Kaamelott - Premier volet, Alexandre Astier

Kaamelott - Premier volet, Alexandre Astier

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Kaamelott a commencé comme une série de saynètes comiques, cinq minutes de relecture absurde du mythe arturien avec humour bien particulier qui est vite devenu culte. Alexandre Astier ne comptait pas en rester là toutefois, c’était un début modeste pour un univers de plus en plus ample et surtout sérieux. La série se concluait ainsi par deux saisons en rupture de plus en plus nette et le génial touche-à-tout avait déjà en tête une trilogie au cinéma pour offrir une fin digne de ce nom à sa relecture de la quête du Graal. Après quelques péripéties et retards, Kaamelott - Premier volet lance enfin cette trilogie, avec un long-métrage de deux heures pile à l’image de son créateur : d’une ambition folle, multipliant les idées et oscillant constamment entre sérieux et humour. C’est inégal, mais c’est si riche et généreux que ce n’est pas bien gênant.

En regardant ce qui devrait être le premier épisode d’une trilogie, ce qui frappe en premier est le naturel de la transition. L’époque des cinq minutes qui s’enchaînaient sans vrai lien est bien loin, et pourtant l’univers sorti de l’imagination d’Alexandre Astier se retrouve parfaitement à son aise dans ce nouveau cadre. On sent que Kaamelott - Premier volet était en gestation depuis des années et surtout, que son scénariste a de la suite dans les idées, avec une vision d’ensemble qui force le respect quand on se remémore l’apparente simplicité initiale. L’histoire se déroule dans la continuité de Kaamelott version télé, avec un roi Arthur déchu qui revient à contre-cœur conquérir sa région après dix ans de règne de Lancelot. Cette base permet de réintroduire tous les personnages que l’on a appris à connaître au fil des années et quelques nouveaux au passage. Le casting impressionne par sa longueur et par le nombre d’Astier dans la liste : comme toujours la famille du réalisateur est sollicitée et son fils aîné a notamment un joli rôle le temps d’un flashback. Autant de points communs partagés avec les deux dernières saisons, qui faisaient preuve d’une grande ambition elles aussi.

Pour autant, Kaamelott - Premier volet n’est pas une saison de plus, Alexandre Astier exploite son format différent pour raconter une histoire différemment et le résultat est un vrai long-métrage qui a du sens à part entière et pas seulement comme part d’un tout. Si vous ignorez tout de l’univers et que vous n’avez jamais regardé la série, vous serez peut-être un peu perdu ou plus exactement, vous passerez sans doute à côté de quelques blagues récurrentes. Mais ça n’est pas pour autant rédhibitoire pour apprécier ce film, qui fourmille de détails intéressants et parvient à donner corps à ses personnages malgré le nombre d’acteurs impliqués.

Alexandre Astier ne se contente pas d’écrire, de réaliser et d’interpréter, il compose aussi la bande-originale, comme il le faisait sur la série. La musique imaginée pour Kaamelott - Premier volet est à l’image de tout le reste, plus ambitieuse et grandiose encore, avec une inspiration assez évidente, mais bien maîtrisée, du côté de John Williams. On pense bien évidemment à Star Wars et peut-être est-ce la musique qui inspire les références ou réciproquement, mais le film peut ressembler par moment à une relecture en mode heroïc-fantasy du space opera1. Malgré ces références, la composition suit sa propre voie et évite la redite : une réussite de plus, à ajouter au palmarès de son auteur.


  1. C’est tout particulièrement visible avec les costumes, au passage d’une inventivité incroyable. Les soldats Wisigoth ressemblent aux troopers de l’Empire, tandis que le combat final entre Arthur et Lancelot n’est pas sans rappeler les duels de sabre laser. ↩︎

Informations

Année : 2021

  • Nationalité :
  • France
  • Genres :
  • Aventure
  • Fantastique
  • Comédie