DTF St. Louis, HBO

DTF St. Louis, HBO

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« On ne sait jamais de quel côté une amitié peut basculer », indique le poster et je trouve que cette phrase résume bien la mini-série également. DTF St. Louis appartient à cette trop rare, mais oh combien passionnante, catégorie d’œuvres qui vous mènent constamment sur des chemins inconnus. Vous pensez avoir compris l’ambiance et la direction générale ? La création de HBO prendra immédiatement un malin plaisir pour bifurquer sur complètement autre chose. Jusqu’au bout, Steven Conrad brouille les pistes et parvient à surprendre inlassablement ses spectateurs. C’est déstabilisant et c’est réjouissant de ne pas savoir où on va. Cela va sans dire, quoi qu’il vaut peut-être mieux le préciser : découvrir la série vierge, sans rien savoir à son sujet et pas même ce que signifie le sigle du titre, est essentiel. Si vous aimez les surprises, je vous recommande de vous arrêter là et de tenter votre chance.

« DTF » signifie donc « Down to fuck » et c’est bien le statut des deux personnages principaux. Autour de la cinquantaine, Clark et Floyd sont prêts à baiser, car ils ne sont plus satisfaits chez eux. Ils téléchargent l’app fictive qui a donné son nom à la série, se créent des profils et cherchent des relations extra-conjugales. C’est le point de départ de la série imaginée par Steven Conrad, à moins que le vrai commencement soit ailleurs. Dès le départ, DTF St. Louis s’amuse avec la chronologie et explose son récit en plein de petits morceaux, un puzzle que les sept épisodes reconstituent petit à petit. Le spectateur est invité dans ce jeu, ce qui est toujours agréable : bien vite, on découvre la mort de Floyd et une enquête est vite ouverte face à ce qui ressemble à un meurtre bien déguisé. Cette partie policière sert de fil rouge et permet de mener vers un nombre incalculable de fausses pistes. L’affaire semble tout d’abord si simple qu’elle va être pliée en deux minutes et de plus en plus complexe, au point où tout le monde semble coupable. Mais rien n’est simple ici et les scénaristes s’amusent avec nos attentes. J’ai en particulier trouvé le traitement des personnages remarquable : on ne sait jamais à quoi s’attendre, ou plutôt, on s’attend à quelque chose et les personnages nous surprennent. Prenons le vieux flic incarné par Richard Jenkins, inoubliable à mes yeux dans Six Feet Under. Il joue d’abord à la perfection le rôle du boomer dépassé qui traite sa jeune collègue de manière condescendante, tout en faisant fausse route. Loin de rester cantonné à ce rôle néanmoins, il évolue constamment au fil de la saison, au point d’être presque sympathique à la fin. Comment envisager la scène finale sous le porche à partir du premier épisode seulement ? C’est impossible et c’est rare de voir de telles évolutions, tout en restant parfaitement crédible.

C’est vrai pour tous les autres personnages et il faut d’ailleurs saluer le travail exceptionnel des acteurs. Jason Bateman, David Harbour et Linda Cardellini n’ont aucunement besoin de prouver l’étendue de leur talent, mais le triangle amoureux qu’ils forment ici est toujours étonnant et surtout naturel. C’est sans doute ça le plus grand coup de force de DTF St. Louis : aussi invraisemblables les situations soient-elles, la série HBO parvient à les représenter comme si elles étaient évidentes. Pour ne rien gâcher, l’humour noir est magistralement distillé à travers chaque épisode, offrant à la série une ambiance bien à elle. C’est vraiment une expérience hors du commun et qui mérite le détour.

Informations

Année : 2026

  • Nationalité :
  • États-Unis
  • Genres :
  • Comédie
  • Drame

Durée : 7 épisodes