
Stranger Things, Netflix (saison 5)
Strangers Things se conclut enfin, près de dix ans après ses débuts. L’énorme série de Netflix doit offrir une conclusion à la hauteur des attentes. Non pas qu’elle soit un monument sur le plan qualitatif, mais elle reste un phénomène de société et l’œuvre la plus regardée sur le service de streaming. Comme rien la précédente, cette cinquième saison a été saucissonnée pour exploiter au maximum l’intérêt des spectateurs, quitte à perdre le plaisir du binge-watching. Il faut dire que même si elle ne compte que huit étapes, elle est encore une fois anormalement longue, avec plusieurs épisodes qui dépassent l’heure et le tout dernier qui dépasse deux heures et qui est même sorti au cinéma. Pour ma part, j’ai préféré attendre la diffusion complète pour enchaîner les huit épisodes d’un coup et ce final était spectaculaire et divertissant, avec une jolie fin qui ferme tous les arcs narratifs. Si Stranger Things reste toujours aussi éloignée dans mon esprit de Dark à qui on l’a souvent comparée au début, elle n’en reste pas moins une œuvre fantastique d’une ambition folle et fort plaisante.
Même s’il s’est écoulé trois ans entre la sortie des deux saisons, la cinquième enchaîne quelques mois seulement après la quatrième et reste sur la même lignée. L’armée a envahi Hawkins pour couvrir le monde à l’envers et nos héros tentent inlassablement de trouver et tuer Vecna. Pour tenir huit épisodes et éviter de répéter les précédents, Stranger Things introduit quelques nouveaux personnages, dont Sarah Connor une nouvelle docteure qui remplace Brenner disparu dans la saison 4, et surtout de nouveaux enfants ciblés par le grand méchant. Malgré tout, les frères Duffer ont retenu leurs erreurs et le scénario reste concentré sur le noyau dur, les personnages que l’on a appris à connaître sur dix ans. Enfin, connaître est un grand mot : j’ai réalisé en regardant ces derniers épisodes, à quel point l’histoire principale a un petit peu écrasé tout espoir de développement psychologique. C’est sans doute le plus gros défaut de la série, dont l’univers si ample étouffe tout le reste. C’est apparent ici avec le coming-out tant attendu de Will. Il devrait être l’occasion d’une séquence touchante, mais c’est un peu ridicule, sans doute parce que l’on a du mal à s’identifier ou connaître les sentiments de ces jeunes. J’ai apprécié malgré tout que le scénario en fasse une brique centrale, cela fait malheureusement du bien par les temps qui courent.
Même si l’univers peut avoir tendance à tout écraser, il faut tout de même reconnaître que c’est un sacré univers. L’inventivité de Stranger Things est indéniable et cette ultime saison le prouve encore. Je retiendrai la matière fondue de la centrale électrique dans le monde à l’envers, c’est une idée aussi simple que géniale et les effets visuels sont particulièrement réussis. Netflix en met plein la vue et les oreilles si vous avez de quoi profiter du spectacle et il est évident que chaque épisode aurait sa place sur un grand écran. Sur le fond, on reste très loin de la sophistication de Dark, certes, néanmoins j’ai apprécié la cohérence de l’ensemble et le mystère sur la pierre trouvée par Henry à l’origine de tout. Sans aller jusqu’à parler d’œuvre politique, l’insistance sur les autorités qui masquent la vérité et sur le grand public qui ignore tout de la réalité de Hawkins n’est certainement pas innocente et bienvenue. Pour ne rien gâcher, la bande-originale reste très bonne et une saison rythmée par la musique de Kate Bush ne peut pas fondamentalement être mauvaise.