The IT Crowd, Channel 4

The IT Crowd, Channel 4

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Un bureau, quatre personnages principaux et un tournage face à un public pour enregistrer les rires en direct : The IT Crowd ressemble à n’importe quelle autre sitcom. Mais on peut faire confiance à la chaîne britannique Channel 4 pour imposer son ton décalé et un peu trash. La série créée par Graham Linehan a beau durer quatre saisons (et demi, la dernière ne comptant qu’un seul épisode), elle est restée courte avec 25 épisodes en tout. Cette durée lui permet de rester plaisante jusqu’au bout, même si elle peine un petit peu à sortir de ses clichés. À défaut d’être originale, on comprend facilement pourquoi la série est devenue culte, en particulier pour le public geek.

Le point de départ imagine l’embauche de Jen à la tête du département informatique d’une grande entreprise londonienne. À ce titre, elle est à la tête d’une équipe de deux employés, Roy et Moss, qui sont les seuls « nerds » de la boîte et qui sont aussi doués en informatique qu’ils sont mal adaptés socialement. Le cliché du geek reclus dans la cave est repris littéralement par ‌The IT Crowd, qui oppose les bureaux luxueux de la tour au sous-sol où est placé le département. Mais l’idée principale, c’est que Jen n’y connaît rien en informatique et qu’elle obtient le poste uniquement par son charme. Les scénaristes jouent énormément sur les décalages, entre les étages, entre les comportements sociaux et les épisodes multiplient les interactions étrange entre Roy et Moss et avec Jen à leur tête. C’est bon enfant par moment vraiment drôle, avec ce sens de l’absurde qui caractérise si bien l’humour britannique, sans néanmoins s’éloigner d’un format saynètes qui empêche d’aller beaucoup plus loin.

Jusqu’au bout, The IT Crowd conserve cette ligne et multiplie les épisodes courts qui fonctionnent grâce à quelques gags. D’autres sitcoms parviennent à sortir des clichés initiaux pour construire des personnages plus épais, mais ce n’était sans doute pas l’objectif de Graham Linehan. Ce qui n’est pas forcément un défaut d’ailleurs, et je trouve que l’humour reste efficace d’un bout à l’autre, même si les clichés sur geeks asociaux et sur le spectre autistique ont un peu vieilli. Au fond, le plus réussi pour moi, c’est le comportement des personnes autour de Moss et Roy, tous ignares de l’informatique même au niveau le plus basique1 et qui se laissent berner par des idées aussi stupides qu’une boîte qui clignote censée représenter l’internet.

Et sur ce point, la série a probablement mieux vieilli qu’on pourrait l’espérer…