
Acharnés, Netflix (saison 2)
La première saison d’Acharnés m’avait impressionné par sa capacité à partir d’un petit incident du quotidien apparemment anodin pour construire toute une réflexion sur notre société et ses mécanismes. Je dois admettre que j’avais oublié que son créateur avait en tête des suites et que ce n’était pas qu’une mini-série isolée. J’ai ainsi été plutôt surpris de découvrir une suite, trois ans après. On change de personnages et on part sur une toute autre histoire, même si Lee Sung-jin inclut toujours autant la Corée et même davantage ici, avec une fin qui se déroule en partie dans le pays. Malgré tout, l’essentiel reste aux États-Unis, avec le même concept très général : des gens énervés s’affrontent. Après le couple de la précédente saison, ces huit nouveaux épisodes imaginent un conflit entre deux couples que tout oppose. D’un côté, Lindsay et Josh, qui gère un club très select comme le pays sait si bien en produire et qui n’ont en apparence tout réussi dans la vie, l’amour comme l’argent en abondance. De l’autre, Ashley et Austin, deux jeunes employés du club qui ont du mal à terminer les mois. Quand ces derniers ramènent un portefeuille aux premiers, ils tombent sur une dispute qui semble particulièrement violente et ils la filment, lançant une histoire de plus en plus folle. Ce qui n’est d’abord qu’un chantage à l’emploi se transforme vite en une série de meurtres, dans une rage qui semble incontrôlée.
Les deux saisons d’Acharnés sont à la fois réunies par quelques idées centrales et très différentes en même temps. Celle-ci a perdu la fulgurance des débuts et je l’ai trouvée bien plus classique. Ce qui n’est pas nécessairement un défaut, d’ailleurs : l’intrigue est prenante, le casting impeccable et l’ensemble est de très bonne tenue. J’ai beaucoup aimé la satire sociale, Lee Sung-jin a le don pour placer ses personnages face à leur propres contradictions et l’humour est encore plus présent ici. Tout le monde veut ce que les plus riches au-dessus possèdent, sans tomber dans la caricature facile. Il n’y a pas de personnages bons ou mauvais, chacun fait comme il peut avec ce qu’il a et réagit de manière parfois surprenante. C’est un point fort indéniable de cette suite : Acharnés surprend à plusieurs reprises avec les réactions des personnages et ce, jusqu’au bout. C’est très divertissant et aussi assez réaliste, d’autant que ces personnages sont représentés comme des impulsifs, c’est tout le pitch de la série, après tout. Aucune fausse note côté casting : que ce soit Oscar Isaac et Carey Mulligan d’un côté, ou Charles Melton et Cailee Spaeny de l’autre, les deux couples sont crédibles et riches, avec plusieurs couches de complexité à découvrir au fil des épisodes. Même si la précédente était sans doute plus forte ou du moins plus originale, cette nouvelle saison ne démérite pas pour autant et je ne regrette de l’avoir vue. Je me demande quand même si Acharnés a véritablement un avenir, mais peut-être que le créateur aura une bonne idée pour la prolonger.