
Les Chevaliers de Baphomet - L’Ombre des Templiers : Reforged
Vous sirotez tranquillement un café sur une terrasse parisienne, quand une bombe explose dans le café. Vous avez beau n’être qu’un touriste américain à Paris, vous réalisez vite que la police française est totalement incompétente et vous décidez de prendre les choses en mains en commençant votre propre enquête. Voilà le point de départ de ce jeu d’aventure à l’ancienne, modernisé toutefois avec cette version sortie récemment. Les Chevaliers de Baphomet - L’Ombre des Templiers : Reforged m’a permis de prolonger ma redécouverte de classiques que je n’avais pas testé depuis leur sortie, de Myst à L’Amerzone en passant par Riven. La formule est toujours la même : un vieux jeu d’aventure aux graphismes dépassés est dépoussiéré par ses créateurs et proposé dans une version qui tient un petit peu mieux la route en ce milieu des années 2020. Première différence notable ici, les dessins n’ont jamais visé le photoréalisme, si bien que la modernisation est moins évidente. On reste sur un côté dessin animé, optimisé toutefois pour nos écrans avec bien plus de pixels. Le résultat est très satisfaisant, c’est net et les couleurs sont bien vives. Un soin particulier a été apporté aux dialogues, qui ont fait la réputation du titre, et les voix sont en effet elles aussi remarquables. Bref, sur la technique, rien ne fait vraiment défaut, c’est un jeu vidéo moderne et bien retravaillé.
Le problème, c’est plutôt le fond. Je me souvenais du point de départ dans le café parisien, guère plus. Trente ans après sa sortie, Les Chevaliers de Baphomet a hélas bien mal vieilli. Le personnage principal est une caricature de touriste américain, plein de préjugés et sexiste, mais ce n’est pas le pire. J’ai trouvé le traitement de tous les personnages d’une lourdeur effrayante, au point où j’ai songé à plusieurs reprises d’abandonner. Le traitement de Nico est honteux et la trajectoire avec le héros d’une banalité affligeante. C’est encore pire lors des escapades du personnage principal hors de Paris, avec des clichés racistes dans tous les sens. Heureusement pour le jeu que c’est lui que j’avais choisi de faire pendant les vacances estivales et surtout que c’était ma seule option sur le moment, sinon je crois que j’aurais changé. J’étais tout de même un peu curieux de voir comment cela se terminait (spoiler alert : sans surprise) et fort heureusement, le jeu est assez court. J’ai tout terminé en huit heures, en passant rapidement la plupart des dialogues tout en essayant de tout essayer et de profiter du côté absurde. Un côté que je pensais bien plus développé, on est loin du travail de LucasArt dans le domaine et j’ai surtout trouvé que c’était l’occasion de créer des énigmes insolubles. Heureusement qu’il y a un système d’aide intégré, parce qu’il faut vraiment avoir l’esprit tourné bizarrement pour se tirer de quelques situations étranges. Sur le gameplay, le seul point positif que je retiendrai est la possibilité de mourir, très rare dans le genre. Néanmoins, ce n’est pas suffisant pour me pousser à recommander le jeu, qui aurait mieux fait de rester un vague souvenir. Déçu.