Artifacts, Beirut

Artifacts, Beirut

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Je n’avais pas écouté ‌Beirut depuis des années, mais j’ai tant écouté les deux premiers albums de cet étrange groupe qu’ils sont gravés dans ma mémoire. Suite à de solides recommandations, j’ai écouté Artifacts, leur sixième album qui vient tout juste de sortir et qui est en réalité une compilation. Pas un best-of, mais plutôt une galerie de morceaux anciens ou récents, des pistes secondaires et même quelques enregistrements réalisés par Zach Condon, le créateur de Beirut, alors qu’il n’avait que 14 ans. Tout un programme et à l’écoute, surprise, cet assemblage bizarroïde forme un album au long court — pas moins de 26 morceaux pour près d’une heure et demie —, mais pas incohérent pour autant.

La cohérence, c’est ce style inimitable qui a fait connaître Beirut. Le groupe est né au milieu des années 2000 aux États-Unis, mais l’assemblage de musiques « du monde » comme on dit pourrait le placer à peu près n’importe où sur la carte. Le nom semble le placer au Liban, mais sa musique le rapproche davantage des Balkans, avec notamment un ensemble d’instruments improbables pour un groupe né au Nouveau-Mexique. Ukulélé, trompette, bugle, trombone, mais aussi violon et même de l’accordéon ? Il faut l’écouter pour le croire et à l’écoute, tout se met en place harmonieusement pour produire le son Beirut, on ne peut pas le nommer autrement. Un son chaleureux grâce aux cuivres, même s’il ne faut pas s’attendre à de la musique joyeuse et légère. Elle peut l’être en apparence, mais il y a une part de noirceur derrière ces instruments chaleureux, en grande partie liée à la voix du chanteur principal.

Les 26 morceaux sont forcément inégaux, mais il ne faut pas s’attarder sur chaque piste en particulier. Artifacts compose une balade musicale qui vous mène sur des chemins inattendus, avec des genres assez différents d’un titre à l’autre, entre folk et musique d’Europe de l’Est en passant par des expérimentations presque électroniques. L’audacieux mélange des instruments et la voix de Zach Condon apportent l’unité nécessaire et les 86 minutes passent sans difficulté aucune. C’est un album facile à écouter et on peut le parcourir d’une oreille distraite en guise de fond musical. Il peut également tenir sur la durée, révélant à chaque nouvelle écoute un morceau ou un petit détail passé inaperçu jusque-là.

Artifacts m’a en tout cas résolument donné envie de me replonger dans la discographie de cet étonnant groupe.

Informations

Artiste : Beirut

Année : 2022

Nationalité : États-Unis

Genre : Alternative