1899, Netflix

1899, Netflix

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Jantje Friese et Baran bo Odar, les deux créateurs de l’incroyable Dark ont signé une nouvelle série pour Netflix ? Évidemment que j’étais au rendez-vous, sans même rien savoir à son sujet et je vous encourage naturellement à la regarder de la même manière. 1899 se construit crescendo sur une multitudes de révélations et même si je ne vais rien divulgâcher de majeur, je préfère prévenir que la première saison sera encore meilleure en la découvrant sans aucun a priori. Si vous avez aimé Dark et que vous appréciez les puzzles qui se dévoilent petit à petit, ne ratez pas cette nouvelle série !

Tout commence dans un cadre bien banal : on est en 1899 donc, sur un paquebot qui traverse l’océan Atlantique en direction du Nouveau Monde. À son bord, un millier d’Européens qui veulent tous aller aux États-Unis avec l’espoir d’une meilleure vie, ou d’oublier un passé problématique. La création de Netflix commence toutefois à dérailler quand un message semble provenir d’un autre navire, porté disparu depuis quatre mois. Le capitaine décide de détourner la traversée pour découvrir un navire extérieurement intact, mais entièrement vide et détruit à l’intérieur. 1899 débute alors sa plongée assez rapide dans la folie. Il y a tout d’abord les guerres intestines qui débouchent sur une insurrection, avec un groupe armé qui relance le bateau vers les États-Unis, contre l’avis du capitaine qui voulait rentrer en Europe. Il y a ensuite des choses bizarres qui apparaissent et se multiplient, d’abord un brouillard opaque sorti de nulle part, puis des morts, bientôt un suicide collectif. Comme ils l’avaient fait dans Dark, Jantje Friese et Baran bo Odar déploie petit à petit leur univers et toute sa complexité. Et comme on peut s’en douter, ces huit premiers épisodes ne suffisent pas à la couvrir entièrement, tandis que le tout dernier nous laisse sur une découverte énorme qui devrait lancer les saisons suivantes vers une toute autre direction encore. Je n’en dis pas plus, mais j’ai hâte de voir ce que les deux créateurs nous réservent, sachant que j’ai toute confiance en leur habilité à imaginer une histoire complexe étalée sur plusieurs saisons.

1899 n’est plus une série allemande repérée par Netflix. Le succès de la précédente a donné à cette nouvelle création beaucoup plus d’ampleur, mais ce n’est pas une histoire américano-américaine pour autant, loin de ça même. Jantje Friese et Baran bo Odar ont voulu écrire un récit profondément européen, avec une vaste gamme de nationalités représentées sur ce navire et un réalisme, notamment dans la langue. On y parle anglais, certes, mais aussi allemand, danois, polonais, chinois, espagnol et même français, avec un trio d’acteurs qui représentent hélas bien le savoir-faire local1. Cette diversité n’est pas gratuite, les scénaristes jouent sur cette multitude de cultures en écrivant plusieurs dialogues de sourds, presque littéralement, où deux personnages échangent sans se comprendre. Cela offre par ailleurs à la série une vraie originalité et il faut saluer le choix du casting aussi varié que les personnages, ce qui ajoute à la crédibilité de l’ensemble. D’ailleurs, c’est sans conteste un point fort de 1899, qui déploie son univers visuel avec beaucoup de talent et parvient, même sur huit épisodes seulement, à créer une identité visuelle forte.

Je n’ai aucune idée de la direction qui sera suivie par Jantje Friese et Baran bo Odar, tant 1899 ne manque pas d’options pour ses saisons suivantes. Dark a largement prouvé que les deux créateurs ne manquaient pas d’ambition et j’ai le sentiment assez net que cette nouvelle série en a encore davantage que la précédente. Cela promet pour les épisodes suivants…


  1. Le casting est impeccable, à l’exception des trois acteurs français qui ont malheureusement bien du mal à être à la hauteur en matière de réalisme de jeu. ↩︎