Spider-Man : Across the Spider-Verse, Joaquim Dos Santos, Justin K. Thompson et Kemp Powers

Spider-Man : Across the Spider-Verse, Joaquim Dos Santos, Justin K. Thompson et Kemp Powers

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Spider-Man est passé si souvent par la case cinéma que la lassitude était inévitable. Enfin, ça c’était avant Spider-Man: New Generation, formidable film d’animation qui a donné un grand coup de pied dans le personnage et dépoussiéré une histoire vue et revue. Le succès étant au rendez-vous, une suite a été mise en route, une suite devenue un double film et Spider-Man : Across the Spider-Verse en constitue la première partie. C’est peut-être d’ailleurs son plus gros défaut, alors autant en parler d’entrée de jeu. Si vous aimez les histoires qui ont une vraie fin, alors ne regardez pas ce film, du moins pas tant que la suite sera sortie, ce qui n’arrivera manifestement pas avant 2025. Le long-métrage a beau largement dépasser les 2 heures, il n’est que la moitié d’un tout et quand le final nous laisse en attente à la toute fin, il est un petit peu frustrant, il faut bien le dire.

En même temps, c’est peut-être pas loin d’être son seul défaut. Pour le reste, Spider-Man : Across the Spider-Verse parvient à réaliser ce qui me semblait impensable : il fait encore plus fort que l’original. Le Spider-Verse, où toutes les variantes possibles et imaginables de Spider-Man, est bien davantage exploité, puisque l’on explore cette fois ces univers parallèle avec une idée aussi simple qu’époustouflante sur le plan technique. Chaque univers a droit à son univers graphique, non pas seulement par le style du dessin, la technique change aussi et la variété force le respect. Les trois réalisateurs, Joaquim Dos Santos, Justin K. Thompson et Kemp Powers, n’ont pas choisi la facilité, en mélangeant des techniques qui n’ont absolument rien à voir. Il y a un univers fait de peinture et pastel et un autre qui est entièrement basé sur des collages issus de magazines et journaux. Comment concilier les deux ? Le résultat est étonnant, à la fois un joyeux bazar qui n’est pas toujours simple à suivre, c’est vrai, et en même temps qui reste cohérent tout en permettant de mieux comprendre où l’on se situe dans cet univers toujours plus immense. Spider-Man : Across the Spider-Verse a demandé un travail ahurissant et cela se voit, avec un résultat que j’ai trouvé réjouissant. Cela part dans tous les sens, certes, sans que ce soit un défaut. Au contraire même, c’est ce qui fait la force de ce second volet, qui pousse encore davantage les idées du précédent film et exploite pour de bon toute la palette offerte par l’animation.

La frustration à la fin quand on réalise que l’histoire s’arrête brutalement est bien légère face au plaisir procuré par le long-métrage. Spider-Man : Across the Spider-Verse est un concentré de bonheur cinéphile pendant plus de deux heures, un défilé d’idées intrigantes et des paris assez fous, en particulier sur la forme. Le fond n’est pas en reste, avec à mon sens l’une des meilleures exploitations de ce concept d’univers parallèle, meilleure encore que dans l’Univers cinématographique Marvel où il est davantage dilué. La concentration ici est telle que le film mériterait sans doute une deuxième vision pour tout appréhender et digérer. Cela tombe bien, on aura au moins l’occasion de le revoir juste avant ‌Spider-Man: Beyond the Spider-Verse, il faudra bien ça pour se remettre dans le bain et enchaîner sur la suite des aventures de Miles Morales et de toutes les autres variantes.

Informations

Titre original : Spider-Man: Across the Spider-Verse

Année : 2023

  • Nationalité :
  • États-Unis
  • Genres :
  • Animation
  • Action
  • Aventure
  • Science-Fiction

Durée : 2h20