
Le Puits de l’ascension, Brandon Sanderson
La trilogie Fils-des-Brumes se poursuit avec un deuxième tome encore plus épais, on dépasse les mille pages cette fois, et une histoire qui creuse l’univers métallique sorti de l’imagination débordante du romancier américain. Je dois reconnaître que la fin de L’Empire ultime m’avait surpris, je ne m’attendais pas à ce qu’un personnage aussi important que Kelsier meure et j’étais curieux de voir si cela allait pousser la saga dans une direction nouvelle. C’est bien le cas, avec là encore une surprise à mes yeux, puisque Le Puits de l’Ascension creuse des aspects que je n’envisageais pas initialement. L’action est réduite à peau de chagrin, on ne quitte pratiquement jamais Luthadel et Brandon Sanderson concentre ses efforts sur d’autres aspects plus étonnants, comme la politique. Devenu roi, Elend doit gérer deux armées qui tentent d’envahir sa ville et surtout apprendre à régner sans retomber dans l’autoritarisme de son prédécesseur. Ce n’est pas un roman politique pour autant, mais j’ai apprécié que l’auteur aborde ces thématiques et prenne le temps de bien le faire. C’est un vrai sujet et moteur de l’intrigue, pas du saupoudrage pour faire joli et c’est bienvenu.
En parallèle, l’univers continue de se déployer et quelques secrets de feu le Seigneur Maître sont dévoilés. Sans tout révéler pour autant, une bonne chose pour le tome suivant qui peut ainsi garder une dose de mystère et probablement quelques révélations supplémentaires. En attendant, Le Puits de l’ascension consacre logiquement beaucoup de temps à Vin, qui est notre héroïne après tout, et ici aussi, j’ai bien aimé son parcours. Brandon Sanderson prend aussi le temps de creuser sa relation avec Elend et ses interrogations sur son rôle dans cet univers. En tant que Fille-de-Brumes, elle est toute puissante, mais que doit-elle faire de cette force incroyable ? C’est un sujet plus profond que je l’imaginais et c’est une excellente manière de creuser sa psychologie tout en évitant les ficelles les plus communes de ce genre de récits. Il y a bien toujours quelques batailles à différentes échelles et les séquences de combat de Vin sont bien rendues. Néanmoins, j’ai apprécié le rythme plus tranquille de ce deuxième roman… même s’il aurait sans doute pu être raccourci de quelques centaines de pages. Brandon Sanderson a la plume facile, c’est indéniable, et cela peut lui jouer parfois des tours. En même temps, je ne me suis jamais ennuyé pendant ma lecture et j’ai hâte de découvrir la suite : c’est bien la preuve, s’il en fallait encore une, de son talent.