OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire, Nicolas Bedos

OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire, Nicolas Bedos

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Le second degré nécessite un dosage précis. Un pas de côté, et vous transformez la critique en hommage, ce qui résume assez bien tout le problème d’OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire. Nicolas Bedos commence pourtant avec une bonne idée : représenter l’agent secret, toujours incarné par Jean Dujardin, au début des années 1980, ancré dans le passé glorieux de la France colonialiste et dépassé. Face à lui, Pierre Niney incarne un agent moderne, loin du racisme, du sexisme et de l’homophobie de son prédécesseur plein de préjugés. Le scénario imagine l’agent 117 relégué dans la cave avec les geeks qui travaillent sur des ordinateurs et son successeur part en mission en Afrique. Même quand Hubert doit partir l’aider, cet esprit de l’homme qui a fait son temps reste et le scénario se moque notamment de son incapacité à satisfaire les femmes.

Le message semblait clair, mais Nicolas Bedos n’avait pas du tout envie de proposer une transition vers plus de modernité. Il le dévoile sans aucun second degré quand (⚠️ alerte divulgâchage) il envoie un crocodile bouffer Pierre Niney. Le symbole est évident et trahit l’admiration du cinéaste pour son personnage principal, une ligne que Michel Hazanavicius n’avait jamais franchie. Dans ces conditions, l’excuse du second degré semble un petit peu trop facile : OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire ne va-t-il pas trop dans le sens des racistes, misogynes et homophobes qui vont trouver en l’agent français un modèle à suivre ? Sans aller jusqu’à dire que Nicolas Bedos n’est pas dans le sarcasme, j’ai du mal à comprendre comment il a pu penser que le film ne serait pas problématique. J’ose espérer que l’objectif n’était pas d’être politiquement incorrect, ce serait vraiment le pire argument.

Pour ne rien arranger, l’humour des deux premiers volets a pris un coup dans l’aile. À part une ou deux bonnes idées, OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire n’est globalement pas amusant et son scénario est même carrément paresseux. Une rebellion politique financée par l’URSS et… c’est tout ? On ne s’ennuie pas entièrement, mais ce n’est jamais loin, ce qui est d’autant plus navrant qu’il y avait sûrement de quoi creuser sur la manipulation des régimes africains. Ou pourquoi pas sur l’homosexualité refoulée du personnage principal, une piste intéressante qui n’est qu’à peine esquissée.

La saga n’avait pas besoin de cette suite pas drôle et nous n’avions vraiment pas besoin d’un film réac de plus. Pas merci, Nicolas Bedos.

Informations

Année : 2021

  • Nationalité :
  • France
  • Genres :
  • Comédie
  • Aventure
  • Action