
Future Quiet, Moby
Le dernier album de Moby porte bien son nom : Future Quiet est calme, surtout sur sa fin où l’on n’entend plus que quelques notes de piano. Avant cela, le célèbre musicien new-yorkais rassemble une collection de morceaux calmes, certes, mais néanmoins intense. Le titre qui ouvre l’album, « When It’s Cold I’d Like to Die » en est une bonne représentation. Reprise de la conclusion d’Everything is Wrong, l’un des premiers albums de Moby avant son explosion à la fin des années 1990, c’est une pièce toute douce en apparence. Elle est portée par le piano et quelques instruments à corde, ainsi que la voix magnifique de Jacob Lusk que je découvrais par la même occasion. Cette douceur est presque un leurre, tant l’ambiance et les paroles peuvent être intenses, voire dures. J’adore la musique triste, j’ai toujours trouvé que c’était la plus belle et ces 14 titres me rappellent bien pourquoi. Par certains aspects, Future Quiet m’a évoqué le travail de Max Richter, par exemple sur « Retreat » ou encore « Le Vide », deux très beaux titres où la voix devient un instrument comme les autres. Pour autant, c’est indéniablement du Moby, il n’y a jamais de doute à ce sujet. Ce que je trouve d’autant plus impressionnant que l’artiste a eu une carrière riche et complexe, avec des genres bien différents. Pourtant, il maintient une unité à travers les décennies et parvient à proposer un album familier sans tomber dans la répétition, alors même qu’il y a plusieurs reprises tout au long de l’heure et demie que dure l’expérience.
J’ai d’abord écouté Future Quiet par principe, parce que la production prolifique de Moby m’a souvent convaincu par le passé. Je ne m’attendais toutefois pas à l’apprécier autant et après plusieurs dizaines d’écoutes, je ne m’en lasse pas. Il faut dire que j’ai toujours eu un faible pour les instruments à corde, très présents, mais ce n’est pas la seule explication. Les premiers morceaux sont faussement calmes et leur intensité est joliment contrebalancée par le deuxième acte, résolument plus ambient. Quoi qu’il en soit, je me laisse porter à chaque fois avec plaisir le long de ce voyage sonore.