L’orgue d’Éros, Virgile Rendt

L’orgue d’Éros, Virgile Rendt

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Si je ne suis pas le plus grand amateur de nouvelles, j’étais malgré tout fort curieux de découvrir celles de Virgile Rendt, que je ne connaissais que via les réseaux sociaux. Il faut dire aussi que la promesse de L’orgue d’Éros est alléchante : « douze nouvelles queers fantastiques ou de science-fiction pour explorer ce que pourrait être notre sexualité si la science et la magie y mettaient un peu du leur… ». De la science-fiction, du fantastique, des personnages exclusivement gays et une pincée de sexe pour accompagner le tout, je veux dire : que demander de plus ?

Douze nouvelles donc, autant d’univers et d’idées lancées par l’auteur. Leur longueur varie fortement, les plus courtes n’atteignent même pas les dix pages quand la plus longue frôle la cinquantaine. Forcément, on n’a pas la même profondeur sur l’univers et les personnages pour les plus courtes, même si j’ai apprécié le travail d’écriture qui condense un maximum d’éléments en peu de pages. Plus encore, j’ai été frappé par la diversité représentée dans ce recueil, tant sur la forme que le fond. « L’orgue d’Éros » qui lance l’ouvrage appartient au domaine du fantastique et se déroule au XVIIIe siècle avec un récit en forme de témoignage et deux nouvelles plus loin, « Pluie d’étoile » part dans la science-fiction la plus traditionnelle en mode voyage de l’espace. Enfin, traditionnel n’est peut-être pas le bon mot, comme on le réalise à la lecture. C’est un autre point fort de ces nouvelles, elles savent emmener le lecteur dans des directions inattendues et celle-ci est parmi celles qui m’ont le plus amusé. L’auteur revisite les classiques, comme le voyage temporel dans « Projet Vremia » ou la simulation du réel dans « Quitter la chair », avec à chaque fois l’angle particulier lié au choix de personnages gays et sexuellement actifs, un angle qui apporte un éclairage différent sur ces histoires que je connaissais par cœur. D’autres nouvelles sont aussi touchantes, je pense en particulier à « La Tempête » qui est aussi la plus longue et sophistiquée du lot.

Sur la forme, Virgile Rendt ne va jamais deux fois dans la même direction et il essaie d’adapter sa plume en fonction du contexte et du personnage principal. C’est une bonne manière de plonger le lecteur dans une ambiance spécifique et c’est réussi à chaque fois. J’ai aussi apprécié l’optimisme ambiant, ces douze nouvelles sont majoritairement positives et représentent l’homosexualité sans détour et avec bienveillance, ce qui ne fait jamais de mal. L’auteur explique qu’il a écrit L’orgue d’Éros en pensant à ce qu’il aurait aimé lire quand il était plus jeune et je vois parfaitement l’idée. Moi aussi, j’aurais aimé lire de la science-fiction moins hétéronormée, voire carrément gay, quand j’étais jeune. Fort heureusement, il n’est jamais trop tard et j’ai beaucoup apprécié cette lecture légère et fun. L’imagination débordante qui transparaît dans les nouvelles est communicative et le seul reproche que j’aurais à faire concerne le format trop court des histoires qui m’ont le plus plu.

L’orgue d’Éros est proposé gratuitement en ePub sur le site de l’auteur, ou en version imprimée à la demande.

Informations

  • Auteur :
  • Virgile Rendt

Éditeur : Autopublié

Année : 2024

Nationalité : France

Pages : 293