
One Piece, Netflix (saison 2)
J’avais bien aimé la première saison, mais après avoir terminé cette suite, je me demande un petit peu pourquoi. Cela fait deux ans et demi, alors mes souvenirs sont un peu flous. Il me semble pourtant que, malgré quelques défauts évidents, cet univers absurde et enfantin m’avait bien plu et j’avais hâte de retrouver la bande de pirates loufoques en quête du fameux trésor. La suite reprend sur le même thème et commence assez bien, même si je dois dire que j’ai un peu de mal à rentrer dans cet univers très bariolé et assez… moche. Ça ne m’avait (autant) pas frappé la dernière fois, j’ai trouvé tous les épisodes assez moches ici, les effets numériques ne sont pas excellents et le ridicule l’a souvent emporté sur le mignon pour moi. C’est particulièrement vrai par la suite, quand les pirates arrivent sur la « Grand Line » et que le côté déjanté prend encore de l’ampleur. Que ce soit la baleine, les créatures sur l’île des dinosaures ou celles de l’île enneigée : je les ai toutes trouvées vraiment moches et j’ai eu du mal à retrouver les millions engloutis par le projet. One Piece reste une série de grande ampleur, il y a de multiples décors et encore plus de personnages. Je crois toutefois que le problème vient de l’entre-deux : c’est à la fois trop réaliste pour de l’animation et pas assez sérieux pour des images réelles.
Cet entre-deux ne touche pas que la forme, le fond en souffre lui aussi. C’est particulièrement visible dans cette saison, où au lieu de creuser la psychologie des personnages principaux, on enchaîne les quêtes sans intérêt. Je sais que Netflix a respecté l’œuvre originale et je suis convaincu que lire les mangas ne m’aurait pas satisfait non plus. Je ne comprends pas en tout cas que ces huit nouveaux épisodes fassent si peu avancer l’intrigue principale et se contentent en majorité d’enchaîner des quêtes secondaires sans intérêt. Passée la montagne et la baleine en bas, les aventures dans la Grand Line se contentent manifestement d’arriver sur une île, enquiller quelques bastons et passer à l’île suivante. Si c’est encore acceptable la première fois, d’autant que le faux western était plutôt amusant, plus de la moitié de la saison se concentre sur deux îles, oubliant au passage la marine et tous les personnages associés, ainsi que le trésor final. Certes, l’île de Drum introduit un des membres de l’équipage, alors cela valait bien un arrêt. On aurait néanmoins pu sauter l’île précédente et se concentrer sur ça bien plus tôt, en évitant au passage tout le délire avec le roi et toutes les autres créatures aussi étranges que ridicules.
En réalité, je crois que j’en avais bien assez à ce stade et que je voulais que la saison se termine. Clairement, One Piece n’est pas pour moi et je ne reviendrai pas pour la troisième saison en cours de tournage. C’est dommage, je suis persuadé que Netflix aurait pu en faire quelque chose de bien mieux, en choisissant un camp. À mon sens, un tournage en images réelles exige un niveau de réalisme plus élevé, ce qui ne veut pas dire que l’absurde ou le loufoque n’ont pas leur place. La sorcière, par exemple, aurait été excellente sans cet insupportable rire caricatural. Chopper n’avait pas besoin d’être une peluche avec le nez tombé dans un pot de peinture bleue. De manière générale un poil de subtilité n’aurait pas fait de mal dans le jeu de tous les acteurs et dans certains décors. Ce n’est manifestement pas la direction suivie, alors ce sera sans moi…