
Cyberpunk 2077
Vous êtes V, un·e cyber-mercenaire qui doit survivre dans l’immense ville de Night City. Cyberpunk 2077 se déroule dans une Californie dystopique dans l’esprit cyberpunk, comme son titre l’indiquait bien. Dès les premières minutes, ce jeu de rôle impressionne par l’ampleur de l’univers. Ce monde urbain ouvert est remarquablement rendu, avec une véritable impression de traverser des lieux habités, contrairement à bon nombre d’autres titres plus anciens. Si le jeu de CD Projekt a été fortement critiqué à sa sortie pour ses innombrables bugs, jouer sur Mac m’a forcé à laisser plusieurs années et découvrir par la même occasion une version bien meilleure. J’ai ainsi été bluffé par l’ambiance futuriste et crade de la ville, la variété des décors et des personnages que l’on croise. Si les premières dizaines de minutes suivent un script assez précis avec l’arc narratif autour de Jackie Welles, on a vite la possibilité de déambuler et de faire des petites missions à droite à gauche. Je n’ai pas l’habitude des jeux en monde ouvert et je dois reconnaître que c’est très bien fait ici, à tel point où le joueur doit s’imposer une certaine discipline s’il ne veut pas « perdre » des heures sur des quêtes secondaires. Je parle d’expérience, quand j’ai réalisé après une longue période que je suivais une sous-intrigue sans grand intérêt et surtout, sans vraiment le vouloir.
Dans cet immense monde virtuel, Cyberpunk 2077 a une vraie histoire à raconter et c’est ce qui m’a bien plu. L’histoire de V, un personnage principal que l’on peut façonner avec une étonnante liberté, est plus intéressante que je l’imaginais en commençant. Les scénaristes ont beaucoup travaillé l’angle cyberpunk et la fusion entre l’homme et l’informatique est très bien rendue. L’idée de la puce qui vient ajouter les mémoires parasites d’une autre personne est bien trouvée et la lutte de V pour survivre est un fil rouge convaincant. Ceci posé, j’ai quand même trouvé que le jeu tombait dans les travers de bien trop de titres du genre. On arrive dans une zone avec un objectif différent à chaque fois, mais à la fin, on suit des couloirs pour tirer sur tout ce qui bouge. Chaque avancée permet de collecter des points qui améliore ses compétences et amène à d’autres armes plus puissantes ainsi qu’à de meilleures capacités de piratage. Pour moi, l’illusion du monde ouvert a vite cassé quand j’ai réalisé que je pouvais tirer sur n’importe qui et à condition de quitter la scène, rien ne changeait. J’aurais indéniablement préféré un jeu d’aventure dans cet univers, ou alors un mécanisme hybride comme Disco Elysium que cet enchaînement de dialogues, découvertes d’un lieu et bastons généralisées.
Après seulement 27 heures, je me suis d’ailleurs lassé. Je suis moi-même étonné que ce soit si peu, au point de me demander si le compteur interne n’est pas faussé. Quoi qu’il en soit, je me suis arrêté après une énième séquence de combat avec l’envie de passer à autre chose. D’un côté, je le regrette, car j’aimerais vraiment savoir ce qu’il va arriver à V. De l’autre, je ne me sens pas le courage de continuer cette aventure un peu trop routinière à mon goût. Je vois bien dans l’arbre de progression toutes les capacités qui me manquent, j’imagine sans peine le temps qu’il faudrait pour venir au bout ne serait-ce que de l’intrigue principale et honnêtement… j’ai envie de passer à autre chose. Alors, c’est ce que j’ai fait, mais sans regretter pour autant ces dizaines d’heures passées dans les rues de Night City.