Parallèles, Disney+

Parallèles, Disney+

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Comme tous les services de streaming, Disney+ n’a pas le choix : pour rester disponible en Europe, il doit offrir du contenu local. La règle ne s’intéresse qu’à la quantité, pas à la qualité et malheureusement, cela se voit un petit peu avec Parallèles. Cette création française signée Quoc Dang Tran impressionne par la qualité de sa réalisation et surtout son casting. Tous les acteurs sonnent justes, ce qui est suffisamment rare pour le souligner, et l’ensemble est à la hauteur d’une grosse série américaine, on ne voit pas les coupes budgétaires partout. Sur ce plan, il n’y a rien à redire et j’aurais adoré aimer la série… sauf que le fond n’est pas à la hauteur de la forme. Son plus gros défaut étant un manque cruel d’inspiration et un mélange assez indigeste de ses quelques références.

Quatre collégiens qui vivent des phénomènes fantastiques ? Non, ce n’est pas Stranger Things. Un bunker à proximité d’une centrale nucléaire et du voyage temporel ? Non plus, ce n’est pas Dark. Des dimensions parallèles qui communiquent entre elles ? Toujours pas, ce n’est pas Fringe. Je pourrais multiplier les exemples, mais je crois que l’idée est passée. Qu’une œuvre s’inspire et se construise sur la base d’une autre œuvre, c’est un phénomène courant et même normal dans la fiction. Dans le cas de Parallèles toutefois, on a du mal à s’éloigner de ces références, tout particulièrement Dark. Comme l’excellente série de Netflix, celle de Disney+ essaie de construire une ambiance de mystère, mais avec six épisodes qui n’atteignent pour la plupart même pas les 30 minutes, les scénaristes n’ont rien le temps de créer. Tout va trop vite et toutes les bonnes idées cumulées dans le premier épisode sont gâchées par la suite. Jusqu’à la fin et sa résolution bien trop facile, on a l’impression de regarder une série qui passe constamment à côté de son sujet et qui se contente d’accumuler les mauvaises idées.

Le pompon, c’est sans doute les super-pouvoirs que les adolescents récupèrent. Est-ce que Disney ne sait plus faire que des histoires de super-héros désormais ? Quoi qu’il en soit, cette touche de fantastique est aussi grotesque que superflue, Parallèles avait déjà bien assez à gérer avec le voyage dans le temps et le concept du multivers. Quel dommage d’ailleurs de partir ainsi dans tous les sens, alors que Quoc Dang Tran a fait le choix intéressant de placer la science au centre des enjeux. Chapeau au passage pour le personnage de Sofia (Naidra Ayadi, parfaite dans le rôle) qui déjoue les clichés habituels et qui est le personnage le plus intéressant de l’ensemble, bien meilleur que ces collégiens aux amourettes sans intérêt1 ou encore que ce gendarme qui doit être le moins crédible de l’histoire de la fiction française.

Disney+ laisse suffisamment de miettes pour offrir à la série une deuxième saison, mais pour être honnête, je ne vois pas l’intérêt d’aller plus loin. Autant (re)voir Dark qui est d’une richesse inégalable et bien plus réussie.


  1. Et parfaitement absolument incontestablement hétérosexuelles, il ne faudrait pas laisser la moindre place au doute chez Disney, tout de même. ↩︎

Informations

Année : 2022

  • Nationalité :
  • France
  • Genres :
  • Action & Adventure
  • Science-Fiction & Fantastique