Abbott Elementary, ABC

Abbott Elementary, ABC

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L’originalité est-elle toujours nécessaire ? C’est un petit peu la question qui m’est venue en tête en découvrant Abbott Elementary, une nouvelle sitcom en mode faux documentaire dans un lieu de travail. Comme dans The Office, comme dans Parks and Recreation et comme dans tant d’autres, une caméra est supposée venir filmer le quotidien de professionnels qui sont censés agir normalement et présenter leur métier, avec des phases d’interviews. Quinta Brunson n’essaie même pas de mettre à jour la formule éprouvée et la seule originalité, et encore, est que le milieu professionnel en question est une école primaire. Autant le dire, si vous voulez de l’originalité, oubliez cette série ABC diffusée en France sur Disney+, mais si vous aimez le genre et que vous voulez en voir une de plus, la première saison d’Abbott Elementary est sympathique.

L’objectif de Quinta Brunson, qui joue le premier rôle en plus d’être la créatrice, est assez évident. Il ne s’agit pas tant de se moquer de la troupe de professeurs rassemblée pour cette école élémentaire fictive de la banlieue de Philadelphie, que de dénoncer un système qui délaisse systématiquement les écoles publiques et le manque de moyens accordés à l’éducation aux États-Unis. Même si les scénaristes se moquent des personnages et de leurs défauts, c’est toujours une moquerie gentille et le message est systématiquement positif. Abbott Elementary est à cet égard une série bienveillante, sans drame majeur et relativement positive, même si le quotidien de ces enseignants n’est jamais facile. Malgré tout, la création d’ABC ressemble davantage à une lettre d’amour aux enseignants qu’à un pugilat à leur encontre. Même la partie critique est loin d’être aussi politique et grinçante que je l’imaginais, elle reste discrète et les treize premiers épisodes restent dans la pique polie et même le politiquement correct. La diversité représentée est excellente, cela va sans dire1, mais j’aurais apprécié un traitement plus frontal des problèmes posés par cette école.

À la place, on reste dans un humour policé, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’Abbott Elementary est ratée. Dans la galerie de personnages qui sortent peu de la caricature, je retiendrai surtout Ava Coleman, la principale incapable de l’école, incarnée par une Janelle James en grande forme et qui apporte beaucoup à la sitcom. ABC a signé pour une deuxième saison, reste à espérer que Quinta Brunson soit plus incisive sur la suite.


  1. Diversité raciale surtout, il y a bien une tentative de meilleure représentation de diversité sexuelle, mais d’une timidité hélas à la hauteur de la réputation du groupe Disney… ↩︎