Submersion, Kim Byung-woo

Submersion, Kim Byung-woo

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La simplicité a souvent du bon. Submersion en est une bonne preuve, avec une première partie apocalyptique très plaisante et un film qui semble se conclure après 50 minutes seulement. En réalité, Kim Byung-woo en avait encore prévu deux fois plus et si le tournant semble offrir au projet une ambition bien plus grande, il s’avère un piège assez redoutable. Je ne veux pas trop en dévoiler si vous n’avez pas vu le long-métrage porté par Netflix, alors considérez que les divulgâchages arriveront en raz-de-marée à compter de maintenant.

J’aime beaucoup les premières minutes de Submersion. On commence dans la chambre à coucher d’un appartement sud-coréen comme il en existe des millions, avec une mère qui essaie de dormir un petit peu plus longtemps et son enfant de six ans qui a manifestement décidé que la nuit était terminée. Il est tout excité, il veut nager et glisse l’air de rien qu’il y a une piscine dehors. Ce n’est que plus tard que sa mère réalise que la rue s’est transformée en une rivière suite à des intempéries intenses. Il pleut si fort que leur appartement du troisième étage est vite inondé. Commence alors une course contre la montre, où leur survie dépend de leur capacité à grimper en haut de leur immense barre de trente étages, une tâche forcément rendue compliquée par la panique générale. Kim Byung-woo maîtrise cette partie avec un talent indéniable. Même s’il y a quelques facilités sur la fin, avec des survies beaucoup trop longues sous l’eau. Néanmoins, cela fait partie du genre et on ne s’attend pas à un documentaire réaliste. Dans la catégorie des œuvres apocalyptiques, je trouve celle-ci plutôt crédible dans l’ensemble et le traitement à hauteur de l’humain au lieu de la planète fonctionne très bien. Sans aller jusqu’à dire que l’on retrouve la sensation d’étouffement que dans Titanic, pour prendre un exemple célèbre, cette proximité participe à la tension et on ressent bien mieux l’urgence de la situation. Autre point fort de cette première partie, il n’y a quasiment pas d’autres explications que la pluie forte pour expliquer le phénomène, ce qui renforce l’angoisse de l’apocalypse à taille humaine.

Malheureusement, tout bascule quand le personnage principal meurt… et que l’on revient dans le lit du début. Le principe de la boucle est vite acté et Submersion change de genre, en devenant plus franchement de la science-fiction. On comprend que l’on est dans une simulation informatique chargée de créer une conscience artificielle avec des émotions afin de repeupler la planète suite à la catastrophe. Tout devient à la fois très confus et explicité avec tellement de détails que l’on se désintéresse vite des enjeux. On réalise alors bien que le projet tenait en grande partie sur les épaules du duo mère/fils et cet enjeu humain effacé, il ne reste plus grand-chose. N’exagérons pas, le film de Kim Byung-woo reste suffisamment court pour que l’on ne s’ennuie pas et il y a quelques bonnes idées jusqu’au bout, notamment de mise en scène. Malgré tout, la direction suivie par Submersion n’est pas la bonne à mon avis et j’aurais préféré voir davantage de la première partie et oublier la deuxième entièrement. Dommage.

Informations

Titre original : 대홍수

Année : 2025

  • Nationalité :
  • Corée du Sud
  • Genres :
  • Science-Fiction
  • Aventure
  • Drame

Durée : 1h47