Jim Queen, Marco Nguyen et Nicolas Athané

Jim Queen, Marco Nguyen et Nicolas Athané

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Il fallait bien un film comme celui-ci pour me motiver à braver la canicule et les seaux de pop-corn. Jim Queen a tant fait sensation sur mes réseaux sociaux que j’ai cédé à l’envie de lui donner une chance dans les salles et j’en suis sorti quasiment une heure et demi après sans aucun regret. Marco Nguyen et Nicolas Athané ont imaginé une comédie très gay, qui laissera sans doute pas mal d’hétéros sur le bas côté, tant elle raconte cet univers de l’intérieur et sans vraiment expliquer ses dizaines de références et clins d’œil à la minute. Le titre, par exemple, est un jeu de mot sur l’un des innombrables regroupements du monde gay et tout est construit de cette manière. Même s’il y a une chanson introductive qui doit donner quelques bases, elle est si rapide qu’elle servira de rappel aux homosexuels dans la salle, plutôt que d’introduction aux néophytes. Jim Queen n’essaie même pas d’inclure au-delà du G dans LGBTQIA+, ce que l’un des personnages relève d’ailleurs à un moment donné, une excellente idée à mon sens. Il faut le savoir avant de pousser les portes, on est ici face à un long-métrage d’animation créé par des gays, d’abord pour des gays.

L’intrigue principale est assez banale et n’aurait pas tellement d’intérêt sans cette culture gay. Un grand méchant, forcément incarné par une ministre nommée Christine Boutin Bayer, a concocté un virus pour éliminer l’homosexualité dans le monde, même si ses essais ont échoué à convertir son propre fils. Lucien est encore, très littéralement, dans le placard, quand il décide de fuguer pour se rendre dans une discothèque, alors même que l’hétérose touche de plus en plus les lieux de vie gay de la capitale. Jim Parfait, influenceur au corps… eh bien, parfait, est touché et il se lance en quête d’un vaccin, promis par le controversé docteur Raoult Ragoult. Même si ses réalisateurs s’en défendent en indiquant avoir voulu juste faire rire, leur film est aussi très politique, c’est sans doute inévitable et c’est bien normal. La petite photo de Jean-Marie Le Pen dans un coin de la salle à manger n’est pas passée inaperçue, mais au-delà de l’homophobie de la société, Jim Queen se penche sur le manque de tolérance de la communauté gay à l’égard d’elle-même. Le parcours de Jim est à cet égard intéressant, quoi que conventionnel : sa découvert de la bienveillance, grâce à Lucien, est une critique bien sentie, et bienvenue, à la fermeture d’esprit de bon nombre de gays.

Cela dit, ce film est aussi très drôle, il ne faut pas passer à côté. C’est difficile d’ailleurs, tant les gags s’enchaînent à un rythme élevé, au point de donner le tournis. J’en ai certainement raté des dizaines, alors même que j’en ai repéré un paquet, entre clins d’œils culturels et pratiques du monde gay. Les réalisateurs ne se limitent pas au mignon et Jim Queen n’est pas interdit aux moins de 12 ans sans raison. Le lavement lors de la manifestation est un bon exemple de l’état d’esprit du projet, qui sans aller sur le terrain de la pornographie pour autant, n’hésite pas à plonger dans la réalité bien concrète du sexe entre hommes. Voilà qui est rare et rafraichissant dans le cinéma français ou même mondial. L’œuvre de Marco Nguyen et Nicolas Athané ne nécessite ni plus grand écran que mon téléviseur, ni public plus dissipé que mon chéri et deux chats qui ronronnent sur le canapé. Néanmoins, je suis bien content de l’avoir soutenu en me rendant dans un cinéma pour le regarder et j’espère avoir contribué à un succès qui permettra de voir davantage de créations similaires.

Informations

Année : 2026

  • Nationalités :
  • France
  • Belgique
  • Genres :
  • Animation
  • Comédie

Durée : 1h25