
Talamasca : L’Ordre Secret, AMC
Réussir un récit au premier degré à base de créatures fantastiques comme des vampires et des sorcières doit certainement être l’un des plus grands défis pour tout auteur ou scénariste. Talamasca : L’Ordre Secret est l’adaptation pour AMC d’une série de romans d’Anne Rice, qui s’est faite connaître à Hollywood pour Entretien avec un vampire, et malheureusement, la première saison confirme bien la difficulté. Cette histoire d’ordre secret qui surveille le monde obscur et évite tout conflit avec les humains commence pourtant plutôt bien, avec un pilote suffisamment mystérieux pour me donner envie de poursuivre. J’ai tout particulièrement apprécié la subtilité de ce premier épisode, qui évite le manichéisme habituel et apporte un côté trouble pour tous les personnages. Malheureusement, ce point de départ encourageant ne mène pas à une très bonne série. Je ne sais pas si c’est l’adaptation créée par John Lee Hancock qui pèche ou si c’est le roman original qui est décevant. Quoi qu’il en soit, j’ai trouvé que la série d’AMC perdait en intérêt au fil des épisodes et heureusement qu’elle n’en compte que six, car cela devient vite ennuyeux.
Talamasca : L’Ordre Secret se termine en appelant une suite et peut-être qu’AMC choisira de laisser une deuxième chance à la série. Je ne suis pas sûr d’être au rendez-vous, car j’ai du mal à voir ce qui pourrait m’attirer. Le personnage principal est loin d’être passionnant, alors qu’il y avait de quoi creuser : alors qu’il a accepté un poste très haut placé dans un cabinet d’avocats new-yorkais, il plaque tout pour rejoindre le Talamasca, ce fameux ordre secret bien mystérieux. J’aurais trouvé plus intéressant qu’il exploite son don de télépathe dans un travail plus « normal », pourquoi pas en incluant des éléments de fantastique. À la place, le scénario plonge directement dans l’univers des vampires et sorcières et franchement… c’est du déjà-vu et j’ai trouvé tout cela bien ennuyeux. Même l’enquête de la police en parallèle n’apporte rien, tout est sur comme des rails et on sent très vite qu’il y a des liens plus importants entre les personnages qu’on ne veut bien nous le dire. Tout cela pour finalement tomber dans une caricature à coups de méchant avec un gros cigare, c’est limite désolant. Dommage, je suis persuadé qu’il y avait un vrai potentiel à creuser dans le même univers, mais certainement pas comme ça…