
Full Circle, Max
Full Circle est une mini-série créée et écrite par Ed Solomon, même s’il faut être honnête : c’est surtout grâce à son réalisateur qu’elle attire le regard. En tout cas, c’est bien la présence de Steven Soderbergh derrière les caméras qui a attiré le mien et j’ai découvert une enquête policière fort sympathique. Rien de révolutionnaire ici, le scénario se construit autour d’un grand nombre de petits arcs qui se croisent et se rejoignent en partie à la fin. Cela foisonne d’idées et de personnages, on peut s’y perdre parfois en partie et c’est précisément ce qui m’a plu. On n’est pas sur une histoire linéaire où toutes les zones d’ombres sont éclairées à la fin, la série envisage plutôt une intrigue fragmentaire qui commence sur le kidnapping d’un enfant et qui se termine entre superstition guyanienne et flics corrompus.
Comme souvent, le meilleur est sans doute le début, quand on ne sait rien. On découvre une mafieuse — CCH Pounder, très impressionnante d’ailleurs — qui s’est mise en tête de kidnapper l’enfant d’une riche famille new-yorkaise, en théorie en échange d’une rançon. Plein de détails ne collent pas toutefois, comme la somme demandée, précise au dollar près et qui correspond à l’argent à disposition du grand-père dans le casino du coin. Petit à petit, Full Circle élargit ses explications et le spectateur se perd avec délice dans un dédale de plus en plus absurde. Il y a cette étrange malédiction, le jumeau caché, l’enquête qui semble impliquer tout le monde, la Guyanna qui revient constamment… on ne sait plus où donner de la tête. Par moments, la série portée par Max peut aussi donner l’impression de se perdre quelque peu, mais je ne me suis jamais senti réellement paumé. La réalisation de Steven Soderbergh est très efficace pour cela et on se laisse porter par l’ambiance de polar noir, parfaitement rendue. Le casting est très bon, même si Claire Danes ne parvient décidément pas à sortir de son interprétation habituelle, et il n’y a pas vraiment de fausse note.
Ce n’est pas non plus la série mémorable qui restera dans les annales, certes. Je ne crois pas que ce soit son ambition non plus et ce n’est pas forcément gênant. Full Circle est un polar assez classique sur le fond et la forme, ce qui n’empêche aucunement de passer un bon moment. Je conseille si vous aimez le genre.