
The Chair Company, HBO
Je suis le premier à apprécier une œuvre qui sort de l’ordinaire et parvient à surprendre. Les premiers épisodes de The Chair Company collaient parfaitement à cet état d’esprit et je trouve le début de cette série HBO vraiment excellent. Le personnage incarné par Tim Robinson, qui est aussi l’un des créateurs avec Zach Kanin, est très drôle dans son côté parfaitement moyen, tout en maintenant une savante dose de bizarrerie qui entretient une dose de mystère. Sa chute sur une chaise dans son cadre professionnel a beau sembler l’élément le plus anodin, elle entraîne toute la saison derrière elle. J’ai beaucoup aimé l’idée aussi et l’enquête qui se met en place est excellente, avec une bonne dose d’absurde et l’énervement tout à fait approprié de l’acteur. Bref, tout va pour le mieux au début… et puis tout déraille.
Ce n’est pas immédiat en réalité. Les délires de The Chair Company grossissent petit à petit et ce qui était intriguant au départ finit par devenir tellement surréaliste qu’on a du mal à s’y intéresser. Les deux derniers épisodes de la saison sont particulièrement gratinés à cet égard, avec un tel niveau de n’importe quoi que je me suis demandé à plusieurs reprises si je n’avais pas changé de série en cours de route. J’ai lu que Tim Robinson et Zach Kanin n’avaient pas un plan bien établi en commençant et que le scénario a été improvisé en partie au cours du tournage. Eh bien, comment dire : cela se voit. Je pense que j’aurais bien plus apprécié le délire s’il avait été mieux cadré. L’esprit m’évoquait un moment un Pluribus, sauf Vince Gilligan avait une idée derrière la tête et l’a suivie de bout en bout. Ici, il y a plein de bons moments, des personnages barrés particulièrement réussis — mention spéciale à Joseph Tudisco dans le rôle de Mike — et une esthétique teintée de mystère. Il manque toutefois un vrai scénario, avec un fil rouge qui tienne la route et sans cela, c’est toute la série qui s’écroule pour moi.
Les deux créateurs étant des célébrités aux États-Unis, notamment pour leur participation au Saturday Night Live, le succès a été suffisamment au rendez-vous pour que HBO accorde une deuxième saison au projet. En voyant le final diffusé jusqu’ici, on comprend aisément pourquoi : The Chair Company n’a absolument rien conclu et se termine en plein milieu de l’action. Néanmoins, ai-je vraiment envie d’en voir plus ? Je ne suis pas convaincu, je crois que j’ai assez vu des délires de Ron. Dommage…