
Black Rabbit, Netflix
Cette mini-série Netflix repose largement sur les quatre épaules de son duo de personnages principaux et fort heureusement pour Black Rabbit, c’est un sacré duo. Ni Jude Law, ni Jason Bateman n’ont plus à prouver quoi que ce soit depuis bien des années, mais ils rappellent ici toute l’étendue de leur talent. Ces deux frères toujours dans des magouilles en lien avec la mafia, naturellement, sont excellents et leur performance tient la création de Zach Baylin et Kate Susman d’un bout à l’autre. L’histoire a beau ne pas être très originale, le style a beau être parfois un poil exagéré, j’ai trouvé l’ensemble très plaisant à suivre malgré tout et c’est un excellent divertissement.
Black Rabbit se construit à partir de la fin, ou quasiment. Un restaurant tendance de New York héberge une vente de montres et bijoux qu’un braquage fait dérailler. Les coups de feu partent et on a juste le temps de comprendre que le patron des lieux connaît son attaquant et on repart deux mois avant. C’est une construction déjà vue tant de fois que c’est un devenu un cliché. Il n’en reste pas moins que c’est une formule efficace quand elle est bien menée et c’est le cas ici. On sait qu’il y aura le braquage, on ne sait pas qui, ni pourquoi et les scénaristes peuvent ainsi prendre leur temps pour poser leur intrigue méthodiquement. Ils n’avancent pas trop vite et le rythme est très bien dosé pour maintenir la tension sur les huit épisodes de la mini-série, sans être constamment surmené. Chaque personnage important a droit à une place suffisante pour explorer sa psychologie et ses ambitions. Black Rabbit ne cherche pas à révolutionner le genre, ce qui ne l’empêche pas d’avoir de bonnes idées. Celle que je préfère je crois, c’est le mafieux sourd et muet, interprété par Troy Kotsur que j’avais croisé récemment dans Foundation. Les séquences qui se déroulent avec lui sont les plus violentes de toute la série et pourtant, ce sont aussi les plus calmes, sa colère s’exprimant de manière non-verbale. Ça n’enlève rien à l’intensité du personnage, au contraire même, et c’est une bonne manière de créer un contraste avec les deux frères qui parlent à tout bout de champ.