mae et par la bisexualité difficilement acceptée de Georges. Voilà le cadre des douze épisodes, dont la dynamique et l’humour reposent principalement sur le style de Mae Martin. J’ai rarement rigolé franchement, d’autant que les sujets traités sont sérieux, surtout dans la deuxième saison qui s’attache davantage au passé traumatique de l’artiste. Ce qui ne veut pas dire que la série créée à l’origine pour Channel 4 est ratée, bien au contraire.</p>
<p>Même si la vie n’est pas toujours tendre pour le couple au centre de <em>Feel Good</em>, la version fictive de Mae Martin parvient à infuser son sens de l’humour. C’est notamment le cas grâce aux personnages secondaires et principalement grâce à celui de Lisa Kudrow, qui incarne sa mère avec cruauté et délice. N’oublions pas non plus le coloc Phil, qui est en permanence à l’ouest, mais sans être traité cruellement. D’ailleurs, c’est une autre caractéristique marquante de la série, elle fait preuve d’une grande tendresse envers tous ses personnages. Ce qui ne limite en rien la noirceur qu’elle déploie aussi, c’est toujours ainsi un équilibre entre les deux. On sent également le vécu de Mae Martin, ses difficultés face à ses dépendances, ses traumatismes liés à la mauvaise gestion de ses parents et aux relations malsaines qui ont suivi son départ forcé du domicile familial. Tout est traité avec beaucoup de justesse si bien que <em>Feel Good</em> est souvent intense et semble oublier parfois le sens de son titre. Encore une fois, ce n’est pas un défaut. Ne connaissant pas du tout l’artiste avant de commencer sa série, j’ai été un petit peu surpris au départ par le ton, mais une fois le cap passé, j’ai trouvé l’ensemble amusant et touchant en même temps. Une belle réussite.</p>
]]></description></item><item><title>Call Me Chihiro, Rikiya Imaizumi</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/call-me-chihiro-imaizumi/</link><pubDate>Sun, 05 Mar 2023 11:50:27 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/call-me-chihiro-imaizumi/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/call-me-chihiro-imaizumi/call-me-chihiro.jpg">
        <p>Quel film surprenant que ce <em>Call Me Chihiro</em> distribué directement par Netflix. Rikiya Imaizumi, réalisateur qui a signé une vingtaine de films et dont j’ignorais jusqu’à l’existence, compose ici un long-métrage tout en douceur sur une ancienne prostituée reconvertie en vendeuse de bento dans une petite ville de la côte japonaise. Ne vous attendez pas à une intrigue compliquée ou à de multiples rebondissements : le scénario parie au contraire sur des instantanées, des tranches de vie sans forcément de liens entre eux et une histoire qui sait garder ses mystères jusqu’au bout. Il y a peu de choses dans ce film, mais c’est, paradoxalement peut-être, ce qui fait son succès.</p>
<p>Le passé de Chihiro n’est pas au cœur des enjeux, même s’il fait jaser, notamment sur son nouveau lieu de travail. Rikiya Imaizumi n’y accorde toutefois pas réellement d’importance, d’autant qu’il opte pour un personnage toujours franc, qui n’hésite jamais à se présenter comme une ancienne travailleuse du sexe. De manière plus étonnante encore, ce passé est pourtant constamment présent, à travers quelques flashbacks subtils et surtout plusieurs personnages qui ressurgissent, mais il n’en fait pour autant jamais le sujet principal. <em>Call Me Chihiro</em> préfère se concentrer sur le temps présent et les interactions entre son héroïne et les personnes qui l’entourent. Au fil des deux heures et quart que dure le long-métrage, elle croise ainsi un sans-abris à qui elle offre des bentos et un bain, puis une jeune lycéenne qui l’admire, ou encore un jeune garçon impertinent. Elle se lie d’amitié avec chacune de ces rencontres et forment peu à peu une sorte de famille choisie très étrange, où se retrouvent aussi ses anciennes connaissances du monde du sexe. L’une des scènes vers la fin, un repas partagé sur un toit, est particulièrement touchante et même si le ton n’est pas léger, le projet n’est pas du tout plombé par une ambiance sombre.</p>
<p>Rikiya Imaizumi surprend en mélangeant plusieurs genres et ambiances. On ne sait jamais vers quoi il veut tendre et c’est le cas jusqu’au bout, avec un final que je ne dévoilerai pas. Ce n’est pas déprimant sans être entièrement réjouissant, on est constamment dans un entre-deux qui fait toute la saveur du projet. Si vous n’êtes pas contre une histoire qui impose de se laisser porter sans trop savoir où l’on va, <em>Call Me Chihiro</em> est un très joli film que je vous conseille sans hésiter.</p>
]]></description></item><item><title>Settlement Survival</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/settlement-survival/</link><pubDate>Sat, 04 Mar 2023 11:45:09 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/settlement-survival/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/settlement-survival/settlement-survival.jpg">
        <p>Vous prenez la tête d’une colonie composée d’une poignée de survivants et vous devez tout reconstruire. Des maisons pour loger les habitants, des cabanes de pèche et de chasse pour les nourrir, des camps de bûcherons pour collecter du bois, des mines pour les autres ressources précieuses. Petit à petit, <em>Settlement Survival</em> vous permet de collecter et de produire tout le nécessaire, tout en débloquant petit à petit les technologies indispensables à toute civilisation digne de ce nom. Vous devrez gérer les précieuses ressources qui sont toutes en quantité très limitée, surtout au début, à commencer par le nombre de personnes qui peuvent travailler. Par exemple, il sera essentiel au départ de maximiser le nombre de personnes dans les champs au printemps et en été, mais de les utiliser pour d’autres tâches en hiver. Et n’oubliez pas de satisfaire leurs désirs, car si vos humains ne sont pas contents, ils ne se reproduiront pas et vous n’aurez aucune chance de progresser dans le jeu. Le nombre d’habitants est un clé pour réussir, mais il ne s’agit pas non plus de croitre sans préparations, car vous vous retrouverez sinon rapidement avec une population qui meurt de soif, de faim ou de maladies.</p>
<p><em>Survival Settlement</em> est un jeu de gestion et de construction de ville très classique et qui ne cherche pas à révolutionner la catégorie. Comme c’est un genre qui a occupé de nombreuses heures dans ma jeunesse, j’étais content de créer et améliorer cette colonie, la transformant petit à petit en une véritable ville de mieux en mieux organisée. Comme dans la vraie vie toutefois, rien n’est jamais gagné d’avance et le jeu me l’a rappelé violemment. Quand j’ai dépassé les 600 habitants, je me sentais confiant, un petit peu trop peut-être : soudainement, toute la carte est <a href="oups.jpeg">passée au rouge</a>, signe d’une maladie bientôt généralisée à toute ma population. Quelques minutes à peine plus tard, elle <a href="oups-bis.jpeg">passait au jaune</a>, parce que toutes mes maisons et tous les autres bâtiments étaient d’un coup vidés. En une dizaine de minutes seulement, ma population avait été divisée par dix ! Techniquement, la partie n’était pas perdue, mais après quelques minutes à laisser le jeu tourner seul, j’ai vite compris que je n’allais jamais pouvoir rétablir la situation. Il faut une masse minimum de citoyens pour assurer les tâches les plus élémentaires et à défaut, on entre dans un cercle vicieux qui conduit inexorablement à une baisse de la population et jusqu’à la fin d’une civilisation.</p>
<p>Cette leçon digne des Mayas retenue, je peux commencer une partie ou retenter ma chance à partir d’une ancienne sauvegarde. J’ai été initialement un peu sonné face à cette chute brutale, mais je trouve finalement que c’est un bon point pour le jeu. <em>Settlement Survival</em> n’hésite pas à vous faire payer très cher la moindre erreur, quitte à provoquer votre chute de manière irrémédiable en quelques minutes et ce, même en mode facile. Voilà qui relance un petit peu mon intérêt face à un titre par ailleurs assez banal dans la catégorie, qui a quelques mécanismes assez obscurs<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et qui n’est pas toujours bien fini<sup id="fnref:2"><a href="#fn:2" class="footnote-ref" role="doc-noteref">2</a></sup>. Maintenant que je sais qu’il ne faut pas accepter automatiquement les migrants sans avoir de quoi les soigner, j’ai bien envie de retenter l’expérience pour tenter cette fois de mieux m’en sortir…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>J’ai beau avoir des champs pleins de vache, je n’ai pas de lait, ni aucun produit dérivé à l’image du beurre, dont les habitants raffolent fort justement.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
<li id="fn:2">
<p>Du moins, la version macOS diffusée sur Steam qui, bug particulièrement agaçant, ne retient jamais mes paramètres et me remet en mode QWERTY à chaque lancement.&#160;<a href="#fnref:2" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Ginny &amp; Georgia, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/ginny-georgia-netflix/</link><pubDate>Thu, 02 Mar 2023 21:50:35 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/ginny-georgia-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/ginny-georgia-netflix/ginny-georgia.jpg">
        <p><em>Ginny &amp; Georgia</em> ressemble au premier abord à un remake de <em><a href="https://voiretmanger.fr/gilmore-girls-sherman-palladino-wb/">Gilmore Girls</a></em>. La même dynamique construite autour d’un duo mère/fille, les mêmes voix off pour exprimer les pensées des deux personnages principaux, le même cadre d’une petite ville de la côte est américaine<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, le même bar/restaurant au cœur de toutes les intrigues, le même petit ami ténébreux… c’est un hommage appuyé, disons. Mais après tout, la série originale est culte et je l’avais trouvé plaisante, bien que datée, si bien qu’une version plus moderne, avec une plus grande diversité raciale et sexuelle, semblait plutôt séduisante. Et puis, le point de départ est identique, mais la série créée par Sarah Lampert pour Netflix trouve sa propre voie, avec une once de thriller pour ajouter un petit peu de variété à l’ensemble.</p>
<p>Le résultat est sympathique, sans être pleinement réussi. Je crois que c’est le côté prévisible du scénario qui m’a le plus gêné. Les rebondissements ne sont jamais surprenants, on s’attend toujours à ce qui va se passer et l’ensemble est assez téléphoné. Cela dit, même sans l’élément de surprise, <em>Ginny &amp; Georgia</em> sait rester divertissante et même fun par moment. La vie riche et compliquée de Georgia est amusante, d’autant qu’elle est dévoilée petit à petit au fil des deux saisons. Celle tout aussi compliquée de sa fille Ginny est plus banale, entre premières amours et fêtes de lycéens, mais le duo formé par les deux actrices, Brianne Howey pour la mère et Antonia Gentry pour la fille, est une mécanique bien huilée qui apporte beaucoup à l’ensemble. Brianne Howey en fait des caisses avec son accent sudiste et on frôle constamment le ridicule, mais cela fonctionne bien et même si son personnage peut être prévisible, l’actrice se donne à fond et parvient à convaincre. Même si on oubliera que son personnage est censé avoir 30 ans quand débute la série…</p>
<p>C’est d’ailleurs une bizarrerie qui se retrouve pour tous les adolescents qui entourent Ginny. Ils sont censés avoir tous 15 ou 16 ans et même si je peux concevoir que c’est compliqué de faire tourner des jeunes qui ont réellement cet âge-là alors qu’ils doivent enchaîner des scènes avec de l’alcool, les responsables du casting auraient pu faire des efforts sur l’âge de leurs acteurs. Ils font tous 10 ans de plus, si bien qu’on a beaucoup de mal à croire qu’ils sont au lycée. C’est aggravé par le scénario qui les font se comporter comme des adultes, avec un effet <a href="https://voiretmanger.fr/elite-madrona-montero-netflix/"><em>Élite</em></a> assez marqué, en moins sexe tout de même.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Ils sont allés jusqu’à choisir quasiment le même État sur la côte Est : le Connecticut pour l’originale, le Massachusetts pour la copie.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Fred Astaire, la haute société du spectacle, Timothée Gérardin</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/fred-astaire-haute-societe-spectacle-gerardin/</link><pubDate>Wed, 01 Mar 2023 18:40:27 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/fred-astaire-haute-societe-spectacle-gerardin/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/fred-astaire-haute-societe-spectacle-gerardin/astaire.jpg">
        <p>Je connais Fred Astaire de nom, évidemment, mais je ne crois pas avoir vu un seul des films où il a joué et dansé et je n’étais pas particulièrement intéressé par sa carrière. Ce qui ne veut pas dire que j’ai ouvert <em>Fred Astaire, la haute société du spectacle</em> à reculons, au contraire. Comme toujours dans la collection d’essais de Playlist Society, je m’attendais à une synthèse bien documentée de sa carrière, y compris pour les grands débutants comme moi. Et comme c’est le troisième essai de Timothée Gérardin qui passent entre mes mains, après deux <a href="https://voiretmanger.fr/christopher-nolan-possibilite-monde-gerardin/">excellentes</a> <a href="https://voiretmanger.fr/cinemiracles-emerveillement-religieux-ecran-gerardin/">lectures</a>, je n’étais pas trop inquiet sur mon intérêt pour celui-ci. De fait, même s’il ne m’a pas particulièrement donné envie de regarder les œuvres de Fred Astaire, l’auteur a réussi à me faire intéresser à sa carrière et à mieux comprendre ce qu’il a apporté au cinéma.</p>
<p>Plus encore que pour les longs-métrages, dont les récits peuvent être résumés en quelques mots, ce sont les images qui comptent tout particulièrement quand on parle de numéros de danse. D’où l’excellente idée de Timothée Gérardin, qui a collecté des extraits des films diffusés sur YouTube et qui propose des codes QR au début de chaque chapitre ainsi qu’un logo spécifique dans le texte pour y faire référence. Pendant la lecture, garder un smartphone non loin pour scanner ces codes et regarder quelques minutes de Fred Astaire danser permet d’enrichir considérablement l’essai. On comprend alors de quoi il est question et on peut suivre les explications de l’auteur. Par exemple, on réalise mieux les effets de style favorisés par le danseur, qui était aussi le metteur en scène de ces propres séquences. <em>Fred Astaire, la haute société du spectacle</em> explique ainsi que les cadres étaient toujours larges, pour voir tout le corps des danseurs, et en général assez fixes. Les scènes étaient filmées en plan séquence, ce qui imposait un travail de préparation monstrueux, alors même que l’artiste faisait tout pour masquer tout ce travail et présenter la danse comme naturelle et simple.</p>
<p>J’ai beaucoup apprécié ce travail d’analyse transversale, qui repose sur la longue filmographie de Fred Astaire. Les réflexions de l’auteur sur la participation active de son sujet à l’Hollywood moderne, notamment par sa façon de vendre son image, étaient aussi particulièrement intéressantes. En filigrane, c’est aussi le portrait d’un homme perfectionniste probablement assez toxique qui se dessine, avec en particulier une relation très datée avec les femmes. Je dois dire que les extraits vidéo, bien qu’essentiels pour comprendre de quoi on parlait, ne m’ont pas donné envie de creuser davantage, tant ce cinéma semble daté. <em>Fred Astaire, la haute société du spectacle</em> reste quoi qu’il en soit passionnant pour mieux connaître ce pan de l’histoire du cinéma et cet artiste qui a indéniablement marqué son époque.</p>
]]></description></item><item><title>Génération 56k, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/generation-56k-netflix/</link><pubDate>Tue, 28 Feb 2023 17:30:27 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/generation-56k-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/generation-56k-netflix/generation-56k.jpg">
        <p>Son nom le suggère, <em>Génération 56k</em> regarde vers un passé pas si éloigné… enfin, je trahis sans doute mon âge en disant cela. Cette comédie romantique venue d’Italie suit une histoire d’amour séparée de vingt ans, en parallèle entre la fin des années 1990 et l’arrivée d’internet sur une petite île au large de Naples et le début des années 2020. Daniel et Matilda sont passés à côté quand ils avaient une dizaine d’années, ils se retrouvent devenus trentenaires et c’est le coup de foudre, mais n’est-ce pas trop tard ? La série créée par Francesco Ebbasta pour Netflix n’essaie pas de bouleverser le genre et elle devrait ravir les amateurs. Je ne dirais pas que j’ai été bouleversé, mais cette histoire d’amour assez mignonne et la petite dose de nostalgie, combinés au charme de l’Italie du sud, a plutôt bien fonctionné.</p>
<p>Même si <em>Génération 56k</em> joue résolument sur l’attrait des années 1990, la série ne nous étouffe pas pour autant dans une nostalgie forcée. Au contraire, elle est diffusée à petites doses et à bon escient, puisqu’elle sert l’intrigue. Les huit épisodes alternent entre le point de vue et les souvenirs de Daniel et ceux de Matilda, avec à chaque fois un enchaînement de séquences dans le passé et dans le présent. Les flashbacks sont l’occasion de (re)découvrir une époque passée, celle d’avant les smartphones et les réseaux cellulaires qui offrent une connexion à internet omniprésente. Le présent offre un parallèle facile, mais bien trouvé, puisque Daniel travaille dans l’informatique et crée désormais des apps pour smartphones. Alors qu’il découvrait les femmes dénudées sur le web directement dans le bureau de son père, il tente de trouver la bonne parmi des centaines de candidates dans une app de rencontre moderne. Francesco Ebbasta tisse des liens entre les deux époques, notamment en privant ses personnages de leur téléphone dans le présent, ce qui est d’ailleurs la cause principale des retrouvailles des deux tourtereaux. Ce jeu entre les périodes fonctionne assez bien et il ne devient jamais systématique, même s’il y a bien quelques facilités par endroit.</p>
<p><em>Génération 56k</em> se distingue aussi par la qualité de son casting, avec notamment des choix d’acteurs impeccables pour les jeunes et les adultes. Les personnages principaux sont tous bien écrits et il y a quelques perles dans les secondaires, mention spéciale à « Lu ». Ces huit épisodes d’une trentaine de minutes se regardent sans déplaisir, du moins si vous n’êtes pas allergique aux comédies romantiques, de quoi recommander la création Netflix sans trop d’hésitation.</p>
]]></description></item><item><title>Les bunkers de Kermabec</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/bunkers-kermabec/</link><pubDate>Sun, 26 Feb 2023 18:29:48 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/bunkers-kermabec/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/bunkers-kermabec/IMG_4959.jpeg">
        &lt;p>La côte Atlantique est marquée par de nombreuses traces de la fortification allemande pendant la Seconde guerre mondiale et la baie d’Audierne ne fait pas exception. Si la majorité des bunkers sont restés sur les hauteurs, ceux de Tréguennec ont trouvé place directement sur la plage. Et même si l’océan accomplit son méticuleux travail d’érosion, ils restent encore parfaitement visibles et ces gros blocs sombres créent un contraste saisissant face à l’immense plage de sable fin.&lt;/p>
</description></item><item><title>Il filo invisibile, Marco Simon Puccioni</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/filo-invisibile-puccioni/</link><pubDate>Sat, 25 Feb 2023 18:30:34 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/filo-invisibile-puccioni/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/filo-invisibile-puccioni/il-filo-invisibile.jpg">
        <p>Les familles homoparentales sont des familles (presque) comme les autres. Marco Simon Puccioni entend le montrer avec <em>Il filo invisibile</em>, un très joli film sur un adolescent et ses deux pères qui se séparent après vingt ans de vie commune. Après si longtemps et alors qu’ils avaient fondé une famille, le divorce se passe logiquement assez mal, de manière assez atroce même. Les deux parents se lancent des horreurs et s’en prennent même aux affaires personnelles de l’autre, ce n’est pas beau à voir. Comme dans les familles hétéroparentales bien entendu, avec toutefois une difficulté supplémentaire. La loi italienne complique la situation en ne reconnaissant pas aisément les deux pères. Un test ADN est exigé pour connaître le père biologique et c’est le seul dont la paternité pourra être légalement reconnue, une situation ridicule que le long-métrage démonte méthodiquement. Sans être une œuvre militante, ni un documentaire d’ailleurs, <em>Il filo invisibile</em> met bien en avant le caractère absurde et foncièrement homophobe de la législation italienne.</p>
<p>Marco Simon Puccioni a opté pour le point de vue de l’enfant, Leone, 16 ans. C’est assez classique dans ce genre d’histoires de séparation et c’est bien évidemment assumé : le réalisateur entend respecter les codes du genre à la lettre, l’homoparentalité n’étant pas un facteur qui doit intervenir. J’ai beaucoup aimé cette approche et j’ai trouvé que le personnage de Leone était particulièrement bien écrit. En particulier, la question de sa propre sexualité est intéressante : tout le monde autour de lui part du principe qu’il est aussi gay, alors que ce n’est pas le cas. Une bonne manière de tordre le nez à cette idée stupide qu’un environnement queer rendrait queer, tout en montrant qu’il a grandi dans un univers bien plus ouvert, où l’orientation sexuelle n’a jamais été présentée comme un problème. C’est un petit peu facile bien sûr, mais l’opposition avec cette famille où la mère se dit très ouverte jusqu’au moment où son fils fait son coming-out est à cet égard redoutable d’efficacité.</p>
<p><em>Il filo invisibile</em> ne révolutionne pas le genre, mais pourquoi devrait-il le faire ? Si l’histoire composée par Marco Simon Puccioni peut sembler banale, elle est importante pour dénoncer le traitement injuste de ces familles atypiques. Elle est aussi fort mignonne, avec une séparation dans la douleur et en même temps beaucoup d’amour de la part des deux pères.</p>
]]></description></item><item><title>How To Replace It, dEUS</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/how-replace-deus/</link><pubDate>Fri, 24 Feb 2023 21:40:17 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/how-replace-deus/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/how-replace-deus/deus-how-to-replace-it.jpeg">
        <p>Je ne m’attendais pas vraiment à un retour de dEUS. Le groupe de rock belge n’avait pas publié de nouvel album depuis 2012 et il semblait acquis que leur brillante carrière restait désormais dans le passé. Mais non, le groupe originaire d’Anvers est bien retourné au studio dix ans plus tard pour produire <em>How To Replace It</em>. Douze titres qui sont indéniablement dans l’esprit et la sonorité du groupe, sans tomber dans la répétition pour autant et en osant même ici ou là quelques idées originales.</p>
<p>Tom Barman, chanteur et surtout leader du groupe, a beau avoir passé la cinquantaine, sa voix reste reconnaissable entre toutes et il apporte d’emblée ce son que l’on a toujours associé à dEUS. J’étais surpris néanmoins de le découvrir dans des domaines que je ne l’imaginais pas emprunter, que ce soit pour « <em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Gx206aFD6Wg">1989</a></em> » un timbre plus posé et grave qui va chercher du côté de Leonard Cohen avec une étonnante évocation des années 1980 qui n’est pas vraiment la routine du groupe. Ou alors pour « <em>Le Blues Polaire</em> » qui conclut l’album avec un morceau en français qui m’a cette fois évoqué un Alain Bashung, là aussi une surprise par rapport à la production habituelle de dEUS. Entre les deux, le rock plus brut des débuts n’a pas disparu — et le titre inaugural éponyme en est un bon exemple — même si <em>How To Replace It</em> évite toujours le piège de la répétition. Ce huitième album studio en quasiment trente ans de carrière ne dépareille pas, mais il n’est pas non plus superflu.</p>
<p>Varié et plaisant d’un bout à l’autre, j’ai beaucoup apprécié ce retour de dEUS qui m’a donné envie de me replonger dans leur discographie. Que je ne connais au fond pas si bien que cela, même si les albums des années 2000 ont souvent tourné dans mes platines virtuelles de l’époque.</p>
]]></description></item><item><title>Extraordinary, Disney+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/extraordinary-disney+/</link><pubDate>Thu, 23 Feb 2023 21:20:26 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/extraordinary-disney+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/extraordinary-disney&#43;/extraordinary.jpeg">
        <p>Encore une série avec des super-héros… certes. Mais <em>Extraordinary</em> est britannique, ce qui lui donne un avantage potentiel indéniable en termes d’humour et surtout, la création d’Emma Moran pour Disney+ opte pour une idée intéressante. Dans son univers, les pouvoirs fantastiques ne sont pas réservés à une poignée d’individus exceptionnels, tout le monde en a un. Dès la majorité, tout le monde se découvre un pouvoir, qu’il soit classique et utile comme de voler, de développer une force surhumaine ou encore de se déplacer très rapidement, ou loufoque et même gênant. L’inventivité des scénaristes d’<em>Extraordinary</em> permet d’imaginer des super-héros vraiment idiots, à l’image de celui qui a un anus qui imprime des objets en 3D ou alors de cet autre qui peut transformer n’importe quoi en PDF. Cette inventivité est rafraîchissante et la série n’hésite pas à se moquer de ces anti-héros ridicules. Les hommes, en particulier, sont les plus visés par les critiques. Motivés par des besoins d’héroïsme un peu stupides, ils cherchent à reproduire les scénarios des <em>comics</em> et font n’importe quoi en conséquence.</p>
<p>Pour pimenter le tout, l’héroïne d’<em>Extraordinary</em> se distingue par… son absence de pouvoir. Une petite partie de la population n’hérite pas de pouvoir à sa majorité, c’est censé venir ensuite, mais Jen a 25 ans et toujours rien à l’horizon. Les huit épisodes d’une petite demi-heure qui composent la première saison sont essentiellement centrés sur sa quête de ses pouvoirs, ce qui équivaut dans cet univers à une quête pour sa raison d’être. Emma Moran a la bonne idée de ne pas donner rapidement de réponse, car son personnage est bien plus intéressant en étant ainsi à la marge. Jen est par ailleurs constamment insupportable avec tout le monde et ce personnage odieux est un vrai point fort de la série. Disney+ a commandé une deuxième saison avant même la diffusion de celle-ci et c’est une bonne nouvelle, car on sent que l’intrigue et les personnages pourront être développés encore. Seule petite réserve sur le personnage de Kash, le petit-ami de la coloc de Jen, dont le rôle d’anti-héros m’a semblé trop caricatural et attendu alors qu’il aurait pu bénéficier d’un traitement plus subtil.</p>
<p>J’espère en tout cas retrouver la truculente Siobhán McSweeney, qui joue ici le rôle de la mère de Jen et qui impressionne dans un registre assez proche sans être répétitif de celui de <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/derry-girls-channel-4-saison-3/"><em>Derry Girls</em></a>. Dans le rôle principal, Máiréad Tyers est elle aussi excellente et j’ai hâte de la découvrir dans d’autres interprétations.</p>
]]></description></item><item><title>Le Stangala côté Stancou</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/stangala-stancou/</link><pubDate>Wed, 22 Feb 2023 21:12:36 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/stangala-stancou/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/photo/stangala-stancou/IMG_4841.jpeg">
        <p>N’allez pas croire que je n’aime les gorges du Stangala qu’autour du 20 février, mais un étrange hasard du calendrier fait que c’est pile à cette date que nous y sommes passés <a href="https://nicolasfurno.fr/photo/gorges-stangala-cote-griffones/">la dernière fois</a>. Peu importe la saison et peu importe le côté pour les aborder, ces gorges sont décidément magnifiques et le son de l’eau qui coule en contrebas ajouté au son des oiseaux composent un duo parfait pour se relaxer à quelques minutes de Quimper. Mieux vaut éviter toutefois les foules estivales et c’est peut-être pour cette raison que le Stangala est si agréable en hiver.</p>
]]></description></item><item><title>Makanai : Dans la cuisine des maiko, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/makanai-cuisine-maiko-netflix/</link><pubDate>Mon, 20 Feb 2023 21:15:16 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/makanai-cuisine-maiko-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/makanai-cuisine-maiko-netflix/makanai.jpg">
        <p>L’univers des geishas reste entouré de mystères, avec des représentations récentes souvent faussées qui en faisaient des prostituées de luxe. On connaît assez mal au fond ces femmes de compagnie et danseuses qui perpétuent un art vieux de plusieurs siècles et <em>Makanai : Dans la cuisine des maiko</em> en offre un bon aperçu. Créée par Hirokazu Kore-eda qui réalise aussi les trois premiers épisodes, cette mini série Netflix adapte un manga et propose une plongée sans jugement dans ce monde étonnant. En suivant deux adolescentes qui espèrent devenir des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Maiko_(geisha)"><em>maiko</em></a>, des apprenties geishas, les neuf épisodes dressent un portrait réaliste et tout en douceur de ce milieu extrêmement fermé. J’attendais plus de recul ou même un regard davantage critique de la part du cinéaste japonais, mais je comprends son intention et même s’il se contente de capter des moments de vie sans drame, il ne masque pas les aspects plus négatifs de ce monde.</p>
<p>Tout se déroule dans le quartier de Gion à Kyoto, l’un des derniers endroits au Japon où l’on trouve encore des geishas et toute la culture associée. Loin des évolutions du monde moderne, on vit ici au contraire tourné vers le passé, dans un quartier qui n’a pas bougé depuis des siècles : aucune voiture nulle part, des petites routes et des maisons traditionnelles qui semblent incroyablement mal isolées face aux hivers rudes dans ce coin du monde. Les <em>maiko</em> qui viennent là avec des espoirs de devenir geishas doivent abandonner tout confort moderne et adopter un mode de vie strict. Leur quotidien est alors entièrement tourné vers l’apprentissage des danses et de toutes les coutumes de ce mode de vie ancestral et oublier en échange leur téléphone portable et leur liberté. Ce qu’elles font pour autant de leur propre chef et parfois même à l’encontre de l’avis de leur parent, du moins chez Hirokazu Kore-eda, où Kiyo et Sumire débarquent de leur Aomori septentrional et entrent dans leur nouvelle maison. Cours de danse, apprentissage des bonnes manières… Sumire prend très vite le pli et semble destinée pour cette vie, quand Kiyo traine les pattes et finit par être virée du cours par la prof sévère. C’est alors qu’elle remplace la « <em>makanai</em> », la femme qui cuisine traditionnellement pour les maisons de <em>maiko</em> et elle découvre à son tour sa passion.</p>
<p><em>Makanai : Dans la cuisine des maiko</em> suit le quotidien des deux adolescentes pendant un an. En neuf épisodes d’une petite heure, on a à la fois le temps d’en voir beaucoup et finalement assez peu. J’aurais aimé en savoir encore davantage sur ce monde étrange et comprendre les motivations de ces adolescentes qui abandonnent tout pour se consacrer à un art ancien et qui reste sexiste, même si on oublie la partie prostitution. Les <em>maiko</em> apprennent à faire plaisir à un public exclusivement masculin et à des hommes riches souvent âgés. Sans remettre en cause le concept même, Hirokazu Kore-eda ne masque pas quelques critiques sous-jacentes. Les ‌geishas ne peuvent pas se marier sans arrêter leur activité et le retour d’une ancienne après son divorce provoque quelques remous. De manière plus générale, cet univers est extrêmement autocentré et isolé, ce qui peut faire souffrir les personnages de multiples manières. Sans compter qu’elles dédient tout à leur art, ce qui leur interdit toute relation sérieuse, du moins à l’extérieur de ce monde. Et que dire de ces coiffures sophistiquées avec lesquelles elles doivent dormir la nuit, au prix de grandes souffrances.</p>
<p>Ces défauts existent et la série de Netflix ne les évite pas, mais fidèle à son habitude, le cinéaste japonais préfère se concentrer sur son sujet fétiche : la famille. En l’occurrence, celle que l’on se choisit, ces jeunes femmes formant un groupe solide qui ressemble fort à une nouvelle famille. À ce titre, le rôle de la <em>makanai</em> est central, comme les scénaristes le montrent bien : c’est elle qui doit réconforter tout ce petit monde grâce à la nourriture, satisfaire toutes les <em>gaiko</em> et répondre à leurs besoins. Une cuisine simple, mais sophistiquée comme on peut l’imaginer, qui fait saliver plus d’une fois.</p>
]]></description></item><item><title>Moneyboys, C.B. Yi</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/moneyboys-yi/</link><pubDate>Sun, 19 Feb 2023 18:26:37 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/moneyboys-yi/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/moneyboys-yi/moneyboys.jpeg">
        <p>Pour son premier long-métrage, C.B. Yi ne choisit pas le sujet le plus facile en s’intéressant aux « <em>moneyboys</em> », ces jeunes hommes qui quittent leur campagne natale pour gagner leur vie dans les grandes villes chinoises en vendant leur corps. Même si l’homosexualité n’est pas interdite en Chine, elle reste extrêmement mal vue et provoque souvent une rupture totale, qui peut même être violente, avec la famille. Le comble, c’est que ces jeunes le font pour aider leur famille justement, en envoyant tout l’argent qu’ils peuvent mettre de côté. Le réalisateur sino-autrichien, qui a appris son art auprès de Michael Haneke, rien que ça, a considéré un temps écrire un documentaire, ou alors une œuvre mêlant fiction et réalité. Face à la difficulté de tourner sur place et le tabou représenté à la fois par l’homosexualité et la prostitution, il a finalement opté pour un tournage à Taïwan et uniquement basé sur la fiction. Ce qui ne l’a pas empêché de se documenter, ce qui se voit : <em>Moneyboys</em> surprend en effet par le réalisme de son ton.</p>
<p>C’est aussi lié à sa décision de maximiser les plans fixes et de prendre le remps de poser chaque séquence. C.B. Yi pose ses caméras et laisse ses personnages parler et évoluer sans les bouger en permanence. Ce dispositif offre à <em>Moneyboys</em> une sensation de calme qui tranche étrangement avec la violence de son sujet. Une séquence qui m’a particulièrement marquée se déroule dans le village natale du Fei, où il revient brièvement voir sa sœur et son père après un passage en prison pour prostitution. Au cours du repas où seuls les hommes de la famille s’attablent — les femmes sont manifestement réquisitionnées dans la cuisine —, le héros est visé par des attaques au départ détournées et de plus en plus directes de la part de son oncle. La séquence se termine avec une attaque physique en arrière-plan, avant une ellipse qui nous emmène dans le bus du retour. Les ellipses, c’est d’ailleurs la deuxième caractéristique forte du long-métrage. Le réalisateur n’hésite pas à couper les scènes abruptement, y compris en pleine action. Charge au spectateur de reconstituer l’histoire complète, ce qui reste assez aisé, même si le regard occidental peut avoir du mal à faire la distinction entre les acteurs qui, en plus, se ressemblent un petit peu tous. Il y a indéniablement un type « minet » pour ces garçons de l’argent et il m’est arrivé une fois ou deux de les confondre.</p>
<p>Malgré la douceur de sa mise en scène, <em>Moneyboys</em> reste une œuvre violente. La violence est psychologique, avec une société qui rejette ces hommes qui vendent leur corps pour d’autres hommes, mais aussi physique. Fei le découvre en fréquentant le mauvais client une fois et quand son petit ami essaie de le venger, il en fait l’amère découverte lui aussi. Comme dans tous les milieux liés à la prostitution, on peut facilement tomber sur les mauvaises personnes et la solidarité est essentielle, ce que C.b. Yi montre parfaitement, en présentant des jeunes solidaires et protecteurs entre eux. La violence la plus forte et qui m’a le plus impressionnée néanmoins, c’est bien celle que Fei éprouve envers lui-même. La haine de soi de ce personnage est forte et l’acteur, Kai Ko, parvient à parfaitement la rendre à l’écran. Les dernières images où on le voit sourire forment une conclusion assez dure, tant on sait à quel point ce n’est pas son quotidien…</p>
]]></description></item><item><title>Planète Cunk, BBC</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/planete-cunk-bbc/</link><pubDate>Thu, 16 Feb 2023 21:53:01 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/planete-cunk-bbc/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/planete-cunk-bbc/planete-cunk.jpg">
        <p><em>Planète Cunk</em> est un faux documentaire qui se présente comme un vrai, produit par la BBC, avec le style très sérieux qui accompagne le genre. Mais cette série de Charlie Brooker, devenu si célèbre pour <a href="https://voiretmanger.fr/black-mirror-brooker-channel-4/"><em>Black Mirror</em></a>, est une parodie centrée autour d’une stupide et vaguement complotiste génialement interprétée par Diane Morgan. Elle présente l’histoire de l’humanité, depuis les peintures rupestres des cavernes jusqu’aux smartphones, avec un point de vue toujours anachronique et moqueur, et des questions systématiquement gênantes face à des experts. Et pas des acteurs, d’ailleurs : une des idées géniales de <em>Planète Cunk</em> est de faire intervenir de vrais scientifiques ou experts des domaines concernés. On imagine bien qu’ils étaient informés de la supercherie, et de toute manière ils s’en seraient aperçus dès la première question débile de la présentatrice, mais ils jouent le jeu et répondent avec autant de sérieux que possible. C’est là tout le délice de cet humour si <em>british</em>, composé d’une bonne dose d’absurde et un sens aiguisé de l’ironie</p>
<p>Charlie Brooker a le bon sens de ne pas faire trop durer sa série. Cinq épisodes de moins de trente minutes, c’est bien pour évoquer grossièrement toute l’histoire de l’humanité, enfin du monde anglo-saxon du moins, sans lasser. Les vannes s’enchaînent à bon rythme et le scénario est dense, si bien que <em>Planète Cunk</em> supporterait sans doute une deuxième vision. Philomena Cunk pose des questions toutes plus idiotes les unes que les autres, mais avec un fond de vérité qui fait un petit peu mal. N’allez pas croire que c’est une série politique, mais les scénaristes n’ont pas seulement enchaîné les débilités et, comme toujours avec le créateur, il y a un fond de critique sociale derrière l’humour. J’ai trouvé cela bien trouvé et plus riche que je le pensais initialement.</p>
<p>Le meilleur gag de <em>Planète Cunk</em>, c’est toutefois l’apparition d’une chanson nommée « <em>Pump up the Jam</em> » et de son clip délicieusement… mauvais. Comme tout le monde j’imagine, j’ai été d’abord estomaqué quand il apparaît dans le premier épisode. Mais à chaque réapparition par la suite, j’étais plié en deux, puis en quatre. À chaque fois que le clip fait son retour, c’est l’occasion découvrir un autre détail de mauvais goût passé jusque-là inaperçu. Mais le plus drôle, c’est que ce n’est <a href="https://www.youtube.com/watch?v=9EcjWd-O4jI">pas du tout une invention</a> ! L’humanité est vraiment capable du meilleur, comme du pire…</p>
]]></description></item><item><title>Dirty Lines, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/dirty-lines-netflix/</link><pubDate>Tue, 14 Feb 2023 21:25:47 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/dirty-lines-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/dirty-lines-netflix/dirty-lines.jpg">
        <p><em>Dirty Lines</em> offre une plongée dans l’Amsterdam de la fin des années 1980, pour découvrir l’histoire vraie de la naissance du téléphone rose dans le pays et apparemment en Europe. La première saison composée de six épisodes suit les pas de Marly, une étudiante en sexologie qui se retrouve à travailler un petit peu à son insu chez Teledutch, la première entreprise qui exploite l’ouverture des lignes de téléphone au monde du privé. Toute une époque de bascule vers le monde moderne que l’on connaît encore aujourd’hui, quelques années avant l’émergence d’internet, sur fond de fin de Guerre froide et d’euphorie où l’argent autant que la drogue coule à flot. C’est aussi une très bonne comédie, qui laisse suffisamment de place à ses personnages pour exister et évoluer : en bref, une excellente surprise.</p>
<p>Le pilote de la série portée par Netflix ouvre par la fin, le réveillon de 1989, avant de revenir trois ans en arrière pour évoquer la naissance de Teledutch et le parcours de Marly. L’intervalle est ensuite reconstitué, avec les premiers pas simplistes du téléphone rose où des histoires érotiques racontées par des voix féminines tournaient en boucle et où des hommes les écoutaient pour se masturber anonymement et depuis le confort de chez eux. Le succès est immédiat et très mal jaugé, à tel point que l’entreprise fait tomber tout le réseau téléphonique d’Amsterdam. Mais la technique reprend le dessus et <em>Dirty Lines</em> évoque quelques améliorations apportées au fil des ans et surtout la croissance fulgurante de Teledutch. L’entreprise brasse rapidement des millions et les deux frères Stigter qui l’ont fondé deviennent des millionnaires. Frank est la caricature même du flambeur, qui dépense sans compter en champagne, une immense maison et non pas une, mais deux voitures de sport. Son frère Marlon est au contraire plus réservé et accumule sagement l’argent. Ils entraînent avec eux de nombreuses personnes, dont Marly qui finit par devenir la sexologue de référence de l’entreprise, alors même que la jeune étudiante n’a aucune expérience dans le domaine. Les scénaristes se concentrent sur leurs parcours personnels et offrent à ces quelques personnages toute la place nécessaire pour évoluer. J’ai notamment apprécié le parcours de Marlon, qui découvre peu à peu son attirance pour les hommes sans tomber dans la caricature, ni la facilité et avec une fin en suspens.</p>
<p>D’ailleurs, c’est le principal reproche que l’on pourrait faire à <em>Dirty Lines</em>. Comme trop de séries sur Netflix et tous les autres services de streaming, cette saison était courte et la suite pas assurée. Elle n’a été ni annulée ni renouvelée pour le moment, ce qui la laisse dans un état indécis assez déplaisant. Cela dit, cette première saison divertissante et instructive mérite selon moi votre attention.</p>
]]></description></item><item><title>Qui se souviendra de Phily-Jo ?, Marcus Malte</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/souviendra-phily-joe-malte/</link><pubDate>Mon, 13 Feb 2023 21:50:18 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/souviendra-phily-joe-malte/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/souviendra-phily-joe-malte/phily-joe.jpg">
        <p>Peut-on faire confiance à un auteur ? Peut-on même faire confiance en son éditeur ? J’ai découvert <em>Qui se souviendra de Phily-Jo ?</em> sans rien connaître à son sujet, seulement sur la promesse d’<a href="https://www.playlistsociety.fr/2022/11/qui-se-souviendra-de-phily-jo-de-marcus-malte-les-deux-faces-du-complotisme/132925/">un avis que j’estime</a>, et d’un sujet qui m’intéressait. Grand bien m’en a fait : ignorant tout de Marcus Malte, tomber dans le piège qu’il me tendait d’en était que plus savoureux. C’est pourquoi, si vous n’avez pas lu ce roman et que le complotisme est un sujet susceptible de vous intéresser, je vous recommanderais d’arrêter votre lecture ici et de vous plonger dans ses 560 pages avant éventuellement de revenir pour la suite.</p>
<p>Si vous l’avez lu, vous savez déjà que le romancier imagine une histoire à partir de la mort de Phily-Joe et du récit narré par son beau-frère sur les circonstances suspectes. <em>Qui se souviendra de Phily-Jo ?</em> pourrait être un thriller, mais le choix d’un narrateur aussi proche de la victime pose dès le départ un problème. Il n’y a pas réellement d’enquête, c’est davantage un exposé de Gary Sanz sur la vie et les inventions de son ex beau-frère, un exposé à la première personne qui est présenté comme un essai écrit par ce prof de français qui vit au Texas. Cet essai est parcouru de notes et commentaires d’un certain Deon Zubrisky et il est par ailleurs d’un style ampoulé ou précieux, avec de multiples citations de poètes français par exemple. Il y a quelque chose qui ne va pas et c’est Marcus Malte qui met en place son dispositif, avec un double objectif très malin. Tout en rendant le lecteur méfiant avec ces histoires d’énergie libre qui ressemblent bien à du complotisme un peu bête, il parvient à pousser son lecteur à apprécier ce Gary Sanz et finalement à le croire. D’où la surprise quand cette première partie se termine et que le roman enchaîne avec un nouveau récit, cette fois présenté comme le travail de recherche de Dipak Singh, un étudiant qui s’intéresse aux condamnés à mort et tombe sur le cas de Gary Sanz, condamné pour le meurtre de sa femme. Le lecteur est alors comme abasourdi par la nouvelle, puisque cette mort a été présentée auparavant par le mari et l’empathie ressentie pour le personnage l’emportait sur les doutes. D’abord sceptique, ce deuxième personnage finit par adhérer aux thèses du premier et son récit tente de prouver l’innocente de Gary Sanz, jusqu’à sa mort dans un accident tout aussi brutal. Marcus Malte enchaîne alors avec la sœur de l’avocate avec qui Dipak Singh avait travaillé et qui semble elle aussi avoir disparu, puis avec un ancien du FBI qui a mené l’enquête sur sa propre disparition, etc. C’est un véritable jeu de poupées russes qui se met en place, avec des récits toujours plus brefs qui se termine par un fin volume en forme de coup de poing, pour ramener le lecteur à la réalité et aux actions récentes au sommet des États-Unis pour remettre en cause un fait aussi indéniable que le réchauffement climatique.</p>
<p>Quelle montagne russe. D’une main de maître, Marcus Malte manipule son lecteur d’un bout à l’autre, le faisant constamment osciller entre la méfiance et l’adhésion au complot de l’énergie libre. Si les plus hautes instances américaines, tant politiques qu’économiques, peuvent manipuler l’opinion à grande échelle sur un sujet aussi grave que le climat, pourquoi est-ce que l’on ne pourrait pas imaginer qu’ils fassent tout pour masquer l’existence d’une énergie gratuite et infinie ? C’est le tour de force de <em>Qui se souviendra de Phily-Jo ?</em>, parvenir à faire douter et rester constamment dans un entre-deux. Ce roman aurait pu être un thriller avec une fin fermée et des explications complètes, mais ce n’est pas son objectif. Au contraire, le livre s’arrête brutalement sans donner de réponses, mais avec ces questions brûlantes, c’est le cas de le dire, sur le réchauffement de notre planète et sur des entreprises et États qui avancent toujours dans la mauvaise direction. De quoi ressortir sonné de ce roman, qui a tout du grand roman que la quatrième de couverture promettait, mais qui n’est pas aussi américain qu’on veut bien le faire croire.</p>
<p>En tout cas, ignorant l’existence de Marcus Malte avant d’ouvrir cet ouvrage, j’étais persuadé grâce à la complicité de l’éditeur qu’il était bien américain et que son livre était bien traduit en français par un certain Édouard Dayms. Espiègle, le romancier a même pris un malin plaisir de glisser quelques « NdT », des notes du traducteur qui n’existait pas. En réalité, Marcus Malte est le pseudonyme de Marc Martiniani, né dans les années 1960 à La-Seyne-Sur-Mer. Quelle brillante idée d’ajouter une couche à cette poupée russe déjà bien garnie et je suis entièrement et avec délice tombé dans le piège…</p>
]]></description></item><item><title>La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé, Canal+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/nuit-laurier-gaudreault-reveille-canal+/</link><pubDate>Sat, 11 Feb 2023 21:40:27 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/nuit-laurier-gaudreault-reveille-canal+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/nuit-laurier-gaudreault-reveille-canal&#43;/nuit-laurier-gaudreault.jpg">
        <p>Pour la première fois, Xavier Dolan passe derrière la caméra pour le petit écran. C’est la première fois que le réalisateur canadien crée une série et fidèle à son habitude, le prodige ne s’est pas contenté de poser son nom et de diriger un épisode en passant. <em>La nuit où Laurier Gaudreault s&rsquo;est réveillé</em> a été écrite, réalisée, montée et même jouée par Xavier Dolan, qui reprend un grand nombre de casquettes et s’implique à fond, comme pour ses longs-métrages. Les fans, dont l’auteur de ces lignes, ne seront pas dépaysés : ces cinq épisodes qui tournent tous autour d’une heure sont indéniablement ses créations, avec ses tics stylistiques, la musique prépondérante<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et même le choix des sujets. Ce n’est aucunement une critique de ma part, bien au contraire même. En apportant tout son savoir faire dans cette série, le cinéaste propose presque plus un long-métrage de plus de cinq heures et c’est très bien ainsi. Tenue par une tension constante, <em>La nuit où Laurier Gaudreault s&rsquo;est réveillé</em> est une excellente série que vous auriez tort de bouder.</p>
<p>La série est adaptée d’une pièce éponyme de Michel Marc Bouchard, dramaturge québécois que Xavier Dolan avait déjà croisé avec son adaptation de <a href="https://voiretmanger.fr/tom-ferme-dolan/"><em>Tom à la Ferme</em></a>. On y retrouve toutes les thématiques qui lui sont chères, à commencer par les histoires de famille, puisque c’est bien de cela qu’il s’agir. La série débute avec la fin de vie de Madeleine Larouche, dite Mado, interprétée par une Anne Dorval que l’on a plaisir à retrouver dans un rôle de mère<sup id="fnref:2"><a href="#fn:2" class="footnote-ref" role="doc-noteref">2</a></sup>. Sa mort réunit toute la famille, y compris Mireille, dite Mimi, qui est partie pour Montréal il y a plus de vingt ans et qui est en froid depuis. Tout se construit sur cette situation conflictuelle, avec un scénario qui revient dans le passé, à cette fameuse nuit où le Laurier (c’est un prénom, oui) du titre s’est réveillé. Que s’est-il passé au juste pendant cette nuit ? Xavier Dolan ne vend pas la mèche tout de suite et fait même patienter jusqu’à l’épisode ultime pour tout raconter et même si j’ai assez rapidement compris de quoi il retournait<sup id="fnref:3"><a href="#fn:3" class="footnote-ref" role="doc-noteref">3</a></sup>, cela ne gâche rien au plaisir. <em>La nuit où Laurier Gaudreault s&rsquo;est réveillé</em> parvient à maintenir un suspense constant d’un bout à l’autre, les passages d’une époque à l’autre sont bien gérés et le puzzle est ainsi lentement reconstitué. Un joli travail de montage, qui ajoute beaucoup de profondeur à l’ensemble.</p>
<p>Profondeur aussi sur le propos, même si le réalisateur a choisi de ne pas l’aborder frontalement. L’homophobie est présente dès les premières secondes, avec cette séquence inaugurale où un jeune gay est abandonné nu au pied du drapeau arc-en-ciel enflammé par les salopards qui l’ont violenté. Cela n’a pas vraiment de rapport avec la suite, mais Xavier Dolan veut faire passer un message avant d’introduire ses personnages et son intrigue. Sans lien au départ, même si le spectateur réalise au fil des épisodes qu’il y a bien un rapport direct entre ce qui arrive à ce jeune et ce qui est arrivé aux Larouche depuis plus de vingt ans. Je n’en dirai pas plus, si ce n’est pour signaler la force du message qui éclate dans le dernier épisode. <em>La nuit où Laurier Gaudreault s&rsquo;est réveillé</em> se termine presque abruptement, mais je crois que c’était voulu et assumé de la part de son créateur. Inutile de s’appesantir sur la fin, tous les éléments sont en place pour que vous réalisiez l’horreur de la situation, le coût effarant de tous ces mensonges au nom d’une idée absurde. C’est poignant et juste, une vraie réussite de Xavier Dolan que j’espère revoir dans ce format plus long qui lui convient bien.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<ol>
<li id="fn:1">
<p>Une bande-originale composée comme toujours chez lui de titres existants, dont l’excellente reprise au piano de « <em>Where is my Mind ?</em> » par Maxence Cyril que <a href="https://voiretmanger.fr/where-is-my-mind/">j’avais tant aimée</a> dans <a href="https://voiretmanger.fr/leftovers-lindelof-perrotta-hbo/"><em>The Leftovers</em></a>, et de morceaux nouveaux. Et surprise cette fois, le nom de Hans Zimmer au générique ! De fait, la série adopte une ambiance musicale digne de Hollywood, un effet que j’imagine entièrement recherché par le réalisateur.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
<li id="fn:2">
<p>Xavier Dolan lui avait déjà offert ce rôle dans <a href="https://voiretmanger.fr/jai-tue-ma-mere-dolan/"><em>J’ai tué ma mère</em></a>, son tout premier et excellent long-métrage, mais je retiendrais surtout sa performance éblouissante dans <a href="https://voiretmanger.fr/mommy-dolan/"><em>Mommy</em></a>.&#160;<a href="#fnref:2" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
<li id="fn:3">
<p>Alerte divulgâchage naturellement. J’ai vite pensé que l’histoire de viol de Mireille était louche, notamment parce que son frère Julien n’aurait pas pu être là si vite. Ajoutez à cela la séquence d’ouverture sur l’acte homophobe et la conclusion s’est rapidement imposée : il semblait bien plus probable que la sœur a vu son frère avec Laurier et que le viol était un mensonge pour couvrir sa bisexualité.&#160;<a href="#fnref:3" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Easy, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/easy-netflix/</link><pubDate>Thu, 09 Feb 2023 21:52:53 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/easy-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/easy-netflix/easy-netflix.jpg">
        <p><em>Easy</em> adopte un format hybride assez original, quelque part entre l’anthologie et la série conventionnelle. Les premiers épisodes sont déconnectés, avec des personnages indépendants et des liens assez souples : ils se déroulent tous à Chicago et il est question à chaque fois de sexe, ou du moins de couple. Mais au fil des épisodes et même des saisons, Joe Swanberg revient avec les mêmes personnages et les fait s’entrecroiser, si bien que la création de Netflix penche de plus en plus vers la série classique. Sans perdre de vue cette touche d’anthologie, notamment sur la troisième saison où l’on a quelques épisodes entièrement déconnectés du reste, tant par le thème que les personnages.</p>
<p>De l’anthologie, il reste aussi un intérêt variable d’un épisode à l’autre. Chacun y trouvera plus ou moins son compte, mais il y a quelques séquences parfaitement réussies, souvent des dialogues en caméra fixe qui m’ont particulièrement convaincus. J’ai bien aimé la diversité des sujets : certes, il est toujours question de relations amoureuses ou physiques, mais au sein de cette thématique, <em>Easy</em> trouve et exploite de multiples angles. On suit un couple qui ouvre son mariage pour tenter de mieux se retrouver. Deux frères qui tentent de se lancer dans une entreprise familiale autour de la bière. Un auteur de romans graphiques qui a connu le succès en étant odieux avec les femmes. Joe Swanberg essaie de varier ses personnages et situations, même si on le sent surtout à l’aise avec ce qu’il connaît, les couples représentés étant principalement aisés, blancs et hétérosexuels. Il y a bien quelques tentatives homosexuelles avec un personnage lesbien et des femmes hétéro-curieuses, mais rien du côté des hommes et la diversité sociale ou raciale n’est pas très représentée.</p>
<p>Malgré ces limites, j’ai apprécié <em>Easy</em>. Sur trois saisons et 25 épisodes qui oscillent entre la vingtaine de minutes et quasiment une heure, la série trouve son rythme et son ton. Même si tout n’était pas aussi bon, j’ai trouvé l’ensemble fort agréable et je recommande.</p>
]]></description></item><item><title>The Midnight Club, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/midnight-club-netflix/</link><pubDate>Wed, 08 Feb 2023 21:53:45 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/midnight-club-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/midnight-club-netflix/midnight-club.jpg">
        <p>Une critique devenue récurrente contre Netflix est le pouvoir supposé des algorithmes, avec des séries décrites comme remplissant les cases d’un bingo qui satisferait au maximum les goûts du public. J’ai toujours trouvé cette critique absurde et trop souvent avec un arrière-goût rance, à base de représentativité forcée, mais il faut reconnaître qu’il y a des formules que l’on retrouve d’une création à l’autre. Typiquement, la bande d’adolescents ou jeunes adultes, combinée à des histoires d’horreur ou de fantômes, cela ressemble peut-être un petit peu trop à un schéma reproduit à l’infini. Et pourtant, <em>The Midnight Club</em> mérite mieux qu’un jugement rapide à partir du synopsis ou du casting. Oui, les jeunes acteurs rassemblés par Mike Flanagan et Leah Fong représentent une variété qui n’est sans doute pas un hasard, tant en termes de couleur de peau que de sexualités. Et alors ? Le plus important, c’est qu’ils aient une réelle existence et une épaisseur psychologique qui donne l’impression de les connaître et c’est, à mon sens, tout à fait le cas. J’ai d’ailleurs trouvé la série étonnamment touchante, surtout vers la fin, et je regrette la décision de Netflix de l’annuler après une seule saison.</p>
<p>Même en sachant que <em>The Midnight Club</em> n’aura pas de suite, je recommanderais ces dix épisodes qui forment un tout cohérent. Le point de départ de cette série adaptée d’un roman de Christopher Pike est intriguant : un hospice qui se consacre uniquement à offrir une fin de vie à des malades incurables, mais qui n’accueille que des adolescents. Savoir que l’on va mourir à court ou moyen terme est toujours terrifiant, mais quand on est à peine majeur, c’est tragique et cela bouleverse naturellement tout rapport à la vie. Les huit jeunes acteurs dénichés pour incarner les malades sont tous très bons et parviennent bien à rendre cette inévitable tristesse et en même temps une colère sourde face à cette vie qu’ils n’auront jamais. C’est triste sans être plombé et l’idée de les faire réunir chaque soir pour raconter des histoires à se faire peur ajoute à la fois une profondeur supplémentaire et un petit peu de légèreté. Il y a aussi une intrigue autour du mystère des lieux et d’un rite avec la promesse d’une guérison miraculeuse, mais ce n’est pas le plus intéressant selon moi. J’ai préféré les récits personnels de ces jeunes qui affrontent la mort alors qu’ils devraient uniquement se soucier de leurs études et de la vie qui les attend. Cet angle est original et sort totalement de la routine des séries sur des adolescents, ce qui n’est pas apparent dans le premier épisode.</p>
<p>Mike Flanagan avait prévu plusieurs saisons, en alimentant les récits de minuit par les autres romans de Christopher Pike. De quoi peut-être aussi approfondir encore les personnages et je crois que <em>The Midnight Club</em> aurait pu devenir une excellente série. En l’état, elle garde malgré tout sa cohérence, avec un dernier épisode touchant et des personnages qui ont su trouver leur place. S’il y a bien une influence de l’algorithme chez Netflix, c’est sur les statistiques d’audience qui dictent les renouvellements et annulations sans aucune autre considération que les chiffres. Je suis le premier à le regretter, mais cela n’a rien à voir avec la qualité des séries ou les scénarios soi-disant dictés par des algorithmes.</p>
]]></description></item><item><title>La plage du Sillon</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/plage-sillon/</link><pubDate>Mon, 06 Feb 2023 21:55:45 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/plage-sillon/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/plage-sillon/IMG_4678.jpeg">
        &lt;p>Ce n’est sans doute pas la plage la plus photogénique du coin, mais ce ruban de sable fin est un paradis les baignades estivales. Au cœur de l’hiver, la plage du Sillon reste un cadre sympathique pour une balade facile sur le large chemin côtier ou à peine plus physique sur le sable. Le soleil de l’après-midi déjà bien bas en cette saison découpe façon ombres chinoises les maisons d’Île-Tudy au premier plan et la côte de Loctudy en fond.&lt;/p>
</description></item><item><title>Bullet Train, David Leitch</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/bullet-train-leitch/</link><pubDate>Sun, 05 Feb 2023 21:45:38 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/bullet-train-leitch/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/bullet-train-leitch/bullet-train.jpg">
        <p>Êtes-vous capable de laisser votre cerveau de côté pendant deux heures ? Selon la réponse à cette question, votre perception de <em>Bullet Train</em> passera du tout au tout. La dernière réalisation de David Leitch nécessite en effet d’abandonner tout esprit critique pendant toute sa durée, mais en même temps, pouvait-on espérer autre chose du réalisateur de <a href="https://voiretmanger.fr/deadpool-2-leitch/"><em>Deadpool 2</em></a> et de quelques autres films que j’imagine tout aussi fins et légers.</p>
<p>C’est idiot, admettons-le, mais est-ce fun ? Pas tellement au début et je dois confesser que l’envie d’arrêter assez rapidement nous a traversé l’esprit. La mise en scène outrancière qui évoque volontiers un Tarantino ou Rodriguez est assez fatigante pour raconter une histoire somme toute banale et Brad Pitt ne parvient pas initialement à compenser. Néanmoins, une fois que le fameux train est effectivement lancé, <em>Bullet Train</em> trouve peu à peu son rythme et l’augmente régulièrement jusqu’à un final explosif bourré de n’importe quoi toujours plus énorme. Quand les corps s’amoncellent dans les wagons sans inquiéter personne, c’était déjà assez ridicule. Quand ils font exploser une porte sur un train qui semble aller à 500 km/h sans aucune conséquence, c’est encore plus difficile à croire. Mais ce n’est rien en comparaison de ce qui attend le spectateur : plus tard, quelqu’un saute sur le train en marche, parvient à s’agripper et même à entrer par une vitre en frappant dessus avec ses mains. Et plus loin encore, le Shinkansen finit sa course en vol plané dans Kyoto, sans tuer tout le monde au passage, parce que, pourquoi pas.</p>
<p>Il n’y a rien qui va et c’est l’idée. David Leitch enchaîne les séquences toujours plus absurdes et chaque nouvelle scène est une excuse pour augmenter encore d’un cran le niveau de ridicule. C’est idiot, mais ça peut finir par marcher : j’ai trouvé l’ensemble finalement assez amusant, même si la violence était un peu gratuite par moments. C’est bourré de clichés entre les yakuzas et la mafia russe et c’est globalement stupide, avec des invraisemblances permanences et au contraire des rebondissements évidents des centaines de kilomètres en amont. Malgré tout ça, ou peut-être grâce à tout cela, <em>Bullet Train</em> peut être fun, à condition d’accepter de ne plus trop réfléchir pendant deux heures.</p>
]]></description></item><item><title>Le Cabinet de curiosités de Guillermo del Toro, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/cabinet-curiosites-guillermo-toro-netflix/</link><pubDate>Wed, 01 Feb 2023 21:05:45 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/cabinet-curiosites-guillermo-toro-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/cabinet-curiosites-guillermo-toro-netflix/cabinet-de-curiosites.jpg">
        <p><em>Le Cabinet de curiosités de Guillermo del Toro</em> porte au fond bien son nom : cette série d’anthologie rassemble huit histoires indépendantes réunies par le réalisateur mexicain, toutes dans les genres du fantastique ou de l’horreur. Chaque épisode est présenté par le cinéaste en personne, façon Hitchcock, devant un cabinet de curiosités d’où il extrait à chaque fois un objet qui a un vague rapport avec son thème. Guillermo del Toro ne réalise rien, il produit l’ensemble, il a aussi écrit deux épisodes et ses introductions servent à lier l’ensemble et lui offrir une cohérence qu’il n’aurait sinon pas, ni sur le fond, ni sur la forme.</p>
<p>Comme dans toute anthologie, tous les épisodes ne se valent pas et leur appréciation dépendra de chacun. Pour ma part, je retiens avant tout l’avant-dernier, « <em>L’Exposition</em> », un hommage au cinéma des années 1970 et une lente montée de la tension jusqu’au final explosif, avec entre les deux des dialogues intenses et des personnages bien écrits. Il y en a pour tous les goûts, avec des maisons hantées, des morts-vivants, des univers parallèles… Guillermo del Toro compose ainsi une anthologie assez complète du genre, avec quelques bonnes idées ici ou là. Le deuxième épisode, « <em>Rats de cimetière</em> », est visuellement assez bluffant et une créature bien horrifique. « <em>La prison des apparences</em> » est l’un des plus intéressants avec sa réflexion sur les pressions liées à son corps et sa façon d’être, et Kate Micucci est vraiment parfaite dans le rôle principal. J’ai beaucoup aimé aussi l’ambiance de « <em>Lot 36</em> », le premier épisode, tandis que les autres m’ont laissé peut-être plus indifférent. Mais l’important, c’est que vous devriez y trouver de quoi vous satisfaire et si vous aimez ces genres et le travail du Mexicain de manière générale, vous auriez tort de passer à côté.</p>
]]></description></item><item><title>Le sentier côtier de Rosbraz en hiver</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/sentier-cotier-rosbraz-hiver/</link><pubDate>Sun, 29 Jan 2023 21:15:20 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/sentier-cotier-rosbraz-hiver/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/sentier-cotier-rosbraz-hiver/IMG_4607.jpeg">
        &lt;p>Le sentier côtier qui repart du petit port de Rosbraz sur l’Aven est tout mignon, même en plein hiver avec la marée basse. Parler de sentier côtier est peut-être un poil exagéré, puisque vous ne surplombez pas directement la côte Atlantique, mais les méandres de l’Aven font partie des plus jolis coins du Finistère sud. Dommage que le sentier retombe rapidement sur la route, gâchant le plaisir au profit d’immenses résidences secondaires qui forment un hameau fantôme en cette fin du mois de janvier. Le chemin côtier reprend quasiment face à Port Manec’h, mais c’est alors bel et bien le Golfe de Gascogne qui se dévoilera sous vos yeux.&lt;/p>
</description></item><item><title>Oxygen Not Included</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/oxygen-not-included/</link><pubDate>Fri, 27 Jan 2023 22:00:32 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/oxygen-not-included/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/oxygen-not-included/oxygen-not-included.jpg">
        <p>Vous prenez la tête d’une petite colonie de survivants dans ce qui ressemble à une cave enterrée loin de toute surface. Petit à petit, vous creusez la roche autour de vous pour récolter des matériaux et organiser votre base. Toutes les ressources essentielles à la survie de vos petits hommes doivent être collectées ou produites : de l’eau, de la nourriture et naturellement, de l’oxygène. Si tout va bien, vous gagnerez régulièrement de nouveaux occupants et votre base pourra grossir et grossir jusqu’à l’objectif ultime : atteindre la surface, construire une fusée et quitter cet horrible caillou. Du moins, c’est si vous parvenez à étendre suffisamment la colonie sans affamer, assoiffer ou étouffer tous vos petits bonshommes, ce qui est assez facile au départ et de plus en plus complexe.</p>
<p><em>Oxygen Not Included</em> est un jeu de construction et de gestion assez classique au départ, mais dont toute la complexité ne devient apparente qu’après quelques dizaines d’heures. Au début, le joueur peut s’en sortir en creusant à peu près n’importe où et en construisant sa base à peu près n’importe comment, mais ces mauvais choix initiaux peuvent peser lourd bien plus tard, quand il n’y a brutalement plus de nourriture ou que tout le monde doit prendre un temps fou pour parcourir de longues distances. C’est ce que j’ai réalisé après une vingtaine d’heures de jeu : ma base était bien complexe, mais je n’ai aucune chance de l’étendre davantage et je vais devoir repartir de zéro. C’est un petit peu décourageant quand on aime les jeux simples d’accès, mais c’est aussi tout ce qui fait l’intérêt de ce titre. <em>Oxygen Not Included</em> est un jeu profond et complexe, d’autant plus qu’il n’est pas accompagné de tutoriels bien complets. Par exemple, de nombreux éléments avancés dépendent du plastique, qui est lui-même produit à partir du pétrole comme chacun sait. Mais vous ne trouverez pas de pétrole simplement, il va falloir beaucoup creuser avant d’en dénicher et il faut apprendre à survivre sans. Toutes les ressources en réalité sont extrêmement limitées, ce qui est une bonne simulation réaliste, si bien que vous allez vite vous battre pour récupérer les moindres algues, indispensables pour produire de l’oxygène, ou encore toutes les ressources que vous pourrez trouver pour produire de l’électricité. C’est une autre leçon amère de cette première expérience : le charbon se fait vite rare et la base a besoin de beaucoup d’énergie pour tourner normalement.</p>
<p>Cela fait de nombreux critères à surveiller et encore, il manque le plus important : l’air. C’est ce qui fait toute l’originalité de ce jeu, qui intègre un moteur de gestion assez réaliste des gaz. Vous devez maintenir de l’oxygène dans toutes les zones habitées de la base, mais vous combattrez de multiples autres gaz : du dioxyde de carbone produit notamment par la combustion du charbon, de l’hydrogène qui aura tendance à monter, du chlore qui descendra au contraire, du gaz naturel aussi mortel qu’efficace pour produire de l’électricité, etc. Il faut apprendre à gérer tous ces gaz, cloisonner les espaces pour les tenir éloignés ou au contraire les stocker, apprendre à les gérer avec un système de ventilation. Et si tout cela ne suffisait pas, <em>Oxygen Not Included</em> introduit aussi une gestion de la température, avec des zones mortellement froides, d’autres mortellement chaudes et un difficile équilibre à maintenir entre les deux pour que la vie soit possible. Cela fait beaucoup et le joueur peut finir par se sentir débordé par tous ces éléments, mais c’est aussi ce qui fait la richesse du jeu.</p>
<p>Après ce premier essai raté, je pense laisser de côté <em>Oxygen Not Included</em> le temps de tester un autre jeu, mais y revenir par la suite. J’ai désormais bien plus de connaissance sur cet univers et son fonctionnement, si bien que la partie suivante devrait être davantage couronnée de succès… ou un nouvel échec qui m’aura au moins permis d’en savoir un petit peu plus.</p>
]]></description></item><item><title>Tokyo Vice, HBO Max</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/tokyo-vice-hbo-max/</link><pubDate>Thu, 26 Jan 2023 21:30:29 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/tokyo-vice-hbo-max/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/tokyo-vice-hbo-max/tokyo-vice.jpg">
        <p><em>Tokyo Vice</em> n’est pas tout à fait une série de Michael Mann. L’affiliation avec le cinéaste à qui l’on doit notamment <a href="https://voiretmanger.fr/miami-vice-deux-flics-miami-mann/"><em>Miami Vice</em></a> est assez évidente et c’est une référence qui parcourt les huit épisodes qui constituent la première saison. Le réalisateur a même dirigé le premier épisode, mais sa participation s’arrête là et ce n’est pas lui qui a créé cette série pour HBO Max, c’est J. T. Rogers. Surtout connu pour ses pièces, il a adapté ici l’autobiographie de Jake Adelstein, un journaliste américain qui a été le premier occidental embauché par le plus grand journal japonais<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et qui a en effet enquêté sur la corruption de la police par la mafia à Tokyo. Les huit premiers épisodes offrent une plongée dans le Japon de la fin des années 1990, une époque pas si lointaine même si elle éloigne de plus en plus de la nôtre, où les yakuzas régnaient en maîtres et n’hésitaient pas à tuer impunément. Grâce à son solide scénario et à son casting sans faute, <em>Tokyo Vice</em> séduit et donne envie de voir la suite, prévue par HBO pour cette année.</p>
<p>Ansel Elgort, que j’avais trouvé impeccable dans <a href="https://voiretmanger.fr/baby-driver-wright/"><em>Baby Driver</em></a>, a appris le japonais pour cette série. Un gros effort sans doute, mais qui porte ses fruits : <em>Tokyo Vice</em> est partagée entre japonais et anglais, ajoutant un réalisme indéniable à l’ensemble. L’acteur peut exploiter les deux langues au sein d’une même scène, ce qui est essentiel pour transmettre les jeux sur la culture. Le journaliste qu’il incarne feint régulièrement de ne parler qu’anglais pour mieux duper les Japonais avec lesquels il interragit et le fait que l’acteur parle les deux langues avec une aisance qui semble aussi naturelle aide énormément. Tout le casting est à la hauteur d’ailleurs, avec plusieurs autres personnages d’occidentaux qui parlent japonais, dont Rachel Keller remarquée dans <a href="https://voiretmanger.fr/legion-hawley-fx/"><em>Legion</em></a>. Il y a aussi de nombreux acteurs japonais, dont l’incontournable Ken Watanabe, mais je retiendrais surtout Shō Kasamatsu qui incarne Sato, un jeune yakuza à qui il apporte un jeu sophistiqué et des émotions complexes. L’intrigue elle-même n’est pas des plus originales si vous avez déjà croisé des histoires de mafieux, vous ne serez sans doute pas surpris. L’intérêt de <em>Tokyo Vice</em> n’est pas tant son originalité que l’exécution parfaitement menée. Tout est bien calibré, le rythme est bien tenu d’un bout à l’autre, les personnages sont tous soignés : l’ensemble est plaisant et donne envie d’en voir plus.</p>
<p>Le pilote réalisé par Michael Mann ouvre sur une séquence qui se déroule deux ans après les évènements de la saison. Quand le huitième épisode se termine, on sait ainsi qu’il reste de nombreux éléments à mettre en place pour faire le lien avec cette introduction. HBO Max a ainsi renouvelé <em>Tokyo Vice</em> pour une deuxième saison et on ne sait pas encore si elle complétera tous les trous ou si la série sera encore davantage étendue. Quoi qu’il arrive ensuite, ces débuts sont excellents et méritent le détour.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Et même le plus grand journal au monde par sa diffusion papier, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yomiuri_shinbun">d’après <em>Wikipédia</em></a>. J’ignorais que le Japon était encore aussi attaché à la presse papier, même si comme partout ailleurs, le tirage baisse.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Why Are You Like This?, ABC TV Plus</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/why-are-you-like-this-abc-plus/</link><pubDate>Wed, 25 Jan 2023 21:19:26 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/why-are-you-like-this-abc-plus/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/why-are-you-like-this-abc-plus/4882732.jpg">
        <p>Penny, Mia et Austin, la vingtaine à Melbourne et une série construite autour de leur quotidien, sans aucun filtre. C’est la promesse de <em>Why Are You Like This?</em>, une série australienne sortie en 2018 qui fait la part belle aux minorités et à leur combat, du moins en apparence. Sous couvert d’un humour « trash », elle tombe dans l’excès inverse en se moquant continuellement des minorités en question. Je ne sais pas si c’était l’intention du trio de créateurs, je préfère imaginer que non, mais en l’état, leur création donne des arguments à tous ceux qui pensent combattre le « wokisme » de notre société et d’autres âneries dans le même esprit. Si encore c’était drôle, on pourrait éventuellement fermer les yeux sur l’acharnement porté contre tous ceux qui tentent de dénoncer les injustices et de défendre les opprimés. Malheureusement, à part une bonne idée ici ou là, les six épisodes d’une vingtaine de minutes patinent un petit peu, si bien que le bilan est loin d’être positif.</p>
<p>C’est dommage, car le trio de personnages imaginé pour la série aurait mérité mieux. Les trois jeunes acteurs se donnent au maximum pour faire vivre ces personnages et même s’ils sont assez caricaturaux, il y aurait une bonne base pour les développer et leur offrir une psychologie un petit peu plus riche. La dépression d’Austin était une bonne occasion, mais le sujet est écarté trop rapidement et n’est pas très bien exploité. Même le rapport à la religion de Mia n’est qu’une excuse pour enchaîner des blagues et ne parlons pas de Penny, blanche hétéro qui surcompense en cherchant à sauver les opprimés partout. Elle accuse son collègue gay d’homophobie, fait virer toutes les femmes d’une entreprise en faisant la promotion de l’égalité homme/femme… c’est un festival de caricatures et de clichés et ce n’est pas très drôle tout en étant sur le fond assez gênant.</p>
<p>C’est bien tout le problème de <em>Why Are You Like This?</em>, une série qui semble n’avoir été écrite que pour rassurer tous ceux qui ont peur des progrès de notre société. Passez votre chemin.</p>
]]></description></item><item><title>The Playlist, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/playlist-netflix/</link><pubDate>Sat, 21 Jan 2023 21:04:11 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/playlist-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/playlist-netflix/playlist.jpg">
        <p><em>The Playlist</em> raconte l’histoire de Spotify avec un angle original : les six épisodes de cette mini-série suédoise commandée par Netflix adoptent le point de vue d’un personnage différent. Le premier présente la création du service de streaming selon Daniel Ek, co-fondateur et visionnaire qui a envisagé un futur où toute la musique du monde pourrait être accessible légalement d’un clic. Les suivants racontent cette même histoire en suivant d’autres points de vue : celui d’un patron de l’industrie du disque en Suède, de l’avocate qui a signé les contrats avec les labels, du principal développeur qui a travaillé sur la première version du service, du partenaire financier qui a permis au projet d’exister et enfin d’une artiste fictive qui représente tous les artistes et leur relation compliquée avec Spotify. Cette décision est sans doute l’une des meilleures idées de <em>The Playlist</em>, qui se distingue ainsi de la banale reconstitution historique en introduisant un biais constant. Tout est parfait dans le récit de Daniel Ek, mais les épisodes suivants soulignent que ce n’est pas nécessairement ainsi que les choses se sont déroulées. Et plus on avance, plus la belle idée qui devait sauver le monde de la musique et même la culture dans son ensemble craquelle.</p>
<p>Tous les épisodes ne sont pas aussi intéressants, mais leur combinaison forment un aperçu global de Spotify que j’ai trouvé particulièrement réussi. J’ai notamment apprécié l’épisode d’Andreas Ehn, développeur génial, premier employé de Spotify et un idéaliste finalement déçu par le résultat. Même si <em>The Playlist</em> n’aborde pas directement les aspects techniques, cet épisode offre un bon aperçu des difficultés rencontrées par l’équipe pour parvenir à atteindre l’objectif d’une lecture instantanée de n’importe quel titre. Tout en offrant un éclairage différent sur le fondateur, moins positif que dans son propre portrait. On s’en doute, l’épisode consacrée aux artistes qui termine la série est le plus négatif à l’encontre de Spotify et de son modèle économique qui ne leur permet pas de vivre. Même si c’est un aspect essentiel, j’ai trouvé que son positionnement dans le futur n’était pas un choix très heureux et l’épisode me semble un petit peu plus faible que le reste. Peut-être parce qu’il ne prend pas de hauteur sur le streaming en général et reste bloqué sur le service suédois, même si les interrogations autour de sa nature monopolistique sont plus intéressantes.</p>
]]></description></item><item><title>Mythic Quest, Apple TV+ (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/mythic-quest-apple-tv+-saison-3/</link><pubDate>Fri, 20 Jan 2023 21:45:47 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/mythic-quest-apple-tv+-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/mythic-quest-apple-tv&#43;-saison-3/mythic-quest-3.jpeg">
        <blockquote>
<p>On ne sait pas encore si <em>Mythic Quest</em> aura un avenir, mais les scénaristes ont judicieusement opté pour une fin qui obligera la série à partir sur d’autres voies si elle doit continuer. Une bonne manière de ne pas tourner en rond et de se forcer à se réinventer.</p>
</blockquote>
<p>En relisant mon avis sur <a href="https://voiretmanger.fr/mythic-quest-festin-corbeau-mcelhenney-day-ganz-apple-tv/">les deux premières saisons</a> de <em>Mythic Quest</em>, je suis tombé sur cette conclusion. Et après avoir terminé la troisième saison, je crois qu’elle résume bien tout le problème. Contrairement à ce que j’attendais et espérais, les scénaristes n’ont pas choisi du tout se réinventer et encore moins de renouveler quoi que ce soit. Certes, Ian et Poppy ne sont plus censés travailler dans le studio qui a créé le jeu <em>Mythic Quest</em>, mais ils sont à l’étage du dessous et passent leur temps dans les bureaux. Brad terminait en prison pour délit d’initié, mais il revient ici comme homme de ménage qui parvient à retrouver son ancienne place après quelques épisodes. Quant aux deux testeuses parties faire des études, elles sont de retour et même si elles ne font plus le même travail, elles ont le même rôle. En bref, tout a changé et pourtant rien ne change, ou alors en pire : <em>Mythic Quest</em> ennuie et parvient même à ne jamais être drôle.</p>
<p>Il a été difficile de terminer la saison, composée de dix épisodes. On était à deux doigts d’arrêter, quand la création d’Apple TV+ a délivré son traditionnel épisode dans le passé, centré sur Ian et Poppy et indéniablement le meilleur de tous. Je dirais presque que se farcir la troisième saison de <em>Mythic Quest</em> vaut la peine rien que pour cet épisode, mais ce serait tout de même exagéré. Malheureusement, j’espérais que cela relancerait l’ensemble, mais le soufflet retombe vite et le final que je ne dévoilerai pas — même si, franchement, la surprise n’est pas grande — ne me donne pas du tout envie de voir la suite. Le service de streaming d’Apple avait commandé deux saisons d’un bloc et le programme annoncé dans le dernier épisode n’est pas alléchant du tout. Je ne pense pas être au rendez-vous…</p>
]]></description></item><item><title>Sexify, Netflix (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/sexify-netflix-saison-2/</link><pubDate>Wed, 18 Jan 2023 21:19:47 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/sexify-netflix-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/sexify-netflix-saison-2/sexify-2.jpeg">
        <p><em>Sexify</em> avait séduit par <a href="https://voiretmanger.fr/sexify-koschmieder-biedronska-netflix/">sa première saison</a> drôle, gonflée par endroits et surtout très juste sur le manque d’attention porté au plaisir féminin par une société machiste et encore trop marquée par les principes religieux. Netflix a décidé de renouveler sa série polonaise pour une nouvelle saison et j’avais hâte de la découvrir. Sans être tout à fait aussi fraîche et novatrice que la précédente, cette suite reste plaisante et mérite le coup d’œil si vous aviez aimé la précédente.</p>
<p>À la fin de la première saison, Sexify devenait une start-up et une future app destinée à aider les femmes à trouver le plaisir, seules ou à plusieurs. Le trio d’étudiantes devenaient par la même occasion un trio de co-fondatrices et le changement était inévitable. De fait, Agata K. Koschmieder et Małgorzata Biedrońska font évoluer leur intrigue pour traiter de sujets un petit peu différents, tout en restant dans les mêmes ordres d’idée. <em>Sexify</em> se concentre davantage sur leurs difficultés professionnelles et financières, tout en continuant de miser sur leurs propres découvertes concernant le sexe, avec le paradoxe toujours pour Natalia d’être à la tête d’une app sur le sujet sans l’avoir jamais pratiqué. Cette saison se concentre aussi davantage sur le plaisir masculin, avec une bonne idée d’ailleurs : en interrogeant des hommes sur leurs relations sexuelles, les jeunes femmes n’obtiennent au mieux que des mensonges et souvent des silences gênés. Tout le monde se vante, mais au fond, personne ne sait et les huit épisodes l’illustre bien.</p>
<p>Même si <em>Sexify</em> reste intéressante et drôle, elle a quand même perdu un petit peu de son mordant. À l’image de ses personnages qui deviennent un petit peu plus adultes, elle a perdu ce grain de folie qui faisait, je trouve, tout son charme. Le parcours de l’entreprise est sans doute un poil trop téléphoné, il manquait peut-être à mon goût quelques surprises. La fin n’est pas fermée sans être explicitement ouverte et peut-être que Netflix prolongera la série avec une troisième saison, mais j’ai comme un doute.</p>
]]></description></item><item><title>Kermabec avant la tempête</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/kermabec-tempete/</link><pubDate>Tue, 17 Jan 2023 21:30:13 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/kermabec-tempete/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/kermabec-tempete/IMG_4450.jpeg">
        &lt;p>Le calme avant la tempête n’est pas une expression appropriée, mais entre deux averses et quelques heures avant le coup de vent envoyé par Gérard, la plage de Kermabec est un lieu toujours aussi magique. Dépassez le petit village de Tréguennec et suivez la route jusqu’au parking tout au bout. Une fois sur le sable, partez à droite ou à gauche selon la position du soleil et l’orientation du vent. Vous ne pourrez pas vous tromper : l’océan et ce superbe ruban de sable à perte de vue, que vous pourriez suivre pendant des heures. Gardez tout de même un œil sur le grain suivant, il vaut mieux être à l’abri lors de son passage…&lt;/p>
</description></item><item><title>Mental, France.tv Slash</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/mental-francetv-slash/</link><pubDate>Mon, 16 Jan 2023 21:24:31 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/mental-francetv-slash/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/mental-francetv-slash/mental.jpg">
        <p><em>Mental</em> appartient à cette catégorie trop rare des séries françaises qui parviennent à surprendre. Pourtant, cette création de France TV ressemble à une catastrophe annoncée si l’on s’en tient à son synopsis. Cette histoire de quelques adolescents dans un service de pédopsychiatrie pouvait indéniablement mener à un échec complet et pourtant… c’est plutôt un petit miracle. Avec son casting parfait de bout en bout et avec son scénario qui n’a pas peur d’aborder des sujets difficiles tout en infusant une salutaire dose d’humour et une bonne pincée d’émotions, <em>Mental</em> est un bijou à ne rater sous aucun prétexte.</p>
<p>Les premiers épisodes plongent les spectateurs dans l’ambiance d’un hôpital psychiatrique fictif de Clermont-Ferrand, mais cette plongée est directe, brutale presque. Le casting est composé d’acteurs professionnels, mais je n’aurais pas été choqué d’apprendre qu’il s’agissait de jeunes sélectionnés dans une clinique, tant leur jeu semble naturel. On peut aisément imaginer comment une direction d’acteurs différente aurait pu mener à un désastre en la matière, mais Marine Maugrain-Legagneur et Victor Lockwood ont parfaitement géré les jeunes acteurs et ils sont tous justes. Justes et effrayants : la cruauté habituelle des jeunes de 15 à 18 ans, renforcée par les troubles psychologiques parfois graves, c’est un cocktail explosif. La série débute sur l’arrivée aux Primevères de Marvin, un jeune de 17 ans persuadé de ne pas être à sa place, mais qui évite un séjour en prison grâce à ce passage en institution psychiatrique. Il ne joue pas le jeu, se moque des autres adolescents et <em>Mental</em> frôle par endroits le cliché trop facile, en opposant le jeune des banlieues au reste des jeunes. Contre toute attente, cette opposition simpliste est rapidement évacuée et la série évolue vite vers des personnages de plus en plus riches et des relations toujours plus profondes. Avec le recul, c’est ce que je retiendrais : cette création de France TV parvient en deux saisons et vingt épisodes à créer des personnages crédibles, à la fois dans leur souffrance psychologique et dans leur intimité.</p>
<p>Sans doute fort bien documentée, <em>Mental</em> parvient en effet à parler de la psychologie avec une force et une honnêteté trop rares. Ses créateurs n’évitent pas les sujets qui fâchent, y compris les innombrables échecs ou du moins aveux d’impuissance de l’institution, qui passe à côté de souffrances pourtant évidentes, qui laisse sortir quelqu’un au mauvais moment ou dont le personne souffre parfois tout autant. L’écriture subtile permet de traiter tous ces sujets, dont certains particulièrement difficiles, jusqu’au suicide, avec énormément de finesse et en trouvant toujours les mots et les émotions justes. Cette noirceur, inévitable avec un tel sujet, est contre-balancée par de l’humour parfois trash qui permet, aux personnages autant qu’aux spectateurs, de décompresser. Et au fil des épisodes, d’autres émotions réconfortantes s’installent également, notamment à travers le parcours si mignon d’Estelle (Lauréna Thellier, brillante). Autour d’elle, même Marvin (Constantin Vidal, impeccable) et Simon (Louis Peres, bluffant) parviennent à s’adoucir. Tous ces jeunes se forment une nouvelle famille choisie et leur parcours en dents de scie est particulièrement touchant.</p>
<p>Comment ne pas s’enthousiasmer face à une telle réussite ? France TV a réalisé une pépite, mais qui n’a malheureusement même pas eu les honneurs d’une programmation sur la télévision d’antan, puisqu’il s’agit en réalité d’une série commandée par le site web France.tv Slash que je découvrais par la même occasion. Au fond, c’est peut-être pour cela que <em>Mental</em>, débarrassée de la pression imposée par la télé traditionnelle, est si bonne. Quoi qu’il en soit, Netflix l’a récupérée et vous ne devriez pas passer à côté.</p>
]]></description></item><item><title>Decision to Leave, Park Chan-wook</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/decision-leave-park/</link><pubDate>Sun, 15 Jan 2023 21:30:23 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/decision-leave-park/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/decision-leave-park/decision-to-leave.jpg">
        <p>Park Chan-wook déploie une intrigue bien tortueuse dans son dernier long-métrage. <em>Decision to Leave</em> commence avec une intrigue policière assez banale en apparence : un homme trouvé mort au pied d’une falaise et sa femme qui semble bien peu affectée. Est-elle coupable ? Elle prétend qu’il s’agit d’un divorce, donne toutes les preuves imaginables et l’enquête en serait restée là, si le policier n’était pas tombé sous son charme. Les conséquences de cet amour interdit occupent toute la suite de ce film de plus de deux heures, qui prend son temps pour poser les personnages et intrigues sans sembler trop long pour autant. Le cinéaste coréen n’hésite pas à passer d’une intrigue à l’autre et même d’une époque à l’autre, formant une sorte de puzzle qui peut nécessiter de suivre de manière plus attentive que la moyenne, mais qui n’est pas complexe pour autant. D’ailleurs, le scénario de <em>Decision to Leave</em> est rétrospectivement assez banal, c’est davantage l’exécution qui le pimente. Ce qui n’est pas une critique, j’ai trouvé l’ensemble fort plaisant à suivre et décortiquer, avec quelques rebondissements bien trouvés pour maintenir l’intérêt d’un bout à l’autre.</p>
<p>J’ai aussi bien aimé le choix du titre, qui joue sur plusieurs niveaux. Au-delà de l’enquête policière, <em>Decision to Leave</em> parle de couple et d’amour, à tel point que les enjeux initiaux autour du meurtre cèdent étranglement le pas à la romance. Cette histoire d’amour entre le détective et la suspecte n’est pas la plus originale qui soit, mais la version proposée par Park Chan-wook est parfaitement menée, notamment parce qu’elle se joue des genres habituellement bien cadrés. Il faut saluer à ce sujet l’excellent travail des deux acteurs principaux avec une mention spéciale pour Tang Wei, qui est impeccable dans le rôle de la suspecte. L’actrice chinoise rend le côté trouble de son personnage et elle contribue au succès de la bascule progressive du thriller à la romance. Si elle commence par séduire le policier pour son propre avantage, son amour devient ensuite aussi crédible que malsain. C’est dans ces mouvements tout en subtilité que <em>Decision to Leave</em> impressionne finalement le plus.</p>
]]></description></item><item><title>Copenhagen Cowboy, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/copenhagen-cowboy-netflix/</link><pubDate>Fri, 13 Jan 2023 21:49:48 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/copenhagen-cowboy-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/copenhagen-cowboy-netflix/copenhagen-cowboy.jpg">
        <p>Depuis <a href="https://voiretmanger.fr/drive-winding-refn/"><em>Drive</em></a>, Nicolas Winding Refn a eu le temps de peaufiner sa formule. L’image toujours soignée, l’ambiance mystérieuse, les néons hyper colorés, la musique de Cliff Martinez… le cinéaste danois ne dévie pas tellement pour cette série Netflix. <em>Copenhagen Cowboy</em> n’est pas qu’une répétition de ses films précédentes néanmoins et le cinéaste parvient à déployer une histoire intrigante sur la toxicité masculine et la survie d’une femme au milieu de gangsters et autres bourgeois vampires. C’est surtout très mystérieux, avec une augmentation constante du grain de folie qui évoque inévitablement le travail de David Lynch. La photographie est splendide, les jeux sur les couleurs particulièrement réussis, mais il faut aussi reconnaître que l’on ne sait jamais où l’on va et, surtout vers la fin, que l’ensemble paraît un petit peu vain. Mais joli.</p>
<p>Une beauté qui n’évite pas le glauque. <em>Copenhagen Cowboy</em> ouvre dans une ferme isolée du Danemark, où un frère et une sœur d’origine albanaise font venir des femmes du pays, le premier pour son bordel, la deuxième pour ses propres services. En l’occurrence, Miu a été achetée par la sœur pour ses talents supposés de porte-bonheur : elle espère tomber enceinte malgré son âge avancé, et compte sur la jeune femme pour l’aider. Comme cela ne donne rien le premier jour, elle la laisse à son frère, mais c’est alors que Nicolas Winding Refn explose ce cadre particulièrement glauque d’une manière brutale. Sans autre forme de procès, toute cette première partie part en flamme et la série change de mafia avec une deuxième séquence qui se déroule au sein de l’immigration chinoise cette fois. On comprend vite son objectif, qui est de montrer que les hommes restent des porcs — littéralement parfois —, d’où qu’ils viennent. Même les riches danois ne sont pas épargnés, au contraire même, ils ont un rôle particulièrement gratiné dans cette histoire.</p>
<p>Cette histoire est intéressante, mais pas très originale non plus. <em>Copenhagen Cowboy</em> se distingue davantage par sa mise en scène toujours magnifique, avec un ensemble de néons rouges et bleus, parfois violets, et un plaisir évident à jouer sur ces deux couleurs primaires. L’ambiance teintée de fantastique est ainsi particulièrement réussie, mais je trouve malgré tout que la série tourne vite en rond. La fin, en particulier, m’a laissé de marbre. Sans trop en dire, Nicolas Winding Refn a opté pour un final encore plus mystérieux et ouvert sur une suite potentielle, mais qui n’est pas parvenue à m’intéresser spécialement. Il manque peut-être à l’ensemble des personnages plus riches, même si l’aura de mystère autour de Miu est un point fort. À l’heure des bilans, je ne suis pas sûr que <em>Copenhagen Cowboy</em> dépasse réellement son statut de jolie curiosité, mais ce n’est déjà pas si mal, notamment si vous avez la chance de la regarder sur un écran OLED.</p>
]]></description></item><item><title>« Panopticom », Peter Gabriel</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/panopticom-gabriel/</link><pubDate>Tue, 10 Jan 2023 21:51:46 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/panopticom-gabriel/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/panopticom-gabriel/panopticom.jpg">
        <p>Cela fait maintenant plus de vingt ans que l’on n’a pas eu un « vrai » nouvel album de Peter Gabriel. Plus de vingt ans que <em>Up</em> est sorti et plus de vingt ans que je suis tombé amoureux de l’artiste. En deux décennies, j’ai eu le temps d’apprendre à connaître toute sa carrière jusqu’au bout des ongles, des flamboyantes années Genesis à sa géniale carrière solo en évolution constante. J’ai découvert son perfectionnisme maladif qui contraint tout fan à la patience : il s’était écoulé dix ans entre <em>Us</em> sorti en 1992 et <em>Up</em> qui a débarqué en 2002 et il a vite fallu se rendre à l’évidence, son successeur n’était pas sur le point d’arriver. Les projets secondaires se sont multipliés, des <a href="https://voiretmanger.fr/scratch-my-back-peter-gabriel/">reprises</a>, des compilations, un <em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=nqFKjz4l9u0">single</a></em>, de multiples collaborations <a href="https://nicolasfurno.fr/album/we-arcade-fire/">à droite</a> <a href="https://nicolasfurno.fr/album/here-it-is-tribute-leonard-cohen/">à gauche</a>… mais de nouvel album, il n’en était pas question. Les rumeurs <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/I/O_(album)#Historique">s’accumulaient tant</a> que cela commençait à ressembler à une mauvaise blague et je commençais sérieusement à me demander s’il allait sortir un nouvel album de son vivant.</p>
<p>Il semble que mes inquiétudes n’étaient pas fondées et un nouvel album est non seulement annoncé, mais on a une date, certes encore vague. En guise de présentation d’<em>i/o</em> — oui, l’artiste a manifestement un faible pour les noms à deux lettres — un premier titre est diffusé depuis quelques jours : « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=KIDu6a9COmg"><em>Panopticom</em></a> ». En temps normal, je n’aime pas écouter les <em>singles</em> ainsi isolés et je préfère toujours attendre les albums complets. Mais je pouvais bien faire une exception pour Peter Gabriel, surtout après vingt ans d’attente.</p>
<p>Sans aller jusqu’à penser que l’attente en valait la peine, ce premier titre tourne en boucle dans mes oreilles depuis sa sortie et je suis tellement content d’entendre à nouveau la voix de Peter Gabriel sur un tout nouveau morceau qui annonce un tout nouvel album complet ! Il a réuni autour de lui ses fidèles musiciens, dont l’indispensable Tony Levine qui le suit avec sa basse depuis ses premières années en solo. David Rhodes à la guitare électrique, Manu Katché derrière la batterie ainsi que Brian Eno avec ses synthés sont aussi au rendez-vous, sans compter quelques musiciens additionnels. On peut compter sur le chanteur, compositeur et interprète pour imaginer un titre complexe, même s’il tire volontiers vers la pop plus légère. Malgré tout, c’est une musique riche qui se dévoile au fil des écouteurs, marquée par ses ruptures de rythme et ses changements de ton. Ce n’est plus le rock progressif d’antan, mais ces influences sont toujours là et la composition est toujours plus complexe qu’elle n’en a l’air en y prêtant une oreille attentive. Au cœur du dispositif, la voix de Peter Gabriel reste l’instrument central, juste et précise comme toujours et qui complète cet ensemble parfaitement maîtrisé, sans surprise.</p>
<p>C’est vrai que je suis biaisé, je ne pourrais sans doute jamais être déçu par son travail. Quoi qu’il en soit, j’ai plus hâte que jamais d’entendre la suite et j’espère que <em>i/o</em> sera à la hauteur de <em>Up</em>, qui reste un de mes albums préférés de l’artiste, et même tout court. Je croise les doigts pour que son légendaire perfectionnisme  ne recule pas la sortie de quelques mois, voire d’un an ou deux…</p>
]]></description></item><item><title>Kaleidoscope, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/kaleidoscope-netflix/</link><pubDate>Mon, 09 Jan 2023 21:00:21 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/kaleidoscope-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/kaleidoscope-netflix/kaleidoscope.jpg">
        <p><em>Kaleidoscope</em> décrit un casse bien banal qui serait entièrement sans intérêt s’il n’y avait pas eu cette bonne idée. Puisque la série est diffusée sur Netflix d’un bloc, les expérimentations sont possibles : pourquoi ne pas imaginer une série qui peut se regarder dans n’importe quel sens ? Huit épisodes<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> qui ne sont pas numérotés, mais associés à une couleur et vous pouvez les regarder presque comme vous le voulez. Normalement, l’épisode « Blanc » est pensé pour être regardé en dernier, mais ce n’est même pas une obligation. Netflix devrait vous proposer un ordre qui n’est pas le même pour tout le monde, vous pouvez le suivre ou bien piocher au hasard dans la liste. C’est comme vous le sentez et vous devriez petit à petit reconstituer le puzzle et comprendre tout ce qui s’est passé.</p>
<p>Pour que ce concept fonctionne, Eric Garcia a associé chaque épisode à une période donnée autour du casse, qui se déroule dans « Blanc ». Par exemple, « Jaune » se déroule six semaines avant, alors que « Rouge » se place le lendemain. C’est l’idée du puzzle : vous allez découvrir les préparatifs et les conséquences sans avoir tout de suite la vue d’ensemble. L’idée est amusante et les premiers épisodes sont à mon sens forcément les plus réussis pour cette raison. Quand vous ne savez encore rien, la vision parcellaire proposée par un seul épisode permet de multiplier les hypothèses. Plus la série avance et moins c’est vrai toutefois. J’ai d’ailleurs trouvé la fin assez décevante, notamment l’ultime épisode qui est censé contenir de multiples surprises, alors que tout m’a semblé facile à deviner<sup id="fnref:2"><a href="#fn:2" class="footnote-ref" role="doc-noteref">2</a></sup>. Je m’attendais à mieux, à des rebondissements qui m’auraient vraiment laissé surpris, mais ça n’a jamais été le cas. De fait, en mettant de côté l’aspect aléatoire des épisodes, <em>Kaleidoscope</em> est une série bien banale. Combien de films ont déjà raconté un casse de façon déstructurée ? Peut-être qu’un sujet plus original aurait enrichi l’expérience au-delà de ces 5 000 combinaisons possibles en gardant l’épisode final à sa place                 (sinon, c’est plus de 40 000 combinaisons possibles).</p>
<p>Giancarlo Esposito commence à tourner en rond avec des rôles trop souvent similaires et sa version rajeunie est à peine meilleure que <a href="https://voiretmanger.fr/irishman-scorsese/">celle de Robert de Niro</a>. Le reste du casting ne laisse pas beaucoup plus de souvenir mémorable et de ce point de vue, la mécanique de la série empêche sans doute d’avoir des personnages riches. Malgré ces défauts, je dois aussi reconnaître que je n’ai pas passé un mauvais moment, surtout au début, quand toutes les hypothèses sont encore ouvertes. C’est alors assez fun d’imaginer ce qui aurait pu se passer, avant que <em>Kaleidoscope</em> ne donne trop d’indices pointant vers une intrigue hélas si banale…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
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<li id="fn:1">
<p>Neuf en comptant « Noir » qui ouvre la série en présentant le concept&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
<li id="fn:2">
<p>⚠️ Alerte divulgâchage ⚠️ Le fait que la fille de Leo double tout le monde me semblait assez évident, on avait vu que sa colocataire était impliquée sans savoir en quoi et puisqu’elle était la seule à mener la belle vie, on imaginait sans peine qu’elle était riche.&#160;<a href="#fnref:2" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Master of None, Netflix (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/master-none-netflix-saison-3/</link><pubDate>Wed, 04 Jan 2023 21:55:57 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/master-none-netflix-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/master-none-netflix-saison-3/master-of-none-saison-3.jpeg">
        <p>Quelle série ! <em>Master of None</em> a commencé avec <a href="https://voiretmanger.fr/master-none-ansari-yang-netflix/">une première saison</a> qui ressemblait un petit peu à un remake de <em>Friends</em>, mais avec déjà une ambition artistique nettement plus élevée que la simple sitcom et avec un sens de l’émotion que l’on n’attendait pas dans une comédie. Loin de s’arrêter là, Aziz Ansari a au contraire poussé encore plus loin dans <a href="https://voiretmanger.fr/master-none-ansari-yang-netflix/#2">une deuxième saison</a> qui s’éloignait de la série télévisée traditionnelle pour basculer dans une collection de courts-métrages, y compris des hommages à des grands cinéastes italiens avec des épisodes en noir et blanc et quasiment sans anglais. Depuis, un long silence radio jusqu’à la sortie courant 2021 d’une troisième saison sous-titrée « <em>Moments in Love</em> ». Et c’est encore une fois une grosse surprise : cinq épisodes qui oscillent entre une vingtaine de minutes et une heure, tous centrés sur Denise et son épouse Alicia. Des tranches de vie où le créateur et comédien ne fait que passer, l’humour n’est désormais qu’un vague souvenir et la série n’hésite pas à rester dans l’émotion pure et un format qui évoque le travail d’Ingmar Bergman… l’esprit de la sitcom est bien éloigné.</p>
<p>La forme, c’est sûrement ce qui frappe le plus quand on lance le premier épisode de cette nouvelle saison. <em>Master of None</em> avait déjà fait preuve d’une grande liberté dans ce domaine, mais Aziz Ansari pousse encore un petit peu plus le bouchon en tournant avec <a href="https://www.kodak.com/en/motion/blog-post/master-of-none/">une caméra 16 mm, du film</a> et un ratio 4/3. Loin de l’image parfaite que les caméras modernes peuvent produire, il opte pour une image un petit peu sale, granuleuse, voire carrément floue, mais rien n’est laissé au hasard. La saison est entièrement composée de plans statiques et souvent longs, si bien que chaque cadre est réfléchi et soigné. En posant ainsi une unique caméra et en laissant les acteurs agir librement dans le plan, le créateur opte pour un rythme lent et apaisant. Mieux vaut le savoir, vous devrez vous poser devant <em>Master of None</em> et prendre le temps d’apprécier le développement d’une intrigue assez menue. Ici, ce n’est pas l’action qui compte, mais bien les personnages, qui ont tout loisir d’exister et que vous aurez l’impression de connaître après seulement cinq épisodes.</p>
<p>Un tel programme pourrait conduire à une série prétentieuse, mais c’est tout le contraire. <em>Master of None</em> surprend au contraire par sa légèreté et la simplicité de son dispositif. La caméra se pose dans cette grande et sublime maison supposément localisée autour de New-York<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et le couple formé par Denise, personnage jusque-là secondaire, et sa femme Alicia peut évoluer librement. Non pas que ce soit de l’improvisation, mais le rendu est parfaitement naturel, presque comme si on regardait un documentaire et non une fiction. Je ne veux pas dévoiler l’histoire des deux femmes, je pense en effet qu’une grande partie du plaisir de cette troisième saison vient de la découverte progressive de leur parcours. Je voudrais simplement relever que si la série est née sous le signe de l’humour, ce n’est plus du tout la priorité ici. Aziz Ansari, aidé à l’écriture par Lena Waithe qui incarne aussi Denise, emprunte un chemin nettement plus ambitieux en écrivant des personnages complexes, mus par des émotions variées, capables de faire des erreurs et d’avancer dans la vie malgré tout. Il n’y a rien d’exceptionnel qui est narré ici, mais le fond est à la hauteur de la forme : précis, juste et touchant.</p>
<p>Cette plongée dans l’intimité d’un couple est magnifique et mérite indéniablement le détour, même si vous n’avez pas vu les deux saisons précédentes d’ailleurs. <em>Master of None</em> a atteint des sommets que je n’aurais pas envisagé après une première saison somme toute assez classique. Ces cinq épisodes s’éloignent de la série traditionnelle pour former un long-métrage découpé en cinq parties et on s’approche de la perfection. Lena Waithe est géniale, sans surprise, et Naomi Ackie est tout aussi bonne à ses côtés, si bien que les deux actrices sont pour beaucoup dans la réussite de cette conclusion. Mais c’est l’ensemble qui est parfaitement mené, avec une image sophistiquée et en même temps si simple. Quelle conclusion magistrale pour <em>Master of None</em> et quel brillant parcours pour Aziz Ansari dont je compte bien suivre la carrière de près.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<ol>
<li id="fn:1">
<p>En réalité, et arrêtez-là si vous ne voulez pas gâcher la magie du cinéma, la saison a été tournée dans un studio londonien. Je dois dire que c’est admirablement réalisé, on se croirait vraiment dans la campagne new-yorkaise.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Slow Horses, Apple TV+ (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv+-saison-2/</link><pubDate>Mon, 02 Jan 2023 21:41:18 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv+-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv&#43;-saison-2/slow-horses-saison-2.jpeg">
        <p>Après <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv+/">une première saison réellement excellente</a> qui avait juste le défaut d’être trop courte, Apple TV+ a eu le bon goût de ne pas trop nous faire attendre. <em>Slow Horses</em> est déjà de retour avec une deuxième saison tournée dans la foulée de la précédente et qui garde les mêmes qualités et toujours le même défaut de la durée courte. Néanmoins, je trouve que ces six nouveaux épisodes dosent mieux leur rythme et cette saison semble durer pile la bonne longueur, ou alors c’est la force de l’habitude. Quoi qu’il en soit, cette galerie d’espions incapables du MI5 qui parvient malgré tout à faire mieux que ceux du « Park » est délicieuse et les scénaristes enrichissent encore leurs personnages avec cette suite.</p>
<p>L’intrigue principale, qui convoque cette fois le spectre de la Guerre froide et quelques agents russes, est encore une fois presque secondaire, mais peut-être un petit peu moins que dans la première saison. L’implication plus directe de Jackson Lamb est un bon moyen d’offrir au personnage crasseux impeccablement interprété par Gary Oldman une crédibilité supplémentaire. Il n’est pas qu’un espion sale qui fait son maximum pour être désagréable la majorité du temps, c’est aussi un être humain avec des sentiments complexes et une forme de fierté qui n’est pas toujours aussi gratuite qu’on pouvait l’envisager. Tous les personnages ont droit à une place agrandie dans cette suite, même si <em>Slow Horses</em> n’hésite pas à en tuer ici ou là. Je n’en dirai pas plus sur l’intrigue, car cela reste un récit d’espionnage avec de multiples rebondissements après tout. Cette saison reprend l’un des romans écrits par Mick Herron et son histoire se case sans difficulté sur les six épisodes, ce qui est agréable. Apple a renouvelé sa série pour deux saisons supplémentaires que l’on peut imaginer toujours aussi courtes et probablement également auto-suffisantes. Bonne nouvelle, le romancier a suffisamment publié de volumes pour que les scénaristes n’aient pas besoin de broder, ce qui promet le meilleur pour la suite.</p>
<p>En attendant, <em>Slow Horses</em> se dessine doucement, mais sûrement, comme une excellente série, bien plus riche et intéressante que je l’envisageais initialement. J’espère que la direction sera maintenue par la suite, mais je n’ai aucune raison d’en douter. Si vous n’aviez pas vu les six premiers épisodes, il n’est pas trop tard pour vous y mettre, sous réserve quand même de tolérer une bonne dose de crasse à l’écran.</p>
]]></description></item><item><title>Top Gun : Maverick, Joseph Kosinski</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/top-gun-maverick-kosinski/</link><pubDate>Sat, 31 Dec 2022 19:00:32 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/top-gun-maverick-kosinski/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/top-gun-maverick-kosinski/top-gun-maverick.jpg">
        <p>Après avoir désobéi aux ordres et détruit un prototype qui valait probablement plusieurs dizaines de millions de dollars, Maverick/Tom Cruise est convoqué par son supérieur. Les pilotes humains n’ont plus aucun avenir dans l’armée, argumente-t-il, l’avenir est aux drones. « Un jour, peut-être, mais pas aujourd’hui », répond alors notre valeureux héros. Un message que les scénaristes de <em>Top Gun : Maverick</em> semblent eux-mêmes avoir adopté, en prouvant justement dans les deux heures qui suivent que les pilotes humains n’ont pas dit leur dernier mot.</p>
<p>Trente-six ans après <a href="https://voiretmanger.fr/top-gun-scott/"><em>Top Gun</em></a>, un classique un peu kitsch des années 1980 qui mérite surtout le détour pour ses combats aériens, cette suite est… en gros la même chose, mais en IMAX. L’intrigue est à nouveau une vague excuse pour enchaîner les séquences dans les airs, la musique dégoulinante accompagne des héros qui célèbrent les États-Unis devant autant de drapeaux que possible, l’ennemi n’est pas identifié, mais assez clairement quelque part entre la Russie et l’Asie et on a toujours des séquences sépia sur des fonds de coucher de soleil. Pour autant, à condition de lancer le film en sachant à quoi s’en tenir et de tolérer la nostalgie à pleins tubes, le spectacle n’est pas forcément désagréable.</p>
<p>Joseph Kosinski a opté pour une approche prudente. Face à un film jugé culte par toute une génération, il choisit l’hommage fortement appuyé, pour ne pas dire la copie, plutôt que de courir le risque de décevoir en innovant. Tom Cruise incarne à nouveau Maverick, pilote hors pair qui a connu une brillante carrière depuis ses débuts illustrés dans <em>Top Gun</em> et qui reste un pilote en forme. L’acteur a beau avoir fêté son soixantième anniversaire cette année, il reste injustement en pleine forme et enchaîne les cascades comme si de rien n’était. On ne peut que reconnaître son talent dans ce domaine et il se donne à fond pour ce retour de l’un des films qui a lancé sa carrière dans la plus hautes sphères. À ses côtés, la vie n’a pas été aussi tendre pour Val Kilmer et même si l’acteur fait une apparition, son état de santé l’interdit tout premier rôle. Presque contraint et forcé, <em>Top Gun : Maverick</em> apporte un petit peu de sang neuf avec de nouveaux pilotes et surtout Rooster, le fils de « Goose », mort dans le premier film. De quoi introduire un petit peu de tension et de gonfler, à peine, des personnages qui restent malgré tout largement des caricatures. Comme Tony Scott, le nouveau réalisateur se concentre sur les scènes d’action et oublie tout le reste. Tant qu’à faire, je crois qu’il aurait pu abandonner l’intrigue amoureuse qui n’apporte rien, si ce n’est l’assurance renouvelée que le héros est bel et bien hétérosexuel. Le temps d’un jeu de balles sur la plage, on avait pourtant de quoi en douter.</p>
<p>Les séquences dans les airs sont encore une fois les meilleurs moments et les avions les vraies stars. Sur ce point, force est de constater que <em>Top Gun : Maverick</em> vise juste, avec des scènes d’action parfaitement calibrées. La caméra est toujours au bon endroit au bon moment et le spectateur suit aisément ce qui se passe tout en en prenant plein la vue en continu. Je reste toujours aussi circonspect face au choix de basculer sans arrêt entre plans avec et sans IMAX, mais je ne peux pas bouder le plaisir de voir ces cascades aériennes époustouflantes. De quoi justifier le film tout entier, en compensant les clichés, le patriotisme exacerbé, l’histoire simpliste ou encore l’espoir vain d’un retour dans le passé. Au-delà de l’attrait nostalgique qui ne me concerne pas vraiment, Joseph Kosinski propose un spectacle de haute voltige qui justifie à lui seul une séance.</p>
]]></description></item><item><title>The Patient, Hulu</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/patient-hulu/</link><pubDate>Fri, 30 Dec 2022 21:31:40 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/patient-hulu/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/patient-hulu/patient.jpg">
        <p>Joel Fields et Joe Weisberg ont eu une idée originale : et si un tueur en série décidait de kidnapper son psy, de l’enfermer dans une pièce chez lui et de poursuivre ainsi une thérapie à marche forcée pour soigner son obsession de tueur ? <em>The Patient</em> construit ses dix épisodes à partir de ce point de départ et le résultat est pour le moins intense. Même si la mini-série créée pour Hulu peut avoir tendance à un moment ou deux de faire durer le suspense un poil trop longtemps, je dois reconnaître avoir été happé d’un bout à l’autre. Dès lors que Steve Carell, qui interprète le psy, se réveille prisonnier dans la pièce de son patient, sa thérapie forcée doublée d’une lutte de tous les instants pour sa survie m’a pris à la gorge et je n’ai pas arrêté avant la fin. Dont je ne dirai bien évidemment rien, il y a une vraie tension et il est préférable de regarder <em>The Patient</em> en sachant le moins possible à son sujet.</p>
<p>À part quelques sorties ici ou là, la série de Hulu est un huis-clos. Le spectateur suit le point de vue du psychologue et comme il est enfermé dès le premier épisode, on est nous aussi bloqué dans cette pièce mal éclairée. C’est d’ailleurs un choix un petit peu trop accentué de la part de ses créateurs : la photographie fait la part belle aux ombres, quitte à offrir des épisodes presque entièrement plongés dans le noir. Cette mauvaise idée qui semble avoir été popularisée par <em>Game of Thrones</em> a contaminé toutes les séries et il est temps que ça s’arrête. Pour le dire autrement, si vous avez la possibilité de regarder <em>The Patient</em> sur un écran OLED et dans l’obscurité, faites-le. Cette nuance mise à part, j’ai trouvé que l’intrigue était parfaitement menée, avec des personnages bien écrits et un dispositif qui tient dans l’ensemble la route. Même les flashbacks en grand nombre, que je trouve habituellement insupportables, passaient bien dans ce cadre, car le personnage a beaucoup de temps à tuer et à penser. Steve Carell n’a plus besoin de prouver l’étendue de son talent, il est encore excellent dans ce rôle sérieux. En face, Domhnall Gleeson est impressionnant pour incarner ce tueur en série qui veut changer, mais qui n’arrête pas de tuer à la première contrariété. L’acteur que j’avais découvert dans <a href="https://voiretmanger.fr/ex-machina-garland/"><em>Ex Machina</em></a> parvient à rendre toute la complexité psychologique de son personnage, avec un manque logique d’empathie ainsi qu’une évidente violence, mais aussi une douceur et une réelle volonté d’arrêter.</p>
<p>Je ne suis pas convaincu que l’inclusion avec aussi peu de subtilité de la religion juive était une aussi bonne idée en revanche. Elle est omniprésente dans les flashbacks du psychologue, principalement parce qu’elle est la cause d’un conflit avec son fils, devenu juif orthodoxe radical. Fallait-il pour autant inclure aussi des cauchemars liés à la Shoah ? Je ne vois pas bien quel était leur apport et j’ai trouvé que c’était un petit peu lourd. Pas de quoi gâcher l’ensemble pour autant et <em>The Patient</em> mérite amplement le détour.</p>
]]></description></item><item><title>Alice in Borderland, Netflix (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/alice-borderland-netflix-saison-2/</link><pubDate>Wed, 28 Dec 2022 21:15:59 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/alice-borderland-netflix-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/alice-borderland-netflix-saison-2/alice-borderland-saison-2.jpg">
        <p>J’avais bien apprécié le début de <a href="https://voiretmanger.fr/alice-borderland-sato-netflix/">la première saison d’<em>Alice in Borderland</em></a> et même si la fin de de cette adaptation d’un manga japonais m’avait laissé sur ma faim, j’étais prêt à donner une chance supplémentaire à Shinsuke Satō. Grossière erreur. Alors que les épisodes initiaux étaient tous bien rythmés et il n’y avait pas trop de temps morts, ces huit nouveaux épisodes semblent au contraire participer à un concours des récits les plus lents et vides. Cela commence plutôt bien pourtant, avec quelques jeux bien trouvés pour pimenter les premiers épisodes, mais plus on avance dans la série et moins elle a de choses à dire. Paradoxalement, ses épisodes s’allongent jusqu’au final qui est d’une longueur à la limite du supportable, tout en offrant une conclusion somme toute assez banale à l’ensemble.</p>
<p>C’était déjà le cas dans la saison précédente, mais cela m’a encore plus frappé ici : <em>Alice in Borderland</em> passe son temps à expliquer en boucle ses règles. À chaque nouvelle partie, l’ordinateur commence par énoncer les règles du jeu, puis les personnages les répètent ou les paraphrasent, souvent plusieurs fois de suite. C’est tant mieux pour le spectateur un petit peu distrait, mais la sensation de remplissage devient de plus en plus forte. Pour ne rien arranger, les personnages passent un temps fou à exprimer des émotions bien peu originales et qui sont présentées comme des révélations incroyables. Et si cela ne suffisait pas, la série échoue à faire mourir ses personnages, avec une accumulation de scènes totalement ridicules vers la fin, où des agonisants papotent entre eux et même se déplacent encore, après avoir reçu plusieurs coups de couteau, voire plusieurs balles. Les scénaristes ont-ils lâché l’affaire ? En tout cas, il faut saluer le professionnel des jeunes acteurs qui ne laissent rien transparaître et qui jouent avec tout le sérieux demandé par cette histoire qui assume pleinement son côté premier degré.</p>
<p>Au fond, le meilleur moment dans cette deuxième saison d’<em>Alice in Borderland</em>, c’est le soulagement quand ça s’arrête enfin.</p>
]]></description></item><item><title>Derry Girls, Channel 4 (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/derry-girls-channel-4-saison-3/</link><pubDate>Mon, 26 Dec 2022 21:35:27 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/derry-girls-channel-4-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/derry-girls-channel-4-saison-3/derry-girls-3.jpg">
        <p>Après <a href="https://voiretmanger.fr/derry-girls-mcgee-channel-4/">deux excellentes saisons</a>, <em>Derry Girls</em> trouve sa conclusion avec sept épisodes, c’est à peine plus long que les précédentes. Le format court m’a toujours laissé un petit peu sur ma faim, mais il faut reconnaître que cela fonctionne bien pour cette série à l’humour noir toujours aussi corrosif. Lisa McGee reprend ses personnages pile où ils en étaient, avec une évolution malgré tout liée à leur âge : moins de classe, plus d’extra-scolaire. Les filles de Derry, et James, approchent toutes des 18 ans, elles commencent à sortir, s’intéressent aux garçons ou aux filles c’est selon, bref, on s’approche des jeunes adultes sans quitter entièrement l’adolescence, fort heureusement. <em>Derry Girls</em> reste sur des personnages très marqués, proches de la caricature même, sans que ce soit un problème de manière assez remarquable. Cette simplicité dans leurs traits de caractère n’empêche aucunement le développement de leur personnalité et le dernier épisode, qui est aussi deux fois plus long, nous laisse avec cette si belle impression de les connaître un petit peu comme notre propre famille.</p>
<p>La toile de fond de l’Irlande du Nord reste bien exploitée, cette saison se terminant d’ailleurs avec le référendum de 1998 qui offre à l’Irlande du Nord son indépendance et son statut actuel. C’est un tour de force de <em>Derry Girls</em>, d’avoir réussi à glisser une tranche d’histoire dans ce qui est par ailleurs une comédie aussi noire qu’elle peut être potache. Jusqu’au bout, le casting a été l’un des plus gros points forts de cette création de Channel 4. Tous les jeunes acteurs sont excellents, avec une mention spéciale pour Nicola Coughlan qui incarne une Clare hurlante du début à la fin, tout en lui trouvant une voie (et une voix) crédible. Saoirse-Monica Jackson pour Erin, Jamie-Lee O&rsquo;Donnell pour Michelle ou encore Louisa Harland pour Orla sont elles aussi toutes excellentes et n’oublions pas Dylan Llewellyn qui compose un souffre-douleur impeccable avec James. Cela dit, plus que les jeunes, je retiendrai peut-être surtout Siobhán McSweeney, tout simplement parfaite dans le rôle de sœur Michael. Elle incarne à merveille toute l’hypocrisie religieuse dénoncée par <em>Derry Girls</em> et ces trois saisons auraient été nettement moins drôles sans elle.</p>
<p>J’aurais aimé que la série de Lisa McGee dure plus longtemps, mais ce final est dans la droite lignée des deux premières saisons : excellent. Drôle et gonflée, la série créée pour Channel 4 a fait un sans faute jusqu’au bout et j’ai désormais hâte de voir ce que sa créatrice compte faire. En attendant, je ne peux que recommander <em>Derry Girls</em>…</p>
]]></description></item><item><title>Avalonia, l’étrange voyage, Don Hall</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/avalonia-etrange-voyage-hall/</link><pubDate>Sun, 25 Dec 2022 18:51:18 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/avalonia-etrange-voyage-hall/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/avalonia-etrange-voyage-hall/avalonia-etrange-voyage.jpeg">
        <p>Il est des traditions qui ne changent pas au fil des années, à l’image la sortie chaque Noël d’un nouveau classique d’animation Disney. L’époque où c’était systématiquement un événement dans les salles est toutefois belle et bien révolue et la sortie d’<em>Avalonia, l’étrange voyage</em> en toute discrétion sur Disney+ le rappelle bien. Ce serait pour autant dommage de le bouder, car ce nouveau classique est un divertissement familial fort sympathique. Son plus gros défaut est sans doute son manque d’originalité, alors autant l’évacuer d’emblée. Oui, cette histoire peut avoir un air de déjà-vu, entre ce monde isolé entre des chaînes de montagnes infranchissables et cet univers sous terrain qui évoque forcément <em>Voyage au centre de la Terre</em>. Construisez sur cette base une histoire de famille qui se termine bien et vous obtenez un scénario qui peine à faire oublier ses références.</p>
<p>C’est indéniablement un défaut, mais je ne trouve pas qu’il soit rédhibitoire pour autant. Sur cette base, Don Hall construit en effet un récit plus intéressant qu’il n’y paraît au premier abord, avec un conflit entre trois générations qui donne lieu à une histoire de famille touchante. La volonté d’un père de voir son fils suivre ses pas est un thème universel et il est à mon sens bien géré ici, avec deux duos père/fils qui se déploient en parallèle. Rien de très original, certes, mais les personnages sont bien écrits et puis il faut souligner le fait que l’un d’eux est ouvertement gay. C’est un peu triste que fin 2022, ce soit considéré comme un événement, mais voilà : c’est le premier film d’animation du studio à accueillir un personnage important qui soit ouvertement queer. Un bel effort de représentativité, sans fausse note, où l’homosexualité n’est même pas un sujet en soi, avec une famille heureuse pour son enfant et un ado qui ne veut surtout pas en parler. Cela fait longtemps que la diversité sexuelle aurait dû être mieux représentée chez Disney, mais on peut saluer le fait que ce soit le cas cette année, en espérant que ce ne soit pas un accident de parcours.</p>
<p>Pour le reste, c’est un classique Disney très… classique justement, ce qui n’est pas nécessairement une critique d’ailleurs. On a une intrigue rondement menée, une aventure qui se termine sans trop de surprise et un univers visuel enchanteur. Il faut d’ailleurs souligner le soin apporté à la réalisation, avec un monde coloré et magnifique et des créatures originales pour une fois. J’ai aussi apprécié le message sous-jacent sur l’écosystème ainsi que l’opposition bien trouvé entre les générations : autant d’idées qui apportent une touche moderne au projet. À l’heure des bilans, <em>Avalonia, l’étrange voyage</em> ne révolutionne clairement pas le genre, mais ce Disney de Noël m’a bien plu.</p>
]]></description></item><item><title>Glass Onion : Une histoire à couteaux tirés, Rian Johnson</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/glass-onion-histoire-couteaux-tires-johnson/</link><pubDate>Sat, 24 Dec 2022 18:45:56 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/glass-onion-histoire-couteaux-tires-johnson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/glass-onion-histoire-couteaux-tires-johnson/onion-glass.jpg">
        <p><a href="https://voiretmanger.fr/couteaux-tires-johnson/"><em>À couteaux tirés</em></a> a été une telle réussite que Rian Johnson a obtenu l’opportunité d’étendre l’univers qu’il avait imaginé de toutes pièces pour ce film. Un univers fortement inspiré par l’œuvre d’Agatha Christie et quelques autres détectives célèbres, certes, mais original malgré tout et qui devient une sorte de saga. Netflix a récupéré le projet et <em>Glass Onion : Une histoire à couteaux tirés</em> devient le deuxième volet d’une série de films, sachant que le troisième est d’ores et déjà en route. Un choix intéressant et un petit peu dangereux : le fragile équilibre du premier long-métrage peut-il être maintenu sur deux, voire trois réalisations ? Avant de voir ce que Rian Johnson nous réserve, cette première suite est rassurante, avec une nouvelle enquête rondement menée et aussi délicieuse que la précédente.</p>
<p>Seul Benoit Blanc, ce détective incarné par un Daniel Craig qui semble plus à l’aise avec son fort accent sudiste, est resté entre les deux projets. Pour le reste, le cinéaste a fait table rase du passé, avec un casting entièrement renouvelé et une toute nouvelle intrigue. Pour autant, il a choisi de ne pas trop s’éloigner d’une formule qui a porté ses fruits. Dans les grandes lignes, c’est au fond quasiment la même histoire : un riche entouré de pique-assiettes qui auraient tous une bonne raison de le tuer. <em>Glass Onion : Une histoire à couteaux tirés</em> ne se contente toutefois pas de reproduire une formule en la déplaçant dans un autre cadre, en l’occurrence une île grecque. Son scénario évolue dans les mêmes zones, mais renouvelle suffisamment d’éléments pour éviter la redite et je n’ai pas trouvé qu’on répétait le précédent. Je ne vais rien révéler de cette nouvelle enquête pour savoir qui a tué un mort, ce serait enlever tout le fun au projet, même si le plus important n’est pas l’identité du tueur, au fond assez évidente, mais bien comment Benoit Blanc parvient à l’identifier. Sur ce point, Rian Johnson s’amuse comme un fou avec des indices savamment distillés tout au long du film, mais dont le rôle n’est pas évident avant parfois la toute fin de l’histoire. Il parvient par ailleurs à éviter le piège de la résolution trop facile, quand un détective semble tout deviner par miracle, ce dont il se moque d’ailleurs au détour d’une fausse enquête écartée d’un tour de main. Tout est au contrairement parfaitement clair et expliqué, avec un flashback qui, une fois n’est pas coutume, n’est pas désagréable. Au contraire, il survient à un moment du long-métrage où le rythme baisse un petit peu et où l’ennui pourrait commencer à poindre. Malin, le réalisateur relance l’intérêt des spectateurs avec ce retour dans le passé qui apporte un tout éclairage et propulse l’enquête sur un terrain totalement différent.</p>
<p>J’ai du mal à savoir si les aventures de Benoit Blanc pourraient réellement tenir la distance sur beaucoup plus de projets. Néanmoins, Rian Johnson a bien prouvé que le premier film n’était pas qu’un simple accident de parcours et qu’il avait encore de quoi offrir avec ce personnage. Cette interprétation moderne du genre fonctionne pour de bon et j’ai maintenant hâte de voir ce qu’il compte nous proposer.</p>
]]></description></item><item><title>The White Lotus, HBO (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/white-lotus-hbo-saison-2/</link><pubDate>Fri, 23 Dec 2022 21:27:23 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/white-lotus-hbo-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/white-lotus-hbo-saison-2/white-lotus-2.jpg">
        <p><em>The White Lotus</em> devait n’être qu’une mini-série, mais après <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/white-lotus-hbo-saison-1/">une première saison si réussie</a>, HBO l’a transformée en une série d’anthologie. Pour cette deuxième saison, le concept reste le même, mais le casting change totalement, à une ou deux exceptions près. Le White Lotus devient une chaîne d’hôtels de luxe répartis dans le monde entier et cette suite se déroule ainsi dans la branche sicilienne. Mike White ne conserve pas que le nom, il reprend les éléments clés de la saison originale. Tout se déroule sur une semaine, le premier épisode ouvre sur un mort et revient ensuite dans le temps, pour suivre plusieurs clients américains et leurs mésaventures. Tanya, incarnée par la délicieusement paumée Jennifer Coolidge est toujours là, c’est la seule cliente hawaïenne que l’on retrouve, tous les autres sont nouveaux. Néanmoins, le casting crée des ponts pour certains personnages, à l’image de la directrice de l’hôtel, elle aussi gay et insupportable avec ses employés et obséquieuse avec les clients. Parmi les clients, le double couple d’amis venus en vacances ensemble évoque en partie le couple en lune de miel et la famille de la saison précédente.</p>
<p>Cela fait beaucoup de points communs et pour ne pas tomber dans la répétition pure, <em>The White Lotus</em> introduit aussi de nombreux éléments supplémentaires. Déjà, on est en Italie et il y a des Italiens qui parlent la langue, une excellente idée qui renforce le côté dépaysant et surtout introduit quelques jeux sur la langue et la compréhension, ce qui est bien trouvé. Fallait-il pour autant introduire toute cette histoire avec la mafia ? C’est terriblement cliché, et puis surtout, je trouve que cela complexifie trop l’histoire. C’est à mon sens le principal défaut de cette deuxième saison : elle essaie d’en faire trop, perdant de vue la simplicité directe de sa prédécesseure. Il y a trop d’éléments cette fois, les uns qui cherchent des ancêtres en Sicile, l’autre qui se fait avoir par des gays de mèche avec la mafia, tous ceux qui ont affaire aux deux prostituées de l’hôtel. C’est beaucoup, c’est cliché et j’ai trouvé que l’on perdait l’immédiateté de <em>The White Lotus</em>. Sans compter que si j’apprécie l’inclusion de personnages queer, je me demande pourquoi est-ce qu’ils doivent toujours avoir le mauvais rôle et mourir en fin de saison. Je ne dirais pas que la série portée par HBO est homophobe, mais enfin, cela devient un petit peu lourd.</p>
<p>Pour autant, ces sept nouveaux épisodes restent plaisants à regarder et il y a de bons personnages ainsi que de bonnes idées pour leur faire vivre un enfer sicilien. J’ai particulièrement bien aimé le parcours des deux couples qui s’entre-déchirent pendant toute la semaine, par exemple, c’était parfaitement dans l’esprit de la série originale. Les trois générations d’Américains venus sur les traces de leurs origines et qui se font rembarrer comme des malpropres par une <em>mama</em> italienne était aussi amusant. Dans l’ensemble, je n’ai pas passé un mauvais moment, mais je persiste à penser que la première saison était meilleure. <em>The White Lotus</em> en aura une troisième et je suis toujours curieux de voir ce que Mike White en fera, en espérant qu’il n’ira pas encore plus loin dans la multiplication des intrigues.</p>
]]></description></item><item><title>The Bear, Hulu</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/bear-hulu/</link><pubDate>Wed, 21 Dec 2022 22:05:07 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/bear-hulu/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/bear-hulu/bear.jpg">
        <p><em>The Bear</em><sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> offre une plongée brutale dans les cuisines un peu crasseuses d’un petit restaurant de Chicago. Brutale, c’est un mot qui correspond assez bien à la série créée par Christopher Storer. Rien ne va dans ce restaurant cédé par Mickey à son frère Carmy après son suicide : une dette énorme, des sandwiches paresseux et surtout une équipe qui ne veut pas faire évoluer son « système » qui a du mal à accepter leur nouveau chef venu de la grande gastronomie. La première saison compte huit épisodes relativement courts, même si le dernier dépasse les 45 minutes. Elle est néanmoins étonnamment riche, non pas tellement pour son intrigue principale qui reste assez simple au fond, mais pour ses personnages particulièrement bien travaillés. Et comme toujours, c’est la clé pour une série réussie.</p>
<p>Les scénaristes soignent tous leurs personnages, principaux comme secondaires. J’ai particulièrement apprécié les progressions des cuisiniers, qui sont tous présentés comme des bougons incapables d’accepter la moindre critique ou évolution, mais qui savent évoluer en suivant la tendance générale de <em>The Bear</em>. Les premiers épisodes sont les plus rudes, des plongées éprouvantes dans la toxicité trop commune dans les cuisines de restaurants. Au fil des épisodes, Carmy parvient lentement à imposer des changements et à apaiser son restaurant, même si les crises peuvent toujours survenir. C’est le même principe pour les personnages, qui peu à peu s’apaisent tous, non sans quelques crises passagères. Christopher Storer n’essaie pas de s’en sortir rapidement avec une solution facile, d’ailleurs, il prend au contraire le temps de poser chaque parcours. Grâce à ces choix avisés, la série semble plus longue qu’elle ne l’est en réalité et on sent qu’il y aurait encore beaucoup à dire. C’est probablement le cas, puisque Hulu a commandé une deuxième saison.</p>
<p>En attendant de voir ce qui se passera après le final moins négatif que le reste, ces huit premiers épisodes marquent aussi par leur style. La photographie accompagne les changements dans la cuisine du restaurant, avec une lumière au départ aussi crade que l’ambiance générale et qui s’adoucit petit à petit. <em>The Bear</em> frôle par endroit la mise en scène prétentieuse, mais s’en sort à mon avis grâce à la sincérité de ses séquences et personnages. Je dois aussi saluer les choix musicaux qui piochent dans un excellent répertoire alternatif, avec bien entendu du Wilco, mythique groupe de Chicago, mais aussi d’autres grands noms de la musique alternative des années 1990 et 2000, de Sufjan Stevens à Radiohead. C’est pile ce que j’aime et ainsi, sans surprise, l’ambiance musicale était aussi un point positif à mes oreilles.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Techniquement, le titre français est <em>The Bear : sur place ou à emporter</em>, mais alors, juste, non.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Nope, Jordan Peele</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/nope-peele/</link><pubDate>Tue, 20 Dec 2022 21:41:03 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/nope-peele/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/nope-peele/nope.jpeg">
        <p>Ce que je préfère chez Jordan Peele, c’est que l’on ne sait jamais où il veut aller. <em>Nope</em> est son troisième long-métrage et comme les deux précédents, <a href="https://voiretmanger.fr/get-out-peele/"><em>Get Out</em></a> et <a href="https://voiretmanger.fr/us-peele/"><em>Us</em></a>, il nous emmène dans une direction totalement inattendue. L’horreur n’est pas loin, comme toujours chez le cinéaste, mais il s’essaie à un autre genre en introduisant une bonne dose de science-fiction. Néanmoins, n’attendez pas un <em>space opera</em>, on est à nouveau dans une œuvre étrange, ce qui est le plus beau compliment que je puisse lui faire : <em>Nope</em> est foncièrement original et suit sa propre voie. Le résumer ne serait pas lui rendre justice, car l’histoire est au fond assez banale en apparence. Tout l’intérêt vient de l’exécution et l’ambiance qui s’installe petit à petit, avec un mélange audacieux d’horreur dans un cadre de western, d’une grosse pincée de science-fiction, d’une bonne dose d’humour qui allège l’ensemble et bien entendu, d’une dénonciation en règle du racisme systématique.</p>
<p>Et encore une fois, c’est une réussite totale. <em>Nope</em> mélange toutes ses références avec une aisance qui force le respect. Le film débute sous des airs de westerns, dans un ranch perdu au milieu de nulle part où Otis « O.J. » dresse des chevaux avec son père. Brutalement, l’ambiance change quand des sifflements se font entendre et quand le père s’effondre de son cheval : du métal tombe du ciel et une pièce lui traverse le crâne, il meurt peu près. La scène suivante se déroule quelques mois plus tard, sur le plateau d’un tournage à Hollywood où O.J. amène un cheval et subit le racisme général en pleine face. Une séquence ou deux de plus, et on commence à apercevoir des formes étranges dans les nuages : s’agirait-il d’une soucoupe volante ? Jordan Peele, qui ne se contente pas de réaliser puisqu’il est aussi l’auteur du scénario comme d’habitude, a une vision d’ensemble, mais il se garde bien de la révéler trop vite. Ainsi, on a ces drôles allusions à une sitcom qui s’est terminée dans un bain de sang lorsqu’un chimpanzé utilisé sur le tournage a perdu la tête et tué la moitié du casting. Quel rapport ? Y a-t-il même une connexion avec le reste ? Je ne vais rien révéler, mais comme toujours avec le cinéaste, il faut accepter de se laisser porter et de ne pas tout comprendre. Jusqu’à la fin, les explications se font rares et il ne faut pas espérer tout comprendre, sans pour autant être face à un puzzle incompréhensible. L’équilibre est parfait je trouve, <em>Nope</em> n’est pas volontairement obscur, mais c’est surtout que les informations sont dévoilées progressivement et qu’il est difficile de comprendre à l’avance où le scénario veut en venir.</p>
<p>Jordan Peele bénéficie de davantage de budget à chaque nouveau projet et cela se voit. Sur ce film, il a pu tourner toutes les séquences d’action en IMAX et les images sont magnifiques, avec en particulier de nombreux plans de nuit qui sont parfaitement rendus. Il n’y a pas énormément d’effets spéciaux numériques, tout est assez simple, mais fait avec un grand sens des détails, ce qui est essentiel. Ajoutez à cela un casting impeccable Daniel Kaluuya — déjà croisé dans <em>Get Out</em> — impeccable pour le rôle principal en tête, et vous obtenez un long-métrage réussi de bout en bout. Ne passez pas à côté et j’ai hâte maintenant de découvrir ce que Jordan Peele nous concoctera ensuite. On parle <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nope#Suite">d’une suite pour <em>Nope</em></a>, mais je ne crois pas que ce serait une bonne idée, le réalisateur américain ferait sans doute mieux d’explorer encore de nouvelles pistes et de nouveaux genres. Mais allez savoir, s’il y a quelqu’un qui peut nous surprendre avec un tel projet, ce serait bien lui…</p>
]]></description></item><item><title>The White Lotus, HBO (saison 1)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/white-lotus-hbo-saison-1/</link><pubDate>Mon, 19 Dec 2022 21:50:10 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/white-lotus-hbo-saison-1/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/white-lotus-hbo-saison-1/white-lotus.jpg">
        <p>Pour <em>The White Lotus</em>, Mike White imagine un hôtel fictif et bien trop réel à la fois à Hawaï, où plusieurs familles se retrouvent pour une semaine de vacances et de relaxations. Sauf qu’il ouvre la saison avec une première séquence dans l’aéroport de retour, où l’on apprend qu’il y a eu un mort pendant ce séjour, dans cet hôtel de luxe. Une bonne manière de poser le cadre de cette comédie noire, où les apparences sont toujours trompeuses. La première saison est composée de six épisodes, un par jour qui se déroule sur cette île paradisiaque qui cache en réalité un enfer permanent, des touristes au personnel. Tout le monde ment, manipule, abuse et même vole dans cette descente aux enfers décidément jouissive.</p>
<p>Le grand succès de <em>The White Lotus</em> est sans aucun doute sa galerie de personnages. Alors que la saison est au fond assez courte, elle vous laisse avec l’impression de connaître ces vacanciers, ce couple de jeunes mariés en lune de miel, cette richissime famille venue se déchirer sur place, ou encore cette femme seule et bien paumée qui débarque avec les cendres de sa mère. C’est une prouesse à la fois des scénaristes, qui ont su offrir une épaisseur à tous ces personnages en un temps record, et des acteurs qui les incarnent avec toute l’intensité nécessaire. Je ne peux pas passer à côté de Jennifer Coolidge, magnifique dans le rôle de Tanya, perdue avec son argent que l’on imagine infini et les cendres de sa mère abusive dont elle n’arrive pas à se débarrasser. Mais ce n’est pas qu’elle, il n’y a aucune fausse note dans ce casting : Murray Bartlett est superbe dans le rôle du manager, Sydney Sweeney est incroyable de cruauté dans le rôle de la fille Mossbacher et Molly Shannon fait une brève, mais remarquable apparition dans celui de la belle-mère encombrante qui vient rendre visite aux jeunes mariés. Il n’y a aucune fausse note et <em>The White Lotus</em> maintient son rythme et son ambiance d’une main de maître, avec cette question du mort qui surplombe l’ensemble, sans pour autant virer au thriller. C’est avant tout une comédie très noire, et une excellente qui plus est.</p>
<p>À l’origine, cette création de HBO était appelée à n’être qu’une mini-série qui devait trouver sa conclusion à la fin de ces six épisodes. Face à son éclatante réussite toutefois, <em>The White Lotus</em> s’est transformée en une série d’anthologie, avec deux saisons supplémentaires. Même concept, une semaine dans un hôtel à décortiquer les travers psychologiques des occupants, mais les personnages seront différents à chaque fois. J’ai hâte de découvrir ce que Mike White va nous concocter par la suite…</p>
]]></description></item><item><title>Tavern Master</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/tavern-master/</link><pubDate>Sun, 18 Dec 2022 18:28:28 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/tavern-master/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/tavern-master/tavern-master.jpg">
        <p>Vous êtes à la tête d’une taverne médiévale, que vous allez devoir construire, puis équiper avec des tables, des chaises, un bar et bientôt une cuisine ou même des chambres d’hôtels. Vous devrez aussi embaucher des serveuses<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et des cuisiniers pour servir vos invités, ajouter de la décoration pour attirer plus de monde ou encore faire des recherches pour agrandir l’auberge sur plusieurs étages. Le tout, en surveillant de près les comptes : chaque jour, vous devrez gagner plus en vendant boissons et nourritures que ce que vous devrez payer en provisions, salaires et autres frais fixes. Sans compter les dangers qui vous guettent, que ce soit un incendie destructeur à l’intérieur ou des voleurs à l’extérieur…</p>
<p><em>Tavern Master</em> est un jeu de gestion assez classique, mais les amateurs du genre y trouveront certainement leur compte. Après près d’une quinzaine d’heures de jeu, j’en ai fait le tour avec une auberge qui tient sur quatre étages sans aucun espace supplémentaire à remplir, avec un arbre de recherche entièrement complété et une affaire qui tourne globalement toute seule. C’est une limite assez naturelle du genre : une fois que l’on a compris ce qu’il fallait faire pour amener des sous, la gestion devient grandement simplifiée et le jeu peut tourner en rond. Dans mon cas, c’est arrivé au bout de la onzième ou douzième heure de jeu, quand j’ai commencé à me tourner le pouces en attendant la fin de la journée pour collecter mon dû. À ce stade, la boutique tourne toute seule et après avoir dépassé les 100 000 pièces de réserve, plus aucun incident majeur ne peut vous faire de mal. Il manque sans doute quelques incidents plus difficiles à gérer que les incendies qui s’éteignent rapidement une fois que l’on est équipé en extincteurs, ou que les vols qui n’ont plus aucune chance d’aboutir une fois que le garde à l’extérieur est correctement équipé. Par rapport à d’autres titres plus complexes, les variables d’ajustement restent limitées : on peut jouer sur les prix des boissons et des chambres d’hôtel, guère plus.</p>
<p>C’est peut-être sa plus grosse limite, mais <em>Tavern Master</em> reste un jeu sympathique, pas trop cher et que j’ai apprécié pendant de nombreuses heures. Si vous aimez les jeux de gestion sans chercher toute la complexité d’un simulateur de ville, c’est un choix tout à fait recommandable.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<p>Hélas, les métiers sont tous genrés avec des clichés que l’on aimerait voir disparaître…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Scrubs, NBC</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/scrubs-nbc/</link><pubDate>Sat, 17 Dec 2022 21:54:07 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/scrubs-nbc/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/scrubs-nbc/scrubs.jpg">
        <p>Les séries hospitalières ne manquent pas, ni les sitcoms dans des lieux de travail. <em>Scrubs</em> a pourtant trouvé une voie originale, essentiellement grâce à son humour et une idée en particulier : le personnage principal, l’interne en médecine J.D. Dorian, passe son temps à imaginer ce qui pourrait se passer. C’est le narrateur, on entend sa voie en permanence et régulièrement il se perd dans son propre esprit avec une pensée souvent loufoque qui est montrée à l’écran. Voilà de quoi permettre à cette série portée par NBC de se distinguer et même de lui offrir quelques moments vraiment réussis, avec les trois ou quatre premières saisons qui parviennent à faire rire. Malheureusement, la création de Bill Lawrence a du mal à se dépêtrer de ses clichés, sexistes tout particulièrement, et elle finit par vite tourner en rond. Je vous recommande d’arrêter avant nous, car dès la cinquième ou sixième saison l’humour devient trop mécanique, l’ennui s’instaure et surtout, les personnages n’évoluent plus.</p>
<p>C’est toujours la clé dans une série, surtout quand elle est aussi longue. <em>Scrubs</em> adopte un format « à l’ancienne », avec une vingtaine d’épisodes par saison. Certes, chaque épisode ne dure qu’une vingtaine de minutes, mais cela reste long et il faut avoir de quoi tenir sur la durée. Les meilleures séries s’en sortent avec des personnages qui évoluent et dont la psychologie s’épaissit constamment. C’est d’autant plus essentiel dans une sitcom, où la caricature est forcément présente dans les premiers épisodes. C’est bel et bien le cas avec <em>Scrubs</em>, qui dessine des personnages initialement résumés à un ou deux traits de caractère. Le personnage principal est un interne un peu timide et sensible, tout le contraire du docteur Cox, le médecin résident de l’hôpital qui doit lui enseigner le métier et qui est à la limite du psychopathe. Le duo repose au départ uniquement sur leur opposition et les scénaristes parviennent à les faire évoluer dans les premières saisons, sans abandonner toutefois leurs caractéristiques principales. C’est d’ailleurs à mon sens l’un des défauts de <em>Scrubs</em> : même si les blagues peuvent être drôles, elles tournent toujours autour des mêmes thèmes. Le docteur Cox qui donne des noms de filles à JD, les blagues potaches de JD et Turk, l’insécurité d’Elliot, le conflit entre le héros et le concierge, le cynisme de Bob Kelso… je pourrais continuer longtemps ainsi. Il y a un assez grand nombre de personnages et de blagues pour ne pas se répéter pendant quelques saisons, si bien que le début reste sympathique. Même si j’aurais préféré éviter les clichés éculés sur les femmes ou les gays<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> : plus que la qualité en retrait, c’est bien sur ce point que <em>Scrubs</em> a le plus mal vieilli et fait ressentir le poids des années.</p>
<p>Et malheureusement, ces clichés ne s’atténuent pas avec le temps comme je l’espérais. Au contraire, ils restent et deviennent même de plus en plus centraux, comme si les scénaristes avaient décidé que <em>Scrubs</em> devait s’y résumer. C’est la même situation pour les personnages, qui commencent à stagner dans des rôles de plus en plus statiques. JD, par exemple, ne parvient jamais à sortir de son rôle d’éternel célibataire attiré par des femmes toujours séduisantes, évidemment, et qui entrent toujours à l’écran au ralenti pour mieux faire ressortir leurs attributs. Zach Braff est très bien pour l’incarner, il n’y a de manière générale aucune fausse note sur le casting, mais la lassitude vient forcément poindre le bout de son nez. La sixième saison devient laborieuse, la suivante est encore pire et mieux vaut s’arrêter avant. Mais je ne suis même pas sûr que je recommanderais les premières saisons, car au fond, on ne manque pas de bien meilleures sitcoms…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<p>La série a vraiment une relation étrange à l’homosexualité. D’un côté, le héros est constamment moqué pour son côté sensible et affublé de prénoms féminins, comme si c’était la pire insulte qui soit. De l’autre, la relation entre JD et Turk frôle constamment l’homo-érotisme et <em>Scrubs</em> la traite même régulièrement de manière positive. J’ai du mal à comprendre comment les blagues homophobes ont pu autant rester malgré tout…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
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]]></description></item><item><title>Smiley, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/smiley-netflix/</link><pubDate>Fri, 16 Dec 2022 21:25:50 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/smiley-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/smiley-netflix/smiley.jpeg">
        <p>Lassé de s’être fait à nouveau des illusions à son sujet, Álex pense laisser un message énervé sur le répondeur du mec rencontré sur Grindr, mais il se trompe de numéro et le laisse à Bruno, architecte, lui aussi gay et célibataire. Amusé, il décide de rappeller Álex et même de le rencontrer. Les deux hommes réalisent alors qu’ils n’ont rien en commun et qu’ils s’agacent immédiatement, ce qui ne les empêchent de tomber amoureux dans la foulée. Voilà le point de départ de <em>Smiley</em>, une comédie romantique d’un banal qui serait affligeant si le couple était hétérosexuel. Ou même si 	Guillem Clua n’avait pas le bon sens de ne pas prendre sa série, adaptée d’une pièce de théâtre, trop au sérieux. Grâce à une touche de légèreté et une autre d’humour, cette création Netflix reste dans l’ensemble du côté plus fun, malgré son avalanche de clichés et de guimauve.</p>
<p>Malin, le service de streaming m’a attiré avec le visage de Carlos Cuevas sur sa page d’accueil. Le jeune acteur repéré dans <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/philo-sapere-aude-movistar-plus/">#Philo : Sapere aude</a> est une caricature du gay bien fichu qui passe beaucoup de temps dans les salles de sport, mais cela tombe bien, c’est pile ce qu’il fallait pour le personnage d’Álex, barman qui partage son temps entre la fonte et les rencontres d’un soir. Face à lui, Miki Esparbé est le contrepoint parfait pour incarner Bruno, un architecte plus âgé et plus mûr, romantique qui espère trouver le grand amour et qui vit en attendant bien seul avec son chien. Les deux forment un couple que tout oppose, un lieu commun de tant de comédies romantiques. <em>Smiley</em> joue cette carte jusqu’au bout, avec une romance qui est loin d’être résolue dès le premier épisode, il faut bien entretenir le suspense. Je ne vais pas dévoiler le final, mais disons que si vous avez l’habitude du genre, vous ne serez guère surpris. La création de Netflix ne cherche pas à réinventer quoi que ce soit, c’est une comédie romantique qui assume jusqu’au bout. Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne sait pas prendre du recul et se moquer gentiment de ses propres effets parfois exagérés ou des clichés perpétués par ses soins.</p>
<p>Composée de huit épisodes assez courts, cette saison de <em>Smiley</em> se regarde rapidement et avec plaisir. Est-ce une grande série qui restera dans les annales ? Probablement pas, mais est-ce que toutes les séries doivent révolutionner le genre ? Il n’y a pas de mal à se faire plaisir de temps en temps avec une histoire mignonne, surtout en cette saison un petit peu morose…</p>
]]></description></item><item><title>Pinocchio, Guillermo del Toro et Mark Gustafson</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/pinocchio-del-toro-gustafson/</link><pubDate>Wed, 14 Dec 2022 18:25:30 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/pinocchio-del-toro-gustafson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/pinocchio-del-toro-gustafson/guillermo-del-toro-pinocchio.jpg">
        <p><em>Pinocchio</em> a beau être à l’origine un conte italien publié en 1881, il reste manifestement d’actualité. Rien qu’en 2022, il a été adapté deux fois et après une version en images réelles de Robert Zemeckis qui ne m’attirait pas tellement à la base et dont les critiques négatives ont fini de me convaincre de ne pas perdre de temps, c’est Guillermo del Toro qui s’y colle. Un choix assez logique quand on y pense, tant le conte est empreint d’une noirceur qui colle assez bien avec l’univers du cinéaste mexicain. Même la <a href="https://voiretmanger.fr/pinocchio-luske-sharpsteen/">version originale de Disney sortie en 1940</a> était étonnamment sombre et ce <em>Pinocchio</em><sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> pousse les curseurs encore plus loin en le plaçant au cœur de l’Italie fasciste. Un choix qui surprend, pour un résultat intéressant, avec un film d’animation magnifique au service d’une histoire qui aurait peut-être gagné à s’éloigner encore davantage d’un ton enfantin.</p>
<p>C’est le premier film d’animation réalisé par Guillermo del Toro, ou plutôt co-réalisé pour être exact, puisque le nom de Mark Gustafson est associé au projet. Le réalisateur a choisi la technique du <em>stop-motion</em>, où des marionettes en dur sont animées image par image pour créer le mouvement. Un choix qui semble évident pour adapter une histoire de marionettes qui prend vie et qui offre aussi au projet une identité visuelle singulière. Contrairement à l’autre <em>Pinocchio</em> sorti en 2022, cette version opte pour un traitement visuel qui l’éloigne résolument du réalisme. Les personnages visent au contraire la caricature, c’est particulièrement visible pour les plus négatifs d’entre eux — le comte Volpe et Mussolini en tête —, mais ils ont tous des traits qui les éloignent résolument de la réalité. J’ai beaucoup apprécié le traitement graphique du film, c’est indéniablement l’un de ses points forts et c’est vrai autant pour les personnages que les décors. L’univers est reconstitué avec beaucoup de soin et c’est un plaisir à regarder, avec comme seul petit bémol des reflets trop marqués sur le corps de Pinocchio lui-même, à tel point que l’on penserait presque plus à du plastique sur quelques séquences. Néanmoins, il faut saluer le travail graphique de haute tenue sur l’ensemble du projet.</p>
<p>Je serais un petit peu moins enthousiaste sur le fond. D’un côté, le <em>Pinocchio</em> imaginé par Guillermo del Toro est résolument adulte, avec un contexte historique fasciste qui trouve malheureusement bien trop d’échos avec notre actualité. D’ailleurs, le fait que le film se déroule explicitement dans l’Italie de Mussolini a une saveur particulière quand on songe à la politique actuelle du pays. Quel dommage dans ce cas de ne pas avoir poussé le concept jusqu’au bout et choisi un casting italien. Les acteurs sélectionnés par le réalisateur sont tous très bons, ce n’est pas le problème, mais leur anglais parfait crée un décalage avec l’Italie des années 1930, par ailleurs brillamment recomposée par les décorateurs. Cela dit, c’est un point de détail et le projet reste anglo-saxon après tout. Le décalage entre cet univers réaliste et sombre et le côté enfantin m’a en revanche gêné à plusieurs reprises. J’ai trouvé notamment que les chansons étaient de trop, elles cassent le rythme et semblent presque incongrues dans un tel contexte. Ce <em>Pinocchio</em> reste taillé pour les enfants, peut-être un peu plus âgés que le classique de Disney, alors qu’il aurait à mon avis gagné à aller plus loin dans le ton adulte. En l’état, n’est-il pas un peu trop adulte pour les plus jeunes et un peu trop enfant pour les plus âgés ?</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<p>Le titre exact est <em>Pinocchio par Guillermo del Toro</em>, mais alors, non.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Mort sur le Nil, Kenneth Branagh</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/mort-nil-branagh/</link><pubDate>Wed, 07 Dec 2022 21:51:35 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/mort-nil-branagh/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/mort-nil-branagh/mort-nil.jpg">
        <p><em>Mort sur le Nil</em> peut à tout le moins revendiquer la première place sur un podium : celui du film le plus moche qui soit. Kenneth Branagh semble n’avoir retenu aucune leçon de son adaption du <em><a href="https://voiretmanger.fr/crime-orient-express-branagh/">Crime de l’Orient-Express</a></em>, qui souffrait déjà de ses fonds verts trop marqués. Au contraire, il persiste et signe en proposant un Égypte numérique digne d’un jeu vidéo sorti il y a dix ans, et encore, un moche. Je ne parviens toujours pas à comprendre comment un long-métrage avec un tel budget peut se planter autant sur la technique. Tous les décors de fonds sont dessinés par des ordinateurs sans aucun sens du photoréalisme, mais le pire, c’est peut-être les fonds verts qui se voient parfaitement sur les personnages découpés au scalpel. L’effet de flou sur l’arrière-plan est trop prononcé, ou alors les acteurs sont trop éclairés, mais il y a bien une constante : c’est hideux.</p>
<p>La forme ne va pas du tout, mais <em>Mort sur le Nil</em> ne se rattrape pas sur le fond. La pauvre Agatha Christie est maltraitée avec cette adaptation caricaturale, où tous les personnages en font des caisses avec la subtilité du sphinx. Leur psychologie est écrite grossièrement et Kenneth Branagh n’a pas non plus abandonné son horrible accent français. C’était la pire idée du précédent film, mais personne ne l’a prévenu manifestement. Ajoutez à l’ensemble un scénario qui s’étire inutilement en longueur — la fameuse mort promise par le titre n’arrive qu’au bout d’une heure ! — et vous obtenez un cocktail franchement déplaisant. C’est amusant deux minutes de se moquer de ces riches bourgeois qui se plaignent constamment, mais pour être honnête, on finit vite par s’ennuyer.</p>
<p>Comme je le suspectais, cette série d’adaptations d’Agatha Christie ne vaut rien et j’aurais mieux fait de m’abstenir. Dire que les producteurs ont donné le feu vert à Kenneth Branagh pour un troisième volet ! Qu’il ne compte pas sur moi pour le voir…</p>
]]></description></item><item><title>The Expanse, Prime Video (saison 6)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/expanse-prime-video-saison-6/</link><pubDate>Tue, 06 Dec 2022 21:45:54 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/expanse-prime-video-saison-6/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/expanse-prime-video-saison-6/expanse-saison-6.jpg">
        <p>Quel gâchis. C’est le sentiment qui domine en regardant le sixième et dernier épisode de cette sixième et ultime saison pour <em>The Expanse</em>. Cette série créée sur SyFy avait pourtant <a href="https://voiretmanger.fr/expanse-fergus-ostby-syfy/">si bien démarré</a>, avec un univers de science-fiction aussi immense que riche, des combats à travers tout le système solaire et cette mystérieuse protomolécule dont on voulait tout savoir. Après trois saisons réussies, la série reprise par Amazon pour Prime Vidéo s’est hélas enlisée dans les mauvaises idées. La <a href="https://voiretmanger.fr/expanse-fergus-ostby-syfy/#3">saison 4</a> en bloquant l’action sur une seule planète isolée, la <a href="https://voiretmanger.fr/expanse-fergus-ostby-syfy/#5">saison 5</a> en éclatant le groupe de personnages principaux sur des arcs narratifs séparés. À force de multiplier les histoires et personnages secondaires et à trop oublier la protomolécule qui la distinguait de la masse, <em>The Expanse</em> est devenue ennuyeuse. Et ce n’est pas cette brève sixième saison qui vient redresser le tir.</p>
<p>Mark Fergus et Hawk Ostby n’avaient que six épisodes pour conclure, une restriction sans doute imposée par Prime Vidéo qui n’a probablement accordé cette extension que pour leur permette de conclure. Le temps était compté et pourtant les cinq premiers épisodes continuent de partir dans tous les sens, avec la guerre contre Marco Inaros au cœur des enjeux. L’équipe du Rocinante s’est reformée, un petit peu différemment étant donné qu’Alex nous a quitté dans la saison 5, mais c’est agréable malgré tout de retrouver ces personnages ensembles. Fidèle au reste de la série, les scénaristes prennent leur temps et signent plusieurs épisodes qui n’avancent pas, avant brutalement de se rappeler qu’ils ont une histoire à raconter. <em>The Expanse</em> atteint des sommets avec ce final qui essaie d’un coup de clore toutes ses intrigues en les compressant sur une heure. Résultat, vous avez l’équivalent du bouquet final d’un feu d’artifice, mais c’est incompréhensible et sans grand intérêt. Et encore, je disais qu’ils offraient une fin aux intrigues, mais toute l’intrigue bizarre avec la petite fille qui ouvrait chaque épisode est passée à la trappe sans autre forme de procès.</p>
<p>Est-ce qu’Amazon avait prévu une saison deux fois plus longue, avant de trancher dans le vif à l’insu de ses créateurs ? Ce serait une explication rassurante, mais je n’oublie pas que <em>The Expanse</em> a toujours eu cette fâcheuse habitude de faire trainer ses saisons en longueur avant un final qui bouleverse tout. On reste dans le thème et comme à chaque fois, c’est au détriment de l’histoire qui pourrait être intéressante, mais qui est maltraitée par cette compression extrême. Au-delà de cette mauvaise gestion du temps, je ne m’explique pas comment la série a pu autant passer à côté de son sujet. Pourquoi est-ce que la protomolécule a soudain disparu au lieu de rester au cœur des enjeux ? Dommage, tout était là pour créer une grande série de science-fiction…</p>
]]></description></item><item><title>Inside Man, BBC One</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/inside-man-bbc-one/</link><pubDate>Wed, 30 Nov 2022 22:07:38 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/inside-man-bbc-one/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/inside-man-bbc-one/inside-man.jpg">
        <p>Pour écrire le scénario d’<em>Inside Man</em>, Steven Moffat est clairement parti d’un principe de départ : tout le monde peut devenir un meurtrier si les conditions s’y prêtent. Il a cherché la personne qui semble la plus éloignée du meurtrier pour faire sa démonstration et c’est ainsi un pasteur anglais qui doit prouver cette idée. Un postulat de départ intéressant, mais le choix du pasteur, qui est aussi un père de famille et que tout le monde semble apprécier, est un poil gros, même si je salue l’implication de David Tennant, très bien comme toujours. C’est néanmoins le plus gros défaut de cette mini-série commandée par la BBC et Netflix : elle se construit sur une base si folle et enchaîne des péripéties si dingues qu’on ne peut jamais y croire. Heureusement qu’elle est courte avec ses quatre épisodes d’une heure, car sans cela, je ne suis pas sûr que j’aurais été jusqu’au bout.</p>
<p>Cela ne veut pas dire que tout est à jeter et <em>Inside Man</em> a quelques bonnes idées, à l’image de ce duo de meurtriers condamnés à la peine de mort aux États-Unis et qui se retrouvent à résoudre des enquêtes en attendant leur sentence. Et même si le personnage incarné par Stanley Tucci a parfois tendance à tout comprendre avant tout le monde comme le <a href="https://voiretmanger.fr/sherlock-moffat-gatiss-bbc/">Sherlock Holmes de Steven Moffat</a>, son personnage reste suffisamment différent et intéressant pour qu’on pardonne cette petite répétition. Par ailleurs, le créateur a le don pour créer la surprise et nous amener à un endroit inattendu, ce qu’il parvient à faire avec succès à plusieurs reprises sur les quatre épisodes. Mais tous ces bons points n’effacent pas le problème de base : les circonstances qui amènent au meurtre ne tiennent pas la route. Je dirais même qu’elles sont totalement ridicules, ce qui conduit à un effondrement de toute la démonstration. Comment croire que cette histoire de clé USB puisse mener à la conclusion que je vais tâcher de ne pas trop dévoiler ? <em>Inside Man</em> force constamment le trait en poussant ses personnages dans une direction préétablie, et cela se voit. L’intrigue semble sur des rails dès la première minute et malheureusement, on n’y croit jamais.</p>
<p>Il y a trop d’incohérences ou de facilités scénaristiques au fil des épisodes pour les relever toutes ici. Les personnages qui sont pile au bon endroit au bon moment ou au contraire, qui ne sont pas là où ils devraient quand cela arrange l’intrigue. Les meurtriers américains qui parviennent à comprendre ce qui se passe au Royaume-Uni depuis leur cellule. <em>Inside Man</em> donne surtout le sentiment de galérer fort pour prouver une idée de base qui, peut-être, n’était pas aussi maline que Steven Moffatt l’envisageait. Ou à tout le moins, cela prouve que sa démonstration n’a aucun sens…</p>
]]></description></item><item><title>Star Wars : Andor, Disney+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/star-wars-andor-disney+/</link><pubDate>Mon, 28 Nov 2022 21:25:11 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/star-wars-andor-disney+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/star-wars-andor-disney&#43;/andor.jpeg">
        <p>Un <em>spin-off</em> du <em>spin-off</em>, une préquelle de la préquelle ? La promesse de <em>Star Wars : Andor</em>, dernière série Disney+ dans le mythique univers créé par George Lucas, avait de quoi décourager. Surtout quand on pense à la qualité <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/obi-wan-kenobi-disney+/">au mieux correcte sans plus</a>, au pire <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/mandalorian-disney+-saison-2/">carrément médiocre</a>, des autres créations du service de streaming dans ce même univers. Et pourtant, Tony Gilroy signe contre toute attente une excellente première saison en imaginant ce qui se déroule avant <a href="https://voiretmanger.fr/rogue-one-star-wars-story-edwards/"><em>‌Rogue One : A Star Wars Story</em></a>, avant l’<a href="https://voiretmanger.fr/star-wars-episode-4-nouvel-espoir-lucas/"><em>Épisode IV</em></a>. Il n’est même pas encore question d’Étoile de la Mort à ce stade, tout du moins les personnages n’en ont pas conscience. Avant de voler ses plans et d’offrir une véritable chance aux Rebelles, quel est le parcours de Cassian Andor ? Non, ce n’est pas intéressant sur le papier, mais en réalité, c’est passionnant.</p>
<p>Comme toutes les séries <em>Star Wars</em> manifestement, celle-ci démarre aussi lentement. Le spectre du <em>Mandalorien</em> survole même quelques épisodes et j’aurais sans doute abandonné en cours de route, si je n’aimais pas autant ce monde. Bonne pioche, car si Tony Gilroy prend son temps et aurait sans doute bénéficié d’un épisode ou deux de moins sur sa saison, il a une vraie histoire à raconter et surtout de vrais personnages à présenter. <em>Andor</em> suit le parcours tumultueux de Cassian Andor, qui se trouve mêlé à son issue à la rébellion naissante contre l’Empire galactique. Mercenaire sur un casse qui doit apporter au mouvement les fonds nécessaires pour avancer et lancer un signal à l’Empereur, il est ensuite emprisonné dans une usine qui produit des pièces pour l’armée impériale. Petit à petit, son parcours le dirige vers la révolte, mais ce n’est pas du tout acquis d’avance et la saison entière tend vers cette conclusion, sans l’embrasser totalement pour le moment. Diego Luna reprend son rôle de <em>Rogue One</em> et il offre au personnage une épaisseur psychologique que seule une série peut avoir le temps d’établir. Son personnage est à l’extrême opposée de tout idéalisme au départ et il apprend petit à petit à haïr l’Empire au point d’envisager de tout offrir au mouvement. C’est un processus lent et complexe, que les scénaristes ont rendu à la perfection.</p>
<p>Outre ce parcours individuel, <em>Andor</em> tente aussi de prendre du recul et d’envisager le mouvement dans sa globalité. Alors que l’Empire renforce très progressivement son emprise sur la galaxie, les actes rebelles spontanés apparaissent un petit peu partout, mais surtout, un mouvement est en cours de formation depuis des années. La série s’intéresse ainsi à Luthen Rael (Stellan Skarsgård, magistral comme toujours), figure de proue des Rebelles qui agit dans l’ombre, depuis le cœur du pouvoir puisqu’il est officiellement antiquaire sur la planète de Coruscant. Il travaille avec une sénatrice que l’on suit également et avec Saw Gerrera, personnage clé de <em>Rogue One</em> que l’on retrouve ici. Cela commence à faire un petit peu de monde et il y a encore bien d’autres personnages secondaires<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, notamment du côté de l’Empire avec en particulier la superviseur Dedra Meero. De quoi se sentir un petit peu perdu dans ce foisonnement d’arcs narratifs ? Parfois, mais c’est aussi à mon sens ce qui fait la force d’<em>Andor</em> : sa complexité nourrit son réalisme et on n’a jamais vu jusque-là un <em>Star Wars</em> aussi sombre et cruel. La cruauté n’est pas que du côté de l’Empire comme dans la vision manichéenne de George Lucas, elle est tout aussi nette du côté des Rebelles. Des gentils qui n’hésitent pas à faire le ménage derrière eux en tuant tous ceux qui pourraient trahir le mouvement et même à sacrifier des dizaines d’hommes dans un piège pour laisser croire à l’ennemi qu’il a le dessus. <em>Rogue One</em> entretenait déjà ce discours plus réaliste, mais il est encore poussé d’un cran ici et la série atteint un niveau supplémentaire dans le domaine.</p>
<p><em>Star Wars : Andor</em> n’est certes pas parfaite. Outre les quelques longueurs que j’évoquais plus tôt, il y a bien aussi des facilités ici ou là, notamment autour de la prison et surtout de sa sortie qui semble bien simpliste. Mais je ne voudrais pas bouder mon plaisir : Tony Gilroy a réussi à faire bien mieux que toutes les autres série et même que quasiment tous les films <em>Star Wars</em> sortis depuis l’acquisition de Disney. Comme <em>Rogue One</em> avant lui, cette histoire sort du lot. Je ne crois pas que ce soit le vol des plans ou encore moins Cassian Andor lui-même qui soient la clé du succès. C’est bien plus l’idée de construire des histoires et des personnages crédibles au sein de la galaxie de George Lucas. L’objectif ne devrait pas être de multiplier les clins d’œil à ce que l’on connaît déjà, mais bien de se concentrer sur les histoires et personnages. Espérons que Disney retienne la leçon…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<p>Dont, et c’est trop rare pour ne pas le signaler, un couple lesbien. Disney oblige, leur relation reste prude au possible, elles ne s’embrassent même pas du bout des lèvres, mais enfin, leur relation est explicite et c’est une bonne nouvelle malgré tout.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>Redcar les adorables étoiles (prologue), Redcar</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/redcar-adorables-etoiles-prologue-redcar/</link><pubDate>Fri, 25 Nov 2022 21:27:40 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/redcar-adorables-etoiles-prologue-redcar/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/redcar-adorables-etoiles-prologue-redcar/redcar-adorables-etoiles-prologue.jpg">
        <p>Huit ans de carrière, trois albums et trois identités différentes : il faut bien reconnaître que peu d’artistes contemporains brouillent autant les pistes. Christine and the Queens n’a vécu que pour un premier et excellent album, Chris lui a succédé et désormais Redcar. L’artiste aime dérouter et cela s’entend tout particulièrement en écoutant les treize titres qui composent <em>Redcar les adorables étoiles (prologue)</em>. Composé dans son appartement en deux semaines seulement, il est brut et déstabilisant, ce qui est bien évidemment l’objectif.</p>
<p>Quelques morceaux rappellent les débuts, à l’image de « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=TdbtuEruUTY"><em>rien dire</em></a> » qui aurait pu être sur <em>Chaleur humaine</em> sans choquer. Mais il faut bien reconnaître que c’est la minorité et que le reste est constamment bizarre, avec parfois le sentiment d’écouter une démo qui prépare un futur morceau. Après tout, c’est un prologue comme son titre le souligne et Redcar prépare d’ores et déjà un nouvel album pour l’année prochaine. Faut-il en déduire que <em>Redcar les adorables étoiles (prologue)</em> n’est qu’une mise en bouche, ou alors une préparation à ciel ouvert ? Ce serait une explication trop simpliste, d’autant que l’artiste revendique une certaine opacité, citant volontiers Bashung en guise de modèle sur ce point. Je ne suis pas forcément convaincu qu’il soit à sa hauteur, mais je comprends la démarche qui m’évoque aussi Christophe, notamment sur certains titres bizarres et qui semblent partir dans tous les sens, comme « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=3X4A7wmH6-E"><em>Tu sais ce qu’il me faut</em></a> ».</p>
<p>Peut-on composer un titre par jour, seul sur son ordinateur pendant treize jours d’affilée et espérer obtenir un chef d’œuvre parfait ? Sans doute pas, mais ce n’était clairement pas l’objectif ici. Redcar avait besoin d’exprimer sa douleur suite à la mort subite de sa mère il y a quelques années de cela et on ressent bien l’aspect oppressant de l’urgence. Cela donne à la majorité des titres de l’album un côté obscur qui oblige à multiplier les écoutes pour se les approprier et les apprivoiser, ce qui n’est pas pour me déplaire. Cette absence d’immédiateté tranche singulièrement avec ses productions précédentes, mais après tout, c’est voulu. Et je trouve qu’après quelques écoutes justement, <em>Redcar les adorables étoiles (prologue)</em> me séduit de plus en plus. Même les morceaux avec lesquels j’avais du mal la première fois se révèlent peu à peu et les mélodies nettement plus discrètes finissent par ressortir. Ce ne sera sans doute pas l’album de l’année, mais cela ne m’empêche pas de l’apprécier malgré tout.</p>
]]></description></item><item><title>1899, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/1899-netflix/</link><pubDate>Wed, 23 Nov 2022 21:50:36 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/1899-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/1899-netflix/1899-saison-1.jpg">
        <p>Jantje Friese et Baran bo Odar, les deux créateurs de l’incroyable <a href="https://voiretmanger.fr/dark-odar-friese-netflix/"><em>Dark</em></a> ont signé une nouvelle série pour Netflix ? Évidemment que j’étais au rendez-vous, sans même rien savoir à son sujet et je vous encourage naturellement à la regarder de la même manière. <em>1899</em> se construit <em>crescendo</em> sur une multitudes de révélations et même si je ne vais rien divulgâcher de majeur, je préfère prévenir que la première saison sera encore meilleure en la découvrant sans aucun <em>a priori</em>. Si vous avez aimé <em>Dark</em> et que vous appréciez les puzzles qui se dévoilent petit à petit, ne ratez pas cette nouvelle série !</p>
<p>Tout commence dans un cadre bien banal : on est en 1899 donc, sur un paquebot qui traverse l’océan Atlantique en direction du Nouveau Monde. À son bord, un millier d’Européens qui veulent tous aller aux États-Unis avec l’espoir d’une meilleure vie, ou d’oublier un passé problématique. La création de Netflix commence toutefois à dérailler quand un message semble provenir d’un autre navire, porté disparu depuis quatre mois. Le capitaine décide de détourner la traversée pour découvrir un navire extérieurement intact, mais entièrement vide et détruit à l’intérieur. <em>1899</em> débute alors sa plongée assez rapide dans la folie. Il y a tout d’abord les guerres intestines qui débouchent sur une insurrection, avec un groupe armé qui relance le bateau vers les États-Unis, contre l’avis du capitaine qui voulait rentrer en Europe. Il y a ensuite des choses bizarres qui apparaissent et se multiplient, d’abord un brouillard opaque sorti de nulle part, puis des morts, bientôt un suicide collectif. Comme ils l’avaient fait dans <em>Dark</em>, Jantje Friese et Baran bo Odar déploie petit à petit leur univers et toute sa complexité. Et comme on peut s’en douter, ces huit premiers épisodes ne suffisent pas à la couvrir entièrement, tandis que le tout dernier nous laisse sur une découverte énorme qui devrait lancer les saisons suivantes vers une toute autre direction encore. Je n’en dis pas plus, mais j’ai hâte de voir ce que les deux créateurs nous réservent, sachant que j’ai toute confiance en leur habilité à imaginer une histoire complexe étalée sur plusieurs saisons.</p>
<p><em>1899</em> n’est plus une série allemande repérée par Netflix. Le succès de la précédente a donné à cette nouvelle création beaucoup plus d’ampleur, mais ce n’est pas une histoire américano-américaine pour autant, loin de ça même. Jantje Friese et Baran bo Odar ont voulu écrire un récit profondément européen, avec une vaste gamme de nationalités représentées sur ce navire et un réalisme, notamment dans la langue. On y parle anglais, certes, mais aussi allemand, danois, polonais, chinois, espagnol et même français, avec un trio d’acteurs qui représentent hélas bien le savoir-faire local<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Cette diversité n’est pas gratuite, les scénaristes jouent sur cette multitude de cultures en écrivant plusieurs dialogues de sourds, presque littéralement, où deux personnages échangent sans se comprendre. Cela offre par ailleurs à la série une vraie originalité et il faut saluer le choix du casting aussi varié que les personnages, ce qui ajoute à la crédibilité de l’ensemble. D’ailleurs, c’est sans conteste un point fort de <em>1899</em>, qui déploie son univers visuel avec beaucoup de talent et parvient, même sur huit épisodes seulement, à créer une identité visuelle forte.</p>
<p>Je n’ai aucune idée de la direction qui sera suivie par Jantje Friese et Baran bo Odar, tant <em>1899</em> ne manque pas d’options pour ses saisons suivantes. <em>Dark</em> a largement prouvé que les deux créateurs ne manquaient pas d’ambition et j’ai le sentiment assez net que cette nouvelle série en a encore davantage que la précédente. Cela promet pour les épisodes suivants…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Le casting est impeccable, à l’exception des trois acteurs français qui ont malheureusement bien du mal à être à la hauteur en matière de réalisme de jeu.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
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</div>
]]></description></item><item><title>Love, Victor, Hulu (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/love-victor-hulu-saison-3/</link><pubDate>Tue, 22 Nov 2022 18:39:45 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/love-victor-hulu-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/love-victor-hulu-saison-3/love-victor-saison-3.jpeg">
        <p>C’est peu dire que <a href="https://voiretmanger.fr/love-victor-aptaker-berger-hulu/"><em>Love, Victor</em></a>, la série créée à l’origine pour Disney+ sur la base de l’excellent long-métrage <a href="https://voiretmanger.fr/love-simon-berlanti/"><em>Love, Simon</em></a>, avait déçu. Alors que l’histoire originale célébrait un coming-out, la première saison tombait constamment dans l’homophobie et créait finalement un environnement négatif, le tout avec une vision simpliste et hétéronormée de l’homosexualité. Mais j’avais tellement aimé le film original que j’étais prêt à faire un effort et <a href="https://voiretmanger.fr/love-victor-aptaker-berger-hulu/#2">la deuxième saison</a> redressait en partie la barre. La troisième et ultime saison fait-elle encore mieux ? En partie, même si <em>Love, Victor</em> est toujours bien éloignée du niveau de sa source d’inspiration.</p>
<p>Parmi les bons points, Hulu a eu le bon goût de réduire la durée de la saison en se contentant de huit épisodes. Les deux précédentes en avaient deux de plus, mais pas assez d’éléments à raconter, si bien qu’elles trainaient en longueur. Il y a toujours un passage ou deux qui tournent un petit peu à vide, mais c’est nettement mieux et <em>Love, Victor</em> se termine sur un meilleur rythme dans l’ensemble. Autre succès, l’homophobie est enfin mise de côté, maintenant que les deux parents de Victor ont accepté la sexualité de leur fils. Elle reste en pointillés à travers des personnages secondaires, comme l’oncle iranien de Rahim, mais on est dans l’ensemble dans un monde où être gay ne pose pas problème. Il était temps ! Les scénaristes en profitent pour ajouter d’autres personnages queer, grâce en particulier à Lake qui découvre ici sa bisexualité. Tout ceci offre une meilleure base et j’ai trouvé la saison plus agréable, à défaut d’être vraiment réussie. À mon sens, le plus gros défaut est le choix d’avoir encore une fois retardé la relation entre Victor et Benji. C’était déjà un petit peu artificiel dans les deux saisons précédentes, c’est pire ici, surtout avec le final prévisible et qui semble bien trop facile. Je comprends bien pourquoi les scénaristes voulaient terminer sur cette image qui symbolise toute la série, mais ils donnent le sentiment d’avoir passé sept épisodes avant cela pour rien.</p>
<p>Au bout du compte, <em>Love, Victor</em> reste à mes yeux une déception. Disney avait l’opportunité d’écrire une série positive pour tous les adolescents qui découvrent leur homosexualité, mais entre l’homophobie latente sur la majorité des épisodes, la vision étroite du couple comme étant une union exclusive et absolue entre deux personnes, et ce choix symbolique de ne pas diffuser une série pourtant bien sage sur le plan sexuel sur Disney+, l’entreprise a eu tout faux. Dommage, cette extension de l’univers de <em>Love, Simon</em> méritait mieux.</p>
]]></description></item><item><title>The Wonder, Sebastián Lelio</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/wonder-lelio/</link><pubDate>Mon, 21 Nov 2022 21:25:53 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/wonder-lelio/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/wonder-lelio/wonder.jpg">
        <p>Une infirmière anglaise est envoyée en Irlande en 1862 pour observer un cas inédit : une jeune fille de neuf ans qui ne semble plus avoir besoin de manger. Cela fait quatre mois que sa famille maintient qu’elle n’a rien mangé et pourtant la petite Anna, neuf ans, semble en pleine forme. Est-ce un miracle, comme la principale intéressée et plusieurs personnes dans le village semblent le penser ? Ou y a-t-il une explication rationnelle, comme le médecin voudrait le croire ? <em>The Wonder</em> se construit autour de cette question, alors que Elizabeth Wright doit se contenter d’observer la jeune fille, en alternant avec une bonne sœur. Sebastián Lelio adapte un roman d’Emma Donoghue, qui a aussi participé à l’écriture de cette adaptation pour le grand écran. Le résultat est une plongée magnifique et intéressante dans ces temps reculés où les miracles semblaient encore possible.</p>
<p><em>The Wonder</em> surprend d’abord par sa forme, d’autant que le réalisateur a une idée originale. On débute non pas dans l’Irlande du XIX<sup>e</sup> siècle, mais dans un studio de cinéma moderne, celui où le tournage du film a été réalisé. On découvre d’abord l’extérieur des décors qui seront utilisés par la suite, avec une voix off qui nous incite à croire aux histoires. Pourquoi casser ainsi le quatrième mur dès le départ, puis à quelques reprises dans la suite ? Je dois dire que ce choix me laisse un petit peu circonspect, je ne suis pas sûr qu’il apporte grand-chose au projet. Mais enfin, cela ne dure pas et quand on débarque dans l’Irlande de 1862, la qualité de la reconstitution émerveille. Sebastián Lelio a opté pour un traitement « naturel », avec uniquement des éclairages réalistes, ce qui veut dire que son film est assez sombre. Même les séquences extérieures, dans les tourbières irlandaises, ne sont pas très lumineuses, c’est toute l’ambiance du projet qui est ainsi et c’est une vraie réussite.</p>
<p>L’autre point fort de <em>The Wonder</em>, sans surprise, est son actrice principale. Florence Pugh est comme toujours parfaite dans le rôle de l’infirmière, avec un rôle qui oscille constamment entre la rigueur scientifique et la pointe de folie. Elle tient à elle seule le film sur ses épaules, même s’il faut aussi saluer le choix de Kíla Lord Cassidy face à elle. La jeune actrice a un regard d’une intensité déroutante et elle est parfaite dans ce rôle. Ce sont bien elles qui rendent le long-métrage aussi intense et passionnant. À ne pas rater.</p>
]]></description></item><item><title>The Crown, Netflix (saison 5)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/crown-netflix-saison-5/</link><pubDate>Sun, 20 Nov 2022 12:10:26 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/crown-netflix-saison-5/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/crown-netflix-saison-5/crown-saison-5.jpg">
        <p>Peter Morgan poursuit sa formidable rétrospective du règne d’Elizabeth II avec une cinquième saison placée sous le signe du renouvellement de casting. C’est une tradition pour <a href="https://voiretmanger.fr/crown-morgan-netflix/"><em>The Crown</em></a> : toutes les deux saisons, on change d’acteurs pour avancer dans les décennies de manière plus naturelle. Le dernier changement avait eu lieu dans <a href="https://voiretmanger.fr/crown-morgan-netflix/#3">la saison 3</a>, ces huit nouveaux épisodes qui se déroulent dans les années 1990 sont l’occasion de découvrir de nouvelles visages. C’est toujours aussi déroutant et il faut quelques épisodes pour retrouver ses repères, mais je dois saluer le travail des créateurs de la série, qui parviennent toujours à trouver des acteurs convaincants. Imelda Staunton en particulier est parfaite dans le rôle principal, l’actrice semblait destinée à incarner la Reine et elle le fait avec une aisance presque troublante. À ses côtés, Jonathan Pryce est impeccable dans le rôle du roi, mais je retiendrais surtout Elizabeth Debicki dans celui de Diana. C’est naturellement un personnage de plus en plus important et il fallait une actrice capable d’offrir un jeu subtil, ce qui est tout à fait son cas.</p>
<p>Le plus surprenant est probablement le choix de Dominic West pour incarner le prince Charles. Je ne sais pas si c’est l’intonation qu’il prend pour imiter le personnage historique qui ne passe pas, ou le fait qu’il ne ressemble pas du tout à l’actuel roi d’Angleterre, mais j’ai trouvé la transition particulièrement difficile pour lui. Néanmoins, l’acteur se défend et au fil des épisodes, il s’impose petit à petit. Je crois que son choix s’éclaire dans le dernier épisode de cette saison de <em>The Crown</em>, alors que le divorce avec Diana a été prononcé et qu’il passe la voir chez elle. Le temps d’un repas dans leur ancienne cuisine qui se termine en eau de boudin, Dominic West révèle tout son savoir faire et offre une prestation de grand niveau. Cela dit, je retiens surtout la trajectoire de la princesse de Galles, avec une belle surprise : au lieu de se précipiter sur sa mort, Peter Morgan consacre toute une saison à son mariage impossible. Une excellente idée, tant il y a de quoi faire et tant les scénaristes exploitent bien ce conflit privé autant que public. Elizabeth Debicki est incroyable dans le rôle de Diana, notamment pour faire transparaître avec beaucoup de réalisme sa profonde tristesse doublée d’une solitude absolue. Son personnage a eu une vie assez tragique, que <em>The Crown</em> a, je crois, parfaitement rendu.</p>
<p>Mais la série de Netflix laisse comme toujours de la place à plusieurs personnages historiques et c’est encore le cas dans cette saison. Le premier ministre d’alors, John Major, a droit à une part importante, le prince William malmené par le divorce de ses parents lui aussi, mais c’est bien le couple royal qui a le meilleur second rôle en quelque sorte. La reine commence à songer au bilan de son règne alors que <em>Britannia</em>, le yacht royal qu’elle a supervisé dans les années 1950, doit être abandonné à cause de son âge. Le roi de son côté mène un petit peu sa propre vie, au grand dam de sa femme d’ailleurs. Cet aperçu de leur vie intime est assez touchant, surtout alors que tous leurs enfants se séparent les uns après les autres. C’est une belle manière d’illustrer l’écart générationnel croissant, mais aussi d’humaniser la reine, sans angélisme. <em>The Crown</em> est indéniablement une grande série, qui devrait trouver sa conclusion avec la prochaine saison. Je suis certain qu’elle se terminera en beauté, mais quoi qu’il arrive, Peter Morgan a déjà amplement rempli son contrat…</p>
]]></description></item><item><title>My Policeman, Michael Grandage</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/policeman-grandage/</link><pubDate>Sat, 19 Nov 2022 17:38:49 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/policeman-grandage/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/policeman-grandage/policeman.jpg">
        <p>Situé à moitié à la fin des années 1950 et à moitié dans les années 1990, <em>My Policeman</em> raconte une histoire d’amour contrariée. Pour son adaptation du roman éponyme de Bethan Roberts, Michael Grandage commence quarante ans après les faits, par l’arrivée de Patrick, un homme en convalescence après une crise cardiaque dans la maison de Tom et Marion. D’emblée, le scénario frappe par la subtilité de son écriture et son travail d’orfèvre sur les silences. On ne sait pas encore ce qui s’est passé entre Patrick et le couple de mariés, mais la tension est palpable. Tom refuse d’aller le voir, Marion le lui reproche et on ressent toute l’amertume accumulée au sein du couple. J’ai beaucoup apprécié cette première séquence dans les non-dits et c’est un pilier du long-métrage, qui compte autant sur ses dialogues que sur ses silences.</p>
<p>Dans les années 1950, Marion, institutrice, rencontre Tom, policier, et les deux semblent vivre une histoire d’amour toute banale qui se conclut sur une demande en mariage. C’est du moins la vision offerte initialement au spectateur, qui est aussi celle de Marion, mais Michael Grandage instille le doute quant à Patrick. Cet employé du musée de Brighton où se déroule l’intrigue semble avoir été rencontré par hasard par Tom, mais il est toujours présent, à tel point que le couple pourrait être un trouple. Nous sommes dans les années 1950 néanmoins, il n’y a rien de tel évidemment, mais <em>My Policeman</em> laisse astucieusement une place aux questions. De retour dans les années 1990, Marion tombe sur le journal de Patrick et en le lisant, elle découvre sur le tard la vérité. Que son mari l’a rencontré bien avant elle, qu’ils étaient amants et amoureux quand elle a commencé à sortir avec Tom et que son mariage n’était en réalité qu’une façade pour les apparences. Cette histoire, hélas trop banale à une époque où l’homosexualité était encore un crime passible de prison, pouvait être traitée avec subtilité ou de manière caricaturale et c’est la première hypothèse qui, fort heureusement, prévaut ici.</p>
<p>La justesse des personnages est sans doute ce qui m’a le plus fortement marqué dans <em>My Policeman</em>. Le trio est écrit avec une précision et un réalisme rares, chacun avec ses forces et faiblesses. Tom est peut-être le plus intéressant du lot : coincé par les lois rétrogrades de son époque et par son travail qui le force à être un bourreau contre lui-même, il choisit systématiquement d’étouffer ses émotions et de taire ses sentiments. Face à sa femme, il refuse d’admettre son amour et préfère enterrer la conversation, une faiblesse qu’il reproduit encore quarante ans plus tard. Néanmoins, il a beau être follement amoureux de Patrick et couard face à Marion, ce n’est pas pour autant qu’il n’éprouve aucun sentiment pour elle et qu’il l’utilise sans contrepartie. C’est une partition subtile à jouer et Harry Styles est une bonne surprise dans ce rôle difficile. Emma Corrin — et surtout Gina McKee qui l’incarne plus âgée — à ses côtés est excellente pour incarner cette institutrice trompée par son mari et qui subit une vie misérable, sans pour autant tomber dans la haine contre Tom, ni même Patrick d’ailleurs. Les acteurs sont tous bons, mais encore une fois, je crois que c’est surtout  l’écriture qui permet à <em>My Policeman</em> de sortir du lot. À ne pas rater.</p>
]]></description></item><item><title>Time On My Hands, Ásgeir</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/time-hands-asgeir/</link><pubDate>Thu, 17 Nov 2022 21:24:08 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/time-hands-asgeir/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/time-hands-asgeir/time-on-my-hands.jpeg">
        <p>Ásgeir a beau chanter en anglais, sa musique douce et sophistiquée, portée par sa voix aérienne, son nom de scène également… tout porte vers le nord et oui, c’est bel et bien un artiste islandais. Après dix ans de carrière, il livre un quatrième album avec <em>Time On My Hands</em>, un ensemble de 10 morceaux pour une trentaine de minutes qui sont magnifiques, avec de belles mélodies et un mélange toujours aussi intéressant de folk et d’électronique.</p>
<p>J’aurais du mal à détailler ce que j’apprécie dans son travail, mais chaque album d’Ásgeir m’a transporté dès les premières écoutes et surtout, parvient à rester agréable sur la durée, même après plusieurs passages dans le casque. Sa voix particulière, assez haut perchée, m’attire d’emblée, mais c’est bien les compositions qui me fait rester. Combinant sonorités électroniques et instruments de la folk, sa musique est toujours composée avec soin et accompagne admirablement les paroles du chanteur. Et même si l’introspection, voire la mélancolie, n’est jamais loin, <em>Time On My Hands</em> n’est pas un album triste pour autant, il s’en dégage même au contraire une forme de joie toute en subtilité. Cet ensemble de tendances ou idées contradictoires s’assemblent pour former une balade pop islandaise, aussi belle que satisfaisante. Un vrai coup de cœur.</p>
]]></description></item><item><title>The King’s Man : Première Mission, Matthew Vaughn</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/king-man-premiere-mission-vaughn/</link><pubDate>Wed, 16 Nov 2022 21:15:02 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/king-man-premiere-mission-vaughn/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/king-man-premiere-mission-vaughn/king-man-premiere-mission.jpg">
        <p>À la surprise générale, <em><a href="https://voiretmanger.fr/kingsman-services-secrets-vaughn/">Kingsman : Services secrets</a></em> n’était pas le navet attendu à la lecture du synopsis, mais une agréable surprise dans l’ensemble, un film d’espionnage à l’ancienne, avec une bonne dose de second degré. Forcément, Hollywood n’allait pas passer à côté d’un tel succès et ce qui aurait sans doute dû rester à la bonne surprise unique s’est transformée en saga. Dès <a href="https://voiretmanger.fr/kingsman-cercle-or-vaughn/">le deuxième volet</a>, le niveau avait bien baissé et il ne restait surtout qu’un blockbuster bien banal. Manifestement, cela n’a pas suffi et six ans après l’original, Matthew Vaughn revient pour un nouvel épisode. Comme son nom le laisse entendre, <em>The King’s Man : Première Mission</em> est une préquelle censée raconter les débuts de cette organisation de l’ombre qui œuvre pour le bien de l’humanité dans le plus grand des secrets.</p>
<p>Cette saga n’a jamais été très fine, ni bien maligne, ce ne sont pas ses points forts, mais le premier film était au moins assez fun. Hélas, ce n’est pas le cas de cette suite, qui tente de lier la Première Guerre mondiale à la naissance des Kingsman, en imaginant une organisation secrète qui aurait manipulé tous les pays en guerre comme des marionettes. Tout partirait, selon Matthew Vaughn, des dirigeants du Royaume-Uni, de la Prusse et de la Russie, des cousins qui se détesteraient depuis la tendre enfance. L’assassinat de l’archiduc Ferdinand est un coup monté pour provoquer les trois et les forcer à partir en guerre. Raspoutine serait dans cette organisation pour souffler sur les braises russes, et Mata Hari est envoyée à la Maison-Blanche pour tourner une vidéo compromettante avec le président et faire pression pour que les États-Unis restent hors de la guerre. Tout cela n’a aucun sens évidemment, mais après tout, c’est le principe même de la série. <em>The King’s Man : Première Mission</em> pèche avant tout par son trop grand sérieux. Dès la première scène où la mère fait un grand discours au gamin juste avant de mourir, j’ai senti que ça allait être long. Et le film ne m’a malheureusement pas donné tort : d’un bout à l’autre, le scénario enchaîne les séquences au premier degré, avec des morts héroïques totalement absurdes et aucune place pour le moindre humour. Ou alors, des tentatives qui n’aboutissent jamais à rien.</p>
<p>Le choix de Ralph Fiennes pour interpréter le personnage principal n’était sans doute pas le meilleur pour tenter de dérider l’intrigue. Son fils, interprété par Harris Dickinson, s’en sort mieux, mais il n’est pas suffisamment présent pour équilibrer le projet. Rhys Ifans est très impressionnant dans le rôle de Raspoutine<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, mais lui aussi ne dure qu’un temps. Au bout du compte, <em>The King’s Man : Première Mission</em> dépasse les deux heures et peine à divertir. Passez votre chemin…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Même si je pense qu’on aurait pu éviter l’allusion à son homosexualité, doublée d’un goût pour les jeunes… certes, le scénario en joue, mais ça n’est pas bien malin.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Planète Terre, Louise Attaque</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/planete-terre-louise-attaque/</link><pubDate>Tue, 15 Nov 2022 21:29:27 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/planete-terre-louise-attaque/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/planete-terre-louise-attaque/louise-attaque-planete-terre.jpg">
        <p>Vingt-cinq ans… cela fait 25 ans que Louise Attaque a débarqué sur la scène musicale française avec son album éponyme qui a marqué les esprits. Le groupe a réussi à créer son propre son, notamment grâce à l’utilisation du violon d’Arnaud Samuel qui était assez inattendue dans la pop, mais aussi la voix aisément identifiable de Gaëtan Roussel. Pour cet anniversaire, ils ont décidé de se retrousser les manches et de signer un nouvel album, entièrement imaginé et enregistré en vingt-cinq jours, lui aussi. Une pression volontairement adoptée, qui donne <em>Planète Terre</em>, un album dans l’esprit de l’original, vif et plaisant.</p>
<p>Louise Attaque adopte une approche similaire à celle qui a fait ses premiers succès et je trouve qu’elle n’a pas pris une ride. Les paroles comme les mélodies sont simples, mais pas simplistes et les onze morceaux sont tous assez brefs et incisifs. On ne perd pas de temps avec des compositions trop complexes, on parie sur l’efficacité et cela paye. <em>Planète Terre</em> n’est pas un chef d’œuvre qui restera dans les annales de la musique et le groupe ne retrouvera sans doute jamais le succès de son premier album. Qu’importe, l’ensemble dure à peine plus de 34 minutes et il s’écoute avec plaisir, du premier au dernier titre. C’est indéniablement un plaisir en partie nostalgique pour moi, mais est-ce un défaut ? Et puis, Louise Attaque ne se contente pas de reproduire ce qu’ils ont déjà fait, les compositions ont beau rester simples, les arrangements sont plus complexes et les morceaux probablement plus matures qu’en 1997. C’est à l’image de la pochette au fond : la même idée de base et le même esprit, mais une approche différente et un résultat plus sophistiqué.</p>
]]></description></item><item><title>House of the Dragon, HBO</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/house-dragon-hbo/</link><pubDate>Mon, 14 Nov 2022 21:21:16 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/house-dragon-hbo/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/house-dragon-hbo/house-of-the-dragon.jpg">
        <p><a href="https://voiretmanger.fr/game-of-thrones-weiss-benioff-hbo/"><em>Game of Thrones</em></a> fait partie de ces œuvres cultes qui ont bouleversé une industrie. Pour la première fois, une création destinée au petit écran se permettait d’être aussi épique et grandiose qu’un long-métrage destiné aux grands écrans. Même si la création de HBO s’est mal terminée, avec <a href="https://voiretmanger.fr/game-of-thrones-weiss-benioff-hbo/#8">une huitième saison franchement ratée</a>, il n’en reste pas moins l’une des plus grandes séries de ces dernières années et un incontournable pour tout fan de heroïc-fantasy. La chaîne américaine ne pouvait pas lâcher un tel filon et l’idée d’enrichir l’univers avec une deuxième série a vite émergé. <em>House of the Dragon</em> est le résultat, une préquelle qui se déroule deux siècles avant les évènements originaux, centrée sur le règne des Targaryen et plus précisément sur leur fin. Un choix intéressant, d’autant qu’il est basé sur un roman de George R.R. Martin, <em>Feu et sang</em>, et que l’auteur est impliqué dans le projet. Des assurances qui n’empêchaient pas de craindre la suite au rabais et après avoir vu le désastre avec <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/seigneur-anneaux-pouvoir-amazon/"><em>Les Anneaux de pouvoir</em></a>, je m’attendais au pire.</p>
<p>Dix épisodes plus tard, je peux souffler : <em>House of the Dragon</em> ne fait pas honte à <em>Game of Thrones</em>, cette nouvelle série est à la hauteur de sa réputation ! HBO a mis les moyens, avec un budget encore plus élevé que les saisons finales de la précédente, un budget que l’on retrouve bien dans les magnifiques décors et les tournages aux quatre coins de l’Europe. Je pourrais pinailler sur certains fonds numériques, mais ils sont assez rares et l’ensemble a fière allure. Les dragons sont nombreux et toujours aussi impressionnants et le seul véritable défaut sur le plan visuel est cette fâcheuse tendance à filmer dans l’obscurité. C’était de pire en pire dans la série originale, mais au lieu de corriger le tir, les réalisateurs de ces épisodes persistent et signent. Certes, cela peut contribuer à rendre des séquences plus impressionnantes — et limiter le budget déco —, mais même avec une dalle OLED et une pièce dans le noir, il est parfois difficile de voir correctement ce que l’on nous raconte. C’est tout de même la base.</p>
<p>Fort heureusement, l’essentiel est au rendez-vous, à savoir un récit et des personnages qui tiennent la route. Les deux siècles qui séparent les deux histoires obligent à perdre bon nombre de repères, même si les principaux lieux et noms sont déjà là. Les familles sont connues, les personnes au sein de chaque famille sont nouvelles et <em>House of the Dragon</em> a une difficulté supplémentaire à gérer. Sa première saison s’étale sur plus de quinze ans, ce qui a obligé de diviser le casting, avec une ellipse temporelle de dix ans en son milieu. La réussite n’est pas aussi bonne pour tous les personnages, avec des acteurs qui ont changé sans réellement vieillir pour autant, d’autres qui ont été nettement vieilli par maquillage et quelques-uns encore qui ne semblent pas changer. Oublions ces quelques erreurs, le casting est impeccable d’un bout à l’autre. Mention spéciale à Paddy Considine qui donne de sa personne jusqu’au bout pour incarner le roi Viserys, mais il n’y a aucune fausse note, avec la bonne dose de folie pour quelques personnages clés (je pense en particulier à Ewan Mitchell, qui incarne Aemond Targaryen). Contrairement à <em>Game of Thrones</em> qui avait tendance à démultiplier les personnages et intrigues parallèles, <em>House of the Dragon</em> se focalise sur un arc narratif plus resserré autour de la succession de Viserys, ce qui n’empêche pas la série d’offrir un univers riche et manifestement bien plus vaste que ce que l’on peut suivre. C’était un point fort de la création originale de HBO et il a été maintenu ici.</p>
<p>Cette première saison pose les bases et l’essentiel est encore à venir. Le dernier épisode se termine à un moment charnière qui laisse attendre un déferlement de dragons et de morts. Non pas que ces dix premiers épisodes en étaient dépourvus, HBO a une réputation à tenir et la mort tout comme la nudité étaient au rendez-vous. <em>House of the Dragon</em> ne pourra peut-être pas atteindre le niveau de culte de l’œuvre originale, ne serait-ce qu’en raison de sa position antérieure qui lui retire quelques enjeux dramatiques, mais ça n’en fait pas moins une série ratée pour autant. Bien au contraire, cette saison est ambitieuse et promet beaucoup. Vivement la suite !</p>
]]></description></item><item><title>Downton Abbey II : Une nouvelle ère, Simon Curtis</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/downton-abbey-2-nouvelle-ere-curtis/</link><pubDate>Sun, 13 Nov 2022 21:46:37 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/downton-abbey-2-nouvelle-ere-curtis/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/downton-abbey-2-nouvelle-ere-curtis/downton-abbey-2.jpg">
        <p><em>Downton Abbey</em>, c’est avant tout <a href="https://voiretmanger.fr/downton-abbey-fellowes-itv1/">une excellente série</a> sur la noblesse anglaise, ses années de faste et de richesses infinies à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, puis sa déchéance au siècle suivant. Julian Fellowes a parfaitement su capter cette ambiance de fin de siècle, en créant des personnages attachants, ce qui est le plus important pour toute série. Après six saisons un peu courtes, l’intérêt pour les personnages était encore là et un premier film est sorti en 2019. Surprise, il n’était pas mauvais, sans atteindre le niveau de la série, si bien qu’une suite a été lancée dans la foulée.</p>
<p><em>Downton Abbey II : Une nouvelle ère‌</em> reprend un an après le film précédent, en 1928, une époque charnière. Loin encore de la crise économique qui allait tout détruire, l’espoir d’un renouveau est encore permis et c’est bien l’objectif de cette suite, qui tente de rester dans un esprit positif. Julian Fellowes est toujours à la manœuvre côté scénario, ce qui probablement la meilleure garantie que le projet pouvait espérer et Simon Curtis réalise une suite dans la lignée de ce qui précède, sans essayer de bouleverser la formule. Si vous avez aimé <em>Downton Abbey</em>, il n’y a pas de raison pour que vous n’appréciez pas ce film fort sympathique. Certes, il ne fait pas d’étincelle et son format réduit force les personnages à se retrouver tous au bon endroit au bon moment. Malgré tout, j’ai passé un bon moment et l’idée de confronter la famille à l’évolution, cette fois par le biais du cinéma, est excellente. J’ai aussi apprécié que l’homosexualité de Thomas Barrow soit enfin traitée pour de bon, après des allusions qui évacuaient trop rapidement le sujet. Trouver une fin heureuse pour ce personnage malgré les contraintes de l’époque n’était pas évident, mais le film le fait de façon adroite et touchante, c’est bien vu.</p>
<p>Le titre laisse entendre que ce pourrait être le dernier film et je ne veux pas dévoiler trop d’informations sur sa fin, mais elle semble aussi aller dans ce sens. En attendant de savoir si <em>Downton Abbey II : Une nouvelle ère‌</em> pourrait avoir une suite, j’ai passé un bon moment, mais c’est d’abord parce que j’ai vraiment beaucoup aimé la série.</p>
]]></description></item><item><title>Patricia Mazuy, l’échappée sauvage, Gabriela Trujillo, Séverine Rocaboy et Quentin Mével</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/patricia-mazuy-echappee-sauvage-mevel-rocaboy-trujillo/</link><pubDate>Sat, 12 Nov 2022 21:31:03 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/patricia-mazuy-echappee-sauvage-mevel-rocaboy-trujillo/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/patricia-mazuy-echappee-sauvage-mevel-rocaboy-trujillo/patricia-mazuy-echappee-sauvage.jpg">
        <p>Cette fois, j’ignorais non seulement la carrière de Patricia Mazuy, mais jusqu’à son nom. Elle est « <em>singulière dans le paysage cinématographique français</em> », comme le note la quatrième couverture de <em>Patricia Mazuy, l’échappée sauvage</em>, un essai composé d’une introduction et d’un entretien avec la cinéaste. Autant dire que j’ai abordé ma lecture avec une curiosité polie, mais sans en attendre beaucoup. Mais comme toujours avec les publications de Playlist Society, j’ai pris du plaisir à découvrir un univers que je ne connaissais pas.</p>
<p>L’introduction rédigée par Gabriela Trujillo est utile pour poser les grands moments de la carrière de Patricia Mazuy et dresser les lignes directrices de son travail. C’est toutefois dans l’entretien réalisé par Séverine Rocaboy et Quentin Mével qui occupe la majorité du livre que l’intérêt de l’ouvrage se trouve surtout à mon sens. La cinéaste parle de son travail et elle le fait avec une franchise rare dans le cinéma, saluant ce qu’elle trouve réussi, regrettant aussi ce qu’elle pense avoir raté. N’ayant vu aucun de ses films, je n’ai pas d’avis sur la question, mais je trouve cette approche rafraîchissante et cette sincérité donne envie de découvrir son univers. Un univers qui semble en effet singulier, avec des œuvres très différentes et un brassage des genres assez impressionnant quand on pense que sa filmographie n’atteint pas les dix long-métrages. Documentaire commandé par une chaîne, film d’époque en costume et même thriller : elle a essayé de nombreuses pistes et son côte touche à tout rend son témoignage plus intéressant. J’ai particulièrement apprécié ses réponses détaillées sur les choix musicaux, parfois liés à des obligations externes — comme sur son dernier film, <em>Bowling Saturne</em>, où il fallait des artistes belges pour obtenir un financement — mais qui parviennent toujours à trouver une place logique dans le projet. Le problème des financements traverse aussi toutes ses réponses et c’est assez fascinant de voir comment des réalisateurs peu connus parviennent à créer des films avec peu de moyens.</p>
]]></description></item><item><title>Mademoiselle, Park Chan-wook</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/mademoiselle-park/</link><pubDate>Fri, 11 Nov 2022 11:20:00 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/mademoiselle-park/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/mademoiselle-park/mademoiselle.jpg">
        <p><em>Mademoiselle</em> est l’adaptation d’un roman britannique, mais cela ne se voit pas du tout. Il faut dire que Park Chan-wook l’a entièrement adapté à un contexte différent, puisque le cinéaste coréen rapatrie l’histoire dans son pays, en l’intégrant dans le contexte de la colonisation japonaise de la Corée. On pouvait faire confiance au créateur d’<a href="https://voiretmanger.fr/old-boy-park/"><em>Old Boy</em></a> pour proposer une vision personnelle de cette histoire d’arnaques sur fond d’amour lesbien. De fait, on retrouve son goût pour la mise en scène sophistiquée, ainsi que pour la narration déconstruite, avec une intrigue qui se déploie progressivement et par couche. Son goût pour la violence frontale est encore là, même si ce n’est pas autant le sujet et <em>Mademoiselle</em> surprend par son ton plus léger.</p>
<p>Je ne veux pas détailler tout le scénario à tiroir et ses multiples rebondissements, une bonne partie du plaisir du film vient justement de la découverte successive des arnaques imbriquées. Park Chan-wook s’amuse avec ces personnages qui mentent constamment pour leur propre intérêt et c’est assez amusant à voir aussi. <em>Mademoiselle</em> n’est pas une comédie pour autant, mais j’ai trouvé ce ton bienvenu, d’autant qu’il vient casser une noirceur bel et bien présente. L’histoire se déroule sur fond de colonisation japonaise, avec tout le mépris que l’on peut imaginer pour une servante coréenne, mais aussi à une époque où les femmes pouvaient être traitées sans crainte comme des objets sexuels. Soumission féminine, viol quasiment encouragé et sévices corporels dès le plus jeune âge : le portrait des hommes n’est pas très reluisant et <em>Mademoiselle</em> se mue en œuvre féministe en se concentrant sur l’histoire d’amour entre maîtresse et servante. C’est un accident de parcours, les deux femmes devaient s’arnaquer mutuellement, mais elles tombent amoureuses et le Park Chan-wook prend le temps de filmer leur relation. Le réalisateur n’hésite pas à donner dans l’érotisme, mais sans tomber dans le voyeurisme et leur histoire d’amour devient le plus gros point fort du film. Mention spéciale au passage pour les deux actrices, Kim Min-hee et Kim Tae-ri, toutes deux excellentes.</p>
]]></description></item><item><title>Young Royals, Netflix (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/young-royals-netflix-saison-2/</link><pubDate>Wed, 09 Nov 2022 21:10:52 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/young-royals-netflix-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/young-royals-netflix-saison-2/young-royals-2.jpg">
        <p>La <a href="https://voiretmanger.fr/young-royals-ambjorn-forsman-forsman-netflix/">première saison de <em>Young Royals</em></a> avait une très belle surprise. Même si ses prémices laissait craindre un <a href="https://voiretmanger.fr/elite-madrona-montero-netflix/"><em>Élite</em></a> suédois, le scénario bien écrit et surtout les acteurs du bon âge et juste formaient un petit miracle, une histoire d’ados qui sortait des caricatures faciles doublée d’une belle romance gay. J’avais ainsi hâte de voir la suite et Netflix livre un an plus tard une deuxième saison, dans la lignée de la précédente par le format court, puisqu’il faut à nouveau se contenter de six épisodes. Pour autant, c’était bien trop court dans la première saison, mais presque long dans celle-ci, qui fait avancer péniblement son histoire.</p>
<p>Il est difficile de pointer précisément ce qui ne fonctionne plus aussi bien dans cette suite. <em>Young Royals</em> conserve tous ses personnages, le cadre n’a pas davantage changé et les six épisodes se concentrent toujours sur Wilhelm et Simon, leur <em>sex-tape</em> et les répercussions sur leur couple, sur l’école et sur la monarchie. À mon sens, le plus gros défaut de cette saison est d’avoir parié sur un prolongement des doutes du prince héritier. Qu’il mente face à la télévision nationale à la fin de la première saison était rétrospectivement une erreur, qui oblige la série à patiner sans avancer pendant six épisodes de plus. On n’avance pas, car tout est bloqué à cause de ce choix. Fort heureusement, <em>Young Royals</em> revient <em>in extremis</em> sur le bon chemin, en faisant, je crois, le choix qu’elle aurait dû faire à la fin de la saison initiale. Maintenant que Wilhelm a reconnu son homosexualité face au pays tout entier, son couple peut enfin avancer, tout comme les vraies questions peuvent se poser : une monarchie, conservatrice par nature, peut-elle survivre avec un dirigeant gay à sa tête ?</p>
<p>J’espère que <em>Young Royals</em> aura la chance d’avoir droit à une suite, car on sait bien que ce n’est jamais gagné désormais et Netflix n’hésite plus à annuler des séries à la première baisse des audiences. Cette deuxième saison me semble inférieure à la précédente, mais cela n’enlève rien au potentiel de cette création suédoise.</p>
]]></description></item><item><title>Timberborn</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/timberborn/</link><pubDate>Tue, 08 Nov 2022 21:08:14 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/timberborn/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/timberborn/timberborn.jpg">
        <p>Vous prenez la tête d’une colonie de castors dans un monde post-apocalyptique abandonné par l’homme et vous devez former une colonie capable de survivre face aux sécheresses de plus en plus forte. <em>Timberborn</em> est un jeu de construction de ville et de gestion dans la plus grande tradition du genre, mais avec cet angle original qui lui permet de se distinguer. Vous commencez avec quelques castors et vous devrez rapidement organiser la colonie si vous ne voulez pas disparaître dès la première sècheresse. Vous devrez collecter des rondins sur les arbres alentours évidemment, mais aussi des baies sauvages et puis vous pourrez commencer à construire des bâtiments : logements pour vos pauvres bêtes, des pompes à eau, des fermes pour cultiver de la nourriture et bientôt des usines pour créer des planches, engrenages et autres objets. Après quelques heures de jeu, si vous vous débrouillez bien, vous serez à la tête de plusieurs colonies et de dizaines, voire centaines, de castors.</p>
<p><em>Timberborn</em> ne révolutionne pas les codes du genre, avec des ressources à collecter et stocker intelligemment, mais aussi des connaissances à calculer pour débloquer les éléments les plus avancés. Vous devrez soigner les castors en répondant à tous leurs besoins, des plus primaires — ils doivent manger, boire et avoir un lit — aux plus sophistiqués, des bains de boue à la décoration de la colonie, en passant par des livres, mais oui. Si vous ne respectez pas les besoins de base, vos castors mourront, avec une gestion intelligente qui peut donner du fil à retordre : si un animal est resté assoiffé ou affamé trop longtemps, il pourra mourir même après le retour de l’eau ou la nourriture. Comme tous les jeux de gestion similaires, il n’y a pas vraiment d’objectif au-delà de la survie et de l’expansion de la colonie, mais vous finirez pas arriver au bout de la carte et vous serez alors un petit peu bloqués. Cela étant, il y a suffisamment de cartes différentes pour maintenir l’intérêt pendant quelques dizaines d’heures de jeu et les créateurs de <em>Timberborn</em> ont aussi imaginé deux factions avec des règles un petit peu différentes. Par exemple, celle de base se reproduit automatiquement dès lors que les conditions de vie sont bonnes, tandis que l’autre a besoin d’appareils et de ressources spécifiques pour croître. Cette deuxième faction se débloque après avoir fait le tour de la première et elle prolonge elle aussi la durée de vie du jeu.</p>
<p>J’ai désormais comptabilisé 55 heures et je pense avoir fait le tour de <em>Timberborn</em> dans son état actuel. C’est une précision importante, car le titre est toujours en développement et ses concepteurs ajoutent régulièrement des éléments importants. Pas qu’un peu, d’ailleurs : depuis mes premières parties il y a un an de cela, ses créateurs ont bouleversé à plusieurs reprises les mécaniques de jeu et l’ont surtout considérablement enrichi. Rétrospectivement, le titre était assez simpliste au départ, mais il est à l’heure actuelle nettement plus riche. L’ajout des golems, des castors automatisés nettement plus efficaces, dans la dernière version permet d’envisager de toutes nouvelles stratégies, par exemple. Ces ajouts sont précieux pour revenir à <em>Timberborn</em> tous les quelques mois et découvrir quasiment un nouveau jeu.</p>
]]></description></item><item><title>Enola Holmes 2, Harry Bradbeer</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/enola-holmes-2-bradbeer/</link><pubDate>Sun, 06 Nov 2022 20:45:48 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/enola-holmes-2-bradbeer/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/enola-holmes-2-bradbeer/enola-holmes-2.jpg">
        <p>Le premier <a href="https://voiretmanger.fr/enola-holmes-bradbeer/"><em>Enola Holmes</em></a> était une bonne surprise dans l’ensemble, une variation intéressante autour du mythique détective, avec l’idée d’une sœur adolescente qui refuse les conventions de son temps et décide de devenir détective privée à son tour. Face au succès, Netflix a commandé un deuxième volet et <em>Enola Holmes 2</em> reprend la même recette et recommence. C’est encore Harry Bradbeer qui est à la réalisation, on retrouve Millie Bobby Brown dans le rôle titre et à ses côtés, le casting reste largement inchangé, avec notamment Henry Cavill dans le rôle de Sherlock. Sans oublier une bonne pincée de féminisme, cela ne peut jamais faire de mal n’est-ce pas ?</p>
<p>Le résultat est un nouveau blockbuster de deux bonnes heures, qui ne révolutionne rien du tout, mais qui sait rester plaisant, à défaut d’être fin. La finesse, ce n’est clairement pas le point fort d’<em>Enola Holmes 2</em>, d’autant moins que le film fait appel à la réalité historique. Il se base en effet sur l’histoire vraie d’ouvrières anglaises qui ont été parmi les premières à faire grève contre la toxicité de leur environnement de travail, dans une usine d’allumettes. Mêler l’histoire à Enola Holmes, voilà une idée originale, mais qui ne fonctionne pas aussi bien que devaient l’espérer les scénaristes. La lourdeur du propos nuit à l’argument, et cette histoire vraie balancée au milieu d’une enquête contre Moriarty — renouveler les méchants n’aurait pas été une mauvaise idée… — ouvre un décalage un petit peu gênant. D’autant que ce féminisme souligné et même surligné tranche avec un scénario où les femmes ont un rôle important, certes, mais sans se défaire des hommes pour autant. Au bout du compte, c’est Sherlock qui doit sauver Enola et cette dernière entretient une romance bien banale avec un homme. Même si le personnage joué par Louis Partridge essaie de casser les stéréotypes en s’intéressant avant tout aux plantes et à la danse, il participe malgré tout aux combats et contribue à sauver la demoiselle en détresse.</p>
<p>Cela étant, <em>Enola Holmes 2</em> ne se prend pas trop au sérieux et je n’ai pas passé un mauvais moment. Netflix a manifestement de grandes ambitions et une suite est d’ores et déjà sur les rails, mais je ne sais pas si elle est méritée pout autant. Le casting plus féminin et diversifié est bienvenu, mais au fond, cela reste l’univers surexploité de Sherlock Holmes et ce n’est pas très original.</p>
]]></description></item><item><title>Le Seigneur des anneaux : Les Anneaux de pouvoir, Prime Video</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/seigneur-anneaux-pouvoir-prime-video/</link><pubDate>Sat, 05 Nov 2022 22:15:08 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/seigneur-anneaux-pouvoir-prime-video/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/seigneur-anneaux-pouvoir-prime-video/seigneur-des-anneaux-anneaux-pouvoir.jpg">
        <p>Amazon a cassé la tirelire pour s’offrir les droits sur l’univers imaginé par Tolkien et les huit épisodes qui composent la première saison de <em>Le Seigneur des anneaux : Les Anneaux de pouvoir</em> (ce titre…) permettent de juger si les centaines de millions de dollars déjà dépensés l’ont été à bon escient. Premier constat, on retrouve bien cet argent à l’écran. Le géant de la vente en ligne n’a pas lésiné sur les moyens, avec un tournage en Nouvelle-Zélande, dans les mêmes décors <a href="https://voiretmanger.fr/saga/le-seigneur-des-anneaux/">popularisés par Peter Jackson</a> et qui sont devenus associés pour jamais à ce monde. Même si je trouverais à redire sur les fonds numériques notamment utilisés pour les villes, je ne vais pas faire la fine bouche : il y a pléthore de décors qui servent de fond à un grand casting doublé d’une immense foule de figurants. Visuellement, on retrouve bien l’esprit des longs-métrages et c’est une belle réussite en soi.</p>
<p>Malheureusement, tout cet argent n’a pas été dépensé côté écriture, ou alors il l’a mal été. <em>Le Seigneur des anneaux : Les Anneaux de pouvoir</em> se déroule plusieurs milliers d’années avant <em>Le Seigneur des anneaux</em>, pendant le Second Âge imaginé par Tolkien, pile au moment où les fameux anneaux sont forgés, dont l’unique de Sauron qui est au cœur de la trilogie principale. Une excellente idée, car cette période est essentielle dans la mythologie inventée par le romancier britannique, mais en même temps assez méconnue, sauf pour les plus grands fans qui ont épluché tous les écrits qui accompagnent les quatre principaux romans. C’est une période charnière, juste avant la grande bataille qui oppose les humains, les elfes et les nains face aux orcs et autres créatures maléfiques, cette bataille mythique qui a marqué les esprits dans les premières minutes de <em><a href="https://voiretmanger.fr/seigneur-anneaux-communaute-anneau-jackson/">La Communauté de l’anneau</a></em>. Comment est-ce que Sauron a réussi à duper les autres créatures de la Terre du Milieu ? C’est toute la question en effet et la première saison… n’y répond pas encore. Alors qu’elle s’étale sur plus de huit heures tout de même, elle se contente d’une longue et lente introduction, avec de multiples intrigues secondaires trop caricaturales et grossièrement écrites pour intéresser et les informations intéressantes sont saupoudrées sporadiquement, juste assez pour donner envie d’aller au bout, pas assez pour éviter l’ennui.</p>
<p>Je n’ai rien contre les intrigues secondaires et le format de la série impliquait un traitement plus lent que dans un long-métrage. Néanmoins, <em>Le Seigneur des anneaux : Les Anneaux de pouvoir</em> est très mal écrite, avec des dialogues en grand nombre qui sonnent creux, des personnages transparents et des profils psychologiques caricaturaux. Les acteurs font ce qu’ils peuvent, ils ne parviennent pas à rendre leurs personnages plus intéressants pour autant. Morfydd Clark, par exemple, dans le rôle de la mythique Galadriel ne laisse aucune impression durable et son jeu est aussi monolithique que son personnage. Ce n’est probablement pas tant de sa faute, que celle des scénaristes qui ont trop de personnages à gérer en parallèle et qui échouent à reproduire ce que <a href="https://voiretmanger.fr/game-of-thrones-weiss-benioff-hbo/"><em>Game of Thrones</em></a> avait si brillamment créé. On se désintéresse vite de tous ces personnages et ce ne sont pas les tentatives grossières d’entretenir le mystère sur leur identité<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> ou leur survie<sup id="fnref:2"><a href="#fn:2" class="footnote-ref" role="doc-noteref">2</a></sup> qui vient aider. Je ne vais pas dresser la liste de tous les problèmes qui se posent et ce n’est clairement pas la couleur de peau des acteurs qui me viendrait en tête<sup id="fnref:3"><a href="#fn:3" class="footnote-ref" role="doc-noteref">3</a></sup>. Ni le choix bienvenu de laisser plus de place aux femmes, d’ailleurs. En revanche, avait-on réellement besoin de tant d’histoires d’amour sans crédibilité — strictement hétérosexuelle au passage, voilà une diversité manifestement hors d’atteinte — et fallait-il multiplier les actes de bravoure un peu ridicules ? J’aurais préféré que l’on se concentre davantage sur la grande histoire, quitte à faire plus court.</p>
<p>Étant fan de l’univers imaginé par Tolkien, <em>Le Seigneur des anneaux : Les Anneaux de pouvoir</em> ne me laisse pas indifférent pour autant. J’ai apprécié de suivre les premiers pas de Gandalf, de découvrir la mythique île de Númenor, de comprendre comment les anneaux sont créés ou encore de voir comment Sauron parvient à installer son royaume. Mais heureusement que j’avais cette envie préalable, car cette première saison était franchement pénible à regarder par moments. J’espère que la deuxième saison en cours de réalisation va corriger le tir, mais Amazon a décidé de rapatrier le tournage au Royaume-Uni, une manière de limiter les coûts qui me laisse assez peu d’espoir. Malgré tout, <em>Seigneur des Anneaux</em> oblige, je serai au rendez-vous pour la suite…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<p>Attention spoiler, mais : il est évident que Gandalf est Gandalf dès la première apparition et l’idée qu’il puisse être Sauron est ridicule. Et le spectateur un poil attentif comprendra rapidement qui est Sauron, d’ailleurs, en tout cas bien plus vite que tous les autres personnages qui l’entourent…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
<li id="fn:2">
<p>Alerte divulgâchage bien sûr, mais : la saison se termine en voulant nous faire croire qu’Isildur est mort. Le même qui a un rôle central dans la bataille contre Sauron, si bien que tous ceux qui connaissent la suite savent bien que ça n’est pas le cas. En parlant de morts, la série n’a pas appris l’une des plus grandes leçons de <em>Game of Thrones</em> : il faut laisser mourir les personnages et non pas chercher tous les prétextes pour les sauver.&#160;<a href="#fnref:2" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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<li id="fn:3">
<p>Le casting est en effet nettement plus diversifié que chez Peter Jackson, ou même que chez Tolkien. Ce qui n’a pas manqué d’indigner beaucoup de monde et même si je peux entendre l’argument que cela crée une différence trop nette avec <em>Le Seigneur des Anneaux</em> version cinéma (et encore, il y a des milliers d’années entre les deux, tout peut être justifié, surtout dans l’heroïc-fantasy), je trouve que la série a très bien géré son choix, précisément en ne le mentionnant jamais. Son univers ne reproduit pas notre réalité, car il n’est pas raciste et la couleur de peau n’est jamais posée comme un problème.&#160;<a href="#fnref:3" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>Eckmühl dans la tempête</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/eckmuhl-tempete/</link><pubDate>Thu, 03 Nov 2022 22:50:56 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/eckmuhl-tempete/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/photo/eckmuhl-tempete/IMG_3132.jpeg">
        <p>La pointe de Penmarch qui ferme la baie d’Audierne tout au sud et le célèbre phare qui l’accompagne s’apprécient avant tout pendant une tempête. Quand toute la fureur de l’océan s’abat sur Eckmühl, quand les bourrasques venues de l’ouest font siffler le granit perché 60 mètres au-dessus des flots, quand les vagues s’abattent sur les rochers comme les grains sur les imprudents qui s’aventurent le long de la côte<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Et quand les rayons du soleil succèdent finalement au déferlement des éléments, c’est un tout autre paysage qui se révèle.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>C’est du vécu…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>Bad Sisters, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/bad-sisters-apple-tv+/</link><pubDate>Tue, 01 Nov 2022 21:30:06 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/bad-sisters-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/bad-sisters-apple-tv&#43;/bad-sisters.jpeg">
        <p>Adaptée d’une série flamande, <em>Bad Sisters</em> se construit autour d’une famille de cinq sœurs, d’un mari ou beau-frère mort et de deux assureurs qui trouvent le décès un petit peu trop mystérieux. Cette série irlandaise manie l’humour noir avec talent pour nous faire saliver pendant dix épisodes : que s’est-il passé au juste le soir où John-Paul est mort ? Les quatre sœurs ont-elles enfin réussi à tuer leur insupportable beau-frère qui leur a toutes fait du mal ? La tension est maintenue jusqu’à l’ultime épisode et la création d’Apple TV+ est aussi intense qu’elle peut être fun : une vraie réussite.</p>
<p><em>Bad Sisters</em> se déroule selon deux chronologies parallèles : le présent qui suit la mort de John-Paul et l’enquête menée par les fils Claffin qui cherchent la bonne raison pour ne pas payer ce qu’ils doivent dans le cadre de leur assurance-vie. Pour comprendre ce qui s’est passé, les scénaristes nous projettent aussi quelques mois auparavant, quand les sœurs Garvey commencent à fomenter leur plan pour tuer John-Paul, mais enchaînent les échecs. C’est de là que vient tout le sel de la série, son suspense comme son humour : le spectateur ne sait pas ce qui s’est passé, mais il sait que la victime n’a pas été tuée comme la fratrie l’imagine. Elles élaborent des plans sophistiqués ou simplistes et vous savez qu’ils vont échouer, mais la création d’Apple TV+ reste savoureuse dans la description de tous ces échecs et surtout de leurs conséquences inattendues et souvent malheureuses. Les victimes collatérales se multiplient, tandis que leur cible principale semble de plus en plus invincible. Je n’en dirai pas plus néanmoins, car <em>Bad Sisters</em> est nettement plus intéressante en ne sachant pas comment l’ensemble se termine.</p>
<p>Je peux dire en revanche que la série vaut d’abord pour son casting. Sharon Horgan a porté cette adaptation et elle incarne aussi avec brio la sœur aînée et les quatre autres actrices principales sont toutes excellentes. Dans cette création majoritairement féminine, ce sont surtout les rôles masculins que je retiendrais, et tout particulièrement celui de John Paul, incarné avec toute l’horreur nécessaire par un Claes Bang en grande forme. Il est odieux à un point qui donne envie de le baffer à chaque apparition et c’est assez fabuleux de voir un acteur aussi détestable. Face à lui, Brian Gleeson est exceptionnel également dans le rôle de l’un des assureurs, prêt à tout pour ne pas donner d’argent et sauver son entreprise, quitte à commettre lui aussi impairs de plus en plus grossiers. Ajoutez à cet ensemble une photographie léchée et vous obtenez un savoureux divertissement.</p>
]]></description></item><item><title>Here It Is: A Tribute to Leonard Cohen</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/here-it-is-tribute-leonard-cohen/</link><pubDate>Sun, 30 Oct 2022 17:03:52 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/here-it-is-tribute-leonard-cohen/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/here-it-is-tribute-leonard-cohen/here-it-is.jpg">
        <p>Aurais-je écouté <em>Here It Is: A Tribute to Leonard Cohen</em> si le nom de Peter Gabriel n’était pas sur la pochette ? Je vais être honnête : sans doute pas. Cet album est composé de douze reprises de chansons de Leonard Cohen, avec la particularité supplémentaire qu’il est publié par Blue Note, célèbre label de jazz. Ces versions revisitées adoptent ainsi toutes une ambiance jazzy, avec un ensemble de musiciens jazz, ce qui colle plutôt bien pour ne pas trop s’éloigner de l’ambiance originale. Les interprètes peuvent être des grands noms du jazz vocal, Norah Jones ou encore Gregory Porter en tête, mais on y trouve aussi des noms issus d’autres genres, de Peter Gabriel à Iggy Pop. Ce dernier a repris « <em>You Want It Darker</em> » avec une voix si similaire à celle de Leonard Cohen que pour un peu, on pourrait oublier que c’est une reprise.</p>
<p>De son côté, Peter Gabriel a jeté son dévolu sur « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=J-e__5L9Kt0"><em>Here it is</em></a> », un titre assez récent puisqu’il est tiré de <em>Ten New Songs</em>, un album sorti en 2001<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Sa version est sans surprise particulièrement travaillée, peut-être la plus sophistiquée de l’album, et sa voix grave offre une interprétation assez différente de <a href="https://www.youtube.com/watch?v=-WaBpScRGuo">l’originale</a>. C’est fort sympathique à écouter, à l’image de tout l’album d’ailleurs. C’est souvent le cas avec ces albums de reprise publiés en hommage à un mort : aussi soignés soient-ils, ces douze titres donnent surtout envie de réécouter directement Leonard Cohen…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<p>Un avant <em>Up</em>, le dernier véritable album studio de Peter Gabriel. Il va être vraiment temps de s’activer, Peter…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Amsterdam</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/amsterdam/</link><pubDate>Sat, 29 Oct 2022 22:13:41 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/amsterdam/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/photo/amsterdam/IMG_2813.jpeg">
        <p>Passage obligé quand on voyage aux Pays-Bas, Amsterdam concentre naturellement tous les touristes et ses rues étroites sont bien mal dimensionnées pour gérer cet afflux constant. Je ne m’attendais pas à être autant gêné par les vélos néanmoins, ils sont partout, vont vite et ne cèdent jamais le passage aux piétons : mieux vaut être prudent pour traverser. Ajoutez à cela des voitures encore en grand nombre et vous obtenez un environnement assez hostile aux piétons<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. La capitale hollandaise vaut sûrement le détour pour ses nombreux musées, mais à choisir, je préfère la tranquillité d’<a href="https://nicolasfurno.fr/photo/utrecht/">Utrecht</a>, qui ne manque pas de ces canaux qui font tout le charme du pays.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<p>Sans compter le nombre impressionnant de fumeurs dans les rues, pas que de tabac bien sûr. J’ai été surpris par ce sentiment d’être constamment pris dans les odeurs de tabac, un drôle de paradoxe pour une ville qui a autant banni les voitures pour soigner son environnement.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Utrecht</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/utrecht/</link><pubDate>Fri, 28 Oct 2022 18:22:58 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/utrecht/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/utrecht/IMG_2759.jpeg">
        &lt;p>Utrecht a la réputation d’être une ville charmante à l’écart des plus gros flux touristiques. Une réputation que notre bref passage semble avoir confirmé : le centre bouillonnait de vie, non pas sous l’afflux des touristes en masse, mais plutôt des locaux venus déjeuner. L’avantage, c’est qu’il suffit de s’éloigner à peine du canal central pour découvrir des rues tranquilles et plus agréables.&lt;/p>
</description></item><item><title>Bruges en automne</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/bruges-automne/</link><pubDate>Tue, 25 Oct 2022 22:00:52 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/bruges-automne/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/bruges-automne/IMG_2695.jpeg">
        &lt;p>La brique omniprésente et le style gothique remarquablement préservé offrent à Bruges cette ambiance particulière qui fait à juste titre la réputation de la ville. Parler de « Venise du Nord » est exagéré, il y a nettement moins de canaux et surtout bien plus de voitures, c’est ce qui m’a le plus surpris. Combinées avec les pavés omniprésents et la rareté de végétation, la ville est étonnamment bruyante, même en évitant les hordes de touristes qui gravitent autour du beffroi. Bruges reste une ville originale qui mérite un arrêt, mais qui gagnerait à réserver ses petites rues pleines de charme aux piétons et cyclistes.&lt;/p>
</description></item><item><title>The Watcher, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/watcher-netflix/</link><pubDate>Sat, 22 Oct 2022 21:45:55 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/watcher-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/watcher-netflix/affiche-the-watcher.jpg">
        <p>Juste après <em><a href="https://nicolasfurno.fr/serie/dahmer-netflix/">Dahmer : Monstre - L’histoire de Jeffrey Dahmer</a></em>, on n’arrête plus Ryan Murphy ! Depuis qu’il a signé un accord exclusif avec Netflix, le cinéaste crée série après série, en général avec Ian Brennan. On retrouve d’ailleurs les deux noms dans la liste de créateurs de <em>The Watcher</em>, mais cette fois, Ryan Murphy ne se contente pas de donner son nom et son œil de producteur. Il a écrit tous les épisodes et il en a même réalisé deux : il s’est impliqué pour de bon dans cette maison hantée, avec un gros twist, puisqu’elle est inspirée d’une histoire vraie.</p>
<p>Pour autant, tous les codes du genre sont bien respectés : une famille s’installe dans une grande et vieille maison du New Jersey et très vite, des choses anormales s’y passent. Le garçon de la famille retrouve son furet la tête écrabouillée, la fille entend une musique et des lettres menaçantes commencent à arriver. <em>The Watcher</em> instaure ainsi progressivement une ambiance de plus en plus oppressante et la série a d’ailleurs besoin d’un épisode ou deux pour atteindre son rythme de croisière. L’horreur vécue par la famille va <em>crescendo</em>, tandis que le couple augmente sa paranoïa à toute allure : installation d’une alarme et de dizaines de caméras, nuits passées dans un Motel du coin et bientôt une détective privée embauchée pour résoudre ce mystère. La mini-série de Netflix monte en gamme et explose en son cœur, avec deux ou trois épisodes d’une rare intensité et qui justifient de la regarder. Les hypothèses les plus folles défilent, à base de passages secrets, de société secrète assoiffée de sangs et d’agents immobiliers sans scrupules. Comme les deux parents, les spectateurs vont d’une piste à l’autre, ça part dans tous les sens tout en gardant le cap : ces épisodes centraux sont brillants.</p>
<p>Malheureusement, <em>The Watcher</em> n’a pas de conclusion brillante à apporter, l’affaire n’ayant jamais été élucidée dans la réalité. Les scénaristes ont parié sur une fin ouverte, mais j’ai trouvé qu’elle ne fonctionnait pas très bien ici, surtout pas après des séquences aussi intenses. Et puis, on ne nous explique jamais pourquoi des pistes pourtant évidentes (où va le tunnel ?) ne sont pas explorées.  Dans le même ordre d’idée, les personnages secondaires sont sous-exploités pour la plupart et auraient mérité une place plus significative. Malgré ces défauts, la dernière série de Ryan Murphy est suffisamment courte pour rester divertissante jusqu’au bout et j’ai passé un bon moment.</p>
]]></description></item><item><title>She-Hulk : Avocate, Disney+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/she-hulk-avocate-disney+/</link><pubDate>Tue, 18 Oct 2022 21:31:15 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/she-hulk-avocate-disney+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/she-hulk-avocate-disney&#43;/she-hulk.jpg">
        <p>Sortir des salles obscures et des blockbusters formatés par les contraintes du cinéma a fait beaucoup de bien à l’univers cinématographique Marvel. Depuis les premières séries diffusées sur Disney+, comme <em>‌<a href="https://voiretmanger.fr/wandavision-schaeffer-disney/">WandaVision</a></em> ou <a href="https://voiretmanger.fr/loki-waldron-disney/"><em>Loki</em></a>, sortir des sentiers battus est toujours une option et c’est souvent celle qui donne les meilleurs résultats. <em>She-Hulk : Avocate</em> le prouve à nouveau, avec une comédie judiciaire qui n’a de cesse de commenter le quatrième mur au point d’en faire le principal moteur de son intrigue. Portée par la pétillante Tatiana Maslany que j’avais tant appréciée dans <a href="https://voiretmanger.fr/orphan-black-manson-fawcett-space/"><em>Orphan Black</em></a>, la première saison est suffisamment courte<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> pour ne pas trop étirer son concept et maintenir l’intérêt du spectateur. En ne se prenant par trop au sérieux et en jouant la carte méta jusqu’à son extrême, la série Disney+ créée par Jessica Gao est fun et légère, un délice.</p>
<p>Dès les premières minutes du premier épisode, Jennifer Walters se tourne face à la caméra et nous parle directement pour noter qu’en effet, elle est aussi un Hulk. Ce jeu avec le quatrième mur est une idée fondamentale de <em>She-Hulk : Avocate</em> et les scénaristes ne se contentent pas de l’exploiter tout du long, ils la font monter <em>crescendo</em> jusqu’au dernier épisode plein de surprises. Je ne vais pas les révéler bien entendu, mais je peux noter que l’idée est bien exploitée, notamment pour désarmer des moments un peu ridicules. L’humour provient régulièrement des remarques du personnage, qui considère comme nous qu’un personnage ou qu’une situation est ridicule ou illogique. Même si ce n’est pas une idée nouvelle en soi, c’est novateur dans l’univers Marvel et cela fait du bien de prendre un petit peu de recul et de s’amuser de la multiplication des caméos ou même des changements d’acteurs<sup id="fnref:2"><a href="#fn:2" class="footnote-ref" role="doc-noteref">2</a></sup>. Disney+ évite par la même occasion un travers commun dans bon nombre de ses séries de super-héros : l’accumulation de combats, comme s’il en fallait suffisamment dans chaque épisode. Même s’il y en a quelques-uns ici, Jessica Gao exploite d’autres idées plus originales dans l’univers et évite de retomber dans la routine.</p>
<p><em>She-Hulk : Avocate</em> n’est pas une grande série qui fera date, mais elle n’en a aucunement la prétention. Consciente de ses limites, elle se contente d’offrir un divertissement généreux, si bien qu’on lui pardonne son manque occasionnel de finesse. Je ne sais pas si une deuxième saison serait envisageable, il semblerait que KEVIN souhaite exploiter le personnage dans des films à l’avenir, mais en attendant, j’ai pris du plaisir à regarder cette petite série sympathique.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Neuf épisodes d’une trentaine de minutes, mais il faut enlever à chaque fois quasiment dix minutes de génériques et résumés par épisode. S’il y a bien une chose chez Marvel qu’ils n’ont pas réussi à laisser tomber en faisant la transition du cinéma au petit écran…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
<li id="fn:2">
<p>Un clin d’œil pour Hulk, qui n’a pas toujours été interprété par Mark Ruffalo.&#160;<a href="#fnref:2" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Where is Home / Hae ke Kae, Abel Selaocoe</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/where-home-hae-kae-selaocoe/</link><pubDate>Mon, 17 Oct 2022 21:39:27 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/where-home-hae-kae-selaocoe/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/where-home-hae-kae-selaocoe/where-is-home.jpg">
        <p>Abel Selaocoe est un violoncelliste sud-africain qui a grandi dans un township près de Johannesburg et qui est tombé amoureux du violoncelle à travers Bach. Un profil atypique qui m’a attiré instantanément : j’ai toujours eu un faible pour cet instrument et les <em>Suites pour violoncelle</em> de Johann-Sebastian Bach restent à mes oreilles un incontournable qui revient de temps en temps dans ma liste de lecture. <em>Where is Home / Hae ke Kae</em> est le premier album du musicien et comme son titre le laisse bien entendre, il trace une union entre les deux influences majeures dans sa vie. La musique classique et plus spécialement baroque d’un côté, la musique traditionnelle sud-africaine de l’autre. Ce n’est pas qu’un effet de style, l’album fait constamment le passage d’une culture à l’autre, avec une sonate pour violoncelle de Platti et deux morceaux de Bach qui ponctuent des titres originaux d’Abel Selaocoe, où les sonorités africaines accompagnent avec une grande facilité les instruments baroques.</p>
<p>Loin d’être un ensemble incohérent, <em>Where is Home / Hae ke Kae</em> génère un dialogue riche entre les cultures. L’artiste raconte qu’il s’entraînait enfant sur les suites pour violoncelle de Bach et que ses parents reprenaient les mélodies en superposant des chants traditionnels sud-africains. Abel Selaocoe a réalisé au fil du temps que les deux musiques n’étaient pas si éloignées que ce que la distance géographique et l’écart temporel pouvaient laisser entendre. En imaginant un album qui intercale les deux, il crée un dialogue où les frontières s’effacent. Non pas qu’il soit impossible de distinguer les compositeurs baroques des créations contemporaines, évidemment, mais on passe de l’un à l’autre avec grace, sans que ce soit étrange et avec une cohérence d’ensemble que je n’imaginais pas au départ. C’est d’autant plus intéressant que le violoncelliste est un improvisateur hors pair, avec une démarche qui évoque le jazz sur quelques titres, avec une ambiance qui m’a rappelé les sonorités proposées par Hadouk Trio. Difficile avant d’écouter l’album que Bach pourrait s’intercaler à ces morceaux originaux ou même que des chants sud-africains pourraient se superposer aux notes du compositeur, mais cela fonctionne parfaitement. Une excellente surprise.</p>
]]></description></item><item><title>The Batman, Matt Reeves</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/batman-reeves/</link><pubDate>Sun, 16 Oct 2022 21:45:27 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/batman-reeves/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/batman-reeves/the-batman.jpg">
        <p>Quand Marvel multiplie les superhéros et même désormais les déclinaisons de superhéros grâce au multiverse, DC semble toujours bloqué avec les mêmes personnages. Vous trouviez qu’il n’y avait pas suffisamment d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Batman_(s%C3%A9rie_de_films)">adaptations de Batman au cinéma</a> ? En voici une de plus ! Cette fois, c’est Matt Reeves qui s’y colle, avec Robert Pattinson derrière le fameux masque et une galerie de personnages déjà croisés et re-croisés, de Catwoman au Pingouin, en passant par le Riddler en guise d’ennemi. On nous aura épargné le Joker<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, c’est toujours ça de pris, mais je dois bien dire qu’à l’annonce de cette affiche, ma première réaction a été : à quoi bon ? Après quasiment trois heures devant <em>The Batman</em>, je peux répondre : à rien. La plus grande réussite du projet est visuelle, avec un Gotham sombre comme on l’a encore jamais vu et une photographie magnifique. Mais ce bel écrin est au service d’une histoire d’un autre temps, sans aucun intérêt.</p>
<p><em>The Batman</em> opte pour un traitement de l’univers à mi-chemin entre celui de <a href="https://voiretmanger.fr/saga/batman/">Tim Burton</a> et celui de <a href="https://voiretmanger.fr/saga/batman-christopher-nolan/">Christopher Nolan</a>. Du premier, Matt Reeves a gardé les décors gothiques outranciers et les personnages hauts en couleur. Du second, cette nouvelle adaptation reprend le réalisme de la cruelle réalité, entre manigances politiciennes et mensonges à outrance. Ajoutez à cela une bonne pincée de Zack Snyder pour la pluie abondante et l’esthétique des combats. C’est une combinaison intrigante sur le papier, mais le résultat à l’écran donne surtout un fort sentiment de redite. Dès les premières minutes, le spectateur a l’impression d’assister à une tentative un peu vaine de relancer une franchise déjà usée jusqu’à la corde, sur un ton plus noir encore, mais sans avoir rien de nouveau à dire. Contrairement à l’excellent <em><a href="https://voiretmanger.fr/joker-phillips/">Joker</a></em> qui apportait un angle nouveau en faisant du traditionnel ennemi de Batman le personnage principal, il faut se contenter ici des mêmes histoires et des mêmes personnages, sans grande originalité. Catwoman est aussi maltraitée que par le passé, avec un personnage qui ne sert manifestement qu’à plaire au public hétérosexuel dans son rôle de soutien à Batman, alors même que Zoe Kravitz aurait pu lui offrir bien plus, pourquoi pas en l’impliquant dans une relation romantique avec son amie. Colin Farrell est méconnaissable dans le rôle du pingouin, la belle affaire : il n’apporte rien à ce rôle caricatural. Pas plus que John Turturro qui manque cruellement de subtilité dans son costume de mafieux, et ce n’est ni Jeffrey Wright dans le rôle du lieutenant Gordon, ni Paul Dano qui en fait des caisses dans celui du méchant, qui viennent sauver les meubles. Dois-je préciser que Robert Pattinson n’est pas génial dans le rôle titre ? L’acteur a su proposer des interprétations dignes d’intérêt chez d’autres cinéastes, mais il n’a rien à apporter ici et son personnage est de toute façon assez peu intéressant en règle générale.</p>
<p>Le plus grand mystère de <em>The Batman</em> est peut-être à chercher du côté de sa bande-originale. Le choix de Michael Giacchino est tout ce qu’il y a de plus banal, mais je me demande pourquoi est-ce qu’il a composé un thème principal aussi proche de la Marche impériale de John Williams ? Ce n’est pas une copie parfaite évidemment — imaginez le procès sinon… —, mais l’allusion est évidente, à telle point que l’on s’attend à voir débarquer Darth Vador, au lieu du justicier masqué. Ce choix forcément délibéré colle assez bien avec l’ambiance rétro choisie par Matt Reeves, au point de revenir à des véhicules thermiques bien audibles pour le personnage principal. Sur ce fond passéiste, le réalisateur tente de coller un petit peu maladroitement des thèmes contemporains, à base de désinformation et de complotisme. Le sujet méritait mieux que cette énième version d’un personnage usé jusqu’à la corde…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
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<li id="fn:1">
<p>Que les fans se rassurent, un petit clin d’œil à la toute fin laisse clairement entendre que son retour est envisagé. Soupir.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>See, Apple TV+ (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/see-apple-tv+-saison-3/</link><pubDate>Sat, 15 Oct 2022 22:15:50 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/see-apple-tv+-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/see-apple-tv&#43;-saison-3/see.jpeg">
        <p><em>See</em> ressemblait à un pari fou, mais <a href="https://voiretmanger.fr/see-knight-lawrence-apple-tv/">ses deux premières saisons</a> prouvaient que l’on pouvait bien envisager un univers entièrement composé d’aveugles sans perdre (trop) en crédibilité. Malgré quelques facilités, la création d’Apple TV+ parvenait à tenir la distance et j’avais hâte de découvrir la troisième et ultime saison. Malheureusement, ce n’est pas aussi bon. Tous les personnages principaux sont là et la trame narrative reste dans la lignée des seize épisodes précédents, mais Steven Knight et Francis Lawrence se perdent à mon sens en persistant sur une voie bien trop similaire à la précédente. Pendant huit épisodes, on assiste à un déferlement de violences dans une guerre sans grand intérêt, alors même que la suite la plus intéressante pour <em>See</em> était là, presque sous nos yeux. L’ultime épisode, quand tous les sacrifices ont été faits, dévoile ce qui aurait pu être la meilleure conclusion de la série, une ouverture sur un monde où la vue pourrait revenir. Mais quand cet aperçu arrive enfin, c’est déjà la fin : décevant.</p>
<p>Tout n’est pas à jeter dans cette troisième partie néanmoins. <em>See</em> imagine le retour des armes à feu dans son univers et en particulier des bombes, recréées par un trivantien qui force les enfants de Jeramael à les mettre au point et à les produire. Comme on peut s’en douter, ce retour de la poudre dans un univers revenu à l’époque médiévale est explosif (🙃) et offre à Trivantes un avantage indéniable sur toutes les autres nations. Mais au lieu de se concentrer sur la discussion légitime et passionnante sur les avantages et inconvénients de la vue qui permet aussi de recréer des horreurs du passé, les scénaristes préfèrent se focaliser sur la guerre. Il y a bien quelques péripéties annexes, mais l’essentiel tient dans l’affrontement entre les deux camps et même si je n’irai pas jusqu’à dire que je me suis ennuyé, je n’ai pas trouvé tout ceci bien intéressant. Pour ne rien arranger, <em>See</em> n’a jamais pris autant de libertés avec son postulat de départ et ses personnages aveugles sont toujours au bon endroit au bon moment et ils arrivent même à catapulter des bombes avec une précision folle, sans que l’on ne comprenne très bien pourquoi. La création d’Apple TV+ a toujours joué avec les limites de son concept pour rester divertissante et c’était bien normal, mais elle va clairement trop loin pour moi sur cette dernière saison, où l’effet de surprise a par ailleurs entièrement disparu.</p>
<p>C’est un petit peu bête de conclure cette très bonne série avec une saison aussi peu intéressante. Ça l’est d’autant plus que l’ultime épisode prouve que <em>See</em> aurait pu avoir une fin bien différente, en creusant du côté de la population voyante et en envisageant éventuellement un conflit plus ouvert avec les non-voyants. Il aurait fallu abandonner quelques personnages qui ont survécu longtemps, en particulier la reine Sibeth qui est censée mourir dix fois pendant cette saison, et sortir du conflit permanent avec Trivantes. Dommage…</p>
]]></description></item><item><title>Hideo Kojima, aux frontières du jeu, Erwan Desbois</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/hideo-kojima-frontieres-jeu-desbois/</link><pubDate>Fri, 14 Oct 2022 22:30:05 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/hideo-kojima-frontieres-jeu-desbois/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/hideo-kojima-frontieres-jeu-desbois/kojima.jpeg">
        <p>Après le cinéma et les séries, après la musique, la collection Playlist Society s’ouvre à un nouveau domaine : les jeux vidéo. Le dernier essai de ce petit éditeur s’intéresse à Hideo Kojima, un créateur de jeux japonais qui s’est fait connaître pour la série <em>Metal Gear Solid</em> et dont j’ignorais jusqu’à l’existence. Je connaissais ses jeux de nom, mais je n’ai jamais joué à un seul d’entre eux : autant dire que je n’étais pas le candidat idéal pour lire un livre à son sujet. Mais comme toujours avec cette collection, <em>Hideo Kojima, aux frontières du jeu</em> a réussi à me rendre ce sujet intéressant. Erwan Desbois, critique de cinéma, est parvenu à rendre tous ses jeux et sa carrière passionnants. À tel point qu’après avoir terminé ma lecture, j’ai envie de découvrir plus directement le travail de Hideo Kojima.</p>
<p>Il faut dire que le Japonais a eu une carrière intrigante. Il commence dans les années 1980 en posant les bases du jeu d’infiltration avec <em>Metal Gear</em>, dans lequel le but n’est pas de foncer dans le tas sans mourir, mais bien de passer les niveaux sans se faire voir et sans tirer. À l’époque, cette idée originale est une réponse géniale à une contrainte technique : le matériel ne pouvait pas gérer plusieurs ennemis à la fois et Hideo Kojima a pensé à ce concept où il faut les éviter, allégeant au passage la charge de travail de la console. Cette bonne intuition lance l’une des plus grandes sagas du jeu vidéo, jusqu’à <em>Metal Gear Solid 5</em> sorti au cœur des années 2010, mais aussi un créateur qui a toujours voulu bousculer les joueurs. C’est ce qu’Erwan Desbois retransmet bien en montrant comment chaque nouveau jeu est l’occasion de pousser le bouchon un petit peu plus loin. Le joueur est constamment manipulé, on lui fait croire à un mensonge ou on l’oblige à réaliser des actions pour de mauvaises raisons ou qui n’ont aucune importance. Au fil des années, alors que la technologie s’améliore, les cinématiques deviennent de plus en plus présentes et c’est un autre aspect fondamental de l’essai. Ce n’est pas un hasard si <em>Hideo Kojima, aux frontières du jeu</em> est écrit par un critique de cinéma : son sujet est comme un réalisateur, il met en scène une histoire qu’il a tissée sur près de quatre décennies et sept jeux différents. Toute la série née de <em>Metal Gear</em> est rassemblée par un même univers, des personnages que l’on croise à différents moments : c’est un tout cohérent, même s’il est parfois difficile de se retrouver dans les méandres de l’histoire, surtout quand on n’a pas joué soi-même. Malgré tout, l’essayiste met parfaitement en avant la cohérence de l’ensemble et aussi la volonté du concepteur des jeux de ne jamais rester sur ses acquis et de toujours évoluer, quitte à aller trop loin dans ses expérimentations. Quand la moitié d’un jeu est constitué de cinématiques ou alors quand il pousse trop loin l’expérimentation, avec une expérience trop « meta ».</p>
<p>Viré sans autre forme de procès du studio qui avait accueilli tout son travail depuis le premier <em>Metal Gear</em>, Hideo Kojima a été forcé de se réinventer en sortant <em>Death Stranding</em>. Le résultat est un jeu vidéo comme nul autre, un univers post-apocalyptique ouvert où l’objectif n’est pas de survivre en éliminant des survivants ou autre zombies. Erwan Desbois consacre un chapitre à cette dernière idée du créateur japonais et je dois dire que c’est aussi la partie qui m’a donné le plus envie de découvrir moi-même ses créations. Pourrait-on imaginer un meilleur argument pour <em>Hideo Kojima, aux frontières du jeu</em> ? Même si le jeu vidéo n’est pas votre tasse de thé, c’est une lecture que je recommande sans hésiter.</p>
]]></description></item><item><title>Return to Monkey Island</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/return-monkey-island/</link><pubDate>Thu, 13 Oct 2022 08:45:00 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/return-monkey-island/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/return-monkey-island/return-monkey.jpg">
        <p>Vous êtes à nouveau Guybrush Threepwood, pirate émérite ! Vingt-cinq ans après la sortie de <em>The Curse of Monkey Island</em>, plus personne n’attendait de suite pour la fameuse saga de jeux d’aventures lancée il y a plus de trente ans de cela avec <em>The Secret of Monkey Island</em>. Mais tout arrive, y compris un tout nouveau jeu — et non pas une énième « amélioration » graphique des originaux —, créé en outre par Ron Gilbert et Dave Grossman qui ont travaillé sur les premiers volets. <em>Return to Monkey Island</em> offre une nouvelle aventure pour le pirate ridicule et pour ses récits héroïques de loin, avec l’humour qui a fait tout le charme de la série. Après une brève introduction dans un parc d’attraction où des enfants jouent à reconstituer les premiers épisodes, vous incarnez à nouveau Guybrush et vous débarquez sur l’île de Mêlée pour une histoire qui vous fera croiser les pas de votre ennemi juré LeChuck, ainsi que ceux de votre chérie Elaine, mais également le vendeur de tout et rien Stan, le cartographe Wally, la gouverneure Carla et même ceux du crâne Murray (enfin, façon de parler).</p>
<p>Autant dire qu’avec un tel casting, il est préférable d’avoir un soupçon de nostalgie pour l’univers. Même si <em>Return to Monkey Island</em> n’est pas un remake et même si vous pouvez terminer ce nouveau jeu sans avoir jamais joué aux précédents épisodes, il regorge de références et de blagues qui ne fonctionnent que si vous aviez joué aux premiers jeux. Je dirais que le plaisir vient au grand minimum pour moitié de ces clins d’œil, car pour le reste, c’est un jeu d’aventures assez conventionnel et pas bien compliqué. Même en activant le mode difficile, ce que je recommande pour bénéficier de l’expérience complète, les énigmes ne sont jamais impossibles et surtout, il y a un mécanisme d’indices très bien pensé. À tout moment, vous pouvez ouvrir un livre dans votre inventaire et obtenir un indice pour vous aider à réaliser une tâche. Le premier est assez générique, mais vous pouvez demander des indices plus précis jusqu’à avoir la solution. Je ne me suis ainsi jamais trouvé bloqué trop longtemps, y compris des intrigues finales qui sont un petit peu plus complexes. Il faut avoir l’esprit aussi tordu que Ron Gilbert pour s’en sortir, mais avec un petit coup de pouce de temps en temps, vous devriez vous en sortir sans difficulté.</p>
<p>La contrepartie, c’est que le jeu n’est pas aussi long que je l’imaginais. Je l’ai terminé en dix heures, sans presser le rythme, mais sans perdre de temps non plus. Je m’attendais au départ à un petit peu plus, mais d’un autre côté, j’ai apprécié cette aventure et je ne suis pas sûr que l’étendre artificiellement était une bonne idée. <em>Return to Monkey Island</em> profite par ailleurs d’une réalisation impeccable, un sans faute tant visuel qu’audio, avec un mélange d’ancien et de nouveau. Les dialogues, avec un casting repris en grande partie à l&rsquo;identique, dont Dominic Armato qui interprète le personnage principal, ainsi que la musique originale composée par la même équipe que pour <em>The Secret of Monkey Island</em>, forment une bande-son nostalgique à plein. Les graphismes quant à eux sont modernes et riches, avec de délicieux dessins à la main que l’on peut admirer pendant tout le parcours. Ajoutez à cela une solide implémentation du « <em>point-and-clic</em> » et vous obtenez un excellent jeu d’aventures.</p>
]]></description></item><item><title>Surface, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/surface-apple-tv+/</link><pubDate>Mon, 10 Oct 2022 21:48:06 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/surface-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/surface-apple-tv&#43;/surface.jpeg">
        <p>Sophie a perdu la mémoire après avoir sauté depuis un ferry. Une tentative de suicide, lui disent son mari et sa psy, mais elle n’y croit pas, elle ne se voit pas dans cette femme qui décide un beau jour de sauter par dessus la rambarde d’un bateau. Quand un policier, avec qui elle a manifestement eu une histoire romantique, vient lui dire qu’il suspecte son mari, l’espoir naît d’une hypothèse crédible pour expliquer sa chute sans aller sur cette piste. <em>Surface</em> se construit autour de cette tension et de cette brillante idée d’une femme qui a perdu la mémoire et qui ne sait pas à qui elle doit accorder sa confiance. Elle réalise avec les informations apportées par le policier que son mari ne lui a pas dit toute la vérité, mais est-ce que son ancien amant n’a pas intérêt aussi à lui mentir ? Même la psy, qui semble résolue à lui faire reconnaître sa tentative de suicide et à éviter toute thérapie qui pourrait l’aider à retrouver la mémoire, paraît dès lors suspecte. Comment démêler le vrai du faux ? Et surtout, comment reconstruire son identité après un tel drame et sans avoir de personne de confiance ?</p>
<p>Toutes ces questions traversent la première saison composée de huit épisodes. La série créée par Veronica West pour Apple TV+ n’est pas un thriller haletant. Au contraire, elle parie sur un rythme assez lent qui lui permet d’adopter pleinement le point de vue de Sophie. On n’en sait pas plus qu’elle et le scénario nous perd de plus en plus, avec le sentiment de sombrer dans l’inconnu qui culmine sur l’avant-dernier épisode, quand c’est entièrement les paroles de l’un contre celles de l’autre. J’ai beaucoup apprécié cette manière d’entretenir le mystère jusqu’au bout, y compris dans l’ultime épisode qui contient quelques surprises sur lesquelles je ne m’aventurerai pas. Je ne sais pas si <em>Surface</em> aura réellement de quoi tenir la distance sur d’autres saisons et Apple n’a d’ailleurs pas renouvelé sa série dans la foulée, ce qui est souvent sa tactique. Il faut dire que la saison n’est pas parfaite non plus, les personnages secondaires ne sont pas toujours bien traités et il y a quelques facilités scénaristiques — ces fameuses clés USB que l’on peut brancher à n’importe quel ordinateur pour copier tout leur contenu — qu’Apple pourrait éviter. Malgré tout, Gugu Mbatha-Raw compose une Sophie convaincante et la saison tient en grande partie grâce à elle. Sans être une grande série, <em>Surface</em> compose ainsi un thriller original et intéressant.</p>
]]></description></item><item><title>Le Téléphone de M. Harrigan, John Lee Hancock</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/telephone-harrigan-hancock/</link><pubDate>Sun, 09 Oct 2022 21:21:03 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/telephone-harrigan-hancock/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/telephone-harrigan-hancock/telephone-harrigan.jpg">
        <p>Voilà un film qui aurait trouvé toute sa place sur Apple TV+, mais c’est Netflix qui a finalement raflé les droits de cette adaptation d’un roman court signé Stephen King. Pourtant, la vraie star n’est pas tellement Craig, ni même John Harrington, mais bien l’iPhone Edge qui joue un rôle clé dans l’intrigue. <em>Le Téléphone de M. Harrigan</em> est bien le tout premier téléphone conçu par Apple, alors qu’il venait de sortir et que tous les gens « cools » devaient en acheter un. C’est lui qui est au cœur de l’intrigue et même de l’image, avec une bonne documentation de la part des accessoiristes, qui ont reconstitué avec soin l’interface du système exploitation original que l’on n’appelait pas encore iOS. Les animations sont ratées comme souvent, mais le sens du détail fait plaisir à voir.</p>
<p>Je ne serais peut-être pas aussi positif sur le reste. <em>Le Téléphone de M. Harrigan</em> construit une idée intéressante, autour d’un lien <em>post-mortem</em> maintenu par iPhone interposés entre Craig et John Harrington. Le premier est un jeune lycéen qui vient lire régulièrement des romans chez le second, un milliardaire reclus dans un immense manoir bien vide et dont la seule distraction est ce lecteur, puis… un iPhone, encore lui. John Lee Hancock propose une adaptation assez classique, sans défaut, mais sans étoile non plus. Donald Sutherland est égal à lui-même et impeccable pour ce rôle de vieux plein de mépris, mais avec un grand cœur malgré tout. Jaeden Martell, que l’on a d’ailleurs <a href="https://voiretmanger.fr/defendre-jacob-bomback-apple-tv/">croisé récemment</a> dans une série Apple TV+, est bien trouvé pour Craig, l’acteur lui offre une aura de mystère qui convient parfaitement. Je suis plus circonspect sur le fond, cette haine affichée des smartphones semble un petit peu simpliste. Certes, ils sont largement responsables du développement de la désinformation et l’analyse du milliardaire est à cet égard assez juste, même si elle semble bien facile à faire <em>a posteriori</em>. L’ensemble manque toutefois de finesse et c’est à mon sens accorder à l’iPhone un pouvoir de nuisance bien trop grand.</p>
<p>Au fond, c’est peut-être pour cette raison que <em>Le Téléphone de M. Harrigan</em> n’aurait pas pu se retrouver sur Apple TV+…</p>
]]></description></item><item><title>The Strangers, Na Hong-jin</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/strangers-na/</link><pubDate>Sat, 08 Oct 2022 21:48:43 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/strangers-na/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/strangers-na/strangers-na.jpeg">
        <p><em>The Strangers</em> appartient à cette catégorie de longs-métrages qu’il est préférable de découvrir à l’aveugle, sans rien savoir à son sujet. Si vous aimez les histoires bizarres et que la violence visuelle ne vous effraie pas, je vous recommande de le regarder avant de revenir lire ce qui suit.</p>
<p>Na Hong-jin prend son temps pour déployer son troisième film, qui dure plus de deux heures et demi. Pour autant, ce n’est pas trop long, bien au contraire : l’ennui n’a pas sa place dans ce petit village reculé de Corée secoué par une série de meurtres d’une violence inouïe. <em>The Strangers</em> suit un policier du coin qui est caractérisé dès le départ par son manque de courage et sa bêtise. Le scénario ne fait pas dans la dentelle et frôle même avec la caricature avec son collègue encore plus idiot, mais c’est tout à fait intentionnel. Le cinéaste coréen ne cesse de brouiller les pistes pour nous plonger dans le noir, d’ailleurs littéralement dans plusieurs séquences. L’intrigue semble se former autour d’une enquête policière, mais c’est une fausse piste abandonnée progressivement en faveur de ce qui s’apparente à de l’horreur en mode zombies, à moins que ce soit du fantastique religieux à base d’exorcisme. Après tout, le long-métrage commence par une citation de l’Évangile selon Saint-Luc, mais la place de la religion catholique est moins déterminante qu’on le pensait initialement. Même le rôle de l’étranger évoqué dès le titre est confus : le « Jap’ » comme le surnomme les habitants est rapidement pris pour cible, mais est-il le meurtrier ou au contraire un protecteur ?</p>
<p>Jusqu’à la dernière minute, Na Hong-jin prend un malin plaisir pour brouiller les pistes et relancer plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Il ne faut pas chercher d’explications complètes, notamment pour la fin assez confuse à dessein. <em>The Strangers</em> ne peut pas se résumer en une ligne facile et il n’y a peut-être rien à comprendre, en tout cas, ce n’est pas l’essentiel. À cet égard, on est davantage dans le film d’ambiance, et quelle ambiance ! Poisseuse et humide, elle fait la part belle à des décors crades à souhait et elle devient de plus en plus étouffante au fur et à mesure que l’histoire avance. De quoi rendre fous les villageois qui hurlent et s’en prennent aveuglément à la cible facile. Même les nerfs du spectateur sont mis à rude épreuve et on sort déboussolé et lessivé, ce qui est sans doute le signe de la réussite de <em>The Strangers</em>.</p>
]]></description></item><item><title>Music for Animals, Nils Frahm</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/music-animals-frahm/</link><pubDate>Thu, 06 Oct 2022 21:45:40 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/music-animals-frahm/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/music-animals-frahm/music-for-animals.jpg">
        <p>Depuis que je l’ai découvert, je suis un vrai fan de tout ce que produit Nils Frahm. Si bien que je n’ai pas hésité et j’ai sauté sur le dernier album du musicien allemand, <em>Music for Animals</em>. Une dizaine de titres, voilà qui annonçait un album tout à fait classique… jusqu’au moment où je réalisais que sa durée totale dépassait les trois heures !</p>
<p>Nils Frahm n’est pas étranger aux titres qui s’étirent en longueur, mais c’est inhabituelement long, même pour lui. Pour autant, ce n’est pas <em>trop</em> long, loin de là. <em>Music for Animals</em> tourne en boucle dans mon casque depuis sa sortie et c’est une réussite totale à nouveau. La patte Frahm est indéniablement là, on reconnaît des mélodies ou des sonorités, mais il étend ses productions habituelles pour composer des morceaux qui dépassent facilement les 15 minutes et frôlent la demi-heure pour les plus longs. Il n’y a que des instruments comme toujours, on est dans l’électronique douce façon ambient et il faut accepter de se laisser porter. Les morceaux évoluent doucement, sans rupture, mais sans stagner non plus sur une seule idée et c’est un vrai délice de découvrir de nouveaux détails à chaque écoute. Et si les habitués reconnaîtront immédiatement le musicien berlinois, il faut noter qu’il n’utilise jamais de piano, l’un de ses instruments de prédilection habituellement.</p>
<p>Toutes les minutes de <em>Music for Animals</em> ne seront pas inoubliables, bien sûr, mais l’album est plus intéressante que la somme de ses 187 minutes. Je l’ai écouté près d’une dizaine de fois depuis sa sortie et ses boucles entêtantes m’envoûtent à chaque lecture. Je suis parfois distrait quand je travaille en parallèle, mais Nils Frahm parvient toujours à me faire revenir à un moment ou à un autre et le temps passe finalement bien plus vite qu’on pourrait l’imaginer au départ.</p>
]]></description></item><item><title>Landscapers, HBO</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/landscapers-hbo/</link><pubDate>Wed, 05 Oct 2022 22:15:30 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/landscapers-hbo/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/landscapers-hbo/landscapers.jpg">
        <p><em>Landscapers</em> se rajoute à l’interminable liste des <em>true-crime stories</em>, ces histoires vraies de tueurs. Mais la mini série créée par Ed Sinclair pour HBO et SkyAtlantic se distingue toutefois par le format. D’une part, elle est courte, avec quatre épisodes de moins de cinquante minutes. D’autre part, elle fait le pari assez étonnant d’une mise en scène baroque, où s’entremêlent tous les genres du cinéma classique et où le quatrième mur est régulièrement brisé. Le résultat surprend et rend même l’ensemble quelque peu confus, mais ce n’est pas grave. Portée par un duo d’acteurs exceptionnels, aidée par son format court, la série parvient à séduire par son ton décalé et ses partis-pris radicaux. Une curiosité que je recommande à tous ceux qui n’ont pas peur des expériences bizarres.</p>
<p>Je ne connaissais pas l’histoire des Edwards, un couple charmant, fan de cinéma qui vivait tranquillement en France jusqu’au jour où Christopher avoue avoir enterré ses beaux-parents dans leur maison, 15 ans auparavant. La question de leur culpabilité est centrale, puisque le couple maintient toujours son innocence et affirme que leur version de la réalité n’est pas un mensonge. À savoir que Patricia aurait tué son mari William, avant de provoquer sa fille Susan jusqu’au point où elle lui tire dessus. <em>Landscapers</em> rappelle au début de chaque épisode qu’ils clament leur innocence, mais n’essaient pas de le prouver. Il faut dire que les faits sont têtus et il y a de multiples indices qui prouvent que leur histoire ne tient pas la route. Mais au fond, ce n’est pas réellement ce qui intéresse Ed Sinclair. Il préfère passer du temps avec ses deux personnages principaux, qui forment un couple fusionnel lié par un amour absolu, mais qui vit aussi dans l’illusion constante des films du passé. D’où cette brillante idée de filmer des séquences à la manière de ces films : en noir et blanc comme dans une comédie romantique des années 1950, en Cinémascope façon western des années 1960, ou alors avec le teint verdâtre d’un film d’horreur. On passe constamment d’un style à l’autre et aussi d’une époque à l’autre, avec des flashbacks où les acteurs ne changent pas et sont à peine maquillés, mais où le thème visuel est différent.</p>
<p>L’ensemble est bariolé et parfois un peu confus, c’est vrai. Mais <em>Landscapers</em> tient la route, principalement grâce au talent de David Thewlis, impeccable dans le rôle de Christopher, et surtout d’Olivia Colman. L’actrice n’a plus besoin de prouver son savoir-faire, elle est exceptionnelle pour incarner Susan, entre fragilité et force, toujours motivée par l’amour aveugle qu’elle porte autant à son mari qu’aux films qu’elle regarde avec des yeux écarquillés. Avoir réussi à rendre ce couple avec autant d’humanité est vraiment le plus gros succès de cette série originale.</p>
]]></description></item><item><title>Kleo, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/kleo-netflix/</link><pubDate>Mon, 03 Oct 2022 21:20:48 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/kleo-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/kleo-netflix/kleo.jpg">
        <p><em>Kleo</em>, c’est en quelque sorte <a href="https://voiretmanger.fr/killing-eve-waller-bridge-bbc-america/"><em>Killing Eve</em></a>, façon Allemagne de l’Est. Cette nouvelle série allemande pour Netflix débute au cœur d’un Berlin déchiré par le mur de la Guerre froide, mais elle se déroule principalement en 1990, après la chute et juste avant la réunification. Une période charnière, qui aurait pu servir de cadre à un récit historique fort intéressant… sauf que ce n’est pas du tout l’ambition des créateurs de cette série. <em>Kleo</em> commence avec un panneau qui prévient qu’elle est basée sur une histoire vraie, mais que tout est faux et c’est un bon résumé de son état d’esprit. Les huit premiers épisodes qui composent la saison sont dans l’ensemble correctement placés dans l’espace et le temps, avec quelques personnages historiques ici ou là, mais ils n’ont jamais peur de s’éloigner d’une reconstitution réaliste et osent même s’affranchir de toute vraisemblance. C’est fun et assez léger, une vraie réussite !</p>
<p>Comme <em>Killing Eve</em>, <em>Kleo</em> repose en grande partie sur son actrice principale. À mi-chemin entre Elisabeth Moss et Florence Pugh, Jella Haase est excellente dans le rôle titre, elle instille le grain de folie que son personnage demandait, tout en étant parfaitement convaincante pour incarner une espionne de la Stasi. L’intrigue est presque secondaire, elle est néanmoins suffisamment soignée pour maintenir la tension sans discontinuer sur toute la saison. Et comme l’esprit général n’est pas sérieux, je trouve que les rebondissements un peu gros passent très bien. Après tout, on n’est pas ici dans un grand récit d’espionnage, on ne s’attend pas à une intrigue parfaitement ficelée et d’une complexité sans nom. Même si l’ensemble peut ainsi être un petit peu prévisible, je ne me suis jamais ennuyé et j’ai bien aimé cette intrigue pleine de drames et de (fausses) surprises. Mention spéciale à l’une des méchantes qui doit composer avec un handicap assez inattendu dans le monde de l’espionnage et qui fournit l’un de ces rebondissements prévisibles, mais qui restent malgré tout une bonne source de divertissement.</p>
<p>Carton plein pour ce délicieux délire d’espionnage germanique. <em>Kleo</em> est une série fort sympathique qui a le bon goût de ne pas se prendre trop au sérieux et qui est en outre délicieuse à regarder, avec des couleurs bien vives qui seront un bon test pour un écran OLED. Netflix l’a renouvelée pour une deuxième saison et je serai au rendez-vous pour la découvrir.</p>
]]></description></item><item><title>Presqu’île Saint-Laurent</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/presquile-saint-laurent/</link><pubDate>Sat, 01 Oct 2022 21:20:14 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/presquile-saint-laurent/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/presquile-saint-laurent/IMG_2350.jpeg">
        &lt;p>La presqu’île Saint-Laurent est située à 1 083 km de l’embouchure de Menton, ce qui est la longueur à vol d’oiseau la plus longue de la France continentale. Voilà pour la petite anecdote. L’endroit est aussi idéal pour une balade sur la côte au nord de Brest : vous ferez le tour en moins d’une heure et les paysages varient constamment, entre les (petites) plages qui suivent l’isthme, les rochers en bord de large et un intérieur avec fours à goémon et menhirs au choix. Au loin, le phare du Four et les spectaculaires vagues qui l’attaquent en permanence.&lt;/p>
</description></item><item><title>Dahmer : Monstre - L’histoire de Jeffrey Dahmer, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/dahmer-netflix/</link><pubDate>Wed, 28 Sep 2022 21:30:48 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/dahmer-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/dahmer-netflix/dahmer.jpg">
        <p><em>Dahmer : Monstre - L&rsquo;histoire de Jeffrey Dahmer</em> vaut mieux que cet interminable titre, heureusement. La dernière série créée pour Netflix par Ryan Murphy, accompagné de Ian Brennan avec qui il travaille régulièrement, s’intéresse à l’un des nombreux tueurs en série que compte l’histoire américaine récente. Jeffrey Dahmer a tué dix-sept victimes entre 1978 et 1991, tous des hommes jeunes et le récit de ses horreurs évolue entre cannibalisme, nécrophilie, viol et démembrement. L’horreur absolue, que la série choisit de présenter du point de vue non pas des victimes, mais du meurtrier, incarné par un Evan Peters en grande forme, comme toujours. Ce choix génère une gêne intense, surtout dans les premiers épisodes. C’est logique et normal, mais je vous conseille de persister, parce que l’objectif n’est pas de tomber dans le voyeurisme malsain et parce que les dix épisodes de la mini-série accordent une part croissante aux victimes et à l’enquête, ce qui dissipe la gêne ressentie au départ.</p>
<p>Les familles des victimes n’ont pas apprécié que Netflix sorte une série sans les prévenir et on peut évidemment comprendre leur douleur et la difficulté pour gérer un stress post-traumatique qui n’a certainement pas disparu une trentaine d’années après les faits. Néanmoins, <em>Dahmer : Monstre - L&rsquo;histoire de Jeffrey Dahmer</em> n’éclipse pas les victimes, même en adoptant le point de vue du tueur. J’ai trouvé au contraire que Ryan Murphy et Ian Brennan leur faisait une belle place, pas à tous avec la même force naturellement, il y en a trop pour cela. Mais ils prennent le temps de s’intéresser à plusieurs victimes, montrer qu’ils avaient une famille et une vie. Les scénaristes s’attachent aussi à la survie après les faits, comment on peut faire face à une telle horreur, comment survivre au quotidien. L’une des victimes est la voisine de pallier du meurtrier, qui a vécu pendant plusieurs mois en se plaignant régulièrement des odeurs de cadavres en décomposition qui venaient de l’appartement voisin et des bruits d’outils électriques qui retentissaient la nuit. Alors qu’elle a alerté sans cesse les responsables de l’immeuble et les autorités, elle n’a jamais été écoutée et Jeffrey Dahmer a pu multiplier les morts entre temps.</p>
<p>C’est d’ailleurs l’aspect le plus intéressant et aussi le plus triste de cette mini-série. <em>Dahmer : Monstre - L&rsquo;histoire de Jeffrey Dahmer</em> n’épargne pas la police ni son racisme. La voisine noire a beau appeler et alerter les forces de l’ordre, le meurtrier blanc est toujours celui qui parvient à convaincre. Même quand il prétend qu’un gamin de 14 ans à moitié nu, manifestement drogué et même blessé, est son copain qu’il doit ramener chez lui. Cette séquence est peut-être encore plus terrible que les reconstitutions de meurtres, car on sait le sort que Jeffrey Dahmer réserve à ce garçon quand les deux policiers le ramènent chez lui, bien décidés à ne pas regarder de trop près cette « histoire entre gays ». Et même quand le tueur en série a été arrêté, ces deux policiers suspendus par leur patron finissent par retrouver leur poste sous les applaudissements de leur collègue. Ils ont fait une erreur si grossière qu’elle est incompréhensible, mais ils en ressortent grandis. C’était au tournant des années 1990 et malheureusement, on sait bien que la situation ne s’est pas améliorée, au contraire même.</p>
]]></description></item><item><title>Illusions perdues, Xavier Giannoli</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/illusions-perdues-giannoli/</link><pubDate>Sun, 25 Sep 2022 21:18:25 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/illusions-perdues-giannoli/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/illusions-perdues-giannoli/illusions-perdues.jpg">
        <p>Adapter du Balzac, voilà qui n’est pas l’idée la plus originale qui soit. Xavier Giannoli compose un film d’époque en costume assez classique sur la forme, mais il parvient malgré tout à transmettre un message hélas bien trop moderne. Sa représentation de la presse corrompue et de la montée en puissance de la bourgeoisie qui commence à mettre la main sur la publicité et ainsi sur la principale source de revenus de cette presse, fait froid dans le dos tant elle trouve des échos avec l’actualité. C’était manifestement le principal élément que le réalisateur a retenu du roman et <em>Illusions perdues</em> est à cet égard très convaincant. Sans écarter entièrement les histoires d’amours de Lucien de Rubempré, il se concentre sur ce discours politique et c’est à mon sens l’élément le plus réussi de son adaptation.</p>
<p>Le long-métrage dure près de 2h30, ce qui lui permet de prendre son temps pour poser tous les personnages et la situation, même si ce n’est pas suffisant pour conserver toute la richesse du texte original. D’ailleurs, Xavier Giannoli ne conserve que sa vie à Paris, après une brève introduction à Angoulême et avant une encore plus brève conclusion sur son retour. <em>Illusions Perdues</em> oublie par ailleurs tout un pan du roman, puisqu’il n’est jamais question du Cénacle, cercle de jeunes intellectuels parisiens où Lucien débute dans la version de Balzac. Le réalisateur privilégie la vie de journaliste du héros, en se focalisant sur les critiques du roman contre le milieu de la presse. La manière dont le milieu de la culture paie pour ses propres critiques, négatives autant que positives, pour essayer de construire une polémique et vendre, que ce soit des livres ou des places de théâtre, est parfaitement déconstruite par l’adaptation. La puissance des journalistes à cette époque de la Restauration où la presse libre pouvait se faire une vraie place au soleil, est aussi bien démontrée. Comme je le disais, la modernité de la critique est assez troublante et c’est certainement ce qui a attiré le cinéaste.</p>
<p><em>Illusions perdues</em> ne fonctionnerait pas sans un casting à la hauteur du texte adapté. Benjamin Voisin, déjà croisé dans <a href="https://voiretmanger.fr/ete-85-ozon/"><em>Été 85</em></a>, manque de naturel dans son jeu un peu trop monolithique, mais heureusement que les acteurs autour de lui sont meilleurs. Mention spéciale à Vincent Lacoste, qui continue d’être épatant dans tous ses rôles et qui incarne ici un Étienne Lousteau tout simplement parfait. Je ne m’attendais pas à retrouver Xavier Dolan dans le film, mais sans surprise, le Canadien est lui aussi juste et excellent.</p>
]]></description></item><item><title>INSIDE</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/inside/</link><pubDate>Sat, 24 Sep 2022 21:40:12 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/inside/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/inside/inside.jpeg">
        <p>Vous débutez dans une forêt sombre, sans avoir aucune idée de ce qui se passe et de votre objectif. Le point de départ d’<em>INSIDE</em> est à cet égard très similaire à celui de <em><a href="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/far-lone-sails/">FAR: Lone Sails</a></em>, avec la même idée que les objectifs tout comme l’univers seront expliqués en temps et en heure, au fil de la progression. C’est aussi le même gameplay de base : l’enfant que vous incarnez peut avancer ou reculer, sauter et interagir avec des objets, et c’est tout. Les premières minutes, vous serez déboussolés et vous mourrez sans doute assez vite, attrapé par un garde ou leur chien, tombé au fond d’un trou.</p>
<p><em>INSIDE</em> déploie progressivement son univers d’une noirceur rare. Ce jeu d’aventures, qui intègre quelques éléments plus rares de plateforme, imagine en effet une sorte de dystopie entre camps de concentration et manipulations scientifiques qui ont transformé le reste de l’humanité encore vivante en zombies. C’est profondément noir, pas seulement parce que le jeu l’est visuellement, mais c’est aussi l’ambiance qui l’est, le message, les morts multiples… il faut se préparer à un choc émotionnel et le jeu créé par le bien nommé studio danois Playdead, n’est pas agréable à cet égard. Même si la solution inventive de quelques puzzles m’a fait sourire par endroit, j’ai trouvé l’ensemble aussi prenant que plombant. À vous de voir si vous n’avez pas trop peur de vous retrouver face à cette fin du monde désolée et sans véritable espoir. Il faut aussi noter toutefois que l’univers graphique déployé avec <em>INSIDE</em> est magnifique, avec un éclairage qui apporte quelques rayons de lumières et compose des scènes de toute beauté. Le noir peut être séduisant, en voici encore une preuve, mais c’est en réalité le fond qui plombe, davantage que la forme.</p>
<p>J’ai terminé <em>INSIDE</em> après un petit peu plus de cinq heures. Ce n’est pas un jeu long, mais c’est aussi bien ainsi. Je ne me suis jamais ennuyé, les développeurs ont l’imagination nécessaire pour renouveler constamment leurs puzzles et il y a constamment de bonnes idées en chemin. L’univers se déploie dans des directions que l’on n’imaginait pas, y compris sous l’eau. Le seul fort personnel que je ferai serait sur quelques passages qui nécessitent trop d’adresse et de rapidité à mon goût et qui ont failli me pousser à abandonner l’aventure en chemin. Mais il faut dire que je n’aime vraiment pas les jeux de plateforme, peut-être que le titre vous semblera au contraire trop léger dans ce domaine.</p>
]]></description></item><item><title>#Philo : Sapere aude, Movistar Plus+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/philo-sapere-aude-movistar-plus/</link><pubDate>Wed, 21 Sep 2022 21:40:33 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/philo-sapere-aude-movistar-plus/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/philo-sapere-aude-movistar-plus/philo-sapere-aude.jpg">
        <p>Netflix propose en France <em>#Philo : Sapere aude</em>, mais pas <em>#Philo</em> dont elle est dérivée. M’en rendant compte un petit peu tard, j’étais déjà bien avancé dans la première saison et j’avais accroché au concept. Après avoir vu les deux saisons, peut-être que je regarderai les trois originales, mais les deux séries sont au fond assez indépendantes. Et cette version dérivée commandée par la chaîne espagnole Movistar Plus+<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> s’est avérée en outre décevante, avec un tournant trop marqué sur la deuxième saison. La première s’impose avec un ton léger, évoque des étudiants en première année de philosophie qui débattent en cours de la façon la plus irréaliste qui soit et qui ont des relations amicales et amoureuses plus normales. Le personnage principal, Pol, sort d’une relation sexuelle avec son ami Bruno et il a du mal à accepter sa bisexualité. Son parcours est intéressant, avec une représentation positive de son orientation sexuelle, sans drame artificiel et sans tomber dans l’angélisme. L’ouverture de la série sur ces sujets était rafraîchissante, mais tout bascule après le huitième épisode.</p>
<p>La deuxième saison reprend avec un casting réduit et de nouvelles têtes pour compenser. L’acteur qui joue Bruno juge que son personnage a été maltraité, ce qui n’est pas totalement faux, et il n’a pas souhaité reprendre le rôle. Une actrice argentine est bloquée dans son pays à cause de la pandémie et elle ne peut pas participer au tournage. Mis bout à bout, ces changements ont forcé les scénaristes à réécrire et <em>‌#Philo : Sapere aude</em> a beaucoup perdu. La joie initiale est en outre écrasée par le choix d’introduire le SIDA, ce qui est à la fois un thème encore essentiel pour les gays et c’est à cet égard bien d’en parler, et un piège pour bon nombre de fictions qui s’enferment alors dans le prisme de la maladie. Les créateurs de la série tentent de l’éviter, sans y parvenir tout à fait et les épisodes sont plombés par cet horizon assombri. Toute la joie semble quitter la création de Movistar Plus+ et la restriction à 16 ans en raison de la présence de nudité et de sexe promise au début de chaque épisode semble bien ridicule. Il y avait pourtant de quoi faire dans cette deuxième saison, avec notamment le personnage de Dino et son bar, ou encore avec Axel qui aurait pu donner une belle histoire pour Pol. Mais non, tout semble interdit et c’est assez triste.</p>
<p><em>#Philo : Sapere aude</em> reste une série divertissante, surtout pour sa première saison. Ses personnages manquent parfois de finesse psychologique, mais le casting est excellent avec une mention spéciale pour Carlos Cuevas qui est parfait dans le rôle principal. María Pujalte dans le rôle de l’odieuse prof de philo est un poil caricaturale par endroits, mais son parcours est bien mené et elle l’incarne remarquablement. Le choix de la musique classique détonne et fait mouche, surtout dans la première saison où l’on s’attendrait à une bande originale plus moderne. Bref, il y a de bons éléments, mais je n’arrive toujours pas à comprendre comment la même équipe a pu réaliser deux saisons aussi différentes.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Ce n’est pas une erreur, c’est bien deux plus. Il fallait oser.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Trust, SOHN</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/trust-sohn/</link><pubDate>Mon, 19 Sep 2022 21:45:55 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/trust-sohn/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/trust-sohn/trust-sohn.jpg">
        <p>SOHN n’a signé que trois albums en douze ans de carrière, mais il n’en a raté aucun. <em>Trust</em>, le petit dernier, est tout aussi convaincant que les deux précédents, sur un rythme encore plus doux et avec une mélancolie encore plus marquée, mais toujours ce sens des mélodies qui m’a toujours plu chez lui. Ces treize nouveaux titres — dont deux transitions, par ailleurs aussi soignées que le reste — forment un ensemble assez court, une quarantaine de minutes, mais qui résiste parfaitement à la répétition des écoutes. Le musicien londonien, qui vit désormais entre l’Autriche et l’Espagne, nous fait également voyager à travers une série d’ambiances différentes, avec des sons électroniques qui côtoient la pop douce, voire de la folk sur l’excellent « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=vvHyLm_eOPI"><em>Riverbank</em></a> ». Ce mélange des genres a toujours été la marque de fabrique de SOHN et la recette est ici parfaitement amenée.</p>
<p><em>Trust</em> n’est pas un album particulièrement joyeux ou énergique, mais son ambiance majoritairement mélancolique ne mène pas à une écoute plombée pour autant. La voix de Christopher Taylor qui donne à SOHN une bonne partie de son identité sonore est aussi très belle et apporte une pointe de lumière, même quand le thème général paraît sombre. À cet égard, sa musique m’évoque celle de Bon Iver et je ne sais pas si je pourrais trouver meilleur compliment. Mon seul regret est peut-être la longueur trop courte et cette fin qui arrive trop vite. Mais quelle fin : « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=XxBsTu0vPCM"><em>Caravel</em></a> » termine l’album avec le chanteur seul et un piano, un titre fragile et magnifique. Et un petit peu avant ce final, je craque toujours sur « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=mG9eqWqapl4"><em>Segre</em></a> », qui n’est pas la chanson la plus compliquée du lot, mais qui me touche à chaque répétition de l’album.</p>
]]></description></item><item><title>Chef’s Table : Pizza, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/chefs-table-pizza-netflix/</link><pubDate>Sun, 18 Sep 2022 22:00:33 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/chefs-table-pizza-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/chefs-table-pizza-netflix/chef-table-pizza.jpg">
        <p>Depuis 2015, David Gelb continue de dresser des portraits splendides et un poil ampoulés de chefs. <a href="https://voiretmanger.fr/chef-table-gelb-netflix/"><em>Chef’s Table</em></a> a imposé une formule unique, avec une image plus soignée que dans la moyenne des documentaires, des ralentis magnifiques et des histoires de cuisiniers et cuisinières qui font la part belle aux récits personnels, plus qu’à leur cuisine. Faisant suite à sept saisons « classiques » où des chefs de tous les horizons se succédaient face à la caméra, la création de Netflix essaie de se diversifier en s’intéressant à des thématiques précises. Après <a href="https://voiretmanger.fr/chef-table-gelb-netflix/#bbq">le barbecue</a>, place cette année à… la pizza ! Le plat le plus populaire au monde méritait sans doute une saison entière et les six portraits sont inégaux, comme toujours, mais je reste un grand amateur pour les pépites qui débarquent à l’improviste.</p>
<p>Le premier épisode de la saison est aussi le moins intéressant et j’ai failli ne pas aller plus loin. Chris Bianco, pizzaïolo de Phoenix en Arizona, célébré comme le meilleur des États-Unis, mais qui réalise des pizzas au fond assez banales, à l’image des déclarations qui l’entourent. Restez néanmoins, car <em>Chef’s Table: Pizza</em> gagne en intérêt, avec deux tendances opposées. D’une part, en retournant aux sources à travers les portraits de deux italiens radicalement différents. Gabriele Bonci est un maître de la pizza romaine bien épaisse et généreuse, une star de la télévision et un cuisiner hors pair, qui utilise la pizza comme un support pour des produits frais, locaux et des associations originales. Franco Pepe représente la pizza napolitaine, mais depuis son village typique de Caiazzo, il ne respecte pas les traditions séculaires, il les explose avec virtuosité, à l’image de sa Margherita Sbagliata qui revisite le classique d’entre les classiques en laissant les tomates crues. Ces deux épisodes sont riches et passionnants grâce aux personnalités des chefs et aussi l’occasion de redécouvrir les racines de la pizza.</p>
<p>Mais comme toujours avec la création de David Gelb, <em>Chef’s Table: Pizza</em> intéresse encore davantage en sortant des sentiers battus. En évoquant le parcours de deux femmes qui se sont lancées dans la pizza presque par hasard, que ce soit Ann Kim à Mineapolis ou Sarah Minnick à Portland. Ce sont deux femmes très différentes, la première est issue de l’immigration coréenne qui s’est vue reniée par ses parents lorsqu’elle a commencé à travaillé en cuisine — de la prostitution à leurs yeux. La deuxième s’est mise devant un four à pizza parce qu’elle avait été déçue par plusieurs chefs et qu’elle voulait expérimenter ses propres idées. Ce que je retiens du duo, c’est leur liberté créatrice. Ann Kim met du <em>kimchi</em> sur ses pizzas et Sarah Minnick met en avant ses pizzas « sans conneries macho », avec des recettes végétariennes, jamais de sauce tomate et des associations jamais vues. Vous n’aimez pas la pizza avec de l’ananas ? Alors que diriez-vous du pourpier, des tomates fermentées ou même de… fleurs ? Sans carte fixe, elle s’inspire uniquement du marché et tente les idées même les plus folles, une vision trop rare dans le monde de la pizza.</p>
<p>Le clou du spectacle, comme souvent, est toutefois venu du Japon. L’épisode consacré à Yoshihiro Imai est le plus bluffant de tous. La pizza n’est pas le plat que l’on associe naturellement au pays, mais il en est tombé amoureux un petit peu par hasard lui aussi, en découvrant la simplicité de la recette pour faire du pain maison. Il a ouvert son propre restaurant à Kyoto et il est comme on peut l’imaginer : minuscule, avec une dizaine de couverts au maximum et une cuisine ouverte derrière laquelle le chef prépare toutes les assiettes. Et où se trouve un grand four à bois qui lui sert à cuire ses pizzas composées uniquement de produits frais et locaux. Il sort forcément des sentiers battus et propose des créations qui donnent envie, à l’image de cette pizza très simple aux champignons sauvages, ou cette autre à base de truites confites, ou encore une composée uniquement d’herbes. Il a même réinventé le concept de la cérémonie du thé, en remplaçant le riz par de la pizza.</p>
<p>En sortant ainsi des sentiers battus, <em>Chef’s Table: Pizza</em> ouvre des perspectives que l’on n’imaginait pas. Ça a toujours été la force de la série et cette saison ne m’a finalement pas déçu.</p>
]]></description></item><item><title>Freakout / Release, Hot Chip</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/freakout-release-hot-chip/</link><pubDate>Thu, 15 Sep 2022 22:15:55 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/freakout-release-hot-chip/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/freakout-release-hot-chip/freakout-release.jpg">
        <p>J’écoute Hot Chip depuis bien des années, depuis leur premier album sorti en 2005 en fait. Je ne dirais pas que je suis un fan absolu du groupe, d’ailleurs je découvre qu’il me manque une partie de leur discothèque dans ma collection en réalisant que leur dernière publication, <em>Freakout / Release</em>, est leur douzième. Mais j’ai toujours apprécié la musique produite par le groupe britannique, entre pop et électro, avec un côté dansant et léger qui est toujours bien présent dans les onze nouveaux titres. Comme tout le monde, la pandémie a laissé des marques et les paroles ne sont pas toujours aussi joyeuses que la musique peut le laisser entendre, en tout cas pas si l’on s’en réfère au morceau qui ouvre l’album, le très dansant « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=M8QdB1w-pXo"><em>Down</em></a> ». La suite peut être nettement plus sérieuse, à l’image du <a href="https://www.youtube.com/watch?v=2vod4AuRjZ4">titre éponyme</a> qui est peut-être le moins léger de l’histoire du groupe, indéniablement l’un de ses plus atypiques en tout cas.</p>
<p><em>Freakout / Release</em> n’est sans doute pas un grand album qui restera ancré en mémoire pour les décennies à venir. Mais après une bonne vingtaine d’écoutes ces dernières semaines, il tient encore la route et reste toujours aussi agréable. Ce mélange des genres, le son Hot Chip marqué notamment par la voix si typique d’Alexis Taylor font toujours leur effet pour moi. Et même si on reconnaît sans peine la sonorité et l’ambiance du groupe, ce n’est pas pour autant de la redite. Les évolutions se font par petites touches et on ne les note pas toujours d’une sortie à l’autre, mais ce dernier album n’a finalement plus grand-chose en commun avec le premier. C’est peut-être ça la clé de la longévité de Hot Chip, mais quoi qu’il en soit, je serai au rendez-vous pour le suivant.</p>
]]></description></item><item><title>Neumatt, SRF 1</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/neumatt-srf-1/</link><pubDate>Tue, 13 Sep 2022 21:14:05 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/neumatt-srf-1/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/neumatt-srf-1/neumatt.jpg">
        <p><em>Neumatt</em>, une série suisse diffusée par Netflix dans nos contrées, m’a surpris par sa densité. Dès le premier épisode qui commence avec le suicide d’un agriculteur endetté et le retour de mauvaise grâce de son fils qui avait tout fait pour quitter ce milieu, la création de SRF 1 m’avait happé et elle ne baisse pas de rythme avant la fin de sa première saison. Les scénaristes ont des dizaines d’idées pour ne laisser aucun temps mort et faire exploser cette famille qui vit depuis des années dans la rancœur et les mensonges. Ce dispositif n’a rien de gratuit toutefois, bien au contraire : Marianne Wendt a créé une galerie de personnages complexes et donc crédibles, ce qui lui permet d’aborder de nombreux sujets tout en leur laissant une vraie place pour évoluer. Malgré tout, la liste de péripéties et retournements de situation est impressionnante pour cette série qui semblait plutôt réaliste au premier abord. Je ne vais rien divulgâcher, naturellement, mais je ne m’attendais clairement pas à un tel rythme et à une telle intensité scénaristique.</p>
<p>L’épaisseur psychologique de tous les personnages, principaux comme secondaires, est assez bluffante, surtout quand on pense à la durée assez courte de cette première saison. <em>Neumatt</em> n’a pas besoin d’une longue durée d’exposition pour créer des personnalités réalistes, avec leurs certitudes et leurs contradictions. Le personnage de Michi est très intéressant et impeccablement incarné par 	Julian Koechlin : il a tout fait pour quitter la ferme familiale et devenir un homme aussi éloigné que possible de son père. Quand la série commence, il est une caricature de <em>business man</em>, il roule dans une grosse Audi, porte des costumes hors de prix et se vante constamment de son salaire. Mais ce fêtard qui carbure à la cocaïne a un parcours bien plus intéressant que ce qu’il laissait entendre initialement, avec une relation bien plus complexe qu’escompté à la ferme familiale. Jusqu’au bout, il reste impulsif et égoïste, mais ses faiblesses transparaissent aussi, notamment dans sa relation avec un collègue ou dans son histoire d’amour d’adolescence avec celui qui est devenu le vétérinaire du village, désormais marié et père de famille. Son frère Lorenz est une sorte d’inverse, il adore la ferme et surtout s’occuper des animaux, mais il gère très mal la pression et échoue face à un examen absurde où on lui demande de ressortir de la propagande grossière pour l’agriculture productiviste. Sa sœur, toujours traumatisée par son histoire difficile, peine à trouver une place dans cet environnement très masculin. Et sa mère, une agricultrice modèle qui ne rêve que de fuir. Ils sont tous justes et attachants avec leurs défauts, et c’est indéniablement le plus gros succès de <em>Neumatt</em>.</p>
<p>SRF 1 a renouvelé sa série pour une deuxième saison et je suis très curieux désormais de voir ce qui nous attend. Ces huit premiers épisodes sont passés à toute allure grâce à un scénario rythmé et surtout des personnages crédibles et attachants. J’espère que le scénario osera encore davantage aller sur le terrain agricole, en interrogeant par exemple la cruauté inhérente à la production laitière ou encore en évoquant la question du réchauffement climatique dans cet écosystème. Quoi qu’il en soit, je serai au rendez-vous, car cette saison de <em>Neumatt</em> est une belle réussite.</p>
]]></description></item><item><title>Thor : Love and Thunder, Taika Waititi</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/thor-love-thunder-waititi/</link><pubDate>Sun, 11 Sep 2022 21:46:25 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/thor-love-thunder-waititi/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/thor-love-thunder-waititi/thor-love-thunder.jpg">
        <p>Contre toute attente, Taika Waititi a convaincu chez Marvel avec son <em><a href="https://voiretmanger.fr/thor-ragnarok-waititi/">Thor: Ragnarok</a></em> qui se perdait dans un humour trop lourd et surtout destructeur de tout enjeu dramatique. Je n’avais pas tellement apprécié cette interminable succession de vannes pas fines et de décors kitsch, mais j’avais manifestement tort et le réalisateur est de retour avec une suite. <em>Thor: Love and Thunder</em> se cale après <em>‌<a href="https://voiretmanger.fr/avengers-endgame-russo/">Avengers: Endgame</a></em>, mais il reste suffisamment à l’écart de l’immense saga Marvel pour être regardé sans avoir les 28 (!) films qui précèdent. Et j’étais peut-être de meilleure humeur cette fois, mais j’ai trouvé que le résultat était plus réussi, sans être parfait pour autant, loin de là.</p>
<p>La différence, c’est sans doute l’orientation voulue par Taika Waititi, qui s’est lancé dans l’idée de glisser une comédie romantique au milieu de son blockbuster. <em>Thor: Love and Thunder</em> reste une énorme production hollywoodienne, n’y cherchez pas de subtilité ni même de complexité, mais il est vrai que l’intrigue amoureuse entre Thor et Jane Foster est bien écrite et apporter de la saveur au projet. Natalie Portman n’avait pas repris son rôle depuis le mauvais <em><a href="https://voiretmanger.fr/thor-le-monde-des-tenebres-taylor/">Thor: Le Monde des Ténèbres</a></em>, elle revient ici sous une autre forme en endossant les habits — au kitsch assumé — de Mighty Thor. Une bonne piste, qui permet au scénario de réinitialiser son histoire avec Thor et de pimenter quelque peu leur relation. Le cinéaste conserve par ailleurs un humour marqué et, j’ai trouvé, plutôt réussi. La séquence au début avec les Gardiens de la Galaxie est pleine d’auto-dérision et assez drôle, le Nouvel Asguard transformé en parc d’attraction est une belle trouvaille et le Zeus incarné avec délice par Russell Crowe est hilarant. Cette légèreté est astucieusement contre-balancée, à la fois par le sérieux de la relation amoureuse qui n’est pas traitée comme une évidence et qui est correctement menée, et surtout par un méchant bien traité pour une fois. Christian Bale est excellent dans ce rôle et son personnage conserve une trace d’humanité qui lui évite la caricature trop facile que l’on voit trop souvent dans ces films. Ajoutez à cela une diversité sexuelle hélas encore surprenante dans un Marvel, avec deux personnages ouvertement LGBTQ+<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, et vous obtenez un cocktail convaincant.</p>
<p><em>Thor: Love and Thunder</em> est entaché par quelques défauts néanmoins, à commencer par cette bizarre idée des enfants soldats sur la fin. Je ne sais pas d’où elle vient, mais ça ressemble à une fausse bonne idée comme Taika Waititi en a parfois et toute cette séquence finale avait un côté gênant qui m’a rappelé son <em><a href="https://nicolasfurno.fr/film/jojo-rabbit-waititi/">Jojo Rabbit</a></em>. Le bordel ambiant est un autre défaut, le projet part dans une multitude de directions différentes et semble s’y perdre par endroit. Quand on sait que la première version montée durait 4h30, on comprend un petit peu mieux. Il a fallu faire des coupes franches sévères et il n’est pas difficile d’imaginer que le projet en a pâti. Cela étant, j’ai trouvé ce <em>Thor: Love and Thunder</em> pas désagréable et c’est sans doute le meilleur de la série consacré au personnage. Ce n’est déjà pas si mal…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>L’inclusion de ces personnages est bienvenue, même si le réalisateur s’est peut-être emporté quand il a promis un film « super gay » pendant sa promotion. On sent bien que l’on reste dans les limites hyper contraignantes de Disney, mais Taika Waititi a pu les repousser un petit peu. Tout comme il a eu cette drôle d’idée des gerbes d’or pour remplacer le sang toujours tabou pour l’entreprise américaine : il fallait y penser.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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</div>
]]></description></item><item><title>Barry, HBO</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/barry-hbo/</link><pubDate>Sat, 10 Sep 2022 21:12:44 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/barry-hbo/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/barry-hbo/barry.jpg">
        <p>Un tueur à gages qui se découvre une vocation d’acteur lors d’un assassinat à Los Angeles : le point de départ de <em>Barry</em> est original et suffisamment barré<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> pour intriguer, mais après le pilote, j’avais un petit peu de mal à envisager qu’il puisse servir de fondation pour une série de trois saisons. Alec Berg et Bill Hader ont toutefois largement prouvé qu’ils avaient de quoi tenir la distance, en créant des personnages toujours loufoques, mais crédibles. <em>Barry</em> est une comédie aussi noire que délicieuse et qui a le meilleur parcours qu’une série peut rêver d’avoir : au fil des épisodes et des saisons, elle s’améliore. La première est très bien, mais quand on arrive à la troisième, on atteint le niveau des grandes séries, avec un humour absurde parfaitement maîtrisé et une mise en scène qui frôle avec les meilleures. HBO a renouvelé sa création originale pour une quatrième saison et même si l’histoire semblait toucher à sa fin, je suis sûr que les scénaristes sauront trouver les bonnes idées pour étendre leur univers.</p>
<p>Barry Berkman, ancien <em>marine</em> revenu d’Afghanistan avec de gros troubles psychologiques comme quasiment tous les soldats américains, s’est reconverti dans le meurtre commandité sous l’égide de Monroe Fuches, un vieil ami de la famille. Quand <em>Barry</em> débute, leur relation est bien établie et le tueur à gages s’est révélé excellent pour cette nouvelle carrière. Il est aussi froid et précis qu’un robot et il part sans hésiter à Los Angeles pour tuer un acteur en devenir, mais cette fois, il n’accomplit pas mécaniquement sa mission. Pour une raison qui reste mystérieuse, il suit sa cible dans un cours de théâtre et en sort transformé et perdu. Mais on n’abandonne pas si facilement ce genre de carrière et <em>Barry</em> se construit ainsi autour des tensions qui entourent sa décision d’arrêter de tuer. Sans compter qu’il se retrouve embarqué à son insu dans une guerre entre mafias tchétchènes et boliviennes, et qu’une détective de police suit ses actions de près.</p>
<p>Alec Berg et Bill Hader commencent presque sur le ton de la farce, comme un gag qui aurait du mal à durer plus d’un épisode ou deux. D’ailleurs, <em>Barry</em> a été conçu à l’origine comme un court-métrage et n’a été transformé en série que dans un deuxième temps. Ce pourrait être une faiblesse, cela devient sa force. Comme il faut durer, les scénaristes n’ont pas d’autres choix que d’être inventifs et j’ai rarement vu une série qui surprend autant. Quand on pense avoir deviné la direction générale, un événement vient tout dérailler brutalement et l’intrigue part dans une direction toute différente. En trois saisons et une vingtaine d’épisodes d’une demi-heure, l’évolution des personnages est frappante et les créateurs offrent à tous ceux qui survivent une épaisseur inattendue. Bill Hader est génial dans le rôle principal bien entendu, mais le casting est un sans faute et je retiendrai tout particulièrement deux noms. Sarah Goldberg est épatante de fragilité et de férocité dans le rôle de Sally et Anthony Carrigan est incroyable dans celui de Noho Hank, un mafieux tchétchène qui est aussi gay et qui a l’un des parcours les plus intéressants alors que tout portait à croire qu’il serait une caricature grossière.</p>
<p>La troisième saison hausse encore le niveau avec une mise en scène posée et soignée qui m’a évoqué <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/better-call-saul-amc-saison-6/"><em>Better Call Saul</em></a>. Pouvait-on imaginer meilleur compliment pour cette série qui commençait presque comme une blague ? Si vous aimez l’humour noir et une bonne dose d’absurde, ajoutez <em>Barry</em> à votre liste de lecture, vous ne le regretterez pas.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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]]></description></item><item><title>Sur ordre de Dieu, Hulu</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/sur-ordre-dieu-hulu/</link><pubDate>Fri, 09 Sep 2022 21:49:08 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/sur-ordre-dieu-hulu/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/sur-ordre-dieu-hulu/ordre-dieu.jpg">
        <p>Dans la famille des séries qui valorisent ce qu’elles devaient dénoncer, après <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/loot-apple-tv+/"><em>Loot</em></a>, je vous propose <em>Sur ordre de Dieu</em>. Cette adaptation d’un livre non-fictif qui mettait en parallèle les origines violentes de la religion Mormon et deux crimes au sein de la communauté Mormon est censée être une attaque en règle de cette religion américaine. Dustin Lance Black, son créateur ouvertement gay né dans ce milieu, savait pourtant de quoi il parle, mais il tombe dans un piège grossier et fini par valoriser la religion et son mode de vie rétrograde. Est-ce une demande de la part de FX ou Hulu qui ont commandé la série ? Quoi qu’il en soit, c’est une vraie déception, d’autant que ces sept épisodes souffrent de quelques longueurs et se perdent un petit peu dans les méandres de l’histoire, alors que l’intrigue policière peine à intéresser.</p>
<p>Le postulat de base est pourtant intéressant. Dans une petite ville de l’Utah où 99 % de la population est mormon, un horrible crime a été commis : une femme égorgée avec son bébé, quasiment décapité dans son berceau. Dans une communauté si homogène, ce crime d’une violence folle détonne et la police ne sait même pas comment le gérer, les policiers tombent comme des mouches sur la scène de crime et tout le monde est en état de choc. <em>Sur ordre de Dieu</em> débute sur ce décalage aux yeux de son personnage principal, le détective qui mène l’enquête et qui est lui aussi fervent croyant et pratiquant de la religion mormone. On comprend vite que ce meurtre n’est pas le fait d’un étranger, comme ils disent, mais d’un membre de la communauté et la religion elle-même devient rapidement le centre de l’attention. Dustin Lance Black semble ainsi se lancer dans une attaque en règle de cette culture rétrograde, qui asservit les femmes sous la coupe de leur mari au nom d’une divinité, une religion hypocrite qui évolue au grès des envies de ses soi-disant prophètes. Et en effet, il y a de multiples séquences historiques qui prouvent que la religion Mormon est née de la violence et du mensonge, des séquences qui culminent avec un massacre par pure cupidité, retenu dans les livres d’histoire officiels comme une légitime défense. Toutes ces séquences alourdissent quelque peu le scénario, en perturbant constamment l’enquête par des flash-backs assez lourds. Mais elles sont importantes pour replacer le contexte et rappeler les origines de la violence qui a mené aux deux crimes initiaux.</p>
<p>Avec de tels arguments, <em>Sur ordre de Dieu</em> devrait être un pamphlet cinglant contre le mormonisme. Paradoxalement, il n’en est rien. Certes, le personnage principal — incarné par un Andrew Garfield qui a toujours tendance à en faire trop et peine à offrir une prestation réaliste — a des doutes croissants. Mais d’une part, il lui faut bien trop longtemps pour se remettre en cause. Et surtout, il n’abandonne pas ses croyances et pis, la série justifie son maintien dans cette religion pétrie de haine. J’ai du mal à comprendre comment Dustin Lance Black peut encore soutenir les Mormons, lui qui a souffert pendant sa jeunesse de leur homophobie. Le résultat est là toutefois, il signe une mini-série qui ne les défend pas entièrement, mais ne les condamne pas non plus avec la fermeté attendue. Quel dommage, quelle occasion ratée.</p>
]]></description></item><item><title>Voodoo Detective</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/voodoo-detective/</link><pubDate>Thu, 08 Sep 2022 20:50:12 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/voodoo-detective/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/voodoo-detective/voodoo-detective.jpg">
        <p>Vous incarnez « Detective, Voodoo Detective », un détective privé qui pratique le vaudou et qui est embauché par une cliente amnésique. Votre travail consiste à l’aider à retrouver sa mémoire en menant l’enquête auprès des habitants d’une petite île tropicale envahie de touristes. <em>Voodoo Detective</em> est un jeu d’aventures à l’ancienne, avec son univers en deux dimensions dessiné à la main, son interaction basée uniquement sur un curseur et des clics, ses multiples dialogues et ses puzzles à résoudre. Dans la grande famille des « <em>point &amp; click</em> », celui-ci appartient par ailleurs au sous-genre humoristique, avec un personnage principal qui fait des traits d’humour, des personnages secondaires souvent ridicules et des solutions régulièrement loufoques pour les énigmes. Ce n’est pas très original et j’ai forcément pensé aux premiers jeux LucasArts, le mythique <em>The Secret of Monkey Island</em> en tête, mais est-ce un défaut pour autant ?</p>
<p>Dans ce genre assez bien défini désormais, <em>Voodoo Detective</em> est un jeu réussi, fun et même drôle par moments, pas trop difficile sans être trop simple pour autant. Il m’a fallu autour de cinq heures pour terminer l’aventure, sans me presser, mais en accélérant quelques dialogues qui peuvent être longs, même si je dois souligner que les interprétations des acteurs sont toutes excellentes. À ce sujet, il faut noter que le titre n’est pas traduit, tout est en anglais et même si vous pouvez lire des sous-titres, ils sont aussi en anglais. Si vous ne maîtrisez pas langue, vous passerez à côté du jeu et mieux vaut attendre qu’une hypothétique traduction arrive. Mais si ce n’est pas un problème et que vous aimez ces jeux d’aventures à l’ancienne, vous pouvez vous précipiter les yeux fermés, vous ne le regretterez pas.</p>
]]></description></item><item><title>Entretien avec un vampire, Neil Jordan</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/entretien-vampire-jordan/</link><pubDate>Sun, 04 Sep 2022 21:05:58 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/entretien-vampire-jordan/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/entretien-vampire-jordan/entretien-vampire.jpg">
        <p><em>Entretien avec un vampire</em> a fêté son vingt-huitième anniversaire cette année et cela se voit un petit peu. Visuellement, le film de Neil Jordan n’a pas trop mal vieilli pourtant, grâce à l’utilisation principale de maquillages à l’ancienne au lieu de trop compter sur les effets numériques qui étaient encore récents au début des années 1990, probablement trop pour un usage abusif. Il y a bien quelques effets spéciaux qui accusent le poids des années, mais l’ensemble se tient bien. En revanche, on ne ferait plus un long-métrage comme celui-ci aujourd’hui. Sa représentation de l’esclavagisme au XVIII<sup>e</sup> est au mieux naïve, sinon gênante. Et par la suite, les relations entre les vampires et les enfants auraient bien du mal à passer de nos jours.</p>
<p>D’un autre côté, c’est aussi ce qui fait l’intérêt du projet. <em>Entretien avec un vampire</em> est une œuvre empreinte de sous-texte qui ne peut pas être ignoré même s’il n’est jamais explicité et d’une morale que l’on ne saisit pas toujours, mais qui est crédible de la part de créatures immortelles qui ont vécu plusieurs centaines d’années. Comment passer à côté de l’homo-érotisme omniprésent pendant plus de deux heures ? La morsure d’un vampire est toujours un acte sexuel ou en tout cas sexualisé, et le choix de deux personnages masculins au centre de l’intrigue n’a rien d’innocent. Anne Rice, l’autrice du roman qui a été adapté ici en avait d’ailleurs conscience, elle avait écrit une version de l’histoire avec une femme à la place de Louis, incarné par Brad Pitt, pour offrir une version plus hétérosexuelle à Hollywood. Heureusement que Neil Jordan a gardé ces deux personnages masculins et le duo entre Louis et Lestat, interprété par Tom Cruise, fonctionne parfaitement. Quand la toute jeune Kristen Dunst, une dizaine d’années lors du tournage, débarque dans l’intrigue, elle complète cette famille atypique avec deux papas et une fille, tous vampires. C’est un choix au fond assez courageux quand on juge à la production actuelle, où les scénarios tranchent sans laisser de doute d’un côté ou de l’autre. Ici, on a deux hommes explicitement hétérosexuels qui ont une relation proche de la romance et le projet baigne dans cet homo-érotisme constant.</p>
<p>Malgré tout, il manque au projet la profondeur que l’on retrouvait manifestement plus dans le roman original. Tout le questionnement de Louis sur sa nature est bien présent en pointillés, mais ce n’est clairement pas le centre du film. <em>Entretien avec un vampire</em> préfère le filmer en train de brûler des lieux, une spécialité qu’il accomplit toujours avec entrain d’ailleurs, mais on aurait aimé en voir plus sur le fond. L’adaptation de Neil Jordan reste plaisante à regarder et même si la bande-originale d’Elliot Goldenthal a tendance à écraser les images par endroit, elle est parfaitement composée.</p>
]]></description></item><item><title>For All Mankind, Apple TV+ (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/for-all-mankind-apple-tv+-saison-3/</link><pubDate>Thu, 01 Sep 2022 22:25:44 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/for-all-mankind-apple-tv+-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/for-all-mankind-apple-tv&#43;-saison-3/for-all-mankind-3.jpg">
        <p>L’uchronie imaginée pour Apple TV+ se poursuit et après une première saison <a href="https://voiretmanger.fr/for-all-mankind-moore-nedivi-wolpert-apple-tv/">dans les années 1970</a>, une deuxième qui se déroulait <a href="https://voiretmanger.fr/for-all-mankind-moore-nedivi-wolpert-apple-tv/#2">dans les années 1980</a>, la suite prend place dans des années 1990 toujours plus fictives. Une femme est élue Présidente des États-Unis et Mars devient la cible de la Nasa américaine, de son homologue russe et de Helios, une entreprise privée qui décide de se lancer à son tour dans la conquête spatiale. De quoi permettre à <em>For All Mankind</em> de se hisser au rang de grande série qui lui avait échappé de peu jusque-là ? Raté, c’est même tout le contraire, avec ces dix épisodes qui ne trouvent aucune bonne idée pour les personnages et qui forment une saison interminable.</p>
<p>Il y a bien trop de problèmes dans cette troisième saison pour tous les énumérer. Le principal me semble être que la conquête martienne n’est désormais qu’une intrigue bien secondaire et sans intérêt. Alors même que <em>For All Mankind</em> avait réussi à rendre la relance de la conquête spatiale convaincante autour de la Lune, avec cette idée d’apporter la Guerre froide sur le satellite, la conquête martienne passe au second plan. Elle a beau être dans tous les épisodes, elle n’a pas tellement d’importance et les scénaristes semblent s’en désintéresser. Ils préfèrent étendre les intrigues personnelles et creuser les personnages, ce qui est en temps normal une bonne idée, mais qui a toujours été un point faible de la création d’Apple TV+. Hélas, ce n’est guère mieux ici, avec des intrigues sans intérêt et même téléphonées, des péripéties que l’on devine dès le départ ou pire, des rebondissements sans queue ni tête. Que dire de Karen, qui arrive à la tête d’une start-up en un claquement de doigt ? Ou alors d’Ed qui non seulement repart à nouveau dans l’espace, mais le fait avec sa fille et l’un des deux fils Stevens qu’il a quasiment adopté après la mort de ses deux parents à la fin de la saison précédente. Toute la famille est réunie sur Mars, de quoi générer quelques intrigues qui oscillent entre le convenu et l’ahurissant, ce qui est aussi le cas sur Terre d’ailleurs. Entre Margo et les Russes et l’autre enfant Stevens et les complotistes, on passe constamment d’un arc ridicule à une histoire improbable.</p>
<p>Tout cet édifice branlant serait pardonnable, si la série d’Apple ne se mettait pas en tête de devenir carrément rétrograde au passage. Alors qu’elle place à la tête du pays une lesbienne, <em>For All Mankind</em> décide de la faire républicaine, mariée à un gay avec qui elle a un enfant et transformée en un tour de main en une sorte de Thatcher américaine. Certes, elle change d’avis sur la fin, mais c’est bien trop tard et bien trop peu : cette saison laisse un goût amer, que cette fin qui célèbre la colonisation européenne du continent américain ne vient pas adoucir. Aucune mention des amérindiens, notoirement absents du casting d’ailleurs, on reste sur la glorification simpliste des États-Unis et sur une opposition toujours aussi bête avec l’URSS. J’attendais tellement plus de cette réécriture de l’histoire, quelle déception.</p>
]]></description></item><item><title>A boire et à manger, Guillaume Long</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/boire-manger-long/</link><pubDate>Wed, 31 Aug 2022 21:22:03 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/boire-manger-long/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/boire-manger-long/boire-manger.jpg">
        <p>On m’a offert <em>À boire et à manger</em>, <a href="https://voiretmanger.fr">forcément</a>, et j’ai découvert en même temps son auteur ainsi que <a href="https://www.lemonde.fr/blog/long/">le blog</a> qui porte le même nom et qu’il a ouvert en 2009 sur le site du <em>Monde</em>. Guillaume Long est un auteur de bandes dessinées et illustrateur dont j’ignorais jusqu’à l’existence avant d’ouvrir les premières pages de ce recueil qui rassemble des planches créées à l’origine pour le blog, puis pour cet ouvrage lui-même. Le résultat n’est pas une histoire cohérente d’un bout à l’autre, mais un rassemblement de planches variées avec en guise de fil narrateur, Guillaume Long lui-même. Son <a href="https://www.bubblebd.com/9emeart/bd/incontournables/angouleme-2014-l-interview-de-guillaume-long">objectif initial</a> était de « <em>donner envie aux gens de bien manger, et leur montrer que se faire à manger c’est facile, puisque moi j’y arrive</em> », et le résultat correspond bien à cette ligne directrice. On y trouve des astuces de cuisine, des explications sur des produits, mais aussi des recettes ou encore des récits de voyages centrés sur la gastronomie. Un petit peu de tout, avec une bonne dose d’humour à chaque fois.</p>
<p>Le résultat est inégal, mais <em>À boire et à manger</em> se lit toujours avec plaisir. Guillaume Long parvient à créer un bon personnage à partir du narrateur, une version certainement romancée de lui-même, et les blagues récurrentes forment un humour sympathique, toujours un petit peu potache. J’ai tout particulièrement apprécié la vanne récurrente de l’organisme de défense des légumes anciens, tandis que son amour de Burger King, à une époque où la chaîne de fast-food n’était pas encore revenue en France, est toujours l’occasion de bien rire. Les recettes qui égrènent les pages ne sont pas des plus originales, mais il y a de bonnes idées ici ou là, et surtout des conseils intéressants sur des techniques ou des produits. Mais ma lecture a été en partie gâchée par l’humour daté, pour ne pas dire vieux jeu, qui pointe régulièrement. Dans son rapport lourdingue aux femmes ou encore dans ses reproductions des accents, pour donner deux exemples, Guillaume Long accuse un petit peu de son âge. Cela reste bon enfant et le contenu est suffisamment amusant et enrichissant par ailleurs pour ferme les yeux sur les blagues les plus douteuses, mais cela a malgré tout ralenti ma progression et surtout limité mon enthousiasme.</p>
]]></description></item><item><title>Prey, Dan Trachtenberg</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/prey-trachtenberg/</link><pubDate>Sat, 27 Aug 2022 22:10:05 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/prey-trachtenberg/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/prey-trachtenberg/prey.jpg">
        <p>Après <a href="https://voiretmanger.fr/predator-mctiernan/">un premier volet</a> resté dans les annales comme un classique du cinéma d’action des années 1980, le personnage du Predator a laissé place à une série de navets tous plus ridicules les uns que les autres. C’est pourquoi l’annonce d’un nouvel opus dans cette saga bizarre avait de quoi me laisser indifférent et j’étais passé à côté de <em>Prey</em>, persuadé que sa sortie directement en streaming n’augurait rien de bon quant à sa qualité. J’avais tort, car le long-métrage de Dan Trachtenberg parvient à se hisser au niveau de l’originale et même le surpasser. Ne passez sous aucun prétexte à côté de cette excellente surprise.</p>
<p>Le concept est de reproduire l’affrontement originale entre la créature surpuissante et un humain, mais dans un tout autre contexte. <em>Predator</em> pariait sur la moiteur de la jungle sud-américaine, <em>Prey</em> se déroule dans les immenses espaces d’Amérique du Nord, au XVIII<sup>e</sup> siècle. Avant la naissance des États-Unis d’Amérique, quand les Amérindiens étaient encore les principaux habitants, mais bien après la découverte du continent par Christophe Colomb. Un choix intéressant, pour éliminer l’homme blanc de l’équation ou en tout cas le laisser en retrait. C’est une tribu Comanche qui doit affronter le Predator et c’est même une jeune femme qui mène la danse, un choix symbolique qui renforce le message de ce film résolument moderne et progressiste. Naru refuse les conventions de son temps, elle ne veut pas se contenter des cueillettes comme les autres femmes du village, elle veut chasser comme les hommes. Personne ne la prend au sérieux, même si son frère, le meilleur chasseur du clan, essaie de l’aider. C’est elle qui comprend en premier que ce n’est pas un ours qui menace la région, mais une créature bien plus dangereuse et c’est elle qui mène le combat final, remplaçant ainsi le personnage interprété par Arnold Schwarzenegger il y a trente-cinq ans. Le choix d’Amber Mindhunter, qui s’était déjà fait remarquer dans l’excellente série <a href="https://voiretmanger.fr/legion-hawley-fx/"><em>Legion</em></a>, est parfait pour incarner Naru. L’exercice était difficile, car les dialogues sont maigres et son interprétation doit reposer avant tout sur son jeu, mais l’actrice s’en sort sans aucune difficulté et elle apporte énormément au projet.</p>
<p>Quand <em>Prey</em> introduit finalement des hommes blancs dans l’équation, ce sont des braconniers français qui viennent décimer les troupeaux de bisons et qui sont d’une arrogance crasse face au Predator, ce qui leur vaut de tous mourir rapidement. Tout un symbole qui permet au long-métrage de se démarquer dans une saga beaucoup trop rétrograde dans ce domaine. Dan Trachtenberg a aussi l’intelligence de compter sur la compréhension des spectateurs et il ne perd pas son temps en exposition ni explications. À cet égard, on retrouve bien l’esprit de <em>Predator</em> et c’est aussi ce qui explique son succès. On est plongé dans une ambiance inquiétante, mais pas dans l’action brutale dès le départ, c’est une montée en puissance qui culmine dans un final jouissif. Le tout, sans recopier ce que John McTiernan avait inventé. S’il y a bien un passage dans la boue, c’est un clin d’œil qui n’a pas le même sens et notre héroïne trouve une autre manière pour disparaître aux yeux de son attaquant.</p>
<p>Face à un tel succès, le choix de ne pas sortir <em>Prey</em> dans les salles est une décision bien lâche de la part de Disney. J’étais ravi de pouvoir le regarder dans le confort de mon salon et la dalle OLED de mon téléviseur a été admirablement mis à profit par la photographie, mais je ne peux pas oublier que ce film d’action qui ne fait pour une fois pas appel à un héros blanc n’a pas été jugé digne du grand écran. Aussi scandaleux soit-il, ce choix ne doit pas éclipser le succès incontestable de <em>Prey</em>, une relecture brillante et même supérieure à mes yeux de <em>Predator</em>.</p>
]]></description></item><item><title>Creaks</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/creaks/</link><pubDate>Fri, 26 Aug 2022 21:42:44 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/creaks/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/creaks/creaks.jpg">
        <p>Vous commencez dans une petite chambre où vous découvrez un trou dans le mur. Derrière se cache un chemin, puis une échelle qui descend dans un étrange bâtiment en ruine et c’est là que votre aventure débute. <em>Creaks</em> est un jeu d’aventures au gameplay assez classique, mais qui se distingue d’emblée par son style travaillé, l’absence complète de dialogues et sa bande-originale soignée. Le studio Amanita Design s’est fait une réputation pour ses jeux qui parient avant tout sur une ambiance et celui-ci en est une parfaite illustration. Alors qu’il raconte une histoire autour d’une bête qui détruit un univers sous-terrain, il le fait sans une seule ligne de texte, tout comme il n’explique rien au joueur. Dans le même esprit de <em><a href="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/far-lone-sails/">FAR: Lone Sails</a></em> que j’avais aussi beaucoup apprécié, c’est à vous de déterminer ce que vous devez faire et comment avancer.</p>
<p><em>Creaks</em> vous impose de suivre un chemin unique, vous n’êtes pas dans un univers ouvert et vous n’avez ainsi aucune raison de vous perdre. En revanche, le titre est émaillé de puzzles, des tableaux à résoudre grâce à la logique et si vous n’y parvenez pas, vous n’avancerez pas. Vous croiserez assez vite un premier monstre, il y en aura des dizaines sur le parcours, avec des comportements variés, mais toujours un point commun : sous la lumière, ils se transforment en objets inoffensifs et même utiles. Mais les développeurs du jeu ne vous le disent pas, c’est à vous de le découvrir, tout comme vous devez comprendre à chaque énigme comment la résoudre. Les premières sont assez évidentes et elles se corsent au fil du temps, quand il faut faire interagir plusieurs monstres et avoir une vue d’ensemble pour réaliser des étapes dans le bon ordre. Ce n’est jamais trop compliqué, même s’il m’a souvent fallu plusieurs essais et quelques minutes pour comprendre comment m’en sortir pour plusieurs puzzles. J’ai beaucoup apprécié le renouvellement constant des niveaux, si bien que l’on n’a a jamais le sentiment de répéter constamment les mêmes actions. Dès que l’on maîtrise à peu près un monstre, <em>Creaks</em> nous fait découvrir un nouveau, avec de nouvelles règles à apprendre. Le dosage de nouveautés est vraiment excellent dans ce jeu, c’est un de ses plus gros points forts.</p>
<p>Toutes ces énigmes vous laissent le temps d’admirer un décor créé à la main de toute beauté et apprécier un univers riche et attachant. Vous commencez à jouer seul, mais vous découvrirez petit à petit plusieurs compagnons de route. Et entre les énigmes principales, vous pourrez aussi trouver des pièces cachées et tableaux qui renferment eux-mêmes quelques puzzles supplémentaires. Mis bout à bout, toute cette aventure demandera quelques heures pour être terminée. J’ai atteint la fin de <em>Creaks</em> sans me presser en huit ou neuf heures, ce qui me semble fort raisonnable pour le tarif demandé. Un excellent jeu, que je recommande chaudement à tous les amateurs du genre.</p>
]]></description></item><item><title>Black Bird, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/black-bird-apple-tv+/</link><pubDate>Thu, 25 Aug 2022 22:26:29 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/black-bird-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/black-bird-apple-tv&#43;/black-bird.jpeg">
        <p>Encore une histoire vraie, encore un crime à élucider… la catégorie « <em>true crime</em> » est si remplie que <em>Black Bird</em> part avec un gros désavantage. La série créée pour Apple TV+ gagne néanmoins en intérêt quand on creuse : cette histoire de trafiquant de drogue envoyé par le FBI dans une prison de sécurité maximale pour gagner la confiance d’un tueur en série soupçonné en quête d’informations est pour le moins intrigante. Suffisamment pour convaincre de se lancer, d’autant que la mini-série ne s’étale que sur six épisodes, c’est un long-métrage à peine prolongé, ce qui lui joue d’ailleurs des tours. La fin, en particulier, m’a semblé précipitée et le réalisme en pâtit. L’histoire de base est certes vraie, mais le coup du personnage clé en vacances au pire moment ressemble à une mauvaise idée des scénaristes pour provoquer une péripétie. La série créée par Dennis Lehane, surtout connu pour ses multiples romans adaptés au cinéma, essaie à mon avis d’en faire trop pour six épisodes seulement et aurait gagné soit à réduire son ampleur, soit à creuser davantage ses personnages.</p>
<p>En l’état, leur psychologie manque de finesse. C’est particulièrement visible pour le personnage principal, Jimmy interprété par un Taron Egerton qui a manifestement passé beaucoup de temps dans les salles de sport pour préparer ce rôle, mais qui a du mal à creuser son interprétation. Il passe un petit peu trop facilement du trafiquant de drogue sûr de lui au confident de tueur en série et on a du mal à croire en son personnage. Face à lui, Paul Walter Hauser est bien meilleur dans le rôle de Larry, le fameux tueur qui a réussi à se faire passer pendant des années auprès de la police pour un vantard incapable de tuer qui que ce soit. Il est aussi intelligent qu’il peut être socialement malhabile et même si <em>Black Bird</em> ne va jamais sur le terrain médical, il souffre visiblement de plusieurs troubles psychologiques qui sont plutôt bien rendus. Mais j’ai surtout apprécié le flou qui entoure ses actions : la série ne le désigne pas d’emblée comme coupable, au contraire même, elle entretient le doute pendant longtemps sur sa culpabilité. C’est intéressant et assez original, même si les six épisodes forcent les scénaristes à rapidement couper court à cette période de doute.</p>
<p>Le manque de profondeur est un problème, la vision rétrograde de tous les personnages en est un autre. <em>Black Bird</em> se déroule dans les années 1990 et semble initialement dénoncer la bêtise généralisée de tous les habitants, criminels comme policiers, hommes comme femmes. C’est précisément parce que les forces de l’ordre ne trouvent pas les histoires de Larry si choquantes, du moins tout ce qui ne concerne pas le meurtre. Même l’agente du FBI en charge du dossier n’est pas choquée quand le consentement est remis en cause, perpétuant une longue tradition sexiste que Dennis Lehane semble alors dénoncer. Mais est-ce le cas ? J’avais envie de croire que oui, sauf que cette dénonciation reste implicite et elle est même remise en cause par cette séquence à la toute fin où le personnage principal semble prolonger cette habitude délétère. Ce n’est pas du tout un domaine où l’on attend à une vision aussi trouble et j’espère <em>vraiment</em> que ce n’est que de la maladresse de la part de la série…</p>
]]></description></item><item><title>La Flamme, Canal+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/flamme-canal+/</link><pubDate>Tue, 23 Aug 2022 22:14:58 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/flamme-canal+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/flamme-canal&#43;/flamme.jpg">
        <p>Remake d’une série américaine, <em>La Flamme</em> repose entièrement sur un concept : c’est une parodie de télé-réalité dans l’esprit de <em>‌Bachelor, le gentleman célibataire</em>. Je n’ai jamais regardé un seul épisode de cette émission, mais j’ai déjà regardé d’autres télé-réalités, ce qui est suffisant pour ne pas passer à côté de cet univers si particulier. Si vous n’en avez jamais regardé, je ne suis pas sûr que vous apprécierez l’humour déployé par Jonathan Cohen, ou en tout cas, vous passerez sûrement à côté d’un bon nombre de clins d’œil parodiques. Tous les codes du genre ont été repris, le présentateur très sérieux interprété par Vincent Dedienne, le suspense en fin de chaque épisode pour éliminer une candidate, les confessions face caméra, la musique… c’est presque un clone. Pour un peu, on pourrait oublier que <em>La Flamme</em> n’est qu’une parodie, ce qui pourrait presque être son plus gros défaut. Il faut accepter ce cadre de télé-réalité quasiment au premier degré et passer outre pour pouvoir apprécier la création de Canal+.</p>
<p>L’humour vient surtout de la surenchère, avec des personnages qui sont tous des caricatures assumées. Cela commence avec le candidat, que Jonathan Cohen interprète lui-même et qui est un en-pilote bête comme ses pieds, sexiste, égocentrique, imbu de lui-même et surtout vraiment idiot. Il ne comprend rien à rien, prend tout ce qu’on lui dit littéralement et passe à côté des situations les plus évidentes, que ce soit la grossesse d’une candidate, la transexualité d’une autre ou encore l’homosexualité d’une troisième. Le comédien est parfait dans ce rôle qu’il tient jusqu’au bout sans flancher. Autour de lui, le casting rassemblé par <em>La Flamme</em> est également à la hauteur, les actrices jouent toutes le jeu et se donnent à plein dans leurs personnages, aussi absurdes soient-ils. Mention spéciale à « Chatalere », c’est un prénom italien, mais toutes ces candidates résumées à une seule idée tiennent la route. C’est le principe des télé-réalités d’offrir des caractères simples et faciles à retenir, si bien que la série de Canal+ n’essaie même pas de composer des psychologies vaguement crédibles. Tout est fait pour enchaîner les gags toujours plus forts, qui ne tombent pas toujours juste, mais qui m’ont fait éclater de rire à plusieurs reprises. À cet égard, <em>La Flamme</em> a parfaitement rempli son office.</p>
]]></description></item><item><title>Locke &amp; Key, Netflix (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/locke-key-netflix-saison-3/</link><pubDate>Mon, 22 Aug 2022 21:44:02 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/locke-key-netflix-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/locke-key-netflix-saison-3/locke-key-saison-3.jpg">
        <p>Suite et fin pour <em>Locke &amp; Key</em>, une série sympathique, mais qui n’a jamais réussi à entièrement briller <a href="https://voiretmanger.fr/locke-key-hill-netflix/">dans ses deux premières saisons</a>. La faute à des personnages trop superficiels et surtout des facilités scénaristiques trop grossières. Malheureusement, la troisième saison ne redresse pas le tir. Heureusement, c’est aussi la dernière pour la création de Netflix, qui a tout juste su rester divertissante jusqu’au bout.</p>
<p>Pour cette conclusion, on prend les mêmes et on recommence. Les scénaristes tentent bien d’introduire un petit peu de diversité, notamment en forçant Tyler à oublier la magie au départ, mais comme prévu, les choses reviennent rapidement tout comme avant et <em>Locke &amp; Key</em> ne se renouvelle quasiment pas. Ce n’est pas plus mal au fond, car les ajouts ne sont pas très intéressants, notamment les clés découvertes dans cette saison qui manquent de mordant. Je veux dire, une clé qui génère une version réelle d’un dessin et qui permet aux personnages de se tirer des situations les plus critiques bien trop aisément ? Voilà encore une ficelle scénaristique qui est bien trop évidente et enlève tout enjeu dramatique. Ne parlons pas de Bode qui perd son corps alors qu’il est un fantôme et parvient à revenir via… un oiseau. C’est brouillon et pas bien passionnant, ce qui est dommage, car l’univers imaginé par Joe Hill est intéressant, comme en témoigne tout le passage dans les souvenirs d’un personnage alors qu’il meurt. C’est une séquence originale pour le coup et bien menée. Peut-être qu’il aurait mieux valu ne pas tant se focaliser sur les adolescents — les acteurs étant tous bien plus vieux que leurs personnages de toute manière — et creuser davantage l’horreur qui reste ici bien légère. <em>Locke &amp; Key</em> n’a jamais pu atteindre ce niveau, tant pis.</p>
]]></description></item><item><title>Moffie, Oliver Hermanus</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/moffie-hermanus/</link><pubDate>Sun, 21 Aug 2022 21:13:19 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/moffie-hermanus/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/moffie-hermanus/moffie.jpeg">
        <p>Imaginez l’enfer du service militaire sud-africain en pleine Apartheid, ces quelques mois pendant lesquels tous les jeunes hommes devaient risquer leur vie pour un régime raciste rétrograde. Maintenant, imaginez qu’un jeune gay se retrouve au milieu de cet environnement rigoriste et profondément homophobe. C’est tout le sujet de <em>Moffie</em>, qui suit le parcours de Nicholas, alors qu’il découvre son attirance pour les garçons dans l’un des pires contextes qui soit. Oliver Hermanus adapte un roman autobiographique écrit par André Carl van der Merwe et il choisit de bloquer sa caméra sur le point de vue de son personnage principal. Un choix évident et payant quand le spectateur est confronté, comme Nicholas, à la violence absolue de l’homophobie qui règne dans ce camp.</p>
<p><em>Moffie</em> ne s’arrête pas à ce sujet toutefois, le long-métrage s’attaque aussi aux horreurs de l’Apartheid et surtout décortique méthodiquement la toxicité masculine érigée en doctrine. Le régime sud-africain du début des années 1980 considère que les garçons deviennent des hommes à l’armée, à condition de les traiter comme des moins que rien, de les martyriser psychologiquement et même physiquement et surtout de leur inculquer les « bonnes valeurs », à base de racisme anti-noir et de haine du communisme. La haine de l’homosexualité est glissée au passage, la religion n’étant jamais loin pour justifier les actions intolérables de ces hommes qui vivaient dans un fantasme passéiste. L’ensemble est terrifiant et parfaitement rendu, tout en ménageant presque par miracle une place pour la romance. J’ai trouvé Kai Luke Brümmer très juste dans le rôle de Nicholas, qui se sait gay depuis l’enfance, mais qui a déjà été terrorisé par cette société viscéralement homophobe et qui sait ainsi à quoi s’en tenir. Malgré tout, il parvient à trouver non pas l’amour, mais un espoir. Sans tomber dans l’angélisme facile, Oliver Hermanus choisit de ne pas rester non plus dans la noirceur absolue avec cette touche de lumière sur la fin. Elle est d’autant plus la bienvenue que le film n’épargne pas les horreurs de la guerre, ni son absurdité, à l’image de cette séquence d’attaque incompréhensible et inutile.</p>
<p><em>Moffie</em> ne révolutionne pas le genre, mais le projet n’en est pas moins important. Les faits évoqués n’ont qu’une quarantaine d’années et on aurait tort d’oublier qu’à cette époque, on pouvait traiter un homme moins que rien parce qu’il n’avait pas la peau blanche ou parce qu’il avait le tort d’aimer les hommes. Et au-delà de ces faits historiques, on ne rappellera jamais trop souvent la stupidité de la guerre et des entraînements militaires ridiculisés il y a bien des années de cela <a href="https://voiretmanger.fr/full-metal-jacket-kubrick/">par Stanley Kubrick</a>.</p>
]]></description></item><item><title>Brooklyn Nine-Nine, NBC (saison 8)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/brooklyn-nine-nine-nbc-saison-8/</link><pubDate>Fri, 19 Aug 2022 21:45:17 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/brooklyn-nine-nine-nbc-saison-8/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/brooklyn-nine-nine-nbc-saison-8/brooklyn-nine-nine-8.jpg">
        <p><em>Brooklyn Nine-Nine</em> fait ses adieux avec cette huitième saison, la NBC avait prévenu <a href="https://voiretmanger.fr/brooklyn-nine-nine-goor-schur-fox/#7">dès la précédente</a>. Les scénaristes savaient ainsi à quoi s’attendre et cela se voit. Alors que l’excellente sitcom créée par Dan Goor et Michael Schur avait tendance à patiner un petit peu sur les dernières saisons, peut-être par peur de trop évoluer, c’est la fin et tout est permis. En premier lieu, affronter la question difficile de la place de la police dans la société (américaine), un sujet fort justement placé au cœur de cette brève conclusion. Comment faire rire avec des policiers après George Floyd, semble être la question posée et la série y répond avec une réponse terrifiante sous son costume de sitcom : en démissionnant.</p>
<p>Je ne veux pas révéler les quelques secrets qui pimentent les dix derniers épisodes. <em>Brooklyn Nine-Nine</em> offre un regard sans concession et déprimant sur la situation de la police, corrompue jusqu’au sommet à cause d’un système qui protège les policiers envers et contre tout. En ajoutant le personnage du syndicaliste, les scénaristes trouvent une bonne manière de faire rire, tout en critiquant dans chaque scène ou presque ce système pourri. Les policiers peuvent faire le pire, tuer des innocents et mentir sans vergogne, ils ne seront jamais inquiétés. Et la sitcom ne se défile pas avec une pirouette humoristique pour évacuer le sujet : même quand elle multiplie les pitreries et clins d’œil en guise d’adieu, la question revient sans cesse, tout en ménageant des pauses comiques. J’ai trouvé cet équilibre remarquable et beaucoup apprécié cette ultime saison, qui permet aussi de dire adieu à des personnages si attachants. Même si <em>Brooklyn Nine-Nine</em> n’a pas toujours été à son meilleur niveau, la sitcom créée par la FOX reste l’une des plus drôles et touchantes que j’ai pu voir.</p>
]]></description></item><item><title>Better Call Saul, AMC (saison 6)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/better-call-saul-amc-saison-6/</link><pubDate>Wed, 17 Aug 2022 21:21:55 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/better-call-saul-amc-saison-6/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/better-call-saul-amc-saison-6/better-call-saul-saison-6.jpg">
        <p>Sept ans après la diffusion de <a href="https://voiretmanger.fr/better-call-saul-gilligan-gould-amc/">sa première saison</a>, <em>Better Call Saul</em> trouve sa conclusion avec treize nouveaux épisodes. Quand Vince Gilligan et Peter Gould ont lancé cette série qui retrace l’histoire d’un personnage secondaire de <a href="https://voiretmanger.fr/breaking-bad-gilligan/"><em>Breaking Bad</em></a>, j’étais loin de penser qu’il y aurait suffisamment d’idées pour tenir six saisons. Et pourtant, c’est indéniablement le cas : ce <em>spin-off</em> n’a cessé au fil des années de me surprendre, atteignant et même surpassant le niveau  de l’originale, notamment sur son cœur, avec les saisons <a href="https://voiretmanger.fr/better-call-saul-gilligan-gould-amc/#3">3</a> et <a href="https://voiretmanger.fr/better-call-saul-gilligan-gould-amc/#4">4</a> qui resteront à mon sens les meilleures. Avec la cinquième et surtout cette sixième et ultime saisons, <em>Better Call Saul</em> termine de faire le pont avec <em>Breaking Bad</em> et va même au-delà, en concluant pour de bon le parcours de Saul Goodman, avocat véreux et salopard au grand cœur. C’est peut-être plus contraint par les liens qu’il faut bien tisser avec la première série AMC, mais ne boudons pas notre plaisir : c’est impeccablement mis en scène, parfaitement bien joué et surtout remarquablement raconté.</p>
<p>La cinquième saison se terminait sur l’attaque ratée contre Lalo Salamanca, la sixième reprend au même point et suit pendant quelques épisodes la fuite de Nacho Varga face à la colère du cartel. En parallèle, Saul et Kim travaillent ensemble pour détruire la réputation de Howard Hamlin, creusant encore l’étrange histoire d’amour entre les deux avocats qui a traversé toute la série. Ces deux arcs semblent avancer en parallèle, mais ce n’est qu’un leurre, comme Vince Gilligan et Peter Gould savent si bien les exploiter. Ils occupent en tout cas toute la première moitié de cette conclusion, séparée en deux parties bien distinctes. <em>Better Call Saul</em> a toujours joué sur plusieurs plans temporels, l’essentiel se déroulant avant <em>Breaking Bad</em>, mais depuis la première saison, de mystérieuses séquences en noir et blanc évoquaient le futur du personnage. Au passage, quel talent d’avoir conçu toute la série d’un bloc et anticipé cette fin dès le pilote ! La saison a ainsi la lourde tâche de faire lien des deux côtés, en piochant même dans l’historique des deux séries pour ajouter quelques flashbacks recréés aujourd’hui. Quelle surprise de revoir Walter White et Jesse Pinkman, interprétés par des acteurs qui ont bien vieilli depuis le tournage original — c’est surtout sensible pour le plus jeune, qui n’a plus rien d’un étudiant évidemment —, mais le savoir-faire et surtout le soin extrême des deux créateurs sauvent ces séquences du ridicule. Sur ce point, je dois encore saluer le travail exceptionnel de	Bob Odenkirk qui parvient à interpréter les différentes versions de son personnage avec un naturel confondant, alors que l’acteur a bien vieilli depuis l’ère <em>Breaking Bad</em>. D’un plan à l’autre, on évolue entre trois époques différents et trois personnages qui le sont aussi, avec un jeu toujours remarquablement juste. Toute la fin ne repose plus que ses épaules et jusqu’au bout, son jeu est impeccable.</p>
<p>Terminer une série après six saisons, et surtout un univers complet quatorze ans après son apparition à la télévision, n’est jamais tâche facile. Je dois dire que l’histoire imaginée par les scénaristes de <em>Better Call Saul</em> est excellente, aussi simple qu’ingénieuse. Simple bien sûr, car il n’est pas question de terminer sur une fin ouverte, un <em>cliff-hanger</em> qui relancerait la série avant la saison suivante. Le choix du parcours de Saul Goodman est à cet égard logique, ce qui ne l’empêche pas de ménager quelques surprises. Ingénieusement, Vince Gilligan et Peter Gould continuent de nous mener en bateau, faisant croire à une fin quand leur objectif était tout autre. Ils savent ménager leurs surprises jusqu’au bout, sans pour autant tomber dans la surenchère. Et que dire de ce plan quasiment à la toute fin, où Saul et Kim s’adossent à un mur éclairé sur le côté pour fumer une cigarette, reproduisant presque à l’identique un plan du tout début de la série ? C’est tout le talent de <em>Better Call Saul</em> : une série brillante, sans jamais le souligner.</p>
]]></description></item><item><title>Sandman, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/sandman-netflix/</link><pubDate>Mon, 15 Aug 2022 21:33:33 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/sandman-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/sandman-netflix/sandman.jpg">
        <p>Avant d’être une série portée par Netflix, <em>Sandman</em> était un roman graphique de Neil Gaiman publié dans les années 1990. Voilà qui avait d’emblée de quoi attirer mon attention : l’auteur prolifique a toujours le don pour signer des œuvres fantastiques originales et qui peuvent donner d’excellentes adaptations en série, comme <a href="https://voiretmanger.fr/american-gods-fuller-green-starz/"><em>American Gods</em></a> a pu en témoigner. Bonne pioche : les dix épisodes de la première saison sont réjouissants par leur capacité à jouer avec des personnages ou concepts bien connus, mais en leur offrant un point de vue décalé qui les rend plus intéressants. Même si la série de Netflix souffre de quelques défauts, elle est particulièrement plaisante et donne envie d’en voir plus.</p>
<p>Autant commencer par les défauts : <em>Sandman</em> souffre à mon sens principalement de sa volonté de trop en faire. J’imagine la complexité du roman graphique sorti de l’imagination fertile de Neil Gaiman, mais les scénaristes auraient mieux fait de se concentrer sur un moins grand nombre d’intrigues notamment secondaires. Alors qu’elle n’est composée que de dix épisodes, cette première saison pourrait durer le double, voire le triple, si chaque arc narratif avait droit au même traitement. En l’état, on a des épisodes presque indépendants et des personnages qui ne font que passer. C’est assez déroutant, mais il faut noter qu’Allan Heinberg le fait bien. L’un des épisodes les plus réussis de la saison est d’ailleurs une de ces capsules, quand la série se bloque le temps d’un épisode sur un seul restaurant où un personnage manipule tous les clients pour les obliger à ne jamais mentir. Malgré tout, Lucifer est sous-exploité tout comme Désir, le frère de Rêve qui devrait jouer un plus grand rôle dans une future saison, mais qui semble ici débarquer comme un cheveu sur la soupe.</p>
<p>Cela étant, la création de Netflix est sauvée pour moi par sa générosité et l’originalité de son point de vue. Neil Gaiman exploite jusqu’au bout ses postulats de départ et son œuvre regorge de bonnes idées et de clins d’œil bien trouvés, avec de multiples pieds de nez à la culture dominante qui font bien plaisir. Mention spéciale à la place Saint-Pierre reconvertie en enfer, mais j’ai aussi beaucoup apprécié le concept de collecteurs pour ces tueurs en série qui se retrouvent dans des conventions où ils échangent sur leurs expériences. La série Netflix joue aussi la carte de la diversité avec délice, tant raciale que sexuelle, ce qui ne manque pas d’énerver les esprits chagrins et de la rendre d’autant plus attachante.</p>
<p>J’espère que <em>Sandman</em> pourra poursuivre avec une deuxième saison, car cet univers riche et original mérite bien d’être creusé. Si la suite pouvait se concentrer sur moins de personnages et d’intrigues secondaires, ce serait parfait et le dernier épisode semble justement aller dans ce sens. Une bataille entre infinis, avec les humains au milieu probablement et Dieu qui pourrait vouloir intervenir : voici un programme alléchant !</p>
]]></description></item><item><title>Encanto : La Fantastique Famille Madrigal, Byron Howard et Jared Bush</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/encanto-fantastique-famille-madrigal-howard-bush/</link><pubDate>Sun, 14 Aug 2022 21:37:46 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/encanto-fantastique-famille-madrigal-howard-bush/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/encanto-fantastique-famille-madrigal-howard-bush/encanto.jpg">
        <p><em>Encanto : La Fantastique Famille Madrigal</em><sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> permet à Disney de continuer à explorer des cultures locales tout en offrant une version modernisée de ses classiques d’animation d’antan. Après le Mexique avec <em><a href="https://voiretmanger.fr/coco-unkrich-molina/">Coco</a></em> du côté de Pixar, c’est la Colombie qui est à l’honneur ici. Byron Howard et Jared Bush sont à la réalisation et comme on les avait croisés auparavant pour l’épatant <a href="https://voiretmanger.fr/zootopie-howard-moore-bush/"><em>Zootopie</em></a>, j’attendais un nouveau film d’animation moderne, mais j’ai été assez déçu. La forme très conventionnelle n’est pas un défaut, mais la structure du long-métrage animé découpé en chansons a mal vieilli et surtout, le message est assez maladroit. Ou du moins, en partie maladroit.</p>
<p>C’est l’histoire dès Madrigal, une famille qui a hérité de pouvoirs magiques il y a des dizaines d’années de cela et qui utilise ses pouvoirs pour faire le bien pour le village en contrebas. En écrivant ces lignes, je me demande comment Disney a pu passer à côté de cette vision féodale franchement gênante. Le pire est atteint vers la fin quand le village tout en entier vient aider leurs seigneurs en difficulté. <em>Encanto : La Fantastique Famille Madrigal</em> n’est pas daté avec précision et ses créateurs peuvent arguer que l’intrigue se déroule dans le passé, mais peu importe : c’est une conception du monde rétrograde qui n’avait aucune bonne raison d’exister. C’est d’autant plus dommage que le message sur la famille est quant à lui bien plus intéressant et presque moderne. La magie s’évanouit peu à peu et la grand-mère accuse l’héroïne, la seule de la famille à ne pas avoir reçu de don dans son enfance. Alors qu’en réalité, ce sont les non-dits et la pression mise par cette même grand-mère qui sont en cause, un renversement intéressant de la situation par rapport aux contes classiques.</p>
<p>Dommage d’avoir noyé ce bon message au milieu de pratiques médiévales et dans une avalanche de chansons assez vieillottes. À une exception notable, tout de même : celle de Luisa, qui a une force incomparable dans la famille, dépoussière efficacement la formule de la chanson Disney. C’est à l’image de tout le film : un pied dans la modernité, un autre encore dans la tradition dépassée.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Sans commentaire sur le titre français…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>Loot, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/loot-apple-tv+/</link><pubDate>Sat, 13 Aug 2022 21:40:22 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/loot-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/loot-apple-tv&#43;/loot.jpeg">
        <p>Rares sont les œuvres de fiction qui s’éloignent autant de leur idée de départ : <em>Loot</em> promet le récit de contrition d’une milliardaire qui se reconvertit dans la charité, mais la série d’Apple TV+ fait en réalité l’apologie ahurissante d’un mode de vie déconnecté et si nocif à l’heure du réchauffement climatique. Sous couvert de la comédie, la première saison enchaîne les séquences embarrassantes où une milliardaire détruit la planète pour son plaisir et ses caprices, le tout avec un premier degré gênant. Je ne comprends pas comment Maya Rudolph a pu se laisser entraîner dans cette farce grotesque et ce n’est pas parce que l’ultime épisode tente de redresser le tir que cela corrige tout ce qui précède. Navrant.</p>
<p>Pourtant, la série commence bien, avec cette immense fête d’anniversaire organisée dans une ridicule maison qui surplombe Los Angeles. En quelques plans, Matt Hubbard et Alan Yang parviennent à rendre cette atmosphère hors sol absurde, un rassemblement des plus riches loin de toute réalité et le ton est alors distinctement ironique. Quand Molly découvre que son mari John la trompe, elle décide de le plaquer sur place face à tous ses invités et commence une descente aux enfers de milliardaire, à base de voyages et de fêtes permanents ainsi que de gros titres dans la presse <em>people</em>. Quand elle réalise que son immense fortune de 87 milliards de dollars finance une entreprise caritative à Los Angeles, elle décide de se reconvertir et de faire le bien. Voilà le point de départ, le problème c’est que la suite ne va pas du tout dans cette direction. Ou plutôt, et c’est bien tout le problème, la création d’Apple TV+ semble aller dans ce sens, sans jamais changer les habitudes de son personnage principal et en les justifiant même par le biais des personnages secondaires. Molly se déplace constamment dans ces immenses et inutiles SUV dont les Américains ont le secret, ou alors en hélicoptère, ou sinon en jet privé. Les scénaristes saupoudrent un ou deux épisodes d’une mention du réchauffement climatique tout en ignorant consciencieusement le sujet et sans jamais confronter leur héroïne à ses contradictions. Même à la toute fin, quand d’un coup elle réalise que les milliardaires n’ont aucune bonne raison d’exister et qu’elle décide de se débarrasser de sa fortune, la planète n’est pas un sujet. Au contraire, la série se termine sur une fête dans une immense baraque que les personnages ont rejoint dans de gros SUV, en Corse — reconstituée à la truelle en Californie au passage — où ils se sont rendus en jet.</p>
<p>Si encore <em>Loot</em> était drôle, cela pourrait compenser en partie ces grossières erreurs. Mais c’est encore pire de ce côté, les blagues de milliardaires ne sont pas bien drôles et les personnages ont beau constituer une belle représentation de la diversité, ils sont surtout écrits n’importe comment et peinent à survivre au milieu de tout le bling-bling. Pis encore, ces personnes « normales » deviennent à leur insu une caution pour valoriser constamment le train de vie de la milliardaire, allant jusqu’à le justifier<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> alors que toute la comédie devait naître de leur opposition. Il n’y a décidément rien à sauver et j’ai regardé la saison jusqu’au bout pour vous prévenir : ne perdez pas votre temps.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Quelle déception en passant que l’actrice Michaela Jaé Rodriguez, si géniale dans <a href="https://voiretmanger.fr/pose-murphy-falchuk-canals-fx/"><em>Pose</em></a>, soit réduite ici à faire la publicité pour le train de vie d’une milliardaire. Quelle tristesse de la découvrir dans une parodie de publication sponsorisée sur Instagram, à promouvoir un traitement de luxe pour sa peau découvert par le biais de Molly. C’est même l’argument utilisé par les scénaristes pour convaincre cette dernière de ne pas démissionner. Et on est censés trouver ça drôle ? 🙄&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>L’inclinaison, Corentin Durand</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/inclinaison-durand/</link><pubDate>Fri, 12 Aug 2022 09:03:52 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/inclinaison-durand/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/inclinaison-durand/inclinaison.jpg">
        <p>Pour son premier roman, Corentin Durand n’a pas choisi la facilité. Il aurait pu se contenter d’un récit d’apprentissage assez conventionnel en suivant son narrateur, un jeune homosexuel refoulé qui fuit son quotidien de dealer parisien en quête d’amour de l’autre côté des Pyrénées. <em>L’inclinaison</em> commence dans cette direction et dévie rapidement vers des horizons moins attendus et peut-être moins réjouissants aussi, mais pas moins passionnants. Le romancier fait preuve d’une belle maitrise de la narration et déploie un style soigné ainsi qu’une écriture d’une rare intensité. Ce n’est pas un livre facile et encore moins léger, mais il m’a happé dès ses premières lignes et je ne l’ai pas lâché avant le point final.</p>
<p>C’est peut-être le réalisme que j’ai relevé en premier quand j’ai commencé ma lecture, avec ce premier chapitre qui plonge le lecteur dans un univers crasse à base de bandes de dealers et de partouses de drogués. On s’y croirait, à tel point que je me suis demandé en lisant si l’auteur avait pioché dans ses propres souvenirs. C’est de la fiction néanmoins, ce qui rend <em>L’inclinaison</em> d’autant plus impressionnant. Mieux, cette sensation de réalisme ne nous quitte jamais, ni quand le narrateur, aussi attiré par les hommes qu’homophobe, frappe violemment un homme en sortie de soirée, ni quand il fuit la capitale pour l’Espagne et pour retrouver « Le Bleu », l’un des dealers de banlieue qui a disparu sans crier gare et dont il est tombé amoureux. À défaut d’être calqués sur la réalité, ces décors et ces situations sont crédibles, mais plus important encore, les personnages sont tous bien construits et animés par des psychologies fouillées. Le personnage principal est indéniablement le plus intéressant du lot, sur le thème de l’homosexualité refoulée, transformée en homophobie assumée. Corentin Durand ne s’en contente pas en guise de béquille initiale pour lancer son intrigue, il exploite pleinement cette dualité et la mène jusqu’à sa conclusion logique, dans un final que je ne dévoilerai pas, mais qui m’a un petit peu pris par surprise. Non pas que le roman soit particulièrement joyeux par ailleurs, et ce n’est pas l’ombre du SIDA qui plane au-dessus des paragraphes qui vient l’alléger.</p>
<p>L’épidémie qui a tué tant d’homosexuels ne touche pas le narrateur, elle est présente dans une série de flashbacks rythmés par la <a href="https://www.youtube.com/watch?v=tkOr12AQpnU">musique de New Order</a>. Que ce soit le (faux) écrivain de romances gay qui l’a touché plus jeune ou le membre de sa famille qu’il n’a jamais connu du fait de la maladie, ces évocations du passé sont autant de façon de justifier son homophobie ou en tout cas son blocage face aux pulsions. <em>L’inclinaison</em> ne recherche aucune solution facile alors que les échappatoires seraient assez aisées à imaginer — une romance avec Juan aurait-elle pu sauver le narrateur ? —, mais ce n’est jamais ce que l’auteur vise. Il privilégie les contradictions de son héros à la quête d’un <em>happy-end</em>, tout comme il choisit une langue soutenue et métaphorique, quitte à compliquer la compréhension immédiate. Le récit lui-même n’essaie pas d’être toujours explicite et il ne faut pas compter sur des explications exhaustives et sans aucune zone d’ombre. Autant de choix qui sortent de l’ordinaire et qui me donnent envie de découvrir ce que le romancier proposera par la suite.</p>
]]></description></item><item><title>Jojo Rabbit, Taika Waititi</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/jojo-rabbit-waititi/</link><pubDate>Mon, 08 Aug 2022 22:01:46 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/jojo-rabbit-waititi/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/jojo-rabbit-waititi/jojo-rabbit.jpg">
        <p>Pendant toute la durée de <em>Jojo Rabbit</em>, j’ai eu du mal à oublier une question : mais à qui diable s’adresse ce film ? Taika Waititi adopte un angle original : la Seconde Guerre mondiale, vue par les yeux d’un jeune de dix ans qui est aussi un fanboy du nazisme et en particulier d’Adolf Hitler. Loin du sérieux du roman qu’il adapte, le réalisateur opte pour un ton léger, un humour enfantin qui colle avec le point de vue de son personnage. Sauf que l’on parle d’une guerre, d’un holocauste et d’enfants réellement embrigadés et envoyés se battre avec trois fois rien alors que le Führer avait déjà lâchement abandonné une guerre terminée.  <em>Jojo Rabbit</em> se retrouve ainsi constamment entre deux extrêmes, l’humour naïf à travers les yeux de son jeune héros en particulier au début et la tragédie des horreurs de la guerre notamment sur la fin. À l’heure où les Nazis sont de retour et sérieux, peut-on prendre le risque d’un second degré  par endroit trop subtil ?</p>
<p>Peut-être que le projet né il y a plus de dix ans dans la tête de Taika Waititi aurait eu plus de sens à cette époque où personne n’aurait pris le grossier discours antisémite des nazis au sérieux. De nos jours, je ne vois pas trop comment on peut éviter la gêne qui entoure une bonne partie de <em>Jojo Rabbit</em>. C’est sans doute injuste, ce n’est pas de la faute du film si ces discours sont revenus sur le devant de la scène et au premier degré. Le spectateur moderne ne reste pas moins embarrassé face à cette fiction qui cherche à les ridiculiser uniquement en comptant sur leur caractère outrancier. Ce n’est pas le seul problème du projet toutefois, qui souffre aussi à mon avis d’un Hitler réinterprété par le réalisateur sur un mode tantôt dans le ridicule comique, tantôt dans la colère noire, un entre-deux qui ne fonctionne pas bien. En revanche, Roman Griffin Davis, le jeune acteur principal, est épatant, son jeu intense colle avec toutes les situations et il apporte énormément au projet. Mais cela ne suffit pas à mon sens pour sortir <em>Jojo Rabbit</em> de ses ornières.</p>
<p>Le long-métrage reste court et on ne s’ennuie pas, mais j’espérais découvrir une version nazie de <em>‌<a href="https://voiretmanger.fr/vampires-toute-intimite-waititi-clement/">Vampires en toute intimité</a></em> et ce n’est clairement pas cela. Taika Waititi aurait peut-être mieux fait d’opter plus résolument pour la comédie, mais je me demande si le ton plus sérieux du roman original n’était pas le meilleur choix pour cette histoire.</p>
]]></description></item><item><title>Le Sommet des dieux, Patrick Imbert</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/sommet-dieux-imbert/</link><pubDate>Sun, 07 Aug 2022 18:59:59 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/sommet-dieux-imbert/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/sommet-dieux-imbert/sommet-dieux.jpg">
        <p><em>Le Sommet des dieux</em> est l’adaptation française d’un manga japonais qui évoque l’attrait des ascensions des plus hautes montagnes et en particulier de l’Everest. Un film d’animation hybride entre deux, voire trois cultures, c’est un choix intriguant. Le style de l’animation est plutôt européen, mais tous les personnages sont japonais et même s’ils parlent français — drôle de choix d’ailleurs —, c’est bien leur culture qui est mise en avant. Sans oublier le sommet de la planète qui joue un rôle à part entière, avec une reproduction qui surprend par sa fidélité et le niveau de détails. Le résultat de cette alliance étonnante est un film captivant. Patrick Imbert n’a gardé que le cœur des mangas publiés en cinq volumes et qui sont beaucoup trop amples et complexes pour l’heure et demi du long-métrage. Combinée à une animation magnifique, la question de la motivation qui traverse <em>Le Sommet des dieux</em> est parfaitement amenée.</p>
<p>Pourquoi vouloir monter toujours plus haut ? Qu’est-ce qui motive Habu à s’attaquer à l’Everest seul, sans oxygène, au cœur de l’hiver et par la face la plus compliquée ? C’est un défi à relever, car personne ne l’a fait avant lui. Il y a une forme de folie des grandeurs évidente, l’orgueil de se prendre pour des dieux et d’être au-dessus des hommes. Patrick Imbert n’essaie pas d’apporter de réponse facile à cette question toutefois, et elle n’arrive d’ailleurs qu’assez tardivement. Le scénario débute avec une mise en parallèle de plusieurs époques et un photographe qui enquête sur la disparition soudaine d’un prodige de l’alpinisme quelques années avant cela. Comme dans le manga, <em>Le Sommet des dieux</em> passe d’une époque à l’autre avec fluidité et légéreté. Le spectateur découvre en même temps que le personnage le parcours de Habu, son esprit solitaire qui l’éloigne des autres alpinistes, le gamin qu’il accepte d’emmener avec lui et qui meurt dans un accident, les défis lancés avec toujours plus de vigueur jusqu’à cette course dans les Alpes où il a failli mourir. Et à chaque étape, la même question inévitable : pourquoi continuer et s’entêter ?</p>
<p>Toute la fin se construit autour de l’ascension de l’Everest et le réalisateur parvient à créer une tension digne d’un thriller. J’ai trouvé ce final aussi réussi que glaçant, pas seulement parce que les conditions sont infernales quand on dépasse les 7 000 mètres. C’est un désert de glace mortel et quasiment dépourvu d’oxygène, un enfer où la mort guette à chaque instant. Malgré ces conditions extrêmes et malgré les dangers énormes, deux hommes s’entêtent pour monter toujours plus haut. L’animation donne alors le vertige, entre ces sommets encore plus hauts se cachent derrière les plus proches et cette ascension qui se fait de plus en plus à la verticale. C’est aussi terrifiant que magnifique et la bande-originale composée par Amine Bouhafa souligne avec justesse ces images vertigineuses. Un bel ensemble.</p>
]]></description></item><item><title>Breeders, FX</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/breeders-fx/</link><pubDate>Fri, 05 Aug 2022 21:22:11 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/breeders-fx/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/breeders-fx/breeders.jpg">
        <p>Paul et Ally ont deux enfants, Luke et Ava et les quatre forment une famille londonienne tout ce qu’il y a de plus banale, sauf que les parents ont beaucoup de mal à éduquer leurs enfants. Le pire, c’est pour Paul qui entre dans des colères noires pour un rien et passe son temps à engueuler ses enfants avec une violence assez surprenante, surtout dans la première saison quand ils sont encore tout jeune. C’est comme ça dans cette famille plus courante probablement qu’on peut l’imaginer et <em>Breeders</em> se construit et évolue à partir de ce point de départ pour former une série de plus en plus réussie.</p>
<p>Paul est incarné par Martin Freeman qui a aussi co-créé la série avec Simon Blackwell — connu notamment pour son travail à l’écriture sur l’excellente <a href="https://voiretmanger.fr/veep-iannucci-hbo/"><em>Veep</em></a> — et qui s’est apparemment inspiré de son propre vécu pour imaginer le personnage. La violence de ses colères est ce qui surprend le plus au départ, avec un curieux mélange entre humour noir et drame. C’est la meilleure réussite des premiers épisodes : la création de FX surprend constamment le spectateur qui ne sait pas sur quel pied danser. Faut-il en rire ou s’inquiéter pour ces pauvres gamins malmenés par un père colérique ? Le point de départ est bon, mais je trouve que la saison tombe très vite dans la redite et ces colères incessantes finissent par être lassantes. Fort heureusement, <em>Breeders</em> a l’excellente idée de laisser passer quelques années avant la deuxième saison et d’introduire des enfants plus âgés, autour de 10 et 13 ans. L’adolescence permet à Luke et Ava de mieux exister et surtout d’externaliser un mal-être sensible dès le départ, avec notamment de l’anxiété causée par le père dans le cas du premier. C’est un point de départ pour une série renouvelée et la troisième saison, en particulier, est bien meilleure. Elle prend le temps de creuser tous les personnages et s’éloigne de l’humour noir un peu répétitif des débuts pour offrir une épaisseur psychologique que je n’envisageais pas après quelques épisodes.</p>
<p>FX a renouvelé <em>Breeders</em> pour une quatrième saison et c’est sans aucun doute une bonne idée. Martin Freeman et Simon Blackwell ont eu un petit peu de mal à trouver le bon rythme au départ, mais le rythme de croisière est désormais excellent et j’ai hâte de voir la suite.</p>
]]></description></item><item><title>The Boys, Amazon (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/boys-amazon-saison-3/</link><pubDate>Wed, 03 Aug 2022 21:46:24 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/boys-amazon-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/boys-amazon-saison-3/boys-3.jpeg">
        <p><em>The Boys</em> continue son exploration de tout ce qu’il y a de pire aux États-Unis à travers cet excellent point de départ. Imaginez une bande de super-héros, mais dirigée par l’entreprise qui représente le pire du capitalisme, et ces êtres quasiment invincibles agissent par pur égoïsme et sans aucun sens de l’intérêt commun. Les <a href="https://voiretmanger.fr/boys-kripke-prime-video/">deux premières saisons</a> avaient été l’occasion d’imposer une série étonnamment violente, visuellement et moralement, et la troisième saison reste dans cette droite lignée. Eric Kripke fait avancer son histoire en introduisant un nouveau personnage et surtout en enfonçant le Protecteur toujours plus loin dans la désinformation de masse.</p>
<p>Plus encore que dans les seize épisodes précédents, la politique est ici au cœur des enjeux. La création d’Amazon n’essaie même plus de cacher son discours qui vise presque explicitement le mouvement populaire autour de Trump et l’Amérique divisée de <em>The Boys</em> ressemble de plus en plus à la vraie. C’est son point fort depuis le départ et cela n’aurait aucun sens de passer à côté, même si je dois noter que la surprise des débuts s’est bien effacée. Je ne me suis jamais ennuyé dans cette suite, malgré la longueur inhabituelle des huit épisodes qui tournent tous autour de l’heure, mais on reste peut-être un poil trop en terrain connu. L’intrigue autour de Soldier Boy est intéressante, surtout pour les surprises finales que je ne vais évidemment pas mentionner, mais elle se résume un petit peu vite en un affrontement binaire. Et puis, quel dommage de réserver un si mauvais sort au personnage de Maeve, censé être ouvertement lesbien, mais qui couche avec Butcher et qui semble « redevenir » lesbienne dans le tout dernier épisode, ce qui tombe un petit peu comme un cheveu sur la soupe. Alors qu’Eric Kripke semblait vouloir s’éloigner au maximum de Marvel, c’est bien là une occasion manquée…</p>
<p>Cela dit, je ne déconseille pas cette troisième saison et <em>The Boys</em> dans son ensemble mérite d’être vue, pour peu que le gore bien sanguinolent ne vous effraie pas. Je crois que les créateurs vont plus loin d’épisode en épisode et on atteint des sommets dans le domaine, sans tomber pour autant dans la violence virtuelle gratuite. Amazon a renouvelé la série pour une quatrième saison et je serai au rendez-vous, en espérant que l’on sorte cette fois de la routine qui semble s’installer progressivement. La dernière image pourrait indiquer une accentuation de l’aspect politique, ce qui serait une excellente nouvelle.</p>
]]></description></item><item><title>Solon Islandus, Gabríel Ólafs</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/solon-islandus-olafs/</link><pubDate>Mon, 01 Aug 2022 21:39:37 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/solon-islandus-olafs/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/solon-islandus-olafs/solon-islandus.jpg">
        <p>La musique islandaise m’a toujours attirée et c’est probablement pour cette raison que j’ai autant accroché avec celle de <a href="https://voiretmanger.fr/odins-raven-magic-sigur-ros/">Sigur Rós</a>. Au fil des années, je continue de découvrir des artistes venus de l’île et à chaque fois, je suis séduit par leur musique. Dernier cas en date : ma découverte récente de Gabriel Ólafs, un tout jeune compositeur — son premier morceau a été composé alors qu’il n’avait que 14 ans ! — qui signe son deuxième album avec <em>Solon Islandus</em>. Un ensemble ambitieux de quatorze titres qui pourraient sembler minimalistes et presque fragiles, mais qui, portés par une mélodie solide, s’ancrent rapidement en mémoire. Il ne m’a fallu qu’une écoute ou deux pour accrocher à l’album et il tourne en boucle depuis dans mes listes de lecture quotidiennes.</p>
<p><em>Solon Islandus</em> est aussi le nom d’un roman du poète islandais Davíð Stefánsson à qui le compositeur rend ici hommage. Les voix et même <a href="https://www.youtube.com/watch?v=sPa1v2ZeGxE">les chœurs</a> que l’on entend reposent sur des citations et l’album est un concept construit autour de cet hommage, mais vous pouvez l’ignorer entièrement comme je l’ai fait dans un premier temps. Laissez-vous porter par les quatorze morceaux qui tissent une bande-sonore qui serait parfaitement adaptée à un film… on n’est pas surpris de retrouver les noms d’Ennio Morricone et de John Williams dans les inspirations citées par Gabríel Ólafs. Du piano solo à un orchestre en passant par les chœurs, on passe par de multiples ambiances sans perdre en cohérence et ce deuxième album devrait me rester longtemps en tête.</p>
]]></description></item><item><title>La forêt de Carnoët autour de la colonne Saint-Maurice</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/foret-carnoet-colonne-saint-maurice/</link><pubDate>Sat, 30 Jul 2022 11:40:14 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/foret-carnoet-colonne-saint-maurice/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/photo/foret-carnoet-colonne-saint-maurice/IMG_0424.jpeg">
        <p>Au milieu de la grande forêt domaniale de Carnoët, le long de la route du Pouldu qui la traverse et au croisement avec la route forestière du château, on trouve cette étrange colonne gothique en granit. Un panneau indique que l’on ignore sa date d’installation précise, mais qu’elle provient de l’abbaye Saint-Maurice qui se situait en bordure de la Laïta, non loin de là. Elle a même été le <a href="https://www.geneanet.org/cartes-postales/view/7660080#0">sujet de cartes postales</a> quand la forêt n’était pas encore traversée par des hordes de touristes. Fort heureusement, il suffit de s’éloigner de quelques mètres des principaux sentiers pour découvrir au calme une grande et belle forêt chargée d’histoire, entre dolmens et châteaux.</p>
]]></description></item><item><title>Miss Marvel, Disney+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/miss-marvel-disney+/</link><pubDate>Thu, 28 Jul 2022 21:28:35 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/miss-marvel-disney+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/miss-marvel-disney&#43;/miss-marvel.jpg">
        <p>On connaissait <a href="https://voiretmanger.fr/captain-marvel-boden-fleck/"><em>Captain Marvel</em></a>, voici <em>Miss Marvel</em>. Et non, ce n’est pas la fille de, ni une préquelle, c’est bien un tout nouveau personnage du toujours plus gigantesque univers cinématographique Marvel que l’on a l’occasion de découvrir dans cette nouvelle série Disney+. On commence à avoir bien l’habitude des introductions de super-héros depuis <a href="https://voiretmanger.fr/iron-man-favreau/"><em>Iron Man</em></a> il y a bientôt une quinzaine d’années de cela et on ne peut pas dire que Bisha K. Ali dévie de manière significative de la ligne directrice, même si elle tente une vision méta plutôt réussie par ailleurs, où l’héroïne est tout d’abord elle-même une fan absolue des super-héros et notamment de Captain Marvel. Passée cette introduction amusante, vous serez en terrain connu : découverte d’un artefact qui donne à notre adolescente des super-pouvoirs et un combat fondateur qui lui permet de passer de Kamala Khan à Miss Marvel.</p>
<p>Je ne peux pas dire que je me suis ennuyé, cette série comme toutes les autres proposées par Disney+ ayant le bon goût de rester courte avec six épisodes d’une bonne demi-heure chacun. Et alors que l’on avait arrêté l’insupportable <em>Moon Knight</em> à mi-parcours, nous avons bien terminé celle-ci, preuve qu’elle est un minimum divertissante. <em>Miss Marvel</em> a la bonne idée de ne pas tant compter sur les combats et de privilégier les histoires secondaires, en mode <em>teen-movie</em> pas très original, mais qui saura séduire le public le plus jeune<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Le service de streaming tente aussi la carte du dépaysement, avec cette fois des personnages américains issus de l’immigration pakistanaise. L’intrigue se déroule en majorité à <del>New York</del> Jersey City, comme 98 % des histoires de super-héros américaines, mais on nous emmène en excursion façon carte postale à Karachi le temps d’un épisode ou deux. Alors, non, ce n’est pas très original et il ne faut pas s’attendre à une immersion réaliste, la série ayant été tournée principalement dans des studios en Georgie, aux États-Unis. On peut malgré tout saluer l’effort et noter l’ouverture de Marvel à d’autres cultures, après la Chine, même si c’est évidemment cynique, hypocrite et calculé. La vision d’une police douce et tranquille face à une population musulmane est aussi choupinette que grossièrement fictive et il n’est absolument pas question d’évoquer les questions qui fâchent sur la religion et son traitement des minorités notamment sexuelles. Ce qui tombe bien pour Disney, toujours aussi maladivement effrayé par le sujet et qui soigne les relations toutes clairement hétérosexuelles de ses personnages, faisant de son héroïne le centre d’attention de pas moins de trois garçons.</p>
<p>Tout n’est pas à jeter dans <em>Miss Marvel</em> et je peux noter la performance convaincante d’Iman Vellani dans le rôle principale. Cette canadienne elle-même d’origine pakistanaise a été très bien trouvée pour ce rôle et on comprend que Disney souhaite la garder dans <em>The Marvels</em>, un long-métrage cette fois prévu l’an prochain et qui verra le retour de Captain Marvel (en plus de la miss, eh oui). Mais quel dommage d’avoir construit une série aussi banale et pleine de clichés autour de ce personnage : Disney+ a déjà fait bien mieux…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<p>Avec, en passant, un choix que j’ai trouvé étonnant : la série met constamment en avant TikTok, en nommant et même en montrant le réseau social qui joue d’ailleurs un rôle crucial à la fin. D’un côté, c’est réaliste étant donné l’âge des personnages. De l’autre, mettre en avant ce réseau social si controversé aux États-Unis est une décision étrange, à mon sens, de la part de Disney…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>Titane, Julia Ducournau</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/titane-ducournau/</link><pubDate>Wed, 27 Jul 2022 22:31:34 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/titane-ducournau/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/titane-ducournau/titane.jpg">
        <p>S’il y a bien un reproche que l’on ne fera pas à <em>Titane</em>, c’est de manquer d’originalité. En même temps, qui pensait après <a href="https://voiretmanger.fr/grave-ducournau/"><em>Grave</em></a> que Julia Ducournau pouvait tomber dans la banalité ? Bien au contraire, la cinéaste franchit une nouvelle étape dans le bizarre et propose avec ce deuxième long-métrage une histoire aussi folle que gênante, un mélange aussi audacieux que troublant d’un thriller teinté d’un drame, saupoudré d’une bonne dose d’horreur et d’une touche de fantastique, pourquoi pas. J’avais beaucoup aimé <em>Grave</em> qui bousculait le spectateur tout en lui laissant des repères plus conventionnels. Je suis plus circonspect sur <em>Titane</em>, qui se construit sur une base d’absurde qui m’a évoqué Quentin Dupieux et qui ne laisse ainsi aucune branche pour s’accrocher.</p>
<p>On ne peut pas non plus nier que Julia Ducournau sait créer des personnages forts et le travail de son actrice principale, Agathe Rousselle dont c’est d’ailleurs le premier long-métrage, est à nouveau époustouflant. Alexia est une danseuse aux pulsions meurtrières, avant de se transformer violemment en Adrien, fils disparu depuis dix ans que Vincent — incarné par un Vincent Lindon bodybuildé, on aura tout vu — adopte malgré l’absence de ressemblance physique. Cette transformation qui évoque la transidentité se fait sur fond de grossesse paranormale, Alexia ayant eu des rapports avec… une voiture. <em>Titane</em> ne va jamais là où on l’attend, ce qui est une qualité en même temps qu’une limite. À force de déstabiliser, le film prend le risque de perdre ses spectateurs avec des messages qui semblent partir dans toutes les directions. J’aime me laisser porter par une œuvre inattendue, mais même alors, je dois reconnaître que je ne savais plus trop que penser de cette histoire, surtout avec cette fin encore plus ébouriffante.</p>
<p>Sans être sûr d’avoir entièrement apprécié <em>Titane</em>, je peux malgré tout dire que je suis content de l’avoir vu. Julia Ducournau signe à nouveau une proposition de cinéma radicale, ce qui n’est pas si fréquent et qui mérite notre intérêt. Mieux vaut néanmoins se lancer avec un estomac bien accroché et un esprit grand ouvert.</p>
]]></description></item><item><title>Borgen : Le pouvoir et la gloire, DR1</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/borgen-pouvoir-gloire-dr1/</link><pubDate>Mon, 25 Jul 2022 22:01:55 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/borgen-pouvoir-gloire-dr1/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/borgen-pouvoir-gloire-dr1/borgen-pouvoir-gloire.jpg">
        <p>Fallait-il réellement créer une suite à <em><a href="https://voiretmanger.fr/borgen-price-dr1/">Borgen, une femme au pouvoir</a></em> ? L’excellente série créée par Adam Price se concluait après trois saisons d’une belle manière, mais le succès aidant, l’idée de créer une saison supplémentaire s’est imposée. La chaîne danoise DR1 s’est associée à Netflix pour créer <em>Borgen : Le pouvoir et la gloire</em><sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, huit épisodes de plus qui se déroulent une dizaine d’années après, le même intervalle de temps qu’entre les deux saisons. Les premiers instants sont rassurants : le créateur n’a pas perdu la main, pas plus que Sidse Babett Knudsen qui retrouve immédiatement la Birgitte Nyborg que l’on a appris à connaître et qui s’impose comme l’évidence dès l’épisode initial. Ajoutez à cela un message environnemental autour de la découverte de pétrole au Groenland et j’avais de quoi imaginer une grande saison avec pourquoi pas une dose d’optimisme, mais la noirceur rode comme toujours avec Adam Price.</p>
<p>Son idée de faire de <em>Borgen : Le pouvoir et la gloire</em> un portrait d’une femme politique qui oublie ses idéaux et n’agit plus que pour la survie de son poste est logique pour une série qui se veut réaliste. Comme tant d’autres dans la réalité, la Birgitte Nyborg se fourvoie et remet en cause toutes ses convictions, acceptant l’exploitation du pétrole uniquement pour sauver son poste de ministre des Affaires étrangères. C’est intéressant de la voir aller à contresens dans tous les domaines, à la fois en politique et en privé, avec sa relation de moins en moins saine avec son fils résolument engagé dans la lutte contre le réchauffement climatique. Mais en s’engageant ainsi dans des intérêts bien éloignés de la planète, la série semble oublier elle-même ces enjeux et donne le sentiment d’être sur la même longueur d’ondes que ce gouvernement qui a une brève pensée pour l’environnement, avant de rappeler qu’il y a des milliers de milliards de couronnes danoises en jeu. Face à de telles sommes, tout débat est instantanément oblitéré et le seul réel enjeu des huit épisodes concerne les problèmes géopolitiques sur le Groenland, entre États-Unis, Russie et Chine et avec le Danemark en arbitre. À l’heure actuelle, j’attendais mieux de la part d’Adam Price qu’une série qui oublie elle aussi la planète. Le créateur pourrait se défendre en disant que c’est une réalité, mais il avait le choix de faire autre chose. À tout le moins, j’aurais apprécié que l’écologie reste au centre de l’attention et la publication de désinformations sur le réchauffement climatique ne soit pas justifiée de manière aussi désinvolte.</p>
<p>On ne peut pas dire que <em>Borgen : Le pouvoir et la gloire</em> soit entièrement dans le camp des climato-sceptiques, mais le simple fait que l’on y pense prouve bien, à mon sens, qu’il y a un problème. La série essaie de se rattraper sur la toute fin, avec un épisode qui semble en condenser trois autres en tentant de refermer toutes les intrigues ouvertes et de terminer sur un <em>happy-end</em> complètement artificiel. Cette fin ratée renforce mon impression générale de gâchis : <em>Borgen</em> aurait mieux fait de s’en tenir à ses trois saisons originales, au lieu d’accorder de la place à ces générations qui, non content d’avoir détruit la planète dans le passé, continuent de le faire sans état d’âme sous des prétextes fallacieux et pour leur gain personnel. Dommage.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Un titre traduit dans la cohérence de la série originale, c’est toujours ça de pris…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>The Gray Man, Anthony et Joe Russo</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/gray-man-russo/</link><pubDate>Sun, 24 Jul 2022 21:43:36 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/gray-man-russo/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/gray-man-russo/gray-man.jpg">
        <p>Les frères Russo et Chris Evans dans un blockbuster d’action ? Eh non, ce n’est pas un énième volet de l’immense saga Marvel et l’acteur ne reprend pas son rôle de Captain America, cette page est <em>a priori</em> belle et bien tournée. Plus que vers les super-héros qui ont fait connaître le duo, <em>The Gray Man</em> va chercher son inspiration du côté de <em>James Bond</em>, <em>Jason Bourne</em> ou d’autres sagas d’espionnage similaire. Mais cette inspiration se conjugue à un art du grand spectacle et un sens du n’importe quoi qui atteint des sommets. Le résultat est sans surprise : à l’image de tous les films<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> d’Anthony et Joe Russo, c’est bien fichu, on en prend plein la vue surtout avec un grand téléviseur compatible HDR et c’est aussi divertissant qu’oubliable. Je cherchais un divertissement léger, je l’ai eu.</p>
<p>L’histoire importe si peu que le prétexte est évacué en quelques plans. Oubliez les programmes compliqués, l’affiche résume tout ce qu’il faut savoir à propos de <em>The Gray Man</em>. Deux hommes s’affrontent, avec à ma gauche Ryan Gosling qui incarne « Sierra Six », un tueur officieux de la CIA et à ma droite Chris Evans, dans le rôle de Lloyd Hansen, ancien de la CIA qui a été viré à cause de sa violence et qui est chargé par le nouveau patron de la CIA de tuer Sierra Six. Vous savez l’essentiel, deux meurtriers essaient de se tuer et c’est parti pour deux heures d’action presque ininterrompues. Netflix a mis les gros moyens et le spectacle est au rendez-vous, on voyage d’un pays à l’autre et les séquences d’action toujours plus folles s’enchaînent, jusqu’au final explosif dans le pauvre chateau de Chantilly — mais placé en Croatie dans le film, après tout, on connaît le sens aigu de la géographie mondiale des Américains… — qui n’avait rien demandé. Je retiens en particulier le combat au milieu du feu d’artifice, très joli et malin, ainsi que cette longue scène de combats dans Prague autour d’un tramway (et de quelques Audi, qui semble être le sponsor obligé des frangins<sup id="fnref:2"><a href="#fn:2" class="footnote-ref" role="doc-noteref">2</a></sup>). Sans aller jusqu’à dire que <em>The Gray Man</em> révolutionne le genre, car ce n’est clairement pas le cas, il faut reconnaître aux frères Russo ce talent de mise en scène, d’autant que l’action est toujours parfaitement lisible.</p>
<p>C’est leur point fort, il leur faudrait en revanche quelques cours sur le fond. L’intrigue est si peu importante que l’on finirait presque par s’ennuyer, même si le long-métrage a le bon ton de ne pas trop s’étaler dans le temps. L’intrigue secondaire avec la nièce de celui qui a recruté Sierra Six tombe un petit peu comme un cheveu sur la soupe, mais j’ai apprécié le traitement réservé aux personnages féminins, ainsi que le ton moqueur à l’encontre des masculins. Ryan Gosling est excellent comme toujours dans ce rôle teinté de second degré, on découvre que Chris Evans est impeccable lui aussi dans le même registre. L’acteur tient manifestement à éloigner son image de Captain America, il donne du sien et ça paye… même si son personnage ne dépasse jamais le stade de la caricature. Rien ne dépasse réellement le stade de la caricature en même temps et <em>The Gray Man</em> semble assumer ce choix. À condition d’avoir conscience des limites du film, vous pourrez passer un bon moment devant ce spectacle divertissant et un peu idiot.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<p>Ou presque, <a href="https://voiretmanger.fr/cherry-russo/"><em>Cherry</em></a> fait figure d’exception notable dans leur filmographie récente.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
<li id="fn:2">
<p>Saluons tout de même un net progrès par rapport aux premières apparitions des Audi électriques : ils n’ont pas ajouté de bruit de moteur thermique, cette fois.&#160;<a href="#fnref:2" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>The Fall, RTÉ One</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/fall-rte-one/</link><pubDate>Fri, 22 Jul 2022 22:02:26 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/fall-rte-one/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/fall-rte-one/fall.jpg">
        <p>Une policière face à un tueur en série. <em>The Fall</em> ne cherche pas l’originalité à tout prix, sans pour autant répéter une énième fois la même formule. Certes, il est question d’une enquête policière et d’une série de meurtres, mais la série créée par la BBC et RTÉ One repose sur plusieurs choix intéressants. D’une part, il n’y a aucun mystère sur l’identité du tueur, il est connu dès le départ puisque l’on suit ses agissements en même temps que l’enquête avance. D’autre part, le tueur est un père de famille en apparence tout ce qu’il y a de plus normal et il agit à l’insu de ses proches. Ajoutez à cette base la présence de Gillian Anderson dans le rôle de la policière qui l’affronte et vous obtenez une très bonne série.</p>
<p><em>The Fall</em> repose en large partie sur le duo composé de l’actrice et de Jamie Dornan, qui interprète le tueur. Celui qui n’était pas encore connu dans le monde entier comme l’acteur principal de <em>Fifty Shades of Grey</em> compose ici un <em>serial-killer</em> extrêmement intelligent et particulièrement doué pour agir en toute impunité. Seule la perspicacité de Stella Gibson et son intuition de relier plusieurs meurtres en apparence sans rapport mettent finalement en danger Paul Spector. Gillian Anderson n’a jamais eu besoin de prouver son talent, elle est parfaite dans ce rôle complexe, où elle commence comme une policière hautaine de Londres qui débarque avec ses gros sabots à Belfast et termine psychologiquement et physiquement détruite par sa traque. Le scénario dresse des parallèles entre les deux personnages, mais le fait avec beaucoup de finesse, ce qui est trop rare. J’ai notamment trouvé que l’addiction sexuelle des deux personnages était remarquablement bien amenée, avec toute la subtilité nécessaire pour éviter que ce soit artificiel. La finesse psychologique est à la hauteur du duo et les deux premières saisons sont excellentes. La troisième un peu moins, elle traine un petit peu en longueur et j’ai trouvé qu’elle donnait le sentiment de ne pas trop savoir où aller, avec une fin précipitée un peu étrange.</p>
<p>Malgré tout, <em>The Fall</em> est une série policière qui mérite votre intérêt si vous aimez le genre. Sans révolutionner les histoires construites autour des enquêtes policières, elle crée deux personnages convaincants et les fait s’opposer pendant trois saisons intenses et fortes. Son créateur, Allan Cubitt, réfléchit apparemment à offrir une suite à sa série, avec une saison qui explorerait le quotidien de Stella Gibson quelques années après les faits. Je serais curieux de voir ce que cela pourrait donner, mais sans être convaincu que ce sera aussi fort que les deux premières saisons de <em>The Fall</em>.</p>
]]></description></item><item><title>Threesome, Viaplay</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/threesome-viaplay/</link><pubDate>Wed, 20 Jul 2022 20:39:02 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/threesome-viaplay/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/threesome-viaplay/threesome.jpg">
        <p>La série suédoise <em>Threesome</em> commence, vous l’aurez deviné, par un trio. Siri (oui…) et David, en couple depuis le lycée sept ans auparavant, croisent à une fête Camille et Siri semble séduite par cette étudiante française au point de commencer à l’embrasser devant son copain, vous pouvez deviner la suite. Un point de départ intriguant pour cette création originale de Viaplay, mais qui s’avère de plus en plus décevante au fil des huit épisodes. Cette histoire tournée en 2021 avec de jeunes personnages ressemble pourtant à une leçon de morale digne du catéchisme et une célébration du couple à deux, et de préférence un garçon et une fille s’il vous plait. <em>Threesome</em> a le bon goût d’être courte, mais abstenez-vous, elle n’en vaut pas la peine.</p>
<p>C’est dommage d’ailleurs, car il y avait de bons éléments. En particulier, je dois saluer le travail des deux acteurs principaux, qui sont excellents dans leur rôle, que ce soit Matilda Källström pour incarner Siri ou Simon Lööf pour David. Ils sont mignons tout plein en couple idéal en apparence et leur symbiose est alors palpable, mais ils parviennent à rendre leurs disputes encore plus crédibles. À cet égard, les derniers épisodes pendant lesquels le couple se disloque progressivement ne sont pas mauvais en soi, mais ils me laissent un goût amer en bouche. Fallait-il qu’une petite déviation de la stricte monogamie déclenche tout le reste ? C’est d’autant plus frustrant que le développement du personnage de Siri ouvrait la voie à une piste bien plus intéressante et raccord avec le titre. Au lieu de faire du <em>Threesome</em> le point déclencheur de la fin d’un couple, pourquoi ne pas envisager que ce soit le point de départ d’un trouple ? Voilà qui aurait été original et, à mon avis, bien plus intéressant que ce que Viaplay a proposé. Dommage.</p>
]]></description></item><item><title>FAR: Lone Sails</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/far-lone-sails/</link><pubDate>Mon, 18 Jul 2022 21:52:12 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/far-lone-sails/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/far-lone-sails/far-lone-sails.jpg">
        <p>Vous débutez avec un petit personnage rouge au pied d’un arbre mort dans un décor presque uniquement gris et désolé. <em>FAR: Lone Sails</em> immerse les joueurs dès la première seconde dans son univers, sans prendre le temps de le présenter et encore moins de donner un objectif. C’est une excellente idée, vous devez découvrir par vous-même ce qui se passe et ce que vous devez faire. Les contrôles sont limités : droite/gauche, sauter et prendre des objets, rien de plus. Avec si peu, vous commencez à avancer pour découvrir une maison, puis une plage et bientôt un drôle d’appareil qui vous permettra de fuir cet endroit sans vie.</p>
<p>C’est une sorte de jeu d’aventures post-apocalyptique, mais il est inutile d’essayer de réduire le titre à un seul genre. <em>FAR: Lone Sails</em> se distingue par son univers riche, notamment sur le plan visuel, avec cette sensation régulière pendant la partie de regarder une œuvre d’art. Son sens de l’immersion est tout aussi remarquable et j’ai beaucoup aimé cette manière de plonger le joueur sans rien lui expliquer et de le laisser comprendre ce qui se passe sans même une ligne de dialogue. Tout texte est superflu, vous comprendrez très bien ce qui se passe et vous aurez même une assez bonne idée de ce qui s’est passé rien qu’en avançant dans le jeu. Le <em>gameplay</em> est aussi excellent, un mélange d’exploration avec quelques puzzles à résoudre et une partie quasiment gestion, avec l’appareil qu’il faut faire avancer rapidement, sans le casser pour autant. Les énigmes mises en place par <em>FAR: Lone Sails</em> sont rarement compliquées, même si j’ai été bloqué une fois ou deux parce que je n’avais pas placé un élément à un endroit exact. L’objectif n’est pas de proposer un jeu complexe et vous pouvez passer votre chemin si vous cherchez de la difficulté ; l’idée est plus de se laisser porter par l’histoire et d’admirer le paysage tout en essayant d’avancer.</p>
<p>Un des objectifs de <em>FAR: Lone Sails</em> est de terminer la partie en 99 minutes, ce qui vous donne une assez bonne idée de la durée à attendre. Pour ma part, j’y ai joué plus de quatre heures avant d’atteindre la fin de la route, mais j’ai pris mon temps, arrêtant parfois ma machine pour profiter des décors ou revenant sur mes pas pour récupérer des éléments pas forcément nécessaires. Quel que soit votre rythme, ce n’est pas un jeu long, mais c’est un jeu intense que j’ai apprécié plus que je l’imaginais au départ. Un vrai coup de cœur !</p>
]]></description></item><item><title>Promising Young Woman, Emerald Fennell</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/promising-young-woman-fennell/</link><pubDate>Sun, 17 Jul 2022 21:30:45 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/promising-young-woman-fennell/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/promising-young-woman-fennell/promising-young-woman.jpeg">
        <p>Tous les hommes ne sont peut-être pas des violeurs, mais il n’y en a quand même vraiment pas un pour rattraper l’autre. C’est le message que l’on retient en sortant du premier film réalisé par Emerald Fennell, un coup de poing de moins de deux heures et une plongée dans l’enfer de la toxicité masculine et viols perpétués en toute impunité, ou presque. <em>Promising Young Woman</em> n’est pas toujours évident à regarder et je me suis senti mal à l’aise à plusieurs reprises alors que je n’ai jamais été confronté à une telle situation. Ce n’est pas une raison pour autant de bouder le long-métrage, bien au contraire : ce défilé de salopards, hommes et femmes d’ailleurs, qui s’en seraient sortis sans encombre dans la ténacité de l’héroïne est une piqure de rappel encore bien trop utile, hélas.</p>
<p><em>Promising Young Woman</em> commence avec une première scène bien éprouvante. Une femme manifestement ivre et surtout seule dans un bar, un trio de mecs lourdingues qui s’en amusent et deux qui commencent déjà à se faire des films. Le troisième semble pus sympathique, il s’approche pour l’aider et proposer de la raccompagner chez elle, mais pendant le trajet, demande au conducteur d’aller chez lui à la place. Il la fait monter, lui donne encore plus d’alcool et commence à la violer et juste quand la séquence devient insupportable, la jeune femme se redresse et le confronte sur ce qu’il est en train de faire. On découvre par la suite que ce n’était pas une soirée exceptionnelle et que c’est une activité que Cassie fait plusieurs fois par semaine : elle se fait passer pour ivre et suit les hommes qui l’abordent jusqu’au viol, qui semble inévitable. Le portrait dressé par Emerald Fennell fait froid dans le dos, avec cette bonne idée sur le casting, constitué uniquement d’acteurs que l’on a croisé davantage pour des rôles positifs. Ce ne sont pas des méchants, ce sont des types normaux qui semblent comporter en parfaits <em>gentlemen</em> et qui sont en général persuadés qu’ils le sont. Et pourtant, quand ils voient une femme ivre et seule dans un bar, leur première pensée est de la ramener chez eux pour baiser, et non pas de l’aider.</p>
<p>Je ne veux pas prendre le risque d’en dévoiler trop sur l’intrigue, qui contient quelques surprises notamment sur la fin. <em>Young Promising Woman</em> se révèle nettement plus riche qu’on pouvait l’envisager dans un premier temps, avec une histoire de vengeance de la part de l’héroïne pour un viol passé — que l’on ne voit jamais, un excellent point, l’horreur des récits suffit amplement — et même une histoire d’amour qui se glisse au milieu. L’ensemble est glaçant et drôle aussi, un drôle de mix permis par l’excellente Carrey Mulligan dans le rôle principal. Le succès du film lui doit beaucoup, même s’il faut souligner que le scénario, également signé Emerald Fennell, est rondement mené pour ne pas en dévoiler trop d’un seul coup et ménager quelques surprises tout au long du parcours. Une vraie réussite !</p>
]]></description></item><item><title>The Baby, HBO</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/baby-hbo/</link><pubDate>Sat, 16 Jul 2022 22:09:52 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/baby-hbo/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/baby-hbo/baby.jpg">
        <p>Imaginez l’intrigue classique d’une histoire d’horreur avec de multiples meurtres… sauf que le tueur en série est un bébé. C’est le point de départ de <em>The Baby</em>, une étonnante création de HBO et cette idée improbable donne une mini-série hilarante de huit épisodes et une trentaine de minutes chacun. Lucy Gaymer et Siân Robins-Grace n’ont pas besoin de prolonger inutilement leur idée somme toute maigre, ils déploient une histoire qui tient parfaitement sur cette durée et parviennent à maintenir l’ambiance si délicieusement bizarre jusqu’à la toute fin.</p>
<p>Je ne veux pas révéler trop d’éléments de l’intrigue qui, si elle reste assez fine, joue quand même sur les effets de surprise. Tout le début est notamment excellent, quand on ne sait pas encore ce qu’il va se passer et que l’on tombe dans ce univers barré où une femme se suicide en bord de falaise, laissant un bébé qui saute et atterrit dans les bras d’une autre femme en contrebas, sans mal. Dès le pilote, <em>The Baby</em> souligne que le réalisme n’a pas sa place ici et c’est très bien ainsi. La création portée par HBO assume son humour noir et une belle touche d’absurde, c’est une série britannique après tout. Les péripéties se déploient par la suite à bon rythme, on ne s’ennuie pas sans tomber dans la frénésie et les quelques personnages gagnent vite en épaisseur psychologique. Ce n’est pas une grande série et elle n’en a pas la prétention, mais <em>The Baby</em> vaut bien le détour.</p>
]]></description></item><item><title>Doctor Strange in the Multiverse of Madness, Sam Raimi</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/doctor-strange-multiverse-madness-raimi/</link><pubDate>Thu, 14 Jul 2022 22:20:05 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/doctor-strange-multiverse-madness-raimi/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/doctor-strange-multiverse-madness-raimi/doctor-strange-multiverse-madness.jpg">
        <p>Le multivers est la tendance du moment chez Marvel, si vous étiez encore passé à côté jusque-là, <em>Doctor Strange in the Multiverse of Madness</em> tient à le rappeler dès son titre. Mais le vingt-huitième long-métrage de l’immense saga est loin d’être le premier à présenter le concept et si vous êtes passé à côté de <a href="https://voiretmanger.fr/loki-waldron-disney/"><em>Loki</em></a> qui l’introduisait, mais aussi du précédent volet dans l’Univers cinématographique Marvel, <a href="https://nicolasfurno.fr/film/spider-man-no-way-home-watts/"><em>Spider-Man: No Way Home</em></a>, qui le reprenait, vous serez un petit peu perdu. Et si cela ne suffisait pas, mieux vaut aussi avoir bien en tête la série <a href="https://voiretmanger.fr/wandavision-schaeffer-disney/"><em>WandaVision</em></a> et pendant que vous y serez, le premier <a href="https://voiretmanger.fr/doctor-strange-derrickson/"><em>Doctor Strange</em></a> posait quelques bases utiles pour comprendre ce qui se passe ici. En bref, Disney poursuit sans freiner cette idée folle d’une immense saga et Sam Raimi n’essaie même pas de réintroduire tous les concepts, si bien que la folie évoquée dans le titre n’est pas éloignée de ce qu’un spectateur peu au fait pourrait ressentir.</p>
<p>En ayant bien en tête tout ce qui précède, le blockbuster Marvel perd de son côté obscur et un poil fou et devient plus clair. Le Doctor Strange rencontre une jeune adolescente dotée du pouvoir de passer d’un univers à l’autre, un pouvoir qu’elle maîtrise mal, mais qui attire les envies de Wanda, devenue sorcière rouge à la fin de <em>WandaVision</em> et qui est en quête de ses enfants depuis. Il va l’aider à travers les univers et affronter Wanda, ancienne alliée des Avengers devenue ici la grande méchante. C’est une bonne idée d’exploiter ce personnage comme opposante, même si je ne peux pas m’empêcher de voir la grille de lecture si conservatrice de Disney dans ses motivations. Wanda se bat pour… retrouver ses enfants, comme si son statut de mère était le seul qui comptait et qu’elle ne pourrait pas vivre sans progéniture à ses côtés. On a vu idée plus moderne, mais passons. <em>Doctor Strange in the Multiverse of Madness</em> exploite correctement le concept des univers parallèles avec les mêmes personnes et des variantes, ce qui permet d’envisager quelques combinaisons amusantes. Sans aller aussi loin que dans l’intrigante série d’animation <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/what-if-disney+/"><em>What If?</em></a>, le scénario mis en images par Sam Raimi explore malgré tout une idée originale, avec une fusion des 4 Fantastiques, des X-Men et des Avengers dans une autre réalité. Des super-super-héros… qui sont laminés en quelques secondes par Wanda, drôle de concept. Cette séquence est d’ailleurs assez représentative de l’ensemble du film, qui alterne entre d’excellentes idées nouvelles et la grosse machine hollywoodienne qui avance sans trop savoir pourquoi.</p>
<p>Au rang des bonnes idées, le combat avec des notes de musique est génial, une sorte de <a href="https://voiretmanger.fr/fantasia-sharpsteen/"><em>Fantasia</em></a> revisité à la sauce Marvel. J’ai aussi beaucoup apprécié la touche d’horreur sur la fin, avec un Doctor Strange qui se bat grâce à un cadavre zombifié, c’était l’une des propositions de la série <em>What If?</em> et elle trouve une belle place ici. Grâce à ces bons moments, Sam Raimi parvient à tenir la distance et à divertir pendant deux heures sans nous ennuyer. Malgré tout, on reste sur un film Marvel tout ce qu’il y a de plus classique, peut-être un peu trop. C’est divertissant, sans plus, et je me demande si le format série n’aurait pas été meilleur, pour donner plus de temps aux personnages et davantage exploré le multivers, qui n’est finalement pas beaucoup exploité ici. Et au passage, peut-être trouver une meilleure motivation derrière les horreurs commises par Wanda…</p>
]]></description></item><item><title>Baby Fever, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/baby-fever-netflix/</link><pubDate>Wed, 13 Jul 2022 21:11:16 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/baby-fever-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/baby-fever-netflix/baby-fever.jpg">
        <p><em>Baby Fever</em> pourrait être présenté comme une comédie romantique, mais la série Netflix venue du Danemark ne ressemble pas à une comédie romantique. En réalité, cette création de Nikolaj Feifer et Amalie Næsby Fick mérite mieux que d’être restreinte à un seul genre, elle suit sa voie et impose ses propres règles, avec une vision assez trash et en même temps réaliste d’une histoire d’amour moderne. Il y a bien une femme, Nana, et il y a bien un homme, Mathias, mais leur histoire d’amour est presque secondaire. L’intrigue principale se déploie autour de l’héroïne, médecin spécialisée en fertilité, de son amie Simone et d’une soirée un peu trop arrosée au bureau qui se termine pour Nana par son auto-insémination du sperme de Mathias. Un sperme qu’elle a volé sans l’accord du principal intéressé et évidemment, comme le titre traduit le laisse entendre, qui va donner un résultat immédiat. Oups…</p>
<p>En six épisodes d’une demi-heure, la première saison de <em>Baby Fever</em> ne perd pas son temps avec des intrigues secondaires, mais elle parvient quand même à créer des personnages épais et convaincants. Nana est la plus soignée, elle est de tous les plans et c’est elle qui bénéficie du meilleur traitement, notamment grâce à sa mère. La création originale de Netflix surprend par son ton libre et le choix de sujets plus originaux qu’il n’y paraissait. Elle est aussi très drôle et je dois saluer le travail de Josephine Park, excellente dans le rôle principal. Ce n’est peut-être pas une grande série, mais elle est parvenue à me divertir, ce qui est déjà une bonne chose.</p>
]]></description></item><item><title>Ugly Season, Perfume Genius</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/ugly-season-perfume-genius/</link><pubDate>Tue, 12 Jul 2022 21:35:12 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/ugly-season-perfume-genius/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/ugly-season-perfume-genius/ugly-season.jpeg">
        <p>J’ai découvert Perfume Genius il y a quelques années pour son album <em>No Shape</em> et j’ai tout de suite accroché. C’est en grande partie sa voix particulière et aisément identifiable qui m’a accrochée, mais aussi les instrumentations complexes et subtiles, où s’entremêlent les références et les instruments venus d’horizons variés. Les compositions du musicien américain n’ont jamais été simples, mais il aborde une nouvelle phase encore de sa carrière avec son dernier album, <em>Ugly Season</em>, qui franchit plus résolument le pas de l’expérimentation musicale qui avait toujours été sous-jacent, sans abandonner pour autant le sens de la mélodie. À l’image peut-être de sa pochette tourmentée, une peinture pas entièrement figurative sans être abstraite pour autant.</p>
<p>Le résultat, dix pistes, un album de plus de 50 minutes qui nous emmène sur des horizons variés. L’ouverture, « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=bazEeZWaAtk"><em>Just a Room</em></a> », est un bel exemple du nouvel esprit de Perfume Genius, avec un morceau séparé en deux parties très nettes : une première intense, suffocante presque, qui semble ne laisser aucun air à l’auditeur avant de céder le pas à une mélodie presque fragile qui rappelle davantage les morceaux habituels de l’artiste. Cet équilibre entre les deux tendances traverse <em>Ugly Season</em>, qui s’aventure hors des sentiers battus et expérimenter autour de la musique et de ses ambiances. L’album a été écrit en partie pour un spectacle de danse, ce qui peut expliquer ces tentatives et notamment les morceaux instrumentaux, mais il se suffit amplement à lui-même et propose un voyage aussi mouvementé que satisfaisant. Il y a des instruments classiques, une touche d’électronique, des titres longs — deux morceaux dépassent les 7 minutes, dont l’excellent « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=NVBJeQO6eR0"><em>Herem</em></a> » qui se construit autour d’une montée en puissance, un classique qui me séduit à chaque fois — et des plus brefs, des changements de rythme brutaux et des genres qui défilent, de la pop à la disco en passant par ce piano quasiment seul sur l&rsquo;intense « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Ho2zIV64r3k"><em>Scherzo</em></a> ».</p>
<p>Ce nouvel album est moins immédiat que les précédents et j’ai d’ailleurs failli passer à côté. Avec quelques écoutes de plus, il se révèle pourtant, les mélodies émergent et la beauté se met en place. Laissez une vraie chance à Perfume Genius et il saura peut-être lui aussi vous envoûter avec <em>Ugly Season</em>.</p>
]]></description></item><item><title>Licorice Pizza, Paul Thomas Anderson</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/licorice-pizza-anderson/</link><pubDate>Sun, 10 Jul 2022 21:03:43 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/licorice-pizza-anderson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/licorice-pizza-anderson/licorice-pizza.jpg">
        <p>Paul Thomas Anderson, les années 1970 et le fils de Philip Seymour Hoffman puisque le père n’est plus là… sur le papier, <em>Licorice Pizza</em> n’a rien d’original. Malheureusement, c’est encore pire sur la pellicule — littéralement, le long-métrage a été tourné pour simuler les caméras 70 mm de l’époque —, avec un scénario paresseux quand il n’est pas carrément limite. Le réalisateur imagine une histoire d’amour entre un garçon de quinze ans interprété par un excellent Cooper Hoffman, il faut le reconnaître, et une femme qui en a dix de plus jouée par Alana Haim qui est elle aussi parfaite dans ce rôle. Quand l’intrigue s’est mise en place, j’imaginais une suite bien différente, mais le cinéaste se contente de développer cette romance sans jamais la remettre en cause et en se complaisant dans une nostalgie passéiste franchement ennuyeuse.</p>
<p>C’est dommage, car il y avait sûrement matière à faire bien mieux avec les idées éparpillées dans ce long-métrage. Les personnages imaginés par Paul Thomas Anderson sont curieux et intéressants à ce titre, à l’image du personnage principal, un jeune acteur à peine sorti de l’adolescence même si physiquement il pourrait passer pour un adulte et même s’il se comporte comme tel. Gary enchaîne les idées d’entreprises, vendant des matelas à eau un jour, ouvrant une salle de flippers le lendemain. Alana est une jeune femme de 25 ans qui a grandi dans une famille d’origine israélienne assez stricte et qui suit Gary dans toutes ses aventures, sans que l’on ne sache trop pourquoi. Le duo fonctionne bien, mais <em>Licorice Pizza</em> insiste pour multiplier les faux pas. Il y a cette différence d’âge entre les deux, suffisamment grande pour que ce soit considéré comme un délit, mais ce n’est que la surface de l’iceberg. Plus je repense au dernier film de Paul Thomas Anderson et plus je suis gêné par l’accumulation de faux pas, avec ces personnages gays tous efféminés et tous ces vieux hétérosexuels gênants qui s’accumulent pendant deux heures. L’ensemble respire fort la nostalgie d’un passé glorieux, exclusivement blanc et majoritairement hétéro, où le réchauffement climatique n’était pas encore un sujet et où on pouvait s’amuser avec les crises pétrolières. Cela fait peut-être rêver Paul Thomas Anderson et la majorité de la critique, mais pas certainement moi.</p>
]]></description></item><item><title>Stranger Things, Netflix (saison 4)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/stranger-things-netflix-saison-4/</link><pubDate>Sat, 09 Jul 2022 22:19:06 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/stranger-things-netflix-saison-4/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/stranger-things-netflix-saison-4/ST4.jpeg">
        <p>Netflix a modernisé les séries en se débarrassant des contraintes liées à la diffusion à horaire fixe. Comme l’entreprise n’a jamais eu de grille horaire ni de coupures pubs à respecter, elle n’a imposé aucune durée fixe et encore moins de nombre d’épisodes à ses créateurs. Alors, pourquoi ne pas imaginer qu’une saison fasse neuf épisodes, découpée bizarrement en deux parties de sept et deux ? Et surtout, pourquoi ne pas terminer cette saison sur un épisode de… deux heures et demi ? <em>Stranger Things</em> ne se refuse rien, quitte à faire trop long dans ce final qui aurait mérité quelques coupes franches. Néanmoins, cette quatrième saison reste dans l’ensemble un grand moment de n’importe quoi, de l’horreur bien fun et qui explique sans difficulté l’incroyable succès de cette série.</p>
<p>La <a href="https://voiretmanger.fr/stranger-things-duffer-netflix/">première saison de <em>Stranger Things</em></a> a été tournée fin 2016, une éternité pour ses personnages principaux, tous des collégiens au départ. Ils n’ont pas arrêté de grandir et sont désormais à la limite de pouvoir passer pour des lycéens. La bonne idée des frères Duffer est de faire évoluer leur création en même temps que leurs personnages principaux. La saison 3 donnait ainsi dans le <em>teen movie</em>, place à l’horreur plus mature dans la 4. Il est toujours question du même monde à l’envers empli de bestioles horrifiques, mais le grand méchant se révèle être un psychopathe digne des pires <em>serial-killers</em> tandis que dans le monde réel, les meurtres sont attribués par le lycéen blanc, hétéro et populaire au groupe de jeux des héros, qualifié de culte satanique et pourchassé avec de vraies armes. Bref, l’ambiance n’est plus à la déconne et c’est une bonne piste pour renouveler une série qui donnait le sentiment de tourner un petit peu en rond dans sa saison précédente. Ce qui ne veut pas dire que tout est parfait, loin de là. À mon sens, le plus gros défaut est d’avoir éclaté autant les personnages et de ne les faire réunir que si tard. Il y a trop d’arcs parallèles et des personnages sont sacrifiés, ici c’est particulièrement le cas de Mike et de Will qui n’ont qu’un rôle secondaire. On pourrait dire qu’il faut bien alterner, mais c’est aussi le symptôme d’une trop grande accumulation de personnages et à trop s’éparpiller, on finit par s’y perdre un petit peu et surtout se désintéresser.</p>
<p>« Toutes les fins ont un début », prévenait l’affiche de la quatrième saison de <em>Stranger Things</em>, un énorme divulgâchage. Eh oui, malgré les 2h30 du dernier épisode, ce n’est pas encore la fin de l’affrontement entre Hawkins et le monde à l’envers. Une ultime cinquième saison est prévue et cette fois, elle devrait reprendre juste après celle-ci. Même si j’ai trouvé le temps long par endroits, je serai au rendez-vous pour cette conclusion, en espérant que les scénaristes perdront moins de temps sur les intrigues secondaires. J’espère aussi que le personnage de Will aura enfin droit au coming-out qui est déjà franchement à la bourre. Il y avait pourtant de multiples occasions parfaites dans cette quatrième saison et quitte à perdre du temps sur des intrigues secondaires, autant le faire avec lui plutôt que de développer des amours hétérosexuelles vues et revues. <em>Stranger Things</em> n’a plus qu’une saison pour redresser le tir, croisons les doigts.</p>
]]></description></item><item><title>The Stanley Parable: Ultra Deluxe</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/stanley-parable/</link><pubDate>Fri, 08 Jul 2022 21:29:19 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/stanley-parable/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/stanley-parable/stanley-parable.jpg">
        <p>Vous incarnez Stanley, employé n°427 d’une entreprise tout ce qu’il y a de plus banal jusqu’au jour où vous découvrez que personne n’est venu au bureau. Vous êtes tout seul face à votre ordinateur, il n’y a plus aucun collègue et vous sortez ainsi de la pièce pour comprendre@ ce qui se passe. C’est le point de départ de <em>The Stanley Parable</em> et il est très important d’arrêter immédiatement votre lecture si vous ne connaissez pas ce jeu et que vous aimez à la fois les jeux d’aventures et l’humour absurde. Le titre sorti à l’origine en 2013 doit être découvert sans rien avoir lu à son sujet, tout le plaisir venant de la surprise qui vous accompagnera dans les couloirs de bureau virtuels.</p>
<p>Ce que le joueur découvre vite en effet, c’est qu’il ne peut pas gagner. Ce n’est pas un jeu de plateforme difficile qu’il est presque impossible à terminer, c’est un jeu où les dès sont pipés. Un narrateur vous guide dans les couloirs et vous pouvez suivre ce qu’il dit à la lettre, vous terminerez par sortir de l’entreprise dans un champ et… vous vous retrouverez à votre bureau. Ou alors vous pouvez ne pas l’écouter et faire l’inverse de ce qu’il dit, poursuivre votre chemin dans un couloir obscur alors qu’il vous promet la mort, et vous mourrez en effet… pour vous retrouver au même bureau. C’est tout le concept de <em>The Stanley Parable</em>, un jeu qui ne peut pas être gagné, car il n’a pas de fin, il n’a même pas réellement d’objectif. D’ailleurs, peut-on considérer que c’est encore un jeu ? C’est presque davantage un récit où vous êtes le héros, et encore très vaguement. Le plaisir vient de la découverte de l’univers et de toutes les fins alternatives qu’il contient. Respectez les consignes une fois, mais pas la suivante, et vous aurez une « aventure » différente. Appuyez sur un bouton ou un autre et la suite changera également. Mais de toute manière, la fin est toujours la même, vous vous retrouverez toujours dans la pièce 427, toujours dans les mêmes bureaux vides, avec toujours le même narrateur.</p>
<p>Cela serait ennuyeux après dix minutes, si l’humour n’était pas au rendez-vous. Les créateurs de <em>The Stanley Parable</em> ont infusé leur titre d’une grosse dose d’absurde, en imaginant de multiples opportunités de se moquer de vous, le joueur. Et cela dépasse même le cadre strict du jeu, car le narrateur peut aussi jouer avec vos attentes à tout moment, quand on vous demande de définir l’heure au lancement, ou même dans les réglages que vous devrez ajuster un à un pour atteindre l’un des objectifs. Et que vous respectiez les règles ou que vous ne les respectiez pas, le narrateur sera là avec son second degré et son mauvais esprit, toujours prêt pour une moquerie ou vous tourner en bourrique. Avec l’extension introduite dans <em>The Stanley Parable: Ultra Deluxe</em> sortie cette année et ses ajouts tous plus excitants — mention spéciale à la possibilité de sauter 🤯<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> — il y a de quoi tenir quelques heures sans problème, car on découvre toujours une nouveauté dans cet univers remarquablement dense. Après deux bonnes heures de jeu, je n&rsquo;ai peut-être pas encore épuisé entièrement le titre, mais je laisserai bien passer quelques jours ou semaines avant de m’y replonger. Cela tombe bien, un des objectifs est de ne pas y jouer pendant… dix ans. Voilà qui résume bien son délicieux esprit moqueur.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Les réglages du jeu mentionnent depuis le départ la possibilité de sauter avec la barre espace par défaut, mais… cela ne fonctionne pas. L’extension a été l’occasion de réparer cette erreur, précisément 36 fois.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>La Famille Tenenbaum, Wes Anderson</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/famille-tenenbaum-anderson/</link><pubDate>Thu, 07 Jul 2022 21:45:23 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/famille-tenenbaum-anderson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/famille-tenenbaum-anderson/tenenbaum.jpg">
        <p>Le style Wes Anderson se reconnaît entre milles et <em>La Famille Tenenbaum</em> a permis au cinéaste de le cristalliser pleinement. Son troisième long-métrage rassemble tout ce qui l’a fait connaître : les couleurs pop, les décors rétro très travaillés, les personnages hauts en couleur, la famille dysfonctionnelle et cette pointe d’absurde teintée de préciosité. Autant de traits qui plairont à ses fans et feront fuir ses détracteurs. Je me place dans la première catégorie et ce film sorti en 2001 reste indéniablement l’un de ses meilleurs.</p>
<p>L’introduction donne le ton : les trois enfants Tenenbaum sont des surdoués qui ont tous dépassé avant la puberté des objectifs que la majorité des humains n’atteignent jamais de leur vivant. L’un a fait fortune dans la finance, l’autre a écrit plusieurs pièces de théâtre, le dernier est un tennisman accompli. Ce n’est pas le sujet qui intéresse Wes Anderson toutefois, son film reprenant une vingtaine d’années plus tard. La communauté a explosé en plein vol, Royal a trompé sa femme et Etheline l’a mis à la porte, tandis que les trois enfants ne sont plus que l’ombre de ce qu’ils étaient plus jeunes. <em>La Famille Tenenbaum</em> commence réellement dans ce présent assez triste, alors que tous les membres de la famille se retrouvent pour la première fois dans la grande maison familiale. Le réalisateur n’essaie pas de créer de faux suspense, ce n’est pas son genre, il préfère au contraire compter sur des explications appuyées sous la forme de chapitres d’un faux livre qu’il est supposé adapter. Tout est faux, le scénario original ayant été co-écrit par ses soins et par Owen Wilson, mais cela fait partie du dispositif humoristique, basé en grande partie sur les décalages et un sens marqué de l’absurde. Ce n’est pas le seul moteur et il convient de saluer les performances des acteurs, tous remarquables dans leurs rôles comiques basés sur des personnages tristes. On évoque souvent, et à raison, le talent de Gene Hackman dans le rôle du père, mais le casting est un sans faute, que ce soit les deux frères Wilson, Gwyneth Paltrow ou encore Ben Stiller, sans oublier naturellement le légendaire Bill Murray, qui n’était pas encore tout à fait un habitué à cette époque.</p>
<p>Les décors et la bande-originale sont les deux acteurs supplémentaires de ce casting et ils sont tous deux notables, tout particulièrement les premiers. Wes Anderson a tout filmé dans des décors naturels situés à New York, mais ses décorateurs se sont donnés beaucoup de mal pour faire oublier la ville américaine, tout comme le tournage a été compliqué par le choix d’une vraie maison mal fichue avec ses escaliers ridiculement petits. Ces décisions se retrouvent dans le long-métrage final néanmoins : <em>La Famille Tenenbaum</em> se déroule dans un monde familier et en même temps différent, comme si l’on était dans un univers parallèle. Ce ce qui est, encore une fois, une marque de fabrique de son créateur.</p>
]]></description></item><item><title>Love &amp; Anarchy, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/love-anarchy-netflix/</link><pubDate>Tue, 05 Jul 2022 21:06:37 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/love-anarchy-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/love-anarchy-netflix/love-anarchy.jpg">
        <p><em>Love &amp; Anarchy</em> porte bien son nom. D’un côté, cette comédie romantique reprend tous les codes du genre, avec une histoire d’amour entre Sofie, consultante qui vient moderniser un éditeur de Stockholm et Max, jeune stagiaire qui travaille dans l’entreprise quand elle arrive. De l’autre, cette romance teintée de haine est constamment dynamitée par une bonne dose de désordre, à base de défis lancés les uns après les autres et qui montent en épingle. La série suédoise portée par Netflix parvient ainsi à sortir des cadres habituels et à surprendre, surtout sur sa deuxième saison qui s’éloigne de l’humour initial et parvient à creuser ses personnages en traitant de sujets nettement plus difficiles.</p>
<p>C’est ce côté surprenant en permanence qui est le plus plaisant dans <em>Love &amp; Anarchy</em>. Sans cela, on aurait une comédie romantique sans doute assez banale et l’exotisme très relatif apporté par la langue et la culture suédoises n’aurait sans doute pas suffi à maintenir notre intérêt au-delà d’un épisode ou deux. Mais Lisa Langseth parvient à surprendre, d’abord avec ces défis lancés par ses deux personnages principaux. L’un doit marcher toujours à l’envers, l’autre rester en permanence assis sur sa chaise, puis engueuler quelqu’un au hasard ou encore baver. C’est puéril, mais ce petit jeu qui se crée entre Sofie et Max amène la série sur le terrain de la comédie pure, tout en construisant leur relation. La saison se construit autour d’un décès qui chamboule tout et remet en cause le caractère comique de la série de Netflix. Même si elle a toujours des passages comiques, <em>Love &amp; Anarchy</em> adopte un ton plus sérieux pour aborder la question du deuil ou encore du capitalisme. Cela pourrait ressembler à une blague, mais les scénaristes suivent ces nouvelles pistes avec sérieux et cela paye. Moins drôle peut-être, cette deuxième saison est à mon avis encore plus réussie que la première et j’ai hâte de découvrir d’en voir plus.</p>
]]></description></item><item><title>Adaptation., Spike Jonze</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/adaptation-jonze/</link><pubDate>Sun, 03 Jul 2022 20:32:58 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/adaptation-jonze/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/adaptation-jonze/adaptation.jpg">
        <p><em>Adaptation.</em> est un film étonnant, qu’il est préférable de découvrir sans rien avoir lu à son sujet. Le long-métrage réalisé par Spike Jonze s’apprécie d’autant plus la première fois qu’on le regarde sans connaître son sujet et surtout pas son concept, car c’est là tout son intérêt. Si vous ne l’avez jamais vu, je vous conseille ainsi de commencer par le regarder, avant de revenir ici lire la suite.</p>
<p>Le film porte bien son titre : <em>Adaptation.</em> s’intéresse au travail d’adaptation d’une œuvre littéraire en un film en suivant le parcours difficile d’un scénariste. Dès le départ, le spectateur est pris dans ce qui ressemble à une autobiographie, voire un documentaire, car (presque) rien n’est fictif. Le scénariste qui doit adapter l’œuvre et qui est le héros du film est Charlie Kaufman, un vrai scénariste qui a en effet été chargé d’adapter le même livre <em>‌The Orchid Thief</em> que dans le film. Comme dans la vraie vie, il se documente sur le sujet, tente de multiples angles différents et reste toujours bloqué face à une page blanche. Au fil de cet éprouvant travail, il parvient à écrire un scénario sur sa difficulté à écrire ce scénario… et c’est bien évidemment celui du long-métrage que l’on est en train de voir ! La première fois que le spectateur est pris dans cet empilement de réalités qui s’entrecroisent, l’ensemble peut paraître déstabilisant. Spike Jonze parvient à passer d’une séquence à l’autre et surtout d’une réalité à l’autre avec une grande aisance toutefois. On voit en parallèle ce que le scénariste fait, l’histoire racontée par le livre qu’il adapte et le récit de la journaliste qui a écrit ce livre. Tous ces éléments se télescopent sans perdre le spectateur, et si cela ne suffisait pas, <em>Adaptation.</em> s’amuse encore davantage en jouant constamment sur nos attentes. Ainsi, le film respecte les instructions du spécialiste autoproclamé et propose une fin spectaculaire, et par ailleurs éloignée de la réalité, mais tout en contredisant toutes ses autres règles, notamment sur l’utilisation d’un narrateur. Au-delà de l’histoire spécifique de l’adaptation compliquée d’un livre, Charlie Kaufman semble régler quelques comptes, ou en tout cas apporter son regard critique sur les règles à respecter absolument à Hollywood.</p>
<p>Le projet n’aurait pas été aussi convaincant sans un casting exceptionnel et sur ce point aussi, <em>Adaptation.</em> ne déçoit pas. Nicolas Cage n’a pas fait que des bons films, mais l’acteur est brillant dans un double rôle, puisqu’il doit non seulement incarner le scénariste, mais aussi un frère jumeau que Charlie Kaufman a créé de toutes pièces. Il compose deux interprétations subtilement différentes et son travail assez dingue soutient tout le projet. À ses côtés, Meryl Streep est évidemment très bien — qui en douterait ? —, mais je retiendrai surtout Chris Cooper, bluffant dans le rôle du chasseur d’orchidées.</p>
]]></description></item><item><title>The Power of the Dog (Soundtrack From the Netflix Film), Jonny Greenwood</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/power-dog-soundtrack-greenwood/</link><pubDate>Sat, 02 Jul 2022 21:38:52 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/power-dog-soundtrack-greenwood/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/power-dog-soundtrack-greenwood/power-dog-soundtrack.jpg">
        <p><em>The Power of the Dog</em> n’est pas qu’un excellent <a href="https://voiretmanger.fr/power-dog-campion/">film de Jane Campion</a>, c’est aussi une bande-originale de Jonny Greenwood. Ce n’est pas la première fois que le guitariste de Radiohead signe la musique d’un film, il a notamment composé la bande-son glaçante à souhait du non moins excellent <a href="https://voiretmanger.fr/there-will-be-blood-anderson/"><em>There Will Be Blood</em></a> et de multiples autres à la suite. À chaque fois, il imagine des tableaux sonores pleins de mystères, de la musique contemporaine à l’opposée des grandes envolées lyriques d’un immense orchestre symphonique, mais toujours avec des instruments classiques : pianos, cordes ou encore guitares se partagent la partition.</p>
<p>Pour le western de Jame Campion, il a rassemblé seize morceaux assez courts, rarement plus de trois minutes et souvent autour de la minute trente, pour un album tout aussi bref puisqu’il dépasse à peine la demi-heure. C’est court, mais intense : <em>The Power of the Dog (Soundtrack From the Netflix Film)</em> emporte l’auditeur dans une ambiance différente dans chaque titre, tout en parvenant à être cohérente et à maintenir cette aura de mystère jusqu’au bout. J’ai beaucoup fait tourner l’album après avoir vu le film et en retombant dessus au hasard de mes écoutes, je constate qu’il n’a pas pris une ride. Tous les morceaux restent longuement en mémoire, ils sont tous ciselés avec soin, pour une poignée d’instruments seulement. Tous sont différents et en même temps, l’ensemble est aussi d’une grande cohérence : c’est un exposé assez bluffant du talent de Jonny Greenwood, touche-à-tout qui a largement contribué à une époque pour tirer Radiohead vers des sommets.</p>
<p>Aucune musique électronique ni même d’instrument électrique ici, mais un sens de la composition dans la droite lignée des morceaux de Radiohead. Complexe sans être compliqué, l’album nécessite quelques écoutes pour être pleinement apprécié et il viendra ensuite longtemps vous hanter, ce qui est bien la preuve de sa réussite.</p>
]]></description></item><item><title>Planète Préhistorique, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/planete-prehistorique-apple-tv+/</link><pubDate>Fri, 01 Jul 2022 21:06:12 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/planete-prehistorique-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/planete-prehistorique-apple-tv&#43;/planete-prehistorique.jpeg">
        <p>Le concept derrière <em>Planète Préhistorique</em> est simple : c’est un documentaire animal, mais à l’ère préhistorique. Le style est rigoureusement le même que des centaines de documentaires similaires et le choix de David Attenborough pour la narration renforce cette proximité. Le scientifique a déjà narré des dizaines (centaines ?) de documentaires et son style est reconnaissable entre tous. Si vous aviez regardé le documentaire <a href="https://voiretmanger.fr/notre-planete-fothergill-scholey-netflix/"><em>Notre Planète</em></a> diffusé par Netflix il y a quelques années, par exemple, vous serez en terrain connu. On retrouve le même découpage géographique, avec des épisodes thématiques qui traitent l’un des côtes, l’autre des forêts, le troisième des déserts. Au sein de chaque épisode, on retrouve encore la même narration, avec des séquences dédiées à un ou deux animaux, des passages sur la reproduction, d’autres sur l’alimentation et par moment des anecdotes croustillantes. Même les travers du genre, comme les séquences d’action rythmées par Hans Zimmer qui pourraient difficilement être plus caricaturales, sont conservés.</p>
<p>Mais là où le créateur d’un documentaire animalier doit poser ses caméras au milieu de nature et faire preuve de patience, les concepteurs de <em>Planète Préhistorique</em> ont été obligés de recréer les dinosaures et ptérosaures qu’ils veulent présenter. C’est là toute la difficulté de l’entreprise et on comprend alors mieux la présence de Jon Favreau à la production ainsi que du studio MPC à l’animation. Le duo a déjà eu l’occasion de créer des créatures numériques photoréalistes pour les relectures de deux classiques Disney, <a href="https://voiretmanger.fr/livre-jungle-favreau/"><em>Le Livre de la Jungle</em></a> et <a href="https://voiretmanger.fr/roi-lion-favreau/"><em>Le Roi Lion</em></a>, et c’est cette même technique qui a été reprise ici. Avec un succès assez  fou, il faut bien l’admettre. À part sur quelques plans ici ou là, les séquences créées de toute pièce pour cette série documentaire diffusée par <em>Apple TV+</em> sont bluffantes. À plusieurs reprises au fil des cinq épisodes, j’ai réussi à oublier tout le dispositif numérique et prendre ce que je regardais pour un vrai documentaire, comme si on avait réussi à remonter le temps et envoyer une équipe de tournage il y a 66 millions d’années.</p>
<p>C’est bluffant sur la forme, moins sur le fond. Vous apprendrez peut-être quelques informations nouvelles sur les dinosaures, notamment parce que <em>Planète Préhistorique</em> se base sur des recherches récentes qui ont par exemple découvert que les vélociraptors popularisés par <a href="https://voiretmanger.fr/jurassic-park-spielberg/"><em>Jurassic Park</em></a> ressemblent davantage à des gros poules à dents avec leurs plumes. Néanmoins, le ton reste simple et le documentaire privilégie toujours le spectaculaire, là où j’aurais aimé des informations complémentaires. En particulier, je trouve que les scénaristes auraient mieux fait d’intégrer les travaux de recherche et surtout les spéculations des spécialistes dans le mix. On aurait perdu en immersion, peut-être, mais <em>Planète Préhistorique</em> aurait pu rester accessible, tout en intégrant une partie des recherches et raisonnements scientifiques. À l’arrivée, j’ai même trouvé les quatre ou cinq minutes d’explications qui accompagnent chaque épisode plus intéressantes, ce qui est tout de même dommage. Cela étant, si vous en étiez resté à la vision proposée par Steven Spielberg, ce faux documentaire techniquement remarquable est une remise au goût du jour divertissante qui vaut la peine d’être vue.</p>
]]></description></item><item><title>Obi-Wan Kenobi, Disney+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/obi-wan-kenobi-disney+/</link><pubDate>Thu, 30 Jun 2022 21:53:55 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/obi-wan-kenobi-disney+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/obi-wan-kenobi-disney&#43;/obi-wan-kenobi.jpeg">
        <p>La première série pour Disney+ dans l’univers <em>Star Wars</em> faisait le pari du feuilleton à l’ancienne et <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/mandalorian-disney+-saison-2/"><em>The Mandalorian</em></a> souffre cruellement de ce choix étrange à mon avis. Fort heureusement, ce n’est pas la seule direction suivie par le service de streaming, la preuve en est cette nouvelle série<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> qui adopte un format beaucoup plus moderne. <em>Obi-Wan Kenobi</em> se déroule pile entre la prélogie et la trilogie initiale, au moment charnière où l’Empire est en train de fermer ses griffes sur l’univers, alors que Luke et Leia sont encore des enfants loin de se douter de leurs futurs rôles et alors qu’Anakin devenu Dark Vador cherche toujours à se venger d’Obi-Wan, son ancien maître Jedi. Un cadre familier qui permet aux scénaristes de creuser une histoire nouvelle, mais tout en tissant des ponts entre deux longs-métrages de la saga.</p>
<p><em>Obi-Wan Kenobi</em> a été conçu à l’origine comme un film destiné au grand écran, puis au cours des années comme une trilogie à part entière. Les mauvais résultats des films dérivés de la saga principale et le lancement de Disney+ ont dérouté le projet vers le petit écran, mais on retrouve dans cette origine le sentiment d’avoir une histoire continue. Même si d’autres saisons pourraient suivre — après tout, il reste encore neuf ans avant <em><a href="https://voiretmanger.fr/star-wars-episode-4-nouvel-espoir-lucas/">Star Wars, Épisode IV : Un nouvel espoir</a></em> —, celle-ci se suffit à elle-même et les six épisodes ont une structure d’ensemble nette. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas quelques flottements ici ou là et d’ailleurs, le départ assez mou laisse craindre de revoir un nouveau <em>The Mandalorian</em>, où le bébé Yoda aurait cédé la place à la petite Leia. Heureusement, cette mauvaise impression disparaît vite et l’intrigue s’active, surtout quand Dark Vador entre en scène. Je dois dire que j’ai été surpris de retrouver le personnage mythique dans cette série, j’aurais pensé qu’ils garderaient son aura de mystère de la trilogie initiale. À l’arrivée, je suis partagé : d’un côté, le duo entre Anakin et Obi-Wan fonctionne toujours aussi bien et leurs affrontements sont convaincants, surtout le dernier qui parvient même à être touchant<sup id="fnref:2"><a href="#fn:2" class="footnote-ref" role="doc-noteref">2</a></sup>. En même temps, Dark Vador fonctionne surtout parce qu’il est hors d’atteinte et en l’exposant ainsi, le voir autant et le voir aussi maladroit casse un petit peu de magie. Et puis, essayer de monter un suspense sur un combat entre les deux personnages est idiot, on sait très bien qu’ils vont tous deux s’en sortir…</p>
<p>Cela étant, je comprends pourquoi les scénaristes ont choisi d’inclure le personnage, il est essentiel pour lier la série à la saga et augmenter les enjeux. Sans lui, que resterait-il à <em>Obi-Wan Kenobi</em> ? Une galerie de personnages secondaires sans intérêt, à l’exception notable de la jeune Leia remarquablement interprétée par Vivien Lyra Blair, et des intrigues secondaires d’un profond ennui. On est dans l’univers de <em>Star Wars</em>, alors il est entendu que le réalisme n’est pas de mise, mais quand même : les méchants qui ne tuent aucun gentil, les gentils qui tuent des méchants à la pelle et qui s’échappent aisément alors qu’en face il y a une force de frappe incomparable. Cette désinvolture enlève tout enjeu dramatique et on s’ennuierait ferme s’il n’y avait pas Obi-Wan et Dark Vador. Le pompon, c’est quand même cette méchante qui ne meurt pas alors qu’elle a été terrassée d’un coup de sabre laser et qui sert de moteur grossier à toute la fin de la série.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Techniquement, c’est la troisième chronologiquement puisque Disney+ a aussi sorti <em>Le Livre de Boba Fett</em>, mais elle ressemble tant à une redite que je préfère m’abstenir.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
<li id="fn:2">
<p>J’ai particulièrement apprécié le mélange des voix de Hayden Christensen, qui reprend au passage son rôle d’Anakin dans une scène où il a été horriblement mal rajeuni, et James Earl Jones qui a toujours été <em>la</em> voix de Dark Vador et qui n’a pas perdu de sa superbe. En face, Ewan McGregor a bien vieilli et il est crédible en futur « Ben ».&#160;<a href="#fnref:2" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Borderlands 3</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/borderlands-3/</link><pubDate>Wed, 29 Jun 2022 21:25:59 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/borderlands-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/borderlands-3/borderlands-3.jpg">
        <p>Vous incarnez l’un des quatre Chasseurs de l’Arche et vous devez remplir une série de missions pour le compte des Pillards Écarlates, d’abord sur la planète désertique de Pandora, puis sur plusieurs planètes. <em>Borderlands 3</em> plonge les joueurs dans son univers d’une richesse manifeste, ce qui est logique quand on pense que c’est le quatrième volet d’une saga qui se prolonge autour d’une même histoire. N’ayant jamais joué à un seul titre de la série, j’ai été quelque peu déboussolé au début, mais ce jeu de tir à la première personne avec une dose de jeu de rôle est assez conventionnel dans son fonctionnement. Il y a des objectifs à remplir pour terminer chaque mission, on récupère des armes en cours de route et les différentes actions permettent de gagner des points qui servent à passer des niveaux et augmenter ainsi ses compétences, en choisissant parmi une multitude d’options.</p>
<p>J’ai découvert <em>Borderlands 3</em> suite à une offre spéciale, le titre était gratuit et j’étais curieux. Même si ce n’est pas mon genre de prédilection, les jeux de tir à la première personne (FPS) m’ont occupé de nombreuses heures pendant l’adolescence et j’avais envie de retrouver ces sensations. La gestion du personnage au clavier et à la souris est très classique et j’ai vite retrouvé mes repères, tout comme le passage d’une arme à l’autre, les rechargements, la gestion des munitions et de la vie. Le jeu développé par Gearbox Software est moins linéaire que les FPS de la fin des années 1990 que j’avais bien connus, mais l’univers n’est pas complètement ouvert pour autant et la mission principale force le joueur à rester le long d’une voie assez définie. Le choix tient principalement dans les missions secondaires, que l’on n’est pas obligé de faire, même si c’est alors passer à côté d’une grande partie de l’univers qui est indéniablement riche. On pourrait croire que Pandora le contient en entier, mais on réalise son erreur quand on décolle et que l’on peut alors passer d’une planète à l’autre. Il y a de quoi faire et après environ 37 heures passées à jouer, je suis encore loin d’avoir fait le tour si j’en crois <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Borderlands_3#Synopsis">le résumé détaillé</a>.</p>
<p>Néanmoins, j’ai désinstallé le jeu et je ne pense pas aller plus loin. <em>Borderlands 3</em> m’a attiré au départ pour son histoire racontée avec humour et j’avais envie de voir où elle menait. Il souffre toutefois de trop de défauts à mes yeux, le plus gros étant une gestion maladroite des ennemis. Les opposants sont idiots, ils n’ont strictement aucune once d’intelligence et n’interviennent que lorsque vous franchissez un seuil, pour le coup j’avais l’impression de revenir un quart de siècle en arrière. Mais surtout, ils reviennent constamment : si vous nettoyez une zone et que vous revenez plus tard, elle sera à nouveau pleine d’ennemis. On a vite l’impression de tourner en rond et c’est assez artificiel de rallonger la durée de vie simplement en envoyant une armée d’ennemis idiots qui ne semblent jamais mourir. Le mode facile que j’avais choisi est aussi bien trop simpliste, il y a bien trop de coffres bourrés d’armes partout et mourir est presque impossible ; mais c’est de ma faute, j’aurais pu choisir un mode plus compliqué. De manière plus fondamentale, la gestion des armes avec l’argent que l’on collecte dans des milliers de coffres m’a semblé au contraire trop moderne, avec un arrière-goût d’achats in-app, même si le jeu en est dépourvu. Les créateurs de <em>Borderlands 3</em> sont fiers des milliers de combinaisons possibles, mais je trouve au contraire qu’il y a trop d’armes, une abondance contre-productive, car elles manquent de variété et qu’on ne sait plus trop où donner de la tête.</p>
<p>D’ailleurs, on a beau changer de planète, on retrouve toujours les mêmes types de décors, d’ennemis et d’armes dans tout l’univers, si bien que l’ensemble devient assez vite répétitif. Après quelques dizaines d’heures, <em>Borderlands 3</em> m’a paru nettement moins ambitieux que je l’imaginais initialement et ce n’est pas l’histoire à l’humour trop bas du front qui a éloigné l’ennui. Après être revenu d’une planète et alors que je devais me rendre sur une autre pour y tuer des variantes des mêmes ennemis sans grande nouveauté, j’ai finalement abandonné la partie…</p>
]]></description></item><item><title>Umbrella Academy, Netflix (saison 3)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/umbrella-academy-netflix-saison-3/</link><pubDate>Mon, 27 Jun 2022 21:47:39 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/umbrella-academy-netflix-saison-3/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/umbrella-academy-netflix-saison-3/umbrella-academy-3.jpg">
        <p>Dix nouveaux épisodes pour <em>Umbrella Academy</em> et sans grande surprise, c’est léger, c’est fun, on ne s’ennuie pas une seule seconde et on en redemande. La série de Netflix m’avait déjà séduit pour <a href="https://voiretmanger.fr/umbrella-academy-blackman-netflix/">ses deux premières saisons</a> à la fois très conventionnelles sur le fond pour l’amateur de science-fiction que je suis et originales par la forme, avec un sens aiguisé de l’auto-dérision qui lui permet d’éviter de se prendre trop au sérieux. À la fin de la deuxième saison, la bande avait réussi à sauver la planète d’une deuxième apocalypse dans les années 1960 et revenait au présent… mais un présent altéré par leur voyage dans le temps. Dans cette autre version de la réalité, l’Umbrella Academy n’existe pas, c’est la Sparrow Academy que Reginald a créé, avec d’autres super-héros tous nés ce même jour de 1989. Voilà le point de départ, pour cette troisième saison qui joue <em>encore une fois</em> la carte de l’apocalypse à éviter. Mais cette fois, c’est différent, puisque c’est l’univers tout entier qu’il faut sauver ! Et surtout, Steve Blackman a suffisamment d’idées nouvelles pour ne pas nous ennuyer et c’est réussi.</p>
<p>Plus que jamais, la fratrie se déchire et explose face à cette autre fratrie, et c’est le moteur de cette saison. <em>Umbrella Academy</em> renforce la psychologie de tous ses personnages avec succès, accordant à tous un moment de gloire. Diego, par exemple, se révèle dans la paternité, tandis que Luther découvre l’amour pour la première fois de sa vie, « Five » n’est plus aussi sûr de lui quand l’univers se délite dans sa totalité ou encore Klaus réalise quel est son vrai pouvoir. Le plus gros changement dans cette saison, c’est évidemment le personnage de Vanya qui devient Viktor, tout comme son interprète qui avait commencé la série sous le nom d’Ellen Page et qui est désormais Elliot Page. Ce changement pour l’acteur n’est pas passé à la trappe dans cette saison et au contraire, <em>Umbrella Academy</em> fait le choix judicieux de l’incarner également dans la fiction. Ce n’est pas pour autant le sujet central des dix épisodes, ce n’est même pas un sujet à vrai dire : la transition du personnage se fait dans les premiers épisodes, personne ne le remet en cause, tout le monde l’accepte et passe à autre chose. C’est traité avec tout le doigté nécessaire, c’est évident sans créer un problème : c’est exactement ce qu’il fallait faire.</p>
<p>Autour de ces personnages toujours aussi bariolés, l’histoire imaginée par les auteurs de la bande-dessinée adaptée par la série Netflix est toujours aussi folle, cette fois à base de faille dans l’espace-temps cachée dans la suite d’un hôtel. Tout s’accélère sur la fin, avec un gros twist final qui pourrait ouvrir sur de nouvelles saisons… ou offrir à <em>Umbrella Academy</em> une belle fin. Je sais que les auteurs de l’œuvre originale ont prévu une multitude de tomes supplémentaires et qu’il y aurait largement de quoi faire dans cet univers barré. Mais si la série s’arrêtait là, ce ne serait pas un désastre, tant ces trente épisodes ont été plaisants à regarder.</p>
]]></description></item><item><title>Presque Célèbre, Cameron Crowe</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/presque-celebre-crowe/</link><pubDate>Sun, 26 Jun 2022 21:05:42 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/presque-celebre-crowe/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/presque-celebre-crowe/presque-celebre.jpeg">
        <p><em>Presque Célèbre</em> suit les pas d’un jeune de 15 ans embauché par <em>Rolling Stones</em> pour suivre la tournée d’un groupe de rock et publier un article de plusieurs milliers de mots qui fera peut-être la couverture du magazine. Autant dire que cette histoire ne se déroule pas notre époque ni à celle de sa sortie, en 2000. Cameron Crowe a puisé dans ses propres souvenirs de jeunesse pour écrire le scénario de ce long-métrage qui est ainsi en partie autobiographique. Il se déroule au début des années 1970, en pleine révolution culturelle, en pleine explosion de groupes et artistes devenus mythiques et à une époque où personne ne semble choqué qu’un jeune de 15 ans suive pendant plusieurs semaines le quotidien d’un groupe constamment alcoolisé et drogué.</p>
<p>Passée cette surprise, Cameron Crowe raconte son histoire en prenant tout son temps — le film dépasse les deux heures et demi en version <em>director’s cut</em>, tout de même —, mais sans jamais ennuyer. <em>Presque Célèbre</em> parvient à créer des personnages haut en couleur et crédibles, avec une mention toute spéciale au personnage de la mère, remarquablement incarné par Frances McDormand et apparemment inspiré de la vraie mère du réalisateur. Elle se même serait pointée pendant le tournage, peut-être pour donner quelques conseils à son alter ego, et après avoir vu le film, le spectateur peut très bien imaginer la scène. La relation entre William et Russell est le point fort de l’ensemble et elle doit beaucoup aux deux acteurs. Patrick Fugit interprète le personnage principal et alors que c’était son tout premier rôle, son jeu est parfaitement juste et d’une belle intensité. Face à lui, Billy Crudup est impeccable dans le rôle de la rock star aussi amicale que fuyante et le duo fonctionne à merveille. Ajoutez à cela une plongée dans le rock des années 1970, avec quelques titres inventés pour le groupe fictif de Stillwater et aussi des morceaux de l’époque — on entend même Led Zeppelin sur la bande-originale, ce qui est suffisamment rare pour le mentionner — et vous obtenez un film particulièrement réussi. Sans être un chef-d’œuvre non plus, <em>Presque célèbre</em> mérite d’être vu une fois.</p>
]]></description></item><item><title>Klara et le Soleil, Kazuo Ishiguro</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/klara-soleil-ishiguro/</link><pubDate>Sat, 25 Jun 2022 22:34:47 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/klara-soleil-ishiguro/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/klara-soleil-ishiguro/klara-soleil.jpg">
        <p><a href="https://podcaaast.fr/vingt-sept/">Chaudement recommandé</a>, <em>Klara et le Soleil</em> est le premier roman de Kazuo Ishiguro que j’ai lu. Je ne sais pas si c’est coutumier chez ce romancier britannique d’origine japonaise, mais ce qui m’a le plus frappé pendant ma lecture, c’est la subtilité avec laquelle il aborde un univers qui devrait m’être si familier, un univers de science-fiction dystopique. Sans aller jusqu’à penser que j’aurais pu passer à côté, le style et la manière d’introduire les personnages et les situations sont si différents de ce que j’ai la coutume de lire que j’avais presque le sentiment de lire un récit d’un tout autre genre. Pourtant, il est bien question de robot intelligent et d’une société injuste à cause de progrès technologiques, la base d’un grand nombre de dystopies.</p>
<p>Toute la différence est l’affaire du point de vue. <em>Klara et le Soleil</em> adopte celui de Klara, une « amie artificielle » toujours nommée AA, et non celui de Josie, la fille de la famille qui achète cette androïde. En adoptant le point de vue du robot, Kazuo Ishiguro inverse toute la logique humanocentrée la plus habituelle en science-fiction. On découvre ce monde à travers les yeux de Klara et notre compréhension de cet univers à la fois familier et différent se limite strictement à ce qu’elle comprend. La première partie du roman se déroule ainsi depuis la boutique d’AA où elle se trouve et on ne comprend que très progressivement ce qui se passe, avec une extension des connaissances de Klara autant que les nôtres quand le petit robot est déplacé pour passer en vitrine. L’auteur a trouvé le ton juste pour son personnage principal, à mi-chemin entre l’analyse froide d’une intelligence artificielle et le ton enfantin de la petite fille qu’elle incarne. Ce ton, parfaitement conservé dans la traduction française d’Anne Rabinovitch, est un point fort du roman, il crée une distance et ajoute une note d’originalité dans ce qui aurait pu n’être qu’une énième dystopie sans intérêt. Jusqu’au bout, <em>Klara et le Soleil</em> ne casse jamais cette règle et reste sur le point de vue du robot sans jamais étendre l’univers au-delà de ce qu’elle voit et sans jamais l’expliquer totalement. Et vous savez quoi ? C’est non seulement bien suffisant, mais le roman aurait été nettement moins réussi s’il avait adopté un dispositif différent.</p>
<p>Ce choix permet aussi d’introduire une pointe de poétique, voire de fantastique, dans la relation si particulière entre Klara et le soleil. Comme toutes les AA, elle dépend de l’énergie solaire pour son alimentation et partant de ce postulat assez convenu en science-fiction, Kazuo Ishiguro imagine une forme de religion. L’androïde vénère l’astre avec une naïveté touchante et elle essaie de communiquer avec lui, comme on pourrait le faire dans n’importe quelle religion. Je ne veux pas trop en dévoiler sur la fin, mais le romancier exploite cette idée jusqu’au bout et avec une aura de mystère particulièrement bien amenée. De la même manière que le lecteur n’a qu’une poignée de rares informations sur l’univers inventé pour <em>Klara et le Soleil</em>, il n’a qu’une vision assez étroite du rôle du soleil dans l’intrigue. L’auteur préfère laisser l’imagination faire son travail plutôt que de répondre à toutes les questions. C’est vrai à tous les niveaux et il faut accepter de se laisser porter sans nécessairement tout comprendre, y compris quand les dernières pages arrivent. Si vous y parvenez, vous découvrirez un roman d’une richesse et d’une finesse rares, un vrai bonheur.</p>
]]></description></item><item><title>11 5 18 2 5 18, Yann Tiersen</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/11-5-18-2-5-18-tiersen/</link><pubDate>Thu, 23 Jun 2022 22:13:48 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/11-5-18-2-5-18-tiersen/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/11-5-18-2-5-18-tiersen/11-5-18-2-5-18.jpg">
        <p>L’époque d’Amélie Poulain semble si lointaine quand on découvre les derniers albums de Yann Tiersen. Le breton s’est fait connaître mondialement pour la bande-originale, qui reprenait en grande partie des titres composés dans la décennie précédente. Depuis le succès magistral de la musique qu’il a assemblée pour <em>Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain</em>, le son Tiersen semblait pour jamais ancré à ce <a href="https://www.youtube.com/watch?v=07xTvC5a9YQ">style typé</a>, qui repose notamment sur un grand usage de l’accordéon. S’il a poursuivi cette direction pendant quelques années, l’artiste semble désormais résolument vouloir suivre des voies plus radicales et son dernier album le prouve encore.</p>
<p><em>11 5 18 2 5 18</em> : dès son titre<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, cet album semble chercher à prouver que l’accordéon est loin derrière lui. Il suffit d’une écoute pour se convaincre que c’est bel et bien le cas, mais pour avoir suivi de près sa carrière, je n’ai pas été surpris par son orientation très électronique. Yann Tiersen suit cette voie depuis plusieurs années maintenant et <em>Kerber</em>, son précédent opus sorti l’an dernier seulement, était déjà bien engagé vers ce genre. Ces neuf nouveaux morceaux, tous titrés par une série de numéros, ne laissent plus aucune place au doute quant au genre de prédilection du musicien d’Ouessant. Dès <a href="https://www.youtube.com/watch?v=5Qqev8LcuVg">l’ouverture éponyme</a> qui s’étale sur plus de 11 minutes, on n’entend plus aucun instrument traditionnel et les boucles d’électroniques s’enchaînent à un rythme effréné et avec un effet presque étouffant, mais sans perdre pour autant le sens de la mélodie qui a fait connaître son compositeur. Et si elles sont assez étouffées par les premiers morceaux très sombres, les mélodies entêtantes qui ont fait le succès du musicien reviennent sur la fin et offrent une structure à cet album qui se dévoile progressivement.</p>
<p>Après quelques passages de <em>11 5 18 2 5 18</em> dans mes oreilles, je dois dire que je suis impressionné. Yann Tiersen évolue dans la musique électronique presque expérimentale sur des titres et quasiment digne d’un <em>dance floor</em> sur d’autres avec une aisance assez bluffante, comme s’il en avait fait toute sa vie. Certes, ce n’est pas la première fois qu’il s’aventure sur ce terrain, mais il ne l’avait jamais fait aussi frontalement et sans détour. Le résultat est excellent et mérite le détour, même si vous n’êtes pas le plus grand fan des musiques électroniques. Laissez-vous porter, vous retrouverez la patte de l’artiste notamment sur la fin, avec un piano plus apaisé qui rappelle ses débuts, sans y revenir complètement. Plus j’écoute <em>11 5 18 2 5 18</em>, plus je l’apprécie, et plus j’ai hâte d’entendre les futurs albums de Yann Tiersen.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Qui n’est pas une série de nombres au hasard, comme les plus observateurs l’auront peut-être noté (donc pas moi, merci <a href="https://twitter.com/glefand/status/1540077179098349569">@glefand</a> pour l’info). Chaque nombre correspond à la position d’une lettre de l’alphabet, si bien que le titre peut être converti en « <em>Kebler</em> », le nom de l’album précédent de Yann Tiersen.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Shining Girls, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/shining-girls-apple-tv+/</link><pubDate>Wed, 22 Jun 2022 21:44:56 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/shining-girls-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/shining-girls-apple-tv&#43;/shining-girls.jpeg">
        <p><strong>Cette série s’appréciera mieux sans rien avoir lu à son sujet…</strong></p>
<p>Dans la plupart des récits sur le voyage temporel, le point de vue est celui des voyageurs. L’idée la plus intéressante de <em>Shining Girls</em>, c’est de faire l’inverse et d’ignorer au maximum le voyageur. C’est apparemment <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Shining_Girls">encore plus marqué</a> dans le roman adapté par Apple TV+, mais Silka Luisa a malgré tout gardé cette idée centrale dans sa version. D’ailleurs, le spectateur débute sans même savoir qu’il est question de voyage dans le temps. L’intrigue qui se met en place dans le premier épisode ressemble à une énième enquête policière et je dois avouer que les premières minutes de <em>Shining Girls</em> m’ont presque donné envie d’arrêter, tant cela ressemblait à n’importe quelle autre histoire criminelle. Cela aurait été une erreur toutefois, car l’histoire gagne vite en complexité et donc en intérêt.</p>
<p>Au départ, ce sont des incohérences qui s’accumulent, des faits qui semblent trop séparés dans le temps pour être crédibles. Kirby, interprétée par une Elisabeth Moss en grande forme, découvre une série de meurtres sur plus d’une décennie qui sont tous reliés par une même méthode, une croix découpée sur le ventre de chaque femme et un petit objet laissé à l’intérieur. Les tueurs en série ont du mal à s’en sortir sur de très longues périodes, mais celui-ci s’en serait tiré malgré tout par son choix suffisamment aléatoire de victimes, jusqu’au moment où une survivante parvient à faire le rapprochement. La création d’Apple TV+ construit sur cette base et introduit une dose de mystère toujours plus grande. Comment se fait-il qu’un objet des années 1950 se retrouve dans le corps d’une femme tuée trois décennies plus tard ? Plus surprenant, comment un objet des années 1980 pourrait avoir été placé dans le corps d’une femme tuée une décennie plus tôt ? Étant assez habitué aux récits de science-fiction sur le voyage temporel, j’ai assez vite compris de quoi il retournait, mais Silka Luisa ne répond pas aux questions aussi rapidement. C’est à la fois un choix cohérent — qui croirait deux journalistes qui parlent de voyage dans le temps ? — et frustrant, surtout dans les derniers épisodes. À plusieurs reprises, les acteurs doivent jouer des personnages un peu bêtes qui ne comprennent pas ce qui se passe, alors que c’est assez évident.</p>
<p>Si l’on oublie ce travers de trop d’œuvres de fiction qui veulent probablement éviter de perdre quelques spectateurs distraits, <em>Shining Girls</em> est une superbe réussite. En huit épisodes, cette mini-série parvient à emporter dans une intrigue complexe, sans trop en dévoiler et même en laissant quelques questions encore ouvertes à la fin, mais sans perdre non plus entièrement. Les explications les plus importantes finissent par arriver et ce puzzle qui se construit sur plus de 70 ans est fascinant à assembler en parallèle des personnages. La création d’Apple TV+ impose d’accepter de se laisser porter et de ne pas tout comprendre initialement, mais l’effort demandé est récompensé quand tout se met finalement en place. Au-delà de la mécanique du voyage temporel, c’est aussi un récit assez poignant sur les victimes et le travail de la mémoire, avec une brillante idée pour représenter la solitude des victimes.</p>
]]></description></item><item><title>Abbott Elementary, ABC</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/abbott-elementary-abc/</link><pubDate>Tue, 21 Jun 2022 21:35:20 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/abbott-elementary-abc/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/abbott-elementary-abc/abbott-elementary.jpg">
        <p>L’originalité est-elle toujours nécessaire ? C’est un petit peu la question qui m’est venue en tête en découvrant <em>Abbott Elementary</em>, une nouvelle sitcom en mode faux documentaire dans un lieu de travail. Comme dans <a href="https://voiretmanger.fr/office-gervais-merchant-nbc/"><em>The Office</em></a>, comme dans <a href="https://voiretmanger.fr/parks-recreation-daniels-schur-nbc/"><em>Parks and Recreation</em></a> et comme dans tant d’autres, une caméra est supposée venir filmer le quotidien de professionnels qui sont censés agir normalement et présenter leur métier, avec des phases d’interviews. Quinta Brunson n’essaie même pas de mettre à jour la formule éprouvée et la seule originalité, et encore, est que le milieu professionnel en question est une école primaire. Autant le dire, si vous voulez de l’originalité, oubliez cette série ABC diffusée en France sur Disney+, mais si vous aimez le genre et que vous voulez en voir une de plus, la première saison d’<em>Abbott Elementary</em> est sympathique.</p>
<p>L’objectif de Quinta Brunson, qui joue le premier rôle en plus d’être la créatrice, est assez évident. Il ne s’agit pas tant de se moquer de la troupe de professeurs rassemblée pour cette école élémentaire fictive de la banlieue de Philadelphie, que de dénoncer un système qui délaisse systématiquement les écoles publiques et le manque de moyens accordés à l’éducation aux États-Unis. Même si les scénaristes se moquent des personnages et de leurs défauts, c’est toujours une moquerie gentille et le message est systématiquement positif. <em>Abbott Elementary</em> est à cet égard une série bienveillante, sans drame majeur et relativement positive, même si le quotidien de ces enseignants n’est jamais facile. Malgré tout, la création d’ABC ressemble davantage à une lettre d’amour aux enseignants qu’à un pugilat à leur encontre. Même la partie critique est loin d’être aussi politique et grinçante que je l’imaginais, elle reste discrète et les treize premiers épisodes restent dans la pique polie et même le politiquement correct. La diversité représentée est excellente, cela va sans dire<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, mais j’aurais apprécié un traitement plus frontal des problèmes posés par cette école.</p>
<p>À la place, on reste dans un humour policé, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’<em>Abbott Elementary</em> est ratée. Dans la galerie de personnages qui sortent peu de la caricature, je retiendrai surtout Ava Coleman, la principale incapable de l’école, incarnée par une Janelle James en grande forme et qui apporte beaucoup à la sitcom. ABC a signé pour une deuxième saison, reste à espérer que Quinta Brunson soit plus incisive sur la suite.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Diversité raciale surtout, il y a bien une tentative de meilleure représentation de diversité sexuelle, mais d’une timidité hélas à la hauteur de la réputation du groupe Disney…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
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</div>
]]></description></item><item><title>Le Dernier Duel, Ridley Scott</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/dernier-duel-scott/</link><pubDate>Sun, 19 Jun 2022 18:53:17 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/dernier-duel-scott/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/dernier-duel-scott/dernier-duel.jpg">
        <p>Une fresque de plus de deux heures trente à l’ère médiévale réalisée par Ridley Scott ? Non, ce n’est pas <a href="https://voiretmanger.fr/kingdom-heaven-scott/"><em>Kingdom of Heaven</em></a> ni <a href="https://voiretmanger.fr/robin-des-bois-scott/"><em>Robin des Bois</em></a>, mais bel et bien un tout nouveau long-métrage… même si pour être honnête, j’avais un intense sentiment de déjà-vu à l’annonce du projet. <em>Le Dernier Duel</em> est une reconstitution historique comme le cinéaste en a tant réalisé, pas réaliste pour un sou, mais parfaitement mise en œuvre et avec un sens du majestueux qui force le respect. Il faut reconnaître au réalisateur ce sens pour plonger les spectateurs dans des batailles sanglantes du passé, mais justement : on l’a déjà vu faire, on sait de quoi il est capable et cela fait bien longtemps qu’il ne force plus son talent et se contente de reproduire de vieux schémas. Plusieurs séquences pourraient être des calques quasiment parfaits de scènes sorties de ses anciens longs-métrages et le manque d’originalité est de plus en plus difficile à masquer.</p>
<p><em>Le Dernier Duel</em> se déroule en France au cœur de la Guerre de Cent ans, mais les grands faits historiques ne sont qu’une toile d’arrière-plan pour le cœur du récit, l’opposition entre deux écuyers<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> qui se termine en un duel judiciaire, l’un des derniers du genre. Ridley Scott ne manque pas de rappeler que l’ensemble est inspiré d’une histoire vraie, ce qui n’empêche pas le panel de stars américaines ou britanniques rassemblé ici de parler dans un anglais parfait. De toute manière, la reconstitution ne cherche pas à être réaliste, ou alors c’est raté. Le projet restitue assez bien un Moyen-Âge fantasmé toutefois, en essayant d’appliquer une lecture plus moderne à ces mœurs d’un autre temps. En l’occurrence, le procès entre les deux hommes concerne le viol de la femme<sup id="fnref:2"><a href="#fn:2" class="footnote-ref" role="doc-noteref">2</a></sup> de l’un par l’autre. Inspiré d’une œuvre de non-fiction, la version fictive imagine un dispositif assez convenu, où le même récit est raconté trois fois, selon trois points de vue. Les deux hommes commencent, puis la femme termine et sans surprise pour quiconque s’intéresse vaguement au XIV<sup>e</sup> siècle présenté ici, c’est elle qui est constamment dévalorisée et surtout la plus en danger. L’intention est honorable et le fait que <em>Le Dernier Duel</em> ait énervé tant d’hommes bloqués dans le passé est un succès en soi, mais enfin, n’espérez pas voir une grande œuvre féministe pour autant.</p>
<p>Même s’il est censé dénoncer les agissements d’hommes rustres qui considèrent la femme uniquement comme le meuble encombrant qui accompagne une dot et comme un outil reproductif, le long-métrage ne parvient pas à sortir tout à fait de cette image. <em>Le Dernier Duel</em> est bien trop long et Ridley Scott aurait mieux fait de se débarrasser du dispositif en trois parties — dont <a href="https://voiretmanger.fr/affair-treem-levi-showtime/"><em>The Affair</em></a> a sans doute offert la meilleure incarnation — pour se concentrer sur le point de vue féminin. Peut-être qu’il aurait pu également se passer de cette vision aussi violente et sanglante, car même si elle correspond probablement à la triste réalité historique, j’ai surtout eu l’impression qu’elle répondait à l’envie du cinéaste avant tout. De même, fallait-il vraiment céder au <em>male gaze</em> si grossier dans plusieurs scènes ? C’est peut-être le récit des hommes, mais à la fin, c’est aussi ce que le spectateur voit et retient du film.</p>
<p>Sans aller jusqu’à dire que j’ai trouvé <em>Le Dernier Duel</em> mauvais, je comprends sans difficulté l’échec en salle. <a href="https://twitter.com/nicolasfurno/status/1463074773773209601">Accuser les spectateurs</a> est une réponse bien trop facile et assez honteuse de la part de son concepteur. La réalité est que Ridley Scott n’a pas fait de grand film depuis des années et qu’il se contente de reproduire des formules de plus en plus dépassées et de moins en moins intéressantes.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Incarnés par un Adam Driver aussi reconnaissable que Matt Damon est méconnaissable. Avec sa coiffure et son bouc, je ne l’avais pas reconnu du tout dans la séquence d’ouverture… et il m’a fallu aussi un moment pour identifier Ben Affleck, au passage.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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<li id="fn:2">
<p>Jodie Comer complète le trio d’acteurs principaux et elle n’est pas mauvaise, mais je suspecte que son talent aurait pu être mieux dirigé.&#160;<a href="#fnref:2" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Disco Elysium</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/disco-elysium/</link><pubDate>Sat, 18 Jun 2022 22:11:01 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/disco-elysium/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/disco-elysium/disco-elysium.jpeg">
        <p>Vous incarnez un policier alcoolique et amnésique qui se réveille dans une chambre d’hôtel miteuse sans la moindre idée de ce qu’il fait là. <em>Disco Elysium</em> surprend dès les premières minutes par ses graphismes à la main originaux et surtout son ambiance crade. L’univers urbain imaginé par les créateurs est aussi détruit que les personnages, tous mal en point et bien souvent mal intentionnés. D’ailleurs, le détective que vous incarnez n’est pas bien meilleur, au contraire même, c’est un sale type, un flic voyou qui noie son incompétence dans l’alcool et tient à peine sur ses deux jambes. Si vous ne faites pas gaffe, vous pourrez mourir dans les premières minutes du jeu et même s’il n’y a pas réellement d’action ou de combats dans <em>Disco Elysium</em>, c’est une menace à ne jamais perdre de vue.</p>
<p>Mélange astucieux de jeu d’aventures en mode « <em>point-and-click</em> » à l’ancienne et de jeu de rôle, le titre fait la part belle aux personnages et aux longs dialogues. Il y a beaucoup de texte à écouter ou lire, sachant que les voix sont uniquement proposées en anglais, mais que les sous-titres sont traduits en français. Ils ne seront pas de trop d’ailleurs, car <em>Disco Elysium</em> repose beaucoup sur ces dialogues pour avancer l’intrigue et surtout son personnage. Toute la partie exploration de Révachol, recherche d’indices et discussions avec les locaux sont résolument du côté de l’aventure, mais ce qui fait la spécificité du jeu est cette touche venue du RPG, avec un système de compétences à améliorer pour votre personnage. Vous débutez comme un flic détestable, alcoolique et violent, mais vous avez une petite latitude pour le faire évoluer dans la direction que vous souhaitez. J’ai beaucoup apprécié la possibilité de creuser la relation avec son collègue, au point de terminer en relation amoureuse et je dois dire que je ne m’attendais pas à cette possibilité. Vos choix influent la suite, tant pour l’enquête que pour les compétences du personnage et ainsi ses capacités à se sortir de situations compliquées. Autre héritage du jeu de rôle, des lancers de dés peuvent être tentés pour plusieurs actions et s’il est parfois possibles de les relancer, d’autres occasions sont uniques. Si vous ratez, <em>Disco Elysium</em> vous laissera d’autres opportunités pour avancer malgré tout, mais j’ai trouvé ce mécanisme astucieux pour renouveler le genre.</p>
<p>Après 18 bonnes heures, j’avais terminé l’enquête principale et mené mon détective là où je le souhaitais. <em>Disco Elysium</em> ressemble à cet égard à une (longue) saison de série policière interactive, mais le jeu ne s’épuise pas nécessairement après un seul essai. Je ne referais pas l’aventure tout de suite, mais je garde le titre dans ma bibliothèque Steam et je pourrais bien m’y remettre un jour ou l’autre, en faisant des choix différents et, j’en suis sûr, en découvrant de nouveaux détails qui m’avaient échappé la première fois.</p>
]]></description></item><item><title>Peaky Blinders, BBC One (saison 6)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/peaky-blinders-bbc-saison-6/</link><pubDate>Thu, 16 Jun 2022 21:14:52 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/peaky-blinders-bbc-saison-6/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/peaky-blinders-bbc-saison-6/peaky-blinders-saison-6.jpg">
        <p><a href="https://voiretmanger.fr/peaky-blinders-knight-bbc/"><em>Peaky Blinders</em></a> a toujours impressionné par son style radical, mais depuis le pilote diffusé en 2013 — il y a presque dix ans de cela ! —, la création de Steven Knight n’a pas toujours su se renouveler. Je mentionnais déjà à propos de <a href="https://voiretmanger.fr/peaky-blinders-knight-bbc/#5">la cinquième saison</a> une tendance inquiétante à la caricature, un piège dans lequel tombent trop facilement les séries au style marqué, mais cela se confirme malheureusement dans cette sixième, et dernière, saison. Les personnages passent au second plan et il reste surtout l’image hyper contrastée et presque même dans le noir dans trop de séquences, la musique anachronique et un réel sens de la mise en scène qui oublie un petit peu trop souvent qu’elle devrait être au service d’une histoire pour rester utile.</p>
<p>Je suis peut-être un peu dur, <em>Peaky Blinders</em> se trouve une conclusion peu surprenante, mais assez logique, entre montée au pouvoir du fascisme et querelles intestines au sein de la famille Shelby. Mais sans aller jusqu’à dire que je me suis ennuyé, je dois aussi admettre que cette saison marque le pas et peine à autant convaincre. Les scénaristes ont un petit peu de mal à nous faire comprendre leur direction et en particulier toute la revanche de Tommy, attendue après le final de la saison précédente, est assez floue. On a parfois l’impression que le thème a été oublié et ramené à la toute fin, avec une longue séquence d’anthologie certes, mais enfin, on ne voit pas trop ce qu’elle vient faire d’un coup. De même, tout l’arc narratif autour des fascistes n’est pas clair et les réflexions du personnage principal semblent simplistes et même assez stupides. Son idée de renverser le mouvement de l’intérieur ne donne jamais rien, si ce n’est de renforcer la position des partisans de Hitler… ce qui semblait évident dès le départ de toute manière. Ajoutons à l’ensemble une intrigue secondaire entre Mickael et Tommy qui est, elle aussi, comme oubliée l’essentiel du temps et ramenée à la toute fin.</p>
<p>Cette sixième saison de <em>Peaky Blinders</em> donne en réalité plus le sentiment de n’être là que pour céder aux demandes de la BBC, qui a naturellement voulu capitaliser sur la réussite de la série. Steven Knight aurait mieux de s’arrêter à la saison 5, voire à la quatrième qui était plus dans l’esprit originale. Les fans seront peut-être satisfaits de retrouver tous les personnages pour six nouveaux épisodes, mais j’ai trouvé que cette saison ressemblait trop à une caricature de <em>Peaky Blinders</em> sans histoire à raconter, qu’à une fin digne de ce nom.</p>
]]></description></item><item><title>Euphoria (Original Score from the HBO Series), Labrinth</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/euphoria-labrinth/</link><pubDate>Wed, 15 Jun 2022 21:42:05 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/euphoria-labrinth/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/euphoria-labrinth/euphoria-original-score.jpg">
        <p><em>Euphoria</em> continue de me réserver des surprises. Pour une raison que j’ignore, j’étais passé à côté de la bande-originale composée par Labrinth pour <a href="https://voiretmanger.fr/euphoria-levinson-hbo/">l’excellente première saison</a> de cette série créée par Sam Levinson pour HBO. L’artiste britannique a composé un melting-pot de genres avec une bonne vingtaine de morceaux d’inspiration diverses, mais qui se réunissent pour formé un excellent album cohérent, une gageure. Je n’irais peut-être pas jusqu’à dire que <em>‌Euphoria (Original Score from the HBO Series)</em> est encore plus réussi que la saison originale d’<em>Euphoria</em>, mais je dirais sans hésiter que le match serait serré.</p>
<p>Les 26 titres qui composent l’album forment une bande sonore de plus d’une heure et si tous les morceaux ne sont pas tous aussi forts, mais ils sont tous indispensables à l’ensemble. Quelques-uns sortent du lot dès la toute première écoute, dont les géniaux « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=03nR6eWanXs"><em>Forever</em></a> », « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=mgDMTorgCPg"><em>Nate Growing Up</em></a> » ou encore l’impressionnant « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=cZ95LjpgCjU"><em>Euphoria Funfair</em></a> » — un orchestre symphonique pour dix minutes d’anthologie inspirées par l’ambiance des fêtes foraines — qui m’avaient également marqués dès la première vision de la série elle-même. Ils conservent tout leur attrait pris indépendamment et forment une excellente musique, riche et intense, parfaitement adaptée à <em>Euphoria</em> autant qu’à une écoute indépendante. D’autres morceaux se dévoilent par la suite, comme « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=6Z09DVQpvdk"><em>We All Knew</em></a> » qui est l’un de ceux qui exploitent la voix de Labrinth, « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=KAEv2u5IsNk"><em>The Lake</em></a> » qui est d’une belle intensité ou encore « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=R12kRIKWKPw"><em>Demanding Excellence</em></a> » qui me reste en tête.</p>
<p>Après de multiples passages dans les oreilles, <em>‌Euphoria (Original Score from the HBO Series)</em> continue de m’impressionner par la variété des genres et inspirations qu’il déploie constamment sans perdre sa cohérence d’ensemble. J’aurais aimé le découvrir plus tôt, mais il n’est jamais trop tard et entre la bande-originale signée par l’artiste pour la <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/euphoria-hbo-saison-2/">deuxième saison d’<em>Euphoria</em></a> et le reste de sa discographie, je sais que j’ai encore de nombreux titres signés Labrinth à écouter…</p>
]]></description></item><item><title>The Mandalorian, Disney+ (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/mandalorian-disney+-saison-2/</link><pubDate>Sun, 12 Jun 2022 13:50:52 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/mandalorian-disney+-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/mandalorian-disney&#43;-saison-2/mandalorian.jpg">
        <p>En voulant créer un feuilleton à l’ancienne, avec une intrigue qui se suffit à elle-même par épisode, <em>The Mandalorian</em> était largement <a href="https://voiretmanger.fr/mandalorian-favreau-disney/">passé à côté de sa première saison</a>. Les huit premiers épisodes étaient tous plus lents et ennuyeux les uns que les autres et l’unique objectif semblait être de vendre une peluche « trop mignonne ». C’était si mauvais que je m’étais juré de ne pas voir la suite, mais comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, j’ai regardé la deuxième saison. Et elle est à peine mieux, sauvée <em>in extremis</em> par l’arrivée (enfin ! 🙄) d’une vraie intrigue.</p>
<p>Pourtant, le départ commence mal. Dès le premier épisode, on retrouve le plus gros défaut de la série, son aspect beaucoup trop épisodique. Mando s’est mis en tête de trouver un foyer pour bébé Yoda, ce qui veut dire retrouver un Jedi dans cet univers post <a href="https://voiretmanger.fr/star-wars-episode-6-retour-jedi-marquand/"><em>Retour du Jedi</em></a> où ils ont tous globalement disparu. Chaque épisode consiste ainsi en une toute petite mission sur le long chemin de cette quête, avec une succession de problèmes qui semblent tous là pour la rallonger artificiellement. Pour ne donner qu’un seul exemple, <em>The Mandalorian</em> reprend avec un épisode où Mando se rend sur Tatooïne<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, où il cherche un autre Mandalorien pour le pointer dans la direction, mais il s’avère que celui qui porte l’armure est le shérif d’un bled paumé menacé par un ver du désert géant<sup id="fnref:2"><a href="#fn:2" class="footnote-ref" role="doc-noteref">2</a></sup> et il va aider les villageois à s’en débarrasser pour… récupérer l’armure. L’épisode se termine ainsi sans avoir avancé d’un pouce l’intrigue principale et à ce stade, j’ai trouvé que mon idée de reprendre la série était particulièrement idiote. Mais tant qu’à perdre du temps, j’ai persévéré, et avec une bonne dose de patience, il faut reconnaître que les scénaristes retrouvent enfin leur histoire.</p>
<p>Sans trop en dire pour ne pas trop gâcher l’intrigue générale — surtout qu’elle tient sur un mouchoir de poche —, <em>The Mandalorian</em> accélère le rythme sur la fin et enchaîne quelques bons épisodes, bien rythmés et surtout centrés sur le bébé Yoda et même sur la grande histoire de <em>Star Wars</em>. Quel dommage d’avoir dilué cette bonne histoire sur seize épisodes et je ne comprends toujours pas pourquoi Disney+ a renouvelé la série pour une troisième saison, mais le final de celle-ci est assez satisfaisant, si l’on réussit à passer outre les incohérences. Il y en a trop pour les évoquer toutes ici, mais j’ai été frappé par ce mélange entre un univers noir et hyper-réaliste qui est la marque de fabrique de la saga depuis la nouvelle trilogie, et un traitement toujours aussi simpliste. Seuls les méchants morts, d’un coup de laser n’importe où sur leur armure, quand les gentils s’en sortent toujours. Ces <em>storm-troopers</em> restent décidément de la chair à canon bien bête, malgré leur humanité qui transparaît dans chaque épisode. Cela a toujours été le cas dans <em>Star Wars</em>, mais la saga a longtemps été résolument du côté irréaliste et retrouver ce même traitement caricatural alors que l’univers est désormais censé être réaliste est assez troublant. Sans même parler du manichéisme ambiant ou encore des astuces scénaristiques bien trop faciles<sup id="fnref:3"><a href="#fn:3" class="footnote-ref" role="doc-noteref">3</a></sup>.</p>
<p>Le plus gros problème reste malgré tout les personnages et l’absence totale d’émotions. <em>The Mandalorian</em> doit toujours composer avec un acteur principal masqué, même si Jon Favreau a peut-être enfin réalisé que c’était un problème sur la fin. Malgré tout, la relation attendrissante qui est censée naître entre Mando et le bébé Yoda est entièrement artificielle et la peluche a bien du mal dépasser son statut d’accessoire destiné aux boutiques Disney.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>L’univers de <em>Star Wars</em> a beau être composé de centaines ou milliers de planètes habitées, ce serait dommage de ne pas profiter au maximum de l’attente des fans, n’est-ce pas ?&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
<li id="fn:2">
<p>George Lucas a globalement tout piqué à Frank Herbert, il faut le rappeler. Mais au-delà de l’hommage à <em>Dune</em>, c’est surtout une bonne manière de faire un clin d’œil de plus à la trilogie originale.&#160;<a href="#fnref:2" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
<li id="fn:3">
<p>On en parle des armes laser qui peuvent apparemment se vider et s’enrayer dès que ça arrange le scénario ? Ou de l’armure en Beskar qui protège les gentils pendant sept épisodes, mais pas à un moment critique ?&#160;<a href="#fnref:3" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Opening, Tord Gustavsen Trio</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/opening-gustavsen-trio/</link><pubDate>Fri, 10 Jun 2022 22:07:07 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/opening-gustavsen-trio/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/opening-gustavsen-trio/opening.jpg">
        <p>Le trio de jazz est l’un des formats musicaux que je trouve le plus fascinant. Composé de trois instruments, souvent un piano, une contrebasse et une batterie, il pourrait paraître trop simple pour permettre une grande variété musicale, et pourtant. Pourtant, la contrainte fonctionne à plein et le nombre d’approches semble infinie. Pourtant, les trios se succèdent au fil des années et parviennent à trouver de nouvelles voies. Pourtant, le son produit par ces instruments peuvent varier du tout au tout d’un trio à l’autre, d’un album à l’autre.</p>
<p>Le pianiste norvégien Tord Gustavsen le prouve à nouveau avec <em>Opening</em>, son dernier album créé avec Jarle Vespestad à la batterie, membre fidèle de son trio depuis <em>Changing Places</em> sorti il y a près de vingt ans, et avec Steinar Raknes à la contrebasse, une première. Est-ce ce qui a suffi à changer la formule ? En tout cas, ce contrebassiste également norvégien a un rôle central dans cet album, avec un jeu qui se rapproche par moments d’un traitement presque rock. À cet égard, <em>Opening</em> m’a évoqué par endroits le travail du regretté Esbjorn Svensson Trio, disparu trop tôt. C’est particulièrement sensible sur un morceau comme « <em>Ritual</em> » qui, sans tomber dans la redite du trio suédois, ressemble presque à un hommage. Avec au passage une qualité technique remarquable et un enregistrement qui met parfaitement en valeur les trois instruments.</p>
<p>Tord Gustavsen trouve comme toujours sa propre voie, avec un savant mélange entre des mélodies faciles à repérer dès la première écoute et des improvisations qui se dévoilent au fil des écoutes. C’est une caractéristique qui m’a toujours attirée dans son travail, ses albums se dévoilent progressivement et ne s’épuisent pas rapidement. <em>Opening</em> pourrait convenir à une ambiance jazzy en fond, mais les douze titres méritent bien mieux que ça et ils tolèrent sans discuter plusieurs écoutes attentives à la suite.</p>
]]></description></item><item><title>What If…?, Disney+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/what-if-disney+/</link><pubDate>Tue, 07 Jun 2022 20:51:21 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/what-if-disney+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/what-if-disney&#43;/whatif.jpeg">
        <p>Et si… Steve Rogers n’avait pas été injecté avec le serum et n’était jamais devenu Captain America ? Et si… c’est T’Challa de Wakanda qui avait été pris par les Ravageurs et était devenu Star Lord ? Et si… les Avengers étaient tous transformés en voulant la Terre d’une attaque zombie ? Ce qui est bien avec le concept de multivers, c’est que l’on peut imaginer absolument toutes les variantes, sans aucune limite. Fort de ce constat, Disney+ a créé une série d’animation qui imagine à chaque fois un univers à la fois familier de ceux que l’on a découvert dans l’immense univers cinématographique Marvel et en même temps légèrement différent. Ici, deux personnages sont inversés ; là, un fait essentiel n’a pas lieu ; ailleurs, une relation cruciale n’a pas existé. Le résultat est <em>What If…?</em> et une première saison de neuf épisodes inégaux, mais tous assez passionnants.</p>
<p>Le multivers, c’est le grand concept de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Phase_4_de_l%27univers_cin%C3%A9matographique_Marvel">quatrième phase</a> de la saga, lancée sur Disney+ avec <a href="https://voiretmanger.fr/wandavision-schaeffer-disney/"><em>WandaVision</em></a> et surtout <a href="https://voiretmanger.fr/loki-waldron-disney/"><em>Loki</em></a> qui est le premier à introduire de plein pied le concept et à l’exploiter. Les longs-métrages de cette phase en font tout autant, à l’image de <a href="https://nicolasfurno.fr/film/spider-man-no-way-home-watts/"><em>Spider-Man: No Way Home</em></a> qui rassemblait des versions venues de plusieurs univers d’un même personnage, mais aucune œuvre n’ira sans doute aussi loin que <em>What If…?</em>, qui se construit entièrement sur le concept. Chacun des neuf épisodes lance une hypothèse dans un univers différent et ils sont à cet égard assez indépendants, même si un fil rouge est présent dès le pilote. Jeffrey Wright donne sa voix au Gardien, une entité cosmique chargée de garder un œil sur la Terre, en théorie sans intervenir. C’est lui qui introduit le concept dans chaque épisode — oui, le même concept répété neuf fois, en grande partie sans doute car Disney+ continue de diffuser ses séries à la semaine… —, et il prend une place toujours croissante, mais je dois m’arrêter là pour ne rien divulgâcher.</p>
<p>Ces neuf histoires ne sont pas toutes aussi réussies, mais elles ont toutes une idée de départ intéressante et offrent une relecture intrigante des histoires que l’on connaît déjà. Les scénaristes en profitent souvent pour mieux équilibrer les castings, en laissant plus de place aux femmes et aux minorités<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, ce qui n’est pas inutile au sein de cette saga qui a longtemps été si monochrome. Bon point, les voix des acteurs originaux ont été conservés dans cette version d’animation, si bien que chaque personne est facile à reconnaître, même si les traits sont parfois difficiles à identifier. D’ailleurs, la qualité du dessin n’est pas toujours la meilleure qui soit, en tout cas les choix artistiques ne m’ont pas toujours convaincus et je me disais que l’unité visuelle était peut-être une occasion ratée d’appuyer sur la variété du multivers. J’étais surpris par la fin qui pourrait donner le sentiment que Marvel va lancer une saga parallèle, une idée partagée par l’annonce d’une deuxième saison pour <em>What If…?</em>. Voilà qui est intéressant et je suis curieux de voir ce que cela pourrait donner…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Raciales, pas sexuelles, on est chez Disney tout de même, il ne faudrait pas pousser…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Fire Island, Andrew Ahn</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/fire-island-ahn/</link><pubDate>Sat, 04 Jun 2022 22:16:28 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/fire-island-ahn/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/fire-island-ahn/fire-island.jpeg">
        <p><em>Fire Island</em> commence sur une citation de Jane Austen, un clin d’œil à la célèbre romancière dont le non moins célèbre <em>Orgueil et Préjugés</em> a servi ici encore d’inspiration. Sauf que l’intrigue se déroule en 2022 sur Fire Island, une petite île au sud de Long Island sur la côte est américaine qui est notamment connue pour héberger une communauté LGBTQ+ et cela tombe bien, car les héros de cette variante sont tous gays. Un groupe de jeunes homosexuels qui se rend tous les étés pour une semaine de débauche sur l’île et qui, comédie romantique oblige, vont découvrir l’amour : ‌le décor est posé.</p>
<p>Ce qui m’a le plus surpris en découvrant <em>Fire Island</em> sur Disney+, c’est le ton très ouvert et même presque cru. Il faut préciser que le long-métrage réalisé par Andrew Ann est diffusé sous la bannière « adulte » Star et qu’il est destiné dans son pays d’origine à Hulu. Ne boudons pas notre plaisir toutefois : il est rare de voir une comédie grand public évoquer des thématiques gays aussi ouvertement. Sans aller jusqu’au sexe pur, il ne faudrait pas exagérer et on ne dépasse jamais le torse nu et éventuellement un bref aperçu d’une paire de fesses en arrière-plan, je ne pensais pas que le scénario se construirait autant autour du plaisir physique et en ferait le sujet principal. Contrairement à Jane Austen, il n’est pas question ici de se marier, c’est même l’inverse, les personnages rejettent tous la monogamie, jugée hétérosexuelle. Ce qui n’empêche ni le romantisme, ni le grand amour, le réalisateur reste dans la voie tracée par la comédie romantique et le scénario n’essaie jamais de surprendre, jusqu’à la fin entièrement prévisible.</p>
<p>La représentativité queer est encore trop souvent problématique et <em>Fire Island</em> n’évite pas tous les écueils en la matière, hélas. Néanmoins, le projet été lancé par des hommes gays et asiatiques, les deux personnages principaux sont joués par deux hommes gays et asiatiques qui ont puisé dans leur expérience personnelle et cela se voit. Même si j’aurais apprécié un petit peu plus de diversité corporelle, il faut saluer l’effort fait pour diminuer la caricature du gay blanc et baraqué. La bande d’amis joue la carte de la diversité raciale et surtout, le scénario pointe du doigt le racisme et la grossophobie ambiante dans la communauté LBGTQ+. Une bonne idée, mais qui peine à se retrouver à l’écran, même si on pourrait noter que cette communauté de Fire Island concentre probablement un profil unique. Malgré tout, je note et apprécie l’effort de sortir du moule unique.</p>
]]></description></item><item><title>Better Things, FX (saison 5)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/better-things-fx-saison-5/</link><pubDate>Fri, 03 Jun 2022 21:36:46 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/better-things-fx-saison-5/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/better-things-fx-saison-5/better-things.jpg">
        <p><em>Better Things</em> est une série discrète et il serait facile de passer à côté. D’ailleurs, j’ignorais jusqu’à son existence avant de <a href="https://voiretmanger.fr/better-things-adlon-ck-fx/">regarder ses quatre premières saisons</a>, avalées d’une traite et quittées avec regret. FX a fort heureusement offert la possibilité à Pamela Adlon de la conclure avec une cinquième et ultime saison, encore plus touchante et réussie que les précédentes. C’est sans doute l’une des meilleures séries familiales de ces dernières années et vous auriez bien tort de ne pas vous y plonger.</p>
<p>J’aurais pourtant bien du mal à expliquer précisément pourquoi <em>Better Things</em> est si réussie, ou à lister tous les éléments qui la distinguent face à une concurrence toujours plus riche. L’élément clé, c’est sans doute la sincérité de la créatrice, qui puise dans sa vie personnelle pour imaginer des situations qui tiennent la route et surtout qui laisse toute la place nécessaire à chacun de ses personnages, pour leur permettre de se forger une psychologie crédible. Les derniers épisodes de la série sont les témoignages parfaits du succès de cette entreprise : on retrouve une large partie du casting des saisons précédentes et on a l’impression de se trouver plongés dans une fête de sa propre famille. Tout colle parfaitement, les interactions sont fluides et naturelles, les personnalités bien exprimées loin des caricatures lisses que l’on peut voir ailleurs. Le vécu est sensible, l’amour vache de toute famille a laissé ses marques et Pamela Adlon n’a même plus besoin de mots pour terminer sa création originale, une séquence sous les étoiles filantes suffit à dire tout ce qui est nécessaire.</p>
<p>Jusqu’au bout, <em>Better Things</em> a su concilier humour, tendresse et juste ce qu’il faut de drame pour constituer une histoire passionnante et touchante. La cinquième saison est celle de l’explosion logique et normale du foyer, avec les trois filles qui commencent à gagner en indépendance et à vivre hors de la maison. Terminer la série à ce stade était le choix logique, même si Pamela Adlon aurait sans doute pu continuer sur quelques saisons sans problème pour intéresser les spectateurs. Je sais que j’en aurais vu plus sans discuter, mais enfin, <em>Better Things</em> s’est terminée sans fausse note et dans la joie, pour les personnages, probablement pour les acteurs et certainement pour nous.</p>
]]></description></item><item><title>Call To Arms &amp; Angels, Archive</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/call-arms-angels-archive/</link><pubDate>Wed, 01 Jun 2022 21:27:33 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/call-arms-angels-archive/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/call-arms-angels-archive/arms.jpg">
        <p>J’ai découvert Archive avec <em>You All Look the Same to Me</em> et notamment son magistral titre d’ouverture, « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=EkhY4YXX6x4"><em>Again</em></a> » et ses plus de 16 minutes de boucles obsédantes et ses montées en puissance. Pile vingt ans plus tard, ce titre me file toujours la chair de poule et même si je n’ai pas suivi toute la carrière du groupe britannique avec attention, je ne suis pas passé à côté de son dernier album. Écrit entre <em>brexit</em> et pandémie, <em>Call to Arms &amp; Angels</em> est aussi léger que sa pochette le laisse entendre, c’est-à-dire pas du tout. Cette noirceur a manifestement inspiré le collectif, qui livre pas moins de 17 titres pour près d’une heure quarante-cinq de musiques assez variées et toujours réussies.</p>
<p>Archive a commencé dans l’univers de la trip-hop, mais a exploré par la suite plusieurs genres au fil de sa longue carrière. Au-delà du noyau dur composé par Darius Keeler et Danny Griffiths qui ont toujours été là depuis la naissance du groupe dans les années 1990, les membres actifs ont eux aussi évolué au fil des années, poussant vers un genre ou un autre. <em>Call to Arms &amp; Angels</em> pourrait ressembler à une synthèse, avec des titres qui reviennent aux sonorités initiales, d’autres qui poussent vers les musiques plus électroniques, quelques-uns qui vont chercher du côté du rock progressif, du post-rock ou même l’ambiant. Il n’y a pas de règle stricte, tout comme il n’y a pas un seul chanteur dans ce collectif, ce qui ne veut pas dire que l’ensemble est décousu. Bien au contraire, ce treizième album studio fait preuve d’une grande unité, tant sur la forme que sur le fond, et il rappelle même certains concept-albums du rock progressif.</p>
<p>Chaque morceau nous fait évoluer dans cet univers sombre, forcément, avec en guise de point d’orgue un titre épique comme Archive sait si bien les faire. « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=PqCT8KEb5HU"><em>Daytime Coma</em></a> » dépasse les 14 minutes et c’est une superbe démonstration du genre, avec un début assez lent qui monte très progressivement en puissance pour mener à une explosion sonore sur la fin qui vous laisse lessivé. C’est un schéma classique dans l’univers du post-rock, mais avec tout le savoir faire du groupe et notamment un schéma aux claviers qui se répète et traverse le morceau. L’album entier vaut le détour rien que pour ce titre, sans s’y résumer pour autant, tant il se découvre au fil des écoutes et révèle de nombreuses richesses.</p>
]]></description></item><item><title>Ozark, Netflix (saison 4)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/ozark-netflix-saison-4/</link><pubDate>Tue, 31 May 2022 22:28:41 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/ozark-netflix-saison-4/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/ozark-netflix-saison-4/ozark-s4.jpg">
        <p><em>Ozark</em> trouve une conclusion avec une quatrième et ultime série qui s’étale un petit peu plus en comptant 14 épisodes,  de quoi offrir à la famille Byrde une conclusion digne de ce nom. La création de Netflix avait <a href="https://voiretmanger.fr/ozark-dubuque-williams-netflix/">démarré de manière assez laborieuse</a>, mais rapidement trouvé son rythme par la suite, si bien que j’étais curieux de savoir ce que les scénaristes allaient nous réserver. Il faut dire qu’ils avaient fait très fort sur le dernier épisode de la troisième saison, avec la mort de l’avocate du cartel devant les yeux ébahis de Wendy et Marty, une manière de forcer le renouvellement des personnages.</p>
<p>De fait, cette dernière saison est riche en nouveaux arrivants, tandis que le fil rouge imaginé par 	Bill Dubuque et Mark Williams se concentre sur la volonté des Byrde et principalement de Wendy d’ailleurs, de sortir du blanchiment d’argent pour le compte du cartel et d’entrer dans la vraie politique. Ces nouveaux personnages ne remettent pas en cause les fondamentaux toutefois et <em>Ozark</em> conserve son ambiance à l’identique d’un bout à l’autre. Ce qui est une bonne idée en passant, la série de Netflix parvient à sortir du lot avec une photographie froide et une mise en scène soignées. Sans atteindre le niveau d’un <em>Better Call Saul</em> à laquelle j’ai pensé de temps en temps, la réalisation est excellente, avec régulièrement des séquences qui sont des tours de force. Le casting est toujours bon, même si quelques personnages tirent parfois trop vers la caricature, en particulier Laura Linney dans cette drôle de séquence avec son père. Autre bizarrerie qui n’est pas si gênante, les enfants sont censés être quasiment aussi jeunes que dans la première saison, mais les acteurs ont bien grandi et Skylar Gaertner a bien du mal à passer pour un collégien de 14 ou 15 ans dans cette saison. Ces petits défauts n’empêchent pas l’ensemble d’être de grande tenue et ces quatorze épisodes forment une montée en puissance dans l’enfer des Ozark particulièrement convaincante, même si la série se termine au bon moment.</p>
<p>Tous les personnages principaux trouvent une conclusion plus ou moins heureuse, les arcs narratifs sont tous refermés et même si <em>Ozark</em> se referme avec une fin ouverte en apparence, elle a probablement trouvé sa conclusion logique. Même dans cette saison, les nouveautés provoquées par le final de la précédente n’ont pas apporté beaucoup d’innovations et sans tomber dans la redite, la création de Netflix ne surprenait plus trop. Le service de streaming a offert à la série une belle fin et <em>Ozark</em> est dans l’ensemble une belle réussite</p>
]]></description></item><item><title>Cette musique ne joue pour personne, Samuel Benchetrit</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/musique-joue-personne-benchetrit/</link><pubDate>Sun, 29 May 2022 22:55:54 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/musique-joue-personne-benchetrit/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/musique-joue-personne-benchetrit/musique.jpg">
        <p>C’est bien une bande de gangsters, mais dans une ville côtière que l’on imagine quelque part au nord de la France ou en Belgique, à Dunkerque par exemple, où le tournage s’est déroulé en partie. Ce décalage entre l’attente provoquée par l’affiche et la réalité est le moteur de <em>Cette musique ne joue pour personne</em>, une comédie noire teintée d’absurde où Samuel Benchetrit filme ses (vieux) acteurs qui interprètent des personnages issus d’un monde de violence alors qu’il découvre une touche de douceur. Pour l’un, c’est la poésie inspirée par une jeune caissière croisée au supermarché. Pour l’autre, le théâtre attiré par une actrice qui rêve de comédie musicale sur Simone de Beauvoir. C’est intrigant et il faut reconnaître au cinéaste son sens de l’absurde, avec des traitements toujours en décalage un petit peu dans l’esprit d’un Quentin Dupieux. Le casting est impeccable, la ribambelle de stars sans aucune fausse note, avec une mention spéciale à Vanessa Paradis, hilarante dans son interprétation appuyée de Simone de Beauvoir.</p>
<p>Mais alors même que cette pièce où la parole de la philosophe est célébrée est transversale dans le film, <em>Cette musique ne joue pour personne</em> reste embourbé dans de vieux préjugés sur l’amour et les couples. Avec son point de vue strictement hétérosexuel et même à l’orée de l’homophobie quand le metteur en scène recommande à son acteur d’exploiter sa part de féminité pour incarner l’homosexualité de Sartre, il tente vaguement de se moquer de ses personnages anciens, mais choisit malgré tout de créer un couple entre la jeune caissière incarnée par Constance Rousseau et le personnage incarné par Ramzy Bédia. Les deux acteurs ont dix-sept ans d’écart et on a bien du mal à comprendre pourquoi une actrice plus âgée ne pouvait pas interpréter ce rôle ! Dans un cinéma français marqué par tant de polémiques sur le traitement des jeunes actrices, voilà qui fait tâche et qui est complètement inutile qui plus est. Samuel Benchetrit aurait pu offrir à ses personnages d’autres intrigues plus originales, au lieu de répéter ces clichés dépassés.</p>
]]></description></item><item><title>Forêt de Bouconne</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/foret-bouconne/</link><pubDate>Sat, 28 May 2022 16:56:22 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/foret-bouconne/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/foret-bouconne/IMG_9229.jpeg">
        &lt;p>Située à l’ouest de Toulouse, la forêt de Bouconne s’étale sur 2 700 hectares parcourus de chemins, ce qui en fait un lieu idéal pour une pause au milieu des arbres. Depuis le parking placé en son centre, il y a quelques larges allées forestières et des dizaines de petits chemins secondaires dans toutes les directions. C’est assez humide quand il pleut, mais l’ombre naturelle des arbres est un délice pendant les fortes chaleurs estivales.&lt;/p>
</description></item><item><title>WE, Arcade Fire</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/we-arcade-fire/</link><pubDate>Thu, 26 May 2022 15:45:46 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/we-arcade-fire/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/we-arcade-fire/we.jpeg">
        <p>Le dernier album d’Arcade Fire ressemble… à tous les autres albums d’Arcade Fire. Le groupe canadien a créé un son typique depuis ses débuts dans les années 2000 et il ne s’en est jamais vraiment éloigné. Et après tout, pourquoi le ferait-il ? Près de vingt ans après sa création, le son Arcade Fire reste toujours aussi efficace, même s’il a forcément perdu en originalité. <em>WE</em>, son sixième album, m’a semblé un petit peu insipide aux premières écoutes, mais je dois dire qu’il finit par se révéler après quelques retours dans la rotation quotidienne.</p>
<p>Après ces quelques écoutes, <em>WE</em> ressemble davantage comme un retour aux sources. Sans retrouver toute l’immédiateté ou l’évidence des deux premiers albums, ces dix nouveaux titres sont plus directs et m’évoquent aussi davantage le savant mélange de noirceur et de fête des débuts. Le groupe n’a plus rien à voir, forcément : ils avaient une vingtaine d’années quand ils ont enregistré <em>Funeral</em>, ils sont désormais tous quarantenaires. Même s’il y a techniquement dix morceaux, Arcade Fire les regroupe par paire, si bien que l’album n’en compte réellement que deux fois moins et avec une progression depuis la crise de panique d’« <em>Age of Anxiety</em> », jusqu’à la douceur finale de « <em>We</em> » qui clot l’ensemble. C’est quasiment un album concept, même si chaque morceau peut avoir sa propre identité indépendante du reste.</p>
<p>Je ne peux pas oublier de mentionner que Peter Gabriel glisse une tête sur l’un des morceaux, on entend sa voix également reconnaissable entre toutes sur « <em>Unconditionnal II (Race and Religion)</em> ». Une agréable surprise à la première écoute, même si ce n’est pas le morceau le plus intéressant de l’album. Et puis, Peter, si tu me lis : il est grand temps de se remettre au travail sur un nouvel album, au lieu de procrastiner. Ça fait <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Up_(album_de_Peter_Gabriel)">vingt ans</a>, Peter.</p>
]]></description></item><item><title>Frostpunk</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/frostpunk/</link><pubDate>Mon, 23 May 2022 21:15:19 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/frostpunk/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/frostpunk/frostpunk.jpg">
        <p>Vous prenez la tête d’un camp de survivants qui tente de se réchauffer autour d’une immense chaudière au charbon, la seule défense contre l’ère glaciaire qui s’abat sur cette version de la planète plongée dans le noir à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle par l’éruption de deux volcans. Vous devrez collecter du charbon pour maintenir le générateur en route et tenter de survivre un jour de plus. Bienvenue dans <em>Frostpunk</em>, un jeu de gestion post-apocalyptique tendance <em>steampunk</em>.</p>
<p>La partie de base commence autour d’un générateur éteint, avec quelques dizaines de survivants et des ressources à récupérer aux alentours. Il faut collecter au plus vite du charbon pour relancer le générateur, mais cela ne suffit pas pour espérer dépasser un jour ou deux dans cet environnement hostile. Vous devrez aussi collecter du bois aussi rapidement que possible pour construire des abris et des centres de soin. Et n’oubliez pas de prévoir de quoi nourrir la population avec des cabanes de chasseurs, sinon vos efforts seront vite réduits à néant. <em>Frostpunk</em> alterne entre des phases de froid « normal », autour de -20° C (🥶), et des phases de tempêtes qui plongent les températures jusqu’à -60° (☠️) et bloquent la plupart des activités tout en provoquant des dommages irréversibles sur les habitants du camp. Plus le temps passe dans le jeu et plus ces tempêtes se répètent régulièrement et gagnent en sévérité. Le problème, c’est que toutes les ressources sont limitées, et pas seulement celles que vous pouvez collecter autour du camp (charbon, bois, métal…) : la plus grande limite est humaine. Vous commencez avec peu de survivants et ils mourront, soit de vieillesse, soit de froid, de maladie ou de faim avant cela. Pour continuer à croître, il faut aussi prévoir de mettre en place des expéditions et trouver d’autres survivants, mais vous devez constamment faire des choix pour équilibrer les tâches entre tous les postes.</p>
<p>Ce concept de choix est d’ailleurs central dans <em>Frostpunk</em>. Pour ajouter de la profondeur à leur titre, les concepteurs du jeu ont imaginé une dimension politique : vous ne devez pas seulement résister face au froid, mais vous devez aussi satisfaire votre population. Deux barres sont constamment visibles en bas de l’écran, l’une pour le mécontentement qui doit rester aussi basse que possible, l’autre pour l’espoir qui ne doit pas au contraire descendre trop bas. Mécontentez trop les survivants ou éliminez tout espoir et la partie sera finie avec votre tête sur un pieu. Entre survie et satisfaction de vos sujets, vous devrez constamment trancher en votant des lois. Certaines seront populaires, d’autres indispensables pour passer la tempête suivante et c’est à vous de bien doser ces paramètres, et aussi répondre aux demandes constantes et croissantes des habitants.</p>
<p>Cela fait de <em>Frostpunk</em> un titre de gestion teinté de politique plus riche que la moyenne. Le jeu est assez difficile initialement et les parties se terminent vite tant que le joueur ne distingue pas ce qui doit avoir la priorité absolue et ce qui est secondaire. Après quelques heures aux manettes, vous finirez par bien saisir les enjeux et vous réaliserez sans doute, comme moi, que la formule est en réalité assez simple à suivre, à tel point que les parties finissent par lasser. C’est pourquoi, si vous aimez cette catégorie de jeux, je vous recommande d’acheter les extensions, car elles permettent de varier les objectifs et de renouveler l’intérêt de <em>Frostpunk</em>. Il m’a fallu 34 heures pour en faire le tour complet, ce qui est très correct pour le prix demandé.</p>
]]></description></item><item><title>Workin’ Moms, CBC Television</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/workin-moms-cbc-television/</link><pubDate>Fri, 20 May 2022 21:30:32 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/workin-moms-cbc-television/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/workin-moms-cbc-television/moms.jpg">
        <p>Créée, co-écrite, co-réalisée et interprétée par Catherine Reitman, <em>Workin’ Moms</em> respire la sincérité dès le tout premier épisode. La série de CBC Télévision dresse le portrait de quelques mères qui reprennent le travail après leur congé maternité. Dès le pilote, elle surprend par la franchise de son ton et de son humour, bien loin des clichés sur les mères que l’on voit trop souvent dans la fiction. Non pas que je sois le mieux placé pour juger le sujet, bien sûr, mais il est assez évident à l’écran que la créatrice a puisé dans sa propre expérience et celle de ses connaissances pour écrire les scénarios des six saisons.</p>
<p>Catherine Reitman imagine un noyau dur de mères que l’on suit de saison en saison. Elle se donne elle-même un rôle loin d’être toujours valorisant avec le personnage de Kate Foster, qui n’est pas toujours sympathique, ni avec ses enfants ou son mari, ni avec ses amis et encore moins avec ses collègues. C’est plutôt un requin assez terrifiant par moments, mais une caractéristique essentielle pour comprendre <em>Workin’ Moms</em> est qu’aucune mère n’est parfaite. Elles sont toutes, à des degrés et pour des raisons divers, profondément imparfaites quant à l’éducation de leurs enfants. Anne Carson, interprétée par l’épatante Dani Kind, est une psychologue bien peu attentive aux besoins de ses patients comme de sa famille et qui tombe dans une colère de plus en plus manifeste. Frankie Coyne (Juno Rinaldi) interprète une mère lesbienne qui est plus souvent à l’ouest et ne parlons pas de Val, la plus barrée du groupe et la plus amusante aussi ; mention spéciale au passage à son interprète, Sarah McVie, bluffante dans son rôle toujours à la frontière de la psychopathie.</p>
<p>Une série n’a jamais besoin de beaucoup plus qu’un bon casting pour donner vie à de bons personnages et <em>Workin’ Moms</em> en est la preuve. Au fil des saisons, Catherine Reitman parvient à garder le cap sans se répéter, à renouveler sa création par petites touches sans la bouleverser et à épaissir des psychologies au point de nous donner l’impression de connaître intimement ces personnages de fiction. Tout le casting du début ne reste pas jusqu’au bout, mais les scénaristes introduisent suffisamment de nouveaux personnages pour compenser et la sixième saison est excellente, sans doute parmi les meilleures de l’ensemble. C’est amusant et touchant, une combinaison payante : je recommande, en espérant que la chaîne canadienne offre à <em>Workin’ Moms</em> quelques saisons supplémentaires.</p>
]]></description></item><item><title>Abercrombie &amp; Fitch : Une marque sur le fil, Alison Klayman</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/abercrombie-fitch-marque-fil-klayman/</link><pubDate>Thu, 19 May 2022 11:55:02 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/abercrombie-fitch-marque-fil-klayman/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/abercrombie-fitch-marque-fil-klayman/abercrombie.jpg">
        <p>Je ne suis entré dans un Abercrombie &amp; Fitch qu’une seule fois dans ma vie, pour en ressortir moins de cinq minutes plus tard face au monde, à l’obscurité, à la musique assourdissante et au parfum écœurant qui régnait à l’intérieur. C’est ma seule expérience avec cette marque et en regardant le documentaire d’Alison Klayman diffusé sur Netflix, je comprends mieux pourquoi cela n’a pas collé. En cherchant à vendre le « cool » et la beauté sur la base d’une définition qui sentait bon le racisme WASP des années 1950, la marque a construit son succès de l’exclusion volontaire de tous ceux qui ne collaient pas à ce modèle si limité. <em>Abercrombie &amp; Fitch : Une marque sur le fil</em> démonte implacablement ces magasins qui ont fait fureur dans les années 1990 et 2000, avant de quasiment disparaître dans la décennie suivante et c’est terrifiant.</p>
<p>Terrifiant de penser que des hommes pourtant gays ont pu mettre en au point une marque aussi exclusive par pur cynisme marketing ou par convictions rétrogrades<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Terrifiant de réaliser à quel point cette stratégie a si bien marché, avec des boutiques Abercrombie &amp; Fitch qui se sont multipliées, non seulement aux États-Unis, mais aussi en Europe et en Asie. Terrifiant de constater que l’entreprise s’en est sortie sans problème majeur, y compris pour Mike Jeffries, le principal créateur de cette marque construite sur la discrimination qui a pu partir avec quelques dizaines de millions de dollars. Terrifiant aussi de voir défiler ces anciens employés qui reconnaissent au mieux quelques erreurs, mais ne semblent toujours pas avoir réalisé l’ampleur du problème et encore moins leur responsabilité directe.</p>
<p>En plus de la discrimination à l’embauche et en plus des mecs exclusivement blancs et musclés exhibés partout, Alison Klayman évoque aussi le racisme minable des t-shirts « comiques » vendus par l’entreprise à une époque. À cet égard, Abercrombie &amp; Fitch est vraiment le symbole d’un mal systémique qui ne touche d’ailleurs pas que les États-Unis. L’entre-soi et l’exclusion dans ce qu’ils ont de pire, érigés comme recette du succès pendant deux décennies… et ça a marché en plus ! Voilà qui laisse songeur.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Les hommes torses nus qui étaient le porte-étendard de la marque devaient être bien masculins et les femmes bien féminines. Le documentaire relaie par ailleurs les commentaires lesbophobes du PDG, homosexuel même s’il n’a jamais fait son <em>coming-out</em>.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Wet Leg, Wet Leg</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/wet-leg-wet-leg/</link><pubDate>Tue, 17 May 2022 22:00:17 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/wet-leg-wet-leg/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/wet-leg-wet-leg/wet-leg.jpeg">
        <p>Tout le monde a découvert Wet Leg avec « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Zd9jeJk2UHQ"><em>Chaise Longue</em></a> », paraît-il. Le premier single du duo britannique — elles viennent même toutes deux de l’île de Wight — a manifestement fait sensation lors de sa sortie en juin 2021, mais comme à mon habitude, je suis totalement passé à côté. Je n’ai entendu parler du groupe qu’à la sortie de son premier album, lui aussi nommé <em>Wet Leg</em>, début avril 2022. Une découverte tardive qui n’enlève rien à la qualité de ce premier album, pas bien long, mais vif et mémorable.</p>
<p>Le duo a composé un rock énergique à la limite du punk par endroits, mais qui ne se laisse pas aisément résumer à un seul genre. Dès les premières écoutes, c’est l’humour et l’auto-dérision qui ressort, on sent qu’elles ne se prennent pas trop au sérieux. Leur musique en revanche n’est pas de la rigolade, même s’il s’agit de mettre hurler le plus longtemps et le plus fortement possible sur « <em>Ur Mum</em> ». C’est léger, mais chaque titre est composé avec soin et les arrangements sont assez sophistiqués, tout en restant proche de la composition rock classique, batterie, guitare et basse en tête. Les douze morceaux sont tous assez courts et simples, même s’il faut noter quelques variations dans le rythme et l’ambiance. Il n’y a en tout cas rien à jeter dans ce <em>Wet Leg</em>, qui est fun et qui n’a pas besoin d’être davantage.</p>
]]></description></item><item><title>Killing Eve, BBC America (saisons 3 et 4)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/killing-eve-bbc-america-saisons-3-4/</link><pubDate>Sun, 15 May 2022 21:42:33 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/killing-eve-bbc-america-saisons-3-4/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/killing-eve-bbc-america-saisons-3-4/eve.jpg">
        <p><em>Killing Eve</em> avait su renouveler astucieusement le mythe de la course-poursuite entre policier et tueur, avec toute l’astuce et la malice de Phoebe Waller-Bridge au service d’une série audacieuse et novatrice. Les deux premières saisons étaient <a href="https://voiretmanger.fr/killing-eve-waller-bridge-bbc-america/">une vraie réussite</a>, les deux dernières ne déçoivent pas, sans briller autant malgré tout. La faute sans doute à un manque de renouvellement et à une intrigue principale qui étire un petit peu trop les bases, sur les fameux douze. C’est tout particulièrement vrai dans la quatrième saison, qui n’est pas plus longue que les autres et pourtant qui auraient probablement mérité quelques coupes.</p>
<p>Malgré tout, <em>Killing Eve</em> reste un plaisir à regarder jusqu’au bout. Il faut dire que le duo constitué par Sandra Oh et Jodie Comer est si bon que tout ce qui les entoure est presque secondaire. Mentionnons quand même Fiona Shaw, d’une froideur impeccable dans le rôle de Carolyn, et Camille Cottin, parfaitement à son aise dans son rôle de méchante. Un sacré casting féminin, même si les deux actrices principales restent le plus en tête. Jusqu’à la toute fin, elles déploient une synergie assez incroyable et leur relation d’amour et de haine est parfaitement crédible. C’est la plus belle réussite de la création de BBC America et je ne regrette pas d’avoir pu la voir sur deux saisons de plus. Le final bien fermé cette fois ne laisse pas envisager de suite et c’est sans doute aussi bien ainsi, car il est vrai que le combat contre les douze tournait en rond, mais ces seize épisodes supplémentaires étaient bienvenus.</p>
<p>Maintenant que cette série est terminée, j’ai hâte de découvrir ce que Phoebe Waller-Bridge nous réserve !</p>
]]></description></item><item><title>Matrix Resurrections, Lana Wachowski</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/matrix-resurrections-wachowski/</link><pubDate>Sat, 14 May 2022 22:00:52 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/matrix-resurrections-wachowski/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/matrix-resurrections-wachowski/matrix-resurrections.jpg">
        <p>Warner Bros voulait tellement créer une suite à <a href="https://voiretmanger.fr/saga/the-matrix/">la trilogie</a>, l’une des deux sœurs Wachowski<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> s’y est finalement collée. De manière assez amusante, c’est aussi le message qui ouvre <em>Matrix Resurrections</em>, où l’on retrouve un Neo enfermé dans une nouvelle matrice dans laquelle les trois premiers films de la saga sont des jeux vidéo qu’il a créé. Il ne veut pas en faire un quatrième, mais on lui force la main, prétextant que si ce n’est pas lui, un autre le fera à sa place. Comment ne pas voir en ce Neo développeur de jeu vidéo la présence de Lana Wachowski, qui décide de céder face à ce qui ressemble à des années de pression ininterrompue de la part des studios ? Peut-on aller un cran plus loin, et comprendre que cet avertissement sur la qualité de cette suite vaut autant dans la matrice que dans notre monde ?</p>
<p>Quoi qu’il en soit, il fallait une suite, en voilà une. <em>Matrix Resurrections</em> joue constamment sur les références comme pour créer le maximum de liens avec la trilogie initiale et tout particulièrement avec <a href="https://voiretmanger.fr/matrix-wachowski/">le premier film</a>. La séquence d’ouverture est une copie conforme de celle du long-métrage de 1999 — cela ne nous rajeunit pas 🥲 — et ce quatrième épisode est parsemé de clins d’œil, ici au dojo, là aux scènes de <em>bullet time</em>, sans oublier le lapin blanc ou même le Mérovingien. Paradoxalement, alors même que l’hommage est constant, deux acteurs clés ont perdu leur rôle. Keanu Reeves reprend le rôle principal, Carrie-Anne Moss est à ses côtés pour celui de Trinity, mais ni Hugo Weaving pour l’agent Smith, ni Lawrence Fishburne pour Morpheus ne sont présents. Et s’il y a une vaguement bonne raison pour le premier, le second n’a apparemment même pas été contacté et il a été remplacé d’office par une version rajeunie. Ces choix sont assez déstabilisants et même si j’ai trouvé que Jonathan Groff s’en sortait bien en nouvel agent Smith, et même si Yahya Abdul-Mateen II est convaincant dans le rôle du jeune Morpheus, je me demande si <em>Matrix Resurrections</em> n’aurait pas été plus satisfaisant avec les deux acteurs originaux. En tout cas, on ne peut pas reprocher à Lana Wachowski de ne pas redoubler d’effort en termes de représentativité queer, avec plusieurs acteurs ouvertement queers et plusieurs personnages qui le sont aussi. Sur ce point, elle ne déçoit pas.</p>
<p>Malheureusement, le film lui-même n’est pas une grande réussite. <em>Matrix Resurrections</em> est un blockbuster d’action bien rythmé, bourré de clins d’œil que les fans peuvent apprécier et c’est aussi une œuvre généreuse pleine de bonne volonté. Pour toutes ces raisons, cela en fait un long-métrage plaisant malgré ses défauts et si vous avez aimé <em>The Matrix</em>, vous auriez tort de ne pas le voir. Mais il faut aussi reconnaître qu’une fois sorti de la matrice initiale avec cette bonne idée des jeux vidéos, on est comme sur des rails, portés par une scène d’action à la suivante sans grande originalité. Lana Wachowski ne parvient pas à retrouver ce qui faisait la particularité du premier film et elle tombe dans les travers des deux suivants, alors que j’espérais retrouver la complexité scénaristique et formelle  de <a href="https://voiretmanger.fr/sense8-straczynski-wachowski-netflix/"><em>Sense8</em></a> ou <a href="https://voiretmanger.fr/cloud-atlas-wachowski-tykwer/"><em>Cloud Atlas</em></a>. Malgré quelques esquisses et idées nouvelles insufflées ici ou là, <em>Matrix Resurrections</em> reste au fond assez basique et c’est bien dommage.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Seule Lana Wachowski est présente sur ce quatrième volet, Lilly Wachowski s’est tenue à l’écart du projet.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Get To Heaven, Everything Everything</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/get-heaven-everything-everything/</link><pubDate>Fri, 13 May 2022 20:46:55 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/get-heaven-everything-everything/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/get-heaven-everything-everything/heaven.jpg">
        <p>C’est toujours intéressant de découvrir un groupe qui a plusieurs années derrière lui et surtout qui a publié plusieurs albums. Recommandé par le service <em>Last.fm</em> basé sur mes écoutes habituelles, j’ai découvert Everything Everything un petit peu par hasard, en testant leur troisième album intitulé <em>Get To Heaven</em>. Tout un programme, pour cet ensemble de pas moins de 17 morceaux<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et de plus d’une heure qui s’est d’abord imposé comme une collection de titres légers aux intonations pop. En creusant un petit peu plus et en le réécoutant quelques fois supplémentaires, j’ai vite découvert que cette légèreté cachait une complexité formelle, avec des compositions plus originales qu’on pourrait l’imaginer au premier abord, et des thèmes volontairement très sombres.</p>
<p><em>Get To Heaven</em> est sorti en 2015 et les paroles sont toutes inspirées par l’actualité politique du moment, en Angleterre et dans le monde, entre état islamiste et réchauffement climatique. Le groupe issu de Manchester a volontairement joué sur les décalages entre une musique en apparence fun et légère et des thèmes résolument négatifs. Comme je ne fais en général pas attention aux paroles, je garde surtout en tête la musique, qui est aussi pop au premier abord qu’elle peut s’avérer travaillée et sophistiquée en multipliant les écoutes. Everything Everything compose une bande-originale riche qui ne s’épuise pas dès la première audition et supporte les passages sur la platine (virtuelle). J’apprécie tout particulièrement la diversité des titres et les choix osés du groupe qui tentent des idées souvent folles, mais qui fonctionnent finalement toutes assez bien. On est sur une base de pop-rock, mais tout est permis, y compris des ponts vers le hip-hop sur quelques morceaux. C’est un joyeux bazar et c’est un plaisir à écouter d’un bout à l’autre, sans temps mort.</p>
<p>Everything Everything a publié cinq albums à ce jour et se prépare à sortir un sixième opus cette année. C’est sans doute le meilleur quand on découvre d’un nouveau groupe que l’on apprécie : j’ai d’un coup plein de titres supplémentaires à découvrir désormais. Mais pour le moment, je continue de faire tourner <em>Get To Heaven</em> dans la rotation quotidienne et je découvre encore des petites surprises au détour des morceaux…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>L’album est sorti à la base avec onze titres, mais c’est la version « deluxe » qui a terminé dans ma collection musicale.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>Grace et Frankie, Netflix (saison 7)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/grace-frankie-netflix-saison-7/</link><pubDate>Thu, 12 May 2022 20:57:11 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/grace-frankie-netflix-saison-7/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/grace-frankie-netflix-saison-7/grace-frankie.jpg">
        <p>Sept saisons ! Alors que Netflix a pris la mauvaise habitude de sabrer ses séries dès qu’elles donnent le premier signe de faiblesse, <em>Grace et Frankie</em> a connu une longévité exceptionnelle pour le service, depuis <a href="https://voiretmanger.fr/grace-frankie-kauffman-morris-netflix/">son lancement en 2015</a> jusqu’au final diffusé en 2022. Sept saisons en sept ans, on se croirait presque à la télévision de nos parents. Et d’ailleurs, ces seize épisodes n’innovent malheureusement toujours pas, une tendance de fond empruntée par la série de Marta Kauffman et de Howard J. Morris depuis plusieurs saisons, mais qui s’accentue encore ici.</p>
<p>On ne s’ennuie pas complètement, mais pas loin. <em>Grace et Frankie</em> a toujours de bons moments, presque uniquement grâce au duo composé par Jane Fonda et Lily Tomlin qui a toujours été le point fort de la série et qui reste puissant jusqu’au bout. On n’en dira pas autant de Martin Sheen et Sam Waterston qui reste, hélas, dans les clichés vieux jeux sur l’homosexualité, même s’il faut saluer l’arc de cette septième saison sur la vieillesse et les oublis. C’est le plus intéressant dans cette fin et c’est touchant, bien plus que le remue-ménage des personnages secondaires qui tournent désormais tous en boucle. Je crois que Netflix n’avait vraiment pas besoin d’aller si loin, mais enfin, l’émotion survient malgré tout à la fin et dans l’ensemble, la sitcom n’était pas si mauvaise, malgré son manque cruel de renouvellement au fil des années.</p>
]]></description></item><item><title>Le Réalisme magique du cinéma chinois, Hendy Bicaise</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/realisme-magique-cinema-chinois-bicaise/</link><pubDate>Mon, 09 May 2022 21:53:03 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/realisme-magique-cinema-chinois-bicaise/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/realisme-magique-cinema-chinois-bicaise/realisme-magique.jpg">
        <p>Dans l’excellente collection d’essais élaborée par les éditions Playlist Society, <em>Le Réalisme magique du cinéma chinois</em> m’intriguait et m’inquiétait un petit peu, parce que je ne connais rien de son sujet. Mes connaissances en matière de cinéma chinois sont déjà réduites, mais le sujet d’étude de Hendy Bicaise est encore plus restreint : il s’intéresse à une génération de cinéastes contemporains, en marge des gros circuits de distribution que je pouvais connaître. Par ailleurs, son angle d’étude est le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9alisme_magique">Réalisme magique</a>, un courant artistique dont j’ignorais l’existence avant d’ouvrir les premières pages de l’ouvrage. Pour autant, je n’ai jamais été perdu en lisant cet essai qui s’est avéré passionnant, tant sur la partie cinématographique que sur les esquisses d’analyses politiques sur la Chine.</p>
<p>Les œuvres que l’on associe au réalisme magique sont majoritairement réalistes, mais avec une touche de fantastique qui émerge sans prévenir. L’un des meilleurs exemples dans le cinéma chinois se trouve dans <em>Still Life</em>, un long-métrage de 2006 où un immeuble s’élève soudainement au milieu des autres, comme s’il s’agissait d’un gratte-ciel. Hendy Bicaise a compilé une longue liste d’œuvres produites en Chine ces quinze à vingt dernières années où il trouve une trace similaire, mais <em>Le Réalisme magique du cinéma chinois</em> n’est pas qu’une longue liste. L’essai offre non seulement un contexte, associant chaque œuvre avec l’histoire chinoise de ces mêmes années, il organise aussi toutes ces références de manière logique et offre des liens avec ce qui se déroule dans le pays. L’utilisation du réalisme magique peut être une manière de critiquer un système politique qui ne tolère aucune critique et pratique la censure. Mais ces films sont aussi souvent réalisés clandestinement, jusqu’à cet extrême où le contenu est uniquement l’audio d’un interrogatoire de police sur fond noir, sans aucune image. Ils sont aussi régulièrement à la frontière entre documentaire et fiction, quitte à brouiller les frontières.</p>
<p>Même si vous n’avez vu aucun des films cités par Hendy Bicaise, comme c’était mon cas, <em>Le Réalisme magique du cinéma chinois</em> mérite le détour. L’auteur est suffisamment pédagogue pour ne pas laisser ses lecteurs dans le noir, il explique rapidement l’intrigue ou le principe de chaque œuvre évoquée, ce qui permet de suivre son argumentation générale. J’apprécie aussi en fin d’ouvrage la liste condensée de dix films à voir si on veut découvrir le réalisme magique du cinéma chinois, elle est moins impressionnante que la liste complète qui suit et donne envie d’en voir plus.</p>
]]></description></item><item><title>The Dig, Simon Stone</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/dig-stone/</link><pubDate>Sun, 08 May 2022 18:33:18 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/dig-stone/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/dig-stone/dig.jpg">
        <p>« Inspiré d’une histoire vraie », le roman puis son adaptation cinématographique <em>The Dig</em> racontent la découverte de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sutton_Hoo">Sutton Hoo</a>, un site archéologique du VII<sup>e</sup> siècle.  Un site d’une incroyable importance, qui a remis en cause les connaissances d’alors, mais qui n’est qu’un sujet secondaire du long-métrage de Simon Stone, comme du livre qu’il adapte. Cette plongée historique dans l’Angleterre à la veille de la Deuxième guerre mondiale se penche davantage sur les histoires personnelles et offre une <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/The_Dig_(2021_film)#Historical_accuracy">vision romancée</a> de ce qui s’est déroulé. Ce qui n’est pas gênant en soi, mais j’aurais préféré en savoir plus sur la partie archéologique et éviter les romances sans grand intérêt et le pathos un petit peu trop présent.</p>
<p>La musique empesée annonce le sérieux du projet dès la première minute. On n’est pas ici pour rire, pas seulement parce que la guerre est aux portes du pays. Le choix de faire incarner Edith Pretty, propriétaire des lieux, par la jeune actrice Carey Mulligan n’est pas innocent de la part du casting, cela renforce la tristesse de son mauvais état de santé et sert à tirer un petit peu plus sur la corde sensible. Face à elle, Ralph Fiennes incarne Basil Brown, l’excavateur qui a trouvé le bateau, sans grande inspiration et avec une lassitude assez communicative. <em>The Dig</em> opte pour un traitement hyper classique à tous les niveaux et même si l’histoire est intéressante, il aurait mérité un récit un poil plus dynamique et surtout plus bref, ainsi qu’un film moins lourd.</p>
]]></description></item><item><title>Silence</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/silence/</link><pubDate>Sat, 07 May 2022 11:12:43 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/silence/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/silence/silence.jpg">
        <p>Vous commencez par un raid aérien et deux enfants, un frère et une sœur, qui se retrouvent bloqués dans un bunker à moitié détruit par les bombes. Cette ouverture peu réjouissante donne le ton : <em>Silence</em> a beau ressembler à un conte pour enfants, il n’est pas question ici de légèreté frivole. Ce jeu d’aventures au format classique, c’est du <em>point and click</em> comme on dit, se déroule essentiellement dans un monde imaginaire nommé Silence, inventé par Noah pour sa petite sœur Renie. En tant que joueur, vous devez les guider tous les deux ainsi que Spot, une étonnante créature retrouvée en chemin, dans cet univers fantastique.</p>
<p>Tout se fait par des explorations de tableaux statiques, dessinés à la main et tous assez magnifiques. Les personnages en 3D accusent un petit peu le poids des années — <em>Silence</em> est sorti en 2016 après tout —, mais l’ensemble reste convenable. Comme dans tout jeu d’aventures, vous devrez explorer les décors en quête d’indices, discuter avec les personnages rencontrés et résoudre des énigmes, qui sont toutes simples, pour ne pas dire simplistes. Ses concepteurs n’ont pas remis en cause les fondamentaux et les amateurs du genre ne seront pas dépaysés par ce <em>gameplay</em> conventionnel, ce qui n’est pas un défaut d’ailleurs.</p>
<p>J’ai terminé l’histoire en à peine six heures, sans forcer, mais en trouvant le temps presque long par endroits. <em>Silence</em> enchaine parfois un petit peu trop les cinématiques et penche de temps en temps un petit peu trop vers le récit interactif que l’on suit passivement<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. J’ai aussi trouvé que le ton, mi-adulte et mi-enfantin, était aussi déstabilisant, mais l’histoire reste touchante et j’avais envie de savoir comment cela allait se terminer. Si vous aimez les jeux d’aventures qui ne sont pas trop compliqués, cela peut valoir la peine de tester.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Seul l’anglais est proposé pour les voix, mais vous pourrez activer des sous-titres en français pour suivre l’intrigue sans difficulté.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>Slow Horses, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv+/</link><pubDate>Thu, 05 May 2022 21:33:49 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/slow-horses-apple-tv&#43;/slow-horses.jpeg">
        <p>Adapté d’un roman de Mick Herron qui porte le même nom, <em>Slow Horses</em> pourrait n’être qu’un thriller d’espionnage de plus. Mais les « veaux » du titre dynamitent à leur manière les codes du genre et permettent à la série portée par Apple TV+ de sortir du lot. Les personnages principaux sont tous des espions du MI-5, en tout cas techniquement. En réalité, ils travaillent dans une annexe, un lieu réservé aux espions qui se sont foirés lamentablement, à l’image du héros, River Cartwright, qui ne parvient pas à empêcher un terroriste de se faire exploser dans une simulation qui ouvre la première saison. Face à cet échec, il est envoyé moisir avec la poignée d’autres agents secrets, dirigés par Jackson Lamb, qui tente d’être le plus désagréable possible en attendant de mourir.</p>
<p><em>Slow Horses</em> commence sur une base de thriller intensif, mais passé l’exercice raté, le rythme change du tout au tout. Les scénaristes prennent alors le temps de poser les personnages dans leur quotidien désespéré. La seule mission de Cartwright est désormais de fouiller des poubelles, sans même savoir ce qu’il doit chercher et autour de lui, ce n’est guère plus reluisant. La série joue sur les clichés du genre pour mieux les détourner avec une bonne dose de crade bien loin du glamour habituel, entre les détritus étalés dans les bureaux et le chef qui manifestement ne se lave jamais et ne rentre même pas chez lui pour dormir. Les six épisodes qui constituent la première saison introduisent rapidement une intrigue principale autour du kidnapping d’un jeune pakistanais par des terroristes d’extrême-droite, mais ce n’est pas nécessairement le plus important. En tout cas, la création d’Apple TV+ prend surtout le temps de composer des personnages et y parvient brillamment.</p>
<p>Le clou du spectacle, c’est bien évidemment Gary Oldman, qui compose un espion raté particulièrement convaincant, toujours à moitié saoul et surtout jamais aimable. L’acteur n’a plus rien à prouver, mais il parvient presque à surprendre tant il peut être repoussant ici : une belle performance. Autour de lui, le casting est excellent et je retiendrai surtout Kristin Scott Thomas, impeccable dans le rôle de la responsable des opérations du MI-5 en charge des opérations au sein de l’agence et grande rivale de Lamb. Le seul vrai défaut de <em>Slow Horses</em>, c’est sa durée trop courte, mais Apple TV+ a commandé deux saisons, chacune basée sur un livre de Mick Herron, et la fin de celle-ci ouvre clairement la voie à la suite. Cela tombe bien, de nombreuses pistes sont ouvertes pendant le final et j’ai hâte d’en apprendre plus sur le passé douteux de ces espions fatigués.</p>
]]></description></item><item><title>Bronco, Orville Peck</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/bronco-peck/</link><pubDate>Wed, 04 May 2022 21:40:12 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/bronco-peck/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/bronco-peck/bronco.jpg">
        <p>La <em>country</em> n’est pas ma tasse de thé, non pas que je n’apprécie pas du tout le style musical, mais je ne l’écouterais pas sans une bonne raison de le faire. Le fait qu’Orville Peck soit un artiste ouvertement et résolument <em>queer</em> offre cette bonne raison. Toujours masqué sous des franges, le jeune canadien joue la carte du mystère et cache sa réelle identité — qui est assez facile à retrouver si on la cherche… — pour que l’on se concentre mieux sur sa musique.</p>
<p>Deux albums à son actif, <em>Pony</em> en 2019 et <em>Bronco</em> qui vient de sortir. J’ai découvert les deux d’un coup et je crois que je préfère toujours le premier, même si <em>Bronco</em> s’améliore au fil des écoutes. L’aspect <em>country</em> est bel et bien présent et sur quelques morceaux, j’ai du mal à passer outre, notamment sur les duos du dernier album. Orville Peck parvient toutefois à ne pas rester bloqué dans la formule ancestrale et il fait évoluer les recettes avec des sonorités plus modernes, sans aller jusqu’à fusionner le genre avec un tout autre univers comme a pu le faire Lil Nas X. Les instruments restent traditionnels, tout comme la le format ou la structure des morceaux et même la voix suave du chanteur vont dans cette direction. Les balades amoureuses homosexuelles l’en éloignent dans ce milieu hétéronormé et il assume de plus en plus une forme de folie, que l’on retrouve davantage dans <em>Bronco</em>, avec une richesse musicale plus affirmée.</p>
<p><em>Pony</em> était moins sophistiqué et un petit peu plus sec, et sans doute plus à mon goût. Mais quoi qu’il en soit, je ne comprends pas trop comment j’avais pu passer à côté à sa sortie, je suis ravi d’avoir découvert Orville Peck et j’ai hâte de découvrir ce qu’il aura à offrir à l’avenir.</p>
]]></description></item><item><title>Pachinko, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/pachinko-apple-tv+/</link><pubDate>Mon, 02 May 2022 21:30:48 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/pachinko-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/pachinko-apple-tv&#43;/pachinko.jpg">
        <p>Le huitième épisode de la première saison de <em>Pachinko</em> se termine sur des extraits d’interview de femmes originaires de Corée qui ont émigré au Japon dans les années 1920 ou 1930 et qui ne sont pas reparties dans leur pays après la Seconde Guerre mondiale. En clôturant sa première partie sur ces images, la série créée par Soo Hugh termine de surprendre, comme si elle cherchait à révéler son véritable sujet à la toute fin. Avant cela, la création d’Apple TV+ a déployé huit épisodes d’une heure d’une densité assez folle et avec le pari toujours difficile à relever de toucher à l’universel par l’intime. <em>Pachinko</em> n’est pas aisée à résumer, c’est tout à la fois une fresque historique qui s’étale sur plusieurs décennies, le récit d’une famille de Coréens émigrés au Japon à travers les générations et les histoires de femmes qui ont survécu au sein d’un milieu hostile. C’est une page des histoires coréenne et japonaise que l’on connaît mal et c’est encore une touchante histoire personnelle.</p>
<p><em>Pachinko</em> ouvre chaque message par un avertissement. La série a été tournée dans trois langues différentes : un petit peu d’anglais et principalement un mélange assez égal de japonais et coréen. Seule la version originale est proposée et ses créateurs ont imaginé une solution originale pour les sous-titres, avec une couleur différente par langue. Une excellente idée pour les occidentaux qui auront du mal à distinguer les langues, entremêlées au sein des mêmes phrases, avec parfois un seul mot emprunté à une autre langue. Ce dispositif n’est pas gratuit, il est même central pour bien comprendre l’histoire portée par Apple TV+. Tous ces personnages sont coincés entre plusieurs pays et plusieurs cultures. Ils ne sont plus tout à fait Coréens sans être entièrement Japonais et la génération suivante complique encore la situation, avec un personnage qui a aussi un pied aux États-Unis. Ce qui m’a le plus frappé, c’est que peu importe l’époque ou le lieu, ces personnages sont toujours rabaissés par la bêtise humaine et le racisme ambiant. <em>Pachinko</em> évoque une situation qui se déroule de l’autre côté du monde par rapport à moi, mais comment ne pas penser à notre relation avec le Maghreb ? Les rapprochements sont troublants et ils peuvent servir de point d’appui pour mieux apprécier le roman de Min Jin Lee qui a été adapté ici.</p>
<p>Outre l’histoire de la colonisation japonaise de la Corée, <em>Pachinko</em> raconte aussi des parcours personnels et en premier lieu celui de Sunja, personnage principal de la série. On la suit depuis son enfance en Corée jusqu’à la fin de sa vie au Japon dans les années 1980, et par l’intermédiaire de ses premiers pas compliqués dans le Japon des années 1930 où elle arrive avec son mari pasteur. Les huit épisodes établissent petit à petit toute une vie, en basculant constamment d’une époque à une autre avec une belle maîtrise du montage. Comme dans toutes les fresques de cette ampleur, il faut un petit peu de temps pour s’adapter et tisser les liens entre chaque époque, mais c’est aussi une bonne partie du plaisir de <em>Pachinko</em>. Le scénario ne donne immédiatement pas tous les éléments pour comprendre, si bien qu’il faut se laisser porter et accepter de rester dans le flou au départ. Mais quand le puzzle se constitue enfin, la réussite de l’ensemble n’apparaît alors que plus distinctement et c’est bluffant.</p>
<p>Ajoutez à cela un casting impeccable, Youn Yuh-jung en tête, ainsi qu’une photographie sublime et des reconstitutions historiques de grande qualité et vous obtenez une grande série. Apple TV+ a renouvelé sans attendre <em>Pachinko</em> et on comprend sans peine pourquoi : le service tient une pépite et on a hâte de découvrir la suite des histoires de Sunja et de toute sa famille et de comprendre peut-être mieux pourquoi la série porte ce titre<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. D’ici là, ne passez pas à côté de cette première saison, aussi passionnante qu’elle peut être touchante.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<li id="fn:1">
<p>Les <em>pachinko</em> sont des machines à sous très populaires au Japon, mais même si elles apparaissent une fois ou deux dans cette saison, le lien est encore loin d’être évident. J’imagine que la suite le renforcera.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
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]]></description></item><item><title>Cruella, Craig Gillespie</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/cruella-gillespie/</link><pubDate>Sun, 01 May 2022 18:21:26 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/cruella-gillespie/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/cruella-gillespie/cruella.jpg">
        <p>Disney poursuit cette surprenante idée de créer des remakes en images réelles de ses classiques d’animation. <em>Cruella</em> reprend ainsi <a href="https://voiretmanger.fr/101-dalmatiens-geronimi-luske-reitherman/"><em>Les 101 Dalmatiens</em></a>, même si le long-métrage de Craig Gillespie n’est pas tant une nouvelle version qu’une extension de l’univers original. Plus précisément, c’est une préquelle qui ambitionne de présenter la naissance du personnage de Cruella Denfer, quand elle n’était pas encore la grande méchante du dessin animé. Le résultat n’est pas très original, ce qui n’empêche pas que le divertissement reste plaisant et les deux actrices principales justifient la séance.</p>
<p>Craig Gillespie prend son temps pour poser son personnage de méchante et ce n’est qu’à la toute fin de <em>Cruella</em> que toutes les pièces s’assemblent. On découvre d’abord Estella, orpheline qui se trouve une famille avec deux garçons voleurs à Londres. Tous ceux qui ont vu <em>Les 101 Dalmatiens</em> reconnaîtront vite les personnages dessinés par le classique des années 1960, d’autant que cette version se déroule à la même époque, étrangement. C’est assez amusant de voir petit à petit les pièces du puzzle s’assembler, jusqu’aux dalmatiens qui sont déjà présents. La grande idée — c’est peut-être beaucoup dire… —, c’est qu’en attendant Cruella, il y a une autre méchante, nommée ici la Baronne. C’est un calque presque parfait de la future Cruella Denfer et Disney a pioché dans les innombrables clichés sur les gens dans la mode pour créer ce personnage. C’est assez grotesque, mais aussi jouissif, je l’admets et Emma Thompson s’en donne à cœur joie dans ce rôle. Emma Stone s’amuse beaucoup dans le rôle titre et c’est communicatif. Elles portent toutes deux le film et <em>Cruella</em> tient surtout grâce à leurs quatre épaules.</p>
<p>Le reste est plus convenu, avec quand même un style bien marqué assez convaincant et une bande-originale teintée par les 1970’s qui fait mouche. La nostalgie fonctionne à plein, Disney n’invente rien ici, mais enfin, on ne s’ennuie pas. Est-ce qu’il y a <em>vraiment</em> de quoi lancer une nouvelle saga, cela dit ? La fin est grande ouverte, on pourrait difficilement imaginer qu’elle le soit plus, mais je ne suis pas convaincu. D’autant que cette variante de Cruella, qui n’est cruelle ni avec les animaux, ni même avec les humains, n’est au fond pas bien méchante. <em>Cruella</em> fonctionne parce que la baronne est là, mais si ce n’est pas le car par la suite, à quoi bon ?</p>
]]></description></item><item><title>L’abbaye du Relec</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/abbaye-relec/</link><pubDate>Sat, 30 Apr 2022 18:30:36 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/abbaye-relec/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/photo/abbaye-relec/IMG_8746.jpeg">
        <p>L’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_du_Relec">abbaye du Relec</a> existe depuis le XII<sup>e</sup> siècle et même s’il ne reste plus beaucoup de cette époque, elle reste un lieu agréable pour une balade. Située dans la vallée du Queffleut, non loin des Monts d’Arrée, elle s’élève au milieu d’une nature au calme parfait quand les touristes ne débarquent pas. L’église abbatiale surprend par sa simplicité, extérieure et intérieure. Les ruines aux alentours ne sont pas particulièrement intéressantes, mais le petit étang juste devant mérite un petit tour champêtre.</p>
]]></description></item><item><title>Heartstopper, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/heartstopper-netflix/</link><pubDate>Thu, 28 Apr 2022 21:48:51 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/heartstopper-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/heartstopper-netflix/heartstopper.jpg">
        <p><em>Heartstopper</em> n’est pas la première œuvre de fiction à suivre le parcours de deux jeunes garçons qui tombent amoureux, mais vous savez quoi ? La série créée par Netflix n’en est pas moins essentielle pour sa représentation et surtout sa normalisation d’une relation homosexuelle chez des jeunes collégiens ou lycéens. J’aurais adoré pouvoir la regarder quand j’avais 15 ou 16 ans et quand j’étais encore si loin de m’imaginer gay. Et je sais que la création d’Alice Oseman, adaptée de son propre roman graphique, aura un impact sur d’innombrables jeunes qui s’interrogent sur leur sexualité.</p>
<p>L’intrigue n’a pas besoin d’être originale, en revanche elle devait tomber juste et sur ce point, <em>Hearstopper</em> est une réussite éclatante. Tout est parfait dans cette première saison, sauf éventuellement sa brièveté — huit épisodes d’une demi-heure, c’est peu —, mais même alors, il faut saluer le rythme impeccable jusqu’au bout. Alice Oseman trouve le ton juste pour faire parler et interagir ses jeunes de 15 ou 16 ans et le casting est à la hauteur de son scénario. Même si les acteurs sont tous un petit peu plus âgés, ils restent convaincants pour incarner des collégiens ou lycéens et leur alchimie est remarquable. C’est tout particulièrement vrai pour les deux amoureux : Joe Locke pour Charlie et Kit Connor pour Nick pourraient bien être un couple dans la vraie vie, tant leur relation est crédible. Leur interprétation est toujours pile où elle doit être, sans jamais trop en faire, avec des regards qui en disent plus que les discours et c’est bluffant. Le succès de la série originale de Netflix leur doit beaucoup, mais tout le casting est irréprochable, jusqu’aux rares adultes qui sont à l’écran, avec la présence surprise d’Olivia Colman.</p>
<p>Au-delà du casting, on peut relever l’excellente représentation queer de <em>Hearstopper</em>. Charlie est ouvertement gay, Nick découvre progressivement sa bisexualité, il y a aussi Elle qui est passée de l’école de garçons à celle des filles suite à sa transition et encore Tara et Darcy qui forment un couple lesbien. Tout n’est pas rose, le rugbyman Nick doit assumer sa sexualité au sein d’un groupe grossièrement hétérosexuel et même carrément homophobe et Charlie sort d’une période de harcèlement scolaire. Mais Alice Oseman ne cède jamais à la noirceur, une tendance trop présente à mon goût dans les récits de coming-out<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, et elle opte au contraire pour une histoire résolument positive. Même si certains élèves ne sont pas réceptifs, les adultes sont tous compréhensifs et offrent un soutien sans faille à leurs enfants. Et autour de Nick et Charlie, le groupe d’amis constitue aussi un cadre rassurant et essentiel pour que le couple puisse s’en sortir. L’homophobie existe dans le monde et elle peut être violente, mais c’est tellement important de montrer aux jeunes LGBTQ+ qu’ils peuvent vivre une histoire d’amour sans malheur et même tout à fait normale.</p>
<p>L’immense succès de <em>Heartstopper</em>, qui a fort heureusement poussé Netflix à renouvelé la série pour une deuxième saison, le prouve bien. Alice Oseman a vu juste avec cette histoire touchante et toute mignonne qui fait un bien fou en rappelant que l’amour est l’amour. Un vrai coup de cœur !</p>
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<li id="fn:1">
<p>Je pense à toi, <a href="https://voiretmanger.fr/love-victor-aptaker-berger-hulu/"><em>Love, Victor</em></a>.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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</ol>
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]]></description></item><item><title>Unlearning, Walt Disco</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/unlearning-walt-disco/</link><pubDate>Wed, 27 Apr 2022 18:30:04 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/unlearning-walt-disco/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/unlearning-walt-disco/unlearning.jpg">
        <p>La première fois que j’ai écouté <em>Unlearning</em>, j’ai cru à une erreur et que j’avais récupéré un album de David Bowie que je n’avais encore jamais écouté — si seulement c’était possible… Sur un titre comme « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=6zqVJ4X6xvM"><em>How Cool Are You?</em></a> », c’est troublant à quel point on pourrait entendre le musicien mythique, mais d’un autre côté, le suivant, « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=oXIDLk9I6K8"><em>Cut Your Hair</em></a> » m’a projeté dans un album de Talking Heads, avec une voix qui s’approche de celle de David Byrne. Plus loin, c’est le nom de Roxy Music qui me vient à l’esprit… en bref, c’est un joyeux bazar que nous propose Walt Disco, nouveau groupe écossais qui frappe fort avec ce premier album.</p>
<p><em>Unlearning</em> ne se résume même pas à d’excellentes références à la musique délurée des années 1970 ou 1980, même si l’ouverture s’appuie fortement sur cette période. Walt Disco revendique l’affiliation, notamment avec David Bowie volontiers cité comme référence pour ce groupe résolument et ouvertement <em>queer</em>. Mais leur album est plus complexe qu’il n’y paraît, notamment parce qu’il évolue vers une ambiance plus sombre sur la fin et quasiment industrielle par endroits, bien loin de la pop sucrée des débuts. Il est inutile d’essayer de classer cet album et après tout, c’est bien ce que son titre annonçait : il faut désapprendre, notamment à ranger la musique dans des petites cases bien définies.</p>
<p>Le groupe progresse dans toutes les directions, comme ils en ont envie et avec une assurance qui force le respect quand on pense que c’est leur tout premier album. Il paraît que Walt Disco est aussi une bête de scène, avec des concerts spectaculaires qui leur permettent de travailler les morceaux et de les améliorer en live. En attendant de pouvoir faire cette expérience moi-même, <em>Unlearning</em> a trouvé tout naturellement place dans ma rotation du moment.</p>
]]></description></item><item><title>Parallèles, Disney+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/paralleles-disney+/</link><pubDate>Sun, 24 Apr 2022 21:55:22 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/paralleles-disney+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/paralleles-disney&#43;/parelleles.jpg">
        <p>Comme tous les services de streaming, Disney+ n’a pas le choix : pour rester disponible en Europe, il doit offrir du contenu local. La règle ne s’intéresse qu’à la quantité, pas à la qualité et malheureusement, cela se voit un petit peu avec <em>Parallèles</em>. Cette création française signée Quoc Dang Tran impressionne par la qualité de sa réalisation et surtout son casting. Tous les acteurs sonnent justes, ce qui est suffisamment rare pour le souligner, et l’ensemble est à la hauteur d’une grosse série américaine, on ne voit pas les coupes budgétaires partout. Sur ce plan, il n’y a rien à redire et j’aurais adoré aimer la série… sauf que le fond n’est pas à la hauteur de la forme. Son plus gros défaut étant un manque cruel d’inspiration et un mélange assez indigeste de ses quelques références.</p>
<p>Quatre collégiens qui vivent des phénomènes fantastiques ? Non, ce n’est pas <a href="https://voiretmanger.fr/stranger-things-duffer-netflix/"><em>Stranger Things</em></a>. Un bunker à proximité d’une centrale nucléaire et du voyage temporel ? Non plus, ce n’est pas <a href="https://voiretmanger.fr/dark-odar-friese-netflix/"><em>Dark</em></a>. Des dimensions parallèles qui communiquent entre elles ? Toujours pas, ce n’est pas <a href="https://voiretmanger.fr/fringe-abrams-kurtzman-orci-fox/"><em>Fringe</em></a>. Je pourrais multiplier les exemples, mais je crois que l’idée est passée. Qu’une œuvre s’inspire et se construise sur la base d’une autre œuvre, c’est un phénomène courant et même normal dans la fiction. Dans le cas de <em>Parallèles</em> toutefois, on a du mal à s’éloigner de ces références, tout particulièrement <em>Dark</em>. Comme l’excellente série de Netflix, celle de Disney+ essaie de construire une ambiance de mystère, mais avec six épisodes qui n’atteignent pour la plupart même pas les 30 minutes, les scénaristes n’ont rien le temps de créer. Tout va trop vite et toutes les bonnes idées cumulées dans le premier épisode sont gâchées par la suite. Jusqu’à la fin et sa résolution bien trop facile, on a l’impression de regarder une série qui passe constamment à côté de son sujet et qui se contente d’accumuler les mauvaises idées.</p>
<p>Le pompon, c’est sans doute les super-pouvoirs que les adolescents récupèrent. Est-ce que Disney ne sait plus faire que des histoires de super-héros désormais ? Quoi qu’il en soit, cette touche de fantastique est aussi grotesque que superflue, <em>Parallèles</em> avait déjà bien assez à gérer avec le voyage dans le temps et le concept du multivers. Quel dommage d’ailleurs de partir ainsi dans tous les sens, alors que Quoc Dang Tran a fait le choix intéressant de placer la science au centre des enjeux. Chapeau au passage pour le personnage de Sofia (Naidra Ayadi, parfaite dans le rôle) qui déjoue les clichés habituels et qui est le personnage le plus intéressant de l’ensemble, bien meilleur que ces collégiens aux amourettes sans intérêt<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> ou encore que ce gendarme qui doit être le moins crédible de l’histoire de la fiction française.</p>
<p>Disney+ laisse suffisamment de miettes pour offrir à la série une deuxième saison, mais pour être honnête, je ne vois pas l’intérêt d’aller plus loin. Autant (re)voir <em>Dark</em> qui est d’une richesse inégalable et bien plus réussie.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Et parfaitement absolument incontestablement hétérosexuelles, il ne faudrait pas laisser la moindre place au doute chez Disney, tout de même.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
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]]></description></item><item><title>I Am Greta, Nathan Grossman</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/greta-grossman/</link><pubDate>Sat, 23 Apr 2022 21:05:19 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/greta-grossman/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/greta-grossman/greta.jpg">
        <p>Nathan Grossman a commencé très tôt à filmer Greta Thunberg, quand elle n’était encore qu’une collégienne à faire grève de l’école toute seule et toute la journée devant le parlement suédois pour réclamer une réaction face au réchauffement climatique. Le réalisateur pouvait alors difficilement imaginer l’ampleur que le phénomène allait prendre, ni qu’il se lançait sur un documentaire de longue durée. <em>I Am Greta</em> suit sur une année le parcours extraordinaire de celle qui a réussi à replacer le réchauffement climatique au cœur des débats, même si cela n’a pas été pérenne. Un film qui ne vous apprendra sans doute rien, mais ce n’est pas son objectif et ce qu’il montre, le quotidien d’une jeune fille qui a tout sacrifié pour tenter de sauver la planète, est aussi touchant que déchirant.</p>
<p>Touchant, car le réalisateur parvient bien à transmettre ce que ressent Greta, une jeune collégienne sur le spectre autistique qui n’a jamais été à l’aise pour s’exprimer en public, qui a même refusé de parler à quiconque sauf sa famille proche pendant des mois, et qui se retrouve brutalement face aux caméras du monde entier. Elle doit constamment se faire violence, sortir du confort de sa routine pour porter son message et affronter l’hostilité générale. Outre son courage, c’est la violence des réactions qui frappe dans <em>I Am Greta</em>, même si Nathan Grossman choisit de ne pas trop se concentrer dessus. Face à cette adolescente qui se contente de rappeler un fait scientifique, l’ignorance crasse répond soit avec des sourires amusés, soit avec des menaces de mort. Le pire étant peut-être tous ces politiques, le plus souvent masculins, blancs et vieux, qui s’amusent de cette jeune messagère et se contentent de promesses dans le vide — Emmanuel Macron est remarquable à ce petit jeu —, soit répondent de façon insultante : la séquence avec Jean-Claude Junker est à cet égard d’une violence incroyable. Et que dire de ces journalistes qui se moquent de sa jeunesse, de ses vêtements « quelconques », de ses tresses… un ramassis de clichés qui, cumulés dans ce documentaire, font bouillir.</p>
<p>Face à cette adversité, Greta Thunberg ne recule pas, elle ne s’énerve même pas, mais reste courageuse, motivée et concentrée sur son message. Même si le documentaire n’exclue pas les séquences de doute et les pleurs en pensant à sa famille et ses deux chiens restés en Suède. <em>I Am Greta</em> parvient ainsi à toucher, surtout quand on pense aux deux parents et à la terreur permanente qu’ils ont dû connaître, l’apothéose étant sans doute cette traversée de l’Atlantique sur un voilier de course, une épreuve particulièrement bien transmise à l’écran. Le père de l’adolescente, toujours présent pour l’aider, mais jamais en travers de son chemin, est une présence constante et discrète, mais essentielle, que le cinéaste a bien gardé à l’esprit. Touchant aussi, le message d’espoir final avec ces millions de jeunes qui ont défilé dans les rues et que le film célèbre fort justement. Déchirant quand on pense que la pandémie a tout balayé et relégué le réchauffement climatique loin derrière d’autres problèmes plus immédiats, mais qui ont aussi servi d’excuse pour tout enterrer.</p>
<p><em>I Am Greta</em> est sorti en 2020, il a été monté et finalisé alors que la pandémie avait commencé. Quelle angoisse de penser à l’état mental de Greta Thunberg face à l’inaction générale et le retour à la normale qui s’est imposé dès que le virus a moins circulé. Comment garder encore l’espoir de changer les choses et ne pas tomber dans le désespoir pur ? Déchirant.</p>
]]></description></item><item><title>Reeling, The Mysterines</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/reeling-mysterines/</link><pubDate>Fri, 22 Apr 2022 21:50:15 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/reeling-mysterines/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/reeling-mysterines/reeling.jpg">
        <p><em>Reeling</em> commence de manière musclée. Les deux premiers titres de l’album n’hésitent pas à lancer la guitare électrique façon mur sonore et la batterie n’est pas en reste pour deux morceaux de rock intense. The Mysterines, un nouveau groupe venu de Liverpool qui signe ici son premier LP, compose pourtant un album plein de surprises. Au fil des 13 titres, on découvre un univers plus riche qu’escompté en se basant sur cette ouverture. On reste sur du rock assez classique, on ne retrouve que les instruments attendus — guitares, basse et batterie —, mais les compositions et inspirations évoluent et chaque titre parvient à surprendre. La chanteuse, Lia Metcalfe, offre à l’ensemble l’unité nécessaire et elle évoque par moments PJ Harvey, même si on ne peut pas résumer <em>Reeling</em> à une seule référence.</p>
<p>Après quelques écoutes, ce qui me frappe le plus avec ce premier album est sa maturité. The Mysterines a beau être un jeune groupe, on sent que ses membres savent précisément ce qu’ils veulent et comment l’obtenir, avec un résultat toujours solide et soigné. Ce premier essai prouve par ailleurs qu’ils peuvent aller sur des terrains variés et ne pas se contenter des gros riffs un petit peu sales initiaux, mais aussi composer des (quasi) balades portées par de vraies mélodies en cours de route. Voilà qui est encourageant pour la suite.</p>
]]></description></item><item><title>Son vrai visage, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/son-vrai-visage-netflix/</link><pubDate>Thu, 21 Apr 2022 21:17:06 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/son-vrai-visage-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/son-vrai-visage-netflix/visage.jpg">
        <p>Dans un restaurant, Laura parvient à neutraliser un attaquant en retournant son arme contre lui, un couteau qu’il avait planté dans sa main. Son mouvement aussi rapide que précis, chirurgical presque, en fait une héroïne en même temps qu’un sujet controversé. Qui est cette orthophoniste sans histoire, si elle peut attaquer un homme aussi aisément, même dans une situation de défense comme celle-ci ? Le point de départ de <em>Son vrai visage</em> est intriguant, à défaut d’être original. Malheureusement, la série de Netflix ne parvient pas vraiment à faire beaucoup mieux que cette introduction et la suite déçoit de manière croissante, jusqu’à un final assez ennuyeux.</p>
<p>Entre les deux, Charlotte Stoudt parvient à créer quelques épisodes corrects. La saison a le bon sens d’être assez courte avec huit épisodes de quarante à cinquante minutes, si bien que l’on ne s’ennuie pas entièrement, du moins pas avant la fin. Il y a beaucoup de personnages à découvrir et à identifier, ce qui est d’ailleurs fait assez tôt dans la série, de façon surprenante. J’imagine que les créateurs de <em>Son vrai visage</em> ont essayé de tirer l’intrigue vers des histoires de famille, davantage qu’un simple thriller, mais cela ne fonctionne jamais. Les flashbacks ne sont pas très intéressants et surtout, le spectateur qui suit un minimum comprend globalement tous les enjeux trop vite. Ajoutez à cela un casting pas toujours inspiré, même si Toni Collette dans le rôle principal est intéressante, et vous obtenez une mini-série qui peine à décoller. À réserver aux amateurs de thrillers complétionnistes.</p>
]]></description></item><item><title>La pointe de Primel</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/pointe-primel/</link><pubDate>Mon, 18 Apr 2022 21:22:36 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/pointe-primel/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/pointe-primel/IMG_7475.jpeg">
        &lt;p>La pointe de Primel, sur la côte au nord de Morlaix, est un lieu qui vaut le détour sur la commune de Plougasnou. La cabane des Douaniers en hauteur surplombe toute la baie, mais vous pouvez aussi en faire le tour et découvrir un menhir de l’autre côté, témoin d’une occupation qui remonte à la préhistoire. Prévoir de bonnes chaussures pour marcher entre les blocs de granit ou même les escalader.&lt;/p>
</description></item><item><title>La Leçon de piano, Jane Campion</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/lecon-piano-campion/</link><pubDate>Sun, 17 Apr 2022 21:34:51 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/lecon-piano-campion/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/lecon-piano-campion/piano.jpg">
        <p><em>La Leçon de piano</em> est entré dans l‘histoire pour une raison assez triste au fond : Jane Campion est la première réalisatrice à avoir obtenu la Palme d’or à Cannes. Alors que cette récompense existe depuis le milieu des années 1950, il a fallu attendre 1993 pour qu’une femme soit enfin récompensée. Tant qu’à parler de choses tristes, le Festival de Cannes est une institution si sexiste qu’une seule autre femme a obtenu la récompense dans toute l’histoire de la compétition et c’était l’an dernier, en 2021, pour <em>Titane</em> de Julia Durcournau.</p>
<p>Mais revenons au positif si vous le voulez bien. <em>La Leçon de piano</em> mérite entièrement sa récompense, tant le film parvient à s’imposer durablement dans les esprits des spectateurs. L’histoire de cette écossaise muette mariée de force au XIX<sup>e</sup> siècle par son père à un homme en Nouvelle-Zélande, et non pas dans une ville ou même un bourg, mais bien dans un coin reculé de l’île. Elle part avec sa fille conçue hors mariage et son bien le plus précieux, un piano, pour l’autre bout du monde et pour un territoire sauvage et hostile. Jane Campion ne filme rien ou quasiment rien avant l’arrivée de son héroïne sur la plage de Nouvelle-Zélande. On imagine le voyage éprouvant, mais l’économie des moyens nécessaires pour l’exprimer frappe déjà. Il suffit de quelques signes de la part d’Ada — Holly Hunter, qui parvient à toucher avec une force assez folle quand on pense qu’elle ne dit jamais un mot face à la caméra — et la traduction énervée de sa fille Flora — Anna Paquin, dont c’est le premier rôle, est bluffante, une révélation — pour tout comprendre. Ce procédé est central dans le long-métrage, où les mots sont systématiquement moins importants que les regards, où l’ambiance en dit plus que les dialogues.</p>
<p>Il faut dire que Jane Campion, qui a aussi écrit le scénario, ne s’est pas simplifié la tâche, en ne faisant jamais parler son personnage principal. <em>La Leçon de piano</em> n’est jamais vide toutefois et ses deux heures passent sans difficulté, car les regards des acteurs, la mise en scène et la photographie ou encore la magnifique bande-originale composée par Michael Nyman, suffisent à transmettre tout ce que l’on doit savoir. Le film est une dénonciation redoutable du machisme de la société d’alors, qui trouve hélas toujours un écho aussi fort aujourd’hui. Le mari, interprété par Sam Neill, considère sa femme comme une propriété qui a avant tout des devoirs envers lui. Même Baines, le colon voisin qui a appris la langue et les coutumes des maoris et qui est incarné par un Harvey Keitel intense, ne traite pas beaucoup mieux Ada. C’est une ode au féminisme, mais assez sombre et qui frôle même la tragédie<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, que nous propose la réalisatrice.</p>
<p>Près de trente ans après sa sortie initiale, <em>La Leçon de piano</em> n’a pas pris une ride. Le Long-métrage reste toujours aussi intense et mémorable et il est malheureusement toujours autant d’actualité. Une triste performance qui force le respect, d’autant qu’il s’agit d’un film d’époque en costumes.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Il paraît que Jane Campion voulait tuer son personnage. Le <em>happy-end</em> finalement tourné apporte une lumière d’espoir dans un film par ailleurs assez sombre.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>This Is Going to Hurt, BBC One</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/this-is-going-to-hurt-bbc-one/</link><pubDate>Sat, 16 Apr 2022 11:21:20 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/this-is-going-to-hurt-bbc-one/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/this-is-going-to-hurt-bbc-one/hurt.jpeg">
        <p>Ne vous faites pas avoir par sa prétention comme une comédie, <em>This Is Going to Hurt</em> tient bien plus du drame et la série de la BBC ne cherche pas vraiment à faire rire. Ce serait même plutôt l’inverse, tant cette traversée de l’hôpital public britannique donnerait envie de pleurer ou de hurler, c’est selon. Adam Kay, le créateur et aussi producteur et scénariste, adapte ici un livre qu’il a lui-même écrit et qui était basé sur sa propre expérience du milieu hospitalier. La version destinée aux petits écrans est fictive, certes mais on sent bien que cette vision est trop désespérée pour ne pas être réelle. Loin d’amuser, <em>This Is Going to Hurt</em> a tendance à mettre un gros coup au moral.</p>
<p>Ce qui ne veut pas dire que c’est une mauvaise série, naturellement. Je vous recommande de ne pas la regarder si vous avez un petit coup de blues, mais la première saison et ses sept épisodes valent le détour. Dans le rôle principal, celui d’Adam Kay, Ben Wishaw est excellent dans ce rôle du jeune docteur exténué, passionné par son métier bien sûr, mais aussi trop sûr de lui et carrément déplaisant par moments. C’est un point fort du personnage, il n’est pas agréable et ne cherche pas à l’être et l’acteur parvient remarquablement à l’incarner, sans tomber dans la caricature et en incarnant parfaitement sa fatigue. Les scénaristes ont par ailleurs bien réussi à rendre compte de l’état déplorable de l’hôpital public qui manque cruellement de financements, comme de ce côté de la Manche. Tout le monde se bat pour tenter d’assurer le rôle de service public avec si peu de moyens que ça en devient ridicule et surtout que ça pousse les médecins à commettre des erreurs qui peuvent être fatales. La saison se construit sur l’une de ces erreurs de jugement de la part du personnage principal, qui renvoie une femme enceinte chez elle sans réaliser les analyses qui auraient démontré le problème et sur les conséquences de cette erreur.</p>
<p><em>This Is Going to Hurt</em> se déroule dans la maternité d’un hôpital, mais n’espérez pas que les naissances et familles heureuses l’allègent pour autant. Adam Kay se concentre davantage sur les problèmes et même les relations personnelles de son personnage sont détruites à cause de ces difficultés. Comment peut-on vivre avec un homme autant à bout, tant sur le plan physique que psychologique ? Le fiancé tient un moment et finit par claquer la porte, mais comment lui en vouloir. Cela fait beaucoup de mauvaises nouvelles et on frôle par moments le trop-plein, je préfère prévenir. La série portée par la BBC s’en sort toutefois par sa brièveté et par ses lueurs d’espoir, notamment dans cet épisode où une clinique privée hyper luxueuse se fait démonter par son manque de sérieux et où l’hôpital public doit prendre le relai pour sauver une patiente. Ce qui rend <em>This Is Going to Hurt</em> d’autant plus rageant : pourquoi est-ce que le financement de ces services si précieux est-il si compliqué ? Cela n’a aucun sens…</p>
]]></description></item><item><title>Nova Cardinale, Superpoze</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/nova-cardinale-superpoze/</link><pubDate>Thu, 14 Apr 2022 18:41:37 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/nova-cardinale-superpoze/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/nova-cardinale-superpoze/nova.jpg">
        <p>Comme ni son nom de scène, ni même sa musique ne le laissent entendre, Superpoze, alias Gabriel Legeleux, est un artiste normand. Son troisième album, <em>Nova Cardinale</em>, est dans la lignée des deux précédents : uniquement instrumental, rempli de compositions sophistiquées où les musiques électroniques échangent avec les instruments traditionnels. Les douze morceaux qui le composent sont tous très simples d’accès, avec des mélodies faciles à identifier et qui permettent d’accrocher rapidement à l’album. Cette simplicité est un prélude à des compositions d’une grande richesse qui se dévoilent progressivement au fil des écoutes. <em>Nova Cardinale</em> est une œuvre qui s’apprécie d’autant plus sur la durée et qui se passe sans peine des mots pour passer ses messages.</p>
<p>Dans la <a href="http://www.superpoze-music.com/img/presskit/press_release.zip">note d’intention</a> qui accompagne son troisième album, Superpoze revendique ce choix d’une musique sans parole, où les instruments sont suffisants, où ils n’accompagnent rien et n’ont pas d’autre rôle que de composer une toile sonore qui se suffit à elle-même. Et quelle toile ! <em>Nova Cardinale</em> est, d’après son créateur, « <em>un monde plus qu’un récit</em> » : ce n’est pas un album conceptuel qui raconte une histoire, en effet, mais ce pourrait être la bande-originale d’un film. On peut se perdre avec délice au milieu des multiples instruments rassemblés pour l’occasion. Le piano est structurant, on entend aussi du violoncelle, de l’orgue, des chœurs, du glockenspiel même par endroits, une batterie acoustique ici, des boîtes à rythmes là et quelques synthétiseurs pour la touche électronique. Cette balade dans l’univers de Superpoze tombe parfaitement juste et elle est enivrante : un magnifique album que vous auriez tort de ne pas découvrir.</p>
]]></description></item><item><title>Contrecoups, Charlie McDowell</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/contrecoups-mcdowell/</link><pubDate>Tue, 12 Apr 2022 18:22:05 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/contrecoups-mcdowell/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/contrecoups-mcdowell/contrecoups.jpg">
        <p>Le minimalisme peut produire des contenus extraordinaires, mais ce n’est pas toujours une qualité. Dans le cas de <em>Contrecoups</em>, on pourrait noter que la conception et le tournage au cœur d’une pandémie se voit quelque peu et le résultat manque peut-être un petit peu d’ampleur. L’idée n’est pas inintéressante : un riche couple revient dans sa grande maison californienne alors qu’un cambrioleur est encore là. Le malfaiteur demande une grosse somme d’argent et il doit attendre pendant plus de 24 heures avec les propriétaires. C’est un huis-clos, même s’il y a un grand verger d’orangers derrière la maison pour sortir un petit peu, et il n’y a que quatre acteurs, dont trois principaux. Un dispositif minimaliste qui évoque une pièce de théâtre et qui ne laisse quasiment que des dialogues pour construire le long-métrage réalisé par Charlie McDowell.</p>
<p>Et c’est un petit peu là que le bat blesse. Le casting est correct, mais leurs interactions sont limitées, notamment parce que le voleur, incarné par Jason Segel, ne dit rien à son sujet pour ne pas être identifié. Il reste le milliardaire standard de la Silicon Valley, interprété par un Jesse Plemons toujours aussi efficace, même si on l’a vu plus inspiré, et sa femme, jouée par Lily Collins. Le couple est présenté d’abord comme follement amoureux, mais les fissures sont vite révélées entre les deux. Le scénario n’a toutefois pas assez de place à leur accorder, puisqu’il faut faire avancer l’intrigue principale en parallèle et multiplier les problèmes pour le malfaiteur pour que la situation s’envenime. <em>Contrecoups</em> reste suffisamment court pour ne pas ennuyer complètement, sans pour autant passionner, d’autant que sa progression est au fond assez attendue. Je ne dirais pas que j’avais deviné dès le départ ce qui allait se passer, notamment pas la toute fin, mais enfin, je n’ai jamais été surpris et le film aurait bénéficié de quelques surprises ici ou là.</p>
]]></description></item><item><title>Factorio</title><link>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/factorio/</link><pubDate>Mon, 11 Apr 2022 18:45:11 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/jeu-video/factorio/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/jeu-video/factorio/factorio.jpg">
        <p>Vous commencez seul sur une planète inconnue avec seulement quelques ressources à récupérer de votre vaisseau spatial. Votre objectif est simple : créer une fusée et quitter cette planète pour rentrer chez vous. Pour y parvenir, <em>Factorio</em> propose un large catalogue de machines et robots qui permettent de créer une usine (<em>factory</em> en version originale) gigantesque, de la collecte des matières premières à la production de toutes les pièces nécessaires à la fusée, en passant par tous les objets indispensables à votre survie dans ce milieu hostile. En effet, vous n’êtes pas seul sur cette planète et les créatures qui s’y trouvaient avant votre arrivée sont non seulement un poil violentes, elles détestent la pollution générée par votre industrie et feront tout pour vous arrêter.</p>
<p><em>Factorio</em> est un mélange surprenant entre jeu de gestion et jeu de stratégie. Le premier aspect oblige le joueur à gérer des ressources naturelles en nombre limité, à faire les bons choix pour ne pas vider les stocks sans atteindre l’objectif et à en chercher de nouvelles quand le stock initial est proche des limites. Il faut constamment trouver de nouvelles sources de métaux, de charbon et pétrole ou encore d’uranium, car vous ne ferez rien sans ces matières premières. L’objectif est de produire de l’électricité avec des centrales à vapeur, il faut ainsi également trouver et acheminer de l’eau. Ces ressources doivent être envoyées à des unités de production à l’aide de convoyeurs ou même de trains qui traverseront automatiquement toute la carte. Le grand objectif du jeu sur la partie gestion est de tout automatiser. Comme vous êtes seul, vous ne pouvez pas avoir la tête partout et l’automatisation est la clé de la réussite. Elle s’applique aussi à la partie stratégie : au départ, vous affronterez les bestioles vous-même, mais pour ne pas être dépassé par les événements, vous devrez installer des murs et des tours pour protéger votre base. Ces moyens de défense devront être alimentés automatiquement en munitions produites par des usines qui sont elles-mêmes alimentées automatiquement depuis les mines d’extraction de matières premières… vous comprenez l’idée.</p>
<p>Après des années sans m’investir pleinement dans un jeu vidéo, (la pandémie et) <em>Factorio</em> m’a permis de recommencer à jouer « pour de vrai ». Après le copieux tutoriel, un passage obligé pour comprendre les mécaniques parfois complexes du titre, il s’est écoulé <a href="stats.jpg">91 heures</a> entre mes premiers pas sur la planète et le <a href="fusee.jpeg">décollage de la fusée</a>, étalées sur plusieurs intenses mois d’exploration et de constructions de plus en plus sophistiquées. Il est toujours possible de continuer au-delà pour créer la plus grande usine possible, ou bien de recommencer de zéro pour l’emporter encore plus rapidement et plus efficacement. Les développeurs ont aussi imaginé quelques <a href="https://www.factorio.com/game/content">modes spécifiques</a> pour ceux qui aiment les défis et il existe même une version multijoueur. De mon côté, réussir à faire décoller cette fusée m’a suffit et je suis passé à un autre jeu. Même si j’apprécie encore de temps en temps de reprendre cette partie et de refaire un tour de l’immense usine que j’avais finie par construire.</p>
]]></description></item><item><title>Le Jeune Acteur 1 : Aventures de Vincent Lacoste au cinéma, Riad Sattouf</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/jeune-acteur-1-aventures-vincent-lacoste-cinema-sattouf-lacoste/</link><pubDate>Sun, 10 Apr 2022 11:20:47 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/jeune-acteur-1-aventures-vincent-lacoste-cinema-sattouf-lacoste/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/jeune-acteur-1-aventures-vincent-lacoste-cinema-sattouf-lacoste/jeune-acteur.jpg">
        <p>Riad Sattouf est auteur de bande dessinées avant d’être réalisateur de longs-métrages, mais ses deux casquettes ont été utiles pour son dernier projet. <em>Le Jeune Acteur 1 : Aventures de Vincent Lacoste au cinéma</em> ambitionne en effet de suivre le parcours de Vincent Lacoste, acteur français que l’auteur a révélé avec <em>Les Beaux Gosses</em>, quand il n’avait encore que 14 ans. Ce premier tome se consacre entièrement à cette expérience, des castings sauvages dans des collèges à la consécration cannoise, en passant par le tournage narré par le tout jeune acteur qui espérait jouer le rôle d’un tombeur pour enfin sortir avec une fille.</p>
<p>Ce roman graphique adopte le style de Riad Sattouf, avec un dessin assez simple, sans être simpliste. J’apprécie tout particulièrement le choix des couleurs, le bleu dominant quand l’auteur parle au début et à la fin, le jaune orangé quand Vincent Lacoste est le narrateur. Il y a un vrai travail sur ces couleurs qui éloigne les cases de tout photoréalisme et apporte à l’ensemble une identité propre. C’est agréable à suivre et ce premier tome se lit avec plaisir, avec un fond aussi intéressant que l’est la forme. Vincent Lacoste a connu une sacré carrière depuis ses débuts en 2008, mais il n’est qu’un adolescent mal à l’aise comme les autres quand il est choisi pour <em>Les beaux gosses</em>. C’est même ce côté passe-partout qui séduit le réalisateur, mais aussi son aisance face à la caméra et son comique naturel, pas toujours voulu ou même recherché, comme on l’apprend dans ces pages. À travers ces souvenirs de tournage, <em>Le Jeune Acteur 1 : Aventures de Vincent Lacoste au cinéma</em> décortique la création d’un film, les répétitions en amont, les astuces de tournage et encore l’apprentissage du métier de comédien. Le tout avec une bonne dose d’humour et d’autodérision, mais aussi une grande tendresse qui transparaît entre le cinéaste et « son » acteur.</p>
<p>Une très belle lecture, qui donne envie d’en savoir plus. Cela tombe bien, ce tome se termine juste après la sortie du premier long-métrage de Riad Sattouf, mais la carrière de Vincent Lacoste est ensuite riche… vivement les chapitres suivants !</p>
]]></description></item><item><title>Severance, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/severance-apple-tv+/</link><pubDate>Fri, 08 Apr 2022 21:35:52 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/severance-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/severance-apple-tv&#43;/severance.jpeg">
        <p><em>Severance</em> est une série qui s’apprécie d’autant plus que l’on ne sait rien à son sujet. Faites-moi confiance, abonnez-vous à Apple TV+ le temps de la regarder sans lire une ligne de plus, vous ne le regretterez pas et vous prendrez d’autant plus de plaisir en ne sachant rien à son sujet.</p>
<p>Imaginez des employés fidèles à leur travail, débarrassés de toutes leurs préoccupations du quotidien, concentrés uniquement sur leurs tâches professionnelles. Imaginez en plus que ces employés pourraient rentrer chez eux le soir en n’ayant aucun souvenir de leur journée de travail. Une productivité qui atteint des sommets et des secrets d’entreprise bien sauvegardés… c’est le rêve ultime pour tout capitaliste en herbe ! Et Lumon Industries l’a réalisé, en ayant trouvé une méthode pour dissocier l’esprit de ses employés. Dès qu’ils descendent dans l’ascenseur qui les mène à leur étage, ils oublient tout de leur vie externe et partent sur une page blanche, un nouvel esprit dédié entièrement au travail. Cette idée ferait frémir n’importe qui de sensé, mais la première saison de <em>Severance</em> prouve à quel point on n’envisageait pas l’étendue de son enfer.</p>
<p>Dan Erickson prend son temps pour poser son univers et sa création est une série lente, ce qui peut déstabiliser par moments. La réalisation, co-signée Ben Stiller étonnamment (avec Aoife McArdle), est particulièrement soignée, avec une cinématographie qui m’a rappelé celle de <a href="https://voiretmanger.fr/breaking-bad-gilligan/"><em>Breaking Bad</em></a> et <a href="https://voiretmanger.fr/better-call-saul-gilligan-gould-amc/"><em>Better Call Saul</em></a>. Comme dans ces deux excellentes séries, le cadre est toujours soigneusement réfléchi, la photographie léchée et les plans sont installés méthodiquement. La narration ne cherche pas l’efficacité immédiate, elle se construit petit à petit et préfère révéler aussi progressivement que possible l’univers imaginé par la série. À cet égard, cela m’a rappelé le travail de Noah Hawley et notamment <a href="https://voiretmanger.fr/legion-hawley-fx/"><em>Legion</em></a>, qui partage avec <em>Severance</em> un goût marqué pour l’absurde.</p>
<p>Si la saison commence lentement, elle se termine par une impressionnante montée en suspense, jusqu’au neuvième épisode qui vous laisse lessivé par son intensité extrême et ce, malgré sa durée assez courte. Dan Erickson termine sur un moment charnière, c’est peut-être un poil gros, mais d’une telle efficacité que l’on peut lui pardonner. D’autant plus qu’Apple TV+ a renouvelé <em>Severance</em> pour une deuxième saison avant même la fin de celle-ci, et aussi que les scénaristes ont prouvé qu’ils avaient encore de l’imagination pour étendre leur univers sinistre. Quant au casting, il a su démontrer toute l’amplitude de son talent, avec ces acteurs qui doivent incarner deux versions légèrement différentes d’un même personnage. Adam Scott est impeccable dans le rôle principal, mais je retiendrai surtout Patricia Arquette, toute en douceur terrifiante ainsi que le duo John Turturo et Christopher Walken qui est crédible dans une histoire romantique, à la surprise générale. Ce qui résume bien l’esprit général d’ailleurs : c’est une excellente surprise et l’attente va être longue avant la prochaine saison…</p>
]]></description></item><item><title>Never Let Me Go, Placebo</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/never-let-me-go-placebo/</link><pubDate>Thu, 07 Apr 2022 18:47:55 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/never-let-me-go-placebo/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/never-let-me-go-placebo/never.jpg">
        <p>Comme un artisan japonais peut perfectionner son art toute sa vie jusqu’à devenir le meilleur dans un domaine précis, certains groupes ou artistes améliorent leur style sans chercher à en changer album après album. Même si j’ai un toujours eu un faible pour ceux qui ont évolué radicalement au court de leur carrière, je dois aussi reconnaître qu’une formule n’est pas nécessairement meilleure qu’une autre. La preuve, <em>Never Let Me Go</em> ressemble au Placebo que j’écoutais dans ma jeunesse et ce n’est pas une mauvaise chose pour autant.</p>
<p>C’est leur huitième album et il est sorti après une pause de huit ans. À l’écoute, on retrouve tout d’abord le timbre de voix inimitable de Brian Molko, celui qui fait que la musique de Placebo est reconnaissable entre toutes. Le chanteur conserve toute la maîtrise de son instrument et sa voix reste aussi intense que dans les années 1990. On entend aussi des arrangements proches de ceux des premiers albums, la place proéminente de la batterie et des alternances de moments calmes et plus énervés. Ce n’est pas particulièrement original et on pourrait regretter l’absence d’évolution, mais <em>Never Let Me Go</em> est un album prenant et plaisant.</p>
<p>À défaut de révolutionner quoi que ce soit et au risque par endroit de tomber dans l’auto-caricature, ces treize titres s’ancrent vite en tête et Placebo parvient à jouer sur ma corde nostalgique. Ce n’est pas si mal…</p>
]]></description></item><item><title>Le bois du Névet, côté Locronan</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/bois-nevet-cote-locronan/</link><pubDate>Wed, 06 Apr 2022 18:35:24 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/bois-nevet-cote-locronan/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/bois-nevet-cote-locronan/IMG_8466.jpeg">
        &lt;p>Vous pouvez aborder le bois du Névet à partir de plusieurs points d’entrée, dont celui du côté de Locronan. Sa surface reste de taille modeste pour en faire le tour en une fois, surtout si vous suivez les larges chemins carrossables qui le découpent. Mais vous passeriez à côté du meilleur, les petits chemins de traverse qui permettent de se perdre dans la forêt… enfin, se perdre est un bien grand mot, on retombe bien vite sur ses pas. En ce début de printemps, le vert presque fluo se généralise à terre, au milieu des arbres encore majoritairement en hivernage : c’est un enchantement pour les yeux et une balade fort agréable à faire.&lt;/p>
</description></item><item><title>Suspicion, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/suspicion-apple-tv+/</link><pubDate>Mon, 04 Apr 2022 21:41:21 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/suspicion-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/suspicion-apple-tv&#43;/suspicion.jpg">
        <p>Adaptée, encore une fois, d’une série israélienne, <em>Suspicion</em> est surtout bien dans ses débuts. Quand on découvre le kidnapping dans un hôtel new-yorkais de Leo Newman, le fils de la patronne de l’agence de communication la plus puissante des États-Unis et surtout quand quatre citoyens anglais sont suspectés. Ils étaient tous de passage dans cet hôtel, mais leur implication semble dingue, ils ressemblent à des gens normaux et sans histoire. Petit à petit, Rob Williams apporte toutefois la suspicion promise par le titre et on découvre qu’ils ont tous un passé trouble. Malheureusement, cette bonne base ne mène pas à une résolution aussi explosive et la série portée par Apple TV+ finit par presque ennuyer poliment. Elle a le bon goût de ne pas trop s’étirer en longueur, mais j’ai été déçu.</p>
<p>Et pourtant l’idée de placer le réchauffement climatique au cœur des enjeux sans en faire la justification pour un grand méchant qui veut tout détruire est bienvenue. Plus intéressant encore, cette remarque sur la destruction de la vérité quand on a commencé à remettre en cause la recherche scientifique et ses désastres potentiellement pire que le réchauffement climatique. Mais ces deux pistes auraient mérité d’être creusées davantage et pas balancées un petit peu au hasard, comme une excuse trouvée à la hâte pour répondre au slogan « <em>Tell The Truth</em> » scandé par des manifestants toujours plus nombreux… sans que l’on ne sache très bien à quoi ils font référence. <em>Suspicion</em> avait de bonnes bases, mais c’est comme si les scénaristes n’avaient pas su construire une bonne histoire à partir de ces fondations. Et ce n’est pas Uma Thurman qui vient relever le niveau, l’actrice n’a pas vraiment un rôle qui lui permet de briller. Dommage.</p>
]]></description></item><item><title>Nomadland, Chloé Zhao</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/nomadland-zhao/</link><pubDate>Sun, 03 Apr 2022 21:37:09 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/nomadland-zhao/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/nomadland-zhao/nomadland.jpg">
        <p>Un film peut être ouvertement politique et dénoncer frontalement un système économique ou défendre une classe sociale. <em>Nomadland</em> est loin d’être aussi explicite, mais le long-métrage écrit, réalisé et monté par Chloe Zhao n’en est pas moins politique. Son adaptation d’un essai de Jessica Bruder est un témoin sans concession de la cruauté socio-économique des États-Unis, un pays où l’on peut tout perdre du jour au lendemain, un pays surtout qui abandonne ses séniors sans aucun soutien, forçant les plus démunis à mener une vie d’errance, de petit boulot en petit boulot.</p>
<p>Fern fait partie de ces Américains qui ont tout perdu et qui ont choisi d’acheter un van et de se déplacer dans le pays, d’un emploi à l’autre. On la découvre dans un immense entrepôt Amazon, où elle travaille pendant quelques semaines au cœur de l’hiver, sans doute pour assurer la charge de travail pendant les fêtes. Puis dans le camping d’un parc national, derrière le buffet d’un restaurant, ou encore sur une exploitation de betteraves. Elle enchaîne ces boulots saisonniers et gagne juste assez pour survivre et payer l’essence pour sa camionnette, mais certainement pas pour la réparer. Lors d’une panne, elle n’a pas d’autre choix que de se tourner vers sa sœur, qui finit par accepter de lui prêter les 2 000 $ nécessaires, non sans remettre en cause ce mode de vie.</p>
<p>Chloé Zhao a utilisé des acteurs non-professionnels pour une partie du casting, ce qui apporte un réalisme incontestable au projet. Cette communauté d’Américains souvent vieux et peu fortunés sur la route est intéressante par ses contrastes. D’un côté, ils mettent tous en avant le choix de ce mode de vie et leur refus de revenir en arrière et de vivre à nouveau sous un toit en dur. D’un autre, on voit bien la difficulté de leur quotidien et le personnage de Dave n’hésite pas tellement quand il a l’opportunité de retrouver une maison avec sa famille. Ce n’est pas la norme pour autant, comme en témoigne le parcours de l’héroïne de <em>Nomadland</em>, mais la cinéaste n’a pas du tout cherché à embellir la situation. Son style est particulier, en ce sens qu’il n’est jamais directement jugeur, mais cela n’empêche pas la cinéaste de laisser son message transparaître par sa mise en scène. J’imagine qu’Amazon n’aurait jamais accepté d’ouvrir ses portes si le scénario avait été plus critique et même s’il n’avait pas été en apparence positif. Mais derrière l’apparence, il y a les images montrées par Chloé Zhao et des messages plus subtils, notamment sur la complicité du géant du commerce dans la précarité de ces séniors<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>.</p>
<p>Comment ne pas s’enthousiasmer face à ce long-métrage ? On comprend vite les critiques dithyrambiques et la moisson de prix pour <em>Nomadland</em>, sa créatrice et ses interprètes, avec une mention spéciale pour Frances McDormand, excellente comme toujours. L’actrice a besoin de peu de moyens pour composer son personnage et toute sa complexité et le succès du projet lui doit indéniablement beaucoup. Sans oublier la bande-originale de Ludivic Einaudi, toute en légèreté et pourtant si intense.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Ce n’est jamais dit dans le film, mais on comprend qu’Amazon finance les emplacements de camping pour permettre à ces travailleurs en camionnettes aménagées de venir travailler. Au lieu de leur offrir un logement décent, l’entreprise préfère leur payer une place de camping au cœur de l’hiver, sans trop se soucier de leurs conditions de vie.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire, Nicolas Bedos</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/oss-117-alerte-rouge-afrique-noire-bedos/</link><pubDate>Sat, 02 Apr 2022 17:53:51 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/oss-117-alerte-rouge-afrique-noire-bedos/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/oss-117-alerte-rouge-afrique-noire-bedos/oss-117.jpg">
        <p>Le second degré nécessite un dosage précis. Un pas de côté, et vous transformez la critique en hommage, ce qui résume assez bien tout le problème d’<em>OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire</em>. Nicolas Bedos commence pourtant avec une bonne idée : représenter l’agent secret, toujours incarné par Jean Dujardin, au début des années 1980, ancré dans le passé glorieux de la France colonialiste et dépassé. Face à lui, Pierre Niney incarne un agent moderne, loin du racisme, du sexisme et de l’homophobie de son prédécesseur plein de préjugés. Le scénario imagine l’agent 117 relégué dans la cave avec les geeks qui travaillent sur des ordinateurs et son successeur part en mission en Afrique. Même quand Hubert doit partir l’aider, cet esprit de l’homme qui a fait son temps reste et le scénario se moque notamment de son incapacité à satisfaire les femmes.</p>
<p>Le message semblait clair, mais Nicolas Bedos n’avait pas du tout envie de proposer une transition vers plus de modernité. Il le dévoile sans aucun second degré quand (⚠️ alerte divulgâchage) il envoie un crocodile bouffer Pierre Niney. Le symbole est évident et trahit l’admiration du cinéaste pour son personnage principal, une ligne que Michel Hazanavicius n’avait jamais franchie. Dans ces conditions, l’excuse du second degré semble un petit peu trop facile : <em>OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire</em> ne va-t-il pas trop dans le sens des racistes, misogynes et homophobes qui vont trouver en l’agent français un modèle à suivre ? Sans aller jusqu’à dire que Nicolas Bedos n’est pas dans le sarcasme, j’ai du mal à comprendre comment il a pu penser que le film ne serait pas problématique. J’ose espérer que l’objectif n’était pas d’être politiquement incorrect, ce serait vraiment le pire argument.</p>
<p>Pour ne rien arranger, l’humour des deux premiers volets a pris un coup dans l’aile. À part une ou deux bonnes idées, <em>OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire</em> n’est globalement pas amusant et son scénario est même carrément paresseux. Une rebellion politique financée par l’URSS et… c’est tout ? On ne s’ennuie pas entièrement, mais ce n’est jamais loin, ce qui est d’autant plus navrant qu’il y avait sûrement de quoi creuser sur la manipulation des régimes africains. Ou pourquoi pas sur l’homosexualité refoulée du personnage principal, une piste intéressante qui n’est qu’à peine esquissée.</p>
<p>La saga n’avait pas besoin de cette suite pas drôle et nous n’avions <em>vraiment</em> pas besoin d’un film réac de plus. Pas merci, Nicolas Bedos.</p>
]]></description></item><item><title>Ants From Up There, Black Country, New Road</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/ants-from-up-there-black-country-new-road/</link><pubDate>Fri, 01 Apr 2022 18:35:08 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/ants-from-up-there-black-country-new-road/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/ants-from-up-there-black-country-new-road/ants.jpg">
        <p>Suite à de <a href="https://podcaaast.fr/trente-sept/">solides recommandations</a>, j’ai découvert Black Country, New Road, un groupe britannique au drôle de nom et à la composition encore plus étonnante pour du rock, au sens large. En plus de l’indépassable combinaison guitare/batterie/basse, on retrouve du saxophone et du violon avec deux membres permanents. Un mélange surprenant, pour une musique qui l’est tout autant, entre une voix qui fait penser au punk, des compositions qui évoquent le post-rock et une touche de klezmer pour la route. Pour ne rien simplifier, le groupe a beaucoup évolué entre ses deux albums sortis à un an d’intervalle et il va être contraint de changer encore une fois suite au départ d’Isaac Wood, son chanteur.</p>
<p>En ce sens, Black Country, New Road a produit deux albums différents et uniques. <em>For the first time</em> est le plus radical des deux, à l’image de l’ouverture aussi excellente qu’instrumentale, qui déploie toute la palette de leur musique aux influences variées, mais assez sèche et tortueuse, avec des morceaux qui dépassent régulièrement les six minutes et frôlent les dix pour le plus long d’entre eux. Le second, <em>Ants From Up There</em> est plus musical et moins sombre sans pour autant être joyeux, avec quelques morceaux d’une durée « normale » et surtout une structure plus traditionnelle. À ce titre, il est aussi sans doute plus accessible, sans pour autant tomber dans la pop facile, il en reste même bien éloigné. Les sept membres du groupe citent volontiers Arcade Fire et la référence est évidente, surtout sur quelques morceaux qui pourraient frôler le pastiche. Mais on ne peut pas se contenter de cette affiliation, les dix titres qui le composent sont d’une richesse incroyable tout en gardant une cohérence parfaite, ce qui n’est pas si simple à réaliser. Et que dire de cet épique morceau final, « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=uOnjuIb1TWY"><em>Basketball Shoes</em></a> », qui rassemble tout le savoir faire du groupe en plus de douze minutes et qui se construit autour d’une montée en puissance que n’aurait pas renié Godspeed You! Black Emperor.</p>
<p>Après ces deux premiers albums si différents et si réussis, comment ne pas être curieux de la suite ? Un autre groupe se serait sûrement arrêté là, le départ de son chanteur principal est un coup dur, mais pas Black Country, New Road qui compte bien rebondir dans une nouvelle direction. Je compte bien être au rendez-vous pour la découvrir.</p>
]]></description></item><item><title>Euphoria, HBO (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/euphoria-hbo-saison-2/</link><pubDate>Thu, 31 Mar 2022 21:59:35 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/euphoria-hbo-saison-2/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/euphoria-hbo-saison-2/euphoria.jpg">
        <p>Frappée de plein fouet par la pandémie, <em>Euphoria</em> a pris du retard et la deuxième saison n’est sortie que début 2022, plus de deux ans et demi après <a href="https://voiretmanger.fr/euphoria-levinson-hbo/">la première</a>. Pour une série qui parle de lycéens, c’est un problème, même si le ton noir et adulte imposé par Sam Levinson dans les premiers épisodes laissait plus de latitude. De fait, la suite reprend avec des acteurs qui ne ressemblent plus du tout à des lycéens, ce qui est finalement assez courant, mais qui ressemble bien à la suite d’<em>Euphoria</em>, ce qui est encore le plus important. Le premier épisode ouvre d’ailleurs sur une fête pleine d’alcool, de drogue et de sexe, comme pour mieux marquer le coup. Cela étant, ne vous attendez pas à une simple redite des huit premiers épisodes, la création de HBO parvient à surprendre en allant dans de nouvelles directions.</p>
<p>Peut-être est-ce l’effet de la pandémie justement, mais <em>Euphoria</em> est plus sombre et déprimée que jamais. L’arc narratif se concentre encore davantage sur les addictions de Rue, ses mensonges face à sa famille, ses amis et sa copine et les risques qu’elle prend avec la drogue et la mafia autour de la drogue. Sam Levinson introduit bien quelques personnages secondaires, mais il resserre ses intrigues sur une poignée de personnages clé autour de Rue. Dans le même temps, il pousse l’esthétique du clip à des niveaux jamais vus dans la première saison, avec une tendance à l’esthétisation qui atteint des sommets… quitte à en faire trop. <em>Euphoria</em> bénéficie d’une photographie contrastée qui peut être magnifique, mais qui prend aussi le dessus sur le scénario. J’apprécie le sentiment de se perdre dans un montage complexe et hors du temps, mais il faut une bonne histoire pour tenir l’ensemble et je trouve que ce n’est pas toujours le cas ici. Ou en tout cas, que la réalisation aurait pu se faire plus discrète pour mieux mettre en avant les personnages et leurs psychologies.</p>
<p>Cela étant, Sam Levinson se rattrape sur la fin, avec un double épisode qui entremêle reconstitution théâtrale et réalité avec un talent fou. Le créateur d’<em>Euphoria</em> déploie tout son savoir-faire en alternant des scènes avec une fluidité qui frôle la haute-voltige. C’est bluffant et même si l’ultime scène pourrait offrir à la série de HBO une conclusion digne, je suis content que la chaîne ait accepté de la prolonger sur une troisième saison. Ces personnages n’ont pas dit leur dernier mot…</p>
]]></description></item><item><title>Upload, Prime Video</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/upload-prime-video/</link><pubDate>Wed, 30 Mar 2022 21:24:45 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/upload-prime-video/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/upload-prime-video/upload.jpg">
        <p>Greg Daniels avait créé non pas une, mais deux séries en 2020. Quelques semaines seulement avant la sortie <a href="https://nicolasfurno.fr/serie/space-force-netflix/"><em>Space Force</em></a> sur Netflix, c’est Prime Video qui diffusait <em>Upload</em>, présentée comme une comédie dans un univers de science-fiction. Ses deux premières saisons explorent un univers virtuel où l’on peut se mettre en ligne après la mort et qui condense tout le pire de ce que l’humanité a imaginé : capitalisme à outrance, achats in-app et restrictions similaires au monde réel dans ce paradis numérique assez effrayant. Ce qui pourrait n’être un épisode de <a href="https://voiretmanger.fr/black-mirror-brooker-channel-4/"><em>Black Mirror</em></a> est ici étendu sur la durée, pas toujours adroitement d’ailleurs, mais la série est inventive et elle sait rester plaisante jusqu’au bout</p>
<p>L’humour est moins marqué qu’on pouvait l’imaginer et surtout beaucoup plus noir. <em>Upload</em> s’éloigne du format de la sitcom qui a rendu Greg Daniels si célèbre, au profit d’une histoire qui frôle constamment avec la comédie romantique. Au fond, la création de Prime Video se construit autour de la relation entre Nathan, envoyé à Lakeview suite à sa mort, et Nora, l’« ange » qui s’occupe de lui dans sa vie numérisée. Tout le reste est presque un épiphénomène autour de cette intrigue amoureuse, ce qui est plutôt surprenant au premier abord, mais ce qui n’est pas le plus réussi à mon avis. Je préfère la découverte de ce monde virtuel qui combine le pire de la réalité mélangé au pire de l’informatique moderne<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Ces paradis numériques où il faut payer pour avoir la chance de vivre après la mort, puis payer des achats in-app pour améliorer son train de vie, font froid dans le dos. La vision du futur mise en avant par <em>Upload</em> est proche de notre réalité, ce qui renforce son aspect glaçant. Tout ce qui est imaginé dans cet avenir existe dans notre présent, de la conduite autonome à la réalité augmentée, sans pour autant atteindre le même niveau de complexité.</p>
<p>C’est bien pour cette raison que l’on pense si souvent à <em>Black Mirror</em> en regardant <em>Upload</em>. Est-ce une mauvaise situation pour autant ? En tout cas, Greg Daniels parvient à trouver sa propre voie et la fin de la deuxième saison laisse entrevoir une suite qui joue davantage sur les possibilités offertes par le clonage, virtuel ou non. De quoi, peut-être, offrir à la suite un petit peu plus de consistance, on peut en tout cas l’espérer.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>À un (gros) détail près, tout de même : la série se construit sur l’idée que la conscience numérique est stockée en un seul endroit et que l’on peut mourir pour de bon en cas de dommage. C’est logique comme excuse pour faire avancer l’intrigue, mais cela casse quelque peu l’illusion…&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Jacob’s Ladder, Brad Mehldau</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/jacob-ladder-mehldau/</link><pubDate>Tue, 29 Mar 2022 18:05:01 +0200</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/jacob-ladder-mehldau/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/jacob-ladder-mehldau/jacob.jpeg">
        <p>Le jazz est un genre qui se prête volontiers au mélange des genres et Brad Mehldau en est un bon témoignage. J’ai découvert le pianiste américain avec son excellent album <em>Largo</em> sorti au début des années 2000 et qui m’avait accroché l’oreille à l’époque pour sa reprise du non moins excellent « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=NZGQp6sWM4s"><em>Paranoid Android</em></a> » de Radiohead. Il avait réussi à conserver toute l’énergie du titre original, mais avec une formation traditionnelle de jazz et sans aucune voix et cette reprise reste une superbe réussite.</p>
<p>Je n’ai pas tellement suivi sa carrière prolixe par la suite, mais j’ai été intrigué par <em>Jacob’s Ladder</em>, son dernier album qui a été présenté comme un hommage au rock progressif. Voilà de quoi titiller ma curiosité et je dois dire que je m’attendais pas à un tel résultat. Cette fois, Brad Mehldau s’éloigne d’une formation classique de jazz et fait appel à des instruments tous droit sortis de l’âge d’or du pgenre et des groupes des années 1970, Yes et Emerson, Lake and Palmer en tête. L’album se construit en partie sur des reprises et hommages, en utilisant un son typé de cette époque grâce à l’utilisation d’orgues et autres claviers électroniques ainsi que des guitares électriques, et en partie sur des créations originales avec des paroles inspirées cette fois par… la <em>Bible</em>. J’aurais préféré éviter le thème biblique, mais Brad Mehldau est Américain après tout et puis on peut apprécier l’album sans prêter trop attention aux paroles. Pouvait-on d’ailleurs imaginer rendre hommage au rock progressif sans un concept qui traverse l’œuvre et lui donne sa structure ?</p>
<p>Outre le son de l’époque, les douze titres font aussi la part belle aux compositions alambiquées, aux ruptures rythmiques et aux changements de tonalité, avec des titres chantés — voire <a href="https://www.youtube.com/watch?v=45NzyaiGOaI">hurlés</a>, ça surprend la première fois — en allemand. Si vous n’avez jamais écouté d’album de la grande époque du rock progressif, vous serez peut-être déboussolé par ce méli-mélo d’ambiances qui peut sembler bien bordélique, surtout quand des hurlements se font entendre sur l’un des titres. Peut-être est-ce mon adolescence plongée dans ces concept-albums tortueux, mais j’ai vite accroché à <em>Jacob’s Ladder</em>. Et sous les nappes des sonorités rétro, on peut toujours retrouver le piano de Brad Mehldau, égal à lui-même. Une agréable surprise.</p>
]]></description></item><item><title>Le domaine de Boutiguéry juste avant le printemps</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/domaine-boutiguery-avant-printemps/</link><pubDate>Sat, 26 Mar 2022 18:10:01 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/domaine-boutiguery-avant-printemps/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/photo/domaine-boutiguery-avant-printemps/IMG_8060.jpeg">
        <p>Le printemps avait officiellement commencé ce dimanche 20 mars 2022, mais le <a href="https://boutiguery.fr/">domaine de Boutiguéry</a>, situé à quelques kilomètres au sud de Quimper, était encore solidement ancré dans l’hiver. Quelques arbres n’avaient pas attendu le top départ général et on peut admirer quelques rhodendrons et azalées déjà en fleurs, mais la majorité des plantes sont encore en mode hivernal. Rien de décevant toutefois, il reste un grand parc à découvrir dans le calme hivernal, des bords de l’Odet jusqu’aux points de vue qui surplombent la rivière.</p>
]]></description></item><item><title>Mad Max, au-delà de la radicalité, Nico Prat, Manouk Borzakian, Alexandre Mathis, Élise Lépine et Erwan Desbois</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/mad-max-radicalite-prat-borzakian-mathis-lepine-desbois/</link><pubDate>Wed, 23 Mar 2022 20:54:50 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/mad-max-radicalite-prat-borzakian-mathis-lepine-desbois/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/mad-max-radicalite-prat-borzakian-mathis-lepine-desbois/mad-max.jpg">
        <p>Ouvrage collectif, <em>Mad Max, au-delà de la radicalité</em> se penche sur la <a href="https://voiretmanger.fr/saga/mad-max/">saga créée par George Miller</a>. En attendant le cinquième volet, cet essai publié par les éditions Playlist Society analyse chaque film chronologiquement, et avec un auteur différent à chaque fois. Ce qui n’enlève rien à la cohérence de l’ensemble, né suite à l’enregistrement d’un podcast sur le même sujet et avec les mêmes intervenants. Le résultat est une analyse captivante, qui met bien en perspective chaque film par rapport à son époque et son créateur et qui n’évite pas les sujets qui fâchent.</p>
<p>J’ai découvert la saga sur le tard, juste avant de regarder le quatrième volet, <em>Mad Max: Fury Road</em> qui reste pratiquement dans une catégorie à part. Trente-six ans auparavant, quand George Miller commence à tourner le premier <em>Mad Max</em>, il est un ambulancier australien inconnu et sans budget. <em>Mad Max, au-delà de la radicalité</em> restaure bien ce concept et détaille pourquoi le volet inaugural est aussi dépouillé. Rétrospectivement, on peut saluer cette radicalité qui a donné une signature à la saga et à tant d’autres films qui ont repris cette ambiance de fin du monde. Mais c’était surtout que le cinéaste a composé avec le manque de moyens et a été contraint à faire avec ce qu’il avait. Au fil du temps et le succès aidant, la saga gagne en moyens, le deuxième épisode est ainsi plus riche en termes de personnages et de décors, mais toujours dans la lignée du précédent. Le troisième se perd néanmoins, pas tant à cause de ces moyens abondants d’ailleurs, les auteurs évoquent les problèmes personnels de George Miller pour expliquer le tournage compliqué de ce volet et surtout la pause de trente ans qui suit. La preuve d’ailleurs que la saga ne souffre pas de moyens conséquents, le quatrième film est le plus cher de tous, mais c’est aussi le plus radical en n’étant constitué que d’une course-poursuite.</p>
<p>Comme pour tous les ouvrages publiés par Playlist Society, j’en suis ressorti en ayant appris beaucoup, alors même que j’ai vu tous les films évoqués cette fois. <em>Mad Max, au-delà de la radicalité</em> est notamment utile pour tisser des liens d’un film à l’autre, par exemple sur la représentation de l’homosexualité et des femmes qui est très problématique dans les trois premiers films. Autre idée intéressante, la place des animaux dans le quatrième volet, qui lie le travail de George Miller sur les deux <em>Babe</em> et sur <em>Happy Feet</em> pendant l’interruption des <em>Mad Max</em>. Autant d’idées qui demandent un recul que l’on n’a pas nécessairement lorsque l’on regarde chaque long-métrage un à un.</p>
]]></description></item><item><title>Adam à travers le temps, Shawn Levy</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/adam-travers-temps-levy/</link><pubDate>Mon, 21 Mar 2022 18:42:24 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/adam-travers-temps-levy/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/adam-travers-temps-levy/adam.jpg">
        <p><em>Adam à travers le temps</em> (re)pose une vieille question : la fiction doit-elle être toujours originale pour être digne d’intérêt ? En l’occurrence, est-ce que Shawn Levy peut s’en sortir en construisant un film sur le voyage temporel sans chercher aucune idée originale et uniquement en assemblant des morceaux déjà vus ailleurs ? Chaque spectateur aura sa propre réponse, mais si l’on cherche un pur divertissement, cette énième variante reste suffisamment consciente de sa modestie pour être divertissante.</p>
<p>Un pilote revient dans le passé depuis 2050 pour éviter un futur dystopique que l’on ne nous décrit jamais vraiment, mais au fond ce n’est pas le sujet. <em>Adam à travers le temps</em> — quel horrible titre traduit en français, au passage — se concentre sur l’année 2022 où Adam revient par erreur, puisqu’il visait 2018, et tombe sur lui-même, trente ans plus jeune. Même si Shawn Levy cite les problèmes théoriques qu’une telle rencontre peut poser, il ne s’y arrête pas longtemps et préfère jouer sur les interactions particulières qui peuvent naître de cette rencontre extraordinaire, au sens premier du terme. Le duo formé par Ryan Reynolds et Walker Scobell est efficace et le scénario trouve le bon ton pour ces deux personnages identiques, avec trente ans d’écart. Mais il ne faut pas espérer beaucoup plus, toute l’intrigue se construit sur une vision simpliste du voyage temporel et il n’y a aucun véritable enjeu. Tout avance comme sur des roulettes et même les armes et autres vaisseaux venus du futur sont lourdement inspirées par d’autres univers, <em>Star Wars</em> est quasiment cité explicitement.</p>
<p>Bref, voilà un long-métrage qui a conscience de l’originalité limitée de sa proposition et qui préfère en jouer en multipliant les clins d’œil avec les spectateurs. Une fois encore, personne ne dira que Shawn Levy a fait preuve d’une originalité folle, mais il a fait ce qu’il a pu avec le scénario qu’il avait. À condition de pouvoir ne pas lui en tenir rigueur, <em>Adam à travers le temps</em> est le parfait représentant du film aussi vite vu qu’oublié, idéal pour une séance où l’on veut débrancher son cerveau.</p>
]]></description></item><item><title>Le concasseur à Tréguennec</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/concasseur-treguennec/</link><pubDate>Sun, 20 Mar 2022 12:15:50 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/concasseur-treguennec/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/photo/concasseur-treguennec/IMG_7924.jpeg">
        <p>La plage de Tréguennec, dans la baie d’Audierne, est magnifique côté océan, avec son sable fin à perte de vue. De l’autre côté de la dune, le son des vagues quelque peu adouci, on découvre un paysage de zones humides totalement différent et qui vaut tout autant le détour. À l’image du concasseur, le petit nom de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Usine_de_concassage_de_galets_de_Tr%C3%A9guennec">ancienne usine de concassage de galets</a> installée à Tréguennec par les Nazis pendant la Seconde guerre mondiale et qui a fourni le gravier indispensable à la bétonnisation de toute la côte. Il ne reste quasiment plus rien de l’immense usine qui a opéré dans les années 1940, si ce n’est quelques bâtiments et surtout cet immense mur de 150 mètres de long et 2 mètres d’épaisseur.</p>
]]></description></item><item><title>Spider-Man: No Way Home, Jon Watts</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/spider-man-no-way-home-watts/</link><pubDate>Sat, 19 Mar 2022 17:59:09 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/spider-man-no-way-home-watts/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/spider-man-no-way-home-watts/spider-man-no-way-home.jpeg">
        <p>Il faut bien reconnaître que Marvel a un vrai talent pour construire la saga la plus improbable de l’histoire du cinéma sans perdre la vision d’ensemble et sans perdre les spectateurs en route. <em>Spider-Man: No Way Home</em> demande malgré tout au minimum une bonne connaissance de base de l’<em>Univers cinématographique Marvel</em> et aussi des deux précédentes sagas <em>Spider-Man</em>, <a href="https://voiretmanger.fr/trilogie-spider-man-raimi/">celle de Sam Raimi</a> lancée au début des années 2000 et <a href="https://voiretmanger.fr/saga/the-amazing-spider-man/">celle Marc Web</a> dans la décennie suivante. Et quand bien même : si ce n’est pas votre cas, vous passerez à côté de multiples clins d’œil, mais vous pourrez comprendre ce qui se passe sans difficultés majeures. Un exploit d’autant plus impressionnant que le long-métrage réalisé par Jon Watts explore pleinement le concept du multivers patiemment mis en place par Marvel.</p>
<p>C’est ce concept qui permet de réunir les trois sagas de Spider-Man en une seule, mais tout en gardant la logique d’ensemble. L’idée de plusieurs univers parallèles avec les mêmes personnages est assez brillante du point de vue de Marvel, elle permet de réunir des morceaux variés qui n’avaient auparavant aucun point commun. Ici, ce sont plusieurs versions de Spider-Man et le temps d’une scène, le <a href="https://voiretmanger.fr/daredevil-goddard-netflix/"><em>Daredevil</em></a> de Netflix. Mais la porte est désormais ouverte à toutes les interactions, sans perdre de vue l’univers de base, celui créé doucement depuis <a href="https://voiretmanger.fr/iron-man-favreau/"><em>Iron Man</em></a>, il y a des années de cela. C’est évidemment une bonne manière pour le studio de garder la main-mise sur toutes ces juteuses licences, mais on peut reconnaître que le travail est bien fait. Ainsi, le concept même de multivers a été introduit par la série <a href="https://voiretmanger.fr/loki-waldron-disney/"><em>Loki</em></a> et il sera de plus en plus important dans cette phase. Mais Marvel a attendu que le principe soit posé pour réunir les différentes versions de Spider-Man, on peut au minimum saluer la patience et le soin apporté à ce processus.</p>
<p>Pour le reste, <em>Spider-Man: No Way Home</em> est un Marvel des plus classiques, ce qui n’est pas une critique à mes yeux. Si la formule est éprouvée, elle conserve toute son efficacité et ce nouveau blockbuster est un divertissement plaisant et bien mené. Jon Watts n’essaie pas de révolutionner le genre, il se contente de mettre en scène une histoire alambiquée, avec des personnages venus de plusieurs univers différents, ce qui n’est pas une si mince affaire. Quant à Tom Holland, il est parfaitement à l’aise dans cette version adolescente de Peter Parker et sa relation avec MJ, Neds et tous les autres personnages est crédible. Que demander de plus d’un tel monstre cinématographique ?</p>
]]></description></item><item><title>The Afterparty, Apple TV+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/afterparty-apple-tv+/</link><pubDate>Fri, 18 Mar 2022 21:31:25 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/afterparty-apple-tv+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/afterparty-apple-tv&#43;/afterparty.jpg">
        <p><em>The Afterparty</em> ressemble à une version modernisée d’un Agatha Christie. Une grande maison, un mort, toutes les personnes présentes suspectes et deux enquêteurs qui essaient de résoudre l’affaire dans les heures qui suivent. Chaque personne vient apporter son témoignage et un récit des faits avec son angle, jusqu’à la résolution finale, avec un petit peu de chance. Rien de bien originale jusque-là, mais la série portée par Apple TV+ opte pour un traitement plus original, avec un mélange des genres audacieux. Christopher Miller pastiche un genre par témoignage et par épisode : comédie romantique, thriller, <em>teen movie</em>, policier, comédie musicale, action et même animation, tout y passe dans un joyeux best-of un peu bordélique.</p>
<p>Heureusement que <em>The Afterparty</em> sait rester court, avec ses huit épisodes d’une trentaine de minutes, car le dispositif s’épuise vite. Les premiers épisodes sont les plus réussis et les plus réjouissants, avec une accumulation de clichés assez fun à suivre. Malheureusement, on arrive vite à un ventre mou et je ne dis pas seulement cela parce que la comédie musicale, même parodique, est presque instantanément ennuyeuse. Raconter la même histoire avec un angle différent atteint rapidement ses limites et l’enquête patine un peu, jusqu’au final explosif où tout est révélé. Grâce à ce format court, la création d’Apple TV+ ne tombe jamais dans l’ennui et il faut saluer le casting, avec en particulier un trio exceptionnel. Tiffany Haddish dans le rôle de la détective, Sam Richardson dans celui d’Aniq et Ben Schwartz dans celui de Yasper sont tous excellents, dans la surenchère qui tombe malgré tout juste.</p>
<p>Tous ces éléments convaincants permettent de passer un bon moment et à cet égard, la mission est réussie pour Christophe Miller. Apple a renouvelé <em>The Afterparty</em> pour une deuxième saison, un pari dangereux : y-a-t-il vraiment matière à offrir une suite ? À moins que le concept seul soit maintenu, mais même alors, ne pas répéter va être sacrément compliqué. En attendant, les moments hilarants sont suffisamment nombreux pour que je puisse recommander ces huit premiers épisodes.</p>
]]></description></item><item><title>As We See It, Prime Video</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/as-we-see-it-prime-video/</link><pubDate>Thu, 17 Mar 2022 21:15:30 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/as-we-see-it-prime-video/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/as-we-see-it-prime-video/see.jpg">
        <p>Trois jeunes adultes sur le spectre autistique et leurs combats au quotidien pour paraître « normaux » dans société neurotypique. Remake américain d’une série israélienne, <em>As Wee See It</em> fait le pari de présenter ce quotidien parfois difficile, mais sans tomber dans le pathos excessif ou à l’inverse dans l’angélisme et surtout sans en faire une comédie aux dépens des personnes sur le spectre. On peut saluer à ce sujet le casting composé de trois acteurs qui sont eux aussi autistes et qui apportent ainsi une crédibilité indéniable au projet. Jason Katims connaît aussi bien ce sujet, puisque son propre fils a aussi été diagnostiqué du syndrome d’Asperger.</p>
<p>Avec un tel contexte, <em>As We See It</em> tombe juste avec ces trois personnages particulièrement bien définis. Cela n’empêche pas la série d’Amazon Prime Video de tomber parfois dans les clichés un petit peu faciles, notamment sur la sociabilisation difficile. Les trois locataires de l’appartement ont, chacun à leur manière, du mal à s’intégrer à la société et à « passer » pour neurotypique, ce qui reste leur principal désir. C’est d’ailleurs troublant à quel point les scénaristes semblent éviter le sujet, ce qui aurait pu être un impair ailleurs, mais ce qui transcrit la volonté profonde des personnages. Même s’il y a des passages obligés, on peut saluer le travail effectué sur la psychologie des personnages et le trio parvient en une poignée d’épisodes à offrir une crédibilité et une synergie inattendue.</p>
<p>Cette première saison parvient à normaliser le spectre autistique et le présenter comme un handicap pour s’intégrer à la société, certes, mais aussi comme une force et un avantage. C’est peut-être la plus grande réussite d’<em>As We See It</em> et c’est un point de vue encore trop rare dans la fiction. Rien que pour cela, la création d’Amazon vaut le détour, en espérant qu’elle aura une suite.</p>
]]></description></item><item><title>Laurent Cantet, le sens du collectif, Marilou Duponchel et Quentin Mével</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/laurent-cantet-sens-collectif-duponchel-mevel/</link><pubDate>Wed, 16 Mar 2022 18:11:19 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/laurent-cantet-sens-collectif-duponchel-mevel/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/laurent-cantet-sens-collectif-duponchel-mevel/cantet.jpg">
        <p>À part pour <a href="https://voiretmanger.fr/entre-les-murs-laurent-cantet/"><em>Entre les murs</em></a> vu à sa sortie et <em>Ressources humaines</em> qui avait été un sujet d’étude au lycée, je n’ai qu’une connaissance très limitée de la carrière de Laurent Cantet. Son style, très « français », ne me branche pas particulièrement et je n’ai jamais eu tellement envie de creuser. L’idée de lire un entretien ne m’attirait ainsi pas spécialement, je dois bien le reconnaître, mais <em>Laurent Cantet, le sens du collectif</em> m’a davantage intéressé qu’escompté, surtout l’entretien mené par Quentin Mével.</p>
<p>Même quand on ne connaît pas la carrière d’un réalisateur et même quand on n’a pas vu ses films, entendre un cinéaste évoquer son processus créatif est toujours passionnant. Dans le cas de Laurent Cantet, c’est sa méthode qui fascine : il travaille volontiers avec des acteurs non-professionnels qu’il fait répéter en boucle avec des improvisations partielles jusqu’à trouver les bonnes formules et le bon ton pour le scénario final. Il se distingue aussi sur les tournages, où il préfère mener les scènes jusqu’au bout en filmant avec des angles différents pour ne garder que le meilleur au montage. Tout ce travail avant et pendant la création du film est très intéressant et l’entretien permet d’apprécier les évolutions de sa méthode au fil des longs-métrages.</p>
<p>Le passage qui m’a le plus intéressé est son commentaire sur le tournage de <em>Foxfire, confession d’un gang de filles</em>, un long-métrage tourné au Canada. Loin du dénuement des plateaux de cinéma français, il doit alors composer avec la machine américaine, de gros camions pleins de matériel qui ne sert pas, et de grosses équipes où, syndicats obligent, chaque corps de métier est strictement associé à une liste de tâches prédéfinies. Ce décalage entre deux continents est fascinant à observer.</p>
]]></description></item><item><title>Yellowjackets, Showtime</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/yellowjackets-showtime/</link><pubDate>Tue, 15 Mar 2022 21:24:21 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/yellowjackets-showtime/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/yellowjackets-showtime/yellowjackets.jpg">
        <p>Il semble bien que les 1990’s sont les nouvelles 1980’s. Résumer <em>Yellowjackets</em> à une série nostalgique serait toutefois bien injuste, même si la création de Showtime joue indéniablement sur cet aspect, avec une partie de son action qui se déroule en 1996 et un ensemble de clins d’œil à cette époque. Ashley Lyle et Bart Nickerson ont toutefois une excellente idée, qui transcende ce goût pour le passé : ils imaginent un avion qui s’écrase, des survivants qui ne sont pas retrouvés et qui doivent vivre 18 mois dans la nature profonde, forcés d’en venir au cannibalisme pour survivre. <em>Yellowjackets</em> ajoute deux petites idées supplémentaires pour pimenter le tout : d’une part, ce sont presque uniquement des adolescentes qui sont dans cet avion ; d’autre part, une bonne dose de fantastique plane.</p>
<p>Le pilote ressemblerait à un clone de <em><a href="https://voiretmanger.fr/lost-liebern-abrams-lindelof-abc/">Lost</a></em>, avec la constitution d’un groupe, en l’occurrence une équipe de lycéennes et joueuses de football, qui se retrouve dans un avion qui s’écrase dans un lieu inconnu. Néanmoins, la série de Showtime a la bonne idée d’ouvrir avec une toute première séquence pleine de mystère, dans un décor enneigé, avec des personnages recouverts d’épaisses fourrures, si bien que l’on ne sait pas de qui il s’agit précisément. On comprend vite toutefois que c’est un <em>flash-forward</em>, l’annonce d’un futur terrifiant où ces adolescentes américaines tout à fait normales se prêtent à la chasse à l’homme, des sacrifices humains et du cannibalisme. Voilà de quoi mettre en appétit, si je puis dire, pour découvrir ce qui s’est passé entre le crash et cette vision digne d’une œuvre post-apocalyptique !</p>
<p>Il est vite évident que la première saison composée de dix épisodes ne pourra pas suffire pour répondre à toutes ces questions. Et de fait, l’ultime épisode se termine sur une grosse révélation qui laisse entrevoir une suite encore plus folle, que l’on hâte de découvrir, il faut bien le dire. Car entretemps, les deux créateurs de <em>Yellowjackets</em> ont su poser leurs personnages et monter la sauce. On suit quatre survivantes dans le présent en parallèle du récit de leurs mésaventures dans la forêt, on découvre les premières victimes et surtout le grain de folie qui fait son apparition à la fin est fort prometteur. Les scénaristes n’ont pas peur de tuer leurs personnages, ce qui est toujours bon signe et on hâte de voir ce qu’ils nous réservent pour la suite.</p>
]]></description></item><item><title>The Four Quarters, The Solem Quartet</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/four-quarters-solem-quartet/</link><pubDate>Mon, 14 Mar 2022 18:11:00 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/four-quarters-solem-quartet/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/four-quarters-solem-quartet/quarters.jpg">
        <p>Peut-on réinventer la musique de chambre au XXI<sup>e</sup> siècle ? The Solem Quartet est un quatuor à cordes britannique qui pourrait difficilement offrir une composition plus traditionnelle : deux violons, un alto et un violoncelle, c’est une formule éprouvée depuis plusieurs siècles. Et pourtant, <em>The Four Quarters</em>, leur premier album, ne ressemble en rien aux compositions de Haydn ou de Mozart.</p>
<p>Les quinze morceaux qui le composent explorent la musique classique d’hier et contemporaine, de Henry Purcell à <a href="https://www.youtube.com/watch?v=NvNZ7cooUW8">Kate Bush</a> en passant par Béla Bartók. Le nom comme la structure de l’album sont fournis par <a href="https://www.youtube.com/watch?v=BBBQfPf_IoI"><em>The Four Quarters</em></a>, une pièce du compositeur contemporain Thomas Adès qui décrit une journée du matin au soir. Elle est découpée en quatre parties qui ouvrent et ponctuent l’ensemble d’un bout à l’autre. Entre ces morceaux, on évolue au grès des époques et des genres pour former un album remarquablement cohérent, une prouesse liée aux arrangements du quatuor. Les quatre instruments à corde composent une toile riche et complexe, avec quelques ajouts modernes, à l’image de « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=s8VemQPVbhk"><em>Be Nice To See You</em></a> », un morceau étonnant composé en partie… d’appels téléphoniques.</p>
<p><em>The Four Quarters</em> n’est pas de la musique de chambre qui s’écoute d’une oreille distante et distraite. L’album demande une implication minimum et quelques écoutes pour l’apprécier pleinement. Comme toujours, la contrepartie est évidente : The Solem Quartet parvient à composer une musique qui s’apprécie de plus en plus au fil des écoutes et qui ne s’érode pas avec le temps.</p>
]]></description></item><item><title>Alerte rouge, Domee Shi</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/alerte-rouge-shi/</link><pubDate>Sun, 13 Mar 2022 17:36:53 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/alerte-rouge-shi/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/alerte-rouge-shi/red.jpg">
        <p>Nous sommes en 2022 et l’un des faits notables à propos de la dernière production Pixar est le genre de sa créatrice. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le studio n’a fait confiance à une femme pour réaliser l’un de ses films qu’une autre fois et encore, Brenda Chapman n’était que la co-réalisatrice de <a href="https://voiretmanger.fr/rebelle-andrews-chapman/"><em>Rebelle</em></a>. Cette fois, pas d’entourloupes, <em>Alerte rouge</em> a bien été réalisé par une seule femme, Domee Shi, dont c’est d’ailleurs le premier film. C’est aussi elle qui a apporté l’idée au studio et l’héroïne est inspirée par sa propre expérience en tant qu’adolescente dans le Toronto du début des années 2000.</p>
<p>Un homme se serait-il aventuré sur le terrain d’<em>Alerte rouge</em> ? Le long-métrage évoque les changements de l’adolescence pour les jeunes filles et en particulier les premières règles, le rouge du titre est une allusion à peine voilée et même si cela passe par la transformation de Mei en panda roux, la métaphore est transparente. Si le sujet n’est pas réservé aux femmes, il faut saluer la vision féminine et sans concession apportée par Domee Shi. En particulier, la manière dont les jeunes filles sont censées canaliser leurs émotions pour être acceptées par la société, est un sujet aussi important que central dans le projet. C’est bien mené et traité avec une grande justesse, mais ce n’est pas le sujet explicite pour autant et le scénario peut intégrer ces idées à l’arrière-plan, sans jamais les perdre de vue.</p>
<p><em>Alerte rouge</em> est un excellent Pixar, parce qu’il parvient à toucher à l’universel à travers le particulier. C’est l’histoire de Domee Shi qui est racontée, cette fille d’émigrée chinois qui a grandi à Toronto, qui était probablement fan des boys-band kitsch qui se multipliaient à l’époque et qui s’est affirmée avec difficulté au sein d’une famille traditionnelle. Tout ce parcours ne me parle pas et j’imagine que ce ne sera pas plus le cas pour l’écrasante majorité d’entre vous, mais cela n’empêche aucunement de suivre et apprécier l’histoire. S’affirmer face à ses parents et son milieu d’origine et choisir quel adulte on sera est un thème universel, peu importe le lieu ou le genre.</p>
]]></description></item><item><title>The IT Crowd, Channel 4</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/it-crowd-channel-4/</link><pubDate>Sat, 12 Mar 2022 15:45:29 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/it-crowd-channel-4/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/it-crowd-channel-4/crowd.jpg">
        <p>Un bureau, quatre personnages principaux et un tournage face à un public pour enregistrer les rires en direct : <em>The IT Crowd</em> ressemble à n’importe quelle autre sitcom. Mais on peut faire confiance à la chaîne britannique Channel 4 pour imposer son ton décalé et un peu trash. La série créée par Graham Linehan a beau durer quatre saisons (et demi, la dernière ne comptant qu’un seul épisode), elle est restée courte avec 25 épisodes en tout. Cette durée lui permet de rester plaisante jusqu’au bout, même si elle peine un petit peu à sortir de ses clichés. À défaut d’être originale, on comprend facilement pourquoi la série est devenue culte, en particulier pour le public geek.</p>
<p>Le point de départ imagine l’embauche de Jen à la tête du département informatique d’une grande entreprise londonienne. À ce titre, elle est à la tête d’une équipe de deux employés, Roy et Moss, qui sont les seuls « <em>nerds</em> » de la boîte et qui sont aussi doués en informatique qu’ils sont mal adaptés socialement. Le cliché du geek reclus dans la cave est repris littéralement par ‌<em>The IT Crowd</em>, qui oppose les bureaux luxueux de la tour au sous-sol où est placé le département. Mais l’idée principale, c’est que Jen n’y connaît rien en informatique et qu’elle obtient le poste uniquement par son charme. Les scénaristes jouent énormément sur les décalages, entre les étages, entre les comportements sociaux et les épisodes multiplient les interactions étrange entre Roy et Moss et avec Jen à leur tête. C’est bon enfant par moment vraiment drôle, avec ce sens de l’absurde qui caractérise si bien l’humour britannique, sans néanmoins s’éloigner d’un format saynètes qui empêche d’aller beaucoup plus loin.</p>
<p>Jusqu’au bout, <em>The IT Crowd</em> conserve cette ligne et multiplie les épisodes courts qui fonctionnent grâce à quelques gags. D’autres sitcoms parviennent à sortir des clichés initiaux pour construire des personnages plus épais, mais ce n’était sans doute pas l’objectif de Graham Linehan. Ce qui n’est pas forcément un défaut d’ailleurs, et je trouve que l’humour reste efficace d’un bout à l’autre, même si les clichés sur geeks asociaux et sur le spectre autistique ont un peu vieilli. Au fond, le plus réussi pour moi, c’est le comportement des personnes autour de Moss et Roy, tous ignares de l’informatique même au niveau le plus basique<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et qui se laissent berner par des idées aussi stupides qu’une boîte qui clignote censée représenter l’internet.</p>
<p>Et sur ce point, la série a probablement mieux vieilli qu’on pourrait l’espérer…</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
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<li id="fn:1">
<p>« <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nn2FB1P_Mn8"><em>Have you tried turning it on and off again ?</em></a> »&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Les Gorges du Stangala, côté Griffonès</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/gorges-stangala-cote-griffones/</link><pubDate>Fri, 11 Mar 2022 18:40:48 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/gorges-stangala-cote-griffones/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/photo/gorges-stangala-cote-griffones/IMG_7614.jpeg">
        <p>Même par un temps hivernal bien gris, les Gorges du Stangala sont un véritable enchantement, à quelques minutes seulement de Quimper. En partant du parking du Griffonès<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, on peut atteindre un point de vue surplombant et spectaculaire sur les gorges. Pour une balade plus longue, la descente sur l’Odet est raide des deux côtés, mais le chemin le long de l’eau est agréable. Prévoir de bonnes chaussures étanches en hiver, c’est boueux.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Attention aux voitures basses, le chemin d’approche est bien creusé.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>The Great, Hulu</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/great-hulu/</link><pubDate>Thu, 10 Mar 2022 20:57:30 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/great-hulu/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/great-hulu/great.jpg">
        <p>« Une histoire occasionnellement vraie », promet Tony McNamara dans cette adaptation portée par Hulu de la pièce qu’il avait lui-même créé, on pourrait même dire « accidentellement ». <em>The Great</em> s’inspire de l’histoire de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_II">Catherine II de Russie</a>, surnommée « Catherine la Grande », mais si les grandes lignes directrices sont là, la série ne s’embarrasse en effet pas longtemps avec la réalité historique. Son époux, Pierre III de Russie, est un homme sexuellement actif quand elle débarque et leur mariage n’est pas heureux, mais la fiction imagine surtout une grande histoire d’amour entre Catherine et son amant officiel, Leo. Et si elle finit par prendre le pouvoir, elle ne tue pas son mari qui reste dans sa vie comme dans la série.</p>
<p>L’idée de tourner cette histoire en dérision ou en satire est intéressante et regarder <em>The Great</em> en cet hiver 2022, alors que la Russie mène une guerre ouverte contre l’Ukraine, est particulièrement troublant. Dans la fiction, c’est contre la Suède que le pays se bat, mais c’est la seule différence. Les raisons pour les deux guerres sont aussi stupides — Pierre III veut restaurer la gloire de son père, ça vous rappelle quelque chose ? — et l’armée russe est toute aussi incompétente. Mais cette proximité est finalement le point faible de la série de Hulu, qui se fait constamment dépasser par la réalité et qui ne parvient pas à concrétiser ses promesses. En gardant Nicholas Hoult, qui incarne un roi russe par ailleurs fort réussi, dans l’équation, <em>The Great</em> tourne un petit peu trop en rond après un excellent début. Le point de départ est excellent, la suite un petit peu moins et la saison 2 patine assez, sauf lorsque Gillian Anderson la réveille pour un épisode ou deux.</p>
<p>Elle Fanning est remarquable dans le rôle titre, entre l’angélisme des débuts et la noirceur qui s’empare progressivement de son personnage. Et même si c’est une vaste blague, il faut souligner la qualité de la reconstitution historique et notamment des costumes. Il y a beaucoup de réussites dans <em>The Great</em>, ce qui rend d’autant plus frustrant ce manque de mordant et surtout cette propension à tourner en rond. Hulu a renouvelé sa série pour une troisième saison, mais ferai-je l’effort de la voir ? Pas sûr…</p>
]]></description></item><item><title>I Don’t Feel at Home in This World Anymore, Macon Blair</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/dont-feel-home-this-world-anymore-blair/</link><pubDate>Wed, 09 Mar 2022 21:02:57 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/dont-feel-home-this-world-anymore-blair/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/dont-feel-home-this-world-anymore-blair/home.jpg">
        <p>Derrière son titre à rallonge, <em>I Don’t Feel at Home in This World Anymore</em> est en réalité un film assez simple. Dans ce thriller aux forts airs des frères Coen, on suit un duo de personnages en marge de la société, qui en ont assez du comportement irrespectueux de la majorité. Quand Ruth se fait cambrioler et que la police ne fait rien pour l’aider, elle décide que c’en est trop. Avec l’aide de Tony, son voisin bizarre manifestement prêt pour aller en découvre, ils partent récupérer ce qu’elle a perdu. D’abord son ordinateur portable chez des étudiants fêtards, puis l’argenterie de sa grand-mère chez un vendeur pas très consciencieux. Mais comme chez les Coen, ils ne savent pas s’arrêter et croisent la route des voleurs jusqu’à un final sanglant et vomitif.</p>
<p>L’inspiration est plutôt évidente sans être explicite, mais on peut imaginer que Macon Blair, dont c’est le premier long-métrage, avait en tête les classiques du duo en écrivant <em>I Don’t Feel at Home in This World Anymore</em>. Voilà qui ne permettra pas au film de remporter une palme de l’originalité, certes, mais après tout, cela n’a pas à être l’unique objectif de toute œuvre de fiction. Sachant cela, le film reste plaisant à suivre, parce qu’il imagine deux personnages étonnants et finalement plus attachants qu’on l’imaginait. Melanie Lynskey est impeccable dans le rôle de Ruth, cette infirmière sans histoire qui encaisse des incivilités tous les jours jusqu’à celle de trop. Et Elijah Wood est plein de surprise, avec ce personnage en apparence <em>macho</em> qui est en réalité bien moins violent ou même agressif que prévu. En parlant de violence, le scénario en dit long sur celle qui habite la société américaine, qu’elle soit active ou passive. La toxicité masculine, la place des armes et les conflits sociaux ne sont pas traités directement, mais ce sont autant de thèmes présents en arrière-plan.</p>
]]></description></item><item><title>Save Me Not, Sebastian Plano</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/save-me-not-plano/</link><pubDate>Mon, 07 Mar 2022 07:20:52 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/save-me-not-plano/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/save-me-not-plano/save-me-not.jpeg">
        <p>J’ai toujours eu un faible pour le violoncelle. Quand mes parents m’ont proposé d’apprendre un instrument, c’est vers lui que je voulais me tourner et je n’ai jamais accroché au piano, choisi par dépit quand j’ai réalisé que l’école de musique du coin ne proposait pas de cours. À défaut d’en jouer, je n’ai jamais cessé d’aimer le son produit par le violoncelle.</p>
<p>Quand j’ai découvert Sebastian Plano, mon œil a été attiré par son instrument de prédilection et je n’ai pas hésité longtemps avant de récupérer <em>Save Me Not</em>, son dernier album. Après plusieurs dizaines d’écoutes, je ne regrette pas cet achat impulsif. Ces dix morceaux ne sont pas évidents à classer dans un seul genre, on est entre le classique moderne et l’ambient, on pense par endroits à Max Richter dans les mélanges entre sons électroniques et instruments à corde et à d’autres on irait presque chercher du côté de Sigur Rós, notamment quand le violoncelliste argentin fait entendre sa voix. C’est un ensemble à part, qui résiste à tout classement hâtif et c’est très bien ainsi. C’est aussi un album magnifique qui s’apprécie de plus en plus au fil des écoutes, marqué par une noirceur assez sublime qui s’apprécie tout particulièrement une fois la nuit tombée.</p>
<p>J’ai découvert le violoncelle par les grandes œuvres de la musique classique, les suites de Bach en tête. Sebastian Plano construit son œuvre sur cette base, comme tout le monde, mais il emmène l’instrument sur des terrains inattendus. Et en ajoutant quelques notes de piano, un fond discrètement électronique ou sa voix, il parvient à composer une œuvre bien plus ample. <em>Save Me Not</em> m’a donné envie de me plonger dans la carrière du musicien et d’écouter ses trois albums précédents. Mais en attendant, ce dernier opus a tendance à tourner en boucle et il résiste parfaitement aux multiples écoutes…</p>
]]></description></item><item><title>Bernadette a disparu, Richard Linklater</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/bernadette-disparu-linklater/</link><pubDate>Sun, 06 Mar 2022 18:06:53 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/bernadette-disparu-linklater/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/bernadette-disparu-linklater/bernadette.jpeg">
        <p>Adapté d’une pièce de théâtre déjà ceo-écrite par Richard Linklater et elle-même adaptée d’un roman, <em>Bernadette a disparu</em> est un film assez étonnant à suivre. Le titre évoque une disparition, mais elle n’arrive qu’assez tardivement dans l’intrigue… à moins qu’elle ne soit métaphorique ? Quoi qu’il en soit, le long-métrage semble hésiter entre plusieurs directions et peut sembler un petit peu confus par endroit, sans pour autant lui enlever tout intérêt.</p>
<p>Au fond, c’est l’histoire d’une créatrice géniale, la Bernadette du titre interprétée par une Cate Blanchett intense, qui cesse du jour au lendemain de créer. En l’occurrence, cette architecte de renom décide brutalement de tout plaquer à Los Angeles pour suivre son mari à Seattle où, faute de produire quoi que ce soit, elle s’enlise dans une trop grande et vieille maison qu’elle n’a pas rénové entièrement. Misanthrope ou agoraphobe, elle reste autant que possible à l’écart du monde et rumine dans son coin, au point d’alerter son mari qui fait intervenir une psychologue. C’est à ce moment qu’elle fuit sur un coup de tête, abandonnant mari et fille pour se rendre en Antarctique, où elle va retrouver sa passion perdue.</p>
<p>Richard Linklater aurait peut-être mieux fait de se concentrer sur la partie créative et notamment les conséquences pour Bernadette de son choix d’arrêter de créer des bâtiments. Il y avait là une histoire plus simple sans doute et peut-être un film plus puissant. <em>Bernadette a disparu</em> n’y est pas tout à fait, mais est-ce au fond un vrai défaut ? Quand on regarde le résultat sans préjugé, on découvre une histoire de famille touchante et en particulier une superbe histoire mère-fille. Ce n’est pas un chef-d’œuvre, certes, mais je ne trouve pas que ce soit un mauvais long-métrage pour autant…</p>
]]></description></item><item><title>Zèbre, Paul Mirabel</title><link>https://nicolasfurno.fr/spectacle/zebre-mirabel/</link><pubDate>Sat, 05 Mar 2022 22:45:28 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/spectacle/zebre-mirabel/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/spectacle/zebre-mirabel/zebre.jpg">
        <p>Découvert pour ses chroniques délicieusement décalées et légèrement absurdes pour <em>France Inter</em><sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, Paul Mirabel est bel et bien parti en tournée, dont à Guipavas <a href="https://www.youtube.com/watch?v=MehDwNagb48">comme prévu</a> où nous avons pu le voir en chair et en os et l’écouter en direct. Son spectacle est nommé <em>Zèbre</em> en hommage à cet animal étrange à mi-chemin entre le cheval et l’âne qui tente de se cacher dans la savane avec ses rayures noires sur fond blanc, ou vice-versa, mais qui sont en tout cas toutes uniques. Comme Paul Mirabel lui-même, qui revendique son originalité dans un spectacle qui se situe quelque part entre le stand-up et la poésie.</p>
<p>Le jeune comédien cultive sa différence, tout en piochant dans les codes du genre. Seul sur scène avec son micro, il papote avec le public et raconte son quotidien pour enchaîner ses sketches, avec ce ton lent et calme qui le distingue de la majorité de ses confrères. On pourrait penser initialement que c’est un pur effet de style et Paul Mirabel en joue certainement, mais il faut quelques secondes à peine pour comprendre que c’est son état normal, qu’il assume pleinement. Il explique son rejet de toute violence, s’amuse de son manque de force physique et évoque ses petites peurs du quotidien, face aux impôts comme à l’hypothèse d’un vol nocturne alors qu’il dormirait dans son studio parisien de 30 m². Autant de sujets que n’importe quel stand-upper pourrait offrir, même si le ton si atypique fait déjà toute la différence.</p>
<p>Néanmoins, ce n’est pas dans ces moments que Paul Mirabel brille le plus pour moi. C’est quand il se lance dans une petite histoire où transparaît sa manière si personnelle de voir le monde que le comédien est le meilleur. Quand il se demande ce qui se passerait si un oiseau croisait un skieur après un saut, ou comment les poissons sont arrivés dans un lac de montagne. C’est dans ces séquences presque poétiques que l’on retrouve le plus le <em>Zèbre</em> promis par le titre et ce sont à mon avis les meilleures.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<ol>
<li id="fn:1">
<p>Même si tout le monde l’avait découvert bien avant, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=RYjfe8OSRFw">grâce à ce fameux sketch</a> diffusé par Montreux Comedy.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>Artifacts, Beirut</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/artifacts-beirut/</link><pubDate>Fri, 04 Mar 2022 21:34:29 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/artifacts-beirut/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/artifacts-beirut/artifacts.jpeg">
        <p>Je n’avais pas écouté ‌Beirut depuis des années, mais j’ai tant écouté les deux premiers albums de cet étrange groupe qu’ils sont gravés dans ma mémoire. Suite à <a href="https://podcaaast.fr/trente-sept/">de solides recommandations</a>, j’ai écouté <em>Artifacts</em>, leur sixième album qui vient tout juste de sortir et qui est en réalité une compilation. Pas un <em>best-of</em>, mais plutôt une galerie de morceaux anciens ou récents, des pistes secondaires et même quelques enregistrements réalisés par Zach Condon, le créateur de Beirut, alors qu’il n’avait que 14 ans. Tout un programme et à l’écoute, surprise, cet assemblage bizarroïde forme un album au long court — pas moins de 26 morceaux pour près d’une heure et demie —, mais pas incohérent pour autant.</p>
<p>La cohérence, c’est ce style inimitable qui a fait connaître Beirut. Le groupe est né au milieu des années 2000 aux États-Unis, mais l’assemblage de musiques « du monde » comme on dit pourrait le placer à peu près n’importe où sur la carte. Le nom semble le placer au Liban, mais sa musique le rapproche davantage des Balkans, avec notamment un ensemble d’instruments improbables pour un groupe né au Nouveau-Mexique. Ukulélé, trompette, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bugle">bugle</a>, trombone, mais aussi violon et même de l’accordéon ? Il faut l’écouter pour le croire et à l’écoute, tout se met en place harmonieusement pour produire le son Beirut, on ne peut pas le nommer autrement. Un son chaleureux grâce aux cuivres, même s’il ne faut pas s’attendre à de la musique joyeuse et légère. Elle peut l’être en apparence, mais il y a une part de noirceur derrière ces instruments chaleureux, en grande partie liée à la voix du chanteur principal.</p>
<p>Les 26 morceaux sont forcément inégaux, mais il ne faut pas s’attarder sur chaque piste en particulier. <em>Artifacts</em> compose une balade musicale qui vous mène sur des chemins inattendus, avec des genres assez différents d’un titre à l’autre, entre folk et musique d’Europe de l’Est en passant par des expérimentations presque électroniques. L’audacieux mélange des instruments et la voix de Zach Condon apportent l’unité nécessaire et les 86 minutes passent sans difficulté aucune. C’est un album facile à écouter et on peut le parcourir d’une oreille distraite en guise de fond musical. Il peut également tenir sur la durée, révélant à chaque nouvelle écoute un morceau ou un petit détail passé inaperçu jusque-là.</p>
<p><em>Artifacts</em> m’a en tout cas résolument donné envie de me replonger dans la discographie de cet étonnant groupe.</p>
]]></description></item><item><title>Steven Soderbergh, anatomie des fluides, Pauline Guedj</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/steven-soderbergh-anatomie-fluides-guedj/</link><pubDate>Wed, 02 Mar 2022 21:30:47 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/steven-soderbergh-anatomie-fluides-guedj/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/steven-soderbergh-anatomie-fluides-guedj/soderbergh.jpg">
        <p>Il y a des cinéastes plus faciles à suivre et des carrières plus simples à analyser que le cas Steven Soderbergh. Alors que son <a href="https://voiretmanger.fr/sexe-mensonges-video-soderbergh/">tout premier long-métrage</a> lui a offert la Palme d’or à Cannes, il a ensuite enchaîné les projets les plus variés, passant du film indépendant à tout petit budget parfois filmé à l’iPhone à la grosse production hollywoodienne avec un immense budget et un casting de stars, naviguant entre les genres et les styles. On peut vite se sentir perdus face à cette filmographie étrange qui semble partir dans tous les sens sans offrir d’angle d’attaque bien défini.</p>
<p>Pas de quoi décourager Pauline Guedj pour autant, bien au contraire même. L’autrice, anthropologue, journaliste et enseignante à l’université, s’est attaquée à cette carrière étonnante pour en extraire une analyse cohérente, comme les éditions Playlist Society s’en sont faits la spécialité. Le résultat est <em>Steven Soderbergh, anatomie des fluides</em>, un essai qui trace les lignes entre chaque création du réalisateur, au cinéma ou à la télévision, puisqu’il est largement responsable pour l’excellente <em><a href="https://voiretmanger.fr/knick-amiel-begler-cinemax/">The Knick</a></em>. Elle ouvre avec le Festival de Cannes de 1989, avec son jury composé en urgence et Wim Wenders à sa tête qui décide de confier la Palme à un jeune américain inconnu. Un « faux départ », comme l’écrit l’autrice qui évoque ensuite les échecs commerciaux et artistiques qui se succèdent au début des années 1990 pour le cinéaste.</p>
<p>À partir de ces débuts, Steven Soderbergh met en place sa propre méthode. Entre les sentiers battus de Hollywood et les chemins balisés de Sundance, il choisit de suivre sa voie, alternant les projets différents, testant des techniques dans un film, les perfectionnant dans le suivant. C’est une vraie méthode, systématique et surtout qui peut offrir une vision d’ensemble cohérente à ses trente-cinq films et quatre épisodes de série, au moment où <em>Steven Soderbergh, anatomie des fluides</em> a été rédigé. Pauline Guedj parvient à mettre en lumière cette méthode, en piochant des exemples dans les différentes créations de son sujet et en le citant directement, Steven Soderbergh ayant souvent décrit ses intentions et sa manière de faire en interview. Le résultat est captivant, même si vous n’avez qu’une connaissance vague du sujet principal, car l’autrice prend toujours soin d’apporter le contexte nécessaire pour situer chaque long-métrage dans la filmographie complète, et pour comprendre les intrigues de chaque film.</p>
<p>Une lecture enrichissante, qui m’a donné envie de (re)découvrir toutes ces œuvres qui s’avèrent plus liées que je l’imaginais à la base.</p>
]]></description></item><item><title>On Early Music, Francesco Tristano</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/early-music-tristano/</link><pubDate>Mon, 28 Feb 2022 21:17:48 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/early-music-tristano/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/early-music-tristano/early-music.jpeg">
        <p>J’ai découvert Francesco Tristano, non pas pour ses interprétations de Jean-François Bach qui ont lancé sa carrière, mais pour sa participation dans Aufgang, ce réjouissant trio qui entremêlait astucieusement musiques classique et électronique. Il a abandonné ce groupe il y a quelques années et même si j’avais écouté l’un de ses albums en solo, <em>Idiosynkrasia</em> qui mélangeait à nouveau les genres, je ne me suis jamais trop intéressé à sa carrière.</p>
<p>C’est ainsi par hasard que je suis tombé sur son dernier album, <em>On Early Music</em>. Nulle musique électronique ici, il n’y a qu’un piano et Francesco Tristano derrière. On est dans la musique classique la plus traditionnelle qui soit en apparence, d’autant qu’il interprète des pièces du XVII<sup>e</sup> siècle, avec des compositeurs anglais et italiens. Pour autant, on retrouve l’intérêt du Luxembourgeois pour les mélanges des genres et des époques. Même si les compositions sont anciennes, cela ne veut pas dire que l’interprétation doit l’être et son jeu a une vivacité et une légèreté qui évoque par moment le jazz. Et quand Francesco Tristano ne se contente plus d’interpréter à sa manière, il compose et peut alors quasiment pasticher la musique baroque ou suivre une voie plus originale et intéressante à mes oreilles.</p>
<p>Pile au milieu de l’album se cache un diptyque qui commence avec « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=kZaYoHRig3Q"><em>Ritornello</em></a> ». Son titre semble annoncer un pur morceau de baroque italien et même si on retrouve la structure entêtante d’une ritournelle, l’ambiance n’a rien à voir. On se rapproche des premiers morceaux d’Aufgang, avec cette manière de construire une musique moderne sur des bases qui ont plusieurs siècles. Le morceau suivant, « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=ddrgeqwBGos"><em>On Cristobal de Morales Circumdederunt</em></a> » poursuit cette exploration modernisée et éclaire l’album entier sous un nouveau jour. <em>On Early Music</em> s’inspire bien de musiques anciennes, mais il est loin d’être dépassé pour autant.</p>
]]></description></item><item><title>Sentier côtier : Pointe de la Jument</title><link>https://nicolasfurno.fr/photo/sentier-cotier-pointe-jument/</link><pubDate>Sun, 27 Feb 2022 00:00:00 +0000</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/photo/sentier-cotier-pointe-jument/</guid><description>
        
            
            &lt;img src="https://nicolasfurno.fr/photo/sentier-cotier-pointe-jument/IMG_7775.jpeg">
        &lt;p>Petite balade sur le sentier côtier à l’ouest de Douarnenez. Une section magnifique, escarpée et vertigineuse : ça vaut le détour, même avec un temps nuageux à la limite du pluvieux.&lt;/p>
</description></item><item><title>Space Force, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/space-force-netflix/</link><pubDate>Sat, 26 Feb 2022 21:11:19 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/space-force-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/space-force-netflix/space-force.jpg">
        <p>Une sitcom créée par Greg Daniels<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et Steve Carrell ? Non, ce n’est pas la suite de <a href="https://voiretmanger.fr/office-gervais-merchant-nbc/"><em>The Office</em></a>, même si on retrouve bien quelques éléments clés de la « recette ». <em>Space Force</em> se déroule majoritairement dans un bureau, tous les personnages principaux sont des collègues et l’humour se construit sur leurs relations dans ce lieu de travail. Sur le papier, cela ressemble à une énième variante, avec un lieu de travail différent. Sur l’écran, il y a un petit peu de cela, inutile de le nier, mais la série portée par Netflix parvient à trouver sa propre voie.</p>
<p>Tout n’est pas parfait dans <em>Space Force</em> et les coupes budgétaires imposées par le service de streaming n’aident pas la deuxième saison, raccourcie, plus refermée encore sur ce lieu de travail et moins originale pour cette raison. Cela dit, il y a de bonnes idées, avec cette bataille spatiale qui amène la série vers la science-fiction pure et dure, ou encore l’utilisation constante d’une bande-originale qui pastiche John Williams. Quelque part entre <em>Star Wars</em> et <em>The Office</em>, on obtient un mélange étonnant et Steve Carrell, qui s’est créé un rôle sur mesure on s’en doute, parvient même à nous surprendre dans une gamme que l’on connaît pourtant par cœur. Enfin, la satire politique est bien amenée et même si <em>Space Force</em> reste bien loin de <a href="https://voiretmanger.fr/veep-iannucci-hbo/"><em>Veep</em></a>, la référence du genre, c’est l’occasion ici de quelques vannes amusantes.</p>
<p>Difficile de dire si <em>Space Force</em> a un avenir. Déjà, parce que Netflix n’hésite jamais à couper ses créations dès qu’elles ne suffisent plus à remplir ses objectifs. Ensuite, parce que Greg Daniels et Steve Carrell n’ont peut-être pas beaucoup plus à extraire de cet univers et de ces personnages. La série est drôle et plaisante, mais elle n’a pas la profondeur de ses illustres modèles.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
<hr>
<ol>
<li id="fn:1">
<p>Qui, outre la version américaine de <em>The Office</em>, a aussi créé la géniale <a href="https://voiretmanger.fr/parks-recreation-daniels-schur-nbc/"><em>Parks and Recreation</em></a>, dans le même genre, mais en mieux.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
</li>
</ol>
</div>
]]></description></item><item><title>OVNI(s), Canal+ (saison 2)</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/ovnis-saison-2-canal+/</link><pubDate>Thu, 24 Feb 2022 21:15:47 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/ovnis-saison-2-canal+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/ovnis-saison-2-canal&#43;/ovnis.jpg">
        <p>La <a href="https://voiretmanger.fr/ovnis-dargent-douaire-canal/">première saison d’<em>OVNI(s)</em></a> avait réussi à épater par son ton décalé et un humour qui ne laissait pas de côté un sérieux dans la réalisation et la direction d’acteurs. Canal+ avait renouvelé sans attendre cette excellente création originale et la suite est arrivée un an après, avec douze nouveaux épisodes d’une trentaine de minutes. Inutile de faire durer le suspense plus longtemps : c’est à nouveau une réussite incontestable, du genre qu’on aimerait voir plus souvent en France.</p>
<p>Pour cette suite, <em>OVNI(s)</em> n’a plus besoin de présenter le Gepan et ses personnages, et on entre directement dans le vif du sujet. Le mélange entre comédie et fantastique s’améliore encore avec cette suite qui ouvre alors que Didier Mathure est persuadé d’avoir touché un objet extraterrestre et qu’il parcourt la France avec Vera dans un van pour trouver d’autres témoignages. Le scepticisme des débuts n’a plus lieu d’être à ses yeux… et les scénaristes n’hésitent pas eux aussi à tendre vers des péripéties de moins en moins rationnelles, mais toujours loufoques. Les extra-terrestres qui se manifestent sous la forme d’une barbe à papa de 500 kg qui débarque un beau jour dans une centrale nucléaire, il fallait y penser ! Sans dévoiler la fin de plus en plus ouvertement fantastique, <em>OVNI(s)</em> nous régale avec son ton résolument à part.</p>
<p>C’est un petit miracle, mais tout s’assemble correctement. Les personnages sont bien écrits et les acteurs bien menés, ils sont crédibles et leurs relations fonctionnent sans difficulté. Il y a bien quelques facilités ici ou là, mais l’ensemble tient remarquablement la route d’un bout à l’autre. Ajoutons à cela une réalisation aux petits oignons, avec une photographie chaude et une reconstitution de qualité de la France de 1979. Non, vraiment, Canal+ tient une pépite avec <em>OVNI(s)</em> et la fin ouverte laisse entrevoir la possibilité d’une suite… vivement !</p>
]]></description></item><item><title>Inventing Anna, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/inventing-anna-netflix/</link><pubDate>Wed, 23 Feb 2022 20:29:03 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/inventing-anna-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/inventing-anna-netflix/anna.jpeg">
        <p>L’histoire d’Anna Sorokin, jeune russe qui décide de se faire passer pour une riche héritière allemande et qui parvient à arnaquer le gratin new-yorkais, est fascinante et on comprend sans peine que Netflix ait décidé d’acheter les droits pour la raconter. Le résultat est <em>Inventing Anna</em>, une mini-série qui s’étale malgré tout sur neuf épisodes d’une bonne heure chacun et qui adopte le point de vue de la journaliste qui a révélé l’affaire et fait d’Anna Delvey, son pseudonyme d’arnaqueuse, une star. Un joli programme, pour une série passionnante, même si elle aurait peut-être mérité quelques coupes et même si la fin avec le procès est moins réussie que les premiers épisodes.</p>
<p>Malgré ces quelques défauts, Shonda Rhimes parvient bien à rendre ce parcours incroyable, où une jeune émigrée de 25 ans parvient à quasiment duper les plus grandes banques américaines et à duper pour de bon parmi les plus riches New Yorkais. Elle se fait passer pour une riche héritière, mais dont les fonds sont bloqués en Allemagne pour une raison ou une autre et son aplomb suffit à compenser. Anna avait manifestement le chic pour se fondre dans le paysage et donner l’impression d’être à la bonne place, parmi des millionnaires, dans un riche hôtel de New York ou sur un yacht à l’autre bout de la planète. Toutes ses combines pour ne jamais payer sont épatantes, y compris la technique du pourboire où elle inonde le personnel de billets de 100 $ pour masquer le fait qu’elle ne peut pas régler les factures de plusieurs dizaines de milliers de dollars. Sa plus grande réussite toutefois, c’est d’avoir quasiment obtenu un prêt de 25 millions de dollars pour créer sa fondation. Comment les banques ont pu se laisser berner par cette jeune femme qui bricolait des documents officiels sur Word et se faisait passer pour un banquier allemand avec une app qui trafiquait sa voix ?</p>
<p><em>Inventing Anna</em> suit une chronologie assez simple, avec tout le travail de recherche de la journaliste pour écrire son article et une série de flashbacks. L’action se déroule sur une temporalité courte, les scénaristes se sont concentrés sur la période la plus dingue pour Anna, juste avant son arrestation. Et même si chaque épisode commence par prévenir que c’est une fiction basée sur une histoire vraie, la série de Netflix reste <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Anna_Sorokin">proche de la réalité</a>, aussi fou que cela puisse paraître. Malgré tout, il manque un petit quelque chose à la création de Shonda Rhimes pour dépasser le statut de docufiction sympathique, peut-être un meilleur angle sur l’ensemble. La série semble hésiter entre plusieurs points de vue et avis sur le personnage principal, elle perd en force et surtout en concision.</p>
]]></description></item><item><title>Room, Lenny Abrahamson</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/room-abrahamson/</link><pubDate>Tue, 22 Feb 2022 21:21:27 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/room-abrahamson/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/room-abrahamson/room.jpeg">
        <p>Le mieux, c’est encore de découvrir <em>Room</em> sans rien avoir lu à son sujet.</p>
<p>En ignorant tout, vous pourrez découvrir une ouverture de film intrigante : une mère et son jeune fils qui vivent dans une toute petite pièce et ne semblent jamais en sortir. Au départ, on ne comprend pas : est-ce qu’ils sont malades et doivent rester en permanence enfermés ? Est-ce un problème psychologique de la mère, une agoraphobie aiguë peut-être ? Et qui est cet homme qui vient apporter des provisions régulièrement ? Lenny Abrahamson préfère montrer plutôt qu’expliquer. Petit à petit, on comprend l’horreur de cette femme enfermée depuis sept ans, violée régulièrement par son tortionnaire et devenue mère en captivité.</p>
<p>Nommée ironiquement Joy, elle n’est pas tant le personnage principal que Jack, son fils. Il fête tout juste ses cinq ans quand l’histoire commence et n’a jamais rien connu d’autre que cette pièce unique. Pour lui, la seule réalité est contenue dans cette pièce, il n’y a rien dehors, si ce n’est l’espace infini et tout ce qui s’affiche sur le petit téléviseur de mauvaise qualité n’est que de la magie, ce n’est pas réel. De son point de vue, cette captivité horrifiante est tout à fait normale et comment pourrait-il en être autrement, il n’a jamais rien connu d’autre. Quand sa mère essaie de lui expliquer qu’il y a une réalité de l’autre côté des quatre murs, qu’il existe un « dehors » tout aussi réel et que la télévision n’est pas de la magie, il préfère d’abord nier en bloc, persuadé que c’est une blague.</p>
<p><em>Room</em> commence par un long huis-clos qui occupe quasiment la moitié du film. Quand Jack parvient enfin à sortir et alerter la police sur leur situation, le long-métrage devient plus classique, mais pas moins convaincant. Brie Larson est spectaculaire dans le rôle de la mère, on sent que l’actrice s’est investie au maximum pour incarner le personnage et cela paie, peut-être encore plus une fois qu’ils sont sortis d’ailleurs. Jacob Tremblay est encore plus époustouflant dans le rôle de Jack, l’acteur a beau être jeune, il n’a besoin que d’un plan ou deux pour composer un personnage attachant et crédible. Sans ces deux acteurs, <em>Room</em> aurait été nettement moins réussi et ils justifient à eux seuls de voir le film.</p>
]]></description></item><item><title>The Discovery, Charlie McDowell</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/discovery-mcdowell/</link><pubDate>Sun, 20 Feb 2022 20:46:15 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/discovery-mcdowell/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/discovery-mcdowell/discovery.jpg">
        <p>Que se passe-t-il après la mort ? Cette question hante théologiens et scientifiques depuis des siècles et il n’est pas étonnant que la fiction s’en empare régulièrement. <em>The Discovery</em> ne s’éloigne pas loin des rivages de <em>L’Expérience interdite</em> ou des <em>Thanatonautes</em> pour donner un exemple dans un autre genre, mais Charlie McDowell ne prétend pas réinventer la roue. Son long-métrage brille avant tout par son ouverture, pleine de mystère et particulièrement convaincante. Il n’est pas aussi spectaculaire une fois que les principales réponses ont été apportées, sans décevoir pour autant. En particulier, son ultime idée sur les regrets est intéressante, même si elle aurait peut-être mérité d’être creusée. Cela dit, la surprise finale est assez bien trouvée et, à défaut d’être très originale elle aussi, elle offre une remise en perspective amusante.</p>
<p>Au-delà de la question de ce qui existe après la mort, <em>The Discovery</em> est peut-être plus intéressant sur notre rapport à la science et à la vérité. La découverte de Thomas Harbor, qui parvient à prouver l’existence matérielle de l’âme, lance une vague de suicides à un niveau jamais vu dans le monde. Si l’âme existe, alors la possibilité que la mort ne soit pas la fin pousse des millions d’êtres humains à se tuer pour découvrir ce qui se cache après la vie. Will reproche à son père d’avoir mis en avant ses découvertes et il l’accuse d’être directement responsable de ces morts. Fallait-il taire cette découverte pour le bien de l’humanité ? Une vérité scientifique ne méritent-elle pas d’être toujours publiée, ne serait-ce que parce que sa découverte est inévitable ? À l’ère du réchauffement climatique et des multiples négationnistes, la question trouve un écho particulier. Et même si n’est pas du tout ce qui intéresse de Charlie McDowell, il est presque passé à côté du sujet le plus intéressant.</p>
]]></description></item><item><title>Désenchantée, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/desenchantee-netflix/</link><pubDate>Fri, 18 Feb 2022 21:50:03 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/desenchantee-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/desenchantee-netflix/desenchantee.jpg">
        <p><em>Désenchantée</em>, ou la rencontre ahurissante des <em>Simpsons</em> et de <em>Game of Thrones</em>, comme le suggère John DiMaggio qui donne sa voix au roi Zøg. La référence est assumée dans les premiers épisodes, avec ce trône composé d’épées et un gag dans l’esprit des bonshommes jaunes créés par le même Matt Groening près de 30 ans avant : repoussant le prince qu’elle devait épouser, la princesse Bean tue son prétendant, empalé sur l’une des épées. En apparence, cette création pour Netflix ressemble ainsi à une énième variante des <em>Simpsons</em>, mais dans un univers d’heroïc-fantasy avec des créatures mythiques et de la magie. Et si les premiers épisodes restent concentrés sur cette idée, <em>Désenchantée</em> révèle progressivement un univers beaucoup plus riche que cela et aussi… nettement moins drôle.</p>
<p>On pourrait croire que c’est un défaut et y voir le signe de l’échec du dernier projet de Matt Groening. De fait, si l’on s’attend à rire constamment dans chacun des 40 épisodes diffusés à ce jour, la déception est inévitable. Mais en s’éloignant des gags faciles et en creusant d’autres voies plus inattendues sur la relation entre Bean et sa mère, sur sa dépression dissimulée derrière son addiction à l’alcool ou encore sur son amour pour une sirène, <em>Désenchantée</em> s’avère plus riche et passionnant qu’escompté. Tout ne fonctionne pas, il faut l’admettre et certains épisodes ne parviennent pas à concrétiser leurs idées, mais qu’importe. Sur la durée, la série parvient à séduire par sa collection de personnages qui dépassent vite les caricatures initiales et l’humour un petit peu facile. Les scénaristes auraient pu en rester là et signer une satire de <em>Game of Thrones</em> à la sauce Matt Groening. C’est peut-être ce que la majorité attendait, mais cela aurait été moins intéressant à mon avis.</p>
<p>Les cliff-hangers sont une marque de fabrique de <em>Désenchantée</em> et l’ultime épisode diffusé tout récemment par Netflix se termine à nouveau sur une grosse surprise. On ne sait pas encore si le service a prévu de renouveler la série pour une saison de plus, mais si les scénaristes ont encore des idées en tête pour éviter la simple redite, on sera au rendez-vous pour découvrir la suite !</p>
]]></description></item><item><title>Invasion, Max Richter</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/invasion-richter/</link><pubDate>Wed, 16 Feb 2022 00:00:00 +0000</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/invasion-richter/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/invasion-richter/invasion.jpg">
        <p>Comme pour beaucoup sans doute, Max Richter est entré dans mon radar pour son excellent travail sur l’incroyable série <a href="https://voiretmanger.fr/leftovers-lindelof-perrotta-hbo/"><em>The Leftovers</em></a>. Le compositeur n’a depuis jamais quitté mon attention, j’ai écouté toute sa discographie plusieurs fois et tous ses albums me fascinent. À tel point que l’on a regardé <a href="https://voiretmanger.fr/invasion-kinberg-weil-apple-tv/"><em>Invasion</em></a>, la série Apple TV+, parce qu’il en signait la bande-originale. La série était plus intéressante qu’escompté, mais la musique m’avait laissé plus indifférent face à l’écran.</p>
<p>Il faut dire que le générique d’ouverture ressemble à une caricature de Max Richter. Mais le reste est finalement meilleur que je l’envisageais initialement, plus varié surtout. <em>Invasion (Music from the Original TV Series: Season 1)</em>, car c’est son titre complet, s’éloigne davantage de ce que le compositeur a pu écrire jusque-là et tente quelques idées plus originales. C’est la bande-originale d’une série de science-fiction, il ne faut pas non plus s’attendre à une œuvre radicale, mais je trouve que ces 24 (!) pistes tiennent la route, elles alternent entre plusieurs ambiances, n’oublient pas quelques belles mélodies et sont fort agréables. Je recommande aussi en guise de fond musical pour se concentrer.</p>
]]></description></item><item><title>All of Us Are Dead, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/all-are-dead-netflix/</link><pubDate>Mon, 14 Feb 2022 21:29:03 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/all-are-dead-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/all-are-dead-netflix/dead.jpg">
        <p>Une attaque de zombies, mais dans un lycée sud-coréen, histoire de varier les décors. <em>All of Us Are Dead</em>, adaptation d’un « <em>webtoon</em> » pour Netflix, n’est originale à nos yeux d’occidentaux que par son cadre différent. Pour le reste, c’est toujours la même base, avec des ports-vivants assoiffés de sang qui contaminent rapidement tout un lycée, puis bientôt une ville entière. On suit quelques survivants qui tentent de résister en attendant l’arrivée des secours, mais comme à chaque fois, les zombies ont tellement d’avantages qu’il est bien difficile de ne pas mourir face aux hordes de monstres. D’autant que cette version coréenne conserve l’idée de bestioles pas très intelligentes et guidées par le goût du sang, mais pas leur lenteur traditionnelle. Ces zombies courent vite et il est bien difficile de leur résister, même quand on a vu <em><a href="https://voiretmanger.fr/dernier-train-busan-yeon/">Dernier train pour Busan</a></em> et que l’on devine assez vite à quoi on a affaire, ce qui n’est pas gagné.</p>
<p>Les scénaristes ont la bonne idée de faire référence explicitement à cette œuvre locale impliquant des zombies. Malgré tout, ces lycéens ont tous besoin d’un temps infiniment long pour comprendre à quoi ils ont affaire et surtout comment tuer ces créatures. Ils sont si lents que même dans le douzième épisode, ils en sont encore à taper sur le dos des zombies pour essayer de les détruire. <em>All of Us Are Dead</em> s’adresse ouvertement plutôt aux adolescents qu’à leurs parents, mais je ne vois pas en quoi cela justifierait la bêtise des personnages. Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre, ils sont tous lents pour comprendre ce qui se passe et font constamment n’importe quoi, une facilité de scénario un petit peu trop exploitée pour le bien de la série. Les pauses émotionnelles sont également nombreuses, lourdes et assez répétitives, si bien que l’ensemble peut être lassant par moment.</p>
<p>Cela étant, ne boudons pas trop notre plaisir : à condition d’aimer les zombies, cette variante sud-coréenne reste fort sympathique dans l’ensemble. Chun Sung-il et JQ Lee n’hésitent pas à tuer des personnages même importants, ce qui est toujours une bonne idée face à une apocalypse de cette ampleur et on ne sait jamais à quoi s’attendre. <em>All of Us Are Dead</em> n’est pas une grande série, certes, mais elle reste un excellent divertissement, sous réserve d’aimer le genre bien sûr.</p>
]]></description></item><item><title>Kaamelott - Premier volet, Alexandre Astier</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/kaamelott-premier-volet-astier/</link><pubDate>Sun, 13 Feb 2022 18:03:03 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/kaamelott-premier-volet-astier/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/kaamelott-premier-volet-astier/kaamelott.jpg">
        <p><a href="https://voiretmanger.fr/kaamelott-astier/"><em>Kaamelott</em></a> a commencé comme une série de saynètes comiques, cinq minutes de relecture absurde du mythe arturien avec humour bien particulier qui est vite devenu culte. Alexandre Astier ne comptait pas en rester là toutefois, c’était un début modeste pour un univers de plus en plus ample et surtout sérieux. La série se concluait ainsi par deux saisons en rupture de plus en plus nette et le génial touche-à-tout avait déjà en tête une trilogie au cinéma pour offrir une fin digne de ce nom à sa relecture de la quête du Graal. Après quelques péripéties et retards, <em>Kaamelott - Premier volet</em> lance enfin cette trilogie, avec un long-métrage de deux heures pile à l’image de son créateur : d’une ambition folle, multipliant les idées et oscillant constamment entre sérieux et humour. C’est inégal, mais c’est si riche et généreux que ce n’est pas bien gênant.</p>
<p>En regardant ce qui devrait être le premier épisode d’une trilogie, ce qui frappe en premier est le naturel de la transition. L’époque des cinq minutes qui s’enchaînaient sans vrai lien est bien loin, et pourtant l’univers sorti de l’imagination d’Alexandre Astier se retrouve parfaitement à son aise dans ce nouveau cadre. On sent que <em>Kaamelott - Premier volet</em> était en gestation depuis des années et surtout, que son scénariste a de la suite dans les idées, avec une vision d’ensemble qui force le respect quand on se remémore l’apparente simplicité initiale. L’histoire se déroule dans la continuité de <em>Kaamelott</em> version télé, avec un roi Arthur déchu qui revient à contre-cœur conquérir sa région après dix ans de règne de Lancelot. Cette base permet de réintroduire tous les personnages que l’on a appris à connaître au fil des années et quelques nouveaux au passage. Le casting impressionne <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kaamelott_:_Premier_Volet#Distribution">par sa longueur</a> et par le nombre d’Astier dans la liste : comme toujours la famille du réalisateur est sollicitée et son fils aîné a notamment un joli rôle le temps d’un flashback. Autant de points communs partagés avec les deux dernières saisons, qui faisaient preuve d’une grande ambition elles aussi.</p>
<p>Pour autant, <em>Kaamelott - Premier volet</em> n’est pas une saison de plus, Alexandre Astier exploite son format différent pour raconter une histoire différemment et le résultat est un vrai long-métrage qui a du sens à part entière et pas seulement comme part d’un tout. Si vous ignorez tout de l’univers et que vous n’avez jamais regardé la série, vous serez peut-être un peu perdu ou plus exactement, vous passerez sans doute à côté de quelques blagues récurrentes. Mais ça n’est pas pour autant rédhibitoire pour apprécier ce film, qui fourmille de détails intéressants et parvient à donner corps à ses personnages malgré le nombre d’acteurs impliqués.</p>
<p>Alexandre Astier ne se contente pas d’écrire, de réaliser et d’interpréter, il compose aussi la bande-originale, comme il le faisait sur la série. La musique imaginée pour <em>Kaamelott - Premier volet</em> est à l’image de tout le reste, plus ambitieuse et grandiose encore, avec une inspiration assez évidente, mais bien maîtrisée, du côté de John Williams. On pense bien évidemment à <em>Star Wars</em> et peut-être est-ce la musique qui inspire les références ou réciproquement, mais le film peut ressembler par moment à une relecture en mode heroïc-fantasy du <em>space opera</em><sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>. Malgré ces références, la composition suit sa propre voie et évite la redite : une réussite de plus, à ajouter au palmarès de son auteur.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<p>C’est tout particulièrement visible avec les costumes, au passage d’une inventivité incroyable. Les soldats Wisigoth ressemblent aux <em>troopers</em> de l’Empire, tandis que le combat final entre Arthur et Lancelot n’est pas sans rappeler les duels de sabre laser.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>The Zealot Genes, Jethro Tull</title><link>https://nicolasfurno.fr/album/zaelot-genes-jethro-tull/</link><pubDate>Thu, 10 Feb 2022 00:00:00 +0000</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/album/zaelot-genes-jethro-tull/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/album/zaelot-genes-jethro-tull/gene.jpeg">
        <p>De la flûte traversière dans du rock ? Il n’y avait bien que le Progressif pour l’envisager, mais Jethro Tull a toujours eu le don pour brouiller le piste. Cet étonnant groupe anglais né dans les années 1960 s’est distingué dans la décennie suivante par quelques albums conceptuels qui ont bercé mes années prog, <em>Thick as a Brick</em> en tête. Je n’étais pas nécessairement le plus grand fan du groupe qui soit et je n’ai jamais suivi son actualité au-delà de cette période, mais une poussée nostalgique m’a incité à essayer <em>The Zealot Gene</em>, le dernier album d’un groupe qui ne veut pas mourir.</p>
<p>Et c’est une bonne surprise. Le son typique de la flûte et surtout la voix reconnaissable entre mille de Ian Anderson ramènent vers le passé, tout comme la construction pleine de surprise des morceaux. Ce n’est pas un album qui est resté dans le passé néanmoins, les douze morceaux sont plus courts et plus simples, ils sont aussi <a href="https://www.youtube.com/watch?v=1APwlHY50vo">entraînants</a>, mélodiques<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup> et vite entêtants. Quelques écoutes ont suffi pour que l’album tourne en boucle.</p>
<p>Voilà qui me donne envie de plonger dans la <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Discographie_de_Jethro_Tull">discographie bizarre du groupe</a>, qui a multiplié les genres différents au fil des décennies.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<p>Non pas que ce soit exceptionnel dans le rock progressif, contrairement à un mythe bizarrement répandu.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>Hawkeye, Disney+</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/hawkeye-disney+/</link><pubDate>Mon, 07 Feb 2022 00:00:00 +0000</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/hawkeye-disney+/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/hawkeye-disney&#43;/hawkeye.jpg">
        <p><em>Hawkeye</em> s’ajoute à l’immense immensité de l’univers Marvel, avec une série pour Disney+ qui accorde un petit peu de place à des personnages secondaires. Après <a href="https://voiretmanger.fr/loki-waldron-disney/"><em>Loki</em></a> ou bien encore <a href="https://voiretmanger.fr/falcon-soldat-hiver-spellman-disney/"><em>Falcon et le Soldat de l’Hiver</em></a>, <em>Hawkeye</em> fait de la place au personnage du même nom, croisé à plusieurs reprises dans la saga, mais qui n’a jamais tenu le rôle principal. Non pas qu’il le tienne beaucoup plus ici, à dire vrai, puisqu’il est censé passer le flambeau à une nouvelle génération. Ces six épisodes forment une assez brève mini-série qui aurait gagné à se rapprocher encore davantage de la durée d’un long-métrage. Disney+ ne radine pas avec un budget de 150 millions de dollars, mais pour remplir six épisodes de 40 à 60 minutes l’un<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, il faut forcément meubler. Et les scénaristes ont ainsi rempli au maximum, avec des intrigues secondaires pas toujours dignes d’intérêt et quelques scènes de dialogue franchement longues.</p>
<p>Tout n’est pas à jeter pour autant. D’une part, la bonne humeur qui caractérise l’univers Marvel est au rendez-vous et l’ambiance de Noël ajoute une note festive qui allège l’ensemble et évite à <em>Hawkeye</em> de se prendre trop au sérieux, ce qui est toujours un piège. D’autre part, la relève de Clint Barton (Jeremy Renner) est assurée par Kate Bishop, interprétée par l’étonnante Hailee Steinfeld. La star de l’excellente série <a href="https://voiretmanger.fr/dickinson-smith-apple-tv/"><em>Dickinson</em></a> est un choix surprenant, mais payant et elle apporte beaucoup à la série, qui aurait été bien morne sans cela. Une touche moderne et féminine, que 	Jonathan Igla étend en utilisant d’autres personnages jeunes et féminins — et même sourde pour Maya Lopez (Alaqua Cox), le deuxième personnage avec ce handicap chez Marvel en 2021, les temps changent (un petit peu) —, dont Yelena et une Florence Pugh qui revient après <a href="https://nicolasfurno.fr/film/black-widow-cate/"><em>Black Widow</em></a>. Cela permet à la série de Disney+ de mieux s’ancrer dans la saga et à l’actrice de revenir avec son accent russe foireux, mais aussi une dose de bonne humeur supplémentaire. Son jeu complice avec Hailee Steinfeld donne les meilleures séquences de <em>Hawkeye</em> et on en vient à regretter qu’elles ne soient pas davantage à l’écran.</p>
<p>On n’en dira pas autant de Vincent D’Onofrio, qui revient bizarrement incarner Wilson Fisk. C’est étrange, car on l’a déjà vu dans ce rôle, mais <a href="https://voiretmanger.fr/saga/defenders/">chez Netflix</a>, dans ce qui devrait être un univers différent. Quoi qu’il en soit, son interprétation ici ne laissera aucun souvenir mémorable, le personnage est monolithique dans tous les sens du terme.</p>
<p><em>Hawkeye</em> n’est pas monolithique, mais elle n’est pas plus mémorable pour autant. Si on veut suivre la saga Marvel, il faut bien tout regarder pour ne pas trop s’y perdre et ces six épisodes passent rapidement et se regardent sans déplaisir, mais ce n’est pas un moment fort pour autant.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<p>Même s’il faut bien retirer dix bonnes minutes par épisode, entre le résumé et le générique Marvel au départ, et surtout l’interminable générique de fin qui ne recèle aucune scène de fin digne d’intérêt. Croyez-le, on a testé pour vous.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>La femme à la fenêtre, Joe Wright</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/femme-fenetre-wright/</link><pubDate>Sun, 06 Feb 2022 00:00:00 +0000</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/femme-fenetre-wright/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/femme-fenetre-wright/fenetre.jpg">
        <p>Adapté d’un roman, <em>La femme à la fenêtre</em> est un thriller au point de départ étonnamment proche de <a href="https://voiretmanger.fr/fenetre-cour-hitchcock/"><em>Fenêtre sur cour</em></a>. Comme dans ce grand classique d’Alfred Hitchcock, on est dans un huis-clos, non pas sur une cour d’immeuble, mais dans une maison qui donne sur une autre maison de l’autre côté de la rue. Anna (Amy Adams) reste enfermée dans sa maison en permanence, elle n’en sort jamais et s’occupe en épiant ses voisins. Un jour, elle assiste à un meurtre dans la maison d’en face, mais personne ne la croit initialement à cause de son état psychologique. Si la trame ressemble fort à une redite, Joe Wright s’en éloigne vite, tout comme le roman qu’il adapte ici. Et malheureusement, quand on sort de l’hommage hitchcockien lourdement appuyé, on entre dans une partie originale… mais ratée.</p>
<p>Il est difficile d’expliquer pourquoi sans dévoiler les coups de théâtre qui s’amoncèlent à la fin. Alors disons simplement que <em>La femme à la fenêtre</em> accumule les mauvaises idées en voulant jouer dans la surenchère et l’on n’y croit pas du tout. C’est dommage, parce que l’ambiance initiale était correcte, même si Joe Wright manque de subtilité. Il parvient malgré tout à créer un thriller palpitant autour d’un héros qui n’est pas digne de confiance. Anna a-t-elle raison ou ses traitements sont-ils la cause de ce qu’elle croit voir ? À défaut d’être très originale, la question est bien amenée et à condition d’oublier la musique lourdingue de Danny Elfman<sup id="fnref:1"><a href="#fn:1" class="footnote-ref" role="doc-noteref">1</a></sup>, on passe un moment correct dans la première partie. C’est de moins en moins le cas, hélas, à tel point que l’on a presque envie d’arrêter avant la fin. Un bon conseil : ne commencez pas.</p>
<div class="footnotes" role="doc-endnotes">
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<p>Trent Reznor et Atticus Ross avaient été initialement embauchés, mais ils ont quitté le projet en cours de route, pour cause de divergences artistiques. Ils n’auraient sans doute pas sauvé le film, mais leur version aurait sûrement été bien meilleure.&#160;<a href="#fnref:1" class="footnote-backref" role="doc-backlink">&#x21a9;&#xfe0e;</a></p>
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]]></description></item><item><title>Archive 81, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/archive-81-netflix/</link><pubDate>Sat, 05 Feb 2022 17:17:48 +0100</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/archive-81-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/archive-81-netflix/archive-81.jpg">
        <p>Une série horrifique qui joue sur notre nostalgie, encore ? Oui, mais <em>Archive 81</em> est plus intéressante qu’on pourrait le croire. Certes, l’histoire développée par Rebecca Sonnenshine à partir d’un podcast nous renvoie dans les années 1990, à l’ère où l’on enregistrer des vidéos sur des films en plastique. Certes, la série portée par Netflix raconte une histoire d’horreur à base de sorcières et de rites occultes. Elle mérite néanmoins votre intérêt, en tout cas les huit épisodes de la première saison, car elle parvient à créer une ambiance poisseuse très réussie et surtout qui ne retombe pas comme un soufflet passés les premiers épisodes.</p>
<p>C’est toujours le risque avec ce genre d’intrigue où l’on ne sait rien et où tout est mystérieux. Dan (Mamoudou Athie) est embauché par le patron d’une mystérieuse entreprise (Martin Donovan) pour restaurer des cassettes vidéos endommagées par un incendie. La somme promise est aussi suspecte que les conditions de travail, dans une grande maison reculée sans accès à internet, et comme si cela ne suffisait pas, les vidéos restaurées révèlent une sorte de puzzle à reconstituer. Outre cette partie dans le présent, <em>Archive 81</em> remonte en 1994, l’époque où Melody (Dina Shihabi) utilise sa caméra et un prétexte bidon pour tenter de retrouver sa mère qui aurait vécu dans un immeuble new-yorkais. Rebecca Sonnenshine commence avec une histoire bizarre sans plus et ajoute couche après couche d’étrangetés, qui cumulent dans un final explosif que l’on ne révèlera évidemment pas. Entre les deux, la frontière entre les époques devient de plus en plus floue et si l’on peut croire initialement que c’est une grossière erreur de la part du scénario, c’est en réalité une astuce bien trouvée…</p>
<p>Jusqu’au bout, la tension est maintenue et on a envie de savoir ce qui va se passer. La série de Netflix ne cherche pas à être plus complexe qu’elle ne l’est en réalité, elle assume son côté feuilletonesque et reste fort plaisante du premier au dernier épisode. La fin semble laisser la porte béante pour une suite et on espère qu’<em>Archive 81</em> pourra continuer, sans perdre de vue ce côté série B qui fonctionne plutôt bien.</p>
]]></description></item><item><title>Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux, Destin Daniel Cretton</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/shang-li-legende-anneaux-cretton/</link><pubDate>Fri, 04 Feb 2022 00:00:00 +0000</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/shang-li-legende-anneaux-cretton/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/shang-li-legende-anneaux-cretton/shang.jpg">
        <p>Après le succès de <a href="https://voiretmanger.fr/black-panther-coogler/"><em>Black Panther</em></a>, Marvel semble enfin avoir réalisé que le monde ne s’arrêtait pas aux frontières des États-Unis et qu’il y avait d’autres pays au-delà. <em>Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux</em> introduit un nouveau personnage dans le monstrueux <a href="https://voiretmanger.fr/saga/univers-cinematographique-marvel/"><em>Univers Cinématographique Marvel</em></a>, un choix qui semble un petit peu surprenant après le gigantesque combat contre Thanos, mais enfin, ce nouveau superhéros est différent. Comme son nom l’indique, il trouve son origine à l’autre bout du monde, en Chine plus particulièrement et Marvel a réuni un casting (américano-)asiatique pour raconter son histoire. Destin Daniel Cretton n’est pas un habitué des blockbusters immenses qui parcourent la saga, mais cela ne lui permet pas de dévier de la formule consacrée, avec une bonne dose d’action, un gros soupçon d’humour et une histoire qui implique de sauver le monde, rien que ça.</p>
<p>Quand elle est bien réalisée, cette formule vue et revue tant de fois peut encore donner un divertissement convaincant et c’est globalement le cas ici. Le comics original date des années 1970 et il souffre apparemment d’une collection de clichés assez navrante et qui ne passerait plus aujourd’hui. L’histoire a ainsi été bien dépoussiérée, ce qui n’empêche pas de laisser quelques vieilleries, à l’image de la mère qui abandonne tous ses pouvoirs pour suivre l’homme de sa vie. Mais il faut saluer les efforts des scénaristes, qui introduisent notamment plusieurs personnages féminins, secondaires certes, mais pas inutiles pour autant et qui se battent tout autant que les hommes. Destin Daniel Cretton évite aussi l’histoire d’amour qui semblait se pointer grosse comme une maison entre le héros et Katy, même s’il n’est pas question d’aller jusqu’à suggérer une trace d’homosexualité, n’exagérons rien. Et puisqu’il faut de l’action à haute dose dans un Marvel, on peut aussi saluer l’effort réalisé sur le choix des séquences, avec des références évidentes au <em>Wu Xia Pan</em> popularisé par de nombreux films chinois. À ce sujet, la séquence du bus dans les rues de San Francisco est une réussite bluffante, c’est inventif et avec une bonne dose de tension : chapeau.</p>
<p>Pour le reste, on s’éloigne rarement du « <em>business as usual</em> ». Même si <em>Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux</em> reste à part du reste de la saga, les scénaristes ont fait tout ce qu’ils ont pu pour le lier à la grande histoire, en particulier via les traditionnelles scènes post-génériques. On devrait ainsi retrouver Shang-Chi régulièrement dans l’univers Marvel, à l’image de l’implication de Back Panther dans la lutte contre Thanos. Ce qui est une bonne chose en matière de représentativité, mais aussi l’assurance de diluer le personnage dans l’immense bouillie qu’est devenue la saga.</p>
]]></description></item><item><title>Katla, Netflix</title><link>https://nicolasfurno.fr/serie/katla-netflix/</link><pubDate>Tue, 01 Feb 2022 00:00:00 +0000</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/serie/katla-netflix/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/serie/katla-netflix/katla.jpg">
        <p>Katla est le nom d’un volcan en Islande et aussi celui de la deuxième série créée par Baltasar Kormákur, avec Sigurjón Kjartansson. <em>Katla</em> excelle à créer une ambiance, avec un début qui ressemble à une enquête un peu sordide dans ce bled paumé au pied d’un volcan en éruption depuis un an, mais qui se révèle être une histoire fantastique, avec des figures humaines couvertes de cendres qui reviennent. Cette construction est excellente et l’intensité monte petit à petit, autant que la curiosité du spectateur. Malheureusement, cette excellente base patine vite et fait du surplace, jusqu’à l’ultime épisode où tout se déchaîne tout d’un coup, mais sans cohérence et surtout avec des facilités grossières. Mention spéciale pour ce personnage qui ne semble jamais réaliser qu’il a désormais deux femmes, alors même qu’elles sont rassemblées dans la pièce avec lui !</p>
<p>Malgré tout, <em>Katla</em> se construit sur cette ambiance poisseuse et elle s’impose par des images fortes. Ce monde en noir et blanc, composé de cendres refroidies par la neige, est digne d’une histoire post-apocalyptique et la photographie le met remarquablement en valeur. Au fond, c’est bien ce décor qui est la véritable star de la série de Netflix et à cet égard, le contrat est réussi. Dommage d’avoir gâché un début si plaisant par une fin si maladroite, mais cela n’empêchera pas de recommander la série.</p>
]]></description></item><item><title>La Mort immortelle, Liu Cixin</title><link>https://nicolasfurno.fr/livre/mort-eternelle-cixin/</link><pubDate>Tue, 25 Jan 2022 00:00:00 +0000</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/livre/mort-eternelle-cixin/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/livre/mort-eternelle-cixin/lamortimortelle.jpg">
        <p>C’est une constante chez Liu Cixin : dans les mêmes romans, on trouve à la fois les idées de science-fiction parmi les plus ambitieuses et folles jamais imaginées, et les clichés les plus rétrogrades qui soient. <em>La Mort immortelle</em>, le dernier roman dans sa trilogie du <em>Problème à trois corps</em> ne fait, hélas, pas exception. Cet épais volume de plus de 900 pages en version poche nous emmène plus loin que la majorité des récits dans le genre, avec un récit principal qui se déroule sur plusieurs siècles et un nombre incroyable d’événements.  C’est fascinant et c’est la raison principale qui pousse à le lire, mais il faut encore une fois se farcir des lieux communs, du sexisme et même une pointe d’homophobie au passage. Le tout, sans oublier des personnages à la psychologie digne d’un trou noir et des dialogues jamais très bons.</p>
<p>Pourquoi s’entêter alors ? Pas seulement pour le plaisir de finir une saga et de savoir comment tout se termine — bizarrement, mais c’est tout ce que l’on dira sans trop en révéler —, aussi parce que l’imagination fertile de Liu Cixin peut s’avérer payante. Ici, le conte de Yun Tianming qui contient les clés pour survivre dans l’univers est un excellent puzzle. Quant à l’idée des dimensions qui se recoupent et peuvent écraser les autres, c’est tout simplement brillant et l’auteur parvient à les faire tenir dans son récit avec une clarté assez exemplaire, compte tenu de l’abstraction des concepts. Pour tout fan de science-fiction, cette inventivité change des space-opéras qui enchaînent toujours les mêmes bases et elle peut même quasiment justifier de fermer les yeux sur les éléments grossiers dans cette narration.</p>
<p>Si adaptation il y a, ce qui semble bien parti, espérons que les scénaristes ne gardent que le meilleur et oublient tout le reste. En créant de bons personnages et en éliminant les clichés d’un autre temps, <em>La Mort immortelle</em> pourrait offrir une conclusion assez extraordinaire à une série qui l’est tout autant.</p>
]]></description></item><item><title>Black Widow, Cate Shortland</title><link>https://nicolasfurno.fr/film/black-widow-cate/</link><pubDate>Tue, 18 Jan 2022 00:00:00 +0000</pubDate><author>nicolasfurno@gmail.com (Nicolas Furno)</author><guid>https://nicolasfurno.fr/film/black-widow-cate/</guid><description><![CDATA[
        
            
            <img src="https://nicolasfurno.fr/film/black-widow-cate/black-widow.jpg">
        <p><em>Black Widow</em> n’est pas seulement le vingt-quatrième long-métrage à intégrer l’<a href="https://voiretmanger.fr/saga/univers-cinematographique-marvel/"><em>Univers cinématographique Marvel</em></a>, c’est aussi le premier de sa quatrième phase. Mais à dire vrai, cette logique perd un petit peu de son sens quand les projets se multiplient au cinéma et en série. À tel point que ce volet ne prend pas place dans la chronologie logique de la saga, il se déroule quelques films auparavant, après les événements présentés dans <em><a href="https://voiretmanger.fr/captain-america-civil-war-russo/">Captain America : Civil War</a></em> et alors que les Avengers se déchirent. Une bonne manière de créer une histoire à part, liée de façon distante au reste. Cate Shortland tente aussi de proposer une expérience un petit peu différente, moins masculine et plus axée sur la famille, même si la machine Marvel impose ses codes avec fracas. <em>Black Widow</em> reste un bon divertissement, avec quelques touches d’humour qui viennent alléger le tout, sans pour autant sortir autant du lot qu’on pouvait l’espérer.</p>
<p>Le personnage de la Veuve noire est apparu dès <a href="https://voiretmanger.fr/iron-man-2-favreau/"><em>Iron Man 2</em></a>, mais il est resté jusque-là cantonné à des rôles secondaires. C’est la première fois que Marvel lui offre le rôle principal avec un long-métrage qui lui est entièrement consacré, à défaut de lui offrir une vraie saga. Ce n’est pas divulgâcher que de rappeler que Natasha Romanoff se sacrifie dans l’ultime affrontement avec Thanos : on l’a appris dans <a href="https://voiretmanger.fr/avengers-endgame-russo/"><em>Avengers: Endgame</em></a> sorti deux années avant celui-ci. Cela ressemble plus à un cadeau d’adieu à Scarlet Johansson qui interprétait ce personnage depuis plus de dix ans et qui avait peut-être bien envie de passer à autre chose. Quoi qu’il en soit, l’intrigue déployée ici sur plus de deux heures se concentre sur l’histoire personnelle de Natasha et en particulier sur sa fausse famille américaine. Comme on l’a appris par bribes par le passé, elle fait partie d’un programme d’espions soviétiques et elle a passé trois ans gamine avec deux faux parents et une fausse sœur, à se faire passer pour une famille américaine normale. Cette histoire sert d’ouverture avant de revenir au présent de <em>Black Widow</em>, vingt ans après et alors qu’elle a réussi à passer du côté des gentils en entrant dans les Avengers. Elle a toutefois choisi le camp de Captain America et elle est à ce titre poursuivie par le SHIELD. C’est en fuite qu’elle découvre que sa fausse sœur est toujours vivante et elle la rejoint à Budapest pour s’en prendre à la Chambre rouge, l’organisation qui les a maltraite depuis qu’elles sont toutes petites. Pour y parvenir, elles doivent retrouver leurs deux faux parents et l’aventure se transforme en une sorte d’épopée familiale, un genre que l’on n’attendait pas forcément dans un Marvel. C’est le principal attrait du travail réalisé par Cate Shortland d’ailleurs : on sort un petit peu de la routine avec une histoire différente… du moins à la marge.</p>
<p>En effet, Marvel reste Marvel et il est difficile de faire réellement différent. C’est l’avantage de Disney+ et des séries produites pour ce service de streaming : elles peuvent sortir du cadre habituel et oser des idées hors normes, comme l’a prouvée <em>WandaVision</em> notamment. Même si la pandémie a contrarié les plans initiaux, <em>Black Widow</em> devait sortir dans les salles de cinéma du monde entier et rapporter des dizaines de millions de dollars. Dans ces conditions, il n’est pas question de trop s’éloigner des standards de la saga et même si on sent les efforts côté scénario et mise en scène, le film ressemble <em>in fine</em> à n’importe quel autre épisode. La ligne principale manque d’originalité et le conflit manichéen avec les Russes a décidément mal vieilli. Les combats s’enchaînent sans grande saveur, avec un savoir-faire indéniable et quelques bonnes idées, la scène de la prison près de la montagne sort un peu du lot, mais chaque personnage a droit à son grand moment, c’est banal. Et même si l’humour apporte un peu d’oxygène et permet de ne pas rester sur plus de deux heures d’un combat sans fin entre États-Unis et URSS, c’est un humour bien poli comme Marvel l’impose presque à chaque fois. Cela étant dit, on apprécie la majorité de rôles féminins, avec des personnages masculins secondaires pour une fois, et toujours un peu ridicules. Sur ce point, il faut saluer l’implication de David Harbour, impeccable dans son costume rouge d’un autre temps et trop petit pour lui. Scarlett Johansson est égale à elle-même, on connaît bien son rôle d’Avengers, mais c’est surtout Florence Pugh dans le rôle de sa sœur que l’on retiendra. Elle apporte beaucoup de fraîcheur au film et le tire hors de la routine, en se moquant notamment des poses de sa sœur. Dommage malgré tout d’avoir fait parler l’actrice avec un accent russe qui sonne faux — et à ce propos, pourquoi est-ce que les méchants russes parlent tous anglais avec un accent ? —, mais sa présence apporte indéniablement un bonus au projet.</p>
<p>À l’heure des bilans, Cate Shortland a sans doute manqué de marge de manœuvre pour éloigner plus nettement <em>Black Widow</em> du reste de la saga. C’est dommage de ne pas lui avoir laissé plus de latitude, le film étant de toute manière bien séparé du reste, c’était l’occasion rêvée d’offrir quelque chose de plus radicalement différent en même temps. Une occasion ratée de la part de Marvel, même si l’ensemble n’est pas déplaisant pour autant.</p>
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