
Palm Royale, Apple TV (saison 2)
Que diable s’est-il passé ? Comment, après une première saison peut-être pas parfaite, mais que j’avais beaucoup aimée notamment pour son casting exceptionnel, peut-on proposer ces dix épisodes tellement ridicules que je n’ai même pas été jusqu’au bout ? Je voulais finir Palm Royale, question de principe, mais l’écriture se dégrade si violemment sur la fin que l’épisode 9 avec son cerf enchanté a été la goutte de trop. Après avoir zappé rapidement les séquences sans intérêt qui ont suivi, j’ai réalisé que je ne m’intéressais absolument plus du tout à l’intrigue et qu’il était temps de passer à autre chose. Tant pis pour le dixième épisode, qui semblait de toute manière poursuivre sur la même lancée.
D’habitude, ce genre d’accident industriel a une explication logique, comme un renouvellement de créateur ou des scénaristes. Ici pourtant, rien de tel, c’est la même équipe qui est au commande et le même excellent casting. Les acteurs ont eu l’air de bien s’amuser sur le tournage et ils restent compétents. Palm Royale souffre de deux problèmes principaux : un scénario qui n’a aucun objectif et une satire qui se transforme vite en farce grotesque. Il n’y a pas d’arc narratif digne de ce nom dans cette suite et chaque épisode donne le sentiment d’une improvisation de plus en plus totale. Il y a des idées étranges dès les premiers épisodes, la libération rocambolesque de Linda est un bon exemple, mais cela devient complètement absurde par la suite. La jumelle de Maxine qui débarque sans raison ressemble honnêtement à un caprice de Kristen Wiig (quel acteur ne rêve pas de tourner deux personnages en même temps ?) sans rien apporter. Ne parlons pas de toute la séquence finale en Suisse, qui tombe dans la caricature si grossière que c’en est constamment gênant (la banque sur les sommets alpins, sérieusement, mais évitons d’évoquer l’accent…). J’aime l’absurde et je peux accepter la farce, s’il y avait un semblant de direction. Rien de tel ici, on enchaîne les rebondissements et révélations jusqu’à ne plus avoir le moindre intérêt pour ces personnages qui n’ont absolument aucun sens.
Alors que la première saison m’avait séduit par son humour et ses acteurs, la deuxième a fini par m’ennuyer. Il y a encore quelques bons moments au début, les premiers épisodes semblent garder le cap… et puis Norma s’échappe avec une cascade digne d’une caricature et quelque chose s’est cassé. C’était vaguement amusant sur le coup, mais je crois que c’était le signe que les scénaristes ont choisi de basculer sur tout autre chose. Quel dommage…