
Industry, HBO
Créée par deux anciens investisseurs, Industry plonge les spectateurs dans le monde assez horrible de la finance. Sans introduction, le pilote se déroule pendant le premier jour d’une série de jeunes diplômés recrutés par une grande banque britannique et l’enfer s’abat sur eux autant que nous. Ils doivent faire leur preuve avant une date fixée par l’entreprise, ce qui consiste en gros à faire tout ce que leur demandent leurs supérieurs, subir les rites d’initiation pour le dire gentiment et surtout rapporter un maximum d’argent. L’intensité de la création HBO est assez impressionnante dès le premier épisode, qui voit d’ailleurs un mort avant la fin, dans la grande tradition de la chaîne. Ce côté éprouvant est à mon sens ce qui fait le succès des premiers pas d’Industry, même si j’ai découvert à ma grande surprise que la première saison n’était pas aimée. À mes yeux, c’est la meilleure des quatre diffusées à ce jour et j’ai beaucoup aimé la confrontation entre ces jeunes à peine sortis de l’école et ce qui est peut-être le pire environnement de travail non-manuel qui soit. La pression mise sur les épaules de ces gens qui brassent des millions face à ce qui est certainement un des métiers les plus inutiles au monde : la confrontation est explosive et j’ai trouvé ces huit premiers épisodes parfaitement menés et passionnants d’un bout à l’autre.
La deuxième saison continue dans la même lignée. Elle se déroule quelques années plus tard, après la pandémie qui est astucieusement intégrée et alors que les débutants sont devenus les encadrants des nouveaux étudiants. L’idée est bonne et Industry reste une réussite, avec une ouverture à d’autres thèmes annexes, comme le délit d’initié. La politique fait aussi son entrée dans l’équation, une idée qui va persister par la suite. Je n’ai pas grand-chose à reprocher à ces huit épisodes, je dirais juste que l’effet de surprise ne joue plus et la confrontation entre nouveaux-venus et vétérans manque un petit peu. Après cela, Mickey Down et Konrad Kay choisissent de partir dans une toute direction, ce qui est toujours respectable. Je dis souvent que j’aime être surpris et je ne vais pas me renier : Industry n’a de cesse de surprendre, en s’ouvrant vers d’autres horizons inattendus. Ainsi, la saison 3 commence à s’éloigner de Pierpoint et introduit plusieurs nouveaux personnages. J’aime beaucoup l’idée, la réalisation un petit peu moins. J’ai l’impression que les scénaristes ont voulu trop caser en huit épisodes : il y a l’entrée en bourse de Lumi et son échec, il y a toute l’histoire de Yasmin avec son père et Rishi en roue libre. On ne s’est plus trop où donner de la tête et je trouve que l’intrigue va régulièrement trop loin. Cela dit, la quatrième saison redresse le tir en assumant l’après Pierpoint et en offrant davantage de place à un noyau de personnages. Si j’étais triste de perdre Robert après avoir quitté Gus trop tôt, je dois bien admettre que Harper (Myha’la) et surtout Yasmin (Marisa Abela) sont excellentes, voire magistrales. Elles méritent bien de recentrer la série sur elles et la dernière saison à ce jour m’a bien plu.
HBO a renouvelé Industry pour une cinquième et ultime saison. Je suis curieux de voir ce que les scénaristes vont imaginer, sachant que la série se termine de manière à forcer un nouveau changement majeur pour la suite. Tant mieux et en même temps, j’espère qu’ils ne chercheront pas à en faire trop. En attendant d’en voir plus, c’est indéniablement une création déjà très originale et elle gagnerait à être mieux connue ne serait-ce que pour cette raison.