Room, Lenny Abrahamson

Room, Lenny Abrahamson

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Le mieux, c’est encore de découvrir Room sans rien avoir lu à son sujet.

En ignorant tout, vous pourrez découvrir une ouverture de film intrigante : une mère et son jeune fils qui vivent dans une toute petite pièce et ne semblent jamais en sortir. Au départ, on ne comprend pas : est-ce qu’ils sont malades et doivent rester en permanence enfermés ? Est-ce un problème psychologique de la mère, une agoraphobie aiguë peut-être ? Et qui est cet homme qui vient apporter des provisions régulièrement ? Lenny Abrahamson préfère montrer plutôt qu’expliquer. Petit à petit, on comprend l’horreur de cette femme enfermée depuis sept ans, violée régulièrement par son tortionnaire et devenue mère en captivité.

Nommée ironiquement Joy, elle n’est pas tant le personnage principal que Jack, son fils. Il fête tout juste ses cinq ans quand l’histoire commence et n’a jamais rien connu d’autre que cette pièce unique. Pour lui, la seule réalité est contenue dans cette pièce, il n’y a rien dehors, si ce n’est l’espace infini et tout ce qui s’affiche sur le petit téléviseur de mauvaise qualité n’est que de la magie, ce n’est pas réel. De son point de vue, cette captivité horrifiante est tout à fait normale et comment pourrait-il en être autrement, il n’a jamais rien connu d’autre. Quand sa mère essaie de lui expliquer qu’il y a une réalité de l’autre côté des quatre murs, qu’il existe un « dehors » tout aussi réel et que la télévision n’est pas de la magie, il préfère d’abord nier en bloc, persuadé que c’est une blague.

Room commence par un long huis-clos qui occupe quasiment la moitié du film. Quand Jack parvient enfin à sortir et alerter la police sur leur situation, le long-métrage devient plus classique, mais pas moins convaincant. Brie Larson est spectaculaire dans le rôle de la mère, on sent que l’actrice s’est investie au maximum pour incarner le personnage et cela paie, peut-être encore plus une fois qu’ils sont sortis d’ailleurs. Jacob Tremblay est encore plus époustouflant dans le rôle de Jack, l’acteur a beau être jeune, il n’a besoin que d’un plan ou deux pour composer un personnage attachant et crédible. Sans ces deux acteurs, Room aurait été nettement moins réussi et ils justifient à eux seuls de voir le film.

Informations

Année : 2015

  • Nationalités :
  • Canada
  • Irlande
  • Royaume-Uni
  • États-Unis
  • Genres :
  • Drame
  • Thriller