Resident Alien, Syfy

Resident Alien, Syfy

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Un extraterrestre est envoyé sur Terre pour tuer toute l’humanité (forcément), mais son vaisseau tombe en panne en arrivant et il est forcé d’infiltrer le petit village de Patience, dans le Colorado, le temps de le réparer et de retrouver la bombe qui doit lui permettre de mener à bien sa mission. Voilà le point de départ de Resident Alien et à ma grande surprise, cette comédie parvient à tenir quatre saisons sans tourner en rond ni ennuyer. La première reste peut-être ma préférée, quand personne ne sait que Harry Vanderspiegle, le médecin apparemment innocent de la ville, est en réalité un alien. Personne… pas tout à fait, puisque Max, le jeune fils du maire, est capable de voir sa vraie nature. Personne ne le croit, l’extra-terrestre cherche à le tuer et il y a en parallèle une enquête autour d’un meurtre, le premier depuis bien longtemps dans cette petite ville paisible. Le scénario de ces dix premiers épisodes est remarquablement bien ficelé et Syfy a mis les moyens, avec un tournage au Canada qui rend vraiment bien. On voit la différence quand le studio débarque dans la suite, apportant un côté carton-pâte un peu désagréable en comparaison… même si, étonnamment, cela ne ruine pas la série.

Bien au contraire, Resident Alien trouve des moyens intelligents de poursuivre sans répétitions et sans trop s’éloigner d’une vague forme de crédibilité. Ne me faites pas dire ce que je n’écris pas, on est dans la comédie assumée, il n’y a rien de réaliste ici. Néanmoins, j’ai trouvé que les scénaristes réussissent à ouvrir l’univers de Harry et à révéler sa vraie nature à de plus en plus de personnages, sans perdre de vue que ce n’est pas accepté par la majorité. L’implication gouvernementale est elle aussi bien gérée et la création de Syfy ne tombe jamais dans le piège si courant en science-fiction, où l’on part d’un petit incident isolé pour finir en menace globale. À l’inverse, Resident Alien reste ancré dans son petit bled d’origine et à de très rares exceptions, l’intrigue ne sort jamais des limites de Patience. C’est une excellente idée, je trouve, pour éviter l’emballement et rester sur une ligne directrice proche de la première saison. Avec succès d’ailleurs, car même si bien plus de personnages sont dans le secret et participent directement à aider ou combattre Harry, la série est toujours aussi centrée sur un cœur assez compact, moins d’une dizaine de personnes. Un bon point pour créer des psychologies plus riches et parvenir à intéresser, au-delà de la blague initiale.

Dans cet ensemble, Harry est évidemment la star et Alan Tudyk s’avère un choix payant pour l’interpréter. L’acteur a un air hébété parfait pour le rôle et son jeu légèrement décalé est tout à fait adapté pour jouer un humain neuro-divergent qui cache en réalité un extra-terrestre. À ses côtés, le casting est très compétent, sans faire d’étincelles en général, même si je voulais mentionner Corey Reynolds, impeccable tête à claques pour jouer le rôle du shérif. Pour ne rien gâcher, le message général de Resident Alien pourrait être gnangnan et peut-être que c’est mon côté fleur bleue qui parle, mais je l’ai trouvé convaincant. L’idée que l’empathie humaine contamine les êtres froids venus d’ailleurs est aussi charmante qu’originale et je dois dire que je ne m’y attendais pas. Au bout du compte, la création de Syfy a plein de qualités et elle gagnerait à être plus connue, si bien que je la recommande sans hésiter.

Informations

Année : 2021 à 2025

  • Nationalité :
  • États-Unis
  • Genre :
  • Science-Fiction & Fantastique

Durée : 44 épisodes de 45 minutes