
Widow’s Bay, Apple TV
Widow’s Bay commence de façon presque banale et dérape de plus en plus au fil de la première saison, alors si vous ne l’avez pas vue et qu’une bonne dose de mystère vous intrigue, je vous conseille d’arrêter votre lecture ici et de d’abord regarder la série Apple TV. L’histoire imaginée par Katie Dippold est pleine de rebondissements, que les dix épisodes dévoilent progressivement. Tout commence avec une petite île au large de la côte de la Nouvelle-Angleterre et un maire qui espère en faire une destination touristique. Le lieu est charmant, mais assez vieillot et ses habitants tournent en boucle sur des superstitions et de vieilles histoires d’horreur. Tom Loftis, un continental élu maire par défaut faute de candidat face à lui, considère que ce ne sont que des sornettes et il fait venir un critique avec l’espoir de le séduire et de mettre un coup de projecteur sur les lieux. Son plan se déroule à merveille, si bien que des ferry amènent des wagons de touristes et tout se passerait pour le mieux… si de mystérieux événements ne commençaient pas à s’accumuler, exactement comme les habitants le prétendaient.
C’est une intrigue originale et non l’adaptation d’un livre, ce qui est devenu rare de nos jours, et Widow’s Bay la déploie avec beaucoup de talent. Il ne s’agit pas seulement d’avoir une bonne idée, encore faut-il l’exploiter correctement, sans trop en donner trop vite pour créer une dose de suspense, mais sans garder trop d’informations trop longtemps, sous peine d’ennuyer. J’ai trouvé le dosage assez parfait ici, avec un univers qui grandit peu à peu et encore énormément de questions sans réponses à la fin. Cela tombe bien, Apple TV a renouvelé la série pour une deuxième saison, que j’espère aussi bien tenue et avec suffisamment de bonnes idées encore. En attendant de le découvrir, les scénaristes ont bien géré et le mélange d’horreur et de comédie est particulièrement réussi. La saison évite tout le côté ridicule et kitsch avec une bonne dose d’humour et c’est très réussi. Il faut saluer le jeu des acteurs, Matthew Rhys dans le rôle du maire en tête. Récemment croisé dans The Beast in Me où il était tout aussi bluffant, le succès de l’ensemble lui doit beaucoup, avec son air sérieux toujours empreint d’une dose de mépris qui convient remarquablement à la situation.