Euphoria, HBO (saison 3)

Euphoria, HBO (saison 3)

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J’ai été vraiment surpris en découvrant l’arrivée de la troisième saison d’Euphoria. Je ne m’attendais vraiment pas à une suite, alors que c’était pourtant connu depuis la fin de la deuxième. Il a fallu quatre ans à Sam Levinson pour aboutir à une fin à cette série qui restera dans les annales surtout pour ses huit premiers épisodes, parmi les plus intenses et réussis qui soit. Ce délai ne répondait pas uniquement à une volonté de fignoler un scénario parfait. HBO avait validé la troisième saison dès 2022 et plusieurs événements ont retardé la suite, à commencer par le décès de l’acteur qui jouait Fez et alors que le personnage était manifestement central dans la vision du créateur. Pour ne rien arranger, plusieurs acteurs ont refusé de poursuivre et Labrinth a claqué la porte du projet, ce qui est sans doute le plus grand drapeau rouge de tous quand on sait à quel point sa musique joue un rôle central dans l’ensemble. Bref, cela semblait mal parti et j’ai lancé le premier épisode avec un gros brin de scepticisme.

À ma grande surprise, je n’ai pas autant détesté cette fin que la majorité. On retrouve Rue et ses anciens camarades lycéens après quelques années, ce qui est logique pour suivre l’âge des acteurs. L’intrigue de la troisième saison se déploie ainsi alors que les anciens lycéens sont devenus des adultes dans la vie active. Le groupe est largement éclaté et Euphoria débute sur l’un des trajets de Rue entre le Mexique et les États-Unis. Elle travaille comme mule pour Laurie, à qui elle avait volé un sac plein de drogues dans la saison 2, l’endettant pour plusieurs années de ce travail si dangereux. L’addition est plus que jamais au cœur de l’arc narratif et Sam Levinson s’éloigne du lycée pour s’approcher d’un Breaking Bad. C’est assez troublant au début et la création HBO va sûrement trop loin par endroits. Néanmoins, j’ai trouvé l’idée intéressante et bien menée, tandis que la magnifique réalisation ressemblait presque à un hommage à peine voilé à Vince Gilligan. Après tout, la drogue a toujours été au cœur de cette série, alors ce parcours professionnel pour Rue était assez logique. Surtout qu’il est vite orienté vers une fin que je ne dévoilerai pas ici, si ce n’est pour suggérer qu’elle était assez évidente et remarquablement amenée. Zendaya est une incroyable actrice, on le savait déjà bien sûr, mais elle le rappelle ici avec tant de force. Vraiment, cette troisième saison mérite le détour juste pour elle.

Les autres personnages ne sont pas en reste. Même si les obsessions de Sam Levinson sur le corps féminin et sa marchandisation sont un petit peu lassantes à la longue, le parcours tragique de Nate et de Cassie est quand même un grand moment. J’ai beaucoup aimé aussi l’arc de Jules, toujours tourmentée tout en trouvant une forme de paix avec son couple atypique. Il y a des défauts, certes. J’ai un peu du mal à comprendre l’importance de la religion, surtout sur la fin, mais j’imagine que je ne suis pas suffisamment américain. La musique est aussi clairement médiocre et je n’étais hélas pas surpris de découvrir que Hans Zimmer l’avait signée. Il essaie par endroits d’imiter le style de Labrinth, mais compose essentiellement une bande-originale franchement sans saveur, si éloignée des deux albums géniaux de l’artiste britannique. Tout ceci est indéniable et pour autant, je n’ai pas détesté la fin d’Euphoria, je l’ai même trouvée globalement réussie.

Informations

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Année : 2026

  • Nationalité :
  • États-Unis
  • Genre :
  • Drame

Durée : 8 épisodes