
Hartley, cœurs à vif, Netflix (saison 3)
Le remake woke à souhait de la série australienne des années 1990 se termine avec une troisième saison et excellente nouvelle, elle est de retour au meilleur. Les premiers épisodes de Hartley, cœurs à vif m’avaient enchanté par la diversité assumée du casting, par la galerie de personnages aussi attachants que crédibles ainsi que par un optimisme qui faisait du bien. La suite m’avait moins convaincu, sans doute parce que les scénaristes étaient décidés à introduire le drame à tout prix, sûrement aussi parce que la diversité sexuelle semblait mener vers une vision bizarrement conservatrice. Fort heureusement, tout cela est oublié dans ces huit nouveaux épisodes, qui sont hélas aussi les derniers. L’optimisme général est de retour, sans tomber dans l’angélisme pour autant, la représentativité atteint des sommets tout en semblant plus sincère que jamais, tandis que le casting n’a jamais été aussi bon qu’ici. Si j’étais un petit peu triste de les quitter à la fin, je suis surtout ravi que la série australienne portée par Netflix ait pu se maintenir à un tel niveau.
Même si la saison 3 introduit à son tour quelques nouveaux personnages secondaires comme Taz, on reste toutefois surtout centré sur la bande originale et c’est très bien ainsi. Contrairement à ce que l’affiche laisse entendre, on est vraiment sur une œuvre chorale, où chaque acteur a sa place. C’est tout particulièrement vrai cette saison, avec un scénario qui laisse de l’espace à chaque personnage pour lui permettre d’évoluer. Amerie et ses bêtises sont toujours au cœur des enjeux, mais il y a un vrai effort pour laisser du temps et des arcs narratifs intéressants à chaque camarade de classe. Même les plus anecdotiques ou caricaturaux, comme Ant ou Spyder, ont droit à de vrais développements qui les rendent plus intéressants. Dans le lot, le parcours de Cash et Darren reste probablement le meilleur et je suis ravi de voir que la vision presque rétrograde de la saison 2 a entièrement disparu. À la place, Hartley, cœurs à vif propose une lecture moderne et réjouissante d’une relation amoureuse résolument queer. Comme toujours, on pourrait critiquer le choix évident de glisser des relations LGBTQIA+ absolument partout. Je rétorquerai comme toujours que c’est important d’offrir une vision si ouverte et positive de la diversité sexuelle, surtout pour compenser notre monde actuel. À cet égard, je retrouve un petit peu l’esprit d’un Heartstopper, en plus adulte même si les personnages sont censés avoir le même âge.
Hartley, cœurs à vif ne se prend jamais trop au sérieux et son côté délirant fonctionne à plein dans ce dernier volet. Certes, la situation n’est pas toujours joyeuse, mais les scénaristes n’oublient pas d’injecter une touche de légèreté qui fonctionne pleinement. Bien sûr, la galerie de lycéens en est largement responsable, mais il ne faudrait pas oublier le rôle de la proviseur, jouée par Rachel House. L’actrice néo-zélandaise entretient soigneusement un épais accent, sans tomber dans la caricature pour autant, et elle est systématiquement excellente.