Licorice Pizza, Paul Thomas Anderson

Licorice Pizza, Paul Thomas Anderson

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Paul Thomas Anderson, les années 1970 et le fils de Philip Seymour Hoffman puisque le père n’est plus là… sur le papier, Licorice Pizza n’a rien d’original. Malheureusement, c’est encore pire sur la pellicule — littéralement, le long-métrage a été tourné pour simuler les caméras 70 mm de l’époque —, avec un scénario paresseux quand il n’est pas carrément limite. Le réalisateur imagine une histoire d’amour entre un garçon de quinze ans interprété par un excellent Cooper Hoffman, il faut le reconnaître, et une femme qui en a dix de plus jouée par Alana Haim qui est elle aussi parfaite dans ce rôle. Quand l’intrigue s’est mise en place, j’imaginais une suite bien différente, mais le cinéaste se contente de développer cette romance sans jamais la remettre en cause et en se complaisant dans une nostalgie passéiste franchement ennuyeuse.

C’est dommage, car il y avait sûrement matière à faire bien mieux avec les idées éparpillées dans ce long-métrage. Les personnages imaginés par Paul Thomas Anderson sont curieux et intéressants à ce titre, à l’image du personnage principal, un jeune acteur à peine sorti de l’adolescence même si physiquement il pourrait passer pour un adulte et même s’il se comporte comme tel. Gary enchaîne les idées d’entreprises, vendant des matelas à eau un jour, ouvrant une salle de flippers le lendemain. Alana est une jeune femme de 25 ans qui a grandi dans une famille d’origine israélienne assez stricte et qui suit Gary dans toutes ses aventures, sans que l’on ne sache trop pourquoi. Le duo fonctionne bien, mais Licorice Pizza insiste pour multiplier les faux pas. Il y a cette différence d’âge entre les deux, suffisamment grande pour que ce soit considéré comme un délit, mais ce n’est que la surface de l’iceberg. Plus je repense au dernier film de Paul Thomas Anderson et plus je suis gêné par l’accumulation de faux pas, avec ces personnages gays tous efféminés et tous ces vieux hétérosexuels gênants qui s’accumulent pendant deux heures. L’ensemble respire fort la nostalgie d’un passé glorieux, exclusivement blanc et majoritairement hétéro, où le réchauffement climatique n’était pas encore un sujet et où on pouvait s’amuser avec les crises pétrolières. Cela fait peut-être rêver Paul Thomas Anderson et la majorité de la critique, mais pas certainement moi.

Informations

Année : 2021

  • Nationalités :
  • Canada
  • États-Unis
  • Genres :
  • Drame
  • Comédie