
Le Garçon et l’Univers, Netflix
Adaptation d’un roman semi-autobiographique, Le Garçon et l’Univers est une mini-série qui m’a intéressée tout d’abord par son positionnement original. On ne sait jamais trop sur quel pied danser, c’est à la fois un drame social réaliste et même assez dur par moments et en même temps, c’est une œuvre qui frise avec le fantastique, sans aller entièrement sur ce terrain non plus. On est constamment comme sur un fil et j’ai trouvé que c’était bien fait et très agréable. Les prémonitions de Gus apportent une touche poétique qui allègent considérablement ce qui aurait été une histoire franchement lourde sans cela. Ce qui ne veut pas dire que c’est une intrigue légère pour autant, les difficultés de ces deux jeunes qui grandissent avec des parents dysfonctionnels, entre un père alcoolique, une mère héroïnomane et un beau-père dealer. Cela fait beaucoup et la création de Netflix donne parfois le sentiment d’en faire trop. En même temps, c’est basé sur une histoire en partie vraie et surtout, je trouve que l’ensemble reste équilibré, justement grâce aux pauses fantastiques. Les séquences avec la voiture dans l’espace sont belles et même si elles sont liées à un autre drame sous-jacent, elles permettent de respirer entre deux séquences intenses.
Le Garçon et l’Univers reste ainsi une réussite pour moi, malgré ses défauts. Tout du long, je pourrais pointer des éléments qui ne fonctionnent pas vraiment, des incohérences narratives ou des maladresses, à commencer par l’âge des deux jeunes personnages qui n’a aucun rapport avec celui des acteurs. Eli jeune est bien interprété par Felix Cameron, mais son frère est censé avoir 15 ans dans la première partie et Lee Tiger Halley est indiscutablement plus âgé. Ces décalages sont encore plus perturbants dans la partie où ils sont plus grands, mais qu’importe, le casting est convaincant, avec des acteurs qui jouent tous très bien. J’étais agréablement surpris de retrouver ici Travis Fimmel, inoubliable dans Vikings, et je n’avais pas reconnu Simon Baker, bien maquillé dans le rôle du père. Ainsi, en dépit de quelques faiblesses, je ne regrette pas d’avoir regardé les 7 épisodes de cette mini-série et je la recommande sans hésiter.