For All Mankind, Apple TV+ (saison 3)

For All Mankind, Apple TV+ (saison 3)

Publié le

L’uchronie imaginée pour Apple TV+ se poursuit et après une première saison dans les années 1970, une deuxième qui se déroulait dans les années 1980, la suite prend place dans des années 1990 toujours plus fictives. Une femme est élue Présidente des États-Unis et Mars devient la cible de la Nasa américaine, de son homologue russe et de Helios, une entreprise privée qui décide de se lancer à son tour dans la conquête spatiale. De quoi permettre à For All Mankind de se hisser au rang de grande série qui lui avait échappé de peu jusque-là ? Raté, c’est même tout le contraire, avec ces dix épisodes qui ne trouvent aucune bonne idée pour les personnages et qui forment une saison interminable.

Il y a bien trop de problèmes dans cette troisième saison pour tous les énumérer. Le principal me semble être que la conquête martienne n’est désormais qu’une intrigue bien secondaire et sans intérêt. Alors même que For All Mankind avait réussi à rendre la relance de la conquête spatiale convaincante autour de la Lune, avec cette idée d’apporter la Guerre froide sur le satellite, la conquête martienne passe au second plan. Elle a beau être dans tous les épisodes, elle n’a pas tellement d’importance et les scénaristes semblent s’en désintéresser. Ils préfèrent étendre les intrigues personnelles et creuser les personnages, ce qui est en temps normal une bonne idée, mais qui a toujours été un point faible de la création d’Apple TV+. Hélas, ce n’est guère mieux ici, avec des intrigues sans intérêt et même téléphonées, des péripéties que l’on devine dès le départ ou pire, des rebondissements sans queue ni tête. Que dire de Karen, qui arrive à la tête d’une start-up en un claquement de doigt ? Ou alors d’Ed qui non seulement repart à nouveau dans l’espace, mais le fait avec sa fille et l’un des deux fils Stevens qu’il a quasiment adopté après la mort de ses deux parents à la fin de la saison précédente. Toute la famille est réunie sur Mars, de quoi générer quelques intrigues qui oscillent entre le convenu et l’ahurissant, ce qui est aussi le cas sur Terre d’ailleurs. Entre Margo et les Russes et l’autre enfant Stevens et les complotistes, on passe constamment d’un arc ridicule à une histoire improbable.

Tout cet édifice branlant serait pardonnable, si la série d’Apple ne se mettait pas en tête de devenir carrément rétrograde au passage. Alors qu’elle place à la tête du pays une lesbienne, For All Mankind décide de la faire républicaine, mariée à un gay avec qui elle a un enfant et transformée en un tour de main en une sorte de Thatcher américaine. Certes, elle change d’avis sur la fin, mais c’est bien trop tard et bien trop peu : cette saison laisse un goût amer, que cette fin qui célèbre la colonisation européenne du continent américain ne vient pas adoucir. Aucune mention des amérindiens, notoirement absents du casting d’ailleurs, on reste sur la glorification simpliste des États-Unis et sur une opposition toujours aussi bête avec l’URSS. J’attendais tellement plus de cette réécriture de l’histoire, quelle déception.

Informations

Année : 2019

  • Nationalité :
  • États-Unis
  • Genres :
  • Drame
  • Science-Fiction & Fantastique
  • War & Politics