Âme sœur, Netflix

Âme sœur, Netflix

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Âme sœur commence autour d’une rencontre totalement inattendue. Dans une église berlinoise enflammée, Johan sauve instinctivement Ryu et les deux jeunes hommes ont comme un déclic. Le premier est un boxeur sud-coréen, venu en Allemagne pour un match de boxe qu’il a accepté de perdre en échange d’une grosse somme d’argent. Le deuxième est un étudiant japonais, déboussolé par la déclaration d’amour de son meilleur ami qui l’a laissé sans voix et qui a mené à une tentative de suicide. Leur rencontre les redonne en quelque sorte goût à la vie ou l’envie de se battre et la série portée par Netflix suit leur parcours ensemble. C’est une belle idée pour une romance… sauf que ce n’est pas vraiment une romance. J’ai été happé par les premiers épisodes, puis déçu par l’orientation suivie par Shunki Hashizume, qui a écrit autant que réalisé l’ensemble. Par bien des aspects, j’ai repensé à Lost Boys and Fairies, une autre série qui m’avait frappé par sa propension à attirer le malheur, comme si une simple romance gay heureuse ne pouvait pas exister.

Quand le drame vient frapper les personnages une première fois, j’ai déjà trouvé cela assez gratuit et inutile. Âme sœur se reconstruit toutefois assez bien par la suite et l’arrangement entre Ryu et Johan d’un côté et Sumiko de l’autre forme un trouple singulier. Le temps d’un instant, on peut envisager un avenir pour cette famille atypique, réunie par la tragédie, mais qui a aussi un avenir grâce à l’enfant au milieu. Fallait-il vraiment redoubler le tragique avec une maladie incurable ? C’est là que tout déraille pour moi. Quel est l’intérêt de tout casser, si ce n’est pour quelques minutes touchantes sur la fin ? J’ai trouvé ça vraiment dommage, c’est gâcher un potentiel assez fort et encore une fois donner le sentiment que les récits queer n’ont pas droit au bonheur. Non pas que le drame doive forcément être exclu, bien entendu, mais en six épisodes seulement, cette mini-série accumule quand même les problèmes.

C’est d’autant plus frustrant que la relation entre ces deux garçons est originale. Le premier « Je t’aime » ne s’entend que dans les dernières secondes, alors même que leur amour est indéniable. Ils n’ont pas besoin de le verbaliser, il saute aux yeux dès le premier épisode et c’est une romance très touchante à cet égard. Il faut saluer ici le travail des deux acteurs : Hayato Isomura comme Ok Taec-yeon sont parfaitement synchronisés et forment une alchimie évidente et sans effort. Leur relation n’est pas charnelle et j’aurais trouvé intéressant que la série explore ce qui ressemble à de l’asexualité. ‌Âme sœur aurait été tellement plus forte et intéressante en se concentrant sur cet amour non conventionnel, au lieu de chercher la tragédie à tout prix. J’espère en tout cas que ce n’est pas une forme de pudeur face à l’homosexualité, on connaît le manque d’ouverture à ce sujet du Japon et plus encore de la Corée. Shunki Hashizume est pourtant un jeune réalisateur et j’ose espérer que ce n’est pas la raison de ses choix d’écriture. Dommage…

Informations

Titre original : ソウルメイト

Année : 2026

  • Nationalité :
  • Japon
  • Genre :
  • Drame

Durée : 8 épisodes