Mission impossible : Dead Reckoning, partie 1, Christopher McQuarrie

Mission impossible : Dead Reckoning, partie 1, Christopher McQuarrie

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Je me demande si ce combat de Tom Cruise, alias Ethan Hunt, contre une intelligence artificielle n’est pas une manière pour l’acteur de tenter d’éviter ce qui semble de plus en plus inévitable : l’extension de la saga Mission : Impossible jusqu’à la fin des temps. Depuis le premier volet diffusé en 1996, on en est au septième long-métrage et comme son nom le suggère bien, Mission impossible : Dead Reckoning, partie 1 sera complété par un huitième. Avec les retards liés à la pandémie, la deuxième partie finira peut-être par sortir en 2026, trente ans après l’original. Trente ans d’une formule qui n’a pas énormément varié, si ce n’est que les cascades sont de plus en plus spectaculaires et sont désormais bien plus que le clou du spectacle, la raison d’être de chaque épisode. Tout le discours marketing autour de Tom Cruise qui continue à réaliser ses propres cascades le montre bien. Force est d’ailleurs de constaté que l’acteur, qui a fête ses 60 ans pendant la réalisation de ce film, n’a pas perd de son talent et compose un agent secret toujours aussi convaincant. À tel point que l’on pourrait se demander s’il n’a jamais déjà été remplacé par une intelligence artificielle.

Parlons-en, de l’IA, puisque Christopher McQuarrie a eu la drôle d’idée d’en faire son grand ennemi. Il s’est sûrement dit que c’était une bonne idée, tant le sujet était d’actualité et on peut dire qu’il a eu le nez creux en sortant Mission impossible : Dead Reckoning, partie 1 l’année de ChatGPT. Était-ce une bonne idée pour autant ? Sans surprise, la réponse est non. Ce programme informatique installé par les États-Unis dans un sous-marin russe et qui devient doué de conscience est un cliché qui accuse le poids des années et le scénario n’essaie absolument pas de le renouveler. Loin de la subtilité atteinte par un Person of Interest, on reste ici dans l’opposition un peu bête et sans intérêt. D’un autre côté, je dirais aussi que l’intrigue principale des différents Mission Impossible n’a jamais été un point fort et je serais bien incapable de vous résumer celle des précédents épisodes, que j’avais bien appréciés pourtant. Celui-ci en comparaison m’a paru nettement plus faible, peut-être parce que les cascades ne sont plus aussi impressionnantes. On a déjà vu tant de courses-poursuites dans des villes que celle de Rome, bien qu’exécuté à la perfection, est assez banale. Même la fameuse séquence du train ne m’a pas procuré tant de plaisirs coupables que je l’imaginais et elle s’est déroulée sans surprise majeure.

Faute d’une intrigue intéressante ou de cascades suffisamment originales, que reste-t-il à Mission impossible : Dead Reckoning, partie 1 ? Une galerie de personnages principaux que l’on connaît depuis si longtemps qu’ils peinent à surprendre et une galerie de personnages secondaires dénués de toute profondeur. J’ai déjà tout oublié du méchant qui aide l’IA et je préfère oublier les actrices, qui ne sont là que pour être sauvées (ou pas, spoiler alert) par le héros, ce qui est franchement gênant en 2023.À l’heure des bilans, cette première partie de deux heures et demi tout de même — est-ce que l’on réapprendra un jour à réaliser des films plus courts ? — ne m’a pas ennuyé, car il y a suffisamment d’action et un rythme soutenu d’un bout à l’autre. Elle ne m’a pas non plus passionné et je dois dire que je n’ai même pas tellement envie de voir la suite. À quoi bon, quand la fin est déjà connue d’avance et si c’est pour reproduire des schémas du passé déjà vus mille fois avant ? Il serait grand temps que Tom Cruise prenne sa retraite et la saga avec.

Informations

Titre original : Mission: Impossible - Dead Reckoning Part One

Année : 2023

  • Nationalité :
  • États-Unis
  • Genres :
  • Action
  • Thriller

Durée : 2h43