Brooklyn Nine-Nine, NBC (saison 8)

Brooklyn Nine-Nine, NBC (saison 8)

Publié le

Brooklyn Nine-Nine fait ses adieux avec cette huitième saison, la NBC avait prévenu dès la précédente. Les scénaristes savaient ainsi à quoi s’attendre et cela se voit. Alors que l’excellente sitcom créée par Dan Goor et Michael Schur avait tendance à patiner un petit peu sur les dernières saisons, peut-être par peur de trop évoluer, c’est la fin et tout est permis. En premier lieu, affronter la question difficile de la place de la police dans la société (américaine), un sujet fort justement placé au cœur de cette brève conclusion. Comment faire rire avec des policiers après George Floyd, semble être la question posée et la série y répond avec une réponse terrifiante sous son costume de sitcom : en démissionnant.

Je ne veux pas révéler les quelques secrets qui pimentent les dix derniers épisodes. Brooklyn Nine-Nine offre un regard sans concession et déprimant sur la situation de la police, corrompue jusqu’au sommet à cause d’un système qui protège les policiers envers et contre tout. En ajoutant le personnage du syndicaliste, les scénaristes trouvent une bonne manière de faire rire, tout en critiquant dans chaque scène ou presque ce système pourri. Les policiers peuvent faire le pire, tuer des innocents et mentir sans vergogne, ils ne seront jamais inquiétés. Et la sitcom ne se défile pas avec une pirouette humoristique pour évacuer le sujet : même quand elle multiplie les pitreries et clins d’œil en guise d’adieu, la question revient sans cesse, tout en ménageant des pauses comiques. J’ai trouvé cet équilibre remarquable et beaucoup apprécié cette ultime saison, qui permet aussi de dire adieu à des personnages si attachants. Même si Brooklyn Nine-Nine n’a pas toujours été à son meilleur niveau, la sitcom créée par la FOX reste l’une des plus drôles et touchantes que j’ai pu voir.