
Heated Rivalry, Crave
Prenez Heartstopper, saupoudrez d’un soupçon de hockey et ajoutez une grosse dose de pêches, secouez bien et dégustez frais. Cette romance gay est adaptée d’un roman à succès, également écrit par une femme comme si le genre était tabou chez les auteurs, et c’est tout autant un succès. Heated Rivalry est indéniablement plus adulte que la toute mignonne série britannique, avec du sexe quasiment explicite et de la nudité bien évidente dès le pilote. La première saison de cette création du service canadien Crave (distribuée par HBO Max en Europe) est indéniablement aussi chaude que son titre le promet et les deux acteurs principaux n’ont manifestement aucun problème à montrer leurs fesses, ce qui n’est pas désagréable. Pour autant, Jacob Tierney, inoubliable pour moi dans J’ai tué ma mère, n’enchaîne pas seulement les scènes de cul et sa série gagne en ampleur au fil des six épisodes. C’est assez rare, mais Heated Rivalry s’améliore constamment et passe de l’opposition puérile de deux joueurs attirés l’un par à l’autre à une véritable et belle romance. Je ne veux pas trop en dire sur le parcours des deux personnages, même s’il est assez facile à deviner. Sans aller jusqu’à dire que le scénario est plein de surprises, j’ai apprécié la finesse de l’écriture, l’évolution soignée des personnages et le traitement de l’homosexualité ainsi que de l’homophobie dans le sport.
Le plus gros défaut de cette première saison est certainement sa durée. Le succès étant au rendez-vous, Crave a renouvelé sa série pour une deuxième saison, c’est tant mieux, mais d’ici là, je dois dire que l’on quitte les personnages un petit peu frustrés. Heated Rivalry est pourtant en même temps particulièrement dense. J’étais surtout frappé de ce constat dans les premières épisodes, qui défilent à toute allure et font passer le temps à une vitesse folle. Si cela vient probablement des romans, c’est assez difficile d’imaginer une relation qui avance aussi peu sur des années. D’un autre côté, l’adaptation parvient bien à montrer l’évolution psychologique des deux personnages, d’abord mus par une animosité mutuelle, puis qui apprennent à se connaître, à se respecter et bientôt s’aimer. C’est assez impressionnant de parvenir à déployer une telle relation en six épisodes seulement et Jacob Tierney doit certainement beaucoup à ses deux acteurs principaux. Hudson Williams pour Shane et Connor Storrie pour Ilya sont parfaits tous les deux et leur alchimie est frappante. C’est sans aucun doute ce qui rapproche le plus cette série de Heartstopper, où l’on retrouvait également une vraie fusion sincère des deux jeunes comédiens. Ici aussi, leur attraction est évidente, les acteurs n’ont pas besoin de l’exprimer autrement que par leurs regards et le couple fonctionne très bien, d’abord sur la confrontation, avant leur rapprochement progressif. Le succès de Heated Rivalry tient largement sur leurs quatre épaules et assister à leur douce évolution vers un couple est sans conteste ce qui justifie le sentiment que la série s’améliore sans cesse.
Au milieu de la saison, le scénario fait comme une pause, un détour par une deuxième romance dans le monde du hockey. Cette parenthèse est très intéressante, à la fois parce que l’histoire d’amour est si mignonne qu’elle ferait fondre n’importe qui et à la fois parce qu’elle dit beaucoup de l’homophobie dans le sport. J’imagine qu’elle sera fondatrice pour la suite de Heated Rivalry et j’ai hâte d’en voir plus. En attendant, c’était une bonne surprise, même si Jacob Tierney devrait faire attention à ne pas choisir que des mecs canons pour ses personnages…