Slow Horses, Apple TV+

Slow Horses, Apple TV+

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Adapté d’un roman de Mick Herron qui porte le même nom, Slow Horses pourrait n’être qu’un thriller d’espionnage de plus. Mais les « veaux » du titre dynamitent à leur manière les codes du genre et permettent à la série portée par Apple TV+ de sortir du lot. Les personnages principaux sont tous des espions du MI-5, en tout cas techniquement. En réalité, ils travaillent dans une annexe, un lieu réservé aux espions qui se sont foirés lamentablement, à l’image du héros, Cartwright, qui ne parvient pas à empêcher un terroriste de se faire exploser dans une simulation qui ouvre la première saison. Face à cet échec, il est envoyé moisir avec la poignée d’autres agents secrets, dirigés par Jackson Lamb, qui tente d’être le plus désagréable possible en attendant de mourir.

Slow Horses commence sur une base de thriller intensif, mais passé l’exercice raté, le rythme change du tout au tout. Les scénaristes prennent alors le temps de poser les personnages dans leur quotidien désespéré. La seule mission de Cartwright est désormais de fouiller des poubelles, sans même savoir ce qu’il doit chercher et autour de lui, ce n’est guère plus reluisant. La série joue sur les clichés du genre pour mieux les détourner avec une bonne dose de crade bien loin du glamour habituel, entre les détritus étalés dans les bureaux et le chef qui manifestement ne se lave jamais et ne rentre même pas chez lui pour dormir. Les six épisodes qui constituent la première saison introduisent rapidement une intrigue principale autour du kidnapping d’un jeune pakistanais par des terroristes d’extrême-droite, mais ce n’est pas nécessairement le plus important. En tout cas, la création d’Apple TV+ prend surtout le temps de composer des personnages et y parvient brillamment.

Le clou du spectacle, c’est bien évidemment Gary Oldman, qui compose un espion raté particulièrement convaincant, toujours à moitié saoul et surtout jamais aimable. L’acteur n’a plus rien à prouver, mais il parvient presque à surprendre tant il peut être repoussant ici : une belle performance. Autour de lui, le casting est excellent et je retiendrai surtout Kristin Scott Thomas, impeccable dans le rôle de la responsable des opérations du MI-5 en charge des opérations au sein de l’agence et grande rivale de Lamb. Le seul vrai défaut de Slow Horses, c’est sa durée trop courte, mais Apple TV+ a commandé deux saisons, chacune basée sur un livre de Mick Herron, et la fin de celle-ci ouvre clairement la voie à la suite. Cela tombe bien, de nombreuses pistes sont ouvertes pendant le final et j’ai hâte d’en apprendre plus sur le passé douteux de ces espions fatigués.